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	<title>Archives des Ifriqiya - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Ifriqiya - Kapitalis</title>
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		<title>Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 11:09:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région du Maghreb. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/20/non-a-la-captation-du-patrimoine-de-la-tunisie/">Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de </em></strong><strong><em>légitimation politique</em></strong><em> <strong>plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. </strong></em><strong><em>Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région.&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p><strong>Ridha Ben Slama</strong> *</p>



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<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Faut-il rappeler encore à ceux qui se confinent dans une posture pathétique et feignent d’ignorer que notre pays possède une identité étatique propre, bien antérieure à la colonisation (1881), et ce contrairement à beaucoup d’autres pays&nbsp;? Faut-il répéter que la Tunisie actuelle est l’aboutissement d’une longue succession de civilisations qui ont chacune contribué à son assise territoriale et culturelle&nbsp;? Depuis des millénaires, elle possède l’une des identités étatiques les plus anciennes et les plus continues au monde, dépassant largement le cadre des frontières coloniales du dernier siècle.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">1- La Tunisie (Ifriqiya) le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région</h2>



<p>La justesse de l’approche exige de dépasser un exercice trop contemporain, qui envisage une souveraineté territoriale définie seulement par des frontières, à savoir le <em>«contour extérieur d’une nation pleinement consciente d’elle-même»</em> <sup>(1)</sup>.</p>



<p>Pratiquement, durant des siècles, l’autorité d’un État s’exerçait non sur un espace borné par des frontières identifiées, mais également sur son rayonnement culturel. Les limites de l’État enfermeraient aussi celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus vassales à un État.</p>



<p>Carthage (IX<sup>e</sup>-II<sup>e</sup> siècle av. J.-C.) avait déjà structuré le territoire sous une forme étatique puissante, avec une administration, une monnaie et une diplomatie propre. Ce n’était pas seulement une cité, mais le centre d’un empire maritime thalassocratique qui comprenait la majeure partie de la Tunisie actuelle (le Zeugitane et la Byzacène). L’empire s’étendait sur toutes les côtes de la Méditerranée occidentale, de l’actuelle Libye (Tripolitaine) jusqu’au sud de l’Espagne, en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les côtes actuellement algériennes et marocaines.&nbsp;</p>



<p>Quant à Thugga (actuelle Dougga) <sup>(2)</sup>, elle est reconnue par les historiens comme l’une des premières capitales, foyer majeur du <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">royaume Massyle</a> au IV<sup>e</sup> siècle av. J.-C. Elle est décrite par Diodore de Sicile comme une <em>«ville d’une belle grandeur»</em>, servant de résidence royale avant l’unification des différentes tribus. Cette dynastie était traditionnellement une alliée de Carthage. Les rois Massyles participaient grâce à ses cavaliers, réputés au combat, avec les troupes carthaginoises, notamment en Sicile ou en Espagne. Les textes des auteurs de l’antiquité soulignent que des rois comme Zelalsen (grand-père de Massinissa) ou l&rsquo;ancêtre Aylimas y avaient établi leur centre de pouvoir. Le roi Gaïa, père de Massinissa, maintenait cette alliance étroite, envoyant même son fils combattre aux côtés des Carthaginois en Espagne contre Rome. La cavalerie numide, considérée comme l’une des meilleures cavaleries légères de l’Antiquité, reposait sur une organisation unique centrée sur la mobilité extrême et une symbiose parfaite entre le cavalier et sa monture. </p>



<p>L’influence carthaginoise à Thugga était manifeste à travers l’architecture et les inscriptions. Le célèbre Mausolée libyco-punique témoigne de ce mélange des cultures libyque et punique au sein de la noblesse massyle. Les Massyles occupaient la région entre l’Ampsaga (correspondant aujourd’hui à l’Oued el-Kebir, dont le Rhummel est le principal affluent en Algérie actuelle) et les terres carthaginoises, avec pour capitale Sarim Batim (actuelle Constantine) qui était le nom donné à la ville par les Carthaginois lorsqu’ils y ont établi un comptoir commercial, bien avant qu’elle ne devienne à une certaine époque la capitale de la Numidie.Né à Thugga, Massinissa servit d’abord dans les rangs de l’armée carthaginoise avant de s’allier à Rome en 206 av. J.-C. après avoir été évincé de son trône par Syphax (roi des Massæsyles soutenu par Carthage). Sa victoire lui avait permis d’unifier les deux royaumes.</p>



<p>Le revirement de Massinissa a été l’un des tournants majeurs de l’histoire antique. Ce n’était pas une défection soudaine, mais une décision stratégique dictée par la survie du royaume de ses ancêtres mais aussi pour des motifs personnels.&nbsp;Plusieurs facteurs avaient poussé Massinissa à abandonner l’alliance carthaginoise pour rejoindre Scipion l’Africain (Rome). À la mort de son père Gaïa, le trône massyle était disputé entre les héritiers. Les suffètes de Carthage, au lieu de soutenir Massinissa (pourtant l’un de leurs généraux en Espagne), jouèrent double jeu pour garder le contrôle sur la Numidie.</p>



<p>Massinissa était d’abord fiancé à la belle Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco. Pour sceller une alliance politique plus <em>«utile»</em>, Carthage la donna finalement en mariage à son rival, Syphax (roi des Massæsyles). Humilié et spolié de ses terres par Syphax avec l’appui de Carthage, Massinissa rompit définitivement. En combattant en Espagne, il put observer de près la puissance militaire de Rome. Il comprit que le vent tournait et que Rome était un allié plus solide pour réaliser son ambition. Après la guerre, il annexa les territoires de Syphax et unifia les tribus sous un seul sceptre, de la Moulouya jusqu’aux frontières de Carthage. Il poursuivit la sédentarisation des populations et développa l’agriculture. Les quartiers <em>«numides»</em> à Thugga, sous le forum romain, montrent que la ville était déjà une cité organisée et prospère sous son règne.</p>



<p>Après la chute de Carthage en 146 av. J.-C., les Romains conservèrent cette unité territoriale. Le nom <em>«Africa»</em> désignait spécifiquement la Tunisie avant de s’étendre à tout le continent. Situé au cœur de la Méditerranée, le territoire constituait une entité historique qui contrôlait des contrées s’étendant à travers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Cela correspondait au nord et à l’est de la Tunisie actuelle, avant de s’étendre pour inclure l’actuelle Tripolitaine (Libye) et une partie de l’Est actuellement algérien (Constantinois).</p>



<p>Massinissa était donc né à Dougga (Thugga). Pour les historiens, c’est un enfant du pays, à savoir la Tunisie. Pourtant, quelques faussaires prétendent que Massinissa serait <em>«le père de l’État algérien moderne»</em>, puisqu’il avait unifié les tribus numides. Une statue lui a d’ailleurs été érigée au cœur d’Alger en 2021, ce qui a été perçu comme une tentative de <em>«captation»</em> d’une figure massyle, issue d’une dynastie établie à Thugga.&nbsp;</p>



<p>La seconde <em>«captation»</em> est celle de Saint Augustin qui était certes né à Thagaste (Souk Ahras, en Algérie actuelle). Thagaste est située à environ 240 km de Carthage, mais elle faisait partie d’une région profondément <em>«punicisée»</em>. Saint Augustin lui-même, bien que citoyen romain de culture latine, se revendiquait fier de ses origines puniques. Car le punique était encore parlé par les populations rurales autour de Thagaste au IV<sup>e</sup> siècle apr. J.-C., soit plus de 500 ans après la chute de Carthage.</p>



<p>Augustin s’était formé intellectuellement à Carthage, y avait enseigné et avait passé une grande partie de sa vie dans la sphère d’influence carthaginoise. Il se définissait lui-même comme un <em>«fils de Carthage»</em> <sup>(3)</sup>, ce qui pousse les historiens tunisiens à rappeler que son héritage philosophique et théologique appartient à l’école de pensée de l’actuelle Tunisie.</p>



<p>À l&rsquo;époque, il se considérait comme un <em>«Africain»</em> au sens de la province d’Africa (Tunisie), et non selon des frontières nationales nées en 1962.</p>



<p>Même si ces grandes figures appartenaient à une époque où les frontières actuelles n’existaient pas formellement (la Numidie ou l’Afrique proconsulaire), leur existence résulte d’une culture et d’une civilisation punique incarnées par Carthage. Les transformer en <em>«citoyens»</em> d’un pays parce qu’ils auraient vécu, à un certain moment, dans des villes <em>«recouvrées»</em> est une incongruité.</p>



