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	<title>Archives des dépénalisation - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des dépénalisation - Kapitalis</title>
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		<title>La nouvelle loi sur les chèques ou comment notre économie «Kanet techkhir zadet baff !»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Nov 2024 06:32:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle loi sur les chèques posent plus de problèmes qu'elle ne résout.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/06/la-nouvelle-loi-sur-les-cheques-ou-comment-notre-economie-kanet-techkhir-zadet-baff/">La nouvelle loi sur les chèques ou comment notre économie «Kanet techkhir zadet baff !»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans presque tous les articles que j’ai rédigés cet publiés dans Kapitalis, j’essaie toujours de puiser dans notre riche patrimoine culturel pour trouver un proverbe populaire qui illustre mes propos et résume plus ou moins bien les conclusions auxquelles j’arrive au bout de mes analyses. Tantôt c’est «El Haj Moussa mouch Moussa El Haj» à propos de la politique monétaire suivie par la BCT,&nbsp;tantôt c’est «Apprendre la coiffure sur la tête des orphelins» à propos de la nouvelle loi sur les chèques, tantôt c’est «Mettre la chachia de l’un sur la tête de l’autre» à propos du comportement de certains hommes d’affaires etc&#8230;Pour le présent article, le proverbe populaire qui me vient à l’esprit est que notre économie «Kanet techkhir zadet baff !». Explications et justifications de ce titre.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Sadok Zerelli *</strong></p>



<span id="more-14548105"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>Une remarque préliminaire s’adresse aux lecteurs qui me sont fidèles et qui ont lu mes deux précédents articles publiés sur le même sujet (<em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/25/de-lincoherence-de-la-nouvelle-loi-sur-lemission-de-cheques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«De l’incohérence de la nouvelle loi sur les chèques»</a></em> et <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/30/la-nouvelle-loi-sur-les-cheques-une-bombe-a-retardement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«La nouvelle loi sur les chèques : une bombe à retardement»</a></em>)&nbsp;: la plupart des idées que je développe dans le présent article ne sont pas vraiment nouvelles et ont déjà été formulées avec des mots et des phrases différentes.&nbsp; La seule différence est que l’approche dans cet article est moins académique, le langage est plus direct et surtout le titre est plus provocateur afin d’attirer le plus grand nombre de lecteurs et sensibiliser au maximum l’opinion publique aux dangers que nouvelle loi sur les chèques représente, à mon avis, pour tous les opérateurs économiques et donc pour l’économie nationale dans son ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie qui roule «en trois cylindres»</h2>



<p>L’objet de cet article n’est point de passer en revue les médiocres performances de notre économie ni d’analyser ses graves déséquilibres structurels, tâches que d’autres économistes ont fait, en particulier le Professeur Hachemi Alaya , un des meilleurs économistes que ce pays a produit, sur son site&nbsp; &nbsp;<em>‘‘EcoNews’’</em>.</p>



<p>Je rappellerais juste que le taux de croissance attendu pour l’année 2024 varie, selon les sources d’estimation, de 0,6% à 1,2%. Pour faire prendre conscience à&nbsp; l’opinion publique la médiocrité de ces&nbsp; performances, je rappelle que d’autres pays africains tels que la Côte d&rsquo;Ivoire ou le Sénégal ou le Rwanda ou l’Ethiopie&#8230; dont la population n’est pas&nbsp; plus grande que la nôtre, qui ne disposent pas davantage de ressources naturelles et certains même moins que notre pays et qui ont subi les mêmes chocs extérieurs que nous (Covid-19, guerre en Ukraine, hausse des prix du pétrole et des matières premières, etc.),&nbsp; arrivent à réaliser 5% et même 7% de croissance annuelle du PIB, grâce essentiellement à une meilleure gouvernance économique et des législations plus adaptées à leurs réalités socio-économiques.</p>



<p>Or,&nbsp;dans le domaine du développement économique, comme d’ailleurs dans tous les domaines de la vie, celui qui n’avance pas recule, ce qui veut dire que ces pays africains sont en train de rattraper et même de dépasser le niveau de développement de notre pays, qui était loin il n’y a pas si longtemps.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Place du chèque dans le financement de l’économie</h2>



<p>Avant de développer mon analyse des motivations et des impacts possible de cette nouvelle loi sur l économie nationale, je rappelle une donnée très importante que les auteurs de cette ne ne semblent pas connaître : la masse monétaire au sens strict (M1) est constituée en Tunisie à hauteur de 80% par de la monnaie scripturale (écritures sur les comptes courants bancaires) et seulement de 20% par de la monnaie fiduciaire (billets de banque et pièces de monnaie). Cela veut dire que 80% du montant du total des transactions effectuées dans le pays sont payées soit par virement (un moyen de paiement très peu utilisé car peu pratique qui nécessite de se déplacer à sa banque, remplir un formulaire et surtout payer des frais de virement non négligeables et variables selon le montant du virement) soit par chèque, un moyen de paiement gratuit, possible à tout moment et qui offre surtout l avantage d être endossable,&nbsp; c est à dire que sa propriété peut être transféré par simple signature d un bénéficiaire à un autre.</p>



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<p>Ces propriétés du chèque et son rôle crucial pour le financement de l&rsquo;activité économique sont à garder à l esprit pour bien saisir les enjeux de cette loi et sa portée réelle.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Les motivations et enjeux de la nouvelle loi sur les chèques&nbsp;</h2>



<p>Selon ses auteurs, la motivation principale de cette loi est de dépénaliser le délit d’émission de chèques sans provision, objectif noble dont personne ne peut contester la dimension humaine et sociale.</p>



<p>La question traitée dans cet article n’est pas de savoir si les motifs à la base de cette loi sont justifiés ou pas, mais de réaliser les menaces qu’elle représente sur l’activité d’un très grand nombre d’opérateurs économiques, en particulier les commerçants et certaines PME, pour qui les chèques représentent un moyen vital pour l’exercice de leurs activités.</p>



<p>Ainsi, en prenant du recul par rapport à cette nouvelle loi sur les chèques, on réalise qu’elle va toucher en fait deux populations&nbsp;:&nbsp;d&rsquo;un côté, quelques milliers d’émetteurs de chèques en bois qui croupissent en prison ou qui risquent d’y entrer sans cette nouvelle loi (dont la plupart, il ne faut pas l’oublier, sont des arnaqueurs et commerçants malhonnêtes qui sont passés maîtres dans l’art de «<em>mettre la chachia de l’un sur la tête de l’autre</em>»&nbsp;pour s’enrichir au plus vite), de l’autre côté, nous avons des millions de commerçants et d’opérateurs économiques, y compris des ménages, qui n’émettent pas des chèques en bois par honnêteté et qui, normalement, ne devraient pas être concernés par la nouvelle loi.</p>



<p>Entraver les activités professionnelles ou personnelles des seconds par certaines dispositions de cette nouvelle loi qui portent sur les conditions d’émission et d’encaissement des chèques émis par<em> tous</em>, n’est ni juste ni moral vis-à-vis de ces opérateurs économiques qui respectent déjà la loi existante et n’émettent pas de chèques sans provision.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="staeqCFrTt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/25/de-lincoherence-de-la-nouvelle-loi-sur-lemission-de-cheques/">De l’incohérence de la nouvelle loi sur l’émission de chèques</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« De l’incohérence de la nouvelle loi sur l’émission de chèques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/25/de-lincoherence-de-la-nouvelle-loi-sur-lemission-de-cheques/embed/#?secret=Pbw7LwuXuA#?secret=staeqCFrTt" data-secret="staeqCFrTt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Interdiction de l’émission de chèques non barrés</h2>



<p>Compte tenu de l’objectif déclaré des auteurs de cette nouvelle, à savoir dépénaliser le délit d’émission de chèques sans provision, on peut se demander quel est le sens de cette disposition qui revient à interdire l’encaissement des chèques aux guichets des banques et dans quelle mesure une telle mesure pourrait contribuer à lutter contre le phénomène de l’émission de chèques sans provision que nos députés veulent combattre.</p>



<p>Certes, le texte de cet article laisse la possibilité d’émettre des chèques non barrés «<em>sur demande justifiée»</em>. Par qui ? Comment ? Aucune clarification à ce sujet.&nbsp; Si quelqu&rsquo;un doit rembourser une dette vis à vis d’un ami ou d’un parent, doit-il apporter la preuve à sa banque qu’il lui doit effectivement de l’argent ? Et si c’était un prêt sur l’honneur qui n’a pas donné lieu à un écrit, comment le prouver ? De même si un commerçant ou une entreprise achète des produits ou des services à ses fournisseurs, doit il/elle fournir la facture pour pouvoir les payer ?&nbsp;</p>



<p>D’autre part, selon une étude récente de l’OCDE, seuls 34% des ménages disposent de comptes courants bancaires (à l’exclusion de ceux qui disposent d’un compte d’épargne) dans lesquels ils peuvent domicilier les chèques barrés qu’ils reçoivent. Comment les 66% restants vont faire pour encaisser leurs chèques s’ils ne peuvent pas le faire au guichet d’une banque ?&nbsp;</p>



<p><strong>Si notre législateur avait voulu développer les paiements en espèces «<em>sous le manteau»</em> et pousser un plus grand nombre d’opérateurs économiques vers le secteur informel, il ne s’y serait pas pris autrement, surtout lorsqu’on sait que, selon une loi existante, les paiements en espèces pour un montant supérieur à 5000 dinars sont formellement interdits&nbsp;!</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Dépénalisation des chèques d’un montant inférieur ou égal à 5000 dinars&nbsp;</h2>



<p>La nouvelle loi comporte 14 articles, dont 3 sont entièrement nouveaux qui sont pour la plupart d’ordre pénal et visent à réduire le risque de se retrouver en prison pour avoir émis un chèque sans provision ou de réduire les peines encourues pour ce délit.</p>



<p>Parmi ces dispositions qu’Il serait trop long d’exposer en détail, les plus importantes sont que le procureur de la république n’est plus saisi automatiquement à la suite de l’émission d’un chèque sans provision, que seul le bénéficiaire du chèque peut décider de poursuivre ou non l’émetteur au bout d&rsquo;un processus de règlement à l’amiable et que le cumul des peines est désormais possible pour ne pas dépasser 10 ans au maximum en prison.</p>



<p>Il ne fait pas de doute, à mon avis, que toutes ces dispositions qui visent à dépénaliser ou réduire les peines encourues par les émetteurs de chèques en bois risquent en fait d’encourager l’émission de tels chèques, maintenant que leurs auteurs sont assurés qu’ils ne risquent plus la prison ou qu’ils encourent des peines de prison moindres.&nbsp; Est-ce que nos législateurs ont bien pris en compte ce risque&nbsp;? De ma lecture du texte des articles de cette loi, il me semble bien que non.</p>



<p>D’autre part, un des articles de cette loi, non seulement dépénalise complètement le délit d’émission de chèque sans provision d’un montant inférieur ou égal à 5000 dinars dont les émetteurs ne risquent plus d’aller en prison, mais aussi fait obligation à la banque de le payer sous 07 jours ouvrables même si l’émetteur du chèque <em>refuse d’approvisionner son compte</em> (c est précisé dans le texte même de l’article), si la banque n’est pas inscrite dans la plateforme électronique que la BCT devrait créer avant l’entrée en vigueur de cette loi.</p>



<p>Il ne fait pas de doute, à mon avis, que l’application de cet article va donner lieu à un grand trafic pour le détourner ou en abuser. Ainsi, celui qui effectue une transaction d’un montant supérieur à 5000 dinars va émettre plusieurs chèques d’un montant inférieur chacun pour ne pas risquer d’aller en prison (par exemple payer une transaction de 30 000 dinars par 6 chèques de 5000 dinars chacun).</p>



<p>Les banques, connues pour leur aversion au risque et leur prudence extrême, vont tout faire pour se prémunir contre ces risques. Elles peuvent aller jusqu’à exiger dorénavant de leurs clients des garanties réelles sous forme d’hypothèques sur des maisons ou des voitures ou tout autre actif réel, avant de leur délivrer un chéquier, alors qu’il s&rsquo;agit pour ces clients de pouvoir dépenser leur propre argent déposé dans leur banque!&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fiabilité de la plateforme électronique que la BCT doit créer</h2>



<p>Le cœur du nouveau système de paiement par chèque imaginé par nos législateurs est une plateforme électronique que la BCT doit créer et tester avant l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi et que chaque bénéficiaire d’un chèque pourrait, en théorie, consulter en temps réel pour s’assurer que la provision existe et la bloquer à son profit.</p>



