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	<title>Archives des Yannis Ritsos - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Yannis Ritsos - Kapitalis</title>
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		<title>Le poème du dimanche : ‘‘Je voyage avec Dionysos’’ de Angelos Sikelianos</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 May 2021 06:50:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ángelos Sikelianós, né à Leucade 1884 et décédé à Athènes en 1951, est l’un des plus importants poètes grecs moderne. Sa poésie met en relief ce qu’il appelle «l’Idée Delphique», dans l’espoir d’unir toutes les nations de la terre dans une communauté spirituelle fondée à Delphes où les arts, la paix et la bonne volonté...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Angelos-Sikelianos.jpg" alt="" class="wp-image-348370"/></figure></div>



<p><em><strong>Ángelos Sikelianós, né à Leucade 1884 et décédé à Athènes en 1951, est l’un des plus importants poètes grecs moderne. Sa poésie met en relief ce qu’il appelle «l’Idée Delphique», dans l’espoir d’unir toutes les nations de la terre dans une communauté spirituelle fondée à Delphes où les arts, la paix et la bonne volonté seraient développés avec, en toile de fond, le mythe primitif et la tragédie antique en tant que facteurs d’universalité.</strong></em></p>



<span id="more-348369"></span>



<p>Septième et dernier enfant d’un père professeur de français et d’italien et d’une mère instruite, il a une enfance heureuse, s’épanouissant au contact de la nature préservée et verdoyante de l’île de Leucade, et dans l’atmosphère culturelle où il baigne en famille.</p>



<p>En 1902, il publie un recueil de poèmes influencé par le symbolisme italien et français. Très tôt il étudie Homère, Pindare, les philosophes: Socrate, Platon, Eschyle, mais aussi la Bible et les écrivains étrangers comme D’Annuzzio. Il effectue aussi plusieurs voyages à Paris, à Rome et au Caire, et se tourne vers la poésie et le théâtre.</p>



<p>En août 1906, chez Isadora Duncan, il entre en contact avec une colonie d’expatriés américains qui ont décidé de vivre comme les Grecs de l’Antiquité, et de s’habiller de tuniques drapées à l’ancienne. Cette communauté cultive le chant, la danse, la poésie byzantine, dans une atmosphère de mysticisme qui joue un rôle important dans le refus de l’intellectualisme et du rationalisme par Sikelianós. Là, il fait la connaissance d’une jeune Américaine, Evelina Courtland Palmer, étudiante en archéologie grecque et chorégraphie à Paris. Il l’épouse en en 1907. Le couple a des intérêts littéraires communs dont l’idéal est la Grèce antique. Il se lie aussi d’amitié avec le célèbre romancier Nikos Kazantzakis.</p>



<p>En 1921, sa poésie met en relief l’Idée Delphique, dans l’espoir d’unir toutes les nations de la terre dans une communauté spirituelle fondée à Delphes où les arts, la paix et la bonne volonté seraient développés avec, en toile de fond le mythe primitif et la tragédie antique en tant que facteurs d’universalité.</p>



<p>Avec son épouse, en 1927, Sikelianós organise le Festival de Delphes comportant un programme de tragédies antiques, de musique byzantine, de compétitions sportives, de danses folkloriques, une exposition d’art populaire, etc. Cette initiative lui vaut une récompense de l’Académie d&rsquo;Athènes en 1929. Le couple reprend cette tentative en 1930 qui a un retentissement international malgré les difficultés de l’époque.</p>



<p>Après la guerre, sa santé se dégrade. Il a un accident vasculaire cérébral et est hospitalisé à deux reprises. À la fin de janvier 1951, Georges Séféris qui lui rend visite témoigne de son état dramatique : <em>«La mort qui tombe comme neige sur lui l’a à demi enseveli».</em> Le 4 juin 1951, ayant absorbé par erreur un désinfectant, au lieu de son médicament, il est transporté à l’hôpital, où il décède le 19 juin suivant.</p>



<p><em>Et d’abord<br>Dans la nuit aveugle<br>Laissant peser mon corps sur des mains invisibles,<br>J’ai marché, terre, sur tes sillons gravides.</em></p>



<p><em>Ton sol était tendu<br>Comme une peau de bœuf sur un tambour<br>Et sous mes talons je la sentais frémir<br>Au grand rythme du monde.</em></p>



<p><em>Comme un aveugle de naissance<br>Qui, au moindre bruit près de lui,<br>Lève machinalement ses yeux morts vers le ciel<br>– comme si toujours les sons venaient d&rsquo;en-haut –</em></p>



<p><em>Et, dès qu’il porte une flûte à sa bouche,<br>Marque le rythme de ses talons et fait chanter<br>Toutes les voix du monde par sa voix,<br>L’âme éblouie d’invisible lumière,<br>Ainsi, dans la nuit aveugle,<br>Je marche et je martèle des talons<br>Terre, tes gravides sillons.</em></p>



