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	<title>Archives des histoire - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des histoire - Kapitalis</title>
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		<title>Mohammed Harbi et les dérives du nationalisme algérien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 08:06:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[nationalisme algérien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mohammed Harbi a produit des analyses éclairant la dynamique révolutionnaire en Algérie et ses limites idéologiques.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/mohammed-harbi-et-les-derives-du-nationalisme-algerien/">Mohammed Harbi et les dérives du nationalisme algérien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Acteur dans le mouvement national algérien dès son jeune âge, <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/deces-de-mohammed-harbi-historien-majeur-du-nationalisme-algerien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohammed Harbi qui vient de décéder</a>, jeudi 1<sup>er</sup> janvier 2026, à Paris, à l’âge de 92 ans, est aussi un intellectuel qui, après l’indépendance de l’Algérie, a produit des analyses qui éclairent la dynamique révolutionnaire du FLN historique et ses limites idéologiques.</em></strong></p>



<p><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-18176569"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Dans une perspective d’anthropologie politique, ouverte à l’histoire du pays, à la sociologie des groupes et à la psychologie des individus, Mohammed Harbi a esquissé les traits structurels qui ont façonné la formation de l’Etat indépendant. Ses principaux ouvrages (‘‘<em>Aux origines du FLN : contribution à l’histoire du populisme en Algérie</em>’’<em>, </em>‘‘<em>Le FLN, mirage et réalité</em>’’<em>, </em>‘‘<em>L’Algérie et son destin</em>’’<em>, </em>‘‘<em>Le FLN, document et histoire</em>’’ &#8211; avec G. Meynier &#8211;<em>, </em>‘‘<em>Les Archives de la révolution algérienne</em>’’<em>, </em>‘‘<em>Une vie debout</em>’’) sont des références obligées pour tous ceux qui veulent connaître les logiques contradictoires de la construction nationale en Algérie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie et ses malheurs</h2>



<p>Je reproduis ci-dessous le compte-rendu que j’avais fait de son ouvrage <em>‘‘Une vie debout. Mémoires politiques, tome 1 : 1945-1962’’</em> et qui a constitué le tome 1 de ses mémoires politiques s’étalant de 1945 à 1962.</p>



<p>Embrassant la période historique cruciale pour l’Algérie allant de la fin des années 1940 à l’Indépendance, les mémoires de Mohammed Harbi constituent un ouvrage qui va au-delà de l’autobiographie où il n’y a ni narcissisme ni autojustification chez cet intellectuel engagé dès son jeune âge dans la vie militante.</p>



<p>Les mémoires sont un genre où, souvent, l’égo, démesuré, se désigne comme le centre de gravité des événements dont l’auteur est témoin. Avec Harbi, la vanité laisse place à l’humilité qui fait les grands hommes. Car il s’agit moins de l’auteur dans ces mémoires que de l’Algérie et des malheurs qu’elle a traversés et dont elle continue de payer le prix fort aujourd’hui avec le sang de ses enfants.</p>



<p>Ce que Harbi nous donne à lire est d’abord un livre d’histoire où sont relatés des événements décisifs qui ont marqué l’évolution du mouvement de libération nationale, de la veille de l’insurrection de novembre 1954 à la crise de l’été 1962.</p>



<p>Le récit s’ouvre sur un tableau pittoresque et vivant de ce qu’était la société algérienne dans la région de Skikda, à travers une famille – les Harbi – dont l’auteur décrit les évolutions et les contradictions.</p>



<p>D’emblée, le lecteur prend la mesure du poids du système colonial dans la trajectoire individuelle de chacun, soit sur le plan de la mobilité, plus géographique que sociale, soit sur le plan politique. Le jeune Harbi, alors collégien, est en désaccord avec son père en raison de son engagement précoce dans la politique. Mais constatant que son fils n’abandonne pas ses convictions nationalistes, le père se résigne à un choix auquel il n’a pu s’opposer.</p>



<p>Responsable de la section du lycée qu’il fréquente, Harbi est déjà témoin des conflits au niveau central du mouvement national et qui ont des prolongements sur le plan local. Des conflits, il en connaîtra toute sa vie de militant. Il essaiera de s’en démarquer, ce qui paradoxalement l’affaiblit, car n’étant affilié à aucun clan, il sera vulnérable dans le climat de suspicion généralisé qui ne fera que s’accroître, au point <em>«où tout, jusqu’à des conversations entre amis, pouvait s’inscrire en actes d’accusation»</em> (p. 312).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conflictualité structurelle pour le leadership</h2>



<p>Au-delà des faits rapportés qui nourrissent la réflexion sur la genèse du système politique algérien, ce livre pose une question cruciale : Pourquoi le nationalisme algérien suscite tant de conflictualité en son sein alors qu’il est censé réunir dans la communion les militants autour de l’attachement au pays ? Une question subsidiaire vient à l’esprit du lecteur : Pourquoi un intellectuel militant comme Harbi n’a pas été un chef national comme l’ont été Krim Belkacem, Abdelhafid Boussouf, Houari Boumediene&#8230; ? L’auteur ne répond pas à ces questions, mais il met le lecteur sur des pistes d’analyse du mouvement national sur les plans idéologique, culturel, politique, et même sociologique et psychologique, en s’attardant sur un événement majeur qui aura des conséquences sur l’évolution ultérieure du pays : la crise du PPA-MTLD. Celle-ci, opposant Messali Hadj aux centralistes fidèles à la direction du parti, contient en elle les contradictions qui minent à ce jour le système politique algérien.</p>



<p>Ce qui était en jeu dans ce conflit, c’était le formidable potentiel de violence prêt à s’investir pour la libération du pays. Messali Hadj avait fait de ce potentiel un patrimoine privé dont il voulait disposer à sa guise. Il avait des atouts : il était le symbole de ce potentiel, il l’a incarné, mais en même temps, il se l’est approprié, confondant l’Algérie et son destin avec sa propre personne ; d’où le culte de la personnalité dont il était l’objet, en particulier de la part de militants intéressés de recevoir la légitimité par délégation des mains propres du leader ; cette même légitimité était revendiquée aussi par la direction du parti qui reprochait à son leader de court-circuiter les décisions prises en comité central, en mandatant personnellement des fidèles pour telle ou telle tâche sans en référer aux instances du parti.</p>



<p>Le <em>zaïm</em> (leader) refusait de se soumettre aux règles du parti qu’il présidait, préférant s’appuyer sur des fidélités personnelles reposant sur la mystique populiste et le respect sacré du chef qui dispensent ce dernier de rendre compte à la base. Le chef national gérait le potentiel de violence anticolonial en le thésaurisant, cherchant à l’accroître pour voir sa propre puissance grandir, comme s’il craignait de le perdre s’il venait à se déclencher.</p>



<p>A l’opposé, il y a le parti, représenté par ses cadres fonctionnant à la règle hiérarchique préfigurant la froide bureaucratie de l’administration d’Etat. La direction du parti n’était pas pressée, elle non plus, à appeler à l’action, préférant utiliser le potentiel de révolte comme atout dans la négociation avec l’administration coloniale pour n’avoir à jamais s’en servir tout en espérant obtenir quelques réformes et quelques sièges d’élus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La formation d’une armée-Etat</h2>



<p>Entre-temps, les clandestins du PPA, pourchassés par la police, s’impatientaient et étaient exaspérés par l’étalage public des désaccords. Ils décidèrent alors de passer à l’action un 1<sup>er</sup> novembre 1954.</p>



<p>Si Messali et les centralistes ont été dépassés par les clandestins qui ont déclenché l’insurrection, c’est parce que ces derniers ne se sont pas contentés de revendiquer le potentiel de violence révolutionnaire, ils l’ont sollicité, ils l’ont utilisé, ils l’ont déclenché, d’où leur succès. Ils ont créé une situation irréversible où il fallait choisir : pour ou contre le FLN créé par les clandestins sans autre alternative possible. Trop orgueilleux pour se rallier à eux, le <em>zaïm</em>, sans contact direct avec la réalité du terrain depuis plusieurs années, entreprit des actions qui allaient mettre fin à son mythe.</p>



<p>A partir de ce moment, le mouvement national va se militariser et sera peu à peu contrôlé par des militaires dont l’objectif est de constituer une armée classique qui formera l’ossature de l’Etat indépendant. Cela aura des conséquences qui marqueront irrémédiablement le système politique algérien plusieurs décennies après l’Indépendance.</p>



<p><em>«Si on veut vraiment comprendre le devenir de l’Algérie,</em> écrit Harbi,<em> c’est à la formation d’une armée-Etat qu’il faut se référer»</em> (p. 298).</p>



<p>La militarisation croissante de la révolution ne va pas pour autant faire cesser les conflits entre dirigeants ; au contraire, elle va les exacerber culminant dans l’assassinat de Abbane Ramdane.</p>



<p>La militarisation s’est faite au détriment des hommes politiques et des intellectuels, méprisés et soupçonnés de compromis avec la France coloniale, ce qui est un moyen commode de cacher l’inculture et la brutalité des mœurs devenues des valeurs distinctives de l’élite dirigeante. <em>«A l’exception notable du colonel Lotfi,</em> se souvient Harbi,<em> les chefs militaires dénigraient, dans leur discours, les `politiques’, l’esprit critique, le libre arbitre et la théorie»</em> (p. 264).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fonction comme patrimoine privé</h2>



<p>Harbi trace des tableaux psychologiques de responsables nationaux dont le comportement est révélateur de la volonté de puissance à laquelle fait pendant la tendance à la soumission des subordonnés, celle-ci n’étant le plus souvent qu’une ressource pour gravir les échelons de la responsabilité. <em>«Les gens avaient intériorisé le principe d’obéissance et ne semblaient pas prêts à réagir contre le recours à l’arbitraire dans la conduite des affaires publiques»</em> (p. 261).</p>



<p>Le respect servile de la hiérarchie du clan clientéliste, l’obéissance aveugle aux ordres même quand ils contreviennent à l’esprit de la révolution, la mystique du chef… ont alimenté les conflits parce qu’ils ont constitué des ressources inépuisables, chacun se taillant un fief et organisant un réseau de fidèles, et cherchant à contrôler le maximum de forces mobilisables contre l’occupant colonial pour s’imposer comme dirigeant national. La logique du mouvement poussait les officiers à se tailler <em>«des fiefs en s’appuyant sur des djounouds recrutés dans leur clan ou dans leur région»</em> (p. 271).</p>



<p>Au sommet, la compétition était féroce entre Belkacem, d’un côté, et Bentobbal et Boussof de l’autre. Ils seront cependant tous les trois évincés par le colonel Houari Boumediene dont l’ascension fulgurante a révélé qu’il était un fin stratège et un manipulateur d’hommes hors pair. Sans avoir de passé dans le PPA-MTLD, sans être un maquisard de l’intérieur, il est arrivé à écarter Boussof, dont il a été l’adjoint, Belkacem dont il a été le subordonné en sa qualité de ministre de la Guerre, et enfin le GPRA dont il dépendait institutionnellement.</p>



<p>Houari Boumediene, qui a intronisé Ahmed Ben Bella en s’emparant du pouvoir en 1962, a été un chef politique redoutable à qui cependant il a manqué, pour être un homme d’Etat, la culture de la citoyenneté qui fonde la communauté politique sur le concept de sujet de droit et sur les valeurs de respect des individus. Cette faiblesse renvoie cependant à la société algérienne dominée par un populisme apolitique, et Harbi a vu juste en rappelant l’état de développement culturel et social de l’Algérie à majorité rurale. Sans justifier les erreurs et les violences commises par les responsables, il ne faut pas oublier, dit-il, que <em>«la résistance, par son matériau rural, s’est faite avec un héritage intellectuel et culturel peu favorable à la modernité et la démocratie»</em> (p. 297). Ce qui signifie aussi que l’élite dirigeante (Abdelaziz Bouteflika, Chadli Bendjedid, Liamine Zeroual, Belaïd Abdeslam, Chérif Messaadia…) n’a pas la capacité intellectuelle pour mener le pays vers la construction de l’Etat de droit et vers le développement économique et social dont ils n’ont pas la moindre idée.</p>



