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	<title>Archives des Mansour Moalla - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mansour Moalla - Kapitalis</title>
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		<title>Bourguiba, un destin hors du commun</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/bourguiba-un-destin-hors-du-commun/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:46:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
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		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 26 ans nous quittait Habib Bourguiba :  un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/bourguiba-un-destin-hors-du-commun/">Bourguiba, un destin hors du commun</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 6 avril 2000, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, tira sa révérence. Il fut le libérateur de la nation, le 20 mars 1956, et le fondateur de la république, le 25 juillet 1957, le jour où l’assemblée nationale constituante abolit la monarchie fondée par Hussein Ben Ali, le 15 juillet 1705. Un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-18590069"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Pour ses nombreux admirateurs comme pour ses détracteurs, il fut un grand leader qui a donné un statut à son pays sur la scène régionale et internationale et œuvré pour la construction d’un État laïque, libéré du tribalisme, respectueux des droits de la femme et porté sur la modernité et le progrès.</p>



<p>Vingt-six ans après la disparition du <em>«Combattant suprême»</em>, les Tunisiens, ou une écrasante majorité d’entre eux, invoquent son œuvre colossale. Ils le considèrent comme le père de la nation, un homme d&rsquo;État, un visionnaire, un bâtisseur et un homme de progrès, même s’il a été autoritaire, comme la plupart des dirigeants du tiers-monde à son époque.</p>



<p>D’aucuns affirment que Bourguiba était un véritable animal politique. Il privilégiait le pragmatisme, le travail de terrain et la lecture lucide des réalités, loin des idéologies qui foisonnaient à son époque. On évoque aujourd’hui encore ses discours prémonitoires et quasi-prophétiques, comme celui prononcé à Jéricho, en Jordanie, en 1965, appelant les Palestiniens à accepter la résolution des Nations Unies sur le partage de la Palestine en deux États, l’un pour les Palestiniens, l’autre pour les Israéliens, comme une étape dans la lutte pour libération totale du territoire, tout comme celui prononcé au Palmarium, à Tunis, en 1972, au cours duquel il a recadré sèchement le colonel Mouammer Kadhafi&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable boule de feu</h2>



<p>Comme tout grand homme politique, Bourguiba était un fin connaisseur de l’histoire de son pays et des autres nations. Ceux qui l’avaient côtoyé de près durant le combat pour l’indépendance et la construction de l’Etat postindépendance, se souviennent d&rsquo;un homme dynamique et toujours en mouvement, une véritable boule de feu.</p>



<p>Durant sa vie, comme élève au collège Sadiki, étudiant en droit et sciences politiques à Paris, militant nationaliste, journaliste, politicien et homme d’État, il a brillé par sa vivacité intellectuelle et son charisme irrésistible. Il avait sillonné la Tunisie en long et en large et plus d’une fois, instauré la méthode du contact direct dont il a fait sa devise et sa méthode, organisé des centaines de meetings populaires, rencontré des dizaines de milliers de gens, tissé de fortes relations avec les notables locaux pour les associer à son combat. Il avait aussi visité des dizaines de pays à travers le monde pour défendre la cause de la Tunisie durant la période coloniale, comme après l&rsquo;indépendance, pour défendre les intérêts de la jeune nation.</p>



<p>Bourguiba s’était lié d’amitié avec des dizaines d’hommes d’État et de hauts responsables politiques à travers le monde : De Gaulle, Mendes France, Mitterrand, Chirac, Nasser, Sadate, Mohamed V, Hassan II, Boumediene, Senghor, Arafat, Helmut Kohl, Willy Brant et bin d’autres sommités de son époque&#8230;</p>



<p>Habib Chatty, son ministre des Affaires étrangères entre 1974 et 1977, souligne dans ses mémoires publiés en France en 2022 que Bourguiba, soucieux du statut international de la Tunisie, avait décliné en dernière minute l’invitation du président de l’Union Soviétique Léonid Brejenev, exigeant d’être reçu par son homologue à l’aéroport et non par le ministre des Affaires étrangères André Gromyko comme le voulait le protocole soviétique, refusant d’être traité comme certains chefs d’État africains à l’époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat</h2>



<p>Avec le temps, grâce à la force de ses idées, la clarté de ses objectifs, la puissance de sa détermination et la rigueur de sa démarche, il avait réussi à bâtir un nouvel État et à faire resusciter une nation trois fois millénaire : la Tunisie, l’héritière de Carthage&#8230;</p>



<p>Lucide, Bourguiba a misé, depuis son accession à la magistrature suprême, sur la consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat, l’émancipation de la femme, la généralisation de l’éducation et l’instauration du planning familial et du contrôle des naissances, afin de garantir les conditions d’un développement équilibré. Sans cette vision stratégique, la Tunisie compterait aujourd’hui 26 millions d&rsquo;habitants, soit plus que le double de sa population actuelle&nbsp;: 12,5 millions.</p>



<p>Rien que sur ce plan, l’homme mérite d’être célébré comme un grand bâtisseur à l’échelle de sa petite nation qu’il a sauvée des affres du sous-développement.</p>



<p>Bourguiba savait également s’entourer de responsables très compétents comme le furent Hedi Nouira, Mongi Slim, Mahmoud Messadi, Chedly Klibi, Idriss Guiga, Lassaad Ben Osman, Mansour Molla, Chedly Ayari&#8230;.</p>



<p>L’homme est aujourd’hui cité dans les annales politiques et diplomatiques parmi les grands chefs d’État au vingtième siècle. Il restera toujours une source de fierté pour notre pays. <em>*</em></p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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		<item>
		<title>‘‘Bâtisseurs’’ &#124; Ces technocrates qui ont construit la Tunisie moderne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/01/batisseurs-ces-technocrates-qui-ont-construit-la-tunisie-moderne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 May 2025 07:15:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Ayed]]></category>
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		<category><![CDATA[Mekki Zidi]]></category>
		<category><![CDATA[Mokhtar Latiri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Premier long-métrage documentaire rendant hommages aux technocrates d’exception qui ont construit la Tunisie moderne.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>A un moment où les élites font l’objet de suspicion, de rejet voire de campagnes de dénigrement, y compris en Tunisie, l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge) dévoile son premier long-métrage documentaire rendant hommages aux technocrates d’exception qui ont construit la Tunisie moderne.</em></strong></p>



<span id="more-16373519"></span>



<p>À travers les parcours de sept figures majeures mais souvent méconnues, ce documentaireintitulé <em>‘‘Bâtisseurs’’</em>, un film de 1h08 réalisé par Hinde Boujemaa, sorti sur les écrans mercredi 30 avril 2025, rend hommage à une génération de grands hommes qui, dans les premières décennies suivant l’indépendance de la Tunisie, a contribué à jeter les fondations de l’État moderne.</p>



