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	<title>Archives des Maher Hanin - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Maher Hanin - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie : l’esprit d’assisté maintient la population dans la pauvreté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Feb 2024 09:40:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[esprit d’entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Faouzi Ben Abderrahman]]></category>
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		<category><![CDATA[libéralisation]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Salah Labidi]]></category>
		<category><![CDATA[Salah El-Gharbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La vraie croissance économique et la prospérité durable ne sont possibles qu’en réduisant l’intervention directe de l’Etat dans l’économie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/20/tunisie-lesprit-dassiste-maintient-la-population-dans-la-pauvrete/">Tunisie : l’esprit d’assisté maintient la population dans la pauvreté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au lieu de chercher à être constamment dans la posture de «l’ami protecteur du petit peuple», nos responsables devraient avoir le courage d’expliquer aux citoyens que la vraie croissance économique et la prospérité durable ne sont possibles qu’en réduisant l’intervention directe de l’Etat dans l’économie, tout en créant un environnement économique qui encourage l’initiative privée et libère les énergies au lieu de continuer à confiner indéfiniment la population dans son statut d’assistée.</em></strong> <em>(Ph. Noureddine Ben Ahmed).</em></p>



<p>Par <strong>Salah El-Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-11669836"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-301778"/></figure></div>


<p>Le champ politique étant cadenassé, les responsables de <em>‘‘Midi Show’’</em>, l’émission-phare de Mosaïque Fm, semblent avoir opté, pour la rentrée 2023-2024, en faveur d’une nouvelle orientation éditoriale qui s’articule, désormais, autour des données économiques. Et cette nouvelle tendance se ressent à travers le choix des chroniqueurs représentatifs de deux visions antinomiques des choix de la politique économique capables de sortir le pays des difficultés dans lesquelles ce dernier s’enlise jour après jour.</p>



<p>Ainsi, pour nourrir le débat contradictoire, la rédaction a fait à appel à des chroniqueurs ayant deux approches diamétralement opposées de l’économie. Alors que Mohamed Salah Labidi et Faouzi Ben Abderrahman, pragmatiques, plaident en faveur de la libéralisation de l’économie, Maher Hanin, un militant <em>«ethno-gauchiste»</em> qui vit encore avec les subsides idéologiques des années 60, faisant avec beaucoup de candeur les louanges des mouvements latino-américains, comme si la faillite du modèle soviétique et la libéralisation de l’économie chinoise n’étaient pas suffisantes pour convertir notre <em>«gauchisant»</em> à l’économie de marché.</p>



<p>D’ailleurs, depuis 2011, cette <em>«gauche»</em> dogmatique et démagogique, n’a jamais cessé de faire preuve d’infantilisme politique, tout en se débattant dans ses propres contradictions. Ainsi, tout en se présentant comme le chantre de l’idéal démocratique, elle n’a jamais cessé de préconiser le renforcement du rôle de l’Etat dans l’économie, autrement dit, de maintenir le même choix économique qui a été le talon d’Achille du modèle tunisien, depuis l’Indépendance et, par conséquent, de consolider l’hégémonie du pouvoir politique aux dépends des libertés individuelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Etat nourrit l’esprit d’assistanat et tue l’esprit d’entreprise</h2>



<p>En fait, endoctrinée par la littérature marxiste, la <em>«gauche»</em> a toujours eu du mal à admettre que le paternalisme étatique ne fait que freiner le développement économique, en mettant les forces productives à la merci d’une bureaucratie peu réactive et cupide, en favorisant l’esprit d’assistanat parmi la population et tuant, surtout chez les jeunes, l’esprit d’entreprendre…</p>



