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	<title>Archives des élections américaines - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des élections américaines - Kapitalis</title>
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		<title>Les ultras de Trump se préparent pour l&#8217;après 5 novembre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Nov 2024 07:58:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’extrême droite américaine s’est éclipsée sciemment de la scène publique tout en se préparant aux troubles à venir en cas de défaite de Trump.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/02/les-ultras-de-trump-se-preparent-pour-lapres-5-novembre/">Les ultras de Trump se préparent pour l&rsquo;après 5 novembre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em><a href="https://www.thetimes.com/world/us-world/article/far-right-has-gone-quiet-but-is-ready-for-post-election-violence-3mlwnmhsf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Times</a> a publié une enquête de Charlotte MacDonald-Gibson dans laquelle la correspondante du journal britannique à Washington explique que l’extrême droite américaine s’est éclipsée sciemment de la scène publique tout en tentant d’exploiter les revendications locales pour élargir sa base de soutien et en se préparant aux troubles à venir si les résultats des élections de la semaine prochaine ne sont pas favorables au candidat républicain Donald Trump ou sont contestés. Le journal cite des analystes qui affirment que l&rsquo;extrême droite tente de semer la division et de multiplier ses éléments.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-14494182"></span>



<p>Les services de renseignement américains ont prévenu que les extrémistes influencés par les théories du complot resteraient une menace pour les États-Unis jusqu’au jour de l’investiture du nouveau président ou de la nouvelle présidente.&nbsp;</p>



<p>Le Projet mondial contre la haine et l’extrémisme a observé cette semaine une augmentation des discours violents liés aux élections en ligne qui peut être comparée à la même période en 2020. Le journal a rappelé que des incidents violents ont eu lieu cette semaine ainsi que l’incendie d’urnes dans l’Oregon et à Washington, deux États de l’ouest bordant le Pacifique.&nbsp;</p>



<p>Bien que le motif reste inconnu, cela a souligné la possibilité que les divisions politiques pourraient devenir violentes autour des élections de mardi prochain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les extrémistes échaudés par les procès</h2>



<p>Le <em>Times</em> souligne qu’un certain nombre de groupes extrémistes jouent le jeu du long terme, dissimulent leurs intentions et s’efforcent en même temps de construire une base de soutien populaire afin de la libérer en cas de désaccord sur les résultats des élections.</p>



<p><em>«Ils ne disent pas: ‘‘Hé, nous sommes des néo-nazis’’. Ils disent plutôt: ‘‘Nous essayons d’aider les communautés locales. Ils essaient de gagner en légitimité, de gagner le respect puis de se radicaliser davantage, de recruter davantage et de renforcer leurs rangs»</em>, a déclaré John Lewis, chercheur au programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington</p>



<p>Paradoxalement, les données sur les activités extrémistes en Amérique révèlent des résultats encourageants. Dans un rapport préparé par Armed Conflict Location and Incident Data, publié en septembre, il a été constaté que le nombre d’incidents de violence politique impliquant des extrémistes est inférieur à celui enregistré au cours de la même période lors des élections de 2020. Ceci s’explique en partie par les poursuites et les condamnations de centaines d’extrémistes pour le rôle qu’ils ont joué dans le conflit du 6 janvier 2021, au cours duquel les partisans extrémistes de l&rsquo;ancien président Donald Trump ont pris d’assaut le Congrès.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="E3dRP6s7sS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/01/elections-americaines-trump-le-vent-en-poupe/">Elections américaines : Trump a le vent en poupe</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Elections américaines : Trump a le vent en poupe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/01/elections-americaines-trump-le-vent-en-poupe/embed/#?secret=6vhKkiHrMy#?secret=E3dRP6s7sS" data-secret="E3dRP6s7sS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les procès ont laissé des groupes extrémistes tels que les Proud Boys et les Oath Keepers fragmentés, sans chef et craignant d’être infiltrés par des agents du FBI.</p>



<p>En même temps, les groupes de gauche et le camp antifasciste n’ont pas organisé de manifestations provoquant une réaction des extrémistes comme les manifestations du mouvement Black Lives Matter Too. Le mouvement de protestation pro-Palestine et pro-Gaza a conduit à une sorte de réaction négative mais pas à la hauteur de la norme enregistrée avant les élections de 2020.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les troubles pour déstabiliser la société</h2>



<p>Un examen plus attentif des tactiques récentes des groupes d’extrême droite dans l’Ohio et dans les États touchés par les récents ouragans donne l’image d’un mouvement devenu plus apte à identifier et à exploiter les griefs locaux, à grossir ses rangs et à renforcer ses messages.</p>



<p>Un autre facteur explique le silence des groupes d’extrême droite: nombre d’entre eux adoptent des objectifs différents et disparates. Des mouvements tels que les néo-fascistes Proud Boys soutiennent ouvertement Donald Trump tandis que des groupes suprémacistes blancs s’efforcent d’accélérer l’effondrement de la société. D’un autre côté, des groupes néo-nazis tels que la Tribu du Sang (Blood Tribe) œuvrent à la création d’États-nations fondés sur la suprématie blanche.</p>



<p>Bien que les objectifs des groupes d’extrême droite diffèrent, leurs méthodes pour atteindre leurs objectifs sont cohérentes en termes d’incitation aux troubles et à la violence pour déstabiliser la société.</p>



<p>Cependant, la sédition du 6 janvier 2021 a révélé à ces groupes les dangers d’une incitation politique ouverte et de nombreux groupes se sont donc tournés vers des activités à petite échelle telles que des sit-in anti-gay en particulier dans les communautés où ils estimaient que leur message était accepté et résonnait.</p>



