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	<title>Archives des Lahouari Addi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Lahouari Addi - Kapitalis</title>
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		<title>Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 06:34:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La question n'est pas «Quel avenir pour la Palestine et Israël ?», mais «Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ?». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/27/quel-avenir-pour-les-israeliens-en-palestine/">Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«Quel avenir pour la Palestine et Israël ?» est le thème d’un colloque organisé à l’Université de la Sorbonne, à Paris, le 19 juin 2026. L’auteur n’a pas assisté à ce colloque, qui a été riche en interventions, d’après le commentaire de l’universitaire Jean-Christophe Attias, publié sur sa page Facebook. Mais s’il y avait participé, voilà ce qu’il aurait dit sur cette question, en la reformulant ainsi : «Quel avenir pour les Israéliens en Palestine ?»</em></strong><em><strong> </strong>(Photo : Les Palestiniens manifestent à Jérusalem, « capitale » de l&rsquo;Etat hébreu).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-19059992"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Lahouari-Addi-2.jpg" alt="" class="wp-image-19060022" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Lahouari-Addi-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Lahouari-Addi-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Lahouari-Addi-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La question palestinienne doit être replacée dans le contexte européen de la fin du 19<sup>e</sup> siècle, celui de l’apogée de l’expansion européenne et de la croyance en la mission civilisatrice de l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les penseurs sionistes de l’époque, intellectuels de gauche dans leur majorité, percevaient le projet d’un Etat juif comme une justice rendue aux juifs persécutés en Europe. Ils n’avaient pas conscience qu’ils s’inscrivaient dans la dynamique de l’expansion coloniale de l’Europe. Et même s’ils en étaient conscients, ils pensaient que l’Etat juif, une fois construit, existera pour toujours parce qu’ils ne saisissaient pas son caractère colonial.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël piégé par son caractère colonial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois l’Etat sioniste construit, la population israëlienne a glissé vers une mentalité coloniale qui a favorisé les courants de droite et d’extrême droite. Israël est piégé par son caractère colonial qui a poussé la majorité de la population vers le syndrome des pieds noirs d’Algérie qui étaient farouchement hostiles aux autochtones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport entre Israëliens et Palestiniens est celui qui relie le colonisé au colonisateur, rapport méthodiquement analysé par Frantz Fanon. Dans cette relation, soit le colon, soit le colonisé doit disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Profitant du changement géopolitique internationale après la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes algériens ont déclenché l’insurrection qui a conduit à l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bouleversement géopolitique actuel (2015-2026), marqué par à la perte graduelle de l’hégémonie américaine, est de mauvais augure pour l&rsquo;avenir d’Israël. Les Etats-Unis n’ont plus la capacité de dominer la géopolitique locale comme ils le veulent. En 1954, ils ont pu changer de régime en éliminant Mossadegh en Iran. En 2026, ils ont échoué dans leur volonté de changer le régime en Iran. Et pragmatiques comme ils sont, entre le détroit d’Ormuz et Israël, ils ont choisi Ormuz.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La grande erreur des Israéliens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’erreur des Israëliens est d&rsquo;avoir compté sur l’appui extérieur pour exister au lieu de nouer des alliances avec les Palestiniens pour un Etat binational. Au lieu de devenir des <em>«juifs palestiniens»</em> comme sont devenus Arabes les Syro-Libanais chrétiens descendants des croisés du Moyen Age, ils ont nié la société locale qu’ils ont voulu éliminer par l’oppression et le génocide. Rappelons que l’idéologie nationaliste arabe a été forgée par les chrétiens descendants d’Européens qui sont devenus Arabes. Les juifs venus d’Europe ont refusé de devenir des Palestiniens et de se fondre parmi les autochtones. Ils ont choisi de mettre en place un système d’apartheid qui n’a aucun avenir au 21<sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les sionistes d’hier et d’aujourd&rsquo;hui ont oublié, c’est que les sociétés du Moyen Orient, se reproduisent dans la durée, et excluent ceux qui refusent de s’y intégrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le futur, soit les juifs d’Israël s’intègrent à la région comme population palestinienne, soit ils auront à repartir vers les pays d’où leurs pères et grands-pères sont venus. Les israëliens venus du monde arabe, qui sont culturellement des Arabes, peuvent jouer un rôle dans le processus d’intégration des descendants de leurs coreligionnaires venus d’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Institut d&rsquo;études politiques de Lyon. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WsdSjRDFKz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/">Un siècle de lutte en Palestine</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un siècle de lutte en Palestine » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/embed/#?secret=B0k5YFSmWH#?secret=WsdSjRDFKz" data-secret="WsdSjRDFKz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre le détroit d’Ormuz et Israël, les Américains ont choisi le détroit d’Ormuz, c'est-à-dire leurs intérêts vitaux. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/">Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’appui inconditionnel de l’Occident donne pendant longtemps à Israël l’illusion d&rsquo;être un acteur qui fait l’histoire à sa guise au Moyen-Orient. Pourtant, Israël n’a ni démographie, ni profondeur stratégique, ni environnement géopolitique, ni idéologie à vocation universelle sur lesquels repose la puissance. L’Occident lui a prêté sa puissance utilisée pour bâtir un régime d’apartheid et pour perpétrer un génocide qui ont placé Israël au-dessus du droit international.</em></strong></p>



<span id="more-18984435"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Tous les pays détestent Israël»</em>, aurait dit Trump à Netanyahou. Les lobbys qui ont acheté les élites dirigeantes occidentales sont efficaces, mais il y a toujours des limites à l’efficacité qu’Israël a dépassées en ignorant les intérêts économiques des Américains et des Européens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le détroit d’Ormuz et Israël, les Américains ont choisi le détroit d’Ormuz. On dit que l’Amérique a deux religions : le christianisme et le pragmatisme. Israël a commis une erreur historique en croyant que les Etats-Unis seront leur meilleur allié qui les protègeront, alors que le seul allié qui est susceptible de protéger Israël est paradoxalement la paix avec les Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Etat colonial a deux perspectives devant lui, et deux seulement : le scénario algérien où les pieds-noirs ont dû quitter le pays dans la précipitation, ou le scénario sud-africain où les Blancs ont accepté de s’intégrer dans la société locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à ce dernier scénario que pense l’éditorialiste israélien Gideon Lévy, qui, dans son article publié le 18 juin 2026 et dont la traduction est reproduite ci-dessus, &nbsp;invite ses compatriotes à se réveiller, leur indiquant que le désastre face à l’Iran doit être l’occasion pour se réconcilier avec la réalité.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>«Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La défaite d’Israël en Iran n’est pas un désastre : c’est l’occasion d’affronter la vérité. La guerre en Iran a révélé la vérité à Israël. Son armée, soi-disant toute-puissante, n’a rien accompli de significatif, si ce n’est sa propre ruine politique. Tout pays rationnel tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gideon Levy</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy.jpg" alt="" class="wp-image-11747504" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le refrain, tant à droite qu’à <em>«gauche»</em> (sans compter le Premier ministre Benjamin Netanyahou) : une défaite israélienne, un désastre diplomatique, Trump nous a tourné le dos et Steven Witkoff est un <em>«Jewboy»</em>. La nation déplore une calamité, une défaite et un quasi-Holocauste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Bennett&rsquo;s s’empressent d’intervenir et promettent une solution. Ils rétabliront les relations avec les États-Unis et ramèneront Israël sur les champs de bataille pour achever le travail. Telle est leur seule promesse en cette journée particulièrement propice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il ne s’agit ni d’un désastre ni d’un Holocauste. Dans la guerre contre l’Iran, Israël a traversé ce que les psychologues appellent un <em>«test de réalité»</em>, au cours duquel la vérité lui a été révélée. Et cela pourrait bien être l’évolution la plus positive de ces dernières années, à condition que le pays en tire les bonnes conclusions. Ce soi-disant désastre pourrait bien se transformer en une opportunité historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une de ses précédentes catastrophes, celle de 1973, Israël avait su tirer les leçons et ouvrir un nouveau chapitre révolutionnaire de son histoire : celui de la paix. Le fiasco avec l’Iran nous oblige aujourd’hui à reprendre nos esprits une seconde fois, mais pour l’instant, personne n’est là pour mener cette réorientation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu de réalisme : un petit pays de 10 millions d’habitants ne peut pas se battre contre le monde entier, même si nous sommes les fils du peuple élu, qui sait tout et fait tout mieux que les autres. Israël ne peut pas renverser des régimes, ni dans la lointaine Téhéran, ni dans la proche Gaza, ni même à Ramallah, juste à côté. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas ; même les États-Unis n’y parviennent pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous regarder dans le miroir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne peuvent pas forcer des organisations à déposer les armes ni éradiquer les convictions politiques du cœur des gens. L’époque où l’Amérique était à notre merci est révolue. Reconnaître cette réalité nous offre l’occasion, au milieu de la succession de guerres récentes, de nous regarder dans le miroir : l’armée soi-disant toute-puissante de ce pays n’a réussi à obtenir aucun résultat significatif, si ce n’est la ruine politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout pays rationnel en tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée. L’histoire récente en a apporté suffisamment de preuves. Peut-être que toutes ces guerres futiles étaient nécessaires pour nous ouvrir les yeux et nous faire comprendre qu’aucune guerre choisie par Israël ne s’est jamais bien terminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne reste que peu de temps pour parvenir à cette conclusion. Retirez les troupes de tout le Liban, avant qu’elles ne déclenchent une nouvelle guerre inutile contre l’Iran. Mettez immédiatement un terme à la folie qui sévit en Cisjordanie, avant qu’elle ne se retourne elle aussi contre nous. Accordez un peu de répit à l’armée et à l’armée de l’air, laissez-les respirer. Permettez aux soldats de profiter de leurs réductions militaires et de déjeuner dans les fast-foods de la rue Ibn Gvirol à Tel-Aviv.