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	<title>Archives des Salman Rushdie - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Salman Rushdie - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Khomeini et Khamenei │ A la recherche du masque poétique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 06:39:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Surpris d’apprendre que Khomeini écrivait des poèmes, les Iraniens ne furent guère surpris d’apprendre que Khamenei en écrit lui aussi </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/04/khomeini-et-khamenei-%e2%94%82-a-la-recherche-du-masque-poetique/">Khomeini et Khamenei │ A la recherche du masque poétique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En un jour de juin 1989, comme aujourd’hui, lorsque Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique d’Iran, est décédé,&nbsp;de nombreux Iraniens – partisans comme opposants au régime– furent frappés par une révélation inattendue. La télévision d’Etat annonça, à la surprise générale, que l’ayatollah était poète, et diffusa un poème inédit, jamais entendu de son vivant.</em></strong></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji</strong> *</p>



<span id="more-16692506"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’un des vers de ce poème disait : <em>«J’attends l’émancipation à la mi-khordad»</em> (vers mi-juin, selon le calendrier persan). Nombre de ses partisans y ont vu une prédiction de la date de sa propre mort, une prophétie en somme.</p>



<p>Depuis, le régime a publié à grand renfort des moyens un recueil intitulé ‘‘<em>Le Divân de l’Imam’’</em>, tiré à plusieurs millions d’exemplaires, distribué dans l’ensemble des organismes du pouvoir, bibliothèques et universités, et largement diffusé parmi ses partisans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Khomeyni en poète surprend-il ?</h2>



<p>Ces poèmes, d’après les spécialistes, ne présentent pas de qualité littéraire ou esthétique notable : ils se réduisent à un assemblage de jeux de mots, et d’expressions inspiré par la tradition littéraire iranienne, souvent qualifiées de <em>«termes mystiques»</em>, sans originalité formelle. Bien que ses partisans aient qualifié Khomeini de <em>«poète mystique»</em> — une désignation prestigieuse dans la culture persane—, mais cette qualification suscitait de nombreuses réserves et contradictions.</p>



<p>L’Iran, terre de poésie, a vu, au cours d’un millénaire, ses poètes de Ferdowsi et Khayyâm et de Nima Yushij à Ahmad Shamlou, assurer la richesse du persan, langue officielle du pays.</p>



<p>La poésie et les poètes occupent donc une place éminente dans la culture iranienne. Le ‘‘<em>Divân’’</em> de Hâfez de Shiraz reste le livre le plus populaire et le plus vendu en Iran, présent lors des grandes célébrations comme le Nouvel An persan ou bien la fête de Yalda (solstice d’hiver).</p>



<p>Dans ce contexte, présenter Khomeini comme un poète visait sans aucun doute à renforcer son influence et celle du régime et orner sa mémoire en lui donnant une aura romantique. Cette instrumentalisation de la poésie s’inscrit dans une stratégie plus large de sacralisation du pouvoir.</p>



<p>Mais malgré les moyens colossaux investis dans le projet, cette opération de séduction échoua pour deux raisons principales : la manière dont Khomeyni s’était exprimé dans ses discours et son comportement.</p>



<p>Les Iraniens avaient entendu Khomeini s’exprimer en persan : loin d’être un orateur raffiné, il employait un langage simple et dépouillé, marqué d’un accent populaire. Jamais il ne recourait à des proverbes ni à des extraits des grands poèmes persans pour illustrer ses propos.</p>



<p>C’est pourquoi sa soudaine transformation en poète fut perçue comme peu crédible par le peuple, d’autant plus que son comportement témoignait peu de sympathie envers les écrivains et les poètes. Aux débuts de la révolution, il prononça des discours virulents dénonçant les intellectuels, écrivains et journalistes, entraînant la censure de nombreux ouvrages.</p>



<p>La célèbre fatwa appelant à l’assassinat de l’écrivain d’origine indienne, Salman Rushdie, émise à la fin de la vie de Khomeyni, demeure aujourd’hui l’exemple le plus marquant de son hostilité envers la littérature.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Xv2Uxoro2S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exil douloureux de la littérature persane » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/embed/#?secret=ShDasBiztq#?secret=Xv2Uxoro2S" data-secret="Xv2Uxoro2S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Khamenei : «poésie d’État» sous une autre forme</h2>



<p>De son vivant, Khomeini ne s’est jamais présenté publiquement comme poète. S’il l’était, cela restait limité à un cercle très restreint. Mais après sa mort, son successeur, Ali Khamenei, adopta une approche tout à fait différente&nbsp;: il affirma immédiatement, ouvertement, être poète. Il composa même un poème en réponse à celui écrit par Khomeyni et publié après son décès.</p>



<p>Dès le début du mandat de Khamenei, la machine de propagande du régime s’activa à promouvoir l’image d’un leader-poète. Le guide suprême ordonna ainsi l’organisation annuelle, à la mi-Ramadan, d’une séance de poésie dans son bureau, avec la participation de poètes fidèles au régime – un écho direct aux cours royales d’antan où les rois recevaient les poètes.</p>



<p>Lors de ces réunions, Khamenei récitait ses propres poèmes, concluant chaque rencontre par un discours soulignant la nécessité d’allier poésie et révolution. Il cherchait à faire de la poésie une arme idéologique contre ses ennemis, tant internes qu’externes.</p>



<p>Il a qualifié les poètes proches du pouvoir de<em>»</em><em>soldats du pouvoir doux</em><em>«</em> )<em>soft power</em> (dans la guerre contre les ennemis de la République islamique, et les a incités à composer sur des thèmes tels que les <em>«trahisons des États-Unis»</em>, notamment après le retrait de Washington en 2018 de l’accord historique sur le nucléaire.</p>



<p>Autrefois stupéfait d’apprendre que Khomeini écrivait des poèmes, le peuple iranien ne fut guère surpris d’apprendre que Khamenei en écrit également. Toutefois, tout comme personne n’avait jamais acheté spontanément un recueil de poèmes de Khomeini ni ne les avait lus en privé, personne ne prit non plus au sérieux les ambitions poétiques de Khamenei.</p>