<p>Ces <em>«bâtisseurs»</em> ont œuvré, avec passion et détermination, dans un contexte souvent difficile, à l’émergence d’un pays qui a été parmi les plus prospères de la région.</p>



<p>Le film met en lumière leurs contributions décisives dans des domaines aussi variés que les infrastructures, les télécommunications, la finance, l’énergie, l’agriculture ou encore l’industrie chimique et manufacturière.</p>



<p>Parmi ces personnalités Mokhtar Latiri (infrastructure), Ali Boukhris (industrie chimique), Mansour Moalla (finance), Brahim Khouaja (télécommunications), Ameur Horchani (agriculture), Mekki Zidi (énergie) et Abdelwaheb Ben Ayed (industrie)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-16373550" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-1024x683.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-768x512.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-1536x1024.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-580x387.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-860x573.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa-1160x773.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Hinde-Boujemaa.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Hinde Boujemaa présentant son film dans les locaux de l’Enit, le 29 avril 2025.</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Le film s’attache à raconter leurs réalisations concrètes, mais aussi les obstacles qu’ils ont surmontés, sans jamais que ces difficultés ne les détournent de leur mission.</p>



<p><em>‘‘Bâtisseurs’’</em> est aussi un message d’espoir et d’inspiration à destination des jeunes générations : il rappelle qu’avec de la vision, de l’audace, de la rigueur et un travail acharné, il est possible de transformer un pays.</p>



<p>Le documentaire repose sur de la recherche, incluant la collecte de documents d’archives, d’images rares, et de nombreux témoignages de proches, de collaborateurs et de membres des familles de ces <em>«bâtisseurs»</em>.</p>



<p>Avec ce projet, l’Atuge célèbre ses 35 ans en offrant un document unique de mémoire collective, et espère raviver la fierté de ce que la Tunisie a su accomplir, tout en réaffirmant l’importance de la transmission et de l’engagement.</p>



<p><strong><em>Avec communiqué.</em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : soixante-sept ans d’erreurs</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/02/tunisie-soixante-sept-ans-derreurs/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Mar 2023 10:19:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 1956, ce sont 67 ans de gâchis et de désespérance pour les Tunisiens.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>De l’échec du collectivisme des années 1960 à la révolution confisquée de 2011, en arrivant aux élections de 2019, marquée par la défiance et le rejet d’une élite dévoyée, sans oublier le deal de la honte – Béji Caïd Essebsi &#8211; Rached Ghannouchi – ou celui qui a instauré la deuxième «Troïka» composée d’Ennahdha, Qalb Tounes, et Al-Karama&#8230;, ce sont 67 années de gâchis et de désespérance pour les Tunisiens.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-6753347"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure>
</div>


<p>Avant de décliner les détails des errances politico-économiques depuis l’indépendance en 1956, ne faudrait-il pas constater que toute notre élite et même le peuple se sont noyés dans le «<em>récit national» </em>construit par les pouvoirs successifs sans presqu’aucun sens critique. </p>



<p>Certes, un <em>«récit national»</em> est nécessaire pour forger les liens au sein d’une communauté ou d’une nation, mais il ne pourrait se substituer à la réalité des faits et à la vérité de l’Histoire. Le travail historique ne peut aussi se bâtir sur l’émotion, l’esquive et le discours teinté d’ambivalence et d’ambiguïté. </p>



<p>Le récit national se construit autour de la mémoire collective et des sentiments, souvent&nbsp;irrationnels. Il fait appel plus à l’affect qu’à l’entendement qui permet à tout homme d’appréhender la vérité.&nbsp;Mais la démarche mémorielle ne pourrait jamais remplacer la réalité historique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une postindépendance marquée par la violence</h2>



<p>Dès le début de l’indépendance, les accros avaient commencé entre Lamine Bey et son Premier ministre Habib Bourguiba à propos des<em> «comités d’éveil»</em>, une milice armée créé par le Néo-Destour.</p>



<p>Le Bey évincé, voilà qu’une petite guerre civile menaçait le pays entre les Bourguibistes et les Youssefistes, partisans du chef du parti Salah Ben Youssef. Le bilan est lourd : assassinat de ce dernier à l’étranger et de nombreux morts à l’intérieur du pays parmi ses partisans&#8230; <em>«J’ai sacrifié le peu pour sauver le tout»</em>, dira cyniquement celui qui se fera appeler le Combattant Suprême.</p>



<p>Au Congrès du Néo-Destour de Sfax en 1955, Bourguiba, sans aucun programme économique, livre le dossier à l’UGTT pour éviter que les syndicalistes rejoignent la dissidence de Salah Ben Youssef. Ainsi l’UGTT devient le premier décideur économique du pays avec, bientôt, la <em>«débâcle collectiviste»</em>&#8230;</p>



<p>Jusqu’à ce jour, de nombreux historiens continuent d’afficher leur déni: <em>«Mais, il n’y avait pas de menace de famine, le collectivisme nous a permis de construire des infrastructures»</em>. Ce fut en vérité des années perdues et des espoirs trahis&#8230; </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="76qLleKvzy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/24/je-ne-voudrais-point-du-peuple-qui-veut/">Je ne voudrais point du «Peuple qui veut» !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Je ne voudrais point du «Peuple qui veut» ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/24/je-ne-voudrais-point-du-peuple-qui-veut/embed/#?secret=RWZpVkOIcT#?secret=76qLleKvzy" data-secret="76qLleKvzy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Arguties pour un «récit national» imaginaire.</h2>



<p>Le collectivisme de l’ancien ministre Ahmed Ben Salah a arrêté tout investissement étranger et ouvert la porte de l’exode pour certains entrepreneurs tunisiens qui avaient fait fortune après la deuxième guerre mondiale. Le processus de modernisation de l’industrie manufacturière a été gelé. Et aucun historien n’a fait le bilan des dégâts infligés à l’agriculture. Au contraire, les cadres retraités de cette époque continuent d’afficher leur fierté pour un travail bien accompli et bien réussi&#8230; L’outrecuidance n’a pas de limite.</p>



<p>Il n’y avait pas dans l’équipe de Bourguiba un seul économiste digne de ce nom. Le meilleur économiste après la guerre était un autodidacte M’hamed Chenik, ancien chef du gouvernement beylical (1942 et 1950-1952), qui avait créé la première banque <em>«indigène»</em> : la Coopérative tunisienne de crédit (1922-1935). Une banque que la France avait tout fait pour la faire couler. Il présidait également la Chambre tunisienne du commerce durant une vingtaine d’années 1922-1940. M’hamed Chnik maîtrisait, avec beaucoup de sagacité, les dossiers de l’industrie manufacturière et de l’agriculture. Sa contribution financière au Néo-Destour n’était pas négligeable. Mais Bourguiba n’a pas voulu faire appel à ses talents, car il le jugeait trop proche du Bey destitué. </p>