<p>Paul Becker, professeur de sociologie à l’Université de Dayton dans l’Ohio, affirme que son État, avec une forte proportion de travailleurs blancs aliénés par l’effondrement de l’industrialisation et l’immigration croissante, est un terrain de recrutement fertile. <em>«Quand ils voient des individus qui se sentent économiquement ou socialement en retard, ils deviennent toujours des cibles de recrutement potentielles»</em>, a déclaré Baker.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fiNX1GczlN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/31/miriam-adelson-la-milliardaire-israelienne-qui-murmure-a-loreille-de-trump/">Miriam Adelson, la milliardaire israélienne qui murmure à l’oreille de Trump?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Miriam Adelson, la milliardaire israélienne qui murmure à l’oreille de Trump? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/31/miriam-adelson-la-milliardaire-israelienne-qui-murmure-a-loreille-de-trump/embed/#?secret=K1r2N9bU7d#?secret=fiNX1GczlN" data-secret="fiNX1GczlN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Judd Erlewine, étudiant de la ville de Springfield dans l’Ohio, affirme qu’il en a assez de voir sa ville devenir un laboratoire pour les extrémistes d’extrême droite. <em>«Je pense que nous avons actuellement quatre groupes antisémites différents à Springfield, dont le Ku Klux Kla. Tous ces groupes ont aggravé la situation»</em>, a-t-il déclaré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Préparer les guerres raciales à venir</h2>



<p>Le 10 août, des membres de Blood Tribe ont défilé dans les rues de Springfield en brandissant des croix gammées. Le 27 août, l’un des chefs du groupe néo-nazi a parlé pendant environ une minute lors d’une réunion de la commission municipale avant que le maire Rob Rowe ne demande à la police de l’expulser.</p>



<p>Les Proud Boys ont défilé dans la ville début septembre. Une semaine plus tard, le 10 septembre, Trump a profité du débat télévisé contre Kamala Harris pour affirmer que <em>«les migrants de Springfield mangent les animaux de compagnie des gens qui y vivent»</em>, amplifiant ainsi un message qu’un groupe néo-nazi a contribué à diffuser.</p>



<p>Christopher Ballhaus, le chef de Blood Tribe, y a vu une validation de leur stratégie: <em>«Voilà à quoi ressemble le véritable pouvoir»</em>, a-t-il déclaré à ses partisans sur Telegram.</p>



<p><em>«L’aspect le plus troublant est que ces griefs auxquels ces petites cellules locales hyper puissantes de groupes extrémistes répondent ont un attrait généralisé et une traction massive»</em>, a déclaré le chercheur Lewis.</p>



<p>Le <em>Times</em> affirme que cette focalisation sur le niveau local rend difficile le suivi de leurs activités tout comme la méthode croissante de dissimulation des idéologies. Par exemple, les clubs d’activisme et les gymnases d’arts martiaux sont une couverture pour former de jeunes hommes blancs à devenir des guerriers dans la guerre raciale à venir, a déclaré Pasha Dashtgard, directeur de recherche au Laboratoire de recherche sur la polarisation, l’extrémisme et l’innovation de l’Université américaine.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Y1hioJyGtM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/30/elections-americaines-ce-qui-fait-fuir-les-arabo-musulmans-de-kamala-harris/">Elections américaines : Ce qui fait fuir les Arabo-musulmans de Kamala Harris ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Elections américaines : Ce qui fait fuir les Arabo-musulmans de Kamala Harris ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/30/elections-americaines-ce-qui-fait-fuir-les-arabo-musulmans-de-kamala-harris/embed/#?secret=hsnFh0IK6g#?secret=Y1hioJyGtM" data-secret="Y1hioJyGtM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><em>«Mais ce qu’ils font, sous couvert d’exercice, de discipline et de forme physique, c’est une façon de baisser la résonnance de l’antisémitisme, de la propagande et des théories du complot»</em>, a-t-il déclaré.</p>



<p>Pendant ce temps, la désinformation se propage sur des plateformes comme X et Facebook alors que les efforts des sociétés de médias sociaux pour contrôler les discours de haine ont étrangement diminué.</p>



<p>À la suite des ouragans Helen et Milton, les théories du complot sur les intentions de la Fema (l’agence fédérale de gestion des situations d&rsquo;urgence) ont conduit à des menaces généralisées contre les travailleurs qui tentaient de fournir de l’aide. Les groupes extrémistes ont une fois de plus démontré à quel point ils sont capables d’exploiter rapidement les revendications locales. Patriot Front, l’un des groupes nationalistes suprémacistes blancs les plus actifs, a publié des vidéos de ses membres aidant et abattant des arbres en Caroline du Nord et critiquant l&rsquo;inaction du gouvernement.</p>



<p>Certains récits, tels que le prétendu autoritarisme gouvernemental, étaient un moyen de mobiliser la communauté au sens large au-delà des membres des milices, explique Amy Cotter, directrice de recherche au Centre sur le terrorisme, l’extrémisme et la lutte contre le terrorisme du Middlebury Institute. <em>«Si quelque chose se produit dans la communauté locale et équivaut à une sorte d’action, il est alors facile pour un individu ou une milice de tirer parti de ces idées et tactiques qui existent déjà dans la communauté au sens large et de motiver les gens à agir»</em>, a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les chercheurs en extrémisme sont particulièrement préoccupés par le fait que les tempêtes soient si proches d’une élection qui a déjà vu deux attentats contre la vie de Trump, un record de menaces contre les travailleurs électoraux et des signaux de la campagne Trump selon lesquels il pourrait ne pas accepter le résultat. <em>«Lorsque la température devient aussi élevée, les choses commencent à brûler»</em>, a déclaré Lewis.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DdrSSNreIB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/presidentielle-americaine-la-marionnette-et-le-voyou/">Présidentielle américaine : la marionnette et le voyou</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Présidentielle américaine : la marionnette et le voyou » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/presidentielle-americaine-la-marionnette-et-le-voyou/embed/#?secret=KP6YvMnhiq#?secret=DdrSSNreIB" data-secret="DdrSSNreIB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Elections américaines : les raisins de la colère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Jan 2021 08:59:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La prise d’assaut du Capitole, à Washington, par une foule bigarrée de partisans du président sortant Donald Trump, prouve, en fin de compte, que la démocratie dépérit sous les coups de boutoir des cyniques et des opportunistes dans leur quête effrénée du pouvoir, au besoin en faisant appel à des foules incultes, brutales et grossières,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Assaut-Capitole.jpg" alt="" class="wp-image-331394"/></figure>



<p><strong><em>La prise d’assaut du Capitole, à Washington, par une foule bigarrée de partisans du président sortant Donald Trump, prouve, en fin de compte, que la démocratie dépérit sous les coups de boutoir des cyniques et des opportunistes dans leur quête effrénée du pouvoir, au besoin en faisant appel à des foules incultes, brutales et grossières, et en exploitant la question sociale qui ne fait que s’aggraver en Amérique, en Tunisie et partout ailleurs dans le monde, et risque de tout emporter.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-331393"></span>