<p>Quelques mythomanes invétérés mènent aujourd’hui une politique active de <em>«patrimonialisation»</em> (colloques sur Massinissa, promotion du circuit de Saint Augustin) pour assoir une profondeur historique nationale qui fait défaut dans le récit colonial.&nbsp;Il est indubitable que même leurs concitoyens en Algérie, qui font preuve de discernement, ne peuvent que se dissocier de leurs supercheries. Saint Augustin et Massinissa ont agi dans un cadre géographique et politique dont Tunis-Carthage était le pôle majeur.</p>



<p>Cette territorialisation de l’histoire, où un pays cherche par tous les moyens à construire un récit national exclusif, est un anachronisme qui sert surtout des agendas politiques douteux. L’objectif serait vraisemblablement de créer un lien fictif direct. Il y a une inexactitude géographique qui utilise les frontières actuelles, imposées par le colonialisme, pour diviser des empires (Carthage, la Numidie, la Proconsulaire).</p>



<p>L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Un exemple parmi d’autres, le Haut-Commissariat à l&rsquo;Amazighité en Algérie milite activement pour l’unification de ces concepts dans les manuels afin de consacrer l’image d’un État numide précurseur de l’Algérie ! Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine <em>«numide»</em> ou <em>«punique»</em> est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. </p>



<p>Une mise au point sur la situation de toutes ces figures historiques et du patrimoine, permet de distinguer les faits historiques des dynamiques de <em>«nationalisation»</em> de l’histoire.</p>



<p>Le concept d’Ifriqiya est un patrimoine centralisé à Tunis. Par contre historiquement, le terme<em> «Algérie»</em> est une création administrative bien plus tardive, alors que le terme Ifriqiya (dont dérive le nom Tunisie) désignait un ensemble cohérent incluant l’Est algérien actuel et la Tripolitaine.&nbsp;Quant à la controverse historique sur Cirta, j’ai eu l’occasion de l’aborder amplement dans un article précédent (4).</p>



<p>Ce procédé apocryphe appliqué à la géographie et à l’histoire sert à faire des raccourcis pour imposer une lecture biaisée. Cela s’apparente à de l’instrumentalisation ou <em>«mésusage»</em> de l’histoire et de la géographie. Lorsqu’on simplifie à l’extrême ou qu’on manipule ces disciplines, l’objectif est généralement de créer un récitqui semble, de premier abord, indiscutable parce qu’il s’appuie sur des <em>«faits»</em> — même si ces derniers sont sortis de leur contexte.</p>



<p>On projette arbitrairement des concepts modernes (nations, frontières…) sur des époques anciennes où ils n’existaient pas réellement sous ces formes. Le fait d’utiliser des toponymes anciens ou spécifiques pour nier l’identité actuelle d’un lieu, en modifiant légèrement le curseur, on transforme une analyse complexe en un outil de triviale propagande.</p>



<p>Après les guerres puniques, Carthage fut reconstruite par Rome, devenant l’une des provinces les plus prospères (Africa proconsulaire 146 av. J.-C. &#8211; 439 ap. J.-C.). Puis, elle a été envahie par les Vandales, suivie de la reconquête byzantine sous Justinien I<sup>er</sup> en 533. L’année 698 marqua un tournant définitif avec la fin de l’influence byzantine en Afrique du Nord. La confrontation décisive opposa les armées du Hassan Ibn Numan, aux forces de l’Exarchat de Carthage. Plutôt que de reconstruire Carthage, trop exposée aux attaques maritimes de la flotte byzantine, Tunis fut choisie en tant que site plus protégé.</p>



<p>En 705, Kairouan devint officiellement la capitale de l’Ifriqiya et la base de rayonnement au Maghreb. Sous la dynastie Aghlabide (800–909), la Tunisie connut une prospérité immense. On lança la conquête de la Sicile, le pays devient une puissance maritime majeure. Kairouan dirigeait la Tunisie, l’Est algérien, la Tripolitaine et avait même conquis la Sicile et Malte. L’Ifrîqiya proprement dite, comprenait les anciennes Proconsulaire (ou Zeugitane) et Byzacène, séparées depuis Dioclétien, d’autre part le Zâb (une province stratégique entre le Sahara et la Méditerranée, servant de carrefour commercial majeur). On rencontre également l’expression d’<em>«Ifrîqiya proprement dite»</em> chez H. R. Idris qui écrit : <em>«À l’Ifrîqiya proprement dite, ensemble de plaines où les communications sont faciles, rares les passages obligés et les massifs fermés, pays fortement organisé autour de Kairouan, s’oppose le Maghreb central, complexe de massifs montagneux, plus ou moins anarchiquement isolés les uns des autres»</em> <sup>(5)</sup>. Il retrouve là une distinction strictement géographique, voire topographique, qui rejoint implicitement des considérations plus politiques (opposition entre l’<em>«organisation»</em> autour de Kairouan et l’<em>«anarchie»</em> à l’ouest).</p>



<p>En 909, une nouvelle dynastie s’établit. L’Empire Fatimide avait englobé tout le Maghreb.&nbsp;Il fonda une nouvelle capitale sur la côte, Mahdia, avec son port militaire fortifié. Les Fatimides finirent par partir conquérir l’Égypte pour y fonder Le Caire, laissant la Tunisie sous la gestion des Zirides. Lorsque ces derniers rompirent avec le Caire, le calife fatimide envoya les tribus bédouines des Banu Hilal et des Banu Salim pour punir l’Ifriqiya. Avec les invasions hilaliennes (XI<sup>e</sup> siècle), c’était un tournant dramatique. Ces invasions entrainèrent une désorganisation immense, notamment de l’agriculture sédentaire.</p>



<p>Tunis devint la capitale de la Tunisie (Ifriqiya) en deux étapes majeures : elle fut d’abord promue sous les Almohades en 1159, puis son statut est définitivement scellé sous la dynastie des Hafsides en 1228. Les Almohades (1121-1269) chassaient les Normands Tunisie (qui occupaient les côtes) et unifiait le Maghreb. Au cours de cette période la notion de territoire tunisien <em>«central»</em> se cristallisa le mieux sous le nom d’Ifriqiya. L’empire almohade, affaibli militairement et idéologiquement, se désagrégea, perdant sa cohésion sous le règne d’Al-Ma’moun (1227-1232). C’est dans ce contexte de déclin que la Tunisie s’émancipa de fait sous la tutelle de la dynastie hafside.</p>



<p>En 1229, les Hafsides rejettent l’autorité des Almohades et deviennent maîtres de l’Ifriqiya. L’Empire Hafside (1229-1574) représenta l’âge d’or de l’État tunisien médiéval. À son apogée, le royaume hafside de Tunis s’étendait de Bougie (Béjaïa en Algérie actuelle) à l’ouest jusqu’à Tripoli à l’est. Tunis était alors la capitale culturelle et politique incontestée du Maghreb central et oriental. C’était sans doute la période la plus stable et la plus riche de la Tunisie médiévale. Des liens commerciaux intenses se nouèrent avec les cités italiennes (Venise, Gênes) et l’Espagne. La capitale Tunis était devenue l’une des cités les plus peuplées et les plus riches, au rayonnement intellectuelreconnu. C’est l’époque du grand historien et philosophe Ibn Khaldoun, père de la sociologie moderne.&nbsp;</p>



<p>Pour le pouvoir central de Tunis, la frontière incluait la province de Bougie, avec à sa tête un gouverneur doté de compétences élargies. Les premiers souverains hafsides maintinrent un contrôle direct sur cette région. Dès 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa région, avec une autonomie de commandement (<em>Ibar</em>, VI, p. 685, <em>Berbères</em>, II, p. 384), reconnaissant la nécessité de donner à ce gouverneur les moyens de faire face à la menace des Abdelwadides ou des Mérinides à l’ouest. Vers 1370, le sultan de Tunis nomma à son tour à Bougie son fils aîné. Il lui céda son autorité sur les impôts et sur l’armée<em> (Ibar</em>, VI, p. 88, <em>Berbères</em>, III, p. 88.), lui donna <em>«le commandement absolu </em>[de sa ville et de sa province] <em>et la permission de prendre le titre, le cérémonial et les insignes de la royauté»</em> (<em>Ibar</em>, VI, p. 876, <em>Berbères</em>, III, p. 90.). Ces prérogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On connaît le passage de la <em>Muqaddima </em>dans lequel Ibn Khaldûn explique que <em>«toute dynastie est plus forte à son centre qu’à ses frontières»,</em> où se manifeste souvent en premier la perte de vitalité de la dynastie <sup>(6)</sup>.</p>



