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	<title>Archives des Afrique noire - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Afrique noire - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Entretien avec l’écrivain béninois Barnabé Laye : «L’Homme, toujours, ombre et lumière»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Oct 2023 08:30:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique noire]]></category>
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		<category><![CDATA[Barnabé Laye]]></category>
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		<category><![CDATA[Tchicaya U Tam’si]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Barnabé Laye, poète et romancier béninois et voix importante de la littérature africaine.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/02/entretien-avec-lecrivain-beninois-barnabe-laye-lhomme-toujours-ombre-et-lumiere/">Entretien avec l’écrivain béninois Barnabé Laye : «L’Homme, toujours, ombre et lumière»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Né en 1941, au Bénin, Barnabé Laye est poète et romancier. Médecin des hôpitaux de Paris, où il vit, c’est une voix importante de la littérature béninoise. Il a publié une quinzaine d’ouvrages.</em></strong></p>



<span id="more-9991941"></span>



<p><strong><em>Tahar Bekri : Barnabé, voilà bien de longues années que nous nous connaissons, réunis ici ou là dans des rencontres autour des littératures africaines, quel bilan fais-tu aujourd’hui ? Des avancées ? Des frustrations ? Du travail inachevé ?</em></strong></p>



<p><strong>Barnabé Laye </strong>: En effet, nous nous connaissons depuis de longues années. Précisément, depuis 1988, lors de la publication de mon premier roman : <em>‘‘Une femme dans la lumière de l’aube’’</em> aux éditions Seghers. Tu avais fait un article sur le livre dans la revue <em>Notre Librairie</em>, article très favorable qui se terminait par ces mots : <em>«Son livre où la poésie est très présente est un roman d’amour, beau, tragique et désespéré… Dans ce roman de la dualité (nuit/aube) il n’est pas difficile de vérifier cette parole de René Char : ‘‘La lucidité est la blessure la plus proche du soleil’’»</em>. Deux semaines plus tard nous faisions connaissance lors d’une émission de radio à laquelle nous étions invités pour présenter notre actualité littéraire. C’était le début de notre fraternelle amitié.</p>



<p>Quel bilan je fais de ces rencontres autour des littératures africaines&nbsp;? Je garde un excellent souvenir de la plupart de ces retrouvailles où l’ambiance était très chaleureuse avec l’émergence de nouveaux auteurs. Il y a manifestement des avancées, des recherches dans la qualité et l’originalité des styles. Une envie d’exprimer une singularité.</p>



<p>En définitive, c’est toujours le<em> «Pourquoi écrire, si ce n’est pas pour dire l’âme africaine et son apport dans la conscience universelle»&nbsp;?</em></p>



<p>Les rencontres littéraires et les festivals au fil des années ont permis de voir et de découvrir des talents nouveaux qui se sont affirmés de livre en livre. C’est un bonheur de suivre le parcours de certains, que des prix littéraires prestigieux ont récompensés, mettant ainsi un éclairage médiatique sur leur travail. Je dirai donc qu’il y a des avancées significatives depuis une trentaine d’années.</p>



<p>Certes, à l’heure du bilan, on ne peut pas se départir de quelques frustrations ou regrets. Les choses avancent. Dans la plupart des pays l’Université joue son rôle de catalyseur et de diffuseur des écrivains locaux les plus remarquables. Les étudiants font des travaux de recherche et de thèse qui apportent de nouveaux éclairages sur les œuvres.</p>



<p><strong><em>Du Bénin à Paris, la littérature de ton pays, a-t-elle toute sa place&nbsp;? Souffre- t-elle d’un manque de présence&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Tout d’abord une remarque&nbsp;: la littérature des pays africains francophones est abordée par le lecteur français, non pas pays par pays (d’ailleurs, en général il ne les connait pas). C’est de l’Afrique Noire ou d’Afrique subsaharienne francophone dont il s’agit.</p>



