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	<title>Archives des Moncef Ben Slimane - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Moncef Ben Slimane - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Histoire du Comité tunisien pour la liberté et la paix (1948-1968)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 08:10:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Zoubeir Turki]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’historien Habib Kazdaghli revient dans un livre sur l’histoire du Comité tunisien pour la liberté et la paix (1948-1968).</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/histoire-du-comite-tunisien-pour-la-liberte-et-la-paix-1948-1968/">Histoire du Comité tunisien pour la liberté et la paix (1948-1968)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les éditions Nirvâna annoncent la parution, cette semaine, d’un nouveau livre en langue arabe de l’historien Habib Kazdaghli, qui sera le douzième volume de la collection Mountada Ettajdid. Une étude originale qui revient sur une page peu connue de l’histoire contemporaine de la Tunisie et qui s’intéresse au Comité tunisien pour la liberté et la paix (1948-1968).</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<span id="more-18370292"></span>



<p>Préfacé par Moncef Ben Slimane, professeur de sociologie, collègue et ami de longue date de l’auteur, et fils du docteur Slimane Ben Slimane, longtemps président du CTLP, ce livre se veut un témoignage rigoureux sur un espace de liberté et de réflexion civile dans la Tunisie d’après-guerre, longtemps méconnu du grand public.</p>



<p>Le CTLP n’a jamais été une organisation de masse ni un instrument de pouvoir. Son objectif était d’abord d’offrir un lieu de pensée, de vigilance et de liberté d’expression. Fidèle aux idéaux de défense des droits et libertés publiques, il se mobilisait en solidarité avec les peuples pour leur droit à l’autodétermination et leur indépendance, tout en contribuant à la consolidation de la paix et au renforcement des droits humains dans une Tunisie en pleine recomposition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un espace civil indépendant</h2>



<p>À travers ses communiqués, ses colloques et ses prises de position, le Comité a su préserver un espace civil indépendant. Il a rassemblé des talents et des personnalités aux sensibilités politiques variées, convaincus que chacun pouvait contribuer à l’édification nationale depuis sa position propre. Progressivement, cependant, cette ouverture a commencé à se refermer sous le poids de l’autorité personnelle de Bourguiba.</p>



<p>L’ouvrage sera présenté pour la première fois lors d’une soirée ramadanesque le lundi 23 février 2026 à 21h, à la librairie Al Kitab Mutuelleville. Cette première rencontre coïncide avec le 40ᵉ anniversaire du décès de Slimane Ben Slimane (1905-1986), dirigeant destourien, président du CTLP, fidèle compagnon et ami des communistes tunisiens.</p>



<p><em><strong>Image de couverture (1960) :</strong> Un moment emblématique de l’histoire du Comité : la délégation tunisienne en visite en Union soviétique. De droite à gauche : Ammar Farhat (peintre), Saleh Krou (gouverneur), Hamadi Ben Zina (médecin), Noureddine Bouarouj (professeur), Zoubeir Turki (peintre) Dr Slimane Ben Slimane (médecin), Ahmed Zouiten (pharmacien), Mahmoud Soueili (artisan) et Mnaouar Samadh (poète).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/histoire-du-comite-tunisien-pour-la-liberte-et-la-paix-1948-1968/">Histoire du Comité tunisien pour la liberté et la paix (1948-1968)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>UGTT &#124; Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/27/ugtt-du-tournant-historique-de-1978-a-limpasse-bureaucratique-de-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 10:23:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[26 janvier 1978]]></category>
		<category><![CDATA[grève générale]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Achour]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Khemais Chammari]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Sayah]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Tijani Abid]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El-Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Espérons que le congrès de l'UGTT prévu en mars 2026 soit un véritable tournant démocratique de la centrale syndicale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/27/ugtt-du-tournant-historique-de-1978-a-limpasse-bureaucratique-de-2026/">UGTT | Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Aujourd’hui plus que jamais, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) doit choisir : l’autonomie réelle et le conflit social assumé, ou l’effacement progressif. Entre le tournant historique du 26 janvier 1978 et l’impasse du 21 janvier 2026, la centrale syndicale donne à voir une transformation profonde de son rapport à la mobilisation, au pouvoir et à elle-même. Le prochain congrès de mars 2026 sera-t-il capable de tourner la page ?</em></strong> <em>(Ph. Marche de l&rsquo;UGTT à Tunis le 21 août 2025). </em></p>



<p><strong>Moncef Ben Slimane *</strong></p>



<span id="more-18293613"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Le 26 janvier 1978 demeure l’un des épisodes les plus symboliques de l’histoire sociale et politique de notre pays. Cette date correspond à la première grève générale nationale déclenchée par l’UGTT, annonçant une rupture ouverte avec le pouvoir destourien.</p>



<p>Rappelons qu’à la fin des années 1970, la politique économique libérale menée par le gouvernement de Hédi Nouira provoqua une nette détérioration du pouvoir d’achat et accentua les inégalités entre ceux qui ont profité du climat affairiste et ceux en qui ont payé les conséquences sociales.</p>



<p>Face à l’échec des négociations salariales et aux pressions croissantes exercées sur ses militants et ses structures, l’UGTT décida alors de recourir à la grève générale.</p>



<p>Les semaines qui précèdent le 26 janvier 1978, date de la grève, voient le pouvoir mobiliser tous ses moyens contre la centrale syndicale. Des attaques de commandos appartenant à la milice du Parti socialiste destourien (PSD) sont lancées contre les locaux des Unions régionales : comme à Tozeur le 20 janvier, à Sousse le 21 et à Zaghouan le même jour.</p>



<p>Le 20 janvier, le Comité central du PSD adopte une résolution qui constitue une véritable déclaration de guerre à la liberté syndicale. Le texte est sans ambiguïté : le PSD et le gouvernement posent un ultimatum à l’UGTT, sommée de<em> «purger ses rangs»</em> de plusieurs dizaines de responsables jugés indésirables par les autorités.</p>



<p>Sur le plan médiatique, les journaux <em>La Presse</em> et <em>Al Amal</em> des mercredi 25 et jeudi 26 janvier 1978 publient des articles incendiaires. La radio et la télévision multiplient les appels aux militants du PSD <em>«afin qu’ils descendent dans la rue et brisent par tous les moyens la grève»</em>.</p>



<p>Pour que les choses soient parfaitement claires, les médias précisent à l’intention de ces <em>«</em><em>militants du parti</em><em>»</em> que <em>«la police sera, le 26 janvier, à leur disposition pour les aider à briser ce mouvement insurrectionnel qui vise à détruire le régime et à s’emparer du pouvoir»</em>.</p>



<p>Dès l’après-midi du 25 janvier, le siège de la rue Mohamed Ali est encerclé par des forces de police lourdement armées. Près de 200 dirigeants et responsables syndicaux, retranchés à l’intérieur, sont empêchés de sortir jusqu’à l’aube du 27 janvier, moment où ils sont tous arrêtés et conduits dans les locaux du ministère de l’Intérieur.</p>



<p>L’état d’urgence est proclamé le jour même. Il restera en vigueur jusqu’au 20 mars 1978.</p>



<p>Le secrétaire général de l’UGTT, Habib Achour, est arrêté le 28 janvier, tout comme 240 responsables et dirigeants syndicaux.</p>



<p>Le 2 février, des éléments exclus de l’UGTT depuis plusieurs années pour certains, et pour d’autres n’y ayant jamais appartenu, se réunissent avec Tijani Abid, seul <em>«</em><em>rescapé</em><em>»</em>&nbsp; du Bureau exécutif (BE), qui a trahi son organisation. Ils proclament la mise en place d’un <em>«</em><em>BE provisoire</em><em>»</em>.</p>



<p>Le 25 février est organisé un <em>«</em><em>Congrès</em><em>»</em> dont les travaux ne durent, en tout et pour tout, que trois heures. Tijani Abid est alors élu secrétaire général.</p>



<p>La répression ne connaît pas de répit. Les grandes villes du pays sont paralysées. Les forces de sécurité, sous la direction de Zine El-Abidine Ben Ali, ainsi que les milices du PSD sous celle Mohamed Sayah, sont massivement engagées. Les affrontements se multiplient. Les tirs à balles réelles font près de 400 morts et plus de 2 500 blessés.</p>



<p>Si la grève générale du 26 janvier 1978 est violemment réprimée, ses conséquences politiques sont considérables. Elle impose durablement la question de l’autonomie syndicale au cœur du débat national et annonce les grandes mobilisations sociales qui secoueront la Tunisie, plus tard en 1986, et jusqu’à nos jours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La résistance des «légitimes» face à «l’UGTT officielle»</h2>



<p>La grève générale du 26 janvier 1978 s’inscrit profondément dans la mémoire collective comme la date de la rupture entre le pouvoir et le mouvement syndical. Elle rappelle, à une échelle plus large, le 5 février 1972 et la lutte de l’Union générale des étudiants tunisiens (Uget) pour son autonomie. Officiellement, après le parachutage de Tijani Abid à la tête de l’UGTT, le calme est rétabli. Sur le terrain, la contestation se replie, sans pour autant s’éteindre.</p>



<p>Les syndicalistes qualifiés de <em>«</em><em>légitimes</em><em>»</em>, par opposition aux <em>«</em><em>imposés</em><em>»</em> de l’UGTT officielle, réorganisent leur action dans la discrétion. Réseaux de coordination et de solidarité avec les victimes de la répression deviennent les principaux moyens de résistance. Plusieurs structures nationales et internationales manifestent leur soutien, parfois au prix de lourds risques.</p>



