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	<title>Archives des S&amp;P - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 Oct 2025 09:42:54 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des S&amp;P - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le paradoxe marocain &#124; «Investment grade» et malaise social</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/06/le-paradoxe-marocain-investment-grade-et-malaise-social/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Oct 2025 09:23:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[GenZ]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[Investment grade]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[S&P]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le malaise politique actuel au Maroc rappelle celui qu'a connu la Tunisie il y a 15 ans, la veille de la chute du régime de Ben Ali.   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/06/le-paradoxe-marocain-investment-grade-et-malaise-social/">Le paradoxe marocain | «Investment grade» et malaise social</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au moment où le Maroc se voit relever sa note souveraine par l’agence de notation américaine Standard &amp; Poor&rsquo;s (S&amp;P) à BBB-/A-3 et attribuer ainsi la note très convoitée d’«investment grade», perdue en 2021, pendant la pandémie de Covid-19, les grandes villes du royaume s’échauffent et voient défiler des centaines de milliers de jeunes de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/29/maroc-des-dizaines-darrestations-suites-a-des-manifestations/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la GenZ protestant </a>contre la détérioration des services publics, notamment ceux de l’éducation et de la santé.&nbsp; «Nous voulons des hôpitaux pas des stades», criaient les protestataires, marquant un début de rupture entre la société et le Makhzen, c’est-à-dire le gouvernement du roi.</em></strong></p>



<p><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-17607980"></span>



<p>Pour revenir à la notation, déjà, en mars 2024, la perspective était passée de stable à positive, un signal qui a précédé son relèvement la semaine dernière.</p>



<p>Cette décision fait suite à une mission menée au Maroc en septembre. S&amp;P a souligné les réformes structurelles et les politiques macroéconomiques du Maroc, qui ont contribué à stabiliser les finances publiques et à diversifier l’économie.</p>



<p>Ce relèvement de sa note place le Maroc parmi les gouvernements considérés comme sûrs par les marchés obligataires internationaux, alors qu’une grande partie du continent africain reste en dessous de la note <em>«investment grade»</em>.</p>



<p>Pour le Maroc, le passage à la note<em> «investment grade»</em> s’accompagne d’une baisse des rendements des prêts étrangers et d’un regain de confiance des investisseurs, avec un potentiel d’augmentation des investissements directs étrangers, notamment compte tenu du financement par le gouvernement des infrastructures, des projets de transition énergétique et des initiatives de politique industrielle.</p>



<p>S&amp;P prévoit une croissance moyenne du PIB réel du Maroc de 4% entre 2025 et 2028, avec un déficit budgétaire se réduisant à 3% du PIB d’ici 2026 et un déficit du compte courant contenu à environ 2 % du PIB sur la même période.</p>



<p>Ces performances, rappelons-le, étaient celles de la Tunisie de Ben Ali, la veille de la chute de son régime le 14 janvier 2011. Le contraste était alors également criard entre une économie relativement prospère et un malaise social grandissant, marqué par de grands écarts dans la distribution des richesses nationales.</p>



<p>Aussi la séquence que vit aujourd’hui le Maroc rappelle-t-elle celle vécue par la Tunisie il y a 15 ans, et qui signifie que le libéralisme économique peut créer une  prospérité passagère et trompeuse mais que seule une politique sociale redistributive peut corriger les écarts et apaiser les tensions.</p>



<p>D’ailleurs, les experts de S&amp;P ont pris la précaution de préciser dans leur analyse que <em>«la volatilité du secteur agricole au Maroc liée au changement climatique, les inégalités persistantes et la viabilité de la dette sont des facteurs qui pourraient mettre en péril le statut d&rsquo;investment grade retrouvé.»</em></p>



<p>Ils ne s’attendaient sans doute pas à ce que leur avertissement soit aussi rapidement confirmé par les faits.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HOoZjxVCuB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/29/maroc-des-dizaines-darrestations-suites-a-des-manifestations/">Maroc | Des dizaines d’arrestations suites à des manifestations</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Maroc | Des dizaines d’arrestations suites à des manifestations » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/29/maroc-des-dizaines-darrestations-suites-a-des-manifestations/embed/#?secret=Zl6vPHhYe4#?secret=HOoZjxVCuB" data-secret="HOoZjxVCuB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/06/le-paradoxe-marocain-investment-grade-et-malaise-social/">Le paradoxe marocain | «Investment grade» et malaise social</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les perspectives économiques de court terme en Tunisie, selon S&#038;P</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/19/les-perspectives-economiques-de-court-terme-en-tunisie-selon-sp/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Feb 2025 07:03:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[croissance économique]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement extérieur]]></category>
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		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[S&P]]></category>
		<category><![CDATA[Standard & Poor’s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rapport de Standard &#038; Poor's (S&#038;P) sur les perspectives économiques de court terme en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/19/les-perspectives-economiques-de-court-terme-en-tunisie-selon-sp/">Les perspectives économiques de court terme en Tunisie, selon S&amp;P</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous le rapport de </em></strong><strong><em>Standard &amp; Poor&rsquo;s</em></strong><strong><em> (S&amp;P) sur les perspectives économiques de court terme en Tunisie, selon la traduction qu’en a faite Economics for Tunisia (E4T), le blog de l’économiste Moktar Lamari.</em></strong></p>