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Libérez les milliers d’otages palestiniens qui croupissent dans les prisons du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et commencez à vous comporter comme des êtres humains envers les Palestiniens, avant que le monde ne nous y oblige. Et décidez où nous allons, ce que nous voulons : deux États, un seul État démocratique ou un seul État d’apartheid suicidaire. Il n’y a pas de quatrième option et il n’y en aura jamais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël ne peut pas désarmer le Hezbollah</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette semaine, on a appris que l’armée israélienne demandait au gouvernement de parvenir à un accord avec le gouvernement libanais avant que l’armée ne soit contrainte de se retirer des zones occupées, la queue entre les jambes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a là, au moins, un cas de sobriété partielle. Après tout, l’accord avec le gouvernement libanais aurait pu être conclu plus tôt, mais Israël avait besoin de l’épreuve de la guerre pour se rendre compte qu’il ne peut pas désarmer le Hezbollah, et qu’il n’y parviendra jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Forces de défense israéliennes (FDI), au moins, commencent à le comprendre. Il en va de même pour le Hamas, la résistance à l’occupation de la Cisjordanie et le régime iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait qu’Israël soit mégalomane ne signifie pas qu’il soit capable d’agir selon ses propres critères mégalomaniaques, en croyant que des bombardements ici et là serviront ses intérêts. Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité. Nous avons regardé la vérité droit dans les yeux – et elle a baissé les yeux. C’est maintenant à notre tour de baisser les nôtres. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source </strong>: <a href="https://www.haaretz.com/opinion/2026-06-18/ty-article-opinion/.premium/israels-defeat-in-iran-isnt-a-disaster-its-an-opportunity-to-face-the-truth/0000019e-d712-d6a3-a5be-f77252200000" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a>.  </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HivjmqdmJy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/detroit-dormuz-le-casse-tete-du-deminage/">Détroit d’Ormuz | Le casse-tête du déminage</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Détroit d’Ormuz | Le casse-tête du déminage » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/detroit-dormuz-le-casse-tete-du-deminage/embed/#?secret=VffIAFVbY2#?secret=HivjmqdmJy" data-secret="HivjmqdmJy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/">Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Iran et monarchies du Golfe &#124; Le malentendu</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/13/iran-et-monarchies-du-golfe-le-malentendu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 07:24:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
		<category><![CDATA[monarchies du Golfe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le drame des monarchies du Golfe réside dans le choix stratégique qu’elles ont fait de confier leur sécurité extérieure aux Etats-Unis,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/13/iran-et-monarchies-du-golfe-le-malentendu/">Iran et monarchies du Golfe | Le malentendu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En tant qu’Arabes, on se doit d’être solidaires avec les peuples frères du Golfe, qui subissent les attaques de drones et de missiles lancées par les Iraniens, mais ce devoir de solidarité ne saurait faire fi du droit international piétiné par l’alliance israélo-américaine à laquelle les monarchies du Golfe se sont associées, à l’insu de leur plein gré, en autorisant l’armée américaine à lancer des attaques à partir des bases qu’e celle-ci occupe dans leurs territoires.</em></strong><em> (Photo : Les bases militaires américaines au Moyen-Orient attaquées par l&rsquo;Iran). </em>  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-18471108"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«L’Iran n&rsquo;a pas violé la souveraineté des monarchies du Golfe, mais s’est défendu contre les bases militaires américaines d’où partaient les attaques violant sa souveraineté et tuant ses dirigeants», </em>a écrit, à ce propos, Lahouari Addi, professeur à l’Institut des études politiques de Lyon, en réponse aux analystes politiques qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme des agressions militaires de l’Iran contre les monarchies du Golfe. Il explique : <em>«Les monarchies arabes auraient dû demander aux Etats-Unis de ne pas utiliser les bases situées sur leurs territoires pour attaquer l’Iran. C’est ce qu’a fait l’Espagne.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Inversion de faits et des responsabilités &nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Qu’on supporte l’Iran ou non, le droit international est de son côté. Le droit international permet à un pays agressé de se défendre. Et c’est parce que la victime potentielle a le droit de se défendre que la paix est assurée par le biais de la dissuasion»</em>, écrit le chercheur algérien, s’inscrivant en faux contre l’inversion des faits et des responsabilités que l’on constate dans les analyses des commentateurs occidentaux, prompts à attaquer l’Iran qui, dans cette affaire, est plutôt agressé qu’agresseur. N’est-ce pas lui qui subit depuis deux semaines les attaques conjointes des aviations militaires israélienne et américaine, dont certaines partent des bases américaines dans les pays du Golfe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu’Arabes, on se doit d’être solidaires avec les peuples frères d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Koweït, du Qatar, de Bahreïn, d’Oman et d’Irak, qui subissent les attaques de drones et de missiles lancées par les Gardiens de la révolution iraniens, mais ce devoir de solidarité ne saurait faire fi du droit international piétiné par l’alliance israélo-américaine à laquelle les monarchies du Golfe se sont associées, à l’insu de leur plein gré, en autorisant l’armée américaine à lancer des attaques à partir des bases que celle-ci <em>«occupe» </em>(et c’est le mot juste) dans leurs territoires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des choix stratégiques douteux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cas d’espèce, défendre le droit international et condamner l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, comme l’a d’ailleurs fait le chef du gouvernement espagnol, non sans panache, ce n’est pas défendre le régime détestable des mollahs, qui réprime dans le sang son propre peuple, c’est préserver les conditions de la paix mondiale qui ne saurait être instaurée par l’imposition de la loi du plus fort dont Washington et Tel Aviv se font aujourd’hui les champions avec l’aval, actif ou passif, de l’Occident et de ses <em>«clients»</em> dans le Sud Global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drame que vivent aujourd’hui les monarchies du Golfe, qui voient le modèle de <em>soft power </em>construit au cours des vingt dernières années, basé sur l’immobilier, le tourisme et la finance, en partie détruit par les missiles et les drones iraniens, réside dans le choix stratégique qu’elles ont fait de confier leur sécurité extérieure à un tandem d’Etats arrogants et belliqueux : les Etats-Unis et Israël, au mépris des intérêts de leurs peuples. Car si elles protègent momentanément les régimes moyenâgeux et antidémocratiques en place dans la région, qui n’ont d’ailleurs rien à <em>«envier»</em> à l’Iran voisin en matière de non-respect des libertés et des droits humains, la normalisation des pays du Golfe avec Israël et les dizaines de bases militaires qu’elles ont accordées aux Etats-Unis sur leurs territoires, ne protègeront pas longtemps leurs peuples des assauts des ennemis comme des amis. Voilà la principale leçon qu&rsquo;ils doivent tirer de leur drame actuel&#8230;  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/13/iran-et-monarchies-du-golfe-le-malentendu/">Iran et monarchies du Golfe | Le malentendu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Que nous apprend l’agression américaine contre le Venezuela ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 08:35:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qu’ils ont fait au Venezuela, les Etats-Unis  n’oseront pas le faire à la Corée du Nord qui possède l'arme nucléaire.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce qu’ont fait les Etats-Unis au Venezuela, hier, samedi 3 janvier 2026, en <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/03/venezuela-nicolas-maduro-capture-et-exfiltre-par-les-etats-unis/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enlevant et en exfiltrant </a>le président Nicolas Maduro, ils n’oseront jamais le faire à la Corée du Nord qui possède une arme nucléaire qui pourrait raser Los Angeles et Chicago. Cela s’appelle la dissuasion. Il y a aujourd’hui neuf pays possédant l’arme nucléaire, et il est à craindre que dans vingt ans, il y en aura 30, dont le Venezuela.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi</strong> *</p>