<p>Cette mobilisation dépasse rapidement les frontières nationales. En France, Khemais Chammari organise et anime le <em>«Collectif du 26 janvier»</em>, qui apporte un soutien politique et financier déterminant à l’UGTT légitime et aux familles des syndicalistes emprisonnés.</p>



<p>Des organisations syndicales étrangères réagissent à leur tour. La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) relaie la situation tunisienne sur la scène internationale, tandis que des syndicats européens et arabes expriment leur solidarité avec l’UGTT.</p>



<p>Si ces actions ne modifient pas immédiatement le rapport de force, elles empêchent l’isolement total des structures légitimes de l’UGTT. Elles redonnent du souffle à une résistance qui adopte des modalités de lutte moins visibles, mais plus durables.</p>



<p>Les syndicalistes – dont certains issus de groupes politiques de gauche – ayant accepté de reconnaître et de <em>«</em><em>collaborer</em><em>»</em> avec le BE de Tijani Abid font fausse route et sont progressivement marginalisés.</p>



<p>Avec le recul, le 26 janvier apparaît comme bien plus qu’un épisode de confrontation sociale et de violence politique. Il constitue un moment de vérité, révélant les limites d’un pouvoir fondé sur la contrainte et sur l’inféodation des organisations de la société civile.</p>



<p>Au-delà des événements, le cœur du conflit réside dans la défense de l’autonomie de la centrale syndicale. En mettant fin à la tradition de la double appartenance à la direction de l’UGTT et au PSD, l’UGTT affirme son droit d’agir comme une organisation indépendante de l’État et du parti au pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’UGTT aujourd’hui : l’heure du choix</h2>



<p>Par-delà les déclarations incendiaires ou les appels à l’unité, l’UGTT traverse aujourd’hui une crise qui engage son avenir ainsi que son passé et ses acquis. Ce qui se joue n’est pas seulement un conflit interne ou le sort d’une grève générale, mais une question autrement plus grave : l’UGTT peut-elle encore incarner une force syndicale autonome démocratique et crédible ?</p>



<p>Il faut d’abord souligner que le marasme dans lequel se trouve le BE de l’UGTT a été précédé d’un problème plus profond encore : le déficit de sa légitimité suite à un mandat supplémentaire obtenu, lors du <em>«</em><em>Congrès extraordinaire non électif»</em> de juillet 2021, au prix d’un amendement — pour ne pas dire détournement — de l’article 20 du règlement intérieur, qui fixe les règles de durée et de renouvellement des responsabilités.</p>



<p>Ce contournement statutaire n’est pas un détail technique car il mine la crédibilité morale et syndicale de la direction et affaiblit toute décision qu’elle prend au nom des travailleurs. En manipulant ses propres règles, le BE a ouvert une brèche dangereuse : celle d’une UGTT perçue non plus comme une organisation régie par la volonté et les aspirations de ses adhérents, mais comme un appareil bureaucratique soucieux de la propre reproduction de ses dirigeants.</p>



<p>Les tribulations autour de la grève générale du 21 janvier 2026 sont un tournant. Présentée initialement comme une réponse légitime à l’effondrement du pouvoir d’achat et à la fermeture du dialogue social, elle a été déclarée puis suspendue et à la fin transférée au prochain congrès sans explications convaincantes pour les bases syndicales.</p>



<p>Est-il sérieux de demander aux congressistes de mars 2026 de décider du sort d’une grève générale alors qu’ils ne sont ni statutairement ni réglementairement habilités à le faire&nbsp;? Tout responsable de l’UGTT débutant sait qu’une grève générale exige la présence dans un Conseil national ou une Commission administrative des représentants des régions et des secteurs qui sont seuls capables de la décider, de la préparer et de l’exécuter.</p>



<p>Ces gesticulations ont non seulement démobilisé adhérents et responsables syndicaux, mais elles ont aussi renforcé l’idée que la grève générale ne pouvait être qu’un instrument au service des pratiques bureaucratiques et des guerres de clans et de chefs.</p>



<p>Dans ce contexte, l’autonomie syndicale ne peut être évaluée uniquement à l’aune des déclarations des leaders du BE. Une autonomie proclamée peut parfaitement coexister avec une dépendance invisible, plus subtile mais tout aussi contraignante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles conditions pour sortir de l’impasse ?</h2>



<p>Aujourd’hui plus que jamais, la centrale syndicale doit choisir : l’autonomie réelle et le conflit social assumé, ou l’effacement progressif.</p>



<p>Entre le tournant historique du 26 janvier 1978 et l’impasse du 21 janvier 2026, l’UGTT donne à voir une transformation profonde de son rapport à la mobilisation, au pouvoir et à elle-même. Le prochain congrès de mars 2026 sera-t-il capable de tourner la page ?</p>



<p>Ceux qui ont à cœur l’UGTT, son passé et son avenir, ne peuvent qu’espérer que cette page sombre soit véritablement et démocratiquement tournée, comme le furent celles qui l’ont précédée : la direction de Tijani Abid de 1978, le congrès de Gafsa de 1981, ou encore le soutien du BE à la candidature anticonstitutionnelle de Ben Ali en 2009.</p>



<p>Débloquer aujourd’hui la situation syndicale implique que l’UGTT soit capable de renouer avec son rôle national irremplaçable et indispensable au progrès du pays et du peuple tunisien.</p>



<p>Des centaines de milliers de syndicalistes ne se reconnaîtront jamais dans une nouvelle UGTT en mars 2026, manipulée par la bureaucratie ou ballotée par la guerre des clans et des chefs.</p>



<p>Croire qu’un congrès organisé à la hâte pourrait déboucher sur une nouvelle direction crédible relève de l’illusion. Un tel congrès ne produirait que de simples doublures, un clone du BE sortant.</p>



<p>Un dépassement sérieux et efficace de la crise exige 4 conditions :</p>



<p>1) le retour à l’activité et le rétablissement dans leurs droits des syndicalistes punis suite à leur opposition à l’amendement de l’article 20 ;</p>



<p>2) la présentation, par le BE sortant, d’un rapport moral sincère et responsable, mettant en lumière les erreurs commises et les leçons tirées ;</p>



<p>3) la limitation des mandats à la tête du Bureau exécutif ainsi que des structures nationales et régionales ;</p>



<p>4) la fin du monopole du contrôle du BE sur les avantages accordés aux responsables (voitures de fonction, primes et indemnités, honoraires d’études et d’expertise…).</p>



<p>Cette dernière proposition est importante, car mettra un terme au clientélisme syndical garantira l’autonomie des structures et renforcera durablement la démocratie interne de l’UGTT.</p>



<p>L’annonce de la date officielle de mars 2026 pour le congrès a déclenché des discours pour la consommation de masse de ceux qui vendent <em>« </em><em>une UGTT de rêve</em><em>»</em>. Espérons que ce prochain rendez-vous de l’UGTT avec l’histoire, ne soit pas une lutte de listes de candidats au BE ou un compromis opportuniste sur une liste, mais qu’il soit un véritable tournant démocratique de l’UGTT.</p>



<p><em>* Ex-SG du Syndicat de l’enseignement supérieur.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6hveyVgBKl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/crise-de-lugtt-heritage-historique-et-defis-contemporains/">Crise de l’UGTT | Héritage historique et défis contemporains</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Crise de l’UGTT | Héritage historique et défis contemporains » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/crise-de-lugtt-heritage-historique-et-defis-contemporains/embed/#?secret=Y9Pu167mrF#?secret=6hveyVgBKl" data-secret="6hveyVgBKl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/27/ugtt-du-tournant-historique-de-1978-a-limpasse-bureaucratique-de-2026/">UGTT | Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Kaïs Saïed, le «sauveur suprême», face à l’abstention extrême</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/25/tunisie-kais-saied-le-sauveur-supreme-face-a-labstentionnisme-extreme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jan 2023 11:52:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[abstentionnisme]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il serait plus sage de reporter ou de supprimer carrément un second tour des législatives en Tunisie, hors de propos politiquement et démocratiquement. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/25/tunisie-kais-saied-le-sauveur-supreme-face-a-labstentionnisme-extreme/">Tunisie : Kaïs Saïed, le «sauveur suprême», face à l’abstention extrême</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pourquoi voter si cela n’est susceptible d’apporter le moindre changement&nbsp;? Et si on a été mal représenté par l’Assemblée élue en 2019, pourquoi serions-nous mieux représentés par celle de 2023&nbsp;? Ce sont les questions que se posent les Tunisiens à quelques jours des du second tour des élections législatives, prévues le 29 janvier 2023.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-6197971"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Il est admis que la participation électorale est l’un des traits les plus caractéristiques de la bonne santé d’un régime démocratique.</p>



<p>Rien d’étonnant donc à ce que le taux de participation au 1er tour des législatives ait provoqué moult commentaires et polémiques.</p>



<p>Les adversaires du président y voient une victoire du boycott auquel ils ont appelé. En face Kaïs Saïed leur répond que les 11% de votants sont des électeurs incorruptibles et n’ont pas été contaminés par l’argent sale de la politique. Les explications avancées par les deux parties sont prisonnières de l’argumentaire en usage dans les querelles politiciennes bonnes pour les plateaux de télévision.</p>



<p>Opérer un dépoussiérage de cette rhétorique est nécessaire pour mieux comprendre les causes profondes de l’abstention d’une bonne partie, voire d’une majorité des Tunisiens.</p>



<p>Quelques questions nous aideraient à mieux cerner et à mieux comprendre l’abstention des Tunisiens : cette crise de confiance de l’électeur de 2022 est-elle le signe d’un désaveu du <em>«sauveur suprême»</em> de 2019? Peut-on dire que le brouillage idéologique d’une décennie d’alliance politique islamo-moderniste en a été pour quelque chose? Assistons-nous à une expression de la désillusion des jeunes tunisiens d’aujourd’hui de leur idole d’hier? Enfin, le suffrage universel s’est-il transformé en suffrage censitaire des citoyens?</p>