<span id="more-15579845"></span>



<p>La reprise de la Tunisie s’accélérera lentement en 2025, soutenue par le tourisme mais freinée par la sécheresse agricole. La croissance économique devrait continuer à s’améliorer, avec la reprise du secteur du tourisme, qui représente 14% du PIB, menant la dynamique. Après une croissance nulle en 2023, la croissance du PIB réel devrait s&rsquo;accélérer, passant de 1,2% en 2024 à 2,0% en 2025.</p>



<p>L’Europe, ainsi que ses voisins africains, la Libye et l’Algérie, deux pays riches en ressources, constituent une grande source de touristes. La croissance de l’industrie manufacturière et de la construction devrait être positive en 2025, même si la croissance des services devrait ralentir. La production agricole n’a que partiellement rebondi et devrait ralentir en 2025.</p>



<p>La demande d’exportations de biens s’accélère progressivement à mesure que la demande en provenance de la périphérie sud de l’Europe prend de l’ampleur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie devra chercher d’autres prêteurs que le FMI</h2>



<p>Les négociations avec le Fonds monétaire international sur le mécanisme élargi de crédit de 1,9 milliard de dollars (4,0 % du PIB) d’une durée de quatre ans sont toujours au point mort, la Tunisie ne montrant aucune volonté d’accepter la conditionnalité du FMI.</p>



<p>La Tunisie devra chercher d’autres prêteurs, principalement des gouvernements étrangers, pour refinancer la dette extérieure existante et emprunter de nouvelles dettes. La stratégie d’emprunt de la Tunisie reste risquée. Nous prévoyons que les prêteurs étrangers, y compris les monarchies du Golfe, fourniront des fonds pour refinancer la dette extérieure existante ou la nouvelle au cas où cela serait nécessaire, du moins à court terme.</p>



<p>Les réserves de change de la banque centrale tunisienne devaient atteindre 8,2 milliards de dollars à la fin de 2024 (contre 7,9 milliards de dollars). L’inflation a tendance à baisser progressivement, mais elle restera élevée, et les vulnérabilités financières demeurent prévalentes.</p>



<p>L’inflation devait s’établir en moyenne à 6,9% en 2024 et à 6,6% en 2025, après avoir atteint 9,3% en 2023. Bien que la baisse des coûts de l’énergie ait contribué à faire baisser l’inflation globale, l’inflation des prix des denrées alimentaires reste élevée. L’inflation est enracinée en Tunisie et ne ralentira donc que lentement au cours des deux à trois prochaines années, car les perspectives des prix des matières premières restent faibles.</p>



<p>Bien que cela soit peu probable à court terme, une escalade de la crise de la dette extérieure tunisienne pourrait contraindre la banque centrale à accepter une dévaluation du dinar tunisien, ce qui stimulerait l’inflation des prix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Poursuite de la dépréciation du dinar tunisien &nbsp;</h2>



<p>Le dinar tunisien a été relativement stable par rapport au dollar américain en 2024, malgré une certaine dépréciation suite aux élections américaines. Cependant, une reprise de la trajectoire progressive de dépréciation par rapport au dollar américain est probable en 2025, à mesure que l’écart de la balance courante se creuse et que l’euro s’affaiblit.</p>



<p>Il existe également un risque d’une dévaluation plus large du dinar, entre 10% et 20% par rapport au dollar américain, pour se conformer aux conditions du FMI.</p>



<p>La Banque centrale de Tunisie (BCT) a relevé son taux d’intérêt directeur à 8,00% en janvier 2023, contre 6,25% avant le début du cycle de resserrement en mai 2022, afin de contrer les pressions inflationnistes et d’éviter un élargissement de la balance courante. Il a laissé les taux inchangés depuis lors.</p>



<p>Avec le ralentissement de l’inflation, nous pensons que la banque centrale pourrait éventuellement baisser les taux d’intérêt au début de 2026. La baisse du déficit de la balance courante, qui est passé de 8,0% du PIB en 2022 à 2,0% en 2023 et à 2,3% en 2024, selon les estimations, est une évolution positive, même si nos prévisions tablent sur un creusement de l’écart pour atteindre 3,5% du PIB en 2025.</p>



<p>Le manque d’accès aux marchés de capitaux internationaux rend la Tunisie dépendante des prêteurs souverains, mais limite son exposition à la hausse des taux d’intérêt et au paiement du service de la dette. La Tunisie devrait recevoir des prêts concessionnels et bilatéraux pour aider le pays à répondre à certains de ses besoins de financement.</p>



<p>L’important déficit budgétaire est un frein majeur à l’économie, car le financement de l’écart évince les emprunteurs du secteur privé. Le plan budgétaire à moyen terme 2024-2026 prévoit que l’amélioration de la gestion financière du secteur public et des entreprises du secteur public sera le principal contributeur à l’épargne budgétaire, tandis que le poste de dépenses le plus important – les salaires du secteur public, qui représentent 50% du budget du gouvernement central – n’est pas pris en compte. Du côté des revenus, le plan prévoit que la reprise économique stimulera une augmentation des demandes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le déficit budgétaire devait se réduire à 5,2% du PIB en 2025</h2>



