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	<title>Archives des démocratie parlementaire - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des démocratie parlementaire - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie, sortir du cercle vicieux ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/15/tunisie-sortir-du-cercle-vicieux/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2023 10:29:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Anwar Zibaoui]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie parlementaire]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie peut prouver qu’il est possible de changer par les urnes sans tomber dans le piège du retour à la dictature. </p>
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<p><strong><em>La Tunisie a la force et les ingrédients pour redynamiser son économie et devenir un «tigre méditerranéen», mais ce potentiel ne semble jamais se concrétiser. Il est possible de changer cette situation par les urnes sans tomber dans le piège des coups d’État, du retour à la dictature ou au despotisme.</em></strong> <em>(Ph. Amine Landoulsi).</em></p>



<p>Par <strong>Anwar Zibaoui</strong> *</p>



<span id="more-6506634"></span>



<p>Les événements récents en Tunisie ont montré l’aveuglement et les luttes intestines de la classe politique face à un peuple de plus en plus impatient, révélant un coup porté à la démocratie naissante; une crise qui se poursuit de manière plus complexe, face au manque de clarté et de vision, à l’ambiguïté du scénario et à l’incapacité des partis politiques.</p>



<p>Avec une stagnation économique apparemment insoluble et des critiques internationales croissantes, le président tunisien Kaïs Saïed fait face à une situation complexe avec des caisses de l’État qui se vident et son pouvoir contesté, la Tunisie a besoin d’un gouvernement crédible et efficace, pas seulement d’une entité chargée de collecter l’aide internationale.</p>



<p>La recherche de consensus et la négociation de ces dernières années ont permis au pays d’ouvrir la voie à la démocratie parlementaire sans sombrer dans le chaos ou la violence.</p>



<p>Les transitions politiques sont difficiles et prennent du temps. Ce processus a également besoin d’un consensus pour pousser à un plan de sauvetage économique répondant aux aspirations des Tunisiens, en particulier des jeunes, et à la transparence dans l’administration de l’État.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IYFfYttBF6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/14/la-tunisie-au-bord-de-la-crise-de-nerfs/">La Tunisie au bord de la crise de nerfs</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie au bord de la crise de nerfs » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/14/la-tunisie-au-bord-de-la-crise-de-nerfs/embed/#?secret=wnCbC02fNX#?secret=IYFfYttBF6" data-secret="IYFfYttBF6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’inégalité croissante est une source continue de troubles; 11 ans après la révolution, les régions côtières continuent de bénéficier d’infrastructures améliorées et d’économies diversifiées, tandis que les populations de l’intérieur sont aux prises avec des taux de pauvreté élevés, des niveaux d’éducation inférieurs et, dans certains cas, des difficultés d’accès aux besoins de base telles que l’eau, l’assainissement, les routes et l’énergie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Récession et vulnérabilité</h2>



<p>L’économie tunisienne a connu un net ralentissement et est entrée dans plusieurs périodes de récession en raison d’un certain nombre de facteurs qui aggravent sa vulnérabilité aux facteurs internes et externes susceptibles de contrecarrer le processus démocratique.</p>



<p>Ce contexte génère une situation politique intérieure complexe : baisse des investissements, baisse des exportations, notamment vers l’Union européenne (UE), son principal partenaire commercial, baisse de la production dans ses secteurs non manufacturiers et baisse des recettes touristiques.</p>



<p>En conséquence, cela a augmenté le taux de chômage et a directement affecté sa reprise. Le tourisme est sa principale industrie, contribuant à 10% du PIB et 15% des emplois, donc le coup porté à ce secteur nuit à la stabilité politique et économique.</p>



<p>Le modèle économique actuel a conduit à de faibles investissements, une faible productivité et une faible valeur ajoutée. Il y a un besoin urgent de réforme fondamentale dans tous les secteurs de l’économie, en particulier les lois bancaires et d’investissement.</p>



<p>L’économie a connu un net ralentissement depuis 2011 et n’a réussi à croître que de 3% certaines années, bien en-deçà des 7% nécessaires pour fournir des emplois et un meilleur niveau de vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paradoxe économique</h2>



<p>La Tunisie présente un paradoxe économique. Elle a la force et les ingrédients pour revitaliser son économie et devenir un <em>«tigre méditerranéen»</em>, mais ce potentiel ne semble jamais se concrétiser. Il dispose d’une main-d’œuvre bien formée, située entre la Méditerranée et le Sahara, et agit comme un lien commercial pour l’Europe et l’Afrique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PfDEpGn1zB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/24/quelle-solution-a-la-crise-en-tunisie/">Quelle solution à la crise en Tunisie ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quelle solution à la crise en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/24/quelle-solution-a-la-crise-en-tunisie/embed/#?secret=ZuvHC7LyTe#?secret=PfDEpGn1zB" data-secret="PfDEpGn1zB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le pays a une économie ouverte, le tourisme et les sources d’énergie, facteurs importants pour attirer les investissements, mais il devra s’appuyer sur un système qui protège l’économie et offre des garanties aux investisseurs en éliminant les restrictions et les formalités administratives, une situation étroitement liée à la précédente période de corruption.</p>