<p>Telles sont les interrogations auxquelles cet article tentera de répondre avant ce second scrutin qui sera un véritable test pour le pouvoir et le président.</p>



<p>De 2011 à aujourd’hui, les présidents et les gouvernements successifs ont échoué à endiguer le chômage des jeunes, la marginalisation des régions moteurs de la révolution et de la chute vertigineuse du pouvoir d’achat des Tunisiens.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DU69zoYV5I"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/14/kais-saied-et-les-jeunes-de-ladmiration-a-la-circonspection/">Kaïs Saïed et les jeunes : de l’admiration à la circonspection ? </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed et les jeunes : de l’admiration à la circonspection ?  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/14/kais-saied-et-les-jeunes-de-ladmiration-a-la-circonspection/embed/#?secret=bFPxDRm0Qb#?secret=DU69zoYV5I" data-secret="DU69zoYV5I" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Trois années d’exercice du président Kaïs Saïed ont terni son image de <em>«sauveur suprême»</em> de la décennie du <em>«tawafoq»</em> (consensus) islamo-moderniste.</p>



<p>Au final, ce sont douze années de plongée dans les abysses de l’exclusion, de la précarité puis de la pénurie qui ont déclenché une courbe ascendante de l’abstention aux législatives passant de 68% en 2014 à 42% en 2019 et une dégringolade à 11% en 2022.</p>



<p>En fin de compte, le Tunisien se demande de plus en plus : pourquoi voter si cela n’est susceptible d’apporter le moindre changement. Et si on a été mal représenté par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de 2019, il y a beaucoup de chance qu’on le soit davantage avec l’ARP version 2022.</p>



<p>La crise socio-économique crée à long terme un sentiment croissant de vulnérabilité qu’accompagne souvent chez les citoyens un appel urgent au <em>«sauveur suprême»</em> pour mettre fin à ses malheurs. Kaïs Saïed, qui n’a pas réussi dans sa mission de sauveur investi en 2019, a subi la sanction des électeurs en 2022.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Brouillage idéologique et parasitage politique</h2>



<p>Notons également que le taux sensiblement élevé de participation aux présidentielles de 2014 (62%) a vu la victoire de Béji Caid Essebsi (BCE). Souvenons-nous qu’avant ce scrutin, le paysage politique était scindé en deux blocs : les modernistes pro-Nida face aux islamistes pro-Ennahdha.</p>



<p>La scène électorale et l’offre politique paraissaient pour les votants on ne peut plus claires.</p>



<p>Beaucoup se rappellent aussi que l’alliance postélectorale entre Nida et Ennahdha a, non seulement créé une surprise mais également une recomposition du spectre idéologique et politique.</p>



<p>Ce <em>«tawafoq»</em> inauguré par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (Hiror) de 2011 expérimenté par la<em> «Troïka»</em> (la coalition dominée par les islamistes d’Ennahdha ayant gouverné entre 2212 et 2014, Ndlr), et couronné par la rencontre entre feu Béji Caïd Essebsi et Rached Ghanouchi à Paris, a gommé le clivage historique entre la famille démocrate et moderniste, d’un côté, et les islamistes et obscurantistes, de l’autre bord.</p>



<p>Ce brouillage idéologique contribua à la désintégration progressive d’un espace de confrontation politique lisible par les électeurs.</p>



<p>Les élites <em>«tawafoqistes»</em> ont perdu tout crédit aux yeux de l’opinion publique qui observait les ennemis d’hier se partager les sièges du pouvoir en se congratulant. Interloqués dans un premier temps, puis scandalisés, les Tunisiens ont fini par rejeter ce qu’ils ont qualifié de SYSTÈME. Un SYSTÈME qui, de <em>«tawafoq»</em> durant une décennie, garda le silence et garantit l’impunité aux pires expressions de la délinquance et, parfois, de la criminalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des élections sans programmes ni confrontations</h2>



<p>De retour à 2022, plus d’un observateur a noté l’absence de programmes clairs et précis des candidats aux législatives. Et quand parfois ces programmes existent, ils sont d’une indigence alarmante. Le vote pour une assemblée législative, instrument de choix de la démocratie représentative, a pour postulat et pour garantie un espace commun de confrontation d’idées avec un public dont le rôle consiste à observer le déroulement de la campagne électorale et à arbitrer à travers un suffrage.</p>



<p>Quelques jours avant le premier tour des législatives, le 17 décembre 2022, je suis allé assister à un<em> «meeting»</em> de présentation des candidats appartenant à ma circonscription. En quittant la réunion, j’étais sincèrement triste et inquiet pour mon pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OlXfxG5InG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/26/tunisie-lam-echaml-met-en-doute-la-representativite-de-la-future-assemblee/">Tunisie : Lam Echaml met en doute la représentativité de la future assemblée</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Lam Echaml met en doute la représentativité de la future assemblée » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/26/tunisie-lam-echaml-met-en-doute-la-representativite-de-la-future-assemblee/embed/#?secret=Pk5ZFbH3uD#?secret=OlXfxG5InG" data-secret="OlXfxG5InG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce petit échantillon de la campagne électorale auquel j’ai assisté, m’autorise l’observation suivante : quand la confrontation des programmes, des arguments et des candidats n’est plus située au cœur du jeu démocratique, voter risque d’avoir de moins en moins de sens pour les Tunisiens dont je fais partie.</p>



<p>L’abstention des électeurs en décembre 2022 n’est certainement pas le résultat d’un boycott lancé par quelques partis sans audience véritable. Plus grave, l’abstention serait le signe d’un phénomène qui ressemble à une sorte d’auto-exclusion du citoyen de la cité et de la chose publique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les jeunes de la révolution et la gérontocratie de la transition</h2>



<p>L’abstention des jeunes aux législatives nous renvoie à une <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/14/kais-saied-et-les-jeunes-de-ladmiration-a-la-circonspection/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude réalisée en novembre 2022 par mon association Lam Echaml</a> auprès de 4000 jeunes. Cette enquête avait abouti entre autres à la conclusion suivante : les jeunes s’intéressent de moins en moins à la politique et considèrent que les procédures, les textes et les discours sont fort éloignés de leur univers intellectuel et de leurs préoccupations matérielles.</p>



<p>En outre, les jeunes ont l’impression que Kaïs Saïed, à la fois président et juriste, est en train de reproduire la démarche adoptée par les experts-juristes de l’establishment de 2011 dont il n’a cessé de contester la légitimité.</p>



<p>Les raisons profondes de cet abstentionnisme sont à rechercher dans la configuration du jeune tunisien. L’identité politique n’a pas été construite dans les combats menés par leurs aînés marxistes ou nationalistes ou islamistes.</p>



<p>Les jeunes de la révolution de 2011 ont réussi à DEGAGER le dictateur avec d’autres modes d’action que ceux de leurs aînés. Ils vont réussir là où les vétérans des partis politiques ont échoué durant plus de 30 ans.</p>



<p>Curieusement, les premiers pas de la Tunisie vers la démocratie vont voir une gérontocratie s’installer aux commandes et procédait au piratage de ce qui a été l’œuvre des jeunes, leur révolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La barre des 30% au second tour des élections</h2>



<p>Si l’abstention massive aux élections législatives de décembre 2022 ne peut être comptée au bénéfice du boycott d’une opposition squelettique, il n’en demeure pas moins que près de 8 millions de Tunisiens n’ont pas voté, transformant de facto le suffrage universel en suffrage censitaire. Dire donc que la participation au second tour des législatives met en jeu la crédibilité des élections.</p>



<p>L’exemple des législatives de 2014 et de 2019 nous indique des taux de participation de 68% et 41,7%. En considérant qu’un taux de déperdition électorale de 15% est naturel; une barre minimale de 30% au second tour peut signifier un certain regain de confiance des électeurs.</p>



<p>Sous cette barre minimale, l’abstention au second tour serait alors un geste de désaveu voir de défiance politique.</p>



<p>Elle deviendrait, dans un certain sens, une réponse électorale à part entière à l’égard d’une initiative présidentielle jugée inopportune et sans rapport avec les attentes et aspirations sociales et économiques du peuple tunisien.</p>



<p>En dernière analyse, n’aurait-il pas été plus sage de reporter ou de supprimer carrément un second tour hors de propos politiquement et démocratiquement?</p>



<p>* <em>Professeur universitaire.</em>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/25/tunisie-kais-saied-le-sauveur-supreme-face-a-labstentionnisme-extreme/">Tunisie : Kaïs Saïed, le «sauveur suprême», face à l’abstention extrême</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Lam Echaml appelle à un dialogue général et global avec la société civile  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 11:52:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Lam Echaml]]></category>
		<category><![CDATA[législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lam Echaml réitère son rejet de «l’approche unilatérale et personnelle» suivie par le président Kaïs Saïed.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/22/tunisie-lam-echaml-appelle-a-un-dialogue-general-et-global-avec-la-societe-civile/">Tunisie : Lam Echaml appelle à un dialogue général et global avec la société civile  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans la déclaration ci-dessous, signée par son président Moncef Ben Slimane, l’association Lam Echaml réagit aux résultats des législatives du 17 décembre 2022 et réitère son rejet de «l’approche unilatérale et personnelle suivie par le président de la république».</em></strong></p>



