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	<title>Archives des dette toxique - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des dette toxique - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Cette dette toxique que la Tunisie lègue à ses enfants, parlons-en !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Aug 2023 08:58:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[dette toxique]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’addiction de l’Etat en Tunisie à une dette devenue toxique et insoutenable est gravissime…</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/02/cette-dette-toxique-que-la-tunisie-legue-a-ses-enfants-parlons-en/">Cette dette toxique que la Tunisie lègue à ses enfants, parlons-en !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le prêt saoudien de 400 millions dollars (avec un taux d’intérêt de 5% sur 7 ans) a été signé par le gouvernement et voté par le parlement illico presto en l’espace d’une seule semaine. Un triste record qui en dit long sur l’addiction de l’Etat tunisien à une dette devenue toxique et insoutenable. Gravissime…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-9184804"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>La théorie économique est catégorique : la dette constitue un injuste fardeau que les générations présentes relèguent impunément aux générations futures, soit à nos enfants et petits-enfants.</p>



<p>Cet argument économique est mal compris, probablement méconnu par Kaïs Saïed, ses ministres et ses parlementaires, tous sont axés sur le bidouillage, la gestion des urgences, pour payer les salaires des fonctionnaires, pour ne rien réformer et pour se maintenir au pouvoir, à touts prix, après moi le déluge…</p>



<p>En Tunisie, les élites politiques de l’après 2011 ont utilisé la dette toxique pour gouverner. Ils courent derrière la dette et se jettent sans réfléchir dans les bras des prêteurs de tout acabit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quêteux, rentiers et contrebandiers</h2>



<p>Dans cette course effrénée pour la dette toxique, il y a les quêteurs (du gouvernement), les raquetteurs (lobbyistes, banquiers et même des syndicalistes), mais il y a les payeurs, soit le peuple que les populistes utilisent comme parachoc pour justifier leur errement et leur mal-gouvernance.</p>



<p>L’obtention d’un prêt devient un exploit pour ces élites peu averties des méfaits de la dette. Pour les plus irresponsables d’entre eux, l’obtention d’un prêt devient un acte héroïque, un trésor de guerre à partager entre les parties prenantes et les groupes de pression pour se maintenir au pouvoir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8B0HpB5oii"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/30/la-tunisie-sendette-pour-rembourser-ses-dettes/">La Tunisie s’endette pour… rembourser ses dettes</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie s’endette pour… rembourser ses dettes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/30/la-tunisie-sendette-pour-rembourser-ses-dettes/embed/#?secret=6WeNo0li6u#?secret=8B0HpB5oii" data-secret="8B0HpB5oii" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ceux qui, comme moi, prêchent contre la dette et contre ses méfaits, sont diabolisés par les &nbsp;politiciens, les médias et autres arrivistes de l’establishment. &nbsp;</p>



<p>La dette peut devenir une arme silencieuse pour se maintenir en scelle et faisant payer les autres. Et cela se fait surtout dans les pays à faible littérature économique. Dans les pays développés, les partis politiques ont des programmes construits sur la lutte aux déficits et contre la dette.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie s’appauvrît en s’endettant</h2>



<p>On doit sortir de nos égoïsmes, et on doit se montrer plus intelligents et plus responsables. On doit penser aux générations futures. On doit arrêter d’avoir une mentalité d’assisté en croyant à l’argent magique, providentiel.</p>



<p>Le vrai enjeu est le suivant : les politiques et engagements budgétaires actuels en Tunisie ne serviront pas les intérêts de nos enfants et petits-enfants. Ils enveniment l’économie, et détruisent par conséquent des emplois, au lieu d’en créer. Et de ce point de vue, il apparaît clair que le président Kaïs Saïed ne fait pas exception et il fait exactement ce qu’ont fait les islamistes de Ghannouchi pour se doper de la dette toxique et pour dépenser sans compter avec la dette et ses méfaits.</p>



<p>Mais dans ce débat, il y a des nuances économiques qu’il importe d’apporter.</p>



<p>Les analyses économiques ne sont rien d’autres que des examens coûts-bénéfices portant sur des décisions d’allocations de ressources rares entre divers usages alternatifs. Des examens quasiment comptables qui comparent les deux côtés d’un bilan: d’un côté les actifs et de l’autre les passifs.</p>



<p>Si la dette tunisienne accumulée depuis 2011 s’accroît de manière exponentielle, mais qu’en même temps les actifs augmentent encore davantage, on dira que la Tunisie est gagnante, et les générations futures ne sont pas lésées par les générations présentes. Mais, ce n’est pas le cas de la Tunisie dite démocratique, les services de la dette frôlent des taux d’intérêt de 11%, alors que le taux de croissance ne dépassent pas les 2% sur une décennie. Faites la différence, c’est presque au dixième près, le taux d’inflation que subit la Tunisie d’aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XthVbKtb4i"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/16/tunisie-union-europeenne-dette-toxique-contre-blocus-migratoire/">Tunisie-Union européenne : dette toxique contre blocus migratoire</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Union européenne : dette toxique contre blocus migratoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/16/tunisie-union-europeenne-dette-toxique-contre-blocus-migratoire/embed/#?secret=Xu9CabDx9k#?secret=XthVbKtb4i" data-secret="XthVbKtb4i" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La Tunisie s’appauvrît en s’endettant. Cela se vérifie sans détour, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;investissements dans les infrastructures, l&rsquo;éducation, la santé, la recherche ou les technologies. &nbsp;</p>



<p>Les infrastructures, l’éducation, la santé, l’investissement public et privé se délabrent au grand jour plus et ne font que reculer dramatiquement et à vue d’œil. Entre 2010 et 2022, la part du PIB réservée aux investissements a dégringolé de 26% à moins de 6%.</p>



<p>Mais plus grave encore, le drame touche aussi le capital naturel : la valeur de nos écosystèmes, de nos ressources en eau, de nos forêts, des sols et de l’air que nous respirons sont en chute libre,</p>



<p>Et encore une fois, on ne fait que gaspiller, pensons à nous ici et maintenant, et tant pis si nos enfants auront plus de désertification, moins d’eau, plus de sols pollués et plus de sécheresses.</p>



<p>On ne doit pas s’étonner de voir les jeunes générations se sauver et à tout prix pour trouver un exil ou un refuge en Europe ou en Amérique. Les élites politiques, les médias évitent de faire ces liens de cause à effet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui va payer la facture ?</h2>



<p>La dette financière n’est rien d’autre qu’un quantum chiffré en monnaie, un montant que nous nous devons les uns aux autres. De l’argent à redistribuer, sans nécessairement qu’il reflète de la valeur économique.</p>



<p>Beaucoup de politiciens et d’économistes reconnus en Tunisie ne distinguent pas entre valeur financière et valeur économique. Exemple, les revenus issus des taux d’intérêt rentrant dans le service de la dette ne sont rien d’autres que la location de l’argent et ne constituent aucunement une valeur économique créée et matérialisée. Qui peut s’ajouter au PIB. Dans toutes les civilisations, les revenus de l’intérêt relèvent de la spéculation et point de l’économie réelle.</p>



<p>Dit simplement, les intérêts que vous payez sur l’hypothèque de votre maison ou voiture, cela n’augmente pas de facto là valeur de votre maison ou voiture, c’est jusque les frais du loyer de l’argent. Quand vous vendrez votre maison, les intérêts payés ne font pas partie de la valeur de la maison, toute chose étant égale par ailleurs.</p>



<p>Le prêt saoudien à l’Etat tunisien est libellé en dollar et à 5% d’intérêt, les prêts des banques locales sont libellés en dollars et à presque 12% de taux d’intérêt.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Qmv08yzVGk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/tunisie-le-service-de-la-dette-exterieure-augmente-de-268-au-1er-trimestre-2023/">Tunisie : le service de la dette extérieure augmente de 26,8% au 1er trimestre 2023</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : le service de la dette extérieure augmente de 26,8% au 1er trimestre 2023 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/tunisie-le-service-de-la-dette-exterieure-augmente-de-268-au-1er-trimestre-2023/embed/#?secret=9gjNJLAwjn#?secret=Qmv08yzVGk" data-secret="Qmv08yzVGk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A 5%, le prêt d’un montant X est remboursé le double (2X) en 14 ans. À 12%, le même prêt est remboursé le double en 6 ans. À 7%, en 10 ans.</p>