<p>Cette situation provoqua en effet, à plusieurs reprises, des sécessions par rapport à Tunis. Néanmoins ces dernières étaient davantage motivées par les prétentions des émirs de Bougie au sultanat que par une réelle volonté d’indépendance, donc par un sentiment centrifuge. Lorsque le sultan Abû Zakariyâ’ (1228-1249) confie à son fils et héritier Abû Zakariyâ’ Yahyâ le gouvernement de Bougie, il étend la domination de ce dernier à l’ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, Bône, et le territoire du Zâb : <em>«il donna à son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Banû Hammâd et lui confia l’administration de l’ensemble de sa région»</em> (<em>Ibar</em>, VI, p. 619, <em>Berbères</em>, II, p. 329).</p>



<p>Ibn Khaldûn définit donc ce territoire frontière avant tout par un ensemble de villes dominées par Bougie, avec leurs arrière-pays. L’allégeance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l’acceptation des gouverneurs envoyés par le souverain et par la <em>bay‘a</em> prononcée au moment de l’accession au trône de ce dernier, renouvelée régulièrement par la <em>khutba </em>prononcée en son nom.</p>



<p>La délimitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unité de base, la tribu. Mais il serait erroné de considérer ces tribus d’un point de vue purement ethnique, sans référence à l’espace<sup>(7)</sup>. Outre le fait que certaines de ces tribus sont sédentaires, le nomadisme n’exclut nullement la conscience d’un territoire tribal articulé autour de points d’eau et de zones de pâturages, à l’intérieur duquel se font les déplacements saisonniers. Il n’exclut pas plus le fait que ce territoire soit perçu comme faisant partie de l’espace de souveraineté d’un pouvoir d’État auquel la tribu faisait allégeance <sup>(8)</sup>.</p>



<p>Il s’agit de relever un fait authentifié, sous les Aghlabides, les Fatimides puis l’État Hafside qui s’étendait sur l’Ifriqiya, ce qui signifie que la Tunisie englobait des territoires allant de Bougie (Béjaïa) jusqu’aux environs de Tripoli, et incluait des zones de la Grande Kabylie notamment Alger et contrôlant des territoires jusqu’à la Grande Syrte (1228 à 1574). Le pays avait maintenu une autonomie politique forte, centrée sur Mahdia, Kairouan puis Tunis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2- Alerte, face aux tentatives d&rsquo;expropriation mémorielle</h2>



<p>En 1574, la Tunisie fut appariée à l’Empire Ottoman, avant d’acquérir une autonomie relative à partir de 1705. Le règne de Hammouda Pacha (1782-1814) marqua l’apogée de la dynastie husseinite en Tunisie. Son autorité a été testée par plusieurs conflits armés contre la Régence d’Alger, où Mustapha Pacha a été assassiné et les chroniques mentionnent Ahmed II Pacha comme successeur, une période marquée par de forte agitation et de successions rapides. La milice des janissaires jouait un rôle prédominant dans la destitution ou l’assassinat des deys d’Alger, rendant le pouvoir instable.</p>



<p>Cherchant à mettre fin au tribut versé à Alger, Hammouda Pacha fit réparer les remparts de la Médina de Tunis, de la Kasbah, et fit construire de nouvelles casernes comme celle d’El Attarine. Il déclara la guerre au Dey d’Alger en 1807. Le conflit culmina lors de la bataille de Constantine, où les troupes d’Alger subirent une défaite décisive. La victoire la plus emblématique contre les Algériens (ou plutôt Algérois) a été celle de juillet 1807. Le vizir Youssouf Saheb Ettabaâ intercepta l’armée algérienne à l’Oued Sarrat et l’écrasa, l’obligeant à fuir et à abandonner son artillerie. Cette victoire permit à la Tunisie de ne plus payer le tribut annuel à Alger. Une seconde guerre éclata en 1813. Les défenses tunisiennes ont tenu bon. Les troupes algériennes ont tenté de pénétrer en Tunisie mais ont été maintenues à la frontière. Le conflit s’est achevé par un traité en décembre 1813, signé par le Dey Hadj Ali d’Alger et le Bey Hammouda Pacha de Tunis.</p>



<p>Avec les Husseinites, la Tunisie avait agi comme un État quasi indépendant du pouvoir ottoman, avec ses propres traités internationaux et son premier texte constitutionnel en 1861 (le premier de la sphère proche orientale).&nbsp;Il est documenté que cette quête d’autonomie s’est manifestée par des actions symboliques, les navires tunisiens utilisaient leur propre pavillon et refusaient de se conformer strictement à l’usage des fanions ottomans, surtout lors de la période d’autonomie croissante sous Ahmed Bey I (1837-1855). Mais, avec la signature du Traité du Bardo en 1881, la Tunisie fut placée sous domination française.</p>



<p>À travers ce rapide périple historique, il a été possible de constater que, depuis l’antiquité et durant des siècles, le pouvoir central sur une vaste superficie était basé à Carthage-Dougga, Le Kef, Kairouan, Mahdia puis à Tunis. Par conséquent, son autorité se déployait sur des espaces territoriaux plus vaste que ceux de la Tunisie actuelle, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Des villes comme Annaba (Hippone) ou Constantine étaient administrativement et culturellement rattachées à la mouvance tunisienne. Cette antériorité historique explique pourquoi de nombreux Tunisiens perçoivent les digressions actuelles comme une tromperie et une forme d’expropriation mémorielle.&nbsp;Dès la fin du Moyen Age, le discours comme la pratique montrent l’émergence d’une appréhension politique de l’espace, qui se développe à l’époque moderne et contemporaine. La marche de Bougie à l’époque hafside en offre un bon exemple <sup>(9)</sup>.</p>



<p>Depuis quelques années, de nombreux Tunisiens relèvent avec étonnement la diffusion de contrevérités instillées notamment sur les réseaux sociaux, traduisant des tentatives de captation du patrimoine tunisien par certains individus qui manquent de tact et souffrent d’une carence éducative. Cette posture fourbe touche au cœur de l’identité nationale et de la légitimité historique, elle représente une tentative de réappropriation patrimoniale. Ajoutant à ces divagations, les propos d’un ancien parlementaire algérien et expert économique, du nom de Houari Tigharsi, qui ont suscité une vive controverse. En juillet 2022 <sup>(10)</sup>, lors d’une intervention télévisée, ce quidam a qualifié la Tunisie de <em>«wilaya»</em> (province ou gouvernorat) de l’Algérie, dans une interview accordée à la chaîne <em>Sky News Arabia</em>.</p>



<p>Bien que ces propos n’engagent pas -heureusement- l’État algérien, ils ont provoqué une vague d’indignation et ont été largement relayés par des médias comme une ébauche de velléités hégémoniques. Certains observateurs notent que ce type de discours (qualifier la Tunisie de <em>«wilaya»</em>) circule parfois dans des cercles proches du pouvoir des voisins de l’Ouest sans être ouvertement approuvé, ce qui contribue à alimenter les critiques sur une volonté d’hégémonie régionale qui avancerait à pas de loup. Cette <em>«maladresse»</em> n’est pas un hasard. Elle répondrait à un besoin intériorisé de forger une identité nationale (sur le dos des autres) dans une profondeur historique mythique dépassant l’ère coloniale. Surtout, il n’y a pas eu de dénonciation officielle spécifique du gouvernement algérien concernant ces propos, alors qu’ils avaient provoqué une vive indignation en Tunisie, les autorités n’ont pas émis de condamnation publique directe à propos de ses déclarations.</p>



<p>Au-delà de ce personnage, la même expression est parfois utilisée de manière condescendante dans certains débats médiatiques algériens. En mai 2023, l’ambassadeur d’Algérie en Italie avait déclaré que Rome et Alger s’entendaient pour <em>«préserver la stabilité de la Tunisie»</em>, une phrase perçue à Tunis comme une forme d’ingérence (D’aucuns diront&nbsp;: de quoi je me mêle).</p>



<p>L’absence de justifications est précisément ce qui alimente régulièrement la rancœur d’une partie importante de l’opinion tunisienne, qui n’y voit non pas un dérapage isolé, mais le reflet d’une certaine perception condescendante persistante.</p>



<p>L’ancien diplomate Elyes Kasri <sup>(11)</sup> a été l’une des voix les plus critiques, alertant sur ce qu’il perçoit comme une <em>«dérive»</em>, certains observateurs allant jusqu’à évoquer ironiquement une transformation en <em>«70<sup>e</sup> wilaya algérienne»</em>. Il a récemment remis sur le tapis la question des territoires frontaliers (environ 20 000 km²) qui ont été intégrés à l’Algérie après l’indépendance, perçus par certains Tunisiens comme une spoliation historique.</p>