<p>Compte tenu du niveau élevé de la poésie en Iran et de sa riche tradition littéraire, les textes poétiques de Khomeini comme de Khamenei apparaissent comme de simples jeux de mots, les efforts infructueux d’amateurs passionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Poésie et pouvoir&nbsp;: pour ou contre ?</h2>



<p>Le critique littéraire exilé Faraj Sarkouhi souligne que Khamenei, originaire de Machhad — ville natale de nombreux grands poètes — avait côtoyé certains milieux poétiques et fréquenté quelques cercles littéraires avant la Révolution. Toutefois, selon lui, la poésie de Khamenei ne dépassait pas le niveau des poètes amateurs de ces cercles.</p>



<p>Par ailleurs, les Iraniens doutent profondément de la sincérité du lien de Khamenei avec la poésie, car il est perçu comme un adversaire des écrivains et poètes indépendants, ayant à plusieurs reprises ordonné des mesures répressives à leur encontre.</p>



<p>M. Sarkouhi a confié dans un article qu’un jour, Khamenei a contacté Mehdi Akhavan Sales, un poète moderne qu’il connaissait avant la Révolution, pour lui demander de composer des poèmes en soutien à la République islamique. Akhavan Sales lui répondit : <em>«Nous, les poètes, avons toujours été contre le pouvoir, jamais pour le pouvoir.»</em>&nbsp;</p>



<p>Quelques jours après cette réponse, Akhavan Sales fut agressé en pleine rue par des inconnus et sa pension de retraite fut suspendue.</p>



<p>* <em>Journaliste iranien.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="F8TNzLDVrl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/">Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/embed/#?secret=EdaYkIorHi#?secret=F8TNzLDVrl" data-secret="F8TNzLDVrl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/04/khomeini-et-khamenei-%e2%94%82-a-la-recherche-du-masque-poetique/">Khomeini et Khamenei │ A la recherche du masque poétique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 07:03:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Salman Rushdie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien-document avec Amin Maalouf, récemment élu secrétaire perpétuel de l'Académie française.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf vient d’être élu secrétaire perpétuel de l’Académie française. Consécration méritée pour ce conteur hors pair, romancier de grand talent et essayiste qui a su analyser avec courage, pondération et responsabilité les grands bouleversements de son temps auxquels il a été d’ailleurs lui-même mêlé. A cette occasion, nous donnons à lire à nos lecteurs cet entretien qu’on a eu avec lui, il y a près de 35 ans, au tout début de sa carrière littéraire. Et publié au quotidien ‘‘Le Temps’’ le 2 mars 1989. Toute sa pensée est déjà en place…</em></strong></p>



<p>Propos recueillis par <strong>Ridha Kefi &nbsp;</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-10022695"></span>



<p>L’Orient fascine toujours ceux qui en occident en font l’objet de leurs fantasmes érotico-religieux. Et pour cause&nbsp;: le berceau des Mille et une nuits garde encore ses secrets. Tous ceux qui s’y sont aventurés&nbsp; (voyageurs, chroniqueurs, missionnaires, soldats, contrebandiers, marchands ou vendeurs de rêves) en sont revenus transformés, touchés par sa grâce millénaire, de sorte que le fameux <em>«appel de l’Orient»</em> s’en trouve à chaque fois, plus insistant, irrésistible. Byron, Nerval, Rimbaud, Loti, Genet, Le Clézio… ont, chacun à sa manière, répondu à l’appel. Infatigable, la même vague continue&nbsp; encore de battre les rivages sud de la Méditerranée. Les malentendus, les conflits, les calculs géostratégiques… n’ont jamais altéré le voluptueux désir d’une rencontre possible entre deux mondes que tout semble diviser et unir à la fois. A la fascination attisée par la peur semble répondre un besoin de compréhension, sinon comment expliquer la passion&nbsp; et l’intérêt que suscite une certaine littérature&nbsp; orientale ou <em>«orientalisante»</em> auprès de la masse des lecteurs occidentaux&nbsp;? N’est-il pas significatif que parmi les bestsellers en France de ces trois dernières années, on compte deux livres d’auteurs d’expression française&nbsp;? J’ai nommé <em>‘‘La nuit sacrée’’</em> de Tahar Ben Jelloun et <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> d’Amin Maalouf.</p>



<p>Grâce au dynamisme de la Mission culturelle française, le public tunisien a pu rencontrer le premier il y a moins d’un an. Idem pour le second qui vient d’animer plusieurs rencontres à Tunis, Sfax et Carthage qu’un grand public a suivi avec intérêt.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai rencontré Amin Maalouf pour la première fois&nbsp; au mois de juillet 1986. Il était venu au CCI de Hammamet, sur invitation de la 1<sup>ère</sup> session de l’Université d’été&nbsp; euro-arabe, présenter Hassan Al Wazzan alias <em>«Léon l’Africain»</em> auquel il venait de consacrer un livre, le second après <em>‘‘Les Croisades vues par les Arabes’’</em>.</p>



<p>On connaissait bien le journaliste-reporter au grand parcours, directeur d’<em>Annahar arabe et international </em>et rédacteur en chef de <em>Jeune Afrique</em>, et on découvrait un romancier v de grand talent, conteur né et observateur «exact» de l’Histoire. Son troisième livre <em>‘‘Samarcande’’</em> publié l’année dernière a encore valu à Amin Maalouf la première place des meilleures ventes&nbsp; de livres en France et, surtout, une critique des plus enthousiastes. Le conteur virtuose s’est doublé d’un fin styliste.</p>



