<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Hannah Arendt - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/hannah-arendt/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/hannah-arendt/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Fri, 06 Feb 2026 09:36:04 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.1</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Hannah Arendt - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/hannah-arendt/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>La démocratie doit-elle se protéger du peuple ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/la-democratie-doit-elle-se-proteger-du-peuple/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/la-democratie-doit-elle-se-proteger-du-peuple/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis de Tocqueville]]></category>
		<category><![CDATA[Carl Schmitt]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[élites]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[John Stuart Mill]]></category>
		<category><![CDATA[José Ortega y Gasset]]></category>
		<category><![CDATA[populisme]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18307009</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des vagues de populisme traversent le monde avec une puissance inédite. Plaidoyer pour une démocratie entre élites à l’ère du populisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/la-democratie-doit-elle-se-proteger-du-peuple/">La démocratie doit-elle se protéger du peuple ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des vagues de populisme traversent aujourd’hui le monde avec une puissance inédite. Aucun continent n’est épargné, aucun régime démocratique n’est à l’abri. De l’Amérique à l’Europe, de l’Inde à l’Amérique latine, le discours politique se simplifie, se durcit, se radicalise. Les slogans remplacent les programmes, l’émotion supplante l’argumentation, et la colère devient une ressource électorale. C’est le triomphe inquiétant du nombre et la défaite de la raison. Plaidoyer pour une démocratie entre élites à l’ère du populisme.</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-18307009"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le populisme se nourrit d’un paradoxe fondamental : il prétend incarner le peuple tout en détruisant les conditions mêmes d’un jugement politique éclairé. Il érige l’opinion immédiate en vérité, la majorité numérique en légitimité morale, et transforme toute complexité en suspicion. Dans ce climat, l’intellectuel devient un ennemi, l’expert un traître, le scientifique un manipulateur.</p>



<p>Face à cette dérive, une question longtemps jugée indécente mérite aujourd’hui d’être posée sans faux-semblants : la démocratie peut-elle survivre lorsqu’elle abdique toute exigence intellectuelle ? Et plus encore : une démocratie fondée sur des élites instruites, responsables et contrôlées serait-elle plus démocratique que le règne aveugle du nombre ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme : une pathologie interne de la démocratie</h2>



<p>Contrairement à une idée répandue, le populisme n’est pas l’ennemi extérieur de la démocratie. Il en est une dérive interne, un excès logique. Il surgit lorsque la souveraineté populaire est réduite à sa forme la plus brute : le comptage des voix, indépendamment de la qualité du jugement qui les fonde.</p>



<p>Déjà, Platon voyait dans la démocratie athénienne un régime instable, vulnérable à la démagogie. Dans <em>La République</em>, il compare la cité démocratique à un navire confié à une foule ignorante, sourde à la compétence du pilote. Ce n’est pas le peuple en tant que tel que Platon critique, mais l’abandon de toute hiérarchie du savoir.</p>



<p>Plus près de nous, le politicien français Alexis de Tocqueville (1805-1859) identifie un danger majeur des sociétés démocratiques modernes : la <em>tyrannie de la majorité</em>. Celle-ci n’opprime pas par la force, mais par la norme, étouffant toute pensée dissidente sous le poids du consensus numérique (<em>De la démocratie en Amérique</em>).</p>



<p>Le populisme contemporain pousse cette logique à son extrême : il confond volonté générale et opinion majoritaire instantanée, souvent façonnée par les réseaux sociaux, les algorithmes et les émotions collectives. La démocratie devient alors un réflexe, non un processus de délibération.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’égalité politique et le mythe dangereux de l’égalité cognitive</h2>



<p>L’un des dogmes les plus intouchables de la modernité démocratique est l’idée que toutes les opinions se valent. Or cette affirmation, si elle est moralement séduisante, est intellectuellement intenable.</p>



<p>Être citoyen confère des droits égaux, mais ne produit pas automatiquement une compétence égale. Confondre égalité juridique et égalité cognitive revient à nier l’expérience, l’éducation, la formation, l’effort intellectuel. Cette confusion est au cœur du triomphe populiste.</p>



<p>Le philosophe et économiste britannique John Stuart Mill (1806-1873) l’avait parfaitement compris. Dans <em>Considerations on Representative Government</em> (1861), il propose un suffrage plural, où le vote des citoyens les plus instruits aurait un poids supérieur. Non par mépris social, mais par souci d’efficacité politique. Mill pose une question dérangeante mais rationnelle : pourquoi refuser à la politique ce que l’on exige de la médecine, de l’ingénierie ou du droit ?</p>



<p>On ne choisit pas un chirurgien par acclamation populaire. On ne confie pas un pont à un vote majoritaire. Pourquoi alors accepter que le destin d’une nation soit décidé sans exigence minimale de compétence ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolte des masses et la fin du jugement</h2>



<p>Le populisme est aussi un phénomène culturel profond. Le philosophe espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955) dans <em>La révolte des masses</em> (1930), décrit l’avènement de l’<em>«homme-masse»</em> : un individu convaincu de son droit à décider de tout, sans effort préalable de compréhension.</p>



<p>L’homme-masse ne rejette pas seulement l’élite ; il rejette l’idée même d’excellence. Toute distinction est perçue comme une offense. Toute compétence devient arrogance. Cette mentalité trouve aujourd’hui un terrain idéal dans les réseaux sociaux, où la visibilité remplace la légitimité, et où la viralité tient lieu de vérité.</p>



<p>Dans ce contexte, la démocratie cesse d’être un régime de responsabilité pour devenir un théâtre d’indignations successives. Le jugement politique, qui exige lenteur, mémoire et complexité, est sacrifié au profit de réactions immédiates.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Effondrement du sens politique et banalisation de l’irresponsabilité</h2>



<p>La germano-américaine Hannah Arendt (1906- 1975) a montré, notamment dans <em>La crise de la culture</em>, que le mal politique moderne ne procède pas toujours de la monstruosité, mais de la banalité, c’est-à-dire de l’absence de pensée.</p>



<p>Le populisme prospère précisément sur cette absence. Il ne demande pas aux citoyens de comprendre, mais de réagir. Il ne sollicite pas la raison, mais l’affect. Le vote devient un geste cathartique, non un acte réfléchi.</p>



<p>La démocratie, ainsi vidée de son exigence intellectuelle, devient vulnérable à toutes les manipulations. Elle se transforme en machine à légitimer l’irresponsabilité collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faut-il alors confier la démocratie aux élites ?</h2>



