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	<title>Archives des Espagnols - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Espagnols - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘L’invincible armada’’: aide-toi, le ciel t’aidera!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Dec 2024 07:35:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où l’Angleterre affrontait l’Espagne, à la fin du 16e siècle, celle-ci était la superpuissance mondiale, et les Anglais n’étaient pas assurés de vaincre. Ils ont pourtant gagné. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/15/linvincible-armada-aide-toi-ciel-taidera/">‘‘L’invincible armada’’: aide-toi, le ciel t’aidera!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’attitude actuelle des Arabes face aux Américains et aux Israéliens relève du défaitisme. Ils croient préserver la paix et l’avenir en demeurant dans l’expectative face à l’expansionnisme israélien. En réalité ils auront d’autant moins le choix de leur avenir. Et cela, l’Histoire ne cesse de nous l’enseigner…</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-14883037"></span>



<p>L’Armada est cette flotte de 130 vaisseaux emportant&nbsp;30 000 hommes que le Roi Philippe II d’Espagne affréta pour conquérir l’Angleterre en 1588. Elle se composait d’environ 130 navires. Il fallut une véritable révolution navale pour que les Espagnols, habitués à se battre sur des galères effilées armées d’éperons mobilisées par des rameurs avec des soldats se lançant à l’assaut des bateaux immobilisés par des grappins, se convertissent aux voiliers hauts arrondis capables de traverser l’océan et utilisant les canons pour endommager leurs adversaires et les couler.</p>



<p>Le Roi d’Espagne, champion de l’Eglise catholique, reprochait à la Reine d’Angleterre sa religion anglicane, le soutien apporté aux Hollandais calvinistes révoltés et que les Espagnols considéraient comme des rebelles, enfin les attaques contre les galions&nbsp;espagnols remplis des richesses d’Amérique du Sud.</p>



<p>L’Armada prit la mer en mai 1588 et se dirigea vers la Manche, ce bras de mer entre l’Angleterre et la France. Son plan était d’accoster en Flandre afin de se ravitailler et d’embarquer des soldats amenés par le duc de Parme, puis de les débarquer sur la côte anglaise afin de prendre le pays. Mais c’était compter sans la flotte anglaise bien renseignée et surtout sur l’expérience de ses équipages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La supériorité maritime anglaise</h2>



<p>Entre le 16 et le 26 juillet, une série d’engagements eurent lieu qui ne causèrent que peu de dégâts aux adversaires du fait de la volonté des Britanniques de ne pas se rapprocher des bateaux espagnols. De ce fait leurs couleuvrines ne furent pas assez puissantes pour couler les bateaux espagnols dont les canons n’avaient pas la portée nécessaire pour les atteindre.</p>



<p>Les Espagnols tentèrent de prendre la flotte adverse qui se trouvait dans le grand port de Plymouth, mais Francis Drake réussit&nbsp;à déployer ses unités au large à la barbe de ses adversaires et à prendre le vent, ce qui lui permettait de les attaquer sans risquer lui-même d’être surpris.</p>



<p>La flotte anglaise adopta la tactique de la meute qui consistait à attaquer les navires exposés de l’adversaire et à l’obliger de leur porter secours pendant que leur flotte se déplaçait et se mettait constamment sous le vent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ho9RiTsmhN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/23/legacy-of-violence-a-history-of-the-british-empire-le-fardeau-meurtrier-de-lhomme-blanc/">‘‘Legacy of violence, a history of the british empire”: le fardeau meurtrier de l’homme blanc</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Legacy of violence, a history of the british empire”: le fardeau meurtrier de l’homme blanc » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/23/legacy-of-violence-a-history-of-the-british-empire-le-fardeau-meurtrier-de-lhomme-blanc/embed/#?secret=6B3OJ79ZIi#?secret=Ho9RiTsmhN" data-secret="Ho9RiTsmhN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les Espagnols furent ainsi empêchés de prendre l’île de Wight, qui aurait pu constituer pour eux une importante tête de pont. Un de leurs vaisseaux explosa suite à un acte de sabotage et un de leurs grands capitaines fut pris avec son bateau victime d’une grave avarie. Cependant, ils atteignirent Calais sans encombre mais sans trouver les soldats et le ravitaillement promis.</p>