<p>Ce qui caractérise cette caste, pour qui la révolution a été un ascenseur social dont ils ont usé et abusé, c’est la soif insatiable du pouvoir. <em>«Depuis l’élimination de Abbane,</em> écrit Harbi, <em>ces chefs se sont constitués en club fermé, selon des conceptions qui ne correspondent pas aux impératifs de la formation d’une nation ; et ils considéraient leur fonction comme partie intégrante de leur patrimoine personnel. J’ai ainsi entendu Bentobbal déclarer le 5 février 1961, lors d’une conférence aux cadres à Tunis : `celui qui veut le pouvoir n’a qu’à prendre le fusil pour nous l’enlever’»</em> (p. 359). Phrase prémonitoire qui ouvre le champ à la violence qui endeuille aujourd’hui tant de familles. Logique implacable qui a mené des décennies plus tard, l’Etat à la faillite totale et à la rupture complète avec la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le détournement de la cause nationale</h2>



<p>Finalement, Harbi nous invite à réfléchir sur les limites du nationalisme algérien exprimé par des hommes porteurs d’une culture politique de désespoir, faite de convictions nationalistes et de valeurs communautaires qui glorifient le groupe, défini selon les circonstances, et qui censurent l’individu soupçonné de mettre en danger l’unité de la communauté.</p>



<p>C’est ainsi que la liberté d’expression est perçue comme une rébellion et la critique, fut-elle constructive, comme un dénigrement de responsables.</p>



<p>Les déboires de Harbi avec l’Etat-Major Général, qui l’a accusé de fractionnisme, sont révélateurs de l’absence de confiance dans les militants qui ne font pas allégeance aux chefs et aux sous-chefs. Ali Mendjeli et Kaid Ahmed ont le mieux exprimé cette logique qui broie toute résistance à la mystique populiste incarnée par leur chef, Houari Boumediene. Ils étaient prêts à tuer des Algériens en chair et en os pour sauver leur propre idée abstraite de l’Algérie à laquelle ils s’identifiaient. Exprimer un avis différent de celui de Kaid Ahmed, de Ali Mendjeli ou de Houari Boumédiène, c’était trahir l’Algérie et donc mériter la mort. Ces responsables se sont arrogé un pouvoir exorbitant sur leurs compatriotes sous prétexte qu’ils sont les seuls patriotes.</p>



<p>Aucun Etat ne peut se construire sur une telle culture qui fait du chef le dépositaire exclusif du bien commun, soupçonnant tous les autres de porter atteinte au pays. Ce n’est pas la sincérité dans l’engagement de ces responsables qui est en cause ; mais un chef vit son engagement à partir de sa personne et donc de ses intérêts personnels, dont il croit inconsciemment qu’ils sont conformes aux intérêts du pays.</p>



<p>Tous les responsables du mouvement national, de Messali Hadj à Houari Boumediene, ont glissé du rôle de militant de la cause nationale à celui de propriétaire de celle-ci. C’est là que s’opère le premier détournement du bien commun, et qui trouvera son prolongement dans l’Etat indépendant, dans la privatisation du pouvoir qui, par définition, est une institution publique. Ce qui manque le plus à l’élite issue de la révolution, c’est la culture et la conviction du caractère public de l’autorité, fondement indispensable à l’Etat de droit.</p>



<p>La désignation de Bouteflika comme Président de la République après 20 ans de tourisme, le retour de Messaadia après 15 de vacances aux frais de l’Etat, attestent si besoin est, que pour cette caste, l’Etat algérien est leur bien immobilier dont il faut juste espérer qu’ils ne le vendront pas un jour pour aller s’installer en Suisse.</p>



<p>Si le pouvoir n’est pas public, s’il n’est pas institutionnellement protégé contre l’arbitraire et l’abus, il ne peut y avoir de modernité politique, et donc de développement, dont il faut rappeler qu’il est intrinsèquement lié à dé-privatisation du pouvoir.</p>



<p>La révolution algérienne contenait en elle-même une formidable force mécanique, mais il lui a manqué les valeurs de respect de l’individu et de l’autorité publique pour déboucher sur un Etat de droit.</p>



<p>Le livre de Harbi devrait être lu par le maximum d’Algériens dans les villes et villages à des fins de thérapie collective, ce qui aiderait probablement à sortir de la tragédie nationale qui a résulté des limites idéologiques de notre nationalisme.</p>



<p>Par cet ouvrage, Harbi a fait une seconde contribution à son pays, en tant que militant et en tant qu’intellectuel engagé.</p>



<p>Je voudrais terminer par une note optimiste : rien n’est encore perdu dans une société qui donne naissance à des militants et intellectuels comme Mohamed Harbi.</p>



<p><em>* Universitaire. </em></p>



<p>** <em>Le titre et les intertitres sont de la rédaction. </em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AzTnQE0QAJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/">La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/embed/#?secret=iRj5Hn3GBO#?secret=AzTnQE0QAJ" data-secret="AzTnQE0QAJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Habib Kazdaghli présente à Marseille son ouvrage sur l’histoire des juifs en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 10:56:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Kazdaghli]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[minorités]]></category>
		<category><![CDATA[narrations nationales]]></category>
		<category><![CDATA[régime de la dhimma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La librairie Transit de Marseille a accueilli l’historien tunisien Habib Kazdaghli pour la présentation de son ouvrage ‘‘Les Juifs, nos frères en la patrie’’.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/30/habib-kazdaghli-presente-a-marseille-son-ouvrage-sur-lhistoire-des-juifs-en-tunisie/">Habib Kazdaghli présente à Marseille son ouvrage sur l’histoire des juifs en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mercredi 29 janvier 2025, la librairie Transit de Marseille a accueilli l’historien tunisien <strong>Habib Kazdaghli</strong></em></strong><em> <strong>pour la présentation de son ouvrage ‘‘Les Juifs, nos frères en la patrie’’</strong></em><strong><em> (préfacé par <strong>Lucette Valensi, éditions Santillana, Tunis 2025</strong>). La rencontre a permis au public de découvrir une approche novatrice de l’histoire des minorités dans les pays musulmans autour de la Méditerranée.</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-15353363"></span>



<p>Les communautés minoritaires des pays musulmans ont souvent été étudiées à travers le prisme de leurs propres descendants ou de chercheurs adoptant une perspective ethno-religieuse cloisonnée. Ces travaux, bien que riches, avaient tendance à isoler chaque groupe sans le mettre en relation avec ses voisins. De plus, l’histoire de ces communautés était fréquemment présentée sous un prisme victimaire, insistant sur l’oppression subie, d’abord sous le régime de la&nbsp;<em>dhimma</em>, puis dans des États modernes pratiquant la discrimination et l’exclusion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un regard historique audacieux</h2>



<p>Les historiens des narrations nationales, quant à eux, ont généralement minimisé ou ignoré la place de ces minorités dans l’histoire des pays majoritairement musulmans.</p>



<p>Habib Kazdaghli, historien tunisien de tradition musulmane, rompt avec cette approche. Son travail ne vise pas à embellir ou à réécrire l’histoire, mais à la recomposer en intégrant pleinement les minorités dans le récit national.</p>



<p>En inscrivant l’histoire des minorités – et notamment celle des Juifs de Tunisie – dans l’histoire nationale, il met en lumière la richesse du passé tunisien. Comme il le souligne : <em>«</em><em>La Tunisie a vu défiler sur son sol des Berbères, des Phéniciens, des Arabes, des Juifs, des Andalous, des Maltais, des Siciliens, des Français. La Tunisie est un creuset de rencontres entre l’Orient et l’Occident. C’est un travail de recherche rigoureux qui a mis en lumière des dimensions culturelles, sociales et économiques qui, au fil des siècles, ont contribué à façonner l’identité tunisienne. Et je mets en valeur la présence </em><em>juive en Tunisie.</em><em>»</em></p>



<p>Cette approche brise un tabou en intégrant les minorités dans la mémoire collective nationale, au-delà des frontières religieuses et ethniques.</p>



<p>L&rsquo;importance de cette démarche a d’ailleurs été mise en avant par <em>Kapitalis</em>, qui a consacré un article au livre ‘‘<em>Les Juifs, nos frères en la patrie’’</em> sous le titre <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/28/habib-kazdaghli-et-lidentite-plurielle-de-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Habib Kazdaghli et l’identité plurielle de la Tunisie»</em></a>, publié le 28 novembre 2024. Cet article souligne le rôle fondamental de l’historien dans la redécouverte et la valorisation de la diversité qui a façonné la Tunisie au fil des siècles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un échange enrichissant avec le public</h2>



<p>Après la présentation de son ouvrage, Habib Kazdaghli a répondu aux nombreuses questions du public. Parmi les points abordés, il a insisté sur un enjeu fondamental du métier d’historien : la surveillance exercée à la fois par les autorités religieuses et politiques. Il a rappelé que les historiens, en particulier ceux qui s’intéressent aux minorités et aux récits alternatifs, sont souvent confrontés à des pressions qui cherchent à orienter ou à limiter leur travail.</p>



<p>Cette tension entre la quête de vérité historique et les contraintes imposées par le pouvoir ou les dogmes religieux est un défi constant dans les sociétés contemporaines. Habib Kazdaghli a souligné que son travail repose sur des recherches de terrain rigoureuses, menées avec une démarche académique qui vise à dépasser ces pressions et à offrir une lecture objective et documentée du passé.</p>



<p>L’échange s’est terminé par une séance de dédicaces, permettant aux participants de prolonger la discussion avec l’auteur et d’acquérir un exemplaire personnalisé de son ouvrage.</p>



<p>Cette soirée à la librairie Transit a offert une réflexion précieuse sur l’histoire des minorités et leur place dans les récits nationaux. Elle a également mis en avant l’importance d’une historiographie ouverte et inclusive, qui dépasse les cloisonnements identitaires pour proposer une lecture plus nuancée du passé.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VYAtLnUnnV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/28/habib-kazdaghli-et-lidentite-plurielle-de-la-tunisie/">Habib Kazdaghli et l&rsquo;identité plurielle de la Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Habib Kazdaghli et l&rsquo;identité plurielle de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/28/habib-kazdaghli-et-lidentite-plurielle-de-la-tunisie/embed/#?secret=5OKzwqkVey#?secret=VYAtLnUnnV" data-secret="VYAtLnUnnV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Rencontre avec l’historien franco-tunisien Hédi Saidi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/15/rencontre-avec-lhistorien-franco-tunisien-hedi-saidi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jan 2024 11:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bilel Saoudi]]></category>
		<category><![CDATA[faculté de La Manouba]]></category>
		<category><![CDATA[Hédi Saïdi]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie contemporaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec l’historien Hédi Saidi à L’Institut supérieur de l’histoire de la Tunisie contemporaine,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/15/rencontre-avec-lhistorien-franco-tunisien-hedi-saidi/">Rencontre avec l’historien franco-tunisien Hédi Saidi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Institut supérieur de l’histoire de la Tunisie contemporaine organise mercredi 17 janvier 2024 à son siège au Campus universitaire La Manouba une rencontre avec l’historien Hédi Saidi, un auteur qui fascine autant qu’il intrigue.</em></strong></p>



<span id="more-11256501"></span>



<p>Socio-historien, Hédi Saïdi parlera de l’écriture et de la relecture de l’histoire, de la criminalisation du passé, de la victimisation et ses nouveaux héros, de la guerre des mémoires. Il parlera aussi de la laïcité et des médias. Comment penser ce monde qui se déchire? Comment l’histoire peut-elle donner un éclairage sur les violences? Comment grandir en humanité? Il interviendra au titre d’auteur sur l’immigration d’une part, d’enseignant-chercheur en sciences sociales d’autre part, enfin en tant que responsable associatif en France.</p>



