<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Moktar Lamari - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/moktar-lamari/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/moktar-lamari/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Wed, 15 Jul 2026 09:08:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.1</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Moktar Lamari - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/moktar-lamari/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Euro Bonds &#124; La douloureuse facture que payent les Tunisiens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/15/euro-bonds-la-douloureuse-facture-que-payent-les-tunisiens/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/15/euro-bonds-la-douloureuse-facture-que-payent-les-tunisiens/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 08:40:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[dette extérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Euro Bonds]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19229301</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Tunisie règle son dernier grand eurobond international : 700 millions d’euros levés en 2019 à 6,375 % sur sept ans. Une perte sèche... </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/15/euro-bonds-la-douloureuse-facture-que-payent-les-tunisiens/">Euro Bonds | La douloureuse facture que payent les Tunisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mercredi 15 juillet 2026, la Tunisie règle son dernier grand eurobond international : 700 millions d’euros levés en 2019 à 6,375 % sur sept ans («Euro Bonds – 7 ans – 6,375 % – 700 M€ Reg S – 15/07/2026»). Les communiqués officiels célèbrent une «page qui se tourne», une «discipline financière retrouvée», une «fin de cycle». La communication, elle, ferme le dossier. L’arithmétique financière, en revanche, le rouvre et en fait un autre constat chiffré. Allumez donc votre calculatrice…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari </strong>*</p>



<span id="more-19229301"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Un vieux proverbe tunisien résume admirablement la situation : <em>«Elli yakhod bel elkilo, yerja’ bel qentar»</em> — qui emprunte en kilo rembourse en quintal. Encore faut-il vérifier si le dicton résiste aux chiffres. Il les supporte remarquablement bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier constat : même le montant du remboursement final raconte une histoire. Deux chiffres circulent depuis plusieurs jours. La plupart des médias évoquent une facture globale d’environ 2,3 milliards de dinars, intérêts compris. À l’inverse, le calendrier officiel de la dette, repris par Ilboursa, distingue 2 350 millions de dinars (MDT) de principal et 150 MDT d’intérêts, soit 2,5 milliards de dinars au total. L’écart atteint près de 200 MDT, soit environ 8 %. Ce n’est pas une querelle de décimales : c’est l’équivalent du financement de plusieurs hôpitaux de proximité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le coût réel de l’emprunt</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le calcul permet pourtant de départager les versions. Si 700 millions d’euros correspondent à 2 350 MDT, le taux de change implicite est d’environ 3,357 dinars pour un euro. Un coupon annuel de 6,375 % représente alors 44,625 millions d’euros, soit très exactement 150 MDT. L’arithmétique donne donc raison au calendrier détaillé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre de 2,3 milliards relève vraisemblablement d’un arrondi commode ou d’une conversion effectuée à un autre cours. Ni mensonge ni manipulation, mais un arrondi institutionnel qui fait disparaître, au passage, deux cents millions de dinars. En comptabilité publique, les arrondis ont parfois le goût des tours de passe-passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le véritable sujet n’est pas le chèque signé ce mercredi. La vraie question est infiniment plus simple : combien cet emprunt a-t-il réellement coûté depuis 2019 ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse découle d’une formule élémentaire de finance obligataire (taux composé): Coût total = Principal + (Taux × Principal × Nombre d’années).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas présent : 700 M€ + (0,06375 × 700 × 7) = 1 012,375 milliard d’euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, la Tunisie n’a pas seulement remboursé 700 millions d’euros à l’échéance. Elle a également payé, pendant sept années, 44,625 millions d’euros d’intérêts annuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, la facture atteint un peu plus de 1,012 milliard d’euros, soit 312 millions d’euros d’intérêts, représentant près de 45 % du capital emprunté. Converti au cours actuel, cela représente environ 3,4 milliards de dinars déboursés pour un emprunt qui représentait environ 2,2 milliards de dinars lors de son émission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette n’a donc pas disparu : elle a simplement présenté l’addition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit officiel parle pourtant de <em>«clôture»</em>. Le mot mérite d’être examiné. Car on ne clôt pas une dette comme on clôt un dossier administratif. On ferme une ligne de financement, certes, mais on n’efface pas le coût économique qui l’a accompagnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus encore, cette sortie des marchés internationaux relève moins d’un choix souverain que d’une réalité moins flatteuse : depuis plusieurs années, la Tunisie éprouve les plus grandes difficultés à retrouver un accès normal aux marchés internationaux, notamment après l’enlisement des négociations avec le FMI.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les statistiques illustrent parfaitement ce déplacement du problème. La dette extérieure rapportée au PIB est effectivement passée d’environ 47,7 % en 2019 à près de 32 % en 2025. Mais, dans le même temps, l’endettement intérieur a explosé et l’encours total de la dette publique est passé d’environ 83 milliards à 141 milliards de dinars. La dette n’a donc pas disparu ; elle a simplement changé d’adresse. On ne rembourse pas une dette : on la fait déménager.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Report sur demain de la consommation d’aujourd’hui</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois questions demeurent alors soigneusement absentes des communiqués officiels. La première est sans doute la plus embarrassante : à quoi ces 700 millions d’euros ont-ils réellement servi ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est connue. Ils n’ont financé ni infrastructure majeure, ni centrale électrique, ni réseau ferroviaire, ni hôpital universitaire. Ils ont principalement couvert les besoins du budget courant dans une année électorale où les finances publiques étaient sous très forte tension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste Jean-Pierre Sereni résumait déjà cette logique d’une formule lapidaire : cet argent est <em>«parti en fumée»</em>. L’expression est sévère mais difficilement contestable : aucun actif productif identifiable n’est venu justifier un emprunt dont les générations futures continuent pourtant d’acquitter la facture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or toute la logique de la dette publique repose précisément sur cette distinction fondamentale : on peut légitimement emprunter pour investir ; emprunter pour financer des dépenses courantes revient simplement à reporter sur demain la consommation d’aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième question relève cette fois de la théorie financière. Quel rendement minimal cet emprunt aurait-il dû produire pour être économiquement neutre (couvrir ses coûts sans perte ou profit) ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La condition est classique : la valeur actuelle nette est nulle lorsque le taux de rentabilité interne est au moins égal au coût du capital. La formule s’écrit : Σ [CFₜ / (1 + r)ᵗ] = Investissement initial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Encore faut-il intégrer une variable que les commentaires omettent presque toujours : le risque de change. L’emprunt est libellé en euros tandis que les recettes publiques sont essentiellement perçues en dinars. Entre juillet 2019 et juillet 2026, le dinar est passé d’environ 3,16 à 3,36 dinars pour un euro, soit une dépréciation cumulée proche de 6,3 %, correspondant à environ 0,9 % par an.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût économique réel devient alors : r = (1 + 6,375 %) × (1 + 0,9 %) – 1 ≈ 7,33 % par an.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, tout investissement financé par cet emprunt devait produire au minimum 7,33 % de rendement annuel pendant sept ans pour simplement couvrir son coût financier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or la croissance moyenne de l’économie tunisienne entre 2019 et 2025 dépasse à peine 1 % par an, après la récession historique de –8,8 % en 2020. Même si les 700 millions avaient été intégralement investis dans un projet productif suivant la performance moyenne de l’économie nationale, le rendement serait resté très inférieur au seuil de rentabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi emprunter au marché et non au FMI ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le problème est plus profond encore : cet investissement n’a jamais réellement existé. Les fonds ont financé du fonctionnement courant. Le rendement économique est donc proche de zéro. La valeur actuelle nette n’est pas simplement négative : elle est lourdement déficitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin vient la troisième question, probablement la plus politique : combien cette opération aurait-elle coûté si la Tunisie avait emprunté auprès du FMI plutôt que sur les marchés internationaux ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prêts du FMI accordés dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit étaient généralement consentis à des taux compris entre 1 % et 2 %, avec une maturité plus longue et surtout une période de grâce de quatre ans et demi. Retenons un taux médian de 1,5 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le calcul est immédiat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au taux de l’eurobond : 700 × 6,375 % = 44,625 M€ d’intérêts par an.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au taux du FMI : 700 × 1,5 % = 10,5 M€.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écart atteint 34,125 millions d’euros par an, soit près de 239 millions d’euros sur sept ans, l’équivalent d’environ 800 millions de dinars aux cours actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce calcul ne tient même pas compte de l’avantage considérable qu’aurait procuré la période de grâce, qui aurait évité de concentrer en juillet 2026 un choc de liquidité de près de 2,5 milliards de dinars sur les réserves de change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi, dès lors, avoir préféré le marché au FMI ? Parce que les marchés prêtent cher mais sans imposer de réformes ; le FMI prête beaucoup moins cher mais exige des contreparties : maîtrise de la masse salariale publique, réforme des subventions, restructuration des entreprises publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus d’une décennie, les gouvernements successifs ont préféré acheter leur liberté de différer les réformes plutôt que de payer le prix politique de leur mise en œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’image est cruelle mais fidèle : c’est le choix de celui qui refuse une consultation chez le dentiste pour économiser une anesthésie locale, avant de finir quelques années plus tard à l’hôpital pour une extraction sous anesthésie générale, infiniment plus coûteuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’eurobond de 2019 n’est donc pas seulement une obligation arrivée à échéance. Il est le miroir d’une gouvernance où chaque échéance électorale a systématiquement prévalu sur chaque échéance financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, la dette publique est passée d’environ 83 milliards à 141 milliards de dinars, sans qu’apparaisse en contrepartie un patrimoine collectif à la hauteur de cet endettement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <em>«clôture»</em> célébrée cette semaine ressemble ainsi davantage à la fermeture d’un compte qu’à l’assainissement des finances publiques. Car une dette remboursée n’efface jamais les raisons pour lesquelles elle a été contractée. Elle ne fait que solder le passé. Les vraies questions, elles, restent ouvertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Blog de l’auteur :</strong> <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/15/euro-bonds-la-douloureuse-facture-que-payent-les-tunisiens/">Euro Bonds | La douloureuse facture que payent les Tunisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/15/euro-bonds-la-douloureuse-facture-que-payent-les-tunisiens/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 12:23:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Plan 2026-2030]]></category>