<p>Cette élite de gauche n’a jamais voulu comprendre qu’il n’y a pas de libéralisation politique sans l’émancipation de la sphère économique de la tutelle de l’Etat. Son aveuglement idéologique et ses stratégies électoralistes l’empêchent de saisir le fait que tous les régimes autoritaires ont tendance à s’arroger tous les pouvoirs, à renforcer leurs prérogatives dans tous les domaines et en particulier, le domaine économique. Ainsi, ceux qui vilipendent ce qu’ils considèrent, par démagogie, comme <em>«libéralisme sauvage»</em> sont, en réalité, les ennemis de la démocratie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OsfY8izcyC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/07/leconomie-tunisienne-peine-a-construire-un-nouveau-cycle-de-croissance/">L’économie tunisienne peine à construire un nouveau cycle de croissance</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’économie tunisienne peine à construire un nouveau cycle de croissance » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/07/leconomie-tunisienne-peine-a-construire-un-nouveau-cycle-de-croissance/embed/#?secret=mHsyczSvMh#?secret=OsfY8izcyC" data-secret="OsfY8izcyC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces gens oublient que c’est l’Etat-<em>«Haj klouf»</em> qui nous a conduits au 14/01, cet Etat hégémonique face auquel les <em>«citoyens»</em> ne sont, en fait, que des <em>«sujets»</em> à la merci de l’arbitraire d’un ordre politique cynique, cupide et arrogant. <em>«L’économie tunisienne traverse une crise grave, </em>écrivait déjà en 1989, Hachemi Alya, un grand professeur d’économie<em>. Cette crise n’est pas conjoncturelle, ni récente. Elle date, en effet, du début des années 80. Elle est en fait l’aboutissement logique des limites d’un modèle de croissance, l’aboutissement logique d’une conception de la politique : celle qui a prévalu dans notre pays depuis l’indépendance»</em>(1).</p>



<p>Même si, à l’époque, le pouvoir était plus moins surexcité, les préconisations de cet économiste, toutes de bon sens, étaient tombées dans l’oreille d’un sourd, par lâcheté ou par aveuglement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réduire l’intervention directe de l’Etat dans l’économie</h2>



<p>Aujourd’hui, continuer à tâtonner, à improviser, à rafistoler sans une vision prospective claire et lucide risque de coûter cher pour le pays. Par conséquent, redéfinir le rôle de l’Etat n’est nullement un caprice mais une nécessité vitale. A titre d’exemple, s’entêter à maintenir sous perfusion un secteur public gangréné par le népotisme, la mauvaise gestion, la corruption…, comme à plaider pour la nationalisation de certains médias, sans de véritables garanties assurant leur indépendance, serait une aberration.</p>



<p>Il est temps qu’on admette que l’Etat n’a ni les moyens, ni la vocation de faire du commerce, d’être à la tête d’entreprises industrielles, surtout dans des secteurs concurrentiels.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nqdiu1Znlv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/11/banque-mondiale-leconomie-tunisienne-est-au-point-mort/">Banque mondiale : l’économie tunisienne est au point mort</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Banque mondiale : l’économie tunisienne est au point mort » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/11/banque-mondiale-leconomie-tunisienne-est-au-point-mort/embed/#?secret=HlztSEU6JM#?secret=nqdiu1Znlv" data-secret="nqdiu1Znlv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Aujourd’hui, beaucoup de sociétés du service public, qui ont besoin d’investissements pour continuer à fonctionner normalement sont en train de péricliter et ne peuvent être soutenues par un Etat dont la trésorerie est aux abois. Les céder aux particuliers ou ouvrir leurs capitaux à la participation du secteur privé ne pourrait que leur donner un nouveau souffle et ce, dans l’intérêt général du pays.</p>



<p>En somme, l’échec de la transition démocratique n’est pas dû uniquement à l’immaturité, voire à l’infantilisme de l’élite politique du pays, qui a toujours fait preuve d’un manque de lucidité et de courage nécessaires pour affronter les questions économiques avec beaucoup plus de pragmatisme.</p>



<p>Aujourd’hui, au lieu de chercher à être constamment dans la posture de <em>«l’ami protecteur du petit peuple»</em>, nos responsables devraient avoir le courage d’expliquer aux citoyens comment la vraie croissance économique et la prospérité durable ne sont possibles qu’en réduisant l’intervention directe de l’Etat dans l’économie, tout en créant un environnement économique qui encourage l’initiative privée, qui libère les énergies au lieu de continuer à confiner indéfiniment la population dans son statut d’assistée.</p>



