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	<title>Archives des gauche tunisienne - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des gauche tunisienne - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Hichem Skik ou la modération comme arme de lutte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 10:58:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Harmel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hichem Skik s’est toujours inscrit dans la tradition de «soutien critique» au pouvoir pour faire avancer la démocratie et le progrès. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/18/hichem-skik-ou-la-moderation-comme-arme-de-lutte/">Hichem Skik ou la modération comme arme de lutte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans son livre ‘‘Écrits pour la liberté et le progrès’’, publié par les éditions Nirvana en 2025, Hichem Skik rassemble ses articles publiés en français dans le journal Attarik Al Jadid entre 2001 et 2014, date de la disparition de ce journal d’opposition, porte-parole du Parti communiste tunisien (PCT), et de ses différentes évolutions et ouvertures (Mouvement Ettajdid, Parti Al Massar).</em></strong></p>



<p><strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-17936787"></span>



<p>De fait c’est le tome 2 d’un livre publié en 2021 par le même auteur et chez la même maison d’édition sous le titre <em>‘‘Kitaabaat ala attarik’’</em> (كتابات على الطريق), qui rassemble l’essentiel des articles d’opinion publiés en arabe dans le même journal, entre 1981, année de sa création, et 2014.</p>



<p>Avec ces deux ouvrages, Hichem Skik nous offre ses écrits journalistiques complets, soit 80 articles en arabe et 50 en français. Si cette pratique est bien ancrée en littérature, dans le journalisme, cette tradition est loin d’être assise en Tunisie.</p>



<p>Dans ses mémoires intitulées <em>‘‘Al-massira wal-massar’’</em> (le parcours et voie), publiées en 2022 en arabe aux éditions Dissonances, Ahmed Nejib Chebbi rapporte qu’à son arrivée à Paris en 1964, alors jeune étudiant, il a entendu parler d’un club d’étudiants communistes animé par un certain Hichem Skik. Ce témoignage m’est revenu à l’esprit en écoutant ce dernier, en 2024, lors d’une séance de lancement d’un des livres publiés dans la collection <em>Mountada Ettajdid</em> aux éditions Nirvana, dirigée par lui-même. Entre les deux dates, soixante années se sont écoulées, que d’eau a coulé sous les ponts&nbsp;! Mais le militant politique est toujours fidèle au poste, celui d’un implacable agitateur d’idées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tradition de prise de parole publique</h2>



<p>Hichem Skik perpétue une tradition bien connue chez les élites tunisiennes depuis le début du vingtième siècle, où le journalisme d’opinion est investi par les militants de toutes obédiences, et transformé en terrain de combat et en arme de lutte.</p>



<p>La liste serait longue à établir depuis les journaux&nbsp;<em>Ezzohra</em> (1890-1959), <em>Le Tunisien</em> (1907-1912), <em>L’Action tunisienne</em> (1932-1988), dans sa phase militante avant l’indépendance, <em>Er-Raï</em> (1978 -1987), <em>El Mawqef </em>(1984-2011), et bien d’autres titres.</p>



<p>Nous avons plus que jamais besoin de rappeler cette soif de prise de parole publique qui a toujours animé nos élites, et au-delà les expériences personnelles de personnalités très différentes et même souvent opposées, dans des contextes historiques variés.</p>



<p>Il faut saisir le message fondamental, transmis comme une flamme éclairante, de génération en génération. Ceux qui détiennent le pouvoir, et l’imposent parfois par la force, ne peuvent pas avoir le monopole de la parole publique. Les idées ne peuvent pas être mises en prison, même si les personnes qui les portent peuvent être, elles, aux arrêts.</p>



<p>Si cela était valable avec des journaux papier qu’on pouvait facilement suspendre, que dire aujourd’hui avec les multiples outils de communication qu’offre le 21<sup>e</sup> siècle. Les idées ne peuvent être combattues que par des idées, une évidence certes, mais elle mériterait d’être rappelée aux oublieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’une génération à une autre</h2>



<p>Le militant nationaliste Tahar Sfar, dans son <em>‘‘Journal d’un exilé. Zarzis 1935’’</em>, publié aux éditions Bouslama en 1960, a bien saisi ce fil d’Ariane entre des générations qui parfois s’ignorent ou s’opposent et se critiquent les unes les autres, mais contribuent toutes à une œuvre historique commune qui les dépasse&nbsp;:&nbsp;«<em>Bach Hamba, Thaâlbi, M’hamed Ali, Habib Bourguiba et tous ceux de leurs groupes, ne nous apparaissent-ils pas dans cette échelle ascensionnelle, comme autant de points de repères qui en marquent les sinuosités et en décèlent le progrès constant.(…) Et ainsi dans le chemin de la vie, semé d’obstacles et de fossés, o</em><em>ù</em><em> les culbutes sont inévitables et nécessaires, o</em><em>ù</em><em> les retours en arrière sont parfois utiles, et les haltes fécondes, toutes les générations doivent tendre la main en un rang ininterrompu et compact&nbsp;; et c’est cela qui donne la foi, le courage et la voie d’œuvrer. Sentir qu’on est soutenu et épaulé par les générations qui ont précédé, que les morts sont présents et vivent dans notre activité, qu’ils agissent avec nous au travers de nous, (…) c’est cela et rien que cela qui fait grand le travail humain, qui console de l’effort et de la peine, qui fait supporter le sacrifice et la privation et qui, en un mot, donne tout son prix et son plein sens </em><em>à</em><em> l’évolution, qui partout s’accomplit et nulle part ne s’achève</em>&nbsp;» (pages 18-20) .</p>



<p>C’est aussi de ce message transgénérationnel que Hichem Skik est acteur et témoin, à travers ses écrits journalistiques, mais aussi à travers la collection qu’il dirige <em>‘‘Montada Ettajdid</em>’’ riche de 11 titres, qui vise à faire connaître le&nbsp;«<em>patrimoine de la pensée de la gauche tunisienne et internationale et de le diffuser dans la société et en particulier auprès des jeunes</em>». Nous pouvons ne pas partager ses priorités, mais comment ne pas être saisi par sa forte conviction, par sa constance et par l’intelligence investie dans cette œuvre de vie !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La main tendue de Bourguiba en 1981</h2>



<p>Il faut être disciple d’Elyssa, pour voir se dessiner un État dans une peau de bœuf selon la légende populaire. L’art de voir grand, quand tout semble petit, étroit et désespérant. L’œuvre journalistique de Hichem Skik, comme celle de ses compagnons de lutte, bien au-delà de son propre parti, est pétrie d’histoire et de rapports de forces, arrachée mot par mot et phrase par phrase à la vigilance d’une censure que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, eux qui ont entendu des journalistes traiter le président de la république après la révolution de&nbsp;<em>«Tartour»</em> (<em>«Tartempion»</em>), sans être inquiétés. Avant 2011 des carrières et des vies ont été brisées pour moins que ça&nbsp;!</p>



<p>Il faut remonter aux années charnières de la fin de années 1970 et le début des années 1980, pour trouver les clés d’une nouvelle grammaire politique, dans laquelle s’inscrivent les <em>‘‘Écrits pour la liberté et le progrès’’</em>, de Hichem Skik.</p>



<p>Le pouvoir personnel de Bourguiba, servi par un charisme indiscutable, par son rôle dominant dans la lutte nationale et par une vision réformiste de l’État et de la société, concrétisée dès les premières années de l’indépendance, encaisse échecs et défis&nbsp;: l’échec d’une politique économique résumée abusivement par le terme collectivisation, le fort courant <em>«indépendantiste»</em> au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la centrale syndicale, qui débouchera sur la crise du&nbsp;<em>«Jeudi noir»</em> du 26 janvier 1978, qui voit s’effondrer la politique de <em>«dialogue social»</em> conçue par le premier ministre Hédi Nouira, l’attaque de Gafsa en 1980 menée par de jeunes tunisiens mobilisés et armés par la Libye et l’Algérie, ci-devant sœurs et voisines, une jeunesse de plus en plus en rupture avec le pouvoir et dont l’élite politisée est séduite par les idées de l’<em>«extrême gauche»</em> et de l’<em>«islamisme politique»</em>, et une forte contestation estudiantine, et la maladie du président.</p>



<p>Affaibli, Bourguiba tend la main aux opposants et ouvre une nouvelle période politico-médiatique, qui fera l’objet de plusieurs études universitaires. Abdelkrim Hizaoui a étudié en profondeur le volet médiatique dans sa thèse intitulée <em>‘‘Le pluralisme de la presse en Tunisie, 1982’’</em>). Larbi Chouikha a qualifié cette période d’<em>«embellie»</em> causée par la faiblesse du régime soucieux de renouveler sa légitimité, qu’il a analysé brillamment dans son ouvrage récent <em>‘‘Médias tunisiens. Le long chemin de l’émancipation (1956-2023)’’</em>, publié par Nirvana éditions en 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La modération comme arme de lutte</h2>



<p>Les leaders du mouvement démocratique tunisien (Ahmed Mestiri, Ahmed Nejib Chebbi, Mohamed Harmel et d’autres), qui acceptent la main tendue de Bourguiba, jouent gros. Comment ne pas <em>«perdre son âme»</em> et une crédibilité chèrement acquise, parfois au prix de l’exil et de la prison, en faisant des compromis que d’autres considèrent comme une <em>«compromission»</em>, de fait.</p>



<p>L’<em>«opposition de décor»</em> est une accusation à laquelle les plus vaillants opposants doivent alors faire face, et cela est d’autant plus dur à assumer que la confusion est facile à faire entre hommes politiques visionnaires qui feront de la modération et du compromis, même en cas de flagrant déséquilibre des forces, un choix politique réaliste et éthique – la politique étant l’art du possible – et qui n’hésiteront pas à accepter, conjoncturellement, d’assumer des responsabilités quand ils le jugent utile; et une armada d’ambitieux <em>«fatigués de militantisme»</em>, qui n’hésitent pas à marchander un poste au <em>«prix du marcher»</em>. Faire la part des choses, dans ce cas, n’est pas aisé.</p>



<p>Hichem Skik s’inscrit dans la tradition du PCT, qui a forgé le concept de <em>«soutien critique»</em> pour résumer sa position vis-à-vis de la politique conçue par le leader syndicaliste Ahmed Ben Salah, appelé par Bourguiba, dès le début des années soixante, à jouer un rôle très important au sommet de l’État et du Parti destourien au pouvoir.</p>



<p>Sans reprendre cette expression de manière explicite, elle est de fait mise en pratique entre les années 1980/2010, aussi bien sous Bourguiba, que sous Ben Ali. La <em>«modération»</em> est subtilement détournée en arme de combat. L’espace étroit et incertain permis par le pouvoir, qui fonctionne selon la logique incertaine des sables mouvants, sera donc le terrain de jeu imposé de l’action politique qui a généré les écrits journalistiques de Hichem Skik, qui est en charge au sein du bureau politique de son parti, de l’animation du journal <em>Attariq Al Jadid</em>, autorisé à paraître avec la levée d’interdiction du PCT en 1981, soit deux décennies après son interdiction en 1963.</p>



<p><em>«Mettre en mots la politique de son parti»</em>, s’exprimer à titre personnel quand l’actualité le permettait, motiver des collaborateurs non partisans à publier dans le journal du parti, relire et faire rectifier le tir des critiques de ses collaborateurs, faire vivre un journal avec très peu de moyens financiers (y compris en tenant compte des subsides que l’État pouvait fournir à quelques journaux) et surtout éviter de tomber sous le coup d’une interdiction à paraître (car continuer à exister est une performance en soi), ont constitué pour de longues années une des multiples facettes de la vie politique de Hichem Skik.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister par les mots</h2>



<p>Au fil des textes de ce corpus des 130 <em>‘‘Écrits pour la liberté et le progrès’’</em>, réédités pour la partie en arabe en 2021 et pour la partie en français en 2025, une pensée politique, née sous la pression de l’action se dessine, qui fera l’objet les prochaines années de longues études et recherches pour tous ceux qui s’intéresseront à l’histoire de la pensée politique en action, en Tunisie.</p>



<p>Bien servie par les subtilités stylistiques d’un spécialiste de littérature, doublé d’un chercheur en linguistique et par un militant qui n’a jamais rompu avec son parti depuis sa première adhésion en 1963 «<em>en réaction </em><em>à</em><em> l’interdiction du parti</em>», comme cela a été le choix de bien d’autres intellectuels, même s’il reconnaît être passé par «<em>une longue éclipse, motivée par mon désaccord avec la ligne du parti, particulièrement timide avec le régime dans les années 1990</em>», comme il l’écrit dans l’introduction de son livre.</p>



