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	<title>Archives des amin maalouf - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des amin maalouf - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La Tunisie, on l’aime même si on la quitte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Dec 2024 10:29:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Tunisiens qui émigrent font face à un (faux) dilemme entre l’amour de la patrie et la nécessité de la quitter. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/25/la-tunisie-on-laime-meme-si-on-la-quitte/">La Tunisie, on l’aime même si on la quitte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Une vidéo devenue virale faisant la promotion du tourisme local en Tunisie suscite un vif débat après avoir placé les Tunisiens face au dilemme entre l’amour de la patrie et la nécessité d’émigrer. Un vrai dilemme, pas vraiment, un faux débat, sans doute.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri </strong></p>



<span id="more-14978132"></span>



<p>La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, réalisée dans le cadre d’une campagne promotionnelle du ministère du Tourisme baptisée <em>«Touneslik»</em>, a totalisé plus de 3 millions de vues en quelques jours seulement mais a également suscité de nombreux commentaires, notamment négatifs.</p>



<p>En fait, la vidéo a laissé particulièrement perplexes les Tunisiens vivant à l’étranger, y compris ceux qui ont dû quitter la Tunisie à contrecœur, estimant qu’elle stigmatise le fait de quitter leur pays et présente une réalité édulcorée dans laquelle se cache un message qualifié de <em>«populiste»</em>.</p>



<p>Dans la vidéo, Fatma Bououn, créatrice de contenu bien connue, représente une mère conduisant sa fille à l’hôtel. Avant la cérémonie de mariage, elle lui offre un pendentif qui présente le contour des frontières de la Tunisie, pendentif qui rappelle à la mariée son amour pour son pays à travers ses souvenirs de visites dans différentes régions. C’est pourquoi elle pose une condition à son mari avant de lui dire le oui fatidique : celle de ne jamais quitter la Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ceux qui partent n’ont pas toujours tort  </h2>



<p>Sur les réseaux sociaux, la vidéo de Bououn a également été moquée pour sa naïveté. Partir ou rester est une question très sensible en Tunisie, où plus du dixième de la population réside à l’étranger &nbsp;et où les flux d’émigration se sont intensifiés au cours de la dernière décennie, notamment parmi les ingénieurs, les médecins et les technologues, très convoités à l’étranger et, surtout, pour fuir des conditions professionnelles et de vie en-deçà de leurs ambitions. Pour cette raison, de nombreux internautes ont préféré réagir avec humour ou de manière satirique à une vidéo qui semble en totale déconnexion par rapport à la réalité.</p>



<p>Ce débat nous semble très mal posé, car ceux qui quittent leur pays pour aller monnayer leur talent ailleurs ou pour trouver de meilleures conditions pour s’épanouir sur les plans personnel et professionnel ne manquent de patriotisme. La preuve, l’écrasante majorité d’entre eux gardent des liens très forts avec leur pays où la plupart rentrent souvent en cours d’année pour rendre visite à leurs parents et proches. D’ailleurs, la première source de rentrées de devises en Tunisie ce sont les envois des expatriés&nbsp;: elles devancent les recettes du tourisme ou des exportations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">C’est ton pays qui doit le persuader de rester</h2>



<p>Dans ce contexte, nous ne résistons pas à la tentation de reproduire, ci-dessous, cette phrase de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf extraite de son essai <em>‘‘</em><em>Les désorientés’’&nbsp;</em>: <em>«Tout homme a le droit de partir, c’est son pays qui doit le persuader de rester – quoi qu’en disent les politiques grandiloquents. ‘‘Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays.’’ Facile à dire quand tu es milliardaire, et que tu viens d’être élu, à quarante-trois ans, président des États-Unis d’Amérique ! Mais lorsque dans ton pays, tu ne peux ni travailler, ni te soigner, ni te loger, ni t’instruire, ni voter librement, ni exprimer ton opinion, ni même circuler dans les rues à ta guise, que vaut l’adage de John F. Kennedy? Pas grand-chose !</em><em> </em><em>«C’est d’abord à ton pays de tenir, envers toi, un certain nombre d’engagements. Que t’y sois considéré comme un citoyen à part entière, que tu n’y subisses ni oppression, ni discrimination, ni privations indues. Ton pays et ses dirigeants ont l’obligation de t’assurer cela ; sinon tu ne leur dois rien. Ni attachement au sol, ni salut au drapeau. Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui donnes tout, tu lui sacrifies tout, même ta propre vie; celui où tu dois vivre la tête basse, tu ne lui donnes rien. Qu’il s’agisse de ton pays d’accueil ou de ton pays d’origine. La magnanimité appelle la magnanimité, l’indifférence appelle l’indifférence, et le mépris appelle le mépris. Telle est la charte des êtres libres et, pour la part, je n’en reconnais aucune autre.»</em></p>
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		<title>Introduction à l’œuvre d’Amin Maalouf</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Dec 2024 07:52:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[amin maalouf]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
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		<category><![CDATA[Hassen Al Wazzen]]></category>
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		<category><![CDATA[Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Samarcande]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La principale qualité d’Amin Maalouf c’est son regard synoptique et anticipateur du monde qui vient à chaque époque.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Amin Maalouf ne fait pas dans le syncrétisme humaniste, vu comme étant une réflexion niaise, faible et romantique. Loin s’en faut ! Il ressort les spécificités de chaque culture, bien entendu on parle d’Orient et d’Occident, sans pour autant promouvoir la confrontation. C’est un travail d’orfèvrerie et de nuance fine qui rassure et qui castre toute envie d’opposition.</em></strong></p>



<p><strong>Sami Kouki</strong><strong></strong></p>



<span id="more-14977380"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki.jpg" alt="" class="wp-image-14977397" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>J’ai lu toute l’œuvre d’Amin Maalouf, enfin presque; il me manque juste un livret d’opéra, <em>‘‘Adriana Mater’’</em> que je n’ai pu acquérir. J’ai commencé le 24 septembre plus précisément. J’ai tout repris depuis le début, pour certains livres comme <em>‘‘Samarcande’’, ‘‘Les identités meurtrières’’</em> ou encore <em>‘‘Les jardins de lumière’’</em>, je les ai relus. Je voulais enchaîner les livres du même auteur dans l’espoir de mieux cerner sa pensée, sans aucune déperdition.</p>



<p>L’œuvre d’Amin Maalouf est assez conséquente, et on peut en faire une taxinomie en quatre branches : les romans (essais) historiques; les essais; le Liban; et des romans d’anticipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les romans historiques :</h2>



<p>Les romans historiques de Maalouf, ne sont pas des contes, figés dans un moment précis, l’époque où leurs faits se déroulent, même s’il un formidable conteur. C’est une véritable matière à réflexion sur notre temps, un tremplin entre une période passée et un pendant qui ne peut en être détaché. C’est fait en douceur, avec de la magnanimité, loin de toute auto-flagellation ou de ressentiment mais sans tomber, pour autant dans le piège de la glorification niaise, chauvine et improductive.</p>



<p>Il nous pousse à regarder, à la fois avec un microscope, les évènements d’époque pour mieux les cerner et, avec un œil macroscopique, l’holisme de la marche d’histoire, sa répétition et ses attaches immuables. Il y a un côté structuraliste, Braudelien, chez Maalouf qu’on ne peut occulter.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Les jardins de lumière’’</em> (1991) : la vie de Mani, théologien du troisième siècle après J.-C., père de la doctrine manichéiste, conception qui admet le dualisme antagoniste d&rsquo;un principe du bien et d&rsquo;un principe du mal. Mani est un humaniste qui visa à réconcilier les religions de son temps. Le ton de l’œuvre de Maalouf est donné : une lutte intellectuelle contre la binarité (quand bien même le roman porte sur un personnage dont la vision est binaire et qu’on appelle, en psychologie tout délire dans lequel le malade voit le monde divisé en deux fractions qui s&rsquo;affrontent à son sujet, manichéisme délirant). Une lutte contre l’essentialisme et le choc des cultures.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Les croisades vues par les arabes’’</em> (1983) : cet essai historique, très documenté, présente les croisades entamées en 1096 du point de vue oriental. De l’invasion, à l’occupation, la riposte, la victoire jusqu’à l’expulsion à la fin du treizième siècle. Maalouf analyse les enjeux politiques de l’époque, les luttes fratricides, la sauvagerie et l’anéantissement qui sont à mille lieues de l’image chevaleresque qu’on associe aux croisades.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Samarcande’’</em> (1988) : c’est l’orient du onzième siècle sous l’extrémisme de la secte des assassins par Hassan Sabbah, le magnifique Omar Khayyam, le poète du vin, de l’amour et le libre penseur qu’il était. Et puis un manuscrit dont on retrouve la trace au début du XXe siècle. Œuvre contemporaine finalement parce qu’on retrouve, dans notre époque, les mêmes ingrédients de manigances politiques, de luttes pour le pouvoir et de la poésie comme remède qui nous aiderait à supporter l’absurdité de notre pendant.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘L’amour de loin’’</em> (2001). Livret d’opéra. Jaufré Rudel, prince de Blaye et troubadour, au XIIe siècle, tombe éperdument amoureux d’une femme qu’il n’avait jamais vue auparavant et qu’il finit par rencontrer à Tripoli pour mourir dans ses bras. C’est une ode à l’amour, qu’il soit de près ou de loin.</p>