<p>A part que la BCT ne dispose plus que de trois mois pour le faire, que la conception et le test d’une telle plateforme représente un véritable défi pour ses informaticiens, que le système Internet tombe souvent en panne en Tunisie, le fonctionnement de ce système suppose la possession de ordinateurs ou de smartphones que la plupart des commerçants ou opérateurs économiques n’ont pas et, quand ils en ont, ne savent pas les utiliser dans la plupart des cas (agriculteurs ou commerçants analphabètes, personnes âgées, etc.) . D’autre part, comment cette plateforme va distinguer entre celui qui bénéficie d’une ligne de découvert accordée par sa banque qui lui permet d’honorer les paiements de ses chèques même si le solde de son compte apparait comme insuffisant et celui dont le compte est en rouge parce il a dépassé son solde&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Est-ce raisonnable de la part de nos législateurs de faire dépendre tout le système de paiement par chèque, qui est utilisé dans 80% du montant total des transactions commerciales et personnelles d’une future plateforme électronique que les experts informaticiens de la BCT , aussi compétents sont-ils, auront beaucoup de mal à mettre en place (chaque banque a son propre système informatique de gestion qui ne sont pas forcément compatible entre eux en termes de langage informatique et de système de sécurité) et qui sera à la merci d’un virus informatique ou de hackers surdoués ?&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les moyens de paiement alternatifs au chèque&nbsp;</h2>



<p>De source non officielle, face aux risques d’insolvabilité et même d’escroquerie qu’elles encourent dès l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi le 1<sup>er</sup> février 2025, certaines banques ont déjà commencé à demander à leurs clients de leur restituer les chèques qu’ils n’ont pas encore utilisés. D’autres, comme la STB, ont informé tous leurs clients qu’ils ne pourront plus émettre des chèques à partir du 1<sup>er</sup> février 2025, en attendant la mise en place d’un système d’évaluation des risques que chaque client fait encourir à sa banque.</p>



<p>Ainsi, a partir de cette date, disposer d’un chéquier n’est plus un droit associé à l’ouverture d’un compte courant comme c’est le cas jusqu’ici et comme c’est le cas dans tous les pays du monde, mais deviendra un privilège qui doit se mériter et dépendra des relations et introductions qu’on a dans sa banque. En plus, ce privilège ne sera pas acquis une fois pour toutes mais doit être renouvelé tous les six moins, durée de validité maximale d’un chéquier selon cette nouvelle loi.&nbsp;</p>



<p>La disparition progressive du chèque qui ne manquera pas de résulter des différentes dispositions restrictives de l’usage de ce moyen de paiement contenues dans cette loi ne semble pas inquiéter outre mesure et poser un souci particulier à notre législateur qui, naïvement, compte sur les virements et les paiements par carte bancaire ou monnaie digitale pour remplacer les paiements par chèque.</p>



<p>Ce faisant, nos députés semblent ignorer que, selon une étude récente réalisée par Fitch Solutions, seules deux adultes sur cent disposent d’une carte bancaire en Tunisie. D’autre part, selon l’étude de&nbsp; l’OCDE mentionnée plus haut, seuls 34% des ménages disposent d’un compte.</p>



<p>Enfin, ils doivent savoir que les virements ne sont possibles que pendant les jours et les horaires d&rsquo;ouverture des banques et qu’ils supposent que l’émetteur connaît à l’avance le montant à virer. Comment le boucher ou l’agriculteur qui va au souk pour acheter des vaches ou de moutons et qui, après avoir négocier le dernier prix avec le vendeur, va-t-il faire pour aller à sa banque pour effectuer le virement au profit de ce dernier (en supposant que l’acheteur et le vendeur disposent tous les deux de comptes courants bancaires, ce que la plupart n’ont pas) et revenir prendre possession de ses vaches ou moutons&nbsp;? Nos brillants législateurs ne le disent pas et ne semblent pas y avoir pensé.</p>



<p>Compter sur ces nouveaux moyens de paiement électroniques pour remplacer l’usage des chèques est pour le moins qu’on puisse dire utopique de la part de nos députés et révèle un manque de réalisme pour le moins surprenant de la part d’élus qui sont supposés bien connaître les réalités socio-économiques dans leurs circonscriptions&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LEAZERstNH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/30/la-nouvelle-loi-sur-les-cheques-une-bombe-a-retardement/">La nouvelle loi sur les chèques : une bombe à retardement !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nouvelle loi sur les chèques : une bombe à retardement ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/30/la-nouvelle-loi-sur-les-cheques-une-bombe-a-retardement/embed/#?secret=t0HXXK6WSl#?secret=LEAZERstNH" data-secret="LEAZERstNH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’affectation de 8% des bénéfices des banques dans un fonds spécial </h2>



<p>Sachant que l&rsquo;objectif déclaré de cette nouvelle loi est la dépénalisation des délits d’émission de chèques sans provision, on peut se demander à juste titre que vient faire cet article qui impose aux banques l’affectation de 8% de leurs bénéfices au profit d’un fonds spécial en vue d’accorder des microcrédits individuels sans garanties ni intérêts. S’il s&rsquo;agit d’un nouvel impôt déguisé sur les bénéfices des banques, une telle disposition relève d’une loi des finances et non pas d’une loi organique qui relève du code de commerce.</p>



<p>A ce sujet, je mentionne que le PLF 2025 a prévu d’augmenter le taux d’impôts directs sur les bénéfices des banques de 35 % à 40%. Avec ce prélèvement de 8% supplémentaires à affecter dans un fonds spécial,&nbsp; instauré par la nouvelle loi sur les chèques, les banques seront imposées à hauteur de 48% de leurs bénéfices, ce que peut mettre en difficulté certaines d’entre elles et tuer ainsi la «<em>poule aux œufs d’or</em>» que les banques représentent pour l’Etat.</p>



<p>Cette affectation obligatoire de 8% des bénéfices des banques dans un fonds spécial est d’autant plus inopportune lorsqu’on sait que les banques commerciales sont déjà tenues par des circulaires émises par la banque centrale, en tant qu’autorité de tutelle de l’ensemble du système bancaire, d’affecter une partie de leurs bénéfices après paiement de l’impôt direct, à la constitution de réserves obligatoires et notamment des réserves pour créances douteuses. Que leur resterait-il de leurs bénéfices pour assurer leur développement&nbsp;?</p>



<p>Enfin, accorder des crédits sans intérêts (la nouvelle loi ne précise pas le profil des futurs bénéficiaires ni les critères d’éligibilité à ce fonds, mais on peut se douter qu’ il s&rsquo;agit d’un mécanisme de financement des fameuses sociétés communautaires, si chères à notre président et qu’il n’arrive pas à faire décoller) est une mesure antiéconomique dans le sens où elle peut conduire à un gaspillage de ces ressources financières qu’ il aurait peut-être mieux valu affecter à d’autres fonds d’investissement ou d’autres projets d’infrastructures plus bénéfiques pour le développement économique et social du pays. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Notre économie «Kanet techkhir zadet baff» !</h2>



<p>La conclusion qui se dégage de cette analyse et qui, à mon avi,s justifie ce proverbe populaire&nbsp; est que, pour sauver de la prison quelques milliers de personnes pour la plupart malhonnêtes qui commettent le délit d’émettre des chèques sans provision, notre législateur n’a pas hésité à mettre en péril un très grand nombre de commerces et de PME pour qui le chèque constitue un moyen de paiement indispensable pour l’exercice de leurs activités et sans lequel ils risquent de mettre la clé sous la porte, aggravant ainsi la grave crise économique que notre pays traverse déjà. &nbsp;</p>



<p>A la limite, on peut comprendre la dimension humaine de cette nouvelle loi, mais on ne peut pas comprendre et personnellement je ne comprends pas&nbsp; sa dimension économique très nuisible , en particulier toutes ces entraves qui vont limiter l’utilisation des chèques comme moyens de paiement <em>à vue</em> , telles qu’un montant qui ne doit pas dépasser 30000 dinars, l’interdiction de l’émission de chèques non barrés, la limitation de la durée de validité d’un chéquier à six mois etc.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3ecLUj3Ths"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/04/tour-ce-que-vous-voulez-savoir-sur-la-nouvelle-loi-relative-aux-cheques-sans-provision/">Tout ce que vous voulez savoir sur la nouvelle loi relative aux chèques sans provision</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tout ce que vous voulez savoir sur la nouvelle loi relative aux chèques sans provision » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/04/tour-ce-que-vous-voulez-savoir-sur-la-nouvelle-loi-relative-aux-cheques-sans-provision/embed/#?secret=iGckE8WkvV#?secret=3ecLUj3Ths" data-secret="3ecLUj3Ths" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Que faire ?</h2>



<p>La question que tout un chacun doit se poser est&nbsp;: maintenant que cette nouvelle loi sur les chèques a été votée par l’ARP et promulguée par le Président de la République (deux jours après sa réception de l’ARP, à se demander si lui ou l’un de ses conseillers a pris le temps de la lire&nbsp;!), que faire pour épargner à notre économie, qui n’en a pas vraiment besoin vue la grave récession économique qu’elle traverse déjà,&nbsp; les&nbsp; dangers qu’elles fait courir à tous les commerçants et opérateurs économiques?</p>



<p>De mon point de vue, seule une mobilisation la plus large possible de l’opinion publique, ménages, commerçants, opérateurs économiques, société civile, médias audiovisuels, etc., et de toutes les associations, telles que celle de défense des consommateurs, l’Utica et surtout l’association professionnelle des banques qui sont les principales concernées et&nbsp; dont la survie même est en jeu, pourrait amener les députés de l’ARP à revoir cette loi avant son entrée en vigueur et&nbsp; à voter un amendement qui corrige ses graves lacunes et incohérences.</p>



<p>L’idée directrice de cet amendement devrait être de conserver toutes les dispositions qui visent la&nbsp; dépénalisation du délit d’émission de chèques sans provision, mais de supprimer toutes celles qui constituent des entraves à la libre utilisation du chèque en tant que&nbsp; moyen de paiement <em>à vue</em> comme c’est le cas partout ailleurs dans le monde et comme on l’enseigne dans nos facultés, sinon il faudrait fermer celles-ci et remettre le sort de notre économie et donc du pays entre les mains de quelques dizaines de députés, dont la représentativité même est discutable (selon l’Isie, le taux de participation aux dernières élections législatives n’a pas dépassé 11%, soit à peine un tunisien en âge de voter sur dix , ce qui veut dire que&nbsp; neuf Tunisiens sur dix n ont élu ces députés).</p>



<p><strong>Post Scriptum </strong>: <em>Sans vouloir déborder sur le terrain miné de la politique, je ne peux pas conclure cet article sans faire remarquer que nos députés «au grand cœur» qui ont pensé à élaborer cette nouvelle loi sur les chèques dans l’objectif de sortir de prison quelques milliers d’émetteurs de chèques sans provision et éviter à quelques autres milliers de s’y retrouver (qui, ne l’oublions pas, ont bien commis des infractions au code du commerce punissables par la loi et ont volé et ruiné par leur malhonnêteté les bénéficiaires de leurs chèques en bois), quitte à mettre en péril les sources de revenus de centaines de milliers de commerçants et de PME, auraient mieux fait d’élaborer une loi pour sortir de prison les centaines voire les milliers de personnes qui s’y trouvent pour délit d’opinion qui, eux, n’ont pas volé ou causé la faillite de personne !</em></p>



<p><em>* Economiste consultant international. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AxRHOtyqmR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/01/loi-sur-les-cheques-dans-provision-une-avancee-pour-leconomie-tunisienne-mais/">Loi sur les chèques sans provision : une avancée pour l&rsquo;économie tunisienne, mais…  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Loi sur les chèques sans provision : une avancée pour l&rsquo;économie tunisienne, mais…   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/01/loi-sur-les-cheques-dans-provision-une-avancee-pour-leconomie-tunisienne-mais/embed/#?secret=YHGkb9ixo0#?secret=AxRHOtyqmR" data-secret="AxRHOtyqmR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Amendement de la loi 52 : Mechichi se réunit dans un café avec des activistes de la société civile</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/13/amendement-de-la-loi-52-mechichi-se-reunit-dans-un-cafe-avec-des-activistes-de-la-societe-civile/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2021 19:39:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[amendement]]></category>
		<category><![CDATA[cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[dépénalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Loi 52]]></category>
		<category><![CDATA[Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[stupéfiants]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un remake de la réunion organisée au café l’Étoile du Nord à Tunis, en décembre 2014, par feu Beji Caïed Essebsi alors candidat à la présidentielle, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, s&#8217;est réuni, ce samedi 13 février 2021, au même café, avec des activistes de la société civile et des membres de l&#8217;Association...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Mechichi-Cannabis.jpg" alt="" class="wp-image-336206"/></figure>



<p><strong><em>Dans un remake de la réunion organisée au café l’Étoile du Nord à Tunis, en décembre 2014, par feu<a href="http://www.kapitalis.com/politique/26246-presidentielle-caid-essebsi-s-offre-un-bain-de-jouvence-a-l-etoile-du-nord.html" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener"> Beji Caïed Essebsi</a> alors candidat à la présidentielle, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, s&rsquo;est réuni, ce samedi 13 février 2021, au même café, avec des activistes de la société civile et des membres de l&rsquo;Association tunisienne d&rsquo;addictologie, pour discuter de l&rsquo;amendement de la loi 52, relative à la consommation du cannabis.</em></strong></p>