<p>C’est ainsi que pour la création de Société Tunisienne de Banque (STB), le nouveau pouvoir issu de l’indépendance a-t-il fait appel à Serge Guetta, qui terminera sa carrière à la Banque Mondiale.</p>



<p>A la création de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), le Zaïm fera appel à Hedi Nouira, associé à un brillant énarque, Mansour Moalla, mais, avec leurs conceptions libérales, ces derniers étaient des extra-terrestres face à l’entregent et à la mainmise sur le secteur du super ministre Ahmed Ben Salah et aux diktats de l’UGTT qui avait <em>«institutionnalisé»</em> la cogestion des services publics et des entreprises nationales.</p>



<p>La suite n’était pas rose non  plus : au Congrès du Néo-Destour de Monastir en 1971, le Zaïm est malade, assez malade et il refuse des élections internes au sein du parti unique. On lui souffle que les gauchistes menacent la sécurité de l’Etat. Qu’à cela ne tienne : on lâchera les islamistes du MTI dans les campus, les lycées et les salles de prière dans les usines. Bientôt, Rached Ghannouchi pourra boire son café avec un nouveau directeur de la sûreté au ministère de l’Intérieur nommé en 1978 par le Premier ministre Hedi Nouira : il s’agit bien de Zine El-Abidine Ben Ali (voir Kapitalis <em>«<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/25/tunisie-les-dessous-de-lalliance-historique-entre-les-destouriens-et-les-islamistes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les dessous de l’alliance entre le Néo Destour et les islamistes</a>»</em>).</p>



<p>La fin de règne de Bourguiba était marquée par la <em>«stratégie de la tension»</em> et la menace islamiste montée en épingle dans la bataille des clans entre Tunisois et Sahéliens, entre les larbins de Wassila Bourguiba et ceux de Saïda Sassi.</p>



<p>Le gâchis de l&rsquo;alternance est catastrophique. Ben Ali, avec l’aide directe de puissances étrangères – notamment l’Italie de Bettino Craxi qui terminera sa vie à Hammamet où il est enterré – prend le pouvoir (voir à ce sujet les mémoires de l’amiral italien Fulvio Martini, ancien chef des services secrets Sismi).</p>



<p>L’embellie économique sous le règne de Ben Ali n’a pas profité aux plus pauvres et a été l’œuvre d’un homme qui n’avait adhéré au RCD qu’en 2002. Un expert en équilibre macro-économique : il s’agit de l’ancien Premier ministre Mohamed Ghannouchi. Il faut dire que l’embargo occidental contre la Libye suite à l’affaire de Lockerbie a été une aubaine pour l’économie tunisienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VCx2y792IT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/10/tunisie-politique-kais-saied-courtise-lelectorat-islamiste/">Tunisie &#8211; Politique : Kaïs Saïed courtise l&rsquo;électorat islamiste</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Politique : Kaïs Saïed courtise l&rsquo;électorat islamiste » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/10/tunisie-politique-kais-saied-courtise-lelectorat-islamiste/embed/#?secret=9Pa0Dxr7Ua#?secret=VCx2y792IT" data-secret="VCx2y792IT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie&nbsp; chaotique</h2>



<p>Dans l’affaire de Bizerte, en 1961, l’ami américain s’est abstenu et a refusé de condamner Paris.</p>



<p>La politique de voisinage était turbulente : avec le président  Houari Boumediene, Bourguiba a choisi une politique glaciale. Bourguiba Jr a même demandé à J. F. Kennedy une <em>«coopération militaire intégrée»</em>, presque une adhésion totale à l’Otan : refus du président américain pour ne pas fâcher le Général De Gaulle.</p>



<p>Tous les pays du sud étaient contre la guerre du Viêtnam. Mais le père de l’indépendance tunisienne, que dérangeait le leadership arabe et tiers-mondiste de Nasser, a préféré soutenir ses <em>«amis»</em> Américains.</p>



<p>Dans les années&nbsp;1970, alors que le monde entier avait pris la route des pays du Golfe pour aider à construire les infrastructures de ces monarchies, le pouvoir&nbsp;en Tunisie est entré en confrontation avec l’Arabie Saoudite.</p>



<p>Dans ces pays, nouveaux riches, les conseillers politiques, les médecins, les banquiers, les pilotes et les ingénieurs étaient Egyptiens, Libanais, Syriens, Palestiniens, Américains, Turcs, mais les Tunisiens étaient quasiment absents&#8230; Ils tenteront de se rattraper à partir des années 1980-1990. Mais ils avaient perdu du temps précieux et beaucoup de terrain. </p>



<p>Par ailleurs, de 1962 à 1967, presque aucun ministre tunisien n’avait mis les pieds officiellement en France, notre premier partenaire économique. La raison est simple : Bourguiba monopolisait avec son ambassadeur tous les dossiers bilatéraux.</p>



<p>Aujourd’hui, certains diplomates retraités continuent à embellir le <em>«récit  national»</em> avec les prétendues grandes réussites de diplomatie bourguibienne, passant sous silence les couacs et les ratés.</p>



<p>Quelle diplomatie du mythe de la <em>«neutralité positive»</em> quand le Combattant Suprême déclare que la Jordanie n’existe pas et qu’elle est la création de la colonisation britannique (<a href="https://youtu.be/mjzGsbbKOA0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">voir vidéo de son discours y afférent</a>)? Cela n’est certes pas faux, mais de tels propos ne pouvaient être tenus par un chef d’Etat soucieux des intérêts de son peuple. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La politique est un abîme pour les novices</h2>



<p>Un ministre avait demandé à Bourguiba <em>«un peu d’argent»</em> pour le distribuer dans une région que l’ancien président projetait de visiter. La réponse du Zaïm fut cinglante : <em>«La pauvreté n’est pas un programme politique»</em>.</p>



<p>Nous y voilà : depuis la révolution de 2011, on n’a fait que des promesses pour aider les pauvres: des matelas et des pâtes de Nabil Karoui aux fêtes de mariages et de circoncisions organisés par Rached Ghannouchi, en passant par les candidats pour les législatives se promenant avec une camionnette de moutons à distribuer… La charité pour tout programme politique…</p>



<p>Etait-il sérieux, Béji Caïd Essebsi, alors Premier ministre, lorsqu’il a demandé au Sommet de Deauville, en 2011, un crédit de 25 milliards de dollars sur 5 ans, un montant représentant le double du budget tunisien ?</p>