<p>Dans la nuit du 26 juillet les Anglais lâchèrent sur la flotte espagnole regroupée et à l’ancre des brûlots, ces bateaux auxquels le feu avait été allumé. Les brûlots ne causèrent aucun dégât mais le Duc de Medina Sidonia, l’amiral de l’Armada occupa de couper les amarres et de détacher les ancres. Ce fut une décision fatale qui causa la dispersion des bateaux, ce qui la plaça à la merci des marins et des canons anglais, les Espagnols ayant épuisé leurs munitions.</p>



<p>Il s’ensuivit, le 29 juillet, la bataille dite de Gravelines. Quelques bateaux échoués sur les côtes flamandes furent pillés, et les soldats qui s’y trouvaient massacrés par les corsaires hollandais à l’affût. La moitié de la flotte avec le vaisseau amiral cingla vers l’ouest puis rejoignit l’Espagne par le sud-est en septembre. Les autres bateaux prirent vers le nord. Ceux qui contournèrent les Orcades et l’Écosse puis l’Irlande purent retrouver le chemin du retour. Les autres, qui s’engagèrent dans le golfe de Donegal et la mer d’Irlande, environ 25, s’échouèrent contre les récifs et coulèrent. Les naufragés furent pris et massacrés par les Anglais. Certains tel Leyva et les nobles qui l’accompagnaient traversèrent la côte et purent restaurer sommairement un autre bateau mais ils coulèrent au large de l’Angleterre. Un certain Cuellar, condamné à mort pour avoir laissé son bateau dépasser son vaisseau amiral fut condamné à mort sans que la sentence ne soit exécutée. Il se retrouva naufragé en Irlande et put regagner l’Ecosse puis la Flandre espagnole avant de rentrer dans son pays.</p>



<p>Au total, environ une cinquantaine de bateaux furent perdus et environ 20 000 marins et soldats ne regagnèrent pas leurs foyers.</p>



<p>Du côté des anglais, une centaine mourut au combat, et environ un millier décédèrent probablement par empoisonnement en consommant de la nourriture avariée. En effet, l’hygiène était tellement déplorable sur les bateaux que l’eau et la nourriture s’en trouvaient fréquemment polluées. Cependant, il est probable que quelques-uns moururent du typhus, véhiculé par les poux.</p>



<p>Pour tout dire les Anglais remportèrent la victoire même s’ils ne le surent pas immédiatement,&nbsp;contre l’Invincible, qui s’avéra ne l’être que de nom. Et cela, ils le doivent avant tout à leur meilleure science de la navigation à la voile et au brio de leurs chefs. Ils étaient en effet habitués à naviguer et pêcher dans les eaux agitées de l’Atlantique Nord. Leur organisation était également supérieure, et dans le domaine de la mer, même si l’Amiral était toujours un noble, les gens du peuple tels que Francis Drake connus pour leurs compétences trouvaient leur place et leurs voix étaient entendues.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Fitk1nj4do"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/">‘‘The Anglo Saxons’’ : l’Angleterre au Moyen-âge ou la genèse d’une nation coloniale</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The Anglo Saxons’’ : l’Angleterre au Moyen-âge ou la genèse d’une nation coloniale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/embed/#?secret=Vx598UBQ3O#?secret=Fitk1nj4do" data-secret="Fitk1nj4do" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est Drake qui fut le maître tacticien de la flotte anglaise, même si la Reine refusa ses conseils d’attaquer l’Armada et de la détruire dans ses ports d’attache avant son départ. D’autre part, c’est lui qui introduisit les rangées de canons sur les flancs des vaisseaux et qui transforma ainsi le combat naval. Enfin c’est son raid sur Cadix en 1587 qui fit prendre conscience à ses adversaires de la supériorité maritime anglaise.</p>



<p>En contrepartie, les Espagnols étaient dépourvus en marins qualifiés et de surcroît, ceux-ci étaient soumis à l’autorité des nobles qui ne connaissaient rien aux affaires de la mer. Le Duc de Medina Sidonia, nommé Amiral contre sa volonté il faut le préciser, était ainsi dénué de toute qualification. En dépit de son courage, c’est lui qui dans un moment d’affolement donna l’ordre funeste de rompre les amarres des bateaux provoquant ainsi la dispersion de la flotte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le destin des nations est entre leurs mains</h2>