<p>La rencontre sera animée par le professeur Bilel Saoudi.</p>



<p>Hédi Saïdi est maître de conférences en histoire contemporaine, président-fondateur de l’Association jeunesse-intégration-solidarité républicaines et président du Forum régional contre les discriminations et pour une nouvelle citoyenneté depuis 2003. Il est membre de la cellule académique de veille contre les discriminations et le repli identitaire de l’Académie de Lille depuis 2004 et membre de Team Europe (Commission européenne).</p>



<p>Né le 10 décembre 1957 à Enfida, Hédi Saïdi, est un agrégé d&rsquo;histoire, universitaire et chercheur franco-tunisien. Depuis 2012, il dirige la collection «Diversités» aux éditions L’Harmattan-Paris. Membre du comité rédaction des <em>Cahiers d’Histoire</em>, revue d’histoire critique-Paris, il est spécialiste d’histoire coloniale de la Tunisie, de la mémoire de l’immigration et d’interculturalité. Il a publié <em>Rapports colons-colonisés en Tunisie 1880-1919. L&rsquo;exemple de Dar Elbey (Enfidha), éd. Farjallah, Sousse, 2003; L’immigration et les discriminations en débats</em>, éd. La Voix du Nord, Lille, 2005; <em>Discriminations et mémoires, quelles histoires ?</em>, éd. Le Geai Bleu, Lille, 2006; <em>Mémoire de l&rsquo;immigration et histoire coloniale</em>, éd. L’Harmattan, Paris, 2007; <em>Les étrangers en France et l’héritage colonial. Processus historiques et identitaires</em>, éd. L&rsquo;Harmattan, Paris, 2007; <em>La Tunisie oubliée&#8230; Une immigration face au colonialisme</em>, éd. Le Geai Bleu, Lille, 2008; <em>Savoirs critiques et recherches historiques. Pour quels usages?</em>, éd. L’Harmattan, Paris, 2015; et <em>Mémoire forcée et Histoire difficile</em>, Publications de Leric et de l&rsquo;Université de Sfax (Tunisie), 2020.</p>
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		<title>Adieu Mounira Chapoutot, tu nous manqueras beaucoup !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/adieu-mounira-chapoutot-tu-nous-manqueras-beaucoup/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Oct 2023 05:53:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdeljalil Bouguerra]]></category>
		<category><![CDATA[Azzedine Guellouze]]></category>
		<category><![CDATA[Beit Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mounira Chapoutot-Remadi]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Comar]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une grande figure des lettres vient de nous quitter après un long combat contre la maladie. Mounira Chapouot née Remadi. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/adieu-mounira-chapoutot-tu-nous-manqueras-beaucoup/">Adieu Mounira Chapoutot, tu nous manqueras beaucoup !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>C’est une grande figure des lettres qui nous a quittés dimanche 22 septembre 2023 après un long combat contre la maladie. Mounira Chapoutot née Remadi était une historienne de renom qui a formé plusieurs générations de ses collègues ayant exercé à l’université tunisienne et à l’étranger.</em></strong></p>



<span id="more-10242240"></span>



<p>Spécialiste de l’histoire du moyen-âge, la défunte a fait tout son cursus en langue française, en Tunisie et en France, avant d’apprendre l’arabe pendant deux ans en Syrie pour pouvoir se spécialiser dans l’étude du moyen-âge (ou de la période classique) islamique et particulièrement l’histoire d’Ibn Khardoun dont l’œuvre a fait l’objet de plusieurs de ses écrits, selon le témoignage de son ancien élève et ex-collègue Abdeljalil Bouguerra.</p>



<p>Mounira Chapoutot Remadi était membre du conseil scientifique de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit Al-Hikma et dirigea longtemps la section des sciences humaines et sociales à la Faculté du 9-Avril à Tunis (future Faculté des lettres, des arts et des humanités après son transfert à la Manouba). Elle fut aussi membre de plusieurs jurys de prix scientifiques et littéraires, notamment du Prix Comar du roman tunisien pendant plusieurs années, car en plus de sa vocation académique, elle était également une fine lectrice dotée d’une grande connaissance des littératures du monde. Elle reçut elle-même plusieurs distinctions, décorations et prix dont, sans doute le plus cher à son cœur, celui d’Ibn Khaldoun pour le développement des études et recherches en sciences humaines et sociales en Méditerranée, en 2016.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tahar Bekri&nbsp;: «Une lampe dans la nuit éternelle»</h2>



<p>Plusieurs des anciens amis et collègues de la défunte se sont exprimés hier soir sur sa mort dans des postes sur les réseaux sociaux, notamment le poète, écrivain et universitaire Tahar Bekri, qui a écrit : <em>«Les années soixante-dix à l’Université de Tunis me reviennent. Présente, engagée, lucide et vraie démocrate, l’Histoire bonne conseillère. Je l’avais au téléphone ces derniers mois, elle préparait un album sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/20/in-memoriam-azzedine-guellouz-un-penseur-des-lumieres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Azzedine Guellouz</a>. Nos discussions pouvaient durer longtemps, avec sa grande culture, ses connaissances précises, historiques et culturelles. Toujours aimable, attentive, courtoise, ouverte moderniste, progressiste, sans excès. Nos avons bien des amis communs et des souvenirs en partage. Membre de l&rsquo;Académie Beit al Hikma, elle souhaitait me faire inviter, littéraire elle était, membre du jury Comar. Femme des lumières, femme de lumière, toujours entre deux projets, contrariée parfois. Professeur, beaucoup furent ses étudiants, beaucoup lui sont reconnaissants.»</em> et de conclure : «Je perds une amie nouvelle, connue depuis longtemps, que la paix soit douce à son âme, à son époux, leur fils et leur fille mes condoléances émues, compassion et consolation, aux siens et aux nôtres, ses écrits pour guider l’esprit, son souvenir comme une lampe dans la nuit éternelle.»</p>
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		<title>‘‘L’Histoire’’ : Carthage, Saint-Augustin, Ibn Khaldoun et le déterminisme de l’Histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Oct 2022 07:40:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arnold Toynbee]]></category>
		<category><![CDATA[Carthage]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Ibn Khaldoun]]></category>
		<category><![CDATA[Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[religions]]></category>
		<category><![CDATA[Rome]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Augustin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La connaissance de l’Histoire, pour biaisée qu’elle soit, demeure salutaire pour éviter les erreurs qui en ont émaillé le cours, grâce au sens critique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/09/lhistoire-carthage-saint-augustin-ibn-khaldoun-et-le-determinisme-de-lhistoire/">‘‘L’Histoire’’ : Carthage, Saint-Augustin, Ibn Khaldoun et le déterminisme de l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La connaissance de l’Histoire, pour biaisée qu’elle soit, demeure salutaire pour éviter les erreurs qui en ont émaillé le cours, grâce au sens critique, sans jamais perdre de vue l’effet du temps et l’ingratitude des mémoires. La relecture de ‘‘L’Histoire’’, le célèbre essai de l’historien des civilisations britannique Arnold Toynbee, le prouve, y compris par ses parti-pris, ses silences et ses oublis.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-4458888"></span>



<p>L’Histoire a-t-elle un sens, une direction, une signification, ainsi que l’ont signifié les deux tunisiens, St Augustin et Ibn Khaldoun? Selon Arnold Toynbee, dans la perspective occidentale chrétienne qu’il partage, la réponse ne fait aucun doute. Son œuvre monumentale analyse la naissance, la croissance, l’apogée, le déclin, la mort, la renaissance, l’influence mutuelle des civilisations, en s’inspirant des nombreux exemples qui jalonnent le cheminement historique de l’humanité.</p>



<p>C’est là, à tout&nbsp;le&nbsp;moins, la vision d’un biologiste analysant un organisme vivant, sa création, et essayant d’en prévoir&nbsp;autant la fin que le cheminement des gènes dans les cellules d’autres êtres vivants. Et on peut comprendre qu’à l’époque actuelle un&nbsp;Yuval&nbsp;Harari ait pu envisager le cheminement de l’humanité selon une perception informatique, celle&nbsp; des échanges d’informations et des algorithmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Occident hellénique et cultures barbares</h2>



<p>Mais Toynbee, un sujet britannique, a réalisé son effort de réflexion avant la désintégration de l’Union Soviétique, et l’accession de la Chine à l’économie de marché. Cependant l’intérêt n’en est pas altéré, bien au contraire. Si l’hypothèse d&rsquo;une alternative chinoise à la civilisation mercantile occidentale que le cours chaotique du Maoïsme avait laissé entrevoir dans les années 60 du siècle dernier, fait aujourd’hui sourire, le travail de synthèse de l&rsquo;historien, à la recherche de repères dans le cheminement du temps, est impressionnant.</p>



<p>Le temps et la mémoire sont les domaines dans lesquels le travail de recherche réalise un tri afin de déterminer ce qui est utile, ce qui est conforme aux normes mentales du chercheur, issues de l’éducation, du champ culturel, de ce qui ne l’est pas. Et en agissant ainsi l’historien s’expose inévitablement à la critique, celle de ne pas être objectif, mais peut-on lui faire grief de se faire ainsi le reflet de sa propre personnalité?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DTihmx14Rq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=n42qFa7q2b#?secret=DTihmx14Rq" data-secret="DTihmx14Rq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>De surcroît,&nbsp;étant spécialiste de la Grèce et de Byzance, il était presque inévitable que ce que Toynbee a appelé hellénisme en constitue la référence principale. Cependant le concept d’hellénisme est indubitablement une frontière, une de plus, établie par les Grecs depuis Marathon, puis l’Occidental qui prétend en hériter, contre les autres cultures, celles barbares évidemment, dont d’emblée tous deux se distinguent par leur refus d’en faire partie. Et les opinions de Toynbee relativement aux différentes manières dont une civilisation militairement vaincue triomphe de ses vainqueurs n’est que le reflet de cette inquiétude de l’immigration que l’anglais impérialiste témoigne vis-à-vis de la reconstitution à l’intérieur de l’espace&nbsp;de la souveraineté, des communautés exogènes et de leur culture, dont selon lui, l’Etat inévitablement ne pourra venir à bout.</p>



<p>C’est une perspective semblable qui a plus tard conduit au Brexit. Mais face à l’Hellénisme des Macédoniens puis des Romains, l’historien distingue les civilisations qu’il qualifie de syriennes, toutes celles qui ont éclos&nbsp;entre la Méditerranée, les limites sud du plateau anatolien et de l’Arménie, l’Est des monts Zagros du plateau iranien, et le nord du désert d’Arabie. Elle englobe ainsi le Cham&nbsp;(Syrie, Palestine, Liban, Jordanie) et la Mésopotamie. Mais peut-on comparer Jérusalem à Babylone?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Religions et civilisations </h2>



<p>En réalité, le concept de civilisation syrienne est surprenant. A&nbsp; première vue, elle peut être considérée comme une variante de la civilisation mère mésopotamienne, mais elle occulte la Phénicie et Carthage, parce qu’elle&nbsp;met en lumière Judah et Israël, annonçant l’arrivée du christianisme puis de l’islam.</p>



<p>Il est intéressant de constater que ces deux grandes religions monothéistes ne sont pour l’historien qu’un même emprunt de l’hellénisme à la civilisation syrienne, même si la classification des catégories civilisationnelles dans ce livre se base fondamentalement sur le fait religieux.</p>



<p>C’est là déjà une relativisation de l&rsquo;antagonisme islamo-chrétien, surprenante de la part d’un auteur britannique héritier des croisades et de Richard Cœur de Lion, mais néanmoins louable, même si le culte et le crédo chrétiens ont plus à voir avec ceux qui avaient cours dans la Rome païenne.</p>