<p>Les thèmes et les analyses qui y sont abordés sont certes importants, mais plus encore c’est cet art d’arracher par la pensée, le droit d’exister politiquement, quand tout ou presque, joue contre vous et que toute personne <em>«sensée»</em> est tentée de s’installer confortablement dans un fauteuil face à la télévision. Résister par des mots peut déstabiliser ton adversaire. Belle leçon que nous donne Hichem Skik.</p>



<p>* <em>Universitaire. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/18/hichem-skik-ou-la-moderation-comme-arme-de-lutte/">Hichem Skik ou la modération comme arme de lutte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La gauche n’a jamais existé dans le monde arabe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/11/la-gauche-na-jamais-existe-dans-le-monde-arabe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2024 07:35:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La prétendue gauche arabe préfère défendre un leader – un zaïm comme Nasser–, mais rarement des idées.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/11/la-gauche-na-jamais-existe-dans-le-monde-arabe/">La gauche n’a jamais existé dans le monde arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cet article est une réaction à l’article du Dr Mounir Hanablia&nbsp;<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/">«Le crochet gauche de Hamma Hammami»</a>, qui est une note de lecture à propos du livre : ‘‘La révolution trahie: le dernier quart d’heure de la transition démocratique’’, de Mohamed Kilani.</em></strong></p>



<p><strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-14594216"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>


<p>J’avais publié ici-même en avril&nbsp; 2022 un article dont le titre : <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/28/tunisie-politique-la-rupture-democratique/">«La rupture démocratique»</a></em> qui dit en résumé que la révolution tunisienne a été enterrée le soir même du départ de Ben Ali quant les Tunisiens ont découvert à 20 heures à la télévision publique les têtes des caciques de l’ancien régime sur les devants de la scène.&nbsp;Quant à la gauche tunisienne et arabe en général, voici pour quelles raisons, elle n’a jamais existé et ne pourrait jamais émerger…</p>



<p>Qu’est-ce c’est la gauche, ou la social démocratie ou le socialisme? N’en déplaise à beaucoup de penseurs dans les pays arabes, ce sont des concepts exclusivement européens. Ce sont les conditions économiques, sociales et politiques dans les pays européens qui étaient à la source de l’émergence de la gauche européenne. La gestation de cette gauche remonte au XVIIe siècle, et peut-être avant avec un XVIe marqué par des frondes sociales et des jacqueries presque chroniques.</p>



<p>La gauche européenne n’a pris son envol que grâce à une classe ouvrière politisée et syndiquée. En Tunisie, l’UGTT est un syndicat de fonctionnaires et n’a jamais été proches des ouvriers ou des mineurs de phosphate&#8230; Ou des ouvrières du textile.</p>



<p>En Europe, la gauche s’est fortement appuyée sur une classe moyenne éclairée et des leaders dont les convictions politiques étaient inébranlables. Ses dirigeants ont su créer des partis de masses et non de petits groupuscules de 300 militants à la Hamma Hammami.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La confusion à tous les étages </h2>



<p>Ce que nous appelons la gauche arabe, c’est la confusion à tous les étages: le nationalisme arabe serait-il de gauche, alors que c’était le nationalisme des chars?</p>



<p>Le socialisme de Gamal Abdel Nasser et de Saddam Hussein n’était que le vernis des juntes militaires.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ohAHsNYVF2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/">‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/embed/#?secret=8VD4pqX893#?secret=ohAHsNYVF2" data-secret="ohAHsNYVF2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>De quelle gauche arabe parlons-nous quand les premiers pendus en public par le vice-président Saddam Hussein sont les communistes irakiens avec une aide de la&nbsp; CIA&nbsp;? Le journaliste d’Europe1 Pierre Lauer passera 6 mois en prison dans une prison irakienne, dans des conditions effroyables parce qu’il avait dénoncé ces exécutions expéditives.</p>



<p>Nasser ne sera pas non plus tendre avec les communistes égyptiens, ils sont exclus de l’amnistie générale après la révolution de 1952 et deux seront exécutés quelques années plus tard après des mouvements sociaux dans le secteur du textile.</p>



<p>Le socialisme arabe a créé des entreprises publiques, mais en réalité ce sont des entreprises étatisées. Et dans ce chapitre, il existe une sacrée différence. Une entreprise publique à un contrat d’objectifs (CO) avec l’Etat mais défend son indépendance bec et oncles. L’entreprise étatisée est dirigée par les hauts fonctionnaires des ministères, par conséquent sa gestion devient techniquement incontrôlable.&nbsp;</p>



<p>Nassériens, Baathistes, Kadhafistes, nationalistes arabes, avec leurs slogans creux, continuent de nous faire croire que la gauche arabe existe&#8230;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rykk5mjyXI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/hamma-hammami-est-il-une-catastrophe-pour-la-gauche-tunisienne/">Hamma Hammami est-il une catastrophe pour la gauche tunisienne ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hamma Hammami est-il une catastrophe pour la gauche tunisienne ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/hamma-hammami-est-il-une-catastrophe-pour-la-gauche-tunisienne/embed/#?secret=ZqXXwv9NqQ#?secret=rykk5mjyXI" data-secret="rykk5mjyXI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Paris était leur capitale et leur refuge. Une seule fois, j’ai franchi le pas et participé à la réunion d’un parti de gauche tunisien, mon sentiment à la sortie était affligeant de tristesse. &nbsp;C’était un groupuscule d’<em>«illettrés politiques»</em>. Il leur manquait même la <em>«courtoisie du dialogue»</em>. Le bouquet de la soirée : une vraie bagarre à coups de poings&#8230;</p>



<p>Au Parti communiste tunisien des années 1970, on interdisait aux jeunes militants d’avoir une petite amie&#8230;</p>



<p>La perle est venue de l’ancien ministre <em>«socialiste»</em> Ahmed Ben Salah. Réfugié à Paris après son limogeage et sa fuite du pays, il avait déclaré : «<em>Puisque le socialisme assure l’égalité entre les citoyens, nous n’avons pas besoin de pluralisme politique».&nbsp;</em></p>



<p>Une autre force de la gauche européenne : un tissu associatif très puissant et surtout pérenne, pas comme certains associations tunisiennes&nbsp; qui organisent des séminaires et des colloques dans les hôtels cinq étoiles et sont toujours à l’affut de subventions&#8230;&nbsp;</p>



<p>La prétendue&nbsp;gauche arabe préfère défendre un leader – un zaïm –, mais rarement des idées.&nbsp; Peut-on demander à&nbsp;un leader de la <em>«gauche»</em> tunisienne, Hamma Hammami en l’occurrence, qui a fait le voyage de Caracas pour féliciter le président Maduro pour sa réélection, de lire les rapports des Nations-Unies sur les disparitions forcées et les arrestations massives dans ce pays&nbsp;?</p>



<p>Et on n’oublie pas les déboires du Mouvement Perspectives. C’est vrai, quelques uns de ses dirigeants ont souffert, beaucoup souffert dans les prisons de Bourguiba. L’aile maoïste avait disparu avec la débâcle de la Révolution Culturelle – qui était en fait un coup d’Etat de Mao Tsé Toung. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wUBUyddD6O"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/24/congres-constitutif-dal-qotb-quel-avenir-pour-la-gauche-tunisienne/">Congrès constitutif d&rsquo;Al Qotb : Quel avenir  pour la gauche tunisienne ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Congrès constitutif d&rsquo;Al Qotb : Quel avenir  pour la gauche tunisienne ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/24/congres-constitutif-dal-qotb-quel-avenir-pour-la-gauche-tunisienne/embed/#?secret=uINkD1PYOH#?secret=wUBUyddD6O" data-secret="wUBUyddD6O" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Beaucoup de <em>«perspectivistes»</em> ont d’ailleurs rejoint la haute fonction publique et sont devenus ministre sous Bourguiba et Ben Ali&#8230; Une stratégie bien connue en politique dans le monde arabe : infiltration, implosion puis absorption politique.&nbsp;</p>



<p>Une gauche est populaire ou elle ne l’est pas. La gauche européenne des années 1970 était active sur le terrain, même&nbsp;dans les fêtes de villages. Elle avait des programmes politiques et sociaux bien ficelés et réalisables. Elle était loin du délire onirique des groupuscules tunisiens, algériens, ou marocains&#8230; Dans les années 1970-1980, l’USFP marocaine était devenue une filiale du parti Baâth de Saddam Hussein&#8230;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vivier intellectuel et culturel</h2>



<p>A-t-on sous nos cieux des hommes de gauche comme Mitterrand, Chevènement, Soares, &nbsp;Gonzales, ou encore Schröder?&nbsp;</p>



<p>Si on tient compte de l’Histoire et de la dialectique en politique, le concept de la gauche européenne n’est <em>«transposable»</em> nulle part ailleurs. Ni en Afrique, ni en Asie, ni en Amérique Latine. La gauche européenne est le résultat de deux siècles de luttes sociales massives, d’une succession de révolutions parfois très violentes, et&nbsp;d’une élite presque messianique. Elle était née dans les mines de charbon, dans une industrialisation intensive au XIXe siècle. Sur le plan psychologique, elle était une revanche des classes ouvrières et moyennes contre les marchands des guerres où&nbsp;elle avait longtemps servi de chair à&nbsp; canons.</p>



<p>Enfin, en Europe, la gauche a bien résisté face à la droite grâce à son <em>«armature»</em> culturelle, intellectuelle et artistique. D’Émile Zola à&nbsp;Albert Camus en passant par Jean-Paul Sartre&#8230; des peintres comme Pablo Picasso ou Marcel Duchamp, sans compter les surréalistes autour d’André Breton, le Théâtre de l’Odéon&nbsp;de Jean-Louis Barrault, que Mme De Gaulle a voulu fermer en mai 1968&#8230; Le cinéma de la Nouvelle vague avec François Truffaut, Jean- Luc Godard, Éric Rohmer&#8230; et les chansons à&nbsp;textes de Léo Ferré, Georges Brassens, Jean Ferrat, Jacques Brel&#8230; Tout ce monde culturel avait donné à la gauche française une amplitude et une popularité&nbsp;qui l’ont propulsée au pouvoir en 1980 avec Mitterrand.</p>



<p>Une gauche digne de ce nom ne pourrait survivre sans ce brassage et ce vivier intellectuel et culturel qui est aussi&nbsp;une nourriture nécessaire pour les citoyens.</p>



<p><em>* Journaliste retraité; ancien rédacteur en chef à RFi.</em></p>



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		<title>‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2024 07:20:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Parti des travailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel en Tunisie, c’est bien parce que les forces de gauche ont servi les pouvoirs contre lesquels elles croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur crédibilité, et que la classe politique a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le...</p>
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<p><strong><em>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel en Tunisie, c’est bien parce que les forces de gauche ont servi les pouvoirs contre lesquels elles croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur crédibilité, et que la classe politique a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le bien du pays.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-14520726"></span>



<p>La solution de continuité politique qualifiée de révolution en Tunisie s’est déroulée sous nos yeux, et pourtant si les faits ne souffrent aucune contestation, leur interprétation est loin de faire l’unanimité. Par exemple, on s’accorde à dire que Ben Ali est parti le 14 janvier 2011 dans l’après-midi, mais les circonstances donnent lieu à plusieurs narrations, depuis les ambitions personnelles&nbsp;de Ali Seriati jusqu’aux initiatives de membres (patriotes?) de la sécurité présidentielle, en passant par les traditionnelles manipulations de l’ambassadeur américain.</p>



<p>Or Ben Ali en partant comptait manifestement revenir, puisque Mohamed Ghannouchi, Abdallah Kallel et Fouad Mebazaa avaient au départ parlé de <em>«vacance provisoire»</em> du pouvoir, alors même que le clan Trabelsi était arrêté et empêché de quitter le territoire. C&rsquo;est le lendemain que, la nuit portant sans doute conseil, on s’est mis à parler de <em>«vacance définitive»</em> avec Fouad Mebazaa nommé président à titre provisoire selon le processus constitutionnel du moment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolution de&#8230; la continuité </h2>



<p>On ne voit pas comment des personnalités aussi timorées réduites à l’obéissance la plus totale pendant des années ont pu de leur propre chef prendre une telle décision. On est donc obligé de considérer, faute de mieux, qu’une dichotomie s’était produite au plus haut sommet de l’Etat, entre les institutions sécuritaires et politiques dans l’après-midi du 14 janvier, vite été résorbée le lendemain, avec la proclamation de la vacance définitive. Puis il y a eu le gouvernement timoré de Mohamed Ghannouchi, intenable politiquement, remplacé par celui dit provisoire de Beji Caid Essebsi.</p>