<p>Etait-il réaliste le ministre des Finances de l’époque, Jalloul Ayed, lorsqu’il a déclaré au micro du journaliste Jean-Pierre Boris de RFI qu’il allait <em>«attirer 100 milliards de dollars d’investissement»&nbsp;</em>? Il n’a pas attiré le centième de cette somme!!!</p>



<p>Avec la montée de l’islamisme, en 2011, nous avons assisté au début du populisme et du poujadisme violent avec l’apparition des Ligues de protection de la révolution et des groupes extrémistes, comme Ansar Charia.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, personne ne reconnaîtrait que la majorité de l’élite politique des années 2011/2014 faisait le sourire zygomatique au parti Ennahdha. La cupidité a été la grande épidémie de ces années durant lesquelles le chiffre d’affaires des grands restaurants tunisois et ceux de la banlieue nord de Tunis avait battu des records. </p>



<p>Depuis 2011, aucune réforme, digne de ce nom, n’a été engagée et encore moins menée à terme. La majorité des gouvernements étaient des gouvernements <em>«sparadrap»</em> : ils tenaient la boutique et géraient les affaires courantes, sans vision ni programme ni méthode&#8230; </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UiMCGHfSHK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/22/tunisie-politique-abir-moussi-un-feu-de-paille/">Tunisie &#8211; Politique : Abir Moussi, un feu de paille?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Politique : Abir Moussi, un feu de paille? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/22/tunisie-politique-abir-moussi-un-feu-de-paille/embed/#?secret=fOIW7IdtS1#?secret=UiMCGHfSHK" data-secret="UiMCGHfSHK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La rupture démocratique&nbsp;</h2>



<p>La promesse démocratique ayant rapidement fait pschitt, c’est à la rupture démocratique que nous avons commencé à assister… dès 2011 : les militants du défunt RCD ayant vite rejoint les Nahdhaouis et les Nidaïstes. Et tout a fini par capoter.  </p>



<p>La genèse de cet échec généralisé est facile à identifier : Bourguiba avait importé la <em>«modernité»</em> en oubliant sa colonne vertébrale : la démocratie. Ladite révolution de 2011 a tenté d’instaurer une démocratie, mais sans le civisme censé la pérenniser.</p>



<p>Le civisme, on le sait, met l’intérêt public et la cohésion nationale au cœur de la démocratie. Quant à la citoyenneté, elle est forgée, d’abord, par un esprit de responsabilité, les droits viennent nécessairement après. Montesquieu parlait, à juste titre, de <em>«l’amour du bien public», </em>lequel nous a dramatiquement manqué depuis 1956. </p>



<p><em>Ancien rédacteur en chef dans une radio internationale à Paris</em>.</p>
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		<title>Décès de Hammadi Bousbia, l’un des pionniers de l’industrie tunisienne  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 07:53:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Club Africain]]></category>
		<category><![CDATA[Hammadi Bousbia]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[SFBT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décès de Hammadi Bousbiaâ, homme d’affaires et personnalité du football en Tunisie. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Hammadi Bousbiaâ, homme d’affaires et personnalité du football en Tunisie, vient de décéder aujourd’hui, dimanche 4 décembre 2022. Il faisait partie des pionniers de l’industrie nationale.</em></strong></p>



<span id="more-5481791"></span>



<p>PDG de la Société frigorifique et brasserie de Tunisie devenue la Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT), la plus importante capitalisation de la Bourse de Tunis, ce natif de Bab Jedid, à Tunis, a présidé le Club africain en 1988-1989 et 1993-1994. Il et resté très proche de ce club omnisport, dont il fut jusqu’à sa mort, l’un des plus importants donateurs et sponsors, à travers la SFBT.</p>



<p>Ancien commis de l’Etat, feu Bousbia a accompagné la naissance et l&rsquo;évolution de la Banque centrale de Tunisie aux côtés de son fondateur, Hedi Nouira. C&rsquo;est là que cet ancien du collège Sadiki, diplômé en droit de l’Institut de hautes études de Tunis, apprendra les arcanes de la finance et se familiarisera avec l&rsquo;économie et la gestion. </p>



<p>Cependant, c&rsquo;est <em>«une mise à l’écart en 1980, sous le gouvernement Mzali, suite à la restructuration de la Banque Centrale, à l’initiative de M. Mansour Moalla, lui a permis de devenir ce qu’il est actuellement, c’est-à-dire à la tête d’un des plus grands groupes de Tunisie, sinon le plus grand »</em>, lit-on dans un portrait que lui avait consacré le magazine <em><a href="https://www.leaders.com.tn/article/3185-hammadi-bousbia-ou-l-irresistible-ascension-d-un-enfant-de-bab-jedid" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Leaders</a></em>.</p>
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		<title>Fadhel Abdelkefi : «Les législatives ne sont pas les urgences actuelles des Tunisiens»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/fadhel-abdelkefi-les-legislatives-ne-sont-pas-les-urgences-actuelles-des-tunisiens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Sep 2022 13:00:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Ayed]]></category>
		<category><![CDATA[Afek Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Fadhel Abdelkefi]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[législatives]]></category>
		<category><![CDATA[loi électorale]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'accession à la présidence de la république est, selon Fadhel Abdelkefi, le seul moyen, pour espérer changer le système présidentialiste mis en place par le président de la république Kaïs Saïed.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/fadhel-abdelkefi-les-legislatives-ne-sont-pas-les-urgences-actuelles-des-tunisiens/">Fadhel Abdelkefi : «Les législatives ne sont pas les urgences actuelles des Tunisiens»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’élection présidentielle est le scrutin le plus important aujourd’hui, en Tunisie, car, en vertu de la nouvelle constitution, c’est le président de la république qui cumule tous les pouvoirs, a déclaré Fadhel Abdelkefi, président du parti Afek Tounes, dans l’émission Midi Show sur Mosaïque FM, ce vendredi 23 septembre 2022.</em></strong></p>



<span id="more-4221204"></span>



<p>M. Abdelkefi a confirmé, par ailleurs, que son parti a décidé de ne pas participer aux législatives du 17 décembre prochain, parce que la nouvelle constitution et la nouvelle loi électorale vident la représentation populaire de tout intérêt et transforme l’Assemblée en une simple instance d’enregistrement &nbsp;des décisions présidentielles, puisqu’elle ne peut rejeter des lois ni opposer une motion de censure au gouvernement. Sans parler des lacunes criardes dans la nouvelle loi électorale, qui marginalise les femmes, les jeunes, et les Tunisiens ayant une seconde nationalité. Et qui, surtout, privilégie le clanisme, le tribalisme et le népotisme, a-t-il dit. &nbsp;</p>



