<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Mohamed Chérif Ferjani - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/mohamed-cherif-ferjani-2/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/mohamed-cherif-ferjani-2/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Mon, 08 Jul 2024 09:44:34 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Mohamed Chérif Ferjani - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/mohamed-cherif-ferjani-2/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>France : La gauche doit rester unie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/08/france-la-gauche-doit-rester-unie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jul 2024 06:07:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveau Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=13525606</guid>

					<description><![CDATA[<p>La gauche, en France et partout ailleurs, doit retenir les leçons de l’expérience du Nouveau Front Populaire (NFP).</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/08/france-la-gauche-doit-rester-unie/">France : La gauche doit rester unie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au-delà des résultats définitifs du deuxième tour des législatives anticipées en France, dont les résultats préliminaires, tombés hier soir, dimanche 7 juillet 2024, l’ont donnée victorieuse, et quelles que soient les divergences quant à la nécessité ou à l’opportunité de participer à une coalition gouvernementale pour contrer l’extrême droite et ses alliés, la gauche doit retenir les leçons de l’expérience du Nouveau Front Populaire (NFP).</em></strong> <em>(Illustration : la gauche unie renverse la tendance en à peine une semaine).</em> </p>



<p><strong>Mohamed Chérif Ferjani </strong>*</p>



<span id="more-13525606"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>


<p>Ce mouvement est né, rappelons-le, dans l’urgence et sous la pression de la jeunesse, de la société civile et des militants de base refusant de voir les divisions et les egos des chefs laisser Macron et ses alliés en tête à tête avec la droite.</p>



<p>Mise au pied du mur par la décision capricieuse de Macron pariant, entre autres, sur l’impossible unification de la gauche pour imposer à nouveau son chantage <em>«ou moi, ou le chaos&nbsp;!»</em>, la gauche a su relever le défi pour être au rendez-vous.</p>



<p>En quelques jours, ses différentes composantes ont réussi à s’entendre sur le principe de candidatures uniques autour d’un vrai programme de gouvernement que d’aucuns ne pensaient imaginable avant longtemps&nbsp;: devenir en moins d’un mois la première force politique pour redonner de l’espoir à celles et ceux qui sombraient dans le désenchantement et affichaient les signes de résignation à la fatalité de la disparition de la gauche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unité sur la base des convergences</h2>



<p>Cette expérience a montré à ceux qui ne voyaient que les divergences entre les composantes de la gauche pour justifier leur démarche, sinon sectaire, du moins solitaire, qu’il est non seulement possible, mais nécessaire de relativiser les divergences, aussi importantes soient elles, par rapport aux impératifs du moment.</p>



<p>On peut toujours rechercher le maximum de convergences sur des questions importantes, qu’elles soient sectorielles ou générales, locales ou globales, économiques, sociales (ou sociétales), culturelles, idéologiques ou politiques, etc. C’est légitime et souhaitable pour renforcer les fondements de l’union souhaitée de façon durable; mais lorsque la recherche de telles convergences devient une menace pour l’unité possible sur la base de convergences réelles, il faut savoir laisser en débat les questions sur lesquelles portent les divergences pour maintenir et renforcer l’unité sur la base des convergences, sans que cela ne tourne à se suffire de consensus mous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QUvHrHduw4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/les-binationaux-et-la-montee-de-lextreme-droite-en-france/">Les binationaux et la montée de l’extrême droite en France</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les binationaux et la montée de l’extrême droite en France » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/les-binationaux-et-la-montee-de-lextreme-droite-en-france/embed/#?secret=qNXQ0k1prX#?secret=QUvHrHduw4" data-secret="QUvHrHduw4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il y a un temps pour les débats nécessaires et un temps pour l’action et la prise de responsabilité, sur la base des convergences et quelles que soient les divergences. On n’est pas obligé d’être d’accord sur tout ce que les uns et les autres jugent importants, pour faire fructifier ce qui est partagé et qui n’est pas moins important que ce qui divise.</p>



<p>Il faut laisser de côté la tentation du monolithisme et du sectarisme, qui en est le corollaire, en hiérarchisant les priorités non pas en fonction des rêves des un(e)s et des autres mais par rapport aux exigences objectives de chaque situation.</p>



<p>On peut avoir des appréciations différentes quant à ces exigences, mais il faut, malgré cela, accepter les partenaires en évitant les invectives et tout ce qui casse l’unité, insulte l’avenir et ferme la porte à la possibilité de s’entendre et de travailler ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réussite de l’expérience du NFP</h2>



<p>C’est ce qui a manqué à la gauche jusqu’à ce qu’elle soit mise au pied du mur par la dissolution surprise du 9 juin 2024. C’est aussi ce qui a permis la réussite de l’expérience du NFP. Il ne faut pas que les divergences inévitables qui surgiront dès le soir du deuxième tour des législatives anticipées, quels qu’en soient les résultats finaux, par rapport à la participation ou non à une coalition gouvernementale avec le centre et la droite républicaine, mettent fin à l’unité de la gauche.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Q2JyMezK6S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/01/le-triomphe-annonce-de-le-pen-la-france-joue-avec-le-feu/">Le triomphe annoncé de Le Pen : La France joue avec le feu  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le triomphe annoncé de Le Pen : La France joue avec le feu   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/01/le-triomphe-annonce-de-le-pen-la-france-joue-avec-le-feu/embed/#?secret=lH0eyW6bNo#?secret=Q2JyMezK6S" data-secret="Q2JyMezK6S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Par respect à celles et ceux qui ont exigé cette unité et qui l’ont imposée aux états-majors des partis politiques, et pour ne pas décevoir les espoirs suscités par cette unification inespérée, il faut accepter, sans invectives, le choix de celles et ceux qui pensent qu’il faut intégrer une telle coalition&nbsp; comme celui de celles et ceux qui veulent rester en dehors, dans l’opposition, en maintenant des liens entre les deux camps&nbsp;: le premier faisant pression de l’intérieur&nbsp; pour les mêmes objectifs pour lesquels les autres font pression de l’extérieur, sans se traiter de traitres, d’ennemis et fermer par là la porte à la possibilité de se retrouver pour les prochaines échéances. Ce n’est qu’ainsi que la gauche réussira à maintenir son unité, à être prête pour les défis à venir et à gagner la confiance de celles et ceux qui croient en son projet.</p>



<p>C’est là un impératif pour la gauche en France comme pour les progressistes et les démocrates dans tous les pays. Ce n’est qu’ainsi que les forces de gauche, de progrès, de défense de l’universalité de l’humain et de ses droits, pourront devenir un pilier du combat contre le néolibéralisme et la révolution conservatrice dont l’extrême droite n&rsquo;est que l&rsquo;une des expressions.</p>



<p><em>* Professeur honoraire des universités, militant de gauche en France et en Tunisie, auteur, entre autres, de Néolibéralisme et révolution conservatrice (Nirvana Editions, Tunis, 2022).</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JQSFjLCQFd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/08/france-pour-que-le-soulagement-ne-soit-pas-de-courte-duree/">France : Pour que le soulagement ne soit pas de courte durée</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France : Pour que le soulagement ne soit pas de courte durée » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/08/france-pour-que-le-soulagement-ne-soit-pas-de-courte-duree/embed/#?secret=mpC57rhsoz#?secret=JQSFjLCQFd" data-secret="JQSFjLCQFd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/08/france-la-gauche-doit-rester-unie/">France : La gauche doit rester unie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Avec Mourad Zeghidi, nous ASSUMONS le combat pour la liberté</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/25/avec-mourad-zeghidi-nous-assumons-le-combat-pour-la-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2024 10:17:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[décret 54]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Adda]]></category>
		<category><![CDATA[Gilda Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Ikhlas Latif]]></category>
		<category><![CDATA[J’ASSUME]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Mourad Zeghidi]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Zeghidi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=12950023</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lettre à Mourad Zeghidi : Ton «J’ASSUME!» est devenu le cri de ralliement. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/25/avec-mourad-zeghidi-nous-assumons-le-combat-pour-la-liberte/">Avec Mourad Zeghidi, nous ASSUMONS le combat pour la liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Lettre à Mourad Zeghidi : Ton «J’ASSUME!» est devenu le cri de ralliement de celles et ceux qui refusent de renoncer aux libertés arrachées de haute lutte.  </em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Chérif Ferjani</strong></p>