<p><em>‘‘Léon l’africain’’</em> (1986). La vie de Hassen Al Wazzen de la Grenade de la chute (1492) jusqu’à Rome du pape Léon X, de Raphaël le peintre florentin et la renaissance italienne du Cinquecento. Un voyage exquis de ce formidable personnage, d’une intelligence rare et d’un destin hors du commun. Il faudra peut-être revivre son voyage, personnellement, en le commençant à la cité palatine d’Alhambra, ré-imaginer la vie à cette époque sous les Nasrides et leur dernier prince Boabdil et la Reconquista d’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, pour le finir à Rome, au Vatican, à la chapelle Sixtine.</p>



<p><em>‘‘Le périple de Baldassare’’</em> (2000) : Nous sommes au Liban du XVIIème siècle, à Gibelet, c’est le point de départ du périple de Baldassare Embriaco, génois d’orient, à la recherche d’un manuscrit, qui le ramène en la Méditerranée de l’empire turc jusqu’en Angleterre en pleine guerre contre les Hollandais, en passant par la Gênes de ses ancêtres. Un personnage quelquefois boulet, digne d’un Pierre Richard dans <em>‘‘La Chèvre’’ </em>et extrêmement attachant !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les essais:</h2>



<p>Ils sont en nombre de quatre : <em>‘‘Les identités meurtrières’’</em> (1998); <em>‘‘Le dérèglement du monde’’</em> (2009); <em>‘‘Le naufrage des civilisations’’</em> (2019); et <em>‘‘Le labyrinthe des égarés’’</em> (2023).</p>



<p>Maalouf a écrit des essais avec un rythme, non aléatoire, d’un essai par décennie, sauf le dernier qui fut publié cinq ans après le pénultième et pour des raisons d’urgence dont je vais parler après.</p>



<p>La principale qualité d’Amin Maalouf c’est son regard synoptique et anticipateur du monde qui vient (pour reprendre le titre de l’essai d’Alain Minc), à chaque époque. Un regard analytique et se transforme en prophétie synthétique. Maalouf a su saisir <em>«l’esprit de l’époque»</em>, le <em>«Zeitgeist»</em> en Allemand, c’est-à-dire les aspects microscopiques, unitaires qui régissent une époque, une décennie, une période, c’est le quantum de l’instant, la plus petite unité de mesure de l’âme de l’humanité à un moment donné.</p>



<p>C’était la bataille, le repli plutôt, identitaire, le besoin d’appartenance collective avec ses externalités négatives telles que le repli religieux ou national. C’était en 1998, soit trois ans avant l’évènement majeur pour l’humanité : le 11 septembre 2001. Maalouf nous invite à prendre un peu de recul par rapport aux évènements, par rapport à certains complexes d’infériorité qui se traduisent par un ressentiment meurtrier, la prolifération du conspirationnisme et une envie de vengeance fondée sur le rejet de la défaite.</p>



<p>Maalouf ne fait pas dans le syncrétisme humaniste, vu comme étant une réflexion niaise, faible et romantique. Loin s’en faut ! Il ressort les spécificités de chaque culture, bien entendu on parle d’Orient et d’Occident, sans pour autant promouvoir la confrontation. C’est un travail d’orfèvrerie et de nuance fine qui rassure et qui castre toute envie d’opposition. Il évoque les principes fondamentaux qui réunissent les humains : la liberté, la justice et les mécanismes nécessaires pour les mettre en œuvre : la démocratie et les juridictions équitables.</p>



<p>Dans <em>‘‘Le dérèglement du monde’’</em>, Maalouf situe l’année où tout a basculé en 1979, c’est Khomeiny qui rentre triomphant en Iran, c’est Thatcher qui prend les rênes en Grande-Bretagne et le triomphe du capitalisme, suivi de l’élection de Reagan aux États-Unis. L’année 1979 c’est aussi la Mecque prise d’assaut par des extrémistes religieux, ses 300 morts, cette libération assistée par le GIGN français et comment l’Arabie Saoudite est entrée, politiquement, dans un fondamentalisme qui affecte jusqu’à aujourd’hui nos vies. L’entrée en guerre des Soviétiques dans le bourbier afghan, ses conséquences sur les Américains.</p>



<p>Tous ces évènements, cette année principalement, ont crée le dérèglement du monde. Un dérèglement identitaire, économique avec le triomphe de l’ultralibéralisme et climatique enfin.</p>



<p><em>‘‘Le naufrage des civilisations’’</em>, on retrouve Maalouf pessimiste quant l’avenir du monde. Le diagnostic est sans équivoque : le monde est foutu ! Plus rien ne va ! La déshumanisation triomphante, la perte de repères, le conflit des civilisations tellement chéri par les belliqueux et rejeté par les humanistes dont il fait partie, est en train de prendre le dessus. Maalouf ressort les maux qui ont fait qu’on en arrive à ce constat, le communisme comme politique et l’anticommunisme maccarthyste comme réflexe. Ça a été la source principale de l’échec de toute tentative de réforme dans le monde dit oriental : Mossadegh en Iran des années 50 comme opportunité manquée, Nasser en Egypte également, mais de sa faute cette fois.</p>



<p>Maalouf a rompu le cycle d’un essai tous les dix ans pour écrire, cinq ans après, un autre qui redonne espoir ! L’historien reprend du service et essaie de dire, à travers &nbsp;<em>‘‘Le Labyrinthe des égarés’’</em> que tout n’est pas finalement foutu ! L’histoire nous a démontré que l’on peut ressortir des ténèbres par notre intelligence et par l’évitement de l’arrogance triomphatrice. <em>«Les dieux rendent arrogant celui dont ils veulent la perte!»</em>, c’est la sagesse grecque qui nous le rappelle.</p>



<p>A travers l’exemple japonais de la période meiji, les Russes de la révolution, la Chine de Sun Yat-Sun et les États-Unis, Maalouf nous démontre la capacité des humains d’aller outre leur condition à condition de ne pas laisser l’arrogance des victoires prendre le dessus et raviver l’envie de domination.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Liban&nbsp;:</h2>



<p>Maalouf est amoureux de son pays natal et nous le fait aimer à travers ses écrits. C’est d’abord à travers <em>‘‘Le rocher de Tanios’’</em>, le Goncourt de 1993, un conte sur le Liban du XIXe siècle, sous l’empire (emprise) ottoman(e). Une histoire de beauté, de soumission et enfin de courage.</p>



<p><em>‘‘Les échelles du levant’’</em> ou le parcours d’un gentilhomme libanais de la résistance en France à la folie dans un asile au Liban. L’amour d’une fille qui s’est fixée comme mission de retrouver son père.</p>



<p><em>‘‘Les désorientés’’</em> ou le retour aux sources d’une bande d’amis de la diaspora libanaise sous fond de souvenirs de guerre civile avec toutes ses conséquences sur les hommes et femmes du Liban et sur le Liban lui-même comme expérience magnifique du vivre ensemble, de l’effacement de toute tentation identitaire exclusive !</p>



<p>Enfin <em>‘‘Origines’’</em>, que Maalouf n’avait pas voulu intituler <em>‘‘Racines’’</em> parce que, comme une bonne partie de nous, nous sommes de sempiternels étrangers, les racines évoquent l’attachement inhibiteur, castrateur. Origine est le mot adéquat, celui d’un point de départ vers l’immensité du monde.</p>



<p><em>‘‘Origines’</em> est le livre le plus personnel de Maalouf, il nous présente de manière on ne peut plus tendre, sa famille, depuis les arrière-grands-parents et l’oracle de départ qui suit les habitants du levant.</p>



<p>S’il y a un livre à lire d’Amin Maalouf, un seul ? <em>‘‘Léon l’africain’’</em> pour moi, sans la moindre hésitation !</p>