		<category><![CDATA[services]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19217914</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Tunisie est exposée à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation  en termes d'apprentissage technologique durable. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/">Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a une dissonance qui devrait faire tousser n’importe quel lecteur attentif du Plan de développement économique 2026-2030 : le discours officiel promet simultanément la «souveraineté économique», la «résilience aux chocs» et la «croissance durable» — et il organise, dans le même souffle, la fuite en avant vers un tertiaire de proximité, opportuniste pour l’investisseur privé, jetable au premier coup de vent. On ne bâtit pas une souveraineté sur des call centers et des applications de livraison. Une tertiarisation en trompe l’œil… </em></strong><em>(Photo : Que reste-t-il de l&rsquo;industrie industrialisante du tandem Bourguiba-Ben Salah ?)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-19217914"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">On ne construit pas de résilience avec des activités qui ferment en trois mois dès que la demande se contracte. Le Plan parle la langue de la solidité et finance la fragilité. C’est un texte qui se contredit lui-même, phrase après phrase, et qui ne le sait pas — ou pire, qui le sait très bien et préfère regarder ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 26-30 multiplie les pages sur l’écosystème numérique, le hub logistique, la destination touristique repositionnée. Il ne dit presque rien de l’industrie de transformation, de la valeur ajoutée manufacturière, de la R-D appliquée aux filières productives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un oubli technocratique, c’est un choix de facilité budgétaire et politique : les services ne demandent ni patience, ni vision territoriale pensée sur vingt ans, ni bras de fer avec des intérêts installés. Ils demandent un local, une connexion internet et une story sur LinkedIn.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : on habille en stratégie ce qui n’est, au fond, qu’une gestion comptable du court terme — un pari opportuniste sur des activités à faible engagement de capital, faciles à ouvrir, encore plus faciles à fermer, et qui laissent l’économie nationale à la merci du moindre choc externe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’industrie industrialisante à la rente de services</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut regarder les chiffres en face. Dans la décennie 1970, celle de Nouira et de l’ouverture au secteur privé après l’expérience collectiviste de Ben Salah, l’économie tunisienne se construisait encore autour de l’industrie manufacturière naissante — textile, habillement, cuir — qui concentrait, dès 1977, 54 % des investissements industriels et 87 % des emplois créés dans le secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services pesaient alors une part modeste du PIB, de l’ordre de 35 à 40 % selon les séries de la Banque mondiale, une proportion cohérente avec une économie encore agricole et en cours d’industrialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquante ans plus tard, cette proportion a explosé : le tertiaire — commerce, tourisme, transport, administration, finance — représente aujourd’hui autour de 60 % du PIB tunisien, quand l’industrie manufacturière stagne, comme en témoignent les publications récentes de l’INS où le secteur recule en glissement annuel pendant que l’hôtellerie-restauration bondit de plus de 8 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT confirme la tendance : ce sont l’agriculture et le tourisme qui <em>«sauvent»</em> la croissance, non l’appareil productif industriel. Ce basculement n’est pas une modernisation, c’est un vidage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’est pas devenue une économie de services sophistiqués comme l’Irlande ou l’Estonie ; elle est devenue une économie de services de rattrapage, qui comble par du commerce et de l’hôtellerie ce que l’industrie ne produit plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un travail récent publié sur <em>Les Échos</em>, éclaire crûment ce piège : tous les services ne se valent pas. Il y a les services de connaissance — TIC, ingénierie, services professionnels exportables — capables de générer des devises et de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales ; et il y a les services locaux — commerce, restauration, informel — qui créent de l’emploi sans transformer l’économie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces services de connaissance ne pèsent qu’environ 6 % du PIB tunisien, contre 15 à 17 % dans les économies européennes avancées, et n’emploient qu’une fraction marginale de la population active — au Maroc, comparateur régional habituel, ils ne mobilisent qu’environ 1,5 % des actifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même le tertiaire noble reste, chez nous, un village éphémère : brillant sur les réseaux sociaux, insignifiant dans la masse salariale et dans les recettes d’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste — l’écrasante majorité du tertiaire tunisien — n’est que de la redistribution locale de revenus déjà créés ailleurs, essentiellement par les transferts de la diaspora, le tourisme de masse et une agriculture climato-dépendante.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FJ8mNb3GH8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/embed/#?secret=CAMgyfvDlW#?secret=FJ8mNb3GH8" data-secret="FJ8mNb3GH8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq dissonances que le Plan 26-30 préfère ne pas voir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, le coût fixe d’entrée : un centre d’appel ou une plateforme de livraison s’ouvre avec quelques dizaines de milliers de dinars, quand une unité industrielle de taille moyenne — mécanique, agroalimentaire de transformation, chimie fine — exige des mises de fonds initiales dix à vingt fois supérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, la productivité : la valeur ajoutée par travailleur dans l’industrie manufacturière tunisienne dépasse structurellement celle des services locaux, précisément parce que l’industrie incorpore capital, machines et procédés, là où le service repose d’abord sur le geste humain répétitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, le délai de récupération de l’investissement : un commerce ou un service se rentabilise en quelques mois et se ferme tout aussi vite en cas de crise — d’où la vitesse de casse observée depuis 2011 dans le commerce de détail et l’informel, quand une usine, elle, engage un pari de dix à quinze ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrièmement, la consommation intermédiaire en technologie de pointe : l’industrie tire la demande de machines-outils, d’automatisation, de recherche appliquée, alors que le service tertiaire local consomme surtout du loyer et de la main-d’œuvre peu qualifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquièmement, le risque : le capital investi dans les services locaux est mobile, liquidable, réversible — celui englouti dans une chaîne de production industrielle est immobilisé, spécifique, sans valeur de revente en cas d’échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intensité capitalistique — le capital par travailleur — reste ainsi infiniment plus faible dans le tertiaire banal que dans l’industrie, ce qui explique que la tertiarisation crée vite des emplois précaires, jamais des emplois qui durent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces différences et leurs enjeux n’ont même pas été effleurés dans les débats parlementaires, fautes de de visions et de lectures économiques sérieuses et réfléchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre conséquences stratégiques que le Plan devrait assumer et qu’il élude&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; primo, une économie qui mise sur le tertiaire de proximité gonfle son PIB à court terme sans construire de chaînes d’approvisionnement nationales — elle importe ce qu’elle consomme et exporte peu&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; secundo, elle fabrique du chômage déguisé en activité : le vendeur ambulant et le livreur à moto sont statistiquement actifs, économiquement fragiles, et disparaissent des radars dès le premier choc — exactement le profil de vulnérabilité que rappelle la Direction générale du Trésor lorsqu’elle qualifie le modèle tunisien de <em>«particulièrement exposé aux chocs externes»&nbsp;</em>;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; tertio, elle perd la capacité d’entraînement intersectorielle propre à l’industrie — un atelier textile ou mécanique tire fournisseurs, sous-traitants, transporteurs, formateurs ; un salon de coiffure ne tire rien, un centre d’appel encore moins&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; quarto, elle expose le pays à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation — exactement le scénario que documentent les économies en développement comparables, du Maroc à l’Égypte, où l’insertion dans les services mondiaux se fait sans apprentissage technologique durable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’industrie industrialisante aux rentiers de la politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où la Tunisie avait une théorie. L’industrie industrialisante d’Ahmed Ben Salah, prolongée avec les nuances libérales d’Hédi Nouira sous Bourguiba, visait des pôles moteurs — sidérurgie, chimie, textile intégré — censés irriguer tout l’appareil productif et transformer une économie agricole en économie industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pouvait critiquer la méthode, l’étatisme, les excès de concentration régionale ; on ne pouvait nier l’ambition stratégique ni la cohérence doctrinale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision s’est éteinte sous Ben Ali (1987-2011), remplacée par une économie de rente, de façade exportatrice sans montée en gamme, et de capture progressive des filières porteuses par des cercles familiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, c’est pire encore : l’ère de l’islam politique et de ses alliances sommitales avec l’appareil d’État n’a produit aucune doctrine industrielle de substitution — seulement une gestion comptable de la pénurie, saupoudrée d’un discours sur le numérique et l’entrepreneuriat qui tient lieu, à moindres frais, de politique économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 hérite de ce vide et choisit de l’habiller en vertu : plutôt que de reconstruire l’escalator manufacturier, il vend le tapis roulant du tertiaire, plus doux sous le pied, mais qui ne mène nulle part et se dérobe au premier ralentissement de la demande européenne ou du tourisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit l’adage bien connu, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif — et l’on ne peut prétendre construire une économie souveraine avec des activités dont la première vertu, vantée par leurs promoteurs eux-mêmes, est de pouvoir se replier sans dommage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas de la résilience, c’est de la précarité érigée en modèle. Tant que le Plan n’assumera pas des choix stratégiques clairs — pôles industriels ciblés, R-D appliquée, intégration technologique, financement patient du capital productif —, il continuera de gérer la vitrine pendant que l’arrière-boutique, seule à créer une richesse qui dure, se vide un peu plus chaque année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Bloc de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/permalink/1540748877600590/">E4T</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vAJ3rsZZyh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/">Tunisie &#8211; Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/embed/#?secret=iQMYOrFD2x#?secret=vAJ3rsZZyh" data-secret="vAJ3rsZZyh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/">Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 10:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Hachani]]></category>
		<category><![CDATA[Fadhel Abdelkefi]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
		<category><![CDATA[Plan de Développement 2026-2030]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Abdelhafidh]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Sarra Zaafrani Zenzeri]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Chahed]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19199892</guid>