<span id="more-12950023"></span>



<p>Cher Mourad,</p>



<p>La dernière fois où je t’ai vu, avec ta fille et ta sœur Meriem, c’était le 19 avril 2024, à l’hommage rendu par Amnesty International, ce bastion de défense de la liberté arraché au régime de Bourguiba et de Ben Ali dans les années 1980, à notre chère Gilda Khiari, amie de tes grands-parents, Gladys et Georges Adda, à tes parents Leila et Salah.</p>



<p>Tes mots en hommage à Gilda résonnent encore dans ma tête et je ne m’attendais pas à nous trouver dans cette situation absurde : toi derrière les barreaux pour avoir exercé ton métier de journaliste comme tu l’as toujours fait, de façon libre, responsable et loin de tous excès; et moi abattu et révolté par ce qui t’est arrivé, et par les poursuites et les jugements qu’on pensait appartenir à un temps révolu.</p>



<p>Face à cet absurde, ton <em>«J’ASSUME»</em>, devant le tribunal qui te reprochait ta solidarité avec tes consœurs et tes confrères, m’a secoué comme pour me dire : «Lève-toi et marche !» J’ai réagi par un post disant : <em>«Comme toi et avec toi, Mourad Zeghidi, nous assumons notre solidarité avec celles et ceux qui payent le prix de la liberté d’expression !»</em></p>



<p>Je pensais à t’écrire cette lettre, quand j’ai vu les vidéos de la manifestation partie hier, le 24 mai 2024, du local du Syndicat des journalistes à l’Avenue Bourguiba, avec ton neveu Skander brandissant sa pancarte sur laquelle est écrit en grandes lettres <em>«J’ASSUME !»</em>. Puis j’ai lu le post de ta sœur Meriem, avec la photo de son fiston pour dire que la relève est assurée et que tes filles aussi étaient dans la manifestation dominée par la présence des jeunes reprenant les mots d’ordre de la révolution, demandant l’abrogation des lois liberticides comme le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/25/tunisie-decret-loi-n-2022-54-un-acte-scelerat/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décret 54</a>, et défiant le pouvoir qui s’acharne contre les journalistes, les avocats, les organisations de défense des droits humains, dont les droits des migrants, etc.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vjbL79Qn5s"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/23/tunisie-mourad-zeghidi-reagit-a-sa-condamnation-me-mrabet/">Tunisie : Mourad Zeghidi réagit à sa condamnation (Me Mrabet)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Mourad Zeghidi réagit à sa condamnation (Me Mrabet) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/23/tunisie-mourad-zeghidi-reagit-a-sa-condamnation-me-mrabet/embed/#?secret=TDZ9Ibe7bh#?secret=vjbL79Qn5s" data-secret="vjbL79Qn5s" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Puis j’ai lu la remarquable chronique d’Ikhlas Latif, dans <em>Business News</em>, intitulée :<a href="https://www.businessnews.com.tn/jassume,544,138136,3" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> <em>«J’ASSUME …»</em> </a>qui a tout dit ! J’allais renoncer à t’écrire cette lettre après avoir vu et lu ce que ton <em>«J’ASSUME !»</em> a inspiré aux jeunes, à Meriem, à vos enfants, à ta consœur Ikhlas Latif dont je lis régulièrement les chroniques avec délectation… Puis, je me suis rappelé l’effet des lettres qui me parvenaient en prison et l’effet de l’écho des actions de celles et ceux qui, comme ta mère et ton père, ASSUMAIENT leur solidarité avec nous, et je me suis dit que notre relation, avec toi, avec Meriem, avec tes parents et grands-parents, m’interdit d’y renoncer.</p>



<p>J’ai connu ta mère en 1969-1970 dès mon arrivée à l’université; elle était une figure de la défense des prisonniers politiques dont ton père que je n’ai connu que plus tard. J’en entendais parler comme <em>«un militant communiste à part»</em>, le communiste le plus proche des perspectivistes. Quand je l’ai connu directement en 1975, dans le même procès que nous… parce qu’il ASSUMAIT sa solidarité avec nous en tant qu’animateur en Tunisie du Comité de défenses des prisonniers politiques. Il n’était pas membre de notre organisation mais il était plus perspectiviste que nous. Il a toujours assumé cette posture d’indépendant plus engagé dans la défense des idéaux de la gauche que les partis de gauche.</p>



<p>Dans les années 1980, après ma sortie de prison, nos liens se sont consolidés. Nous formions presque une même famille avec tes parents puis avec ton oncle Serge et tes grands-parents que je ne connaissais que de nom et que nous retrouvions souvent chez les Khiari. C’est là que je vous ai connu(e)s, Meriem et toi, dans votre appartement de l’avenue de Paris puis à Khaznadar où nous tenions les réunions de notre groupe d’AI. Avec ton père, nous avons participé à la création du RSP avant qu’il ne soit sabordé et détourné des objectifs à l’origine de notre initiative.</p>



<p>Par la suite, notre départ en France n’a pas affecté notre relation. Nous nous retrouvons à chacun de nos retours et nous avons participé ensemble à plusieurs initiatives : l’appel des 150 pour une alternative laïque au régime de Ben Ali et aux alliances avec les islamistes, l’initiative de soutien à la candidature de Mohamed Ali Halouani contre Ben Ali, la création de l’association laïque, etc.</p>



<p>Le souvenir que je garde de toi, depuis que tu étais petit, au début des années 1980, c’est que tu prenais part aux discussions que nous avions avec tes parents et tes grands-parents, et j’admirais la maturité de ta réflexion et ton sens de la mesure. Tu ne partageais pas les points de vue que tu trouvais excessifs de ton père et de ton grand-père Georges et tu n’hésitais pas à le faire savoir. J’ai retrouvé ce sens de la mesure, qui s’est affirmé chez toi avec l’âge, dans tes interventions et dans les émissions que tu animes. C’est pourquoi, j’ai trouvé absurde qu’on puisse t’arrêter et te condamner à un an de prison alors que, comme tu l’as dit, tu n’as rien fait d’illégal et que tu assumais ce que tu avais fait et dit en tant que journaliste dont tout le monde respecte le professionnalisme et la mesure.</p>



<p>C’est sans doute la raison pour laquelle ton <em>«J’ASSUME !»</em> est devenu et restera le cri de ralliement de celles et ceux qui refusent que nos libertés soient confisquées. Avec toi, nous ASSUMONS le combat pour la liberté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mKiLAFmrb6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/tunisie-39-journalistes-poursuivis-en-vertus-de-lois-liberticides/">Tunisie : 39 journalistes poursuivis en vertus de lois liberticides</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : 39 journalistes poursuivis en vertus de lois liberticides » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/tunisie-39-journalistes-poursuivis-en-vertus-de-lois-liberticides/embed/#?secret=9R9Yphxkz1#?secret=mKiLAFmrb6" data-secret="mKiLAFmrb6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/25/avec-mourad-zeghidi-nous-assumons-le-combat-pour-la-liberte/">Avec Mourad Zeghidi, nous ASSUMONS le combat pour la liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Migration : le Nord néo-libéral dresse les victimes les unes contre les autres</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/migration-le-nord-neo-liberal-dresse-les-victimes-les-unes-contre-les-autres/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/migration-le-nord-neo-liberal-dresse-les-victimes-les-unes-contre-les-autres/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 May 2024 11:56:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[grand remplacement]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[politiques néolibérales]]></category>
		<category><![CDATA[xénophobie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=12768939</guid>

					<description><![CDATA[<p>Partout, les migrants sont la cible de campagnes de haine raciste les accusant d’être à l’origine de tous les maux de la société. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/migration-le-nord-neo-liberal-dresse-les-victimes-les-unes-contre-les-autres/">Migration : le Nord néo-libéral dresse les victimes les unes contre les autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>A propos des campagnes racistes contre les migrants au Sud comme au Nord : devoir de solidarité entre les victimes des politiques néolibérales qui soufflent sur les braises de la xénophobie.</em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Chérif Ferjani </strong>*</p>