<p>Le 7 décembre 1941 fut qualifié de jour d’infamie par les historiens américains après l’attaque de Pearl Harbour, sans déclaration de guerre, par l’aéronavale japonaise.</p>



<p>Le 7 décembre 2021 fut la journée où le Congrès et le Sénat américains réunis entérinèrent l’élection du président Joe Biden à la magistrature suprême de son pays. La veille, les partisans du président en fin de mandat, Donald Trump, répondant à son appel, s’étaient rassemblés pour tenter de bloquer cette ultime étape de la reconnaissance officielle et définitive du président élu, puis avaient donné l’assaut contre l’auguste assemblée, à travers les fenêtres, obligeant ses membres à se disperser et à se cacher pendant quelques heures, jusqu’au rétablissement de l’ordre par les forces de sécurité. Le bilan s’est chiffré à 4 morts et on ignore le nombre des blessés.</p>



<p>Il importe peu que ceux qui aient fait irruption dans le saint des saints de la démocratie américaine eussent été dignes de figurer dans <em>‘‘Mad Max’’ </em>ou <em>‘‘Easy Rider’’</em>. Après les nombreux événements qui avaient eu lieu aux quatre coins du pays, particulièrement à l’Assemblée d’Etat du Michigan, plus personne n’ignorait de quel bois étaient faits ceux qu’on avait invités à venir défendre leurs droits de ne pas se laisser déposséder frauduleusement de la victoire qui leur revenait.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce dont M. Trump est capable, ses partisans en sont aussi</h3>



<p>On le savait, Donald Trump est capable de faire descendre dans la rue, autant ses partisans, que ses adversaires. Evidemment on ne comprendra jamais le cheminement mental d’ un individu torse nu le visage peint qui s’affuble d’une toque en fourrure coiffée de deux cornes de bison, s’identifiant avec la cause d’un entrepreneur milliardaire organisateur et présentateur de jeux télévisés qui refuse de reconnaître qu’un virus puisse tuer des centaines de milliers de personnes, ou plus simplement d’admettre sa défaite aux élections présidentielles, après 60 recours rejetés par la justice. Le lien faisant oublier la différence de classe sociale s’établit par le biais du langage, particulièrement quand celui-ci porte sur une sensibilité partagée par une culture ou des traditions communes.</p>



<p>Dans le monde entier, le discours politique le plus audible, le plus compréhensible pour les gens simples, est évidemment celui qui cible leurs problèmes, qui y apporte des solutions, et qui en désigne les responsables, en particulier quand il est relayé par des techniques de communication moderne comme celle utilisée par Cambridge Analytica. Et en Amérique, autant qu’ailleurs, sinon plus, les gens veulent d’abord du travail. Donald Trump leur en a fourni en obligeant par des mesures protectionnistes contraires aux règles instaurées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les entreprises américaines expatriées à regagner le territoire national. Il a désigné les coupables, les minorités et les immigrés à l’intérieur, les Chinois à l’extérieur auxquels il a en outre fait porter la responsabilité du coronavirus.</p>



<p>Ce faisant, les électeurs de Trump n’ont donc pas été que les racistes blancs, ainsi que les statistiques l’ont démontré, mais aussi des basanés, dans une proportion d’ailleurs nettement plus importante lors des élections actuelles, que lors de sa victoire contre Hillary Clinton. Et à l’inverse de nombreux blancs, liés économiquement à la mondialisation, se sont détournés de lui, et nullement à cause du caractère raciste de son discours, à leurs yeux parfaitement admissible. Donald Trump les empêchait simplement de gagner plus en leur interdisant de commercer avec l’Iran, ou de produire au Bangladesh. Son insistance à ne pas admettre sa défaite, tel qu’il l’a fait, ne laissera pas de surprendre. Il faut croire que même sans preuves tangibles, il soit convaincu d’avoir été fraudé. Il est vrai qu’il avait commencé à exprimer ses doutes dès lors que le vote par voie postale avait été instauré. Il avait d&rsquo;ailleurs, quelques mois avant les élections, tenté de remplacer le président de l’US Postal, déclenchant ainsi une polémique et une tempête de protestations.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les procédures de vote utilisant l’informatique et l&rsquo;électronique en question</h3>



<p>Évidemment, déjà convaincu par son ancien conseiller Steve Banon que le gratin politique de Washington, lié à la mondialisation, userait de tous ses pouvoirs pour le neutraliser, le chasser, ou empêcher sa réélection, Trump ne pouvait pas ne pas réagir quand les résultats dans les Etats où il menait du fait du suffrage direct, ont été renversés par le contage du vote postal. C’est là le nœud de l’affaire, le point sensible. Mais pour avoir lui-même bénéficié de l’apport de moyens influençant l’opinion publique et en évaluant les tendances en temps réel, sur les pages des réseaux sociaux, lors de sa victoire, il sait très bien que, théoriquement, la fraude électorale soit dans les procédures utilisant l’informatique et l’électronique, parfaitement possible, tout comme elle l’est dans les opérations bancaires.</p>



<p>La justice sollicitée par de multiples recours n’a pour autant pas constaté de violation de la loi. Pouvait-elle au fond faire autrement? Émettre des doutes sur le bien-fondé des élections dans un pays comme les Etats-Unis ne peut être considéré par de nombreux juges que comme une remise en question de leur propre légitimité émanant de la Constitution. Et si le plaignant n’a pas de preuves, la justice estime qu’il n’est pas de son rôle de les chercher. Mais sauf à considérer qu’en matière informatique, les fraudes puissent exister sans laisser de traces, l’Attorney Général Bill Barr, une créature du président, les eut fait découvrir par le biais du FBI. C’est pourtant bien le même Bill Barr qui l’avait aidé à se disculper de l’accusation de complicité avec la Russie pour se faire élire à la présidence, en donnant du rapport du procureur Robert Mueller une interprétation tendancieuse et partisane. Et c’est bien la Russie qu’on avait accusée d’être intervenue dans les élections américaines, en influençant les électeurs sur les réseaux sociaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Plus de la moitié des républicains croient à la fraude électorale</h3>