					<description><![CDATA[<p>Encore un plan de développement, semblables à ses prédécesseurs, en espérant une issue différente. La Tunisie avance... sur place. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie rejoue le même film (un autre Plan de développement) en espérant une issue différente. Ce jeudi 9 juillet 2026, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis à la plénière le rapport de synthèse sur le Plan de Développement 2026-2030. Un énième acte d’une pièce que plus personne ne regarde vraiment, tant on en connaît d’avance le dénouement : de grandes promesses au lever de rideau, un silence gêné à la fermeture.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19199892"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">On appelle ça, en psychologie de comptoir, la définition même de la folie : refaire toujours la même chose en espérant un résultat différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, on a simplement institutionnalisé la folie sous forme de planifications (triennale, ou quinquennale) que tout le monde sait que c’est un exercice de mobilisation de foule et une parade populiste dont les résultats sont connus d’avance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un casting de blablateurs recyclés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2016-2020, porté par Youssef Chahed, promettait 5% de croissance annuelle et 45 milliards de dinars d’investissements publics. Monsieur Chahed a quitté la Kasbah en 2020 sans jamais revenir devant les Tunisiens pour expliquer pourquoi la croissance réelle a plafonné sous les 2,5%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune conférence de presse de bilan, aucun mea culpa chiffré — juste un exil confortable et un mandat d’arrêt international pour d’autres motifs, pendant que le pays, lui, encaissait la facture de ses promesses non tenues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vient ensuite Najla Bouden, qui présente en janvier 2023 son Plan 2023-2025 : 2,1% de croissance moyenne, chômage à 14% en 2025, investissement à 17,8% du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Madame Bouden quitte ses fonctions en août 2023, remplacée par Ahmed Hachani, lui-même remplacé en mars 2025 par Sarra Zaâfrani Zenzeri — trois chefs de gouvernement pour un seul plan triennal, aucun n’étant resté assez longtemps pour répondre de son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat, en 2025 : chômage toujours calé autour de 15%, investissement public exsangue, dette publique à 82% du PIB. Personne n’a payé le prix politique de cet échec — la sanction, en Tunisie, ne s’applique jamais aux plans, seulement au peuple qui les subit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voici Madame Zaâfrani Zenzeri qui présente, elle, un Plan 2026-2030 affublé d’une méthodologie <em>«ascendante» </em>présentée comme révolutionnaire. Une nouveauté de façade pour emballer le même produit périmé : toujours aucune évaluation publique et chiffrée des trois plans précédents, toujours pas de responsable désigné, toujours pas de mea culpa. On change l’emballage, jamais la recette qui rate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre échecs, quatre responsables, et c&rsquo;est le peuple qui paie la facture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, l’absence d’évaluation ex post — un choix, pas un oubli. Ne jamais évaluer, c’est ne jamais devoir rendre de comptes. Le ministère de l’Économie et de la Planification, qui rédige plan après plan depuis dix ans, a suffisamment de compétences techniques pour produire un bilan rigoureux ; s’il ne le fait pas, c’est qu’aucun gouvernement successif n’a intérêt à ce que la lumière soit faite sur l’héritage de son prédécesseur — ni, in fine, sur le sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, des hypothèses de croissance gonflées sciemment pour vendre le plan au Parlement et aux bailleurs de fonds. Annoncer 5% quand on sait pertinemment que la structure de l’économie ne le permet pas n’est pas de l’optimisme, c’est de la présentation frauduleuse de résultats escomptés — un délit qui, dans une entreprise cotée, vaudrait une enquête du régulateur boursier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, des réformes structurelles promises et jamais engagées — code des marchés publics, réforme fiscale, modernisation administrative — recyclées de plan en plan comme un copier-coller PowerPoint que personne ne relit plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque ministre de l’Économie et de la Planification qui a occupé ce poste depuis 2016 — de Fadhel Abdelkefi à Samir Saïed jusqu’à Samir Abdelhafidh aujourd’hui — a eu ce même paragraphe sous les yeux et l’a simplement retapé, sans jamais exiger de ses collègues du gouvernement qu’ils rendent des comptes de son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quarto, une valse de chefs de gouvernement organisée comme une stratégie de dilution des responsabilités : quand un plan échoue sur trois ans mais que trois chefs de gouvernement différents se le partagent, personne n’est individuellement comptable — et c’est précisément ce flou organisationnel qui permet à chacun de partir la conscience tranquille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une planification sérieuse imposerait qu’aucun nouveau plan ne soit présenté au Parlement sans un rapport d’évaluation indépendant du précédent, publié et débattu en séance plénière avant le vote — pas après, jamais après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle imposerait que les ministres signataires d’un plan soient nommément identifiés comme responsables de sa non-exécution, avec obligation de comparution devant la commission des finances en fin de mandat. Elle imposerait enfin l’abandon des horizons lointains et vagues — 2030, 2035 — au profit d’engagements annuels vérifiables, sanctionnables, et donc réellement contraignants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois constats, sans complaisance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, les décideurs tunisiens ne rejouent pas la même erreur par incompétence — ils la rejouent parce que l’absence d’évaluation leur profite personnellement et politiquement : pas de bilan, pas de blâme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, chaque chef de gouvernement qui part avant l’échéance de son propre plan laisse une dette de redevabilité que le suivant n’a aucun intérêt à recouvrer, puisque lui-même compte partir avant l’heure des comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, tant que la sanction de l’échec continuera de retomber uniquement sur le pouvoir d’achat des Tunisiens et jamais sur la carrière de ceux qui signent ces plans, le cinquième acte de cette pièce, en 2031, ressemblera trait pour trait aux quatre précédents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit le proverbe : <em>«Idha kther el tabbakhine, el tabkha tahrek»</em> (Quand les cuisiniers se multiplient, le plat brûle).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, on a changé les cuisiniers plusieurs fois depuis 2016 sans jamais changer la recette — et le plat, lui, continue de brûler pendant que tout le monde regarde ailleurs. Ou souffler sur le feu… de l’insatisfaction sociale !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Blog de l’auteur</strong> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3kAilIHcC5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/">Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/embed/#?secret=hJBUFpBNKD#?secret=3kAilIHcC5" data-secret="3kAilIHcC5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La BCT navigue à vue &#124; Deux plans stratégiques, zéro indicateurs</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 10:32:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement extérieur]]></category>
		<category><![CDATA[Fethi Zouhaier Nouri]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[plans stratégiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19188813</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Tunisie raconte tout, sauf l'essentiel, en observant le silence sur beaucoup de sujets. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/">La BCT navigue à vue | Deux plans stratégiques, zéro indicateurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Tunisie est paru le 7 juillet 2026 — fait suffisamment rare pour être signalé, la BCT ayant pris l’habitude, depuis 2011, de le publier en septembre ou octobre. Cette fois, elle devance même l’échéance réglementaire du 20 juin. Un progrès de gouvernance ? Peut-être. Ou peut-être, une publication savamment calée avant le remboursement, une semaine plus tard, d’une obligation souveraine en euros de 750 millions —. Un rapport qui raconte tout, sauf l&rsquo;essentiel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19188813"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le millésime 2025 est un festival de bonnes nouvelles : croissance à 2,5% (contre 1,6% en 2024), chômage ramené à 15,2%, inflation en repli à 4,9% en glissement annuel — son plus bas niveau depuis 2017 —, taux directeur abaissé à 7% après deux baisses de 50 points de base, dette extérieure à long terme reculant de 47,5% à 39,5% du PIB, IDE en hausse de 30% à 3,5 milliards de dinars</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des silences assourdissants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouverneur Fethi Zouhaier Nouri navigue, dans son mot introductif, entre optimisme administré et satisfecit technique. Ce que Kapitalis résume avec justesse dans son second volet critique <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(<em>«Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences»</em></a>, 08/07/2026) : le paquebot avance, certes, mais avec une coque fissurée — dette élevée, dépendance extérieure, financement sous tension…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ni le gouverneur ni son rapport ne racontent, en revanche, c’est où en est la Banque Centrale par rapport à ses propres plans stratégiques — celui de 2019-2021 et celui de 2023-2025, aujourd’hui échu. Aucun bilan, aucun taux de réalisation, aucun indicateur chiffré comparant l’annoncé au réalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un silence d’autant plus assourdissant que ce même rapport 2018 (juin 2019), qui lançait le premier plan, promettait des <em>«objectifs Smart»</em> — spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et temporellement définis. Sept ans plus tard, on cherche encore le «M» de mesurable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre défaillances, un même diagnostic</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Primo, la défaillance sur la dette.</em></strong> Le rapport 2025 célèbre le recul du ratio de dette extérieure de huit points de PIB en un an. Mais cette embellie tient à l’appréciation du dinar face au dollar (+9,8% en 2025) et à la hausse conjoncturelle des IDE — deux variables externes, pas le fruit d’une stratégie de désendettement pilotée par un plan interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette publique globale, elle, stagne à 82,1% du PIB. Aucun des deux plans stratégiques n’affichait de cible chiffrée de réduction de l’endettement ; on ne peut donc juger d’aucune réussite, seulement constater une conjoncture favorable qu’on habille en performance institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Secundo, la défaillance sur la digitalisation.</em></strong> Les deux plans en faisaient un axe cardinal — TuniChèque, Open Banking, dispositif de management de l’innovation. Le rapport 2025 évoque, selon la synthèse de <em>Challenges TN</em>, <em>«une Banque Centrale qui mise sur le numérique et l’intelligence artificielle»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mise, certes. Mais avec quel taux d’adoption du paiement digital ? Quelle part de marché de l’Open Banking ? Aucun chiffre. On mise sans jamais dire combien on a gagné à la table.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Tertio, la défaillance sur l’inclusion financière</em></strong> — troisième pilier explicite du plan 2023-2025. Le rapport 2025 ne fournit aucun indicateur de bancarisation, aucun taux d’inclusion, aucune évolution de la population non bancarisée. Silence total sur l’objectif qu’on s’était pourtant donné en toutes lettres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quarto, la défaillance sur la modernisation des instruments monétaires.