<p>Cette perception d’une <em>«main basse»</em> sur le patrimoine tunisien alimente effectivement de vifs débats, où la question de l’appropriation culturelle est devenue un sujet de tension récurrent.</p>



<p>Le conflit le plus emblématique concerne la zone saharienne et la célèbre Borne 233 (Garet El Hamel).&nbsp;La Tunisie revendiquait une bande de territoire au sud-ouest, s’étendant de la borne 222 (Fort Saint) jusqu’à la borne 233. Ce territoire, riche en ressources pétrolières (gisement d’Edjelé), aurait permis à la Tunisie d’étendre sa souveraineté sur environ 20 000 km². En plein conflit de Bizerte (1961), le président Habib Bourguiba a tenté de matérialiser cette souveraineté en envoyant un commando planter le drapeau tunisien sur la borne 233. Un affrontement armé avec les troupes françaises stationnées sur place fit 13 morts côté tunisien.</p>



<p>Il y a lieu de souligner que la frontière tuniso-algérienne a été historiquement une zone complexe, avec des barrages érigés pendant la guerre d’Algérie et des conflits territoriaux passés (1628, 1807). Les frontières actuelles sont en partie le résultat de négociations laborieuses, notamment le traité de 1628 entre la Régence indépendante de Tunis et la Régence du Dey d’Alger, qui est resté la base jusqu’à ce que les autorités militaires françaises en Algérie ne le remettent en cause en 1845.&nbsp;Les frontières modernes commencent à se dessiner, souvent au prix de conflits avec la Régence d’Alger à l’ouest (appelé traité d’Es-Settara), qui mit fin à la guerre et confirma la fixation de l’Oued Serrat comme frontière ouest. Les traités successifs ont fini par fixer les limites que nous connaissons aujourd’hui, bien que les tribus frontalières aient longtemps circulé librement.</p>



<p>L’examen des documents cartographiques coloniaux révèle que le tracé des frontières actuelles est le produit d’une série de conventions et de décisions administratives françaises qui ont systématiquement favorisé l’Algérie (alors considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Régence de Tunis.&nbsp;La Convention de 1901: un procès-verbal entre le gouverneur général d’Algérie et le résident général de France en Tunisie amorce le détachement de portions territoriales au profit de l’administration algérienne.</p>



<p>La Convention de Tripoli (1910)signée entre le Bey de Tunis et l’Empire Ottoman (pour la Tripolitaine), délimite la frontière sud. Bien qu’elle reconnaisse la borne 233 <sup>(12)</sup> (Garet El Hamel) comme point ultime du territoire tunisien, la France refusa par la suite d’appliquer strictement ce tracé pour conserver le contrôle sur des zones qu’elle considérait comme stratégiques.</p>



<p>Le grignotage du Sahara s’est effectué à travers les conventions successives en 1910 et 1929 qui ont entériné un<em> «découpage imaginaire»</em>. Avant que la France et l’Italie ne figent les frontières par des traités (comme celui de 1910 avec la Libye), les tribus et populations (comme les Werghemma) évoluaient dans un espace fluide, défiant les tentatives coloniales de fixer des limites territoriales strictes.</p>



<p>Il est clairement établi que la France privilégia l’unité administrative de son<em> «département algérien»</em>, annexant de facto des zones de parcours de tribus tunisiennes (comme les Frachich) pour garantir la sécurité des colons en Algérie.&nbsp;Le contentieux majeur portait donc sur une étendue de près de 20 000 km² (soit la superficie d’un pays comme la Slovénie) située au sud.&nbsp;Ce territoire englobe des zones riches comme El Borma, Ouargla et Berkine, piliers de l’actuelle puissance pétro-gazière algérienne.</p>



<p>Quant à la Borne 233, elle demeure le symbole de la spoliation. La France avait juridiquement reconnu son appartenance à la Tunisie, mais a maintenu une ambiguïté pour protéger le triangle stratégique Bir Romane &#8211; Borne 233 &#8211; Fort Saint.&nbsp;</p>



<p>L’accord de 1964, lors de la conférence du Caire, représentait un arrangement entre Habib Bourguiba et Ahmed Ben Bella. Il prévoyait la restitution de ces 20 000 km² à la Tunisie. Après la chute de Ben Bella en 1965, le nouveau pouvoir algérien (Boumediene) a refusé d’honorer cet accord, s’appuyant astucieusement sur le principe de l’OUA concernant <em>«l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme»</em> pour sanctuariser ces gains territoriaux.&nbsp;</p>



<p>Ces documents montrent que la cartographie n’était pas un simple relevé géographique, mais un outil de gestion des conflits et d’expansion coloniale, transformant des limites de parcours tribaux en frontières d’État rigides au profit de l’entité la plus <em>«française»</em> du Maghreb à l’époque.&nbsp;</p>



<p>On ne peut que constater que la Tunisie a dû faire face à des tensions territoriales significatives avec ses voisins, principalement liées au legs de l’administration coloniale française qui avait favorisé l’Algérie (considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Tunisie.&nbsp;</p>



<p>Finalement, le pouvoir tunisien abandonna ses revendications pour préserver la paix, par des accords successifs : celui de 1970 sur le tracé sud (Bir Romane &#8211; Fort Saint)&nbsp;et celui de 1983 sur le tracé nord (Méditerranée &#8211; Bir Romane).&nbsp;</p>



<p>En dépit de toutes ces péripéties, Tunisiens et Algériens dans leur ensemble partagent des liens profonds et sont pour une coexistence pacifique. Car la proximité n’est pas seulement géographique, elle est humaine. Les familles transfrontalières, les mariages mixtes et l’histoire commune de la lutte pour l’indépendance créent un sentiment d’appartenance commune qui dépasse les discours politiques ou les polémiques de réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p>Les populations des deux pays aspirent avant tout à la paix, au développement économique et à la libre circulation sans arrière-pensées hégémoniques. La coexistence paisible est perçue comme la seule voie viable pour la prospérité régionale dans un monde de plus en plus instable.</p>



<p>Pourtant, ces <em>«fauteurs de troubles»</em> qui cherchent à semer la discorde, bénéficient souvent d’une visibilité disproportionnée sur internet, mais ils ne représentent pas la volonté des millions de Tunisiens et d’Algériens qui cultivent le respect et l’amitié au quotidien. Cette notion grotesque de <em>«grand frère»</em> est souvent perçue comme paternaliste et ne correspond pas aux aspirations des sociétés modernes qui privilégient le partenariat et l’égalité.</p>



<p>Une logique de respect mutuel est essentielle pour plusieurs raisons. Chaque nation a son propre parcours, ses défis et sa souveraineté à protéger. Le respect de ces spécificités est la base de toute relation saine et durable, c’est le meilleur rempart contre les malentendus. En se traitant d’égal à égal, la coopération devient plus efficace. Il ne s’agit pas de <em>«donner des leçons»</em>, mais de partager des solutions. Les termes de supériorité ou les tentatives d’ingérence sont souvent ceux qui alimentent les réactions de rejet. Toute tentative perçue comme hégémonique risque de compromettre les relations en brisant la confiance et en créant un déséquilibre qui génère inévitablement résistance et conflits. Ce qui crée un terrain propice aux blocages de communication, nuisant à la relation sur le long terme.</p>



<p>En somme, la force de la relation entre deux États souverains et ses citoyens réside dans cette capacité à se considérer comme des partenaires stratégiques, sans qu&rsquo;une tutelle morale ou politique ne vienne entacher cette amitié. À bon entendeur, salut&nbsp;!</p>



<p><em>* Ecrivain.</em></p>



<p><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p><em>1- Lucien Febvre, “Frontières : le mot et la notion”, Bulletin du Centre International de Synthèse, XLV, 1928, repris dans Pour une histoire à entière, Paris, 1962, p. 17-18.</em></p>



<p><em>2- Dougga (Thugga). Études épigraphiques<strong> &#8211; </strong>Sous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin, Ausonius Éditions,1997, 278 pages.</em></p>



<p><em>3- Saint Augustin, numide universel, La Vie, 16/04/2026.</em></p>



<p><em>4- Carthage, la Tunisienne (1-2), Nos ancêtres les Massyles, Kapitalis, 5 et 6 juillet 2025.</em></p>



<p><em>5</em>&#8211; <em>Hady-Roger Idris, La Berbérie orientale sous les Zirides, X<sup>ème</sup>-XII<sup>ème</sup> siècle, Paris, 1962, p. 409.</em></p>



<p><em>6- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle. Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Paris, 1967-8, p. 318.</em></p>



<p><em>7- Voir notamment les réflexions de Laroussi Amri, et sa critique des thèses d’É.-F. Gautier, Pour une sociologie 8 &#8211; des ruptures. La tribu au Maghreb médiéval, Tunis, 1997, p. 189 sqq.</em></p>