<p>Quant au fait juif dans l’historiographie occidentale, l’évocation de l’introduction des lois issues de l’Ancien Testament dans le Codex de Justinien de l’Empire Byzantin est déjà&nbsp;un autre sujet d’étonnement dont il est difficile d’évaluer les conséquences. On aura beau arguer de la longévité du judaïsme, ne faut-il pas l’envisager à la lueur du triomphe des religions dont il a été l’une des principales sources d’inspiration? Et-ce&nbsp; là l’opinion d’un chrétien protestant ? Et ce destin exceptionnel supposé n’est-il pas l’émanation de l&rsquo;esprit d&rsquo;un protestant anglican?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="skzC21ptFz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/">Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/embed/#?secret=Om7fqWfDz0#?secret=skzC21ptFz" data-secret="skzC21ptFz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On pourra par ailleurs remarquer la place démesurée qu’il accorde au Bouddhisme Mahayana simplement du fait de sa diffusion en Chine, alors qu’il est loin d’y constituer&nbsp;le fait social déterminant. Mais c&rsquo;est toujours les mêmes choix de l’historien qui se manifestent ainsi; le bouddhisme est important parce qu’il a selon lui servi de véhicule à l’hellénisme en Asie, dont la preuve est constituée par la diffusion d’une esthétique artistique de synthèse gréco indienne jusqu’aux confins de la Chine.</p>



<p>Dans toute cette construction intellectuelle, l’Iran, dont l’auteur reconnaît tout de même au Zoroastrisme un rôle déterminant dans l’élaboration de l’eschatologie juive, est singulièrement absent. Et on ignorera toujours son influence, ainsi que celle de l’Inde, dans l&rsquo;élaboration du stoïcisme qui a tant influencé le monothéisme, et de l’épicurisme, cette philosophie de la jouissance qui n’est pas sans rappeler le tantrisme hindou et qui est à la base du matérialisme athée occidental à l&rsquo;origine du modernisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La place et le rôle de Carthage occultés</h2>



<p>Enfin, la dernière remarque qu’on pourra faire c’est évidemment le rôle de Carthage dans l’Histoire, totalement occulté. Carthage fut une cité marchande, la plus importante parmi toutes, établie par les Phéniciens avec à sa tête un sénat et des institutions et qui disposait d’une marine importante avant même l’ascension&nbsp;de Rome. Et les Phéniciens ayant diffusé leur alphabet dans tout le monde connu, il n’est pas interdit de penser qu&rsquo;ils eussent constitué les professeurs de la civilisation grecque, tout&nbsp;comme les Grecs le furent pour les Romains.</p>



<p>Pourtant c’est uniquement en tant qu’ennemie&nbsp;de Rome que Carthage est passée à la postérité par le biais des auteurs latins, même si l’auteur de sa destruction, Scipion l’Emilien, avait pleuré en pensant à l’avenir de Rome. Mais si l’hellénisme est demeuré aussi important dans l’historiographie occidentale c’est peut-être parce que les Grecs, les Romains, et leurs héritiers, les Occidentaux, ont tenu à narrer les faits de leurs temps, selon leur vision de l’Homme, et une narration semblable dans les civilisations rivales, en particulier celle de Carthage, a été sans doute perdue, ou occultée.</p>



<p>Rien ne prouve que l’Histoire n’ait été le plus souvent que le résultat aléatoire de batailles gagnées ou perdues sur des détails insignifiants comme Zama, ou à ce qu’on dit, celles de Poitiers (732 et 1356) ou encore Waterloo. Rien ne dit que l’Histoire aille toujours dans le sens de ce que l’on nomme progrès ou civilisation.&nbsp;Les dégâts environnementaux irréversibles et le spectre de l’holocauste nucléaire doivent nous rappeler l’anéantissement de tous ceux qui se sont pris pour des Dieux dans la mythologie grecque.</p>



<p>Il est opportun de se remémorer ce verset&nbsp;du Coran qui a hérité de la Bible sa lecture déterministe du cheminement historique où Dieu annonce aux Anges sa décision d’installer sur terre un Représentant&nbsp;(Calife), autrement dit l’être humain; ces derniers demandent pourquoi il installerait&nbsp;celui qui y ferait le mal et ferait couler le sang et Dieu répond&nbsp;qu’il sait ce qu’ils ignorent. Autrement dit,&nbsp;le savoir est ce bien supérieur qui légitime la prééminence de l’être humain et rend le mal et l’effusion de sang dérisoires, quand il ne les prévient&nbsp;pas. La connaissance&nbsp; de l’Histoire, pour biaisée qu’elle soit, demeure donc salutaire pour éviter les erreurs qui en ont émaillé le cours, grâce au sens critique, sans jamais perdre de vue l’effet du temps et l’ingratitude des mémoires.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘L&rsquo;histoire’’, essai de Arnold Toynbee, traduit de l’anglais par Jacques Potin et Pierre Buisseret, éditions Payot, Paris, 3 janvier 1996 714 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/09/lhistoire-carthage-saint-augustin-ibn-khaldoun-et-le-determinisme-de-lhistoire/">‘‘L’Histoire’’ : Carthage, Saint-Augustin, Ibn Khaldoun et le déterminisme de l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Forbes Middle East : Najla Bouden et Ons Jabeur parmi les 5 femmes arabes entrées dans l&#8217;Histoire en 2021</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/05/forbes-middle-east-najla-bouden-et-ons-jabeur-parmi-les-5-femmes-arabes-entrees-dans-lhistoire-en-2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Feb 2022 20:13:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[5 femmes arabes]]></category>
		<category><![CDATA[Forbes Middle East]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
		<category><![CDATA[Ons Jabeur]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisiennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux Tunisiennes ont décroché une place dans les classement Forbes Middle East des 5 femmes arabes entrées dans l&#8217;histoire en 2021 : La cheffe du gouvernement Najla Bouden et la joueuse de tennis Ons Jabeur. «De la politique au sport professionnel, 2021 a été une autre année marquante pour les femmes arabes», commente le magazine...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Bouden-Jabeur.jpg" alt="" class="wp-image-379785"/></figure></div>



<p><strong><em>Deux Tunisiennes ont décroché une place dans les classement <a href="https://www.forbesmiddleeast.com/leadership/women-leaders/5-arab-women-who-made-history-in-2021" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Forbes Middle East</a> des 5 femmes arabes entrées dans l&rsquo;histoire en 2021 : La cheffe du gouvernement Najla Bouden et la joueuse de tennis Ons Jabeur.</em></strong></p>



<span id="more-379780"></span>



<p>«<em>De la politique au sport professionnel, 2021 a été une autre année marquante pour les femmes arabes»</em>, commente le magazine ce samedi 5 février 2022, en rappelant que Najla Bouden est devenue la première femme cheffe du gouvernement en Tunisie en septembre 2021.</p>



<p><em>«Bouden est également la première femme à occuper le poste de chef de gouvernement d&rsquo;un pays arabe. Le pays d&rsquo;Afrique du Nord s&rsquo;est classé troisième en termes d&rsquo;égalité de genre dans la région MENA en 2021, selon le Forum économique mondial»</em>. lit-on encore dans l&rsquo;article qui rappelle, <em>«qu&rsquo;avant sa nomination historique»,</em> Najla Bouden, (docteure en géologie et professeure à l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT) de son état), a occupé le poste de responsable de la mise en œuvre du programme de la Banque mondiale au ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Jabeur-Bouden.jpg" alt="" class="wp-image-379783" width="500"/></figure></div>



<p>Quant à Ons Jabeur, Forbes Middle East rappelle que <em>«2021 a été une année de nombreuses premières pour la star tunisienne du tennis»,</em>  devenue la première Arabe à jouer et à remporter le Championnat du monde de tennis de Mubadala en décembre 2021.</p>



<p>En juin, Jabeur est devenue la première femme tunisienne et arabe à remporter un titre en simple à l&rsquo;Open de Birmingham,  et elle est également devenue la première joueuse arabe à atteindre le Top 10 du classement du simple WTA en octobre 2021, qu&rsquo;elle a maintenu au 3 janvier 2022, ajoute encore Forbes Middle East en rappelant que cette même année, la championne tunisienne de 27 ans a figuré dans le classement  des jeunes talents les plus inspirants et les plus brillants des moins de 30 ans.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/FME-713x1024.jpg" alt="" class="wp-image-379788" width="500"/></figure></div>