<p>La réussite économique est vitale pour le progrès politique et son avenir. La Tunisie doit réintégrer la jeunesse désabusée dans la vie économique et politique. Elle doit consolider son engagement pour la modernisation, l’éducation, les droits des femmes et le rôle des partenaires sociaux, et montrer qu’il est possible de changer par les urnes sans tomber dans le piège des coups d’État, du retour à la dictature ou au despotisme.</p>



<p>Il est urgent de renforcer la démocratie, la paix, la sécurité et le développement. La volonté et le travail acharné des Tunisiens réussiront à transformer le pays en modèle, mais la course sera longue.</p>



<p><strong><em>Source :</em></strong> <a href="https://atalayar.com/en/blog/tunisia-getting-out-vicious-circle" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Atalayar’’</a>. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie-Politique : le grand choc des institutions et des ambitions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 06:37:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie parlementaire]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[libertés démocratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a une sorte de parodie pathétique du pouvoir dans cette confrontation dont la Tunisie est le théâtre depuis le 25 juillet dernier entre un président élu, Kaïs Saïed, décidé à neutraliser un parlement, présidé par Rached Ghannouchi, que beaucoup estiment inutile, sinon nocif, et la volonté de celui-ci, également élu, de lui contester...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Kais-Saied-Rached-Ghannouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-386685"/></figure></div>



<p><strong><em>Il y a une sorte de parodie pathétique du pouvoir dans cette confrontation dont la Tunisie est le théâtre depuis le 25 juillet dernier entre un président élu, Kaïs Saïed, décidé à neutraliser un parlement, présidé par Rached Ghannouchi, que beaucoup estiment inutile, sinon nocif, et la volonté de celui-ci, également élu, de lui contester les pouvoirs qu’il s’est arrogés.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-386684"></span>



<p>Dans l’imaginaire anglo-saxon, et américain, cela renvoie immédiatement au conflit qu’on a qualifié de Révolution anglaise qui déchira l’Angleterre au XVIIe siècle et opposa le Roi Charles Ier à un parlement dominé par les Puritains. Il demeure considéré comme le type même du combat entre l’absolutisme et la liberté. Cela situe déjà le cadre et les enjeux de l’affrontement entre le législatif et l’exécutif, dont notre pays est devenu le théâtre.</p>



<p>Il y a quelques jours, avant l’exacerbation de la crise politique, la note souveraine de notre pays a été dégradée par l’une des agences internationales de notation. Puis la sous-secrétaire d’Etat américaine aux Affaires étrangères chargée des Droits de l’homme a débarqué à Tunis, apparemment pour une mission d’information, ce qui situe déjà le champ d’intérêt du Département d’Etat américain par rapport à notre pays.</p>



<p>En arrière-fond se profilent des discussions laborieuses avec le Fond monétaire internationa (FMI), une situation économique difficile, des pénuries alimentaires sans précédent, la Guerre en Ukraine avec des perturbations dans le ravitaillement du marché agricole international, et la probabilité raisonnable de voir l’Etat tunisien dans l’incapacité d’honorer ses dettes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A l&rsquo;origine de l&rsquo;affrontement Saïed-Ghannouchi</h2>



<p>C’est le mouvement islamiste Ennahdha, présidant aux destinées de la Tunisie depuis 2012 ainsi que ses associés regroupés dans le Nidaa ou ses sous-produits, qui assument en premier lieu la responsabilité morale et politique de la situation actuelle. En dix années de pouvoir, dont quatre consacrées à la rédaction d’une Constitution qui aurait pu être bouclée en un semestre, ils ne peuvent se prévaloir d’aucun projet digne de ce nom dont le peuple tunisien aurait pu tirer profit. Ils ont activement contribué à instaurer un environnement intolérant qui voit des jeunes pénalement condamnés pour des propos ou des écrits jugés blasphématoires, ou bien pour faire le choix d’une vie privée qu’une vision rétrograde de la société réprouve.</p>



<p>Faut-il s’étonner si, durant la même époque, les attentats terroristes se sont multipliés et si les prévenus dans des affaires de terrorisme étaient régulièrement relâchés alors que les commanditaires des <em>«excursions» </em>ayant conduit des milliers de jeunes en Syrie pour s’enrôler dans les rangs de Daech demeurent jusqu’à ce jour impunis? Des propos à l’instar de ceux tenus publiquement dans l’enceinte du parlement, profondément offensants contre les femmes sans susciter aucune sanction, et les agressions physiques contre la députée Abir Moussi, dévoilent à quelles fins le parlement était instrumentalisé, alors que les prérogatives du président de la république commençaient à être ouvertement bafouées par les relations particulières entretenues sans son accord avec des pays étrangers suspectés de soutenir le terrorisme, et que les chefs de gouvernement choisis par ses soins étaient soit obligés de démissionner, soit débauchés et retournés pour être utilisés contre lui.</p>