<p>Dans tout cela quel rôle ont joué les masses populaires? Il y a eu certes les soulèvements de l’intérieur du pays avec celui des mines de phosphate de Redeyef depuis 2008, mais on ne voit pas pourquoi menaceraient-ils l&rsquo;existence du régime.</p>



<p>Quant à considérer qu’il s’agit d&rsquo; une manifestation de la lutte des classes exprimée par des revendications salariales non satisfaites, ou de celle des masses populaires revendiquant la liberté et la démocratie, le jugement doit être nuancé, tant que le rôle des notables locaux y compris syndicalistes dans le déroulement du conflit&nbsp;n’a pas été précisé.</p>



<p>Le sit-in sur la voie ferrée interdisant toute exportation de phosphate à partir du bassin minier immédiatement après le changement du régime prouve bien que d’autres forces étaient à l’œuvre derrière les revendications syndicales non satisfaites. Et par ailleurs la révolte du bassin minier ne s’était&nbsp;accompagnée d’aucun soulèvement majeur dans le pays menaçant le pouvoir de Ben Ali. Simplement un moment est arrivé après <em>«l’immolation»</em> de Mohamed Bouazizi, quand une partie des forces sécuritaires elles-mêmes soumises à l’influence de facebook et en contact quotidien avec les citoyens ont commencé à ne plus réprimer les manifestations organisées sur les réseaux sociaux, aboutissant à l’intervention des janissaires du régime, qualifiés de <em>«snipers»</em>, envoyés mater la population.</p>



<p>Donc, si on veut évaluer le rôle des forces de la gauche qualifiées de démocratiques dans le jargon de Mr Kilani dans tout cela, force est de constater que son influence a été, avec tous les respects dus à l’écrivain, nulle, tout comme d’ailleurs celui de l’ensemble des forces de l’opposition (Mouvement du 18-Octobre, etc.).</p>



<p>Si cette opposition s’est réunie miraculeusement l’après-midi du 14 janvier devant le ministère de l’Intérieur, c’est simplement qu’elle avait <em>«appris»</em> que le dictateur était sur le départ. De là à hurler, à l’instar de ce qu’avait fait Abdennasser Aouini, seul la nuit au milieu de l’Avenue Habib Bourguiba, que Ben Ali était parti, comme s’il s’agissait d’une victoire obtenue par le peuple, il n’y a qu&rsquo;un pas que beaucoup ont allègrement franchi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La gauche au service de la contre-révolution</h2>



<p>Cela n’exonère pas la Gauche, particulièrement le Parti des Travailleurs de Hamma Hammami, de sa responsabilité ultérieure dans le mouvement pour l’Assemblée constituante, et qui a contribué d’une manière décisive à permettre au parti Ennahdha de mener le pays sur une voie de garage. En l’occurrence la préparation aux élections de cette Assemblée constituante allait fournir à Béji Caïd&nbsp;Essebsi le temps dont il avait besoin pour poser le pied du parti Ennahdha à l’étrier du pouvoir.</p>



<p>Si donc on veut parler d’une révolution trahie, c’est peut-être à cette opportunité que la gauche a ouverte à la <em>«réaction»</em> pour poser les jalons de la <em>«contre-révolution»</em> politique et sociale, que l&rsquo;on doit d’abord penser.&nbsp;</p>



<p>Du reste, l’analyse faite des jeux politiques de Rached Ghannouchi et Béji Caïd&nbsp;Essebsi est pertinente. Ce dernier n’a joué de son fils, dont il ne pouvait pas manquer de savoir qu’il était inapte à assumer le pouvoir, qu’aux fins de démanteler son propre parti, Nidaa Tounès, et d’empêcher l’émergence d’une force dotée de la légitimité (électorale) nécessaire pour s’opposer au nom du principe démocratique aux velléités présidentielles exclusives.</p>



<p>Avec le terrorisme le vent en poupe, la crise économique, celle du Covid, l’affaiblissement de l’Etat, la volonté prédatrice et l’arrogance des partis, et surtout l’absence de Cour Constitutionnelle inaccessible grâce à leur jeu, le mécontentement et la piété populaires associés à la médiocrité générale ont balisé le chemin de l’ambition vers le pouvoir. Ce fut Savonarole qui en émergea.</p>



<p>Evidemment, tout cela doit être replacé dans une perspective plus large. La révolution en Tunisie fut l’occasion de liquider les acquis de l’État national, et d’arrimer définitivement le pays à l’économie mondialisée par le biais de la dette contractée auprès des marchés financiers internationaux durant la décennie Ennahdha-Nidaa. C’est ce legs que bon gré mal gré, nous assumons tous aujourd’hui et que nous devons rembourser.&nbsp;</p>



<p>En admettant qu’il y eût bien une révolution et qu’elle ait échoué, on ne peut en jeter la pierre ni à Ebert, ni à Liebknecht, ni à Staline. Il aurait fallu pour cela qu’il y eût d’abord une gauche, qu’elle eût mené une révolution, et qu’elle ait accédé au pouvoir ou ait été bien près de le faire. Ce ne fut évidemment jamais le cas.</p>



<p>Le drame véritable de la gauche en Tunisie fut que ses militants n’aient pas été emprisonnés&nbsp;pour leurs idées ou le danger qu’ils représentaient, qui n’a jamais existé. Autrement dit, tout comme Hamma Hammami l’a fait&nbsp;pour Béji Caïd&nbsp;Essebsi et Rached Ghannouchi en exigeant l’Assemblée constituante, ils ont servi les pouvoirs contre lesquels&nbsp; ils croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur bien-être pour les uns, de leur crédibilité pour les autres.</p>



<p>Néanmoins Mohamed Kilani dans son livre use d’une vision perspective (sans jeu de mots) jetée sur le passé, certes parfois biaisée par l’inévitable lutte des classes, mais intéressante&nbsp; pour une réflexion approfondie, à la lumière des derniers développements politiques dans le pays. Son&nbsp;évocation de l’Union des forces démocratiques républicaines en tant qu’alternative crédible à la situation politique actuelle, pour autant qu’on ignore qui elle intéresserait, a&nbsp;justement été démentie par l’expérience de l’Union pour la Tunisie, et plus encore par le Nidaa Tounès.</p>



<p>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel, c’est bien parce que la classe politique tunisienne a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le bien du pays. C’est la quadrature du cercle.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘La révolution trahie: le dernier quart d’heure de la transition démocratique’’, de Mohamed Kilani, en arabe, éditions La Gai Savoir, Tunis, 2024.</em></strong></p>
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		<title>Hommage au militant et ancien SG d&#8217;Al-Massar Ahmed Brahim, décédé le 14 avril 2016</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 22:37:01 +0000</pubDate>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Ahmed-Brahim.jpg" alt="" class="wp-image-345640"/></figure></div>



<p><strong><em>Il y a 5 ans jour pour jour, l&rsquo;ancien secrétaire général d’Al-Massar, Ahmed Brahim, militant historique de la gauche tunisienne, a rendu l&rsquo;âme des suites d&rsquo;une longue maladie.</em></strong></p>



<span id="more-345636"></span>



<p>A l&rsquo;occasion du 5e anniversaire de son décès, ses camarades d&rsquo;Al-Massar, à l&rsquo;instar de son compagnon de route, Jounaïdi Abdeljaoued, se sont recueillis sur la tombe du regretté Ahmed Brahim et lui ont rendu hommage, au cimetière du Jellaz à Tunis.</p>



<p><em>«Un salut sincère à la mémoire du défunt Ahmed Ibrahim, mon compagnon de route, dont la principale préoccupation était d&rsquo;unifier la gauche démocratique en Tunisie et dont la dernière volonté était de se concentrer davantage sur le soutien de la lutte du peuple palestinien. Nous nous reverrons mon cher ami …»,</em> a posté le militant et ancien SG d&rsquo;Al-Massar Jounaïdi Abdeljaoued.</p>



<p>De son côté, Faouzi Charfi actuel SG du parti, a rendu hommage à Ahmed Brahim en ses termes :</p>



<p>«<em>Il y a 5 ans, le 14 avril 2016, nous quittait Sid Ahmed Brahim, l&rsquo;enfant de Zarzis.<br>Je salue en lui le militant de gauche sincère, l&rsquo;homme de conviction, le dirigeant éclairé et visionnaire qui n&rsquo;a cessé d&rsquo;oeuvrer à l&rsquo;unification du camp de gauche. Il incarnait la probité et le don de soi pour la défense de ses idées, pour les valeurs d&rsquo;égalité et de justice sociale.<br>Je salue en lui l&rsquo;universitaire, le linguiste de renommée internationale, l&rsquo;homme de culture et de lettres, à la sensibilité poétique.<br>Il a su allier politique et humanité.Il est à l&rsquo;origine de mon adhésion au Massar.<br>Il restera un exemple, pour moi, tant dans sa simplicité que dans la sincérité de son engagement politique.<br>Il fait partie de le trempe des grands qui nous manquent tant aujourd&rsquo;hui.<br>Nous resterons fidèles à ses valeurs.<br>En ce jour de commémoration, toutes mes pensées vont à son épouse Lilia et à ses filles Maya et Syrine ainsi qu&rsquo;à ses compagnons de la 1ère heure et en particulier à son ami de toujours Jounaïdi Abdeljaoued.<br>Qu&rsquo;ils repose en paix</em>».</p>



<p>Rappelons qu&rsquo;Ahmed Brahim, a commencé ses premiers pas de militantisme avec l’Union générale des étudiants tunisiens (Uget), avant d&rsquo;intégrer en 1960, le Parti communiste tunisien (PCT), puis le mouvement de gauche Ettajdid, fondé en avril 1993, dont il devient le premier secrétaire général.</p>



<p>Après la révolution de janvier 2011, il a brièvement occupé le poste de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans le 1er gouvernement de Mohamed Ghannouchi, dont il a démissionné après quelques mois. Il sera élu, en octobre 2011, à l’Assemblée nationale constituante (ANC).</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<title>La gauche progressiste ne doit pas isoler Moussi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Mar 2021 10:50:45 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Saida Douki Dedieu]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Abir-Moussi-Sousse.jpg" alt="" class="wp-image-338497"/></figure>



<p><strong><em>Abir Moussi, massivement plébiscitée par les Tunisiens mais isolée par les élites politiques, même celles appartenant à sa même famille, n’est certainement pas l’«homme providentiel» tant espéré car cette époque est tout simplement révolue. Les pays se gouvernent en équipes et les programmes de gouvernement s’élaborent et s’appliquent par concertation, négociation et consensus. Mais la présidente du Parti destourien libre (PDL) indique la voie à suivre : celle d’une Tunisie fière de son identité millénaire, de ses caractéristiques spécifiques, ancrée dans la démocratie et la modernité et rêvant d’avenir et non de passé. Dès lors, il faut l’intégrer dans le jeu démocratique et détourner d’elle les armes.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Saida Douki Dedieu</strong> *</p>



<span id="more-343504"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Saida-Douki-Dedieu.jpg" alt="" class="wp-image-343505"/></figure></div>



<p>La formule<em> «Achaab yourid» </em>(le peuple veut) a fait mouche et, de fait, quel dirigeant ne rêve d’être le porte-parole du peuple, surtout depuis que ce dernier a pu enfin exprimer sa volonté après la <em>«révolution du jasmin</em>»? Et pourtant, dix ans plus tard, le niveau d’insatisfaction des Tunisiens n’a jamais été aussi élevé, conduisant des citoyens de plus en plus nombreux à afficher leur nostalgie de l’ancien régime, pour les uns, à souhaiter l’intervention de l’armée, pour d’autres, et à en appeler à la dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et la convocation d’un nouveau scrutin législatif, pour la majorité. De là à parler d’échec de la première expérience démocratique, il y a un pas que d’aucuns seraient tentés de franchir.</p>



<p>De fait, la situation est, en tous points, critique. Le bilan désastreux de la décennie s’alourdit de jour en jour et la faillite politique déclarée avec une succession de gouvernements où la valse des ministres ne fait plus danser et sourire que les représentants chargés de les bénir. Il faut dire que la gouvernance enfantée par la<em> «meilleure constitution du monde», </em>promulguée en janvier 2014, et les élections de 2019, semblent totalement déconnectée des réalités du pays et des besoins du peuple.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’irrésistible ascension de Abir Moussi</h3>