<span id="more-336205"></span>



<p>Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi a souligné la nécessité «<em>de rompre avec le système répressif en place</em>», estimant que celui-ci a prouvé ses limites, d&rsquo;autant qu&rsquo;il a <em>«sacrifié l’avenir de nombreux jeunes, dont certains ont été orienté vers la délinquance, l’extrémisme et la criminalité»</em>. indique un communiqué publié, ce soir, par la présidence du gouvernement.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/hm7.jpg" alt="" data-id="336208" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/hm7.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=336208" class="wp-image-336208"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/hm5.jpg" alt="" data-id="336209" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/hm5.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=336209" class="wp-image-336209"/></figure></li></ul></figure>



<p>Hichem Mechichi a également estimé qu&rsquo;il est nécessaire de se pencher sur les questions liées à la consommation des stupéfiants selon une approche sanitaire et «<em>conformément aux engagements du pays envers les accords internationaux, tout en précisant que la consommation continue à la détérioration l&rsquo;état de santé d&rsquo;un certain nombre de personnes souffrant de troubles psychologiques et neurologiques»,</em> lit-on encore dans le communiqué.</p>



<p>Ainsi, Hichem Mechichi a invité les activistes de la société civile à collaborer avec le gouvernement, pour présenter une initiative législative pour l’amendement de l’article 52 dans les meilleurs délais.</p>



<p>Kais Ben Halima président du parti « Hezb El Warka », qui était présent à ladite réunion, s&rsquo;est dit optimiste après cette rencontre, en soulignant qu&rsquo;il lui semble que le chef du gouvernement est sincère dans sa démarche et qu&rsquo;il compte s&rsquo;engager pour cette cause.</p>



<p>On notera que plusieurs députés travaillent sur ce sujet afin d&rsquo;amender la loi 52, qui prévoit une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans de prison et une amende de 1000 à 3000 dinars pour les consommateurs et détenteurs des produits stupéfiants, et que des blocs parlementaires à l&rsquo;instar de Qalb Tounes et la réforme ont soumis des initiatives dans ce sens.</p>



<p>Rappelons que le débat a été relancé, après la récente condamnation de 3 jeunes du Kef à 30 ans de prison chacun, pour avoir consommé du cannabis dans un stade.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="u3zQwczZ7H"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/29/trois-jeunes-condamnes-a-30-ans-de-prison-pour-un-joint-zied-ghanney-demande-au-president-une-grace-exceptionnelle/">Trois jeunes condamnés à 30 ans de prison pour «un joint» : Zied Ghanney demande au président une grâce exceptionnelle</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Trois jeunes condamnés à 30 ans de prison pour «un joint» : Zied Ghanney demande au président une grâce exceptionnelle » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/29/trois-jeunes-condamnes-a-30-ans-de-prison-pour-un-joint-zied-ghanney-demande-au-president-une-grace-exceptionnelle/embed/#?secret=yeFFqH6tTl#?secret=u3zQwczZ7H" data-secret="u3zQwczZ7H" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p></p>
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		<title>Enième plaidoyer pour la dépénalisation du cannabis en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/08/enieme-plaidoyer-pour-la-depenalisation-du-cannabis-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Feb 2021 07:43:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[dépénalisation]]></category>
		<category><![CDATA[drogue]]></category>
		<category><![CDATA[loi n° 52]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où les abus de la législation de la dictature relative au cannabis fait plus que jamais des ravages monstrueux, on reparle enfin de la nécessité impérative de réformer son héritage scélérat, cette fameuse loi n° 52, toujours en vigueur malgré une réformette du temps de feu le président Caïd Essebsi pour justifier la...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/08/enieme-plaidoyer-pour-la-depenalisation-du-cannabis-en-tunisie/">Enième plaidoyer pour la dépénalisation du cannabis en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/vente-légale-drogue-cannabis.jpg" alt="" class="wp-image-207578"/><figcaption><em>Dans plusieurs pays, le cannabis est en vente libre pour les consommateurs. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Au moment où les abus de la législation de la dictature relative au cannabis fait plus que jamais des ravages monstrueux, on reparle enfin de la nécessité impérative de réformer son héritage scélérat, cette fameuse loi n° 52, toujours en vigueur malgré une réformette du temps de feu le président Caïd Essebsi pour justifier la trahison de sa promesse électorale de l&rsquo;abolir.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Farhat Othman </strong>*</p>



<span id="more-335321"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Farhat-Othman.jpg" alt="" class="wp-image-80097"/></figure></div>



<p>À la vérité, il ne s&rsquo;agit plus de réformer cette loi scélérate, mais de dépénaliser le cannabis. Ce qu&rsquo;on n’ose toujours pas envisager, y compris dans les milieux supposés les plus militants. C’est que la raison pour ne pas dépénaliser cette drogue douce ne serait que vénale ! Une raison vénale ? Ce serait, manifestement, une pure raison mercantile contredisant ce que tous <strong><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.globalcommissionondrugs.org/wp-content/uploads/2016/03/GCDP_2014_taking-control_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les experts — dont ceux de l’ONU </a></strong>(1) — sont formels à dire, à savoir que la seule façon de lutter efficacement contre la toxicomanie est de dépénaliser la consommation ! Car le cannabis, à proprement parler, ne fait pas partie des stupéfiants; ce n’est qu’une drogue douce dont les ravages sont bien moindres pour la santé que le tabac pourtant légal. En France même, qui donne aussi le mauvais exemple avec une législation obsolète, un <strong><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/172/expcol_2001_cannabis_synth_fr.pdf?sequence=1&amp;isAllowed=y" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport présenté à l’INSERM </a></strong>(2) est venu préciser la relativité de la dépendance au cannabis par rapport au tabac, et surtout les effets négligeables d’une consommation épisodique, ce qui est globalement le cas en Tunisie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les avocats tirent profit de la pénalisation</h3>



<p>Pourtant, on continue à s’accrocher à cette loi, même du côté des avocats, et surtout à la criminalisation. Si la volonté politique et éthique manque, ce n’est pas seulement pour les prétextes galvaudés et surannés qu’on évoque. D’après le témoignage de familles des victimes, mais aussi de vertueux justes parmi les juges, les avocats et même des éléments des forces de l’ordre, la vraie raison d’une telle volonté du maintien absurde de la pénalisation du cannabis ne serait que vénale.</p>



<p>De fait, on sait, qu’un procès pour cannabis infère des frais, ce qui permet à certains cabinets d’avocats d’en tirer des honoraires variant entre 500 ou 800 et même 1500 dinars; cela pourrait aussi, dans certains cas, aller de 100 dinars à 20.000 dinars, étant donné que les honoraires du barreau sont libres. Une telle cause vénale, si elle s’avère exacte, ajouterait à la honte de la loi; or, la meilleure façon de prouver que ce n’est nullement le cas sera bien que ces milieux appellent à la dépénalisation du cannabis en Tunisie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’anathème sur le cannabis encourage la toxicomanie</h3>



<p>Le Conseil de l’ordre des avocats a cependant émis un refus catégorique à un tel bon sens et parfaite justice. La morale commande de dépénaliser : s’il est impératif d’en finir avec la pénalisation de la consommation du cannabis, c’est qu’elle ne sert qu’à brimer encore plus la jeunesse déjà privée de ses libertés et droits fondamentaux; et c’est aussi à réaliser au nom de la morale et de l’éthique ! Car il est temps de s’en convaincre : maintenir l’anathème sur le cannabis revient à encourager la toxicomanie dans le pays, le seul antidote à la toxicomanie étant la dépénalisation; tout le reste relève du jeu malsain du machiavélisme politicien !</p>



<p>À choisir entre un supposé vice que serait celui de fumer un joint, tout en faisant renaître la confiance dans ses autorités, et le maintien de lois vicieuses ouvrant la voie au vice suprême de la violence, du terrorisme même, nos autorités peuvent-elles hésiter un seul instant à faire le bon choix ? Le seul bon choix aujourd&rsquo;hui est dans la dépénalisation de la consommation du cannabis, ainsi que l’imposent la justice et une sage gestion d’un phénomène social qui a bien besoin de compréhension pour les victimes que sont les consommateurs que de répression. Celle-ci doit être réservée aux vrais coupables que sont les réseaux mafieux du trafic.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le cannabis à l’épreuve de l’éthique islamique</h3>



<p>Il est donc temps que l&rsquo;État cesse de faire la guerre à la société au lieu de lutter efficacement contre elle ! Et à l’intention des moralisateurs religieux, rappelons que la morale islamique impose l’épreuve de la tentation, car l’interdit dans la foi d’islam n’est pas la disparition de la tentation. De fait, il a pour but que le fidèle vérifie par la tentation et au vu de l’interdit s’il est bien libre de tout esclavage à l’égard des passions inhérentes à la nature humaine, faible et imparfaite.</p>



<p>Aussi, l’éthique islamique authentique, si elle marque la nécessité du respect de la Loi religieuse et de la tradition prophétique, souligne l’impérieuse nécessité que cela soit fait par conviction et libre arbitre. Car la visée de la Loi de Dieu est l’intérêt de la créature faible et imparfaite par nature; et il est attesté qu’on ne peut faire entrer de force au paradis le fidèle qui doit faire acte de sa bonne foi.</p>



<p>En définitive pour qui se réclame du respect de la morale islamique correcte, ce serait avec l’effort soutenu à faire sur soi pour ne pas se laisser emporter par ses appétits et pulsions. Or, pour garder la maîtrise de soi vis-à-vis des tentations, dont la cannabique ici, elles doivent bien exister ! Ce qui permet de dire que la piété véritable en islam n’est pas l’abolition de la tentation, mais dans l’épreuve que doit pouvoir subir le croyant afin de faire acte de foi en y résistant librement; non point par peur de la sanction, mais par la force d’âme lui permettant de se maintenir en état de tranquille sérénité.</p>



<p>C’est cela la vraie foi d’islam que vicie sa compréhension intégriste ! Un symbole de la dictature : avec le maintien de la loi 52, c’est la consommation épisodique encore régnante en Tunisie qu’on cherche paradoxalement à transformer en dépendance des drogues plus dure. Car c’est à cause du harcèlement des consommateurs et surtout du passage par la prison qu’on devient accro non seulement à cette drogue douce, mais aux plus lourdes, s’y initiant en prison, meilleure école de toxicomanie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une loi contre la société conçue par la dictature</h3>



<p>De plus, c’est une volonté délibérée de ne pas rompre avec le passé et la législation de la dictature puisqu’il s’agit d&rsquo;une loi des plus sévères condensant les tares de l’ancien régime. Rappelons qu’elle a été conçue par le dictateur pour éloigner, aux yeux du monde, les soupçons de membres de sa famille proche pratiquant le trafic de drogue au vu et au su de tout le monde. Aussi a-t-il conçu cette loi honteuse contre la société, qui a brisé nombre de vies de jeunes innocents, des élèves pour la plupart, voyant leur avenir détruit pour un inoffensif joint, se retrouvant du jour au lendemain en prison pour un an au moins pour détention, sinon deux pour consommation.</p>



<p>Comment est-il possible de ne pas avoir aboli au lendemain de la révolution cette loi scélérate encore en vigueur et qui fait de nos jeunes des délinquants tout en étant le symbole honteux d’une dictature érigée contre le peuple et sa jeunesse ? Comment même ne pas avoir songé à réhabiliter les jeunes dont on a détruit l’avenir en décidant, non seulement d’abolir cette loi, mais de dédommager ses victimes ? Ne l’a-t-on pas fait pour ceux qui avaient attenté à l’ordre public, des délinquants donc, et qui se sont retrouvés réhabilités et dédommagés ? On dira qu’il s’agissait de politiques; mais la faute d’un politique qui a eu recours à la violence et au terrorisme n’est-elle pas plus grave que celle d’un innocent dont la seule faute n&rsquo;aura été que de fumer un joint, et au pire d’attenter à sa seule santé ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réforme Caïd Essebsi n’en est pas une</h3>



<p>Cette politique de deux poids deux mesures est inadmissible en une Tunisie se voulant un État de droit. Même le président défunt Caïd Essebsi qui s’est engagé durant sa campagne électorale à dépénaliser le cannabis ne l’a pas fait. Il a certes proposé une réforme qui a été, bien à tort, saluée par les militants pour la dépénalisation, étant donné qu&rsquo;elle était venue faire en sorte que la prison ne soit plus obligatoirement prononcée, et donc que le jeune arrêté ne fasse pas d’office l’objet d’un mandat de dépôt.</p>



<p>Toutefois, la loi scélérate est restée en l’état; ainsi ce honteux symbole de la dictature continue-t-il à brimer les innocents comme on le vérifie toujours. En effet, si la prison n’est plus automatique, elle peut toujours être prononcée par le juge qui a juste la possibilité de ne pas en prononcer la peine, ce qui lui était exclu. De plus, la peine est toujours prononcée avec l’amende prévue et donc le casier judiciaire fatalement souillé. Où est l’éthique dans cette fausse réforme ?</p>