<p>Si la Tunisie faisait défaut sur sa dette, sa réputation en souffrirait et se verrait payer plus cher ses emprunts, ses importations et verra sa monnaie fondre drastiquement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratie à crédit, démocratie aux rabais</h2>



<p>Pour ne pas ruiner le pays et compromettre les générations futures, le rendement des placements issus d’un prêt donné doit être au moins égale, idéalement supérieur au taux d’intérêt du prêt. Sinon, le prêt est mal utilisé et il ne fait qu’appauvrir, plutôt que d’enrichir.</p>



<p>Kaïs Saïed et ses ministres endettent le pays pour payer des fonctionnaires, pour subventionner de la consommation, soit au départ pour entretenir des projets à taux de rendement nul ou négatif.</p>



<p>Sachant l’absentéisme des fonctionnaires, l’injustice et le gaspillage liés au soutien universel aux produits de grande consommation, je ne peux que plaindre mes enfants et petits-enfants, qui vont payer pour l’irresponsabilité de leurs parents et élites au pouvoir.</p>



<p>Le rendement économique (réel) moyen des entreprises tunisiennes enregistrées en bourse ne dépasse guère les 5% par an.</p>



<p>Un débat national doit être initié au sujet de la dette publique en Tunisie, une prise de conscience collective doit être promue, par les élites, les médias… et les économistes avertis.</p>



<p>Les parlementaires responsables doivent demander des évaluations ex ante de l’utilisation des prêts. Ils doivent demander des analyses coûts bénéfices mesurant le rendement de ces prêts, pour ne pas endetter le citoyen lambda et les nouvelles générations. Une question d’honneur quand on fait de la politique pour rendre service aux citoyens et pas aux politiciens et rentiers qui les financent.</p>



<p>Les organisations internationales ne doivent pas jouer le jeu de nos élites au pouvoir, pour indirectement les maintenir au pouvoir, par une dette toxique et contre-productive. Un risque moral indigne des droits de la personne. Indigne des sociétés dites civilisées!</p>



<p>Côté Tunisie, on ne peut pas continuer à s’enfoncer la tête dans le sable, attendant que ça passe!</p>



<p>Une démocratie à crédit est forcément une démocratie au rabais! Le reste est de la rhétorique…</p>



<p>* <em>Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur </em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/permalink/792825732392912" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia. E4T</a>.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/02/cette-dette-toxique-que-la-tunisie-legue-a-ses-enfants-parlons-en/">Cette dette toxique que la Tunisie lègue à ses enfants, parlons-en !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie, entre théorie du complot et conspirationnisme</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/14/la-tunisie-entre-theorie-du-complot-et-conspirationnisme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2023 09:14:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[mal-gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les théories complotistes sont clivantes, négatives et divisives pour le peuple tunisien. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/14/la-tunisie-entre-theorie-du-complot-et-conspirationnisme/">La Tunisie, entre théorie du complot et conspirationnisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’actuel marasme économique tunisien baigne sur les vagues d’eaux troubles et boueuses d’une ambiance délétère dominée par des rhétoriques complotistes et conspirationnistes. Des rhétoriques clivantes, négatives et divisives pour le peuple tunisien. C’est la logique du diviser pour régner ! Les élites politiques doivent donner l’exemple, et surtout éviter d’incarner le contre-exemple!</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-6473187"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>Les politiciens tunisiens de tout acabit sont à couteau tiré, tous contre tous! Ils sont accusatoires, vulgaires et cyniques, prêts à tout faire pour incriminer et accuser les autres, pour se dédouaner eux-mêmes et se laver les mains de leur propre échec et mal-gouvernance du pays. C’est faire de la petite politique politicienne.</p>



<p>Est-ce cela la démocratie made in Tunisia? Est-ce cela le Printemps arabe? Est-ce cela l’engagement en politique?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ambiance délétère!</h2>



<p>Les politiciens et élites répètent en boucle <em>«ce n’est pas ma faute, c’est celle des autres, ces traîtres, ces voleurs, ces spéculateurs, ces corrompus qui sont responsables des pénuries, misères et effondrement de l’Etat tunisien…»</em>.</p>



<p>C’est leur façon de faire la politique, c’est leur façon de ruiner la Tunisie, les deux doigts dans le nez!</p>



<p>Une rhétorique populiste, plus souvent qu’autrement, sans faire appel à des évaluations objectives, sans démonstrations et sans preuves tangibles, hors de tout doute.</p>



<p>Son excellence le président Kaïs Saïed est passé maître en la matière, en répétant en boucle: <em>«Ce n’est pas moi, ce sont les autres»</em>!</p>



<p>Pourtant il est président depuis presque 4 ans, et alors qu’il a tous les pouvoirs en main depuis deux ans. L’Etat c’est lui !</p>



<p>Mais Kaïs Saïed n’est pas le seul, loin s’en faut. Le recours au complotisme et à la conspiration est désormais un sport national, pratiqué par tous les partis et un grand nombre de politiciens, de médias et d’élites corrompues.</p>



<p>Et même les économistes de ces médias populistes ne font pas exception, les preuves économétriques ne font pas partie de leurs valeurs, de leur culture et boites à outils. On n’a pas honte de se tromper, ou de dire la chose et son contraire, la même semaine!</p>



<p>Au lieu de prôner l’exemplarité on incarne le président le contre-exemple, pour s’accrocher au pouvoir et pour ne rien changer. Et on ne s’étonnera pas de voir ses protagonistes lui rendre la monnaie de sa pièce!</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie en ruine…</h2>



<p>Commençons par le consensus au sujet de ces constats.</p>



<p>C’est vrai que la Tunisie est ruinée, techniquement insolvable et incapable de financer l’Etat sans dette toxique. Mais, où sont les responsables? On ne veut pas gratter et se commettre, et ceux qui osent s’exprimer vont dire : ce n’est pas moi, c’est les autres, les traîtres, les spéculateurs. Aucun ne fait son mea culpa!</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="P0uSTbehLx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/10/populisme-et-complotisme-les-armes-de-kais-saied-se-retourneront-contre-lui/">Populisme et complotisme : les armes de Kaïs Saïed se retourneront contre lui</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Populisme et complotisme : les armes de Kaïs Saïed se retourneront contre lui » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/10/populisme-et-complotisme-les-armes-de-kais-saied-se-retourneront-contre-lui/embed/#?secret=L0uM5prY8B#?secret=P0uSTbehLx" data-secret="P0uSTbehLx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les désaccords commencent dès qu’on commence à pointer les responsabilités, ou les solutions douloureuses et impopulaires requises pour sortir du statu quo et pour redresser la barque!</p>



<p>Les résultats sont là pour dire qu’ensemble, les politiciens et les élites (au pouvoir, ou dans l’opposition), de l’ère post 2011, ont surendetté le pays, paupérisé la population et creusé tous les déficits macroéconomiques.</p>



<p>Pour preuve, la Tunisie est à genoux, son trésor public sous perfusion par la dette toxique, par des dons alimentaires de survie et autres humiliations implicites. Ses ministres quêtent et quémandent à longueur de journée, les prêts et les subventions. Un esprit d’assisté et de mendicité anime l’Etat de fond en comble ! Et ils appellent cela de la coopération …</p>



<p>Face à cette situation délictueuse, les politiciens au pouvoir ou ayant été au pouvoir font feu de tout bois, ils improvisent des pseudos preuves pour accuser les autres, au lieu de faire leur mea-culpa, respirer profondément et demander pardon au peuple tunisien en reconnaissant leur responsabilité?</p>



<p>La théorie de la conspiration et du complot permet aux décideurs tunisiens de l’ère post-2011 de se dédouaner, s’en laver les mains et jeter l’odieux sur les autres, ces traîtres, ces spéculateurs, ces incompétents, ces voyous…</p>