<p>Dans ce <a href="https://www.forbesmiddleeast.com/leadership/women-leaders/5-arab-women-who-made-history-in-2021" target="_blank" rel="noreferrer noopener">classement</a> on retrouve également l&rsquo;astronaute émiratie Nora Al Matrooshi ainsi que la Palestinienne Mona Ataya et l&rsquo;Irakienne Leena Kahlail cofondatrices de la société de commerce électronique Mumzworld.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/05/forbes-middle-east-najla-bouden-et-ons-jabeur-parmi-les-5-femmes-arabes-entrees-dans-lhistoire-en-2021/">Forbes Middle East : Najla Bouden et Ons Jabeur parmi les 5 femmes arabes entrées dans l&rsquo;Histoire en 2021</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie-Sihem Bensedrine : Une forcenée dans la ville</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/25/tunisie-sihem-bensedrine-une-forcenee-dans-la-ville/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Mar 2018 13:29:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Instance Vérité et Dignité]]></category>
		<category><![CDATA[juges]]></category>
		<category><![CDATA[justice transitionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
		<category><![CDATA[Sihem Bensedrine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sihem Bensedrine: la haine et la hargne chevillées au corps.  La nomination de Sihem Bensedrine, une juge autoproclamée aux pratiques douteuses (et onéreuses), à la tête de la justice traditionnelle en Tunisie, est plus qu’une maladresse, un crime inexpiable. Explications… Par Yassine Essid Méfiez-vous des populistes de gauche, des gauchistes repentis, des victimes des dictatures,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-53475" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/06/Sihem-Bensedrine.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Sihem Bensedrine: la haine et la hargne chevillées au corps. </em></p>
<p><em><strong>La nomination de Sihem Bensedrine, une juge autoproclamée aux pratiques douteuses (et onéreuses), à la tête de la justice traditionnelle en Tunisie, est plus qu’une maladresse, un crime inexpiable. Explications…</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Yassine Essid</strong></p>
<p><span id="more-145398"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-118739 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" width="200" height="250" />Méfiez-vous des populistes de gauche, des gauchistes repentis, des victimes des dictatures, des suppliciés des tyrans, des faux égalitaristes, des amis des pauvres, des idéologues des révolutions ratées, des défenseurs des justes causes, des altruistes invétérés, des ascètes pénitents, des hostiles à l’ordre établi, des tartufes de dévouement et de fidélité, des faux dévots et des vertueux islamistes lorsqu’ils se hissent au pouvoir, car ils possèdent, tous, cette qualité rare de changer si facilement de principes au point de devenir méconnaissables, abdiquant toute résistance aux privilèges!</p>
<h3>La hargne des chiens qui cherchent leur nourriture</h3>
<p>C’est que leurs comportements, naguère si discrets, leurs ambitions, anciennement si respectables, et leur militantisme, réputé si virulent, ne leur avaient jamais conféré ni droits, ni avantages matériels ou honorifiques.</p>
<p>Une fois titulaires d’une haute fonction publique, bénéficiant d’avantages et de revenus subitement très élevés, parfois au-delà du raisonnable, ils oublient complètement les habitudes partisanes qu’ils ont acquises par le passé. S’adaptent, avec une facilité déconcertante, aux nouvelles conjonctures, ils n’ont plus rien à voir aujourd’hui avec ce qu’ils étaient hier, oublient leur misère passée, les sacrifices consentis pour la défense de la liberté et de la justice, pour se complaire dans la compagnie d’un establishment politique qui aura perdu progressivement le sens des réalités.</p>
<p>Ils se ruent alors, avec la hargne des chiens qui cherchent leur nourriture dans les détritus des ruelles abandonnées, contre tous ceux qui entreprennent de les rappeler à la décence.</p>
<p>Sihem Bensedrine est de cette trempe. Une fois nommée présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), une instance dont la vocation est de croire à ce qui est juste et de restituer aux victimes des régimes répressifs la fierté et le respect dont ils ont été spoliés, son éminence se mit à commettre impair sur impair.</p>
<p>Le plus mémorable des impairs est incontestablement sa singulière équipée matinale du 26 décembre 2014, lorsqu’elle arriva au palais de Carthage escortée par six gros camions de déménagement, dans le but de saisir l’ensemble des archives présidentielles.<br />
Le général chargé de la sûreté leur interdit l’accès au palais et renvoya ce corps expéditionnaire à ses campements.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-55446" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/06/Rached-Ghannouchi-et-Sihem-Bensedrine.jpg" alt="" width="500" height="300" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>L&rsquo;inquisitrice en chef a choisi son camp, celui des islamistes et de leur chef Ghannouchi.</em></p>
<h3>Archiviste générale et cheffe inquisitrice</h3>
<p>Ainsi, forte de sa notoriété, protégée par son immunité, couverte par son impunité totale, Bensedrine s’était autoproclamée archiviste générale du pays. Il faut dire que cette vocation, elle la doit au bienveillant et irresponsable ministre de l’Intérieur du lendemain de la révolution de 2011, Farhat Rajhi. C’est là qu’elle s’initia à l’archivistique pseudo-révolutionnaire qui a coûté au pays le démantèlement des services de renseignement et c’est ainsi qu’elle contribua, avec d’autres, à la libération du chef d’Ansar Al-Charia, la section tunisienne d’Al-Qaïda, Abou Iyâdh.</p>
<p>À la tête de son instance, Bensedrine élèvera la traque des violations antédiluviennes des droits de l’Homme au rang d’une véritable culture. Elle passe son temps, depuis, à se labourer la substance grise afin de dénicher un coupable avec la détermination d’un inquisiteur, et à humer chez les morts autant que chez les vivants les relents d’hérésie.</p>
<p>Bien que ses prérogatives soient limitées par un cadre législatif, elle n’hésite pas à les outrepasser si jamais elles portent contrainte. Elle peut donc contrôler qui elle veut, quand elle veut, sans rendre de comptes. Il suffit d’une plainte d’un citoyen pour que l’ignoble machine se mette en branle.</p>
<h3>Un redoutable tribunal d’exception</h3>
<p>En effet, progressivement, l’ancienne militante des droits de l’homme avait vite fait de transformer l’IVD en un redoutable tribunal d’exception chargé de lancer des procédures tous azimuts, condamnant les coupables et absolvant ceux auxquels elle daigne faire grâce.</p>
<p>Avec une joie égoïste, elle se réjouit de faire tomber sur les têtes des uns et des autres le glaive suspendu sur la tête de tous. Elle est devenue le maître absolu de la procédure : celle d’un magistrat omnipotent, à la fois brouillon, intolérant, qui instruit les affaires, compulse inlassablement les centaines de dossiers et enregistre les dépositions des témoins. Ayant perdu le sens des réalités, elle voit le mal partout, se joue à la fois de la fortune et de la vie des accusés, condamne sans appel les coupables au bûcher avec la conscience d’un devoir accompli.</p>
<p>Grisée par le pouvoir, elle avait rapidement cessé de défendre la cause du peuple, de faire partie du camp du progrès et de la tolérance. C’est qu’elle n’a pas cessé depuis sa prise de fonction d’afficher une susceptibilité ombrageuse, effet d’une certaines surestimation de soi, un orgueil de grossièreté dans tout son maintien, et un mépris stupide pour tous ceux qui ne partagent pas sa piètre vision des choses. Bref, elle avance avec la raideur agressive d’un adjudant-chef affecté à la corvée de balayage. Elle est le prototype malheureux qu’en matière de liberté et de démocratie nous serions décidément incapables de nous diriger tous seuls.</p>
<p>Courbée sous le poids des haines qu’elle inspire, elle continue, malgré tout, à enrichir son palmarès avec la même ardeur persévérante, multipliant l’hideux spectacle d’auditions transformées en tribunaux révolutionnaires, nourrissant l’infantilisme bruyant des médias à la mode démocratique.</p>
<p>La haine, la vengeance, l’usage de la vindicte, du raccommodage de l’histoire trouvaient son solide doctrinaire qui, pour certains, passait aisément pour hardi et avancé dans ses idées.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-10349" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/08/Marzouki-chez-Bensedrine.jpg" alt="" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le camp de la haine en rangs serrés : Bensedrine et son parrain, Marzouki. </em></p>
<h3>Tous sont coupables jusqu’à preuve de leur innocence</h3>
<p>Mais pour rétablir la vérité, la présidente de l’IVD, qui nous enrichit chaque jour d&rsquo;une nouvelle insanité, se voit obligée de traverser les décennies et les générations à pas de charge. La recherche de la vérité est chez elle poussée jusqu’au fanatisme. Personne ne trouve plus grâce à ses yeux, personne n’est irréprochable et aucun individu, quel qu’il soit, ne peut se prétendre en dehors de «sa loi» ni se dérober au tribunal de <em>«son»</em> Histoire. Tous ont quelque chose à se reprocher, tous sont coupables jusqu’à preuve de leur innocence.</p>
<p>Un jour ce sont les victimes youssefistes (adeptes l’ancien militant nationaliste Salah Ben Youssef, Ndlr), un autre les oppresseurs bourguibistes (adepte de l’ancien président Habib Bourguiba, Ndlr), sans oublier la généralisation des prétentions victimaires des rescapés de la révolution et leurs proches.</p>
<p>Enfin, toujours en quête de justice et par manque de témoins-vedettes qui viendraient faire entendre leurs doléances, elle fait remonter l’exigence de dignité au pillage des richesses naturelles de la Tunisie par la France coloniale. On la voit ainsi plongée dans les notices du Bottin du colonialisme, devenu instrument essentiel de son érudition, et en rapporter des considérations éblouies sur les chiffres du manque à gagner pour le jeune Etat indépendant.</p>
<p>Aussi, face à la crise de la dette souveraine et tout en endossant l’autorité d’un chef d’Etat intransigeant, elle exigera des dédommagements, réclamera à la France des remboursements. Et pourquoi pas sous la forme d’une annulation pure et simple de la dette ?</p>
<p>C’est donc tout un passé qu’il va falloir liquider même s’il faudrait pour cela marcher en sens inverse du progrès des peuples et des idées. Et pour comprendre cette marche rétrograde, il suffit de s’intéresser à sa conception de l’Histoire qui s’oppose à celle des historiens, devenus ses bêtes noires, objet et pâture de son animosité active. Elle trouve en effet que, non seulement ils ne connaissent rien à l’histoire des temps présents, mais n’ont eu de cesse de pervertir la réalité du passé, de dissimuler les preuves, de manquer de courage et d’objectivité, autrement dit d’avoir toujours été à la solde des régimes en place !</p>
<p>La sentence est dans un tel cas toute trouvée. Faute de condamner à périr par le feu les historiens, qui auraient manqué à leur devoir de vérité, elle organisera un immense autodafé de toutes leurs publications.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-73019" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/11/IVD-Auditions-publiques.jpg" alt="" width="500" height="325" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Une inquisitrice qui réécrit l&rsquo;histoire à coups d&rsquo;opérations médiatiques.  </em></p>
<h3>Les pratiques douteuses (et onéreuses) d’une juge autoproclamée</h3>
<p>Dans la mesure où nous avons affaire à la présidente d’un tribunal d’exception, tout débat entre justice et histoire se trouve faussé. Cependant, sous prétexte d’une justice supérieure qu’elle croit incarner, calée dans sa conviction qu&rsquo;il suffit de dire et de démontrer le récit des régimes autoritaires pour les faire reculer à jamais, qui pense que l’accumulation de preuves matérielles supprimerait les doutes sur la réalité de la dictature et de la répression, Mme Bensedrine s’était prise d’une religion pour l’histoire où elle est d’une irréprochable incompétence.</p>
<p>Elle admet en effet, que dans les cas d’urgence mémorielle et sociale, <em>«sa»</em> justice est seule capable de faire acte d’imposer une vérité immédiatement nécessaire. Ce genre de contradictions, qui semble lié aux résolutions de questions historiques directement en prise avec le fonctionnement social, apparaît avec autant de force dans l&rsquo;exercice actuel de cette instance mise en place dans un pays marqué par un changement brutal de régime politique. Et c’est pour obtenir la paix sociale, que l’amnistie est accordée aux acteurs qui reconnaissent leurs crimes, en échange de leur participation à la constitution de la vérité.</p>