<p>L&rsquo;accession à la présidence de la république est donc, selon lui, le seul moyen, pour espérer changer le système présidentialiste mis en place par le président de la république Kaïs Saïed, et pour mettre en œuvre réellement les réformes structurelles dont le pays a besoin pour se relancer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2HgnhCKHtw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/22/tunisie-afek-tounes-boycotte-les-legislatives/">Tunisie : Afek Tounes boycotte les législatives</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Afek Tounes boycotte les législatives » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/22/tunisie-afek-tounes-boycotte-les-legislatives/embed/#?secret=hKbJ6OBtdS#?secret=2HgnhCKHtw" data-secret="2HgnhCKHtw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><em>«Certains peuvent détruire le pays par un trait de crayon»</em>, a déclaré Fadhel Abdelkéfi, par allusion au président Saïed qui gouverne par décrets qui ne règlent aucun des problèmes du pays, mais contribuent plutôt à les aggraver. <em>«Notre parti se propose de changer le pays par un trait de crayon, en supprimant des lois qui handicapent l’économie et en promulguant d’autres qui la relancent en libérant les énergies et les initiatives»</em>, a expliqué le président Abdelkefi, en rappelant les décisions historiques qui ont développé l’économie nationale à partir des années 1970, prises par Hedi Nouira, Mansour Moalla ou autres Abdelwaheb Ben Ayed, qui a développé la production de la viande de volailles devenue avec le temps la base de l’alimentation des Tunisiens. &nbsp;Entre autres choix dont nous bénéficions tous aujourd’hui, un demi siècle plus tard. &nbsp;</p>



<p>Les urgences actuelles des Tunisiens, ce sont les pommes de terre, la volaille, les bouteilles de gaz, l’eau minérale et le lait pour les enfants ou le prix du taxi, et non le changement de la constitution ou de la loi électorale, par allusion au projet de réforme du système politique mis en œuvre par le président Saïed.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.  </strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/fadhel-abdelkefi-les-legislatives-ne-sont-pas-les-urgences-actuelles-des-tunisiens/">Fadhel Abdelkefi : «Les législatives ne sont pas les urgences actuelles des Tunisiens»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ahmed Mestiri : Le grand président que la Tunisie n&#8217;a jamais eu</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/26/ahmed-mestiri-le-grand-president-que-la-tunisie-na-jamais-eu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 May 2021 12:04:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
		<category><![CDATA[Azouz Lasram]]></category>
		<category><![CDATA[Beji Caid Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Driss Guiga]]></category>
		<category><![CDATA[Fadhel Khelil]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Mzali]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Néo-Destour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ahmed Mestiri, le pionnier de la démocratie en Tunisie, décédé dimanche 23 mai 2021, à l’âge 96 ans, avait bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne conviendrait pas longtemps aux aspirations d’une population de plus en plus réfractaire. Par Francis Ghiles * En novembre 1981, la Tunisie a tenu ses premières élections multipartites...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/26/ahmed-mestiri-le-grand-president-que-la-tunisie-na-jamais-eu/">Ahmed Mestiri : Le grand président que la Tunisie n&rsquo;a jamais eu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ahmed-Mestiri-1.jpg" alt="" class="wp-image-350198"/></figure></div>



<p><strong><em>Ahmed Mestiri, le pionnier de la démocratie en Tunisie, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/23/in-memoriam-ahmed-mestiri-ou-le-long-combat-pour-la-democratie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décédé dimanche 23 mai 2021</a>, à l’âge 96 ans, avait bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne conviendrait pas longtemps aux aspirations d’une population de plus en plus réfractaire.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Francis Ghiles</strong> *</p>



<span id="more-350197"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Francis-Ghiles.jpg" alt="" class="wp-image-134482"/></figure></div>



<p>En novembre 1981, la Tunisie a tenu ses premières élections multipartites depuis l’indépendance en 1956.</p>



<p>Pendant les 25 premières années après la fin du joug colonial français, la Tunisie a été dirigée par le Parti socialiste destourien (connu sous son acronyme français PSD) et un président charismatique mais autoritaire, Habib Bourguiba dont le titre même El-Moudjahid Al Akbar donne une image plus grande que nature de son leadership incontesté de la lutte pour la libération et des affaires de la Tunisie post-indépendance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un rendez-vous raté </h3>



<p>La campagne électorale fut animée, mais elle se déroula dans une ambiance parfois antidémocratique, car le PSD n’hésitait pas à utiliser des méthodes brutales d’intimidation pour perturber les réunions du Mouvement social-démocrate (MDS), parti d’opposition fondé par l’un des anciens ministres les plus brillants de Bourguiba, Ahmed Mestiri.</p>



<p>Le soir du scrutin, le 1er novembre, j’ai personnellement été témoin du bourrage des urnes au bureau de vote de Bab Jedid dans le centre de Tunis. J’ai décrit mon expérience sur le BBC World Service, le lendemain à 6 heures du matin, ce qui m’a valu une réprimande de la part du ministre de l’Information de l’époque, Tahar Belkhoja.</p>



<p>Le gouverneur du Kef, Fadhel Khelil, a téléphoné au ministre de l’Intérieur, Driss Guiga, pour lui dire que le candidat du MDS avait remporté l’élection dans cette ville, ce qui lui valut d’être rabroué.</p>



<p>«J’ai transmis les chiffres exacts du scrutin, vous les cuisinerez comme bon vous semble», a dit le gouverneur, l’un des rares de son rang à ne pas appartenir au PSD, dans sa réponse franche à son patron.</p>



<p>Les votes ont finalement été falsifiés dans un certain nombre de circonscriptions, notamment à Tunis-Centre, où Beji Caid Essebsi, qui deviendra plus tard le quatrième chef de l’État tunisien en 2014, a été élu sur la liste du PSD. Dans ses mémoires, trente ans plus tard, il a reconnu que si les résultats n’avaient pas été falsifiés, Ahmed Mestiri aurait été élu député de Tunis-Centre, pas lui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un démocrate dans l&rsquo;entourage de Bourguiba </h3>



<p>Né en 1925 dans une famille aisée appartenant à la grande bourgeoisie de Tunis, Ahmed Mestiri a étudié le droit à l’université d’Alger et de Paris, puis a obtenu son diplôme à Sciences Po Paris. Il a rejoint le parti nationaliste Néo Destour à l’âge de 17 ans et, en 1952, et fut membre de sa direction clandestine. Il a même échappé à une tentative d’assassinat par l’organisation coloniale française «<em>La Main Rouge</em>» qui a réussit, en 1952, à assassiner Farhat Hached, le fondateur de l’UGTT, le principal syndicat tunisien.</p>



