Le cimetière de Sousse totalement à l’abandon

Il y a quelques jours , je me suis rendu au cimetière de Houmet Swiss, à Sousse, et j’ai été attristé, voire indigné, par l’état dans lequel je l’ai trouvé. La saleté est malheureusement ce qui m’a le plus frappé : feuilles mortes jonchant les allées, arbres et végétation manifestement peu entretenus, détritus éparpillés çà et là… À cela s’ajoutent des tombes qui, plusieurs mois après les inhumations, ne sont toujours pas construites, ainsi qu’un cercueil abandonné sur place.

Mohamed Sadok Lejri

Un tel état d’abandon est difficilement compatible avec le respect que nous devons à nos morts et à leurs familles.

Je n’étais d’ailleurs pas le seul à déplorer cette situation *. Plusieurs personnes venues se recueillir sur les tombes de leurs proches partageaient exactement le même constat. Nous en avons discuté ensemble, avec le sentiment commun que ce lieu de mémoire mériterait davantage d’attention et d’entretien.

Pour ne rien arranger, les fleurs que les familles déposent sur les tombes de leurs proches disparus disparaissent en moins de 24 heures…

Un ouvrier présent sur place m’a expliqué que le cimetière était actuellement dépourvu de «mouqawel», c’est-à-dire de la personne chargée de superviser l’entretien du cimetière et les opérations d’inhumation, depuis l’éviction du dernier responsable, il y a environ quatre mois.

Il m’a également fait part des difficultés liées au manque d’effectifs. Le cimetière ne disposerait actuellement que de quatre ouvriers maçons et de deux ouvriers chargés de les assister. Il y a une quinzaine d’années, ils étaient pourtant quatorze à travailler au cimetière de Swiss.

Plus préoccupant encore, les quatre ouvriers maçons ne sont réunis au complet que deux jours par semaine ; à savoir : jeudi et vendredi. Le reste du temps, une partie de l’effectif est affectée à d’autres cimetières, notamment ceux de Hay Laaouina et d’Oued Kharroub, où la charge de travail est également importante en raison de l’étendue des lieux et de la forte densité de la population.

Ces explications permettent certes de mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les ouvriers, mais elles ne peuvent laisser indifférent face à l’état actuel du cimetière.

Il serait donc souhaitable que la municipalité de Sousse se penche, dans les meilleurs délais, sur la situation du cimetière de Houmet Swiss, afin de renforcer les moyens humains qui lui sont consacrés, d’assurer son entretien régulier et de remédier aux différents problèmes qui s’y posent.

Nos morts méritent le respect et leurs familles doivent venir se recueillir dans un lieu propre, digne et convenablement entretenu. Veiller à la dignité de nos cimetières, c’est aussi veiller à la dignité de ceux qui nous ont quittés et au respect de ceux qui leur rendent visite.

Désengagement de la municipalité et incurie des riverains

* Nous reproduisons ci-dessous le poste sur le même sujet qu’un autre Soussien, Noureddine Ali, a posté sur sa page Facebook, le 19 août 2026…

Il y a quelques jours, sur facebook, Anouar El Fani et Mohamed Sadok Lejri alias Pierrot le fou dénonçaient, chacun de son côté, l’état d’abandon et de délabrement du cimetière de Sousse. Je m’y suis rendu aujourd’hui pour me recueillir sur la tombe de mes parents. Effectivement, le cimetière offre un spectacle de désolation qui tranche avec la dignité que l’on attend d’un lieu de recueillement. Dès l’entrée, une végétation sauvage et envahissante impose sa loi : ronces, herbes folles et arbustes épineux ont colonisé les allées, rendant la circulation entre les tombes malaisée, parfois même impossible à moins de courir le risque de se fouler la cheville ce qui a failli m’arriver.

Les inscriptions de nombreuses sépultures s’effacent peu à peu sous la mousse et les lichens. Le sol, par endroits, disparaît sous un tapis de détritus accumulés au fil des années : sacs plastiques déchirés, bouteilles vides, gravats de construction et déchets divers jonchent les abords comme le cœur même du cimetière, apportés là par le vent ou par l’incurie de riverains peu scrupuleux. Aucun entretien régulier ne semble avoir été assuré depuis longtemps, et l’abandon dans lequel se trouve ce patrimoine funéraire témoigne d’une négligence collective aussi affligeante qu’inquiétante pour la mémoire des défunts qui y reposent.

Face à ce constat désolant, les services municipaux font preuve d’une atonie frappante. L’absence d’entretien régulier, le manque de gardiennage et l’inaction des autorités locales traduisent un désengagement manifeste envers le respect dû aux défunts et le patrimoine de la ville et laissent le site vulnérable au vandalisme et au vol, au point que déposer des fleurs sur une tombe relève désormais du défi.

La municipalité se limite à des interventions ponctuelles et superficielles, souvent uniquement après de vives protestations citoyennes. L’absence d’un gardiennage permanent et vigilant ou d’une brigade dédiée à l’entretien des espaces sacrés laisse le champ libre à l’abandon total du site. Ce n’est pourtant pas une fatalité, il suffit de se rendre au cimetière de Hamam-Sousse pour constater la différence.

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