<p>Néanmoins, il arrive un moment où le citoyen n’a d’autre alternative que de croire en le caractère inviolable de la conscience de ceux qui servent l’Etat, peut-être désormais en Amérique plus qu’ailleurs. Paradoxalement cela ne semble pas avoir été l’avis d’un grand nombre de figures éminentes du Parti Républicain, en particulier les sénateurs de l’Arizona, ainsi que l’ont démontré leurs interventions lors de la fameuse séance d’adoubement, par le Congrès. Jusqu’au bout, ils se seront obstinés à défendre le point de vue de la fraude électorale.</p>



<p>Le Parti Républicain porte déjà une très lourde responsabilité pour avoir bloqué la procédure d’impeachment parfaitement justifiée engagée par le Congrès contre le président après qu’il fut clairement apparu qu’il avait subordonné la vente de matériel militaire à l’Ukraine à l’obtention de preuves de corruption contre Hunter Biden. Ainsi, bien avant l’investiture par son parti, l’identité du candidat démocrate à la présidence n’aurait déjà pas été un secret pour son rival ?</p>



<p>Le citoyen américain moyen comprendrait certainement qu’un un homme seul, en fin de parcours, exprime des doutes issus de sa seule conviction, même si en l’occurrence ils puissent décrédibiliser le fonctionnement des institutions américaines. Il n’a pour autant pas excusé cette manie de ne pas écouter les autres, en menant le peuple au désastre sanitaire national, et c’est même pour cela qu’il a le plus souvent préféré ne pas le réélire.</p>



<p>En dépit de tout cela, le Parti Républicain a apporté une aide décisive à Donald Trump dans sa remise en cause du résultat des élections. La raison? Selon un sénateur, républicain bien sûr, elle résiderait dans le fait que près de 41% des électeurs croient à la thèse de la fraude électorale, plus de la moitié quand ils sont républicains, et 17% chez les démocrates. C’est admettre ne pas avoir d’opinion propre, et se borner à surfer sur la vague de l’opinion publique. Si ce n’est pas une attitude opportuniste, cela y ressemble. Mais en s’y prêtant, le Parti Républicain a crédibilisé l’accusation et il s’est décrédibilisé quand en fin de compte ceux qui ont soutenu le président Trump avant l’assaut du Capitole par ses hordes sauvages se sont empressés de tourner casaque et d’approuver l’élection de Biden, après leur passage. C’est qu’après en avoir vu quelques spécimens affalés sur leurs propres fauteuils, les pieds sur les tables, ou bien se prélassant sur la chaire de la présidence de l’assemblée, ils ont compris qu’elles ne les épargneraient pas plus que les démocrates et tout autre représentant de l’Etat américain. C’est le spectre palpable d’une révolution sociale qui a brusquement ramené ces opportunistes vers le confort rassurant de l’ordre établi.</p>



<p>Enfin, le discours de Biden annonçant le rétablissement du respect de la justice et de la Constitution bafouées et profanées selon lui par son prédécesseur, n’apporte pas de plus précisions sur ce qui a rendu cela possible, les lois et les institutions n’ayant pas fait office de garde-fous empêchant les débordements.</p>



<p>Joe Biden avait ordonné à Trump de demander, publiquement par l’intermédiaire de la télévision, à ses partisans de se retirer du Capitole. La surprise a été que ce dernier obtempère immédiatement. Mais on peut se demander ce qui se serait passé s’il ne l’avait pas fait… Et si Trump est en train de terminer son mandat, ses partisans eux seront toujours là pendant de longues années, organisés, décidés, au besoin armés, prêts à participer à tout projet entrant dans leurs vues, ou à s’allier avec toute personne dont les propos leur siéraient.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La démocratie à la merci des foules incultes, brutales et grossières</h3>



<p>C’est là toute l&rsquo;ambiguïté de la démocratie. Il suffit que la personne qui tienne les leviers du pouvoir ne prétende pas se conformer à son esprit pour que tout s’effondre. Et apparemment ce qui a scandalisé aux Etats-Unis cette fois n&rsquo;a pas été cette pénétration de force, cela s&rsquo;était déjà passé dans d’autres Etats. Ce qui a le plus choqué c’est que tous ces chiens perdus sans colliers se soient ainsi imposés de force avec le monde comme témoin.</p>



<p>Le président Macron a dit que ce qui s’est passé n’était pas la véritable Amérique. Mais ce qui s&rsquo;est passé le 14 juillet 1789 représentait-il véritablement la France? Chez nous en Tunisie, nous avons un président de la république qui ne s’entend pas avec le chef du gouvernement que lui-même a désigné, un président du parlement, Rached Ghannouchi, dont l’objectif est d’islamiser la société selon la vision partagée avec Youssef Qaradawi et qui veut se prévaloir pour cela d’un seul article de la Constitution.</p>



<p>Nous avons un parti politique qui gagne les élections, Ennahdha, mais ne veut gouverner que derrière les coulisses, un autre parti dont quelques membres veulent diviser les femmes entre bonnes et mauvaises, Al-Karama, font le coup de poing au besoin dans l’enceinte du parlement et veulent nous subordonner à d’autres pays dont nous partageons la religion. Nous avons des libéraux, Qalb Tounes, qui ne s’offusquent pas de s’allier à ceux qui font l’apologie du terrorisme du moment que cela fait marcher leurs affaires. Et nous avons une Instance supérieure indépendante des élections (Isie) qui ne veut pas ouvrir la question du financement des partis politiques, ou des campagnes électorales, pas plus que ne veut le faire la justice. Des crimes politiques ne sont toujours pas élucidés et beaucoup d’articles de la Constitution demeurent en veilleuse; à commencer par ceux relatifs à la Cour Constitutionnelle.</p>



<p>Le plus grave est que ce qui vient de se passer en Amérique va chez nous raffermir les cyniques et les opportunistes dans leur quête effrénée du pouvoir, au besoin en faisant appel à des foules incultes, brutales et grossières, celles qu’engendre une société toujours plus inégalitaire. Et en fin de compte, la démocratie dépérit sous le poids de la question sociale qui ne fait que s’aggraver en Tunisie, en Amérique, partout ailleurs dans le monde, et risque de tout emporter.</p>



