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	<title>Archives des Ishaan Tharoor - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Ishaan Tharoor - Kapitalis</title>
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		<title>Les dirigeants arabes continuent d’enterrer le printemps arabe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 07:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré le statu quo apparent actuel dans le monde arabe, les conditions d’un bouleversement futur sont plus présentes que jamais, notamment en Tunisie et en Égypte. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/les-dirigeants-arabes-continuent-denterrer-le-printemps-arabe/">Les dirigeants arabes continuent d’enterrer le printemps arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les manifestants et les militants pour la démocratie dans le monde arabe ne peuvent être blâmés pour leur pessimisme. Mais au-delà du statu quo apparent actuel, les conditions d’un bouleversement futur sont plus présentes que jamais, notamment en Tunisie et en Égypte, où persistent des dysfonctionnements économiques et des fragilités sociales.</em></strong> <em>(Illustration: Kaïs Saïed reçoit Faisal Mekdad , le 16 avril 2023).</em></p>



<p>Par<strong> Ishaan Tharoor </strong>*</p>



<span id="more-7744339"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ishaan-Tharoor.jpg" alt="" class="wp-image-7744360" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ishaan-Tharoor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ishaan-Tharoor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ishaan-Tharoor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>En Tunisie, il y a eu une convergence sombre, bien que symbolique. Peu de temps après l’arrestation par les autorités du principal chef de l’opposition dans le pays dans le cadre d’une répression croissante contre la dissidence, le président de plus en plus autocratique, Kaïs Saïed, a accueilli le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad pour une visite de trois jours visant à rétablir les liens avec Damas.</p>



<p>Le régime du président syrien Bachar Assad récolte les fruits d’un processus constant de normalisation chez ses voisins arabes, qui fait suite à des années d’isolement provoquées par les horribles campagnes de violence qu’Assad a déclenchées contre son propre pays au cours d’une guerre civile qui a duré une décennie. Alors que le conflit est au plus bas et qu’Assad est fermement aux commandes, des pays comme les Émirats arabes unis et Bahreïn ont déjà réhabilité le régime d’Assad. Dans un geste majeur, l’Arabie saoudite a signalé, après avoir accueilli Mekdad dans la ville de Djeddah, qu’elle était prête à leur emboîter le pas. Assad a accueilli, ensuite, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al-Saoud à Damas, la première visite d’un haut diplomate de Riyad depuis que la rébellion syrienne a dégénéré en un conflit à part entière.</p>



<p>Mais la Tunisie était censée être différente. À l’avant-garde du soi-disant printemps arabe – des soulèvements pour la démocratie qui ont éclaté dans le monde arabe en 2011 – il a été l’un des premiers pays à rompre les liens avec Assad, un despote qui incarnait l’ordre autoritaire enraciné, quoique en déclin, de la région. Les manifestants tunisiens avaient chassé du pouvoir leur propre homme fort au pouvoir depuis longtemps, incitant les frères arabes ailleurs à réclamer des changements dans leurs sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La restauration autoritaire</h2>



<p>Saïed, cependant, a mis un terme brutal à une décennie de consolidation démocratique difficile. La détention de Rached Ghannouchi, chef du principal parti islamiste modéré du pays, est intervenue après l’arrestation d’autres militants de la société civile et personnalités de l’opposition. Cela a marqué un sombre point d’inflexion : avant le soulèvement du printemps arabe de 2011, Ghannouchi avait passé des années en prison et des décennies en exil. Il était une figure polarisante après son retour dans le pays. Mais il est resté un emblème de la possibilité d’un pluralisme politique en Tunisie, une rareté pour une région plus habituée à l’étouffement de ces aspirations.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WMNF3ZIWNC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/01/loccident-hausse-les-epaules-alors-que-la-democratie-se-meurt-en-tunisie/">L’Occident hausse les épaules alors que la démocratie se meurt… en Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Occident hausse les épaules alors que la démocratie se meurt… en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/01/loccident-hausse-les-epaules-alors-que-la-democratie-se-meurt-en-tunisie/embed/#?secret=AgVpUilxIM#?secret=WMNF3ZIWNC" data-secret="WMNF3ZIWNC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Aujourd&rsquo;hui, la Tunisie de Saïed semble être une réincarnation du mauvais ordre ancien, la dernière itération de ce que Nadim Houry, directeur exécutif de l’Initiative de réforme arabe basée à Paris, a décrit comme une <em>«restauration autoritaire»</em> qui a commencé dans les années ayant suivi le printemps arabe. Saïed est en train d’initier un <em>«processus de dé-transition»</em> de la démocratie, m’a dit Houry. Mais le président tunisien, accusé par ses détracteurs d’avoir mené un coup d’État de fait en 2021 lorsqu’il a dissous le parlement, n’est pas le seul dans cette situation.</p>