<p>Certes, on invoque les fameuses raisons de moralité; mais c&rsquo;est se tromper et chercher à tromper ! En effet — et on l’a dit supra —, c’est la morale même qui commande, tout comme la justice, la dépénalisation du cannabis ! Retirer le cannabis de la liste des stupéfiants : Y a-t-il vraiment une intention sérieuse chez les plus justes et éthiques en Tunisie de lever une telle indignité faite à nos jeunes qui fument des joints de plus en plus et continuent donc à être assimilés à des délinquants ? Un <strong><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2017/02/12/bloc-notes-amendement-au-projet-de-loi-sur-le-cannabis/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">amendement au dernier projet de loi gouvernemental </a></strong>soumis au parlement et conduisant à la dépénalisation existe déjà; pourquoi ne pas s’y référer ? Car on espère que nos autorités se réveillent enfin au vrai danger des drogues qui n’est représenté que par ce trafic des bandes organisées échappant encore à une sérieuse lutte qui ne concerne, bien à tort, que les innocents consommateurs.</p>



<p>Si jamais nos gouvernants étaient sérieux dans la volonté de justice aux jeunes, mais prétextent les difficultés de procédures légales, idéologiques ou mercantiles, ne devraient-ils pas décider tout simplement de retirer le cannabis de la liste des matières stupéfiantes? N’est-ce pas même la façon la plus rapide et la plus sérieuse de manifester une attitude juste et honnête en la matière? Outre cette solution pratique permettant de contourner les procédures empêchant ou retardant la nécessaire et fatale dépénalisation, pourquoi les ministres de l’Intérieur et de la Justice n’interviennent-ils pas, l’un pour interdire d’arrêter le fumeur de joint s’il s’avère qu’il ne s’agit que de consommation et non de trafic, et l’autre en ordonnant de classer sans suite les affaires pour simple consommation et/ou détention pour un usage privatif? Car si le trafic est l’affaire des forces de l’ordre, leur devoir même, la consommation ne relève de l’exclusif rayon d’action de la société civile et des associations de prévention. C’est bien ainsi qu’on réussira à prémunir nos jeunes des ravages des drogues. Alors, que les autorités tunisiennes répondent : qu’est-ce qui les empêche de dépénaliser le cannabis ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Mémento cannabique pour une vraie réforme </h3>



<p>Il importe, tout d&rsquo;abord, de ne pas oublier l&rsquo;origine de la loi 52, pire symbole de l’ordre déchu de la dictature. Il faut ensuite arrêter de confondre usage et trafic, l’usager n’étant qu’une victime des trafiquants qui sont souvent influents et intouchables. La preuve est bien donnée par la genèse de cette loi destinée à dédouaner la dictature éclaboussée par le scandale dans l’opinion publique internationale.</p>



<p>Il faut aussi cesser de croire à la nocivité du cannabis qui est inférieure à celle de la cigarette; aussi, il est bien immoral de pénaliser le cannabis bien moins nocif que la cigarette qu’il faut alors pénaliser si le premier n’est pas dépénalisé ! D’où que ce n’est point seulement la peine de prison qu’il importe d’annuler, mais la pénalisation du cannabis qui est devenue à la fois contreproductive et immorale en faisant plus de mal que le prétendu qu’on prétend éviter. Ce qui est contraire aux règles de l’islam les plus établies, qui entend toujours la justice par ses préceptes, non la violation des droits et des libertés, encore moins de brimer les innocents. Pour cela, pour être parfaitement moral et aller dans le sens des vrais préceptes de l’islam, il serait juste d’envisager non seulement de libérer les prévenus pour la consommation, mais de dédommager aussi les victimes, et même de présenter des excuses aux anciens persécutés par la loi scélérate de la dictature. On l’a bien vu pour les politiciens ayant eu recours à la violence et au terrorisme; que ne le fait-on pour ceux qui n’ont fait de tort à personne, à part, au pis, à eux-mêmes ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le cannabis est moins nocif que l’alcool et le tabac</h3>



<p>Il est temps de s&rsquo;en convaincre : le cannabis est à tort un délit; il n’est même pas une vraie drogue, pas plus en tout cas et bien moins nocive que l’alcool et le tabac. Aussi, en bonne logique du fait de l’immobilisme juridique et politique et faute de dépénalisation en bonne et due forme, tout scientifique qui se respecte en Tunisie devrait appeler à retirer le cannabis de la liste des drogues dures et des stupéfiants; cela débloquerait la situation dans la pratique par un simple acte administratif du ministère de la Santé.</p>



<p>Quant aux textes qui commencent à refleurir et qui n’osent pas remettre appeler à l’abolition de la loi scélérate, ils ne sont que des réformettes, au mieux, semblables à ce qui a été récemment fait et qui n’a pas empêché la poursuite des violations des droits citoyens les plus basiques. Aucune réforme ne sera vraiment salutaire si elle n’agit pas sur la cause du mal qui demeura la pénalisation de la consommation de ce qui n’est qu’une drogue douce dont seul l’abus, comme pour l’alcool, peut devenir dangereux.</p>



<p>Moins nocif que la cigarette, le cannabis est même très utile pour certaines affections, d’où la multiplication dans le monde, y compris la France — notre modèle en la matière — qui, malgré sa législation encore répressive, a dépénalisé l’usage récréatif du cannabis et commence à envisager plus sérieusement sa dépénalisation. Car seule une dépénalisation totale de la consommation du cannabis aidera à maîtriser le vrai fléau qu’est son trafic ainsi que le recommandent les experts les plus crédibles.</p>



<p><em>* Ancien diplomate et écrivain.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="m4MOOZiUgJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/12/bloc-notes-amendement-au-projet-de-loi-sur-le-cannabis/">Bloc-notes: Amendement au projet de loi sur le cannabis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes: Amendement au projet de loi sur le cannabis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/12/bloc-notes-amendement-au-projet-de-loi-sur-le-cannabis/embed/#?secret=ZFH0kZ8ufE#?secret=m4MOOZiUgJ" data-secret="m4MOOZiUgJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zP5aoKcrBX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/16/plaidoyer-pour-la-depenalisation-du-cannabis/">Plaidoyer pour la dépénalisation du cannabis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Plaidoyer pour la dépénalisation du cannabis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/16/plaidoyer-pour-la-depenalisation-du-cannabis/embed/#?secret=SpSPsWfgPo#?secret=zP5aoKcrBX" data-secret="zP5aoKcrBX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="S64qH96TR5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/07/25/cannabis-en-finir-avec-la-politique-de-la-charite/">Cannabis : En finir avec la politique de la charité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Cannabis : En finir avec la politique de la charité » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/07/25/cannabis-en-finir-avec-la-politique-de-la-charite/embed/#?secret=pEpGjN9Hju#?secret=S64qH96TR5" data-secret="S64qH96TR5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/08/enieme-plaidoyer-pour-la-depenalisation-du-cannabis-en-tunisie/">Enième plaidoyer pour la dépénalisation du cannabis en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L&#8217;arrestation du rappeur A. L. A. relance le débat sur la dépénalisation de la consommation du cannabis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/08/larrestation-du-rappeur-a-l-a-relance-le-debat-sur-la-depenalisation-de-la-consommation-du-cannabis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2020 12:13:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[A. L. A.]]></category>
		<category><![CDATA[cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[dépénalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Ghazi Mrabet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;arrestation en début de semaine du rappeur tunisien A. L. A. pour détention de cannabis a relancé le débat sur la loi 52 qui dispose de l&#8217;emprisonnement des consommateurs de cette drogue douce. Une loi considérée comme étant en totale contradiction avec les droits de l&#8217;homme. Aujourd&#8217;hui, Ghazi Mrabet, avocat du chanteur, a annoncé que...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/A.-L.-A..jpg" alt="" class="wp-image-298045"/></figure>



<p><em><strong>L&rsquo;arrestation en début de semaine du rappeur tunisien A. L. A. pour détention de cannabis a relancé le débat sur la loi 52 qui dispose de l&#8217;emprisonnement des consommateurs de cette drogue douce. Une loi considérée comme étant en totale contradiction avec les droits de l&rsquo;homme.</strong></em></p>



<span id="more-298037"></span>



<p>Aujourd&rsquo;hui, Ghazi Mrabet, avocat du chanteur, a annoncé que son client a été transféré au procureur de la république, et que ce dernier a décidé de lui adresser deux accusations : la consommation et la détention à usage de consommation personnelle de matières stupéfiantes.</p>



<p>Pour rappel, A. L. A. avait été soumis à un test qui a prouvé qu’il consommait le cannabis.</p>



<p>Dans le même cadre, l&rsquo;avocat a rappelé que l&rsquo;amendement de la loi 52 donne au juge le droit d&rsquo;alléger la sentence et de ne pas emprisonner les consommateurs, en se contentant d&rsquo;un sursis ou d&rsquo;une amende. </p>



<p>M. Mrabet a, par ailleurs, attiré l&rsquo;attention sur le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, le 8 mai 2020, correspond au 3e anniversaire de cet amendement, et qu&rsquo;à cette occasion les politiciens devraient, maintenant, travailler sur l&rsquo;activation de l&rsquo;article 115 de la constitution qui permet au ministre de la Justice de suspendre momentanément les arrestations pour la consommation du cannabis, en attendant de la dépénaliser carrément.</p>



