Lancement du projet «Zéro déchet» à Tunis

La Tunisie mise sur le modèle «Zéro déchet» pour s’attaquer à l’un des problèmes environnementaux les plus urgents du pays : la gestion et la valorisation des déchets urbains. Voilà pour les bonnes intentions, les stratégies et les plans sur la comète. Pour ce qui est de la réalité, les déchets urbains sont aujourd’hui jetés partout, les citoyens comme les responsables municipaux ne font pas beaucoup pour aider à améliorer cette situation que tout le monde crée et dont tout le monde en même temps se plaint.  

La gestion des déchets demeure l’un des principaux défis environnementaux de la Tunisie. Selon des données publiées en mars dernier par le ministère de l’Environnement, le pays produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers, dont la collecte et le transport sont principalement assurés par les municipalités.

Dans ce contexte où les annonces sont souvent présentées comme des réalisations, le ministère de l’Environnement a lancé, dans la région du Grand Tunis, le projet national de transition vers le «Zéro déchet», mis en œuvre en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). S’il n’y avait pas ces deux institutions internationales pour s’y associer et, surtout, le financer, l’on se demande bien si ce projet aurait vu le jour, un jour. Qu’on nous permette d’en douter…  

Selon un communiqué du ministère, le programme impliquera les quatre gouvernorats de l’agglomération de la capitale et un total de 34 communes. Celles-ci seront accompagnées dans l’élaboration de plans d’investissement et de financement visant à mettre en place les infrastructures nécessaires au traitement, à la récupération et à la valorisation des déchets.

L’une des premières initiatives concrètes concerne La Marsa, où la création d’une unité de valorisation des déchets ménagers et assimilés est prévue ; cette installation desservira également les communes de Sidi Bou Saïd et de Carthage.

Une usine de production d’engrais organiques devrait par ailleurs voir le jour dans la même localité. Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a visité, le 11 septembre 2026, le site en compagnie des responsables du projet, après s’être entretenu à Tunis avec la représentante résidente du Pnud, Céline Moyroud.

Le plan prévoit également un renforcement de la réglementation contre l’usage de plastiques à usage unique ainsi que l’introduction de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs pour diverses catégories de matériaux, allant des déchets de construction et de démolition aux emballages et aux équipements électroniques.

Un autre volet concerne le développement du compostage des déchets verts et organiques. Les autorités entendent par ailleurs développer, au sein des cimenteries, l’utilisation de combustibles dérivés de déchets non recyclables (les «RDF») pour remplacer progressivement une partie des combustibles fossiles.

Le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale «Shifting to Zero Waste Against Pollution » (Swap), promue par le Pnud et financée par le FEM ; cette initiative, qui associe également la Chine, la Turquie, l’Uruguay et la Sierra Leone, vise à réduire la pollution, à favoriser l’économie circulaire et à améliorer la gestion des ressources dans les villes.

I. B.

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