<p><em>* Professeur universitaire en finance.</em><br></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sn7zwstdTF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/embed/#?secret=9SkaUDvWr2#?secret=sn7zwstdTF" data-secret="sn7zwstdTF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Samson dans le temple à Gaza : une leçon d’actualité</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 06:26:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte du conflit actuel en Palestine, il est crucial de tirer les leçons des récits anciens pour éviter de répéter les erreurs tragiques du passé.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/samson-dans-le-temple-a-gaza-une-lecon-dactualite/">Samson dans le temple à Gaza : une leçon d’actualité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le contexte du conflit actuel en Palestine, où chaque acte de violence provoque des pertes profondes et des souffrances irréversibles, il est crucial de tirer les leçons des récits anciens pour éviter de répéter les erreurs tragiques du passé.</em></strong></p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-14438016"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-13007410" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’histoire biblique de Samson et du temple de Gaza illustre puissamment les conséquences de la vengeance aveugle. Dans le <em>Livre des Juges</em>, Samson, doté d’une force extraordinaire, est capturé et humilié par les Philistins. Au moment ultime, il invoque Dieu pour retrouver sa force une dernière fois et fait s’effondrer le temple sur lui et ses ravisseurs.</p>



<p>Ce récit, se déroulant précisément à Gaza, nous interpelle; j’y vois presque un signe divin. Il souligne que la violence destructrice ne laisse ni vainqueur ni survivant. En détruisant le temple, Samson devient à la fois bourreau et victime d’une vengeance qui consume tout sur son passage. Est-ce un avertissement céleste?</p>



<p>Aujourd’hui, encore à Gaza, ce passage prend une signification poignante: l’histoire de Samson invite à réfléchir à une alternative, à trouver une issue où la force pourrait être canalisée pour bâtir un avenir de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des symboles d’espoir et de rapprochement historique</h2>



<p>À l’image des humanistes arabes, comme Mahmoud Darwich, Amin Maalouf, Hanan Achrawi et Sari Nusseibeh, qui prônent la dignité et la justice, il est possible de concevoir une autre voie, où la paix n’est pas un simple compromis, mais un engagement profond envers la vie et les droits de chaque peuple.</p>



<p>Le moment est venu de rappeler, à la fois aux humanistes juifs et arabes, qu’ils partagent une responsabilité commune envers l’avenir de leurs peuples. Ce n’est qu’en respectant les droits, la dignité et les aspirations de chacun que Juifs et Arabes pourront construire un avenir où la terre de leurs ancêtres deviendra un lieu de vie et non de conflits. Comme l’écrivait Hannah Arendt, <em>«la promesse du monde moderne n’est pas celle d’une communauté homogène, mais d’une pluralité harmonieuse»</em>.</p>



<p>Alors que nous rappelons l’importance de la paix, il est essentiel de se tourner vers les symboles d’espoir qui ont marqué l’histoire du conflit israélo-palestinien. La visite historique de Anouar Sadate à Jérusalem et la poignée de main entre Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres lors des accords d’Oslo ont montré au monde qu’un autre chemin est possible. Ces moments de rapprochement, retransmis bien au-delà des frontières, rappellent qu’un avenir de coexistence et de réconciliation est non seulement imaginable, mais déjà amorcé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour un avenir de paix, en mémoire des humanistes des deux peuples</h2>



<p>À l’aube de mes 80 ans, ces moments de paix résonnent toujours en moi. En tant qu’interprète lors de ces échanges, j’ai reçu ces paroles d’espoir et les ai restituées avec la même détermination sincère de leurs auteurs pour un avenir où Juifs et Arabes vivraient ensemble dans le respect et la dignité. J’ai eu l’honneur d’être témoin privilégié de cet esprit de paix et de réconciliation, et je reste, plus que jamais, convaincu de la nécessité de la solution de deux États, vivant côte à côte en paix.</p>



<p>Puissions-nous, en mémoire de la visite historique de Sadate à Jérusalem, ville trois fois saintes, et de tous les humanistes des deux peuples, œuvrer pour que cette terre ne soit plus un champ de bataille, mais un sanctuaire de paix, où chaque vie est précieuse, chaque espoir légitime, et où la réconciliation devienne enfin réalité.</p>



<p>* <em>Ecrivain et traducteur.</em> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cbMJnaJiTx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/07/israel-de-la-terreur-au-massacre-detat-vers-la-paix-des-cimetieres/">‘‘Israël, de la terreur au massacre d’Etat’’ : vers la paix des cimetières</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Israël, de la terreur au massacre d’Etat’’ : vers la paix des cimetières » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/07/israel-de-la-terreur-au-massacre-detat-vers-la-paix-des-cimetieres/embed/#?secret=mMIfq4nujB#?secret=cbMJnaJiTx" data-secret="cbMJnaJiTx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><br></p>
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		<title>Les mots de l&#8217;hospitalité dans la langue arabe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Dec 2023 06:12:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un dicton célèbre dit que l’invité est sacré, mais la langue arabe nous rappelle de bénir aussi l’hébergeur qui offre l’hospitalité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/19/les-mots-de-lhospitalite-dans-la-langue-arabe/">Les mots de l&rsquo;hospitalité dans la langue arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quand on parle d’immigration, on ne peut s’empêcher de parler de culture de l’accueil. Il est intéressant de noter que, dans la langue arabe, la culture de l’hospitalité implique non seulement ceux qui l’offrent, mais aussi ceux qui la reçoivent.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Anna Mahjar-Barducci </strong>*</p>



<span id="more-10956918"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Anna-Mahjar-Barducci.jpg" alt="" class="wp-image-10956964" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Anna-Mahjar-Barducci.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Anna-Mahjar-Barducci-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Anna-Mahjar-Barducci-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Dans les langues occidentales, on traduit «<em>ahlan wa sahlan</em>» avec le terme <em>«bienvenu»</em>, mais cette traduction simplifie à l’excès le sens de cette salutation. «<em>Ahlan wa Sahlan</em>» signifie littéralement <em>«tu es en famille et la voie pour toi vers chez nous est ouverte, lisse, facile»</em>. Le mot «<em>ahlan</em>» vient du mot «<em>ahl</em>», qui signifie aussi famille ou personnes faisant partie d’une même communauté. L’une des plus hautes formes d’hospitalité consiste à dire à l’invité qu’il ne sera pas traité comme un étranger, mais comme un membre de sa propre famille. «<em>Sahlan</em>» dérive en revanche du mot «<em>sahl</em>», qui signifie<em> «facile»</em> ou <em>«simple»</em>, en indiquant que la route pour l’invité est ouverte et simple à parcourir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’ouvrir aux appartenances de l’Autre</h2>



<p>La réponse à la salutation de bienvenue est «<em>Ahlan Bik/i/um</em>». «<em>Bik</em>» peut être traduit par <em>«en toi»</em>, donc l’invité, qui est accueilli avec la phrase «<em>ahlan wa sahlan</em>», répond : <em>«en toi, je vois ma famille»</em>.&nbsp;C’est-à-dire que puisque la personne, qui m’héberge, est devenue ma famille, moi, l’hôte (personne invitée), je m’engage à la respecter. C’est ça le sens de l’hospitalité : s’ouvrir aux appartenances de l’Autre, en établissant un lien familial et de respect entre celui qui offre et celui qui reçoit l’accueil.</p>



<p>En conséquence, les politiques d’accueil devraient impliquer les deux parties. Ce n’est pas un hasard si le mot <em>«hôte»</em> en français désigne à la fois l’hébergeur et la personne invitée, car ils sont les deux faces de la même médaille (c’est-à-dire l’hospitalité).</p>



<p>En matière d’immigration, on parle souvent de ce que devraient faire ceux qui offrent l’hospitalité, mais peu des devoirs que devraient avoir ceux qui la reçoivent. S’établir dans un nouveau pays signifie se redéfinir, qui comporte s’ouvrir à l’Autre et aussi devenir l’Autre.</p>



<p>Pour cette raison, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf suggère aux immigrés de s’imprégnerez de la culture du pays d’accueil. <em>«Je ne pense pas qu’un pays d’accueil soit une feuille blanche où chacun pose ses bagages.&nbsp;On arrive dans un pays, on a des droits et des devoirs. Le devoir de s’intégrer, le droit de s’intégrer»</em>, a dit Maalouf. Après tout, s’intégrer signifie ajouter des appartenances à notre identité, qui – comme Maalouf suggère – <em>«se construit et se transforme tout au long de l’existence»</em>. Car l’identité est faite de multiples appartenances, il n’y a pas de contradiction si on dit qu’on aime le pays qui nous accueille sans jamais oublier celui d’où l’on vient. Donc, l’intégration ne représente pas une perte d’identité, mais, au contraire, ça implique <em>«ajouter une nouvelle partie à un tout pour former un tout plus complet»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’invité est sacré mais l’hébergeur est aussi béni</h2>