<p>Or cette mesure favorable à la restauration du lien social interdit que l’histoire ne débatte librement et rapidement des responsabilités, dans l’espoir que la communauté se ressoude.</p>
<p>L’historien est en effet détenteur d’une méthode censée lui permettre de tirer des enseignements nouveaux des affaires passées, proposer une autre lecture des faits, ce qui fait que les approches du juge et de l’historien ne paraissent guère compatibles. La différence entre l’activité de l’historien et celle du juge résiderait alors dans les liens noués avec les autres domaines dans lesquels ils possèdent l’un et l’autre des implications prioritaires, la mémoire, la construction identitaire pour l’historien, la paix sociale pour le juge, l’un agissant dans l’urgence, l’autre se donnant du temps et du recul.</p>
<p>Viendra le jour où la communauté historienne s’interrogera à son tour sur le rapport de Mme Bensedrine au réel, à la vérité et la dignité. Le débat portera alors sur les liens entre l’histoire et les pratiques douteuses d’une juge autoproclamée qui croyait mettre en valeur les particularités de l’usage social et politique du passé.</p>
<p>En dépit de toutes ses provocations, la république demeure assez magnanime envers Sihem Bensedrine, généreuse avec une instance appelée à entretenir une véritable armée dont il faut payer traitements, soldes et salaires.</p>
<p>De même, notre chère constitution, pour soutenir l’effort obstiné de cette petite bonne femme qui ne se laisse nullement impressionner, lui accordera une foule d’immunités lui permettant d’échapper à tout contrôle.</p>
<p>Avec une arrogance sereine, elle s’est mise à exiger pour elle-même le rôle de gigantesque profiteuse, elle le déclarait hautement comme si rien ne fût plus naturel : le haut salaire dont elle bénéficie, le respect qu’on lui doit, la crainte qu’elle suscite, et l’impunité totale, légale qui l’enhardit.</p>
<p>Mais ses privilèges, devenant onéreux, l’Etat fut obligé de les réduire. Ainsi, le budget 2018, accordé par le contribuable, pourtant en baisse de 16,8% par rapport à 2017, couvre les énormes frais d’un bateau ivre : 18 millions de dinars tunisiens (MDT), ou 22.500 fois le Smig, dont 6,7 MDT en dépenses de salaires et 1,4 MDT en dépenses de gestion pour mener sa petite guerre contre les infidèles.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-145278" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/03/Assemblée-levée-seance-IVD.jpg" alt="" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Les islamistes ont fait capoter la plénière du <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2018/03/24/tunisie-bordel-a-lassemblee-lors-de-laudition-de-sihem-bensedrine/">samedi 24 mars 2018,</a> à l&rsquo;Assemblée, où leur créature devait rendre compte à la représentation nationale. </em></p>
<h3>Plus qu’une maladresse, un crime inexpiable</h3>
<p>Tout effort mérite récompense, et le juste salaire que la société humaine lui consent en échange des services qu’elle rend, la présidente de l’IVD l’aurait conclu en référence à la seule estime d’elle-même et aux qualités spécifiques qui la distingueraient des autres et justifieraient par conséquent son train de vie. Exactement comme ferait un employeur pour s’assurer la présence et les performances des travailleurs les plus compétents et comme ferait à son tour un salarié qui cherche à monnayer au mieux son talent. Un marché qui se révèle optimal pour son statut et ne s’explique pas tant par ses compétences rares que par le fait qu’elle a fait de la haine contre ses détracteurs un article de foi. Si c’est là le salaire gagné pour prix de ses turpitudes, alors ce n’est pas cher payé.</p>
<p>La nomination de Sihem Bensedrine à la tête de l’IVD a été, plus qu’une maladresse, un crime inexpiable. Même Ben Ali aurait trouvé meilleur candidat, ne serait-ce que pour donner de la respectabilité à son régime.</p>
<p>Contrairement à d’autres, on associe le nom de Bensedrine à rien. Elle n’est ni une oratrice de talent, ni une passionnera capable d’enflammer les foules, exaltant les revendications des pauvres et des souffrants, encore moins une battante qui serait passée de la conviction intellectuelle à la passion militante.</p>
<p>Il aurait fallu opter pour un homme ou une femme d’action et d’engagement, solidement ancré dans des convictions, nourris intellectuellement, qui incarne une forme d’autorité morale, d’intégrité incontestable et de conduite irréprochable, ouvert au spirituel et au sentimental de la vie.</p>
<p>Bensedrine n’est pas un modèle de méritocratie et d’intégration républicaine. Elle se trompe et a trompé son monde sur la véritable mission de cette institution qui est justement de veiller à ce que les passions personnelles ne puissent jamais altérer ou réduire les principes fondamentaux.</p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EisflNIKcN"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/18/tunisie-lunivers-enchante-des-politiques-ou-la-ronde-des-impuissants/">Tunisie : L’univers enchanté des politiques ou la ronde des impuissants</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : L’univers enchanté des politiques ou la ronde des impuissants » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/18/tunisie-lunivers-enchante-des-politiques-ou-la-ronde-des-impuissants/embed/#?secret=5TNrBqfBfQ#?secret=EisflNIKcN" data-secret="EisflNIKcN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ILdDyEUpv3"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/04/entre-dictature-democratie-sauve-tunisie/">Entre dictature et démocratie : Sauve qui peut la Tunisie !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Entre dictature et démocratie : Sauve qui peut la Tunisie ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/04/entre-dictature-democratie-sauve-tunisie/embed/#?secret=D4av3bREFl#?secret=ILdDyEUpv3" data-secret="ILdDyEUpv3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JcjJY5uw7W"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/25/tunisie-lentreprise-publique-a-croisee-chemins/">Tunisie : L’entreprise publique à la croisée des chemins</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : L’entreprise publique à la croisée des chemins » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/25/tunisie-lentreprise-publique-a-croisee-chemins/embed/#?secret=R5epiL1vNl#?secret=JcjJY5uw7W" data-secret="JcjJY5uw7W" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/25/tunisie-sihem-bensedrine-une-forcenee-dans-la-ville/">Tunisie-Sihem Bensedrine : Une forcenée dans la ville</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’IVD de Bensedrine réécrit l’«histoire»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/27/livd-de-bensedrine-reecrit-lhistoire/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/27/livd-de-bensedrine-reecrit-lhistoire/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Mar 2017 15:21:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Instance Vérité et Dignité]]></category>
		<category><![CDATA[IVD]]></category>
		<category><![CDATA[parti islamiste Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Sihem Bensedrine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=88563</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par les grossières déformations de l’histoire de la Tunisie qu’elle nous a infligées, l’audition de samedi dernier a montré les limites de l’Instance Vérité et dignité (IVD). Par Nefissa Wafa Marzouki * Quelques réflexions après avoir entendu la dernière audition de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), dans la soirée du samedi 25 mars 2017. D’abord,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/27/livd-de-bensedrine-reecrit-lhistoire/">L’IVD de Bensedrine réécrit l’«histoire»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><em><strong>Par les grossières déformations de l’histoire de la Tunisie qu’elle nous a infligées, l’audition de samedi dernier a montré les limites de l’Instance Vérité et dignité (IVD).</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Nefissa Wafa Marzouki</strong> *</p>
<p><span id="more-88563"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-88565 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/03/Nafissa_Marzouki.png" alt="Nafissa Marzouki" width="200" height="200" />Quelques réflexions après avoir entendu la dernière audition de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), dans la soirée du samedi 25 mars 2017. D’abord, je dis aux historiens : à vos plumes pour une autre lecture de l’histoire !</p>
<p>Personne ne peut nier l’apport de l’État tunisien après l’indépendance en 1956 et dont Habib Bourguiba fut président :</p>
<p>&#8211; le code de statut personnel (CSP) pour redonner à la femme ses droits;</p>
<p>&#8211; le fameux planning familial pour maîtriser la croissance démographique;</p>
<p>&#8211; la politique de scolarisation de la société tunisienne, avec l’accès de la fille à l’école, la généralisation et la gratuité de l’enseignement et la promotion de l’école publique;</p>
<p>&#8211; la modernisation de l’État; et le cheval de bataille de Bourguiba fut, entre autres, la santé, l’administration et l’enseignement qu’il a unifié.</p>
<p>Certes, Bourguiba fut un leader mais il a commis de graves erreurs : une opposition étouffée, une presse muselée et l’instauration d’un régime autocratique érigé autour d’un seul dirigeant et d’un parti unique.</p>
<p>En tant que membre de la Commission de tri des membres de l’IVD, je le dis et redis: Sihem Bensedrine a été, lors de son élection et de l’élection de cette instance en 2014, la favorite de la «<em>troïka</em>» (l’ancienne coalition gouvernementale conduite par le parti islamiste Ennahdha, Ndlr). Le vote n’était nullement objectif et neutre ; le vote avait, de bout en bout, un arrière-plan politique donc partisan et partial. D&rsquo;ailleurs, 4 ou 5 voix ont voté contre elle, dont la mienne, lors du choix du membre qui devait représenter la société civile dans cette instance. Elle n’a donc pas eu l’unanimité comme elle le prétendait récemment dans une émission télé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-88567 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/03/IVD-Audition.jpg" alt="IVD" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Il suffit de voir le public de Mme Bensedrine pour comprendre pour qui roule cette femme.</em></p>
<p>L’histoire d’un pays est écrite et interprétée par des historiens spécialistes chevronnés, qui ont observé le recul nécessaire, disposé d’une riche documentation et écouté des témoignages divers et contradictoires. Cette tâche n’est pas à la portée de qui que ce soit.</p>
<p>Malheureusement, cette trempe d’historiens ou d’historiennes, telles ceux ou celles affectés-es à l’Institut supérieur de l’histoire de la Tunisie contemporaine n’ont pas eu droit de cité dans l’IVD. Seuls-es les historien-nes «<em>amis-es</em>» de Mme la présidente ont été recrutés-es pour relire l’«<em>histoire</em>», celle que Mme Bensedrine désire entendre ou faire entendre à ceux qui l’ont nommée.</p>
<p>Par les grossières déformations de l’histoire qu’elle nous a infligées, l’audition de samedi dernier a montré les limites de l’IVD, dans sa configuration et sa gouvernance actuelles, dont la mission est pourtant importante pour la préservation de la mémoire du peuple tunisien et la réussite de sa transition démocratique ?</p>
<p><em>* Membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC). </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Beït Al-Hikma : 1ère session des «Rendez-vous de l’Histoire de Carthage»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 07:46:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmajid Charfi]]></category>
		<category><![CDATA[Beït Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[monde arabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Al-Jamiaa Al-Maftouha (Université ouverte) organise la 1ère session des «Rendez-vous de l’Histoire de Carthage», le vendredi 17 février 2017, à Beit Al-Hikma (Carthage). Ces journées, organisées en collaboration avec Beït Al-Hikma et l’Institut du monde arabe (IMA-Paris), se tiendront en sessions annuelles, chacune se déroulant sous un thème précis où l’histoire sera traitée de façon...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/15/beit-al-hikma-1ere-session-des-rendez-vous-de-lhistoire-de-carthage/">Beït Al-Hikma : 1ère session des «Rendez-vous de l’Histoire de Carthage»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-83145 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/02/Beit-Al-Hikma.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Al-Jamiaa Al-Maftouha (Université ouverte) organise la 1ère session des «Rendez-vous de l’Histoire de Carthage», le vendredi 17 février 2017, à Beit Al-Hikma (Carthage).</strong> </em></p>