<p>Le ratio de déficit budgétaire devait encore se réduire à 6,1% du PIB en 2024 et à 5,2% du PIB en 2025, à mesure que l’économie se redresse lentement et que le commerce extérieur s’améliore régulièrement, ce qui augmente les recettes attendues. De plus, le parlement est principalement composé de membres pro-Saïed et approuvera probablement régulièrement les projets de loi du président Kaïs Saïed, ce qui rend l’opposition peu susceptible d’influencer ou de contester les propositions de l’exécutif.</p>



<p>L’ampleur du déficit nécessitera des financements. La dette publique existante est déjà élevée pour le groupe de pays pairs de la Tunisie, à 89% du PIB en 2024, dont environ la moitié provient de sources étrangères. Une telle demande importante de la part de l’État maintiendra les taux d’intérêt élevés et empêchera probablement les investisseurs du secteur privé d&#8217;emprunter.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/19/les-perspectives-economiques-de-court-terme-en-tunisie-selon-sp/">Les perspectives économiques de court terme en Tunisie, selon S&amp;P</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : exposition des banques au risque du défaut de l’État</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/tunisie-exposition-des-banques-au-risque-du-defaut-de-letat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 08:48:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[S&P]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La crise financière de l'Etat en Tunisie commence à peser lourdement sur les banques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/tunisie-exposition-des-banques-au-risque-du-defaut-de-letat/">Tunisie : exposition des banques au risque du défaut de l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que la Tunisie peine à finaliser un accord de prêt avec le FMI pour atténuer ses déficits, la pression monte sur les banques du pays, qui subissent une incertitude macroéconomique grandissante, selon un nouveau rapport d’analyse du scénario <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/sp-se-rappelle-au-souvenir-de-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">S&amp;P Global Ratings</a>. Que retenir…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-6604631"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>Avec un accord potentiel du FMI qui tarde à venir, S&amp;P a analysé les risques financiers et monétaires, et à examiné les implications financières et économiques potentielles pour le secteur bancaire advenant un défaut de paiement de l’Etat tunisien.</p>



<p>Les analyses de S&amp;P insistent sur le stress et la mise à l’épreuve de la résilience du système bancaire tunisien suite à un défaut souverain de plus en plus probable.</p>



<p>La pandémie de Covid-19 et l’incertitude politique qui prévaut en Tunisie ont pesé sur l’activité économique du pays ces dernières années. L’économie est au ralenti, et les budgets de l’Etat mis à sec.</p>



<p>Selon le FMI, la croissance économique du pays devrait atteindre 1,6% en 2023, tandis que ses déficits budgétaires et externes totaliseront probablement 13% du PIB.</p>



<p>Le pays est confronté à des obstacles majeurs pour lever des fonds externes et des divisions internes auraient entraîné des retards dans la mobilisation des ressources nécessaires. Les autorités tunisiennes et le FMI sont en pourparlers pour convenir d’un programme qui implique des réformes importantes et douloureuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les banques piégées par les dettes de l&rsquo;Etat</h2>



<p>Dans ce contexte, l’exposition des banques au risque du défaut de paiement de l’État reste significative à 83% du total des capitaux propres au 31 août 2022 (y compris les prêts directs aux expositions de l’administration publique), contre 5,1% à la fin de l’année 2010.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SBScKahaFv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/sp-se-rappelle-au-souvenir-de-la-tunisie/">S&amp;P se rappelle au souvenir de la Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« S&amp;P se rappelle au souvenir de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/sp-se-rappelle-au-souvenir-de-la-tunisie/embed/#?secret=UMj8gdw6i6#?secret=SBScKahaFv" data-secret="SBScKahaFv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Bien que ce risque soit relativement inférieur à celui observé dans certains systèmes bancaires de pays comparables (Egypte, Liban, Argentine, etc.), il représente une source majeure d’incertitude, compte tenu du manque de visibilité sur la façon dont le pays financera son déficit jumeau.</p>



<p>Dans son rapport, S&amp;P montre qu’un défaut souverain tunisien pourrait coûter au système bancaire 4,1 milliards à 7,6 milliards de dollars, soit 8% à 18% du PIB nominal prévu à la fin de l’année 2023. Et cela peut coûter cher pour les épargnants et dépositaires. Les pertes feront volatiliser une bonne partie des dépôts et de l’épargne détenus par le système bancaire.</p>



<p>Advenant ce risque, le dinar tunisien connaîtra une autre importante dévaluation, ce qui pourrait amplifier les coûts économiques d’une éventuelle déroute du système bancaire.</p>



<p>Le rapport de S&amp;P ajoute textuellement :<em> «Alors que la Tunisie cherche péniblement des financements pour honorer ses engagements, ses banques font face à des perspectives incertaines»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les risques d’un violent crash monétaire</h2>



<p>Les déposants et épargnants auprès de ces banques fortement impliquées dans le financement de l’Etat subissent de facto les risques d’un violent crash monétaire, où les banques concernées ne peuvent plus rembourser leurs clients.</p>