<p>Il faut compter, toutefois, avec une donne nouvelle. Dans la totale confusion des repères et des valeurs, une figure n’a cessé de s’imposer sur le devant de la scène et d’être plébiscitée par l’opinion publique qui se rallie en masse à son panache violet. Abir Moussi, candidate malheureuse aux présidentielles de 2019, est devenue une figure incontournable du paysage politique, en faisant de la lutte contre le parti islamiste Ennahdha son cheval de bataille. Elle est devenue surtout la cible privilégiée, non seulement de ses ennemis et de leurs amis, mais aussi, curieusement, des ennemis de ses ennemis, les démocrates de tous bords. Le nouveau clivage oppose ses partisans fanatisés à des détracteurs non moins radicalisés qui en viendraient même à considérer Ennahdha comme inoffensive. Elle est, en effet, soupçonnée voire accusée de chercher à rétablir le régime honni de son mentor déchu, Ben Ali.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Abir Moussi et le peuple : des amours nouvelles ?</h3>



<p>Alors, plutôt que de nous acharner sur Abir Moussi, tentons de comprendre ce qui fait son succès auprès du peuple dont près de la moitié lui accorde sa confiance et son soutien. En effet, un personnage public est avant tout un support de projection. Il sera d’autant plus populaire qu’il offrira une marge plus importante d’identification. Comprendre le succès de la présidente du PDL, c’est comprendre les attentes des Tunisiens auxquelles elle semble apporter des réponses.</p>



<p>Elle est d’abord un <strong>visage nouveau</strong>. Certes, son casier politique est chargé de ses amours devenues inavouables pour le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ancien parti au pouvoir sous la dictature de Ben Ali, mais elle était totalement inconnue du grand public jusqu’à sa réapparition récente comme présidente d’un nouveau parti. Elle est surtout une<strong> femme </strong>et la première à se hisser à un tel niveau de visibilité. Et il faut s’en réjouir, car c’est la preuve éclatante du degré de maturité atteint par notre société pour qui le sexe féminin n’est plus condamné à rester second. Et ce n’est pas une mince victoire, dans un environnement dominé par un parti ouvertement sexiste. Elle démontre bien que les mentalités tunisiennes sont plus façonnées par Tahar Haddad et Habib Bourguiba que par Rached Ghannouchi et Youssef Qaradawi.</p>



<p>Abir Moussi a fait de la <strong>lutte contre les Frères Musulman</strong>s son principal cheval de bataille. Et l’opinion publique lui en est manifestement reconnaissante. Ennahdha et ses satellites ne représentent plus guère qu’une minorité de la population, y compris dans les urnes trafiquées. Exclure le parti du pouvoir n’est pas déconsidérer ses électeurs mais respecter la majorité qui le désavoue. C’est dire si un dialogue national qui le remettrait en selle est vain. C’est dire le rejet du modèle sociétal obscurantiste porté par les islamistes.</p>



<p>Les Tunisiens, dans leur immense majorité, ont le regard tourné vers la modernité et tous ses acquis, dont l’égalité entre les genres à laquelle ils ne sont pas prêts de renoncer. C’est dire surtout l’aspiration du peuple à consolider son identité tunisienne, malmenée voire noyée dans une utopique identité musulmane qui serait la même du Maroc à l’Indonésie, en passant par le Sénégal ou les Comores !</p>



<p>Et Abir Moussi est typiquement et profondément <strong>tunisienne</strong>. Tout en elle fleure bon l’odeur du terroir: son parler, sa gestualité, son humour, ses anecdotes, ses références, son empathie, son sourire (elle est une des rares politiques à sourire !), ses outrances, son théâtralisme, sa familiarité, et bien sûr le drapeau national qu’elle ne manque jamais d’arborer et de faire flotter dans ses meetings. Son amour de la patrie trouve un profond écho dans son public qui entonne avec une émotion renouvelée l’hymne national, sans se lasser.</p>



<p>Abir Moussi s’adresse au<strong> peuple</strong> sans se contenter de parler en son nom. Elle agit en toute transparence, dans une classe dirigeante qui continue à pratiquer la langue de bois et la politique de l’ombre. Elle est la seule à pouvoir rassembler, aux quatre coins du pays, des dizaines de milliers de citoyens communiant avec une ferveur rarement atteinte depuis Bourguiba dans une union nationale. Les manifestations télécommandées de Ennahdha font pâle figure en comparaison de cette spontanéité. Elle s’adresse au peuple directement et en permanence à travers ses vidéos où elle lui rend compte de son action, où elle le prend à témoin des turpitudes du parti au pouvoir, où elle démontre, preuves à l’appui, la nocivité de l’islamisme. Et le peuple, ravi, n’en perd pas une miette.</p>



<p>Abir Moussi est, cerise sur le gâteau, <strong>compétente</strong>, ce que même ses détracteurs honnêtes lui reconnaissent. Servie par une intelligence brillante, une mémoire impressionnante, une éloquence rare et un sens aigu de la pédagogie, elle maîtrise ses dossiers à la perfection et manie remarquablement l’art et les techniques de communication.</p>



<p><strong>L’intégrité</strong> n’est pas la moindre de ses qualités. Ses détracteurs ont beau multiplier les accusations de corruption et, en particulier, de financement étranger, ils n’en ont jamais produit le moindre début de preuve. Et la mise sans artifices de la dame (abondamment moquée par ailleurs) comme son train de vie personnel sont conformes à la modestie requise dans un pays ruiné.</p>



<p>Sa <strong>cohérence </strong>idéologique est très appréciée des électeurs qui ne supportent plus les girouettes et les trahisons et autres compromissions de leurs candidats, sitôt élus. Abir Moussi n’a jamais dévié d’un iota de sa ligne de conduite et de ses principes. Même sa loyauté indéfectible à l’ancien régime est portée à son crédit, étant donné les retournements indécents de veste de certains de ses anciens camarades de parti.</p>



<p>Enfin, le principal atout de Mme Moussi, est, pour moi, de s&rsquo;inscrire dans une <strong>continuité d’histoire et de mémoire</strong>, quand ses opposants nous proposent ou plutôt nous imposent une rupture totale par rapport à notre patrimoine et notre identité et une réécriture falsifiée de cette histoire.</p>



<p>Tous les humains ont ce besoin fondamental de s’inscrire dans une filiation, un roman familial, à l’échelle de l’individu, un récit national, à l’échelle d’un peuple, pour comprendre le présent et construire l’avenir. Habib Fekih explique cela remarquablement dans <em>‘‘Leaders’’ </em>: <em>«Toute nation a besoin d’un récit national honnête, réellement représentatif, inclusif, cohérent, motivant et assurant la continuité entre les différentes périodes de l’histoire du pays… Malheureusement, depuis plus d’un siècle et demi, les tenants du pouvoir ont retenu ou imposé des récits parcellaires».</em></p>



<p>Bourguiba avait bien renoué avec l’épopée de Jugurtha et abondamment cité Ibn Khaldoun, mais eut le grand tort de vouloir déchirer la page beylicale de notre Histoire. De même Ben Ali portera toujours l’opprobre de sa méprisable tentative d’effacer le nom du Père de la Nation, sans même attendre sa disparition. Kais Saied, en ignorant, le 20 mars courant, la célébration de la fête de l’indépendance, emprunte le même chemin périlleux où se sont égarés ses prédécesseurs, à leurs dépens. Et je ne parle pas d’Ennahdha qui, en amputant des pans entiers de l’histoire moderne et ancienne, s’est déjà définitivement aliéné les faveurs populaires.</p>



<p>Abir Moussi ne prétend pas réécrire l’histoire, mais ébaucher enfin ce récit national qui est seul de nature à réconcilier les Tunisiens et à renouer les fils, à retisser les liens, à réparer les accrocs et les déchirures. C’est probablement pourquoi elle est le seul acteur de la vie politique à se voir attribuer des noms de légende : Kahena, Alyssa ! Un récit national qui puise autant dans la légende que dans l’histoire factuelle, dans les mythes et dans la réalité, dans les échecs et dans les victoires, un récit national qui raconte la Tunisie sans l’amputer, sans l’embellir, sans la mystifier.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Abir Moussi et la classe politique : un profond désamour !</h3>



<p>Alors, pourquoi est-elle autant contestée et même vilipendée par tous les acteurs politiques, en dehors même d’Ennahdha? Le principal grief qui soude ses opposants est son appartenance à l’ancien régime qu’elle a toujours refusé de désavouer, et qui lui vaut l’accusation infamante d’œuvrer à le restaurer avec la complicité de tous les destouriens non encore résignés à la chute de la dictature. Tout en elle ne serait qu’illusion! Même son combat contre Ennahdha qu’elle contribuerait à légitimer, en la victimisant!</p>



<p>Il est vrai que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Abir Moussi n’est certainement pas l’«homme providentiel» tant espéré car cette époque est tout simplement révolue. Les pays se gouvernent en équipes et les programmes de gouvernement s’élaborent et s’appliquent par concertation, négociation et consensus. Mais Abir Moussi indique la voie à suivre : celle d’une Tunisie fière de son identité millénaire, de ses caractéristiques spécifiques, ancrée dans la démocratie et la modernité et rêvant d’avenir et non de passé.</p>



<p>Et cet avenir est loin d’être utopique. Il suffirait de peu, de si peu pour le réaliser. Il suffirait de cesser de considérer que cette voie est celle de Abir mais celle qui est indiquée par la majorité, celle du «chaab yourid». Il suffit de cesser de personnaliser le débat public.</p>



<p>Il faudrait, pour cela, que bien des egos acceptent de s’effacer au profit d’un projet pour la Tunisie. À commencer d’ailleurs par celui de Abir elle-même! Moi-même ai du mal à parler du PDL tant il est personnifié par sa présidente. Ce fut certainement nécessaire à l’heure de la patiente reconquête des faveurs de l’opinion publique, tant le charisme de la dame était déterminant. Il ne l’est plus quand la concentration de l’hostilité sur la personne risque d’éclabousser les centaines de milliers de partisans.</p>



<p>Il est temps que Abir cède la place à Moussi; qu’elle quitte l’arène où elle a combattu comme une lionne ses ennemis. Elle n’est plus un gladiateur, mais un porteur d’espoir qui doit diriger les coups contre l’adversaire et non les donner ou les recevoir. Elle doit se hisser au niveau qui lui sied et qui est attendu d’elle.</p>



<p>Elle doit surtout cesser de faire cavalier seul. D’abord, au niveau de son parti. Il ne fait pas de doute qu’elle en est le chef mais nous aimerions bien savoir par qui elle est entourée, secondée, épaulée, avec qui elle compte gouverner ?</p>



<p>Ensuite et c’est tout aussi important, au niveau de l’échiquier politique. Car, même si elle parvient à se doter d’une majorité de gouvernement (ce que je n’espère pas, pour d’autres raisons), elle doit impérativement désamorcer l’hostilité qu’elle suscite, quantitativement peut-être peu significative mais qualitativement, autrement plus signifiante.</p>



<p>On ne peut gouverner sereinement un pays en confrontant l’animosité de la majorité des principaux partis représentés au parlement, de la prestigieuse UGTT ou de nombreuses composantes de la société civile. Alors, il est peut-être temps que Moussi délaisse le smartphone ou le mégaphone, donne la parole à ses lieutenants et surtout donne les gages attendus à toutes les parties qui lui sont hostiles pour les désarmer.</p>



<p>Mais elle ne pourra le faire que si elle-même cesse de souffrir de l’insécurité dans laquelle elle vit. Il est indéniable que sa farouche opposition à Ennahdha l’expose de plus en plus à une menace réelle, puisqu’hélas déjà avérée par le passé, sur sa vie. Les agressions physiques et verbales qu’elle subit quotidiennement à l’ARP, dans une extrême solitude, entourée de sa seule garde prétorienne, le Abirbashing permanent devenu la règle dans les milieux politiques, médiatiques et les réseaux sociaux, entretiennent un niveau d’insécurité psychique difficilement soutenable. La psychiatre que je suis ne peut manquer de saluer sa capacité de résilience. Toutefois, elle se fait au prix d’un enfermement et d’un repli sur l’entre-soi là où l’ouverture aux autres est nécessaire.</p>



<p>Il ne faut plus isoler Abir Moussi. C’est dire que les représentants du peuple de gauche doivent impérativement la compter parmi les leurs. Je ne sais pas si la présidente du PDL est une graine de dictateur qui ne rêve que de réhabiliter et restaurer l’ancien régime. Mais je ne suis pas amatrice des procès d’intention. Et surtout, je crois profondément que s’il est un acquis de l’après-2011, c’est que le peuple tunisien ne tolérera plus jamais cette atteinte à sa dignité. Sauf si la souveraineté de son pays est en jeu. Dès lors, il faut intégrer Mme Moussi dans le jeu démocratique et détourner d’elle les armes.</p>