<p>* <em>Universitaire et écrivain. </em></p>



<p><em>1) «L’économie tunisienne. Réalités et voies pour l’avenir», éd. Afkar wa Ich-har, Tunis, 1989.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/20/tunisie-lesprit-dassiste-maintient-la-population-dans-la-pauvrete/">Tunisie : l’esprit d’assisté maintient la population dans la pauvreté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : «La sortie de crise est possible en mettant fin aux discours d’exclusion» (Maher Hanin)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/18/tunisie-la-sortie-de-crise-est-possible-en-mettant-fin-aux-discours-dexclusion-maher-hanin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Apr 2023 11:41:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[forum de l’avenir]]></category>
		<category><![CDATA[initiative de salut national]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La sortie de la Tunisie de la crise était possible si on mettait fin aux discours d’exclusion, de déni et de pensée unique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/18/tunisie-la-sortie-de-crise-est-possible-en-mettant-fin-aux-discours-dexclusion-maher-hanin/">Tunisie : «La sortie de crise est possible en mettant fin aux discours d’exclusion» (Maher Hanin)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Maher Hanin a indiqué l’Initiative de salut national propose, entre autres points, la création d’un forum de l’avenir, un espace pour approfondir les idées et les choix et pour œuvrer en commun pour la mobilisation des forces civiles et de l’opinion publique autour des contenus dudit salut national et des réformes envisagées.</em></strong></p>



<span id="more-7495964"></span>



<p>Le sociologue et activiste de la société civile est membre de la commission politique de l’Initiative de salut national lancée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), le Conseil de l’ordre des avocats tunisiens (Coat) et le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES). &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans une déclaration à <a href="https://www.mosaiquefm.net/ar/%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3-%D8%A3%D8%AE%D8%A8%D8%A7%D8%B1-%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A%D8%A9/1154303/%D9%85%D8%A7%D9%87%D8%B1-%D8%AD%D9%86%D9%8A%D9%86-%D9%85%D8%A8%D8%A7%D8%AF%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%B0-%D8%AA%D8%AA%D8%B6%D9%85-%D9%86-%D9%81%D9%83%D8%B1%D8%A9-%D8%A5%D9%86%D8%B4%D8%A7%D8%A1-%D9%85%D9%86%D8%AA%D8%AF%D9%89-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D8%AA%D9%82%D8%A8%D9%84" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mosaïque FM</a>, lundi 17 avril 2023, Maher Hanin a ajouté que cette initiative est partie du principe que la présidence de la république et du gouvernement allaient y interagir, étant entendu que la sortie de la Tunisie de la crise était possible si on mettait fin aux discours d’exclusion, de déni et de pensée unique et qu’on avançait vers un dialogue national permettant aux forces nationales et démocratiques d’opérer de nouvelles évaluations, sérieuses et franches, de ce qui s’est passé au cours de la décennie ayant précédé la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, par le président de la république Kaïs Saïed, tout en reconnaissant les erreurs commises et en envisageant l’avenir avec optimisme.</p>



<p>Le membre du FTDES a aussi indiqué que les experts des organisations nationales, répartis sur trois commissions politique, économique et sociale, ont abouti à un document synthétique analysant les causes réelles de la crise actuelle à ces trois niveaux, tout en proposant des solutions concrètes pouvant être mises en œuvre en urgence grâce un débat mené dans un esprit consensuel.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/18/tunisie-la-sortie-de-crise-est-possible-en-mettant-fin-aux-discours-dexclusion-maher-hanin/">Tunisie : «La sortie de crise est possible en mettant fin aux discours d’exclusion» (Maher Hanin)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Rencontre-débat : «Un président omnipotent… Et maintenant ?»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/tunisie-rencontre-debat-un-president-omnipotent-et-maintenant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2022 12:43:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Ben Haj Yahia]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mahdi Elleuch]]></category>
		<category><![CDATA[Maher Hanin]]></category>
		<category><![CDATA[Maryam Ben Salem]]></category>
		<category><![CDATA[Nachez Dissonances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré l’euphorie de surface qui semble porter encore le président Kaïs Saïed, la fracture sépare une société exsangue d’un État bavard.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/tunisie-rencontre-debat-un-president-omnipotent-et-maintenant/">Tunisie &#8211; Rencontre-débat : «Un président omnipotent… Et maintenant ?»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Le pays est fracturé comme jamais; non pas divisé, mais fracturé. Voilà le constat premier qui s’impose plus d’une année après l’état d’exception instauré par Kaïs Saïed (KS) depuis le 25 juillet 2021. Malgré l’euphorie de surface qui semble porter encore le président de la république, la fracture sépare une société exsangue d’un État bavard».</em></strong> <em>(Ph. Reuters).</em></p>