<span id="more-12768939"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>


<p>Partout, au Nord, comme au Sud et à l’Est, les migrants sont la cible de campagnes de haine raciste les accusant d’être à l’origine de tous les maux de la société : violences, vols, trafics de toutes sortes, prostitution, insécurité, etc. </p>



<p>Les tenants  de la théorie xénophobe du <em>«Grand remplacement» </em>y voient les instruments d’un complot visant à submerger les sociétés des pays par lesquelles passent les migrants, ou cherchent à s’y installer, pour en changer l’identité, la culture et l’ordre social et politique.</p>



<p>On s’obstine à refuser de voir les raisons pour lesquelles ils se sont arrachés à leur pays, et aux leurs, pour risquer leur vie en traversant des déserts hostiles, la mer sur des embarcations de fortune, des frontières et des pays où ils s’exposent à toutes les formes d’humiliation et de persécution, en livrant leur sort à des trafiquants sans scrupules qui leur prennent leurs économies pour les livrer à d’autres trafiquants encore plus cupides et moins soucieux de leur sort.</p>



<p>Ceux qui les persécutent et les pourchassent se recrutent parmi les victimes du même ordre néolibéral imposant partout des politiques agressives détruisant les systèmes de solidarités traditionnelles et les solidarités fondées sur les droits économiques, sociaux, politiques et culturels arrachés par les luttes de plusieurs générations depuis des décennies, voire des siècles.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="izilHAPy8S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/09/la-tunisie-lutter-contre-la-migration-en-echange-daides-financieres/">La Tunisie : lutter contre la migration en échange d’aides financières</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie : lutter contre la migration en échange d’aides financières » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/09/la-tunisie-lutter-contre-la-migration-en-echange-daides-financieres/embed/#?secret=Xs2qsccvAS#?secret=izilHAPy8S" data-secret="izilHAPy8S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les lois impitoyables de l’économie de marché</h2>



<p>Très rares sont ceux qui réalisent les catastrophes qui les poussent à partir de chez eux&nbsp;: calamités naturelles aggravées par la destruction des écosystèmes naturels et de l’environnement, conflits ethniques, tribaux, confessionnels, guerres entre des pays auxquels le même système néolibéral a imposé des politiques de <em>«réajustement structurel»</em>, de <em>«vérité des prix»</em>, de <em>«libre circulation des capitaux et des marchandises»</em>, aggravant les inégalités au sein de toutes les sociétés et entre les pays, au profit d’une minorité de nantis accaparant l’essentiel des richesses de la planète.</p>



<p>Selon le rapport de l’observatoire des inégalités publié le 18 septembre 2020, la part du patrimoine mondial que possède le 1% le plus fortuné est passée de 41,7% en 2008 à 45% en 2019.</p>



<p>Les migrants des pays du Sud et de l’Est, comme les chômeurs, les sans toits ni droits dans les pays du Nord et partout dans le monde, sont les victimes de ce système fondé sur les lois implacables et impitoyables d’une économie de marché visant à réaliser les plus gros profits, dans les plus brefs délais, aux moindres coûts et au détriment de la majorité écrasante et écrasée des humains réduits au statut d’auxiliaires facultatifs de ce système.</p>



<p>En quittant les pays du Sud et de l’Est pour rejoindre les pays où s’accumulent, par le biais de l’échange inégal fondé sur la libre circulation des capitaux et des marchandises, les migrants ne font  que suivre le mouvement des richesses pillées de leurs pays. Ils reproduisent ce que les humains ont fait de tout temps : quitter les endroits où ils ne peuvent plus vivre comme avant – en raison de catastrophes naturelles, des guerres ou de politiques comme celles qu’imposaient hier la colonisation et qu’imposent aujourd’hui le néolibéralisme – pour aller là où ils espèrent mieux vivre : Quoi de plus légitime? Au nom de quelle morale voudrait-on le leur interdire ? N’est-ce pas là un droit fondamental à la base de la liberté de circulation dont on veut priver les humains en la réservant aux capitaux, aux marchandises, aux ressortissants des pays nantis et en ne l’accordant qu’à ceux dont les compétences sont nécessaires à la croissance de l’ordre économique dominant?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JvAzR4qWCx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/04/le-sort-des-enfants-migrants-bloques-en-tunisie/">Le sort des enfants de migrants bloqués en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le sort des enfants de migrants bloqués en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/04/le-sort-des-enfants-migrants-bloques-en-tunisie/embed/#?secret=AQTsjDk82V#?secret=JvAzR4qWCx" data-secret="JvAzR4qWCx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les victimes dressés les unes contre les autres</h2>



<p>En demandant à des pays du Sud et de l’Est – comme le Rwanda, la Tunisie, l’Egypte, la Turquie, la Roumanie, etc. – de jouer le rôle de garde frontières de l’Italie et de l’Europe, et en soufflant sur les braises de la xénophobie sur laquelle surfent les différentes expressions de la révolution conservatrice au Nord, comme au Sud et à l’Est, le système néolibéral adopté par les grandes puissances et imposé à tous les pays, cherche à dresser ses victimes les unes contre les autres pour perpétuer son règne. Il veut ainsi les empêcher de s’unir contre lui.</p>



<p>En succombant aux sirènes de la xénophobie, en se livrant à pourchasser et à persécuter les migrants, comme on le voit dans certains pays soumis aux mêmes politiques poussant leurs jeunes et leurs forces vives à l’exil, et en s’attaquant aux militants et aux organisations de défense des droits humains qui dénoncent le sort réservé aux étrangers indésirables, on devient les auxiliaires des politiques néolibérales dont les victimes se sont pas seulement les migrants accusés de tous les malheurs des sociétés soumises à ces politiques. </p>



<p>Les victimes du système néolibéral, du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, n’ont aucun intérêt à s’opposer les unes aux autres en se laissant manipuler par les maîtres de ce système aidés par les idéologies xénophobes des différentes expressions de la révolution conservatrice. Elles doivent être solidaires entre elles, et avec les migrants, et unir leurs luttes contre le système néolibéral à l’origine de leurs malheurs.</p>



<p><em>* Professeur honoraire à l&rsquo;Université Lyon 2</em>, <em>président du Haut conseil de Timbuktu University. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="t5QpDmeIWC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/30/lemigration-maghrebine-et-la-politique-europeenne-des-visas/">L&rsquo;émigration maghrébine et la politique européenne des visas</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;émigration maghrébine et la politique européenne des visas » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/30/lemigration-maghrebine-et-la-politique-europeenne-des-visas/embed/#?secret=YNsGr57qqd#?secret=t5QpDmeIWC" data-secret="t5QpDmeIWC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/migration-le-nord-neo-liberal-dresse-les-victimes-les-unes-contre-les-autres/">Migration : le Nord néo-libéral dresse les victimes les unes contre les autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/migration-le-nord-neo-liberal-dresse-les-victimes-les-unes-contre-les-autres/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>4</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pour rendre justice à Sophie Bessis : un hommage académique à la hauteur de son œuvre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/27/pour-rendre-justice-a-sophie-bessis-un-hommage-academique-a-la-hauteur-de-son-oeuvre/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/27/pour-rendre-justice-a-sophie-bessis-un-hommage-academique-a-la-hauteur-de-son-oeuvre/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Dec 2022 06:36:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Sophie Bessis]]></category>
		<category><![CDATA[tunisianité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=5833207</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par son parcours et son œuvre, Sophie Bessis a sa place à Beït Al-Hikma et dans les meilleures institutions de son pays, la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/27/pour-rendre-justice-a-sophie-bessis-un-hommage-academique-a-la-hauteur-de-son-oeuvre/">Pour rendre justice à Sophie Bessis : un hommage académique à la hauteur de son œuvre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En abordant divers sujets, et en dépit de son attachement à l’universalité de l’humain et de ses droits que je partage avec elle, Sophie Bessis revendique sa tunisianité que ce soit à travers les exemples sur lesquels elle s’appuie pour étayer ses analyses ou en prenant explicitement position en tant que tunisienne ou arabe.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Chérif Ferjani </strong>*</p>