<span id="more-18192798"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’homme entretient un rapport avec la réalité qu’il veut modifier pour qu’elle soit conforme à ses intérêts. Cela est vrai pour les individus, mais aussi pour les Etats. Même si nous avons un pouvoir, direct ou indirect, sur la réalité comme l’atteste l’histoire, elle échappe le plus souvent à notre volonté pour prendre une direction souvent imprévue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sociologie nous apprend que nous ne sommes pas des acteurs omniscients et omnipuissants. Nous sommes des agents de structures dont les configurations se dessinent à travers les actions antagoniques de tous les agents. Ceci est vrai au niveau microsociologique, mais aussi au niveau macrosociologique de la scène mondiale où les Etats croient être des acteurs alors qu’ils ne sont que des agents. A terme, la structure limitera la puissance des plus puissants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Volonté de puissance et besoin de sécurité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La théorie réaliste des relations Internationales, qui remonte à Hans Morgenthau, et aujourd’hui représentée par John Mearsheimer, enseigne que les rapports entre Etats sont alimentés par une dynamique contradictoire opposant la volonté de puissance des uns et le désir de sécurité des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les théoriciens du courant réaliste expliquent que la scène mondiale est anarchique et est régulée par le rapport de force. Ceci est encore attesté par le rocambolesque kidnapping du président vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet événement, rare dans l’histoire des relations internationales, est l’expression de tendances hégémoniques d’un voisin puissant qui veut soumettre un pays qui possède l’une des plus grandes réserves de pétrole du monde. Pour les théoriciens du courant réaliste, cette politique agressive relève de la stratégie à court terme, car elle aura des conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reposant sur un pessimisme anthropologique foncier, qui remonte à Thomas Hobbes, la théorie réaliste suggère de tenir compte des besoins respectifs de sécurité de tous les Etats pour éviter les conflits militaires. Contrairement aux apparences, elle est contre la guerre qui ne se justifie que par la légitime défense. Morgenthau n’a-t-il pas été un fervent opposant à la guerre du Vietnam que son étudiant, un certain Henry Kissinger, devenu Secrétaire d’Etat de l’administration Nixon, justifiait ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisme encourage la mise en place d’un droit international dont la vocation est de prévenir les guerres en tenant compte des intérêts nationaux de chacun.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La militarisation de la scène mondiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit international, qui a interdit la guerre entre Etats depuis la création de l’Onu, est l’expression même du refus de la militarisation de la scène mondiale. Mais les Etats militairement forts, notamment les Etats-Unis, considèrent le droit international comme une entrave à leur puissance, et ils le violent régulièrement : outre les guerres coloniales menées par la France et la Grande Bretagne, il y a eu la Corée, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, sans oublier les multiples interventions des Etats-Unis en Amérique latine dont le destin a été décidé par la doctrine Monroe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants américains croient pouvoir faire correspondre la réalité à leurs intérêts, mais celle-ci évoluera vers une situation imprévisible. L’histoire étant un enchaînement de causes, certains pays militairement faibles, qui se sentent menacés, vont arriver à la conclusion que s’ils possédaient l’arme nucléaire, ils ne seront pas attaqués par un Etat militairement plus fort. Ce qu’ont fait, en effet, les Etats-Unis au Vénézuéla, ils n’oseront jamais le faire à la Corée du Nord qui possède une arme qui pourrait raser Los Angeles et Chicago. Cela s’appelle la dissuasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sécurité est un besoin aussi fort que l’alimentation. Pour exister, tout en ayant le sentiment d’être en sécurité, les Etats chercheront un moyen pour se protéger, et ce moyen sera l’arme nucléaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hegel disait que la réalité est rationnelle, et c’est en effet vers la rationalité de la dissuasion que la réalité de la scène mondiale se dirige, c’est-à-dire celle de la prolifération nucléaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aujourd’hui neuf pays possédant l’arme nucléaire, et il est à craindre que dans vingt ans, il y en aura 30, dont le Vénézuéla.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Chercheur à l’Institut d’études politiques de Lyon.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OrYlWi8r77"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/04/ce-que-laffaire-du-venezuela-nous-dit/">Ce que l’affaire du Venezuela nous dit</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce que l’affaire du Venezuela nous dit » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/04/ce-que-laffaire-du-venezuela-nous-dit/embed/#?secret=GDTmfPlJil#?secret=OrYlWi8r77" data-secret="OrYlWi8r77" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Mohammed Harbi et les dérives du nationalisme algérien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 08:06:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mohammed Harbi a produit des analyses éclairant la dynamique révolutionnaire en Algérie et ses limites idéologiques.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Acteur dans le mouvement national algérien dès son jeune âge, <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/deces-de-mohammed-harbi-historien-majeur-du-nationalisme-algerien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohammed Harbi qui vient de décéder</a>, jeudi 1<sup>er</sup> janvier 2026, à Paris, à l’âge de 92 ans, est aussi un intellectuel qui, après l’indépendance de l’Algérie, a produit des analyses qui éclairent la dynamique révolutionnaire du FLN historique et ses limites idéologiques.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-18176569"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans une perspective d’anthropologie politique, ouverte à l’histoire du pays, à la sociologie des groupes et à la psychologie des individus, Mohammed Harbi a esquissé les traits structurels qui ont façonné la formation de l’Etat indépendant. Ses principaux ouvrages (‘‘<em>Aux origines du FLN : contribution à l’histoire du populisme en Algérie</em>’’<em>, </em>‘‘<em>Le FLN, mirage et réalité</em>’’<em>, </em>‘‘<em>L’Algérie et son destin</em>’’<em>, </em>‘‘<em>Le FLN, document et histoire</em>’’ &#8211; avec G. Meynier &#8211;<em>, </em>‘‘<em>Les Archives de la révolution algérienne</em>’’<em>, </em>‘‘<em>Une vie debout</em>’’) sont des références obligées pour tous ceux qui veulent connaître les logiques contradictoires de la construction nationale en Algérie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie et ses malheurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je reproduis ci-dessous le compte-rendu que j’avais fait de son ouvrage <em>‘‘Une vie debout. Mémoires politiques, tome 1 : 1945-1962’’</em> et qui a constitué le tome 1 de ses mémoires politiques s’étalant de 1945 à 1962.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Embrassant la période historique cruciale pour l’Algérie allant de la fin des années 1940 à l’Indépendance, les mémoires de Mohammed Harbi constituent un ouvrage qui va au-delà de l’autobiographie où il n’y a ni narcissisme ni autojustification chez cet intellectuel engagé dès son jeune âge dans la vie militante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mémoires sont un genre où, souvent, l’égo, démesuré, se désigne comme le centre de gravité des événements dont l’auteur est témoin. Avec Harbi, la vanité laisse place à l’humilité qui fait les grands hommes. Car il s’agit moins de l’auteur dans ces mémoires que de l’Algérie et des malheurs qu’elle a traversés et dont elle continue de payer le prix fort aujourd’hui avec le sang de ses enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Harbi nous donne à lire est d’abord un livre d’histoire où sont relatés des événements décisifs qui ont marqué l’évolution du mouvement de libération nationale, de la veille de l’insurrection de novembre 1954 à la crise de l’été 1962.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit s’ouvre sur un tableau pittoresque et vivant de ce qu’était la société algérienne dans la région de Skikda, à travers une famille – les Harbi – dont l’auteur décrit les évolutions et les contradictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’emblée, le lecteur prend la mesure du poids du système colonial dans la trajectoire individuelle de chacun, soit sur le plan de la mobilité, plus géographique que sociale, soit sur le plan politique. Le jeune Harbi, alors collégien, est en désaccord avec son père en raison de son engagement précoce dans la politique. Mais constatant que son fils n’abandonne pas ses convictions nationalistes, le père se résigne à un choix auquel il n’a pu s’opposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Responsable de la section du lycée qu’il fréquente, Harbi est déjà témoin des conflits au niveau central du mouvement national et qui ont des prolongements sur le plan local. Des conflits, il en connaîtra toute sa vie de militant. Il essaiera de s’en démarquer, ce qui paradoxalement l’affaiblit, car n’étant affilié à aucun clan, il sera vulnérable dans le climat de suspicion généralisé qui ne fera que s’accroître, au point <em>«où tout, jusqu’à des conversations entre amis, pouvait s’inscrire en actes d’accusation»</em> (p. 312).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conflictualité structurelle pour le leadership</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des faits rapportés qui nourrissent la réflexion sur la genèse du système politique algérien, ce livre pose une question cruciale : Pourquoi le nationalisme algérien suscite tant de conflictualité en son sein alors qu’il est censé réunir dans la communion les militants autour de l’attachement au pays ? Une question subsidiaire vient à l’esprit du lecteur : Pourquoi un intellectuel militant comme Harbi n’a pas été un chef national comme l’ont été Krim Belkacem, Abdelhafid Boussouf, Houari Boumediene&#8230; ? L’auteur ne répond pas à ces questions, mais il met le lecteur sur des pistes d’analyse du mouvement national sur les plans idéologique, culturel, politique, et même sociologique et psychologique, en s’attardant sur un événement majeur qui aura des conséquences sur l’évolution ultérieure du pays : la crise du PPA-MTLD. Celle-ci, opposant Messali Hadj aux centralistes fidèles à la direction du parti, contient en elle les contradictions qui minent à ce jour le système politique algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui était en jeu dans ce conflit, c’était le formidable potentiel de violence prêt à s’investir pour la libération du pays. Messali Hadj avait fait de ce potentiel un patrimoine privé dont il voulait disposer à sa guise. Il avait des atouts : il était le symbole de ce potentiel, il l’a incarné, mais en même temps, il se l’est approprié, confondant l’Algérie et son destin avec sa propre personne ; d’où le culte de la personnalité dont il était l’objet, en particulier de la part de militants intéressés de recevoir la légitimité par délégation des mains propres du leader ; cette même légitimité était revendiquée aussi par la direction du parti qui reprochait à son leader de court-circuiter les décisions prises en comité central, en mandatant personnellement des fidèles pour telle ou telle tâche sans en référer aux instances du parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>zaïm</em> (leader) refusait de se soumettre aux règles du parti qu’il présidait, préférant s’appuyer sur des fidélités personnelles reposant sur la mystique populiste et le respect sacré du chef qui dispensent ce dernier de rendre compte à la base. Le chef national gérait le potentiel de violence anticolonial en le thésaurisant, cherchant à l’accroître pour voir sa propre puissance grandir, comme s’il craignait de le perdre s’il venait à se déclencher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’opposé, il y a le parti, représenté par ses cadres fonctionnant à la règle hiérarchique préfigurant la froide bureaucratie de l’administration d’Etat. La direction du parti n’était pas pressée, elle non plus, à appeler à l’action, préférant utiliser le potentiel de révolte comme atout dans la négociation avec l’administration coloniale pour n’avoir à jamais s’en servir tout en espérant obtenir quelques réformes et quelques sièges d’élus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La formation d’une armée-Etat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre-temps, les clandestins du PPA, pourchassés par la police, s’impatientaient et étaient exaspérés par l’étalage public des désaccords. Ils décidèrent alors de passer à l’action un 1<sup>er</sup> novembre 1954.