<p>La gauche, du centre à l’extrême, s’est toujours distinguée, dans le monde entier, par la générosité de ses valeurs et son souci du peuple en souffrance. Dans notre pays, laminée dans les années Bourguiba, par un pouvoir autocratique qui a favorisé l’émergence de l’islamisme, puis exclue dans les années Ben Ali par le monopole idéologique du parti dominant, cette gauche a peiné à se refaire une santé depuis. Incapable de s’unir autour d’un projet commun et a implosé en une myriade de particules comme autant de poussières d’étoiles. Elle a achevé de se perdre dans des recombinaisons d’alliances opportunistes et de décompositions idéologiques au gré des conjonctures. L’électeur que je suis ne comprend pas que ses représentants préfèrent la compromission avec Rached Ghanouchi plutôt que le compromis avec Abir Moussi. Il ne s’explique pas comment les tentatives renouvelées de destitution du président de l’ARP aient échoué in extremis, contre toute attente et au défi de toutes les règles de calcul ?</p>



<p>La gauche a, à nouveau, l’occasion de se reconstruire en écoutant le peuple. Il ne s’agit pas de rallier Moussi ni son parti, mais son combat contre le projet dangereux d’Ennahdha, obscurantiste et anti-tunisien, qui est le combat de la gauche progressiste. Cessez donc au moins d’affaiblir celle qui le mène. Aidez-la par le silence. Car telle est la volonté du peuple.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Telle est la volonté du peuple : un couple exécutif Saied-Moussi </h3>



<p>Echaudé par une décennie d’expérimentation démocratique, le message du peuple, dûment réitéré tout au long de l’année écoulée, semble très clair. Les sondages d’opinion se suivent et se ressemblent: Kais Saied continue à survoler les présidentielles, le parti de Abir Moussi s’impose comme le favori des législatives et Ennahdha poursuit sa descente irrémédiable aux enfers. Qu’est-ce à dire sinon que les électeurs ne se reconnaissent plus du tout dans le mouvement<em> «khwanji</em>» et s’identifient au mieux à Saied et Moussi, respectivement à la tête de l’Etat et à celle de l’ARP et du gouvernement. Evidemment, il ne s’agit pas forcément des personnes en cause, mais des représentations qui leur sont attachées et des qualités et attributs qui leur sont prêtés. Voilà comment j’interpréterai ces résultats : les Tunisiens se satisfont apparemment très bien du régime semi-parlementaire, c’est-à-dire du partage de la gouvernance du pays. Il semble que la concentration des pouvoirs aux mains d’un seul ne soit plus à l’ordre du jour, ce qui devrait apaiser les inquiétudes quant à un rétablissement de la dictature.</p>



<p>Et dans ce couple exécutif, ils veulent introduire une dimension féminine. Ce n’est plus d’un père dont les Tunisiens ont besoin, mais de deux parents assumant la fonction maternelle de protection et la fonction paternelle d’autorité qui sont les deux piliers fondamentaux de la construction de l’individu dans un climat de sécurité.</p>



<p>Enfin, ce couple parental doit être moderne et non plus soumis à l’ordre archaïque d’Ennahdha. C’est un couple, où l’autorité parentale est partagée entre partenaires égaux et s’exerce de façon démocratique, et non verticale, à travers le dialogue, la concertation et le respect mutuel de toutes les parties concernées. Remarquons que l’un des rares points communs entre Saied et Moussi est l’adresse au peuple. Un peuple qui ne veut plus être infantilisé, mais respecté dans sa dignité et associé aux décisions le concernant.</p>



<p>Et c’est vraiment une bonne nouvelle : le peuple demande la démocratie pour laquelle il semble plus disposé que sa classe politique. Le peuple veut des dirigeants à l’image de Saied et Moussi. À savoir des visages nouveaux, et non plus des vieux routiers de la politique. Des dirigeants des deux sexes, qui soient compétents, intègres, modestes, jaloux de la souveraineté nationale, et résolument ancrés dans la modernité.</p>



<p>Le peuple veut enfin et surtout un récit national, seul de nature à tisser les liens distendus entre les Tunisiens, à relancer la réconciliation et la solidarité. Il veut d’un dialogue avec l’histoire et non d’un dialogue national, simple rapiéçage d’un tissu en lambeaux parce que profondément mité. J’espère qu’il sera enfin écouté.</p>



<p>* <em>Professeur émérite de psychiatrie à la Faculté de médecine de Tunis et Ancien professeur associé de psychiatrie à l’Université Claude Bernard de Lyon.</em></p>
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		<title>Abir Moussi, porte-voix de la «résistance» à l’occupant islamiste</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2021 12:15:43 +0000</pubDate>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/abir-moussi-porte-voix-de-la-resistance-a-loccupant-islamiste/">Abir Moussi, porte-voix de la «résistance» à l’occupant islamiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Rached-Ghannouchi-Abir-Moussi.jpg" alt="" class="wp-image-302272"/><figcaption><em>Pour Abir Moussi, le principal adversaire reste Rached Ghannouchi et ses Frères musulmans.</em> </figcaption></figure>



<p><strong><em>Et si Abir Moussi, la présidente du Parti destourien libre (PDL), était aujourd’hui le porte-flambeau de la gauche tunisienne, pratiquement disparue du paysage politique ? Dans le «petit texte provocateur» reproduit ci-dessous, l’auteur développe l’idée selon laquelle l’avocate est devenue, du fait même de cette disparition de la gauche, le «porte-voix de la résistance à ce qui semble être un occupant», par allusion au parti islamiste Ennahdha.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Fathi B’chir </strong>*</p>



<span id="more-338014"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Fathi-Bchir.jpeg" alt="" class="wp-image-337988"/></figure></div>



<p>J’espère seulement que le Parti destourien libre (PDL) fera un bon usage de ces 40% et surtout qu’il cherche à gagner le cœur des 20% restants même si c’est un idéal inatteignable. Il ne suffit pas de tendre la main, il faut qu’elle soit saisie par d’autres. Lesquels actuellement semblent se dérober de façon inexpliquée.</p>



<p>Le seul élément troublant pour l’instant et de voir que le PDL de Abir Moussi a modifié une donne de base. Les Destouriens sont devenus aujourd&rsquo;hui les porte-drapeaux de la gauche démocratique, progressiste et démocratique tunisienne dont l’élite ancienne s’est compromise et vouée au silence prudent.</p>



<p>Abir Moussi porte-flambeau de la gauche ? Il ne faut peut-être pas aller aussi loin et il est illusoire de penser qu’elle pourrait prendre sa carte d’Al-Massar. Mais elle incarne aujourd&rsquo;hui les idées de la gauche les plus fondamentales, à savoir la laïcité et la lutte contre la confusion entre religion et politique, comme elle me dit aussi pour un État de droit et la prédominance de la justice sur le passionnel.</p>



<p>Porte-voix de la résistance à ce qui semble être un occupant, elle a acquis une légitimité que nul ne peut lui contester même si elle a encore à clarifier certaines choses, le temps y travaille.</p>



<p><em>* Ancien journaliste à la retraite. </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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</div></figure>



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		<item>
		<title>Pour que la mort du camarade Fadhel Sassi ne soit pas vaine</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/07/pour-que-la-mort-du-camarade-fadhel-sassi-ne-soit-pas-vaine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jan 2021 10:17:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 3 janvier 1984, il y a 37 ans presque jour pour jour, un ami est mort à la fleur de l’âge. C’était le camarade Fadhel Sassi. Il a été tué par deux balles à l’avenue de Paris à Tunis, lors de la révolte du pain. Il est mort pour ses principes. Il militait depuis...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/07/pour-que-la-mort-du-camarade-fadhel-sassi-ne-soit-pas-vaine/">Pour que la mort du camarade Fadhel Sassi ne soit pas vaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Rue-Fadhel-Sassi-Tunis.jpg" alt="" class="wp-image-269894" width="626"/></figure></div>



<p><strong><em>Le 3 janvier 1984, il y a 37 ans presque jour pour jour, un ami est mort à la fleur de l’âge. C’était le camarade Fadhel Sassi. Il a été tué par deux balles à l’avenue de Paris à Tunis, lors de la révolte du pain. Il est mort pour ses principes. Il militait depuis son jeune âge pour plus de justice sociale et de dignité pour les ouvriers et les démunis.</em></strong> <strong><em>La mémoire de Fadhel Sassi appelle la gauche à une remise en cause de ses concepts et de ses méthodes, pour être mieux ancrée dans la réalité et porteuse d&rsquo;un vrai programme social démocrate pour faire taire ses détracteurs.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil </strong>*</p>



<span id="more-331166"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>Les circonstances de la <strong><a href="http://www.kapitalis.com/politique/19975-tunisie-histoire-il-y-a-30-ans-mourait-fadhel-sassi-martyr-des-emeutes-du-pain.html" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">mort de Fadhel Sassi</a></strong> laissent à penser qu’il était en ce jour traqué puis tué. Déjà, à la première balle, il était à terre, blessé. La deuxième était donc de trop, mais les policiers ont tenu à l’achever. Les Frères musulmans n&rsquo;ont pas compati, c’était aussi leur ennemi juré.</p>



<p>Fadhel était sur tous les fronts, intrépide, brave, intègre et sincère. Il faisait partie de cette génération de gauche, qui a tout défié, tout sacrifié pour un rêve d’un monde meilleur. Peut-être cette génération a-t-elle péché par un certain excès de romantisme, mais elle a eu le mérite en ces années de braise, les années soixante, soixante-dix et quatre-vingt, de se dresser contre la dictature, initiant le mouvement démocratique en général, de combattre les Frères musulmans que Mohamed Sayah et Mohamed M’Zali ont parrainé et que des démocrates libéraux ont ménagés, de défendre bec et ongle l’indépendance de l’UGTT vis-à-vis du pouvoir en place et de peser à travers cette centrale syndicale pour l’amélioration des conditions du prolétariat.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Aux barricades des damnés de la terre</h3>



<p>Le 3 janvier 1984, le militant de gauche était au côté du peuple. Comme je le connaissais, il ne pouvait pas se soustraire aux barricades des damnés de la terre. Il l’a payé de sa vie comme beaucoup d’autres. Car la gauche tunisienne, avec ses erreurs, a tenu le flambeau de l’opposition démocratique et progressiste durant cinq décennies. Durant ces décennies, ses militants ont été torturés. La cour de sûreté de l’Etat les a envoyés par centaines dans les cachots et les prisons. Tant de militants ont vu leurs cursus universitaires et professionnels s’arrêter pour virer vers la clochardisation. Au moins, ils ont eu le mérite d’assumer leur engagement sans rien demander ni hier ni aujourd’hui.</p>



<p>La famille de Fadhel Sassi n’était pas parmi les misérables mendiants agglutinés au siège de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) de Sihem Bensedrine. Cette famille était, elle, véritablement digne et a fait honneur à la mémoire de son enfant, de notre camarade.</p>



<p>À ceux qui ont la mémoire courte et la langue perfide, la journée des huit heures, le congé annuel, les régimes de sécurité sociale, l’amélioration des conditions de travail et de la qualité de vie des prolétaires, sont l’œuvre de luttes engagées par la gauche de par le monde. La gauche tunisienne, là où elle se trouvait, a lutté pour ces acquis sociaux en plus de son combat contre le régime en place et pour la démocratie, elle en a payé le prix. Cinq décennies de persécution, de poursuites judiciaires sont arrivées à l’affaiblir.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/fadhel-sassi.jpg" alt="" class="wp-image-269896" width="500"/><figcaption><em>Un nom porte le nom du martyr de la gauche à Tunis depuis le 3 janvier 2020.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Les islamistes dans le giron de Ben Ali et vice-versa</h3>



<p>L’ancien parti au pouvoir sous Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), surtout, a créé le vide que les Frères musulmans d’Ennahdha ont rempli. Ben Ali lui-même cherchait un compromis honorable avec ces derniers jusqu’aux années 2000, donnant une oreille à ses Premiers ministres Hédi Baccouche puis Hamed Karoui, prônant un rapprochement avec les<em> «Fréristes»</em>, et faisant intervenir des entremetteurs comme le patron de la chaîne Al-Mustakilla, Hichem El-Hamdi, et des chancelleries étrangères. En résidence surveillée vers l’année 2007, le dirigeant islamiste Hamadi Jébali recevait chez lui l’ambassadeur américain sous l’œil bienveillant de Ben Ali. En 2008, c&rsquo;était la crise financière et la fièvre du bassin minier, prélude à la révolution qui éclatera deux ans plus tard.</p>