<span id="more-5833207"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>


<p>Sophie Bessis a obtenu son agrégation en histoire en 1972. Elle aurait pu intégrer la jeune université tunisienne, à l’instar de ses camarades de promotion et des promotions suivantes. Hélas&nbsp;! Les autorités de son pays ne lui ont pas donné cette chance&nbsp;! Etait-ce à cause de ses origines juives, de ses engagements communistes, ou les deux à la fois&nbsp;? Comment ne pas y penser&nbsp;alors qu’elle n’était pas moins méritante que ses camarades, à qui toutes les portes ont été ouvertes, et que l’université tunisienne avait tellement besoin de d’enseignants-chercheurs qu’elle recourrait, jusqu’aux années 1980 et même après, à des coopérants de divers pays ?</p>



<p>Evoquant dans son livre <em>Dedans-dehors </em>(Tunis, Elyzad,&nbsp;2010), ce manque de reconnaissance en raison de ses origines et de ses engagements peu au goût des chantres des identités exclusives, elle n’en garde aucune amertume, aucun ressentiment. Au contraire, comme elle le dit à ses ami(e)s, dont j’ai l’honneur de faire partie, ce refus lui <em>«a permis de mener une vie d’électron libre, de parcourir le monde hors des sentiers majoritaires et des institutions»</em>. Elle ne demande rien à personne. Elle a eu un parcours riche de réussites personnelles, intellectuelles, scientifiques que peu ont connues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie au cœur</h2>



<p>Elle n’a jamais tourné le dos à son pays auquel elle est restée fidèlement attachée. Il est au cœur de ses recherches et de ses publications, comme en témoignent ses livres portant directement sur la Tunisie (<em>Habib Bourguiba (1901-1989)</em>, ouvrage écrit avec son amie Souhayr Belhassen, Paris, Jeune  Afrique, 1988-1990 ; réed. Elyzad, Tunis, 2012<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Bessis">, </a><em>Les Valeureuses : cinq Tunisiennes dans l&rsquo;histoire</em>, Tunis, Elyzad, 2017, <em>Histoire de la Tunisie : de Carthage à nos jours</em>, Paris, Tallandier, 2019). </p>



<p>De même, quand elle écrit sur le Maghreb et le monde arabe (<em>Femmes du Maghreb : l&rsquo;enjeu</em>, Paris, Jean-Claude Lattès, 1992, <em>Les Arabes, les femmes, la liberté</em>, Paris, Albin Michel, 2007), ou sur des thèmes qui paraissent éloignés de ses préoccupations tunisiennes : <em>L&rsquo;Arme alimentaire</em>, Paris, Maspero, 1979, <em>La Dernière frontière : les tiers-mondes et la tentation de l’Occident</em>, Paris, Jean-Claude Lattès, 1983, <em>Mille et une bouches : cuisines et identités culturelles</em>, Paris, Autrement, 1995, <em>L’Occident et les Autres : histoire d&rsquo;une suprématie</em>, Paris, La Découverte, 2003, <em>La Double impasse : l’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand</em>, Paris, La Découverte, coll. Cahiers libres, 2014, ou encore <em>Je vous écris d’une autre rive : lettre à Hannah Arendt</em>, Tunis,  Elyzad, 2021.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="clz9Dhwo1p"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/29/tunisie-_-sophie-bessis-ce-qua-fait-kais-saied-est-un-coup-de-force/">Tunisie _ Sophie Bessis : « Ce qu&rsquo;a fait Kais Saïed est un coup de force »</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie _ Sophie Bessis : « Ce qu&rsquo;a fait Kais Saïed est un coup de force » » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/29/tunisie-_-sophie-bessis-ce-qua-fait-kais-saied-est-un-coup-de-force/embed/#?secret=vOXhM1W0RY#?secret=clz9Dhwo1p" data-secret="clz9Dhwo1p" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’universalité de l’humain</h2>



<p>En abordant divers sujets, et en dépit de son attachement à l’universalité de l’humain et de ses droits que je partage avec elle, Sophie Bessis revendique sa tunisianité que ce soit à travers les exemples sur lesquels elle s’appuie pour étayer ses analyses (comme dans son livre <em>La Double impasse : l&rsquo;universel à l&rsquo;épreuve des fondamentalismes religieux et marchand</em>)ou en prenant explicitement position en tant que tunisienne ou arabe, comme en témoigne sa merveilleuse <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/19/dans-je-vous-ecris-dune-autre-rive-sophie-bessis-sinterroge-sur-le-devenir-du-monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lettre à Hannah Arendt </a></em>écrite de sa <em>«rive»</em> sud qu’elle oppose à la <em>«rive»</em> d’où écrit et parle Hannah Arendt. Il en est de même des conférences et des interventions qu’elle donne partout où elle est invitée en reconnaissance de sa compétence et de son expertise, des cours dispensés à la Sorbonne,  à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) ou à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).</p>



<p>Ses articles en tant que journaliste collaborant à divers magazines (comme <em>Jeune Afrique</em>) et dans la presse montrent également la centralité de la Tunisie et de son évolution dans ses préoccupations. Ses prises de position courageuses en faveur des libertés individuelles et collectives, <em>«pour tous et toutes sans frontières ni hiérarchies»</em>, précise-t-elle, des droits humains en général, des droits des femmes et des minorités, sont à l’origine des responsabilités et des missions qu’elle a assumées en tant que secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ou comme consultante pour l’Unesco et l&rsquo;Unicef, organismes pour lesquels elle a effectué de nombreuses missions en Afrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un hommage à la sauvette</h2>



<p>C’est à ce parcours et à ces contributions de Sophie Bessis que ses ami(e)s ont voulu rendre hommage en appelant à une rencontre à la Maison de Tunisie à Paris, le 9 décembre 2022, avant que les autorités tunisiennes n’interviennent pour la <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/06/tunisie-hommage-a-sophie-bessis-censure-a-paris/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">reporter <em>sine die</em></a><em> </em>en invoquant le motif fallacieux de <em>«contraintes d’ordre administratif et logistique»,</em> selon les termes d’un message laconique et honteux envoyé par les responsables de l’institution devant accueillir cet évènement, aux organisateurs. Ses ami(e)s à Paris ont voulu marquer le coup en organisant une rencontre à l’Institut des Cultures d&rsquo;Islam à Paris le 16 décembre 2022. C’est un geste louable pour lequel on ne peut que les remercier; mais Sophie Bessis mérite mieux qu’un hommage à la sauvette, loin de son pays.</p>



<p>Par son parcours et son œuvre, Sophie Bessis a sa place à Beït Al-Hikma et dans les meilleures institutions de son pays. Ses livres auraient dû et doivent être traduits en arabe et salués, comme il se doit, par les instances académiques et culturelles en Tunisie.</p>



<p>Même si Sophie Bessis n’a jamais rien demandé et refuse de demander quoi que ce soit, la Bibliothèque nationale, le Centre national de la traduction, la Fondation Beït Al-Hikma et les universités tunisiennes, dont en particulier les départements d’histoire, doivent saisir cette occasion pour relever le défi et rendre justice à Sophie Bessis et à son œuvre, en lui organisant des cérémonies d’hommage à la hauteur de ce qu’elle a donné au pays, à la recherche et à la vie culturelle en Tunisie et ailleurs.</p>



<p>Je salue, à cet égard, l’initiative de Nirvana Editions, de son directeur Hafedh Boujmil et de mon ami Nader Hammami pour la traduction en arabe de son livre <em>Histoire de la Tunisie&nbsp;: de Carthage à nos jours </em>qui sera bientôt dans les librairies.</p>