<span id="more-4281730"></span>



<p>C’est en ces termes que les responsables de l’association Nachez Dissonances organise une rencontre sur le thème&nbsp;: <em>«Un référendum, une constitution, un président omnipotent… Et maintenant&nbsp;?», qui se tiendra samedi 1<sup>er</sup> octobre 2022, à partir de 9h30, à l’espace El Téatro, au Belvédère, à Tunis. &nbsp;</em></p>



<p>On annonce la participation de Maryam Ben Salem, politologue universitaire, Mahdi Elleuch, chercheur, chroniqueur à Legal Agenda, et Maher Hanin, chercheur en philosophie sociale.<br>Nous reproduisons ci-dessous la note de présentation de cette rencontre qui sera animé par Fathi Ben Haj Yahia.</p>



<p>Le paysage politique – partis et <em>«société civile»</em> – s’apparente à un archipel. Depuis longtemps déconnecté des mouvements sociaux, il est soufflé par les vents contraires.</p>



<p>Un autoritarisme de type nouveau, monopolise aujourd’hui l’État. KS, engagé dans une course folle pour imposer son projet au pays et à la société, a procédé au redéploiement de l’article 80 pour en faire une <em>«constitution»</em> et pérenniser (ou normaliser) l’état d’exception sous la forme d’un présidentialisme échevelé. Tout en veillant à effacer l’identité civile de l’État, il se pose en interprète des normes sociales dans le sens du conservatisme religieux qu’il avait explicitement affiché à maintes occasions (entretien à <em>Echaraa Al-Magharibi </em>en 2019, discours du 13 août 2020, allocution à l’aéroport en juin 2022).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Reconduction de pratiques d’ancien régime</h2>



<p>L’emphase du verbe révolutionnaire répétée <em>ad nauseam</em> cache mal la reconduction de pratiques d’ancien régime: ancien régime, le pouvoir d’un seul; ancien régime, la police omniprésente; ancien régime, les choix économiques; ancien régime, le mépris des corps intermédiaires et de la société civile&#8230;</p>



<p>Pour le reste, les réformes sociales sont, pour l’heure, purement discursives; la lutte contre la corruption se réduit à des rodomontades ou à des règlements de compte (contre les juges, par exemple).</p>



<p>Quant à la politique extérieure, elle baigne dans le cafouillage, dans un contexte gros de périls. Même si, se profilent quelques alignements géopolitiques encore ambigus.</p>



<p>Pour autant, la notion de <em>«restauration»</em> ne suffit pas à épuiser le sens du <em>saïedisme</em> qui peut encore se prévaloir d’un soutien populaire relatif, mais réel.</p>



<p>À l’heure qu’il est, on est bien en présence d’un régime populiste adossé aux deux piliers de la violence d’ancien régime: la police de Ben Ali et l’armée (en surplomb).</p>



<p>Face à cette nouvelle donne, l’opposition des vieux partis de la décennie écoulée est écartelée et semble tourner à vide, incapable d’inverser le rapport de force politique comme l’ont prouvé, d’une certaine manière les résultats du référendum. Les suffrages se prêtent, en effet, à plusieurs interprétations : s’ils n’assurent guère de légitimité réelle au chef de l’État, ils ont également dévoilé l’assise populaire étriquée de l’ancien establishment partidaire.</p>



<p>• D’abord les tenants de la <em>«légalité»</em> défunte et du statut quo ante institutionnel : les mobilisations répétées démontrent juste un fait connu d’avance : les troupes d’Ennahdha existent encore, mais elles sont clairsemées et n’ont plus le mordant de naguère. Quant aux nouveaux alliés de l’ancienne troïka parlementaire, ils servent de cache-misère et de porte-parolat à un islam politique glissant sur la pente du déclin et contraint au profil bas.</p>