<p>En 2019, des manifestations antigouvernementales ont éclaté dans le monde arabe, de l’Algérie au Soudan en passant par le Liban, la Jordanie et l’Irak. Ils étaient alimentés par la colère suscitée par la corruption endémique, les économies stagnantes et les élites politiques défaillantes et incompétentes. Dans certains pays, les chefs d’État ou de gouvernement ont démissionné, intimidés par les manifestations. Il <em>«y avait de l’espoir qu’ils évolueraient vers des démocraties plus inclusives. Mais cela ne s’est pas produit»</em>, a déclaré Houry.</p>



<p>Voyez les combats chaotiques de cette semaine au Soudan, qui ont fait éclater le peu d’illusion qui subsistait que les généraux qui dirigeaient le régime de transition de Khartoum se souciaient de construire une démocratie solide et inclusive après avoir largué un gouvernement civil fragile en 2021. Des centaines de civils ont été tués ou blessés dans les feux croisés des factions rivales, chacune désireuse d’étendre et de consolider son emprise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jeu des monarchies du Golfe</h2>



<p>Divers États arabes, en particulier les monarchies du Golfe en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, ont contribué à parrainer la réaction antidémocratique. C’est un signe à la fois d’intérêts durables – une peur de l’instabilité et des menaces de débordement sur leurs monopoles sur le pouvoir chez eux – ainsi que des sables mouvants de la géopolitique régionale. Les récentes mesures saoudiennes et émiraties pour enterrer la hache de guerre avec l’Iran ont ouvert la voie aux mesures actuelles visant à sortir Assad, un proche allié de Téhéran, de son isolement.</p>



<p><em>«Que l’Arabie saoudite soit le fer de lance des efforts pour ramener la Syrie dans le giron arabe aurait autrefois semblé impensable»</em>, a écrit ma collègue Sarah Dadouch. <em>«Pendant des années, le royaume a été l’un des principaux fournisseurs d’armes aux groupes rebelles qui se sont battus pour renverser le gouvernement de Damas. En 2015, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Adel Al-Jubeir, a déclaré que si un processus politique échouait à destituer Assad, Riyad continuerait à soutenir l’opposition ‘‘pour le destituer par la force’’»</em>, a-t-elle ajouté.</p>



<p>Mais après quelques années d’actions agressives, notamment avec un effort de guerre coûteux au Yémen, Riyad pourrait se recalibrer. <em>«Je pense que la leçon [pour les Saoudiens] maintenant est peut-être qu’il vaut mieux se concentrer uniquement sur la diplomatie; nous n’avons pas besoin de faire preuve de force par une intervention militaire»</em>, a déclaré Andrew Leber, professeur adjoint à l’Université de Tulane et expert en politique saoudienne, cité par Dadouch.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LVmombQnuh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/tunisie-la-transition-democratique-est-elle-dans-limpasse/">Tunisie : la transition démocratique est-elle dans l’impasse ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la transition démocratique est-elle dans l’impasse ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/tunisie-la-transition-democratique-est-elle-dans-limpasse/embed/#?secret=YcrlHpux1a#?secret=LVmombQnuh" data-secret="LVmombQnuh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le désengagement perçu de Washington a également modifié les données dans la région. <em>«L’inimitié entre l’axe iranien et le Golfe découle en grande partie de la perception que le Golfe est un pilier essentiel de l’ordre de sécurité américain dans la région»</em>, a déclaré au <em>Washington Post</em> Mohammed Alyahya, chercheur principal à l’Institut Hudson. <em>«S’il n’y a plus d’engagement envers cet ordre de la part de l’Amérique, il s’ensuit qu’une source importante de cette inimitié disparaît»</em>, a-t-il ajouté</p>



