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Comment Safi Saïd a-t-il pu être autorisé de bâtir un complexe de 3671m² sur un site archéologique à Carthage ? (Documents)

D’abord 3 671m² ça coûte une fortune, d’où Ahmed Safi Saïd a-t-il pu amasser cette somme astronomique pour acquérir un aussi vaste terrain dans l’endroit le plus cher de Tunisie où le prix du mètre carré varie aujourd’hui entre 3000 et 3800 dinars ? Ce ne sont sûrement pas les droits de ses livres aussi volumineux qu’indigestes (et d’ailleurs très peu vendus) qui peuvent financer une telle acquisition? Ensuite comment peut-il être autorisé à acheter et à bâtir sur une zone archéologique classée non-constructible ? Qui est intervenu en sa faveur?

Par Imed Bahri

Sur les documents officiels fuités ces derniers jours sur les réseaux sociaux, on voit que l’achat du terrain a été enregistré en date du 20 février 2013 et l’autorisation de bâtir est datée du 15 mars 2017, signé par le délégué de Carthage Houssem Ben Sghaïer qui était à l’époque aussi président de la délégation spéciale de Carthage (les fameuses «niyaba khousousiya» qui ont tenu lieu de conseils municipaux au lendemain de la révolution du 14 janvier 2011). Les élections municipales n’ayant eu que durant le printemps 2018, entre 2011 et 2018, il y avait ces délégations spéciales nommées par le pouvoir exécutif et dont on ne compte plus les dépassements de toutes sortes.

Des loups dans le poulailler

Nous savons pertinemment qu’Ahmed Safi Saïd est très proche d’Ennahdha et bien plus, qu’il est l’ami personnel de Rached Ghannouchi mais qu’également en mars 2017 le principal parti qui gouvernait avec Ennahdha était Nidaa Tounes et que ce parti était à l’époque sous la coupe du trio Hafedh Caïd Essebsi, Nabil Karoui et Chafik Jarraya, trois grandes figures du système de corruption dans le pays qui avaient alors leurs entrées au Palais de Carthage et chuchotaient dans l’oreille du président Béji Caïd Essebsi. Ceci explique-t-il cela ? On peut sérieusement le penser…

Chafik Jarraya n’a été arrêté que le 30 mai 2017 dans le cadre de la lutte contre la corruption et Ahmed Safi Saïd est un grand ami de cet affairiste véreux qui lui finançait notamment son journal Ourabia. En contrôlant Nidaa Tounes, Jarraya, Karoui et Caïd Essebsi fils ainsi que leur quatrième larron Raouf Khamassi, aujourd’hui perdu de vue, avaient pignon sur rue et ont joué un rôle important dans la nomination des délégués et des gouverneurs après l’arrivée de Béji Caïd Essebsi au pouvoir. Chafik Jarraya lui-même a été condamné avec des employés de la municipalité de la Marsa («délégation spéciale» à l’époque des faits) pour une affaire de corruption concernant l’acquisition d’un bien immobilier qui appartenait à un membre du clan de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali.

Documents administratifs attestant l’acquisition dudit terrain à Carthage.

Ami des corrompus, ennemi juré de Kaïs Saïed

Ahmed Safi Saïd, l’ami de ces mousquetaires, comment a-t-il pu acquérir le vaste terrain à Carthage et comment a-t-il pu être autorisé à construire le complexe? Passe-droit? Corruption comme dans le cas de son ami Jarraya? Une enquête doit être ouverte pour démasquer les magouilles de ce margoulin sans foi ni loi mais qui a le culot monstre de jouer au donneur de leçons à chacune de ses apparitions médiatique. Et même de postuler avec tout le sérieux du monde à la présidence de la république. Il ne manquerait plus que cela !

On comprend mieux maintenant pourquoi cet agitateur populiste a toujours défendu publiquement les personnalités poursuivies en justice dans des affaires de corruption, et pourquoi, pour la même raison, il fait-il la guerre à Kaïs Saïed, qui mène aujourd’hui la vie dure aux corrompus, en prétendant, bien sûr, se battre pour la démocratie, démocratie dont il se souciait comme de sa première paire de chaussettes lorsqu’il écrivait des articles et même des livres à la gloire des dictateurs arabes, qui l’en gratifiaient généreusement. La vérité, on le sait, c’est que vu les casserole qu’il traîne, il a peur que la justice s’intéresse à ses dépassements.

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