<p><em>* Professeur honoraire de l&rsquo;Université Lyon2, président du Haut conseil scientifique de Timbuktu Institute, African Center for Peace Studies.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/27/pour-rendre-justice-a-sophie-bessis-un-hommage-academique-a-la-hauteur-de-son-oeuvre/">Pour rendre justice à Sophie Bessis : un hommage académique à la hauteur de son œuvre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/27/pour-rendre-justice-a-sophie-bessis-un-hommage-academique-a-la-hauteur-de-son-oeuvre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>4</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie&#160;: Obligeons Kaïs Saïed à faire marche arrière&#160;! &#160;</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 12:03:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amin Mahfoudh]]></category>
		<category><![CDATA[Carl Schmitt]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hamadi Rédissi]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
		<category><![CDATA[référendum du 25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaïd]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=2006405</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tout doit être fait pour obliger Kaïs Saïed à faire marche arrière avant le référendum du 25 juillet sur la nouvelle constitution. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/">Tunisie&nbsp;: Obligeons Kaïs Saïed à faire marche arrière&nbsp;! &nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La mascarade politique a trop duré en Tunisie et il faudra y mettre fin avant le 25 juillet courant, date prévue pour le référendum sur la nouvelle constitution. Pour cela, tout doit être fait pour obliger Kaïs Saïed à faire marche arrière avant le référendum. Ce qui a été fait en 2013 pour faire échec à la constitution d&rsquo;Ennahdha doit servir de leçon à ce qui doit être fait aujourd’hui, en urgence.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Chérif Ferjani</strong> * </p>



<span id="more-2006405"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>


<p>Le processus d’élaboration d’une nouvelle constitution pour la Tunisie s’est terminé par deux coups de théâtre, trois semaines avant le référendum prévu pour son rejet ou son adoption&nbsp;:</p>



<p>&#8211; le camouflet que Kaïs Saied a infligé aux commissions mises en place par lui-même pour lui proposer un projet dans ce sens, en jetant à la poubelle le fruit de leur travail pour publier son propre projet de constitution;</p>



<p>&#8211; puis le désaveu opposé par Sadok Belaïd et Amin Mahfoudh, les principaux rédacteurs du projet refusé par Kaïs Saïed, en publiant leur projet et en dénonçant l’attitude du président à leur égard et à l’égard de leur commission.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau tournant tragi-comique</h2>



<p>Cette situation burlesque donne un nouveau tournant à la tragi-comédie que vit la Tunisie depuis la fin du règne de la dictature mafieuse de Ben Ali. Après une décennie marquée par l’amateurisme, l’incompétence, la corruption, le terrorisme et la volonté des islamistes d’imposer leur projet, transformant le pays et les deniers de l’Etat en butin spolié par leur confrérie et ses alliés, Kaïs Saïed a profité du rejet des islamistes pour poursuivre le démantèlement de l’Etat et de ses acquis afin d’instaurer une nouvelle dictature mariant populisme et nationalisme conservateur instrumentalisant à sa façon la religion.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="q7d0tWZVGv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/23/pour-que-le-espoirs-suscites-par-le-25-juillet-2021-ne-debouchent-pas-sur-un-nouveau-desenchantement/">Pour que le espoirs suscités par le 25 juillet 2021 ne débouchent pas sur un nouveau désenchantement</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour que le espoirs suscités par le 25 juillet 2021 ne débouchent pas sur un nouveau désenchantement » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/23/pour-que-le-espoirs-suscites-par-le-25-juillet-2021-ne-debouchent-pas-sur-un-nouveau-desenchantement/embed/#?secret=L8DR7Ns0K9#?secret=q7d0tWZVGv" data-secret="q7d0tWZVGv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les deux coups de théâtre de ce début du mois de juillet 2022, moins d’un an après le coup de force de Kaïs Saïed conduisant par la suite à la suspension de la constitution de 2014 et à la dissolution du parlement et de toutes les institutions pouvant limiter son projet de réunir entre ses mains tous les pouvoirs, montrent, à ceux qui en doutent encore, que le chef de l’Etat est déterminé à aller jusqu’au bout, et par tous les moyens, pour réaliser ce qu’il avait annoncé depuis son <em>«entrée par effraction»</em> en politique, selon l’expression de Hamadi Rédissi.</p>



<p>J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention sur le danger du projet de M. Saïed et sur les similitudes qu’il présente avec les conceptions du juriste conservateur <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/25/les-conceptions-de-letat-dexception-de-carl-schmitt-a-kais-saied/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Carl Schmitt</a> qui avait défendu le fascisme et servi le nazisme, avant de devenir une référence pour les populismes rejetant l’Etat de droit et la démocratie représentative. Son projet de constitution, et sa volonté de ne tenir aucun compte de tout avis qui n’est pas totalement conforme à ce qu’il veut, même quand il vient de ses plus proches collaborateurs et de ceux qui l’ont servi à l’instar de Sadok Belaïd et Amin Mahfoudh, montrent qu’il est déterminé à imposer son projet quel que soit le résultat du référendum.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cette mascarade n’a que trop duré</h2>



<p>Ce n’est ni une erreur ni un hasard si le texte de la nouvelle constitution publié dans le Jort le 30 juin prévoit l’entrée en vigueur de celle-ci dès la proclamation des résultats du référendum par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) qui est à la solde du palais de Carthage. Même si le NON l’emporte, il n’en tiendra pas compte.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mg9yL0D98T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/25/les-conceptions-de-letat-dexception-de-carl-schmitt-a-kais-saied/">Les conceptions de l&rsquo;état d&rsquo;exception de Carl Schmitt à Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les conceptions de l&rsquo;état d&rsquo;exception de Carl Schmitt à Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/25/les-conceptions-de-letat-dexception-de-carl-schmitt-a-kais-saied/embed/#?secret=wnyK26pLwJ#?secret=mg9yL0D98T" data-secret="mg9yL0D98T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il me semble que cette mascarade n’a que trop duré et qu’il faudra y mettre fin avant le 25 juillet. Pour cela, tout doit être fait pour obliger Kaïs Saïed à faire marche arrière avant le référendum. Ce qui a été fait en 2013 – à moitié, et ce fut une erreur –, pour mettre fin au règne de la Troïka conduite par le parti islamiste Ennahdha et de l’aventure de la constituante, doit servir d’exemple et de leçon à ce qui doit être fait aujourd’hui, en urgence.</p>



<p>La mobilisation la plus large des forces sociales et politiques attachées à la démocratie et aux objectifs de la révolution – société civile, organisations nationales (dont surtout l’UGTT et l’Utica), partis politiques s’opposant au projet de Kaïs Saïed tout en refusant le retour à l’avant 25 juillet 2021 et à l’avant 2011 –, doit déboucher rapidement sur la multiplications des actions et des pressions pour arrêter à temps une mascarade qui a déjà coûté trop cher au pays.</p>



<p>* <em>Professeur honoraire de l&rsquo;Université Lyon2, président du haut conseil scientifique de <a href="https://timbuktu-institute.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Timbuktu Institute, African Center for Peace Studies</a>. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/">Tunisie&nbsp;: Obligeons Kaïs Saïed à faire marche arrière&nbsp;! &nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>8</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Retour triomphal des Talibans et illusions des libérations imposées</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/17/retour-triomphal-des-talibans-et-illusions-des-liberations-imposees/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/17/retour-triomphal-des-talibans-et-illusions-des-liberations-imposees/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Aug 2021 11:29:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Qaïda]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Kaboul]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Oussama Ben Laden]]></category>
		<category><![CDATA[Talibans]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=359681</guid>

					<description><![CDATA[<p>S’il y a une leçon à tirer du drame de l&#8217;Afghanistan, abandonné à son sort par les Etats-Unis, c’est que l’ennemi d’un ennemi n’est pas forcément un ami et qu’une «libération» imposée par une force d’oppression, intérieure ou extérieure, ne peut qu’engendrer un nouvel asservissement. Les sociétés ne peuvent se libérer que par leurs propres...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/17/retour-triomphal-des-talibans-et-illusions-des-liberations-imposees/">Retour triomphal des Talibans et illusions des libérations imposées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Talibans-Kaboul.jpg" alt="" class="wp-image-359684"/><figcaption><em>Les Talibans sont entrés dans un Kaboul qui leur était&#8230; offert par les Etats-Unis. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>S’il y a une leçon à tirer du drame de l&rsquo;Afghanistan, abandonné à son sort par les Etats-Unis, c’est que l’ennemi d’un ennemi n’est pas forcément un ami et qu’une «libération» imposée par une force d’oppression, intérieure ou extérieure, ne peut qu’engendrer un nouvel asservissement. Les sociétés ne peuvent se libérer que par leurs propres luttes contre leurs ennemis intérieurs et/ou extérieurs.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Chérif Ferjani </strong>*</p>