<p>Certes l’Espagne surmonta le désastre et forte de l’expérience elle reconstitua une flotte qui put protéger efficacement ses bateaux. Néanmoins la résistance victorieuse contre l’Armada fit prendre conscience au peuple anglais de l’importance de sa flotte de guerre pour la protection de son pays. Elle renforça le sentiment national naissant dans la population. Elle empêcha plus tard Napoléon et Hitler d’envahir les îles britanniques.</p>



<p>Le destin des nations n’est pas fait que de paix. Au moment où l’Angleterre affrontait l’Espagne, celle-ci était la superpuissance mondiale, et les Anglais n’étaient&nbsp;pas assurés de vaincre.</p>



<p>On peut imaginer ce qui se serait passé si la Reine d’Angleterre avait fait sa soumission à un pays beaucoup plus puissant qu’elle; il n’y aurait probablement pas eu d’Etats&nbsp;Unis d’Amérique.</p>



<p>On peut voir comment l’attitude actuelle des Arabes face aux Américains et aux Israéliens relève du défaitisme. Les Arabes croient qu’ils préservent la paix et l’avenir en demeurant dans l’expectative face à l’expansionnisme israélien. En réalité ils auront d’autant moins le choix de leur avenir.</p>



<p>A l’inverse, les Israéliens, ces&nbsp;élèves émoulus de l’impérialisme anglais, essaient d’adopter la tactique de Drake qui consiste à détruire les potentialités de l’adversaire avant qu’il ne s’en serve. On a vu comment ils ont agi en Syrie.</p>



<p>Pourtant malgré les inévitables destructions issues d’une infériorité aérienne, le Hezbollah, le Hamas, les Houthis, des organisations paramilitaires qui ne comptent pas plus de quelques milliers de militants, ont prouvé qu’on pouvait résister victorieusement à leur supériorité aérienne.</p>



<p>Les pays arabes devraient comprendre que tout comme les Anglais s’étaient dotés des moyens nécessaires pour construire une marine capable&nbsp;de les protéger, ils devraient développer leurs drones et leurs missiles balistiques, intégrer l’immensité de leur territoire, dans une stratégie de survie, plutôt que d’accepter de devenir&nbsp;les grands disparus&nbsp;dans les oubliettes de l’Histoire. &nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><em><strong>‘‘L’invincible armada’’ de&nbsp;Blond Georges, éditions Plon, 1er janvier 1988, 218 pages.</strong></em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XxLWdGZ17M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/06/the-isles-comment-albion-est-devenue-anglaise/">«The Isles» : Comment Albion est devenue anglaise</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «The Isles» : Comment Albion est devenue anglaise » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/06/the-isles-comment-albion-est-devenue-anglaise/embed/#?secret=1FbHWHD3b5#?secret=XxLWdGZ17M" data-secret="XxLWdGZ17M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Pour le Premier ministre espagnol, l’immigration est «synonyme de richesse»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pour-le-premier-ministre-espagnol-limmigration-est-synonyme-de-richesse/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Oct 2024 10:20:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez multiplie les déclarations engagées en faveur des immigrés, qu'il considère comme une chance pour son pays.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pour-le-premier-ministre-espagnol-limmigration-est-synonyme-de-richesse/">Pour le Premier ministre espagnol, l’immigration est «synonyme de richesse»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Espagne est en passe de devenir la conscience d’une Europe qui sombre dans l’extrémisme et l’intolérance. Ses positions, notamment sur la <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/21/lespagne-en-appelle-a-la-conscience-dune-europe-indifferente-aux-souffrances-des-palestiniens/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">guerre à Gaza</a> et, plus récemment, sur l’immigration se distinguent clairement de celles de la plupart des autres Etats européens gouvernés, directement ou indirectement, par des partis d’extrême droite fascisants. </em></strong></p>