<p>Quand un écrivain sénégalais a le Prix Goncourt, il parle de roman africain. Cette spécificité domine tout. Dans l’imaginaire des gens, tous ces pays forment une même entité, partageant les mêmes particularités.</p>



<p>La littérature du Bénin prend place au sein de la littérature francophone surtout avec les écrivains dont les œuvres sont publiées en France. C’est le cas de beaucoup de pays africains.</p>



<p>Il y a une meilleure visibilité qui va de pair avec une plus grande diffusion. Il faut dire que la littérature d’un pays passe aussi par le canal des associations culturelles, des colloques, des manifestations littéraires où les écrivains se rencontrent et communiquent avec le public. On ne dira jamais assez l’importance des festivals de poésie pour la diffusion des œuvres des écrivains originaires d’Afrique.</p>



<p>Force est de reconnaître que nous sommes en présence d’une jeune littérature dont l’importance, je l’espère, ira grandissante.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="M58B8jw8KL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/03/entretien-dialogue-avec-sami-tchak-afrique-maghreb-lecriture-en-partage/">Entretien-dialogue avec Sami Tchak : Afrique-Maghreb, l’écriture en partage</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Entretien-dialogue avec Sami Tchak : Afrique-Maghreb, l’écriture en partage » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/03/entretien-dialogue-avec-sami-tchak-afrique-maghreb-lecriture-en-partage/embed/#?secret=BARfOJwyWX#?secret=M58B8jw8KL" data-secret="M58B8jw8KL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><strong><em>Dans ton œuvre, tu joins le roman à la poésie, quel est ce rapport&nbsp;? Comment le décris-tu&nbsp;?</em></strong></p>



<p>En fait, au commencement était la poésie. Insidieusement, elle est entrée dans la vie de l’adolescent que j’étais, un peu comme une confidente. Je confiais aux poèmes sur des cahiers d’écolier mon mal-être, mes chagrins mais aussi les moments de joie qui éclairaient le quotidien.</p>



<p>Plus tard, j’ai compris que la poésie était la parole essentielle qui part du fond du cœur pour dire la vérité de notre être profond. Écrire la poésie pour dire à la place des autres, pour les autres qui ne peuvent dire, comme un devoir, une mission. A partir du pays noir, aller à la rencontre des hommes et des femmes avec lesquels on partage la même humanité.</p>



<p>Il est vrai que la poésie n’est jamais que l’approche de ce que l’on aurait voulu écrire ou dire et qu’il faut sans cesse s’appliquer pour atteindre l’expression la plus juste, la plus aboutie. Je me considère comme un ouvrier au service des mots. Ma poésie est une poésie de l’oralité, elle s’adresse directement à l’autre, elle lui parle. Chaque livre de poèmes raconte une histoire. C’est chaque fois une partie de moi-même. Partie intégrante d’un tout. C’est toujours un pont entre l’homme que je suis et le lecteur, tous les lecteurs ou les auditeurs, de toutes origines.</p>



<p>Alors le roman&nbsp;? Pourquoi le roman&nbsp;? C’est une question essentielle pour moi. J’ai toujours voulu et aimé que le roman accompagne la poésie. J’aime ce temps long passé avec le lecteur. C’est une nécessité née d’une volonté de toucher ainsi le plus grand nombre. Poésie et roman vont de pair et se complètent dans le même bonheur de dire. Tous les deux partagent une forme d’écriture particulière et la poésie est omniprésente dans mes romans.</p>



<p>La première phrase de mon roman, <em>‘‘Une femme dans la lueur de l’aube’’</em>, est un exemple souvent cité&nbsp;: <em>«Mon père disait&nbsp;: Tu verras le pays chaud comme une patate douce, avec des femmes chaudes, les seins nus, des femmes aux seins pointus, aux seins arrogants, elles te feront boire des éclairs de soleil et t’appelleront grand frère. Tu verras le pays, à l’abri des cocotiers longilignes, les plages de sable d’or à l’infini du regard…»</em></p>