<p><em>8- Sur ce rapport entre allégeance et territoire, voir notamment Vincent Geisser, Rapport préliminaire à l’atelier «formes d’allégeances et territorialisation», Villes et territoires au Maghreb, op.cit., p. 115-117.</em></p>



<p><em>9 &#8211; Cf. Dominique Valérian, Bougie, port maghrébin à la fin du Moyen Age, thèse d’université, Université Paris I, décembre 2000.</em></p>



<p><em>10- Tunisie numérique, 18 juillet 2022.</em></p>



<p><em>11 &#8211;</em> <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/05/carthage-la-tunisienne-1-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Carthage Tunisienne</a>, <em>Kapitalis, 2 nov. 2025.</em></p>



<p><em>12- Ben Salem, Mohamed Mémoire DES de Droit Public : l&rsquo;affaire de la borne 233</em>&#8211;<em>Faculté Droit de Tunis-1971-1972.</em></p>



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		<title>Ooredoo annonce l&#8217;arrivée réussie de son câble sous-marin « Ifriqiya » à Bizerte, reliant la Tunisie à l&#8217;Europe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Feb 2024 01:05:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[câble sous-marin]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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<p><em><strong>Dans une étape significative pour les télécommunications en Tunisie, Ooredoo Tunisie, en collaboration avec PCCW Global, annonce l&rsquo;arrivée réussie du câble sous-marin « Ifriqiya » au point d&rsquo;atterrissage à Bizerte. Le câble, qui relie la Tunisie à Marseille, marque une étape cruciale dans le renforcement de la connectivité internationale du pays.</strong></em></p>



<span id="more-11529748"></span>



<p>Ce câble sous-marin, entièrement détenu et exploité par Ooredoo Tunisie, soutient la diversification de l&rsquo;offre de connectivité internationale de la Tunisie. Le câble est destiné à jouer un rôle essentiel dans la réponse aux exigences croissantes du paysage numérique.</p>



<p>M. Nizar Ben Néji, ministre des Technologies de la communication, a souligné l&rsquo;importance de ce projet, le considérant comme l&rsquo;un des grands projets d&rsquo;investissement pour le pays. Le projet, qui devrait entrer en service ce mois de mars, est crucial pour renforcer notre infrastructure numérique et renforcer notre connexion avec le reste du monde.</p>



<p>Il contribuera à améliorer la qualité des services numériques, nécessitant une capacité élevée pour la rapidité du flux Internet, tout en favorisant l&rsquo;innovation et le renouveau dans divers domaines.</p>



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<p>Mansoor Rashid Al-Khater, CEO de Ooredoo Tunisie, a souligné l&rsquo;importance de ce câble sous-marin pour le secteur des télécommunications du pays. </p>



<p>«<em>C&rsquo;est un événement historique pour nous en tant qu&rsquo;opérateur et pour le pays en tant qu&rsquo;avancée dans le domaine des télécommunications. Ce câble est un projet important pour Ooredoo offrant une grande capacité allant jusqu&rsquo;à 3TB/s. Ooredoo aura deux câble à l’international l’un est le backup de l’autre»,</em> a déclaré Al-Khater. Il a également noté que le câble permettrait à Ooredoo Tunisie de continuer à offrir le meilleur service au meilleur prix, notamment en matière de services Internet.</p>



<p>Prévu pour être opérationnel début mars 2024, le câble sous-marin « Ifriqiya » s&rsquo;inscrit dans la stratégie d&rsquo;Ooredoo visant à exploiter les nouvelles technologies et l&rsquo;innovation pour améliorer le monde d&rsquo;opportunités de ses clients. Le câble améliore non seulement la diversité et le choix au sein de l&rsquo;infrastructure internationale d&rsquo;Ooredoo, mais offre également un nouveau point d&rsquo;entrée en Tunisie aux opérateurs mondiaux et aux entreprises recherchant une connectivité en Tunisie et au-delà.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" data-id="11529784" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-11529784" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-1024x682.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-768x512.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-1536x1023.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-580x386.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-860x573.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8-1160x773.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O8.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" data-id="11529786" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-11529786" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-1024x682.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-768x512.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-1536x1023.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-580x386.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-860x573.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6-1160x773.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O6.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" data-id="11529785" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-11529785" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-1024x576.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-300x169.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-768x432.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-1536x864.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-580x326.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-860x484.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5-1160x653.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O5.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" data-id="11529787" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-11529787" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-1024x682.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-768x512.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-1536x1023.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-580x386.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-860x573.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7-1160x773.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/O7.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Cette réalisation renforce l&rsquo;engagement d&rsquo;Ooredoo Tunisie à rester à la pointe des avancées technologiques, garantissant que ses clients bénéficient des solutions de connectivité les plus récentes et les plus fiables.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Communqiué</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/06/ooredoo-annonce-larrivee-reussie-de-son-cable-sous-marin-ifriqiya-a-bizerte-reliant-la-tunisie-a-leurope/">Ooredoo annonce l&rsquo;arrivée réussie de son câble sous-marin « Ifriqiya » à Bizerte, reliant la Tunisie à l&rsquo;Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>A Beit al-Hikma : la pensée d’Ibn Arafa revisitée par Sâad Ghrab   </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/09/a-beit-al-hikma-la-pensee-dibn-arafa-revisitee-par-saad-ghrab/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jun 2023 10:26:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[14e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Beit Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[Ibn Arafa]]></category>
		<category><![CDATA[Ibn Khaldoun]]></category>
		<category><![CDATA[Ifriqiya]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Arkoun]]></category>
		<category><![CDATA[Nejmeddine Hentati]]></category>
		<category><![CDATA[Sâad Ghrab]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Mannai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sâad Ghrab étudie Ibn Arafa et le malikisme en Ifriqiya au 8e siècle de l’Hégire.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/09/a-beit-al-hikma-la-pensee-dibn-arafa-revisitee-par-saad-ghrab/">A Beit al-Hikma : la pensée d’Ibn Arafa revisitée par Sâad Ghrab   </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beit Al-Hikma, a organisé, le mercredi 7 juin 2023, une présentation de la traduction du livre de feu Sâad Ghrab, intitulé «Ibn Arafa et le malikisme en Ifriqiya au 8e siècle de l’Hégire (14e siècle)».</strong></em></p>



<span id="more-8294115"></span>



<p>Le livre, traduit par l’historien et universitaire tunisien Pr Nejmeddine Hentati, a été présenté par Pr Tahar Mannai. Il est, à l’origine, la thèse de doctorat d’Etat, soutenue par Sâad Ghrab à l’Université de la Sorbonne (Paris) en 1984, sous la direction de Mohamed Arkoun.</p>



<p>L’ouvrage, qui s’inscrit dans la section de l’islamologie, comporte cinq parties déclinées sous quinze chapitres. Dans la première partie, l&rsquo;auteur présente les grandes étapes de l&rsquo;évolution politico-religieuse en Ifriqiya depuis les débuts de l&rsquo;islam jusqu&rsquo;à la fondation de la dynastie hafside.</p>



<p>La deuxième partie traite du cadre culturel de la formation intellectuelle d&rsquo;Ibn Arafa et un essai de dresser son portrait biographique. L&rsquo;attention est portée, dans la troisième partie, sur l’œuvre d’Ibn Arafa, et par la suite, sur ses disciples, dans la quatrième partie. La dernière section du livre a été consacrée aux grands problèmes de l’époque du célèbre &nbsp;jurisconsulte.</p>



<p>L&rsquo;auteur n&rsquo;est pas tombé dans l’écueil du simple ouvrage biographique retraçant la vie d&rsquo;Ibn Arafa. Ce personnage était plutôt <em>«un prétexte»</em> pour réaliser une étude d&rsquo;histoire religieuse autour du 8e siècle de l’Hégire / 14e siècle.</p>



<p>Ce siècle étant d’une grande importance, car des personnalités remarquables y vécurent, à commencer par Ibn Arafa et Ibn Khaldoun (808 H/1406). Cette période revêt, par ailleurs, une grande importance de par le fait qu’elle a marqué le début du déclin du monde islamique face aux menaces chrétiennes. Ibn Khaldoun en était conscient et analysa la situation du point de vue du philosophe, de l’historien et de l’homme politique.</p>



<p>Alors qu’Ibn Arafa a traité d’un certain nombre de questions de son époque, en adoptant une approche rationnelle, mais, toutefois, imprégnée de l’esprit de la jurisprudence islamique (fiqh).</p>