<p>L’affrontement a débuté ainsi, et le refus présidentiel de faire prêter serment aux ministres sur la nomination desquels il n’était pas d’accord ne fut qu’un usage de prérogatives présidentielles supposées sur ce point précis être formelles, alors que dans les faits, elles se sont révélées être substantielles.</p>



<p>Le jour où les militaires ont pris en otage les parlementaires espagnols réunis en séance plénière dans l’enceinte du parlement, c’est le Roi d’Espagne, par la grâce de Dieu, en personne, qui leur a ordonné de se rendre, alors que selon la Constitution, il est supposé ne pas intervenir dans les affaires de l’Etat dirigé par un gouvernement démocratiquement élu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le peuple pense que ce parlement-là devait disparaître</h2>



<p>Il est toujours difficile de prendre position, entre deux institutions de l’Etat, particulièrement quand toutes les deux sont issues du suffrage universel et se prévalent de la volonté populaire. Que le chef de l’Etat ait ou non violé la Constitution quand il a gelé le parlement et renvoyé le gouvernement qui s’en était fait l’instrument, les avis sur la question demeureront pendant longtemps partagés, probablement en fonction des sensibilités politiques.</p>



<p>L’important est que l’écrasante majorité du peuple pense que ce parlement-là devait disparaître, tout simplement parce que, pour ne rien faire sauf palabrer tout en se situant au-dessus des lois du pays, il était sous la coupe des islamistes, ceux à qui la piété populaire n’a pas pardonné l’usage mensonger de la religion à des fins purement égoïstes. Et la majorité parlementaire était constituée par un parti que la vox populi qualifie d’hypocrites, un autre de voyous bénis soupçonnés d’accointances avec le terrorisme, et un troisième d’affairistes surgis dans la politique après avoir gagné la sympathie du public en utilisant une chaîne de télévision privée pour prétendre faire de l’action humanitaire et qui, pour avoir été élus afin de défendre le caractère civil de l’Etat, ont installé à la tête du parlement le symbole même de l’inquisition, le président du parti Ennahdha en l&rsquo;occurrence.</p>



<p>C’est cette majorité-là alliée à quelques égarés, qui a réuni, la semaine dernière, le quorum nécessaire pour la tenue d’une assemblée générale parlementaire virtuelle par le biais de l’internet, au nom de la sauvegarde du <em>«pays menacé par la famine»</em> (sic), et a proclamé la caducité de tous les décrets pris par le chef de l’Etat à partir d’une certaine date, celle du 25 juillet 2021. Et pour faire bonne mesure, la séance interdite par l’autorité a été transmise en direct par la chaîne qatari Al-Jazeera.</p>



<p>En d’autres termes, les députés réunis ont proclamé le retour à un ordre <em>«normal»</em>, celui garanti par le président du parlement assurant leur <em>«protection»</em> avec en contrepartie leur soumission à ses choix politiques, avec la collaboration d’un gouvernement et d’une justice aux ordres, en vertu d’une Constitution taillée sur mesure. Dans ce parlement-là, l’esprit corporatiste s’avère ainsi une fois encore plus puissant que les différences idéologiques, ou bien la raison d’Etat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En politique, le rapport de forces dicte sa loi</h2>



<p>D’aucuns ont prétendu que rien, aucune loi, ne justifiait les poursuites judiciaires engagées contre les députés après la réunion. C’est encore affaire d’interprétation et les spécialistes en droit constitutionnel ou pénal gloseront sans doute pendant longtemps sur leur légalité. En revanche, sur un plan politique, il s’agit d’une déclaration de guerre; cette assemblée générale n’a signifié rien de moins qu’un appel à la désobéissance, autrement dit à la déchéance du chef de l’Etat. De fait, toute opposition future à la politique présidentielle, pacifique ou violente, paisible ou armée, dans ou hors le cadre de l’Etat, pourra désormais s’y référer. Et pour faire bonne mesure, le président du parlement en a refusé la dissolution, ordonnée après la réunion.</p>



<p>Quand deux autorités légitimes s’affrontent, c’est le rapport de forces qui dicte sa loi. En Russie, le président Boris Eltsine avait, en 1993, fait bombarder le parlement par les chars pour en évacuer les parlementaires qui contestaient son pouvoir, sans susciter aucune réaction internationale.</p>



<p>En Pologne , au XVIIe siècle, la diète qui avait le pouvoir d’élire les Rois avait contribué d’une manière décisive à l’affaiblissement du pays, en en contestant le pouvoir et en se faisant l’instrument de puissances étrangères hostiles, autrichienne, russe, suédoise, et turque.</p>



<p>En Ecosse au XVIIIe siècle, le parlement, symbole de la pérennisation de l’Etat, avait accepté de s’auto-dissoudre parce que quelques parlementaires avaient tâté de l’or anglais, selon la rumeur.</p>