<p>A Tunis, ceux qui ont aimé <em>‘‘Les Croisades…’’</em>, <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> et <em>‘‘Samarcande’’</em> ont découvert un auteur qui, loin de jouer la vedette, sait dépassionner un débat et nuancer une opinion. « Je suis un homme d’interrogation et non de conviction», dira-t-il dans l’entretien qu’il nous a accordé et dont nous publions ici la partie qui nous semblé la plus significative de sa démarche et de sa pensée. Ecoutons-le&#8230;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg" alt="" class="wp-image-10056061" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-580x363.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Amin Maalouf à l&rsquo;Université d&rsquo;été euro-arabe à Hammamet en 1986. </em></p>



<p><strong><em>Ridha Kéfi : Pour commencer cet entretien, j’aimerais vous poser une question d’ordre général : vis trois livres publiés jusque-là évoquent des périodes historiques allant du 9<sup>e</sup> au 16<sup>e</sup> siècle. De la part d’un homme qui, de par son travail journalistique, a été longtemps confronté à l’actualité  l plus brûlante du monde contemporain, ce saut dans le moyen-âge  peut paraître inattendu ?</em></strong></p>



<p><strong>Amin Maalouf&nbsp;</strong>: Il y a chez moi un désir de revenir au passé qui tient de plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai l’impression qu’en connaissant mieux le passé, on a des clés pour le présent et peut-être aussi, certaines raisons d’espérer pour l’avenir. Mais cela dit, je ne me limiterai pas au moyen-âge. D’ailleurs, ce que nous appelons aujourd’hui le moyen-âge (dans l’acceptation des historiens) n’a pas la même valeur ni la même signification&nbsp; concernant l’histoire du monde islamique. Le moyen-âge&nbsp; désigne, quand on parle d’histoire occidentale, une période&nbsp; de décadence située entre d’une part les gloires de l’antiquité&nbsp; et celles de la renaissance&nbsp; d’autre part.</p>



<p>S’il fallait définir le moyen-âge pour le monde arabe, ce ne serait certainement pas le 11<sup>e</sup> ou le 12<sup>e</sup> siècle, mais plutôt la période&nbsp; qui a commencé après Ibn Khaldoun et qui finira avec la renaissance que nous espérons. Je pense que quand je ne reviens pas au passé, en fait je reviens au moyen-âge. C’est un peu, pour un auteur occidental, l’équivalent d’un retour à l’antiquité tel qu’il pouvait s’opérer&nbsp; à la fin du moyen-âge et le désir de redécouvrir une époque glorieuse où la civilisation arabe était l’une des plus avancées dans le monde sur le plan scientifique et technologique et celui des idées également. On était même à certains moments&nbsp; dans cette partie du monde, les phares de la pensée. Les personnages que je choisis sont des personnages qui préfigurent une renaissance.</p>



<p><strong><em>Cette sorte d’«antiquité» arabe serait une période exemplaire pour vous, vu le nombre d’enseignements qu’on peut en tirer pour appréhender le présent du monde arabe&nbsp;?</em></strong></p>



<p>C’est vrai, quoique le terme <em>«enseignements»</em> est un peu délicat à manier. Il y a toujours un risque à vouloir partir des évènements du passé pour pouvoir&nbsp; tirer des conclusions et donner des leçons quant au présent. Ce n’est pas tout à fait ma démarche. J’essaie seulement de comprendre un peu mieux el présent en étudiant le passé, et trouver encore des raisons d’espérer en me disant que cette civilisation&nbsp; qui a donné de grands moments&nbsp; de vitalité créatrice, comme ceux de la première période abbasside ou de l’Andalousie, peut donner d’autres grands moments d’ouverture, d’expansion et, disons plus simplement, de participation effective et significative à la civilisation universelle.</p>



<p><strong><em>Vos trois livres appréhendent d’une façon ou d’une autre la question religieuse dans son aspect politique&nbsp;: Dans ‘‘Les Croisades…’’ c’est l’affrontement pur et simple de deux aires religieuses; dans ‘‘Léon l’Africain’’ on retrouve ce même affrontement à travers la vie et la personnalité d’un homme au destin insolite pour son époque&nbsp;; dans ‘‘Samarcande’’, enfin, la question religieuse apparaît dans la foi très particulière de votre personnage principal Omar Khayam et dans l’expression violente d’une mystique activiste représentée par Hassan Sabbah.</em></strong></p>



<p>Je pense que c’est vrai…&nbsp; Je dirai que la préoccupation métaphysique et l’intérêt que je porte effectivement au phénomène religieux est une réalité qui transparaît à travers tout ce que j’écris. Et se sera également ainsi pour le livre que je commence à préparer. Même s’il est prématuré d’en parler, d’autant que le sujet n’est pas encore très clair dans mon esprit, je peux quand même affirmer qu’il y aura une place dans ce livre pour la préoccupation religieuse.</p>



<p>Je pense qu’il y a dans mes livres une présence&nbsp; de la religion comme une présence de la politique, de l’art, de la poésie, et d’autres thèmes encore, comme la tradition et la modernité. Sans énumérer ces thèmes, je pense que la religion en est un, et je conviens avec vous que c’est pour moi un thème très central, quoique je ne l’aborde jamais directement. Je ne suis pas un spécialiste de la religion et il n’est pas dans mes intentions d’élaborer des idées religieuses. Mais je ne peux pas être insensible&nbsp; à la présence réelle de la préoccupation et des idées religieuses dans les époques auxquelles je m’intéresse.</p>



<p><strong>Je me demande si votre biographie personnelle (votre naissance libanaise, la guerre dont vous avez observé le déclenchement dans votre pays&nbsp; et qui a un caractère confessionnel entre autres) n’est pas derrière cette fascination devant l’expression politique de la religion&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est tout à fait vrai. Je pense, effectivement, que quelqu’un qui a vécu comme moi au Liban, qui est parti de son pays à cause d’une guerre qui a un aspect confessionnel, et qui s’est trouvé contraint à l’immigration du fait d’un conflit de ce type, ne peut pas être insensible à la place de la religion et de la guerre des religions dans l’Histoire – même si au Liban, on ne peut parler d’une guerre de religions, mais d’une guerre qui a une dimension ou une coloration religieuse, au moins partiellement.</p>