<p>L&rsquo;importance de l’ouvrage réside, aussi, en ce qu’il s&rsquo;intéresse, également, à l&rsquo;une des principales étapes du développement de l&rsquo;école de pensée malékite en Ifriqiya, l’actuelle Tunisie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="h8ehKVuMJi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/05/a-beit-al-hikma-la-biographie-dibn-arafa-par-saad-ghrab/">A Beit Al-Hikma : la biographie d’Ibn Arafa par Saad Ghrab    </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A Beit Al-Hikma : la biographie d’Ibn Arafa par Saad Ghrab     » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/05/a-beit-al-hikma-la-biographie-dibn-arafa-par-saad-ghrab/embed/#?secret=XHbUo4Y3Mf#?secret=h8ehKVuMJi" data-secret="h8ehKVuMJi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/09/a-beit-al-hikma-la-pensee-dibn-arafa-revisitee-par-saad-ghrab/">A Beit al-Hikma : la pensée d’Ibn Arafa revisitée par Sâad Ghrab   </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : «Mon pays est africain», dirait Kaïs Saïed</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/tunisie-mon-pays-est-africain-dirait-kais-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Mar 2023 08:44:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[identité arabo-musulmane]]></category>
		<category><![CDATA[Ifriqiya]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[subsahariens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kaïs Saïed ne cesse d’affirmer son désir de sauvegarder jusqu’à l’obsession l’identité arabo-musulmane de la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/tunisie-mon-pays-est-africain-dirait-kais-saied/">Tunisie : «Mon pays est africain», dirait Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Kaïs Saïed ne cesse d’affirmer son désir de sauvegarder jusqu’à l’obsession l’identité arabo-musulmane de la Tunisie ce qui l’a amené, récemment, à considérer la migration depuis les pays subsahariens vers son pays comme un complot démographique.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Noura Bensaad</strong> *</p>



<span id="more-6953100"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Noura-Bensaad.jpg" alt="" class="wp-image-6953143" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Noura-Bensaad.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Noura-Bensaad-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Noura-Bensaad-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>C’est l’histoire d’une femme, elle existe réellement, qui a exprimé son identité féministe en expliquant que son engagement l’avait entre-autre amenée à rejeter tout ce qui vient d’un homme, pas seulement la relation amoureuse, comme on peut s’y attendre, mais aussi ce qu’il est susceptible de créer ou de réaliser, par exemple un livre ou un film, qu’elle se refuse ainsi de lire ou de regarder.</p>



<p>Avec beaucoup de pertinence et d’ironie, un dessinateur caricaturiste a croqué le portrait de cette personne en la représentant dans le cabinet d’un psychanalyste, ce lieu de l’intime le plus secret où l’on parle de ses complexes, de ses obsessions, de ses blessure narcissiques. Allongée sur un divan derrière lequel se trouve assis le psychanalyste, carnet en main, elle dit la cause de son tourment irrésolu:&nbsp;<em>«Mon père est un homme.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’obsession l’identité </h2>



<p>Avec ce même esprit de dérision, on pourrait se figurer cette scène mais avec Kaïs Saïed et qui dirait, allongé sur son divan de psychanalyste&nbsp;: <em>«Mon pays est africain.»</em></p>



<p>Dans les deux cas, la personne psychanalysée se révèle être dans l’incapacité la plus totale d’accepter la réalité telle qu’elle est parce que son désir le plus profond est que cette réalité soit autre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NNcVdarBJ0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/08/lettre-ouverte-de-la-part-dune-citoyenne-tunisienne-noire-au-president-kais-saied/">Lettre ouverte de la part d’une citoyenne Tunisienne Noire au président Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Lettre ouverte de la part d’une citoyenne Tunisienne Noire au président Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/08/lettre-ouverte-de-la-part-dune-citoyenne-tunisienne-noire-au-president-kais-saied/embed/#?secret=YbgafnNumC#?secret=NNcVdarBJ0" data-secret="NNcVdarBJ0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Or le désir de Kaïs Saïed, on l’aura compris, est celui d’affirmer, de revendiquer et aussi de sauvegarder jusqu’à l’obsession l’identité arabo-musulmane de son pays ce qui l’a amené, récemment, à considérer la migration depuis les pays subsahariens vers la Tunisie comme <em>«un projet dont les visées sont occultes et destinées à cantonner la Tunisie dans sa seule dimension africaine</em> (mais) <em>qui n’a d’identification ou affinité qu’avec la nation arabo-musulmane.»</em> Occultant ainsi, avec une facilité ahurissante, tout ce que la Tunisie a été avant et même après l’expansion arabo-musulmane vers les pays d’Afrique du nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La phobie de l’Autre</h2>



<p>Les propos du président de la république révèlent malheureusement cette phobie de l’Autre en tant que destructeur potentiel d’une identité telle qu’elle est exprimée par la théorie du Grand remplacement, théorie qui fait les délices de l’extrême-droite dans certaines contrées européennes. Laquelle avance elle aussi comme preuve d’une volonté de perversion de l’identité d’une population, celle de pratiques criminelles opérées par une communauté<em> «importée»</em>. Dans son allocution, l’amalgame était troublant, Kaïs Saïed a en effet déploré que <em>«la poursuite de l’afflux des migrants irréguliers vers la Tunisie a véhiculé une montée en puissance de la violence, de la criminalité et autres pratiques répréhensibles par la loi.»</em></p>



<p>Confronté à une vague d’indignation, le président a ensuite tenté d’expliciter ou de nuancer ses propos en précisant qu’il tenait à rassurer les ressortissants subsahariens en situation régulière et que la Tunisie, anciennement appelée Ifriqiya, ne peut, par définition, exercer de la discrimination. Malheureusement, ces précisions n’ôtent pas grand chose à son accusation sur le projet d’on ne sait qui au juste – on remarquera au passage que dans sa lutte contre les forces du mal, il fait souvent référence à des parties mal intentionnées sans jamais nous éclairer sur qui sont ces parties exactement –, de détruire notre identité arabo-musulmane.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fh48a75w7g"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/08/tunisie-ou-le-piege-en-noir-et-blanc-de-lifriqiya/">Tunisie, ou le piège en noir et blanc de l’Ifriqiya</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie, ou le piège en noir et blanc de l’Ifriqiya » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/08/tunisie-ou-le-piege-en-noir-et-blanc-de-lifriqiya/embed/#?secret=zOrqvSr20C#?secret=fh48a75w7g" data-secret="fh48a75w7g" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un goût de la fête et de la vie</h2>



<p>À propos de cette identité sur laquelle le président se propose de veiller farouchement comme si elle était en perpétuel danger, on peut se demander si lui, qui paraît si proche de son peuple au point de comprendre mieux que personne ce qu’il veut (<em>el chaâb yourid</em>), si lui, donc, sait que beaucoup de Tunisiens fêtent à leur manière Noël, ce qui ne les rend pas moins musulmans, car dans la célébration de cet événement religieux qui plait tant aux enfants, il y a seulement et uniquement l’expression d’un goût de la fête et de la vie. Ce qui est la marque la plus évidente d’une identité faisant fi de tous les extrêmes.&nbsp;</p>



<p>NB&nbsp;: cette tribune libre aurait pu paraître plus tôt. Quoi qu’il en soit, il est important que Nous, Tunisiens, nous nous exprimions. Aussi pour rappeler que personne ne peut incarner exclusivement la voix du peuple.</p>



<p>* <em>Écrivaine.</em>  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/tunisie-mon-pays-est-africain-dirait-kais-saied/">Tunisie : «Mon pays est africain», dirait Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Message du ministre des Affaires étrangères «à tous nos frères africains présents sur le sol tunisien»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/25/message-du-ministre-des-affaires-etrangeres-a-tous-nos-freres-africains-presents-sur-le-sol-tunisien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Feb 2023 21:33:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[affaires étrangères]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Ifriqiya]]></category>
		<category><![CDATA[Moussa Faki Mahamat]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[subsahariens]]></category>
		<category><![CDATA[Union africaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Message du ministre des Affaires étrangères «à tous nos frères africains présents sur le sol tunisien»</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/25/message-du-ministre-des-affaires-etrangeres-a-tous-nos-freres-africains-presents-sur-le-sol-tunisien/">Message du ministre des Affaires étrangères «à tous nos frères africains présents sur le sol tunisien»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>«Au cours de son histoire, la Tunisie, terre de rencontre et carrefour de civilisations qui a donné son nom antique « Ifriqiya » au continent, n&rsquo;a jamais été à l’origine d’un incident ou d’une transgression envers ses hôtes», a indiqué le ministère des Affaires étrangères, en réponse au communiqué du président de la Commission de l&rsquo;Union africaine (UA) Moussa Faki Mahamat, qui a fermement condamné «les déclarations choquantes faites par les autorités tunisiennes contre des compatriotes africains«»</strong></em></p>