<p>Aux Etats-Unis, en 1832, le président Andrew Jackson avait envoyé l’armée en Caroline du Sud dont le Convention refusait de lever une taxe fédérale, ce qu’on a appelé le <em>«tarif of abomination»</em>, et considérait les lois fédérales comme susceptibles d’être abrogées par celles votées par les parlements des Etats&nbsp;(nullification); c’est d’ailleurs la Caroline du Sud qui fut le premier Etat à faire sécession. Et en 1863, Abraham Lincoln refusa de ratifier le Wade Davies Act voté par le Congrès qui plaçait le Sud sous un régime d’occupation sévère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie tunisienne dévoyée par le parti Ennahdha</h2>



<p>Dans le cas de la Tunisie, l’échec de l’expérience démocratique était prévisible à cause non pas de la présence à la tête de l’Etat d’un président autoritaire, mais plutôt de celle du parti islamiste Ennahdha incrusté comme le ver dans le fruit, fondamentalement opposé à toute évolution moderniste de la société, et qui n’a jamais cessé d’user de son influence pour affaiblir l’autorité de l’Etat, en particulier grâce à une Constitution taillée sur mesure, à la rédaction de laquelle il a joué un rôle primordial.</p>



<p>Le paradoxe est que ce parti politique fondamentalement moyenâgeux, en usant de ce qu’il réussit à faire le mieux, la propagande et l’agitation, s’érige en défenseur des libertés démocratiques à la pointe du combat contre un supposé absolutisme, avec le soutien de quelques modernistes ambitieux et de milieux d’affaires libertariens toujours à la recherche d’un affaiblissement de l’Etat bénéfique à leurs intérêts, et l’approbation d’une opinion publique internationale prompte à condamner toute manifestation d’indépendance.</p>



<p>Il se trouve que le moment soit bien ou mal choisi. Depuis la guerre en Ukraine, une véritable paranoïa s’est installée, relativement à ce qui, de près ou de loin, peut rappeler un exercice autoritaire du pouvoir. Par un étrange concours des circonstances, les émirs du Golfe ne la suscitent pas. La conséquence en est que le gouvernement tunisien ne se trouve pas dans les meilleures conditions pour convaincre face aux créanciers du FMI. Mais ce n’est certes pas la première fois que des décisions prises par des parlementaires ont des retombées négatives sur le pays. Et accuser quiconque de dérives dictatoriales ne saurait avoir trop de sens du moment que des élections législatives soient prévues pour décembre 2022.</p>



<p>On a évoqué un piège dans lequel le président serait tombé en inculpant ces députés de félonie passible de la peine de mort. En fait, si la justice ne collabore pas avec l’autorité comme cela est prévisible et relaxe les inculpés, elle témoignera de son indépendance, et on cessera peut-être alors de qualifier le président de dictateur, ce dont il ne pourra que tirer bénéfice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie parlementaire, un remède pire que le mal</h2>



<p>Cependant un retour au pouvoir des formations responsables de la crise n’est à tout le moins pas acceptable. Cela dit, la démocratie parlementaire d’inspiration britannique que depuis dix ans on s’acharne à nous imposer en vertu de normes de gouvernement et de gouvernance dont dépend notre crédibilité à l’emprunt sur les marchés internationaux, s’est avérée être un remède pire que le mal, les élections se révélant pendant 10 ans susceptibles de conduire et de reconduire au pouvoir l’antithèse de la démocratie, des formations politiques qui relèvent plus de l’Inquisition que des Lumières, et qui ont laissé la situation économique se dégrader dans l’indifférence la plus totale. La pénurie actuelle qui n’en est en grande partie que la conséquence est néanmoins devenue le cheval de bataille de toutes les oppositions, réunies autour du thème éminemment politique de la famine imminente, censée être liée aux choix du président, élu en novembre 2019 mais réellement en charge du destin du pays depuis seulement 7 mois.</p>



<p>Ce ne serait pas par la désintégration de l’Etat et la division du pays qu’on pourrait la prévenir de la meilleure des manières. La politique du président en dérange quelques-uns, inquiets par le discours populiste et menacés par l’action entreprise contre les réseaux de distribution qui en spéculant sur les produits alimentaires aggravent la pénurie. Le fait notable est que dans leurs critiques, tous les partis d’opposition contre la présidence, y compris ceux qu’oppose apparemment un antagonisme irréductible lié à des visions opposées de la société et de l’Etat, ont adopté un argumentaire identique. Ceux qui s’opposent à l’après Janvier 2011 et qui ont exigé la dissolution du parlement, se situent maintenant fort opportunément et en toute objectivité dans la même tranchée que leurs adversaires supposés de la majorité parlementaire sortante, et réclament désormais comme eux le respect de la Constitution dont pendant des années ils n’ont cessé de contester la légitimité, ainsi que l’arrêt de l’exercice du pouvoir par ordonnances présidentielles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et si on accordait le bénéfice du doute au chef de l&rsquo;Etat&nbsp;?</h2>