<p>Le mot <em>«élite»</em> est aujourd’hui presque imprononçable. Il évoque immédiatement l’arrogance, la domination, l’entre-soi. Pourtant, refuser toute forme d’élite revient à accepter implicitement le règne de l’incompétence.</p>



<p>Il faut ici être clair : il ne s’agit ni d’une élite de naissance, ni d’une élite de richesse. Il s’agit d’une élite de savoir, de responsabilité et d’éthique. Une élite sans privilèges héréditaires, soumise au contrôle, révocable, évaluée.</p>



<p>Dans toute société complexe, des élites existent de fait : scientifiques, ingénieurs, médecins, enseignants, juristes. La question n’est donc pas leur existence, mais leur place dans la décision politique.</p>



<p>Refuser leur rôle au nom d’un égalitarisme abstrait, c’est livrer la démocratie à ceux qui crient le plus fort, non à ceux qui comprennent le mieux.</p>



<p>Modèles possibles d’une démocratie protégée du populisme</p>



<p>Imaginer une démocratie entre élites ne signifie pas abolir le peuple, mais réintroduire des filtres rationnels.</p>



<p>Plusieurs modèles sont envisageables :</p>



<p>1. Un bicaméralisme renforcé : une chambre élue au suffrage universel, et une chambre de compétence (scientifiques, juristes, philosophes, économistes), avec droit de veto argumenté.</p>



<p>2. Un suffrage pondéré par le niveau d’instruction ou la formation civique.</p>



<p>3. Des conseils citoyens qualifiés, tirés au sort mais formés longuement avant toute décision.</p>



<p>4. Une démocratie délibérative, où le vote n’intervient qu’après un processus obligatoire d’information et de débat.</p>



<p>Ces modèles ne sont pas antidémocratiques ; ils sont antipopulistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le danger inverse : technocratie et déshumanisation</h2>



<p>Toute réflexion honnête doit reconnaître les risques d’une démocratie des élites. L’expertise peut devenir froide, déconnectée du vécu. Les élites peuvent se fossiliser, se reproduire, perdre tout contact avec le réel social.</p>



<p>Le théoricien de la politique, l’allemand Carl Schmitt (1888, 1985) rappelle que la politique ne peut jamais être réduite à une simple gestion technique. Elle implique des choix existentiels, des valeurs, des conflits irréductibles.</p>



<p>C’est pourquoi une démocratie entre élites ne peut être viable que si elle reste ouverte, pluraliste, contrôlée, et si le peuple conserve un droit de regard et de sanction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Penser contre la foule pour sauver la démocratie</h2>



<p>Il est temps d’oser une vérité inconfortable : la démocratie n’est pas sacrée par nature. Elle n’est qu’un outil fragile, qui ne fonctionne que si les citoyens sont capables de discernement.</p>



<p>Lorsque l’ignorance devient majoritaire, lorsque l’émotion remplace la raison, lorsque la compétence est méprisée, la démocratie se suicide lentement sous les applaudissements.</p>



<p>Peut-être faut-il alors accepter cette idée provocante : le salut de la démocratie viendra parfois d’une minorité lucide, et non de la majorité aveugle. Penser contre la foule n’est pas trahir la démocratie. C’est peut-être aujourd’hui la seule façon de la préserver.</p>



<p>* Universitaire. </p>



<p><strong>Références bibliographiques </strong>(indicatives)&nbsp;<strong>:</strong></p>



<p>Platon, <em>La République.</em></p>



<p>Alexis de Tocqueville, <em>De la démocratie en Amérique.</em></p>



<p>John Stuart Mill, <em>Considerations on Representative Government.</em></p>



<p>José Ortega y Gasset, <em>La révolte des masses.</em></p>



<p>Hannah Arendt, <em>La crise de la culture</em> ; <em>Eichmann à Jérusalem.</em></p>



<p>Carl Schmitt, <em>La notion de politique.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wl21m8AxFu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/ce-populisme-lancinant-et-abrasif-en-tunisie/">Ce populisme lancinant et abrasif en Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce populisme lancinant et abrasif en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/ce-populisme-lancinant-et-abrasif-en-tunisie/embed/#?secret=RFGOgnK8TE#?secret=wl21m8AxFu" data-secret="wl21m8AxFu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<ul class="wp-block-list">
<li></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/la-democratie-doit-elle-se-proteger-du-peuple/">La démocratie doit-elle se protéger du peuple ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/la-democratie-doit-elle-se-proteger-du-peuple/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>19</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De Gaza à Kiev &#124; La fraternité assassinée </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/10/de-gaza-a-kiev-la-fraternite-assassinee/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/10/de-gaza-a-kiev-la-fraternite-assassinee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 10:03:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Cain et Abel]]></category>
		<category><![CDATA[flottille Al-Soumoud]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Gérard Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Manel Albouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=17446934</guid>

					<description><![CDATA[<p>La tragédie qui se joue devant nos yeux à Gaza et en Ukraine réveille un mythe fondateur : celui de Caïn et Abel.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/10/de-gaza-a-kiev-la-fraternite-assassinee/">De Gaza à Kiev | La fraternité assassinée </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ouvrir un pont, un corridor humanitaire : c’est l’objectif de la flottille qui doit quitter Tunis pour Gaza, ce mercredi 10 septembre 2025, affrontant la mer et les interdits afin d’acheminer vivres et médicaments à une population palestinienne affamée. La famine a déjà atteint le niveau 5, le plus élevé selon l’Onu, c’est-à-dire la mort lente et massive. Face à ce désastre, les peuples s’organisent quand les États se taisent. Mais derrière l’urgence humanitaire, une autre urgence se dessine : celle de revisiter ce que signifie encore aujourd’hui le mot «frère».&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi</strong> *</p>



<span id="more-17446934"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Depuis octobre 2023, Gaza vit sous les bombes. Plus de 41 000 morts, une majorité de femmes et d’enfants. Des hôpitaux détruits, des écoles rasées, des familles entières effacées. Derrière chaque chiffre, il y a un nom, un visage, une histoire. Et pourtant, le silence est encore exigé, comme si taire les victimes suffisait à honorer leur mémoire.&nbsp;</p>