<p>Une autre façon intéressante de dire <em>«bienvenue»</em> en arabe est «<em>marhaba</em>» et la réponse à cette salutation est «<em>marhabtayn</em>». En arabe, la racine du mot «<em>marhaba</em>» est «<em>rahiba</em>», ce qui signifie : <em>«il a accueilli l’invité dans un lieu spacieux»</em> (Il y a des théories selon lesquelles le mot «<em>marhaba</em>» viendrait du syriaque, mais ça… c’est une autre histoire). Cependant, la personne qui reçoit l’hospitalité répond «<em>marhabtayn</em>» (la forme duelle en arabe), qui signifie : <em>«Je t’offre un double</em> <em>marhaba</em>», ou mieux dit, l’invité fera preuve du double de la générosité qui lui a été accordée. Un dicton célèbre dit que l’invité est sacré, mais la langue arabe nous rappelle de bénir aussi l’hébergeur qui offre l’hospitalité.</p>



<p>* <em>Chercheuse maroco-italienne.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Article de l&rsquo;auteure dans Kapitalis: </em></h2>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6Pl7StMR5A"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/10/iran-le-hijab-un-instrument-de-controle-politique/">Iran : le hijab, un instrument de contrôle politique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran : le hijab, un instrument de contrôle politique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/10/iran-le-hijab-un-instrument-de-controle-politique/embed/#?secret=VYvs26MuFS#?secret=6Pl7StMR5A" data-secret="6Pl7StMR5A" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le poème du dimanche : ‘‘L’Autre Sindbad’’ de Mohamed Aziza</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/le-poeme-du-dimanche-lautre-sindbad-de-mohamed-aziza/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Oct 2023 06:54:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[amin maalouf]]></category>
		<category><![CDATA[Chems Nadir]]></category>
		<category><![CDATA[Hammamet]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Aziza]]></category>
		<category><![CDATA[poète tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Université euro-arabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mohamed Aziza dit Chams Nadir est poète, narrateur, essayiste et universitaire tunisien.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mohamed Aziza dit Chams Nadir est poète, narrateur, essayiste et universitaire tunisien. Né en 1940 à Tunis, il a occupé de hautes fonctions à l’Oua et à l’Unesco. Et animé longtemps l’Université euro-arabe.</em></strong></p>



<span id="more-10147949"></span>



<p>Voix importante de la création tunisienne et francophone, l’œuvre de Chems Nadir mêle, avec connivences et croisements culturels, références arabo-musulmanes, africaines et occidentales, où s’interpénètrent intérêt poétique, narration, image et art dramatique.</p>



<p>La réécriture de l’héritage culturel classique enrichit une expression volontairement installée dans la modernité, dans un dialogue permanent, intime, collectif, savant, exigeant et en quête de valeurs universelles.</p>



<p>Quelques titres :<em> Le silence des sémaphores</em>, 1978 ; <em>L’astrolabe de la mer</em>, 1980 ; <em>Le livre des célébrations, </em>1983 ; <em>Les portiques de la mer,</em> 1990 ; <em>Planisphère intime</em>, 2018.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Tahar Bekri</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg" alt="" class="wp-image-10056061" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-580x363.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Mohamed Aziz, ici à droite de Amin Maalouf, à la 1ère Université euro-arabe à <em>Hammamet </em>en 1986. </em> </p>



<p><em>Un masque m’échut aux prémices du monde<br>Et mon souffle impuissant s’épuisa longtemps<br>Aux frontons de la gloire romaine.<br>Ô ma sève, ma sève numide<br>Comment te retrouver dans la forêt pétrifiée<br>Des signes indéchiffrables et des pistes effacées<br>Si je viens à arracher mon masque<br>Ma chair partirait en lambeaux.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>Grands jardins rêveurs de l’enfance<br>Des eaux secrètes, bleu-argent, les filets n’ont retiré<br>qu’une lune défunte et des cerfs-volants grimaçants.<br>Longtemps j’ai couru sur la plage, derrière le cirque ambulant,<br>Ses acrobates et ses clowns pailletés.</em></p>



<p>2<br><em>Mais, caché entre les tombes du cimetière marin,<br>je n’ai pu qu’assister à leur embarquement<br>sur un bateau lentement dissous dans la brume.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p class="has-text-align-left"><em>Le dédale de tes rues<br>M’a happé dans ses méandres<br>Maudite ville carrée.<br>Tu m’étreins dans la rouille de mes échecs<br>Tes tours infranchissables<br>Interdisent toute évasion.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>Clameur de l’exil au rivage des Syrtes !<br>Le temps est venu de déserter ce jardin du mirage.<br>Sur trop de mensonges, je m’étais assoupi<br>De trop d’ossuaires, je m’étais amusé.</em></p>



<p><em>Sur les grèves de rocailles et d’amiante,<br>L’oiseau des îles a terni son somptueux plumage<br>La jungle malhabile a banni la résurgence des eaux<br>Et les lianes sauvages ont étranglé les orchidées.</em></p>



<p><em>Alors j’ai déployé mes voiles aux vents des départs.<br>Laboure, ô proue, le champ fertile où rêvent les méduses<br>Jaillissent l’embrun et les spasmes de l’éclair<br>A grandes eaux salées, lavez mes yeux d’un songe trop vivace<br>Ô trombes des profondeurs !</em></p>



<p>*</p>



<p><em>Toujours, il y eut l’errance et toujours le vent<br>Et l’exultation des sables en vaines armées de cristaux<br>Et l’abri humide des cavernes au flanc des steppes de l’exil</em></p>



<p>3<br><em>Et toujours, la nudité des touffes, au creux de l’été proféré<br>Toujours, toujours, le rêve tenace et fragile<br>D’une rive où aborder pour renaître<br>Nu et réconcilié et vivant.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>J’avais rendez-vous avec l’Aube<br>Sur l’autre versant de la Colline<br>Sur l’autre rive du Fleuve<br>Là où palpite, clarté sans torche,<br>La rose noire du Signe.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>Sous les griffes du vent<br>Sous l’étirement du soir<br>Je devançais mon ombre<br>Ecoutant le vent des sphères supérieures<br>Sculpteurs de nuages<br>Le vent sur l’ondulation des sables<br>Architecte d’éternités.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>Violent comme le souffle de Vulcain<br>Doux comme le soupir de la Vierge d’ébène<br>Accordé comme le fil du Tisserand<br>Strident comme le cri de Prométhée<br>Sur toute terre, sur toutes eaux<br>Dans l’obscur et dans l’éclat<br>Le vent en ses métamorphoses.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>Dans les plaines, l’ondulation blonde<br>Des récoltes qui lèvent.<br>Sous terre, la flamme assourdie</em></p>



<p>4<br><em>Des stalactites et des gemmes.<br>Dans les nasses ruisselantes<br>La moisson des poissons qui palpitent.<br>Dans les enclos, le souffle brumeux<br>Des bêtes qui s’éveillent.</em></p>



<p><em>Le sang de la vigne pour le rêve<br>Le pulpe des fruits, comme une vulve,<br>Pour la durée.</em></p>



<p><em>J’ai rendez-vous avec l’Aube.<br>Aux mains du Scribe, la rose sur l’argile<br>Trace le calligramme tremblé<br>Comme un essaim sur ma tête<br>Et dans l’azur, se déployant à tire d’ailes.<br>L’oiseau et sa trace.</em></p>



<p><em>Il advint que je rencontre, par les nuits phosphorescentes<br>Des troupeaux chevelus d’hippocampes en dérive<br>Des rêves de corail aux œillades amènes<br>Et des torpilles blafardes en forme d’anagrammes.</em></p>



<p><em>Quand l’ombre vient à son acmé<br>Sertissant le ciel de sa jonchée d’étoiles<br>La vigie n’a plus pour compagnon<br>Que le vent et la nostalgie des côtes<br>Et le timonier à son gouvernail<br>Sait se rendre sourd<br>Au chant des sirènes.</em></p>



<p>5</p>



<p class="has-text-align-left">*</p>



<p class="has-text-align-left"><em>J’amerris en d’étranges rivages.<br>Sur fond de ciel maussade<br>Se dressent les Sept Portes du Couchant<br>Et, derrière chacune d’elles,<br>Les Sept Dormants d’Éphèse.</em></p>



<p><em>Silence des Sémaphores<br>Dans la négation de l’espace et du temps.</em></p>



<p><em>Il nous faut recoudre le temps<br>Nous avons charge de soutenir<br>Le globe désaccordé<br>Non plus de suivre sur le cadran solaire<br>L’allongement de l’ombre de la tige<br>Ni d’interroger nos astrolabes<br>Sur le secours des étoiles.</em></p>