<p><strong><em>Dans ton œuvre narrative, l’Histoire est une thématique importante, est-ce un besoin d’écriture&nbsp;? Une plongée nécessaire dans la mémoire&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Dans mon dernier roman, <em>‘‘Le chant des cannes à sucre’’</em>, la thématique de l’Histoire prend une place centrale. Le récit se déroule au 19e siècle aux temps de l’esclavage. Ce livre devoir de mémoire est d’une grande importance dans mon œuvre romanesque. Il ne faut pas oublier que je suis né au Bénin, l’ancien Dahomey. C’est une expérience passionnante pour moi surtout au travers de la grande documentation que j’ai consultée pendant l’écriture du livre. Cette écriture qui a duré plusieurs longues années a été vécue comme une mission que je devais accomplir coûte que coûte. C’est une plongée nécessaire dans la mémoire de tout un peuple, de tout un continent.</p>



<p> A la fin, je me suis rendu compte que ce roman, en définitive, est aussi l’histoire de l’Homme, ballotté comme un navire au milieu des flots, entre humanité et barbarie, entre bonté et cruauté, entre amour et haine. L’Homme, toujours, ombre et lumière.</p>



<p><strong><em>Comment enfin imaginer les relations entre les différentes littératures du continent&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Je sais que tu as toujours œuvré pour la rencontre des écrivains des <em>«deux mondes»</em>, ceux du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Je me souviens de ta grande amitié avec le regretté écrivain congolais Tchicaya U Tam’si. Vous étiez animés tous les deux par cette volonté de partage, d’échange et de fraternité. Vous affirmiez l’idée que la littérature doit permettre le dialogue des cultures et un enrichissement mutuel. Je m’inscris dans cette perspective. Il existe entre les acteurs de la littérature au niveau du continent un réel besoin de se connaître, une envie de découvrir le travail des uns et des autres, leurs similitudes et parfois leurs divergences.</p>



<p>Il y a ce qui existe déjà&nbsp;: les invitations ici ou là à des foires du livre, à des festivals de poésie, à des conférences ou des colloques. Personnellement, j’ai eu l’occasion et le bonheur d’aller dans un certain nombre de pays du continent. Me viennent à l’esprit mes séjours à Durban en Afrique du Sud ou à Marrakech au Maroc&nbsp;: le chaleureux accueil du public et l’écoute attentive, l’enrichissement mutuel né de la rencontre.</p>



<p>Cependant, pour donner un élan nouveau à ce mouvement les Universités des différents pays doivent agir efficacement pour permettre aux étudiants d’écouter des écrivains du continent et assurer une plus large diffusion de leurs écrits.</p>