<p>Il y a peu, on accusait le président de n’être qu’en apparence l’adversaire d’un parti politique particulier, contre qui on réclamait des mesures concrètes. Après la dissolution du parlement, on appelle maintenant à l’invasion du palais de Carthage. Le cynisme du discours témoigne d’ambitions politiques exacerbées, et il est du devoir de tout président de la république, de surcroît quand il est élu, de s’y opposer avec fermeté pour faire respecter l’autorité de l’Etat.</p>



<p>Si le président a imposé un calendrier conduisant à des réformes constitutionnelles et à des élections parlementaires, le mieux pour le pays est encore d’y souscrire et de lui accorder le bénéfice du doute; plutôt que de s’attacher par opportunisme à la lettre d’une Constitution qui n’a jamais été respectée par ceux qui l’ont rédigée que partiellement et dans la mesure où elle servait leurs intérêts partisans. Et Bourguiba,&nbsp;qu’on soit pour ou contre lui, tout comme le Coran, n&rsquo;appartient en dernier&nbsp;recours qu&rsquo;au peuple.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2Oe8npw511"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/27/tunisie-taux-totaux-et-creanciers-au-pouvoir/">Tunisie : taux, totaux et créanciers au pouvoir</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : taux, totaux et créanciers au pouvoir » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/27/tunisie-taux-totaux-et-creanciers-au-pouvoir/embed/#?secret=CpTZeLM0v8#?secret=2Oe8npw511" data-secret="2Oe8npw511" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WQfXsC0WvH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/21/tunisie-ni-democratie-ni-dictature-mais-un-etat-de-terrorisme/">Tunisie : ni démocratie ni dictature mais… un état de terrorisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : ni démocratie ni dictature mais… un état de terrorisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/21/tunisie-ni-democratie-ni-dictature-mais-un-etat-de-terrorisme/embed/#?secret=5xy7QbXpFB#?secret=WQfXsC0WvH" data-secret="WQfXsC0WvH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



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		<title>Note de lecture : «Party of one», ou la démocratie dans la tourmente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Dec 2021 07:10:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie parlementaire]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Harris]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Conservateur]]></category>
		<category><![CDATA[Stephen Harper]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La démocratie parlementaire n’a jamais été la panacée , «clés en mains», résolvant tous les problèmes d’un pays, d’un coup de baguette magique. Au cours de sa décennie à la tête du pouvoir en Tunisie, le parti islamiste Ennahdha a prouvé le contraire. Une autre exemple d&#8217;une démocratie parlementaire, avancée celle-là, du Canada, a permis de...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Party-Of-One-Parti-conservateur-Canada.jpg" alt="" class="wp-image-372305"/><figcaption><em>Logo du Parti Conservateur du Canada.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La démocratie parlementaire n’a jamais été la panacée , «clés en mains», résolvant tous les problèmes d’un pays, d’un coup de baguette magique. Au cours de sa décennie à la tête du pouvoir en Tunisie, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/03/21/tunisie-ni-democratie-ni-dictature-mais-un-etat-de-terrorisme/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le parti islamiste Ennahdha</a> a prouvé le contraire. Une autre exemple d&rsquo;une démocratie parlementaire, avancée celle-là, du Canada, a permis de graves dysfonctionnements anti-démocratiques, comme l&rsquo;a montré un récent essai consacré à ce sujet.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-372304"></span>



<p>Le livre du journaliste canadien Michael Harris<em> <em>«</em>Party of One<strong><em>»</em></strong> </em>éclaire sur la pratique de la démocratie dans son pays durant la décennie du gouvernement issu du Parti Conservateur dont le Premier ministre Stephen Harper a presque fait une succursale du Parti Républicain des Etats-Unis d&rsquo;Amérique.</p>



<p>Le Canada est une démocratie parlementaire issue de la tradition britannique, et à priori elle devrait se situer par là même au-dessus de tout soupçon. La décennie Harper appelle néanmoins certaines remarques intéressantes relativement au fonctionnement des institutions canadiennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des dysfonctionnements en série</h2>



<p>Des dysfonctionnements peuvent apparaître dans toute activité humaine et les institutions les mieux établies ne font pas exception. Ainsi il y avait eu ce qu’on a appelé le Robot call, cette affaire des appels téléphoniques visant à induire les électeurs des partis concurrents en erreur, durant les élections parlementaires, et qui n’avait abouti qu’à une seule inculpation, celle d’une figure mineure, alors qu’elle incriminait vraisemblablement les plus hauts échelons du comité électoral de ce parti.</p>