<p>Ces politiciens populistes veulent trouver des bribes de preuves et les contorsionner pour convaincre les gens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des électeurs bernés, une opinion fataliste</h2>



<p>En face, une opinion publique faite de 2 millions d’analphabètes, 3 millions de dyscalculiques ou dyslexiques incapables de distinguer entre millions et milliards de dinars, et 5 millions qui n’ont pas lu un seul livre durant les cinq dernières années.</p>



<p>Étant ce qu’elle est, l’opinion publique tunisienne n’a pas les défenses requises pour se prémunir contre ces discours fondés sur la conspiration et le complotisme. Sans esprit critique et sans méfiance, l’électeur médian ne peut distinguer facilement le vrai du faux! Et cela se constate dans les votes et les dynamiques électorales.</p>



<p>Il faut dire que le discours complotiste et conspirationniste trouve des adeptes dans ces médias poubelles, qui leur réservent tout l’espace médiatique sollicité, selon le principe du donnant-donnant.</p>



<p>Les médias et leurs économistes improvisés font le relais n’arrivant pas à produire les données probantes, fiables qui permettent de pointer hors de tout doute les responsabilités. Les médias cherchent l’audimat pour vendre les emblèmes des multinationales des grandes enseignes.</p>



<p>Le gouvernement comme la Banque centrale jouent le statu quo, l’opacité, en l’absence d’un minimum de la culture de l’évaluation des politiques publiques par des méthodes scientifiques n’a pas encore trouvé son chemin en Tunisie.</p>



<p>Profitant de ce flou, beaucoup de politiciens arrivent et se maintiennent au pouvoir grâce à des slogans et des discours fondés sur la conspiration et le complotisme populiste.</p>



<p>Le complotisme et la conspiration sont néfastes pour la confiance collective, et dévastateurs pour la sérénité démocratique permettant la stabilité des sociétés.</p>



<p>Nancy L. Rosenblum de l’Université de Harvard et Russell Muirhead du Dartmouth College ont récemment coécrit un récent livre intitulé <em>The New Conspiracism and the Assault on Democracy</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le complotisme sans théorie</h2>



<p>Bien que les théories du complot aient toujours existé, ce livre montre qu’aujourd’hui elles sont différentes et plus dangereuses, on ne cherche plus des théories de complot, on développe un discours fondé sur le complotisme sans théorie.</p>



<p>Jadis on parlait des théories de complot. Pas besoin de théorie, les nouveaux complotistes deviennent des grossistes de la grossièreté. Ils livrent en gros, à la va-vite, à longueur de journée, et on raconte toutes les histoires horribles pour accuser les autres, à chaque fois qu’on échoue à faire face à une situation où à solutionner un problème de gouvernance. Et ces histoires trouvent preneurs, pour les gober!</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="34kvSKDWY5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/ce-populisme-lancinant-et-abrasif-en-tunisie/">Ce populisme lancinant et abrasif en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce populisme lancinant et abrasif en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/ce-populisme-lancinant-et-abrasif-en-tunisie/embed/#?secret=5V6htVs3Zx#?secret=34kvSKDWY5" data-secret="34kvSKDWY5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces élites s’exonèrent de preuves et d’explications. Leurs accusations prennent la forme d’une simple affirmation, point à la ligne. On ne dit pas plus, on ne répond pas aux questions!</p>



<p>C’est suffisant pour ameuter des foules et allumer la fureur populaire, pour délégitimer l’opposition politique, aligner les forces armées et bafouer les institutions, les unes après les autres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemplarité bafouée</h2>



<p>En Tunisie, on patauge en plein dans système de gouvernance fondé sur le complot et la conspiration.</p>



<p>Au pouvoir, comme dans les médias ou dans l’opposition politique ou syndicaliste, on joue le jeu de la conspiration et on en ajoute pour mousser l’audimat et élargir ses pouvoirs et son influence de manière égoïste, souvent machiavélique. Mais monétairement rentable.</p>



<p>Même si ces discours sont tirés par les cheveux et ne tiennent pas la route. Immaturité, analphabétisme et naïveté concourent à cette situation maléfique qui secoue la Tunisie et ruine les espoirs de ses jeunes, plus éduqués, plus ambitieux et moins perméables à la rhétorique verbeuse et souvent mensongère des élites politiques qui opèrent dans les différentes articulations de l’Etat, du pouvoir exécutif jusqu’au pouvoir judiciaire, passant par le pouvoir monétaire et financier.</p>



<p>On veut faire croire que ce sont les spéculateurs, les traîtres, les voleurs qui sont responsables des pénuries, du chômage, de la dette.</p>



<p>On accuse les autres, mais personne ne peut prouver ou condamner ces… voleurs, ces traîtres… faute de preuves et hors de tout doute raisonnable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les médias sociaux amplifient la conspiration</h2>



<p>Les médias jouent le jeu. Les médias classiques comme les médias 2.0, plus modernes et plus accessibles opérant en ligne et amplifient les bulles.</p>



<p>Dans ces nouveaux médias, n’importe qui peut dire n’importe quoi à tout le monde instantanément et gratuitement. Et parce que la validation des revendications du complot prend la forme d’une répétition et d’un assentiment, même les<em> «j’aime»</em> et les <em>«retweets»</em> les plus occasionnels donnent autorité à des accusations insensées et destructrices (<em>«beaucoup de gens disent»</em>).</p>



<p>Ces dernières semaines, le fléau se corse. Les effets politiques de ce changement et l’une des premières choses que nous voyons est la propagation d’une forme de conspiration politiquement maligne sans un minimum de bon sens, sans un minimum d’ancrage théorique.</p>



<p>La même technologie fait des ravages en Tunisie, diffusant des accusations telles que les <em>«fake News»</em> est aussi responsable. Dans d’autres pays, la même technologie augmente la productivité et renforce les réseaux sociaux et la confiance liée.</p>



<p>Les représentants politiques et les citoyens qui saisissent les effets du conspirationnisme.</p>



<p>Personne n’a encore compris comment le faire, à moins d’une certaine forme de censure publique ou d’entreprise d’entrepreneurs conspirationnistes flagrants et néfastes pour le progrès social et la prospérité économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les incertitudes n’arrangent rien</h2>



<p>Il y a beaucoup de théories du complot à gauche – centrées sur l’argent noir, la finance, les machinations secrètes des capitalistes, de l’armée, etc.</p>



<p>Mais la nouvelle conspiration sans théorie ni preuve tangible vient principalement de la droite. C’est en partie parce qu’il vise l’État régulateur et les experts accrédités (économistes, populistes, etc.), et s’aligne donc sur l’antigouvernementalisme absolutiste ainsi qu’avec ceux qui considèrent l’expertise comme intrinsèquement élitiste.</p>



<p>Mais nous ne voyons aucune raison pour que le nouveau conspirationnisme soit limité à un parti ou à un point du spectre politique. C’est une force puissante, avec la capacité d’animer la fureur populaire, de délégitimer l’opposition politique et de détourner les institutions gouvernementales. À moins qu’il ne soit déresponsabilisé en tant qu’outil politique, nous pourrions le voir plonger encore plus la Tunisie dans le marasme et les abimes liés.</p>



<p>La contre-force provient de l’autorité des institutions productrices de connaissances (c’est-à-dire des tribunaux, des organismes dotés d’experts, des universités, des centres de recherche) d’un côté, et du bon sens démocratique de l’autre.</p>



<p>Partout où la conspiration remodèle la vie publique, deux mesures préventives sont vitales : défendre l’intégrité des institutions productrices de connaissances et renforcer la confiance dans le ballast du bon sens.</p>



<p>La perméabilité aux discours complotistes et à la propagation des théories du complot est un des symptômes de notre incertitude croissante quant à l’endroit où se trouve réellement la menace.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On juge sans preuve, sans évaluation</h2>



<p>Même si la conspiration et le discours complotisme deviennent une menace pour la démocratie et pour la liberté de par le monde, la malignité abonde, et toutes les dégradations de la démocratie ne vont pas de pair. Le nouveau conspirationnisme est plus qu’une simple ramification ou un épiphénomène d’autres forces telles que l’autoritarisme ou le populisme conventionnel.</p>