<p>Il serait souhaitable que les instances internationales, comme l’Union Africaine, soit le moteur créant une dynamique pour les échanges culturels et notamment en ce qui concerne les littératures à travers le continent.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Entretien recueillis par </em><strong>Tahar Bekri </strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="93MqyFFTsx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/14/rencontre-a-tunis-avec-lecrivain-franco-congolais-alain-mabanckou/">Rencontre à Tunis avec l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rencontre à Tunis avec l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/14/rencontre-a-tunis-avec-lecrivain-franco-congolais-alain-mabanckou/embed/#?secret=kw37iiaRr9#?secret=93MqyFFTsx" data-secret="93MqyFFTsx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-text-align-right"><strong> </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/02/entretien-avec-lecrivain-beninois-barnabe-laye-lhomme-toujours-ombre-et-lumiere/">Entretien avec l’écrivain béninois Barnabé Laye : «L’Homme, toujours, ombre et lumière»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie, ou le piège en noir et blanc de l’Ifriqiya</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/08/tunisie-ou-le-piege-en-noir-et-blanc-de-lifriqiya/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Mar 2023 06:16:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Renaud Camus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par ses déclarations sur l'immigration subsaharienne en Tunisie, Kaïs Saïed s'invite au banquet de l'extrême. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/08/tunisie-ou-le-piege-en-noir-et-blanc-de-lifriqiya/">Tunisie, ou le piège en noir et blanc de l’Ifriqiya</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>&nbsp;<strong>«<em>Si le silence des peuples est la leçon des rois, &nbsp;la résignation du condamné est la leçon de l’accusateur</em>&nbsp;», écrivait Henri Rochefort&#8230; <em>Dans sa déclaration du 21 février 2023, le chef de l’État tunisien a soutenu que l’immigration africaine subsaharienne relevait d’une&nbsp;«entreprise criminelle ourdie à l’orée de ce siècle pour changer la composition démographique de la Tunisie», afin qu&rsquo;elle soit considérée comme un pays «africain seulement»&nbsp;et estomper son caractère&nbsp;«arabo-musulman». Kaïs Saïed a prôné ensuite des&nbsp;«mesures urgentes», affirmant que cette présence des Africains subsahariens était source de&nbsp;«violence, de crimes et d’actes inacceptables».</em></strong></p>



<p>Par<strong> Affet Bent Mabrouk Mosbah</strong> *</p>



<span id="more-6840059"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Affet-Ben-Mosbah-1.jpg" alt="" class="wp-image-6842411" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Affet-Ben-Mosbah-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Affet-Ben-Mosbah-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Affet-Ben-Mosbah-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Sans doute certains d’entre vous ont-ils connaissance de l’existence d’un intellectuel français, Renaud Camus, membre du parti socialiste dans les années 70, aujourd’hui proche de l’extrême droite française. Il ne s’agit pas de l’extrême droite portée par le Rassemblement National&nbsp;: non, non, trop molle à son goût. Les idées de Renaud Camus épousent les obsessions de la Génération Z d’Éric Zemmour que ses 7,3% lors des dernières élections présidentielles françaises ont quelque peu refroidi.</p>



<p>Renaud Camus&nbsp;est le premier à avoir énoncé dans <em>L’Abécédaire de l’in-nocence</em> publié en 2010, la thèse du <em>«Grand remplacement». </em>Elle consiste à «<em>refuser le changement de civilisation», «&nbsp;àrassembler tous ceux qui s’opposent à l’islamisation et à la conquête africaine» «à y mettre fin rapidement»</em>. Dans son viseur, les «<em>hordes de migrants clandestins»</em>. Il ne semble pas, lui, dissocier l’Afrique blanche de l’Afrique noire&nbsp;: <em>«Tous bronzés»</em>&nbsp;pour qui fréquente la haine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au banquet de l’extrême</h2>



<p>Un triste sire considéré notamment par les «<em>hordes»</em> Noires, Blanches ou apparentées, Arabes et même arabo-musulmanes qui se trouvent en France, en Italie, en Allemagne et ailleurs&nbsp;: à en perdre son latin, son arabe, son wolof et toutes les autres langues concernées par l’émigration sur toute la planète&nbsp;!</p>



<p>Or voilà que dans sa déclaration du 21 février dernier, le chef de l’État tunisien démocratiquement élu – même si quelque peu politiquement illisible jusque-là – s’invite au banquet de l’extrême en reprenant à son compte la sinistre théorie du «<em>remplacement»</em> et en l’appliquant illico aux mêmes à quelques nuances près – le nuancier étant là précisément noir ou blanc. Ce, pour préserver, dit-il, le caractère «<em>arabo-musulman</em>» de la Tunisie. Irrecevable&nbsp;: rien n’indique la religion de qui que ce soit et c’est très bien ainsi. Les Tunisiens eux-mêmes ne sont-ils pas multiethniques et de confessions diverses – musulmans, chrétiens, orthodoxes, juifs&nbsp;? Il en est même qui sont agnostiques. Reprendre cette théorie indique d’ailleurs que la bande libyque incluant la Tunisie, était berbère, «<em>remplacée» </em>&nbsp;elle-même par les Arabo-musulmans au Xe siècle de notre ère.</p>