<p>Dans le même contexte, Ghazi Mrabet a rappelé hier, sur Mosaïque FM, que le chef du gouvernement actuel, Elyes Fakhfakh, avait annoncé, lors de sa campagne électorale pour la présidentielle, qu&rsquo;il était inconditionnellement favorable à cette dépénalisation, l&rsquo;appelant à mettre en oeuvre ses idées et à proposer un projet de loi allant dans ce sens.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. B. Y.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KAYezsfJqy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/31/lancement-dun-collectif-pour-la-legalisation-du-cannabis-en-tunisie/">Lancement d’un collectif pour la légalisation du cannabis en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Lancement d’un collectif pour la légalisation du cannabis en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/31/lancement-dun-collectif-pour-la-legalisation-du-cannabis-en-tunisie/embed/#?secret=Ys721SzeI7#?secret=KAYezsfJqy" data-secret="KAYezsfJqy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/08/larrestation-du-rappeur-a-l-a-relance-le-debat-sur-la-depenalisation-de-la-consommation-du-cannabis/">L&rsquo;arrestation du rappeur A. L. A. relance le débat sur la dépénalisation de la consommation du cannabis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Bloc-notes : Inévitable dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/17/bloc-notes-inevitable-depenalisation-de-lhomosexualite-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Feb 2019 08:21:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[dépénalisation]]></category>
		<category><![CDATA[homophobie]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>M. Chahed a eu un mot d’esprit en France, parlant du couple franco-tunisien filant le parfait amour. S’agissant d’un couple de même sexe, il aurait implicitement indiqué l’inévitable dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie. Par Farhat Othman * Ce serait une manière judicieuse de se distinguer des vues rétrogrades de son soutien Ennahdha, s’inscrivant du coup...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/17/bloc-notes-inevitable-depenalisation-de-lhomosexualite-en-tunisie/">Bloc-notes : Inévitable dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-198585" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/02/Homosexualite-Tunis.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>M. Chahed a eu un mot d’esprit en France, parlant du couple franco-tunisien filant le parfait amour. S’agissant d’un couple de même sexe, il aurait implicitement indiqué l’inévitable dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Farhat Othman</strong> *</p>
<p><span id="more-198584"></span></p>
<p>Ce serait une manière judicieuse de se distinguer des vues rétrogrades de son soutien Ennahdha, s’inscrivant du coup en faux contre sa supposée dépendance de ce parti, tout en confortant son pouvoir et sa stature légaliste, confirmant ainsi, pour les partenaires occidentaux de la Tunisie, être l’homme de la situation dans le pays.</p>
<h3>Une homophobie institutionnelle</h3>
<p>Ainsi en finira-t-on enfin avec ce crime colonial ! Car on n’emprisonne plus seulement les gays, comme cela se fait toujours chez nous; on les tue aussi, ainsi qu’on vient de l’enregistrer dans l’<a href="http://www.leparisien.fr/faits-divers/algerie-colere-a-l-universite-d-alger-apres-un-crime-homophobe-13-02-2019-8010795.php" target="_blank" rel="noopener">Algérie voisine</a>.</p>
<p>Or, c’est le discours officiel qui alimente le crime en prétendant que la demande de dépénalisation de l’homosexualité piétinerait les valeurs de la société musulmane, les fondements et les spécificités des peuples maghrébins qui seraient conservateurs.</p>
<p>Une telle homophobie institutionnelle ne relève pas seulement de la fausseté; elle est aussi une incitation au crime, sinon une complicité objective avec les criminels. Aussi, il importe au plus vite d’y mettre un terme par l’abolition de la loi coloniale illégale incarnée, en Tunisie, par l’article 230 du Code pénal.</p>
<p>Car le dernier crime homophobe, faisant une nouvelle innocente victime dans une cité universitaire algérienne, ne sera pas le dernier, hélas! On doit bien se rendre à l’évidence qu’il ne représente que la face apparente de ce phénomène trop grave qu’est la poussée des extrémismes homophobes au Maghreb au nom d’une religion bafouée. Aussi, n’est-il plus permis de continuer de l’ignorer ou, ce qui est bien pis, d’en parler imparfaitement comme le font tout autant les autorités et les militants.</p>
<p>Effectivement, si les homophobes se réclament du respect des valeurs d’un islam qu’on prétend à tort homophobe, aucune voix juste ne conteste un tel mensonge, ni les autorités officielles ni les militants anti-homophobie, tous s’inscrivant dans cette logique criminelle, versant de la sorte dans la désinformation.</p>
<p>En ne prenant pas la peine de dénoncer la fausseté absolue des propos homophobes, en rappeler le caractère mensonger, on les cautionne aussi bien du côté du pouvoir que de la société civile. Ce qui est, par ailleurs, à reprocher surtout aux militants anti-homophobie; d’autant que, chez ces derniers, on verse même dans l’islamophobie. Ce qui dénature leur combat, les faisant apparaître aux yeux des masses comme étant au service de l’étranger, agissant contre les traditions du pays, ne s’adonnant qu’à un business de l’homophobie, comme d’aucuns le font pour la charité.</p>
<h3>Une anti-homophobie laïciste</h3>
<p>C’est le décalage abyssal entre les retombées d’une médiatisation qui ne se soucie pas de la cause réelle du crime de l’homophobie qui le rend encore plus cruel et néfaste pour les innocents gays qui n’ont pas choisi leur type de sexe, certes minoritaire, mais parfaitement naturel.</p>
<p>En effet, si les larges masses ne prêtent pas attention à la légitimité de cette cause, c’est qu’elles la jugent dictée par les ennemis de l’islam, croyant sur parole les homophobes. Et elles le font d’autant mieux que le discours homophobe n’est ni discuté par les militants, sinon d’un pur point de vue strictement juridique, ni surtout contesté au vu d’une saine lecture de la religion de la majorité de la population. Ce qui relève de l’irrespect sinon de l’irresponsabilité.</p>
<p>Au vrai, c’est cela qui dessert la cause anti-homophobie, nourrissant les drames atroces défrayant l’actualité et devant se multiplier, chaque partie campant sur ses positions dogmatiques, pensant dur comme fer être seule à détenir la vérité. D’un côté, on a les homophobes qui se réclament de la défense de la religion, ou font semblant de le faire, pour tromper les larges masses. De l’autre, on a les laïcistes qui ne réalisent pas qu’en ne militant que pour la laïcité ainsi qu’ils persistent à le faire, ils ne font que pérenniser l’homophobie dans des pays où c’est la constitution, texte juridique suprême, qui impose le respect des valeurs de l’islam.</p>
<p>D’où l’impérative nécessité de devoir distinguer enfin la religion musulmane de l’homophobie. Les associations pour la dépénalisation de l’homosexualité ont l’obligation de ne plus se limiter à ne pas vouloir parler de religion, l’excluant dogmatiquement et par principe. Cela traduit de leur part, pour le moins, un anticléricalisme affiché, sinon une véritable islamophobie. C’est bien cette stratégie, copiée jusqu’à la caricature, sur un Occident laïque qui est la cause directe des dérives actuelles, le rejet informel et quasiment toléré muant en violences criminelles.</p>
<p>C’est plus qu’impératif alors que jamais la vie des gays n’a été aussi mauvaise en terre d’islam, notamment au Maghreb, particulièrement en Tunisie et au Maroc. Certes, ils vivaient en cachette, ne s’affichaient pas ou si peu, mais avaient la paix et n’étaient pas stigmatisés, puisqu’ils n’existaient tout simplement pas.</p>
<h3>La bisexualité arabe</h3>
<p>De fait, il n’est pas faux de prétendre qu’il n’y a pas chez les Arabes d’homosexualité ou <em>homosensualité</em>, terme à privilégier, étant moins connoté sexe, car l’<em>homosensualité</em> (homosexualité) est bien plus que du sexe, des sentiments et au pis une sensualité; d’où le terme précité et encore mieux celui d’<em>érosensualité</em>. En effet, le sexe arabe est plutôt marqué, dans sa globalité, par la bisexualité.</p>
<p>Par ailleurs, il a été démontré que l’islam n’a jamais été homophobe; ce sont les jurisconsultes qui ont créé l’anathème actuel à partir de la Bible qui considère le sexe gay comme étant contre nature. Quant au Coran, dont on cite à loisir et bien à tort les versets relatifs aux gens de Loth, il ne comporte justement que ces récits qui ne fondent nullement la catégorie de l’illicite en islam, son légalisme exigeant qu’elle soit assise sur une prescription expresse. Ce sont les jurisconsultes qui ont fondé, par syllogisme avec l’adultère, le crime homophobe que le Coran ignore.</p>
<p>Il est à rappeler qu’il il y avait bien des homosexuels (<em>homosensuels</em>) du temps du prophète, comme avant lui, y compris dans son entourage intime, et il n’a pas été rapporté qui les a anathémisés. Le seul cas rapporté d’exclusion de son harem d’un efféminé, accepté pendant longtemps, n’était pas pour ce qu’il était, mais pour un comportement manquant de tact, plein de vulgarité; donc pour mauvaise conduite en société. Par ailleurs, les hadiths cités souvent du prophète sont inauthentiques et doivent être tous rejetés. N’est-il pas significatif, au demeurant, que ni Boukhari ni Mouslem ne mentionnent même pas un seul dire sur ce qu’on a prétendu être la pire des ignominies ? C’est loin d’être anodin !</p>
<h3>Les gens de Loth, un peuple de brigands</h3>
<p>S’agissant du châtiment réservé aux gens de Loth, il importe d’en finir enfin avec le mythe que cela a été pour raison sexuelle. Déjà, pour une raison de pure logique, à savoir que ce peuple ne pouvait pas être sodomite dans son ensemble, sinon il n’aurait pas constitué un peuple; ce qui tombe sous le sens. Comment donc Dieu aurait-il été injuste, punissant pêle-mêle coupables et innocents?</p>
<p>La seconde raison est historique: le peuple de Loth tout entier pratiquant le brigandage. Il est désormais avéré chez les historiens que la tribu de Loth était composée dans son ensemble de bandits de grand chemin. Au vrai, le Coran réserve le pire des châtiments à un tel crime du fait qu’il est la négation même de son essence d’être paix et d’y veiller dans et entre les cœurs des humains. Comment le faire, s’agissant d’homophobie, sans oser rappeler ces vérités ?</p>
<p>Pour ce qui est de la raison pour laquelle le Coran traite tout le peuple de Loth de sodomites, cela tient aux spécificités rhétoriques de la langue arabe dans laquelle il a été révélé, particulièrement la figure de style permettant de généraliser le particulier pour appuyer le propos satirique ou apologétique.</p>
<p>Aujourd’hui, en Tunisie comme en terre d’islam, il faut être conscient que la guerre contre l’homophobie ne peut se distinguer de l’instrumentalisation de la religion. Aussi, outre les religieux faussaires qui en usent, elle est également le fait de l’Occident qui est leur complice dans leurs mensonges, refusant que l’on use de l’argument religieux.</p>
<p>Comment donc en finir avec l’homophobie en islam ? Pour qui agit avec un minimum de tact et d’éthique, il s’agit juste de rappeler la vérité historique désormais prouvée : si l’homophobie a été biblique, elle ne l’a jamais été dans le Coran sauf par une extrapolation illégitime de jurisconsultes sous l’influence de la tradition judéo-chrétienne. Et elle a été confirmée par l’impérialisme occidental, les lois homophobes actuelles en pays d’islam étant coloniales, comme c’est le cas en Tunisie.</p>
<p><em>* Ancien diplomate et écrivain.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis : </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZfKN3XjRao"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/10/bloc-notes-anti-islam-et-islam-virtuel-en-tunisie/">Bloc-notes : Anti-islam et islam virtuel en Tunisie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes : Anti-islam et islam virtuel en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/10/bloc-notes-anti-islam-et-islam-virtuel-en-tunisie/embed/#?secret=ozwXnFLlAq#?secret=ZfKN3XjRao" data-secret="ZfKN3XjRao" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dhZ6cnOhkO"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/03/bloc-notes-illegitimite-des-elections-avant-linstallation-de-la-cour-constitutionnelle/">Bloc-notes : Illégitimité des élections avant l’installation de la Cour constitutionnelle</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes : Illégitimité des élections avant l’installation de la Cour constitutionnelle » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/03/bloc-notes-illegitimite-des-elections-avant-linstallation-de-la-cour-constitutionnelle/embed/#?secret=n23cqs0Aqd#?secret=dhZ6cnOhkO" data-secret="dhZ6cnOhkO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pZWdoyaj5r"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/27/bloc-notes-en-finir-avec-le-business-de-lhomophobie-en-tunisie/">Bloc-notes : En finir avec le business de l’homophobie en Tunisie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes : En finir avec le business de l’homophobie en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/27/bloc-notes-en-finir-avec-le-business-de-lhomophobie-en-tunisie/embed/#?secret=CpRP1sIsCu#?secret=pZWdoyaj5r" data-secret="pZWdoyaj5r" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/17/bloc-notes-inevitable-depenalisation-de-lhomosexualite-en-tunisie/">Bloc-notes : Inévitable dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lancement d’un collectif pour la légalisation du cannabis en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/31/lancement-dun-collectif-pour-la-legalisation-du-cannabis-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 16:23:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[dépénalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Loi 52]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Karim Chaiir. Une nouvelle organisation de la société civile, un collectif pour la légalisation du cannabis baptisé CO.LE.C., verra très prochainement le jour en Tunisie. Son but: organiser et structurer les flux de militantisme pour la dépénalisation du cannabis voire plus&#8230; Par Cherif Ben Younès Quelle est la limite de la liberté ? Une question...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/31/lancement-dun-collectif-pour-la-legalisation-du-cannabis-en-tunisie/">Lancement d’un collectif pour la légalisation du cannabis en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p style="text-align: center;"><em>Karim Chaiir.</em></p>