<p>Quand je parle de croisades, c’est-à-dire d’une guerre menée sur des thèmes religieux, il est évident que c’est une préoccupation vitale pour moi, et non pas une observation froide de l’Histoire. Cela est aussi vrai de ‘‘Léon l’Africain’’ où j’évoque un personnage né à Grenade, au sein d’une civilisation islamique à son apogée, enlevé par des pirates et ramené à Rome où il a commencé à vivre dans une culture tout çà fait différente… Là encore, la question de la religion, de l’immigration, du passage d’un monde culturel à un autre, ne m’est pas indifférente. Ce n’est donc pas par hasard que j’ai choisi&nbsp; ce personnage plutôt qu’un autre&nbsp; pour écrire mon roman. Mais en voulant raconter l’histoire de ce personnage historique, je n’ai pas cherché à introduire mes propres idées, mais essayé de redécouvrir le personnage et son histoire. Idem pour <em>‘‘Samarcande’’</em> qui est un livre sur l’islam iranien, son passé proche et lointain.</p>



<p>Là encore, il est impossible pour quelqu’un qui vit notre époque contemporaine de ne pas être sensible à la place de la religion dans le monde iranien, surtout que les événements des dix dernières années ont montré que c’est un aspect qu’il fallait absolument mieux étudier pour mieux le comprendre. Je pense que tous ceux qui l’ont observé de manière superficielle se sont trompés avec les conséquences graves que l’in sait.</p>



<p>L’expression politique su phénomène religieux est donc une préoccupation constante pour moi. Car le fait de vivre dans le monde&nbsp; d’aujourd’hui&nbsp; où l’in se tue encore pour des raisons religieuses, m’a amené à m’intéresser à des périodes de l’Histoire où se déroulaient des événements – non pas semblables à ceux que l’on observe aujourd’hui, l’Histoire ne se répétant jamais, mais qui peuvent aider à les comprendre.</p>



<p><strong><em>En étudiant certains événements&nbsp; du passé, on peut retrouver des motivations, des éléments de comportement, des aspects qui nous permettent de mieux comprendre que ce soit les rapports de l’Orient et de l’Occident, que l’évolution du monde iranien, ou celle du monde arabe, que les relations internes, dans certains pays, entre des communautés religieuses différentes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Pour clore ce chapitre de la question religieuse, on constate dans vos livres un ton humaniste assez prononcé. Evoquant vos personnages et leurs itinéraires, vous ne prenez jamais le ton du jugement ou celui de la condamnation. On sent chez vous un besoin de compréhension qui va jusqu’à la justification de certains comportements qui pourraient paraître excessifs.</p>



<p>&nbsp;C’est une question de conviction et de tempérament. J’aime observer et le passé et le présent&nbsp; avec le même désir de compréhension. J’ai un intérêt réel pour tout ce que j’observe. Dans <em>‘‘Samarcande’’</em> par exemple, il y a des personnages très différents, notamment Omar Khayam et Hassan Sabbah.</p>



<p><strong><em>Ils sont tous deux mystiques mais de deux façons opposées.</em></strong></p>



<p>Ils représentent les deux faces différentes d’un même problème. C’est évident que je me sens plus proche et que je voue plus de sympathie pour Omar Khayam, mais cela&nbsp;n’empêche qu’en observant le personnage de Hassan Sabbah, je n’essaie pas de le juger, de le condamner, de le caricaturer pour le rendre odieux. J’essaie d’approcher autant que possible de ce qu’il a été réellement, de m’écarter autant que possible de éléments de mystification et de légende qui se sont ajoutés , de comprendre ses motivations, ses comportements. En un sens, je lui montre de l’attachement, de la sympathie et peut-être également de l’amour. J’aime tous ces personnages et j’ai de la compréhension pour toutes leurs démarches. Mais encore une fois, comme vous l’avez dit au début, ma tendance profonde est l’humanisme , c’est-à-dire que je suis pour la tolérance, la non-violence et la rencontre des cultures, à condition évidemment que cela se passe sur la base de l’égalité, du respect mutuel &nbsp;et de la compréhension de l’un pour l’autre.</p>



<p><strong><em>Cette conviction et ce tempérament humanistes expliquent sûrement votre option pour le genre romanesque &nbsp;et non pas pour l’essai historique pur et dur. Des ‘‘Croisades’’ à ‘‘Samarcande’’, on constate d’ailleurs une nette évolution en direction du romanesque, de la fiction, de l’imaginaire. L’imagination du romancier prend, pour ainsi dire, le relais de l’observation historique, afin de combler ses lacunes.</em></strong></p>



<p>C’est exact. Cette évolution est réelle. Si la place de l’Histoire demeure importante dans ce que j’écris, la place de la fiction est de plus en plus importante. Et je crois que ça va l’être davantage dans l’avenir&nbsp;? Je ne suis certainement pas un homme de certitudes, mais d’interrogation, de réflexion, de toute aussi. Je ne cherche pas à écrire des traités à l’issue desquels, je me mets à donner des vérités ou des convictions, mais à réfléchir sur une époque, à la raconter, en laissant à chacun le soin d’y réfléchir à son tour et de tirer soit les mêmes conclusions soit des conclusions différentes. là le roman est beaucoup plus souple que le roman historique. Dans le roman, je restitue une époque et évoque des personnages historiques, en essayant autant que possible de ne pas les caricaturer. J’ai certes une préférence pour Omar Khayam dans <em>‘‘Samarcande’’</em>, pour Léon l’Africain dans le roman qui porte son nom, pout Oussama et Salaheddine dans <em>‘‘Les Croisades’’</em>, mais j’admets tout à fait qu’un lecteur ait plus de sympathie pour Nizam Al Molk ou pour Hassan Sabbah ou pour tel ou tel autre. Même si on n’est jamais totalement objectif, je présente les personnages que je n’aime pas particulièrement sans haine et sans parti-pris. Il y a un personnage dans <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> qui est très éloigné de mes convictions. C’est le cheikh Astaghfiroullah (personnage de roman inventé, quoique basé sur certaines données de l’époque) que je ne présente à aucun moment de manière totalement négative. Je serais malhonnête de la caricaturer et d’en faire moi-même un être détestable et de dire aux gens&nbsp;: Détestez-le&nbsp;! Finalement, qu’est-ce que les gens détesteraient&nbsp;? C’est sûrement ce que moi j’ai inventé. Cela est aussi vrai pour Hassan Sabbah. C’est un personnage terrifiant par certains côtés, et je n’aurais jamais aimé être sous sa coupe. Mais j’essais de le comprendre, lui et l’époque qui l’a produit.</p>