<p>Un chien qui n’en finira jamais de se mordre la queue, un jeu sans fin et peu glorieux au XXIe siècle&nbsp;: «<em>Tennes, le Havre</em> <em>en langue berbère a donné Tounes</em>», expliquait en son temps Si El Habib Boularès. Restons-en là&nbsp;: notre situation géographique fait de notre terre une terre ouverte, d’accueil et de transition. Ce que les passeurs ont bien compris, eux, qui exploitent le filon de manière éhontée.</p>



<p>Car enfin, de mémoire, lors des soulèvements arabes consécutifs à celui que la Tunisie avait initié, les rues étaient remplies de «<em>hordes»</em> syriennes ou libyennes&nbsp;: des tentes plantées à proximité de stations de métro, des cartons tenant lieu de literie ou pire, des exploités retenus entre les griffes de propriétaires ou de locataires peu scrupuleux. Si le paysage était nouveau et désolant, la réalité est que les Tunisiens perduraient dans leur réputation de terre hospitalière, même si proportionnellement, la Tunisie était le pays recevant le plus grand nombre de migrants fuyant guerre et atrocités. Il n’était alors nulle part détecté que quelque responsable politique s’offusquât de la présence de ces «<em>hordes»</em>-là.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ijA4XjyRLV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/07/la-tunisie-sur-la-pente-glissante-de-la-xenophobie/">La Tunisie sur la pente glissante de la xénophobie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie sur la pente glissante de la xénophobie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/07/la-tunisie-sur-la-pente-glissante-de-la-xenophobie/embed/#?secret=XyXpGWDqbB#?secret=ijA4XjyRLV" data-secret="ijA4XjyRLV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La mémoire est-elle si sélective qu’elle en devienne bicolore&nbsp;? Les «<em>hordes»</em> colorées seraient-elles davantage dérangeantes&nbsp;? Bien sûr, la société est ainsi faite que des malfrats sévissent partout et que le crime, le vol, la malfaisance n’ont pas de couleur; de là à mettre tout le monde dans le même sac, il y a un pas institutionnel qui a été dangereusement franchi, quand la sagesse serait d’ouvrir un débat plutôt que de le raciser.</p>



<p>Le racialisme c’est le début de la guerre. Qui seront les prochains,&nbsp;quand la Tunisie serait <em>«blanchie»</em>? Les Noirs maghrébins sont un point de jonction géographique et une piqûre de rappel historique à savoir que l’Afrique blanche ou noire est une seule et même terre. Qu’importe la majorité&nbsp;! Il ne s’agit pas d’un concours à qui est plus blanc ou plus noir. Just Africa&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Africains contre Africains</h2>



<p>Le pas franchi par la parole du chef de l’État est un piège&nbsp;: Blancs contre Noirs, soit Africains contre Africains – pour les cinéphiles, c’est <em>Kramer contre Kramer</em>. Il est là question d’institutionnaliser la lèpre raciale et racialiste. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Il suffit que le racisme soit de nature sociale, un tabou que Si Béchir Ben Yahmed avait eu la curiosité, le courage et l’honnêteté de révéler dans ses colonnes dès 2004. Il ne s’agit d’effacer la couleur de personne, mais «<em>le racisme est une peste quand vous enfermez l’être dans une couleur»</em> (Elisabeth Badinter).</p>