<p>A la suite de cette affaire, Élections Canada avait vu ses pouvoirs judiciaires et d’investigation sérieusement écornés par le gouvernement et sa majorité parlementaire, au profit du procureur général sous le contrôle du ministre de la Justice. Mais l’intrusion dans le fonctionnement des agences dotées d’un pouvoir de décision ne s’était pas arrêtée là. Celle en charge du contrôle et de la sécurité des installations nucléaires avait vu sa présidente, Linda Keen, une personnalité internationalement reconnue, limogée parce qu’elle n’avait pas accordé au Centre nucléaire de Chalk River, qui ne remplissait pas les conditions du cahier de charge, l’autorisation de reprendre ses activités, après des travaux de maintenance. Le Premier ministre Stephen Harper, pour justifier sa décision, avait garanti la fiabilité de la centrale et assuré que sa fermeture entraînerait le décès des centaines de cancéreux, faute du matériel radioactif nécessaire produit par le réacteur pour la radio et la curiethérapie. Quelques mois plus tard, son activité était néanmoins définitivement interrompue après une fuite radioactive et le déversement de tonnes d’eau contaminée dans la rivière.</p>



<p>Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement s’entêterait à ne pas tenir compte de l’avis des experts scientifiques. Sous le prétexte de faire des économies il avait en effet décidé de ne plus subventionner l’Expérimental Lac Area, un organisme pionnier dans l’étude de la pollution et du réchauffement climatique sur la faune et la flore des grands lacs, et il avait été accusé par des scientifiques de vouloir maintenir la population dans l’ignorance des répercussions de sa politique sur l’environnement. Les avis des océanographes n&rsquo;avaient déjà pas infléchi la politique du gouvernement, et l’épuisement des bancs de morues en avait été l’une des conséquences, imposant l’arrêt de la pêche, l&rsquo;indemnisation de plusieurs dizaines de milliers de pêcheurs et des dépenses bien plus importantes qui moyennant une réglementation adéquate préalable, auraient pu être évitées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les décisions controversées du Premier ministre</h2>



<p>Il est vrai que le gouvernement Harper avait&nbsp;souvent été enclin à prendre des décisions politiques sans l&rsquo;information nécessaire sur le sujet, ou sans en tenir compte. Ainsi la décision de l’achat de l’avion de combat Américain F 35 pour remplacer les F 18 n’avait pas fait l’objet d’un rapport préliminaire dit de justification de la nécessité, par le ministère de la Défense. Et il n’ y avait eu aucun appel d’offres englobant les concurrents, comme le Rafale français et l&rsquo;Eurofighter britannique, qui eux avaient au moins le mérite de voler depuis quelques années, alors que l’avion américain n’avait même pas encore été testé. Et finalement, mis à part les problèmes techniques, il s’est avéré que le coût de l’avion choisi par le Premier ministre avait été très supérieur à celui annoncé au public.</p>



<p>Dans un très important marché, la transparence ne fût pas au rendez-vous. Ainsi en a-t-il été également pour la construction de l’hôpital Mc Gill. Le président directeur général Arthur Porter, un médecin radio thérapeute de renommée, sera inculpé de corruption aggravée, ainsi que la direction de l’entreprise de construction en charge de l’exécution du projet, SNC Lavalin, proche du Premier ministre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les droits des minorités piétinés</h2>



<p>Les relations entre le big business et le gouvernement conservateur auront toujours été très étroites, en particulier dans le domaine pétrolier que, pour y avoir travaillé, le Premier ministre connaissait bien. Il avait ainsi décidé d&rsquo;autoriser la construction d&rsquo;oléoducs et d&rsquo;un gazoduc en direction du nord, qui traverseraient les territoires attribués aux tribus indiennes du Canada, qualifiées de première Nation. La Nation voulait évidemment retirer le maximum de bénéfices du projet en termes d’avantages sociaux (emplois, éducation, santé), mais en étant soucieuse de préserver l&rsquo;environnement de tout risque de pollution. Ainsi elle avait mis son veto au transport à travers son territoire des résines liquides polluantes telles que le goudron. Les représentants des compagnies pétrolières étaient d’accord pour négocier la recherche d&rsquo;une solution, mais le gouvernement de M. Harper a voulu forcer la main aux Indiens en qualifiant ceux qui s’opposaient à l’accord de radicaux, entraînant manifestations, grèves de la faim, et heurts avec la police. Les choses sont devenues encore plus complexes lorsqu’il est apparu que l’un de ses proches collaborateurs avait établi une société écran de courtage afin de servir d’intermédiaire dans l’accord entre les parties intéressées, et ce en violation de la loi.</p>



<p>Il faut dire que à l’intérieur du Parti Conservateur lui-même, des pratiques souvent contestables, parfois douteuses, furent portées à l’attention du public. L’affaire Héléna Guergis fut un exemple typique des règlements de compte secouant de temps à autre ses rangs. La ministre d’origine assyrienne irakienne, mariée à un musulman originaire d’Inde et d’Ouganda, fit l’objet avec son mari d’une véritable campagne de calomnies dont l’enquête judiciaire démontra finalement la vanité. Elle fut suspendue de ses fonctions aussi bien au sein du gouvernement que de son groupe parlementaire. Lavée de tout soupçon, elle ne fut cependant pas réintégrée. Il est vrai que n’ayant pas oublié ses origines de minoritaire issue d’un pays musulman, elle avait soutenu le mouvement <em>«soeurs sans le sang»</em> appelant à connaître la vérité sur la disparition de 600 femmes indiennes sur les routes canadiennes, sur lesquelles la police ne semble pas avoir enquêté avec la diligence requise, tout comme elle ne l&rsquo;avait pas fait lorsqu&rsquo;elle avait eu connaissance des abus endurés il y a quelques années par les milliers d&rsquo;enfants indiens arrachés à leurs familles par les autorités et placés dans des établissements d&rsquo;enseignement tenus par des prêtres et des religieux. Cette prise de position ne semble donc pas avoir fait que des amis à Mme Guergis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Premier ministre en flagrant délit de mensonge</h2>