<p>* <em>Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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		<title>Elections américaines : Les Etats-Unis «se tiersmondisent»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2020 17:04:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le spectacle déprimant qu’ils donnent depuis la fermeture des bureaux de vote pour la dernière présidentielle, hier, mardi 3 novembre 2020, les Etats-Unis sont en train de rejoindre le club très ouvert des démocraties du tiers-monde. Par Mohsen Redissi * Les Etats-Unis d’Amérique et les Etats-Unis d’Afrique, une idée chère à feu Mouammar Kadhafi,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/07/Joe-Biden-Donald-Trump.jpg" alt="" class="wp-image-309604"/></figure>



<p><strong><em>Après le spectacle déprimant qu’ils donnent depuis la fermeture des bureaux de vote pour la dernière présidentielle, hier, mardi 3 novembre 2020, les Etats-Unis sont en train de rejoindre le club très ouvert des démocraties du tiers-monde.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohsen Redissi</strong> *</p>



<span id="more-323353"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure></div>



<p>Les Etats-Unis d’Amérique et les Etats-Unis d’Afrique, une idée chère à feu Mouammar Kadhafi, sont libres et égaux devant… les urnes.</p>



<p>Il n’est pas rare de devoir attendre dans la plupart des Etats africains trois ou quatre jours pour la proclamation finale des résultats des élections, le plus souvent entachées de fraude. Ce phénomène devient fréquent même dans l’un des berceaux de la démocratie représentative, les Etats-Unis.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le jour le plus long</h3>



<p>Pendant les quelques heures suivant la fermeture des bureaux de vote deviennent une éternité. Les candidats ponctuent leur apparition dans les médias, félicitent leur électorat, s’autoproclament vainqueurs et attaquent le camp adverse en l’accusant de malversation, en attendant les derniers résultats.</p>



<p>L’appel du candidat Joe Biden pour un vote anticipé, coronavirus oblige, massivement suivi puisque aux alentours de 70 millions d’Américains ont voté avant le 3 novembre, semble devenir un véritable handicap. Les Etats sont libres, pas égaux. Dans certains le décompte des bulletins se fait bien avant le jour du scrutin, dans d’autres le décompte se fait le jour du vote causant un malaise dans le pays tout entier. Les contestations et les accusations pleuvent de toute part, manœuvre bien rodée chez les pays d’Afrique, mais aux Etats-Unis, ces accusations peuvent aller jusqu’à des poursuites devant la Cour suprême, la plus haute instance du pays. Ses décisions sont irrévocables.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Qui est le plus fiable, l’homme ou la machine ?</h3>



<p>Le processus électoral américain ces dernières années semble être frappé de lenteur. Un paradoxe. Dans un pays des plus avancés en matière de technologies et de télécommunications se retrouve obligé de recourir aux vieilles méthodes héritées des siècles derniers, c’est-à-dire au comptage manuel. La machine semble s’enrayer car l’enjeu des élections dépasse le cadre des frontières américaines.</p>



<p>L’homme qu’on accuse d’être dernière tous les maux est-il plus fiable que la machine ? Question qui taraude un monde resté en suspens.</p>



<p>Aux Etats-Unis, je leur souhaite la bienvenue dans le club très ouvert des pays du tiers- monde, terme qui fait encore grincer les dents.</p>



<p><em>* Fonctionnaire international à la retraite.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Article du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fMhxzkZv9P"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/01/les-presidentielles-americaines-au-miroir-de-lhistoire/">Les présidentielles américaines au miroir de l’Histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les présidentielles américaines au miroir de l’Histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/01/les-presidentielles-americaines-au-miroir-de-lhistoire/embed/#?secret=6yzJgFymhL#?secret=fMhxzkZv9P" data-secret="fMhxzkZv9P" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Les présidentielles américaines au miroir de l’Histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2020 13:53:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Air Force One]]></category>
		<category><![CDATA[Al Gore]]></category>
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		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[George Washington]]></category>
		<category><![CDATA[John Fitzgerald Kennedy]]></category>
		<category><![CDATA[Lyndon B. Johnson]]></category>
		<category><![CDATA[Maison blanche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les développements dans les moyens de transports et les télécommunications ont bouleversé le comportement des gens. La limitation des délais d’attente, le confort, la prépondérance des moyens de transport individuels n’arrivent pas à dissuader les pouvoirs en Amériques de changer le modèle, ou la date, ou le jour des élections présidentielles. Ils semblent être immuables...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/01/les-presidentielles-americaines-au-miroir-de-lhistoire/">Les présidentielles américaines au miroir de l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Donald-Trump-George-Washington.jpg" alt="" class="wp-image-322881"/><figcaption><em>Donald Trump / George Washington.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Les développements dans les moyens de transports et les télécommunications ont bouleversé le comportement des gens. La limitation des délais d’attente, le confort, la prépondérance des moyens de transport individuels n’arrivent pas à dissuader les pouvoirs en Amériques de changer le modèle, ou la date, ou le jour des élections présidentielles. Ils semblent être immuables et intouchables, inscrits dans le patrimoine culturels du peuple américain.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohsen Redissi </strong>*</p>



<span id="more-322882"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure></div>



<p>Le stade suprême de la démocratie est l’alternance, qui ne peut se faire que par la voie d’élections libres et transparentes. La majorité des pays ont choisi, non pas par hasard, mais par un choix délibéré de tenir ces élections le jour du repos hebdomadaire. Moins onéreux. Ce jour de farniente instauré depuis l’antiquité chez plusieurs civilisations pour diverses raisons. Le dimanche, jour du soleil dans l&rsquo;Empire romain. En Mésopotamie, par superstition le chiffre 7 considéré comme néfaste, et arrêt de toute activité les 7, 14, 21 et 28 de chaque mois. Pour d’autres, le septième jour de la semaine correspond approximativement à un quart de lune.</p>



<p>Les pères fondateurs de l’Amérique, The Founding Fathers, étaient des visionnaires hors pairs, magnanimes et altruistes. Ils ont bâti une société nouvelle, dont l’individu était le centre d’intérêt de la nouvelle classe politique. S’éloigner de l’héritage culturel anglo-saxon épargnerait aux nouveaux Etats unis, les treize premières colonies, de tomber dans les erreurs du passé. La révolte contre la Couronne britannique n’avait-elle pas commencé par le refus de payer de nouvelles taxes à un Etat qui ne les représente pas : <em>«Pas de taxation sans représentation»</em> (<em>No taxation without representation</em>), slogan qui a coûté au roi George III la perte d’une partie de son royaume. <em>‘‘Richard III’’</em> de William Shakespeare dans l’ultime scène de la pièce qui porte son nom réclamait un cheval pour sauver le sien, (<em>«A horse! A horse! My kingdom for a horse!»</em>), le roi des Anglo-saxon perdit l’Amérique à cause d’une tasse de thé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des élections en jour de semaine ! Pourquoi faire? Pour qui?</h3>