<p>Dans ce conglomérat, le mélange des genres, des figures et des mots (d’ordre) est moins le signe d’un engrenage vertueux ou d’un nouveau 18-Octobre, que du désarroi consécutif à la faillite de la troïka parlementaire qui a jeté le pays dans les bras de KS.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une légalité usée jusqu’à la corde</h2>



<p>• Guère très loin, on trouve le quintet ou le marais social démocrate flanqué de micros formations du post-gauchisme qui rejettent le diktat de KS tout en refusant le retour à une légalité usée jusqu’à la corde. Cette alliance est à son tour fragilisée par son incapacité à impulser une mobilisation d’envergure. Aux yeux de l&rsquo;opinion du <em>«peuple»</em> ou de la rue (figures interchangeables en ces temps de brouillard lexical), ces formations sont tout aussi comptables de <em>«la décennie noire»</em>.</p>



<p>Ainsi va l’histoire, rusée ou injuste : de la même manière que KS est investi d’une aura du combattant (contre la misère, la corruption et des suppôts d’ancien régime) qu’il n’a jamais été, ceux-là même qui ont dénoncé les turpitudes d’Ennahdha et consort sont voués aux mêmes gémonies que leurs adversaires. Ravages du ressentiment populaire contre le <em>«système»</em>.</p>



<p>Pour l’heure, cette composante démocratique et sociale de l’opposition s’attelle à donner corps à une nouvelle coalition et peaufine ses mots d’ordre de résistance. Et surtout à raviver une mobilisation aujourd’hui poussive, voire introuvable.</p>



<p>• <em>Last but not least</em>, le pôle Abir Moussi, si l’on peut parler vraiment de pôle. Acculée à courir derrière un électorat hier prometteur et aujourd’hui captif de KS, Moussi pâtit à l’évidence de la monopolisation par ce dernier de la posture populiste et se retrouve réduite à l’incantation incohérente : un anti-islamisme intact, la mise en cause de la légalité du président et les appels au reste de l’opposition à la fois courtisée (cf. la proposition de pacte anti-KS) et conspuée pour son attachement à une révolution responsable de tous les malheurs selon la passionaria des sondages, aujourd’hui en perte de vitesse.</p>



<p>Paysage éclaté sur fond de crise</p>



<p>Ce paysage éclaté se déploie sur fond de crise économique et sociale endémique qui menace de mener le pays vers la banqueroute.</p>



<p>En contre-champ, se profile une UGTT retranchée sur sa fonction corporatiste après avoir capitulé en rase campagne (sous la pression d’une partie de ses cadres et du chantage présidentiel) et renoncé à un rôle politique arbitral garant jusque-là d’un certain équilibre démocratique.</p>



<p>Le mouvement féministe (qui est le premier dans le viseur du nouveau cours réactionnaire) et les composantes actives de la société civile semblent également réduites à la guéguerre des communiqués quand elles ne sont pas en proie aux dissensions internes (cf. la déconfiture de la LTDH).</p>



<p>L’expression politique des nouveaux activistes issus de la gauche semble également en berne depuis les années Manich msameh. La liberté négative qu’ils ont acquise en s’émancipant des carcans du post-gauchisme n’ouvre pas jusque-là sur l’émergence d’un nouvel acteur qui pèse sur la scène vieillie de leurs aînés.</p>



<p>Au-delà de ces différents acteurs, l’atonie aurait-elle gagné les mouvements sociaux, rattrapés par la lassitude ou réduits au silence par la déferlante populiste, après une décennie d’effervescence ? On a pu le penser un moment : janvier 2022 n’a-t-il pas dérogé à la règle par rapport aux mobilisations régulières tout au long des dernières années et surtout par rapport à la levée de la jeunesse de janvier 2021 ? Gageons que la lutte des classes, il n’y a pas d’autre mot, reprendra ses droits dans les mois qui viennent : ça et là dans les quartiers populaires, déjà la colère monte contre l’inflation et la pénurie.</p>



<p>Le tableau est sombre. En fait, le pays est entré dans une zone de turbulences sourdes, grosses de périls et de promesses. On ne peut se résoudre à penser que le 17 décembre et le 14 janvier n’auront été qu’une parenthèse, un défouloir social et politique grandeur nature avant le retour de l’ordre établi et des atavismes autoritaires. La révolution a bien eu lieu et les jeux sont loin d’être faits.</p>