<p class="has-text-align-center">*</p>



<p><em>Rambarde bouclée,<br>Apparaux et aussières largués<br>J’appareille pour le Jardin<br>D’entre les mers<br>Pour tenter d’arrêter l’écoulement du sablier<br>Vers l’heure farouche<br>Où le jour rend gorge à la nuit</em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong><em>(Remerciements à l’auteur)</em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sQYJlhFYyN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/le-poeme-du-dimanche-la-muse-aigrie-de-abdelaziz-kacem/">Le poème du dimanche : ‘‘La muse aigrie’’ de Abdelaziz Kacem</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘La muse aigrie’’ de Abdelaziz Kacem » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/le-poeme-du-dimanche-la-muse-aigrie-de-abdelaziz-kacem/embed/#?secret=kVK5BlonK6#?secret=sQYJlhFYyN" data-secret="sQYJlhFYyN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Zhh8q0xBtP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/le-poeme-du-dimanche-lhomme-de-farid-ghazi/">Le poème du dimanche : ‘‘L’Homme’’ de Farid Ghazi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘L’Homme’’ de Farid Ghazi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/le-poeme-du-dimanche-lhomme-de-farid-ghazi/embed/#?secret=34x27YdNKl#?secret=Zhh8q0xBtP" data-secret="Zhh8q0xBtP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="endwwwRzw9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/30/le-poeme-du-dimanche-les-mots-de-mnaouar-smadeh/">Le poème du dimanche : ‘‘Les mots’’ de Mnaouar Smadeh</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Les mots’’ de Mnaouar Smadeh » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/30/le-poeme-du-dimanche-les-mots-de-mnaouar-smadeh/embed/#?secret=cmqBAXnsAg#?secret=endwwwRzw9" data-secret="endwwwRzw9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 07:03:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien-document avec Amin Maalouf, récemment élu secrétaire perpétuel de l'Académie française.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf vient d’être élu secrétaire perpétuel de l’Académie française. Consécration méritée pour ce conteur hors pair, romancier de grand talent et essayiste qui a su analyser avec courage, pondération et responsabilité les grands bouleversements de son temps auxquels il a été d’ailleurs lui-même mêlé. A cette occasion, nous donnons à lire à nos lecteurs cet entretien qu’on a eu avec lui, il y a près de 35 ans, au tout début de sa carrière littéraire. Et publié au quotidien ‘‘Le Temps’’ le 2 mars 1989. Toute sa pensée est déjà en place…</em></strong></p>



<p>Propos recueillis par <strong>Ridha Kefi &nbsp;</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-10022695"></span>



<p>L’Orient fascine toujours ceux qui en occident en font l’objet de leurs fantasmes érotico-religieux. Et pour cause&nbsp;: le berceau des Mille et une nuits garde encore ses secrets. Tous ceux qui s’y sont aventurés&nbsp; (voyageurs, chroniqueurs, missionnaires, soldats, contrebandiers, marchands ou vendeurs de rêves) en sont revenus transformés, touchés par sa grâce millénaire, de sorte que le fameux <em>«appel de l’Orient»</em> s’en trouve à chaque fois, plus insistant, irrésistible. Byron, Nerval, Rimbaud, Loti, Genet, Le Clézio… ont, chacun à sa manière, répondu à l’appel. Infatigable, la même vague continue&nbsp; encore de battre les rivages sud de la Méditerranée. Les malentendus, les conflits, les calculs géostratégiques… n’ont jamais altéré le voluptueux désir d’une rencontre possible entre deux mondes que tout semble diviser et unir à la fois. A la fascination attisée par la peur semble répondre un besoin de compréhension, sinon comment expliquer la passion&nbsp; et l’intérêt que suscite une certaine littérature&nbsp; orientale ou <em>«orientalisante»</em> auprès de la masse des lecteurs occidentaux&nbsp;? N’est-il pas significatif que parmi les bestsellers en France de ces trois dernières années, on compte deux livres d’auteurs d’expression française&nbsp;? J’ai nommé <em>‘‘La nuit sacrée’’</em> de Tahar Ben Jelloun et <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> d’Amin Maalouf.</p>



<p>Grâce au dynamisme de la Mission culturelle française, le public tunisien a pu rencontrer le premier il y a moins d’un an. Idem pour le second qui vient d’animer plusieurs rencontres à Tunis, Sfax et Carthage qu’un grand public a suivi avec intérêt.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai rencontré Amin Maalouf pour la première fois&nbsp; au mois de juillet 1986. Il était venu au CCI de Hammamet, sur invitation de la 1<sup>ère</sup> session de l’Université d’été&nbsp; euro-arabe, présenter Hassan Al Wazzan alias <em>«Léon l’Africain»</em> auquel il venait de consacrer un livre, le second après <em>‘‘Les Croisades vues par les Arabes’’</em>.</p>



<p>On connaissait bien le journaliste-reporter au grand parcours, directeur d’<em>Annahar arabe et international </em>et rédacteur en chef de <em>Jeune Afrique</em>, et on découvrait un romancier v de grand talent, conteur né et observateur «exact» de l’Histoire. Son troisième livre <em>‘‘Samarcande’’</em> publié l’année dernière a encore valu à Amin Maalouf la première place des meilleures ventes&nbsp; de livres en France et, surtout, une critique des plus enthousiastes. Le conteur virtuose s’est doublé d’un fin styliste.</p>



<p>A Tunis, ceux qui ont aimé <em>‘‘Les Croisades…’’</em>, <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> et <em>‘‘Samarcande’’</em> ont découvert un auteur qui, loin de jouer la vedette, sait dépassionner un débat et nuancer une opinion. « Je suis un homme d’interrogation et non de conviction», dira-t-il dans l’entretien qu’il nous a accordé et dont nous publions ici la partie qui nous semblé la plus significative de sa démarche et de sa pensée. Ecoutons-le&#8230;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg" alt="" class="wp-image-10056061" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-580x363.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Amin Maalouf à l&rsquo;Université d&rsquo;été euro-arabe à Hammamet en 1986. </em></p>



<p><strong><em>Ridha Kéfi : Pour commencer cet entretien, j’aimerais vous poser une question d’ordre général : vis trois livres publiés jusque-là évoquent des périodes historiques allant du 9<sup>e</sup> au 16<sup>e</sup> siècle. De la part d’un homme qui, de par son travail journalistique, a été longtemps confronté à l’actualité  l plus brûlante du monde contemporain, ce saut dans le moyen-âge  peut paraître inattendu ?</em></strong></p>



<p><strong>Amin Maalouf&nbsp;</strong>: Il y a chez moi un désir de revenir au passé qui tient de plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai l’impression qu’en connaissant mieux le passé, on a des clés pour le présent et peut-être aussi, certaines raisons d’espérer pour l’avenir. Mais cela dit, je ne me limiterai pas au moyen-âge. D’ailleurs, ce que nous appelons aujourd’hui le moyen-âge (dans l’acceptation des historiens) n’a pas la même valeur ni la même signification&nbsp; concernant l’histoire du monde islamique. Le moyen-âge&nbsp; désigne, quand on parle d’histoire occidentale, une période&nbsp; de décadence située entre d’une part les gloires de l’antiquité&nbsp; et celles de la renaissance&nbsp; d’autre part.</p>



<p>S’il fallait définir le moyen-âge pour le monde arabe, ce ne serait certainement pas le 11<sup>e</sup> ou le 12<sup>e</sup> siècle, mais plutôt la période&nbsp; qui a commencé après Ibn Khaldoun et qui finira avec la renaissance que nous espérons. Je pense que quand je ne reviens pas au passé, en fait je reviens au moyen-âge. C’est un peu, pour un auteur occidental, l’équivalent d’un retour à l’antiquité tel qu’il pouvait s’opérer&nbsp; à la fin du moyen-âge et le désir de redécouvrir une époque glorieuse où la civilisation arabe était l’une des plus avancées dans le monde sur le plan scientifique et technologique et celui des idées également. On était même à certains moments&nbsp; dans cette partie du monde, les phares de la pensée. Les personnages que je choisis sont des personnages qui préfigurent une renaissance.</p>



<p><strong><em>Cette sorte d’«antiquité» arabe serait une période exemplaire pour vous, vu le nombre d’enseignements qu’on peut en tirer pour appréhender le présent du monde arabe&nbsp;?</em></strong></p>