<p><em><strong>Une nouvelle organisation de la société civile, un collectif pour la légalisation du cannabis baptisé CO.LE.C., verra très prochainement le jour en Tunisie. Son but: organiser et structurer les flux de militantisme pour la dépénalisation du cannabis voire plus&#8230;</strong></em></p>
<p>Par <strong>Cherif Ben Younès</strong></p>
<p><span id="more-196000"></span></p>
<p>Quelle est la limite de la liberté ? Une question historique et philosophique, certes, mais qui est de l’ordre du jour et au cœur des débats sociaux et politiques en Tunisie&#8230; plus particulièrement depuis la révolution de 2011, qui a incontestablement soulevé le plafond conventionnel des «revendications acceptables» ayant rapport avec les libertés individuelles. Parmi celles-ci, il y en a une qui revient avec insistance ces derniers temps: la dépénalisation de la consommation du cannabis.</p>
<h3>La situation actuelle est désastreuse</h3>
<p>La loi en vigueur concernant la consommation de stupéfiants, établie le 18 mai 1992 et communément connue sous le nom de «Loi 52», dispose de <em>«l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 1000 à 3000 dinars, tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou matières stupéfiantes, hors les cas autorisés par la loi. La tentative est punissable.»</em>. Des mesures souvent considérées, par certains politiciens, des représentants de la société civile ou de simples citoyens, comme étant exagérées, voire inappropriées et en totale contradiction avec les droits de l’Homme.</p>
<p>Les opposés à cette loi lui reprochent, entre autres, le fait que les sanctions qu’elle préconise soient tellement sévères qu’elles finissent, la plupart du temps, par porter aux consommateurs des préjudices beaucoup plus importants que ceux de cette substance elle-même, compte tenu notamment des conditions exécrables des prisons tunisiennes, et des difficultés et obstacles sur les plans professionnel et social que rencontrent «les coupables» une fois à l’extérieur.</p>
<p>De son côté, le contexte international plaide en faveur des détracteurs de cette loi, puisque de nombreux pays occidentaux, ayant des avancées plus importantes que les nôtres en matière de respect des droits humains, ont choisi de carrément dépénaliser la consommation du cannabis et, pour certains, de réglementer son commerce. Le dernier en date étant le Canada.</p>
<p>Une réflexion de bon sens en découle et vient remettre en cause la diabolisation des effets de cette substance par certains conservateurs et par la loi tunisienne : si des pays aussi développés que le Canada ou l’Allemagne décident de dépénaliser la consommation du cannabis, c’est qu’au-delà des motifs économiques qui pourraient l’expliquer, cette drogue n’est probablement pas, médicalement parlant, aussi néfaste qu’on essaye de nous le faire croire depuis des décennies.</p>
<p>Alors, qu’en dit la science justement? Sans rentrer dans les détails, la réponse globale est qu’il s’agit d’une drogue, et donc d’une substance comportant des risques pour la santé et aussi des risques d’addiction. Sa consommation ne peut donc pas être, d’un point de vue purement sanitaire, recommandée (à l’exception des rares cas d’usage purement médical, où des phyto-cannabinoïdes peuvent être prescrits pour leurs vertus antiémétiques). Cependant, il convient également de rappeler qu’il s’agit surtout d’une drogue douce, dont la gravité dépend principalement de la fréquence de sa consommation. Autrement dit, une consommation modérée du cannabis a peu d’effets sur l’organisme. D’ailleurs cela n’est-il pas le cas du tabac et de l’alcool qui sont pourtant commercialisés et totalement légaux en Tunisie ?!</p>
<p>Dans le même ordre d’idées, une question, d’ordre philosophique cette fois, s’impose : a-t-on le droit de nuire à son propre corps ? Certes, le politiquement correct fait qu’on n’ose jamais formuler une interrogation aussi directe, préférant tourner autour du pot. Mais, le droit de faire ce que l’on veut de notre propre corps, du moment qu’on ne nuit pas à autrui, ne fait-il pas partie des libertés les plus basiques et les plus évidentes dont tout être humain devrait jouir ? Un État qui se prétend démocrate et assurant la liberté de ses citoyens, peut-il se permettre de violer ce droit sous quelconque prétexte?</p>
<p>Les législateurs tunisiens ont fini par faire des concessions et par accepter d’appliquer une réforme à la Loi 52, en 2018, dans le but d’atténuer la peine, en donnant au juge l’autorisation d’appliquer l’article 53 du Code pénal, qui lui accorde un pouvoir d’appréciation dont il ne jouissait pas auparavant : <em>«Lorsque les circonstances du fait poursuivi paraissent de nature à justifier l’atténuation de la peine et que la loi ne s&rsquo;y oppose pas, le tribunal peut, en les spécifiant dans son jugement, et sous les réserves ci-après déterminées, abaisser la peine au-dessous du minimum légal, en descendant d&rsquo;un et même de deux degrés dans l&rsquo;échelle des peines principales énoncées à l&rsquo;article 5 du présent code.»</em></p>
<p>Bien que perçue comme un pas en avant par les militants des droits de l’Homme en Tunisie, ces derniers ont surtout jugé cette réforme comme étant insuffisante. Celle-ci a même fait l’objet de nombreuses critiques dont la raison principale est évidente : fondamentalement, la loi tunisienne continue toujours de traiter les consommateurs comme des criminels.</p>
<p>En outre, le fait de donner aux juges une sorte de tutelle morale qu’ils peuvent, à leur guise, transformer en une peine de prison ou pas, n’a pas été digéré par les humanistes tunisiens, considérant que cette mesure prête, vicieusement, à un pouvoir un peu trop prononcé pour qu’un être humain, quelle que soit sa fonction, en jouisse. Et ça rappelle forcément une autre loi très contestée : celle des articles 226 et 226 bis du code pénal, et qui permet aux juges d’avoir le même type de droit pour interpréter la conformité des actes des citoyens avec<em> «la pudeur»</em>, <em>«les bonnes mœurs»</em> et <em>«la morale publique»</em>, des termes aussi vagues qu’un océan, soit dit en passant.</p>
<h3>Un collectif pour la légalisation du cannabis voit le jour</h3>
<p>C’est dans ces conditions qu’une nouvelle organisation de la société civile, un collectif pour la légalisation du cannabis baptisé CO.LE.C., verra le jour très prochainement, plus exactement le 23 février prochain, «lors d’une conférence de lancement prévue à Tunis», comme nous le confie Karim Chaiir, l’un de ses membres fondateurs, qui a choisi de s’adresser à Kapitalis pour annoncer le lancement imminent de cet organisme.</p>
<p>Ce collectif, qui aura pour but d’organiser et de structurer les flux de militantisme pour la dépénalisation (voire plus&#8230;) du cannabis, sera composé de 4 comités : l’un d’entre eux s’occupera de la communication, le 2e sera dédié à la logistique, le 3e à la planification, et enfin, un 4e comité pour le lobbying.</p>
<p>M. Chaiir nous a assuré que cet organisme n’hésitera pas à hausser la barre des revendications. «L’objectif de ce collectif ne sera pas seulement de légaliser la consommation du cannabis, mais aussi sa production et sa distribution.» lâche-t-il. Et afin de soutenir ces intentions qui ne manquent d’audace, il a notamment choisi des arguments économiques, affirmant qu’une éventuelle réglementation gouvernementale du commerce du cannabis entraînerait un gain net pour l’État de 2.000 millions de dinars par an si on considère la consommation locale seulement. Ces chiffres augmenteraient donc si on tient compte de l’exportation et de la consommation des touristes, une hausse de 1.000 millions de dinars supplémentaires d’après les estimations de M. Chaiir. <em>«Ce serait donc une activité économique et touristique capable de faire de la Tunisie la capitale du tourisme du bien-être»</em>, se réjouit-il.</p>
<p>Karim Chaiir a également usé d’arguments sociaux en affirmant que cette réglementation permettrait de diminuer la consommation de la drogue [dure], dont les acheteurs se tourneraient vers le cannabis en s’apercevant que l’obtention de celle-ci est plus accessible et sécuritaire, comme le démontre des études comparatives avec d’autres expériences, à l’Instar de celle de l’Uruguay, pionnier en la matière, ou des Etats-Unis. Cela faciliterait, par la même occasion, la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé lié au commerce clandestin.</p>
<p>D’un autre côté, la dépénalisation du cannabis diminuerait considérablement le nombre de prisonniers. Aujourd’hui, environ un tiers des détenus sont coupables de consommation de stupéfiants. Une situation qui cause une surpopulation carcérale qui n’est à l’avantage de personne. <em>«Cela permettrait la libération d’au moins 1.000 prisonniers»</em>, estime M. Chaiir.</p>
<p>Bien que la Tunisie continue de poursuivre sa modernisation et sa libéralisation postrévolutionnaires, les revendications du CO.LE.C. semblent, à priori, un peu trop ambitieuses pour être exhaussées dans un avenir proche, ou même moyen, par l’État tunisien. Ce dernier sera certainement freiné par la mentalité encore conservatrice de la population. Mais comme dirait Ernesto Che Guevara :<em> «Soyez réalistes, demandez l’impossible».</em></p>
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		<title>Caïd Essebsi et Ennahdha : Les masques sont tombés !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Aug 2018 16:43:58 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ce 13 août 2018, qui coïncide avec la fête nationale de la femme, les masques sont tombés. Aussi bien celui des Frères musulmans d’Ennahdha que celui du président Béji Caïd Essebsi qui continue à ménager son encombrant allié. Décryptage. Par Rachid Barnat Lorsque Béji Caïd Essebsi a demandé à la Commission des libertés individuelles...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/08/13/caid-essebsi-et-ennahdha-les-masques-sont-tombes/">Caïd Essebsi et Ennahdha : Les masques sont tombés !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><em><strong>En ce 13 août 2018, qui coïncide avec la fête nationale de la femme, les masques sont tombés. Aussi bien celui des Frères musulmans d’Ennahdha que celui du président Béji Caïd Essebsi qui continue à ménager son encombrant allié. Décryptage.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Rachid Barnat</strong></p>
<p><span id="more-169071"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-109886 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/08/Rachid-Barnat.jpg" alt="" width="200" height="165" />Lorsque Béji Caïd Essebsi a demandé à la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) de se pencher sur le problème de l’égalité dans l’héritage mais aussi sur la peine de mort et sur la dépénalisation de l’homosexualité, il avait lancé un pavé dans la mare.</p>
<p>Il a obligé les partis politiques et les Tunisiens, d’abord à réfléchir et ensuite à se prononcer sur ces nouveaux espaces de liberté.</p>
<p>Le silence assourdissant des partis <em>«progressistes»</em></p>
<p>Cette décision puis le rapport réfléchi et documenté de la Colibe, ont permis aux<a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2018/07/debat-autour-du-rapport-de-la-colibe.html"> Tunisiens de voir, enfin, la réalité et de constater</a>, hélas plusieurs choses.</p>
<p>D’abord que les partis dans leur grande majorité et principalement ceux qui se prétendent progressistes, défenseurs des libertés et ouverts au progrès, sont restés scandaleusement muets comme si le débat ne les concernait pas; alors qu’en réalité ce silence assourdissant n’est que l’expression de leur peur d’affronter Ennahdha et de l’absence, en réalité, de véritables convictions.</p>
<p>On a même vu le parti d’Abir Moussi qui se prétendait <em>«bourguibiste»</em>, entonner le chant de ceux qui ne veulent rien faire et nous dire que ce n’était pas le bon moment.</p>
<p>Les Tunisiens dans leur ensemble n’avaient déjà que très peu d’estime pour leurs partis politiques dont ils ont vu l’incompétence manifeste; et ce n’est pas la peur et la lâcheté qu’ils ont manifestées à cette occasion, qui vont les racheter à leurs yeux.</p>
<h3>Le masque de la modernité d’Ennahdha</h3>
<p>Mais le second enseignement de cette affaire est plus important encore, c’est le <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2017/08/lhomme-la-cravate-bleue.html">masque de modernité et d&rsquo;ouverture</a> que voulaient se donner les Frères musulmans, qui est bien tombé. Les Tunisiens ont clairement vu que ce parti, contrairement à ce qu’il essayait de faire croire, n’a absolument pas changé de doctrine et d’idéologie.</p>
<p>Pourtant, Rached Gannouchi, avec beaucoup de culot et son toupet habituel, avait dit que désormais son parti sépare la religion de l’action politique, renonçant même à la prédication dans les mosquées. Il est vrai que peu de gens, parmi ceux qui réfléchissent, avaient cru ces propos. Mais il est clair : ce n’était que du vent pour endormir le peuple !</p>
<p>Ses dernières déclarations, rappelant que l’islam est un tout – religion et politique formant un tout – confirment, s’il en était besoin, que son parti n’est pas devenu «civil» comme il le prétendait depuis son <a href="http://www.liberation.fr/planete/2016/05/23/en-tunisie-ennahdha-adopte-la-separation-du-politique-et-du-religieux_1454501" target="_blank" rel="noopener">congrès de Hammamet</a> et ne peut donc se séparer de la religion.</p>
<p>D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, à moins de se renier !</p>
<p>On a vu comment les islamistes se sont servis des mosquées pour contester le rapport de la Colibe et comment dans ces mosquées où, en principe, devrait régner la bonne foi et l’honnêteté, on a menti, on a trompé ses auditeurs en indiquant que le rapport contenait telle ou telle disposition alors que cela était complètement faux.</p>
<p>Est-ce là l’honnêteté de l’islam qu’ils représentent ?</p>
<p>Qui n’a pas aussi, à propos de l’homosexualité, entendu M. Ghannouchi en personne dire que la vie privée devait être préservée et que l’Etat n’avait pas s’en mêler? Et il condamne maintenant les dispositions qui vont dans ce sens pour décriminaliser l’homosexualité !</p>