<p>Mais ce credo ne peut pas nous dispenser de dévisager la crise sans précédent qui frappe tous les secteurs de la vie sociale et politique. L’exercice politique, en lui-même est aujourd’hui mis en crise par le nihilisme populiste comme il ne l’a jamais été auparavant.</p>



<p>Nous n’avons cessé de répéter que le cogito de la révolution est son horizon social. C’est dire que la question des inégalités se re-déploie dans toute son ampleur. Sacrifiée par la Troïka première manière au profit de la controverse identitaire dans un premier temps, puis à celui le consensus libéral-islamiste par la suite, la question des inégalités a été timidement portée par les différentes composantes d’une gauche enrôlée, à son corps défendant, dans le circuit fléché et aporétique de la transition qui s’étirait en longueur comme une journée sans pain.<br>La même question se pose donc aujourd’hui à nouveaux frais. En effet, considérer KS comme le nouveau défenseur des pauvres est un tragique contresens. </p>



<p>Le peuple qui sature ses discours n’a aucune consistance. Il tourne à vide avant de s’incarner dans le corps impassible et la voix oraculaire du locataire de Carthage. En un mot, ce peuple discursif ne fait qu’escamoter le conflit social et occulter les inégalités qui minent la société. La vieille classe politique est cliniquement morte (le sait-elle encore ?) de n’avoir pas su ou pu mesurer cet enjeu vital.</p>



<p>Après ce bref (et provisoire) état des lieux du paysage politique, nous nous contenterons, ici, de formuler quelques questions qui nous semblent incontournables dans l’immédiat.</p>



<p>• Le discours de la <em>«transition démocratique»</em> a-t-il encore quelque pertinence face à la prégnance du moment populiste ? Le dépassement de cette ornière qui enserrait le champ politique, occultait la question sociale et confortait le consensus mortifère entre le camp dit <em>«moderniste»</em> et l’islam politique, est aujourd’hui à l’ordre du jour.</p>



<p>Face à l’offensive populiste cette notion est caduque et l’évidence première qui résiste au doute est la suivante : toute politique qui ne remet pas au centre l’enjeu-inégalités est vouée à l’échec. La nécessaire construction démocratique et la défense des libertés aujourd’hui en péril, n’auront de sens que si elles s’adossent à lutte contre les inégalités. <em>«Défendre la société»</em> suppose l’articulation de ces deux impératifs.</p>



<p>• Le mot d’ordre <em>«tous contre KS»</em> a-t-il quelque chance d’impulser une dynamique de résistance contre le présidentialisme populiste, alors qu’une grande partie de la société civile rejette, tour à tour, l’alliance avec les islamistes, responsables de la « décennie perdue », ou l’inclusion du PDL porte-voix revanchard de l’ancien régime ?</p>



<p>• En quels termes (re)penser la Révolution alors que la société est travaillée par le démon du populisme, la nostalgie de l’homme fort ou simplement le désenchantement et soucieuse surtout de la survie quotidienne loin de la Révolution, de ses promesses, de ses bruits et de ses fureurs&#8230;?</p>



<p>• Et la gauche dans tout ça ? Sera-t-elle capable de sortir de la crise par le haut ? Pourra-t-elle prendre la mesure de la fracture générationnelle et repenser les figures, les mots et les lieux de la lutte ? En d’autres termes, l’épreuve du populisme autoritaire sera-t-elle l’opportunité pour la gauche pour se débarrasser de son propre populisme idéologique qui l’a éloignée et du peuple et des jeunes ?</p>