<p>Cette tragédie réveille un mythe fondateur : celui de Caïn et Abel. Gérard Haddad – psychanalyste juif français originaire de Tunisie, élève de Jacques Lacan – incarne lui-même la fracture originelle de l’exil. Forgeron du verbe, il a transformé sa douleur en pensée, sa famille en élaboration symbolique. Sa lecture du meurtre du frère éclaire avec force la haine et la rivalité. Mais elle ne peut contenir seule la complexité du réel, au risque d’occulter l’histoire, les structures sociales et les choix politiques qui orchestrent la violence. Elle demeure néanmoins une clé précieuse pour comprendre ce qui se joue dans l’intime des peuples comme dans le cœur des individus.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Caïn en chacun de nous&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Car en chacun de nous, Caïn sommeille. Ce ressentiment primitif, cet instant où la présence de l’autre fait ombre à notre lumière. L’enfant qui voit naître son frère sent déjà le partage comme une blessure. Il découvre que partager, c’est perdre quelque chose de soi. Parfois, cette douleur se transforme en apprentissage du lien. Mais d’autres fois, elle s’enkyste, et la haine devient la seule réponse, le seul langage possible.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, le meurtre ne commence pas sur les champs de bataille. Il s’enracine dans l’intime. Dans les jalousies étouffées, dans les blessures de l’enfance, dans les exclusions du quotidien.&nbsp;</p>



<p>La différence, loin d’être célébrée, est souvent objet de soupçon, parfois même de rejet. Celui qui voit autrement, qui pense hors des cadres établis, qui ose respirer un autre air, se retrouve mis à distance. Ce schéma, que l’on retrouve dans l’intimité des groupes comme dans le théâtre des nations, n’est jamais qu’une répétition tragique : l’incapacité d’accueillir l’Autre dans sa singularité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fraternité trahie : du foyer à la nation&nbsp;</h2>



<p>Dans le récit biblique, l’offrande d’Abel est acceptée, celle de Caïn rejetée. Faute de mots pour dire sa blessure, Caïn choisit le silence du meurtre. Voilà la fraternité dévoyée : au lieu d’accueillir l’autre, on l’efface, on le réduit au silence.&nbsp;</p>



<p>Les peuples rejouent parfois ce scénario. À Gaza, le frère devient cible, l’ennemi à anéantir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, même si le langage politique et militaire transforme les vies en simples données statistiques.&nbsp;</p>



<p>Depuis la nuit des temps, les communautés rejouent ce même drame. Les peuples frères deviennent ennemis. L’un accuse l’autre de ne pas avoir droit à l’existence. À Gaza, cela se traduit en chiffres effroyables : des dizaines de milliers de vies effacées, des enfants enterrés sous les gravats, des hôpitaux transformés en cibles. Ici, le frère est déshumanisé. Ici, Caïn avance masqué derrière les procédures militaires et l’indifférence internationale.&nbsp;</p>



<p>Hannah Arendt l’a montré : le mal surgit souvent de la banalité – pas des monstres, mais des hommes ordinaires, appliquant des procédures, cochant des cases. Gaza illustre tragiquement cette banalité du mal, et rappelle que la haine dépasse largement le cadre fraternel.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’humanité blessée&nbsp;</h2>



<p>René Girard a éclairé un autre ressort : la violence humaine naît du désir mimétique, où nous voulons ce que l’autre possède. Ce désir imité engendre rivalité et conflit. Pour canaliser cette violence, la société désigne un bouc émissaire : l’Autre à annihiler. À Gaza, ce mécanisme est à l’œuvre : l’Autre est transformé en cible, justifiant la destruction.&nbsp;</p>



<p>Mais la politique véritable repose sur la pluralité : la possibilité pour des hommes différents d’exister ensemble.&nbsp;</p>



<p>Or, quand on efface un peuple, quand on réduit au silence une voix, on assassine cette pluralité.&nbsp;</p>



<p>Lacan l’avait formulé : ce qui n’est pas symbolisé revient dans le réel, souvent sous forme de violence brute. Là où la parole est censurée, là où la reconnaissance manque, surgit la destruction à répétition. De Gaza aux peuples opprimés, des familles endeuillées aux prisonniers politiques, l’impossibilité de dire laisse place au fracas des armes.&nbsp;</p>



<p>Nier l’Autre, vouloir l’exterminer, ce n’est pas seulement une guerre déclarée : c’est une trahison de la condition humaine dans son essence.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les 50 nuances de Caïn&nbsp;</h2>



<p>Le meurtre n’a pas toujours la brutalité du sang. Il prend plusieurs formes, comme des nuances de gris :&nbsp;le harcèlement qui humilie et isole; l’exclusion et le rejet social;&nbsp;l’indifférence et le refus de voir la souffrance de l’autre;&nbsp;la diffamation et les rumeurs;&nbsp;la manipulation et la marginalisation;&nbsp;la culpabilisation… jusqu’à la guerre et au massacre, quand la haine individuelle devient politique et systémique.&nbsp;Et enfin, le génocide : ultime manifestation de l’incapacité à accueillir la différence.&nbsp;</p>



<p>Toutes ces armes sont celles de Caïn. Leur point commun ? Réduire l’autre au néant, abîmer la fraternité et l’humanité, chacune à son degré.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre Gaza et Kiev : les frères ennemis&nbsp;</h2>



<p>Le conflit israélo-palestinien n’est pas isolé. L’histoire se rejoue ailleurs : en Ukraine et en Russie, deux peuples frères se déchirent, piégés dans une rivalité qui rappelle l’ombre de Caïn. La guerre des tranchées modernes n’est pas seulement militaire : elle est aussi psychologique, identitaire, mémorielle.&nbsp;</p>



<p>Fedor Dostoïevski écrivait : <em>«Nous sommes tous responsables de tout et de tous devant tous, et moi plus que les autres.»</em> Cette phrase résonne comme un antidote à l’indifférence. Car la guerre, qu’elle soit en Europe ou au Proche-Orient, n’est jamais étrangère : elle révèle toujours l’humanité blessée.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le seul vrai choix : aimer&nbsp;</h2>



<p>On croit souvent choisir librement, décider selon sa propre volonté. Mais si l’on écoute attentivement le murmure de l’histoire et celui de l’inconscient, on découvre que bien des gestes sont déjà écrits dans les trames invisibles du trauma, du désir refoulé, de la répétition inconsciente. Alors, où se loge le véritable choix ?&nbsp;</p>



<p>Là où le texte ancien nous invite : <em>«J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie.»&nbsp;</em></p>