<span id="more-14223871"></span>



<p>Lors d’un récent discours au Parlement, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a fait des déclarations offensives et engagées en faveur des immigrés. Il est allé jusqu’à vanter les bénéfices de l’immigration dans une Espagne vieillissante en manque de main-d’œuvre, déconstruisant ainsi les discours de <em>«haine»</em> véhiculés pas l’extrême droite. Des propos à contre-courant de ceux de la plupart de ses homologues européens, qui choisissent de durcir leur politique migratoire.</p>



<p><em>«L’Espagne doit choisir entre être un pays ouvert et prospère ou un pays pauvre et fermé»</em>. Cette phrase a été prononcée mercredi 9 octobre au Parlement espagnol par le jeune chef de gouvernement espagnol.</p>



<p>L’Espagne, pays avec une population vieillissante et un taux de natalité le plus bas de l’Union européenne (UE), a besoin des immigrés pour développer son économie et maintenir son système social. En mai dernier, l’OCDE a d’ailleurs désigné le pays comme celui qui connait la croissance la plus rapide de l’UE, notamment grâce à l’immigration.</p>



<p><strong>«Nous, les Espagnols, sommes les enfants de l’émigration»</strong></p>



<p><em>«Plus de la moitié des entreprises espagnoles ont des problèmes pour répondre à leurs besoins en main-d&rsquo;œuvre»</em>, a souligné Pedro Sánchez. «Nous avons des personnes âgées qui ont besoin d’une aide-soignante et qui n’en trouvent pas. Des entreprises qui recherchent des programmeurs, des techniciens, des maçons et qui n’en trouvent pas. Des écoles rurales qui ont besoin d’enfants pour ne pas devoir fermer leurs portes», a-t-il ajouté. Et d’insister : <em>«L’immigration est synonyme de richesse. Sans elle, nous perdrions 30 millions de personnes en âge de travailler dans les années à venir en Europe (…) L’immigration n’est pas seulement une question d’humanité, elle est aussi nécessaire pour notre économie et notre prospérité»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">94% des immigrés viennent de manière légale en Espagne</h2>



<p>Le Premier ministre a aussi mis en avant le passé migratoire de son pays, lorsque deux millions d’Espagnols ont fuient le régime franquiste. <em>«Nous devons nous souvenir des odyssées de nos mères et de nos pères, de nos grands-pères et de nos grand-mères en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Europe. Et comprendre que notre devoir aujourd’hui, surtout maintenant, est d’être cette société accueillante, tolérante et solidaire qu’ils auraient aimé trouver»</em>, a-t-il encore déclaré. <em>«Nous, les Espagnols, sommes les enfants de l’émigration. Nous n’allons pas être les parents de la xénophobie»</em>, a martelé Sánchez. <em>«Le flux migratoire </em>[est] <em>diversifié </em>[et] <em>ne ressemble en rien à l’image </em>[propagée]<em> par l’extrême droite»</em>, a-t-il enchaîné. Et son discours est d’autant plus crédible et convaincant qu’au cours de la dernière décennie, 94% des personnes venues en Espagne l’ont fait de manière régulière, dont seulement 20% sont originaires d’Afrique, contrairement aux mensonges propagées par les partis d’extrême-droite européens.</p>



<p>Par ailleurs, contrairement aux idées souvent véhiculées, les immigrés ne profitent pas du système espagnol. Pour preuve selon le Premier ministre, les étrangers <em>«versent 10% de leurs revenus à la Sécurité sociale. Et ils utilisent les services publics et les prestations sociales 40% de moins que ceux nés en Espagne»</em>.</p>



<p>Ils ne sont pas non plus des délinquants en puissance. <em>«Les immigrés commettent-ils des crimes ? Bien sûr. Mais si l’on analyse les données par âge et revenu, le taux est le même que celui des Espagnols. Parce que les étrangers ne sont ni pires ni meilleurs que nous, ils sont les mêmes»</em>, explique Sánchez.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-14223913" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Accueil-de-migrants-aux-Canaries.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Du 1er janvier au 30 septembre, plus de 30 000 personnes ont débarqué aux Canaries, contre près de 15 000 à la même période de 2023, selon <a href="https://www.interior.gob.es/opencms/export/sites/default/.galleries/galeria-de-prensa/documentos-y-multimedia/balances-e-informes/2024/18_informe_quincenal_acumulado_01-01_al_30-09-2024.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur</a>. Soit une hausse de 105%.</em> <em>Pour le Premier ministre espagnol,  ce n&rsquo;est pas une catastrophe mais une chance pour son pays.  </em></figcaption></figure></div>