<span id="more-5786986"></span>



<p>Malgré son soutien au soulèvement du 25 juillet 2021 qui a mis fin au régime politique précédent et à ses élites qui ont dominé le pays au cours de la dernière décennie, l’association Lam Echaml a suivi avec une grande inquiétude les récentes élections législatives et le très faible taux de participation des tunisien-ne-s exigeant une révision sérieuse, immédiate et approfondie de l’approche politique imposée par le président de la république.</p>



<p>Considérant que l’autorité politique est pleinement responsable de la situation actuelle et à venir, Lam Echaml :</p>



<p>1- réaffirme sa position ferme exprimée dans ses déclarations antérieures qui refuse l’approche unilatérale et personnelle suivie par le président de la république dans toutes les étapes précédentes que ce soit à l’occasion de la consultation, de la modification de la constitution ou de la loi électorale;</p>



<p>2- considère que le faible pourcentage de participation aux élections est le résultat inéluctable de la monopolisation du pouvoir par le président de la république et des décisions arbitraires qui en ont résulté;</p>



<p>3- refuse le retour à la situation d’avant le 25 juillet 2021 comme elle refuse la poursuite de la gestion actuelle qui a conduit le pays à une situation économique, sociale et politique désastreuse;</p>



<p>4- exige, à l’instar de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’ouverture immédiate d’un dialogue général et global avec les organisations nationales et la société civile, dans le cadre d’une véritable démarche participative, en vue de réaliser les réformes économiques et sociales urgentes qu’attend le peuple tunisien depuis la révolution de 2011, et dont il a renouvelé l’exigence le 25 juillet 2021.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/22/tunisie-lam-echaml-appelle-a-un-dialogue-general-et-global-avec-la-societe-civile/">Tunisie : Lam Echaml appelle à un dialogue général et global avec la société civile  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Kaïs Saïed et les jeunes : de l’admiration à la circonspection ? </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/14/kais-saied-et-les-jeunes-de-ladmiration-a-la-circonspection/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Dec 2022 11:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Lam Echaml]]></category>
		<category><![CDATA[législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les jeunes qui ont porté au pouvoir Kaïs Saïed sont passés du sentiment d’admiration d’hier à l’attitude de circonspection.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/14/kais-saied-et-les-jeunes-de-ladmiration-a-la-circonspection/">Kaïs Saïed et les jeunes : de l’admiration à la circonspection ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Selon une récente enquête réalisée par l’association Lam Echaml, les jeunes qui ont porté au pouvoir Kaïs Saïed sont passés du sentiment d’admiration d’hier à l’attitude de circonspection d’aujourd’hui et se demandent si la révolution tunisienne, leur révolution, n’est qu’un rêve impossible à réaliser.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Pr Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-5675365"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Suite aux initiatives et mesures prises par le président de la république après le 25 Juillet 2021, l’association Lam Echaml&nbsp;a entrepris une enquête d’opinion auprès d’un échantillon de jeunes activistes dans 21 gouvernorats(1)&nbsp;de la république.</p>



<p>Concernant la consultation électronique et la nouvelle loi électorale,&nbsp;seuls&nbsp;47% des jeunes interrogés&nbsp;ont participé à la consultation et 68% ont pris connaissance de la loi électorale.</p>



<p>A une question suggérant une comparaison entre la constitution de 2022 et celle de 2014, la majorité des enquêté(e)s (81,25%) n’ont pas d’avis et seuls (18,75%) considèrent la nouvelle constitution meilleure que la précédente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Je doute de la représentation mais je participe aux élections»</h2>



<p>Dans une approche plus prospective, les jeunes pensent que les futurs députés de la nouvelle assemblée auront une représentativité égale (29%), moindre (29%) et supérieure (18%) que celle des députés de l’ex-ARP(2).</p>



<p>Les raisons principales évoquées par ceux qui mettent en cause la représentativité des nouveaux députés sont : la domination des intérêts individuels par rapport à ceux de la région ou de la nation, l’absence ou le flou des programmes politiques, le risque de l’influence de l’argent et du tribalisme et la non-prise en considération des préoccupations des jeunes et des femmes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UzD1BcEUeH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/14/tunisie-trois-remarques-et-une-question-sur-la-e-istichara/">Tunisie : Trois remarques et une question sur la e-istichara</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Trois remarques et une question sur la e-istichara » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/14/tunisie-trois-remarques-et-une-question-sur-la-e-istichara/embed/#?secret=PUV7MFMDqJ#?secret=UzD1BcEUeH" data-secret="UzD1BcEUeH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Par contre les jeunes qui formulent une appréciation positive du rôle des nouveaux députés citent les considérations suivantes : le changement du paysage politique, l’émergence de nouvelles figures et personnalités et la rupture avec l’ancien régime basé sur  les partis.</p>



<p>Par ailleurs, les activistes interrogé(e)s confirment l’appréciation précédente puisque 59% parmi eux jugent que l’ARP serait plus représentative que celle de l’assemblée à venir de 2022. Seuls 23% des enquêté(e)s ont une opinion contraire.</p>



<p>Cette majorité critique(3) par rapport à la représentativité de l’assemblée à élire en 2022, formule les raisons suivantes&nbsp;: les difficultés d’application de la loi électorale et du système de parrainage, le risque d’un boycott&nbsp;important, l’absence de prérogative et de pouvoir précis.</p>



<p>Par la suite, il a été demandé aux jeunes de noter entre 0 et 20 l’action du président et du gouvernement. Kaïs Saied a obtenu la note de 8/20 et le gouvernement celle de 7,5/20.&nbsp;</p>



<p>A la dernière question&nbsp;: allez-vous participer aux élections législatives de 2022&nbsp;: 44% ont répondu oui, 38% oui avec des réserves et 18% non.</p>



<p>D’une manière générale, les résultats de cette enquête signalent que les jeunes s’interrogent de plus en plus sur la&nbsp;capacité du régime politique à venir de répondre à leurs attentes et leurs espoirs,&nbsp;régime se présentant pourtant comme alternative à celui de la première &nbsp;décennie</p>



<p>Une étude(4) précédente réalisée en Novembre 2020, avait abouti à la conclusion suivante : de moins en moins de jeunes s’intéressent à la politique et considèrent que le travail et la famille constituent des sujets de préoccupation  plus importants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Juristes de l’establishment et juriste-président</h2>



<p>La <em>«politique»</em> est, dans l’esprit des enquêté(e)s, associée à l’image des élites et des partis au pouvoir avant Kaïs Saïed et à leurs pratiques douteuses. Paradoxalement, on relève chez les mêmes jeunes un sentiment de désillusion quant à l’expérience de la transition démocratique et, plus inquiétant la conviction que la démocratie n’est pas nécessaire pour notre pays.</p>



<p>Il semble que les initiatives de Kaïs Saïed, président et juriste à la fois, n’ont pas rompu aux yeux des jeunes&nbsp;interrogés, avec la démarche élitiste et la logique dirigiste des juristes de l’establishment&nbsp;de 2011 dont il n’a cessé de mettre en cause la légitimité.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rotqXoN1yS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/23/tunisie-enquete-sur-les-jeunes-la-politique-kais-saied-et-les-autres/">Tunisie : Enquête sur les jeunes, la politique, Kaïs Saïed et les autres</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Enquête sur les jeunes, la politique, Kaïs Saïed et les autres » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/23/tunisie-enquete-sur-les-jeunes-la-politique-kais-saied-et-les-autres/embed/#?secret=gkOq24jTkI#?secret=rotqXoN1yS" data-secret="rotqXoN1yS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les initiatives de Kaïs Saïed participent de l’idée que le droit est la science et la norme capables de concevoir les institutions de la nouvelle Tunisie et de remédier à la crise économique et à la paupérisation de couches sociales de plus en plus larges. Et même si le président y ajoute la référence aux valeurs&nbsp;relatives à l’honneur et à l’honnêteté, cette idée que la moralisation du droit entraînera une moralisation de la politique et de la société, a de moins en moins d’écho auprès des jeunes.</p>



<p>En dernière analyse, le discours de Kaïs Saïed semble plus proche de <em>«la fiction juridique populaire mêlée de donquichottisme»</em>, qui fonctionne dans un vase clos. En effet, l’action du président donne l’impression d’être déconnectée des urgences sociales et économiques, des aspirations des laissés pour compte, qu’on dit <em>«min wra el blayek»</em>&nbsp;(« من وراء البلايك »), les victimes de la Hogra nationale.</p>



<p>En définitif, il n’est pas étonnant que cette situation a fait que les jeunes qui ont porté au pouvoir Kaïs Saïed sont passés du sentiment d’admiration d’hier à l’attitude de circonspection d’aujourd’hui et se demandent si la révolution tunisienne, leur révolution, n’est qu’un rêve&nbsp;impossible à réaliser.</p>



<p><em>* Président de Lam Echaml</em>.</p>



<p><em><strong>Notes :</strong></em></p>



<p><em>1- </em><em>Les jeunes des gouvernorats de Siliana, Kef et Béja n’ont pas participé à cette enquête.</em></p>



<p><em>2- 23 % n’ont pas d’avis</em></p>



<p><em>3- Les opinions positives (23%) par rapport à la représentativité de la nouvelle assemblée sont justifiées par la rupture politique avec la dernière décennie, la nouveauté de l’institution et une meilleure représentation du régional et du local.</em></p>