<p>Dans cette perspective, le seul vrai libre arbitre n’est pas dans l’illusion de maîtriser nos pulsions ou nos peurs, mais dans la décision ultime d’aimer. L’amour est le choix qui échappe au cycle répétitif du meurtre, à la fatalité de la haine. Tout le reste – nos violences, nos exclusions, nos rigidités – appartient au royaume de l’inconscient, qui nous gouverne sans que nous le sachions.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, Chema Israël – Écoute Israël – ne serait pas seulement une injonction religieuse, mais un rappel symbolique : la fraternité blessée peut se transformer si l’on entend la seule voix qui libère. Celle de l’amour, de la reliance, qui seule peut rompre le cycle fratricide et ouvrir à la possibilité fragile, mais réelle, d’une humanité réconciliée.&nbsp;</p>



<p>Psychanalyse, religion et politique&nbsp;</p>



<p>La psychanalyse enseigne que toute parole vivante risque de se figer en rituel, tout élan de devenir institution. C’est aussi le cas de la psychanalyse elle-même, d’où l’appel constant de Gérard Haddad à une réforme.&nbsp;</p>



<p>Il est certain que la psychanalyse nous aide à éclairer les dynamiques inconscientes. Mais une lecture symbolique, aussi précieuse soit-elle, ne saurait contenir la totalité du réel.&nbsp;</p>



<p>L’école de Palo Alto nous l’a appris : l’illusion la plus dangereuse est de croire que son propre point de vue est la seule réalité possible. Les guerres, les exclusions, les silences meurtriers naissent souvent de cette rigidité. La psychologie systémique rappelle que chaque point de vue n’est qu’une partie d’un réseau plus vaste, où l’interdépendance prime sur l’illusion d’autosuffisance.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du cycle de Caïn&nbsp;</h2>



<p>La conscience et la symbolisation de la souffrance sont essentielles pour interrompre ce cycle. Il n’y aura pas d’issue sans reconnaissance. Tant que les morts n’ont pas de noms, tant que les blessures sont niées, la haine réclamera davantage de sang.&nbsp;</p>



<p>La guérison suppose trois gestes essentiels:&nbsp;1. accepter la différence sans la détruire;&nbsp;2. protéger la vie;&nbsp;3. donner aux morts leur dignité, afin que leur mémoire ouvre un chemin de paix.&nbsp;</p>



<p>Ce qui meurt à Gaza, ce n’est pas seulement un peuple.&nbsp;C’est l’idée même de fraternité.&nbsp;</p>



<p>Durkheim nous l’a enseigné : le crime révèle l’échec de la cohésion sociale. La liberté d’expression, la solidarité et la reconnaissance de l’autre sont les seuls véritables moyens de lutter contre ce crime.&nbsp;</p>



<p>Si nous restons sourds à ce cri, Caïn n’aura pas seulement tué Abel : il aura assassiné l’humanité en chacun de nous. Et nous porterons alors la responsabilité de ce silence.&nbsp;</p>



<p>La paix n’est pas naïveté mais l’acte le plus exigeant qui soit. Elle n’efface pas la tragédie, mais elle la transfigure. Elle ne nie pas l’histoire, mais elle choisit, malgré tout, d’écrire une autre suite.&nbsp;</p>



<p>* <em>Psychothérapeute, psychanalyste.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/10/de-gaza-a-kiev-la-fraternite-assassinee/">De Gaza à Kiev | La fraternité assassinée </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/10/de-gaza-a-kiev-la-fraternite-assassinee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment fabrique-t-on un terroriste &#124; Mode d’emploi d’une société qui s’en lave les mains  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/comment-fabrique-t-on-un-terroriste-mode-demploi-dune-societe-qui-sen-lave-les-mains/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/comment-fabrique-t-on-un-terroriste-mode-demploi-dune-societe-qui-sen-lave-les-mains/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2025 10:19:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banalité du mal]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<category><![CDATA[groupes extrémistes]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[indifférence sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Manel Albouchi]]></category>
		<category><![CDATA[ostracisation]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Bourdieu]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=15551012</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’indifférence, l'humiliation et l'exclusion  créent des monstres. Nous continuerons à juger des terroristes… Sans jamais accuser ceux qui les ont fabriqués.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/comment-fabrique-t-on-un-terroriste-mode-demploi-dune-societe-qui-sen-lave-les-mains/">Comment fabrique-t-on un terroriste | Mode d’emploi d’une société qui s’en lave les mains  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si l’on devait écrire un manuel sur la fabrication d’un terroriste, il tiendrait en quelques étapes simples. Prenez un individu, plongez-le dans l’exclusion, humiliez-le, privez-le d’un avenir et d’une identité sociale, puis regardez-le exploser. Cela vous semble absurde ? Pourtant, l’histoire récente regorge d’exemples où cette recette a été appliquée à la perfection. Car le terrorisme n’est pas un phénomène spontané. Il est le produit d’une alchimie sociale bien précise, où la frustration et la douleur se cristallisent en haine et en violence.</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi *&nbsp;</strong></p>



<span id="more-15551012"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>La semaine dernière, un jeune homme originaire de Kasserine est venu me consulter (l’un de mes enfants, comme j’aime à les appeler). Il était monté à Tunis dans l’espoir d’un avenir meilleur. Il disait avoir été braqué et tabassé devant chez lui sous les yeux de ses voisins, qui n’avaient pas levé le petit doigt. Mais il y avait quelque chose dans son regard… Quelque chose qui me disait que son récit, bien que tragique, n’était peut-être pas aussi linéaire qu’il le prétendait. Il m&rsquo;a avoué avoir fait le tour des psy avant de revenir me voir&nbsp;; son diagnostic? Anxiété sociale sévère, idées suicidaires… et il m’a confié aussi qu&rsquo;il ressentait une tentation grandissante pour le terrorisme. Pas par conviction religieuse. Par haine de l’humain. Mais était-il victime? Ou acteur d’un engrenage plus large?</p>



<p>Détaillons donc les étapes de fabrication d’un terroriste…</p>



<h2 class="wp-block-heading">1. L’isolement &nbsp;ou l’art de désigner un <em>«autre»</em> &nbsp;</h2>



<p>Tout commence par un phénomène bien connu en psychologie : l’ostracisation. Il s’agit de signaler à quelqu’un, subtilement ou violemment, qu’il n’appartient pas au groupe. Pierre Bourdieu parlait de violence symbolique, cette domination invisible qui s’exerce par le langage, les normes et les représentations sociales.</p>