<p>Ces clients encourent un risque majeur qui peut dégénérer en faillite en cascade pour les opérateurs économiques et en choc majeur pour le marché de l’emploi.</p>



<p>Le gouverneur de la Banque centrale ne se prononce pas pour rassurer les opérateurs économiques. Son silence est assourdissant. Les opérateurs économiques ont besoin d’être rassurés.</p>



<p>La ministre des Finances garde aussi le silence, alors que le Budget de l’Etat cherche péniblement un financement de 15 milliards de dinars pour boucler le budget de 2023.</p>



<p>Toutes ces incertitudes ont lieu, alors que le pays vit une vague d’arrestations d’élites politiques accusées de complot contre l’économie (pénurie, hausse de prix, spéculations, etc.).</p>



<p>Du point de vue de la théorie macroéconomique, on parle ici du risque du <em>doom loop</em>. Un risque qui se manifeste quand on est en présence d’un cercle vicieux lié à l’interdépendance entre les banques et l’Etat.</p>



<p>Cette interdépendance se traduit par un risque de spirale infernale où la valorisation de la dette d’un Etat peut entraîner dans sa chute celle des banques.</p>



<p>Alors que les banques tunisiennes détiennent une importante dette souveraine de l’Etat tunisien et alors que celui-ci peine à honorer sa dette, S&amp;P anticipe le pire pour les banques, si jamais l’Etat tunisien déclare cessation de paiement, totale ou partielle.</p>



<p>Il faut dire que depuis 2011, les banques tunisiennes, sous les consignes de la BCT ont augmenté dangereusement leurs expositions vis-à-vis de la dette publique en termes absolus et l&rsquo;ont fait de façon risquée par rapport à la taille de leur bilan. **</p>



<p>* <em>Economiste universitaire au Canada.</em></p>



<p><em>** Le titre et les intertitres sont de la rédaction. </em></p>



<p><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur. </em></strong><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?multi_permalinks=707638154245004&amp;ref=share" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia, E4T.</a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/tunisie-exposition-des-banques-au-risque-du-defaut-de-letat/">Tunisie : exposition des banques au risque du défaut de l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>S&#038;P se rappelle au souvenir de la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/sp-se-rappelle-au-souvenir-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 07:50:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[défaut souverain]]></category>
		<category><![CDATA[déficits jumeaux]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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		<category><![CDATA[Standard & Poor’s]]></category>
		<category><![CDATA[système bancaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le manque de financements extérieurs place la Tunisie dans une situation de défaut souverain. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/22/sp-se-rappelle-au-souvenir-de-la-tunisie/">S&amp;P se rappelle au souvenir de la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’absence d’accord de financement entre la Tunisie et le Fonds monétaire international (FMI) et le manque de financements extérieurs placent le pays dans une situation de «défaut souverain» et pourraient coûter entre 4,1 et 7,6 milliards de dollars au système bancaire tunisien, soit entre 8% et 14,8% du PIB nominal fin 2023, selon le scénario le plus extrême de l’agence de notation Standard &amp; Poor’s (S&amp;P).</em></strong></p>



<span id="more-6603725"></span>



<p>Rappelons, à ce propos, que La notation souveraine de la Tunisie par l’agence S&amp;P a été retirée en 2013 par la BCT.</p>



<p>Dans un rapport rendu public lundi 20 février 2023, l’agence de notation américaine a présenté trois scénarios hypothétiques allant du <em>«faible stress»</em> au<em> «stress sévère»</em> et sur la base d’enquêtes auprès des investisseurs, l’agence a passé en revue les impacts financiers et économiques potentiels sur le secteur bancaire, qui fait face à un environnement <em>«ambigu»</em>.</p>



<p>L’agence a également indiqué dans son rapport les impacts de la pandémie de Covid-19 sur le pays et les moyens que la Tunisie pourrait utiliser pour financer ses déficits jumeaux et faire face aux risques menaçant le système bancaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois scénarios</h2>



<p>En scénario de <em>«stress sévère»</em>, S&amp;P estime que le pays risque de faire défaut à ses obligations financières s’il ne parvient pas à signer un accord avec le FMI et à obtenir d’autres soutiens bilatéraux, notamment des pays du Golfe, ce qui détériorerait la balance des paiements et les finances publiques. Cette situation se traduirait également par une <em>«forte»</em> dépréciation du dinar tunisien et une<em> «hausse substantielle»</em> de l’inflation et pousserait les banques à subir de <em>«lourdes pertes»</em> et augmenterait leur besoin de recapitalisation.</p>



<p>Dans le cas du scénario <em>«low stress»</em> le plus optimiste, l’agence de notation américaine estime qu’un accord avec le FMI serait signé d’ici la fin du premier trimestre 2023 et que la mise en place des réformes rétablirait <em>«progressivement»</em> la confiance en la Tunisie et stimuler les investissements du secteur privé.</p>



<p>Les finances publiques et extérieures devraient retrouver une trajectoire <em>«soutenable»</em>. Les banques locales pourraient commencer à mettre en œuvre les réformes pilotées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) même si le coût du risque bancaire devrait rester élevé mais, sur une tendance baissière par rapport à 2020/2021, précise l’agence.</p>