</em></strong> Le volume de refinancement bancaire reste à 11 594 millions de dinars fin 2025 (soit une moyenne annuelle de 12 763 millions), avec un pic à 15 120 millions en mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT demeure, pour reprendre l&rsquo;image de Kapitalis, <em>«la grande fontaine où viennent boire les banques»</em>. Sept ans de plans stratégiques successifs n’ont pas réduit la dépendance structurelle du système bancaire à la liquidité centrale — la modernisation promise reste, en ce sens, un mot sans mécanique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La souveraineté sous-traitée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici le paradoxe qui fâche vraiment. Le plan 2019-2021 n’est pas né dans un bureau tunisien isolé : il a été co-articulé dans le sillage d’une convention de coopération signée à Paris le 28 mars 2019 entre Marouane El Abassi et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France — convention couvrant précisément la politique monétaire et de change, la supervision bancaire, la finance digitale et l’inclusion financière <em>(source : Tustex, 02/04/2019 ; Rapport Annuel BCT 2018, juin 2019)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan 2023-2025, lui, a bénéficié de l’appui du projet GIZ <em>«Recap Composante BCT»</em>, explicitement dédié à soutenir <em>«certains projets stratégiques de la Banque Centrale de Tunisie»</em> dans le cadre du partenariat tuniso-allemand pour les réformes (Source&nbsp;: GIZ Tunisie).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : les deux architectures stratégiques qui devaient façonner l’avenir de l’institut d’émission tunisien ont été, chacune, tricotées avec l’assistance technique d’une puissance étrangère — la France puis l’Allemagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien d’illégitime en soi&nbsp;: la coopération technique entre banques centrales est monnaie courante. Mais quand on prétend, dans le même souffle, défendre la souveraineté monétaire du pays face au FMI et refuser les conditionnalités extérieures, il est pour le moins cocasse de faire concevoir sa propre feuille de route institutionnelle à Paris puis à Berlin — sans jamais publier le document final ni ses indicateurs pour que le citoyen tunisien juge sur pièces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les trois contradictions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, la BCT s’impose aux banques commerciales une rigueur prudentielle chiffrée au dixième de point (LCR, ratios de fonds propres) qu’elle ne s’applique jamais à elle-même dans l’évaluation de ses propres plans stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, l’absence de consultation annoncée pour troisième plan pour l’après-2026, dans un rapport déjà critiqué pour ses propres incohérences statistiques, laisse l’institution sans cap institutionnel public au moment précis où elle négocie sa crédibilité face à Afreximbank et aux marchés obligataires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, une planification stratégique conçue avec assistance étrangère mais jamais rendue publique dans ses détails n’est ni transparente, ni le fruit d’une réflexion endogène évaluable — c’est, au sens propre, une souveraineté administrée par procuration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’il pleuve des bons chiffres ou qu’il vente des critiques, la BCT continue son cycle de plans sans jamais dire ce qu’elle en a fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouverneur actuel de la BCT a choisi de ne parler aux parlementaires, ni au journalistes… il préfère communiquer avec le FMI, les bailleurs de fonds internationaux, mais pas aux Tunisiens. Va savoir pourquoi…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economistes universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blog de l’auteur.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Précédents articles :</strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lTABkqSUEA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/embed/#?secret=YT0AKG3LfI#?secret=lTABkqSUEA" data-secret="lTABkqSUEA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iH9DSib8Lg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/embed/#?secret=ET4Ea5aIub#?secret=iH9DSib8Lg" data-secret="iH9DSib8Lg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/">La BCT navigue à vue | Deux plans stratégiques, zéro indicateurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rapport annuel 2025 de la BCT &#124; Angles morts et incohérences</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 10:09:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[économie informelle]]></category>
		<category><![CDATA[marché parallèle]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Rapport annuel 2025]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19178986</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’auteur traque les angles morts, incohérences et errata statistiques dans le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans ce second article consacré à l’analyse du Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), publié en juin 2026 (253 pages), l’auteur traque les angles morts, incohérences et errata statistiques. Quand les mots trahissent les chiffres…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-19178986"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La publication des rapports annuels de la BCT a souvent souffert d’un décalage temporel qui réduisait leur portée démocratique. Un rapport annuel d’une banque centrale n’est pas un simple document administratif : il constitue un instrument de reddition de comptes, un acte de transparence institutionnelle et un élément essentiel du débat public sur la politique monétaire, la stabilité financière et l’utilisation des ressources nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 marque, à cet égard, une rupture symbolique, ayant traité du sujet à la transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale indépendante ne peut demander la confiance des citoyens, des investisseurs et des marchés sans pratiquer elle-même une culture de transparence. Le rapport affirme d’ailleurs cette ambition dans son architecture même : gouvernance, stratégie, situation économique, missions monétaires, supervision bancaire et situation financière de l’institution sont regroupées dans une publication exhaustive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transparence ne se mesure pas seulement au nombre de pages ou à la richesse des tableaux statistiques. Elle se mesure aussi aux questions posées, aux sujets difficiles abordés et aux angles morts qui subsistent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rapport riche sur certains chiffres, mais silencieux sur d’autres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le message introductif du gouverneur, Fethi Zouhaier Nouri, présente une lecture globalement optimiste de l’économie tunisienne. Le rapport souligne une croissance du PIB de 2,5 % en 2025 contre 1,6 % en 2024, une baisse du chômage à 15,2 %, ainsi qu’une diminution de l’inflation annuelle moyenne à 5,3 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT met également en avant son action monétaire : après plusieurs années de resserrement, elle indique avoir procédé à deux réductions successives de son taux directeur de 50 points de base, en mars puis en décembre 2025, ramenant celui-ci à 7 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présentation mérite toutefois d’être complétée par une analyse plus structurelle. La baisse de l’inflation constitue certes un résultat positif, mais elle intervient dans un contexte où le coût du crédit reste très élevé pour les entreprises et les ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décrit une politique monétaire visant à préserver la stabilité des prix tout en soutenant l’activité économique, mais il ne développe pas suffisamment le débat sur les conséquences sociales et productives d’une longue période de taux élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question centrale demeure : la stabilité monétaire a-t-elle été obtenue au prix d’un affaiblissement durable de l’investissement privé ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faiblesses et silences du rapport</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1- l’optimisme macroéconomique masque des vulnérabilités profondes&nbsp;: </em></strong>le rapport reconnaît certaines fragilités. Il indique que le déficit commercial a atteint 21,8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 15,2 %, principalement en raison du déficit énergétique structurel qui représente plus de la moitié du déficit commercial total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette donnée est fondamentale. Elle signifie que derrière l’amélioration apparente des équilibres extérieurs se trouve une dépendance persistante : la Tunisie continue d’importer une part importante de son énergie, ce qui fragilise durablement sa balance des paiements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne également que les avoirs extérieurs restent soutenus par les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Mais il traite davantage la diaspora comme une source de devises que comme un acteur économique stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2- Une diaspora réduite à ses transferts financiers&nbsp;: </em></strong>la diaspora tunisienne apparaît principalement dans le rapport sous l’angle des transferts de revenus. La BCT indique que les revenus entrants ont atteint 14,4 milliards de dinars en 2025, avec une forte contribution des revenus du travail, qui représentent 79,5 % du total des crédits liés aux revenus. Mais une grande question reste sans réponse : combien sont réellement les Tunisiens établis à l’étranger en 2025 ? Quelle est leur structure démographique ? Quels sont leurs investissements productifs ? Quelle part représente l’épargne diaspora dans le financement de l’économie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réponses sont importantes. La diaspora ne doit pas être analysée seulement comme un <em>«distributeur automatique de devises»</em>. Elle constitue aussi un capital humain, entrepreneurial, scientifique et technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale moderne devrait fournir une cartographie économique complète de cette communauté : nombre, pays d’installation, profils professionnels, investissements immobiliers et productifs, transferts formels et informels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3- Le honteux silence sur l’économie informelle&nbsp;: </em></strong>l’un des grands angles morts du Rapport annuel 2025 est l’économie informelle. Or, en Tunisie, l’économie parallèle constitue une composante majeure du fonctionnement économique réel : commerce informel, circuits parallèles de change, travail non déclaré, importations hors circuits officiels&#8230; Quasiment 37 à 40% de l’économie (du PIB) est opérée par le secteur informel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT analyse avec précision les flux bancaires, monétaires et extérieurs, mais elle ne propose pas une estimation actualisée du poids de cette économie parallèle ni de son impact sur : la création monétaire ; la fiscalité ; la concurrence entre entreprises ; la demande de devises ; la politique de change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence méthodologique est problématique. Une banque centrale ne peut pleinement comprendre la circulation monétaire nationale sans intégrer les circuits économiques et les mécanismes économique (de transmission et de carburation) qui échappent partiellement au système bancaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>4- L’absence d’analyse des entreprises communautaires&nbsp;: </em></strong>le rapport consacre plusieurs développements à l’innovation financière, à la digitalisation et à l’inclusion financière. Il détaille notamment les projets numériques comme la plateforme Exop dédiée aux opérations de change et la modernisation des systèmes financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les entreprises communautaires (<em>chariket ahliya</em>) constituent un angle mort. Leur apparition dans le paysage économique tunisien représente une tentative de renouvellement du modèle entrepreneurial, particulièrement dans les régions marginalisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si leur poids économique reste encore limité, leur analyse aurait permis d’évaluer leur nombre, leur financement, leurs difficultés administratives, leur contribution à l’emploi régional et leur accès au crédit bancaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence sur ce phénomène prive le lecteur d’une partie du débat économique contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>5- Une dépendance financière internationale peu interrogée&nbsp;: </em></strong>le rapport décrit une coopération internationale active avec plusieurs institutions. Il mentionne notamment la coopération