<p><em>4- «Enquête sur les déterminants de vote des jeunes tunisiens aux élections de 2019», étude soutenue par l’UE.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/14/kais-saied-et-les-jeunes-de-ladmiration-a-la-circonspection/">Kaïs Saïed et les jeunes : de l’admiration à la circonspection ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Lam Echaml met en doute la représentativité de la future assemblée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/26/tunisie-lam-echaml-met-en-doute-la-representativite-de-la-future-assemblee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:11:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Lam Echaml]]></category>
		<category><![CDATA[législatives anticipées]]></category>
		<category><![CDATA[loi électorale]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[parrainages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’association Lam Echaml déplore les nombreuses irrégularités survenues lors du parrainage des candidats qui affecteront la crédibilité des résultats des législatives.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/26/tunisie-lam-echaml-met-en-doute-la-representativite-de-la-future-assemblee/">Tunisie : Lam Echaml met en doute la représentativité de la future assemblée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans une déclaration à propos des élections législatives anticipées du 17 décembre prochain, l’association Lam Echaml déplore «les nombreuses irrégularités survenues lors du parrainage des candidats qui affecteront la crédibilité» des résultats.</em></strong></p>



<span id="more-4645942"></span>



<p>A l’invitation du bureau exécutif, l’assemblée générale extraordinaire de l’association Lam Echaml s’est réunie les 22 et 23 octobre 2022 pour étudier la situation actuelle dans notre pays et arrêter une position sur les élections législatives de décembre 2022.</p>



<p>Après discussion et débat, l’association Lam Echaml :</p>



<p>1- exprime de nouveau son refus du régime politique précédent et des élites qui ont gouverné et mis à genoux le pays au cours de la dernière décennie;</p>



<p>2- désapprouve la démarche unilatérale et directive adoptée par la présidence de la république à l’occasion de la consultation électronique, de la révision de la constitution et de la loi électorale;</p>



<p>3- enregistre les nombreuses irrégularités survenues lors du parrainage des candidats qui affecteront la crédibilité des élections et auront une influence négative sur l’acceptation des résultats du vote;</p>



<p>4- signale le faible pourcentage de femmes parmi les candidats dû à la difficulté d’obtention des parrainages et à l’absence des procédures légales susceptibles d’encourager leur candidature, situation [qui] risque d’entacher la représentativité de la future assemblée;</p>



<p>5- regrette l’absence des composantes de la société civile qui aurait pu inciter, sensibiliser et éduquer les citoyen(ne)s, en particulier les jeunes et les femmes, à participer à ces élections.</p>



<p>Au vu de tout ce qui précède, l’association Lam Echaml :</p>



<p>&#8211; appelle à une révision urgente de la gouvernance politique présente afin d’instaurer une véritable démocratie participative susceptible de mettre en œuvre les réformes économiques et sociales que le peuple tunisien attend depuis plus d’une décennie;</p>



<p>&#8211; encourage chacun(ne) à participer aux prochaines élections législatives, dans l’espoir que la future assemblée sera à la hauteur des responsabilités et fidèle au slogan de la révolution : emploi, liberté et dignité.</p>



<p class="has-text-align-right">Président de Lam Echaml&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Prof. Moncef Ben Slimane</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/26/tunisie-lam-echaml-met-en-doute-la-representativite-de-la-future-assemblee/">Tunisie : Lam Echaml met en doute la représentativité de la future assemblée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>La Tunisie ferait-elle un pas décisif vers la laïcité ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jun 2022 13:19:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaïd]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la seconde reprise depuis la révolution, un président de la république remet le destin des Tunisiens entre les mains d’un juriste de renom : Sadok Belaïd.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/15/la-tunisie-ferait-elle-un-pas-decisif-vers-la-laicite/">La Tunisie ferait-elle un pas décisif vers la laïcité ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La déclaration du doyen Sadok Belaïd est jetée dans la mare tranquille de la Constitution tunisienne : «Supprimer la référence à l’Islam dans l’article 1», ceci nous change du sempiternel «tawafoq» (consensus) politiquement correct islamo-moderniste, crédo d’une certaine élite intellectuelle et politique depuis 2011.</em></strong></p>



<p><strong>Par Moncef Ben Slimane *</strong></p>



<span id="more-1476543"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Le divorce entre Etat et religion est une affaire compliquée, fastidieuse et souvent à risque dans des contrées comme la nôtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Laïcité à géographie variable?</h2>



<p>Il est généralement admis que la laïcité se définit comme étant <em>«une conception et une organisation de la société fondée sur la séparation de la religion et de l&rsquo;État».</em></p>



<p>Essayons de voir dans quel espace géographique, pour quelle raison&nbsp;et de quelle manière ce théorème peut-il s’appliquer&nbsp;?</p>



<p>Commençons par la championne du monde dans ce domaine&nbsp;: la France. Comme on le sait, le port du foulard est interdit dans les écoles conformément à la loi 1905, gardienne de la laïcité dans tout l’Hexagone, sauf… en Alsace-Moselle. Là l’histoire a voulu que l’Etat français établisse un <em>«Concordat» </em>qui l’engage administrativement et financièrement auprès des autorités religieuses des quatre cultes observés par la population.</p>



<p>Allons un peu plus loin, l’Italie. Dans la grande majorité des écoles, le crucifix trône sur le mur au-dessus du tableau en pleine classe. L’Etat italien ne considère pas la croix de Jésus comme un signe religieux mais <em>«un symbole positif de la culture et du patrimoine national ne portant pas atteinte à la liberté de conscience des élèves».</em></p>



<p>Beaucoup plus loin, au Québec. Vous pouvez arborer le signe religieux qui vous plaît sans problème en application du principe de <em>«l’accommodement raisonnable»</em>. L’Etat canadien considère qu’un pays multiculturel se doit d’être neutre et intégrationniste.</p>



<p>Ce petit tour d’horizon à travers quelques régions du monde de la laïcité prouve qu’elle est à géographie variable car obéissant à des contraintes historiques, sociales et culturelles particulières.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Notre laïcité, celle d’hier, d’aujourd’hui et de demain</h2>



<p>Nous sommes souvent en présence non pas d’UNE laïcité, pure et dure, mais d’un processus de&nbsp; laïcisation de la société impliquant des acteurs, des enjeux et des stratégies différents&nbsp;: Belaïd, le professeur de droit imprégné de la&nbsp; tradition de l’université française moderniste,&nbsp;a de la laïcité une conception différente de celle de Kaïs Saïed, conservateur,&nbsp; populaire et musulman&nbsp;et de celle du parti Ennahdha et celui d’Al-Karama, lesquels se veulent&nbsp; gardiens et gestionnaires de l’orthodoxie musulmane, ou encore de celle de l’élite <em>«tawafoqiste»</em> composée de modernistes tenants de la conciliation avec l’islam politique&nbsp;ou celle de nous autres<em> «laïcistes»</em> qui sommes pour la séparation totale de l’Etat et de la religion musulmane, juive ou chrétienne.</p>



<p>Sur un plan historique, nous sommes nombreux à être au fond de nous-mêmes laïcs tout en faisant preuve de prudence et quelque part de finasserie. En effet, notre corps à corps avec la laïcité ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte au choc colonial quand on a eu à négocier notre islamité tunisienne avec la modernité dans de multiples face à face&nbsp;:<em> «kouttab»</em> versus école, franco-arabe, <em>«jebba»</em> versus costume européen, nationalistes versus <em>«mtournine»</em> (renégats).</p>



<p>La laïcité nous a tellement déstabilisés que nous ne lui avons jamais trouvé la traduction adéquate. On s’en est sorti avec le vocable <em>«âlmaniyya»</em> dont l’ambiguïté étymologique dénote parfaitement nos hésitations idéologiques. A-t-il pour racine <em>«âlem» </em>(le monde) ou <em>«îlm»</em> (la science)&nbsp;? Ajoutons à cela que si vous dites aujourd’hui&nbsp;: je suis <em>«âlmani»</em>, 90% de vos interlocuteurs comprendront athée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Juridisme et islamisme</h2>



<p>Pour la seconde reprise depuis la révolution, un président de la république remet le destin des Tunisiens entre les mains d’un juriste de renom&nbsp;: Sadok Belaïd.</p>



<p>Je trouve personnellement que le juriste octogénaire adopte une démarche à la fois sympathique et empreinte d’une grande simplicité : <em>«supprimer le lien entre l’Etat et la religion musulmane correspond à mon avis en tant que spécialiste et ma conviction personnelle&nbsp;est la suivante : c’est au président de se décider&nbsp;et au cas où ma proposition n’est pas retenue je retournerai dans mes appartements»</em>.</p>



<p>On tranche radicalement avec le conclave de ces juristes suffisants et arrogants qui se considèrent comme étant les seuls dépositaires exclusifs des droits de l’homme et de la démocratie tunisienne. Par les temps qui courent, l’opportunisme politique des uns le dispute à l’obscurantisme scientifique des autres. Certains parmi-eux devraient avoir la décence d’opérer un examen de conscience, s’ils en ont encore une.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que faire ?</h2>



<p>C’est la question posée par un grand révolutionnaire qui a ajouté par la suite&nbsp;:&nbsp;<em>«Il y a des décennies où rien ne se passe et des semaines où des décennies se réalisent»</em> (Lénine).</p>



<p>Plus de 6 décennies sont passées depuis la promulgation de l’article premier de la constitution et seulement 1 mois nous sépare du 25 juillet.</p>



<p>Le choix de ceux qui ont à cœur à vivre dans une Tunisie républicaine, au sein d’un Etat laïc tout en étant attaché à leur patrimoine et leur culture, est tout à fait clair&nbsp;: d’abord, un soutien inconditionnel à la proposition de Belaïd. Ensuite si le président, fort de la popularité dont il jouit, lui donne son aval, notre pays ferait un pas décisif vers la laïcité.</p>