<p>Le jeune homme de Kasserine, dès son arrivée à Tunis, a senti les regards condescendants, les moqueries sur son accent, les portes qui se ferment. Son crime? Être <em>«un gars de l’intérieur»</em>, un de ces jeunes qui n’ont pas eu la chance de naître du bon côté du pays. L’exclusion est une arme redoutable. En psychologie sociale, on sait qu’un individu rejeté par son groupe souffre de douleurs comparables à des blessures physiques. Le cerveau réagit à l’exclusion sociale comme il réagirait à une brûlure. Mais les faits sont-ils aussi tranchés qu’il le pensait? Était-ce la réalité… ou la perception d’une réalité amplifiée par des blessures plus anciennes? Et un être humain blessé… finit par mordre. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. L’humiliation ou comment transformer une blessure en haine &nbsp;</h2>



<p>Si l’exclusion ne suffit pas, on passe à l’humiliation. Ce jeune homme s’est fait agresser et voler sous les yeux de ses voisins. Personne n’a bougé. Pire : lorsqu’il a cherché du soutien, il a reçu des remarques méprisantes. «عادي صاحبي يصير ع الرجال» (<em>«C’est banal, ça nous arrive tous»</em>).</p>



<p>Il m’a observée, comme pour jauger ma réaction. Comme s’il attendait de voir si j’allais aussi détourner le regard. Quand on est impuissant trop longtemps, deux choix s’offrent à nous : se soumettre jusqu’à disparaître… ou devenir le bourreau. Ce jeune homme a résumé son dilemme ainsi : <em>«Je veux disparaître, ou je veux qu’ils disparaissent.»</em> Ce n’est pas une idéologie qui le pousse. C’est une pulsion de revanche. Mais la revanche sera contre qui, exactement?</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. L’indifférence sociale&nbsp;: le crime par omission</h2>



<p>À ce stade, il pourrait être aidé. Un emploi stable, un réseau de soutien, un psy compétent. Mais à la place, il trouve le silence. Ou plutôt… choisit-il de ne voir que le silence? L’indifférence sociale a un effet pervers : elle pousse les âmes brisées à chercher une famille ailleurs. C’est là que les recruteurs entrent en jeu. Les groupes extrémistes ne créent pas des terroristes, ils les trouvent. Ils récupèrent ces jeunes qui crient dans le vide et leur offrent une réponse : <em>«Tu n’es pas seul. Tu fais partie de quelque chose de plus grand. On te respecte ici.»</em></p>



<p>L’effet de champ, selon Pierre Bourdieu, attire les individus vers des espaces où ils retrouvent une reconnaissance et une dignité. Voilà comment un exclu devient un soldat. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">4. La vengeance quand la société récolte ce qu’elle a semé</h2>



<p>À ce stade, le terroriste n’est plus un individu. C’est une réponse à une société qui l’a rejeté. Il ne cherche pas une cause. Il cherche une revanche. Non pas contre un État ou une idéologie, mais contre l’humanité elle-même.</p>



<p>Derrière chaque attentat, chaque acte de violence, il y a une histoire de souffrance transformée en rage. Le terrorisme n’est pas qu’un problème de sécurité. C’est un problème psychologique et social. Mais dans cette histoire… Qui est le vrai coupable? Nous nous demandons toujours <em>«Pourquoi ces jeunes deviennent des terroristes?»</em> Mais la vraie question est : <em>«Comment avons-nous laissé cela se produire ?»</em> &nbsp;</p>



<p>Hannah Arendt parlait de <em>«la banalité du mal»</em> : ce mal qui ne se manifeste pas dans les monstres sanguinaires, mais dans les petites lâchetés du quotidien. Le regard méprisant d’un employeur. L’inaction d’un voisin devant une agression. Le rejet subtil d’un dialecte ou d’une origine. Ce ne sont pas les idéologies qui fabriquent les terroristes. Ce sont les humiliations répétées, l’indifférence, et l’absence de perspectives. Et si nous continuons ainsi, nous continuerons à juger des terroristes… Sans jamais accuser ceux qui les ont fabriqués.</p>



<p>Quand le patient a quitté mon bureau, je n’étais pas certaine de l’issue. Était-il un jeune homme brisé qui cherchait désespérément une main tendue? Ou quelqu’un qui avait déjà fait son choix… et qui voulait juste voir si j’allais réagir différemment des autres? L’indifférence crée des monstres.</p>



<p>* <em>Psychologue, psychanalyste.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/comment-fabrique-t-on-un-terroriste-mode-demploi-dune-societe-qui-sen-lave-les-mains/">Comment fabrique-t-on un terroriste | Mode d’emploi d’une société qui s’en lave les mains  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/comment-fabrique-t-on-un-terroriste-mode-demploi-dune-societe-qui-sen-lave-les-mains/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘Eichmann à Jérusalem’’ : A Gaza, les Nazis ont bon dos</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/18/eichmann-a-jerusalem-a-gaza-les-nazis-ont-bon-dos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Aug 2024 06:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Adolf Eichmann]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[génocide juif]]></category>
		<category><![CDATA[génocide palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Nazis]]></category>
		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=13788757</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour l'Occident, seul le massacre des Juifs - qu'il a lui-même commis - est érigé en génocide, qui fait oublier tous les autres.   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/18/eichmann-a-jerusalem-a-gaza-les-nazis-ont-bon-dos/">‘‘Eichmann à Jérusalem’’ : A Gaza, les Nazis ont bon dos</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La notion de banalité du mal demeure mystérieuse et controversée et souffre de toutes les interprétations, du moment qu’un massacre, celui du peuple juif par l’Allemagne nazie, est érigé en génocide, seul susceptible d’être pris en considération, afin de faire oublier tous les autres génocides, notamment celui des Palestiniens par les juifs d’Israël, en les banalisant.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-13788757"></span>



<p>En 1960, Adolf Eichmann, un ancien cadre de la SS allemande était enlevé en Argentine et exfiltré clandestinement vers Israël&nbsp;où il serait jugé et pendu. Ce livre, une série d’articles écrits par la célèbre philosophe Hannah Arendt, l’un des plus complexes, est un témoignage du procès ainsi qu’un questionnement de ses implications humaines, morales, politiques, et juridiques sur l’époque moderne.</p>