financière avec le Fonds Monétaire Arabe, qui a permis un crédit automatique de 14,381 millions de dinars arabes de compte, soit environ 4,6 millions de dollars américains, ainsi que la possibilité d’une enveloppe supérieure à 200 millions USD dans le cadre d’un crédit élargi. Il évoque aussi les relations avec le FMI, la Banque mondiale, Afreximbank et différents programmes de coopération technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question stratégique demeure insuffisamment développée : comment réduire progressivement la dépendance financière extérieure tout en maintenant les équilibres macroéconomiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est pas l’existence de ces partenariats, qui sont courants pour toutes les économies émergentes. La question est celle de la capacité nationale à retrouver davantage d’autonomie financière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le silence devient une statistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT constitue une amélioration institutionnelle importante. Sa publication plus rapide, son volume documentaire et sa volonté affichée de modernisation représentent des progrès significatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, un rapport annuel ne doit pas seulement raconter ce qui fonctionne. Il doit aussi mesurer ce qui échappe aux instruments traditionnels : économie informelle, diaspora, nouvelles formes entrepreneuriales, fractures régionales, dépendances financières&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres publiés racontent une partie de la réalité. Les chiffres absents racontent souvent une autre histoire. Et c’est prévisible, la sélection adverse fonctionne à plein… et en plein jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable transparence commence lorsque l’institution accepte de mesurer ses propres zones d’ombre. Car en économie, le silence n’est jamais neutre : il devient lui aussi une statistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les incohérences et erratums</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport mérite d’être lu avec prudence. Certaines incohérences et erreurs ont été soulignées par une lecture rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plus nette incohérence vérifiée porte sur l’effectif de la Banque elle-même. En page 10, le rapport affirme noir sur blanc que <em>«l’effectif global s’établit à 863 agents</em> [fin 2025]<em>, contre 890 à fin 2024»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une page plus loin (p. 11), le Tableau 3 de <em>«Répartition du personnel par genre»</em> donne pourtant, pour la même année 2024, un total de 865 agents (390 femmes + 475 hommes), et non 890. L’écart de 25 unités entre les deux chiffres, présentés à une page d’intervalle pour désigner le même effectif de référence, n’est expliqué nulle part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième incohérence, plus mineure mais bien réelle : le même tableau 3 (p. 11) affiche une part féminine de 46,6% dans l’effectif en activité de 2025, alors que le calcul direct (388 femmes sur 834 agents en activité, chiffres eux-mêmes cités en page 10) donne 46,5% — un écart d’arrondi d’un dixième de point qui, seul, serait négligeable, mais qui s’ajoute au premier signe d’un contrôle de cohérence interne perfectible sur le chapitre <em>«Gouvernance et Stratégie»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième point, plus substantiel celui-là : le Tableau 2-6 (p. 65) sur les <em>«Principaux indicateurs de l’emploi»</em> fait bondir la population active totale tunisienne de 4 084 000 personnes en 2023 à 4 532&nbsp;000 en 2024, soit une hausse de 11% en une seule année — près de 450 000 personnes supplémentaires sur le marché du travail en douze mois — avant de la voir refluer à 4 255&nbsp;000 en 2025 (-6,1%).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un tel accordéon statistique, deux fois plus ample dans un sens que dans l’autre, n’est accompagné d’aucune note de bas de tableau, d’aucune mention de révision de base, de changement d’enquête ou de rupture de série de l’Institut national de la statistique, alors même que cette variable détermine mécaniquement le taux de chômage affiché en une du rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois éléments suffisent, à eux seuls, pour justifier une lecture prudente des statistiques rapportées. On invite la BCT à communiquer mieux et plus sur les données manquantes dont, notamment, le secteur informel, les effectifs des expatriés, le financement de l’économie par la création monétaire, les impératifs et enjeux de la souveraineté du pays en matière de financements, les vraies des séries traitant de l’emploi, de la population active et implicitement du chômage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong>&nbsp;: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494">E4T</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédent article :</em></strong> </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qprQVYW7eX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/embed/#?secret=wvOPm9uSOe#?secret=qprQVYW7eX" data-secret="qprQVYW7eX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Banque centrale de Tunisie &#124; Anatomie d’un optimisme administré</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 05:47:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement extérieur]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19176716</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie ressemble plus à document de communication qu’à un rapport solide, complet et crédible. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT) est paru le 7 juillet 2026, à temps et pas en retard comme le faisait la BCT depuis 2011. Un progrès louable, merci ! Mais cela dit, ce rapport ressemble plus à document de communication qu’à un rapport solide, complet et crédible, qui décrit objectivement la réalité économique de la Tunisie d’aujourd’hui, avec chiffres à l’appui&nbsp;et transparence totale sur les enjeux qui fâchent et qui préoccupent les Tunisiens. Anatomie d’un optimisme de façade….</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari *</strong> </p>



<span id="more-19176716"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il existe désormais en Tunisie une nouvelle école de communication économique : celle où les mauvaises nouvelles portent une cravate, les fragilités deviennent des <em>«résiliences»</em>, les crises se transforment en <em>«défis»</em> et les dépendances sont rebaptisées <em>«coopérations»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la lecture du Rapport annuel 2025 de la BCT, on pourrait presque croire que l’économie tunisienne traverse une mer agitée dans un paquebot parfaitement équipé. Le problème est que le paquebot avance avec une coque fissurée : dette élevée, dépendance extérieure, financement sous tension et politique monétaire condamnée à marcher sur une corde raide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport commence par une partition optimiste. Le gouverneur souligne une croissance retrouvée de 2,5 % en 2025 contre 1,6 % en 2024, une inflation ramenée à 4,9 % en fin d’année et un chômage légèrement réduit à 15,2 %.  Mais derrière cette photographie flatteuse se cache une question essentielle : la BCT décrit-elle l’économie telle qu’elle est ou l’économie telle qu’elle doit être racontée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car une banque centrale n’est pas un ministère de la communication. Sa mission n’est pas de fabriquer de la confiance par le verbe, mais de construire de la crédibilité par la transparence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La planche qui fait couler l’économie…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La planche à billets tourne à plein, accentuant les risques véhiculés par le vieux fantôme monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport ne parle évidemment pas de <em>«planche à billets»</em> au sens populaire du terme. Ce langage appartient aux cafés et aux débats politiques. Une banque centrale moderne ne se contente pas d’imprimer des billets ; elle crée de la liquidité par différents instruments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière les mots techniques se trouve une réalité : la frontière entre soutien financier à l’État et création monétaire devient parfois dangereusement mince.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT rappelle qu’elle détient le privilège exclusif d’émission des billets et monnaies en Tunisie. Elle détaille également les facilités accordées à l’État, comptabilisées <em>«à titre exceptionnel»</em> pour financer une partie du déficit budgétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat n’est donc pas celui d’une photocopieuse monétaire tournant jour et nuit. Le vrai sujet est plus subtil : quand une banque centrale intervient pour soutenir le financement public, elle risque de devenir l’infirmière financière permanente d’un État malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patient ne meurt pas, mais il refuse de changer de régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La perfusion permanente du système bancaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La partie la plus révélatrice du rapport concerne le refinancement bancaire. La BCT indique que le volume global du refinancement s’est établi en moyenne à 12 763 millions de dinars en 2025, contre 13 901 millions en 2024, soit une baisse de 1 138 millions de dinars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT présente cette évolution comme une amélioration de la liquidité bancaire. Mais une autre lecture est possible : depuis des années, le système bancaire tunisien fonctionne sous assistance monétaire.<br>La BCT demeure la grande fontaine où viennent boire les banques lorsque la liquidité naturelle manque.<br>Les opérations principales de refinancement atteignent 5 641 millions de dinars en moyenne en 2025, tandis que les opérations fermes représentent 4 368 millions de dinars. La mécanique est sophistiquée, mais le résultat politique est simple : la banque centrale reste au centre du financement quotidien du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale peut être un pilote de stabilité. Elle ne doit pas devenir le moteur auxiliaire d’un modèle économique qui peine à produire suffisamment d’épargne et d’investissement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Taux directeur : baisser la température sans guérir la maladie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT présente la baisse du taux directeur comme une victoire de la désinflation. Après deux réductions successives de 50 points de base en mars et décembre 2025, le taux directeur a été ramené à 7 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rappelle que le taux était resté à 8 % avant la première baisse, puis à 7,50 % avant la seconde.<br>Mais un taux directeur élevé pendant plusieurs années n’est pas un simple bouton que l’on tourne. Il révèle une économie sous pression : inflation persistante, risque de change, déficit extérieur et besoin de crédibilité monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT affirme vouloir soutenir la croissance tout en préservant la stabilité des prix. C’est exactement le dilemme des banques centrales partout dans le monde. Mais en Tunisie, l’équation est plus difficile : il faut combattre l’inflation sans étouffer des entreprises déjà étranglées par le coût du crédit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dette publique : le serpent qui apprend à sourire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport annonce une amélioration spectaculaire : le déficit budgétaire serait passé à 5,2 % du PIB et la dette publique à 82,1 % du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre est réel. L’interprétation mérite davantage de prudence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une dette qui baisse légèrement après avoir atteint des niveaux élevés n’est pas nécessairement une dette maîtrisée. C’est parfois simplement une dette qui respire entre deux crises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie reste prisonnière d’un modèle où l’État absorbe une grande partie de l’épargne nationale et où le financement extérieur demeure une variable stratégique. Le rapport reconnaît d’ailleurs que les emprunts extérieurs mobilisés en 2025 sont restés inférieurs à 4 milliards de dinars alors que les remboursements du principal de la dette extérieure à long terme ont atteint 10,4 milliards de dinars. La Tunisie rembourse davantage qu’elle n’emprunte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une souveraineté sous perfusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">FMI, Banque mondiale, Afreximbank : la souveraineté sous perfusion internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport revendique une coopération internationale renforcée avec les institutions financières. Il mentionne les réunions du FMI et du Groupe de la Banque mondiale ainsi que la participation aux assemblées annuelles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il évoque également la participation à l’Assemblée générale annuelle des actionnaires de la Banque africaine d’import-eExport (Afreximbank).