<p><em>Mais quand pour nous, les compagnons du dieu,<br>Vint l’heure du départ<br>– Cette heure où sur la rive<br>Le sable crisse sous les pas comme une voix vivante,</em></p>



<p><em>Où les voiles éclosent comme des lis<br>Sur les plaines du large –<br>Nous avons poussé notre navire vers la mer<br>Et soudain j’oubliai la terre<br>Et je sentis poindre en mon cœur<br>Une lumière nouvelle, comme l’étoile de l’aube.</em></p>



<p><em>Une pluie fine éraillait les sillons de la mer,<br>Une rumeur légère, un murmure d’écume<br>Sourdait de sur les flots,<br>Le murmure de l’eau sous les dents de nos rames.</em></p>



<p><em>Les îles blanches au loin mêlaient leurs promontoires<br>Comme des palombes enlacées, et parfois,<br>Tandis que nous longions des rivages parfumés de thym,</em></p>



<p><em>De géantes tortues nous regardaient passer<br>Immobiles comme des rochers d’ombre.</em></p>



<p><em>Et moi, en ce vertige ultime du voyage.<br>J’aspirais de mes rames tout le sein de la mer<br>Et je tissais ma route sur la trame des eaux<br>Et mon âme escortait le vaisseau<br>Comme, sur son sillage, une mouette obstinée.</em></p>



<p><em>Alors, mes compagnons,<br>Dans le calme des choses,<br>Prièrent ainsi les dieux :<br>«Oui, maintenant que nous avons<br>Les yeux brûlés par les veilles et le sel,<br>Nos âmes immobiles pourront réverbérer<br>L’horizon dans le sillage du silence.<br>Comme un poisson quittant l’obscurité des fonds<br>Pour venir respirer sur la surface étale<br>L’heure où se répand le corail de l’aube<br>Et qui glisse et replonge et raye l’océan<br>Comme silex d’argent sous le feu du soleil,<br>Ainsi nous-mêmes, à présent,<br>Pénétrons l’espace étale de nos dieux<br>Et tout notre corps en éveil<br>Sent, jusqu’en chaque doigt,<br>Un fort désir monter en nous<br>Au grand rythme du monde.»</em></p>



<p><em>Alors, soudain, je T’ai aperçu,<br>Toi, l’enfant-dieu, le Maître secret de la vie !<br>Car<br>Sans que la proue fasse d’écume,<br>Sans que la poupe laisse sillage,<br>Sans le moindre vent alentour,<br>Le bateau glissait sur les eaux…</em></p>



<p><em>Qui nous menait, nu, à la proue,<br>Étendu contre l’horizon,<br>Qui nous menait, sinon le dieu ?</em></p>



<p><em>Et l’air tremblait autour de lui<br>Comme autour d’un rocher brûlant<br>À midi, la fournaise des vents<br>Ou comme autour d’un autel blanc<br>Le feu des prières et des danses !</em></p>



<p><em>Et moi, sentant sourdre en mon cœur<br>Le chant invisible du dieu,<br>Je m’écriai : Libérateur !<br>Tu m’as réveillé de l’oubli,<br>Tu m’as fait boire l’ivresse des tempêtes,<br>Et tu m’entraînes aux extrêmes du monde<br>Et je suis devenu, par ton ordre secret,<br>Comme l’oiseau de mer posé entre deux vagues<br>Et qui monte et descend dans le cœur de l’écume<br>Au grand rythme du monde !</em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong>1919</strong></p>



<p><em>Traduction Jacques Lacarrière in ‘‘Dictionnaire amoureux de la Grèce’’, éd. Plon, 2001.</em></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uaURCPm34Q"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/09/le-poeme-du-dimanche-comme-tu-es-belle-de-yannis-ritsos/">Le poème du dimanche : ‘‘Comme tu es belle’’ de Yannis Ritsos</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Comme tu es belle’’ de Yannis Ritsos » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/09/le-poeme-du-dimanche-comme-tu-es-belle-de-yannis-ritsos/embed/#?secret=PrnTIg851o#?secret=uaURCPm34Q" data-secret="uaURCPm34Q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="r0hAB5aZm3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/28/le-poeme-du-dimanche-aveugle-de-georges-seferis/">Le poème du dimanche: ‘‘Aveugle’’ de Georges Séféris</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche: ‘‘Aveugle’’ de Georges Séféris » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/28/le-poeme-du-dimanche-aveugle-de-georges-seferis/embed/#?secret=VsbuqVW1iH#?secret=r0hAB5aZm3" data-secret="r0hAB5aZm3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2YGov62892"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/10/le-poeme-du-dimanche-ithaque-de-constantin-cavafy/">Le poème du dimanche : ‘‘Ithaque’’, de Constantin Cavafy</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Ithaque’’, de Constantin Cavafy » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/10/le-poeme-du-dimanche-ithaque-de-constantin-cavafy/embed/#?secret=zBeAsoEKHU#?secret=2YGov62892" data-secret="2YGov62892" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Le poème du dimanche: ‘‘Aveugle’’ de Georges Séféris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2021 07:05:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Andréas Embirikos]]></category>
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		<category><![CDATA[Odysséas Elýytis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, la Grèce célèbre le bicentenaire de sa révolution et la création de la Grèce moderne. La Grèce a toujours été, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, et le demeure aujourd’hui, la patrie des poètes par excellence. C’est la patrie d’Homère et Anacréon, d’Odysséas Elytis, de Yannis Ritsos, de Constantin Cavafy, d’Andréas Embirikos et bien...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/28/le-poeme-du-dimanche-aveugle-de-georges-seferis/">Le poème du dimanche: ‘‘Aveugle’’ de Georges Séféris</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Georges-Seferis.jpg" alt="" class="wp-image-343129"/></figure>