<span id="more-359681"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>



<p>Les Etats-Unis, avec la collaboration de leurs amis saoudiens et pakistanais, et en mettant à contribution les réseaux terroristes islamistes financés et dirigés par leur protégé Oussama Ben Laden avant qu’il ne se retournât contre eux suite à l’invasion de l’Irak, ont créé les Talibans pour les instrumentaliser dans leur compétition avec l’URSS dont l’armée a occupé l’Afghanistan de 1979 à 1989. Ils les présentaient alors comme des <em>«combattants de la liberté»</em> en soutenant leur conquête du pouvoir contre d’autres groupes qui combattaient l’occupation soviétique et le régime de Najibullah.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Fiasco de l&rsquo;intervention américaine et retour triomphal des Talibans</h3>



<p>L’attitude des Etats-Unis n’a changé qu’après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, à New York et Washington. Les groupes affiliés à Al-Qaïda, dirigés par Ben Laden et protégés par les Talibans au pouvoir à Kaboul, ont revendiqué ces attentats visant à punir les crimes de l’armée américaine en Irak et dans d’autres pays musulmans. Les Talibans sont devenus alors, du jour au lendemain, des terroristes qu’il fallait chasser du pouvoir pour installer à leur place un gouvernement imposé, comme en Irak, par la force des armes.</p>



<p>Vingt ans après, le fiasco de leur intervention contribue aujourd’hui au retour triomphal des Talibans à Kaboul en libérateurs du pays qu’ils avaient soumis à leur tyrannie pendant plus d’une décennie à la fin du 20e siècle. Les troupes américaines et leurs protégés sont défaits comme au Vietnam en 1975, abandonnant lâchement le pays et sa population à des hordes sanguinaires et obscurantistes dont tout le monde connaît les conceptions et les méthodes.</p>



<p>Encore une fois, la démocratie et les droits humains, qui ont servi d’alibi à toutes les interventions criminelles des Etats-Unis partout – au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, dans plusieurs pays asiatiques, africains et latino-américains –, auront du mal à séduire les peuples qui n’ont récolté de ces interventions que l’oppression, les crimes de guerre, la misère et le soutien à des traîtres corrompus au service de leurs maîtres.</p>



<p>Celles et ceux qui ont cru que l’intervention américaine allait apporter aux Afghan(e)s, la liberté, la démocratie et la promotion des droits humains auront beaucoup de mal à se remettre de leurs illusions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une <em>«libération»</em> ne saurait être imposée par une force d’oppression</h3>



<p>En attendant, les Afghan(e)s auront à affronter les conséquences du retour triomphal de leur oppresseurs d’hier, les Talibans, en comptant d’abord sur leurs propres forces et sur le soutien de celles et ceux qui, partout dans le monde, se sont toujours opposé(e)s aux interventions des Etats-Unis, de l’URSS, de la France, de l’Angleterre et de toutes les puissances internationales et/ou régionales en compétition pour assoir leur hégémonie et faire valoir leurs intérêts.</p>



<p>S’il y a une leçon à tirer des drames vécus par le peuple afghan depuis l’intervention soviétique en 1979, c’est que l’ennemi d’un ennemi n’est pas forcément un ami et qu’une <em>«libération»</em> imposée par une force d’oppression, intérieure ou extérieure, ne peut qu’engendrer un nouvel asservissement. Les sociétés ne peuvent se libérer que par leurs propres luttes contre leurs ennemis intérieurs et/ou extérieurs.</p>



<p>* <em>Professeur honoraire de l’Université Lyon2, président du Haut conseil scientifique de Timbuktu Institute For Peace Studies.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1tkgegO8Ti"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/12/appel-a-la-direction-de-lugtt-pour-que-le-tournant-du-25-juillet-2021-profite-a-la-democratie-en-tunisie/">Appel à la direction de l’UGTT : Pour que le tournant du 25 juillet 2021 profite à la démocratie en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Appel à la direction de l’UGTT : Pour que le tournant du 25 juillet 2021 profite à la démocratie en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/12/appel-a-la-direction-de-lugtt-pour-que-le-tournant-du-25-juillet-2021-profite-a-la-democratie-en-tunisie/embed/#?secret=vUatzlpWog#?secret=1tkgegO8Ti" data-secret="1tkgegO8Ti" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MufYzubjGe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/26/tunisie-pour-eviter-la-guerre-civile-et-le-scenario-egyptien/">Tunisie : Pour éviter la guerre civile et le scénario égyptien</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Pour éviter la guerre civile et le scénario égyptien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/26/tunisie-pour-eviter-la-guerre-civile-et-le-scenario-egyptien/embed/#?secret=9bsenJObIu#?secret=MufYzubjGe" data-secret="MufYzubjGe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZXsOeJXCUp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/23/petit-rappel-a-ceux-qui-croient-pouvoir-dompter-lislam-politique-par-des-compromis/">Petit rappel à ceux qui croient pouvoir dompter l’islam politique par des compromis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Petit rappel à ceux qui croient pouvoir dompter l’islam politique par des compromis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/23/petit-rappel-a-ceux-qui-croient-pouvoir-dompter-lislam-politique-par-des-compromis/embed/#?secret=Yy51Vz1oeR#?secret=ZXsOeJXCUp" data-secret="ZXsOeJXCUp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/17/retour-triomphal-des-talibans-et-illusions-des-liberations-imposees/">Retour triomphal des Talibans et illusions des libérations imposées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/17/retour-triomphal-des-talibans-et-illusions-des-liberations-imposees/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>In memoriam : Gilbert Naccache et le besoin de l’esprit «Perspectives»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/06/in-memoriam-gilbert-naccache-et-le-besoin-de-lesprit-perspectives/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/06/in-memoriam-gilbert-naccache-et-le-besoin-de-lesprit-perspectives/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 07:42:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[‘‘Prisonnier dans mon pays’’]]></category>
		<category><![CDATA[Borj Erroumi]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Ben Haj Yahya]]></category>
		<category><![CDATA[gauche tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[groupe «Perspectives»]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Ben Khedher]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=330985</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avant de nous quitter avec son lot d’épreuves qui laisseront dans les mémoires leurs traces indélébiles, l’année 2020 a fini par emporter avec elle l’un des plus illustres symboles de la gauche tunisienne depuis les années soixante, Gilbert Naccache. Par Nader Hammami (traduit de l’arabe par Tahar Ben Meftah) Personnellement, je ne fais pas partie...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/06/in-memoriam-gilbert-naccache-et-le-besoin-de-lesprit-perspectives/">In memoriam : Gilbert Naccache et le besoin de l’esprit «Perspectives»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/12/Gilbert-Naccache.jpg" alt="" class="wp-image-329785"/></figure>



<p><strong><em>Avant de nous quitter avec son lot d’épreuves qui laisseront dans les mémoires leurs traces indélébiles, l’année 2020 a fini par emporter avec elle l’un des plus illustres symboles de la gauche tunisienne depuis les années soixante, Gilbert Naccache.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Nader Hammami</strong> (<em>traduit de l’arabe par</em> <strong>Tahar Ben Meftah</strong>)</p>



<span id="more-330985"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Nader-Hammami.jpg" alt="" class="wp-image-330986"/></figure></div>



<p>Personnellement, je ne fais pas partie des adeptes des commémorations où se mêlent les voix de ceux qui partagent les valeurs de liberté, de justice sociale et de refus des discriminations et de ceux qui ne partagent pas ces revendications constitutives du credo de la gauche tunisienne. Les oraisons funèbres sont devenues une pratique malheureusement si courante qu’elles ne suscitent plus ni l’étonnement ni la réprobation. Et ces tentatives éhontées de complaisance, de récupération ou d’opportunisme médiatique font désormais partie de notre paysage.</p>



<p>Si l’on considère que la mort est inévitable, on ne peut qu’admettre que Gilbert soit mortel comme nous le sommes tous. L’être humain a toujours cherché en vain <em>«l’arbre de l’éternité et un royaume infini»</em>, tel Moïse frappant de son bâton le Prince de la Mort et ne réussissant qu’à l’éborgner, ou Gilgamesh tentant de tuer la mort sans y parvenir. Car la mort a toujours fait partie de la vie, lui donnant un sens qu’elle n’aurait pas autrement et sauvant de l’absurde nos actes et notre vie. La mort a de fait des avantages que nous devons lui reconnaître humblement.</p>