<p>La condition de l’auteure, prise en sandwich entre l’éthique juive à laquelle elle se rattache par ses origines, et les contraintes du sionisme aux origines de l’Etat d’Israël, est plutôt inconfortable. Au fil des pages elle glisse d’une attitude détachée, critique, souvent ironique, de l’Etat israélien, qui à travers sa justice a voulu ce procès dans un but de propagande (de guerre), à celle d’un part pris de plus en plus affirmé allant jusqu’ à légitimer la prétention israélienne tout à fait contestable se posant en représentant de tous les juifs du monde dès lors qu’était inévitablement tout à fait involontairement esquissé&nbsp;le parallèle entre les massacres perpétrés par les Nazis et ceux des Palestiniens par l’armée sioniste.</p>



<p>Cette évolution, ou&nbsp;involution selon où on se situe, peut se comprendre, dans le contexte de critiques exacerbées que ses articles avaient soulevées dans sa communauté d’origine dont quelques membres, les sionistes, avaient fini par la considérer comme <em>«ayant la haine de soi»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="65gYSDLImn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/14/the-iron-wall-sionisme-fascisme-nazisme-et-racisme-la-nouvelle-alliance-fatale/">‘‘The iron wall’’ : sionisme, fascisme, nazisme et racisme, la nouvelle alliance fatale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The iron wall’’ : sionisme, fascisme, nazisme et racisme, la nouvelle alliance fatale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/14/the-iron-wall-sionisme-fascisme-nazisme-et-racisme-la-nouvelle-alliance-fatale/embed/#?secret=xWdBBa32Ga#?secret=65gYSDLImn" data-secret="65gYSDLImn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Haine de soi! Implicitement ce qu’on lui reprochait c’était d’avoir démontré que des pays comme le Danemark, l’Italie, et la Bulgarie, n’avaient pas eu, contrairement à la propagande sioniste, l’antisémitisme inné, même durant la guerre; ils avaient efficacement protégé leurs citoyens juifs contre les exigences allemandes de <em>«déplacements»</em> à l’Est. Et on aurait pu y joindre la Tunisie alors sous autorité italo-allemande, ou bien l’Algérie et le Maroc sous celle de Vichy.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La collaboration de nombreux juifs avec les Nazis</h2>



<p>Explicitement, on lui reprochait d’abord d’avoir mis l’accent sur la responsabilité des Conseils juifs dans les déportations et l’extermination de leurs coreligionnaires, par leur collaboration avec les Nazis. Cette collaboration avait atteint le sordide lorsque les membres les plus riches de la communauté avaient pu acquérir le droit d’immigrer en usant de corruption, et, quand ce n’est pas en convainquant leurs ouailles de se soumettre avec l’aide d’une police juive spécialement établie à cette fin, en les abandonnant à leur triste sort,&nbsp;et pas seulement à la fin de la guerre lorsque Himmler avait cru s’attirer la bonne grâce des alliés en mettant fin à la Solution Finale.</p>



<p>En cela, les sionistes qui, dès avant la guerre,&nbsp;grâce à leurs contacts établis avec les dirigeants du Reich, avaient pu acheter le libre passage de quelques-uns de leurs coreligionnaires en route pour la Palestine, ne s’étaient pas révélés les plus vertueux, à une époque où les Nazis estimaient que quiconque favorisait le départ des juifs ne pouvait être que leur allié.</p>



<p>En ce sens, les professions de foi d’Eichmann en faveur des sionistes avec qui il était en contact, tels le Hongrois Kastman, et du respect qu’ils lui inspiraient, ne doivent pas étonner. Eichmann fut donc au début celui qui <em>«favorisait»</em> l’émigration des juifs de Vienne, de Prague, de Berlin, de tous les territoires occupés par l’Allemagne. Mais avec la guerre et les directives (orales) données par Hitler afin de régler&nbsp;définitivement la question juive, et après la conférence dite de Wannsee, Eichmann, membre de l’office central de la sécurité du Reich, chargé des affaires juives, et opérant sous la direction de Kaltenbrunner et de Muller (Gestapo), s’est retrouvé comme le grand pourvoyeur des trains pour le transport ferroviaire vers les camps d’extermination de l’Est, en particulier ceux du Gouvernorat Général (Pologne).</p>



<p>Eichmann eut-il affaire à des responsables de la répression comme Heydrich le bourreau des Tchèques, Franck celui des Polonais, ou les tueurs des Einsatzgruppen, les nettoyeurs du front de l’Est? Certainement, mais ils ne furent jamais sous ses ordres.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="i7rkVAqGwn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/07/israel-de-la-terreur-au-massacre-detat-vers-la-paix-des-cimetieres/">‘‘Israël, de la terreur au massacre d’Etat’’ : vers la paix des cimetières</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Israël, de la terreur au massacre d’Etat’’ : vers la paix des cimetières » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/07/israel-de-la-terreur-au-massacre-detat-vers-la-paix-des-cimetieres/embed/#?secret=fIOufxg7WZ#?secret=i7rkVAqGwn" data-secret="i7rkVAqGwn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A côté de cela, Eichmann fut bien l’un des responsables du camp de Theresienstadt, établi justement pour les juifs riches, ceux qui, grâce à leurs fortunes et leurs connaissances, achetaient leur liberté. Il fut donc plus un fonctionnaire SS zélé qu’un dirigeant de l’Etat Allemand.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Culpabilité établie par l’appartenance à la clique dirigeante</h2>



<p>Malgré cela et bien qu’il n’eût été responsable d’aucun massacre, le tribunal de Jérusalem le tint pour coupable. Coupable de quoi au juste? Justement d’avoir, au vu de la loi israélienne de 1950 principalement, été un dirigeant nazi que l’Etat sioniste avait le droit et le devoir de juger et d’éliminer en tant que tel.</p>



<p>Ainsi, au vu de cette loi, c’est l’appartenance à la clique dirigeante nazie qui établissait la culpabilité dans le génocide, et non la responsabilité directe du massacre. C’est ce qui d’ailleurs curieusement joua en faveur de l’accusé dans celui des Tziganes, lorsque les juges rejetèrent ce chef d’inculpation retenu par le procureur, parce que selon eux on ne pouvait pas le lui imputer, faute de preuves.</p>