<p>C’est vrai, quoique le terme <em>«enseignements»</em> est un peu délicat à manier. Il y a toujours un risque à vouloir partir des évènements du passé pour pouvoir&nbsp; tirer des conclusions et donner des leçons quant au présent. Ce n’est pas tout à fait ma démarche. J’essaie seulement de comprendre un peu mieux el présent en étudiant le passé, et trouver encore des raisons d’espérer en me disant que cette civilisation&nbsp; qui a donné de grands moments&nbsp; de vitalité créatrice, comme ceux de la première période abbasside ou de l’Andalousie, peut donner d’autres grands moments d’ouverture, d’expansion et, disons plus simplement, de participation effective et significative à la civilisation universelle.</p>



<p><strong><em>Vos trois livres appréhendent d’une façon ou d’une autre la question religieuse dans son aspect politique&nbsp;: Dans ‘‘Les Croisades…’’ c’est l’affrontement pur et simple de deux aires religieuses; dans ‘‘Léon l’Africain’’ on retrouve ce même affrontement à travers la vie et la personnalité d’un homme au destin insolite pour son époque&nbsp;; dans ‘‘Samarcande’’, enfin, la question religieuse apparaît dans la foi très particulière de votre personnage principal Omar Khayam et dans l’expression violente d’une mystique activiste représentée par Hassan Sabbah.</em></strong></p>



<p>Je pense que c’est vrai…&nbsp; Je dirai que la préoccupation métaphysique et l’intérêt que je porte effectivement au phénomène religieux est une réalité qui transparaît à travers tout ce que j’écris. Et se sera également ainsi pour le livre que je commence à préparer. Même s’il est prématuré d’en parler, d’autant que le sujet n’est pas encore très clair dans mon esprit, je peux quand même affirmer qu’il y aura une place dans ce livre pour la préoccupation religieuse.</p>



<p>Je pense qu’il y a dans mes livres une présence&nbsp; de la religion comme une présence de la politique, de l’art, de la poésie, et d’autres thèmes encore, comme la tradition et la modernité. Sans énumérer ces thèmes, je pense que la religion en est un, et je conviens avec vous que c’est pour moi un thème très central, quoique je ne l’aborde jamais directement. Je ne suis pas un spécialiste de la religion et il n’est pas dans mes intentions d’élaborer des idées religieuses. Mais je ne peux pas être insensible&nbsp; à la présence réelle de la préoccupation et des idées religieuses dans les époques auxquelles je m’intéresse.</p>



<p><strong>Je me demande si votre biographie personnelle (votre naissance libanaise, la guerre dont vous avez observé le déclenchement dans votre pays&nbsp; et qui a un caractère confessionnel entre autres) n’est pas derrière cette fascination devant l’expression politique de la religion&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est tout à fait vrai. Je pense, effectivement, que quelqu’un qui a vécu comme moi au Liban, qui est parti de son pays à cause d’une guerre qui a un aspect confessionnel, et qui s’est trouvé contraint à l’immigration du fait d’un conflit de ce type, ne peut pas être insensible à la place de la religion et de la guerre des religions dans l’Histoire – même si au Liban, on ne peut parler d’une guerre de religions, mais d’une guerre qui a une dimension ou une coloration religieuse, au moins partiellement.</p>



<p>Quand je parle de croisades, c’est-à-dire d’une guerre menée sur des thèmes religieux, il est évident que c’est une préoccupation vitale pour moi, et non pas une observation froide de l’Histoire. Cela est aussi vrai de ‘‘Léon l’Africain’’ où j’évoque un personnage né à Grenade, au sein d’une civilisation islamique à son apogée, enlevé par des pirates et ramené à Rome où il a commencé à vivre dans une culture tout çà fait différente… Là encore, la question de la religion, de l’immigration, du passage d’un monde culturel à un autre, ne m’est pas indifférente. Ce n’est donc pas par hasard que j’ai choisi&nbsp; ce personnage plutôt qu’un autre&nbsp; pour écrire mon roman. Mais en voulant raconter l’histoire de ce personnage historique, je n’ai pas cherché à introduire mes propres idées, mais essayé de redécouvrir le personnage et son histoire. Idem pour <em>‘‘Samarcande’’</em> qui est un livre sur l’islam iranien, son passé proche et lointain.</p>



<p>Là encore, il est impossible pour quelqu’un qui vit notre époque contemporaine de ne pas être sensible à la place de la religion dans le monde iranien, surtout que les événements des dix dernières années ont montré que c’est un aspect qu’il fallait absolument mieux étudier pour mieux le comprendre. Je pense que tous ceux qui l’ont observé de manière superficielle se sont trompés avec les conséquences graves que l’in sait.</p>



<p>L’expression politique su phénomène religieux est donc une préoccupation constante pour moi. Car le fait de vivre dans le monde&nbsp; d’aujourd’hui&nbsp; où l’in se tue encore pour des raisons religieuses, m’a amené à m’intéresser à des périodes de l’Histoire où se déroulaient des événements – non pas semblables à ceux que l’on observe aujourd’hui, l’Histoire ne se répétant jamais, mais qui peuvent aider à les comprendre.</p>



<p><strong><em>En étudiant certains événements&nbsp; du passé, on peut retrouver des motivations, des éléments de comportement, des aspects qui nous permettent de mieux comprendre que ce soit les rapports de l’Orient et de l’Occident, que l’évolution du monde iranien, ou celle du monde arabe, que les relations internes, dans certains pays, entre des communautés religieuses différentes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Pour clore ce chapitre de la question religieuse, on constate dans vos livres un ton humaniste assez prononcé. Evoquant vos personnages et leurs itinéraires, vous ne prenez jamais le ton du jugement ou celui de la condamnation. On sent chez vous un besoin de compréhension qui va jusqu’à la justification de certains comportements qui pourraient paraître excessifs.</p>



<p>&nbsp;C’est une question de conviction et de tempérament. J’aime observer et le passé et le présent&nbsp; avec le même désir de compréhension. J’ai un intérêt réel pour tout ce que j’observe. Dans <em>‘‘Samarcande’’</em> par exemple, il y a des personnages très différents, notamment Omar Khayam et Hassan Sabbah.</p>



<p><strong><em>Ils sont tous deux mystiques mais de deux façons opposées.</em></strong></p>



<p>Ils représentent les deux faces différentes d’un même problème. C’est évident que je me sens plus proche et que je voue plus de sympathie pour Omar Khayam, mais cela&nbsp;n’empêche qu’en observant le personnage de Hassan Sabbah, je n’essaie pas de le juger, de le condamner, de le caricaturer pour le rendre odieux. J’essaie d’approcher autant que possible de ce qu’il a été réellement, de m’écarter autant que possible de éléments de mystification et de légende qui se sont ajoutés , de comprendre ses motivations, ses comportements. En un sens, je lui montre de l’attachement, de la sympathie et peut-être également de l’amour. J’aime tous ces personnages et j’ai de la compréhension pour toutes leurs démarches. Mais encore une fois, comme vous l’avez dit au début, ma tendance profonde est l’humanisme , c’est-à-dire que je suis pour la tolérance, la non-violence et la rencontre des cultures, à condition évidemment que cela se passe sur la base de l’égalité, du respect mutuel &nbsp;et de la compréhension de l’un pour l’autre.</p>



<p><strong><em>Cette conviction et ce tempérament humanistes expliquent sûrement votre option pour le genre romanesque &nbsp;et non pas pour l’essai historique pur et dur. Des ‘‘Croisades’’ à ‘‘Samarcande’’, on constate d’ailleurs une nette évolution en direction du romanesque, de la fiction, de l’imaginaire. L’imagination du romancier prend, pour ainsi dire, le relais de l’observation historique, afin de combler ses lacunes.</em></strong></p>



<p>C’est exact. Cette évolution est réelle. Si la place de l’Histoire demeure importante dans ce que j’écris, la place de la fiction est de plus en plus importante. Et je crois que ça va l’être davantage dans l’avenir&nbsp;? Je ne suis certainement pas un homme de certitudes, mais d’interrogation, de réflexion, de toute aussi. Je ne cherche pas à écrire des traités à l’issue desquels, je me mets à donner des vérités ou des convictions, mais à réfléchir sur une époque, à la raconter, en laissant à chacun le soin d’y réfléchir à son tour et de tirer soit les mêmes conclusions soit des conclusions différentes. là le roman est beaucoup plus souple que le roman historique. Dans le roman, je restitue une époque et évoque des personnages historiques, en essayant autant que possible de ne pas les caricaturer. J’ai certes une préférence pour Omar Khayam dans <em>‘‘Samarcande’’</em>, pour Léon l’Africain dans le roman qui porte son nom, pout Oussama et Salaheddine dans <em>‘‘Les Croisades’’</em>, mais j’admets tout à fait qu’un lecteur ait plus de sympathie pour Nizam Al Molk ou pour Hassan Sabbah ou pour tel ou tel autre. Même si on n’est jamais totalement objectif, je présente les personnages que je n’aime pas particulièrement sans haine et sans parti-pris. Il y a un personnage dans <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> qui est très éloigné de mes convictions. C’est le cheikh Astaghfiroullah (personnage de roman inventé, quoique basé sur certaines données de l’époque) que je ne présente à aucun moment de manière totalement négative. Je serais malhonnête de la caricaturer et d’en faire moi-même un être détestable et de dire aux gens&nbsp;: Détestez-le&nbsp;! Finalement, qu’est-ce que les gens détesteraient&nbsp;? C’est sûrement ce que moi j’ai inventé. Cela est aussi vrai pour Hassan Sabbah. C’est un personnage terrifiant par certains côtés, et je n’aurais jamais aimé être sous sa coupe. Mais j’essais de le comprendre, lui et l’époque qui l’a produit.</p>