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Messali et les centralistes ont été dépassés par les clandestins qui ont déclenché l’insurrection, c’est parce que ces derniers ne se sont pas contentés de revendiquer le potentiel de violence révolutionnaire, ils l’ont sollicité, ils l’ont utilisé, ils l’ont déclenché, d’où leur succès. Ils ont créé une situation irréversible où il fallait choisir : pour ou contre le FLN créé par les clandestins sans autre alternative possible. Trop orgueilleux pour se rallier à eux, le <em>zaïm</em>, sans contact direct avec la réalité du terrain depuis plusieurs années, entreprit des actions qui allaient mettre fin à son mythe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de ce moment, le mouvement national va se militariser et sera peu à peu contrôlé par des militaires dont l’objectif est de constituer une armée classique qui formera l’ossature de l’Etat indépendant. Cela aura des conséquences qui marqueront irrémédiablement le système politique algérien plusieurs décennies après l’Indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Si on veut vraiment comprendre le devenir de l’Algérie,</em> écrit Harbi,<em> c’est à la formation d’une armée-Etat qu’il faut se référer»</em> (p. 298).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La militarisation croissante de la révolution ne va pas pour autant faire cesser les conflits entre dirigeants ; au contraire, elle va les exacerber culminant dans l’assassinat de Abbane Ramdane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La militarisation s’est faite au détriment des hommes politiques et des intellectuels, méprisés et soupçonnés de compromis avec la France coloniale, ce qui est un moyen commode de cacher l’inculture et la brutalité des mœurs devenues des valeurs distinctives de l’élite dirigeante. <em>«A l’exception notable du colonel Lotfi,</em> se souvient Harbi,<em> les chefs militaires dénigraient, dans leur discours, les `politiques’, l’esprit critique, le libre arbitre et la théorie»</em> (p. 264).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fonction comme patrimoine privé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Harbi trace des tableaux psychologiques de responsables nationaux dont le comportement est révélateur de la volonté de puissance à laquelle fait pendant la tendance à la soumission des subordonnés, celle-ci n’étant le plus souvent qu’une ressource pour gravir les échelons de la responsabilité. <em>«Les gens avaient intériorisé le principe d’obéissance et ne semblaient pas prêts à réagir contre le recours à l’arbitraire dans la conduite des affaires publiques»</em> (p. 261).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le respect servile de la hiérarchie du clan clientéliste, l’obéissance aveugle aux ordres même quand ils contreviennent à l’esprit de la révolution, la mystique du chef… ont alimenté les conflits parce qu’ils ont constitué des ressources inépuisables, chacun se taillant un fief et organisant un réseau de fidèles, et cherchant à contrôler le maximum de forces mobilisables contre l’occupant colonial pour s’imposer comme dirigeant national. La logique du mouvement poussait les officiers à se tailler <em>«des fiefs en s’appuyant sur des djounouds recrutés dans leur clan ou dans leur région»</em> (p. 271).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sommet, la compétition était féroce entre Belkacem, d’un côté, et Bentobbal et Boussof de l’autre. Ils seront cependant tous les trois évincés par le colonel Houari Boumediene dont l’ascension fulgurante a révélé qu’il était un fin stratège et un manipulateur d’hommes hors pair. Sans avoir de passé dans le PPA-MTLD, sans être un maquisard de l’intérieur, il est arrivé à écarter Boussof, dont il a été l’adjoint, Belkacem dont il a été le subordonné en sa qualité de ministre de la Guerre, et enfin le GPRA dont il dépendait institutionnellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Houari Boumediene, qui a intronisé Ahmed Ben Bella en s’emparant du pouvoir en 1962, a été un chef politique redoutable à qui cependant il a manqué, pour être un homme d’Etat, la culture de la citoyenneté qui fonde la communauté politique sur le concept de sujet de droit et sur les valeurs de respect des individus. Cette faiblesse renvoie cependant à la société algérienne dominée par un populisme apolitique, et Harbi a vu juste en rappelant l’état de développement culturel et social de l’Algérie à majorité rurale. Sans justifier les erreurs et les violences commises par les responsables, il ne faut pas oublier, dit-il, que <em>«la résistance, par son matériau rural, s’est faite avec un héritage intellectuel et culturel peu favorable à la modernité et la démocratie»</em> (p. 297). Ce qui signifie aussi que l’élite dirigeante (Abdelaziz Bouteflika, Chadli Bendjedid, Liamine Zeroual, Belaïd Abdeslam, Chérif Messaadia…) n’a pas la capacité intellectuelle pour mener le pays vers la construction de l’Etat de droit et vers le développement économique et social dont ils n’ont pas la moindre idée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui caractérise cette caste, pour qui la révolution a été un ascenseur social dont ils ont usé et abusé, c’est la soif insatiable du pouvoir. <em>«Depuis l’élimination de Abbane,</em> écrit Harbi, <em>ces chefs se sont constitués en club fermé, selon des conceptions qui ne correspondent pas aux impératifs de la formation d’une nation ; et ils considéraient leur fonction comme partie intégrante de leur patrimoine personnel. J’ai ainsi entendu Bentobbal déclarer le 5 février 1961, lors d’une conférence aux cadres à Tunis : `celui qui veut le pouvoir n’a qu’à prendre le fusil pour nous l’enlever’»</em> (p. 359). Phrase prémonitoire qui ouvre le champ à la violence qui endeuille aujourd’hui tant de familles. Logique implacable qui a mené des décennies plus tard, l’Etat à la faillite totale et à la rupture complète avec la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le détournement de la cause nationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, Harbi nous invite à réfléchir sur les limites du nationalisme algérien exprimé par des hommes porteurs d’une culture politique de désespoir, faite de convictions nationalistes et de valeurs communautaires qui glorifient le groupe, défini selon les circonstances, et qui censurent l’individu soupçonné de mettre en danger l’unité de la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que la liberté d’expression est perçue comme une rébellion et la critique, fut-elle constructive, comme un dénigrement de responsables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les déboires de Harbi avec l’Etat-Major Général, qui l’a accusé de fractionnisme, sont révélateurs de l’absence de confiance dans les militants qui ne font pas allégeance aux chefs et aux sous-chefs. Ali Mendjeli et Kaid Ahmed ont le mieux exprimé cette logique qui broie toute résistance à la mystique populiste incarnée par leur chef, Houari Boumediene. Ils étaient prêts à tuer des Algériens en chair et en os pour sauver leur propre idée abstraite de l’Algérie à laquelle ils s’identifiaient. Exprimer un avis différent de celui de Kaid Ahmed, de Ali Mendjeli ou de Houari Boumédiène, c’était trahir l’Algérie et donc mériter la mort. Ces responsables se sont arrogé un pouvoir exorbitant sur leurs compatriotes sous prétexte qu’ils sont les seuls patriotes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun Etat ne peut se construire sur une telle culture qui fait du chef le dépositaire exclusif du bien commun, soupçonnant tous les autres de porter atteinte au pays. Ce n’est pas la sincérité dans l’engagement de ces responsables qui est en cause ; mais un chef vit son engagement à partir de sa personne et donc de ses intérêts personnels, dont il croit inconsciemment qu’ils sont conformes aux intérêts du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les responsables du mouvement national, de Messali Hadj à Houari Boumediene, ont glissé du rôle de militant de la cause nationale à celui de propriétaire de celle-ci. C’est là que s’opère le premier détournement du bien commun, et qui trouvera son prolongement dans l’Etat indépendant, dans la privatisation du pouvoir qui, par définition, est une institution publique. Ce qui manque le plus à l’élite issue de la révolution, c’est la culture et la conviction du caractère public de l’autorité, fondement indispensable à l’Etat de droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La désignation de Bouteflika comme Président de la République après 20 ans de tourisme, le retour de Messaadia après 15 de vacances aux frais de l’Etat, attestent si besoin est, que pour cette caste, l’Etat algérien est leur bien immobilier dont il faut juste espérer qu’ils ne le vendront pas un jour pour aller s’installer en Suisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le pouvoir n’est pas public, s’il n’est pas institutionnellement protégé contre l’arbitraire et l’abus, il ne peut y avoir de modernité politique, et donc de développement, dont il faut rappeler qu’il est intrinsèquement lié à dé-privatisation du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution algérienne contenait en elle-même une formidable force mécanique, mais il lui a manqué les valeurs de respect de l’individu et de l’autorité publique pour déboucher sur un Etat de droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre de Harbi devrait être lu par le maximum d’Algériens dans les villes et villages à des fins de thérapie collective, ce qui aiderait probablement à sortir de la tragédie nationale qui a résulté des limites idéologiques de notre nationalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par cet ouvrage, Harbi a fait une seconde contribution à son pays, en tant que militant et en tant qu’intellectuel engagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais terminer par une note optimiste : rien n’est encore perdu dans une société qui donne naissance à des militants et intellectuels comme Mohamed Harbi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">** <em>Le titre et les intertitres sont de la rédaction. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AzTnQE0QAJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/">La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/embed/#?secret=iRj5Hn3GBO#?secret=AzTnQE0QAJ" data-secret="AzTnQE0QAJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 06:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