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diplomatie financière est nécessaire. Mais elle pose une question fondamentale : une économie peut-elle parler de souveraineté financière lorsqu’elle dépend structurellement des institutions extérieures pour renforcer ses capacités, soutenir ses réserves ou faciliter son financement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT décrit cette coopération comme un enrichissement institutionnel. Le critique économique y voit aussi le symptôme d’une dépendance prolongée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté financière n’est pas un discours. Elle se mesure à la capacité d’un pays à financer son développement sans attendre constamment le prochain guichet international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La capture douce de la politique monétaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas imaginer une capture brutale de la BCT par le pouvoir politique. Le phénomène est plus subtil : une banque centrale peut perdre progressivement sa marge de manœuvre lorsqu’elle devient indispensable au financement de l’État, à la stabilité bancaire et à la gestion des tensions sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport insiste sur l’indépendance institutionnelle, la modernisation, la digitalisation et la gouvernance. Ce sont des avancées importantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question demeure : une banque centrale peut-elle être totalement indépendante lorsque l’économie nationale dépend autant de ses interventions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque n’est pas une prise de contrôle officielle. Le risque est une capture par nécessité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’optimisme trompeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT est un document riche, sérieux et techniquement élaboré. Il montre une institution qui travaille, modernise ses outils et améliore ses procédures. Mais il donne aussi l’image d’une économie où la stabilité ressemble parfois davantage à un équilibre précaire qu’à une transformation profonde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a pas besoin d’un ministère supplémentaire de l’optimisme. Elle a besoin d’une vérité économique complète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car une économie peut survivre à une mauvaise année. Elle peut même survivre à une mauvaise décennie. Mais elle ne survit jamais longtemps lorsque les statistiques deviennent des rideaux destinés à cacher les fissures du mur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n’est donc pas : <em>«La BCT annonce-t-elle de bonnes nouvelles ?»</em> La vraie question est : <em>«Combien de temps peut-on administrer l’espoir lorsque les fondamentaux macroéconomiques sont à terre réclament des réformes structurelles qui ne peuvent plus attendre ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong><em> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MMY9duWt7M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/31/la-planche-a-billets-coutera-cher-aux-tunisiens/">La planche à billets coûtera cher aux Tunisiens</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La planche à billets coûtera cher aux Tunisiens » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/31/la-planche-a-billets-coutera-cher-aux-tunisiens/embed/#?secret=IsyblAFPZD#?secret=MMY9duWt7M" data-secret="MMY9duWt7M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Industrie &#124; Le Suisse Cicor annonce la cession de son site en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/industrie-le-suisse-cicor-annonce-la-cession-de-son-site-en-tunisie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/industrie-le-suisse-cicor-annonce-la-cession-de-son-site-en-tunisie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 08:08:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Borj Cedria]]></category>
		<category><![CDATA[Casablanca]]></category>
		<category><![CDATA[Cicor]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18976843</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Groupe suisse Cicor annonce la cession de son site de production situé à Borj Cédria, à Tunis, pour concentrer ses activités nord-africaines au Maroc. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/industrie-le-suisse-cicor-annonce-la-cession-de-son-site-en-tunisie/">Industrie | Le Suisse Cicor annonce la cession de son site en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Groupe suisse Cicor, spécialisé dans la fabrication de modules électroniques, l’assemblage de câbles, le surmoulage, et les systèmes électroniques complets</em>, <em>notamment pour l&rsquo;aéronautique, a annoncé dans un <a href="https://live.deutsche-boerse.com/news/Cicor-announces-divestiture-of-Tunisia-and-implements-an-integration-and-productivity-programme-with-above-CHF-10-million-EBITDA-improvements-e8e03568-dfa1-479a-8293-f725af3e1d6c">communiqué</a> daté du 16 juin 2026 la cession au cours de ce mois de son site de production tunisien situé à Borj Cédria, au sud de Tunis, employant environ 90 personnes, pour un montant de 1,3 million d’euros, auquel s’ajoutent les ajustements habituels.</em></strong></p>



<span id="more-18976843"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les activités de production en Afrique du Nord seront regroupées sur les sites du Groupe à Berrechid et Temara, près de Casablanca, au Maroc »</em>, annonce encore Cicor dans son communiqué.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Groupe annonce la mise en œuvre de plusieurs autres <em>«mesures d&rsquo;intégration et d&rsquo;efficacité supplémentaires»</em> ainsi qu’<em>«un programme d’augmentation de sa capacité et de sa productivité afin de répondre à une demande en forte croissance, notamment sur le marché de l&rsquo;aérospatiale et de la défense.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>«gestion rationalisée»</em> , y compris la cession du site tunisien, entraînera la suppression d’environ 220 postes, soit 5 % des effectifs totaux de Cicor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué du groupe ne cite pas ne nom de l’acquéreur de son site tunisien. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un article posté sur <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">son blog</a>, l’économiste Moktar Lamari a écrit que le groupe suisse, coté à la Bourse de Zurich, <em> «vient de prendre une décision froide, chiffrée, et sans appel : la Tunisie, c’est fini. Le Maroc, c’est l&rsquo;avenir»</em>. Il ajoute : <em>«La logique est implacable : Cicor concentre désormais toutes ses activités nord-africaines au Maroc. Les clients tunisiens ? Ils restent clients de Cicor — mais les produits seront fabriqués à Casablanca. La Tunisie perd la production, le Maroc encaisse les commandes.»</em> La vraie question selon lui c&rsquo;est la suivante : <em>«Combien d&rsquo;autres Cicor silencieux ont déjà pris la même décision, sans communiqué de presse, sans Bourse de Zurich pour l&rsquo;officialiser ? Combien de projets industriels ont discrètement bifurqué vers Casablanca, Tanger, ou Agadir — pendant que Tunis débattait d&rsquo;autre chose ?»</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/industrie-le-suisse-cicor-annonce-la-cession-de-son-site-en-tunisie/">Industrie | Le Suisse Cicor annonce la cession de son site en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/industrie-le-suisse-cicor-annonce-la-cession-de-son-site-en-tunisie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>12</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les véritables raisons de l’«addiction» des Tunisiens au cash</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 07:20:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cash]]></category>
		<category><![CDATA[marché informel]]></category>
		<category><![CDATA[mobile banking]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie fiduciaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18834599</guid>

					<description><![CDATA[<p> Trop de cash en circulation en Tunisie. Est-ce vraiment la faute du citoyen qui préfère les billets froissés au virement électronique ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/">Les véritables raisons de l’«addiction» des Tunisiens au cash</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>29,7 milliards de dinars de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/tunisie-nouveau-record-de-cash-en-circulation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">monnaie en circulation</a>. Le chiffre tombe comme une sentence et, aussitôt, la presse financière tunisienne sort la même rengaine : trop de cash, culture du liquide, faiblesse de la digitalisation, Aïd Al-Adha oblige. Le diagnostic est propre, le coupable désigné : le citoyen tunisien, ce primitif monétaire qui préfère les billets froissés au virement électronique. Circulez, il n’y a rien à voir du côté des banques. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D.</p>



<span id="more-18834599"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Sauf qu’il y a tout à voir. Et le rapport BMI/Fitch Solutions sur le secteur des télécommunications tunisiens (avril 2026), croisé avec les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et les statistiques d’inclusion financière, permet de crever l’abcès avec une précision chirurgicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Erreur n°1 : Confondre cause et symptôme — la digitalisation n’est pas le problème</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias évoquent pour expliquer la préférence au cash, et accusant <em>«le retard des efforts de digitalisation des paiements»</em> et <em>«le août développement du mobile banking»</em> comme si le problème était un retard technologique à combler. Erreur de diagnostic fondamentale. On ne peut pas digitaliser l’argent de quelqu’un qui n’a pas de compte bancaire. Or 66 % des adultes tunisiens — soit environ 8 millions de personnes — sont non-bancables. Pas par goût du billet craquant. Parce que les banques tunisiennes les ont jugés insolvables, non-bancables, indignes du moindre RIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exclus du système bancaire formel sont majoritairement des femmes — surreprésentées parmi les travailleurs informels, les micro-entrepreneures sans statut, les agricultrices sans titre foncier — et des ruraux, dont les exploitations agricoles et les activités de subsistance ne rentrent dans aucune grille d’évaluation des risques conçue par un banquier de La Marsa. Pour eux, le cash n’est pas une préférence culturelle : c’est la seule monnaie légale accessible. Leur reprocher de <em>«rouler au cash»</em> revient à reprocher à un piéton de ne pas prendre l’autoroute.