<p>Pourquoi des élections au mois de novembre ? Pourquoi pas au beau milieu de la belle saison, les journées sont plus longues et agréables à souhaits. Dans un monde agricole en général, les saisons se succèdent mais ne se ressembles jamais. Aux vagues des saisons les plus chargées, périodes de semence et de récoltes, suivent les creux des attentes et les préparatifs pour une nouvelle saison. Novembre semble être propice. Les moissons d’été sont loin derrière, et l’hiver est aux portes des plaines exposées aux vents violents et glaciaux. Le blizzard et les fortes tempêtes de neige paralysent les villes du nord et touchent les Etats du centre et de l’est du continent américain.</p>



<p>Désormais la charge incombe au gouvernant ni par droit d’ainesse, ni par hérédité, ni par le bain de sang, mais par un choix délibéré, et murement réfléchi. À la nouvelle république naissante manquait les moyens. Désireuse de faire participer le maximum de gens dans le nouveau mode de gouvernement, les bureaux de vote, peu nombreux, étaient éparpillés sur un vaste territoire champêtre, loin des agglomérations, loin du lieu de résidence de beaucoup de votants pour toucher le plus grand nombre d’électeurs, à une époque où la monture était le seul moyen de locomotion.</p>



<p>Les nouveaux électeurs, acquis à une démocratie en balbutiement, non encore rodés aux jeux dangereux de la politique, prenaient la peine d’aller voter. Les routes étaient celles utilisées par les diligences et les convois de pionniers à la recherche de nouvelles terres fertiles, sommaires, mal entretenues, parsemées d’embuches. Les indications faisaient souvent défaut. L’immensité du territoire et l’inexactitude des cartes faisaient perdre la tête ou la boussole aux cavaliers les plus émérites.</p>



<p>Dimanche est un jour sacré, consacré à servir le Créateur. Partir en début d’après-midi aprés l’office augmenterait les chances de faire de mauvaises rencontres la nuit tombée. Aller remplir son devoir, voter et revenir dans la même journée, était un exercice qui demande beaucoup de courage et une santé de fer. Aller voter le mardi était un choix judicieux. Deux jours, largement suffisants pour un aller-retour. Profiter du paysage et faire travailler les quelques commerces, saloons et hôtels. Le consensus était général.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dates uniques dans l’échiquier des élections</h3>



<p>Pour ne pas lasser la population par des journées de votes à répétition, qui peuvent porter préjudice au droit de vote des citoyens et perturber les rendements de leurs terres les poussant à mieux s’abstenir que voter, une date unique a été instaurée pour la plupart des élections présidentielles, sénatoriales, législatives et locales. Pour des raisons pratiques et financières toutes tenues le jour des élections présidentielles.</p>



<p>L’ampleur des élections présidentielles et leur impact direct sur la scène nationale et internationale éclipsent tout autre élection tenue en marge des présidentielles. En allant voter, l’électeur américain choisit son président, et dans la foulée dépose dans les urnes ses choix pour ses représentants locaux. Certains Etats, pour des raisons pratiques, organisent leur référendum pendant le<em> «Jour des élections»</em> (<em>Election Day.</em>) D’une pierre plusieurs coups. Des sommes colossales restées dans les caisses des Etats, réutilisées au profit des collectivités locales ou injectées dans les activités des multiples associations impliquées dans le développement humain.</p>



<p>Une date unique pour les élections présidentielles et toutes les autres confondues nécessitent une coordination sans faille et une mécanique bien huilée. Toutes les pièces de cette gigantesque roue de la fortune doivent être réunies. Les débuts, ou les premières éditions, étaient certes difficiles. La réussite dépend de l’apport des parties concernées. L’Etat fédéral finance et fournit en partie la logistique nécessaire pour cette parade, et aux Etats de contribuer, chacun selon ses besoins.</p>



<p>Une date unique et à intervalle régulier est une sorte de fidélisation de l’électorat. On sait à coup sûr les échéances qui attendent celui qui s’intéresse de près à la vie politique de sa circonscription. Pas de surprise, ni d’imprévu mais une continuité qui génère un sentiment de quiétude pendant le changement de législature.</p>



<p>Une aile dans les sous-sols de la Maison blanche est revisitée et rénovée tous les quatre ans pour le président élu, comme il peut choisir tout autre quartier général, ou garder le siège de sa campagne comme base pour son nouveau départ. Le lendemain du scrutin des élections présidentielles américaines, à zéro heure, le candidat élu devient le Président des EU et le chef des armées. Désormais, c’est lui préside le briefing quotidien sur la situation sécuritaire dans son QG et siège au Conseil de sécurité nationale à la place de son prédécesseur; dorénavant, c’est à lui que revient le droit et le «privilège» de déclarer la guerre. Son salaire est revu à la hausse. Il touche le salaire d’un président en exercice, et commence à former dans l’ombre son cabinet et à choisir ses ministres, les directeurs des agences nationales de sécurité, et le staff qui va le seconder. Le rôle du président sortant se résume à signer ses derniers décrets, faire ses valises et compter les jours qui lui restent à la Maison blanche.</p>



<p>Le 20 janvier, jour fatidique, le président élu prête serment sur les marches du Capitole, siège du Congrès, le pouvoir législatif des États-Unis, main gauche sur la Bible devant le président de la Cour suprême, le Chief of Justice, en présence du président sortant, des anciens présidents, de son vice-président et de plusieurs autres personnalités et des invités de marque. La cérémonie sera privée si le 20 janvier est un dimanche. Le lendemain 21 janvier, elle devient une représentation grand public, bis repetita, pour ne pas faillir à la tradition dans la passation du pouvoir. Les Américains et le monde entier doivent bien observer et apprendre comment se déroule dans la sérénité, et par tous les temps, le passage de la vie de lumière à une vie plus tranquille. La foule salue l’ouvrage et acclame les nouveaux résidents de la Maison blanche. Le roi est mort, vive le roi.</p>