<p>Le pas franchi par la parole du chef de l’État est un danger et un blanc-seing accordés à une minorité économiquement éprouvée et à une frange raciste du pays. Ses conséquences sont multiples&nbsp;: des victimes se terrent, sont blessées, ou campent au pied de leurs ambassades respectives. Parmi elles des étudiants qui ont fait confiance à notre système d’éducation, des immigrés précaires qui gardent nos enfants, nettoient nos sols et nos latrines, lustrent nos cuisines&nbsp;: des exploités souvent. Des employeurs honnêtes sont sommés de dénoncer leurs travailleurs. Pour dénoncer qui le coup d’après&nbsp;? Les Infidèles&nbsp;?&nbsp; Les homosexuels&nbsp;? Les voleurs de poules et les voleurs de pain&nbsp;? Heureux retour dans le futur&nbsp;! Une abomination.</p>



<p>Au passage, nos remerciements vont à ceux qui ont prêté serment à Hippocrate et qui soignent indifféremment Noirs et Blancs. Tenez, ma belle-sœur est Blanche et adepte du même serment. Laquelle d’entre-nous devrait, la première, dégainer la hache de guerre&nbsp;? Elle ou moi&nbsp;? Laisserons-nous ce soin à mes neveux à venir, à nos familles respectives ? Qu’en dit le chef de l’État&nbsp;tunisien ?</p>



<p>Le banquet de l’extrême auquel la Tunisie s’invite par la parole du plus haut dignitaire de l’État est indigeste&nbsp;: il est, dans l’immédiat, fait de guerres en devenir, de chair et de sang humains. Nous ne voulons pas de ces agapes morbides; la soupe y est amère et les convives peu honorables.</p>



<p>Dans une fable exquise, ‘‘<em>Haro sur le baudet’’,</em> inspirée de ‘‘<em>Kalila wa Demna</em>’’, Jean de la Fontaine décortique le mécanisme érodé du bouc émissaire. Un mécanisme qui fait la délectation des extrêmes. A dire vrai, à l’instant où ces lignes sont écrites, les Tunisiens ont simplement besoin de sucre et de café et de la fin du <em>stop and go</em> économique qui rend toutes les denrées précieuses, car rares ou en voie de l’être&nbsp;– aujourd’hui, pas d’huile&nbsp;? Demain pas de riz. Après-demain&nbsp;? Vous reviendrez pour le carburant&#8230; Je réfute, refuse, rejette, condamne et honnis la guerre raciale à naître dans le seul but de créer une diversion politique. Simplement besoin de sucre et de café, voyez-vous&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les fossoyeurs d&rsquo;une identité multiple</h2>



<p>Nous ne nous entre-déchirerons pas, ne renierons ni nos appartenances, ni notre diversité, ni nos familles ni nos amis. Il suffit de juger les criminels, mais aussi de protéger tous ceux qui se trouvent sur notre sol, aussi bien les prisonniers&nbsp;! Le président de la république est le protecteur de tous, étrangers compris, non le fossoyeur d’une identité multiple à l’équilibre mondialement précaire. Il ne s’agit là ni d’option politique, ni d’opinion, c’est la loi et la loi seule qui prévaut.</p>



<p>Les plus tristes fantômes&nbsp;s’agitent, quand le premier défenseur de la nation ne tient plus son rôle. «<em>Houmêt al houmê</em>» ou Défenseurs de la nation&nbsp;! Belgacem el Chebbi s’en retournerait dans sa tombe. <em>Belgacem</em> est employé à bon escient, mais non <em>Abou El Kacem</em>, ou le complexe de l’arabité éprouvé par certains compatriotes, complexe qui fait revendiquer au chef de l’État, une identité exclusivement arabo-musulmane.</p>