<p>Toutefois, cela n’est qu’un premier pas. Encore faudrait-il expliquer et convaincre, que la séparation entre l’Etat et la religion n’est nullement une négation ou une atteinte à l’islam, que cette même laïcité constitue une barrière constitutionnelle face à l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiciennes. Et, n’oublions pas de rappeler que les tunisien-ne-s ont dit le 25 juillet 2021 leur dernier mot à ce sujet.</p>



<p>Des voix s’élèveront certainement contre la mécréance et les<em> «kouffars»</em> parmi les défenseurs de l’islam politique dans ses versions soft et hard. Ils trouveront certainement un écho favorable dans la fraction <em>«tawafoqiste»</em> et quelques transfuges de gauche qui représenteraient pour eux une sorte de <em>«planche de salut»</em>.</p>



<p>Espérons que durant les jours à venir le train de l’histoire de la Tunisie les déposera sur le quai de la gare, les laissera là où ils continueront à végéter et que la laïcité fêtera bientôt un Belaïd!</p>



<p><em>Professeur universitaire.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<item>
		<title>Tunisie : Trois remarques et une question sur la e-istichara</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Apr 2022 08:45:34 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[consultation nationale électronique]]></category>
		<category><![CDATA[dialogue national]]></category>
		<category><![CDATA[e-istichara]]></category>
		<category><![CDATA[Fouad Mebazaa]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[réformes politiques]]></category>
		<category><![CDATA[Yadh Ben Achour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La consultation nationale électronique (e-istichara) est close et ses résultats publiés. Cette initiative du président de la république Kaïs Saïed inaugurera un mode d’investigation original de la perception de l’avenir politique de la nation par les Tunisien-ne-s. Par Moncef Ben Slimane * Cette consultation a certainement pour objectif de rompre avec le processus de la...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/14/tunisie-trois-remarques-et-une-question-sur-la-e-istichara/">Tunisie : Trois remarques et une question sur la e-istichara</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Kais-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-342034"/></figure></div>



<p><strong><em>La consultation nationale électronique (e-istichara) est close et ses résultats publiés. Cette initiative du président de la république Kaïs Saïed inaugurera un mode d’investigation original de la perception de l’avenir politique de la nation par les Tunisien-ne-s.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moncef Ben Slimane </strong>*</p>



<span id="more-387647"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-246569"/></figure></div>



<p>Cette consultation a certainement pour objectif de rompre avec le processus de la transition de 2011 pilotée par le triumvirat : Fouad Mebazaa – feu Béji Caïd Essebsi – Yadh Ben Achour. Une transition annoncée par Ben Ali dans son discours du 13 janvier 2011, lequel lui a conféré sa légalité sans la légitimité requise du peuple tunisien.</p>



<p>Etant donné que la consultation est censée construire l’avenir politique de notre pays à court et moyen terme, il est important de l’évaluer au regard de quelques règles essentielles à respecter dans ce mode opératoire.</p>



<p>La lecture du questionnaire de l’Istichara et les réponses obtenues suscitent, à mon avis, 3 remarques:</p>



<h2 class="wp-block-heading">Remarque 1&nbsp;: Questionnaire marathonien et support numérique sélectif</h2>



<p>La consultation comporte 32 questions dont 30 à choix multiples. Elle exige au moins 30 minutes dans le cas d’un remplissage rapide.</p>



<p>La norme dans ce type d’investigation est de se limiter à une durée d’environ 10 minutes faute de quoi on risque de rebuter les participants.</p>



<p>En outre, choisir un support numérique n’encourage point la participation.&nbsp;Il tend au contraire à sélectionner les répondants&nbsp;sachant que l’usage et l’accès à l’internet sont limités à une certaine catégorie de citoyens.</p>



<p>Le choix du numérique et la longueur kilométrique du questionnaire ont certainement influé sur la cible&nbsp;réduite à 530.000&nbsp;personnes, ce qui correspond à un taux de 6% de la population totale.</p>



<p>Le piège dans ce type d’investigation sur les problèmes et les aspirations des Tunisiens, de A à Z, c’est qu’on est tenté de poser des questions sur tout et à propos de tout. On aboutit à un questionnaire <em>«panoramique»</em>&nbsp;qui repousse les répondants par manque de temps et d’intérêt.</p>



<p>De même le volume impressionnant de questions proposant des listes de 6 et 11 réponses crée de la confusion ce qui pousse le citoyen à choisir les premières réponses dans la liste pour faire vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Remarque 2 : Les formulations floues et les termes compliqués</h2>



<p>La formulation des questions et les expressions usitées sont fort importantes car ils influent sur le type de réponse obtenue et l’interprétation qui en est faite.</p>



<p>Question 1.6&nbsp;: <em>«L’Etat&nbsp;</em><em>seul prend en charge</em><em>&nbsp;l’organisation des affaires religieuses?»</em></p>



<p>La réponse à cette question par <em>«oui»</em> veut dire, dans mon cas, s’occuper de la construction et de l’entretien de lieux de culte. Pour mon voisin, musulman conservateur ou obsucurantiste, c’est un <em>«oui»</em> pour un Etat qui veille à l’observance stricte des règles religieuses par les citoyens. L’ambiguïté de l’expression <em>«organisation des affaires religieuses»</em> favorise une confusion de ce type.</p>



<p>De même, l’emploi des termes tels que <em>«développement durable, dérèglement climatique, équipements d’infrastructure»,</em> etc., fait que l’épicier du coin ou l’ouvrière agricole n&rsquo;en saisissent même pas le sens.</p>



<p>Lorsqu’on veut&nbsp;s’adresser à des millions de Tunisiens&nbsp;et être compris par eux,&nbsp;il vaut mieux éviter les termes de spécialistes&nbsp;que les citoyens ordinaires pourraient ne pas comprendre.&nbsp;</p>



<p>Qu’on se rappelle les polémiques et les&nbsp;controverses&nbsp;suscitées&nbsp;par la constitution de 2014 et ses formules alambiquées&nbsp;à propos de l’Etat et de l’islam. Il aurait été préférable dans cette consultation d’adopter des expressions simples, claires et précises.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Remarque 3 : Une opinion n&rsquo;est pas une conviction</h2>



<p>La question 1.1 relative au <em>«régime politique souhaité»</em> a enregistré 86,4 % d’opinions favorables au régime présidentiel. Faut-il en conclure qu’un retour&nbsp;au régime&nbsp;présidentiel à la place&nbsp;du régime parlementaire est la solution à la crise politique actuelle&nbsp;que connaît la Tunisie ?</p>



<p>Une telle interprétation est erronée car la réponse est biaisée par un facteur conjoncturel. En 2022 et après des années de spectacle tragi-comique de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ne peut donner que ce résultat. Mais, la même question posée en 2010 aboutirait au résultat contraire&nbsp;:&nbsp;une majorité pour le régime parlementaire pour se débarrasser de Ben Ali et de sa dictature.</p>



<p>C’est dire avec quelle précaution il faut manipuler les réponses à des questions portant sur des choix idéologiques, politiques et stratégiques. Un sondage fournissant une opinion majoritaire ne reflète pas la conviction ni le choix dans l’absolu des Tunisiens à propos du régime politique souhaité pour des décennies. Construire une alternative à la crise actuelle nécessite un débat démocratique large et fiable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La e-istichara «base» du dialogue nationale</h2>



<p>Concernant la e-istichara, il n’est pas question de <em>«jeter le bébé avec l’eau du bain»</em> comme s’évertue à le faire les nostalgiques du <em>«Système du 24/07»</em> et <em>«Tawafoq»</em> islamo-moderniste installé en 2011 par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (Hiror), présidée par Yadh Ben Achour.</p>



<p>La consultation électronique doit être contextualisée. Il faut l’aborder en tant qu’opinion d’une frange des Tunisiens aux interrogations ou préoccupations de la plus haute autorité de l’Etat.</p>



<p>De ce fait elle ne peut jouir de l’exclusivité dans un dialogue national. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) avec plus de 700.000 adhérents, ou toute autre organisation de la société civile, sont également tenues par les motions et résolutions de leur congrès. Autant de documents qui ne peuvent qu’enrichir le dialogue et lui assurer sa diversité et sa représentativité.</p>



<p>Espérons enfin que le président Kais Saïed tournera définitivement la page du dialogue des <em>«élites de 2011»</em> et son côté obscur qui a généré une transition au népotisme, à la corruption et au terrorisme.</p>



<p>Il faut rappeler à la <em>«Tunisie d’en haut»</em> que la crédibilité des élites est intimement liée à leur exemplarité. Aujourd’hui, la Tunisie a à sa tête un président dont les qualités morales et la sincérité sont susceptibles d’assurer la transparence et la pertinence du processus d’un vrai dialogue national. Mais une question se pose et s’impose&nbsp;: verrons-nous en 2022 un dialogue respectueux avec une participation large et organisée des associations pour répondre à l’appel des Tunisiens du 25-Juillet&nbsp;?</p>