		<category><![CDATA[régime militaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Algériens aspirent à rétablir la primauté du civil, à réhabiliter l’État de droit et à protéger l’armée du mécontentement social. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La date du 1<sup>er</sup> novembre 1954 est le plus fort symbole de l’histoire de l’Algérie en ce qu’elle a exprimé la volonté de se libérer de la domination coloniale et de fonder un Etat moderne. L’indépendance cependant n’était qu’une étape selon le mouvement national ; le but étant le développement économique et la création d’un Etat moderne. Soixante-onze années après cette date, où en est l’Algérie ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi &amp; Karim Naït Ouslimane</strong> *</p>



<span id="more-17784665"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Lahouari-Addi-Karim-Nait-Ouslimane.jpg" alt="" class="wp-image-17784826"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il semble bien que le souffle historique de novembre 1954 n’a pas survécu à l’indépendance, et que les élites dirigeantes ont perdu de vue la principale promesse du mouvement national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fondation de l’Etat moderne, commencée avec la construction d’un pouvoir central, a été retardée par des vicissitudes historiques qu’il s’agit d’analyser objectivement, en se demandant quelle est la part des acteurs dans un système dont ils ne contrôlent plus l’évolution. Le système domine-t-il les acteurs ou bien ces derniers, au-delà de leurs intérêts, peuvent-ils influencer sa logique désincarnée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est ainsi posée car l’histoire du pays a créé un système qui a imposé aux dirigeants une logique qui ignore les intérêts de la Nation. D’où la nécessité d’une transition qui n’est plus une question à débattre pour quiconque observe objectivement la société algérienne. Et la question n’est donc plus celle de savoir si une transition est nécessaire, mais de déterminer sa nature et son objectif. S’agit-il d’un simple passage électoral à l’intérieur d’un ordre existant, ou d’un processus consensuel capable de redéfinir la source de la souveraineté et les institutions à l’intérieur de laquelle elle s’exerce ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : la transition doit-elle s’inscrire dans les formes héritées du système ou les reconfigurer ? C’est cette question politique fondamentale en Algérie qui demande une réponse. A cette fin, il faut revenir sur la genèse de la période postcoloniale et ses vicissitudes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Primauté du militaire sur le politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que dit en effet l’histoire récente de l’Algérie ? La radicalité du pouvoir colonial qui refusait toute réforme avait incité le mouvement national à militariser le politique et à créer un appareil militaire en vue de la libération nationale. Le pouvoir colonial rejetait toute perspective d’indépendance négociée. Le FLN a alors créé une armée clandestine pour mener l’insurrection en 1954. Mais à la veille de l’indépendance, cet appareil militaire a échappé au contrôle du leadership du FLN. En conséquence, le parti n’avait pas la capacité de s’opposer au coup d’État de l’État-Major contre le GPRA, malgré la résistance d’une partie des cadres de l’ALN de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre juin et août 1962, le rapport de force a été tranché militairement : les troupes de l’extérieur, mieux armées, ont imposé leur domination sur celles de l’intérieur. Ce moment a inscrit durablement la centralité militaire dans l’exercice du pouvoir. Le processus s’est achevé en juin 1965 par le coup d’État qui a renversé le président Ahmed Ben Bella, élu en 1963 et également secrétaire général du Bureau politique du FLN, organe censé incarner la souveraineté populaire. Ce Bureau politique a été dissous et remplacé par le Conseil de la Révolution, dominé par les militaires et présidé par le colonel Houari Boumediene.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le leadership militaire s’était émancipé de toute autorité civile et le politique a été absorbé par la structure militaire qui s’est imposée comme source unique de légitimité. Le pluralisme politique qui existait avant 1954 n’a pas été restauré. Bien que limité par le cadre colonial, il était néanmoins une réalité. Le PPA-MTLD, l’UDMA, l’Association des Oulémas, le Parti communiste étaient des partis qui exprimaient les différentes sensibilités idéologiques de la société. Au lieu de réactiver et d’élargir cette tradition, le régime naissant y a mis fin, institutionnalisant la primauté du militaire sur le politique, transformant le FLN en un appendice de l’administration qui lui avait confié la tâche de gérer la mémoire de la lutte de libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1962, le politique n’a pas été démilitarisé malgré le principe du congrès de la Soummam : la primauté du politique sur le militaire. La domination du politique par le militaire ne fait pas partie de la culture politique algérienne ; elle est née est de vicissitudes liées à l’histoire du mouvement national qui a créé un appareil militaire qui a échappé à son autorité politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première décennie de l’indépendance a permis l’affermissement de la souveraineté nationale et l’installation d’un pouvoir central dans la continuité directe du projet du mouvement national. Mais elle a aussi mis en place un régime dont la structure institutionnelle a figé le politique au lieu de l’ouvrir pour accompagner la construction d’un Etat moderne reposant sur la légitimité populaire. Il est vrai que l’euphorie des indépendances avait suscité, à l’échelle du Tiers-Monde, un enchantement qui avait sous-estimé le poids des réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, dans les années 1950 et 1960, les discours populistes tiers-mondistes dominaient les champs politiques des nouveaux Etats indépendants. Sans accepter le contrôle populaire, ils affirmaient la nécessité de protéger les peuples de la domination impérialiste et de mettre en œuvre un développement économique que la faiblesse des bourgeoisies nationales ne permettait pas d’engager.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique sans contrôle populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette configuration que Boumediene, jeune officier marqué par son époque, s’est construit comme figure de chef politique, se présentant comme le défenseur des couches sociales populaires et le garant d’un projet de justice sociale. Son modèle était celui de la modernisation autoritaire visant à industrialiser le pays. A cet effet, il a interdit le pluralisme qu’il considérait comme un facteur de division et a aboli l’autonomie syndicale, tout en promettant de réaliser les promesses du mouvement national : emploi, industrialisation, réforme agraire, généralisation de la scolarisation&#8230; N’ayant été socialisé ni dans un parti ni dans une structure syndicale, Boumediene concevait la politique comme une menace pour la cohésion sociale et non comme un espace de régulation des conflits. Son projet, verbalement révolutionnaire, a en réalité coupé l’État de la société. L’échec du développement économique qu’il avait annoncé est directement lié à cette structure : une politique sans contrôle populaire, ni corps intermédiaires et ni représentation autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’une médiation politique a ouvert un espace à l’irresponsabilité, au gaspillage et à la corruption. Un contrôle effectif, soit par des élections pluralistes, soit par un parti disposant d’une véritable autorité politique, aurait pu limiter ces dérives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boumediene refusait cette possibilité, convaincu que la société n’était pas capable de protéger l’État contre les profiteurs, alors même que ces profiteurs ont prospéré sous son pouvoir en le soutenant. Il a façonné le régime autour de sa personne, en s’appuyant sur la Charte nationale adoptée par référendum, conçue comme un contrat direct entre lui et le peuple. Pour réaliser le projet qu’il défendait, il a concentré entre ses mains l’ensemble des pouvoirs : Chef d’État, Chef de gouvernement, ministre de la Défense, Chef de l’Etat-Major de l’armée après 1967 et président du Conseil de la Révolution. Ce dernier, s’autoproclamant dépositaire de la souveraineté nationale, a absorbé la fonction législative, donnant une légitimité politique au pouvoir exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime a fonctionné avec un pouvoir exécutif reposant sur le charisme du leader et non sur des institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’armée, seule source effective du pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après la mort de Boumediene, la hiérarchie militaire a reconduit le même système tout en refusant de le doter d’un chef charismatique qui aurait une autorité sur elle. Le corps des officiers supérieurs n’accepte pas l’émergence d’un chef politique, même s’il sort des rangs de l’armée. A l’exception de Houari Boumediene, ni Chadli Bendjedid, ni Mohamed Boudiaf, ni Liamine Zéroual, ni Abdelaziz Bouteflika, ni Abdelmadjid Tebboune n’ont eu une autorité politique sur l’armée. Le système repose sur une règle non écrite mais structurante : l’armée est la seule source effective du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte une division au sommet de l’État entre un pouvoir réel, souverain et non comptable, et un pouvoir formel, chargé de diriger l’administration gouvernementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, si les militaires ne gouvernent pas directement, ils désignent ceux qui occupent les fonctions principales de l’État, déterminent les grandes orientations politiques et fixent les équilibres budgétaires. Le centre de gravité des décisions politiques et diplomatiques se situe au ministère de la défense et non à la présidence. Le candidat désigné pour exercer la fonction présidentielle doit accepter la condition de ne pas exercer d’autorité sur la hiérarchie militaire, malgré les dispositions de la constitution. Affaiblie et placée sous tutelle, la présidence n’a pas l’autorité nécessaire pour mener des réformes qui rompent avec la logique d’un système devenu rentier qui gaspille dans la consommation les richesses du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un modèle économique basé sur les hydrocarbures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La hiérarchie militaire a reconduit le modèle économique qui repose sur les revenus des hydrocarbures qui ont jusque-là caché les déséquilibres structurels. Le déficit permanent des entreprises publiques constitue une bombe à retardement et une vulnérabilité majeure susceptible de provoquer des émeutes en cas de baisse des prix du pétrole. L’incapacité des entreprises publiques à équilibrer leurs comptes entraîne un déficit que l’État finance par la création monétaire au détriment du pouvoir d’achat. Ce mécanisme est devenu un élément structurel de l’économie algérienne et une source permanente de fragilité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que le budget de l’État algérien est financé par la perte sans fin du pouvoir d’achat du dinar, en plus des impôts et des revenus des hydrocarbures. La perte du pouvoir d’achat des consommateurs est structurelle et sans aucune perspective de redressement. La principale victime de ce système politico-économique est le dinar, monnaie froide déconnectée des dynamiques internationales d’accumulation. Le dinar n’est ni un moyen d’investissement ni une valeur refuge comme les autres monnaies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie a ainsi bâti un système politico-économique qui utilise la rente énergétique pour importer des biens de consommation au profit d’entreprises étrangères et d’intermédiaires compradores.