<p>Mestiri est l’un de ceux qui ont épaulé Mongi Slim dans la négociation de l’indépendance de la Tunisie. Il a ensuite représenté la Tunisie en France et aux Nations Unies et a contribué à la mise en place de la nouvelle monnaie nationale, le dinar. En tant que premier ambassadeur tunisien en Égypte et en Algérie, il a contribué à l’élaboration de la politique étrangère du nouveau pays et à la formation de son corps diplomatique naissant. Il a été nommé ministre de la Défense en 1966 et a ensuite dirigé le ministère de l’Intérieur, mais il fut limogé en septembre 1971 après son refus d’approuver la nomination par Bourguiba d’éléments durs dans les services de sécurité.</p>



<p>Au cours des années les plus inspirées du règne de Bourguiba, les femmes ont été émancipées et ont acquis des droits dont elles ne jouissaient dans aucun autre pays arabe, l’alphabétisation et le niveau de vie se sont améliorés et la généralisation de la santé et de l’éducation ont été instaurées. Mais Ahmed Mestiri a bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne sera pas accepté longtemps par une population de plus en plus réfractaire. L<em>’«expérience socialiste»</em> ratée menée par Ahmed Ben Salah dans les années 1960 a ruiné de nombreux agriculteurs et aggravé le mécontentement au-delà des zones rurales.</p>



<p>En 1978, Ahmed Mestiri et ses compagnons qui avaient fondé la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme (LTDH) ont décidé de fonder un nouveau parti. Le Mouvement social-démocrate (MDS) a été légalisé trois ans plus tard lorsque le Premier ministre, réformiste et partisan de l’arabisation, Mohamed Mzali, a autorisé les partis d’opposition à présenter des listes de candidats aux élections générales du 1er novembre.</p>



<p>Le MDS remporte plus de 5% des voix dans une poignée de circonscriptions, dont celle de la capitale, la plus symbolique. La fureur du vieillissant Habib Bourguiba ne connaît pas de limites et il ordonne à son docile ministre de l’Intérieur de truquer les résultats. Le MDS n’a été crédité que de 3,2% des voix, derrière les 94,6% du PSD au pouvoir. Lors d’une conférence de presse tendue au ministère de l’Intérieur, des journalistes tunisiens et étrangers ont publiquement tourné en dérision les résultats. Le roi était nu et toute la Tunisie le savait. Six ans plus tard, alors que l’opposition islamiste prenait de plus en plus de poids dans la rue, le Premier ministre, le général Zine El-Abidine Ben Ali, a conduit à un <em>«coup d’État médical»</em>, anticipant ainsi un coup d’État imminent des islamistes que beaucoup craignaient, au milieu de la montée des tensions sociales et politiques. Et des violences de rue.</p>



<p>Il est intéressant de réfléchir à la manière dont le cours de l’histoire tunisienne aurait pu être changé si, en 1981, Habib Bourguiba avait permis l’émergence d’une <em>«opposition loyale»</em> menée par un homme intègre et un réformateur libéral, lui-même issu des rangs du parti au pouvoir mais qui était convaincu que la primauté du droit était un principe universel, aussi valable pour les Arabes ou les musulmans que pour les Occidentaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un homme d’État avisé, ferme mais juste</h3>



<p>Si les Tunisiens avaient eu l’option d’une opposition laïque sérieuse, le ressentiment face à l’incompétence croissante du régime et à l’aggravation de la crise interne n’aurait peut-être pas été canalisé uniquement par les forces islamistes. La Tunisie avait une opposition <em>«laïque»</em> naissante qui a été tuée dans l’œuf. En Mestiri, elle avait un diplomate qualifié, un homme qui comprenait mieux les habitudes du monde que beaucoup de flagorneurs de Bourguiba et un grand modéré, à l’écoute des caractéristiques de modernisme et de modération de son pays.</p>



<p>Ahmed Mestiri n’a jamais remis en question l’alliance de Habib Bourguiba avec l’Occident ni le soutien que ce dernier a apporté aux Palestiniens. C’était un homme d’État avisé, ferme mais juste, un homme d’une grande intégrité personnelle. Son malheur était que Bourguiba ne pouvait supporter d’avoir des ministres qui défiaient son autorité, aussi compétents ou honnêtes qu’ils eussent pu être.</p>



<p>Après avoir éloigné des personnalités comme Azouz Lasram, Mansour Moalla et d’autres, Bourguiba a, dans les années 1980, précipité la faillite politique et économique de son pays pendant les dernières années de son règne crépusculaire et attisé la guerre pour le pouvoir et les intrigues de palais. Les problèmes de santé du président malade et sa déconnexion de la réalité politique ont fait le reste.</p>



<p>La Tunisie paie aujourd’hui un lourd tribut au régime arbitraire de Bourguiba, en particulier au cours de sa dernière décennie au pouvoir. Le pays aurait été beaucoup plus sûr si Ahmed Mestiri avait succédé à Bourguiba de son vivant et avait inauguré une transition démocratique pour laquelle la Tunisie était probablement prête. Le pays aurait été épargné par de nombreux bouleversements inutiles alors que l’autoritarisme obsolète allait se poursuivre encore longtemps.</p>



<p>Les conversations avec Ahmed Mestiri sur l’histoire tunisienne ou les affaires internationales ont beaucoup appris au jeune journaliste que j’étais. Elles pouvaient être comparées à un jeu de tennis rapide. Je n’oublierais jamais son épouse, la fille de Mohamed Chenik, Premier ministre du bey, une grande dame, qui était l’incarnation même de cette grande bourgeoisie tunisienne que Bourguiba a tout fait pour humilier et rabaisser après l’indépendance. Le despote priva ainsi la jeune république des services d’une couche sociale éduquée qui aurait pu contribuer à bâtir une classe politique moderne.</p>



<p>Mestiri est probablement le plus grand président que la Tunisie n’a jamais eu.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais par</em> <strong>I. B. </strong></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> :<em> <a href="https://thearabweekly.com/ahmed-mestiri-greatest-president-tunisia-never-had" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Arab Weekly. </a></em></p>



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		<title>Tunisie est un désert politique depuis 1955</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2020 14:39:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[béchir ben yahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[Radhia Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Guetta]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chez la majorité de l’élite tunisienne, il a toujours existé une confusion entre l’Etat, l’administration, la république et même la patrie… Un champ sémantique «confusionnel» élaboré explicitement par «le pouvoir personnel» d’Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali… et même par Béji Caïd Essebsi… La raison de cette situation inique est simple :...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/11/Bourguiba-et-Ben-Ali-2.jpg" alt="" class="wp-image-71244"/><figcaption><em>Ces deux hommes ont empêché l&rsquo;éclosion de véritables vocations  politique en Tunisie. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Chez la majorité de l’élite tunisienne, il a toujours existé une confusion entre l’Etat, l’administration, la république et même la patrie… Un champ sémantique «confusionnel» élaboré explicitement par «le pouvoir personnel» d’Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali… et même par Béji Caïd Essebsi… La raison de cette situation inique est simple : personne ne devrait faire de la politique sauf le chef. Et cela a laissé des traces dans la société tunisienne, où la vie politique, malgré l’habillage vaguement démocratique, est d’une décevante pauvreté.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-309591"></span>