<p>Une fois qu’il a pris pied dans la vie publique, la conspiration devient une arme mortelle, une force indépendante et dévastatrice.</p>



<p>Même là où les théories classiques du complot abondent, il y a peu de preuves, tout est bâti sur des affirmations peu démontrables, des fabulations qui caractérisent le nouveau conspirationnisme.</p>



<p>Mais il y a des raisons de penser que cela va changer. Et le pouvoir de la conspiration en politique est amplifié, lorsque les partis politiques et les autres institutions sont affaiblis et en désarroi. Parce que tous ces facteurs sont en jeu, il est peu probable que le nouveau conspirationnisme soit contenu en Tunisie, sans un regain d’intérêt pour l’évaluation des politiques publiques, la mesure des résultats, avec à la clef et traçabilité, imputabilité et mea-culpa.</p>



<p>* <em>Economiste universitaire au Canada.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur.</em></strong> <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?multi_permalinks=703334404675379&amp;ref=share" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia, E4T.</a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/14/la-tunisie-entre-theorie-du-complot-et-conspirationnisme/">La Tunisie, entre théorie du complot et conspirationnisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie: le président Kaïs Saïd joue au Père Noël !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/26/tunisie-le-president-kais-said-joue-au-pere-noel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Dec 2022 10:34:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Budget de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[dépenses de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[dette toxique]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[loi de finances 2023]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le budget de Kaïs Saïed est irréaliste, populiste, inflationniste et dans une large mesure électoraliste.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/26/tunisie-le-president-kais-said-joue-au-pere-noel/">Tunisie: le président Kaïs Saïd joue au Père Noël !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le timing n’est pas fortuit, en ce vendredi saint du 23 décembre 2022, et juste avant la fermeture des bureaux du FMI à Washington (pour les vacances de Noël), le président Kaïs Saïed fait promulguer le budget de l’Etat tunisien pour 2023. Incroyable, mais vrai, le président joue au père Noël, avec une augmentation nominale des dépenses de l’Etat de 30%, alors que les caisses sont vides, totalement tributaires de la dette pour éviter la faillite.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari </strong>*</p>



<span id="more-5823928"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>Beaucoup comme moi ne croient pas au Président-Père-Noël! Ma lecture économique (et pas comptable) du budget 2023 se résume en 4 mots clefs: le budget de Kaïs Saïed est irréaliste, populiste, inflationniste et dans une large mesure électoraliste.</p>



<p>Électoraliste, et pour cause, le président est sommé, par l’opposition et plusieurs pays occidentaux de déclencher des élections présidentielles anticipées. Sa légitimité est mise à rude épreuve!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un État-Léviathan!</h2>



<p>Dans la mythologie grecque, un Léviathan est un monstre qui écrase tout sur son passage.</p>



<p>Dans ce budget de dernière minute, le président Kaïs Saïed se place aux antipodes de ce que doit être fait pour relancer la croissance, restaurer les fondamentaux économiques et systématiser une bonne gouvernance durable et axée sur les résultats.</p>



<p>Ce budget dépensier est irréaliste, ne change rien et ne fait que consacrer l’économie de rente pour ne pas déranger les lobbyistes, alors que les contribuables, ces payeurs de taxes, sont pris à la gorge, ne pouvant plus joindre les deux bouts. Leur pouvoir d’achat est massacré sous les feux croisés de l’inflation d’un côté, et de la déperdition de la valeur du dinar, d’un autre côté.</p>



<p>Un budget de saupoudrage et qui confirme la fuite en avant d’un État boulimique, pléthorique, bureaucratique et passé maître dans l’improvisation, le gaspillage et l’opacité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un budget inflationniste</h2>



<p>De facto, le budget de Kaïs Saïed est inflationniste: il augmente les dépenses financées par la dette extérieure, et pas par la richesse créée sur place. Il raisonne par le <em>wishfull thinking</em>.</p>



<p>Il parie sur les donations internationales et l’idée de l’argent facile et peu coûteux. Alors que les taux d’intérêt sont à deux chiffres, sur les marchés mondiaux, et pour les États endettés et peu solvables comme la Tunisie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eJWeHXczFE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/mohsen-hassen-letat-tunisien-continue-de-vivre-au-dessus-de-ses-moyens/">Mohsen Hassen : «L’Etat tunisien continue de vivre au-dessus de ses moyens»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mohsen Hassen : «L’Etat tunisien continue de vivre au-dessus de ses moyens» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/mohsen-hassen-letat-tunisien-continue-de-vivre-au-dessus-de-ses-moyens/embed/#?secret=7eDtDOyDOh#?secret=eJWeHXczFE" data-secret="eJWeHXczFE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Entre le budget encore non bouclé de l’année 2022, et celui annoncé pour 2023, on hausse les dépenses de presque 30%, alors que le taux de croissance économique attendu ne peut excéder les 1,6% en dinar constant. Un taux de croissance économique à peine équivalent au taux de croissance démographique. C’est tout dire sur la place de l’économique dans cet exercice de budgétisation populiste jusqu’à l’os!</p>



<p>Le budget 2023 illustre une contradiction majeure entre d’un côté une politique monétaire restrictive, prônant des taux d’intérêt de plus en plus élevés pour combattre l’inflation et une politique fiscale dépensière, inflationniste et au final politisée. Cette contradiction écrasera davantage l’investissement, le pouvoir d’achat et la valeur du dinar. Et de ce point de vue, l’année 2023, sera pire que ses précédentes.</p>



<p>Au final, le budget 2023 renforce les dépenses financées par une dette toxique et insoutenable. Dit autrement, par les diktats des donateurs.</p>



<p>Presque le tiers des recettes budgétaires sont tributaires de la dette internationale et presque la moitié des recettes fiscales sont absorbées par les salaires et avantages des fonctionnaires d’un Etat-Léviathan, qui règne sur un pays à la fois sur-administré et sous-gouverné.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un budget pour faire moins avec plus!</h2>



<p>Populiste comme jamais, le président Kaïs Saïed décrète unilatéralement un budget factice, qui évite les choix difficiles et qui ne fait que reporter pour plus tard les décisions douloureuses visant à rationaliser l’Etat et optimiser les services publics.</p>



<p>Ce budget est irrecevable pour les citoyens ordinaires. Il l’est moins pour le FMI, puisque non crédible, irréaliste et qui rapproche les échéances d’une dramatique cessation de paiement.</p>



<p>Le budget 2023, Kaïs Saïed gonfle artificiellement les dépenses de l’Etat, au lieu de les rationaliser et au lieu d’optimiser leurs impacts sur l’investissement et sur les moteurs de la relance économique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6XGjQSVdZM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/tunisie-les-recettes-fiscales-representeront-87-des-recettes-de-letat-en-2023/">Tunisie&nbsp;: les recettes fiscales représenteront 87% des recettes de l’Etat en 2023</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie&nbsp;: les recettes fiscales représenteront 87% des recettes de l’Etat en 2023 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/tunisie-les-recettes-fiscales-representeront-87-des-recettes-de-letat-en-2023/embed/#?secret=1USaErkpYa#?secret=6XGjQSVdZM" data-secret="6XGjQSVdZM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce budget ne répond à aucun des critères de la bonne gouvernance. Aux antipodes de ce qu’on enseigne à nos étudiants en Amérique du Nord, en économie, en administration, en évaluation des dépenses publiques et en gestion axée sur les résultats (pas sur les objectifs).</p>



<p>En matière de bonnes pratiques et de bonne gouvernance budgétaire, on enseigne à nos étudiants canadiens, le principe de l’incrémentalisme budgétaire. Un sacré principe qui stipule la modulation et la pondération fondée sur les données probantes, sur des choix éclairés par les analyses coûts-bénéfices. Un sou est un sou, et le contribuable doit avoir pour son argent (taxes payées).</p>