<p>Quand on vit dans des pays où les gens peuvent s’exprimer librement, on imaginerait difficilement&nbsp; comment les gens pouvaient réagir à des époques où les gens n’avaient aucun moyen de s’exprimer aussi librement. C’est facile aujourd’hui de dire qu’on est moins violent. Moi-même je suis non-violent, mais dans un monde où l’on peut arriver à beaucoup de choses sans le recours à la violence. Malheureusement, ça n’a pas toujours été le cas. Aurais-je prêché la non-violence à la résistance française de 1940&nbsp;?&nbsp;Cela n’aurait eu aucun sens. Car il y a des moments où la violence devient l’un des agents de l’Histoire et où on ne peut y échapper. Il n’empêche que, personnellement, j’essaie, autant que possible, de pousser dans le sens d’une moindre violence et de plus de compréhension, et de favoriser à chaque fois (dans les limites modestes de les moyens) des relations différentes entre les peuples.</p>



<p><strong><em>A propos d’intolérance et de violence, on ne peut s’empêcher, actualité oblige, de vous demander votre opinion sur la polémique provoquée par le roman de Salman Rushdie ‘‘Les versets sataniques’’. &nbsp;</em></strong> </p>



<p>Je comprends totalement que l’on soit scandalisé par un livre comme <em>‘‘Les Versets sataniques’’ </em>de Salman Rushdie, même su je ne peux accepter des appels au meurtre qui, à mon avis, ne sont certainement&nbsp; pas le meilleur moyen de faire face à ce livre. Je pense, au contraire, que cela n’a fait qu’augmenter considérablement sa diffusion. J’ai été irrité par la lecture de certains extraits – car je n’ai pas lu le livre en entier – publiés par les journaux. Ce livre contient des choses qui bousculent et qui sont de l’ordre de la provocation. Je suis, par tempérament et par conviction, contre toute forme de provocation.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Agression de Rushdie ou nos mutismes sataniques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2022 06:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Adel Zouaoui]]></category>
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		<category><![CDATA[Galilée]]></category>
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		<category><![CDATA[Salman Rushdie]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[versets sataniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les pays arabes et musulmans, si ce n’est pas la mauvaise joie, c’est le silence radio qui a prévalu après la tentative d'assassinat de Salman Rushdie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/17/agression-de-rushdie-ou-nos-mutismes-sataniques/">Agression de Rushdie ou nos mutismes sataniques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Qu’est ce qui serait plus satanique que nos attitudes muettes et pusillanimes face à l’horreur du monde, celle d’éliminer un homme quelles que soient ses idées&nbsp;? Se taire face à la lâche agression de l’écrivain Salman Rushdie, c’est aussi tuer l’humain qui est en chacun de nous.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Adel Zouaoui *</strong></p>



<span id="more-3138982"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Adel-Zouaoui.jpg" alt="" class="wp-image-248128"/></figure></div>


<p>L’écrivain britannique, d’origine indienne, Salman Rushdie, s’est fait lâchement agresser, le 13 août 2022, pendant qu’il s’apprêtait à donner une conférence dans un amphithéâtre de Chautauqua, dans le nord-ouest de l’État de New York, aux États-Unis.</p>



<p>Né dix années après le lancement de la fatwa par Khomeiny contre l’auteur du roman intitulé<em> ‘‘Les Versets sataniques’’</em>, l’agresseur, un jeune américain d’origine libanaise du nom de Hadi Matar, ne semble pas avoir échappé aux discours de la violence de cette époque. La meule du temps n’a vraisemblablement pas tempéré la haine. Celle-ci, hautement contagieuse, se transmet à grande vitesse comme une peste d’une génération à une autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un écrivain rattrapé par le fanatisme</h2>



<p>Rappel des faits. A la publication du livre par Salman Rushdie, en 1988, une explosion de colère incompréhensible et insondable secoue les plus grandes métropoles des pays arabes et musulmans. Et pour cause, le roman a été jugé blasphématoire et outrancier contre l’islam. Dans les rues du Caire, d’Islamabad, de Djakarta, d’Alger et de Téhéran les contestations avaient fait rage. Les images de barbus vociférant des menaces de mort contre l’écrivain britannique en brûlant son effigie ont fait le tour du monde. Depuis, Salman Rushdie, sous protection policière, fut réduit à une ombre.</p>



<p>S’il a réussi à avoir la vie sauve une trentaine d’années après, l’écrivain britannique finit par être rattrapé par le fanatisme. Son jeune agresseur n’a jamais lu aucun de ses romans. Il s’est simplement contenté d’idées reçues, de préjugés prêt à penser, à l’instar de ces milliers de déchaînés appelant au meurtre de l’écrivain, ou de ceux d’aujourd’hui qui, sur la toile, jubilent après son agression.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qCmIwsAXEG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/14/lagression-contre-salman-rushdie-est-une-abomination/">L’agression contre Salman Rushdie est une abomination</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’agression contre Salman Rushdie est une abomination » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/14/lagression-contre-salman-rushdie-est-une-abomination/embed/#?secret=HcburBy4zi#?secret=qCmIwsAXEG" data-secret="qCmIwsAXEG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans les pays arabes et musulmans, si ce n’est pas la mauvaise joie, c’est le silence radio qui a prévalu. Ni les gouvernements, ni les institutions religieuses, telles les mosquées Al-Azhar, Zitouna, ou Al-Qarawiyyin, ne se sont prononcées contre pareille infamie. Ils se sont tous tus dans un silence assourdissant. Aucune condamnation officielle ou à défaut officieuse ne fut annoncée. Pas l’ombre d’une indignation n’est sortie de la bouche de l’un des muftis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le silence abject des partis politiques</h2>