<p><strong><em>Cette semaine, la Grèce célèbre le bicentenaire de sa révolution et la création de la Grèce moderne. La Grèce a toujours été, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, et le demeure aujourd’hui, la patrie des poètes par excellence. C’est la patrie d’Homère et Anacréon, d’Odysséas Elytis, de<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2018/09/09/le-poeme-du-dimanche-comme-tu-es-belle-de-yannis-ritsos/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener"> Yannis Ritsos</a>, de <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/02/10/le-poeme-du-dimanche-ithaque-de-constantin-cavafy/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">Constantin Cavafy</a>, d’Andréas Embirikos et bien évidemment de Georges Séféris dont nous avons choisi un poème pour commémorer cet anniversaire.</em></strong></p>



<span id="more-343128"></span>



<p>D’ailleurs, le grand poète britannique Lord Byron, a financé et pris par militairement à cette révolution et c’est sur le champ de bataille à Missolonghi qu’il décéda.</p>



<p>Le décès de Byron donnera lieu à ce qu’on appelle les<em> «philhellènes»</em> qui comptèrent parmi eux et non des moindres la romancière et philosophe Mme de Staël, le peintre Eugène Delacroix, le compositeur Hector Berlioz, les écrivains Chateaubriand et Victor Hugo. Les philhellènes sont d’éminentes personnalités qui se sont engagés pour l’indépendance de la Grèce de l’Empire Ottoman.</p>



<p>Georges Séféris, de son vrai nom Yórgos Seferiadis, est né en 1900, à Smyrne (Izmir en turc), ville perdue qui l’accompagne de façon mélancolique tout au cours de sa vie. Diplomate de carrière, lauréat du Prix Nobel de littérature en 1963, il est décédé à Athènes le 20 septembre 1971. Ses funérailles sont accompagnées d’une grande manifestation contre la dictature des colonels en Grèce.</p>



<p>Ami de T. S. Eliot, de Henry Miller et de Lawrence Durrel, Séféris se consacre aussi à l’art subtil de la traduction. Ses poèmes liés à la fameuse<em> «génération de 1930»</em> révolutionnent la poésie néohellénique avec la simplicité et la clarté de leur langue. Son présent poème a été traduit du grec au français par Michel Volkovitch.</p>



<p><em>Le sommeil est lourd aux matins de décembre<br>noir comme les eaux de l’Achéron, sans rêves,<br>sans mémoire, sans la moindre feuille de laurier.</em></p>



<p><em>La veille entaille l’oubli comme la peau qu’on fouette<br>et l’âme fourvoyée sortant des eaux brandit<br>des débris de peintures des enfers, danseuse<br>aux vaines castagnettes, qui titube<br>talons meurtris par le lourd piétinement<br>dans l’assemblée engloutie là-bas.</em></p>



<p><em>Le sommeil est lourd aux matins de décembre.<br>Chaque année en décembre c’est pire.</em></p>



<p><em>Parga d’abord et puis Syracuse –<br>ossements des ancêtres déterrés, carrières<br>pleines de gens épuisés, infirmes, sans souffle<br>sang acheté sang vendu<br>sang dispersé comme les enfants d’Œdipe<br>les enfants d’Œdipe qui sont morts.</em></p>



<p><em>Rues vides, maisons aux visages grêlés<br>iconoclastes iconolâtres s’entre-tuant toute la nuit.</em></p>



<p><em>Volets barricadés. Dans la chambre<br>le peu de lumière se cachait dans les coins<br>comme la colombe aveugle.</em></p>



<p>                                    <em>     Et lui<br>marchant à tâtons<br>dans la prairie profonde<br>voyait l’ombre<br>derrière la lumière.</em></p>



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