<p>Cependant, deux sources principales, externe et interne, restent valables pour ce scénario. Il s’agit d’un risque externe plus important de ralentissement en Europe et de hausse des prix des matières premières et de risques internes d’instabilité politique ou d’opposition majeure aux réformes.</p>



<p>Concernant le troisième scénario de <em>«stress modéré»</em>, Standard &amp; Poor’s suppose que l’absence de mise en œuvre des réformes empêcherait le pays de mobiliser les ressources nécessaires au financement de son budget, ce qui aura des impacts sur le soutien bilatéral et multilatéral.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites du marché local</h2>



<p>Sans soutien extérieur, le gouvernement serait contraint de s’appuyer sur le marché local pour tenter de mobiliser des ressources auprès des banques ou d’autres entreprises du secteur public disposant de liquidités suffisantes. Cela pourrait exacerber la pression sur les banques et éroder la rentabilité, a déclaré l’agence.</p>



<p>Au 9 février, le volume total de refinancement du système bancaire auprès de la BCT a atteint 14,5 milliards de dinars.</p>



<p>Selon la loi de finances de 2023, la Tunisie doit mobiliser 14,8 milliards de dinars d’emprunts extérieurs.</p>
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		<title>Tunisie : Fitch commet une faute morale!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Mar 2022 08:47:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Club de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Fitch Ratings]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Gery Rice]]></category>
		<category><![CDATA[Marouane El Abassi]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Moody’s]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop sévère, très injuste, avec démonstration bâclée, voire même immorale ! Voilà ce je pense de la décision de Fitch, annoncée ce vendredi 18 mars 2022, et mettant la Tunisie dans la notation spéculative CCC. Pour un pays, être noté CCC c’est être de facto insolvable, maudit et infréquentable par les investisseurs et les bailleurs...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Fitch-Rating-Tunisie.jpg" alt="" class="wp-image-384625"/></figure></div>



<p><strong><em>Trop sévère, très injuste, avec démonstration bâclée, voire même immorale ! Voilà ce je pense de la décision de Fitch, annoncée ce vendredi 18 mars 2022, et mettant la Tunisie dans la notation spéculative CCC. Pour un pays, être noté CCC c’est être de facto insolvable, maudit et infréquentable par les investisseurs et les bailleurs de fonds. Une vraie descente aux enfers pour les taux d’intérêt, pour l’investissement et pour le pouvoir d’achat en Tunisie. Explications…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph. D. *</p>



<span id="more-384623"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Ça tombe mal, le Trésor public tunisien est déjà exsangue, meurtri pas le fardeau de la dette! Le Budget de l’État pour 2022 a besoin de 6 milliards de $ pour être bouclé. La dégradation de Fitch fait flamber le coût du capital (agios, primes de risque et intérêts) pour amener les taux d’intérêt à quasiment 14%. Suffisamment pour plomber la croissance, anéantir l’investissement, étioler le dinar et asphyxier la prospérité. Suffisamment pour envenimer un contexte politique déjà explosif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un coup bas !&nbsp;</h2>



<p>Pas par hasard, la dégradation de Fitch s’est faite alors le pays célèbre le 66e anniversaire de son indépendance. Message subliminal, c’est comme pour rappeler à la Tunisie post-2011, sa dépendance et son addiction à la dette et aux bailleurs de fonds internationaux.&nbsp;</p>



<p>Fitch Rating, agence de notation américaine, créée par un Français depuis 1913, a commis l’irréparable pour la Tunisie du post-2011.&nbsp;Cette agence qui fait partie d’un trio, agissant en oligopole avec 95% de part du marché international du rating (Fitch, S&amp;P, Moody’s), a par le triple C accolé à la Tunisie, planté un autre gros clou dans le cercueil de l’intermède démocratique de la Tunisie de la révolte du jasmin.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L’histoire des faits économiques nous apprend qu’il faut presque une quinzaine d’années de bonne gouvernance et d’austérité pour se remettre de la notation CCC et rejoindre la note de A (ou même B). Pour les États, c’est autant d’années de calvaire avec des taux d’intérêt exorbitants, avec un État qui perd sa capacité à investir dans les services publics et avec des opérateurs économiques qui, faute de capital accessible, ne peuvent plus investir, pour créer la richesse et le bien-être collectif.</p>



<p>Ce délai pour le retour à la normale a été vécu par le Brésil, pour nommer que ce pays.</p>



<p>La Tunisie est passée de la notation A- à celle de CCC, entre 2007 et 2022 (15 ans), avec une dizaine de dégradations successives. Mais, cette dernière dégradation est la pire, puisqu’elle coûtera très cher au pays.</p>



<p>Une dégradation qui empire la trajectoire du Printemps arabe. L’État tunisien est déjà pris à la gorge par ses querelles internes, par ses échéances de ses remboursements et par une chute vertigineuse de la qualité des services publics et du niveau de vie.</p>