<p>En Tunisie, dans le cas d’espèce, pays de la première révolution arabe, tout le spectre politique s’est muré dans un silence incompréhensible, à la limite de l’abject, à la notable exception de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohsen Marzouk, </a>président de Machrou Tounes qui a condamné fermement l&rsquo;agression. Cette agression aurait pu être une occasion en or pour ceux qui n’ont eu de cesse, depuis 2011, de brandir l’étendard de la tolérance pour défendre encore plus leurs idées d’ouverture et de liberté. Sauf que nul n’a osé se prononcer sur une pareille abomination. Ni le président de la république, ni les chefs de partis politiques. C’est l’omerta qui s’est installée odieusement et lâchement. Un silence pernicieux, complice. Pas un post sur facebook, pas un tweet dénonciateur. Et pourtant, ce n’est pas seulement Salman Rushdie qu’on a agressé, mais c’est aussi notre liberté de penser à nous autres citoyens du monde.</p>



<p>Force est de constater qu’à travers l’histoire de l’humanité, penseurs, philosophes et scientifiques étaient perçus comme des impies et des apostats. Ces derniers vécurent toutes sortes de calvaires&nbsp;: de l’emprisonnement, à l’exil en passant par les autodafés et les meurtres. Rappelez-vous, dans les années trente, sous le régime nazi en Allemagne, les livres des grands écrivains juifs ont fini dans le feu. Pas loin de nous, en Algérie, Tahar Djaout, écrivain et journaliste, fut tué en 1993 de deux balles dans la tête par un marchand de bonbons sur ordre d’un tôlier. Son seul crime était de s’être engagé contre l’intégrisme qui déferlait sur son pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hvMhF5UAFg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/">Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !   </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/embed/#?secret=M0goulrJmU#?secret=hvMhF5UAFg" data-secret="hvMhF5UAFg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Chez nous en Tunisie, Tahar Haddad fut insulté, dévoyé et traité de tous les noms d’oiseaux pour avoir dénoncé les conditions sociales déplorables de la femme tunisienne et appelé à sa libération.&nbsp;</p>



<p>Plus loin encore dans l’histoire, Averroès a été dévoyé, lui aussi, pour avoir tenté de réconcilier la philosophie aristotélicienne et la foi musulmane pour un meilleur éclairage de la révélation coranique. Il fut exilé en 1197 en Andalousie et la plupart de ses ouvrages furent brûlés.</p>



<p>En 1632, Galilée fut condamné par l’église pour avoir dénigré le&nbsp;géocentrisme&nbsp;et soutenu l’héliocentrisme. Il fut condamné jusqu’à sa mort à un emprisonnement à vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter le moule stérilisant de la pensée unique</h2>



<p>Dans toutes ces condamnations aveugles et éhontées, ce sont le poignard, la hache, la corde, le bûcher ou le révolver qui se sont substitués à la plume, à l’argument ou au contre-argument.</p>



<p>Et pourtant, la mission des écrivains, des philosophes, des scientifiques n’est-elle pas celle de nous empêcher de couler dans le moule d’une même et seule pensée, de se suivre comme des moutons de panurge&nbsp;?</p>



<p>Leur rôle n’est-il pas celui de dessiller nos yeux sur les dangers à venir, de bousculer les monolithismes de nos croyances, de questionner nos convictions, de s’interroger sur nos certitudes trompeuses et illusoires, et somme toute de nous permettre de nous débarrasser de nos archaïsmes, pareilles à des ancres, nous empêchant de poursuivre notre route vers un monde meilleur&nbsp;?</p>



<p>Certes, nous ne sommes pas obligés de partager les idées de Salman Rushdie, cependant a-t-on le droit de revendiquer son élimination physique.</p>



<p>A-t-on le droit de s’en prendre à qui que ce soit au motif que le contenu de son livre, le thème de son film ou sa caricature dérangent&nbsp;notre tranquillité intellectuelle&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SGYKu7jwpN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/">Tunisie : Mohsen Marzouk condamne l’agression contre Salman Rushdie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Mohsen Marzouk condamne l’agression contre Salman Rushdie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/embed/#?secret=BnubS4XRd1#?secret=SGYKu7jwpN" data-secret="SGYKu7jwpN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’agression contre Salman Rushdie est une énième agression contre notre liberté de penser, contre notre aptitude d’être dans la diversité de nos idées et de nos cultures.</p>



<p>L’attentat contre la vie de l’auteur des <em>‘‘Versets sataniques’’</em> est aussi un attentat contre la possibilité d’un monde plus intelligent et plus ouvert. Un monde dans lequel Alika Ogorchukwu, vendeur à la sauvette nigérian, dans une petite station balnéaire à l’ouest de l’Italie, n’aurait jamais dû être battu à mort, sous l’indifférence générale des passants. Qu’est ce qui serait alors plus satanique que les ‘‘Versets sataniques’’, si ce ne sont nos attitudes muettes et pusillanimes face à l’horreur du monde, celle d’éliminer des hommes, saugrenues soient-elles leurs idées&nbsp;? Se taire face à de pareil outrage, c’est aussi participer largement à tuer l’humain qui est en chacun de nous. Ce qui est en soi la plus inadmissible des ignominies humaines.</p>