<p>&nbsp;<em>«L’Occident n’a pas joué un rôle particulièrement positif»</em> pour les espoirs démocratiques de la région, a déclaré Houry. Au Soudan, les États-Unis semblaient plus préoccupés de faire accepter aux généraux du pays un accord de normalisation des relations avec Israël que de guider une véritable transition vers la démocratie. En Algérie et en Tunisie, les gouvernements européens ont donné la priorité à l’accès au gaz naturel et à la coopération pour arrêter les flux de migrants, respectivement, plutôt que d’aider à soutenir les aspirations des manifestants et une société civile mobilisée, voire assiégée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un retour vers le futur</h2>



<p>En effet, la menace coercitive des autocraties arabes atteint même l’Occident. Un rapport récent de Freedom Initiative, une organisation de défense des droits à but non lucratif, a révélé que l’Égypte et l’Arabie saoudite – alliés des États-Unis – ont déployé toute une panoplie d’outils de répression pour intimider et faire taire les dissidents, même sur le sol américain. <em>«Alors que les politiciens américains expriment fréquemment leur indignation et imposent des conséquences en réponse à de telles tactiques de la part d’adversaires tels que la Chine, l’Iran et la Russie»</em>, a expliqué ma collègue Claire Parker, ajoutant que <em>«les décideurs n’ont pas véritablement tenu l’Arabie saoudite et l’Égypte responsables – y &nbsp;compris pour des comportements qui violent la loi américaine et menacent la sécurité nationale.»</em></p>



<p>Mobilisés contre ce statu quo, les manifestants et les militants pour la démocratie ne peuvent être blâmés pour leur pessimisme. Mais les conditions d’un bouleversement futur sont plus présentes que jamais. <em>«En surface, il peut sembler que nous sommes de retour vers le futur&#8230; mais les restaurations autoritaires sont sur une glace très mince»</em>, m&rsquo;a dit Houry, soulignant le dysfonctionnement économique et la fragilité persistants dans des pays comme la Tunisie et l’Égypte. <em>«Les contrats sociaux rompus qui ont conduit aux soulèvements arabes sont encore plus exposés aujourd’hui»</em>, a-t-il ajouté.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;américain. </em></p>



<p><em>* Chroniqueur des affaires étrangères au Washington Post, où il est l&rsquo;auteur du bulletin et de la chronique Today&rsquo;s WorldView.</em></p>



<p><strong><em>Source </em></strong>: <a href="https://www.washingtonpost.com/world/2023/04/21/arab-spring-tunisia-authoritarian-syria-assad/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Washington Post.</a> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/les-dirigeants-arabes-continuent-denterrer-le-printemps-arabe/">Les dirigeants arabes continuent d’enterrer le printemps arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’Occident hausse les épaules alors que la démocratie se meurt… en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/01/loccident-hausse-les-epaules-alors-que-la-democratie-se-meurt-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 10:20:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La démocratie naissante de la Tunisie semble terminée, tandis que le pays lui-même entre dans une phase sombre de consolidation autoritaire.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/01/loccident-hausse-les-epaules-alors-que-la-democratie-se-meurt-en-tunisie/">L’Occident hausse les épaules alors que la démocratie se meurt… en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>La démocratie naissante en Tunisie semble terminée, tandis que le pays lui-même entre dans une phase de consolidation autoritaire. Et tout se passe avec l’acquiescement de facto de l’administration Biden et de ses homologues occidentaux.</em></strong> <em>(manifestation à Tunis pour dénoncer le racisme contre les Subsahariens- Ph. Mohamed Messara/EPA-EFE/Shutterstock).</em></p>



<p>Par <strong>Ishaan Tharoor</strong> <em>(avec Sammy Westfall)</em></p>



<span id="more-6740890"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Ishaan-Tharoor.jpg" alt="" class="wp-image-6740920" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Ishaan-Tharoor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Ishaan-Tharoor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Ishaan-Tharoor-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Pendant une dizaine d’années, la Tunisie a été présentée comme une <em>success story</em>. Non pas à cause de ce qu’elle avait déjà accompli après avoir renversé un despote et adopté la démocratie multipartite, mais à cause des idéaux qui continuaient d’animer la petite nation nord-africaine alors qu’elle œuvrait par intermittence à consolider cette démocratie. La Tunisie a été la première fleur du printemps arabe de 2011 – et la seule fleur à ne pas s’être malheureusement fanée lorsque les soulèvements pour la démocratie ont cédé la place aux guerres civiles et aux contre-révolutions autocratiques brutales dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fausses aurores et espoirs déçus</h2>



