En juillet 2026, les températures marines dans le golfe de Gabès ont dépassé les 30 °C avec des pics atteignant environ 34 °C, menaçant la pêche et les écosystèmes côtiers d’une région qui concentre 23 % de la capacité d’hébergement touristique du pays, notamment dans les zones de Djerba et Zarzis. La menace concerne les deux principales activités économiques de la région du sud-est tunisien: la pêche et le tourisme, déjà très affectés par la pollution industrielle.
Latif Belhedi
Cette hausse des températures marines, phénomène marin distinct des températures de l’air ambiant, témoigne d’un important stress écologique. Si les activités touristiques immédiates ne sont pas affectées, ce réchauffement menace la viabilité à long terme de la pêche et de la biodiversité côtière.
Réchauffement marin exceptionnel en Méditerranée
Cette situation s’inscrit dans une crise régionale plus vaste. Au 1er août 2026, la température moyenne de surface de la mer dans le bassin méditerranéen s’élevait à 27,3 °C. Les données indiquent qu’à cette date, environ 65,8 % de la Méditerranée subissait des conditions de canicule marine.
Les tendances mondiales reflètent cette hausse régionale : la température moyenne de surface de la mer hors zones polaires a atteint 20,86 °C en juin 2026, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré officiellement pour un mois de juin.
Bien que les prévisions pour le 1er août aient laissé entrevoir une diminution de l’étendue et de l’intensité de la canicule, des conditions modérées à fortes ont persisté dans plusieurs secteurs.
Une analyse des données historiques révèle une baisse de 44 % de la productivité de la pêche dans le golfe de Gabès entre 2000 et 2015. La vague de chaleur de 2026 aggrave ces facteurs de stress existants, exerçant une pression supplémentaire sur un écosystème déjà fragilisé.
Exposition économique : tourisme et pêche
Les enjeux économiques pour le sud de la Tunisie sont considérables. Le corridor Djerba-Zarzis-Gabès constitue un moteur essentiel de l’industrie touristique nationale.
En 2023, la capacité d’hébergement de la région s’élevait à 150 établissements et 53 114 lits, soit environ 23 % du total des 230 726 lits touristiques que comptait à cette date la Tunisie.
Le tourisme côtier et la pêche soutiennent, ensemble, environ 450 000 emplois à l’échelle nationale. Et l’économie bleue tunisienne a contribué à près de 14 % de la production économique nationale en 2018. Pr ailleurs, plus de 66 % de la population (environ 7,6 millions de personnes) réside dans les zones côtières. Ce qui donne une idée des impacts attendus du réchauffement climatique sur l’économie tunisienne en général et sur celle du Golfe de Gabès en particulier.
Avec Nomad.



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