<p><em>* Haut fonctionnaire à la retraite.</em> </p>
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		<title>Tunisie : Mohsen Marzouk condamne l’agression contre Salman Rushdie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Aug 2022 07:50:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Mohsen Marzouk]]></category>
		<category><![CDATA[Salman Rushdie]]></category>
		<category><![CDATA[versets sataniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour Mohsen Marzouk, l'agression contre Salman Rushdie ne fera qu’écorner davantage l’image de l’islam dans le monde et contribuer à la promotion de l’œuvre de l’écrivain britannique d’origine hindoue.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les réactions d’indignation dans le monde arabo-musulman après l’agression ignoble dont a été victime l’écrivain Salman Rushdie sont si rares que celles qui sont exprimées avec dignité et courage méritent d’être relayées. C’est le cas de celle de Mohsen Marzouk, qui a fermement condamné ce <em>«</em>crime<em>»</em>.</em></strong></p>



<span id="more-3103038"></span>



<p>Le président du mouvement Mashrou&rsquo; Tounes a publié sur sa page Facebook un commentaire de l’attaque contre l’auteur des <em>‘‘Versets sataniques’’</em>, toujours hospitalisé après avoir été poignardé à plusieurs reprises par Hadi Matar, un extrémiste chiite, Américain d’origine libanaise. </p>



<p>Ce crime ne fera qu’écorner davantage l’image de l’islam dans le monde et contribuer à la promotion de l’œuvre de l’écrivain britannique d’origine hindoue, a-t-il écrit dans le post que nous traduisons ci-dessous dans son intégralité…</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Post-Mohsen-Marzouk.jpg" alt="" class="wp-image-3103208" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Post-Mohsen-Marzouk.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Post-Mohsen-Marzouk-300x100.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Post-Mohsen-Marzouk-580x193.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure></div>


<p><em>«L’homme qui a poignardé Salman Rushdie et les hordes de personnes qui ont émis des fatwas, acclamé et soutenu ce crime, n’ont finalement réussi qu’une énorme opération promotionnelle au profit de Rushdie et de ses livres dont les ventes ont bondi rapidement après avoir été un moment négligés.</em></p>



<p><em>«En ce qui concerne l’image de l’islam, cet acte odieux ne fera malheureusement que l’amocher davantage et présenter les musulmans au reste du monde comme des fanatiques sanguinaires.</em></p>



<p><em>«Cet acte est le résultat d’une culture fanatique et populiste dans laquelle un peu de pensée est mêlé à beaucoup de merde et un peu de planification à beaucoup de pets.</em></p>



<p><em>«La bataille civilisationnelle restera la mère des batailles.»</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="usdFZQWtKo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/14/lagression-contre-salman-rushdie-est-une-abomination/">L’agression contre Salman Rushdie est une abomination</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’agression contre Salman Rushdie est une abomination » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/14/lagression-contre-salman-rushdie-est-une-abomination/embed/#?secret=yp2DuQrVrF#?secret=usdFZQWtKo" data-secret="usdFZQWtKo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZAhUEB3uwp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/">Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !   </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/embed/#?secret=6Cus7N6ll5#?secret=ZAhUEB3uwp" data-secret="ZAhUEB3uwp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/">Tunisie : Mohsen Marzouk condamne l’agression contre Salman Rushdie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’agression contre Salman Rushdie est une abomination</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2022 09:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[American Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Salman Rushdie]]></category>
		<category><![CDATA[Yasmina Khadra]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’agression contre l’écrivain indo-britannique Salman Rushdie est une abomination. Nul n’a le droit d’attenter à la vie d’autrui.</p>
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<p><strong><em>Le romancier algérien est, jusqu’à présent, le seul intellectuel du monde arabo-musulman à prendre publiquement, dans un post sur sa page Facebook, la défense de Salman Rushdie, victime d’une tentative d’assassinat avant-hier à New York perpétrée par un extrémiste chiite, et de rompre ainsi l’a <strong><em>lâche</em></strong></em></strong> <strong><em>omerta qui s’est emparée de cette région suite à l’agression de l’écrivain indo-britannique.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Yasmina Khadra</strong> *</p>



<span id="more-3065983"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Yasmina-Khadra.jpg" alt="" class="wp-image-3066032" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Yasmina-Khadra.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Yasmina-Khadra-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Yasmina-Khadra-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>S’agit-il de l’exécution d’une fatwa ou d’un acte isolé perpétré par un frustré en mal de visibilité ? Dans les deux cas de figure, l’agression contre l’écrivain est une abomination. Nul n’a le droit d’attenter à la vie d’autrui.</p>



<p>J’ai rencontré Salman Rushdie à New York en 2007. Il m’avait invité à l’American Pen. Il y a trois ou quatre ans, nous étions tous les deux sur le même plateau de <em>‘‘La Grande Librairie’’</em>. Il savait que je suis croyant pratiquant et je savais qu’il était athée. Nous nous respections parce que nous sommes toujours persuadés que la liberté de tout un chacun, tant qu’elle ne s’oppose pas à la liberté des autres, est légitime. On est libre de croire ou bien de ne pas croire. Le malheur de l’humanité commence dès lors que certains contestent et condamnent le mode de vie des autres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rien ne justifie la violence</h2>



<p>Lorsqu’il s’agit de conviction, la contestation de cette dernière est une atteinte à l’intégrité. On peut discuter, débattre ou ne pas débattre, mais rien ne justifie un passage à l’acte aussi odieux qu’impardonnable.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4OkAnwfUds"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/">Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !   </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/embed/#?secret=9BUchEqPvB#?secret=4OkAnwfUds" data-secret="4OkAnwfUds" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Un écrivain a sa propre façon de voir les choses. S’il lui arrive de bousculer nos certitudes ou de déplacer certains de nos repères, il ne fait que nous aider à réfléchir le monde qui nous entoure et à interroger intelligemment nos convictions et les enseignements auxquels nous avons accédé.</p>



<p>L’existence est un mystère. Et notre vocation d’êtres humains est de tenter d’en percer les codes. Il ne sert à rien de s’opposer à la Pensée car elle guide notre destinée avec ou sans notre consentement. L’Homme est Pensée. Il est un arsenal d’idées, d’imaginaires, de créativité. Ce sont précisément ces données qui le caractérisent, le singularisent et lui permettent d’évoluer avec les âges, les cycles et les civilisations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nul ne détient la vérité</h2>