<p>Croisons les doigts !</p>



<p>* <em>Président de Lam Echaml.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SPoEWAFNis"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/23/tunisie-enquete-sur-les-jeunes-la-politique-kais-saied-et-les-autres/">Tunisie : Enquête sur les jeunes, la politique, Kaïs Saïed et les autres</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Enquête sur les jeunes, la politique, Kaïs Saïed et les autres » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/23/tunisie-enquete-sur-les-jeunes-la-politique-kais-saied-et-les-autres/embed/#?secret=bchiVjxY3m#?secret=SPoEWAFNis" data-secret="SPoEWAFNis" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qlbeoayV0l"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/12/tunisie-piratage-dune-revolution-et-hameconnage-dun-president/">Tunisie : Piratage d’une révolution et hameçonnage d’un président</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Piratage d’une révolution et hameçonnage d’un président » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/12/tunisie-piratage-dune-revolution-et-hameconnage-dun-president/embed/#?secret=owVVWow4Df#?secret=qlbeoayV0l" data-secret="qlbeoayV0l" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cOs4uzv4BY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/29/kais-saied-envoie-la-transition-democratique-au-placard/">Kaïs Saïed envoie la transition démocratique au placard</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed envoie la transition démocratique au placard » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/29/kais-saied-envoie-la-transition-democratique-au-placard/embed/#?secret=PfXDsOyWJi#?secret=cOs4uzv4BY" data-secret="cOs4uzv4BY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Tunisie : Enquête sur les jeunes, la politique, Kaïs Saïed et les autres</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Dec 2021 10:03:38 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dix ans après la révolution, la déception des jeunes tunisien(ne)s a atteint des proportions inquiétantes, puisque le tiers d&#8217;entre eux pense que la démocratie ne convient pas au pays. Leur position vis-à-vis des partis politiques est tout aussi mitigée : les 2/3 se disent contre eux. Ce sont ces derniers qui ont grossi les rangs des...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Kais-Saied-rencontre-des-jeunes-de-Gafsa-en-2019.jpg" alt="" class="wp-image-374493"/><figcaption><em>Kaïs Saïed recevant des jeunes venus de Gafsa en novembre 2019.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Dix ans après la révolution, la déception des jeunes tunisien(ne)s a atteint des proportions inquiétantes, puisque le tiers d&rsquo;entre eux pense que la démocratie ne convient pas au pays. Leur position vis-à-vis des partis politiques est tout aussi mitigée : les 2/3 se disent contre eux. Ce sont ces derniers qui ont grossi les rangs des 88,7% des jeunes ayant voté, en 2019 , pour un outsider, Kaïs Saïed. Enquête&#8230;</em></strong></p>



<p>Par <strong>Prof. Moncef Ben Slimane </strong>*</p>



<span id="more-374491"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure></div>



<p>A l’instar des observateurs de la scène politique tunisienne, notre association Lam Echaml fut surprise par les résultats des élections de 2019. Il nous a donc paru nécessaire d’entreprendre une étude (1) à laquelle une partie a tenté de répondre à une question que s’est souvent posée l’opinion publique : quelles sont les motivations et les facteurs qui ont poussé une majorité des jeunes à voter Kaïs Saïed aux élections de 2019 ?</p>



<p>Plus de 4000 jeunes des deux sexes ont été interrogés dans les 24 gouvernorats de la République.</p>



<p>Cette étude a pu être menée à bon port grâce au soutien de l’Union européenne et à la collaboration des experts(2), et des enquêteurs/enquêtrices de Lam Echaml.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une décennie de rupture des jeunes avec la classe politique et l’Etat&nbsp;:</h2>



<p>Les élections de 2011, les premières libres dans une Tunisie débarrassée de son régime autoritaire, étaient marquées par une forte participation de la population, d’une part, et une abstention sensible des jeunes, d’autre part.</p>



<p>Selon notre enquête, cette forte abstention aux élections reflétant les faibles niveaux de participation politique des jeunes, est l’un des multiples paradoxes d’une révolution qui avait été initiée par eux, mais vite subtilisée par les <em>«vieux»</em>(3) politiciens. Pour autant, la faible réponse des pouvoirs établis après 2011 aux revendications des jeunes n’a fait que consolider la rupture entre ces derniers, la classe dirigeante et les instituions de l’Etat.</p>



<p>Les différents gouvernements qui se sont succédé au cours de cette décennie n’ont pas réussi à mettre un terme à la persistance du chômage, à l’aggravation de l’injustice sociale et à la corruption.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les jeunes, Facebook et les élections de 2019&nbsp;:</h2>



<p>Le rendez-vous électoral de 2019 s’est distingué par une forte activité des jeunes sur les réseaux sociaux. L’enquête a d’abord noté que tous les candidats n’ont pas été suivis avec la même ampleur sur Facebook. Kaïs Saïed a bénéficié du suivi le plus régulier, suivi de Safi Said (8,2%) Nabil Karoui (6,1%).</p>



<p>Pour Kaïs Saïed, ce sont les jeunes des classes moyennes qui l’ont le plus suivi régulièrement sur Facebook. Pour Nabil Karoui, Abir Moussi, Youssef Chahed et Safi Said, ce sont, au contraire, les jeunes issues des classes supérieures à la moyenne qui les ont suivis régulièrement.</p>



<p>Le suivi régulier sur Facebook est plus marqué pour ceux qui ont un engagement politique citoyen, alors que le niveau d’instruction n’a pas l’air d’avoir eu un impact sur cette activité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel profil de président les jeunes tunisiens souhaitent-ils&nbsp;?</h2>



<p>Selon les jeunes interrogés, l’intégrité est la première qualité souhaitée pour un président(4). Ce choix reflète en quelque sorte les problèmes que vit le pays, à savoir l’extension de la corruption sur tout le territoire.</p>



<p>Les difficultés à gérer les affaires de l’Etat et les problèmes de gouvernance ont conduit les jeunes à choisir l’expérience dans l’exercice des fonctions étatiques comme seconde qualité (5).</p>



<p>Le marasme économique dans lequel le pays s’est enlisé, a amené presque 1/5<sup>e</sup> des jeunes à choisir comme troisième qualité&nbsp;: un candidat qui a un programme économique.</p>



<p>Très peu de jeunes ont mentionné l’appartenance à un parti au pouvoir ou à un parti d’opposition.</p>



<p>Malgré le fait qu’on ait observé une forme de régionalisme dans le vote, le choix d’un candidat de la même région n’apparaît pas comme qualité importante(6). Cependant l’appartenance régionale du candidat pèse dans l’orientation du vote sensiblement dans le Nord et le Centre et un peu moins dans le Sud.</p>



<p>Il est intéressant de noter également que la religion a une très faible influence sur les jeunes (2,4%) pour le choix du candidat à la présidence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les surprises du second tour des élections de 2019</h2>



<p>Le second tour des élections présidentielles a confirmé la forte victoire de Kaïs Saïed. Les résultats de l’enquête montrent que 88,7% des jeunes ont voté pour lui et 12,3% pour Nabil Karoui. Ces résultats sont comparables à ceux trouvés dans les enquêtes menées à la sortie des urnes et qui ont indiqué que 90% des jeunes âgés de 18 à 25 ans ont voté pour Kaïs Saïed. Ceux qui ont voté pour lui au premier tour ont renouvelé le même vote (93,5%).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une année après, comment les jeunes jugent-ils l’exercice de Saïed ?</h2>



<p>Après une année à la tête de l’Etat, l’évaluation par les jeunes des performances du président Saied soulève un certain nombre de questions.</p>



<p>Un peu plus du quart des jeunes enquêtés pensent que l’exercice du président de la République est de bonne qualité, presque la moitié la juge moyenne et le quart qui reste la trouve plutôt mauvaise. Est-ce le signe d’une déception politique ? Est-il assez tôt pour juger des performances de Saïed ?</p>



<p>Le croisement de cette évaluation selon le candidat pour qui le jeune a voté au premier tour va nous renseigner davantage.</p>



<p>Dans la cohorte des déçus de Kaïs Saïed, les plus négatifs sont ceux qui ont voté pour Nabil Karoui, Abdelfattah Mourou, Youssef Chahed et Seifeddine Makhlouf au premier tour. Par contre 27% des jeunes qui ont voté Mohamed Abbou pensent que les performances du président sont bonnes alors que 17,6% les jugent plutôt mauvaises. Ces pourcentages sont respectivement de 31,8% et 19,2% pour ceux qui ont voté pour Lotfi Mraihi, et 18,7% et 19,6% pour les électeurs de Safi Said.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sont-ils prêts à voter pour les mêmes candidats une seconde fois ?</h2>



<p><a></a><a></a> L’enquête de Lam Echaml a cherché à savoir pour qui voteraient les jeunes au cas où des élections se tiendraient aujourd’hui (décembre 2020). Presque un quart des enquêté(e)s (26,3%) s’abstiendrait et un autre quart (24,6%) est composé d’indécis et ne savent pas pour qui ils vont voter. Pour le reste la majorité voterait pour Kaïs Saïed (21,7%), Abir Moussi (4,4%) et Safi Said (4,8%).</p>



<p>On notera donc que Kaïs Saïed n’a pas pu, au cours de cette première année de sa présidence, fidéliser ceux qui sont venus renforcer son électorat au second tour.</p>



<p>La structure du vote (si les élections se tenaient aujourd’hui) semble figée car une grande partie des jeunes qui ont voté pour Abir Moussi, Nabil Karoui, Kaïs Saëed et Safi Said ne seraient pas enclins à accorder leur voix à un autre candidat, alors que nombre d’entre eux demeureraient hésitants, ne sachant pas pour qui ils accorderaient leur voix ou même s’ils prendraient la peine d’aller voter.</p>



<p>En conclusion on peut dire que&nbsp;les jeunes vivent l’injustice au quotidien, en plus de leur exclusion sociale, économique et politique, ils sont exposés à différentes formes de violence comme la <em>«hogra» </em>(mépris), la violence verbale et physique et la corruption.</p>



<p>Le plus inquiétant, c’est qu’un grand nombre de jeunes pour échapper à leur marginalisation, sont prêt à courir tous les risques. Beaucoup ont déclaré avoir pensé à la <em>«harga» </em>(la migration clandestine).</p>



<p>En tête de leurs préoccupations, les jeunes placent le travail et la famille avant la religion, la patrie et la politique.</p>