<span id="more-6656937"></span>



<p>Dans un communiqué publié ce samedi 25 février 2022, le ministère a également indiqué qu&rsquo;il considère que ce communiqué <em>«se contredit avec les résultats de la rencontre qui a réuni hier, Nabil Ammar ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l&rsquo;étranger, avec le groupe d&rsquo;ambassadeurs africains accrédités à Tunis, au cours de laquelle ils ont réitéré à l’unisson leur attachement au respect des lois tunisiennes en matière de migration et à la concordance des vues relatives aux défis du phénomène de la migration irrégulière».</em></p>



<p>Évoquant <em>«un malentendu des positions des autorités tunisiennes»</em>, le ministère a également réaffirmé l&rsquo;engagement de la Tunisie à coopérer avec la Commission de l&rsquo;Union africaine et tous les pays africains <em>«en vue de résoudre les problèmes migratoires pour en faire une migration sûre, digne et régulière sur la base de la responsabilité et de la solidarité et dans le respect de la souveraineté et des lois en vigueur dans tous les pays».</em></p>



<p>D&rsquo;autre part Nabil Ammar a adressé un message afin de rassurer les Subsahariens vivant en Tunisie suite à la campagne menée à leur encontre :</p>



<p>«<em>A tous nos frères africains présents sur le sol tunisien, je voudrais adresser un message de fraternité et de responsabilité, qu’ils soient en séjour régulier ou irrégulier.<br>Toutes les mesures sont prises pour assurer leur sécurité et leur dignité.<br>La Tunisie restera toujours cette terre connue dans le monde pour la qualité de son accueil et son humanisme.<br>Il ne faut céder à aucune provocation d’où qu’elle vienne, car de multiples parties ont malheureusement intérêt à créer l’amalgame, et à envenimer la situation, pour des objectifs mercantiles ou autres, qui n’ont rien à voir avec la sécurité et l’intérêt des migrants.<br>J’invite les migrants légaux à informer les autorités tunisiennes de toute dérive ou menace à leur encontre. Et j’appelle tous les migrants en situation irrégulière à se manifester auprès des autorités tunisiennes et de leurs Ambassades ou Consulats, pour organiser leur retour dans le cadre de la protection de tous leurs droits.<br>Vive l’Afrique indépendante et solidaire, comme l’ont voulue les pères fondateurs !»</em>.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/25/message-du-ministre-des-affaires-etrangeres-a-tous-nos-freres-africains-presents-sur-le-sol-tunisien/">Message du ministre des Affaires étrangères «à tous nos frères africains présents sur le sol tunisien»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’art tunisien de négocier : Une lecture trans-historique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2020 09:13:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution de 2011]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le don de négociation hérité de leurs ancêtres, qui ont bâti la Tunisie suivant de nombreuses stations et épreuves, témoignant d’un fort attachement à leur terre, les Tunisiens d’aujourd’hui peinent à le retrouver et à le fructifier, pris qu’ils sont dans d’inextricables querelles fratricides. Par Taha Masmoudi * Occupant depuis toujours une parcelle réduite de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Port-punique-de-Carthage.jpg" alt="" class="wp-image-300219"/><figcaption><em>L&rsquo;ancien port punique de Carthage: symbole d&rsquo;une civilisation ouverte sur la mer.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Le don de négociation hérité de leurs ancêtres, qui ont bâti la Tunisie suivant de nombreuses stations et épreuves, témoignant d’un fort attachement à leur terre, les Tunisiens d’aujourd’hui peinent à le retrouver et à le fructifier, pris qu’ils sont dans d’inextricables querelles fratricides.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Taha Masmoudi</strong> *</p>



<span id="more-300218"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Taha-Masmoudi.jpg" alt="" class="wp-image-300220"/></figure></div>



<p>Occupant depuis toujours une parcelle réduite de terre, la Tunisie a toujours été la plus petite de ses deux autres grandes sœurs voisines, celles qu’on s’accorde aujourd’hui à nommer Algérie et Libye.</p>



<p>Depuis l’Antiquité, les Romains ont accordé à la Province Romaine d’Afrique, ancienne Carthage et future Africa Vetus puis Afrique Proconsulaire, la contrée la plus restreinte de toutes.</p>



<p>Quelques siècles plus tard, devenu musulman, le Maghreb a conservé, non seulement les principaux aspects de la structure administrative et sociale hérités de l’antiquité tardive, mais aussi sa formation territoriale.</p>



<p>Durant les périodes les plus prospères, les gouverneurs/princes/sultans de la province d’Ifriqiya ont réussi à s’étendre pour atteindre les confins de Tripoli à l’est et celles d’Annaba à l’ouest.</p>



<p>Tout ceci pour dire que, conscients de l’étroitesse de leur champs d’action et par conséquence de leurs ressources, les habitants de ce pays ont vite compris que, pour s’affirmer sur la scène méditerranéenne, à l’époque réel centre d’une <em>«économie-monde»</em>, pour reprendre l’expression de Fernand Braudel, il faut miser bien plus sur d’autres moyens, afin de transformer le peu de ressources qu’offre la terre, aussi fertile soit-elle, en une richesse effective, en or et en argent.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Carthaginois, acteurs majeurs dans la Méditerranée antique</h3>



<p>Héritiers de leurs ancêtres phéniciens, les Carthaginois étaient les premiers à avoir transformé cette petite terre lointaine, qui n’était pas plus grande que leur terre d’origine non plus, en un acteur principal dans la Méditerranée antique, durant leur sept siècles d’existence, puis en un empire qui a tant irrité son rival romain, qui n’a pris son aise qu’en détruisant la rayonnante cité antique qu’était Carthage. Qu’est-ce qui faisait la puissance des Carthaginois et qui a tant indigné les Romains, au point de lui déclarer trois guerres consécutives ?</p>



<p>En effet, le terme empire carthaginois ne fait pas référence à un empire au sens territorial ni politique du terme, mais plutôt au sens commercial. Les comptoirs commerciaux carthaginois s’étendaient sur la quasi-totalité des littoraux de la Méditerranée occidentale. À cette époque, détenir un comptoir signifiait que telle puissance détenait un ancrage dans une région. Sans la nécessité d’y établir un gouvernement ou de contrôler sa population, ces comptoirs servaient de point d’attache pour les commerçants dans la région.</p>



<p>Ainsi, partant d’une superficie infime, qui n’excédait pas celle de la peau d’un taureau, Carthage est devenue une puissance pratiquant tout genre de commerce, de gros ou de détail. Les Carthaginois vendaient aussi bien les produits de leur terre (huile d’olive, blé, etc.) que des produits<em> «importés» </em>tels que l’or, l’argent, le cuivre, l’étain, le plomb, l’ivoire, les esclaves, les épices, pour ne citer que ces exemples, grâce au rôle d’intermédiaire commercial qu’ils jouaient entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le don de <em>«commercer»</em> ou de <em>«négocier»</em></h3>



<p>En fait, dès le VIe siècle, navigateurs et explorateurs carthaginois se sont lancés dans de lointains périples, s’aventurant dans des contrées jusque-là inconnues et <em>«dangereuses»</em> : Hannon a emmené son équipage, nous racontent les sources anciennes, vers les côtes africaines, probablement dans l’actuel Ghana. Himilcon, lui, s’est hasardé en Europe du Nord, vers les îles britanniques.</p>



<p>Vraisemblablement, c’était l’intuition, la persistance et la volonté qui animaient ces deux précurseurs des grandes découvertes géographiques, ces ancêtres de Christophe Colomb et de Vespucci, à bien mener leur odyssée et à traverser la mer des ténèbres, bien avant les Portugais. Mais quelle fut la nature de cette intuition ?</p>



<p>En fait c’était la même qui a poussé leurs ancêtres phéniciens à quitter leur belle cité qu’était Tyr et venir s’installer en Afrique, la même aussi qui a fait la grandeur et la prépondérance de la cité carthaginoise. Cette intuition dont on parle ressemble plutôt à un don. Ce dernier dont étaient munis les colons phéniciens devenus maîtres d’une grande civilisation, s’appelle le don de <em>«commercer»</em> ou de <em>«négocier»</em>.</p>



<p>Sans que cela ne représente une surprise, la littérature antique fourmillait de références au sens de commerce qui caractérisait les Phéniciens. L’image d’un peuple aventurier bravant les mers à la recherche des richesses et animé par l’appât du gain véhicule chez les historiens de l’Antiquité.<br>Toutefois, un commerçant habile est un commerçant qui sait convaincre.</p>