<p>Pendant cinq décennies, la gauche était le porte-drapeau de l’opposition progressiste malgré la répression et les persécutions. Certes, après 2011, elle a été bordélique, brillant par un infantilisme maladif et un spontanéisme stérile. Sans prendre aucun recul, elle a été aux côtés de toutes les tendances politiques qui ont installé le chaos en Tunisie. Mais il ne faut pas perdre de vue que, toute la classe politique tunisienne et presque tous les intellectuels tunisiens ont été complices dans ce chaos. Alors pourquoi vouloir le faire assumer à la gauche et à l’UGTT seulement, comme le veulent les Frères musulmans avec toutes leurs ramifications. Ces derniers savent qu’une gauche revigorée et surtout assagie serait le plus grand danger pour eux. Ils ont peur que les purs et durs Fadhel Sassi et Chokri Bélaïd ne ressuscitent. Hamma Hammami lui-même ne résistera pas devant une gauche affublée d’une nouvelle santé.</p>



<p>Ceux qui s’attaquent à la gauche aujourd’hui bafouent la mémoire de Fadhel Sassi et de Chokri Bélaïd et de tous les militants de gauche qui se sont sacrifiés pour une Tunisie plus juste.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ne dénigrons pas la gauche tunisienne !</h3>



<p>Alors, que ceux qui veulent dénigrer et diaboliser la gauche tunisienne, mais qui n’étaient même pas sur les gradins quand les gladiateurs étaient dans l’arène des amphithéâtres à combattre les fauves lors des années de braise, ou qui avant 2011 se cachaient sous les jupes de leurs mères ou de leurs épouses, ou n’ouvraient pas leurs bouches même devant le dentiste, ou qui après 2011 prennent leur masturbation sur FB pour du militantisme, ou qui par lâcheté, ou par paresse, ou par ignorance, ou par naïveté ou par fatalisme et désillusion, ou par opportunisme, ont choisi de tenir la queue d’une souris pour traverser l’oued, ou ceux qui se sont trouvés une âme révolutionnaire au moment ou révolution est devenue synonyme de traîtrise et d’anarchie, qu’ils s’occupent de leurs jardins. Intellectuellement, et moralement ils ne sont pas aptes à parler de la gauche qui a marqué l’histoire de la Tunisie et qui a donné des martyrs dont le militant Fadhel Sassi qui a passé le témoin à Chokri Bélaïd, mort lui aussi pour une Tunisie meilleure, mais cette fois sous les balles des terroristes Frères musulmans.</p>



<p>La mémoire de Fadhel Sassi appelle la gauche à une remise en cause de ses concepts et de ses méthodes, pour être une gauche ancrée dans la réalité, une gauche de paix et de progrès, une gauche porteuse d&rsquo;un vrai programme social démocrate pour faire taire ses détracteurs, une gauche patriote, une gauche du bien être des démunis. Le chaos dont elle a été complice n’a fait qu’augmenter la misère du peuple pour lequel Fadhel Sassi a sacrifié sa vie.</p>



<p><em>* Ancien cadre de l’administration à la retraite.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis  :</em></h4>



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</div></figure>



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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Fdp2mPPffj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/05/la-cpg-en-quasi-faillite-la-solution-ne-viendra-pas-de-ceux-qui-en-etaient-la-cause/">La CPG en quasi faillite : la solution ne viendra pas de ceux qui en étaient la cause</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La CPG en quasi faillite : la solution ne viendra pas de ceux qui en étaient la cause » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/05/la-cpg-en-quasi-faillite-la-solution-ne-viendra-pas-de-ceux-qui-en-etaient-la-cause/embed/#?secret=1aYyTw9zwP#?secret=Fdp2mPPffj" data-secret="Fdp2mPPffj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/07/pour-que-la-mort-du-camarade-fadhel-sassi-ne-soit-pas-vaine/">Pour que la mort du camarade Fadhel Sassi ne soit pas vaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>In memoriam : Gilbert Naccache et le besoin de l’esprit «Perspectives»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 07:42:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[‘‘Prisonnier dans mon pays’’]]></category>
		<category><![CDATA[Borj Erroumi]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Ben Haj Yahya]]></category>
		<category><![CDATA[gauche tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[groupe «Perspectives»]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Ben Khedher]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de nous quitter avec son lot d’épreuves qui laisseront dans les mémoires leurs traces indélébiles, l’année 2020 a fini par emporter avec elle l’un des plus illustres symboles de la gauche tunisienne depuis les années soixante, Gilbert Naccache. Par Nader Hammami (traduit de l’arabe par Tahar Ben Meftah) Personnellement, je ne fais pas partie...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/12/Gilbert-Naccache.jpg" alt="" class="wp-image-329785"/></figure>



<p><strong><em>Avant de nous quitter avec son lot d’épreuves qui laisseront dans les mémoires leurs traces indélébiles, l’année 2020 a fini par emporter avec elle l’un des plus illustres symboles de la gauche tunisienne depuis les années soixante, Gilbert Naccache.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Nader Hammami</strong> (<em>traduit de l’arabe par</em> <strong>Tahar Ben Meftah</strong>)</p>



<span id="more-330985"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Nader-Hammami.jpg" alt="" class="wp-image-330986"/></figure></div>



<p>Personnellement, je ne fais pas partie des adeptes des commémorations où se mêlent les voix de ceux qui partagent les valeurs de liberté, de justice sociale et de refus des discriminations et de ceux qui ne partagent pas ces revendications constitutives du credo de la gauche tunisienne. Les oraisons funèbres sont devenues une pratique malheureusement si courante qu’elles ne suscitent plus ni l’étonnement ni la réprobation. Et ces tentatives éhontées de complaisance, de récupération ou d’opportunisme médiatique font désormais partie de notre paysage.</p>



<p>Si l’on considère que la mort est inévitable, on ne peut qu’admettre que Gilbert soit mortel comme nous le sommes tous. L’être humain a toujours cherché en vain <em>«l’arbre de l’éternité et un royaume infini»</em>, tel Moïse frappant de son bâton le Prince de la Mort et ne réussissant qu’à l’éborgner, ou Gilgamesh tentant de tuer la mort sans y parvenir. Car la mort a toujours fait partie de la vie, lui donnant un sens qu’elle n’aurait pas autrement et sauvant de l’absurde nos actes et notre vie. La mort a de fait des avantages que nous devons lui reconnaître humblement.</p>



<p>Ecoute un peu les médias! Regarde les photos ici ou là ! Lis ce qui a été écrit et diffusé ! Tu auras l’impression qu’il s’agit d’une page tournée, que l’oubli maudit et les mémoires courtes ont définitivement effacé. Des noms de jeunes qui ont défié le temps, à la manière des Sept dormants, pour donner lieu à une légende inouïe; des jeunes habités par le rêve d’une Tunisie libre, pour laquelle ils ont sacrifié les plus belles années de leur vie sans attendre ni récompense ni remerciements.</p>



<h3 class="wp-block-heading">«L’esprit Perspectives» plutôt que ses références idéologiques</h3>



<p>La mort de Gilbert a fait ressurgir dans l’espace public le nom de «Perspectives-Le Travailleur Tunisien», nous amenant à revisiter, peut-être, une des plus profondes expériences de la Tunisie au lendemain de l’indépendance. Ce regain d’intérêt n’induit pas pour nous cependant une réflexion sur le bilan de cette expérience et sur les divergences apparues entre les différentes composantes de la gauche tunisienne depuis le milieu des années soixante jusqu’au début des années quatre-vingt. Ce qui nous interpelle c’est <em>«l’esprit Perspectives»</em> plutôt que les références idéologiques ou les aspirations politiques.</p>



<p>Dis ce que bon te semble de ceux qui ont adhéré à Perspectives et des combats qu’ils menaient contre des moulins à vent, qui font terriblement penser celles et ceux qui connaissent leurs écrits et leurs parcours dans la clandestinité et en prison, aux guéguerres de Don Quichotte.</p>



<p>Tu peux palabrer autant que tu veux sur leurs débats défiant toute logique alors qu’ils étaient entre les murs des cachots, subissant les affres de la torture qu’ils semblaient narguer. Tu peux évoquer à souhait une audace avoisinant le suicide dans leur affrontement du <em>«Léviathan»</em> incarné par le Parti unique et par l’Homme providentiel, qui s’était intronisé <em>«Père de la Nation tunisienne»</em> (Habib Bourguiba, Ndlr) qu’il aurait réunie alors qu’elle n’était qu’une poussière d’individus en proie à l’ignorance, la crasse et la variole, pour en devenir le chef absolu et éternel. Mais ces jeunes se dressèrent contre cet ordre des choses; ils furent alors exclus des rangs de la nation, accusés d’ingratitude, de refus de s’incliner devant l’impérative union. Ils ont fait choix de <em>«l’enfer»</em> de la liberté et de l’émancipation, tourné le dos aux certitudes froides et à la recherche de la tranquillité et de la préservation de soi à l’ombre du confort du renoncement.</p>



<p>Ces hommes qui ont choisi l’enfer de la liberté</p>



<p>Dis ce que tu veux de ceci et du reste. Mais tu ne seras pas indifférent à la lecture des récits de ces jeunes dans <em>‘‘La Gamelle et le Couffin’’</em>, traduction par Hajer Bouden de <em>‘‘Al-Habskaddhabwal-hayyyrawah’’,</em> de Fathi Ben Haj Yahya, dans<em> ‘‘Prison et Liberté’’</em> de Mohamed Chérif Ferjani, dans ‘‘Les lunettes de ma mère (Naddhârâtummî)’’ d’Ezzedine Hazgui, dans<em> ‘‘Le Voleur de tomates ou la prison m’a donné une vie supplémentaire’’</em> de Sadok Ben Mhenni, dans<em> ‘‘Prisonnier dans mon pays’’</em> de Mohamed Salah Fliss, dans <em>‘‘Cristal’’ </em>de Gilbert Naccache, et dans d’autres témoignages comme ceux de Noureddine Ben Khedher, Hachemi Troudi, Ammar Zemzemi et Ahmed Ben Othman. Dis ce que tu veux de tout cela; mais tu ne pourras pas nier qu’ils ont aimé ce pays comme personne, chacun à sa façon certes, mais ils l’ont aimé et lui ont sacrifié les années de leur jeunesse sans compter.</p>



<p>Durant les jours qui ont suivi la mort de Gilbert Naccache, nous avons vu défiler les noms de militants de «Perspectives», entendu répéter le nom de l’organisation, comme si la mort de «Papi» (nom par lequel ses camarades aimaient l’appeler), l’avait ressuscitée. Mais la question qui continue à me tarauder avec insistance est la suivante : Qu’est ce que nos jeunes savent aujourd’hui de cette organisation et de ses symboles ? Qu’ont fait les <em>«médias de l’éphémère»</em> pour rappeler à la mémoire ces luttes et les enjeux de cette étape difficile de l’histoire de la Tunisie indépendante ? Trouvons-nous dans nos programmes scolaires, à quelque niveau que ce soit, un thème, un texte ou même un seul passage qui puisse susciter l’intérêt de nos élèves et étudiants pour cette période cruciale qu’on semble vouloir ensevelir définitivement dans les épaisseurs de l’oubli ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Soustraire la Tunisie à la chape des codes contraignants</h3>



<p>Il est pourtant légitime de se poser la question de savoir ce que les jeunes d’aujourd’hui pourraient apprendre des écrits du groupe <em>«Perspectives»</em> et ce qu’ils garderaient de cette expérience. On a le droit de se poser cette question tant qu’on n’a pas encore lu !</p>



<p>Alors lis !</p>



<p>Si tu es un amateur de textes transpirant la haine, l’envie, le désir de vengeance et de règlement de comptes, les fausses larmes, la guigne ou les lamentations, alors n’ouvre aucun des livres du groupe <em>«Perspectives»</em>; tu n’y trouveras rien de cela. Si tu cherches dans les pages du passé des armes pour démolir les fondements de l’Etat tunisien indépendant, dont l’enseignement ou les droits des femmes, je te conseille d’aller voir ailleurs. Si même tu es animé par le désir d’assouvir ta haine des bourreaux et des geôliers, passe ton chemin car tu ne trouveras rien qui puisse satisfaire ta quête et tu en reviendras avec ta soif. C’est là le premier grand enseignement: celui dont le cœur est habité par la haine ne peut aimer rien ni personne.</p>