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être l’autorité suprême, la hiérarchie militaire porte une responsabilité directe dans les échecs économiques et sociaux du régime depuis l’indépendance. Elle est comptable de l’incapacité du pays à se développer malgré ses ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partis artificiels et transition factice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que la société s’est profondément modifiée, dans sa composition comme dans ses attentes, le pouvoir central postindépendance est resté identique à lui-même. Cette fixité n’est pas une simple inertie : elle est constitutive du système. Or, les nouvelles générations (la GenZ notamment) n’acceptent pas le statu quo postcolonial ; elles le contestent par leur seule existence sociale et par les espérances qu’elles portent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La séquence d’Octobre 1988, qui précède de peu l’effondrement des régimes socialistes en Europe de l’Est, avait montré que la société algérienne était inscrite dans la temporalité mondiale, celle des basculements politiques, de la fin des systèmes à parti unique et de l’économie administrée. Les émeutes d’Octobre avaient exprimé une exigence politique : ouvrir les institutions à la participation populaire et instituer un pluralisme politique réel. Le rejet du parti unique n’était pas un épisode conjoncturel, mais une rupture structurante et une phase du processus de la construction de l’Etat. Le parti unique avait atteint sa limite historique, bloquant le devenir politique du pays en le marginalisant par rapport aux dynamiques mondiales économiques, idéologiques et culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la pression conjuguée des aspirations internes et de l’environnement international, les élites dirigeantes ont été contraintes, en 1989, de modifier la Constitution et de légaliser les partis politiques. Mais cette ouverture, pensée comme une concession et non comme une refondation, a produit une transition factice, sans contrat politique stabilisateur. Ni le régime ni l’opposition n’étaient préparés – politiquement, culturellement et doctrinalement &#8211; à une véritable redistribution des rapports de pouvoir. L’annulation des élections pluralistes en janvier 1992 a été la conséquence directe de l’absence d’un consensus au sujet de la transition. Le choix de la voie électorale a transformé la transition en affrontement et ouvert une séquence de lutte qui s’est achevée dans le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, l’Algérie est revenue au système de parti unique de facto derrière une façade de pluralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élections après 1992 ont été systématiquement truquées par l’administration qui détournait le suffrage universel au profit des deux partis artificiels du régime, le FLN et le RND. Ils étaient artificiels parce qu’ils n’avaient aucun ancrage dans la société. Sans les généreuses subventions de l’Etat, par ailleurs illégales au regard de la loi, et la complaisance de l’administration qui leur fournissait des locaux et des ressources, ces deux partis auraient disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FLN et le RND, et les partis microscopiques qui ont été créés pour dévaloriser l’activité politique, ont été juste des opportunités aux arrivistes sans scrupules pour occuper des fonctions électives alors qu’ils n’ont aucun sens de l’intérêt public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que l’opinion publique perçoit les partis comme des groupements inutiles et incapables de porter la voix de la population dans les institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un retard idéologique et culturel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la situation post-1988 a montré aux Algériens, c’est que le pluralisme, introduit par la réforme constitutionnelle de 1989, n’a en rien modifié la nature du régime. Les partis ont été maintenus dans une position subordonnée, réduits à une fonction d’opposition sans perspective réelle de conquérir pacifiquement le pouvoir. Dans une société peu politisée et où la religiosité cherche à refouler les divergences idéologiques, les acteurs ont du mal à percevoir ces divergences comme des clivages susceptibles d’être résolus dans le cadre politico-juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce retard idéologique et culturel de la société qui a permis au commandement militaire d’être un acteur politique qui interdit toute activité politique qu’il ne contrôle pas. Il a exercé une influence directe sur le champ politique en mobilisant les services de renseignement, détournés de leur rôle institutionnel. Leur mission était de fabriquer une vie politique artificielle, déconnectée des revendications sociales réelles : chômage massif des jeunes, gaspillage des ressources publiques, corruption généralisée. L’objectif était de neutraliser la société civile et d’étouffer toute velléité de changement politique. Car le présupposé implicite du régime est que la société doit obéir à l’État et non l’inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opposition a été perçue comme une menace à contenir, alors qu’elle devrait être un lieu de socialisation politique et un mécanisme de renouvellement de légitimation du pouvoir d’Etat par la sanction électorale. En refusant l’autonomie des partis, des syndicats et de la presse, le régime a coupé l’État de ses racines sociales, idéologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par une ironie de l’histoire, l’Etat postcolonial se réapproprie le réflexe de l’administration coloniale qui imposait des béni-oui-oui comme représentants de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ouvrir une nouvelle séquence historique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette configuration, l’institution militaire porte une part déterminante de la trajectoire politique du pays. La stabilité future et la pérennité de l’Algérie ne résultera pas du maintien d’un rapport de force obsolète, mais d’une capacité à ouvrir une nouvelle séquence historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional et international instable, marqué par les recompositions rapides des équilibres géopolitiques, la hiérarchie militaire a intérêt à inscrire son action dans une logique de préservation de l’État en tant qu’institution nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assumer cette responsabilité implique, au nom du serment de Novembre et la mémoire des Chouhadas, d’accompagner, sans la confisquer, une transition politique consensuelle. Il s’agit de rendre possible la formation d’un nouveau contrat social qui restitue au politique sa fonction propre : organiser pacifiquement la confrontation des idées, structurer les intérêts sociaux, garantir la continuité de l’État à travers la légitimité électorale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle orientation ne signifie pas un affaiblissement de l’armée, mais au contraire une clarification de son rôle dans la défense nationale et la protection des équilibres stratégiques. Elle seule peut, en prenant cette initiative historique, contribuer à refermer le cycle ouvert en 1962 et à rendre à la souveraineté populaire sa place centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité future du pays suppose que l’armée se tienne à distance des conflits politiques internes à la société, car son implication dans ces derniers n’est pas dans son intérêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La politique est un espace conflictuel, par définition traversé par des divergences idéologiques et sociales. Une institution qui appartient à l’ensemble des citoyens ne peut durablement s’identifier à un camp ou à un parti sans se mettre en porte-à-faux avec une frange de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un État moderne, l’armée n’a pas à s’identifier à un courant politique ou à être la dépositaire de la souveraineté nationale. Elle est une branche du pouvoir exécutif qui obéit au pouvoir législatif issu des urnes. Son retrait de la sphère politique est une condition de la construction d’un espace civil autonome et de la préservation de la confiance en elle de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le slogan <em>«madania machi askaria» </em>(«civile et non militaire»), scandé par des millions d’Algériens lors des marches du Hirak ; il exprime une exigence directe : rompre avec un schéma où le commandement militaire constitue la source effective du pouvoir en lieu et place de l’électorat. Il aspire à une transition démocratique entendue comme retrait du champ politique des services de sécurité de l’armée, appelés à se limiter à leur fonction propre, la défense de la nation contre les menaces extérieures. Cette exigence a été perçue par les décideurs comme une hostilité à l’institution militaire ou comme l’annonce d’un changement brutal de régime. En réalité, <em>«madania machi askaria»</em> renvoie à une aspiration politique légitime : celle de rétablir la primauté du civil, de réhabiliter l’État et de protéger l’institution militaire du mécontentement social qui ne manquera pas de se concentrer sur elle tant qu’elle demeure impliquée dans le champ politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Universitaires</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">31 octobre 2025</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4VajMjpX25"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/vers-un-printemps-algerien-ineluctable-et-necessaire/">Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire   </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/vers-un-printemps-algerien-ineluctable-et-necessaire/embed/#?secret=HMzjjG1OML#?secret=4VajMjpX25" data-secret="4VajMjpX25" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>L’Occident s’acharne sur les Palestiniens, par Israël interposé</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 07:17:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le conflit meurtrier entre Israéliens et Palestiniens est aussi un conflit symbolique entre l’Occident et Sud global.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/loccident-sacharne-sur-les-palestiniens-par-israel-interpose/">L’Occident s’acharne sur les Palestiniens, par Israël interposé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous avons de plus en plus l’impression que les gouvernements occidentaux s’acharnent sur les Palestiniens, par Israël interposé, pour rappeler aux peuples du Sud global la puissance de feu de leurs armes. Le conflit meurtrier entre Israéliens et Palestiniens est aussi un conflit symbolique entre l’Occident et Sud global.