<p>La cérémonie a plusieurs significations. Des messages clairs sont envoyés à chaque locataire. C’est sur le perron du Capitole, le pouvoir législatif sans conteste, pour témoin le président de la Cour suprême, la plus haute autorité aux EU, où se déroule l’investiture. Une location à bail renouvelable une seule fois. La Maison blanche n’est autre que la très modeste résidence du président des EU. L’histoire nous rappelle que la stature du président dépasse de loin ce clivage traditionnel. Le monde a souvent tremblé, et le monde a souvent été façonné au sein du légendaire bureau ovale.</p>



<p>Le 27 janvier, encore une date unique, le président nouvellement investi de ses pleins pouvoirs se présente pour la première fois devant le Sénat en séance plénière, et s’adresse à la Nation américaine dans un discours programme tant attendu sur la scène nationale et internationale, l’Etat de la nation (State of the Union.)</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le président et le vice-président forment un tandem unique</h3>



<p>Les Pères fondateurs ont dès le départ trouvé la parade intelligente, sans états d’âmes, pour garder cette date unique des élections en de cas de vacance de la charge suprême de l’Etat : décès, incapacité physique ou mentale d’exercer, ou voyage à l’étranger, le colistier, le Dauphin, choisi par le président lui-même, le vice-président entre en scène. Sa présence est précieuse, elle rassure et fait taire toutes velléités. Pas de nouvelles élections, pas de guerres de clans, ni guerre de succession, ni de tensions intestines, le poste est pourvu pour les quatre ans à venir. Le président peut s’en délester en cours de route, mais aussitôt remplacé. Le poste ne doit jamais rester sans son locataire. On ne sait jamais ce que le sort peut réserver.</p>



<p>En voyage officiel, le vice-président s’installe dans le bureau présidentiel et prend les commandes du pays, mais en cas de vacance du poste, il prête sermon l’heure qui suit. Après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, JFK, à Dallas, Texas, son vice-président Lyndon B. Johnson, LBJ, insiste pour prêter sermon sur sa terre natale dans l’avion Air Force One, encore cloué au sol, devant une juge fédérale, le cercueil de son défunt président JFK dans les soutes. Il atterrit quelques heures plus tard sur le tarmac à Washington, D.C., en tant que 36e président des États-Unis.</p>



<p>Le président et le vice-président forment un tandem unique. L’ombre et la lumière. Tapi dans les sous-sols de la Maison blanche pour des raisons de sécurité et de raison d’Etat. Le vice-président ne se retrouve jamais dans la même pièce que le président à une exception près. Une personne discrète à souhait. À la hauteur de sa charge, peu de pouvoir visible, mais chargé de dossiers épineux. Il décharge le président des tâches ingrates lui laissant les brides libres et assez d’espace pour se consacrer à la gestion des affaires de l’Etat. Une exception fait la règle, Al Gore, vice-président sous l’administration Bill Clinton, a fait de la planète et du réchauffement climatique sa devise et son combat, son cheval de bataille. Le Parlement norvégien lui discerne en 2007 le prix Nobel de la paix pour son documentaire, disponible depuis en livre, <em>«Une vérité qui dérange»</em>, pour son engagement sans faille pour l’environnement et l’écologie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les moyens de voter à distance gagnent du terrain</h3>



<p>Le maintien de la date unique comme rendez-vous pour les élections présidentielles, législatives et autres nationales et régionales est inscrit dans la mémoire collective du peuple américain. Le développement des nouvelles technologies n’arrive pas à donner un coup d’arrêt au désir de se rendre aux urnes et de voter comme le faisaient leurs Pères fondateurs. Les irréductibles restent nombreux. Le maintien des dates est une tradition électorale. Pendant la pandémie, les Américains ont commencé à aller aux bureaux de vote 3 semaines à l’avance pour respecter le délai du premier mardi de novembre comme date butoir et éviter les longues files d’attente au risque de se voir contaminer.</p>



<p>Les moyens de voter à distance sont nombreux, multiples, variés. Ils sont adaptés aux dispositions mentales et physiques des votants. Chacun selon ses capacités, chacun selon sa motricité, chacun selon sa mobilité. Personne n’est laissé de côté, oublié, ou laissé pour compte, No one left behind. 32 Etats autorisent le vote anticipé pour convenance. Les grands voyageurs, ou ceux qui par obligation, les militaires par exemple, loin de leur bureau de vote habituel le jour des élections, peuvent voter. La date unique leur convient à merveille. Ces votants prennent leur disposition bien à l’avance de la date fatidique.</p>



<p>Le bulletin de vote doit impérativement être posté au plus tard le jour des élections, le cachet de la poste faisant foi dans ce cas. Une exception accordée aux militaires stationnés hors frontières nationales. Une dérogation d’une semaine. Le vote électronique commence à s’imposer davantage pour des raisons multiples, vote tardif à distance afin de jauger la tendance avant de se décider quel candidat choisir, ou exprimer son choix vite fait et aller vaquer à ses à ses obligations quotidiennes sans bouger de la maison ou sans quitter le bureau. Un jour, très proche, il y aura zéro bureau vote. Dans une smart city, des bornes électroniques et un téléphone portable, ou un autre support intelligent, suffit pour s’acquitter de la tâche indépendamment du lieu de résidence, du bureau de vote, ou du lieu où se trouve le votant.</p>



<p>Plusieurs voix se sont élevées de faire du «Jour des élections» un jour férié en reconnaissance de l’importance de ce jour et de sa grande signification dans le calendrier de l’échiquier politique. Le but étant d’encourager les citoyens à prendre la peine et d’aller voter. Le Sénat américain a échoué à faire adopter une loi. En l’absence d’un consensus national, quelques Etats considérant que ce jour mérite un semblant de reconnaissance ont en fait un jour férié. D’autres accordent d’avantage de liberté à leurs concitoyens ou exhortent les patrons à plus de flexibilité vis-à-vis de leurs employés se rendant aux urnes pour exprimer leur droit de vote. Cette tendance commence à décliner. Le vote électronique et à distance s’installe de plus en plus dans les habitudes du nouveau genre d’électeurs et dans le paysage électoral.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Pères fondateurs se sont détachés de la mainmise de l’église</h3>