<p>Au Parlement, le Premier ministre a dévoilé les bases d’un <em>«plan national de coexistence et d’intégration interculturelle qui disposera de ressources pour promouvoir l&rsquo;intégration des étrangers dans la société et faciliter leur intégration dans des domaines tels que le travail, l&rsquo;éducation et le social».</em></p>



<p>Parmi les mesures annoncées, une modification de la loi immigration pour favoriser l’accélération des processus d’embauche des travailleurs migrants et faciliter leur régularisation. Le Premier ministre veut aussi mettre en œuvre une série de réformes pour permettre <em>«une migration légale, sûre et ordonnée»</em>.</p>



<p>Le réseau d’accueil va par ailleurs être renforcé&nbsp;: 6&nbsp;000 places supplémentaires dans les centres d’hébergement vont être créées dans les prochains mois pour prendre en charge les nouveaux arrivants.</p>



<p>Les propos du Premier ministre espagnol devant le Parlement détonnent dans une Europe confrontée à une poussée des mouvements nationalistes. Les principaux pays européens ont multiplié ces dernières années les mesures pour tenter d&rsquo;endiguer l’immigration irrégulière, à l’instar de l&rsquo;Italie, de la Grèce ou encore de la France. Mais le cas le plus emblématique est celui de l’Allemagne qui avait ouvert ses portes à un million de Syriens en 2015, et qui a décidé en septembre dernier&nbsp;de rétablir les contrôles à ses frontières.</p>



<p><em>«Tout au long de l’histoire, l’immigration a été l’un des grands moteurs du développement des nations, tandis que la haine et la xénophobie ont été – et continuent d’être – les plus grands destructeurs des nations. La clé est de bien la gérer»</em>, a insisté Pedro Sánchez devant le Parlement.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> (avec agences). </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="m2QvfvYKJm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/21/lespagne-en-appelle-a-la-conscience-dune-europe-indifferente-aux-souffrances-des-palestiniens/">L’Espagne en appelle à la conscience d’une Europe indifférente aux souffrances des Palestiniens  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Espagne en appelle à la conscience d’une Europe indifférente aux souffrances des Palestiniens   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/21/lespagne-en-appelle-a-la-conscience-dune-europe-indifferente-aux-souffrances-des-palestiniens/embed/#?secret=Pz1T4ziJge#?secret=m2QvfvYKJm" data-secret="m2QvfvYKJm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pour-le-premier-ministre-espagnol-limmigration-est-synonyme-de-richesse/">Pour le Premier ministre espagnol, l’immigration est «synonyme de richesse»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2020 11:37:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le récit historique est souvent le reflet de préoccupations contemporaines à sa rédaction, et celui de l’Andalousie n’échappe pas à la règle de quelque côté que le narrateur puisse se situer. Le mythe ensorceleur du paradis andalou perdu opère toujours sur les Arabes comme le charme de Circé, il masque un avenir inquiétant où leur...</p>
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<p><strong><em>Le récit historique est souvent le reflet de préoccupations contemporaines à sa rédaction, et celui de l’Andalousie n’échappe pas à la règle de quelque côté que le narrateur puisse se situer. Le mythe ensorceleur du paradis andalou perdu opère toujours sur les Arabes comme le charme de Circé, il masque un avenir inquiétant où leur seule place reconnue résiderait dans les sables mouvants du désert d’où on prétend qu’ils soient venus. À force de regarder en arrière, la communauté de l’islam risque de se transformer, comme la femme de Loth, en statue de sel.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-320521"></span>



<p>Le 11 octobre 732, voilà 1288 ans jour pour jour, se déroulait la bataille de Poitiers, dont on enseignerait aux écoliers français pendant plusieurs générations jusqu’à une récente époque, comme étant celle grâce à laquelle Charles Martel, le Maire du Palais, à la tête des Francs, avait<em> «arrêté les Arabes» </em>sur les bords de la Loire.</p>