<p><span id="more-83144"></span></p>
<p>Ces journées, organisées en collaboration avec Beït Al-Hikma et l’Institut du monde arabe (IMA-Paris), se tiendront en sessions annuelles, chacune se déroulant sous un thème précis où l’histoire sera traitée de façon transversale et interdisciplinaire.</p>
<p>Les journées seront étalées sur l’année à raison de 3 par an, de janvier à octobre. Le thème choisi pour la première session est <em>«Le Monde arabe, de l’historiographie à l’histoire».</em></p>
<p>On y annonce la participation, autour d’Abdelmajid Charfi, président de l’Académie tunisienne Beït Al-Hikma, et de Kalthoum Saafi Hamda, présidente de l’association Al-Jamia Al-Maftouha, Mounira Chapoutot-Remadi, Hédi Timoumi, Sophie Bessis, Habib Kazdaghli, Lotfi Aïssa, Leïla Blili Ben Temime, Kmar Ben Dana, Ali Mahjoubi, Hichem Abdessamad, Zine El-Abidine Hamda, Amar Mohand-Amer, Karima Dirèche, Khadija Mohsen-Finan et Jamaa Baïda.</p>
<p><em>«Les Rendez-vous de l’Histoire de Carthage se veulent une occasion pour réfléchir sur l’histoire de la Tunisie et du monde arabe, en relation avec le passé, le devenir et l’environnement géopolitique. Nous partons du principe que le monde arabe contemporain, dans sa diversité (États, régimes politiques, sociétés, groupements humains), a été l’objet d’une ‘‘écriture de l’histoire’’ forgée par des classes politiques et intellectuelles qui n’ont toujours pas respecté l’histoire telle qu’elle a été faite par ses acteurs. Dans presque tous les pays, l’histoire a été manipulée, travestie, instrumentalisée au profit de régimes politiques autoritaires, par des acteurs nationaux et internationaux. Les récits nationaux arabes ont été le réceptacle des intérêts politiques, souvent claniques, religieux et ethniques. Leur élaboration n’a pas toujours privilégié, au Maghreb et au Machreq, le recours à l’histoire moderne»</em>, a indiqué Kalthoum Saafi, présidente d’Al-Jamiaa Al-Maftouha. Elle ajoute : <em>«Après le ‘‘Printemps arabe’’, dans le temps révolutionnaire en cours, nous pensons que le moment est venu de reposer les questions fondamentales qui comptent sur l’histoire du monde arabe, en commençant par ‘‘repenser les récits nationaux arabes’’. Le souci ici n’est pas tant d’apporter des réponses que de poser les questions, d’amener les faiseurs d’histoire à réfléchir sur ces récits pervertis, à déblayer un terrain miné en vue de déconstruire le patrimoine historique légué par des régimes politiques décriés. Il s’agit en fait de ‘‘déconstruire les récits fondateurs pour retrouver l’histoire’’.»</em></p>
<p>L’histoire contemporaine de la région a concentré tous les phénomènes qui continuent à agiter le monde d’aujourd’hui : permanence des archaïsmes, choc de la modernité, colonisation, impérialisme, luttes de libérations, constitution d’États-nations, démembrement géographique, conflits territoriaux, ethniques, religieux, émergence de l’individu dans l’histoire, etc.</p>
<p>Tous ces phénomènes qui concernent le devenir de la région sont à repenser à l’aune des sciences sociales modernes. L’histoire est à repenser sur des critères scientifiques modernes.</p>
<p>L’association Al-Jamiaa Al-Maftouha est une Ong sans but lucratif qui cherche à diffuser le savoir universel et la culture des lumières. Elle organise des événements périodiques tels que Le Festival de Tous les savoirs, La Science en Fête ou L’Université d’été de Bizerte.</p>
<p>Les Rendez-vous de l’histoire de Carthage sont un nouveau jalon de l’action culturelle qui structure l’année à partir d’un thème général décliné sur plusieurs rendez-vous.</p>
<p>Cette année 2017, consacrée à la relecture de l’histoire du monde arabe, mettra l’accent sur les récits maghrébins avant de se tourner vers le Machreq arabe et de traiter les récits de la décolonisation et des révolutions arabes.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>I. B.</strong> (avec communiqué).</p>
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		<title>‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 May 2016 06:50:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Héla Ouardi]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce texte a été présenté à la rencontre-débat avec Héla Ouardi qui s’est tenue à la Bibliothèque nationale, à Tunis, le vendredi 6 mai 2016. Par Noura Borsali * Héla Ouardi, dans les premières pages de l’ouvrage réservées au prologue, présente sa problématique et sa démarche. Les constats et les questions foisonnent à propos de la...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/">‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-48913 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/05/Hela-Ouardi.jpg" alt="Hela-Ouardi" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Ce texte a été présenté à la rencontre-débat avec Héla Ouardi qui s’est tenue à la Bibliothèque nationale, à Tunis, le vendredi 6 mai 2016.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Noura Borsali </strong>*</p>
<p><span id="more-49477"></span></p>
<p>Héla Ouardi, dans les premières pages de l’ouvrage réservées au prologue, présente sa problématique et sa démarche. Les constats et les questions foisonnent à propos de la mort de Muhammad, de la cause de cette dernière et de son enterrement tardif laissant le prophète à l’abandon dans l’indifférence générale, de l’absence de Aïcha et de Abû Bakr et ‘Umar, les deux futurs califes, de l’empêchement de Muhammad d’écrire son testament… Et que de questions encore et encore…</p>
<p><strong>Eclairer le «trou noir»</strong></p>
<p>Cela révèle, d’une part, un grand «trou noir» dans la tradition et, d’autre part, une gestion peu reluisante de la fin de Muhammad. <em>«Aucun livre de la tradition musulmane,</em> écrit-elle à la p.14<em>, ne donne la moindre information sur ce trou noir de deux jours au cours desquels le cadavre de l’Envoyé de Dieu est abandonné. La tradition, d’habitude si bavarde, si bien informée des moindres détails de la vie du prophète et de ses compagnons, devient à ce sujet brusquement amnésique et muette».</em></p>
<p>C’est pourquoi Héla Ouardi a entrepris une <em>«enquête»</em> (mot qu’elle prend soin de placer entre guillemets) sur cette page sombre d’un moment crucial de l’histoire de l’islam. Détrompons-nous, il ne s’agit pas ici d’une enquête policière même si la bande rouge de la couverture sur laquelle l’éditeur a inscrit <em>«Enquête sur la mort mystérieuse du prophète»</em> pourrait susciter un suspense digne d’un roman policier et ésotérique du romancier américain Dan Brown, auteur de<em> ‘‘Da Vinci Code’’</em>. Le mot <em>«enquête»</em> doit être pris dans son sens étymologique qui signifie <em>«recherche»</em>. Il s’agit donc bien d’«<em>un authentique travail de recherche scientifique, qui est sorti de mes notes de lecture»</em>, nous confie Héla Ouardi.</p>
<p>D’ailleurs, comme l’écrit le Marocain Abdesselem Cheddadi, historien et anthropologue, professeur à l&rsquo;Université de Rabat, dans un excellent article intitulé <em>«A l’aube de l’historiographie arabo-musulmane : la mémoire islamique»</em> : <em>«A l’époque inaugurale où nous nous plaçons </em>(celle du père de l’Histoire Hérodote, entend-il)<em>, l’histoire se définit comme une enquête : on pose des questions, on cherche à recueillir des informations sur quelque chose qui, autrement, risquerait de se perdre dans l’oubli. Il s’agit, donc, par une démarche volontaire, de sauver de la mémoire»</em>, surtout quand les garanties de pérennité ne sont pas assurées, précise-t-il.</p>
<p>C’est ainsi que Héla Ouardi mène son <em>«enquête»</em> : avec beaucoup de questionnement et avec minutie et prudence. S&rsquo;armant d&rsquo;un matériau riche et diversifié, se référant au Coran et à diverses sources (comme le corpus de hadiths, les sira, les maghazi, etc…) et y puisant différentes versions et variantes présentées par des chroniqueurs et des historiens tels que Ibn Ishâq, Ibn Hisham, Al-Zuhrî, Tabari, Ibn Sa’ad, Boukhari, Muslim, Al-Waqidi, Baladhûri, Ibn Athir, et que sais-je encore&#8230;</p>
<p>Quand bien même des auteurs auraient pointé du doigt les limites des sources narratives islamiques, elle nous offre, de l&rsquo;agonie de Muhammad, une reconstitution chronologique inédite basée sur une bibliographie solide, consacrant 120 pages – sur les 361 que contient l’ouvrage – aux questions historiographiques, aux sources et aux notes. Souci de précision, certes mais également de prudence qu’un tel sujet exige.</p>
<p>Un des intérêts de l’ouvrage est donc l’approche méthodologique qui concerne ses sources textuelles. Ces dernières sont parfois contradictoires et regroupent des versions différentes d’un tel ou autre événement. Le mérite de Héla Ouardi est d’avoir réussi à les juxtaposer jusqu’à établir, par exemple, une convergence des sources sunnites et chiites qui semblaient pour nous, jusque-là, divergentes, voire opposées.</p>
<p><em>«Les nombreuses notes et sources dans mon livre,</em> nous livre-t-elle dans un long entretien au quotidien ‘‘La Presse’’, <em>sont le reflet de cette curiosité et de cette prudence. A cela s’ajoute évidemment l’esprit de rigueur et d’honnêteté scientifiques auquel j’accorde la plus grande importance aussi bien pour cet ouvrage que pour mes travaux académiques antérieurs».</em></p>
<p>C’est dire le travail acharné de l&rsquo;auteur qui, bien qu’elle n’ait rien apporté de nouveau, comme elle le dira elle-même, a compilé – mais avec quelle maîtrise ! – des informations tirées et triées de différentes sources parfois divergentes, comme ces sources sunnites et chiites qui, après un recoupement minutieux, ont fini par converger à notre grand étonnement. Un <em>«travail certes laborieux mais passionnant»</em>, dit-elle.</p>
<p>«<em>Il n’y a pas de révélations dans mon livre puisque tout ce que je dis je l’ai trouvé dans les ouvrages de la Tradition. Tout est dit dans les livres de tradition – sous ce terme de ‘‘tradition musulmane’’ sont réunis les Hadiths (paroles attribuées au prophète) et la Sira (biographie de Muhammad). Je n’invente rien</em>», précise-t-elle. <em>«Par ailleurs, je suis consciente du caractère subversif de certaines informations qui figurent dans mon livre; il est important pour moi que le lecteur sache à travers les références aux sources de la Tradition que ces faits ne sont pas le fruit de mon imagination. Je n’invente rien. Je me considère moins comme auteure que comme compilatrice (le mot arabe est éloquent dans ce sens مؤلّفة) : je regroupe les textes et j’y mets de l’ordre.»</em></p>
<p>Certes, des polémiques théologiques ont existé autour de la mort du Prophète notamment entre les sunnites et les chiites, mais ce sont des polémiques dénuées de neutralité parce que <em>«idéologiques articulées à la question de la légitimation du pouvoir»</em>, précise-t-elle.</p>
<p>Selon certaines sources, le traditionniste médinois Al-Wâqidi (m. 822) est censé avoir recueilli un ensemble de traditions relatives à la mort du Prophète (<em>‘‘Kitâb wafât al-nabî’’</em>), mais le livre a disparu et il ne subsiste que dans les œuvres de son élève Ibn Sa’d (mort en 845). Il existe certes le récit d’Ibn Ishâq (m. 767) et ceux attribués à Al-Zuhrî (m. 742), sur la mort et l’enterrement de Muhammad mais, pour certains historiens, ces sources poseraient problème. C’est à cette difficulté relative à l’authenticité des sources et à leur fiabilité que l’auteure comme tout chercheur, a dû être confrontée.</p>
<p><strong>Substituer à l’épopée la tragédie </strong></p>
<p>Livre inédit alors? Sans doute, toutefois en dehors du livre de Stephen J. Shoemaker, <em>‘‘The Death of a Prophet. The End of Muhammad’s life and the Beginning of Islam’’</em> (Philadephia, Université of Pennsylvania Press, 2012, 408 p.), car Héla Ouardi fait œuvre dans son livre de relecture-réécriture. Elle nous propose, en fait, une lecture nouvelle de ce corpus ancien dont dit-elle, elle réorganise chronologiquement les données suivant les règles de l’écriture historienne moderne. Et de s’interroger : <em>«Comment l’Occident a-t-il fait sa ‘‘Renaissance’’? En relisant le corpus de l’Antiquité. Sans prétention aucune, je m’inscris, toutes proportions gardées bien sûr, dans cette démarche ‘‘humaniste’’ de relecture-réécriture.»</em></p>