<p>Quand on vit dans des pays où les gens peuvent s’exprimer librement, on imaginerait difficilement&nbsp; comment les gens pouvaient réagir à des époques où les gens n’avaient aucun moyen de s’exprimer aussi librement. C’est facile aujourd’hui de dire qu’on est moins violent. Moi-même je suis non-violent, mais dans un monde où l’on peut arriver à beaucoup de choses sans le recours à la violence. Malheureusement, ça n’a pas toujours été le cas. Aurais-je prêché la non-violence à la résistance française de 1940&nbsp;?&nbsp;Cela n’aurait eu aucun sens. Car il y a des moments où la violence devient l’un des agents de l’Histoire et où on ne peut y échapper. Il n’empêche que, personnellement, j’essaie, autant que possible, de pousser dans le sens d’une moindre violence et de plus de compréhension, et de favoriser à chaque fois (dans les limites modestes de les moyens) des relations différentes entre les peuples.</p>



<p><strong><em>A propos d’intolérance et de violence, on ne peut s’empêcher, actualité oblige, de vous demander votre opinion sur la polémique provoquée par le roman de Salman Rushdie ‘‘Les versets sataniques’’. &nbsp;</em></strong> </p>



<p>Je comprends totalement que l’on soit scandalisé par un livre comme <em>‘‘Les Versets sataniques’’ </em>de Salman Rushdie, même su je ne peux accepter des appels au meurtre qui, à mon avis, ne sont certainement&nbsp; pas le meilleur moyen de faire face à ce livre. Je pense, au contraire, que cela n’a fait qu’augmenter considérablement sa diffusion. J’ai été irrité par la lecture de certains extraits – car je n’ai pas lu le livre en entier – publiés par les journaux. Ce livre contient des choses qui bousculent et qui sont de l’ordre de la provocation. Je suis, par tempérament et par conviction, contre toute forme de provocation.</p>
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		<title>Les sionistes et leurs «frères»… islamistes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/29/les-sionistes-et-leurs-freres-islamistes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 May 2021 06:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amel Fakhfakh]]></category>
		<category><![CDATA[amin maalouf]]></category>
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		<category><![CDATA[Indiens d’Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sionisme et islamisme ont en partage bien des dénominateurs communs. Instrumentalisation de la religion, affirmation d’une identité imaginaire et connivence avec les grandes puissances : tels sont les socles sur lesquels s’édifient ces deux systèmes de pensée. Par Amel Fakhfakh * La citation apocryphe qui est attribuée à Malraux et selon laquelle «le XXIe siècle...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Extremistes-musulman-et-juif.jpg" alt="" class="wp-image-350529"/><figcaption><em>Des «frères» pas vraiment ennemis&#8230; </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Sionisme et islamisme ont en partage bien des dénominateurs communs. Instrumentalisation de la religion, affirmation d’une identité imaginaire et connivence avec les grandes puissances : tels sont les socles sur lesquels s’édifient ces deux systèmes de pensée.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Amel Fakhfakh</strong> *</p>



<span id="more-350528"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Amel-Fakhfakh.jpg" alt="" class="wp-image-343988"/></figure></div>



<p>La citation apocryphe qui est attribuée à Malraux et selon laquelle <em>«le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas»</em> laisse entendre que la religion occupera au cours de ce siècle une place prépondérante. Edgar Morin soutient que le néolibéralisme a tué toute pensée et a consacré la prééminence de l’économie sur l’idéologie. En réalité, la désintégration des mouvements de gauche, la déliquescence de l’édifice intellectuel ont contribué à la recrudescence des anciennes croyances, des religions voire de superstitions et de pratiques et appartenant à des temps révolus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le sionisme est au judaïsme ce que l’islamisme est à l’islam</h3>



<p>C’est dans ce réservoir que les sionistes et les islamistes puisent et c’est dans ce cadre que prennent place, pour les uns la constante référence au concept de<em> «peuple élu»</em>, destiné à se réapproprier <em>«la terre sainte»</em> et, pour les autres, la nécessité de donner un essor à la <em>«oumma islamia»</em> (nation islamique), soulignant par là-même la vocation universelle de l’islam, considéré comme la seule véritable religion.</p>



<p>Ces préceptes qui passent pour être sacrés revêtent dès lors l’aspect de vérités intangibles, immuables et indiscutables et leur servent, en raison de la lourde charge de persuasion susceptible de leur être octroyée, à justifier tous les abus et tous les crimes dont ils se rendent coupables : spoliation, massacres, confiscation de biens, combat de l’hérésie, volonté d’imposer la<em> «chariaa»,</em> assassinats …</p>



<p>Les nobles valeurs véhiculées par la religion juive et la religion musulmane sont bafouées (rappelons que l’étymologie du mot religion, religare fait valoir les liens que les hommes doivent tisser entre eux et avec Dieu).</p>



<p>Le sionisme est au judaïsme ce que l’islamisme est à la religion musulmane. Placées entre les mains d’opportunistes et de terroristes qui les instrumentalisent pour atteindre des objectifs politiques, ces religions deviennent des outils monstrueux, générateurs d’extermination, de destruction et de massacres. Le génocide du peuple palestinien le montre assez.</p>



<p>Les Frères musulmans, eux, s’attaquent, au nom de l’islam à ceux qui risquent d’entraver leurs desseins destructeurs en l’occurrence les forces de l’ordre (les <em>«taghouts»</em>) et les leaders des mouvements d’opposition notamment ceux de la gauche, considérés comme des mécréants (<em>«koffars»</em>).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Radicalisme religieux et affirmation identitaire</h3>



<p>Le radicalisme religieux n’est que l’une des facettes sous lesquelles se présente tout mouvement visant l’affirmation identitaire ou ethnique. On assiste aujourd’hui, comme le montre Amin Maalouf dans ses essais, à un paradoxe lourd de conséquences : loin d’induire l’éclosion d’un esprit universaliste et humanitaire, l’entrée dans la mondialisation a eu au contraire pour effet la prise de conscience, de la part de certains groupes ethniques, de la nécessité de protéger leurs propres racines et l’exacerbation de la quête identitaire.</p>



<p>Les signes ostentatoires dans les tenues vestimentaires des islamistes et, à un degré moindre, des sionistes, s’inscrivent dans ce cadre et mettent en exergue leur refus de la différence, leur intolérance, leur esprit totalitaire. Paradoxalement, plus les différences entre les groupes ethniques sont minimes, plus le sentiment de rejet est porté à son paroxysme. On crie notre identité, on affirme avec rage nos différences car on se ressemble, écrit en substance Amin Maalouf dans les <em>‘‘Identités meurtrières’’</em>. Arabes et juifs n’appartiennent-ils pas à la même race ? Ne sont-ils pas tous sémites ? Afficher son identité, affirmer son appartenance ethnique, culturelle et/ou religieuse ne relève pas seulement de la xénophobie mais peut être générateur de toutes sortes d’abus et de dérives.</p>



<p>Ayant été victimes de la diaspora, les Israéliens veulent à leur tour l’infliger aux Palestiniens. Ils ne manquent pas de ressusciter le souvenir de l’Holocauste et de toutes les horreurs subies par le peuple juif, et, jouant sur la victimisation, ils rappellent que ce peuple a été banni, honni, spolié, persécuté et exterminé. Désirant prendre leur revanche sur l’histoire, ils se transmuent en spoliateurs, persécuteurs et exterminateurs mais dirigent leur hargne non contre leurs anciens bourreaux mais contre un peuple qui ne leur a jamais porté préjudice. <em>«La tragédie du Proche Orient, c’est que la rue arabe est aveugle à la Shoah, tandis que la rue juive – la nôtre aussi – est aveuglée par la Shoah»</em>, écrit Régis Debray.</p>