<p>Ce principe vise à moduler de façon incrémentielle et marginale les dépenses budgétaires, tenant compte de deux contraintes. L’une portant sur l’équilibre recettes-dépenses, l’autre portant sur la modulation et l’évaluation rationnelle de chacune des dépenses prévues, le tout pour ne pas dilapider les taxes péniblement payées par les contribuables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sabrer dans le gras dur de l’Etat!</h2>



<p>Sans aucune revue budgétaire préalable, sans aucune évaluation publiée au sujet la performance de l’Etat, sans parlement pour fouiller et vérifier (un tant soit peu), le président impose ex nihilo un budget dysfonctionnel, illégitime et inadmissible en démocratie. C’est un budget unilatéral, autocratique et dictatorial dans une large mesure.</p>



<p>Comme ses prédécesseurs, depuis 2011, Kaïs Saïed ne veut pas toucher au vrai enjeu, celui de sabrer dans le <em>«gras dur»</em> de l’Etat.</p>



<p>Lui et son gouvernement ne veulent pas couper dans le sureffectif des fonctionnaires et épurer l’Etat de son mauvais sang, incarné par des employés fantômes, factices et souvent recrutés sans concours au mérite et avec des diplômes falsifiés.</p>



<p>Le président Kaïs Saïed ne veut pas réduire les effectifs de ces 800 000 fonctionnaires (650 000 au sein de l’Etat central et presque 150 000 dans les sociétés d’Etat et organismes liés).</p>



<p>Le Maroc compte seulement 545 000 fonctionnaires civils, alors que sa population totale est trois fois plus élevée que celle de la Tunisie.</p>



<p>En Tunisie, au moins 200 000 fonctionnaires sont de trop, ils sont payés pour ne rien faire de productif.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HIrttf9Lrn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/en-tunisie-letat-coute-trop-cher-aux-contribuables/">En Tunisie, l’Etat coûte trop cher aux contribuables  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, l’Etat coûte trop cher aux contribuables   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/en-tunisie-letat-coute-trop-cher-aux-contribuables/embed/#?secret=nsdkc3pWH2#?secret=HIrttf9Lrn" data-secret="HIrttf9Lrn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Autant d’employés fantômes qui n’ajoutent aucune valeur additionnelle aux services publics, où tout est en délabrement et décomposition avancées.</p>



<p>Le salaire de ces 200 000 fonctionnaires en sureffectif coûte cher aux contribuables: presque 5 milliards de dinars annuellement (frais divers et salaire brut moyen de 25 000 dinars par an, par fonctionnaire). Soit plus de 1,5 milliard de dollars américains, de gaspillés au grand jour!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Créer de l’espace budgétaire!</h2>



<p>Le limogeage de ces fonctionnaires fantômes et factices peut s’ajouter à des économies réalisées par des coupures chirurgicales dans les subventions indues dans les produits de base peut procurer au pays un espace budgétaire suffisamment important pour réduire le fardeau de la dette, réduire l’inflation et impulser l’investissement. Un 10 à 12 milliards de dinars d’économie dans les dépenses, c’est faisable…</p>



<p>Mais, Kaïs Saïed ne veut aucunement toucher à cet enjeu pour des raisons électoralistes et populistes. Le président a perdu sa légitimité et ne peut convaincre de ses projets et promesses.</p>



<p>Un licenciement programmé, par mise à la retraite anticipée et incitation aux départs, dégage suffisamment de marge de manœuvre pour augmenter les salaires des autres fonctionnaires, histoire de motiver la productivité et redonner confiance envers l’Etat et ses fonctionnaires. Il peut aussi aider à diminuer la pression fiscale sur les petites et moyennes entreprises.</p>



<p>Le budget 2023 occulte les sociétés d’Etat et fait comme si elles n’existent pas. La restructuration et la modernisation de ces sociétés peut générer à l’Etat un autre 10 milliards de dinars annuellement, sans passer nécessairement par la privatisation, et le bradage de celle-ci comme proposé par le FMI.</p>



<p>Pour finir, je dirai que ce budget a tous les ingrédients d’un pamphlet électoraliste. Le président est sommé par les partis d’opposition et par plusieurs pays occidentaux de déclencher des élections présidentielles anticipées. Probablement quelques mois après l’investiture du nouveau parlement… et durant 2023! Une question de légitimité à restaurer et à rebâtir… </p>



<p>* <em>Economiste universitaire au Canada.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/26/tunisie-le-president-kais-said-joue-au-pere-noel/">Tunisie: le président Kaïs Saïd joue au Père Noël !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie: Kaïs Saïed sacrifie le dinar !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/16/tunisie-kais-saied-sacrifie-le-dinar/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Jul 2022 05:57:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[dinar]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle constitution de Kaïs Saïed  évacue l’économique de ses articles et ne veut rien faire pour inverser la tendance baissière du dinar et la paupérisation que génèrent ces interminables vagues de dévaluation de la monnaie nationale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/16/tunisie-kais-saied-sacrifie-le-dinar/">Tunisie: Kaïs Saïed sacrifie le dinar !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Politics as usual! Depuis le 25 juillet 2021, depuis que le président Kais Saied (KS) a monopolisé tous les pouvoirs, le dinar s’est déprécié face au dollar américain, de presque 21%, en 12 mois. Sur l’autel du pouvoir, le dinar est malmené, flagellé, sacrifié… Décryptage!</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-2278055"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>La nouvelle constitution proposée par KS ne change rien pour le dinar, elle entérine les choix monétaristes, voulant imposer à la Tunisie un dinar faible, flexible à volonté et en glissement continu.</p>



<p>Le projet de la nouvelle constitution confirme l’indifférence des élites politiques au sommet de l’Etat face à la déchéance du dinar. KS fait comme ses prédécesseurs, ceux qui ont gouverné depuis 2011, ceux qui ont mené le dinar à sa perte.</p>



<p>Entre 2012 et 2020, le dinar a perdu 50% de sa valeur face au dollar. Créé le 18 octobre 1958, comme monnaie nationale, en remplacement du franc français, le dinar, n’a plus la cote chez tous ces décideurs et politiciens de l’après 2011, toutes tendances et idéologies confondues.</p>



<p>On le laisse s’effondrer, pour faire plaisir aux lobbyistes et bailleurs de fonds… Objectif : se maintenir au pouvoir!</p>



<p>Le dinar va mal et très mal! Et si rien ne change dans les fondamentaux économiques et monétaires de la gouvernance et si les attitudes des politiciens continuent comme elles sont aujourd’hui, d’ici 2025 (voire dans 3 ans), le dinar ne vaudra plus que 20 cents américains (1$=5 dinars), comme le prévoient plusieurs agences américaines. C’est terrible, <a href="https://gov.capital/forex/usd-tnd/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">comme trajectoire</a>, comme anticipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Politique d’un dinar faible</h2>



<p>A l’évidence, KS s’inscrit dans la même mouvance qui prône un dinar faible. Une mouvance qui instrumentalise le dinar et l’utilise comme variable d’ajustement entre trois enjeux macro-économiques cruciaux : une stagflation qui perdure, un déficit public hors de contrôle et une dette toxique et insoutenable.</p>



<p>Dans son projet de nouvelle constitution, KS définit la Tunisie au regard de l’islam, la langue arabe, du drapeau, du régime républicain et même de l’hymne national, <em>«Houmat Al-Hima»</em>! Mais la nouvelle constitution ne pipe pas un seul mot au sujet du dinar, comme monnaie nationale, comme devise, comme monnaie d’échange, comme unité de compte et comme réserve de valeur pour l’économie et pour les richesses des citoyens tunisiens. Il faut le faire…</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aS9WjQZopf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/08/tunisie-hausse-des-taux-directeurs-chute-du-dinar/">Tunisie : Hausse des taux directeurs, chute du dinar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Hausse des taux directeurs, chute du dinar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/08/tunisie-hausse-des-taux-directeurs-chute-du-dinar/embed/#?secret=EWhyoUffHA#?secret=aS9WjQZopf" data-secret="aS9WjQZopf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pourtant, le dinar rythme la vie de tous les jours des Tunisien(ne)s et il conditionne leur pouvoir d’achat et leur capacité à consommer et à survivre…</p>