<p>Le ton était ainsi donné dans les manuels scolaires au projet colonial de Jules Ferry. Cette bataille, qualifiée de Cour des Martyrs, par les vaincus, ne laissera en revanche chez eux que peu de souvenirs; il s’agissait en fait d’une razzia à laquelle on n’avait fait que renoncer, pour des motifs imprévus.</p>



<p>Les historiens des Francs, dont aucun n’avait assisté à la bataille, essentiellement des clercs de l’Eglise, y verront plusieurs années après une occasion de légitimer l’usurpation du pouvoir royal par leur nouveau maître, dont le statut social chez les siens était à l’origine grevé par sa bâtardise.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une histoire commune diversement interprétée</h3>



<p>En revanche, les écoliers du Maghreb et sans doute du Machreq, auront fort à faire durant leur cursus scolaire avec les textes et les poèmes issus de la civilisation classique de l’Andalousie <em>«arabe»</em>, d’Ibn Hazm à Averroes en passant par l’inévitable El Moqarri. Celle-ci constitue toujours dans l’imaginaire collectif entre le Golfe et l’Océan, la référence à un passé glorieux où les ancêtres avaient été à la pointe de la civilisation mondiale et où leurs armées avaient occupé les pays qui plus tard deviendraient les puissances coloniales honnies. Si donc ils l’ont fait, c’est que leurs descendants pourraient également le refaire. Mais cette histoire de l’Andalousie, depuis l’irruption de la question Palestinienne, et les revers successifs et ininterrompus subis par les pays arabes devenus indépendants, a également acquis une perspective plus inquiétante, celle de la possibilité de voir un jour l’espace arabe et musulman disparaître aux tréfonds de l’Histoire sans laisser de traces.</p>



<p>En Occident en revanche, jusqu’à une époque récente, effectivement on a regardé les Arabes comme étant les maîtres qui, en dotant l’Espagne d’une civilisation éblouissante, avaient transmis à l’Europe tout le legs culturel issu de la Grèce antique, de la Perse, et même de l’Inde, qui permettrait plus tard la Renaissance. Cette vision tirait souvent son origine du siècle des Lumières et de la vision anti cléricale que les philosophes voulaient faire partager à leur société. La substance en était que la place centrale de l’Eglise dans la société n’avait plus sa raison d’être, du moment que des peuples non chrétiens avaient pu faire mieux, sans en disposer.</p>



<p>La tolérance qui avait structuré la coexistence pacifique, en Andalousie, de trois communautés, musulmane, juive et chrétienne, était devenue un exemple souvent invoqué. Elle redeviendrait un concept fondamental au moment où la mondialisation abolissait les frontières et permettait la libre circulation des biens et des personnes. La société multiculturelle et plurielle sera donc pendant des années la panacée que les gouvernements des pays européens, en butte à la dépopulation, et à des phénomènes migratoires plus ou moins contrôlables en provenance du tiers monde, essaieront d’imposer à leurs populations, malgré des incidents, en général des faits divers, qui de temps à autre soulèveront quelques doutes sur sa pertinence.</p>



<p>Mais si les Arabes et les Occidentaux ont chacun leur point de vue sur la signification de la tolérance dont la référence est l’Andalousie au Moyen Age, c’est la vision espagnole de la chose dont il convient aussi de prendre connaissance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Reconquista chrétienne vue par les nationalistes espagnols</h3>



<p>En Espagne, il y a certes eu les marginaux, tenants du déni, ceux qui ont considéré qu&rsquo;il n’y a jamais eu d’invasion arabe, et que Ariens, les disciples d’Arius, se sont convertis pacifiquement à la foi du prophète Mohamed. Mais ainsi que l’avait fait Felipe Gonzalez, l’ancien Premier ministre socialiste espagnol, on a souvent considéré que l’Histoire avait d’une manière injuste, et dans un cadre conflictuel s’apparentant plus à une guerre civile, établi une séparation avec le Maghreb, plus particulièrement le Maroc. C’est, quoique pour des raisons différentes certes, l’opinion qui prévalait depuis l’époque de Franco, qui quoique catholique convaincu, n’avait pas oublié les soldats musulmans issus du Rif Marocain, sous domination espagnole, qui avaient victorieusement combattu pour lui lors de la guerre civile après avoir traversé le détroit, comme l’avaient fait ceux de Tariq Ibn Ziyad. Mais la vision historique, adoptée par les laïcs espagnols, était en fait parfaitement anti cléricale. Elle stipulait que l’Espagne devrait assumer son héritage historique, arabo musulman tout autant que latino chrétien. Et évidemment la référence incontournable en était le califat omeyade de Cordoue, dans toute sa splendeur, celle d’Abderrahmane Ennasser.</p>