<p>L’autre scandale fut le Duffygate, dit aussi affaire des dépenses indues du Sénat. Il est apparu que certains sénateurs prétendaient contre toute vérité habiter à plus de 100 kilomètres de la capitale pour bénéficier de la prime de l’habitat et de déplacement. Trois sénateurs furent suspendus et privés de salaires sans même attendre les résultats des enquêtes interne, éthique, ou judiciaire, mais le sénateur Mike Duffy se vit remettre un chèque de 90.000 $, couvrant autant ses dépenses que les sommes trop perçues, afin de régulariser sa situation. L&rsquo;anomalie fut que le chèque délivré à son nom émanait de Nigel Wright, le chef du cabinet du Premier ministre. Il s’est avéré que contrairement aux allégations du Premier ministre pour qui son chef de cabinet avait agi de son propre ressort, sans que quiconque n&rsquo;en eût connaissance, le conseiller juridique du cabinet, le chef du groupe parlementaire, et le trésorier du parti conservateur avaient été informés de ce qui avait été une transaction. Qui plus est, le chef du cabinet avait eu connaissance du résultat de l’audit indépendant réalisé par le cabinet Deloitte, ce qui soulevait la question de savoir si ce dernier avait ou non subi des pressions politiques issues du gouvernement dans la rédaction de son rapport. En fin de compte Nigel Wright démissionna pour être embauché&#8230; par une société pétrolière. Curieusement l&rsquo;enquête judiciaire ne décela rien d’illégal dans toute cette affaire. Néanmoins le Premier ministre avait été pris en flagrant délit de mensonge en clamant l&rsquo;ignorance. Quelques sénateurs durent rembourser les sommes irrégulièrement perçues et des recommandations furent faites afin de bien préciser aux parlementaires et aux sénateurs les limites de leurs prérogatives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des restrictions budgétaires à géométrie variable</h2>



<p>Dans le même temps, les soldats canadiens de retour d&rsquo;Afghanistan et exposés au syndrome de dépression post-traumatique, se voyaient privés des&nbsp;avantages qui leur avaient jusque-là été concédés, au nom des restrictions budgétaires. C&rsquo;est toujours au nom des restrictions budgétaires que l&rsquo;assurance-maladie qui avait fonctionné d&rsquo;une manière remarquable, a été frappée par les rigueurs budgétaires.</p>



<p>Quant&nbsp;aux affaires d’écoutes illégales révélées par Edgar Snowden contre des citoyens canadiens ou des délégations étrangères, ainsi qu’un Etat étranger, le Brésil, elles ont également autant terni la réputation du Canada dans les instances internationales, que son alignement systématique sur les positions bellicistes du gouvernement israélien, ou son retrait du protocole de Kyoto sur le changement climatique.</p>



<p>La décennie Harper fut donc riche en polémiques et controverses. Et quoique le Parlement et le Sénat aient disposé des organes de surveillance nécessaires garantissant la légalité de leurs activités, la Justice n’a pas considéré que les mensonges des sénateurs relativement à leurs lieux de résidences dans le but d’obtenir des remboursements indus constituaient des délits, pas plus qu’elle n&rsquo;a été particulièrement sévères avec les irrégularités électorales ou les financements illégaux des partis politiques, en s’abstenant d’annuler les résultats des élections.</p>



<p>Le Parti Conservateur, prétendument respectueux des lois, de la moralité et de la probité, s’est ainsi trouvé impliqué dans des scandales dont il se serait passé parce que bon nombre de ses cadres dirigeants possédaient des valeurs proclamées une interprétation assez élastique, et parce que les nominations aux plus hauts postes de l’Etat ont souvent obéi à des considérations où la fidélité au Premier ministre constituait souvent le paramètre essentiel.</p>