<p>Dit autrement, et selon le projet de constitution proposé au référendum du 25 juillet, dans une dizaine de jour, par KS, la Tunisie ne peut pas changer ou altérer l’hymne national, mais elle peut changer à gré de monnaie ou la valeur de celle-ci. Le projet de la nouvelle constitution occulte la devise nationale dans les choix constitutionnels et stratégiques du pays. KS et les co-rédacteurs de ce projet de constitution savent ce qu’ils font, et ils doivent l’assumer pour l’histoire et devant les citoyens.</p>



<p>C’est gravissime, la constitution de KS entérine implicitement une politique monétaire qui prône un dinar à la merci du cartel des banques, un dinar manipulé derrière des portes closes par la Banque centrale (BCT).</p>



<p>Cette constitution dépouille le dinar de toute symbolique patriotique et mobilisatrice pour la création de la richesse, par le travail, par l’investissement et par l’épargne.</p>



<p>La nouvelle constitution regarde ailleurs, évacuant l’économique de ses articles et ne voulant rien faire pour inverser la tendance baissière du dinar et la paupérisation que génèrent ces interminables vagues de dévaluation de la monnaie nationale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vpQKgllVjb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/01/parite-dollar-euro-quel-impact-sur-le-dinar-tunisien/">Parité dollar-euro : quel impact sur le dinar tunisien?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Parité dollar-euro : quel impact sur le dinar tunisien? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/01/parite-dollar-euro-quel-impact-sur-le-dinar-tunisien/embed/#?secret=HHthYyh10A#?secret=vpQKgllVjb" data-secret="vpQKgllVjb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Descente aux enfers du dinar</h2>



<p>Le dinar valait exactement 3,2 dollars américains en 1959, et désormais, il faut 3,2 dinars pour obtenir un dollar. Ironie de l’histoire…</p>



<p>Une débâcle et une tendance baissière qui ruinent l’investissement, qui tirent vers le bas la création de l’emploi et qui vampirisent le pouvoir d’achat. Avec toujours une inflation indomptable et une dette toxique, devenue insoutenable.</p>



<p>Les textes constitutionnels proposés et les discours populistes tenus par le président KS ne parlent pas de dinar, et ne font rien pour contrer ces politiques monétaristes imposées à la Tunisie.</p>



<p>C’est inquiétant: la nouvelle constitution évite de préciser que le dinar est la devise nationale… et pour ce faire, il doit être une monnaie forte, crédible et à la hauteur de la démocratie ambitionnée par le pays, par les ménages et les nouvelles générations.</p>



<p>Au regard de l’économie et du dinar en particulier, la nouvelle constitution du président KS s’inscrit en continuité de celle de 2014, élaborée par une assemblée dominée par l’islam politique. Il n’y a aucune différence, c’est du pareil au même!</p>



<p>De facto, le président Kaïs Saïed, entérine les choix publics dessinés par les islamistes, qui ont taillé sur mesure l’indépendance de la Banque centrale (Loi 2016). Des choix qui enfoncent le dinar dans une trajectoire tirée par deux principes fondamentaux:</p>



<p>1- On ne touche pas au cartel des banques et on ne questionne pas leur mainmise sur l’économie, où des pans entiers de l’économie sont détenus par une dizaine de familles qui possèdent ces banques et dominent l’essentiel des secteurs rentables au pays. Un cartel de rentiers et pour qui le dinar n’est qu’une pièce, parmi d’autres, dans leur jeu de cartes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pd5X2dVbWs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/08/tunisie-la-bct-observe-le-mutisme-face-a-la-forte-depreciation-du-dinar/">Tunisie : La BCT observe le mutisme face à la forte dépréciation du dinar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : La BCT observe le mutisme face à la forte dépréciation du dinar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/08/tunisie-la-bct-observe-le-mutisme-face-a-la-forte-depreciation-du-dinar/embed/#?secret=aqAwXIbgbE#?secret=pd5X2dVbWs" data-secret="pd5X2dVbWs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>2- On opte pour une politique monétaire qui utilise le dinar comme variable d’ajustement pour contrer les déficits budgétaires, et pour contrebalancer une politique fiscale génératrice d´une inflation galopante non maîtrisable, fondée sur les déficits budgétaires financés par une dette toxique insoutenable. Faute de réformes économiques et de discipline budgétaire, on dévalue le dinar…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Où est passé le patriotisme économique&nbsp;<strong>?</strong></h2>



<p>Kaïs Saïed ferme les yeux sur le sort du dinar et de ses implications latentes et invisibles à l’œil nu. Il ne met pas le dinar sur les rails de la bonne gouvernance et ne se prononce pas au sujet de l’impératif de le protéger contre les dangers de la spéculation et de la dévaluation volontaire, par des opérateurs économiques nationaux ou internationaux.</p>



<p>Cet oubli laisse le champs libre à toutes sortes d’interprétations et ouvre les portes à des risques de revirement qui peuvent, le cas échéant, par exemple, changer la monnaie nationale, faire allégeance à une zone monétaire donnée, ou remplacer carrément la monnaie par une autre monnaie (crypto, digitale, etc.).</p>



<p>Dans la plupart des constitutions, les États définissent leur monnaie et la considèrent comme un vecteur de souveraineté nationale.</p>



<p>Le droit international, public et privé, reconnaît parfaitement la souveraineté monétaire des États et leur compétence exclusive pour définir leur monnaie, définition qui s’impose à toute personne qui choisit d’utiliser ladite monnaie, en vertu du principe dit de la <em>«lex monetae»</em> ou loi monétaire.</p>



<p>Des pays comparables ont précisé dans leur constitution le choix de leur monnaie nationale. Ils ont de facto balisé les compétences monétaires de l’Etat. Cela permet de rassurer les opérateurs économiques, même si on peut comprendre les raisons de la non-convertibilité et les prudences liées.</p>



<p>Certes, la BCT est indépendante de l’Etat tunisien, mais cette institution est devenue tributaire des bailleurs de fonds internationaux, du cartel des banques locales, pour qui les affaires tournent mieux en Tunisie, avec un dinar toujours plus faible, un dinar en chute libre et qui maxime les bénéfices des secteurs exportateurs en réduisant de facto la valeur réelle des coûts de production.</p>



<p>En sacrifiant le dinar, KS trahit ses électeurs et n’honore pas ses promesses électorales, dans tous les domaines ayant trait à l’économie. Les parades, les discours et les visites improvisées en pleine nuit dans les dépôts de spéculateurs ne changent rien à la donne, surtout quand tout le monde sait que le dinar est sans défense et qu’il s’étiole de manière continue… toutes les semaines et tous les mois.</p>



<p>Ce faisant, KS est imputable pour l’histoire, le dinar est en danger, et il fait comme si rien n’était.</p>



<p>On induit en erreur les citoyens en leur promettant des augmentations salariales, ou en leur procurant des subventions, sachant d’avance que le dinar qu’on leur offre s’étiole de jour en jour, pénalisant leur pouvoir d’achat, notamment des plus démunis qui vivent sur l’aide sociale, qui ont des indemnités de retraite fixes ou qui font partie de la classe moyenne.</p>



<p>C’est donner par une main, et prendre de l’autre… C’est l’illusion monétaire en grandeur nature! Et c’est indigne de l’Etat, onze ans après la Révolte du Jasmin.</p>



<p>Le Maroc a fait le choix d’un dirham fort, et il en tire aujourd’hui tous les bienfaits. D’abord en stabilisant le pouvoir d’achat de ses citoyens et ensuite en crédibilisant une politique monétaire articulée, capable d’attirer les investisseurs internationaux et de transiger correctement avec tous les partenaires de l’économie mondiale.</p>



<p>L’économie ne pardonne pas! Elle n’a pas la mémoire courte.</p>



<p>En Tunisie, l’indifférence au pouvoir d’achat et le laisser-faire dans la dépréciation de la valeur de la monnaie nationale ont fini par jeter aux abois bien de personnalités puissantes et dominantes. On peut citer Ahmed Ben Salah, Hedi Nouira, Mohamed Mzali, Habib Bouguiba, Zine El Abidine Ben Ali, Rached Ghannouchi… et la liste n’est pas définitive!</p>