<p>Le massacre des Tziganes justifiait donc aux yeux des juges israéliens des preuves, il ne suffisait pas d’être nazi pour être confondu, contrairement à celui des juifs. Le procureur Hausner, justement un juif allemand tout comme d’ailleurs le juge Landau, n’eut de cesse de poser la question aux témoins, qu’en d’autres circonstances ont eût certainement jugée drôle, sur les raisons pour lesquelles ils ne tentèrent pas de se révolter contre leurs tortionnaires alors qu’ils étaient bien plus nombreux; un reproche qu’on ne fera jamais aux Gazaouis.</p>



<p>Néanmoins, Eichmann, qui qualifiait le gazage des juifs de <em>«solution médicale»</em> parce que selon lui elle avait été mise au point et supervisée par des médecins (?!) ne fut qu’un membre du troisième cercle du pouvoir et on ne comprend à ce titre pas l’acharnement des Israéliens, au moins par rapport à leur propre loi. On le comprend d’autant moins que l’Allemagne, son pays, refusa de demander son extradition pour le juger, tel qu’elle eût dû le faire pour n’importe lequel de ses ressortissants poursuivi à l’étranger, malgré les pressions de l’avocat Servatius. Et le fait qu’il eût été enlevé en Argentine au mépris des lois internationales constituait pour les Allemands une raison supplémentaire pour agir. Mais en Allemagne, sur 11 000 juges, la moitié avaient activement collaboré avec les Nazis quand ils n’en avaient pas fait partie, et seuls 140 avaient servi de boucs émissaires en étant renvoyés pour donner une impression de dénazification.</p>



<p>Un tel procès d’un important rouage de l’appareil administratif allemand eût donc été pénible pour le chancelier Konrad Adenauer, qui avait établi des relations personnelles cordiales avec le Premier ministre israélien David Ben Gourion, scellées par de substantielles réparations de guerre dont Israël avait bénéficié durant une dizaine d’années à un moment charnière de son histoire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="McGGwwCxbN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/16/they-must-go-les-arabes-disrael-entre-apartheid-et-deportation/">‘‘They must go’’: les Arabes d’Israël entre apartheid et déportation</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘They must go’’: les Arabes d’Israël entre apartheid et déportation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/16/they-must-go-les-arabes-disrael-entre-apartheid-et-deportation/embed/#?secret=w9489jH7jR#?secret=McGGwwCxbN" data-secret="McGGwwCxbN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, l’Allemagne n’avait pas intérêt à rappeler un douloureux passé, d’autant que sa jeunesse commençait à cette époque à culpabiliser, quand Israël avait lui besoin de mettre en exergue les liens établis entre les Nazis et le Haj Amine El-Husseini&nbsp; afin de dénoncer le rôle de ceux parmi eux qui avaient fui en Egypte et en Syrie dans les programmes militaires arabes, en particulier dans le domaine de la balistique.</p>



<p>Le procès tout compte fait obéissait à des considérations politiques tout à fait contemporaines de son déroulement. Cela évidemment Hannah Arendt l’avait laissé entrevoir sans l’expliciter. Mais c’est dans la confusion entretenue entre crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et génocide, que ce procès et le livre qui en fait état furent à mon avis les plus sujets à controverse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Intérêt de la puissance américaine et de l’<strong><em>«</em></strong>Ordre<strong>»</strong> International</h2>



<p>Aujourd’hui à Gaza alors qu’un dixième de la population, principalement des femmes et des enfants, ont été tués ou blessés et que après plus de dix mois la tuerie ne cesse pas, les grandes puissances occidentales arguent du droit d’Israël de se défendre et nient tout génocide.</p>



<p>Hannah Arendt avait déjà distingué des nuances entre des crimes de masse (massacres) qui ne s’imposent pas, qualifiés de génocides, et ceux que des nécessités, militaires ou coloniales, rendent nécessaires pour la survie de l’État.</p>



<p>Tout démontre le caractère subjectif de cette&nbsp;classification apparemment basée sur le mobile de la guerre; pour un nationaliste chauvin tel Slobodan Milosevic, la destruction des musulmans de Bosnie et du Kosovo ne fut jamais le génocide ethnique pour lequel il a été finalement jugé à la Haye, à l’instigation du gouvernement américain auteur d’une agression militaire contre la Serbie en 1999, mais une conséquence de la guerre imposée à la nation serbe par les nécessités de sa survie. Ainsi ce n’est même pas le mobile de la guerre qui la disculpe de l’accusation de génocide, mais l’intérêt de la puissance américaine, autrement dit&nbsp; l’Ordre International qu’elle garantit.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Hlj0tbgDHU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/quand-lallemagne-fait-payer-aux-palestiniens-ses-crimes-nazis/">Quand l’Allemagne fait payer aux Palestiniens&#8230; ses crimes nazis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quand l’Allemagne fait payer aux Palestiniens&#8230; ses crimes nazis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/quand-lallemagne-fait-payer-aux-palestiniens-ses-crimes-nazis/embed/#?secret=adc3JtIj6v#?secret=Hlj0tbgDHU" data-secret="Hlj0tbgDHU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Si on veut savoir à quelle école Joe Biden a été afin de déterminer l’origine de sa politique à Gaza, inutile d’aller plus loin;&nbsp;dans le contexte, le triomphe rencontré par le génocidaire Netanyahu dans l’enceinte du Congrès américain n’est nullement le fruit du hasard ou d’une méconnaissance de l’histoire. Et les regrets exprimés par l’auteure sur l’entêtement des Israéliens à juger seuls cet Allemand, Eichmann,&nbsp; selon elle de peu d’importance et à l’intellect limité hors le cadre international que la notion de crime contre l’humanité eût dû imposer, ne constitue que l’arbre qui cache la forêt; on ne voit d’ailleurs pas pourquoi la justice internationale eût dû se mobiliser contre un personnage décrit comme médiocre, mais selon elle, il fallait instaurer les mécanismes nécessaires afin que l’ensemble des nations réagisse à la menace d’annihilation pesant sur l’une quelconque d’entre elles.</p>



<p>Peut-on dès lors encore parler de <em>«banalisation du mal»</em> à propos des individus ordinaires capables du pire lorsque le contexte s’y prête, c’est-à-dire quand ils ne sont pas doués d’une conscience assez forte pour refuser l’autorité de la hiérarchie, lorsque cela s’impose? Il est vrai que les fonctionnaires susceptibles de désobéir à des ordres inhumains ne sont pas très nombreux,&nbsp;quel que soit le pays auquel on se réfère.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«Beaucoup d’Allemands»</em> étaient des gens bien (dixit Ben Gourion)</h2>