<p>Ecoute un peu les médias! Regarde les photos ici ou là ! Lis ce qui a été écrit et diffusé ! Tu auras l’impression qu’il s’agit d’une page tournée, que l’oubli maudit et les mémoires courtes ont définitivement effacé. Des noms de jeunes qui ont défié le temps, à la manière des Sept dormants, pour donner lieu à une légende inouïe; des jeunes habités par le rêve d’une Tunisie libre, pour laquelle ils ont sacrifié les plus belles années de leur vie sans attendre ni récompense ni remerciements.</p>



<h3 class="wp-block-heading">«L’esprit Perspectives» plutôt que ses références idéologiques</h3>



<p>La mort de Gilbert a fait ressurgir dans l’espace public le nom de «Perspectives-Le Travailleur Tunisien», nous amenant à revisiter, peut-être, une des plus profondes expériences de la Tunisie au lendemain de l’indépendance. Ce regain d’intérêt n’induit pas pour nous cependant une réflexion sur le bilan de cette expérience et sur les divergences apparues entre les différentes composantes de la gauche tunisienne depuis le milieu des années soixante jusqu’au début des années quatre-vingt. Ce qui nous interpelle c’est <em>«l’esprit Perspectives»</em> plutôt que les références idéologiques ou les aspirations politiques.</p>



<p>Dis ce que bon te semble de ceux qui ont adhéré à Perspectives et des combats qu’ils menaient contre des moulins à vent, qui font terriblement penser celles et ceux qui connaissent leurs écrits et leurs parcours dans la clandestinité et en prison, aux guéguerres de Don Quichotte.</p>



<p>Tu peux palabrer autant que tu veux sur leurs débats défiant toute logique alors qu’ils étaient entre les murs des cachots, subissant les affres de la torture qu’ils semblaient narguer. Tu peux évoquer à souhait une audace avoisinant le suicide dans leur affrontement du <em>«Léviathan»</em> incarné par le Parti unique et par l’Homme providentiel, qui s’était intronisé <em>«Père de la Nation tunisienne»</em> (Habib Bourguiba, Ndlr) qu’il aurait réunie alors qu’elle n’était qu’une poussière d’individus en proie à l’ignorance, la crasse et la variole, pour en devenir le chef absolu et éternel. Mais ces jeunes se dressèrent contre cet ordre des choses; ils furent alors exclus des rangs de la nation, accusés d’ingratitude, de refus de s’incliner devant l’impérative union. Ils ont fait choix de <em>«l’enfer»</em> de la liberté et de l’émancipation, tourné le dos aux certitudes froides et à la recherche de la tranquillité et de la préservation de soi à l’ombre du confort du renoncement.</p>



<p>Ces hommes qui ont choisi l’enfer de la liberté</p>



<p>Dis ce que tu veux de ceci et du reste. Mais tu ne seras pas indifférent à la lecture des récits de ces jeunes dans <em>‘‘La Gamelle et le Couffin’’</em>, traduction par Hajer Bouden de <em>‘‘Al-Habskaddhabwal-hayyyrawah’’,</em> de Fathi Ben Haj Yahya, dans<em> ‘‘Prison et Liberté’’</em> de Mohamed Chérif Ferjani, dans ‘‘Les lunettes de ma mère (Naddhârâtummî)’’ d’Ezzedine Hazgui, dans<em> ‘‘Le Voleur de tomates ou la prison m’a donné une vie supplémentaire’’</em> de Sadok Ben Mhenni, dans<em> ‘‘Prisonnier dans mon pays’’</em> de Mohamed Salah Fliss, dans <em>‘‘Cristal’’ </em>de Gilbert Naccache, et dans d’autres témoignages comme ceux de Noureddine Ben Khedher, Hachemi Troudi, Ammar Zemzemi et Ahmed Ben Othman. Dis ce que tu veux de tout cela; mais tu ne pourras pas nier qu’ils ont aimé ce pays comme personne, chacun à sa façon certes, mais ils l’ont aimé et lui ont sacrifié les années de leur jeunesse sans compter.</p>



<p>Durant les jours qui ont suivi la mort de Gilbert Naccache, nous avons vu défiler les noms de militants de «Perspectives», entendu répéter le nom de l’organisation, comme si la mort de «Papi» (nom par lequel ses camarades aimaient l’appeler), l’avait ressuscitée. Mais la question qui continue à me tarauder avec insistance est la suivante : Qu’est ce que nos jeunes savent aujourd’hui de cette organisation et de ses symboles ? Qu’ont fait les <em>«médias de l’éphémère»</em> pour rappeler à la mémoire ces luttes et les enjeux de cette étape difficile de l’histoire de la Tunisie indépendante ? Trouvons-nous dans nos programmes scolaires, à quelque niveau que ce soit, un thème, un texte ou même un seul passage qui puisse susciter l’intérêt de nos élèves et étudiants pour cette période cruciale qu’on semble vouloir ensevelir définitivement dans les épaisseurs de l’oubli ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Soustraire la Tunisie à la chape des codes contraignants</h3>



<p>Il est pourtant légitime de se poser la question de savoir ce que les jeunes d’aujourd’hui pourraient apprendre des écrits du groupe <em>«Perspectives»</em> et ce qu’ils garderaient de cette expérience. On a le droit de se poser cette question tant qu’on n’a pas encore lu !</p>



<p>Alors lis !</p>



<p>Si tu es un amateur de textes transpirant la haine, l’envie, le désir de vengeance et de règlement de comptes, les fausses larmes, la guigne ou les lamentations, alors n’ouvre aucun des livres du groupe <em>«Perspectives»</em>; tu n’y trouveras rien de cela. Si tu cherches dans les pages du passé des armes pour démolir les fondements de l’Etat tunisien indépendant, dont l’enseignement ou les droits des femmes, je te conseille d’aller voir ailleurs. Si même tu es animé par le désir d’assouvir ta haine des bourreaux et des geôliers, passe ton chemin car tu ne trouveras rien qui puisse satisfaire ta quête et tu en reviendras avec ta soif. C’est là le premier grand enseignement: celui dont le cœur est habité par la haine ne peut aimer rien ni personne.</p>



<p>Mais la leçon est encore plus profonde : assumer la responsabilité d’un choix. Ils avaient choisi leur voie par conviction et par volonté. Ils auraient pu faire preuve d’indifférence, laisser tomber, et opter pour une vie paisible dans une Tunisie qui fit le choix de l’ouverture, au début des années soixante-dix, pour devenir une destination touristique où affluaient de beaux visages du monde entier; une Tunisie ouvrant largement ses bras aux grandes festivités de musiques et de chants éternels et où la libération superficielle des mœurs s’était élargie à la dimension des pantalons «pattes d’éléphants». Ils auraient pu scruter avec des yeux fascinés par les mini-jupes de belles jeunes filles, découvrant des jambes libérées de toutes les chaines du conservatisme, et soustrayant la Tunisie à la chape des codes contraignants venus d’un orient à la fois proche et lointain.</p>



<p>Les écrits de ces jeunes étaient pétris de modestie et débarrassés de tout narcissisme; tu n’y trouveras aucun signe de glorification qui, pourtant, serait justifiée. Une profonde pudeur imprègne les textes et les témoignages, évitant par-dessus tout le moindre signe d’autocélébration. Ainsi les scènes de torture sont-elles peintes avec humour et légèreté, faisant sourire le lecteur tout en arrachant une larme aux plus endurcis. Ton esprit s’évade alors dans les caves de l’antique Borj Erroumi et les cellules de la tristement célèbre Prison du 9-Avril, imaginant les tambourinades sur les portes des cellules et éprouvant presque physiquement l’humidité suintant des murs. Tu te surprends à rire des blagues entendues ici ou là, entre un coup de pied et un coup de poing; tu entrevois même le <em>«couffin»</em> ou la gamelle, et te parviennent, lancinants, les chants des nuits glaciales ou étouffantes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’accord sans faille sur les grands principes</h3>