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="662qdAlEzQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/cash-en-tunisie-et-si-le-probleme-etait-la-banque/">Cash en Tunisie | Et si le problème était la banque ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Cash en Tunisie | Et si le problème était la banque ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/cash-en-tunisie-et-si-le-probleme-etait-la-banque/embed/#?secret=XD7KLRb70b#?secret=662qdAlEzQ" data-secret="662qdAlEzQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Erreur n°2 : Absoudre les banquiers de toute responsabilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La presse du sérail parle de <em>«pression sur la BCT»</em> comme si la banque centrale était une victime passive de comportements populaires irrationnels. Elle omet soigneusement de mentionner que les banques tunisiennes elles-mêmes entretiennent activement la culture du cash — non par archaïsme, mais par intérêt bien calculé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Première preuve </em>: les banques tunisiennes refusent couramment les chèques. Le chèque, instrument de paiement scriptural par excellence, est traité avec méfiance par des établissements qui préfèrent détenir du cash sonnant, des devises étrangères — le nerf de la guerre depuis la crise de change de 2022-2023 — et des actifs liquides comme gages de solidité bilancielle. La BCT elle-même documente l’explosion des avoirs en devises des ménages et des entreprises : les banques instrumentalisent cette thésaurisation en devises comme indicateur de performance. Autrement dit, elles encouragent subrepticement la sortie des dinars du circuit formel tout en pleurant sur le taux de bancarisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Deuxième preuve</em> : le coût prohibitif des transactions bancaires. Facturer jusqu’à 7 % sur certaines opérations de virement ou de transfert — comme le dénonce un nombre croissant d’utilisateurs et comme le confirment des relevés de tarification publiés par plusieurs établissements — tout en rationnant les services associés (délais, plafonds, interfaces défaillantes), c’est organiser soi-même la désaffection des clients. Quand le service coûte cher et fonctionne mal, les gens retirent du cash. C’est de la microéconomie élémentaire, pas de l’anthropologie culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Erreur n°3 : Ignorer l’effet inflationniste sur les volumes nominaux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias ignorent <em>«la hausse continue des prix à la consommation»</em> mais la mentionne comme un facteur secondaire, presque anecdotique. C’est pourtant le facteur arithmétique central. Quand l’inflation cumule plusieurs points sur douze mois, la même quantité de transactions réelles exige mécaniquement plus de billets. Une progression de 5,7 milliards de dinars de la masse fiduciaire d’une année sur l’autre doit d’abord être corrigée de l’effet-prix avant d’être interprétée comme une fuite vers le liquide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les journalistes comparent des chiffres nominaux sans déflater. Résultat : on grossit artificiellement le <em>«problème comportemental»</em> tout en minimisant la responsabilité de la politique monétaire accommodante de la BCT, qui a injecté massivement pour financer un déficit budgétaire chronique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Erreur n°4 : Exonérer l’État de son propre rôle dans l’informalité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur informel représente entre 38 % et 42 % du PIB tunisien selon les estimations récentes — dont une étude publiée dans l’African Development Review (Jerbi, Schneider &amp; Abdennour, 2026) qui en cartographie la géographie et les dynamiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce secteur informel ne paie pas de TVA, ne déclare pas ses salaires, et ne peut donc pas fonctionner autrement qu’en cash. Or, qui entretient ce secteur informel ? L’État lui-même, qui tolère et parfois subventionne indirectement des activités non-déclarées pour maintenir la paix sociale dans des régions abandonnées par l’investissement public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que l’État ne formalise pas — par une fiscalité proportionnelle, un statut de micro-entrepreneur accessible, une couverture sociale universelle — le cash restera le lubrifiant naturel d’une économie à deux vitesses.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nyFp1sJi70"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/11/ce-jeu-de-cash-cache-qui-etiole-leconomie-tunisienne/">Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/11/ce-jeu-de-cash-cache-qui-etiole-leconomie-tunisienne/embed/#?secret=76wcO9ZCcr#?secret=nyFp1sJi70" data-secret="nyFp1sJi70" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le cash est un miroir, pas une maladie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les 29,7 milliards de dinars de monnaie en circulation sont moins le reflet d’un retard culturel que d’un système à trois défaillances imbriquées : une exclusion bancaire massive et délibérée, une défiance institutionnelle nourrie par des années de mauvaise gouvernance financière, et un État qui sous-traite à l’informel sa politique sociale. Vouloir <em>«réintégrer ces flux dans le circuit formel»</em> — comme le préconise mollement les économistes du sérail — sans s’attaquer à ces trois ressorts structurels, c’est vouloir assécher une inondation (un tsunami) avec une éponge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai record historique, ce n’est pas les 29,7 milliards de dinars fiduciaires. C’est la persistance d’un discours économique qui, depuis quinze ans, diagnostique les effets sans jamais nommer les causes. Par incompétence, ou pas complaisance, va savoir…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/">Les véritables raisons de l’«addiction» des Tunisiens au cash</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Terres en friche &#124; Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:22:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[Djemaïa des Habous]]></category>
		<category><![CDATA[Domaines de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[mainmorte]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18818357</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des millions d’hectares de terres sont inexploitées pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/">Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a soixante-dix ans, presque jour pour jour, la Tunisie indépendante faisait ce que beaucoup de nations n’osent pas : elle s’attaquait à la terre. Pas avec une pioche, mais avec un décret. Le 31 mai 1956, à peine deux mois après l’indépendance, Bourguiba et ses juristes liquidaient la Djemaïa des Habous. Un an plus tard, le décret du 18 juillet 1957 abolissait définitivement les habous privés et mixtes. Environ un million d’hectares fut ainsi remis dans le circuit économique.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari, Ph.D</strong></p>



<span id="more-18818357"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Grande ambition. Beau geste. Et pourtant, soixante-dix ans après, une large partie de la terre tunisienne reste figée, stérile, et invisible aux yeux des marchés. La terre promise n’a pas tenu toutes ses promesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terres collectives, terres en friche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce paradoxe, il faut d’abord saisir ce qu’était le habous — ce système juridico-religieux par lequel une personne se dépouillait d’un bien foncier, le consacrait à perpétuité à une œuvre pieuse ou charitable, et le sortait irrémédiablement du marché. Baux perpétuels (l’<em>enzel</em>), locations à rente variable (le <em>kirdar</em>), terres figées dans une mainmorte séculaire — voilà le décor. Les habous représentaient plus du tiers des terres cultivables en Tunisie au moment de leur abolition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En langage économique contemporain, on appellerait cela un gigantesque problème d’allocation inefficiente des ressources, illustré par le théorème de Coase : quand les droits de propriété sont flous ou aliénés, les transactions mutuellement bénéfiques n’ont pas lieu, et la richesse collective en pâtit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme de 1956-1957 avait donc une logique imparable. Parmi les réformes visant à libérer les forces vives du pays et à booster l’économie figuraient en bonne place l’abolition du régime des terres habous, aux côtés du Code du statut personnel, de la création de la Banque centrale et du dinar tunisien.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zjowIXf7ER"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/">31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/embed/#?secret=9GhoZjveNK#?secret=zjowIXf7ER" data-secret="zjowIXf7ER" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les errements du juridisme a-économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’était un projet de modernisation global, cohérent, presque vertigineux. À juste titre, l’économiste Hernando de Soto aurait reconnu là les prémices de sa thèse centrale : transformer le capital mort en capital vif, donner un titre, une valeur marchande, une capacité de levier à des actifs qui dormaient dans le silence juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. L’État tunisien, en absorbant les terres habous dans son domaine, n’a pas seulement libéré la terre — il l’a changée de prison. D’une mainmorte religieuse, on est passé à une mainmorte étatique, bureaucratique, lente, et parfois corrompue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La superficie des terres agricoles en Tunisie est estimée à 10 millions d’hectares répartis entre propriété privée, terres domaniales (dites <em>amiri</em>) d’un demi-million d’hectares, et terres collectives tribales d’environ 3 millions d’hectares.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terres dominicales, un crime d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des deux dernières décennies, la mauvaise gestion des terres agricoles domaniales s’est aggravée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État a cessé de vendre, a commencé à louer sans stratégie, et les terres les plus fertiles ont été confiées à des locataires dont la priorité était rarement l’investissement à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le vrai scandale économique — le serpent de mer du foncier tunisien — ce sont les terres collectives. Celles-ci constituaient un casse-tête chronique pour l’État jusqu’à ce qu’il décide de tenter d’y répondre par une loi d’août 2016 réglementant leur système primaire de gestion. Néanmoins, cette loi n’a pas abordé les questions en profondeur et n’a pas fourni de solutions claires dans les cas complexes.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6mEpGMNEZq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/14/terres-domaniales-et-revolution-verte-en-tunisie-2/">Terres domaniales et révolution verte en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Terres domaniales et révolution verte en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/14/terres-domaniales-et-revolution-verte-en-tunisie-2/embed/#?secret=k6lchnRgJ8#?secret=6mEpGMNEZq" data-secret="6mEpGMNEZq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">3 millions d’hectares dans l’indivision</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois millions d’hectares, soit 30 % de l’ensemble du foncier agricole tunisien, restent dans l’indivision tribale, soumis à des droits collectifs flous, non immatriculés, non cessibles, non mobilisables comme garantie bancaire. Trois millions d’hectares qui baillent aux corneilles, pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En termes économiques, l’indivision est l’ennemi juré de l’investissement. Quand une parcelle appartient à une collectivité de cent héritiers disséminés entre Tunis, Paris et Montréal, nul ne peut décider d’y planter des oliviers, d’y forer un puits ou d’y construire un hangar agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la tragédie des communs revisitée par Garrett Hardin, augmentée d’un contentieux successoral et d’une administration foncière sous-staffée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’insuffisance de la mise en valeur des exploitations due à l’existence de conflits inhérents à la copropriété et à l’indivision, et l’absence d’une législation permettant de préserver le capital foncier des unités de production et d’éviter le morcellement, constituent des facteurs de blocage du développement des exploitations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équation cruelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Morcellement + indivision + insécurité foncière = investissement nul.  