<p>Cette notion de banalité du mal demeure mystérieuse et controversée et souffre de toutes les interprétations, du moment qu’un massacre, celui du peuple juif, est érigé en génocide, seul susceptible d’être pris en considération, afin de faire oublier tous les autres, en les banalisant. Pour tout dire, c’est l’Allemagne, autrement dit l’Etat allemand, qui juridiquement eût dû se retrouver au ban de l’humanité pour peu que, abstraction faite de la nécessité d’Etat et des ordres supérieurs, un état possédât&nbsp; jamais le pouvoir d’en juger un autre. Mais pour Ben Gourion <em>«beaucoup d’Allemands»</em> étaient des gens bien, une opinion qu’il n’a visiblement jamais partagée sur les Arabes,&nbsp;ainsi que l’a reconnu l’auteur de ce livre.</p>



<p>L’étroite collaboration de cette dernière avec philosophe Martin Heidegger n’a été que le prélude à la coopération qui aujourd’hui lie Israël à l’Allemagne, un pays qui en plus de l’aide militaire fournie à l’agresseur dans la guerre à Gaza, persécute sur son territoire tous ceux qui expriment des opinions favorables au mouvement national palestinien.</p>



<p>L’Allemagne auteur d’un génocide collabore à un autre pour faire oublier sa responsabilité dans le premier, et n’a de ce fait pas apuré son contentieux avec son passé meurtrier. Il est vrai que tant que le nazi Heidegger en est arrivé, après la guerre et la chute de Hitler, à considérer les chambres à Gaz comme une simple conséquence du modernisme, sans soulever d’objections de la part de celle qui fut son étudiante et maîtresse, il y a lieu de se poser des questions sur <em>«l’industrie de l’Holocauste»</em> (selon les termes de Finkelstein), qui aujourd’hui vaut à la politique criminelle de l’Etat israélien les soutiens militaire, financier, et diplomatique internationaux nécessaires, ainsi que l’impunité totale.<strong><em>‘</em></strong></p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal’’, de Hannah Arendt, traduit de l’anglais par&nbsp;Anne Guérin, Révision par Martine Leibovici et présentation par Michelle-Irène Brudny-de Launay, collection&nbsp;Folio histoire&nbsp;(n°&nbsp;32), éd. Gallimard, Paris 22 mai 1991, 528 pages,</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ilSqe0bEaX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/24/les-neo-nazis-sattaquent-aux-musulmans-lallemagne-face-a-ses-vieux-demons/">Les néo-nazis s’attaquent aux musulmans : L&rsquo;Allemagne face à ses vieux démons</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les néo-nazis s’attaquent aux musulmans : L&rsquo;Allemagne face à ses vieux démons » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/24/les-neo-nazis-sattaquent-aux-musulmans-lallemagne-face-a-ses-vieux-demons/embed/#?secret=JGGaA6dtjz#?secret=ilSqe0bEaX" data-secret="ilSqe0bEaX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/18/eichmann-a-jerusalem-a-gaza-les-nazis-ont-bon-dos/">‘‘Eichmann à Jérusalem’’ : A Gaza, les Nazis ont bon dos</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans ‘‘Je vous écris d’une autre rive’’, Sophie Bessis s’interroge sur le devenir du monde</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/19/dans-je-vous-ecris-dune-autre-rive-sophie-bessis-sinterroge-sur-le-devenir-du-monde/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/19/dans-je-vous-ecris-dune-autre-rive-sophie-bessis-sinterroge-sur-le-devenir-du-monde/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Mar 2021 10:31:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[éditions Elyzad]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[question palestinienne]]></category>
		<category><![CDATA[Sophie Bessis]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=341978</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’historienne et journaliste tuniso-française Sophie Bessis vient de publier aux éditions Elyzad à Tunis, un nouvel essai intitulé ‘‘Je vous écris d’une autre rive. Lettre à Hannah Arendt’’ (96 pages, Tunis, mars 2021). Dans ce court texte passionnant, qui interroge sur notre devenir collectif, Sophie Bessis aborde sans détours la question palestinienne et l’européocentrisme de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/19/dans-je-vous-ecris-dune-autre-rive-sophie-bessis-sinterroge-sur-le-devenir-du-monde/">Dans ‘‘Je vous écris d’une autre rive’’, Sophie Bessis s’interroge sur le devenir du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Sophie-Bessis.jpg" alt="" class="wp-image-341979"/></figure>



<p><strong><em>L’historienne et journaliste tuniso-française Sophie Bessis vient de publier aux éditions Elyzad à Tunis, un nouvel essai intitulé ‘‘Je vous écris d’une autre rive. Lettre à Hannah Arendt’’ (96 pages, Tunis, mars 2021).</em></strong></p>



<span id="more-341978"></span>



<p>Dans ce court texte passionnant, qui interroge sur notre devenir collectif, Sophie Bessis aborde sans détours la question palestinienne et l’européocentrisme de la pensée de Hannah Arendt. Elle dialogue avec la philosophe, la conteste parfois, l’admire toujours..</p>



<p>Dans la présentation de l’ouvrage, on lit notamment : <em>«Vous verrez dans ces pages que j’ai des choses à vous reprocher. Mais ce que j’ai lu de vous sonne en moi comme un appel à fouiller la mémoire, à lire l’Histoire à travers elle aussi pour aller de l&rsquo;avant»,</em> écrit Sophie Bessis, en s’adressant à Hannah Arendt, qui occupe une place particulière dans la pensée du XXe siècle. Elle en a vécu les tragédies, a tenté d’en expliquer les causes et les manifestations. Cette expérience l’a conduite à s’intéresser à la genèse du sionisme et de la création de l’Etat d’Israël et à poser un regard visionnaire sur le destin de ce nationalisme particulier.</p>



<p>Dans un aller-retour entre les guerres du vieux monde et les défis actuels, Sophie Bessis dialogue avec la philosophe, la conteste parfois, l’admire toujours. Cette lettre se veut un propos libre, personnel et politique, et une interrogation sur notre devenir collectif.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/19/dans-je-vous-ecris-dune-autre-rive-sophie-bessis-sinterroge-sur-le-devenir-du-monde/">Dans ‘‘Je vous écris d’une autre rive’’, Sophie Bessis s’interroge sur le devenir du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/19/dans-je-vous-ecris-dune-autre-rive-sophie-bessis-sinterroge-sur-le-devenir-du-monde/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