<p>Une autre question que l’ouvrage a le mérite de susciter réside dans cette difficulté pour un historien ou un chercheur d’établir la biographie de Muhammad. Certains historiens considèrent que la surabondance des sources délivrant une foule de faits et de détails sur la vie de Muhammed est <em>«trompeuse»</em> (2), écrire la biographie de Muhammad relèverait de l’impossible (3) compte tenu des faits suivants. D’une part, les plus anciens textes sur la vie de Muhammad remontent à cent vingt-cinq ans après sa mort environ, et d’autre part, les sources ne sont pas toujours fiables mais plutôt largement apocryphes. Ce qui a fait écrire à Maxime Rodinson: <em>«Une biographie de Mohammad, qui ne mentionnerait que des faits indubitables, d’une certitude mathématique, serait réduite à quelques pages et d’une affreuse sécheresse. Il est pourtant possible de donner de cette vie une image vraisemblable. Mais il faut, pour cela, utiliser des données tirées de sources sur lesquelles nous n’avons que peu de garanties de véracités.»</em> (5) D’autant que <em>«de Muhammad, Prophète de l’islam, n’existe pas le moindre document d’époque»</em> et qu’<em>«il est très peu présent sous son nom dans le texte du Coran (3, 144; 33, 40; 47,2; 48, 29; 61, 6»</em>, note Jacqueline Chabbi (4).</p>
<p>Il y a certes la Sîra et les Hadiths (2e, 3e et 4e siècle de l’ère musulmane, correspondant aux IXe, Xe et XIe siècles de l’ère commune). Mais l’islam ne possède aucune trace écrite contemporaine à son avènement.</p>
<p>Ce que nous propose l’auteure, dans son ouvrage, c’est cette rupture avec certains écrits dogmatiques et idéologiques sur Muhammad. Il s’agit de rendre à Muhammad sa dimension humaine et historique : une manière de réécrire l&rsquo;un des moments les plus importants de la mémoire de l&rsquo;islam en libérant cette dernière des dogmes et de l&rsquo;apologie. <em>«Je me situe ainsi à l’extrême opposé de l’esprit dogmatique qui utilise une image figée et idéologisée du Prophète pour manipuler les musulmans et les pousser à commettre des meurtres. L’image humanisée de Muhammad proposée dans mon livre ne le sacralise pas mais ne l’amoindrit pas non plus; au contraire, elle essaye de créer avec lui une relation d’empathie et de proximité, en parfaite conformité avec le Coran»,</em> écrit Héla Ouardi.</p>
<p>Dieu ne dit-il pas à son Prophète : «<em>Dis : je ne suis qu’un mortel semblable à vous?</em>» (sourate 18 ‘‘<em>La Caverne’</em>’, verset 110). Verset que Héla Ouardi prend soin de mettre en exergue au début de son ouvrage. En fait, il s’agit, pour l’auteure, de substituer à l’épopée la tragédie. <em>«Par la reconstitution des derniers jours de la vie de Muhammad, nous souhaitons extirper l’homme enseveli sous la légende héroïco-religieuse et le restituer à l’histoire. Cette démarche s’est imposée à nous comme une évidence»</em>, écrit-elle à la page 18.</p>
<p>Muhammad apparaît, avant sa mort, comme un être fragilisé, trahi par les siens et accablé de malheurs tel la perte de son fils Ibrahim. Le Marocain Abedesselm Cheddadi déjà cité écrit à ce propos : «<em>Contrairement à ce qui se passe dans le christianisme avec Jésus, la vie de Muhammad n’est pas sacralisée. Son nom est mentionné dans la profession de foi (Shahâda), mais ni sa naissance ni les grands moments de sa mission ni aucun épisode de sa vie ne donnent lieu à un rituel, ne sont intégrés dans le culte. Certes, ajoute l’auteur dans sa note, à partir du XIIIe siècle, la naissance de Muhammad est célébrée par des cérémonies religieuses. Mais le chant et la musique associés à cette célébration ont été désapprouvés par un certain nombre de fuqahâ»</em>. Et Cheddadi de conclure : <em>«La mémoire dont Muhammad est entourée est d’emblée une mémoire historique»</em> (article déjà cité).</p>
<p>Comme elle s’inscrit en faux contre une légende qui fait de Muhammad un être illettré. Pour l’auteure, Muhammad aurait été un homme de l’écrit, <em>«écrivant lui-même des missives et entouré de plusieurs secrétaires chargés de noter la Révélation au fur et à mesure qu’elle se produit»</em>, écrit-elle dans son ouvrage. Un tel constat détruit toute une légende.<br />
Par ailleurs, l’auteure semble contester, dans son livre, que Muhammad soit une figure fondatrice. Quel serait alors son rôle? Se limiterait-il à la Révélation? D’autant qu’elle affirme plus loin que ce sont ses successeurs et surtout Abû Bakr qui ont édifié ce que Muhammad n’a pas réussi à faire, en donnant «un avenir» et «une carrière universelle» à la religion (selon ses propres termes). Pourtant, elle est loin d’être tendre avec les deux premiers successeurs de Muhammad et surtout avec ‘Umar qu’elle ne ménage guère.<br />
Par ailleurs, l’auteure nuance, dans son ouvrage, l’affirmation de l’historien Hichem Djaït qui écrit dans la conclusion de son ouvrage ‘‘La vie de Muhammad’’ (Volume 3) (6) que «l’homme Muhammad, prophète et homme d’action, aura accompli une très grande œuvre… Il a posé partout, dans presque toute l’Arabie, les jalons d’un mouvement que ses successeurs, les deux premiers notamment, vont poursuivre et amplifier.» (p.308), ou encore ce passage de Djaït que cité à la page 81 de l’ouvrage: «A sa mort, le prophète a laissé une religion achevée et un Etat rayonnant sur toute l’Arabie, indissolublement liés». Pour Héla Ouardi, il y avait plutôt péril en la demeure, en cette fin de règne, avec d’«inquiétants mouvements de séditions» et d’apostasie ainsi qu’une course au califat avec les intrigues politiques que cela suppose.</p>
<p><strong>Soustraire l’histoire de l’emprise du dogme</strong></p>
<p>Un autre aspect du livre que j’ai trouvé fascinant, c’est son style littéraire parfaitement travaillé, c’est cet art de la narration, c’est ce récit dont l’auteure a usé de toutes les caractéristiques, qui rendent sa lecture captivante.</p>
<p>Une intrigue autour d’un sujet enveloppé de mystère et renforcée par une enquête fouillée, un ordre chronologique sans failles, une confrontation méticuleuse de diverses sources, une caractérisation parfois métaphorique… N’est-ce pas là des empreintes littéraires qui laissent entrevoir, sans doute, une influence de sa formation littéraire et qui évitent à l’ouvrage de sombrer dans «<em>une spéculation intellectuelle</em>», selon sa propre expression, lassante et ennuyeuse.</p>
<p>De ce <em>«plaisir du texte»</em> – pour reprendre une expression chère au sémiologue français Roland Barthes –, surgit un désir d’esthétique dans ce petit bout de phrase titrant le prologue : <em>«Dessine-moi un prophète»</em> qui pose une question – ô combien périlleuse pour les sunnites que nous sommes ! –.</p>
<p>Simple provocation de la part de l’auteure? Loin de là car en lisant cette reconstitution narrative qu’elle nous livre, on a comme l’impression que Héla Ouardi y met une représentation esthétique des derniers jours de Muhammad, comme si elle voulait pallier à cette interdiction des sunnites de représenter le prophète contrairement aux chiites et aux Ottomans qui ornent certains de leurs manuscrits de miniatures représentant le prophète ou encore aux Iraniens chiites qui, tout récemment, en 2015, et par le biais d’un de leurs grands cinéastes Majid Majidi (59 ans), viennent de le représenter dans un film <em>‘‘Mahomet’’,</em> une superproduction sur l’enfance du prophète pour en finir avec <em>«l&rsquo;image violente»</em> de l&rsquo;islam, souligne le réalisateur iranien. Ce film montre les premières années du prophète. De sa naissance jusqu’à ses 13 ans. En fait, dans le film de Majid Majidi, le visage du prophète n’apparaît jamais grâce à un jeu d’effets spéciaux. En revanche, on voit sa silhouette et son profil (7).</p>
<p>Pour Héla Ouardi, <em>«pour que ce ‘‘dessin’’ soit esthétique, nous dit-elle, j’ai essayé de mettre en évidence l’aspect tragique qui caractérise la fin de l’existence de Muhammad et qui donne au personnage une dimension sublime, comparable à celle des héros de la tragédie grecque.»</em></p>
<p>En guise de conclusion, Héla Ouardi, par cet ouvrage important, a fait œuvre de «réappropriation de l’histoire», pour reprendre le titre d’un excellent ouvrage <em>‘‘Les Arabes et l’appropriation de l’Histoire’’</em> du Marocain Abdesselem Cheddadi (8). Alors, vouloir soustraire l’histoire de l’emprise du dogme et prendre sa distance avec la vision apologétique dominante dans la tradition, n’est-ce pas une aventure risquée? Et «<em>vouloir traverser la vie avec une horde de mots. Et les mots ne sont-ils pas dangereux</em>» (Tahar Ben Jalloun).</p>
<p>Si nous avons du mal à lâcher l’ouvrage, c’est parce que, par le truchement du récit littéraire, l’auteure a conclu son ouvrage avec un fameux <em>«A suivre…»</em> renforcé – de surcroît – par des points de suspension… Pour son second livre, c’est en effet un huis-clos qu’elle nous propose dans une nouvelle forme d’écriture, à savoir le théâtre. Pour Héla Ouardi, la littérature et l’Histoire font bon ménage.</p>
<p>Tout cela en attendant bien sûr la publication en arabe de son présent ouvrage qui a un dernier mérite, et non des moindres : celui de stimuler le débat historiographique relatif aux débuts de l’islam.</p>
<p><em><strong>Sources bibliographiques :</strong></em><br />
<em>(1) Présentation du livre de Stephen J. Shoemaker par Hassen Bouali, Archives de sciences sociales des religions, 2014/4 (no 168), éditions de l’EHESS.</em><br />
<em>(2) Jacqueline Chabbi, ‘‘Mohammed et la naissance de l’islam’’, article publié le 18/6/2015.</em><br />
<em>(3) Jacqueline Chabbi, ‘‘Le seigneur des tribus. L’Islam de Mahomet’’, Noêsis, Paris, 1997.</em><br />
<em>(4) Maxime Rodinson, ‘‘Mahomet’’, éditions du Seuil, 1962, P.12 .</em><br />
<em>(5) Jacqueline Chabbi, ‘‘Mohammed et la naissance de l’islam’’, article publié le 18/6/2015.</em><br />
<em>(6) Hichem Djaït, ‘‘La vie de Muhammad’’ (Volume 3), Cérès éditions, 2012.</em><br />
<em>(7) RFI, 27-08-2015 : ‘‘Mahomet’’: Majid Majidi veut rompre avec «l&rsquo;image violente» de l&rsquo;islam.</em><br />
<em>(8) Abdesselem Cheddadi, « Les Arabes et l’appropriation de l’Histoire », Sindbad, 2004.</em></p>
<p><em><strong>Bio-express de Héla Ouardi :</strong></em><br />
<em>Héla Ouardi n’est pas historienne des religions. Elle n’est pas non plus islamologue, ni anthropologue ni philologue… Elle est spécialiste de littérature et de civilisations françaises et enseignante-universitaire à l’Université Tunis El Manar, à l’Institut supérieur des sciences humaines. Auteur d’une thèse de doctorat en littérature française intitulée : «La littérature au miroir dans l’œuvre romanesque de Queneau», qu’elle soutient brillamment, en 2001, à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle, mention très honorable, et avec félicitations du jury, après avoir obtenu en 1994, toujours aussi brillamment, son Diplôme de maîtrise en littérature française à l’Université du Centre &#8211; Faculté des Lettres de Sousse, Prix présidentiel. En 2006-2009, elle a occupé le poste de directrice du Département scientifique de l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, Beït el-Hikma. Elle a des écrits publiés dans sa spécialité. Après avoir soutenu son habilitation à diriger des recherches, elle se lance un véritable défi, en réorientant ses recherches vers l’histoire et l’historiographie des débuts de l’islam. Elle a alors intégré en tant que membre associé le Laboratoire d’études sur les monothéismes, Groupe du Centre d’études des religions du Livre (CERL) du CNRS, Équipe 1 : “Livres sacrés : Canons et Hétérodoxies”, pour «apprendre le métier», nous dit-elle. A propos de cette «conversion», elle dira dans un entretien qu’elle m’a gentiment accordé et dont j’ai cité quelques passages dans ma présentation : «Je crois que beaucoup de chercheurs ont connu comme moi ce moment excitant de ‘‘bifurcation’’ dirait Borges.» </em><br />
<em>Dans son nouveau domaine de l’Orientalisme et islamologie, elle a publié en 2012 un article intitulé «De l’autorité en islam» dans la revue française Le Débat (2012/4, n° 171, Gallimard); en 2011 «Islam d’Etat : Etat islamique ou islam étatique?» dans le magazine ‘‘Réalités’’ (Tunis, novembre 2011) =; en 2009 «Malaise dans la civilisation islamique», Publications du Collège international de Tunis (novembre 2009) et enfin en 2008, Réédition critique de la Chrestomathie arabe d’Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, Presses Universitaires de France.</em><br />
<em>Et nous voilà en 2016, avec la publication, cette fois, d’un ouvrage intitulé ‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ paru chez Albin Michel, en mars dernier. Ce livre est, sans conteste, l&rsquo;événement éditorial de l’année 2016. En dépit de son prix élevé (entre 44 DT à Sousse, sa ville d’origine, et 48,750 DT à Tunis, sa ville d’adoption), il est épuisé en quelques jours. </em></p>
<p><em><strong>* ‘‘Les derniers jours de Muhammad’’, Héla Ouardi, éd. Albin Michel, Paris, mars 2016.</strong></em></p>
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