<p>C’est sans doute le talent de persuasion qui fait le génie du commerçant et qui le différencie des autres corps de métier. Ce talent s’est traduit dans <em>‘‘L’Odyssée’’</em> d’Homère par le terme <em>«ruse»</em>. Racontant l’épisode de son enlèvement par des marchands phéniciens, Eumée accuse ces derniers d’avoir pratiqué la ruse pour distraire sa famille, alors que la servante, elle-même d’origine phénicienne, quitte la maison et l’emmène avec elle.</p>



<p>Justinien, lui, narrant l’épisode de la fondation de Carthage, évoque le talent de négociation ainsi que la subtilité de la princesse Elyssa-Didon qui réussit à transformer une surface équivalant à une peau de bœuf en une «sorte de cité», selon son expression.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le Tunisien, sagace négociateur à l’image de ses aïeux carthaginois</h3>



<p>Qu’est-ce qui a changé plus de 23 siècles plus tard ? Rien ! Si l’or, l’argent et l’ivoire ou les épices constituaient les produits de luxe de l’Antiquité, rapportant les plus hauts revenus commerciaux, l’or noir, le pétrole, représente aujourd’hui la ressource la plus consommée, échangée et convoitée.</p>



<p>Vers le milieu du 20e siècle, les prospections entreprises par les sociétés françaises et européennes ont abouti à la découverte de très importants gisements pétroliers aussi bien en Algérie qu’en Libye, leur permettant d’être parmi les plus gros producteurs mondiaux de la matière. Ironie du sort ? Peut-être. La Tunisie reste sensiblement privée de cette ressource si précieuse, qui lui aurait peut-être permis «d’émerger» et d’avoir un poids plus pesant sur la scène méditerranéenne, arabe ou tiers-mondiste.</p>



<p>Toutefois, le Tunisien, sagace négociateur à l’image de ses aïeux carthaginois, a su néanmoins minimiser l’ampleur du <em>«pétrin»</em> de son pays et vendre ses propres produits. De fait, si l’extraction des matières premières en minerais et en hydrocarbure d’Afrique se fait aujourd’hui directement par les grandes firmes transnationales sans besoin d’intermédiaire nord-africain et si encore les routes commerciales et le commerce de transit sont aujourd’hui mieux contrôlés, les Tunisiens réussissent bon gré mal gré à commercialiser ce qu’ils avaient à vendre.</p>



<p>Dans un monde mondialisé comme le nôtre, où tout se marchandise, les Tunisiens se trouvent, dès la première heure de l’indépendance, face au défi qui leur impose de s’intégrer à cette dynamique mondiale, s’ils ne veulent pas rester à sa marge. Ainsi, le sage et perspicace Bourguiba, au lieu de suivre le même chemin que ses contemporains et lutter pour des causes selon lui perdues (l’unité arabe, le tiers-mondisme rebelle, le socialisme, etc.), a plutôt essayé de <em>«vendre»</em> au monde une certaine image de la Tunisie. Cette image consiste en un pays ayant obtenu son indépendance sans faire couler des rivières de sang, d’un peuple paisible et uni, d’un projet de développement humain qui repose sur l’éducation et la santé, bref un pays de Lumières, qui lutte contre tout genre d’obscurantisme et toutes forces archaïques.</p>



<p>La révolution de 2011 fait renaître le talent de négociant du Tunisien<br>Encore des années, le régime benaliste fait aussi véhiculer une nouvelle image de la Tunisie. Maintenant que le monde post-guerre froide exige «un enlargement démocratique», pour reprendre l’expression de Bill Clinton, la Tunisie devient bien le pays de la démocratie, des droits de l’Homme et de la liberté d’expression et de communication. La réalité des choses importe peu.</p>



<p>Seulement, le prétendu <em>«vent de liberté»</em> vient de souffler lui aussi en Tunisie depuis 2011, amenant<em> «un printemps»</em> qui vient chasser ce qui s’est avéré être un long automne. Nouveau cycle, nouvelles exigences. La révolution tunisienne fait renaître le talent de négociant du Tunisien. Désormais, parallèlement au commerce parallèle qui envahit le marché national, une multitude d’intervenants eux aussi parallèles les uns aux autres, affluent sur le pays, prétendant chacun détenir la <em>«clé»</em> d’une politique commerciale efficace, qui nous permettra enfin de <em>«décoller»</em>.</p>



<p>À cet effet, les nouveaux dirigeants se sont précipités à commercialiser le nouveau produit issu de la révolution de 2011 : la transition démocratique.</p>



<p>Bénéficiant du <em>«succès»</em> tunisien à organiser des élections libres et à éviter le spectre des guerres civiles et des coups d’États militaires, ce qui leur valut le Prix Nobel de la paix en 2015, ils ont essayé d’exploiter leur talent hérité de négociants.</p>



<p>Aujourd’hui encore, neuf ans après la sainte et glorieuse révolution, et dans un contexte marqué par la pandémie mondiale du Covid-19, l’État tunisien, contre toutes attentes, se trouve bien en avance par rapport à plusieurs autres pays dans le contournement du virus. Suite à son dernier passage sur la chaîne française France24, plusieurs journalistes et analystes politiques ont reproché à ce dernier de ne pas être assez efficace dans l’exploitation de la <em>«success story»</em> tunisienne. Ils considéraient qu’une meilleure commercialisation de la réussite tunisienne pourrait procurer autant de bénéfices pour le pays, misant sur la sympathie occidentale avec la réussite tunisienne.</p>



<p>Sans citer tous les exemples, il semble ainsi que le penchant du Tunisien pour le commerce soit inscrit dans son acide nucléique. Les Tunisiens ont essayé de ne rater aucune occasion pour exporter leur modèle au reste du monde. Politique, histoire, football, cinéma… Pour le Tunisien, tout est commercialisable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une transition démocratique fortement affectée par des luttes de pouvoir</h3>



<p>Cependant, les résultats en disent le contraire. La multiplication des acteurs n’a point amélioré le sort du pays. Au lieu de susciter des profits, elle a engendré un déficit. Autrement dit, la Tunisie n’arrive toujours pas à se positionner et à se relever de son écroulement. Le proverbe tunisien : « كثرة بلا بركة » littéralement «une abondance sans bénédiction» en dit long.</p>



<p>En réalité, s’il y a quelque chose qui manquait et qui entravait la réussite, c’est ce qu’on appelle de nos jours «une politique de marketing» et qui représente une condition sine qua none pour toute opération commerciale réussie. Les négociants tunisiens (hommes politiques et dirigeants) peinent à s’accorder sur la nature du produit à commercialiser. Si certains plaident pour le seul pays arabe à connaître une transition démocratique, d’autres considèrent que c’est la république islamique qu’il faut promouvoir, alors que d’autres prétendent être conformes aux valeurs tunisiennes incarnées par le bourguibisme, autre fonds de commerce préféré dans cette Tunisie postrévolutionnaire.</p>



<p>Certaines de ces images ont réussi à être diffusées. Elles n’ont pas toutefois attiré les acheteurs mais plutôt les spéculateurs. Les représentations de la Tunisie qu’on veut faire circuler sont en effet illusoires. Elles ne reflètent en aucun cas la réalité du pays.</p>



<p>Quelle serait <em>«l’authenticité»</em> d’une transition démocratique fortement affectée par des luttes de pouvoir entre une classe politique corruptible, qui, au lieu de mettre les bases d’une vie démocratique saine, où un combat d’idées et de visions prime, se lance plutôt dans des actes de lynchage public, d’insultes et de dénigrements ? Quelle serait l’utilité de diffuser une image d’un pays <em>«ayant réussi à battre le coronavirus»</em> sans qu’on n’ait aucune explication scientifiquement plausible pour cette prétendue réussite ?</p>



<p>Il faut dire que le don hérité des ancêtres, qui ont bâti le pays suivant de nombreuses stations et épreuves, témoignait d’un attachement à cette terre. Ils comprenaient bien que la réussite personnelle ne vaut rien si elle ne se traduit pas en une réussite collective, celle du pays, de la nation. Nos ancêtres étaient lucides. Ils savaient bien ce qu’ils désiraient et ceux qui ont cherché à vendre le pays, et non les produits du pays, ont toujours fini par perdre. Mais où nos politiciens d’aujourd’hui en sont-ils de leurs ancêtres ? L’Histoire est pleine de leçons, mais seulement pour ceux qui veulent apprendre. À bon entendeur, salut !</p>



<p><em>* Professeur agrégé et enseignant d’histoire-géographie à l’Ecole internationale de Tunis.</em></p>
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