Protect Humanitarians, une ONG internationale qui prône une meilleure protection des travailleurs humanitaires, vient de mettre en ligne une pétition pour réclamer la libération de Saâdia Mosbah, 67 ans, la présidente de l’association Mnemty, figure de l’action humanitaire et de la lutte contre le racisme en Tunisie, qui vient de passer 900 jours derrière les barreaux «pour son engagement humanitaire.»
«À travers M’nemty (‘‘Mon rêve’’), l’association qu’elle a fondée en 2013, Saâdia a milité pour que la discrimination raciale soit pénalisée en Tunisie. Elle a contribué à l’adoption de la loi historique de 2018 dans le pays», rappelle l’organisation, avant de passer en revue les circonstances de son arrestation, le 7 mai 2024, et de son procès pour des accusations de blanchiment d’argent en lien avec le financement de son ONG, jusqu’à sa condamnation en appel à huit ans de prison et une amende de plus de 120 000 dinars tunisiens, en juin 2026, un verdict dénoncé comme inique et arbitraire par sa défense.
Les huit autres membres de l’association poursuivis dans la même affaire, dont le fils de Saâdia, Farès Gueblaoui, ont été condamnés à des peines de prison allant d’un à trois ans, à des amendes comprises entre 15 000 et 65 000 dinars tunisiens, ainsi qu’à des sanctions complémentaires, notamment une suspension de cinq ans de leur droit de vote.
«Saâdia ne doit pas être oubliée. Sa voix ne doit pas être réduite au silence», conclut la pétition.
Rappelons que plusieurs autres organisations nationales, internationales et régionales de défense des droits humains ont fermement condamné la détention arbitraire et la condamnation de Saadia Mosbah, notamment Amnesty International, Front Line Defenders, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
D’autres acteurs, tels que Human Rights Watch, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et Civicus, ont exprimé de graves préoccupations, dénonçant ses poursuites comme faisant partie d’une répression plus large visant les migrants, la société civile et les défenseurs des droits humains en Tunisie.
I. B.



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