<p>Aujourd’hui, la démocratie naissante de la Tunisie semble terminée, tandis que le pays lui-même entre dans une phase sombre de consolidation autoritaire. Loin d’être un succès unique, c’est devenu un énième récit édifiant dans une région pleine de fausses aurores et d’espoirs déçus. Et tout se passe avec l’acquiescement de facto de l’administration Biden et de ses homologues occidentaux.</p>



<p>En juillet 2021, le président tunisien Kaïs Saïed s’est lancé dans un coup d’État par étape, limogeant son Premier ministre, suspendant le Parlement et promulguant des mesures d’urgence qui lui ont permis de gouverner par décret. En 2022, Saïed a supprimé la constitution post-dictature promulguée en 2014 et en a fait adopter une nouvelle qui, entre autres, donne au président le pouvoir ultime de nommer les juges. Sa campagne pour faire plier le système judiciaire à sa volonté s’est accélérée par la suite, avec des dizaines de juges et de procureurs révoqués dans le cadre d’une campagne <em>«anti-corruption»</em> amorphe.</p>



<p>Saïed a justifié ses actions par une volonté de lutter contre la corruption présumée et de secouer une scène politique sclérosée et inefficace, qui était entachée de luttes intestines et de plus en plus impopulaire parmi les Tunisiens ordinaires. Mais les détracteurs de Saïed craignaient que le règne d’un seul homme ne se profile à l’horizon, et ils semblent avoir eu raison.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="k91n4JjWPD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/tunisie-la-transition-democratique-est-elle-dans-limpasse/">Tunisie : la transition démocratique est-elle dans l’impasse ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la transition démocratique est-elle dans l’impasse ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/tunisie-la-transition-democratique-est-elle-dans-limpasse/embed/#?secret=F5iWadsJ33#?secret=k91n4JjWPD" data-secret="k91n4JjWPD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>(…) Les élections de décembre et de la fin du mois dernier ont donné à la Tunisie un nouveau parlement, mais la participation électorale dépassait à peine 10%. Les analystes ont déclaré que le faible taux de participation était rare dans la transition démocratique tunisienne et reflétait un sentiment plus profond de désespoir et de désenchantement dans une société ravagée par des crises économiques qui ont été aggravées par la pandémie. Dans ce contexte, les autorités ont procédé au cours du mois dernier à une série d’arrestations, rassemblant des politiciens, des chefs d’entreprise et des journalistes.</p>



<p><em>«Il y a eu un démantèlement systématique des freins et contrepoids. Des individus sont arrêtés sans aucun fondement légal, sans même être informés des raisons de leur arrestation ou des accusations portées contre eux»</em>, a récemment déclaré Saïd Benarbia de la Commission internationale des juristes basée à Genève à Amberin Zaman d’<em>Al-Monitor</em>. <em>«Sans une forte réaction interne et externe, il est peu probable que le gouvernement fasse marche arrière»</em>, ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La position erronée des Etats-Unis</h2>



<p>Extérieurement, cependant, il n’y a pas eu de réaction forte. Alors qu’elle défend la liberté et la démocratie en Ukraine, l’administration Biden a, au mieux, publié des déclarations périodiques exprimant sa <em>«préoccupation»</em> pour les événements qui se déroulent en Tunisie. Elle n’a pas fait grand-chose pour mobiliser une quelconque réponse internationale pour défendre la démocratie en difficulté du pays et a salué les votes largement tournés en dérision pour un parlement tunisien présenté comme <em>«une première étape essentielle»</em> pour une restauration démocratique. La réponse de l&rsquo;Union européenne n’a pas été plus ferme.</p>