<p><strong><em>Nachaz/Dissonances</em></strong>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/tunisie-rencontre-debat-un-president-omnipotent-et-maintenant/">Tunisie &#8211; Rencontre-débat : «Un président omnipotent… Et maintenant ?»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie du «régime des partis» au «pouvoir d’un seul»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/20/la-tunisie-du-regime-des-partis-au-pouvoir-dun-seul/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 10:15:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[25 juillet 2021]]></category>
		<category><![CDATA[association Nachaz]]></category>
		<category><![CDATA[Imed Melliti]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Kaouthar Graïdia]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Slim Ben Youssef]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;association Nachaz (Dissonances) organise sa rencontre finale de l&#8217;année le samedi 25 décembre 2021 à partir de 9H30 du matin à la Bibliothèque Nationale de Tunisie (salle de conférence « Tahar Haddad »). Elle portera sur le thème : «2021 : une année particulière». Nous en reproduisons ci-dessous le document d&#8217;introduction au débat. Plus personne ne parle...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/20/la-tunisie-du-regime-des-partis-au-pouvoir-dun-seul/">La Tunisie du «régime des partis» au «pouvoir d’un seul»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Association-Nachaz.jpg" alt="" class="wp-image-374111"/></figure></div>



<p><strong><em>L&rsquo;association <a href="https://nachaz.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nachaz</a> (Dissonances) organise sa rencontre finale de l&rsquo;année le samedi 25 décembre 2021 à partir de 9H30 du matin à la Bibliothèque Nationale de Tunisie (salle de conférence « Tahar Haddad »). Elle portera sur le thème : «2021 : une année particulière». Nous en reproduisons ci-dessous le document d&rsquo;introduction au débat.  </em></strong></p>



<span id="more-374106"></span>



<p>Plus personne ne parle de transition. Ce mot (d’ordre) fétiche de notre post-révolution a longtemps été compris comme le plus court chemin entre la Révolution et la démocratie. Mais avons-nous jamais été en transition ? Ce qui est établi c’est que nous n’avons jamais quitté la zone de turbulence postrévolutionnaire, vécue il est vrai de différentes manières&#8230; </p>



<p>Les turbulences sociales sont à nos yeux des signes de vitalité dans la mesure où elles renforcent les capacités d’auto-défense de la société. Quant aux turbulences politiques qui ont ponctué la décennie morte, elles sont d’une toute autre nature. Elles tiennent plus des convulsions d’une génération politique en fin de parcours qui a conduit le pays à l’impasse.</p>



<p>Nous l’avons dit avant cette rencontre : la sortie de cette impasse a précipité le pays dans une autre voie sans issue. Le tout sur fond de pandémie toujours recommencée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un populisme bavard, velléitaire et inquiétant  </h2>



<p>L’année 2021 semble reproduire en accéléré les bruits et les fureurs de 10 ans de cette transition qui n’en est pas une. Tout y est : le dévoiement de la constitution et des institutions ; la fin de règne de l’islam <em>«politicien»</em> (comme dit un politologue) ; le populisme bavard, velléitaire et inquiétant, et enfin le spectre du <em>«pouvoir d’un seul»</em>, animé par le ressentiment contre le <em>«régime des partis»</em> et de proche en proche contre tous : islamistes et séculiers, politiciens corrompus et démocrates, figures indifférenciées d’une élite « fantasmée ». Il s’agit, pour ne pas le nommer de Kaïs Saïed, enfermé dans l’ivresse placide d’un état d’exception long comme une nuit blanche.</p>



<p>Cette atmosphère a pesé sur tous les acteurs de la société civile, qui nous importe en premier, parce qu’elle a brouillé les conditions de possibilité d’un débat démocratique dans le pays : à peine esquissé, il n’a cessé de tourner court, ce débat se cherche encore…</p>



<p>A Nachaz, nous avons mal vécu les entraves à notre action occasionnée par la pandémie. Il nous faut reconnaître aussi que nous avons été comme d’autres tétanisés par les mesures présidentielles. Un moment dans l’expectative, puis déroutés par les atermoiements, nous ne pouvons consentir à l’autocratie, <em>«transitionnelle»</em> ou durable, que<br>Kaïs Saïed entend finalement nous imposer.</p>



<p>Les débats de Nachaz qui étaient en passe de devenir un rendez-vous démocratique assez couru, ont subi un coup d’arrêt. Car n’en déplaise au Président de la République qui veut<em> «vendre»</em> au pays un<em> «débat»</em> et un plébiscite électroniques, l’espace virtuel est un complément ou un relais et ne saurait se substituer au débat démocratique véritable qui suppose une co-présence et la circulation de paroles vives.</p>



<p>Nos enquêtes aussi ont été contrariées par ce contexte peu propice au déploiement libre de la recherche. Nous avons dû nous adapter aux contraintes de cette année particulière.</p>