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-15929478"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Comment définir Benjamin Netanyahu? C’est la ruse au service de la cruauté et de la méchanceté. Il signe des accords tout en sachant qu’il les rompra à tout moment. Cet homme a été au-delà du machiavélisme à qui il a donné la plus inhumaine et la plus barbare des significations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre israélien piétine le droit international avec arrogance et prétend combattre le Mal alors qu’il est le Mal incarné. Il est insensible à la douleur de mères dont les enfants sont tués par les bombes des avions bourrés de technologie. Il dira: mais les Palestiniens aussi tuent des Israéliens. Mais dès lors que les Palestiniens reconnaissent l’existence d&rsquo;Israël, y compris le Hamas qui a changé sa charte à cet effet en 2017, pourquoi alors cette guerre?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terroriser les Palestiniens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme n’est pas un ange, qu’il soit Israélien ou Palestinien, et il y a toujours eu et il y aura toujours des guerres. Mais les guerres prennent fin quand les protagonistes se reconnaissent. Dans ce cas, les Palestiniens reconnaissent Israël installé sur une grande partie de leur terre, mais Israël ne reconnait pas aux Palestiniens le droit d’avoir un Etat sur une petite partie de leur territoire historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, après les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, le droit a essayé de <em>«civiliser»</em> la guerre, de la maintenir dans les limites de <em>«œil pour œil, dent pour dent»</em>. Mais avec Netanyahu, la guerre n’a pas de limites. Elle ne vise pas que les combattants, elle tue aussi femmes, enfants, vieillards sans distinction et en masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Netanyahu affirme qu’il fait la guerre au Hamas et non aux Palestiniens, bien que les faits contredisent son discours puisque les bébés et les enfants sont aussi victimes par milliers de ses agressions. Mais comme tout leader colonial, il nie le sentiment nationaliste du colonisé palestinien qui se reconnaît dans le Hamas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un fait attesté par les observateurs sur le terrain que le Hamas est populaire à Gaza et en Cisjordanie. Toute la stratégie de l’armée israélienne à Gaza a été de terroriser les Gazaouis afin de les pousser à se détacher du Hamas et à dénoncer ses militants qui vivent parmi eux. Mais peine perdue. Cette stratégie a échoué lors de la guerre d’Algérie et aussi la guerre du Vietnam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un ancien chef d’état-major israélien a dit publiquement que le Hamas n’est pas un mouvement terroriste ; c’est un mouvement idéologique qui utilise la violence qui, par définition, est terroriste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Colonisé contre colonisateur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport entre le colonisé et le colonisateur est marqué par la haine qui mène à des évènements tragiques s’inscrivant dans un enchaînement de causes. C’est pourquoi, aussi dramatiques que soient les attaques du 7 octobre 2023, elles ne sont pas la cause du conflit comme le dit la propagande israélienne relayée par les médias de droite occidentaux. Expliquer l’attaque du 7 octobre, c’est la situer dans son contexte historique afin de donner des chances à la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il appartient aux Israéliens de changer de politique vis-à-vis des Palestiniens qu’ils oppriment s’ils ne veulent pas que d’autres attaques similaires à celle du 7 octobre ne se reproduisent. Et c’est pourquoi, face à l’inhumanité de Netanyahu, seul un embargo total d’Israël mettra fin à cette guerre centenaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui manque cruellement aux Israéliens, c’est un leader qui leur dise que la puissance américaine à la faveur de laquelle ils tuent par milliers les Palestiniens n’est pas éternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car, en effet, Netanyahu n’est rien sans l’appui que lui accordent les gouvernements occidentaux. Nous avons l’impression que les gouvernements occidentaux s’acharnent sur les Palestiniens, par Israël interposé, pour rappeler aux peuples du Sud global la puissance de feu de leurs armes. Le conflit meurtrier entre Israéliens et Palestiniens est aussi un conflit symbolique entre l’Occident et Sud global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Professeur à l&rsquo;Institut des études politiques de l&rsquo;Université de Lyon. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xGHKEyHMTL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/26/une-etrange-defaite-la-democratie-occidentale-a-vendu-son-ame-aux-encheres/">‘‘Une étrange défaite’’: la démocratie occidentale a vendu son âme aux enchères</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Une étrange défaite’’: la démocratie occidentale a vendu son âme aux enchères » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/26/une-etrange-defaite-la-democratie-occidentale-a-vendu-son-ame-aux-encheres/embed/#?secret=XTGmd95KlZ#?secret=xGHKEyHMTL" data-secret="xGHKEyHMTL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Une Syrie post-islamiste est-elle possible?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jan 2025 10:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed charaa]]></category>
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		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[post-islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdogan]]></category>
		<category><![CDATA[Sayyed Qotb]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle Syrie, incarnée par Ahmed Charaa, entrera-t-elle dans le post-islamisme?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Est-ce que le nouveau régime syrien connaîtra la même évolution que le régime précédent, ou construira-t-il un ordre politique interne qui tienne compte des changements culturels des sociétés musulmanes et des aspirations de la jeunesse?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-15049237"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle Syrie entrera-t-elle dans le post-islamisme? Cette photo ci-dessus (le nouvel homme fort à Damas, Ahmed Al-Charaa, recevant une délégation de chrétiens syriens) est de bon augure. Le post-islamisme rappelle l’évolution du christianisme politique qui a donné naissance en Europe au 19<sup>e</sup> siècle aux partis de la démocratie-chrétienne et aux socio-démocrates de sensibilité chrétienne. Comparaison n’est pas raison, mais les similitudes sont là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les islamistes des années précédentes ont construit leur projet politique autour des <em>&lsquo;ibadates </em>(devoirs religieux), ce qui est non seulement irréaliste mais contraire à l’esprit du Coran qui stipule que seul Dieu est juge des <em>‘ibadates</em>. Les hommes ne peuvent juger que les <em>mou’amalates</em>, c’est-à-dire les actions profanes de tous les jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour juger les <em>mou’amalates</em>, les hommes instituent un droit inspiré par leur culture et par la conscience sociale liée à une représentation du monde. On dira <em>«oui, mais en islam, la </em>charia<em> est le droit immuable décrété par Dieu»</em>. Bullshit! Cette thèse est celle des orientalistes occidentaux qui, à l’appui de textes de théologiens musulmans du Moyen Age, l’ont propagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité est que la culture musulmane fait la distinction entre la <em>charia</em>, idéal de justice divine pour une société parfaite, et le <em>fiqh</em>, droit religieux séculier. La <em>charia</em> n’est pas du droit; elle est une norme juridique idéale que les hommes, faits de bois tordu comme dit Kant, sont incapables d’atteindre. A l’inverse, le <em>fiqh</em> est un droit positif religieux créé par des <em>fouqahas</em> sur la base de la culture de leur époque. Il est aujourd’hui tombé en désuétude parce que ne correspondant plus la culture des sociétés musulmanes d’aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="s4WZRx6iqL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-femmes-manifestent-a-damas-pour-une-syrie-civile-et-laique/">Les femmes manifestent à Damas pour «une Syrie civile et laïque»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les femmes manifestent à Damas pour «une Syrie civile et laïque» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-femmes-manifestent-a-damas-pour-une-syrie-civile-et-laique/embed/#?secret=w1YX6z4lNV#?secret=s4WZRx6iqL" data-secret="s4WZRx6iqL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les islamistes doivent s’adapter ou disparaître</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit évolue en fonction des cultures et de la conscience de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Si au 12<sup>e</sup> siècle, il paraissait juste de marier une petite fille âgée de 12 ans, aujourd’hui c’est considéré comme inacceptable. C’est le réel, l’histoire et la vie qui imposent aux islamistes d’évoluer et de s’adapter sinon ils disparaîtront.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qu’a compris le post-islamiste Recep Tayyip Erdogan qui, par expérience, sait qu’il n’existe pas et qu’il ne peut exister un Etat religieux. Les Etats sont des constructions politiques, et quand ils se légitiment par la religion, les dirigeants se substituent à Dieu pour juger les hommes, ce qui contredit le Coran qui stipule que <em>al hakimya</em> appartient à Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Al hakimya</em> en arabe veut dire arbitrer. L’arbitre du match de football est appelé en arabe <em>al-hakam</em>. Dieu est l’arbitre, lors du jugement dernier, des divergences entre musulmans, chrétiens et juifs, mais aussi entre les différentes pratiques religieuses parmi les musulmans. Ce mot <em>al-hakimya</em> a été mal compris par le Pakistanais Al-Mawdudi dont la langue maternelle n’est pas l&rsquo;arabe, mais l’ourdou. Il l’a traduit par souveraineté, déduisant ainsi que la démocratie est <em>kofr</em>. Les orientalistes occidentaux en ont fait leur tarte à la crème, érigeant Al-Mawdudi comme un théologien alors qu’il était journaliste de formation et de profession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le post-islamisme est la rupture avec les écrits d’Al-Mawdudi et de son élève Sayyed Qotb pour qui les sociétés musulmanes sont retombées dans la<em> jahilya</em>. Qotb a implicitement dit que nous, nos parents et grands-parents ne sont plus musulmans et que nous irons tous en enfer! Mais pourquoi ces thèses burlesques sont devenues populaires au point où l’islam est devenu une idéologie politique?