<p>Considérer le passé ainsi revenait en fait à admettre que la Reconquista chrétienne dans son ensemble n’avait été qu’une entreprise féodale menée par des fanatiques chrétiens mobilisés et soutenus par l’Eglise, et que l’expulsion des Morisques musulmans victimes du racisme d’Etat avait sans justification valable privé l’Espagne de sa part de population la plus active, la plus industrieuse et la plus policée.</p>



<p>Le point de vue nationaliste espagnol considère les choses différemment. Pour lui les Arabes et les Berbères n’ont été que des étrangers qui ont arraché grâce à leur supériorité militaire le sol à ses propriétaires légitimes, qu’ils ont appelés les Romano-wisigoths, dont certains sont demeurés dans le régime discriminatoire de la <em>«dhimma»</em> pour constituer les Mozarabes, un mot d’origine arabe désignant les chrétiens espagnols qui ont appris à parler le langage du conquérant. Les autres se sont réfugiés dans les montagnes du nord et ont fini par former les royaumes combattants qui repousseraient progressivement les Arabes jusqu’à les expulser totalement de la péninsule.</p>



<p>Le paradoxe du point de vue nationaliste est qu’il n’accorde aucune place aux Espagnols d’origine qui se sont convertis à l’islam, ni même aux Mozarabes qui étaient demeurés chrétiens mais qui avaient adopté la langue arabe, même dans leur liturgie religieuse, et qui ont pourtant disparu après la chute de Grenade parce que dans le nouvel Etat espagnol catholique reconstitué il n’y avait pas de place pour la différence.</p>



<p>Les nationalistes espagnols n’abordent pas la question de toutes ces hordes de guerriers européens d’origines les plus diverses, Normands, Anglais, Français, Allemands, Belges, qui à l’appel du pape sont allées se tailler des fiefs en Espagne en combattant les Musulmans dans ce qu’on appelé la Croisade du Sud. La Croisade du Sud fut l’élément déterminant de la Reconquista, c’est elle qui rétablit la latinité politique en Espagne, et c’est son absence qui l’empêcha en Afrique où l’Eglise avait pourtant été bien plus forte et féconde.</p>



<p>Pourtant, en dépit des prescriptions coraniques sur la nécessaire fraternité entre les croyants, les Berbères et les Arabes ne se sont que rarement entendus, et si cette inimitié constitue l’autre élément principal du drame ayant scellé le sort de l’islam dans la péninsule ibérique, au Maghreb les Berbères ont été plus aptes à perdre leur Latin que les Ibères. Ils ont trouvé dans les doctrines égalitaires kharidjites et dans la sédition chiite fatimide l&rsquo;exutoire à leur rancœur, avant de finir par se ranger sous la bannière de l’orthodoxie sunnite malékite, certes, dans un cadre politique issu de leurs propres rangs, les empires Moravide et Almohade. Mais les Berbères étaient bien les habitants de la région, à la différence des Arabes ou des Wisigoths. Ces derniers, peuplades germaniques frustes et rudes que leurs pérégrinations ont amenées du Nord de la Mer Noire jusqu’à la péninsule espagnole en passant par les Balkans et la Gaule, ont été promus aux rangs de propriétaires légitimes de la terre espagnole, sans même qu’ils n’y aient réalisé d’œuvres mémorables. Il a suffi pour cela que leurs rois abandonnent l’arianisme, une doctrine issue du christianisme et niant la divinité du Christ, au profit du catholicisme romain trinitaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une nécessaire relecture dépassionnée d’une Histoire partagée</h3>