<p>Certes, la gouvernance de la Tunisie est chancelante et mal au point.&nbsp;Certes, les institutions politiques en place sont dysfonctionnelles, mais de là à pénaliser aussi sévèrement un pays et une société entière, de façon opaque et aussi expéditive, il y a anguille sous roche.&nbsp;</p>



<p>Plusieurs raisons mettent en doute la rectitude de cette notation dévastatrice. Mes réserves et mes griefs touchent aussi bien le fond que la forme de la décision de Fitch.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une décision à portée spéculative&nbsp;</h2>



<p>L’agence Fitch a annoncé la dégradation, vendredi le 18 mars, en début d’après-midi, alors que les bourses américaines et européennes sont encore ouvertes.</p>



<p>Ce n’est pas anodin, cela est de nature à accélérer la revente et la dépréciation des obligations émises par la Tunisie. Cette façon de faire est contraire aux normes éthiques et aux principes déontologiques qui veulent protéger les pays vulnérables et surendettés contre la spéculation et le chantage par les fonds vautours, entre autres.</p>



<p>Ce faisant, Fitch a pénalisé et indument les obligations tunisiennes en circulation et indirectement la Tunisie. Il y a ici crime de manipulation des marchés.</p>



<p>En 2011, l’Italie a porté plainte en justice contre Fitch pour cette même raison. Notamment, pour avoir dégradé la note italienne et d’avoir annoncé cette dégradation alors que certaines places boursières sont encore ouvertes, donnant ainsi une information privilégiée à certains courtiers et spéculateurs au détriment des intérêts du pays.&nbsp;</p>



<p>La Tunisie peut porter plainte contre Fitch au sujet de cette manipulation du marché. Une manipulation qui coûtera cher à l’État tunisien, à l’image politique du pays et surtout aux contribuables tunisiens. La société civile peut s’organiser aussi porter plainte auprès des tribunaux tunisiens, contre Fitch et particulièrement contre ceux ayant commis le délit d’initié&nbsp;et permis les spéculations liées. Fitch doit s’expliquer et compenser l’État tunisien, pour ces méfaits et pertes exceptionnelles, après recours en justice (nationale et internationale).&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décision de lobbyistes, pour faire pression</h2>



<p>L’annonce de Fitch est tombée 2 heures avant que Gery Rice, porte-parole du FMI, confirme la visite prochaine (fin de la semaine en cours) d’une visite d’un staff réduit d’experts du FMI pour un autre round de discussions techniques avec le gouvernement tunisien. Visite visant à préciser les contours d’une entente et convenir d’un nouveau programme de prêt du FMI à la Tunisie.</p>



<p>Encore une fois, le timing n’est pas neutre!</p>



<p>Sans aucun doute, on est en présence d’une opération concertée FMI-Fitch pour mettre plus de pression sur le gouvernement tunisien et l’amener à faire des concessions majeures au profit du FMI, et indirectement aux autres bailleurs de fonds, bilatéraux et multilatéraux. Les réformes douloureuses sont en ligne de mire de cette pression.</p>



<p>Pas pour rien, le communiqué de Ficth a indiqué nommément et à répétition le FMI et le Club de Paris, comme passages obligés pour que la Tunisie s’en sorte de sa crise de financement et pourvoir accéder aux marchés.</p>



<p>Les agences de notation les plus connues, à savoir Fitch, Moody’s et S&amp;P, ont été prises en flagrant délit de conflit d’intérêts pendant la crise des subprimes en 2008-2009. Ces agences ont manipulé les notations et influencé les marchés pour en profiter comme entreprises motivées par le profit.</p>



<p>Par sa décision, au sujet de la dégradation de la note souveraine de la Tunisie, Fitch a agi en juge et partie. Fitch détient indirectement des actifs et des participations chez des bailleurs de fonds européens (notamment français) qui ont prêté à l’État tunisien, durant les 10 dernières années.</p>



<p>Par ces manipulations peu éthiques, Fitch et consœurs, ont par le passé récent eu maille à partir avec la justice pour des procès réglés hors cours, pour compenser des États lésés par ces agences. Des scandales qui ont justifié deux commissions d’enquête sénatoriales: une menée par le Sénat américain en 2010 et une autre menée par le Sénat français en 2012. Dans les deux cas, Fitch et consœurs ont été sermonnées et condamnées à régler de grosses sommes d’argent (hors cours) pour s’en sortir.</p>



<p>Le fait d’insister sur le passage de la Tunisie par le Club de Paris, pour restructurer sa dette, n’est pas neutre et confirme la présence de connivences entre Fitch et certains des bailleurs de fonds préteurs pour la Tunisie. Une connivence qui vise à augmenter la pression sur l’État tunisien, et pour tirer davantage de profit de ces obligations de facto dévalorisées et appelées à être bardées rapidement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une notation techniquement boiteuse et opaque</h2>



<p>La notation de Fitch est techniquement irrecevable, par son opacité et son argumentaire. On ne comprend pas les pondérations et la modélisation qui a fait basculer la Tunisie d’une note de B- à CCC. Fitch garde le secret de fabrication de sa notation et ne veut pas communiquer les détails de son processus de calcul lié.</p>