<p>Au lendemain de l’indépendance, Bourguiba ne voulait ni de Premier ministre, ni même de ministre, des secrétaires d’État, c’est déjà suffisant, disait-il. Le <em>«Combattant Suprême»</em> considérait les secrétaires d’Etat et plus tard les ministres comme des hauts fonctionnaires de son cabinet présidentiel ou souvent comme de simples <em>«collaborateurs»</em>…</p>



<p>La politique était son domaine réservé… Feu Radhia Haddad, ancienne présidente de l’Union nationale des femmes tunisiennes (UNFT) déclarait que Bourguiba ne supportait jamais une opinion contraire à la sienne. Ben Ali n’a pas fait mieux… Inimaginable, les deux dernières années de son règne, il avait même interdit à tout fonctionnaire de rencontrer un étranger même à titre privé sans autorisation préalable du ministère de l’Intérieur… Hallucinant encore, cette mesure concernait aussi les hauts fonctionnaires retraités. Au sein des différents gouvernements, le débats et les échanges étaient totalement absents… Cette absence de débat politique avait mis la haute administration devant le fait accompli : gérer le pays par des directives présidentielles et exécuter des textes de loi adoptés par le parlement sans avoir les moyens financiers pour les<em> «décliner»</em>…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les partis n’étaient que des chambres d’allégeance au chef suprême</h3>



<p>Quant aux partis politiques comme le Néo- Destour (sous Bourguiba) ou le RCD (sous Ben Ali), ils n’étaient que des chambres d’allégeance où les luttes des clans permettaient au chef de l’Etat de choisir ses hommes et ses femmes. Une basse-cour bien décrite par Gustave Flaubert dans<em> ‘‘Madame Bovary’’ </em>qui méprisait les personnalités politiques de la IIIe République.</p>



<p>Nous pouvons donc constater que de 1956 à 2011, la République a été celle de la haute administration et qu’il n’y pas eu d’orientation politique claire en dehors de discours de flagornerie pour maintenir une propagande désuète… En plus, Bourguiba et son équipe n’avaient aucune culture économique. Après l’indépendance, il avait adopté le programme économique de L’UGTT – au menu du congrès du Néo-Destour de Sfax de 1955 : étatisation et collectivisme –. Tout ceci pour que les dirigeants de la centrale syndicale n’aillent pas renforcer le camp de son ennemi juré Salah Ben Youssef. On cite souvent l’ancien Premier ministre Hédi Nouira comme grand économiste, grande erreur, à la fondation de Banque centrale de Tunisie (BCT). C’était le jeune énarque de Paris, Mansour Moalla, qui dirigeait l’institution monétaire. Quant à la première banque du pays, c’était Serge Guetta, natif de Gabès, qui avait préparé le projet avant de passer à la Banque mondiale. Pour la petite histoire, sans lui, Béchir Ben Yahmed n’aurait pas pu lancer<em> ‘‘Jeune Afrique’’</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les droits humains et les libertés publiques ne suffisent pas pour construire un projet politique</h3>



<p>À partir de 2011, ce sont les défenseurs des droits de l’homme, persécutés par Ben Ali, qui animeront les débats politiques… Mais, comme les partis politiques étaient interdits sous Ben Ali, leur seul projet était la consolidation des droits humains… Point de programme social, économique ou culturel… Mais on ne peut bâtir un projet politique juste avec le volet des droits de l’homme… les droits humains et les libertés publiques sont un fondement essentiel dans le processus démocratique, mais ils ne peuvent nullement être suffisants pour construire un projet démocratique!</p>



<p>Encore une fois, la haute fonction publique se trouve aux premières loges pour gérer le pays sans boussole politique… Ce que l’élite et certains médias refusent de comprendre, les meilleurs diplômes du monde ne pourraient faire d’un homme une personnalité politique quand la fibre est absente… L’ancien ministre français de l’Economie et Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Bérégovoy, était un ancien métallurgiste sans le baccalauréat… Juste avec un baccalauréat , Alain de Pouzilhac à hissé l’agence de publicité Havas au premier rang mondial et c’était lui qui lancera, plus tard France Médias Monde avec France 24, RFI, et Monte Carlo Doualiya…</p>



<p>La pépinière des hommes politiques, ce sont d’abord les partis, les syndicats, la vie associative et surtout le travail sur le terrain… Ce ne sont pas les universités qui initient cette vocation… Ce ne sont pas non plus les colloques dans les hôtels 5 étoiles et certaines Ong ou think-tanks, qui sont en fait des sièges de lobbys aux desseins parfois obscurs…</p>



<p>Combien de députés dans l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) connaissent le nombre des patients, d&rsquo;élèves, de personnes âgées sans ressources, d’unités manufacturières, ou les chiffres exactes de la production agricole de leur propre région… Très, très peu… La majorité des partis politiques créés après 2011 ressemblent plus à des officines et parfois même à des épiceries…</p>



<p>Revenons à nos antiques savants: la politique, c’est la chose publique et non pas un plan comptable…</p>



<p>* <em>Ancien rédacteur en chef dans une radio internationale.</em></p>



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		<title>Plaidoyer pour un observatoire indépendant des conjonctures économiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2020 10:30:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[conjonctures économiques]]></category>
		<category><![CDATA[institut national de la statistique]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[maquillage des chiffres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les utilisateurs des statistiques officielles, en l’occurrence les syndicats, bailleurs de fonds, chercheurs et autres journalistes, sont de plus en plus nombreux à manifester, haut et fort, leur insatisfaction des informations fournies par l’Institut national de la statistique (INS) et son appendice, l’Observatoire de la conjoncture économique (OCE). Ces informations ne les aideraient pas à...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/03/10/plaidoyer-pour-un-observatoire-independant-des-conjonctures-economiques/">Plaidoyer pour un observatoire indépendant des conjonctures économiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/05/Statistique.jpg" alt="" class="wp-image-52079"/></figure>



<p> <strong><em>Les utilisateurs des statistiques officielles, en l’occurrence les syndicats, bailleurs de fonds,  chercheurs et autres journalistes, sont de plus en plus nombreux à manifester, haut et fort,  leur insatisfaction des informations fournies par l’Institut national de la statistique (INS) et son appendice, l’Observatoire de la conjoncture économique (OCE). Ces informations ne les aideraient pas à évaluer, objectivement, les politiques économiques et monétaires du pays. Pour y remédier, certains réclament la mise en place, aux côtés de l’INS, d’un organisme autonome et non-conformiste similaire à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).</em></strong></p>