<p>Les Arabes qui eux ont doté le pays de la civilisation la plus remarquable de l’époque, qui ont établi une société structurée où chaque communauté trouvait sa place et où de nombreux autochtones se sont fondus par la foi et ou le langage, demeurent pour les historiens nationalistes espagnols des étrangers non-Européens parce qu’ils ont toujours exclu de leur pouvoir l’Eglise Catholique Romaine, qu’ils ont tolérée, mais comme une institution appelée à disparaître et à se fondre. Or ce sont les clercs de l’Eglise, des Latins des royaumes du nord, et les Mozarabes de l’Andalousie, qui en ont écrit l’Histoire, à travers laquelle on juge aujourd’hui l’époque, au détriment des écrits des musulmans demeurés pratiquement silencieux sur le sujet des chrétiens, et malgré leurs plaintes incessantes concernant les lourds impôts auxquels ils étaient soumis, les humiliations qu’ils subissaient dans la vie quotidienne, et le régime juridique inégal auquel ils étaient confrontés, la communauté chrétienne mozarabe s’est souvent révoltée, et le cas de Omar Ibn Hafsoun le prouve bien. Elle en a payé les conséquences, en est sortie affaiblie, mais elle a survécu, conservé sa foi, et parfois prospéré, même si elle était inévitablement vouée à être absorbée.</p>



<p>C’est sans doute cela que les tenants de la légitimité de la Reconquista, dans le droit fil de l’historiographie chrétienne catholique, n’ont jamais pardonné aux Arabes et on peut dès lors comprendre pourquoi ils en ont fait des étrangers inassimilables.</p>



<p>L’un des reproches que peut certes faire l&rsquo;Eglise Catholique aux Arabes est d’avoir contribué à la disparition du latin de l’espace public et d’avoir donné par la richesse de leur langage, l’exemple conduisant au développement des langues vernaculaires dans toutes les contrées d’Europe, en finissant par la morceler politiquement. Il est aujourd’hui nécessaire de le rappeler.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’Andalousie au cœur de la guerre de la mémoire</h3>



<p>Avec le terrorisme, l’immigration clandestine, les communautés musulmanes nombreuses installées en Europe, travaillées par l’islamisme, et la politique agressive turque en Méditerranée orientale et dans le Caucase, l’époque actuelle est à la peur, et à la confrontation. Elle est aussi à une nécessaire relecture dépassionnée de l’Histoire dont on doive toujours comprendre l&rsquo;origine du caractère antagoniste. Et naturellement c’est encore une fois El Andalous qui se retrouve en première ligne comme instrument dans cette guerre de la mémoire, puisque des auteurs espagnols auréolés de leurs titres académiques, Rafael Sanchez-Saus et Serafin Fanjul en particulier, prétendent que la tolérance entre les trois communautés n’y fut qu’un mythe entretenu pour des raisons politiques, et que le régime instauré par les Arabes en Espagne s’apparentait plus à l’apartheid sud africain qu’autre chose.</p>



<p>Evidemment une telle opinion exprimée avec autant de relief vaut ce qu’elle vaut, et a des implications inévitables que ses auteurs cachent à peine, celles de l’impossibilité de toute cohabitation avec les musulmans en Europe et de leur caractère d’irréductibles étrangers dont l&rsquo;identité se révèle réfractaire à toute assimilation, tel que semblait le considérer récemment le président français Emmanuel Macron en parlant de sédition. Ce faisant, seule leur expulsion préserverait les Européens, ainsi que l&rsquo;avait fait l’Etat espagnol en 1609 à l’encontre des Morisques. C’est en tout cas ce que réclament d&rsquo;une manière à peine voilée aujourd’hui les mouvements populistes européens.</p>



<p>Le récit historique est souvent le reflet de préoccupations contemporaines à sa rédaction, et celui de l’Andalousie n’échappe pas à la règle de quelque côté que le narrateur puisse se situer. Le mythe ensorceleur du paradis andalou perdu opère toujours sur les Arabes comme le charme de Circé, il masque un avenir inquiétant où leur seule place reconnue résiderait dans les sables mouvants du désert d’où on prétend qu’ils soient venus. À force de regarder en arrière, la communauté de l’islam risque de se transformer, comme la femme de Loth, en statue de sel.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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