<p>Certaines statistiques affichées par Fitch dans son communiqué sont fausses, biaisées ou incomplètes. Techniquement parlant, j’en cite 5 biais statistiques et méthodologiques :</p>



<ol class="wp-block-list"><li>Le communiqué de Fitch prend pour acquis que la dette tunisienne est déjà insoutenable. Mais, il n’apporte aucune preuve à ce sujet, absolument aucune preuve. Les auteurs s’appuient sur une hypothèse émise, au détour d’une annexe, par le FMI (en février 2021). Une hypothèse formulée au conditionnel et sans preuves économétriques tangibles. Le FMI ne s’est pas encore prononcé à ce sujet de manière claire, franche et officielle. Fitch n’a pas le droit de prendre pour acquise une hypothèse émise au conditionnel par le FMI. Le FMI doit se prononcer à ce sujet, illico presto, pour dire la vérité. La Tunisie peut demander réparation à Fitch si le FMI ne confirme pas son constat, quant à l’insolvabilité de la dette tunisienne.</li><li>Le communique de Fitch occulte le contexte et les contingences exceptionnelles que traverse le Trésor public tunisien actuellement. Un contexte plombé d’abord par la pandémie de la Covid-19 (depuis 2020), ensuite par la montée récente et extraordinaire des coûts des produits alimentaires et énergétiques, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Des forces majeures, des paramètres exogènes à la Tunisie sont en cause, dans la débandade de l’économie Tunisie et du trésor public. Surtout que le pays est déjà très endetté et involontairement privé de ses moteurs de croissance (tourisme, chute des exportations vers la Libye en guerre, sècheresses à répétition, etc.). Ce contexte aurait dû être pris en compte pour nuancer la décision de dégradation, et pas pour la précipiter et l’entériner sans plus d’investigation et de preuves.</li><li>Le communiqué de Fitch&nbsp;ne tient pas compte des appréciables réserves en devises détenues par la Tunisie (127 jours), malgré la crise et grâce au soutien grandissant de la diaspora tunisienne à l’étranger (un million d’expatriés solidaires de leur famille au pays). Les transferts de la diaspora tunisienne sont exceptionnels et ceux-ci contribuent grandement au soutien des réserves en devises détenues par la Tunisie. Une vraie manne qui a été occultée par les analyses de Fitch.</li><li>Le communiqué de Fitch ajoute, dans son annexe méthodologique, que sa décision a utilisé une modélisation qui tient compte de 18 variables, mises en équation de régression linéaire, avec des moyennes mobiles sur 3 ans pour chaque variable. Mais Fitch ne dit pas plus sur la nature de ces variables, et ne dit rien sur son modèle ou les proxys et données statistiques considérées et intégrées dans son modèle économétrique. Des variables certainement erronées, l’Institut tunisien de la statistique (INS) n’ayant pas actualisé toutes ses données statistiques depuis la fin de 2021. Fitch a bricolé ces statistiques, une pratique forcément immorale. Un bricolage qui met en doute la crédibilité de la dégradation de la note de B- à CCC. Et ici, Fitch perd sa crédibilité au grand jour. Le tout, alors que l’agence joue aux donneurs de leçons et aux conseillers aviseurs intègres <em>«scientifiquement»</em> parlant.</li><li>Le communiqué de Fitch salit volontairement la réputation du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane El Abassi, en lui faisant dire ce qu’il n’aurait certainement pas dit. Voici les propos de Fitch à ce sujet, comme mentionnés dans le communiqué&nbsp;: <em>«However, the central bank may prove unwilling to raise interest rates to tame inflation and stem external outflows given the modest economic recovery and the negative impact it would have on government funding costs»</em>. Traduction&nbsp;: <em>«Cependant, la BCT pourrait se montrer réticente à relever les taux d&rsquo;intérêt directeur pour maîtriser l&rsquo;inflation et endiguer les sorties de capitaux étant donné la reprise économique modeste et l&rsquo;impact négatif qu&rsquo;elle aurait sur les coûts de financement de l&rsquo;État»</em>. C’est de la pure spéculation, Fitch utilise encore une fois une rumeur, un raccourci douteux, et des approximations pour les considérer comme données crédibles à intégrer dans ses modèles de calcul. Le gouverneur de la BCT doit démentir et s’exprimer pour dire s’il a effectivement dit aux experts de Fitch qu’il ne peut plus augmenter le taux d’intérêt directeur! On comprend que l’actuel gouverneur de la BCT, lui aussi sanctionné par un C, par une agence de notation spécialisée (Banker) doit défendre sa crédibilité et son intégrité.</li></ol>



<p>En conclusion, et dans ce contexte chaotique, la cheffe de gouvernement Najla Bouden doit sortir de son mutisme pour s’indigner face à cette dégradation de la notation de la Tunisie. Elle doit aussi s’exprimer pour nous dire combien le contribuable tunisien a déboursé pour ce genre de rapport bâclé, biaisé et maléfique pour la Tunisie. Puisque, Fitch n’est pas un enfant de chœur, il facture ses rapports produits pour les pays émetteurs à des sommes avoisinant un million de $US (presque 3 millions de dinars) par rapport. Pour ce montant, la Tunisie s’attendait un travail moins bâclé de la part de Fitch.</p>