<p>Est-ce là l’honnêteté de son islam ?</p>
<p>Qui voulait-il tromper en faisant de telles déclarations contradictoires?</p>
<h3>Un président très peu ferme sur les principes</h3>
<p>Alors, oui, le masque des islamistes est tombé et ils sont revenus à leurs pratiques habituelles, à savoir le mensonge, l’intimidation, les prières de rue et l’appel à la charia sur laquelle la société civile tunisienne les avait pourtant fait reculer mais à laquelle, on le voit, ils n’avaient pas renoncée; comme certains l’ont naïvement cru.</p>
<p>Dans son discours au palais de Carthage à l’occasion de la fête de la femme, aujourd’hui, lundi 13 août 2018, le président Béji Caïd Essebsi a fait une bonne entrée en matière en rappelant certaines choses mal comprises par beaucoup de Tunisiens qui n’ont lu ni la constitution ni le rapport de la Colibe, qu’ils contestent.</p>
<p>Face à cette situation, qu’a fait le président? Dans la forme un discours remarquable et pédagogique qui montre qu’il a encore un esprit très vif mais il a été comme à son habitude, très malin mais sans aucune fermeté dans les valeurs qu’il exprime.</p>
<p>Il a commencé par dire que les réformes proposées par la Colibe étaient conformes à la Constitution qu’il a le devoir de défendre et rappelé, à juste titre, que la Tunisie est un Etat civil qui a instauré dans son texte l’égalité des hommes et des femmes.</p>
<p>Il a appelé les islamistes d’Ennahdha à appliquer cette Constitution qu’ils ont votée.</p>
<p>Tout cela était très bien dit, nécessaire et fort.</p>
<p>Mais pour conclure, il a indiqué que l’égalité dans l’héritage serait à la carte : l’appliqueraient ceux qui le veulent ! Est-ce cela la Constitution et l’égalité des femmes, qu&rsquo;il venait juste de rappeler?</p>
<h3>Capitulation en rase campagne de Caïd Essebsi</h3>
<p>Voilà encore une capitulation en rase campagne devant les islamistes au nom du sacro-saint <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2017/12/le-danger-du-consensus.html" target="_blank" rel="noopener"><em>«consensus»</em></a>. Le problème est que l’égalité dans l’héritage est non pas une simple question technique que l’on peut rejeter à sa convenance mais bien un principe d’égalité voulue. Ce que Béji Caïd Essebsi disait-lui-même un instant auparavant, en rappelant <a href="http://www.legislation.tn/sites/default/files/news/constitution-b-a-t.pdf">l’article 21 de la Constitution</a>.</p>
<p>Va-t-on laisser des femmes, souvent parmi les plus démunies, subir pression, violence et chantage pour renoncer à l’égalité dans l’héritage? Y a-t-il, comme il semble l’admettre, deux Tunisies, l’une qui applique la Constitution et les valeurs de liberté et d’égalité; et l’autre qui appliquerait la charia ? Dans quel Etat du monde le droit est à la carte ?<br />
C’est tout à fait choquant !</p>
<p>Face à cette nouvelle capitulation, il reste la société civile tunisienne.</p>
<p>Oui, les masques sont tombés. Aussi bien celui des Frères musulmans que celui de Béji Caïd Essebsi qui continue à ménager son encombrant allié! Et c’est tant mieux.</p>
<p>Maintenant il reste à espérer que la société civile par sa mobilisation va donner une nouvelle leçon aux politiques et inciter certains d’entre eux qui se targuent d’être des progressistes de voter un texte clair sur les principes et accordant, notamment aux femmes, une réelle égalité.</p>
<p><a href="http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2018/08/les-masques-sont-tombes.html" target="_blank" rel="noopener"><em><strong>Blog de l&rsquo;auteur.  </strong></em></a></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5RZdBKFe7p"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/04/la-mairie-de-tunis-dirigee-par-une-islamiste-caid-essebsi-trahit-bourguiba/">La mairie de Tunis dirigée par une islamiste: Caïd Essebsi trahit Bourguiba</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La mairie de Tunis dirigée par une islamiste: Caïd Essebsi trahit Bourguiba » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/04/la-mairie-de-tunis-dirigee-par-une-islamiste-caid-essebsi-trahit-bourguiba/embed/#?secret=JFbG03tYBO#?secret=5RZdBKFe7p" data-secret="5RZdBKFe7p" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VI6bjclrCj"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/02/fadhel-moussa-elu-maire-de-lariana-une-lecon-de-democratie/">Fadhel Moussa élu maire de l’Ariana : Une leçon de démocratie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Fadhel Moussa élu maire de l’Ariana : Une leçon de démocratie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/02/fadhel-moussa-elu-maire-de-lariana-une-lecon-de-democratie/embed/#?secret=NMZvO1qIV2#?secret=VI6bjclrCj" data-secret="VI6bjclrCj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mCNayLVlWF"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/06/25/erdogan-reelu-ou-le-triomphe-de-lextremisme-islamique/">Erdogan réélu ou le triomphe de l’extrémisme islamique</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Erdogan réélu ou le triomphe de l’extrémisme islamique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/06/25/erdogan-reelu-ou-le-triomphe-de-lextremisme-islamique/embed/#?secret=XZv041ufO5#?secret=mCNayLVlWF" data-secret="mCNayLVlWF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/08/13/caid-essebsi-et-ennahdha-les-masques-sont-tombes/">Caïd Essebsi et Ennahdha : Les masques sont tombés !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Bloc-notes : Conseil national de sécurité et industrie de la délinquance</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/19/conseil-national-de-securite-et-industrie-de-la-delinquance/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Mar 2017 10:41:59 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[délinquance]]></category>
		<category><![CDATA[dépénalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Lotfi Zitoun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas la consommation du cannabis qui fait le délinquant, mais le harcèlement des jeunes et la prison, devenue une véritable industrie de la délinquance. Par Farhat Othman * Aujourd’hui, en Tunisie, non seulement le parti islamiste Ennahdha louvoie en simulant et en dissimulant le plus machiavéliquement possible, mais il y est encouragé par...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/19/conseil-national-de-securite-et-industrie-de-la-delinquance/">Bloc-notes : Conseil national de sécurité et industrie de la délinquance</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-77830" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/cannabis-zatla-jeunes-ado.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Ce n’est pas la consommation du cannabis qui fait le délinquant, mais le harcèlement des jeunes et la prison, devenue une véritable industrie de la délinquance.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Farhat Othman</strong> *</p>
<p><span id="more-87540"></span></p>
<p>Aujourd’hui, en Tunisie, non seulement le parti islamiste Ennahdha louvoie en simulant et en dissimulant le plus machiavéliquement possible, mais il y est encouragé par le pouvoir en place qui, même sur une question sur laquelle il s’est engagé, ne fait rien de sérieux : la liberté sans atermoiement pour les consommateurs du cannabis.</p>
<p><strong>Démission coupable</strong></p>
<p>Ce qui est bien pis, c’est que cela se passe dans une quasi-inertie des militants dont on ne peut soupçonner la sincérité de l’engagement. Sur la question, ils se laissent globalement rouler dans la farine par les uns et las autres qui leur répètent que la société ne serait pas mûre pour la dépénalisation du cannabis. Ce qui est un mythe. La preuve en est l’augmentation des consommateurs, surtout parmi la jeunesse, au risque et péril de son avenir.</p>
<p>Aussi, les décisions du dernier Conseil national de sécurité (<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2017/03/16/conseil-national-de-securite-mesures-en-faveur-des-consommateurs-de-cannabis/"><em>Mesures en faveur des consommateurs de cannabis</em></a>) sont-elles très décevantes. Elles traduisent soit le manque de volonté réelle chez le président de la république de tenir parle en abolissant la prison pour les jeunes, soit l’inexistence de tout poids réel de sa part sur la vie publique. N’a-t-on pas parlé de Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, comme seul vrai décideur en Tunisie?</p>
<p>Mais, répétons-le : ce n’est pas la seule responsabilité du président; c’est aussi celle des militants et leur démission sur la question cruciale de la dépénalisation comme seule solution possible aux drames actuels.</p>
<p>Pourquoi donc ne réagissent-ils pas en dénonçant les faux-fuyants? Pourquoi n’interpellent-ils pas, par exemple, M. Ghannouchi et ses conseillers qui pratiquent à merveille la désinformation? Le plus proche conseiller du gourou islamiste, Lotfi Zitoun en l&rsquo;occurrence,  ne s’est-il pas prononcé pour la dépénalisation à titre personnel? Qu’il ose donc, s’il est sincère, le manifester à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) par un amendement au projet de loi gouvernemental? Ne trouvera-t-il pas neuf députés pour se joindre à lui ?</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-87130" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/03/Conseil-national-de-securite.jpg" alt="Conseil National de sécurité" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Dernière réunion du Conseil national de sécurité le 15 mars 2017. </em></p>
<p><strong>Nécessité d’un sursaut éthique</strong></p>
<p>On sait que dans toute négociation cruciale, il importe de demander le plus pour avoir le moins; alors, pourquoi ne pas demander haut et fort ce que commandent la logique et l’éthique, outre la justice et l’équité : l’abolition d’une scélératesse de la dictature qui a déjà fait trop de mal à notre jeunesse?</p>
<p>Bien mieux, n’est-on pas en droit d’exiger réparation pour les victimes de la dictature? On est donc bien habilité à l’exiger pour les innocentes victimes du cannabis ? Pourquoi l’Instance Vérité et Dignité (IVD) ne s’en soucie guère? Et n’a-t-on pas réparé des préjudices subis par des opposants aux régimes pour des faits plus graves, car touchant à l’ordre public?</p>
<p>Le Conseil national de sécurité et surtout les autorités du pays déçoivent énormément le peuple réel qui compatit bien au sort de ses jeunes au-delà d’une minorité embrigadée. Ses dirigeants continuent à s’en couper irrémédiablement, notamment de la jeunesse, risquant d’encourir un jour sa colère terrible si elles ne se ressaisissent pas au plus vite.</p>
<p>Or, le président, lui-même, a précisé que le cannabis n’a rien à voir avec les stupéfiants. C’est une drogue douce comparable au tabac et à l’alcool; interdit-on ces derniers? Bien mieux, la consommation épisodique de nos jeunes n’emporte aucune accoutumance, ce qui rend le cannabis bien moins nocif que la cigarette qu’on vend librement, et la prison, une véritable fabrique de la délinquance !</p>
<p><strong>Stop à l’industrie de la délinquance !</strong></p>
<p>Toutes les instances internationales expertes et compétentes, dont l’Onu, ont appelé à la dépénalisation pour se concentrer sur le trafic; que ne les écoute-t-on? Même dans les pays où la pénalisation est encore maintenue, comme notre modèle qu’est la France, on ne poursuit plus pour la détention à usage personnel; qu’on les suive donc !</p>
<p>Il importe aux militants de la société civile d’oser se rebeller contre le conformisme actuel autour de la question et exiger — rien de moins — que la dépénalisation et la cessation de toute arrestation, outre la libération des détenus actuels.</p>
<p>Cela ne nécessite même pas de loi, juste des instructions claires de la part des ministres de l’Intérieur et de la Justice. Ont-ils assez d’autorité pour ordonner de telles mesures? Et s’ils l’ont, ont-ils la volonté politique pour le faire et le sens de l’équité pour rendre justice à une jeunesse martyrisée? Bien mieux, ont-ils seulement un minimum d’éthique?</p>
<p>Qu’apporte de nouveau le Conseil national de sécurité? Rien de vraiment important : juste un cautère sur jambe de bois ! Il ne fait que veiller à sauvegarder l’autorité des forces de l’ordre et de la justice pour continuer à brimer la jeunesse et retarde encore plus l’abolition de la loi scélérate du régime déchu en introduisant une mesure pour l’adoucir alors qu’on demande son abolition<br />
Si la société civile et les voix justes ne se révoltent pas contre une telle inertie en termes de valeurs, rien ne changera dans le pays et on continuera à fabriquer des délinquants, encourageant la jeunesse à se révolter.</p>
<p>Est-ce que qu’on cherche? Hélas, il paraît que c’est le cas chez certains politiciens qui agiraient en douce pour recruter des sympathisants dans les milieux des jeunes brimés !</p>
<p>Ils jouent ainsi avec le feu; et c’est le pays qu’ils embraseront. Que les patriotes réagissent donc tant qu’il est temps! Cela passe par le sauvetage de notre jeunesse menacée, non par le cannabis, mais par le harcèlement policier et judicaire de nos tartuffes d’un autre temps qu’on croyait révolu!</p>
<p><em>* Ancien diplomate, auteur de ‘‘L’Exception Tunisie’’ (éd. Arabesques, 2017).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/19/conseil-national-de-securite-et-industrie-de-la-delinquance/">Bloc-notes : Conseil national de sécurité et industrie de la délinquance</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Cannabis : Mettre fin aux ravages de la «fumeuse loi 52»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/06/cannabis-mettre-fin-aux-ravages-de-la-loi-52/</link>
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		<pubDate>Mon, 06 Mar 2017 18:45:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est temps pour la Tunisie de dépénaliser la consommation de cannabis («zatla») pour sauver ses jeunes de l’horreur de la prison, l’un des plus courts chemins vers la radicalisation. Par Djemaa Chraiti * En Tunisie, se discute la dépénalisation de la consommation de cannabis («zatla»). Une loi promulguée en mai 1992, sous le règne de...</p>
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<p><em><strong>Il est temps pour la Tunisie de dépénaliser la consommation de cannabis («zatla») pour sauver ses jeunes de l’horreur de la prison, l’un des plus courts chemins vers la radicalisation.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Djemaa Chraiti </strong>*</p>