<p>Pour utiliser un langage diplomatique, le pas franchi par le chef de l’État est <em>hautement regrettable</em>, dont les conséquences sociales sont toutes tracées&nbsp;: <em>wokisme, racialisme</em>. Là où Bourguiba – malgré quelques anecdotes savoureuses sur les <em>Ouesfênes </em>ou Noirs – aura œuvré pour une nation unie intégrant des composantes diverses, le président actuel convoque le <em>wokisme</em> et son cortège de <em>cancel culture</em>. Cela est bien grave, car instiguer ces concepts en Tunisie – ou ailleurs, notre pays étant partie intégrante d’une entité géopolitique, le Maghreb, élargi au sud de la Méditerranée – est une faute&nbsp;: oui, <em>des</em> Maghrébins sont racistes&nbsp;; non <em>les</em> Maghrébins ne sont pas tous racistes. La preuve en est faite par les manifestations qui se sont déroulées à la suite des propos tenus par la plus haute instance de l’État tunisien. La foule était majoritairement blanche du fait, aussi, de la peur éprouvée par certains Noirs de se montrer publiquement.</p>



<p>Poursuivons les paradoxes&nbsp;: quelle est l’utilité d’une femme dans les hautes sphères politiques si elle est autant déconnectée de son humanité que ses homologues masculins? Les Tunisiens auront attendu, en vain, une expression de bon sens de leur Première ministre.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xpJioSCUAH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/04/la-rhetorique-raciste-suscite-la-peur-des-migrants-et-des-tunisiens-noirs/">La rhétorique raciste suscite la peur des migrants et des Tunisiens noirs</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La rhétorique raciste suscite la peur des migrants et des Tunisiens noirs » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/04/la-rhetorique-raciste-suscite-la-peur-des-migrants-et-des-tunisiens-noirs/embed/#?secret=xZ0NB3GNQD#?secret=xpJioSCUAH" data-secret="xpJioSCUAH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’immigration est la marche du monde. Pas besoin de racisme ni de racialisme pour le constater, les êtres humains se meuvent et… enfantent même lors de leurs déplacements, comme les premiers hommes.</p>



<p>Nous nous battons assez en Europe et ailleurs pour que les Tunisiens qui vivent sur les sols étrangers, sans passer par la case universitaire ou par la case criminelle soient reçus et acceptés voire respectés quand ils le sont, respectables. Ainsi, le terme de «<em>racaille</em>» utilisé par un président de droite classique nous avait fait bondir.&nbsp;Pour protéger qui&nbsp;? Des envahisseurs tunisiens, <em>of course&nbsp;!</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le viol invisible</h2>



<p>Compte-tenu du fait que monsieur le ministre des Affaires étrangères – dont le chemin de croix est de tenter d’éteindre un incendie qu’il n’a pas lui-même provoqué, ne trouve pas matière à <em>présenter des excuses</em>, car enfin, «<em>nous n’avons porté atteinte à personne</em>», souligne-t-il. Euh… sans doute serait-il judicieux de s’informer des attaques, des blessures et des blessés, monsieur ? À moins de porter des œillères masquant la réalité des images exposées ici ou là, de Noirs battus, blessés, violées pour certaines – ah, il est vrai que le viol peut être invisible…</p>



<p>Je propose un deal&nbsp;à monsieur le ministre : faites rapatrier, monsieur, les assassins, les terroristes, les petites frappes, les malfrats, les violeurs, les drogués et les bras cassés qui sévissent sur les sols étrangers – inutile de se cacher derrière son propre doigt, il en existe et des Tunisiens hélas. En contrepartie, et en contrepartie seulement les Subsahariens partiront.</p>



<p>Qu’y gagnerait le pays en dehors d’un retour de… bon nombre de Tunisiens… et de l’échec de n’avoir lutté ni gagné la bataille contre la seule vraie gangrène&nbsp;: les passeurs de chair humaine&nbsp;? Ceux-là mêmes qui rendent la Méditerranée rouge sang d’un côté aussi bien que de l’autre, en <em>remplacement</em> d’une mer turquoise&nbsp;autrefois route commerciale phénicienne, ouverte jusqu’aux côtes de l’Afrique subsaharienne ?</p>



<p>L’action menée en ce sens, vaudra excuses.</p>



<p>* <em>Spécialiste en communication.</em></p>
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