<p>* <em>Universitaire au Canada.</em></p>



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		<title>La notation souveraine de la Tunisie recule de 7 crans entre 2010 et 2020</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2020 07:56:25 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Fitch]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
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		<category><![CDATA[notation souveraine]]></category>
		<category><![CDATA[S&P]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Baccar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Preuve que les années 2010-2020, dominées par le parti islamiste Ennahdha, ont constitué une décennie noire sur les plans économique et des équilibres des finances publiques, la Tunisie recule de 7 crans dans sa notation souveraine (évaluation de sa solvabilité) durant cette période. Par Imed Bahri En effet, la notation actuelle nous ramène au niveau...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/08/la-notation-souveraine-de-la-tunisie-recule-de-7-crans-entre-2010-et-2020/">La notation souveraine de la Tunisie recule de 7 crans entre 2010 et 2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Tunisie-crise-chute.jpg" alt="" class="wp-image-311082"/></figure>



<p><strong><em>Preuve que les années 2010-2020, dominées par le parti islamiste Ennahdha, ont constitué une décennie noire sur les plans économique et des équilibres des finances publiques, la Tunisie recule de 7 crans dans sa notation souveraine (évaluation de sa solvabilité) durant cette période. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-311081"></span>



<p>En effet, la notation actuelle nous ramène au niveau d’avant 1994. Un vrai gâchis! Et le pire c’est que le cauchemar se poursuit…</p>



<p><em>«La Tunisie était alors notée ‘‘B aa2’’ par l’agence de notation Moody’s, ‘‘BBB’’ par S&amp;P et Fitch, soit 7 crans de plus qu’aujourd’hui. En fait, la notation actuelle nous ramène à l’avant 1994, date de l’entrée de la Tunisie au marché́ financier international et l’obtention de son grade Investissement»</em>, rappelle, à juste titre, Taoufik Baccar, l’ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), dans un récent post Facebook, en rendant hommage aux <em>«cadres valeureux et dévoués à la Tunisie»</em> qui étaient derrière cette réussite.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Ah ces belles années 1990, si elles pouvaient revenir !</h3>



<p>A l&rsquo;époque, à une question relative aux moyens que met la Tunisie pour mobiliser autant de financements étrangers pour construire des barrages, des ponts, des échangeurs et autres équipements publics, un haut fonctionnaire du ministère de l&rsquo;Equipement nous répondait : <em>«Nous ne courons pas derrière les bailleurs de fonds, c&rsquo;est eux qui nous courent derrière. Nous sommes un pays solvable, qui paye ses dettes dans les délais et rubis sur ongle, et nos projets sont bien ficelés et ont un impact économique certain. Nous n&rsquo;avons pas de difficultés à leur trouver des financements et au meilleur taux d&rsquo;intérêt possible». </em></p>



<p>Ce temps-là nous semble aujourd&rsquo;hui loin, très loin, car, entre-temps, nous avons gaspillé notre énergie dans de vaines polémiques politiciennes et détruit l&rsquo;image, construite par de vaillants commis de l&rsquo;Etat, dévoués et patriotes, celle d&rsquo;un pays sans problèmes, bien entretenu et bien géré.  Un pays presque émergent&#8230; </p>



<h3 class="wp-block-heading">Parer à la déficience de dix ans de mauvaise gouvernance </h3>



<p>C&rsquo;est sans doute cette descente aux enfers de l&rsquo;économie tunisienne qui fait écrire à Taoufik Baccar, l&rsquo;un ces commis de l&rsquo;Etat, dans son post cité ci-haut: <em>«Le temps est venu de parer à la déficience qui a marqué dix ans durant la gestion de la position et de l’image de la Tunisie sur ces marchés et cela ne saurait se faire qu’en arrêtant une feuille de route de réformes, en entamant son exécution afin de restaurer la crédibilité de ce pays et en s’entourant des vraies compétences capables de redorer le blason de ce pays…»</em></p>



<p>Les <em>«vraies compétences»</em>, souligne M. Baccar. C&rsquo;est-à-dire les hauts commis de l&rsquo;Etat, cadres de la nation, et non les opportunistes, ambitieux et arrogants issus des partis politiques, qui ont fait tant de mal à la Tunisie et aux Tunisiens, pour lesquels démocratie rime désormais avec anarchie et faillite. </p>



<p>C&rsquo;est là, on l&rsquo;a compris, un message codé envoyé par M. Baccar au chef de gouvernement désigné, Hichem Mechichi, lui-même énarque et commis de l&rsquo;Etat, lui disant ceci (et c&rsquo;est nous qui traduisons): <em>«Ne cherchez pas les oiseaux rares dans les partis, car ces derniers n&rsquo;en ont pas; les vraies pépites sont dans l&rsquo;administration publique, mais il faut en  prendre les meilleurs, qui ne sont pas forcément les plus visibles ni les plus bavards». </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/08/la-notation-souveraine-de-la-tunisie-recule-de-7-crans-entre-2010-et-2020/">La notation souveraine de la Tunisie recule de 7 crans entre 2010 et 2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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