<p>Négliger le dinar c’est dangereux! Ce n’est pas une mince affaire, c’est un enjeu qui interpelle le portefeuille de tous les citoyens. Sa dévaluation constitue une autre façon de réduire les salaires réels de tous travailleurs et ménages liés.</p>



<p>* <em>Universitaire au Canada. </em></p>
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		<title>Islam politique et déni économique en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 07:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré ses 40 ans d’existence et ses 10 ans au pouvoir, Ennahdha ne dispose d’aucun programme économique structuré et structurant. Le colloque organisé, le 5 juin 2021, à Ghammarth, par le parti islamiste, dévoile les incohérences et les lacunes de la pensée économique de l’islam politique en Tunisie. Au moins cinq enjeux économiques vitaux sont...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Seminaire-Ennahdha.jpg" alt="" class="wp-image-352462"/><figcaption><em>Bling-bling, discours mielleux et communications à l’eau de rose, relayés par les réseaux d’El-Jazeera.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Malgré ses 40 ans d’existence et ses 10 ans au pouvoir, Ennahdha ne dispose d’aucun programme économique structuré et structurant. Le colloque organisé, le 5 juin 2021, à Ghammarth, par le parti islamiste, dévoile les incohérences et les lacunes de la pensée économique de l’islam politique en Tunisie. Au moins cinq enjeux économiques vitaux sont occultés. Ni vus ni connus…Il faut dire que ce colloque est organisé dans un contexte d’une crise économique étranglante, jamais vécue en Tunisie depuis 66 ans.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari, </strong>Ph.D. *</p>



<span id="more-352461"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Malgré le bling-bling, les discours mielleux et les communications à l’eau de rose, relayés par les réseaux d’El-Jazeera, les propos dépassent l’entendement. Les documents de cadrage sont lissés à l’extrême et les économistes qui ont pris la parole lors de colloque n’ont fait que caresser le Cheikh Rached Ghannouchi, le puissant président du mouvement, dans le sens du poil.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Motus et bouche cousue!</h3>



<p>Quasiment tous les économistes du parti et autres invités indépendants «intéressés» ont tourné autour du pot, évitant les débats d’idées et les enjeux qui dérangent.</p>



<p>Motus et bouche cousue au sujet de 5 enjeux économiques qui asphyxient l’économie du pays. À savoir :<br>i) l’endettement et ses néfastes impacts;<br>ii) l’effondrement du pouvoir d’achat et paupérisation liée;<br>iii) l’emprise d’un monétariste dévastateur pour l’investissement;<br>iv) la croissance exponentielle des emplois fictifs au sein de l’État;<br>v) la corruption et ses méfaits sur le sens de l’État et services publics.</p>



<h3 class="wp-block-heading">«More of the same»</h3>



<p>On reste sur sa faim, rien de consistant dans ce colloque passé sous silence par les médias tunisiens. Aucun bilan, aucune rétrospective, aucun punch et aucun débat crédible, constructif pour dire «what next?».</p>



<p>Le parti Ennahdha n’a pas perdu ses réflexes de clandestinités et d’entourloupes.</p>



<p>La Tunisie et ses partenaires internationaux s’attendaient à des décisions courageuses, mais peine perdue! Aucun positionnement ferme et aucune décision résolue.</p>



<p>Sans positionnement clair relativement à ces enjeux et sans communication transparente de la part des islamistes, le pays ne peut ni réformer son économie, ni mobiliser ses opérateurs économiques, et encore moins mériter la confiance des institutions internationales : FMI, Fitch, Moody’s, etc.</p>



<p>En démocratie, les partis politiques qui se respectent assument leur échec et agissent pour faire mieux. Ils prennent des risques en prenant les décisions requises avec célérité, avec un leadership assumé et avec une combativité affichée pour contrer les crises économiques.</p>



<p>Ce n’est pas le cas d’Ennahdha! Alors que l’économie tunisienne est techniquement en faillite, le parti islamiste regarde ailleurs et laisse faire. Le parti véhicule une démocratie de façade, sans propositions courageuses, étudiées et articulées autour d’une vision économique assortie d’objectifs, de moyens conséquents, avec des couleurs distinctives et avec un ancrage idéologique limpide et résolu dans la durée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Du «wishfull thinkings»!</h3>



<p>De la pensée fataliste et résignée avec toujours plus d’inchallah! Que du<em> wishfull thinking</em>, sans démonstrations économétriques. Rien pour annoncer un sauvetage crédible, pour avouer un <em>mea-culpa</em>, avec un changement de cap et avec des engagements fermes, rassurants pour dire quoi faire pour éviter la faillite de l’État et comment renflouer un Trésor public qui manque, officiellement, 19 milliards de DT pour boucler le Budget 2021, en fait 23 milliards de DT selon des calculs plus fins ?</p>



<p>Aucune compassion avec les victimes de la crise économique: quasiment un jeune actif (16-24 ans) sur deux est sans emploi et est hors des systèmes éducatifs. La même semaine, l’Unesco inaugure à Zarzis le cimetière de milliers de jeunes anonymes morts noyés en tentant de fuir le chômage, en se jetant dans la mer pour rejoindre l’Italie, coûte que coûte.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ambiguïté et opportunisme de circonstance</h3>



<p>Plus grave encore, les documents économiques et les intervenants du colloque n’annoncent pas leurs couleurs et ne se positionnent pas sur le spectre idéologique gauche-droite. Ils ne précisent pas le rôle de l’État face aux mécanismes du marché.</p>



<p>Tous pataugent au centre du spectre politique et n’osent pas prendre position avec une vision économique pro-cyclique ou contre-cyclique, sans repères étayés 360 degrés pour convaincre et mobiliser.</p>



<p>Dominant au parlement, le parti islamiste Ennahdha n’a pas jugé bon de faire une synthèse évaluative de ses 10 ans au cœur du pouvoir. Pas de bilan, pas de recommandations disant quoi changer, quand et comment (instruments et modalités de financement). Pourtant, un bilan aurait aidé à crever l’abcès… Et celui qui n’apprend pas de ses erreurs, il est obligé de les refaire à répétition.</p>



<p>Les faucons du parti ne veulent pas fâcher leurs lobbies et alliés radicalisés dans la sphère politique tunisienne, mais aussi dans les pays du Moyen-Orient.</p>



<p>Tout est fait pour grappiller toujours plus de votes centristes. L’électeur médian est au cœur des convoitises. Cet électeur médian est plutôt jeune, issu du monde rural, du genre masculin, peu éduqué, peu ouvert aux valeurs de la modernité de l’État et des services publics.</p>



<p>Le parti Ennahdha dispose déjà d’un vivier assuré par un électorat religieux, un électorat ultraconservateur, acquis au statu quo et qui tire profit des rentes en place. Pour ce beau-monde, pas besoin de réformer…</p>



<h3 class="wp-block-heading">La dette, de «l’argent magique»!</h3>



<p>Le parti Ennahdha a été le principal parti au pouvoir depuis 2011 : avec 10 gouvernements et 467 ministres majoritairement nommés par le parti islamique.</p>



<p>Tous ces gouvernements ont fait jouer la carte de crédit du pays, pour se maintenir au pouvoir et pour faire payer la facture aux contribuables.</p>



<p>Le pourcentage de la dette par rapport au PIB est passé de 39% en 2010 à 112% aujourd’hui (dette de l’État et des sociétés publiques). Plus de 30 milliards de $US ont été obtenus en dons, sans savoir comment ils étaient utilisés.</p>



<p>Aujourd’hui, l’État est exposé à une cessation de paiement de ses dettes. Il est rendu à quêter et à quémander de quoi payer sa dette et les salaires de sa pléthorique fonction publique. Les stratégistes et les leaders d’Ennahdha sont responsables de l’addiction du pays à l’endettement international. Mais, ils ne bougent pas d’un iota au regard de cet enjeu toxique pour l’avenir de la Tunisie et sa transition démocratique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’État, une «prise de guerre»!</h3>