<p> Par <strong>Khémaies Krimi</strong></p>



<span id="more-286891"></span>



<p> Une telle structure aurait pour mission <em>«d’étudier en toute indépendance la conjoncture de l&rsquo;économie tunisienne, ses structures et son environnement extérieur (…) et de formuler, dans la mesure où elle estimera possible, des prévisions économiques à court, moyen et long terme.»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Manipulation des chiffres, un sport national au temps de Ben Ali</h3>



<p> Il faut reconnaître qu’au début des années 90, Mansour Moalla, plusieurs fois ministre au temps de Bourguiba, avait eu l’idée de lancer un observatoire similaire mais il a été empêché, sans ménagement, de mener à terme son projet par l’ancien président Ben Ali. Ce dernier était profondément convaincu que pour tenir les Tunisiens en laisse, il fallait  entre autres, contrôler les statistiques et les maquiller pour donner, constamment, une image acceptable du système en place. </p>



<p> Conséquence : tout était beau et positif et 80% des Tunisiens avaient un logement. Seuls 3,8% d’entre eux vivaient en dessous du seuil de pauvreté. L’économie tunisienne était la plus compétitive au Maghreb et en Afrique…, le taux d’encadrement dans les entreprises était parmi les plus élevés en Afrique et dans le monde arabe, le taux d’adduction d’eau potable avoisinait les 90%, idem pour le taux d’électrification…</p>



<p> À l’époque, les fonctionnaires-statisticiens de l’INS aux ordres étaient diabolisés et pointés du doigt par les chercheurs, médias et opinion publique pour la publication de chiffres ne correspondant guère à la réalité. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Après 2011, le maquillage des chiffres s’est poursuivi </h3>



<p> Les choses ne se sont pas améliorées après le changement du 14 janvier 2011. Aujourd’hui, pratiquement, aucun indicateur ne correspond à la réalité ou n’y correspond avec l’exactitude requise. À titre indicatif, le taux d’endettement est officiellement estimé entre 70 et 75% mais réellement, il serait à plus de 100% si on prend en considération la dette des entreprises et des établissements publics, les garanties de l’Etat et la dette du secteur privé. </p>



<p> Autre indicateur tronqué : officiellement, le pouvoir en place nous dit que les avoirs en devises avoisinent les 19 milliards de dinars tunisiens, mais il ne nous dit jamais quels sont les groupes, particuliers et secteurs qui en profitent le plus à l’importation. </p>



<p> Le taux de pression fiscale est également maquillé, c’est-à-dire embelli. Calculé, uniquement sur la base des recettes fiscales, son taux évalué, officiellement, à 25,4% du PIB, serait de l’ordre de 32,5% si on prend en compte les pressions locales et sociales (cotisation payées par les salariés et entreprises aux caisses de sécurité sociale qui sont des établissements publics…). </p>



<p> Le taux d’inflation, estimé au mois de février 2020 à 5,8% pour les prix des produits compensés, serait en fait à deux chiffres pour les produits non-administrés dont beaucoup sont aussi indispensables que les produits de base subventionnés. </p>



<p> Mieux, jusqu’à ce jour, on ne sait pas à quel prix réel on achète le baril de pétrole et chez quel fournisseur on l’acquiert. Ces donnes statistiques n’existent dans aucun document officiel. Et la liste est loin d’être clôturée.</p>



<p> Pour toutes ces raisons, il y a urgence, comme cela a été le cas dans les pays modernes, de créer une structure indépendante à même d’affiner les chiffres officiels, d’atténuer l’impact de cette manipulation des chiffres et de fournir des données crédibles car plus ou moins proches de la réalité. </p>



<p> Car, des statistiques exactes, cela n’existe nulle part. Pour reprendre cette boutade  :<em> «Les statistiques c’est comme le bikini, ça donne des idées mais ça cache l’essentiel»</em>. Cela pour dire que les statistiques est une science inexacte mais dynamique, constamment en évolution. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les nouvelles tendances statistiques </h3>



<p> À titre d’exemple, en 2008, l’ex-président français Nicolas Sarkozy, pris de court par la crise financière et insatisfait de l’état des informations statistiques sur l’économie et la société, a demandé aux éminents économistes Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi, président à l’époque de l’OFCE, de mettre en place la Commission pour la mesure des performances économiques et du progrès social (CMPEPS).</p>



<p> Les résultats des travaux de cette commission, consignés dans un rapport publié en 2010, sont fort intéressants et d’une grande actualité. Pour en retenir l’essentiel, cette commission a eu pour mérite de remettre en cause les systèmes statistiques actuels et des mécanismes de mesure de la richesse et du progrès social. </p>



<p> Globalement, le rapport de cette commission recommande l’élargissement des indicateurs à des activités non marchandes: garde d’enfants, conditions environnementales, bricolage, santé, illettrisme… </p>



<p> Il préconise d’intégrer dans le calcul de la richesse les facteurs qui favorisent <em>«la soutenabilité»</em> de l’économie, c’est-à-dire sa capacité à inscrire dans la durée le bien-être des gens. L’accent est ainsi mis beaucoup plus sur la mesure du degré de la qualité de vie que sur celle de la production économique marchande. </p>



<p> Concrètement, elle propose de substituer au Produit intérieur brut (PIB), le Produit national net (PNN). Ce nouvel indicateur qualitatif donne de meilleurs éclairages sur l’évolution du revenu réel, la consommation des ménages et le bien-être matériel en général. La commission invite les statisticiens à être davantage à l’écoute des ménages et à tout ce qui les touche de près (impôts, prestations sociales, intérêts des prêts, accès aux soins, à l’éducation…). Il s’agit également de prêter plus d’attention à la répartition des revenus et à instituer ce qu’elle appelle «le revenu médian», une sorte de barre entre ceux qui ne l’atteignent pas (-50%) et ceux qui le dépassent (+50%).</p>



<p> Enfin, la commission recommande, au chapitre de la méthodologie à suivre, de donner la priorité à l’enquête et aux sondages. Ces techniques favorisent, selon ses membres, une meilleure connaissance de la vie des gens, des inégalités, des expériences, des priorités des uns et des autres.</p>



<p> Par-delà ces tendances en Tunisie, tout pouvoir politique qui se soucie de sa pérennité se doit de s’en inspirer en créant en toute urgence un Observatoire indépendant des conjonctures économiques. C’est seulement à ce prix qu’il peut réduire, un tant soit peu, cet écart prononcé entre, d’une part, les mesures habituelles des grandes variables socio-économiques (croissance, inflation, chômage, endettement…), et, d’autre part, les perceptions négatives largement répandues de ces réalités. </p>
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