Traverser la Méditerranée, de la Sicile à la Tunisie, à la force de la pagaie pour récolter des fonds destinés à la recherche sur la santé néonatale. Tel est le défi de «The Smuggle», une traversée en canoë de type «surfski», un type de kayak de mer, partie avant-hier matin, de Marsala en direction des côtes tunisiennes, avec une arrivée prévue dans la région de Tunis, à Sidi Bou Saïd, après environ 273 kilomètres de navigation.
Les protagonistes de cette aventure sont Andrea Menga, 23 ans, originaire de Monopoli, et Giovanni De Carlo, 27 ans, de Chiavari. Tous deux suivent le cursus «Medtec» conjoint à l’Université Humanitas et au Politecnico di Milano, un programme qui associe une formation en médecine et chirurgie à une formation en génie biomédical.
Ils ont pris le départ le 15 septembre à 6h30 depuis le quai de la Società Canottieri Marsala, à bord d’un kayak biplace conçu pour la navigation en haute mer. L’arrivée sur la rive sud de la Méditerranée est prévue entre le 18 et le 19 septembre, bien que la durée et l’itinéraire dépendent de l’état de la mer et du rythme de la traversée.
L’expédition est accompagnée d’un bateau de soutien, indispensable pour assurer l’assistance et la sécurité lors des étapes en haute mer.
Traversée de la Méditerranée en sens inverse
L’aspect sportif n’est toutefois qu’un moyen de donner de la visibilité à «Safer», un dispositif d’assistance respiratoire néonatale. Développé dans le cadre de recherches menées au Politecnico di Milano, ce système est destiné aux établissements de santé disposant de ressources limitées. Il est conçu pour fonctionner sans apport externe d’oxygène médical et avec une faible consommation d’énergie ; ces caractéristiques sont jugées essentielles pour une utilisation dans des zones où les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement sont fragiles, selon un communiqué des organisateurs. L’organisation «Medici con l’Africa Cuamm» est partenaire du futur essai clinique prévu en Ouganda. La campagne vise à financer le développement, la validation sur le terrain, la formation du personnel soignant ainsi que le processus de certification du dispositif. Le budget indiqué pour l’étude clinique est de 185 000 euros.
Le nom même «The Smuggle» — littéralement «la contrebande» — est délibérément symbolique. Les organisateurs précisent que l’initiative ne vise ni à imiter ni à transformer en spectacle les routes migratoires de la Méditerranée, mais à effectuer la traversée en sens inverse afin de convertir l’attention suscitée par cet exploit sportif en ressources pour la recherche et l’accès aux soins.
L’arrivée à Sidi Bou Saïd parachèvera ainsi un pont sportif et solidaire entre les deux rives de la Méditerranée, la mer servant non seulement de terrain pour le défi athlétique, mais aussi de vecteur à un projet de santé destiné aux enfants des pays les moins favorisés.
I. B. (avec Ansa).



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