<p>De tout cela il sera question dans le premier volet de cette journée, animée par Mohamed Khenissi, président de Nachaz. Le deuxième volet sera consacré à la situation du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La grande espérance du 17/14 escamotée </h2>



<p>Le premier sens du 25 juillet est le dévoilement de l’incurie de la classe politique qui a capté l’héritage de l’ancien régime et œuvré à escamoter la grande espérance du 17/14. </p>



<p>Nous avons assez répété qu’à trop focaliser sur le droit, nous avons oublié le social. Ou plutôt que le juridisme procède de l’enfouissement de la question sociale. Toujours est-il, et les juristes les plus sérieux l’ont tous souligné, la lecture et l’usage présidentiel de l’article 80 de la Constitution, sont pour le moins abusifs, Quant au décret 117 du 22 septembre, il inverse carrément la hiérarchie des normes. Une désinvolture sans précédent dans les annales du droit et de la politique en Tunisie.</p>



<p>Faut-il oublier pour autant que le coup de force du 25 juillet n’est pas advenu dans un ciel serein ?</p>



<p>Il est venu sanctionner la déconfiture des protagonistes d’une <em>«transition»</em> qui a semé tant d’illusions et dont on a pu constater les dégâts : une ARP devenue le théâtre de toutes les turpitudes, son président retranché dans son bureau comme dans un bunker, un gouvernement abandonnant la société à elle-même au plus fort de la pandémie.</p>



<p>En contre-champ de cette faillite à ciel ouvert, la dégradation de la situation sociale devait déboucher sur les émeutes de janvier dans les quartiers populaires de la capitale et ailleurs. Celles des petits frères des insurgés d’hier, réprimés par une machine policière et judiciaire qui ressemble comme une sœur à celle de Ben Ali. Comme un remake (à une échelle certes réduite) de la scène de 17/14 que personne n’a vu venir.</p>



<p>C’est l’intrication de ces deux contextes qui a rendu possible le 25 juillet et les dérapages (in)contrôlés dans lesquels le pays semble entraîné depuis. Un passé devenu insupportable et un avenir littéralement incertain : notre pays campe au milieu de ce <em>double bind</em>.</p>



<p>Maher Hanin nous proposera une lecture politique de cette double impasse. Au préalable, Oumayma Mehdi, qui a participé activement à la préparation et à la réussite du récent CMSC, fera le point de la situation sociale dans le pays. Et pour une mise en perspective de l’imbroglio juridique, nous avons invité un juriste reconnu, notre ami Slim Laghmani.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre visible ce que la société officielle essaie de taire</h2>



<p>On l’aura compris, la question sociale est la préoccupation majeure de notre association. Une question entendue dans toutes ses dimensions.</p>



<p>La politique et ses aléas, c’est pour nous un souci constant, mais le retour au terrain social est au cœur de notre vocation. Dans cette optique nous avons confié à notre ami Imed Melliti, la coordination d’une enquête sur les nouveaux visages de l’inégalité. Une enquête qui tombe à pic. Comme l’a écrit ce dernier :<em> «Il s’agit surtout, de rendre visible ce que la société officielle essaie de taire et d’occulter et ce que les politiques sociales d’Etat ne peuvent voir à cause de la préemption de leurs grilles de lecture. Plus concrètement, il s’agit de rendre visibles des types de populations qui souffrent de leur invisibilité et qui la vivent, souvent, comme une forme de non-reconnaissance absolue. L’examen des parcours diversifiés des individus issus de ces populations permet d’en saisir la portée sociologique paradoxale, allant tantôt vers l’hypothèse d’une domination implacable ; tantôt vers celle des compétences critiques et des capacités d’émancipation.»</em></p>



<p>Nous donnerons donc la parole, l’après midi de cette journée, à Imed Melliti et à deux autres chercheurs de l’équipe, Kaouthar Graïdia et Mohamed Slim Ben Youssef, pour une première restitution de leur travail en résonance avec le contexte politique et social de notre pays.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/20/la-tunisie-du-regime-des-partis-au-pouvoir-dun-seul/">La Tunisie du «régime des partis» au «pouvoir d’un seul»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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