<p><span id="more-85779"></span></p>
<p>En Tunisie, se discute la dépénalisation de la consommation de cannabis (<em>«zatla»</em>). Une loi promulguée en mai 1992, sous le règne de Ben Ali, appelée <em>«loi 92-52»</em>, en phase d’être abrogée, permettrait de faire de la place dans les prisons surchargées à ceux qui doivent y être, c’est-à-dire les vrais criminels.</p>
<p><strong>Fumer un joint sans foin</strong></p>
<p>Les jeunes fumeurs incarcérés représentent un tiers de la population carcérale. Même le papier à tabac est un prétexte à emprisonnement car, forcément, pour la police, on ne peut que rouler un joint avec.</p>
<p>Autre phénomène plus grave, un jeune rentre en prison pour un joint et en ressort totalement enfumé par la propagande religieuse des radicalisé qui s’y trouvent.</p>
<p>Il n’y a pas de fumée sans feu, force est de constater que les prisons sont les premiers lieux de radicalisation. Des milliers de Tunisiens sont actuellement en prison et peuvent être incarcérés durant un an et devoir payer une amende de 1000 dinars.</p>
<p>Un jeune qui se retrouve à frayer avec de vrais criminels ou des radicalisés pour avoir tiré sur un pétard, cela revient à dire que dépénaliser le cannabis c’est lutter contre la radicalisation des jeunes en prison.</p>
<p>Cette réflexion pourrait s&rsquo;étendre à l’Europe où la prison pour les jeunes est un lieu de prosélytisme dangereux et de rappeler que la Tunisie compte le plus grand nombre, rapporté à la population, de jeunes partis combattre en Syrie. Un lien est plausible entre les deux situations.</p>
<p>La loi liberticide n’a en rien diminué la consommation, bien au contraire, 120.000 jeunes tunisiens ont vu leur vie basculer. A fin décembre 2016, plus de 7000 jeunes avaient été condamnés dont 3.000 sont en détention préventive. Il serait préférable d’opter pour une prévention des addictions qu’une politique répressive qui ne résout en rien le problème.</p>
<p>Tout en restant opposée à toute forme d’addiction, parce qu’elle est une entrave à la liberté et rend esclave, j’appelle à abandonner d’urgence cette loi qui permettait à la répression sous Ben Ali d’arrêter tout artiste opposant sous prétexte qu’il consommait de la drogue, une autre façon de réduire au silence notamment de nombreux rappeurs. Décriminaliser la consommation des stupéfiants et mettre fin à la <em>«fumeuse loi 52»</em> dégradante pour cesser de priver des jeunes de leur liberté, de leur avenir et de leur dignité.</p>
<p>Espérons que la Tunisie saura donner une impulsion nouvelle à ses jeunes qui même derrière leur écran de fumée continuent à rêver d’un avenir meilleur.</p>
<p>Vive la jeunesse tunisienne, elle est l’avenir du pays, n’enfermons pas cet avenir derrière des barreaux mais donnons lui des ailes.</p>
<p><em>* Activiste de la société civile et blogueuse tuniso-suisse. </em></p>
<p><a href="http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2017/03/02/fumer-son-joint-sans-foin-282469.html"><em><strong>Blog de l’auteure.</strong></em></a></p>
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		<title>La Tunisie sur des ailes de fumée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2017 09:44:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fumeur de kif, peintures de Jacques-Elie-Abraham Hermanjat et Jellal Ben Abdallah. La Tunisie va bientôt dépénaliser totalement la consommation des drogues douces, tel que le cannabis, tout en réprimant sévèrement son trafic. Du spectacle en perspective… Par Yassine Essid La Tunisie a toujours été pionnière dans le monde arabo-musulman en matière de liberté. L’idée que tous,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-83687 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/02/Fumeur-de-Kif-Ban.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Fumeur de kif, peintures de Jacques-Elie-Abraham Hermanjat et Jellal Ben Abdallah.</em></p>
<p><em><strong>La Tunisie va bientôt dépénaliser totalement la consommation des drogues douces, tel que le cannabis, tout en réprimant sévèrement son trafic. Du spectacle en perspective…</strong></em></p>
<p>Par<strong> Yassine Essid</strong></p>
<p><span id="more-83686"></span></p>
<p>La Tunisie a toujours été pionnière dans le monde arabo-musulman en matière de liberté. L’idée que tous, hommes et femmes réunis, avaient une égale valeur, que la communauté d&rsquo;essence leur conférait les mêmes droits fondamentaux, était ancrée dans l’esprit de son peuple et de ses dirigeants, souvent bien avant maints pays d’Occident.</p>
<p><strong>Un pays toujours prêt à donner l’exemple</strong></p>
<p>Rappelons, pour commencer, qu’en 1810 déjà, la Tunisie avait rejeté la doctrine wahhabite, une mouvance rigoriste de l’islam refusée par le Bey Hamouda Pacha et qui demeure encore le fondement idéologique de la monarchie saoudienne.</p>
<p>Quelques décennies plus tard, plus précisément le 23 janvier 1846, Ahmed Bey avait donné à la Tunisie le tout premier texte juridique ayant pour objet l’abolition complète de l’esclavage. Une première dans un monde qui voyait encore dans la traite négrière un commerce profitable.</p>
<p>Le 13 août 1956, Bourguiba libérait les femmes, et le Code du statut personnel, qu’il avait promulgué alors, demeure jusqu’à ce jour un modèle unique dans le monde arabe. Enfin, à la faveur du soulèvement social de janvier 2011, l’ensemble du monde arabe est entré dans un formidable bouleversement politique qui s’est achevé dans l’ensemble par le chaos.</p>
<p>Seule la Tunisie peut se prévaloir aujourd’hui d’un régime démocratique, moderniste, stable, dans lequel la charia n’est pas la source de la législation malgré toutes les manœuvres des islamistes.</p>
<p>Fidèle à ce passé et toujours prête à donner l’exemple, la Tunisie, grâce à la clairvoyance de ses dirigeants, s’impose encore une fois en précurseur. Il est désormais admis, dans les instances gouvernementales et représentatives, qu’en matière de drogues douces, tel que le cannabis, il n’y a pas d’alternative à la nécessité de dépénaliser totalement sa consommation, tout en réprimant sévèrement trafic son trafic.</p>
<p><strong>Les bienfaits présumés des drogues douces </strong></p>
<p>Voyons maintenant, et dans une démarche d’anticipation fictionnelle, quels seraient les effets délétères de la détention et de la consommation à usage personnel, de cette plante réputée bienfaisante, sur le comportement collectif, grâce aux nombreuses vertus qu’elle recèle pour vaincre l’angoisse, la déprime et le mal-être. Autant de souffrances qui sapent aujourd’hui l’organisation même de notre société.</p>
<p>Commençons par tester l’usage du cannabis sur la famille. Les parents, lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes des consommateurs, avaient fini par admettre qu’après tout cette drogue douce, naturelle, était bien moins nocive que la cigarette et l’alcool qui, eux, sont légaux.</p>
<p>De plus, une herbe tolérée évitera aux enfants de tomber un jour dans la délinquance lorsqu’ils ne finissent pas carrément en prison. De ce point de vue, les pouvoirs publics étaient rassurés sur le fait que cette loi va œuvrer pour l’instauration d’un climat familial favorable avec une bonne entente entre parents et jeunes enfants.</p>
<p>Les pâtissiers ont de leur côté saisi tout l’intérêt de la libéralisation du hachisch qu’ils avaient aussitôt ingéré à leurs recettes de gâteaux. Des cakes et des biscuits qui permettent de planer d’une façon savoureuse et ce d’autant plus que l&rsquo;effet des pâtisseries dure plus longtemps et d’une façon plus intense.</p>
<p>Sur le plan éducatif, et à la faveur de ce produit devenu courant, les enseignants sont désormais plus à l’écoute de leurs élèves. Ils arrivent même à instaurer en classe un climat serein. Côté élèves, l’herbe, parce qu’elle calme les hyperactifs et désinhibe les timides, accentue les motivations et réduit les conflits. Le ministère, avait même fini par admettre, autant pour le corps enseignant que pour les élèves, que le cannabis, au même titre que le sport, la musique, les sorties, les loisirs, était aussi un moyen de se détendre, de se reposer hors du stress du quotidien, de la famille, du lycée.</p>
<p>Depuis le vote de la loi, les responsables de la police craignirent, à juste titre, que fumer de l’herbe et conduire ne soient peu en conformité avec les dispositions du code de la route en vigueur dans le pays. Des esprits mal intentionnés avaient commencé à échafauder des scénarios catastrophe affirmant qu’un conducteur sous l’emprise d’une drogue, aussi douce soit-elle, serait un danger public car il ferait preuve d’une mauvaise évaluation des distances, d’une perte de vigilance et de contrôle ainsi que d’une baisse de la concentration. Qu’il serait enclin à commettre des infractions criminelles : excès de vitesse, stop ou feu rouge grillés, défaut de ceinture, etc. Pourtant tous ces sceptiques avaient constaté, une fois la loi entrée en vigueur, que les accidents avaient nettement baissé, de même que les expressions d’incivilité: recours abusif aux klaxons, stationnements en double file, défauts de priorités. On a surtout remarqué avec bonheur que des conducteurs, réputés acariâtres, baissaient moins leur vitre pour invectiver un conducteur malhabile ou vociférer lorsqu’ils sont au volant.</p>
<p><strong>«T’as pas une dépanne»? </strong></p>
<p>Des psychologues appelés à la rescousse mirent fin aux doutes excessifs des responsables de la sécurité routière car ils étaient tous unanimes à admettre que des automobilistes plus détendus et souffrant moins du stress sont forcément moins impatients et donc plus aimables. A ce propos, on a vu deux conducteurs, pris dans un interminable bouchon de circulation, en train de se partager un joint!</p>
<p>Une telle mesure, si démocratique qu’elle puisse être, demeurait cependant formellement interdite aux troupes combattantes autant qu’aux officiers qui les encadrent, bien qu’il arrive que des bidasses en permission se permettent quelques incartades dans ce domaine.</p>
<p>Cependant, sur le plan de la lutte anti-terroriste, on changea de stratégie. Lassé de constater que les bombardements aériens des jihadistes du Mont Samama demeuraient sans effet, l’état-major décida d’adopter une nouvelle tactique. Désormais, au lieu de larguer des bombes on lâchera des sacs pleins de cannabis. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Epuisés par une surconsommation de drogue, les groupuscules terroristes étaient frappés de somnolence, de troubles locomoteurs, de démotivation et de désintérêt pour le combat. Il ne fallait pas plus à l’armée nationale pour les cueillir sans violence. Et c’est ainsi que l’on vint à bout d’une résistance criminelle obstinée.</p>
<p>Au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), l’ambiance avait considérablement changé. Après tout, c’est bien les députés qui avaient voté cette loi et il leur revenait de droit d’en profiter en premier et d’une manière ostensible. On avait alors constaté avec stupeur que l’usage du haschich avait largement atténué les manifestations d’hostilité, rapproché les points de vue, à telle enseigne que les représentants du peuple refusèrent d’être groupés par affinités politiques. Des députés du Front populaire étaient devenus nettement moins agressifs, s’adressaient à leurs collègues de la coalition au pouvoir avec respect et prenaient la parole sans s’emporter. Les plus virulents d’entre eux avaient même choisi de siéger parmi leurs potes d’Ennahdha devenus subitement «cool». Ils se passaient d’ailleurs sans arrêt des joints et leurs sujets de conversations tournaient autour de <em>«elle est bonne celle-là : Afghane ou Marocaine»</em>? Ou bien <em>«t’as pas une dépanne»</em>?</p>
<p>La présence du Premier ministre, venu entretenir les députés sur l’état du pays, fut altérée par le comportement affligeant de l’assistance. Alors qu’ils étaient censés être attentifs au discours du chef de l’exécutif, l’engouement abusif des représentants pour le cannabis les a rendus au contraire parfaitement insensibles aux difficultés que traversait le pays. Les propos moroses sur l’avenir de l’Etat, loin d’impressionner une assistance touchée par l’ivresse du haschich, étaient au contraire accueillis par une monstrueuse indifférence quant à l’insignifiante réalité, voire par des réactions d’hilarité sans motif. On vit même des représentants du peuple s’esclaffer de rire en se tapant les cuisses à l’annonce de l’ampleur du déficit budgétaire!</p>
<p>Ce fut assez pour le Chef du gouvernement qui, pour la première fois dans l’histoire de la démocratie, préféra suspendre son discours et quitter l’Assemblée accompagné de ses ministres.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-51016" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/05/Caid-Essebsi-Ghannouchi-10e-congres-Ennahdha.jpg" alt="" width="500" height="300" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>«Les deux ailes de l’oiseau tunisien et de la démocratie dans notre pay</em>s».</p>
<p><strong>Sur des ailes de fumée</strong></p>
<p>Quant au président de l’ARP, bien que farouche adversaire de cette loi, il s’est retrouvé imprégné malgré lui par l’inhalation involontaire des effluves de l’herbe que fumait la majorité des députés et qui lui portait légèrement à la tête. Tout en restant en partie conscient, il s’est vu subitement déconnecté de la réalité, dans un état proche de l’envoûtement. Il éprouvait une sensation étrange, il était soulevé de terre par bonds successifs avant de s’élancer dans les airs, se réjouissant de la facilité de son vol, planant en esprit sous les toits de l’hémicycle. Le voilà enfin allégé, libéré, affranchi des lois de la pesanteur autant que des débats oiseux. Il vivait une inoubliable expérience de gravitation qu’il cherchait à prolonger le plus longtemps possible. Il se sentait pousser des ailes qui lui permettaient d’exécuter toute sorte d’ondulations et, quand il lui plaît, s’arrête en l’air, devient stationnaire. Il se rappelait alors la représentation allégorique de sa nouvelle anatomie. Dans cette paire d’ailes, se dit-il, l’une représente Ennahdha, l’autre, Nidaa Tounes. Sans doute une réminiscence fortuite de l’inoubliable métaphore du cheikh Rached Ghannouchi comparant les deux grands partis aux <em>«deux ailes de l’oiseau tunisien et de la démocratie dans notre pay</em>s».</p>
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