<p>En décembre, Saïed a même eu une séance photo avec le président Biden lors d’un sommet des nations africaines à Washington. Il est venu au bureau du<em> Washington Post</em> et, lors d’une rencontre avec des journalistes et des membres du comité de rédaction, a rejeté les critiques de recul démocratique sous son règne. <em>«Il y a tellement d’ennemis de la démocratie en Tunisie qui veulent tout faire pour torpiller la vie démocratique et sociale du pays de l’intérieur»</em>, a-t-il déclaré.</p>



<p>(…) Sharan Grewal de la Brookings Institution a pointé la position erronée (des Etats-Unis, Ndlr): <em>«L’administration </em>(américaine, Ndlr) <em>pourrait être tentée d’essayer de revenir au statu quo et de donner la priorité à ses intérêts stratégiques en Tunisie»</em>, a-t-il récemment écrit. Et d’ajouter : «Pourtant, l’administration Biden doit reconnaître qu’il n’y aura pas de <em>business as usual</em> avec Saïed, dont la vision – exprimée à la fois par ses déclarations publiques et par le préambule de la nouvelle constitution – est  de rompre avec l’alliance historique de la Tunisie avec l’Occident et de poursuivre à la place une stratégie de non-alignement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Qugp5c8FHk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/21/tunisie-kais-saied-une-longue-route-vers-lechec/">Tunisie : Kaïs Saïed, une longue route vers l’échec</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed, une longue route vers l’échec » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/21/tunisie-kais-saied-une-longue-route-vers-lechec/embed/#?secret=iFvXrpYmI0#?secret=Qugp5c8FHk" data-secret="Qugp5c8FHk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le principal levier que l’Occident pourrait avoir sur Saïed, a expliqué Grewal, est un prêt prévu du Fonds monétaire international (FMI) à la nation criblée de dettes qui est toujours en cours de négociation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La recherche du bouc émissaire</h2>



<p>La semaine dernière, Saïed a affiché une autre dimension inquiétante de son règne : le racisme. Il a ainsi mis en garde contre un complot de longue date visant à modifier la composition démographique de la Tunisie par la migration depuis l’Afrique subsaharienne, une accusation de complot qui faisait écho à la théorie raciste du<em> «grand remplacement» </em>défendue par des éléments de l’extrême-occident. Sa rhétorique s’est accompagnée d’arrestations (et d’attaques) contre des Noirs dans le pays.</p>



<p><em>«Couplée à une campagne d’arrestations généralisées de migrants, l’escalade de la rhétorique du palais présidentiel dans le pays à majorité arabe a suscité la peur parmi les citoyens noirs et les immigrés de la violence de rue ou des arrestations arbitraires, dans un pays avec un système judiciaire qui est désormais largement sous le contrôle du président»</em>, a écrit ma collègue Claire Parker.</p>



<p>La recherche du bouc émissaire a une cause évidente et déprimante : <em>«Comme il a concentré le pouvoir entre ses propres mains, il a également concentré la responsabilité de l’économie et des services publics défaillants du pays, de la hausse des prix et des pénuries alimentaires, et du sentiment général de précarité qui règne dans la vie des Tunisiens»</em>, écrit Erin Clare Brown dans le magazine <em>New Lines</em>. Saïed avait besoin de nouveaux méchants à blâmer.</p>



<p>Plutôt que de faire avancer la transition démocratique de la Tunisie, Saïed a ramené le pays à la case départ, selon les analystes. <em>«En 1987, Zine El Abidine Ben Ali a organisé un coup d’État pour devenir président. À l&rsquo;époque, il avait promis d’installer la démocratie dans le pays avant de lancer une vaste campagne de poursuites contre ses opposants politiques quelques mois plus tard»</em>, a écrit Amine Snoussi, un commentateur politique basé à Tunis. <em>«Deux ans plus tard, Ben Ali était le seul candidat légal à la présidence et a entamé un règne de 23 ans de dictature brutale»</em>, a-t-il rappelé.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Article traduit de l&rsquo;anglais. </em></p>



<p><em>* Les intertitres sont de la rédaction.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.washingtonpost.com/world/2023/03/01/tunisia-saied-democracy-crackdown/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Thé Washington Post</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/01/loccident-hausse-les-epaules-alors-que-la-democratie-se-meurt-en-tunisie/">L’Occident hausse les épaules alors que la démocratie se meurt… en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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