<p>La colonisation israélienne est une colonisation de peuplement qui, par le biais de l’expropriation et de la spoliation, s’apparente à ce que les Américains ont fait subir aux Indiens, comme le souligne à juste titre Gilles Deleuze pour qui <em>«les Palestiniens sont les nouveaux Indiens d’Israël» </em>(1).</p>



<p>Il est évident que ce type de colonisation présente également des analogies avec le<em> «Grand Apartheid»</em> mis en œuvre dès 1652 par les Néerlandais en Afrique du Sud et concernant la division spatiale du pays. Le nationalisme des Boers, inspiré de la doctrine calviniste de la prédestination, est également teinté de religiosité dans le sens où eux aussi se considéraient comme le <em>«peuple élu»</em> (2).</p>



<p>Tentant de mettre un terme à la diaspora en encourageant lesjuifs du monde entier à se rassembler en Israël, et poursuivant des visées expansionnistes et totalitaires, ces colons modernes que sont les sionistes empruntent aux premiers et aux seconds les jalons d’une politique discriminatoire, fondée non sur la ségrégation raciale mais sur une prétendue identité religieuse.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le silence complice de l’Occident</h3>



<p>Le silence complice de l’Occident et des Etats-Unis face aux sévices infligés dernièrement aux Palestiniens n’étonne plus personne. Régis Debray rend compte de cette connivence entre l’Etat sioniste et la première puissance mondiale en ces termes : <em>«L’Amérique c’est un grand Israël qui a réussi. Israël une petite Amérique qui est à la peine.» Il ajoute : «Ni l’Europe, paralysée par la mémoire de l’Holocauste, ni les Etats-Unis dont l’alliance avec son frère aîné est consubstantielle, subliminale et sous-cutanée ne peuvent […] sanctionner les enfreintes au droit international et aux résolutions de l’Onu»</em> (2).</p>



<p>L’Occident n’a-t-il pas parrainé le mouvement sioniste dès sa naissance ? Voulant donner suite au premier congrès sioniste de 1897, le Royaume-Uni se montre favorable, dès 1917, à la création d’<em>«un foyer national pour le peuple juif»</em> (Déclaration Balfour). Grâce à l’appui des pays nantis, l’Etat d’Israël voit le jour en 1948.</p>



<p>Ce sont ces mêmes puissances occidentales qui soutiennent fermement leurs frères, ceux qui appartiennent à la mouvance islamiste.</p>



<p>Sionistes et islamistes sont les deux faces d’une même médaille. En eux s’incarnent les principaux maux du monde moderne. Ils sont les artisans de cet axe du mal dont l’épicentre se trouve au Proche-Orient et qui finit par émettre des radiations dans le monde entier. Les Etats-Unis les reçoivent et les renvoient, édulcorées et raffinées, vers l’Occident et les pays arabes.</p>



<p>Le monde arabe est, dans sa quasi-totalité, sous l’emprise des Etats-Unis d’Amérique. D’où cette incapacité viscérale de se montrer réfractaire aux visées expansionnistes de l’Etat d’Israël et au génocide dont il se rend coupable. La Palestine est-elle le seul pays arabe à être colonisé par les sionistes? Le monde arabe ne subit-il pas le même sort en se rangeant sous la bannière des Américains et des Européens et en se complaisant dans une sclérose paralysante?</p>



<p>Le monde musulman serait-il resté sur le revers qu’il a essuyé en 1492, lors de la prise de Grenade ? Ou sur la défaite de l’Empire Ottoman qui s’est faite par strates à partir du XVIIIe siècle? À moins qu’il n’ait pas pu se relever, comme l’affirme Amin Maalouf, de l’échec de la guerre de1967 ?</p>



<p>Toujours est-il que l’objectif commun poursuivi par les grandes puissances, l’Etat sioniste et leur nouvel allié, l’islamisme, consiste à empêcher le monde arabe d’avancer, à étouffer dans l’œuf toute aspiration à la modernité, tout projet de développement qui risque de le dégager de leur emprise.</p>



<p>Obtempérant aux ordres de leurs maîtres, les islamistes tunisiens ont prêté main forte à ceux qui combattent le gouvernement syrien mais ont considéré qu’ils n’ont pas le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, en l’occurrence la Palestine, devant les massacres perpétrés par les Israéliens. Les membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) sont allés jusqu’à refuser de cautionner le projet de loi qui condamne <em>«ettatbii»</em> (la normalisation avec Israël).</p>



<p>La véritable souveraineté d’une nation ne pourra s’obtenir qu’au prix d’une prise de conscience de la part du peuple de tous les enjeux politiques et d’une lutte tenace susceptible de la dégager de l’emprise des puissances qui la maintiennent muselée et de leurs valets.</p>



<p><em>* Universitaire à la retraite.</em></p>



<p><strong><em>Notes :</em></strong><br><em>1- ‘‘Les Indiens de Palestine’’, 1983.<br>2- Ils étaient persuadés que Dieu leur a donné l’Afrique du Sud comme il a donné le pays de Canaan aux Hébreux. Selon l’église réformée hollandaise, Dieu a créé des «élites pour diriger le monde et des ‘‘non élus’’ pour obéir aux premiers». ‘‘À un ami israélien : avec une réponse d’Elie Barnavi’’, Paris, Flammarion, 2010.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Article de la même auteur dans Kapitalis: </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="51egRyMyFB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/tunisie-les-medias-audio-visuels-et-le-regne-de-linculture-et-de-la-vulgarite/">Tunisie : Les médias audio-visuels et le règne de l’inculture et de la vulgarité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Les médias audio-visuels et le règne de l’inculture et de la vulgarité » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/tunisie-les-medias-audio-visuels-et-le-regne-de-linculture-et-de-la-vulgarite/embed/#?secret=R7DoMZIrI1#?secret=51egRyMyFB" data-secret="51egRyMyFB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Jalel Brick agressé à Paris par un groupe de jeunes extrémistes tunisiens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2020 10:28:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[amin maalouf]]></category>
		<category><![CDATA[Jalel Brick]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une vidéo montrant le cyberactiviste Jalel Brick en train de se faire agresser à Paris fait le tour des réseaux sociaux depuis hier soir, mercredi 11 juin 2020. Ce sont ses agresseurs eux-mêmes, un groupe de 6 jeunes tunisiens, qui ont, fièrement, filmé et diffusé la scandaleuse scène. Dans la vidéo, les agresseurs, qui se...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Jalel-Brick.jpg" alt="" class="wp-image-303153"/></figure>



<p><strong><em>Une vidéo montrant le cyberactiviste Jalel Brick en train de se faire agresser à Paris fait le tour des réseaux sociaux depuis hier soir, mercredi 11 juin 2020. Ce sont ses agresseurs eux-mêmes, <strong><em>un groupe de 6 jeunes tunisiens</em></strong></em></strong>,<strong><em> qui ont, fièrement, filmé et diffusé la scandaleuse scène.</em></strong></p>



<span id="more-303147"></span>



<p>Dans la vidéo, les agresseurs, qui se sont lâchement regroupés pour violenter un homme de plus de 55 ans, se vantaient de frapper «<em>le mécréant Jalel Brick, qui insulte Dieu</em>», estimant qu&rsquo;avec cet acte barbare et criminel, ils rendaient justice à ce dieu.</p>



<p>«<em>Parce qu&rsquo;ils ont une religion, ils se croient dispensés d&rsquo;avoir une morale</em>», dirait Amin Maalouf. </p>



<p>En tout cas, une chose est sûre : en se comportant ainsi au nom de la religion, ils lui ont porté préjudice plus qu&rsquo;il ne l&rsquo;a fait Jalel Brick lui-même. Ils ont même confirmé une bonne partie de ses critiques.</p>



<p>Cela dit, heureusement que l&rsquo;arriération et l&rsquo;obscurantisme vont souvent de pair avec l&rsquo;idiotie. En effet, en se filmant et en diffusant leur propre crime, les agresseurs se sont eux-mêmes condamnés. Aujourd&rsquo;hui, leurs noms, photos et profils facebook circulent en masse sur les réseaux sociaux. Il est donc attendu qu&rsquo;ils soient bientôt arrêtés et transférés à la justice.  </p>



<p>Notons qu&rsquo;il est possible que l&rsquo;agression n&rsquo;ait pas eu lieu hier, Jalel Brick ayant déjà dit, il y a quelques mois, qu&rsquo;il avait été agressé par un groupe de personnes. Reste à savoir si c&rsquo;est de cette agression qu&rsquo;il parlait. On en saura, sans doute davantage, lors de sa prochaine vidéo.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Cherif Ben Younès</strong></p>
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