<p>Parmi les enseignements de l’expérience, on découvre que les divergences sont possibles, voire parfois nécessaires; mais reste, par-dessus tout, l’accord sans faille sur les grands principes : la liberté et la justice sociale. Il est en effet normal que les trajectoires puissent bifurquer; mais elles demeurent des divergences de voies dont les enjeux ne relèvent pas d’intérêts subjectifs ou égoïstes. Les différends existent encore, jusqu’à aujourd’hui, mais sans l’intention de nuire les uns aux autres. Dans cette expérience, il y a une grandeur morale qui s’élève au dessus des petitesses et du <em>«pragmatisme à deux sous»</em>; même s’il leur arrive de se taxer réciproquement d’extrémisme ou de révisionnisme, ou s’ils en viennent à de profondes oppositions.</p>



<p>Ce que l’on peut retenir également de l’expérience des jeunes perspectivistes et de leurs écrits, c’est leur foi inébranlable dans l’avenir et la certitude que cet avenir sera porteur d’espoir pour une humanité plus solidaire. Cette génération n’a jamais cessé de lire et d’apprendre malgré les contraintes de l’engagement dans le combat politique; ils n’y ont jamais vu un frein à l’acquisition des savoirs et à l’approfondissement des connaissances. Pour eux, se former intellectuellement, en continu, permet de ne pas sombrer dans l’ignorance, synonyme d’abdication et de défaite.</p>



<p>Les témoignages relatifs aux nombreux débats idéologiques et philosophiques en prison, à la nécessité vitale de lecture, à la poursuite des études tout en réclamant les droits politiques, sociaux, économiques et civiques, en sont la parfaite illustration.</p>



<p>Ce que cette expérience doit nous laisser en mémoire, et notamment dans la mémoire de notre jeunesse, c’est l’enracinement des membres du Groupe Perspectives dans cette terre de Tunisie dont ils sont restés le vrai sel, bien que beaucoup d’entre eux aient parcouru tous les coins du monde, à l’est comme à l’ouest.</p>



<p>Telle est l’âme de «Perspectives». Et si nous pouvons, peut-être; nous passer de l’organisation historique, vieille désormais de plus d’un demi-siècle, nous avons un besoin urgent de son esprit et des enseignements indispensables de son expérience pour la Tunisie et pour son avenir.</p>



<p>* <em>Maître assistant, Université de Carthage.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MqeGhULzxc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/26/gilbert-naccache-esperait-laisser-un-monde-meilleur/">«Gilbert Naccache espérait laisser un monde meilleur»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Gilbert Naccache espérait laisser un monde meilleur» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/26/gilbert-naccache-esperait-laisser-un-monde-meilleur/embed/#?secret=a7vnvbynTf#?secret=MqeGhULzxc" data-secret="MqeGhULzxc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/06/in-memoriam-gilbert-naccache-et-le-besoin-de-lesprit-perspectives/">In memoriam : Gilbert Naccache et le besoin de l’esprit «Perspectives»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/06/in-memoriam-gilbert-naccache-et-le-besoin-de-lesprit-perspectives/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Roman : ‘‘Adieu maman !’’ de Tahar Ben Meftah ou la vie sur le fil du rasoir</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/15/roman-adieu-maman-de-tahar-ben-meftah-ou-la-vie-sur-le-fil-du-rasoir/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/15/roman-adieu-maman-de-tahar-ben-meftah-ou-la-vie-sur-le-fil-du-rasoir/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2020 09:43:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Ben Meftah]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=324610</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans son roman ‘‘Adieu maman ! Redites-moi la vie’’, Tahar Ben Meftah déploie les couleurs contrastées d’une vie dans laquelle nous pouvons nous reconnaître même si nous n’avons pas connu les épreuves de l’exil. Par Mohamed Chérif Ferjani * Tahar Ben Meftah, professeur certifié de français et chargé de cours en langue et littérature arabe...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/15/roman-adieu-maman-de-tahar-ben-meftah-ou-la-vie-sur-le-fil-du-rasoir/">Roman : ‘‘Adieu maman !’’ de Tahar Ben Meftah ou la vie sur le fil du rasoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Tahar-Ben-Meftah.jpg" alt="" class="wp-image-324612"/></figure>



<p><strong><em>Dans son roman ‘‘Adieu maman ! Redites-moi la vie’’, Tahar Ben Meftah déploie les couleurs contrastées d’une vie dans laquelle nous pouvons nous reconnaître même si nous n’avons pas connu les épreuves de l’exil.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Chérif Ferjani</strong> *</p>



<span id="more-324610"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>



<p>Tahar Ben Meftah, professeur certifié de français et chargé de cours en langue et littérature arabe aux universités de Lyon, docteur de l’Université Lumière-Lyon2 &#8211; en langue, littérature et civilisation françaises (1989) et en langue, littérature et civilisation arabes (2010), vient de publier aux éditions Nirvana, à Tunis, un roman qui doit beaucoup à sa vie à Lyon depuis 1976.</p>



<p>Farouk, un Tunisien parti en France après avoir décroché son bac, contre toute attente, pour y faire des études de droit, rencontre Sonia, une Polonaise, elle aussi exilée à la recherche d’une vie plus libre que celle que pouvait lui offrir son pays. Ils partagent un amour qui leur donne deux enfants; la vie rêvée pour deux exilés qui se sont arrachés à leur terre natale pour réaliser leurs espoirs ! Hélas ! Le sort en décide autrement !</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’issue fatale d’une impossible rencontre</h3>



<p>L’amertume née de l’échec au concours d’accès à la profession d’avocat pèse sur la vie de la petite famille. Sonia décide de partir dans l’espoir de retrouvailles plus heureuses; Farouk en est meurtri. Quand elle revient chercher ses affaires, Farouk ne supporte pas la perspective de se retrouver seul, sans son amour et ses enfants. Il opte pour un choix tragique.</p>



<p>D’aucuns auraient trouvé là l’issue fatale de l’impossible rencontre entre deux univers : le Nord et le Sud, l’Occident et l’Orient; une illustration de l’impossible entente entre les cultures et les civilisations dont les prophéties de malheurs annoncent le clash inévitable.</p>



<p>Tahar Ben Meftah préfère inscrire ce drame dans le tragique de la condition humaine. Il en fait un roman qu’il veut comme une <em>«chronique d’une génération qui a tenté de traverser la vie sur le fil du rasoir, entre deux histoires, deux lieux et deux injonctions impossibles à concilier : une immense envie d’aimer la vie jusqu’à l’outrance et une impossible libération d’une Histoire marquée au fer rouge.»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Des destins liés aux migrations contemporaines</h3>



<p>La quête du sens d’un drame nous conduit des fins fonds de la Tunisie numide dans laquelle Farouk cherche ses racines, et des confins de la Pologne natale de Sonia, aux rives du Rhône et à la capitale des Gaules où se rencontrent et finissent les principaux personnages de la tragédie, en passant par les méandres de deux trajectoires de vie qui témoignent des destins liés aux migrations contemporaines.</p>



<p>L’intervention d’autres personnages – la maman de Farouk dont le rôle est fondamental dans la vie de son fils, l’entourage deson enfance et de sa jeunesse en Tunisie, ses amis à Lyon, les voisins dans l’immeuble de la banlieue lyonnaise, etc. – donnent au roman de Tahar Ben Meftah les couleurs contrastées d’une vie dans laquelle nous pouvons nous reconnaître même si nous n’avons pas connu les épreuves de l’exil. Je préfère ne pas en dire plus pour vous laisser découvrir un roman très agréable à lire et très bien écrit.</p>



<p><strong><em>‘‘Adieu maman ! Redites-moi la vie’’, roman de Tahar Ben Meftah, éditions Nirvana, Tunis, 2020.</em></strong></p>



<p><em>* Professeur honoraire de l’Université Lyon2, président du Haut conseil scientifique de Timbuktu Institute, African Center for Peace Studies.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/15/roman-adieu-maman-de-tahar-ben-meftah-ou-la-vie-sur-le-fil-du-rasoir/">Roman : ‘‘Adieu maman !’’ de Tahar Ben Meftah ou la vie sur le fil du rasoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/15/roman-adieu-maman-de-tahar-ben-meftah-ou-la-vie-sur-le-fil-du-rasoir/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