<p>Mais la leçon est encore plus profonde : assumer la responsabilité d’un choix. Ils avaient choisi leur voie par conviction et par volonté. Ils auraient pu faire preuve d’indifférence, laisser tomber, et opter pour une vie paisible dans une Tunisie qui fit le choix de l’ouverture, au début des années soixante-dix, pour devenir une destination touristique où affluaient de beaux visages du monde entier; une Tunisie ouvrant largement ses bras aux grandes festivités de musiques et de chants éternels et où la libération superficielle des mœurs s’était élargie à la dimension des pantalons «pattes d’éléphants». Ils auraient pu scruter avec des yeux fascinés par les mini-jupes de belles jeunes filles, découvrant des jambes libérées de toutes les chaines du conservatisme, et soustrayant la Tunisie à la chape des codes contraignants venus d’un orient à la fois proche et lointain.</p>



<p>Les écrits de ces jeunes étaient pétris de modestie et débarrassés de tout narcissisme; tu n’y trouveras aucun signe de glorification qui, pourtant, serait justifiée. Une profonde pudeur imprègne les textes et les témoignages, évitant par-dessus tout le moindre signe d’autocélébration. Ainsi les scènes de torture sont-elles peintes avec humour et légèreté, faisant sourire le lecteur tout en arrachant une larme aux plus endurcis. Ton esprit s’évade alors dans les caves de l’antique Borj Erroumi et les cellules de la tristement célèbre Prison du 9-Avril, imaginant les tambourinades sur les portes des cellules et éprouvant presque physiquement l’humidité suintant des murs. Tu te surprends à rire des blagues entendues ici ou là, entre un coup de pied et un coup de poing; tu entrevois même le <em>«couffin»</em> ou la gamelle, et te parviennent, lancinants, les chants des nuits glaciales ou étouffantes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’accord sans faille sur les grands principes</h3>



<p>Parmi les enseignements de l’expérience, on découvre que les divergences sont possibles, voire parfois nécessaires; mais reste, par-dessus tout, l’accord sans faille sur les grands principes : la liberté et la justice sociale. Il est en effet normal que les trajectoires puissent bifurquer; mais elles demeurent des divergences de voies dont les enjeux ne relèvent pas d’intérêts subjectifs ou égoïstes. Les différends existent encore, jusqu’à aujourd’hui, mais sans l’intention de nuire les uns aux autres. Dans cette expérience, il y a une grandeur morale qui s’élève au dessus des petitesses et du <em>«pragmatisme à deux sous»</em>; même s’il leur arrive de se taxer réciproquement d’extrémisme ou de révisionnisme, ou s’ils en viennent à de profondes oppositions.</p>



<p>Ce que l’on peut retenir également de l’expérience des jeunes perspectivistes et de leurs écrits, c’est leur foi inébranlable dans l’avenir et la certitude que cet avenir sera porteur d’espoir pour une humanité plus solidaire. Cette génération n’a jamais cessé de lire et d’apprendre malgré les contraintes de l’engagement dans le combat politique; ils n’y ont jamais vu un frein à l’acquisition des savoirs et à l’approfondissement des connaissances. Pour eux, se former intellectuellement, en continu, permet de ne pas sombrer dans l’ignorance, synonyme d’abdication et de défaite.</p>



<p>Les témoignages relatifs aux nombreux débats idéologiques et philosophiques en prison, à la nécessité vitale de lecture, à la poursuite des études tout en réclamant les droits politiques, sociaux, économiques et civiques, en sont la parfaite illustration.</p>



<p>Ce que cette expérience doit nous laisser en mémoire, et notamment dans la mémoire de notre jeunesse, c’est l’enracinement des membres du Groupe Perspectives dans cette terre de Tunisie dont ils sont restés le vrai sel, bien que beaucoup d’entre eux aient parcouru tous les coins du monde, à l’est comme à l’ouest.</p>



<p>Telle est l’âme de «Perspectives». Et si nous pouvons, peut-être; nous passer de l’organisation historique, vieille désormais de plus d’un demi-siècle, nous avons un besoin urgent de son esprit et des enseignements indispensables de son expérience pour la Tunisie et pour son avenir.</p>



<p>* <em>Maître assistant, Université de Carthage.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MqeGhULzxc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/26/gilbert-naccache-esperait-laisser-un-monde-meilleur/">«Gilbert Naccache espérait laisser un monde meilleur»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Gilbert Naccache espérait laisser un monde meilleur» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/26/gilbert-naccache-esperait-laisser-un-monde-meilleur/embed/#?secret=a7vnvbynTf#?secret=MqeGhULzxc" data-secret="MqeGhULzxc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Congrès constitutif d&#8217;Al Qotb : Quel avenir  pour la gauche tunisienne ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2019 07:22:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Néjib Chebbi]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[gauche tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ali Boughdiri]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À quelques mois des élections présidentielles et surtout législatives, les partis politiques se préparent activement à ce rendez-vous incontournable dans le paysage politique tunisien. C&#8217;est notamment le cas d&#8217;Al Qotb, qui se réveille d’un long sommeil et fait acte de présence. Par Cherif Ben Younès Ce parti de centre-gauche, qui fait partie de la coalition...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/Congres-Al-Qotb-2019.jpg" alt="" class="wp-image-208646"/></figure>



<p><strong><em>À quelques mois des élections présidentielles et surtout législatives, les partis politiques se préparent activement à ce rendez-vous incontournable dans le paysage politique tunisien. C&rsquo;est notamment le cas d&rsquo;Al Qotb, qui se réveille d’un long sommeil et fait acte de présence.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Cherif Ben Younès</strong><br></p>



<p> Ce parti de centre-gauche, qui fait partie de la coalition du Front populaire (FP), a organisé les 19, 20 et 21 avril 2019 son congrès constitutif.  Un événement qui a connu la présence de plusieurs politiciens tunisiens lors de sa séance d&rsquo;ouverture, tenue à la Bourse du travail de Tunis, à l&rsquo;instar de la figure de l&rsquo;opposition au régime de Ben Ali, Ahmed Néjib Chebbi, le secrétaire général d&rsquo;Al Joumhouri, Issam Chebbi, ainsi que le dirigeant au sein du FP et du Parti d&rsquo;avant-garde arabe démocratique (PAD), Ahmed Seddik.<br></p>



<p> Les principaux objectifs de ce congrès sont l&rsquo;actualisation de la ligne politique du parti, en fonction de la situation politique, économique et sociale du pays, l’évaluation de son rendement et de celui du FP, la détermination de ses choix et stratégies en vue des prochaines échéances électorales et l&rsquo;élection de ses instances dirigeantes.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Al Qotb va-t-il quitter le Front populaire ?<br></h3>



<p> Lors de sa longue intervention introductive des travaux, Riadh Ben Fadhl, coordinateur général (CG) du parti, n&rsquo;y est pas allé par 4 chemins dans son analyse de la situation actuelle en ce qui concerne la gauche tunisienne. Il a, à cet effet, qualifié le maintien du Front populaire, en tant qu&rsquo;union politique, depuis 2012, de <em>«miraculeux»</em>, alimentant ainsi la possibilité que son parti quitte prochainement cette coalition.<br></p>



<p> M. Ben Fadhl souhaiterait, en effet, l&rsquo;instauration d&rsquo;un «Front 2.0», capable d&rsquo;ouvrir des horizons politiques, économiques et culturels pour la jeunesse tunisienne. <em>«Le modèle actuel du Front doit changer d’une manière révolutionnaire. Il ne peut continuer ainsi»</em>, a-t-il expliqué, demandant des réformes profondes au sein de la coalition, qui <em>«n’est pas la propriété de ses secrétaires généraux, mais du peuple tunisien». </em><br></p>



<p> Ce dernier a besoin, selon M. Ben Fadhl, d&rsquo;une véritable coalition politique, avec tout ce que ce terme signifie, en termes d&rsquo;union et d&rsquo;harmonie politiques et décisionnelles, et non pas d&rsquo;une simple alliance électorale. «Je vous supplie mes camarades du Front de ne pas tuer notre rêve», a-t-il lâché non sans émotion.<br></p>



<p> Le CG d&rsquo;Al Qotb a, par ailleurs, amèrement avoué que son parti – qu&rsquo;il a qualifié de «circonstanciel» – a jusque-là échoué dans la réalisation de son objectif fondamental, à savoir unifier les forces de la gauche en Tunisie, assurant, en même temps, que l’espoir d’arriver à cette fin est toujours d’actualité. Malgré le fait que les rassembleurs, comme M. Ben Fahdel, ne manquent pas et qu’ils se bousculent même au portillon, mais la gauche est restée désespérément divisée, éclatée et quasiment absente lors des consultations électorales.   <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Poursuivre la bataille des libertés<br></h3>



<p> M. Ben Fadhl a également insisté sur l’importance de poursuivre <em>«la bataille des libertés»</em>, notamment individuelles, ainsi que celle de l&rsquo;abolition de la peine de mort. Il a, dans le même ordre d’idées, assuré que son parti continuera à s’opposer et à militer contre toutes les lois qui contredisent la constitution, à l’instar de celle de l’article 230 du code pénal (criminalisant le rapport sexuel par voie anale, même entre adultes consentants, et par conséquent l’homosexualité, ndlr) qui viole les droits de l’Homme et toutes les conventions internationales signées par la Tunisie à cet effet.<br></p>



<p> Pour ce qui est des élections de 2019, Riadh Ben Fadhl a affirmé que le Front populaire participera avec ses propres listes, mais qu’il est nécessaire de coordonner avec les autres forces de la gauche, principalement pour la tactique sur terrain. Il n’a, d’un autre côté, pas caché ses craintes quant à une éventuelle victoire des islamistes d’Ennahdha : <em>«Si Ennahdha venait à gagner, le compte à rebours serait long».</em><br></p>



<p> La coordinatrice régionale de Sousse, au sein d&rsquo;Al Qotb, Hayfa Ben Fraj, nous a déclaré, de son côté, que son parti travaille activement aujourd’hui sur l’économie numérique, un domaine qui peut servir de solution sociale et solidaire pour la création de nouveaux noyaux économiques, spécialement dans les régions intérieures.<br></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/Al-Qotb-2019-2.jpg" alt="" class="wp-image-208647" width="500" height="435"/></figure></div>



<p> Outre ce secteur, Mme Ben Fraj a assuré qu’Al Qotb accorde beaucoup d’importance au volet environnemental, aux libertés individuelles et à l’égalité absolue entre les citoyens tunisiens, et plus particulièrement entre les deux sexes, et ce sur tous les plans, y compris celui de l’héritage, sujet tabou s’il en est auprès d’importantes franges de la population tunisienne.<br></p>



<p> Interrogée sur le rapport de son parti avec le Front populaire, la dirigeante a estimé que la stagnation au niveau organisationnel au sein de cette coalition devient de plus en plus gênante et handicapante pour Al Qotb.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’UGTT soutient les partis socialistes <br></h3>



<p> Invité à ce rassemblement, le secrétaire général adjoint, chargé du secteur privé, de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Mohamed Ali Boughdiri, a souligné que la situation économique et sociale de la Tunisie va de mal en pis, comme en témoignent les taux élevés de la pauvreté, de l&rsquo;illettrisme et du chômage. Il s&rsquo;est, par ailleurs, attardé sur un phénomène particulièrement préoccupant, à savoir l’abandon précoce des études. Il a avancé à ce propos un chiffre alarmant : environ 107.000 élèves abandonnent chaque année leurs études en Tunisie, ajoutant que cela concerne en premier lieu les pauvres. <br></p>



<p> M. Boughdiri a assuré que l’UGTT militera, au premier plan, pour surmonter ces problèmes et remettre le pays sur pied, précisant que son syndicat est la <em>«forteresse de tous les Tunisiens, sans aucune exception».</em><br></p>



<p> Concernant la vie politique en Tunisie, il a déclaré que son syndicat est à distance égale de tous les partis et qu’il est <em>«au-dessus de ceux-ci». «Même ceux avec lesquels on n’est pas sur la même longueur d’onde, on ne les exclut pas. On essaye plutôt de les guider vers le chemin juste, celui de la démocratie, de la justice, etc.»</em>, a-t-il développé. <em>«Nous partageons la même vision que ceux qui ont des idées socialistes, et nous ne sommes pas d’accord avec les libéraux et les islamistes»</em>, a-t-il conclu.<br></p>