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="c64dcSUZ5B"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/qui-est-a-lorigine-de-lattaque-djihadiste-reussie-en-syrie/">Qui est à l’origine de l’attaque djihadiste réussie en Syrie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Qui est à l’origine de l’attaque djihadiste réussie en Syrie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/qui-est-a-lorigine-de-lattaque-djihadiste-reussie-en-syrie/embed/#?secret=nEESKfzn1Q#?secret=c64dcSUZ5B" data-secret="c64dcSUZ5B" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’échec du nationalisme arabe radical</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse à cette question renvoie à l’échec du nationalisme arabe radical représenté par Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; qui, soucieux de préserver leur pouvoir, n’ont pas osé entamer la réforme théologique qu’avait prônée le mouvement de la Nahda ou Renaissance au 19<sup>e</sup> siècle. C’est parce qu’il n’y avait pas une théologie musulmane moderne compatible avec la liberté de conscience et l’égalité hommes-femmes que l’islam politique s’est propagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’islam politique est l’enfant illégitime de Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; En Algérie, le FIS était le fils du FLN. Ce FLN qui, une fois au pouvoir, n’a pas osé toucher à la théologie. Boumédiène avait même mobilisé les imams payés par l’Etat, ce qui est une hérésie, pour défendre la révolution agraire. Son discours se limitait à condamner verbalement l’impérialisme, ce qui est nécessaire mais pas suffisant. (C’est ce qu’ont compris les Chinois depuis 1980).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les régimes de Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; n’avaient pas de projets de modernisation de la société, de la culture et de l’économie. Ils avaient instrumentalisé les aspirations des couches populaires à la justice sociale et à la modernité pour s’accaparer du pouvoir que leur culture considérait comme un butin de guerre. C’est là la cause de l’échec de Saddam et de Assad. Les héritiers de Nasser en Egypte n’ont sauvé son régime qu’en s’appuyant sur les anciennes puissances coloniales et sur Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question qui se pose est la suivante: est-ce que le nouveau régime syrien connaîtra la même évolution que le régime précédent, ou construira-t-il un ordre politique interne qui tienne compte des changements culturels des sociétés musulmanes et des aspirations de la jeunesse? La Syrie est à un carrefour: ou bien elle suivra Mawdudi et Qotb, et dans 20 ans il y aura une autre guerre civile, ou bien elle construira une démocratie dite musulmane compatible avec la liberté de conscience et les valeurs universelles de la dignité de la personne qui a le droit de croire au dieu qu’il veut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Professeur à l&rsquo;Institut des études politiques de l&rsquo;université de Lyon.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Algérie : Tebboune s’abaisse à insulter Sansal</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/30/algerie-tebboune-sabaisse-a-insulter-sansal/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Dec 2024 07:10:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdemladjid Tebboune]]></category>
		<category><![CDATA[Boualem Sansal]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi Tebboune s’abaisse-t-il à insulter vulgairement Boualem Sansal en prétendant qu’il ne connait pas son père? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/30/algerie-tebboune-sabaisse-a-insulter-sansal/">Algérie : Tebboune s’abaisse à insulter Sansal</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em> «Pourquoi Tebboune s’abaisse-t-il à insulter vulgairement Boualem Sansal en prétendant qu’il ne connait pas son père? C&rsquo;est-à-dire que c’est un b&#8230;!», s’est interrogé Lahouari Addi, écrivain et professeur de sciences politiques à l’université de Lyon dans un post sur sa page Facebook.</em></strong></p>



<span id="more-15021385"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Vous envoyez un imposteur qui ne connaît pas son identité, ne connaît pas son père et vient dire que la moitié de l&rsquo;Algérie appartient à un autre État»</em>, a déclaré le président algérien, dans un extrait d’un discours officiel, rapporté par le média algérien <em>TSA</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écrivain franco-algérien, âgé de&nbsp;80 ans, né d’un père marocain et d’une mère algérienne, est incarcéré depuis la mi-novembre pour atteinte à la sûreté de l’État et se trouve dans une unité de soins depuis la mi-décembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commentant cette sortie d’Abdelmadjd Tebboune, qui semble avoir mal pris des déclarations de M. Sansal au média français <em>Frontières</em>, reprenant la position du Maroc selon laquelle le territoire de ce pays aurait été tronqué sous la colonisation française au profit de l’Algérie, Lahouari Addi a écrit : <em>«C’est indigne de la part d&rsquo;un président. N’est-ce pas là une atteinte à la dignité de la fonction de chef d’Etat qu&rsquo;il occupe? Pourquoi s’exprime-t-il sur un dossier en cours d&rsquo;instruction? Mais il y a peut-être une hypothétique explication à ce très grave dérapage. Tebboune prépare-t-il l’opinion algérienne à la libération de Sansal suite aux pressions qu’exercent la droite et l’extrême droite françaises?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«‘‘C&rsquo;est fait, j’ai rendu justice en l’insultant. Maintenant, on peut le libérer. Mon insulte équivaut à une peine prononcée par un tribunal informel’’. Aux Français, il dira je l’ai libéré, et aux Algériens il dira que Sansal n’est pas digne d’être jugé par la justice algérienne. L’insulte que j’ai proférée à son encontre le poursuivra jusqu’à la fin de sa vie»</em>, écrit le chercheur qui conclut&nbsp;: <em>«Si c&rsquo;est le cas, la culture politique de Tebboune relève de la psychanalyse»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7U5xGSLGbD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/26/boualem-sansal-le-voltaire-des-arabes-adule-en-france-emprisonne-en-algerie/">Boualem Sansal, le «Voltaire des Arabes» : adulé en France, emprisonné en Algérie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Boualem Sansal, le «Voltaire des Arabes» : adulé en France, emprisonné en Algérie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/26/boualem-sansal-le-voltaire-des-arabes-adule-en-france-emprisonne-en-algerie/embed/#?secret=ukpYWgnU2G#?secret=7U5xGSLGbD" data-secret="7U5xGSLGbD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/30/algerie-tebboune-sabaisse-a-insulter-sansal/">Algérie : Tebboune s’abaisse à insulter Sansal</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Après Gaza, le Liban ou la passivité diplomatique des Etats arabes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/24/apres-gaza-le-liban-ou-la-passivite-diplomatique-des-etats-arabes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2024 07:37:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Etats arabes]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=14048142</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un Etat arabe souverain, le Liban, agressé par l’aviation israélienne, sans que la Ligue arabe ne se réunisse d'urgence et ne condamne l’agression!</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/24/apres-gaza-le-liban-ou-la-passivite-diplomatique-des-etats-arabes/">Après Gaza, le Liban ou la passivité diplomatique des Etats arabes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Gaza est un champ de ruines sous lesquelles des milliers de cadavres sont ensevelis, et le Liban est menacé de subir le même sort sous les bombardements intensifs israéliens. Quant aux autres Etats arabes, ils regardent ailleurs. De quoi ont-ils peur ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi </strong>*</p>



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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Un Etat arabe souverain, le Liban, agressé par l’aviation israélienne, provoquant des dégâts humains et matériels de grande ampleur sans que la Ligue arabe ne se réunisse d&rsquo;urgence et ne condamne l’agression! Il aurait pourtant suffi que deux ou trois Etats arabes menacent de rompre leurs relations diplomatiques avec les Etats-Unis pour que l’agression cesse immédiatement au Liban et à Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si militairement ils ne sont pas puissants, les Etats arabes ont un potentiel diplomatique énorme qu’ils n’utilisent pas par peur probablement du gel de leurs avoirs financiers aux Etats-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a deux manières d’arrêter une guerre: soit par la guerre, soit par la diplomatie. Aucun Etat arabe ne veut la guerre, et c’est tant mieux. Mais il y a la diplomatie et l’appel au respect du droit international. S’il ne faut rien attendre des monarchies, qui par intérêt politique s’alignent sur les Etats-Unis, qu’en est-il des républiques qui, il y a juste quelques années, promettaient de rétablir le peuple palestinien dans ses droits nationaux? Où est l’Egypte? Où est l’Algérie? Ne parlons pas de la Syrie que Bachar Assad a détruite pour rester au pouvoir. Il a préféré être président d’un Etat détruit que d’être un citoyen d’un Etat prospère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que la science politique peut-elle expliquer ces comportements, ou faudra-t-il recourir à la psychologie?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WuMCKX2Vsw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/21/israel-face-au-neant-arabe/">Israël face au néant arabe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël face au néant arabe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/21/israel-face-au-neant-arabe/embed/#?secret=InLmYGXs4r#?secret=WuMCKX2Vsw" data-secret="WuMCKX2Vsw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">En attendant, Gaza est un champ de ruines sous lesquelles des milliers de cadavres sont ensevelis, et le Liban est menacé de subir le même sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël profite du reflux de la dynamique de la résistance des Etats arabes. L’Egypte est un cas emblématique de ce reflux. Il est vrai que les Etats-Unis lui versent une allocation annuelle pour être en paix avec Israël, et le maréchal Sissi tient à ce pactole. Mais il a un espace diplomatique à occuper sans mettre en danger ce pactole. Il aurait suffi que l’Egypte menace de rompre ses relations diplomatiques avec Israël pour que l’agression contre Gaza ait cessé au deuxième ou au troisième mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas de la spéculation. Israël ne peut pas se permettre de perdre l’Egypte. Israël ne peut pas vivre sous la menace potentielle de deux adversaires démographiquement puissants: l’Egypte et l&rsquo;Iran. L’Egypte est un géant régional inconscient de sa force diplomatique. A l’image des autres Etats arabes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur à l&rsquo;Institut des études politiques de Lyon, chercher au Gremmo.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="a1SRNUEeky"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/20/une-societe-ecran-du-mossad-a-fabrique-les-bipeurs-pieges-du-hezbollah/">Une société écran du Mossad a fabriqué les bipeurs piégés du Hezbollah</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Une société écran du Mossad a fabriqué les bipeurs piégés du Hezbollah » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/20/une-societe-ecran-du-mossad-a-fabrique-les-bipeurs-pieges-du-hezbollah/embed/#?secret=KLQcW9IKor#?secret=a1SRNUEeky" data-secret="a1SRNUEeky" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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