L’équation est cruelle, mais elle est vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. Le secteur agricole contribue à hauteur de 9 % du PIB, représente 7,5 % du total des investissements, 8 % des importations et 9 % des exportations totales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un pays disposant de 10 millions d’hectares de terres agricoles, c’est une performance anémique. Environ 75 % des terres agricoles exploitées ont une superficie inférieure à 10 hectares. Les petits agriculteurs constituent l’épine dorsale du secteur, mais sont les plus pauvres et les moins capables d’obtenir des fonds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, la croissance tunisienne plafonne à 1,4 % en 2024, avec un chômage des jeunes de moins de 25 ans culminant à 40,5 % — des jeunes qui, pour beaucoup, vivent dans des régions rurales entourées de terres qui ne leur appartiennent pas, ne leur rapportent rien, et ne peuvent pas être mobilisées pour financer leur avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La brèche et les incohérences</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On dira que la réforme de 1956 fut une nécessité historique — et c’est vrai. En brisant la mainmorte religieuse, Bourguiba a ouvert une brèche dans une immobilité séculaire. Mais la brèche s’est refermée d’elle-même, faute d’avoir été prolongée par une politique foncière cohérente, courageuse et continue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les campagnes organisées pour encourager l’immatriculation, la moitié des terres seulement ont été immatriculées. L’État a été plutôt lent dans la privatisation des terres collectives. Soixante-dix ans de lenteur, c’est un luxe que la Tunisie ne peut plus se payer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire ? Cinq chantiers s’imposent, sans délai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1- Premier chantier : accélérer l’apurement foncier. Environ 340 000 hectares à vocation arboricole n’ont pas encore été attribués à titre individuel, sans compter les terres pastorales collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un programme national d’immatriculation accéléré, doté de moyens humains et budgétaires réels, doit être lancé — non pas comme vœu pieux dans un Plan d’Action Annuel, mais comme priorité de l’exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2- Deuxième chantier : créer un mécanisme de sortie d’indivision simplifié. Dans de nombreux pays méditerranéens, des procédures judiciaires ou administratives allégées permettent à une majorité qualifiée d’indivisaires de décider d’une mise en valeur ou d’une cession. La Tunisie a besoin d’un équivalent : pragmatique, encadré, respectueux des droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3- Troisième chantier : permettre la mobilisation du foncier comme garantie bancaire. Une terre immatriculée mais non mobilisable est un capital mort de Soto : elle existe sur le papier, elle ne produit rien dans la réalité. Ouvrir l’accès au crédit agricole par une réforme des sûretés réelles foncières est une condition sine qua non de la modernisation agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4- Quatrième chantier : redonner à la société civile et aux collectivités locales un rôle dans la gestion des terres collectives, en sortant de la logique purement centralisatrice héritée de 1956. Les conseils de gestion des terres collectives existent sur le papier ; il faut leur donner une autonomie réelle, des ressources, et une obligation de résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5- Cinquième chantier : lancer une fiscalité du foncier agricole non exploité. En France, en Espagne, au Maroc, des mécanismes fiscaux pénalisent la mise en jachère délibérée des terres arables. En Tunisie, ne rien faire avec sa terre ne coûte rien. Cela devrait changer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Casser une institution sans la remplacer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici rendre justice à Bourguiba et aux juristes de 1956 : ils ont eu l’audace rare de trancher dans le vif d’une institution millénaire. Mais l’économie du développement enseigne une vérité têtue — il ne suffit pas de casser l’ancienne cage pour que l’oiseau s’envole. Il faut encore lui apprendre à voler dans un espace ouvert, balisé, sécurisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante-dix ans après le décret libérateur, des millions d’hectares tunisiens attendent encore que quelqu’un leur tende cette main- là. Ni mainmorte religieuse, ni mainmorte étatique — une main vivante, investisseuse, citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La terre est là. Elle est fertile. Elle est tunisienne. Il ne lui manque qu’un titre, un droit, et une décision politique digne de 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8ATgpN0xjR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/">Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/embed/#?secret=bSCDz36JxJ#?secret=8ATgpN0xjR" data-secret="8ATgpN0xjR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/">Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>4</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les enseignements de Ned Phelps que la Tunisie continue d’ignorer</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 10:50:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[BCT]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[épargne]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Ned Phelps]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18810526</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les monétaristes de la Banque centrale de Tunisie ne lisent pas le grand économiste Ned Phelbs, dont ils continuent d'ignorer les leçons.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/">Les enseignements de Ned Phelps que la Tunisie continue d’ignorer</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Edmund “Ned” Phelps nous a quittés la semaine dernière, à 92 ans, avec la sérénité des grands esprits qui ont eu le temps de voir l’Histoire leur donner raison. Économiste américain né à Evanston en 1933, lauréat du Prix Nobel d’économie en 2006, Phelps fut l’un des rares savants à avoir compris, avant tout le monde, pourquoi l’inflation est une bête aussi vicieuse que sournoise. Sa thèse, formulée dans deux articles publiés en 1967 et 1968 — quand la Tunisie était encore dans l’euphorie de son indépendance économique — a révolutionné la macroéconomie mondiale. En Tunisie, on ne le lit guère, on ne le cite pas. Et ça se voit. Un économiste, un vrai…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D. *</p>



<span id="more-18810526"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Qu’a-t-il dit, ce géant aux cheveux blancs qui jouait de la trompette en terminale ? Essentiellement ceci : l’inflation n’est pas seulement un problème de monnaie en circulation, c’est d’abord un problème d’anticipations. Autrement dit, si les gens s’attendent à ce que les prix montent demain, ils agissent dès aujourd’hui comme si les prix avaient déjà monté — les travailleurs réclament des hausses de salaires, les managers gonflent leurs marges, et la spirale est enclenchée. L’inflation nourrit l’inflation. C’est la boucle infernale, ou si vous préférez en tunisien : <em>«Ennâr tzid ennâr»</em> — le feu attise le feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Phelps a démontré, contre l’orthodoxie keynésienne de son époque, qu’il est illusoire de vouloir acheter du chômage en bas en payant de l’inflation en haut. Un banquier central qui maintient artificiellement l’emploi au-dessus de son niveau naturel finit inévitablement par déclencher une surchauffe inflationniste. Le remède devient le poison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’anticipation rationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa conclusion était limpide : la meilleure politique monétaire est celle qui ancre solidement les anticipations d’inflation, quitte à accepter une hausse temporaire du chômage. C’est inconfortable politiquement. C’est néanmoins la seule voie économiquement crédible. Ce cadre conceptuel n’est pas resté dans les bibliothèques. Il est devenu la colonne vertébrale du ciblage d’inflation que pratiquent aujourd’hui toutes les grandes banques centrales du monde — la Fed américaine, la BCE européenne, la Banque d’Angleterre. Et c’est précisément ce cadre intellectuel qui a permis aux banques centrales du Nord de piloter un atterrissage en douceur après les turbulences inflationnistes du Covid-19. Phelps, depuis sa chaise à Columbia, avait souri : il l’avait dit en 1967.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ces contributions majeures, l’économiste avait aussi développé la <em>«règle d’or»</em> de la formation du capital : pour maximiser la consommation des générations futures, le taux d’épargne doit égaler la part du revenu allant au capital. Simple à énoncer, difficile à appliquer — surtout quand un pays dilapide son capital productif dans les dépenses courantes et les subventions électorales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ses 4 vérités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que peut-on retenir de Ned Phelps pour les économistes du gouvernement tunisien et de la Présidence ? Quatre enseignements, nets et sans filtre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier enseignement : les anticipations comptent plus que les décisions. Ce que les agents économiques croient que vous ferez demain détermine leur comportement aujourd’hui. Si les Tunisiens anticipent que l’État va monétiser sa dette, que le dinar va se déprécier, que les prix vont grimper — ils agissent en conséquence, et leurs anticipations deviennent réalité. La communication de politique économique n’est pas un luxe de riches : c’est un outil de stabilisation à coût zéro, si tant est qu’on ait quelque chose de crédible à communiquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième enseignement : on ne peut pas acheter de la croissance avec de l’inflation. Les promesses de relance par l’argent facile ne tiennent pas. Injecter des dinars sans contrepartie productive, c’est taxer les pauvres par l’érosion de leur pouvoir d’achat. Phelps l’a démontré mathématiquement. Carthage n’a pas besoin de le démontrer empiriquement — le pays a déjà payé ce prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième enseignement : la crédibilité institutionnelle est un capital. Une banque centrale perçue comme indépendante ancre les anticipations. Une banque centrale perçue comme le trésorier de l’État alimente les doutes, et donc l’inflation. Ce capital se construit sur des décennies. Il se détruit en une décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrième enseignement : le chômage d’équilibre n’est pas une malédiction à combattre par la planche à billets. Il se combat par les réformes structurelles — formation, flexibilité du marché du travail, qualité de l’investissement productif. Phelps y a consacré toute sa vie intellectuelle tardive, notamment dans son livre <em>‘‘Mass Flourishing de 2013’’</em> : la prospérité durable naît de la créativité, de l’initiative, du défi relevé — pas de la rente, pas de la subvention, pas de la commande publique gonflée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’aurait dit Phelps à Kais Saied ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, parlons de la Banque Centrale de Tunisie. Franchement, sans ménagement — comme Phelps l’aurait voulu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT commet, en ce moment même (et depuis au moins cinq ans), trois infractions majeures à la doctrine de cet économiste que le monde entier cite en référence. Première infraction : elle finance directement le Trésor tunisien, contournant ainsi le marché et se transformant en imprimante à billets honoris causa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Phelps avait été explicite : lorsque la banque centrale cède aux pressions du Trésor, elle perd sa crédibilité anti-inflationniste, et avec elle, sa capacité même à ancrer les anticipations. La BCT ne joue plus le rôle d’un arbitre monétaire. Elle est devenue partie prenante du problème budgétaire qu’elle est censée isoler. Deuxième infraction : elle ne communique pas de cible d’inflation crédible et transparente. Le ciblage d’inflation — héritage direct des travaux de Phelps — suppose un engagement public, chiffré, assumé, et un bilan régulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT publie des communiqués, organise des conférences de presse protocolaires, mais ne s’engage sur rien de précis, ne s’explique sur rien de difficile, et ne rend de comptes à personne. Les anticipations inflationnistes des ménages et des entreprises tunisiennes sont donc libres de vagabonder — ce qu’elles font allègrement, autour de 7 à 9% depuis trois ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième infraction : la BCT maintient des taux d’intérêt réels négatifs ou nuls dans un contexte d’inflation persistante, protégeant les banques commerciales qui préfèrent prêter à l’État sans risque plutôt que financer l’économie productive. Résultat : l’investissement privé s’effondre, la formation brute de capital fixe plafonne à des niveaux historiquement bas, et la Tunisie s’endette pour consommer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Phelps, lui, avait plaidé toute sa vie pour que l’épargne soit orientée vers la production, pas vers la rente souveraine. Il avait passé sa vie à expliquer, avec la patience des vrais pédagogues, que la stabilité monétaire n’est pas une contrainte imposée par les méchants marchés — c’est la condition sine qua non du bien-être des citoyens ordinaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pauvres ne se protègent pas de l’inflation avec des actifs immobiliers ou des comptes en devises. Ils la subissent, nue et directe, dans le couffin du marché et à la caisse du pharmacien. Il est mort à 92 ans, la conscience tranquille. La BCT, elle, a encore du chemin à faire — si tant est qu’elle décide, un jour, d’emprunter le bon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Blog de l’auteur </strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.  </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/">Les enseignements de Ned Phelps que la Tunisie continue d’ignorer</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