<p>La conjoncture qui a enfanté dans la douleur le mardi suivant le premier lundi de novembre, soit le mardi 2 novembre si le premier novembre est le lundi, soit au plus tard le 8 novembre si le premier novembre est le mardi de la semaine d’avant, semble être loin derrière, à la traine, balayée par une Amérique entreprenante et dynamique, mais son esprit est resté vivace. Il rejoint en quelque sorte la philosophie derrière le premier amendement de 1789 : <em>«Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement…»</em> La recherche de l’épanouissement de l’individu l’emporte sur les intérêts étroits et sordides des partis. Les Pères fondateurs se sont détachés de la mainmise de l’église en assurant et en assument en toute liberté la «neutralité » de l’Etat fédéral à l’aube de sa création. L’individu rien que l’individu ! L’ancien monde n’a consommé la séparation qu’au début du 20e siècle.</p>



<p>L’église a tendance à essayer de tout contrôler, les populations et leur croyance par tous les moyens. Elle appelle au sens moral des croyants et leur foi. L’enfer et le châtiment, le lot des mécréants qui refusent de suivre les préceptes de l’église. Au cours des siècles, elle a fini par faire du temps de repos après un travail harassant, arraché par le sang, un jour de recueillement et de prière pour le monde chrétien. Elle considère que le dimanche correspond à la commémoration de la résurrection de Jésus. Ce litige temporel – faut-il consacrer le dimanche pour servir le Tout Puissant ? ou faut-il consacrer ce jour de repos hebdomadaire à la famille ? – a été balayé par une industrie naissante avide de main d’œuvre. Le capitalisme s’installe dans les villes, dans les esprits et dans la vie familiale. Il y a désormais un temps pour travailler et un temps pour se reposer et se divertir. Le repos hebdomadaire gagne du terrain. Les classes laborieuses, exténuées par un travail éreintant, aidées par les mouvements sociaux naissants finissent par trouver dans le dimanche une voie autre, une planche de salut autre que le chemin qui mène au Seigneur.</p>



<p>Si en Occident l’Etat a réussi à se séparer de l’église et à reprendre possession du dimanche comme jour de repos hebdomadaire universel, les pays islamiques hésitent encore à franchir le cap. Seuls quelques pays ont gardé le jour du repos hérité de la décolonisation. Le choix est cornélien. Se conformer aux usages et aux coutumes de l’Orient islamique, ou continuer à suivre l’option imposée par l’Occident colonialiste. Un choix lourd de conséquences. Certains ont déplacé ou décalé les jours de repos hebdomadaire arabe et islamique jeudi-vendredi vers vendredi-samedi non pas pour des raisons religieuses, loin de là, mais purement pour des raisons économiques. Les pays arabes gros producteurs de pétrole et de gaz naturel, en même temps de grandes plaques tournantes financières enregistrent de fortes pertes. Leurs marchés financiers locaux restent en dehors des circuits internationaux trois jours de suite du jeudi au samedi. Dimanche étant un week-end dans le reste du monde. Une absence assez longue et lourde de conséquences pour que le poids des pertes ne se penche dans la décision de revoir la composition du jour de repos hebdomadaire et de choisir la formule qui sied au mieux aux intérêts nationaux.</p>



<p>Pourquoi pas le samedi ? Le Shabbat vient ponctuer la vie spirituelle et matérielle des Hébreux. Ce jour de repos hebdomadaire, qui débute du vendredi soir au samedi soir, est consacré à Dieu, en souvenir de la création. Pour les juifs, c’est une journée réservée à la prière, avec un détachement absolu de toute autre activité.</p>



<p>Avaient-ils entre les mains ou en tête ces données et les particularités culturelles et religieuses spécifiques aux populations qui composaient à l’époque une contrée non encore connue ? Le fait y est que pour toutes les raisons et bien d’autres, les Pères fondateurs avaient fini par choisir un jour de semaine une date unique pour concentrer toutes les élections fédérales, ou régionales ou locales, ou présidentielles, ou parlementaires, ou sénatoriales, ou référendums ou autres de se tenir le même jour bien décalées des calendriers agricoles, semences ou moissons, des activités estivales et des rigueurs d’hivers givrants. L’épanouissement de l’individu dans une société à créer était la pièce maitresse de cet édifice.</p>



<h3 class="wp-block-heading">S’éloigner de la religion tout en préservant les valeurs morales</h3>



<p>Dans cette terre promise pour les premiers pèlerins fuyant les persécutions sous toutes leurs formes dans la plupart des pays d’Europe, terre de salut pour les premiers déshérités, les Pères fondateurs ont tout d’abord cherché à protéger les acquis de la révolution et à couper court avec les vieilles pratiques, causes qui ont conduit à la révolte et au soulèvement des paysans du nouveau monde contre la couronne britannique.</p>



<p>Le choix du premier mardi qui suit le premier lundi de novembre répond aux souhaits des maîtres penseurs de la révolution américaine, à la philosophie et la clairvoyance des révolutionnaires de l’époque de s’éloigner de la religion mais en même la préserver en reconnaissance des valeurs morales qu’elle véhicule, ni aliéner ses adeptes et les pousser à rejeter l’Etat en signe de défi. La neutralité est choisie et délibérée. Le choix de la date loin de toute contrainte légale ou morale exige une volonté de la part des législateurs à chercher à préserver l’unité nationale avant tout autre calcul politicien. Le samedi porterait préjudice aux adaptes de Moise, le dimanche rendrait les adaptes de Jésus furieux. Le nombre des musulmans à l’époque était insignifiant ou très mal connu. L’islam était la religion d’esclaves arrachés des pays africains musulmans de l’époque. Sa pratique était clandestine, et ses rites secrets.</p>



<p>Les développements dans les moyens de transports et les télécommunications ont bouleversé le comportement des gens. La limitation des délais d’attente, le confort, la prépondérance des moyens de transport individuels n’arrivent pas à dissuader les pouvoirs en Amériques de changer le modèle, ou la date, ou le jour du scrutin. Ils semblent être immuables et intouchables, inscrits dans le patrimoine culturels du peuple américain. Revenir sur le dimanche, c’est procéder à une manœuvre rétrograde, c’est réveiller le démon qui somnole, c’est rallumer le clivage entre le sacré et le profane.</p>



<p>* <em>Ancien fonctionnaire international.</em></p>
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