<p>Tout cela rappelle étrangement ce qui s’est produit en Tunisie durant la décennie du Parti Ennahdha, le parti des <em>«craignant Dieu»</em>. Élections contestées, financements illégaux des partis, justice peu désireuse de remettre en cause les résultats des élections, écoles religieuses aux pratiques illégales, absence de respect de l&rsquo;environnement, les points communs ne manquent pas entre des systèmes&nbsp; parlementaires supposés être inspirés par les mêmes valeurs démocratiques. La seule différence criarde s&rsquo;est située évidemment dans l&rsquo;écart incommensurable entre les performances économiques des deux pays. Que l&rsquo;un soit grand et riche, et l&rsquo;autre en pré faillite,&nbsp;quoique les traditions diffèrent, les gestions quotidiennes du pouvoir n&rsquo;échappent pas à l&rsquo;ambition humaine et présentent donc des ressemblances inattendues.&nbsp;Et en Tunisie, les institutions de l’Etat n’ont pas été en mesure de s’opposer aux ambitions hégémoniques d’un seul parti politique dominant le Parlement, dirigé par un président s&rsquo;y arrogeant des prérogatives de surveillance et de contrôle, pour en faire un instrument politique; un homme doté d’un programme radical rétrograde, et néanmoins soutenu d’une manière ou d’une autre par d&rsquo;autres partis politiques ou des milieux d&rsquo;affaires, qui a réussi à faire des chefs du gouvernement des marionnettes entre ses mains.</p>



<p>Certes, la politique libérale et la financiarisation des économies génèrent partout les mêmes problèmes, des inégalités sociales à la dégradation de l&rsquo;environnement, en passant par la suppression des acquis sociaux. Et&nbsp;sur le plan politique, même dans un pays de grande tradition démocratique comme le Canada, une recherche constante d’un équilibre entre les différentes institutions demeure nécessaire, afin de brider la tentation despotique toujours latente dans l&rsquo;exercice de l&rsquo;autorité.</p>



<p>La démocratie n’a donc jamais été la panacée ,&nbsp;<em>«clés en mains»</em>, résolvant tous les problèmes d’un pays, d’un coup de baguette magique. Ainsi que l’a dit l’écrivain Canadien Farley&nbsp;Mowatt,&nbsp;évoquant le gouvernement autoritaire allié aux grands groupes industriels pollueurs, de Stephen Harper, <em>«le Parlement est comme l’Environnement, une structure incroyablement fragile»</em>. En Tunisie, c&rsquo;est pourtant le Parlement&nbsp; qui a fragilisé l&rsquo;ensemble du pays.</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



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		<title>Angela Merkel à Kaïs Saïed : «Un retour à la démocratie parlementaire en Tunisie est essentiel»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Sep 2021 18:59:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Angela Merkel]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée]]></category>
		<category><![CDATA[chancelière allemande]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie parlementaire]]></category>
		<category><![CDATA[dialogue]]></category>
		<category><![CDATA[ُKaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La chancelière allemande Angela Merkel s&#8217;est entretenue, ce mercredi 29 septembre 2021, avec le président Kaïs Saïed et a souligné, à cette occasion, «la necessité d&#8217;un retour à la démocratie parlementaire en Tunisie», et ce, dans le cadre d&#8217;un «dialogue avec tous les acteurs politiques». C&#8217;est ce qu&#8217;indique un communiqué de l&#8217;ambassade d’Allemagne, en précisant...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/29/angela-merkel-a-kais-saied-un-retour-a-la-democratie-parlementaire-en-tunisie-est-essentiel/">Angela Merkel à Kaïs Saïed : «Un retour à la démocratie parlementaire en Tunisie est essentiel»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Merkel-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-364559"/></figure></div>



<p><strong><em>La chancelière allemande Angela Merkel s&rsquo;est entretenue, ce mercredi 29 septembre 2021, avec le président Kaïs Saïed et a souligné, à cette occasion, «la necessité d&rsquo;un retour à la démocratie parlementaire en Tunisie», et ce, dans le cadre d&rsquo;un «dialogue avec tous les acteurs politiques».</em></strong></p>



<span id="more-364555"></span>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;indique un communiqué de l&rsquo;ambassade d’Allemagne, en précisant que la discussion a porté sur la situation politique en Tunisie ainsi que sur les relations bilatérales entre les deux pays, sachant que Merkel a <em>«rendu hommage aux réalisations démocratiques de la Tunisie dans le passé, tout en soulignant l&rsquo;importance de l&rsquo;acquis démocratique pour la stabilité et le bien-être du pays».</em></p>



<p>De son côté la présidence de la république a publié un communiqué à propos de cet échange, en affirmant que le chef de l’État a expliqué la situation que traverse la Tunisie et a réitéré sa détermination à aller de l&rsquo;avant, «<em>tout en assurant l&rsquo;application de la loi et son respect par tous».</em></p>



<p>La discussion a également été l&rsquo;occasion d&rsquo;évoquer les mesures que le Président Saïed entend entreprendre pour que réussir la prochaine étape et faire en sorte qu&rsquo;elle exprime la volonté du peuple, et ce, dans le cadre du respect total de la loi.</p>



<p>Rappelons que la présidence a annoncé ce mercredi, soit deux mois après la mise en place des mesures exceptionnelles du 25 Juillet, la nomination d&rsquo;une cheffe de gouvernement , Najla Bouden, qui devra former son équipe dans les meilleurs délais. Selon les dispositions relatives à l’organisation des pouvoirs, publiée 22 septembre 2021, cette période transitoire amènera à l’adoption, par référendum, d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections anticipées conformément à une nouvelle loi électorale.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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