<p>M. Boughdiri a indiqué, d’autre part, que son organisme accordera plus d’importance aux élections de cette année que les précédentes, et qu’à cet effet, il incite tous les adhérents de l’UGTT ainsi que ceux qui la soutiennent de s’y inscrire et de voter pour les partis ayant une vision et un programme qui convergent avec ceux du syndicat national, notamment en ce qui concerne la justice sociale et la justice fiscale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/24/congres-constitutif-dal-qotb-quel-avenir-pour-la-gauche-tunisienne/">Congrès constitutif d&rsquo;Al Qotb : Quel avenir  pour la gauche tunisienne ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Caïd Essebsi, Chebbi et Hammami : Trois politiques atteints du syndrome d’hubris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Aug 2018 09:10:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Néjib Chebbi]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[gauche tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Hamma Hammami]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président de la république, Béji Caid Essebsi (BCE), Ahmed Néjib Chebbi, l’éternel candidat à la présidence, et Hamma Hammami, l’éternel opposant, ont pour dénominateur commun de porter des œillères et d’être complètement isolés de la réalité. Ils sont atteints du syndrome d’hubris ou la maladie du pouvoir. Par Khémaies Krimi Le syndrome d&#8217;hubris est...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-170967" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/08/Caid-Essebsi-Chebbi-Hammami.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Le président de la république, Béji Caid Essebsi (BCE), Ahmed Néjib Chebbi, l’éternel candidat à la présidence, et Hamma Hammami, l’éternel opposant, ont pour dénominateur commun de porter des œillères et d’être complètement isolés de la réalité. Ils sont atteints du syndrome d’hubris ou la maladie du pouvoir.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Khémaies Krimi</strong></p>
<p><span id="more-170965"></span></p>
<p>Le syndrome d&rsquo;hubris est une maladie du pouvoir. Les symptômes de cette pathologie mentale sont la perte du sens des réalités, l’intolérance à la contradiction, les actions à l&#8217;emporte-pièce, l’obsession de sa propre image, l’abus de pouvoir…</p>
<p>Un regard d’ensemble sur la manière dont pensent et agissent certains de nos politiques, au pouvoir et dans l’opposition, montre que beaucoup d’entre eux seraient atteints par le syndrome d’hubris.</p>
<p>Selon les psychiatres, la caractéristique principale d’hubris est qu’il est visible de tous, sauf du principal intéressé et de ses porteurs d’encensoirs (amis, conseillers, membres de la famille…).</p>
<p>Trois cas criants sur lesquels le pouvoir a exercé une fascination maladive méritent qu’on s’y attarde. Il s’agit de l’actuel président de la république, Béji Caid Essebsi (BCE), Ahmed Néjib Chebbi, éternel candidat à la présidence, et Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire, l’éternel opposant. Ils ont pour dénominateur commun de donner l’impression qu’ils portent des œillères et d’être complètement isolés de la réalité.</p>
<h3>BCE : une parenthèse malheureuse dans l’Histoire de la Tunisie</h3>
<p>Concernant BCE, ce président hissé par un accident de l’Histoire à la magistrature suprême par le biais d’un vote utile, a été, durant les quatre premières années de son mandat, obsédé par deux projets. Ceux de réinstaurer, de fait, le régime présidentiel pour se doter de plus amples pouvoirs et de paver le terrain pour sa succession par l’un de ses fils.</p>
<p>À propos du premier objectif, BCE, au top de son art de manœuvrier en chef et adossé à des hommes à lui placés à la tête des institutions névralgiques, tels que Mohamed Ennaceur, l’actuel président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a passé le plus net de son mandat, soit à retarder l’adoption de lois capitales (telles que celle portant sur la mise en place de la Cour constitutionnelle), soit à accélérer l’adoption de celles qui sont à son goût (telles que celles sur la réconciliation financière, pour blanchir les hommes de l’ancien régime, ou sur la consommation du cannabis…), soit à bloquer l’action du gouvernement et à limoger ses chefs. Le dernier en date, en l’occurrence, Youssef Chahed a décidé de lui résister, mais serait-ce pour longtemps? Il faut reconnaître que même son prédécesseur, Habib Essid, récupéré, aujourd’hui, à des fins électoralistes (il est censé capter l’électorat de la région du Sahel…), avait essayé, lui aussi, de résister mais c’était sans compter avec un parlement aux ordres.</p>
<p>Quant au second projet, la promotion de son fils, BCE a accepté, en toute conscience, l’effritement du parti qui l’a porté à la présidence, Nidaa Tounès, pour imposer illégalement son Hafedh bien-aimé comme directeur exécutif et astreindre les Tunisiens à accepter sa lourde présence. C’est, rappelons-le, sur l’instigation de son fils et sous la pression du reste de son entourage familial que BCE s’est adonné à cet ignoble exercice périlleux de limoger les chefs du gouvernement.</p>
<p>Ainsi, au regard des réalisations accomplies et du potentiel d’opportunités que lui avait offert son élection au suffrage universel, BCE aura été un président improductif, sinon destructif, et une malheureuse parenthèse dans l’Histoire de la Tunisie.</p>
<p>Même sa toute récente décision de proposer bientôt une loi sur l’égalité dans l’héritage entre l’homme et la femme, que les partisans comme les opposants pourront interpréter selon leurs intérêts, s’est finalement avérée un pétard mouillé en ce sens où elle va priver, de juré, au moins 3,5 millions de femmes rurales (équivalent de la population active dans le pays) d’espérer un jour hériter une quelconque partie du patrimoine exploité. Comme des esclaves, elles vont continuer à travailler sous la domination du père et des frères sans recevoir de salaire fixe et sans bénéficier de couverture sociale. La règle étant mangez et taisez-vous.</p>
<p>Moralité de l’histoire : à force de travailler sans aucun succès sur ces deux projets, BCE, se croyant éternel, est happé par le temps. À plus de 90 ans, il est en train de finir la dernière année de son mandat sans gloire et sans réalisation notoire méritant d’être citée. Une page de l’Histoire à tourner. Au plus vite…</p>
<h3>Chebbi : de mauvaises recettes pour devenir président</h3>
<p>S’agissant d’Ahmed Néjib Chebbi, figure de proue de l’opposition au régime de Ben Ali, en dépit des échecs cuisants qu’il a essuyés, depuis le soulèvement du 14 janvier 2011, il continue à croire qu’il a toujours une chance pour devenir un jour président de la Tunisie.</p>
<p>Pour la présidentielle de 2019, il a commencé sa campagne très tôt. Récemment sorti de sa retraite, il multiplie les déclarations et les interviews afin de persuader tous ceux qui veulent l’entendre qu’il reste une carte jouable.</p>
<p>Son argumentaire est trop simpliste. Il estime que par l’effet du recul manifeste, après 2014, de plus d’un million d’électeurs, des pans électoraux entiers échappant aux deux partis dominants, Nidaa Tounès et Ennahdha, quelque 60% des Tunisiens en âge de voter, sont aujourd’hui indécis et méritent d’être courtisés et persuadés de voter pour lui. Mieux, dans une de ses interviews, il est allé jusqu’à proposer une recette miracle qui le mènerait à la magistrature suprême, qui consisterait à amender la Constitution aux fins de rétablir le régime présidentiel et de renforcer les prérogatives du chef de l’Etat.</p>
<p><em>«Si on veut,</em> dit-il, <em>garder un régime où le chef de l’Etat est élu au suffrage universel, il faudrait lui donner des pouvoirs, des pouvoirs qui seraient contrebalancés par la séparation des trois pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif et non pas par un contrepoids qui viendrait du Premier ministre, qui risque de reproduire éternellement des situations de blocage et de paralysie politique, d’autant que c’est un homme élu par le peuple. Il exprime, ainsi, la volonté populaire».</em></p>
<p>Pour parvenir à ses fins, il propose un scénario idyllique sur mesure. Il invite l’actuel Président de la république (BCE) à amender la Constitution avant la fin de son mandat et à faire en sorte que cet amendement n’entre en fonction qu’après 2019. Quand lui sera, très probablement selon lui, au Palais de Carthage. Il ne semble d&rsquo;ailleurs avoir aucun doute là-dessus&#8230;</p>
<p>Cela pour dire que la pathologie d’hubris, c’est-à-dire-cette perte du sens des réalités, est à un stade également assez avancé chez Nejib Chebbi.</p>
<h3>Hamma Hammami, le politique qui refuse l’autocritique</h3>
<p>Quant à Hamma Hammami, porte parole du Front populaire, il est le type même du politique qui refuse d’évoluer. Pis, il s’obstine à refuser de faire son autocritique et à reconnaître ses erreurs. Par son dogmatisme idéologique, par son égocentrisme et par son incapacité, apparemment génétique, de tenir un discours mobilisateur autour d’un projet de société viable, il semble, lui aussi, sérieusement affecté par le syndrome d’hubris.</p>
<p>En se cantonnant à ressasser sa lassante et stérile contestation des gouvernements, il est en train de compromettre de manière significative le projet progressiste de la gauche tunisienne. Les rares projets qu’il propose, à l’instar de <em>«ce grand programme national pour sauver le pays»</em>, sont vagues, utopiques et sans aucun référentiel rationnel : surseoir au paiement de la dette extérieure, augmenter les salaires, distribuer les terres, etc.</p>
<p>Il semble que Hamma Hammami et, à travers lui, la gauche qui porte son empreinte, sont encore piégés par les préjugés historiques que leurs adversaires (PSD, RCD, Ennahdha…) leur ont collés, depuis l’indépendance, en tant qu’athéiste et opposés à la propriété privée. La gauche n’étant pas parvenue, jusque-là, à convaincre le peuple tunisien et à s’imposer à lui comme un courant politique capable de gouverner le pays et de lui apporter des solutions viables.</p>
<p>Pourtant ce ne sont pas les opportunités et les idées pragmatiques et à portée de main qui manquent pour que ce parti trouve sa pleine place dans le paysage politique du pays et aspire légitimement un jour à devenir une troisième force et même alternative pour diriger le pays.</p>
<p>Dans son essai <em>‘‘Pour une refondation de la gauche tunisienne’’</em>, l’universitaire Baccar Gherib a invité celle-ci à <em>«revoir son discours tant sur les questions économiques que sur les questions culturelles et identitaires»</em>. À cette fin, il lui suggère «de proposer des réformes intelligentes en phase avec ses valeurs tout en montrant des relations apaisées tant avec l’économie de marché qu’avec la religion». Il lui recommande aussi de coller au vécu des gens et de «penser la société pour mieux guider son évolution ou, mieux, d’être en prise sur l’histoire, à la fois en la pensant et en y agissant… Par la théorie et la pratique en somme».</p>
<p>Concrètement, la gauche pourrait s’investir dans la défense des libertés individuelles (liberté de conscience, égalité entre homme et femme…) et dans la promotion d’économies à forte employabilité, accessible à l’écrasante majorité des Tunisiens et aux moindres coûts, comme l’économie sociale et solidaire (ESS), l’économie numérique et l’économie verte.</p>
<p>Au préalable, il faudrait résoudre le problème de l’absence de leadership dont souffre la gauche que Hamma Hammami n’est visiblement pas le meilleur représentant possible.</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WVGFb9wFrY"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/16/tunisie-beji-caid-essebsi-nest-plus-president-mais-chef-de-clan/">Tunisie : Béji Caïd Essebsi n’est plus président, mais chef de clan</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Béji Caïd Essebsi n’est plus président, mais chef de clan » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/16/tunisie-beji-caid-essebsi-nest-plus-president-mais-chef-de-clan/embed/#?secret=EEYmdm4DMr#?secret=WVGFb9wFrY" data-secret="WVGFb9wFrY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rXi9coo9kT"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/06/13/ahmed-nejib-chebbi-et-le-syndrome-de-la-derniere-ligne-droite/">Ahmed Néjib Chebbi et le syndrome de la dernière ligne droite</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ahmed Néjib Chebbi et le syndrome de la dernière ligne droite » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/06/13/ahmed-nejib-chebbi-et-le-syndrome-de-la-derniere-ligne-droite/embed/#?secret=NSo388B2km#?secret=rXi9coo9kT" data-secret="rXi9coo9kT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ESU6lTVsrY"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/hamma-hammami-est-il-une-catastrophe-pour-la-gauche-tunisienne/">Hamma Hammami est-il une catastrophe pour la gauche tunisienne ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hamma Hammami est-il une catastrophe pour la gauche tunisienne ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/hamma-hammami-est-il-une-catastrophe-pour-la-gauche-tunisienne/embed/#?secret=CR2IjciEBK#?secret=ESU6lTVsrY" data-secret="ESU6lTVsrY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/08/27/caid-essebsi-chebbi-et-hammami-trois-politiques-atteints-du-syndrome-dhubris/">Caïd Essebsi, Chebbi et Hammami : Trois politiques atteints du syndrome d’hubris</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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