Un poème pour la route | À quoi bon ?

Notre contributeur, économiste au long parcours, qui a sillonné le globe en long et en large, et dont les articles sur la situation de l’économie tunisienne font souvent le bonheur des lecteurs de Kapitalis, se découvre, à 70 ans passés, une âme de poète. Nous partageons ci-dessous son dernier poème.   

Sadok Zerelli

À quoi bon courir après les heures,

Quand le temps nous poursuit sans se lasser ?

À quoi bon bâtir des demeures,

Que le vent un jour viendra balayer ?

À quoi bon les querelles et les rancunes,

Les ambitions, les honneurs, les vanités,

Quand nous sommes tous, poussière parmi les poussières,

Des voyageurs égarés dans l’immensité ?

Nous naissons sans avoir choisi de naître,

Nous apprenons à marcher, à parler, à aimer,

Puis nous passons notre vie à vouloir être

Quelqu’un que le temps finira par oublier.

Nous sommes de passage,

Quelques battements dans l’immensité,

Une poussière de lumière sur une page

Que l’univers refermera un jour sans pitié

Et pourtant…

Il suffit d’un ciel bleu après la pluie,

D’un camélia qui un matin fleurit,

D’un poème écrit au milieu de la nuit,

Pour qu’on aime la vie.

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