<p>Alors que 800 000 fonctionnaires (25% de la population active occupée) et presque un million de retraités ne savent pas si leurs salaires et pensions du mois de juillet et août seront versés ou pas, le parti Ennahdha et les débats de ce colloque sont hors-sujet, comme si de rien n’était! Le parti veut cacher ses responsabilités dans le bourrage des services de l’État par les partisans du parti.</p>



<p>La crise budgétaire de l’État tunisien a été amplifiée par le recrutement injustifié de presque 200 000 employés fantômes dans la fonction publique tunisienne. En 2010, le pays compte 490 000 fonctionnaires, 3 ans après, et sous le règne des Nadhadouis, l’effectif a bondi à plus de 700 000.</p>



<p>Des emplois fantômes, des emplois improductifs, payés par les impôts des contribuables et depuis peu par une dette publique payée avec 5% à 8% de taux d’intérêt.</p>



<p>Pour les islamistes d’Ennhadha, l’État est désormais une prise de guerre, où il faut placer les siens coûte que coûte! Peu importe les impacts liés : lourdeur administrative, corruption, absentéisme, inefficacité, etc.</p>



<p>La corruption est décriée par tous les économistes qui se respectent et par toutes les instances internationales. Ce n’est pas l’avis des économistes islamistes de Ghannouchi. La lutte contre la corruption n’est dans leur agenda.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Orthodoxie monétariste, l’arme du taux d’intérêt directeur</h3>



<p>Alors que l’islam politique prohibe le principe <em>«usuraire»</em> du taux d’intérêt, le parti islamiste Ennahdha n’a pas jugé utile de dénoncer l’orthodoxie monétariste prônée, depuis 2016, par Banque centrale de Tunisie (BCT), dont il espère qu’elle continue à actionner la planche à billets.</p>



<p>Le parti Ennahdha se dope et se maintient au pouvoir par l’addiction du pays à une dette toxique payée par les intérêts pourtant prohibés par l’islam politique.</p>



<p>Une dette génératrice de dévaluation du dinar (de 40% face au dollar et l’euro), une dette porteuse d’inflation et de taux d’intérêt bancaires répressifs pour l’investissement et pour le PIB.</p>



<p>Le cheikh Ghannouchi (79 ans) sait que pour maintenir ouverte la manne de la dette, il faut donner carte blanche à la BCT pour qu’elle applique à la lettre les consignes du FMI et des bailleurs de fonds liés. Tant pis pour l’investissement et tant pis pour les demandeurs d’emploi.</p>



<p>Ennahdha et ses économistes n’ont rien contre des taux d’intérêt à deux chiffres, rien contre ce «riba» usuraire et dévastateur pour l’économie ! Ce qui compte pour eux c’est l’argent magique procuré par un endettement providentiel pour se maintenir au pouvoir, quoi qu’il en coûte.</p>



<p>Le colloque confirme que le monétarisme orthodoxe, appliqué depuis 2016 par la BCT, arrange les leaders et adeptes d’un islamisme religieux qui n’a pas de programme économique défendable.</p>



<p>Une arme manipulée à gré par la BCT, le taux d’intérêt directeur est aujourd’hui fixé à 6,25%, quatre fois plus que celui du Maroc. Les taux d’intérêt bancaire pour les PME oscillent entre 11 et 14%, soit 5 à 6 fois les taux en vigueur au Maroc, en Jordanie ou au Sénégal.</p>



<p>Dans les documents de cadrage de la réflexion sur l’économie, pas un seul mot sur les taux d’intérêt et sur les ravages de l’actuelle politique monétaire : pour l’investissement, la croissance, la destruction de l’emploi, etc.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pouvoir d’achat, un angle mort!</h3>



<p>Ennahdha plaide pour une finance islamique, mais en attendant elle ferme les yeux sur les ravages de l’orthodoxie monétariste inspirée par le FMI et exécutée par la BCT. Et pour cause, Ennahdha accepte de sacrifier le pouvoir d’achat. Les enjeux liés à la perte du pouvoir d’achat sont évacués des débats et des documents du colloque. En moyenne, et depuis 2010, la famille moyenne a perdu 40% de son pouvoir d’achat.</p>



<p>Les chiffres de la Banque mondiale le confirment : l’indicateur mesurant le PIB par habitant en Tunisie a chuté de 40% entre 2010 et 2021 (en $US). Les mêmes données confirment l’avancement de la paupérisation et le laminage continu de la classe moyenne en Tunisie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">«It is the economy stupid»!</h3>



<p>On se rappelle de cette réplique légendaire de Bill Clinton en 1992, lors d’un célèbre débat électoral, l’opposant au républicain George W. Bush. Cette réplique enseignée dans toutes les universités du monde martèle l’importance de l’économie dans la prospérité et la déchéance des nations.</p>



<p>Ces mêmes enjeux économiques mènent aussi les partis politiques vers leur déchéance, quand ceux-ci ne disposent pas de programme économique porteur de bien-être et de prospérité.</p>



<p>L’islam politique dans le monde arabe n’a pas encore intégré l’importance de l’économique dans ses schèmes de pensée. Le parti Ennahdha ne fait pas exception, au grand malheur de la Tunisie.</p>



<p>Plusieurs pays arabes, ayant été gouvernés par des partis inspirés par l’islam politique, ont fini par déconstruire l’économie avant de se trouver en guerre civile fratricide : Soudan, Liban, Yémen, Libye…</p>



<p>Les islamistes tunisiens seraient dans la même trajectoire, ils jouent une démocratie de façade. Une démocratie à crédit ne peut être qu’une démocratie au rabais.</p>



<p>Le déni des enjeux économiques en Tunisie continue d’alimenter la contestation, de nourrir la déception et d’aggraver la paupérisation des populations.</p>



<p>Ennahdha fait appauvrir les Tunisiens, au lieu de les enrichir. Ce parti se maintient au pouvoir grâce à une dette toxique, il reproduit le statu quo au lieu de redonner de l’espoir par des réformes courageuses et par des innovations propices à la concurrence dans les échanges, à la productivité du travail et à la compétitivité économique.</p>



<p>Les préteurs internationaux, le FMI en tête, encourent un grave risque moral en voulant conditionner leurs prêts aux réformes, alors que les partis politiques auxquels ils viennent en aide recyclent cette dette pour se maintenir au pouvoir et pour ne rien réformer au final. Ces prêts toxiques finissent par reporter sine die les réformes attendues. Un cercle vicieux que le FMI doit prendre en compte, ici et maintenant!</p>



<p>La Tunisie mérite mieux, son économie ne peut plus supporter davantage de mal-gouvernance.</p>



<p>* <em>Universitaire au Canada.</em></p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Ali-Kooli-Ennahdha.jpg" alt="" data-id="352466" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/14/islam-politique-et-deni-economique-en-tunisie/ali-kooli-ennahdha/" class="wp-image-352466"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Ali Kooli.</em></figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Abdessalem-Abassi.jpg" alt="" data-id="352468" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/14/islam-politique-et-deni-economique-en-tunisie/abdessalem-abassi-2/" class="wp-image-352468"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Abdessalem Abassi.</em></figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Faycal-Derbel.jpg" alt="" data-id="352469" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/14/islam-politique-et-deni-economique-en-tunisie/faycal-derbel-2/" class="wp-image-352469"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Fayçal Derbel.</em></figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Mohsen-Hassan.jpg" alt="" data-id="352470" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/14/islam-politique-et-deni-economique-en-tunisie/mohsen-hassan/" class="wp-image-352470"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Mohsen Hassan.</em></figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Ridha-Saidi.jpg" alt="" data-id="352471" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/14/islam-politique-et-deni-economique-en-tunisie/ridha-saidi/" class="wp-image-352471"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Ridha Saïdi.</em></figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Rached-Ghannouchi-1.jpg" alt="" data-id="352472" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Rached-Ghannouchi-1.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/14/islam-politique-et-deni-economique-en-tunisie/rached-ghannouchi-1-4/" class="wp-image-352472"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Rached Ghannouchi.</em></figcaption></figure></li></ul></figure>



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