<p>Tant que la violence est instrumentalisée dans le but exclusif de faire taire la Pensée, cette même violence finira par nous déshumaniser. D’ailleurs ne le sommes-nous pas déjà, au vu des guerres qui succèdent aux guerres, du racisme tentaculaire, des xénophobies claironnantes, des haines communautaires, des ségrégations outrancières et du radicalisme tous azimuts qui passe du militantisme éclairé au rejet absolu de toute cohabitation.</p>



<p>L’intolérance est une barbarie en gestation. Elle abolit la lucidité. Si le monde n’a de cesse de dégénérer, c’est parce qu’il refuse de se faire une raison — et il n’en existe qu’une seule de vrai, de juste et d’essentiel : VIVRE ET LAISSER VIVRE CAR NUL NE DÉTIENT LA VÉRITÉ.</p>



<p>* <em>Romancier algérien.</em></p>
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		<title>Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !   </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Aug 2022 11:24:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un écrivain dont on a attenté à la vie, même s’il s’appelle Salman Rushdie et qu’il incarne le diable aux yeux de beaucoup de musulmans, a droit à notre compassion.</p>
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<p><strong><em>Quels que soient sa nationalité, sa religion, sa langue et le jugement que l’on porte sur ses écrits, un écrivain dont on a attenté à la vie, même s’il s’appelle Salman Rushdie et qu’il incarne le diable aux yeux de beaucoup de musulmans, a droit à notre compassion. Et quelles que soient leurs motivations, celui ou ceux qui ont attenté à sa vie doivent être fermement condamnés.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-3019203"></span>



<p>Nous écrivons cela en réaction aux commentaires hostiles à la victime et défendant l’agresseur que nous avons lus et entendus sur les réseaux sociaux et les médias dans le monde arabo-musulman, et notamment en Iran, où l’auteur britannique d’origine indienne, auteur des fameux <em>‘‘Versets sataniques’’</em>, est qualifié par les médias officiels, et notamment par l’agence officielle Irna, d’«<em>écrivain apostat</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’homme traqué par les obscurantistes</h2>



<p>Celui qui a fait l’objet d’une tentative d’assassinat lors d’une conférence dans l’ouest de New York, hier, vendredi 12 août 2022, est depuis son agression entre la vie et la mort. Mais son état critique n’a inspiré aucun sentiment de compassion au principal quotidien ultraconservateur iranien, <em>Kayhan</em>, qui a félicité, ce samedi 13 août, l’homme ayant poignardé Salman Rushdie. «<em>Bravo à cet homme courageux et conscient de son devoir qui a attaqué l’apostat et le vicieux Salman Rushdie</em>», a écrit le journal, dont le patron est nommé par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. «<em>Baisons la main de celui qui a déchiré le cou de l’ennemi de Dieu avec un couteau</em>», poursuit le même journal.</p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-3019665" width="600" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Salma-Rushdie-transporte-hopital.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>La victime lors de son transfert à l&rsquo;hôpital.</em></figcaption></figure></div>


<p>De la part d’un régime qui avait émis une fatwa en 1989, par la voix de son guide de l’époque, l’imam Khomeiny, appelant à tuer l’écrivain, coupable d’avoir brossé un portrait pas très conforme au dogme islamique du prophète de l’islam dans son roman <em>‘‘Les versets sataniques’’</em>, par allusion aux versets du&nbsp;Coran&nbsp;où&nbsp;Satan&nbsp;aurait fait dire à&nbsp;Mohamed&nbsp;des paroles empreintes de conciliation avec les idées&nbsp;polythéistes. Cet épisode n’a pas été inventé par le romancier mais rapporté par de nombreuses sources islamiques anciennes, notamment les commentateurs Ibn Saad et Tabari.</p>



<p>Depuis sa publication et la fatwa qu’il a suscité, ce roman n’a pas fini de <em>«tuer»</em> : des <em>«musulmans zélés»,</em> selon l’expression même de Khomeiny, ont attaqué et blessé plusieurs traducteurs des <em>‘‘Versets’’</em>. Le traducteur japonais Hitoshi Igarashi, victime de plusieurs coups de poignard, a même été tué en 1991.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-3019706" width="600" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/08/Hedi-Matar-agresseur-de-Salman-Rushdie.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>L&rsquo;agresseur, Hedi Matar, un extrémiste chiite adepte de Khomeiny.</em></figcaption></figure></div>


<p>Salman Rushdie, qui avait, entretemps, trouvé asile à New York, aux Etats-Unis, était depuis 1989 dans le viseur d’assassins qui le traquaient partout et vécut dans la peur en changeant régulièrement de domicile dans une tentative d’effacer sa trace. Mais un apprenti tueur originaire d’un pays arabe – Hedi Matar, originaire du Liban, est un chiite adepte de Khomeiny – a malheureusement pu l’atteindre hier, et en attendant d’en savoir plus sur l’agresseur, ses motivations et ses éventuels complices ou commanditaires, souhaitons bon rétablissement à l’écrivain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La lâcheté n’a jamais sauvé personne</h2>



<p>On relèvera cependant, 24 heures après cette tentative d’assassinat, le silence assourdissant dans le monde arabe. Or, on voudrait entendre des responsables politiques ou des autorités religieuses et intellectuelles condamner clairement et fermement cet acte ignoble, ne fut-ce que pour le principe et en prenant les précautions de style nécessaires pour éviter les malentendus qu’une position mal comprise pourrait alimenter.</p>



<p>Le courage intellectuel et moral n’est certes pas la vertu la mieux partagée dans le monde arabo-musulman, mais la lâcheté n’a jamais sauvé personne. Car l’extrémisme religieux a déjà frappé beaucoup d’écrivains et d’intellectuels arabes, et sa condamnation ne doit souffrir aucun calcul, car il va de la pérennité des idéaux progressistes, ou de leur échec définitif devant les gardiens du dogme stérilisant qui empêche notre région d’entrer de plein pied dans le monde moderne.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/">Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !   </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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