<p>Les attitudes des jeunes vis-à-vis de l’égalité des sexes restent en-deçà du niveau souhaité. Parmi les enquêté(e)s plusieurs ont répondu que ce n’était pas une question importante pour eux.</p>



<p>L’étude s’est également intéressée à la question de la séparation entre la religion et la politique : la moitié des jeunes pensent que cette séparation est nécessaire alors qu’un peu plus que le quart d’entre eux ne l’acceptent pas. Cela ne veut pas dire que le principe de laïcité est compris et assumé.</p>



<p>Concernant la répartition des richesses, une minorité de jeunes la juge équitable. Par contre les 2/3 soutiennent que l’essentiel des ressources sont entre les mains de quelques privilégiés.</p>



<p>Cette perception de la société tunisienne n’empêche nullement qu’un grand nombre de jeunes restent optimistes quant à l’existence de solutions pour améliorer les conditions de vie de la population en Tunisie.</p>



<p>L’étude a abordé également un sujet d’actualité&nbsp;: la position des jeunes vis-à-vis des élites et des partis politiques. Les résultats de l’enquête ont montré qu’une grande majorité (les 2/3) des jeunes est contre eux. La déception des jeunes tunisien(ne)s a, dix ans après la révolution, a atteint des proportions inquiétantes, puisque le tiers des enquêté(e)s (appartenant à tous les niveaux d’instruction) pense que la démocratie ne convient pas au pays.</p>



<p>Enfin, les événements du 25 juillet 2021, qui furent l’expression de la colère des jeunes tunisiens, corroborent ce que l’étude de Lam Echaml a signalé plus d’une année avant&nbsp;: peu de jeunes sont intéressés par la politique, mais ce désintéressement ne veut pas dire la non-participation à l’action politique, citoyenne de protestation qui les attire de par sa spontanéité, son caractère non organisé et quelquefois anarchique. Elle leur donne l’occasion de faire de la politique d’une autre manière.</p>



<p><em>* Président de Lam Echaml.</em></p>



<p><strong><em>Notes :</em></strong></p>



<p><em>1- Rapport de Lam Echaml sur : «Enquête sur les déterminants du vote des jeunes tunisiens aux élections de 2019» (novembre 2020).</em></p>



<p><em>2- Lam Echaml remercie vivement MM Hafedh Chkir et Ahmed Mzoughi pour le pilotage de cette étude.</em></p>



<p><em>3- Seuls 4% des membres de l’ANC étaient âgés de moins de 30 ans et 17% étaient âgés entre 30 et 40 ans.</em></p>



<p><em>4- 32,8% des jeunes l’ont cité en premier.</em></p>



<p><em>5- 28,1% pour le total des deux sexes mais beaucoup plus pour les femmes (32,9%) que pour les hommes (23,4%).</em></p>



<p><em>6- Uniquement 4,5% des jeunes l’ont mentionné comme qualité première.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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		<item>
		<title>Avant et après les mesures de Kaïs Saïed : les deux impasses ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Nov 2021 13:31:55 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mahdi Elleuch]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Nachaz Dissonances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De quoi le 25 juillet est-il le nom ? On épiloguera longtemps sur la question. Les polémiques enflent : coup d’État («constitutionnel» ou pas) ? Révolution dans la révolution ? Coup d’arrêt du cycle de renoncement social? Nouveau souffle dans la réhabilitation de l’État? Ou inauguration d’une autocratie populiste après une décennie de ploutocratie sournoise?...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/05/avant-et-apres-les-mesures-de-kais-saied-les-deux-impasses/">Avant et après les mesures de Kaïs Saïed : les deux impasses ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Kais-Saied-Avenue-Bourguiba-25-juillet-2021.jpg" alt="" class="wp-image-357386"/><figcaption><em>Kais Saied, 25 juillet 2021, après l&rsquo;annonce des mesures exceptionnelles. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>De quoi le 25 juillet est-il le nom ? On épiloguera longtemps sur la question. Les polémiques enflent : coup d’État («constitutionnel» ou pas) ? Révolution dans la révolution ? Coup d’arrêt du cycle de renoncement social? Nouveau souffle dans la réhabilitation de l’État? Ou inauguration d’une autocratie populiste après une décennie de ploutocratie sournoise?</em></strong></p>



<span id="more-368809"></span>



<p>Ce qu’il faut retenir pour l’heure est que l’acte de Kais Saied est venu sanctionner la faillite de la classe dirigeante qui tenait les rênes du pouvoir depuis 2011. Plus largement, il dévoile l’incurie des oppositions, l’épuisement du dispositif partisan en place, et surtout l’aversion que la <em>«transition»</em> institutionnelle inspire désormais à une grande partie des citoyens. Ce sentiment recouvre un profond ressentiment : et s’il dénote certes un désir d’État social, il recèle en même temps une disponibilité populaire à l’aventure populiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il fallait une issue pour sortir de l’impasse</h2>



<p>Le psittacisme de Kais Saied, depuis son discours de décembre 2020 à Sidi Bouzid valorisant l’insurrection sociale du 17/10 et rabaissant la symbolique démocratique du 14/11, semble donc (durablement ?) conforté.</p>



<p>Ce qu’il faut noter en second c’est l’adhésion d’un grand nombre de jeunes et leur alignement derrière le panache blanc de Kais Saied. Ne focalisons pas sur les officines sécuritaires et fascisantes qui parasitent les réseaux sociaux et entretiennent un climat de fanatisme autour du président et de diabolisation de toutes les sensibilités critiques. Il y a un engouement réel au (non) projet Kais Saied. Même si le ressentiment, encore une fois, perce souvent derrière l’euphorie. La révolte n’est pas toujours portée par l’espérance, elle recèle aussi des passions tristes.</p>



<p>Mais, l’accaparement du pouvoir par Kais Saied s’est déroulée comme chacun sait en deux temps.</p>



<p>Le 25 juillet, la désinvolture juridique, dans l’interprétation de l’article 80 de la Constitution, est avérée. Mais le geste du président de la république pouvait invoquer, à raison, un dysfonctionnement institutionnel devenu périlleux pour le devenir de l’État et une situation politique désastreuse qui précarisait toujours plus la vie quotidienne des Tunisiens, surtout dans le contexte pandémique que l’on sait.</p>



<p>Le président pouvait également se prévaloir d’un soutien massif aux mesures d’exception qu’il a décidées. Que cet enrôlement populaire soit éphémère ou durable, qu’il procède d’un désir d’autorité, quelle qu’en soit la forme, ou d’une aspiration à la moralisation de la vie politique… il est indubitable. Et on ne peut pas, au nom des valeurs démocratiques, écarter d’un revers de main l’acteur éponyme de la démocratie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le risque de se trouver de nouveau dans l’impasse</h2>



<p>On en était là : avant le 25/7, il fallait une issue pour sortir de l’impasse dans laquelle l’État s’est enferré. Le coup d’arrêt, hautement contestable juridiquement, a néanmoins suscité une adhésion réelle au-delà des soutiens zélés du Président. Puis advint le 22 septembre et le décret présidentiel 117 : l’issue qui se profile n’augure rien de bien démocratique et risque de mener de nouveau vers l’impasse.</p>



<p>Le pays évolue ainsi sous le signe du <em>double bind</em>, souligné par les commentateurs les plus nuancés.</p>



<p>L’attachement au droit est nécessaire, mais le droit seul ne permet pas d’élucider la situation sociale et politique dans laquelle s’enlise le pays. Le juridisme qui a imprégné le processus de démocratisation a pris un coup. Tant mieux ou tant pis ! Nous devons, en tout état de cause faire attention au risque de voir le souci du droit, et de l’État du même nom, partir avec l’eau du bain de la <em>«transition»</em>. La disqualification de l’ensemble du texte constitutionnel et le lynchage symbolique des juristes qui prolifère dangereusement sur les réseaux sociaux, n’annonce, à cet égard, rien de bon. On est passé du fétichisme de la constitution à la haine populiste des normes.</p>



<p>Le populisme affectionne l’anomie parce que la conception du <em>«peuple» </em>qu’il colporte n’est comptable d’aucune identification sociale, culturelle et encore moins juridique de ce vocable. Le peuple du populisme est purement discursif. Et le discours de Kais Saied procède, en l’espèce, d’un populisme chimiquement pur.</p>



<p>Bien avant les élections de 2019, la scène post-révolutionnaire et sa devanture médiatique résonnaient d’un populisme polyphonique. Les différents discours populistes se présentaient comme autant de versions exacerbées de courants politiques préexistants. Le moment Saïed apparaît comme celui de la monopolisation de la parole populiste, les populismes concurrents étant piteusement réduits à l’argumentaire de défense des droits et libertés qu’ils vouaient, hier encore, aux gémonies. Il faut ajouter que cette tendance est renforcée par le raidissement souverainiste suscité par les marques de défiance des capitales occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les partis en pleine déconfiture</h2>



<p>Certes, le séisme a redessiné la cartographie politique en place : discrédité et profondément divisé, l’islam politique se retrouve sur la défensive et ses alliés en pleine déconfiture ; l’opposition et la centrale syndicale sont tétanisées et acculées à l’attentisme, le Parti destourien libre (PDL) perd pied et en est réduit à de vaines vociférations (même s’il continue à jouir d’une assise électorale confortable selon les sondages)…</p>



<p>S’agissant de la société civile, qui nous intéresse ici en premier, des clivages en pointillés semblent affirmés et opposent les défenseurs de la légalité démocratique aux activistes décidés à en découdre avec l’establishment responsable de la <em>«décennie perdue»</em>. Ces derniers approuvent, ostensiblement, ou <em>mezzo voce</em>, et soutiennent avec un entrain inégal le coup de Kais Saied. Cette dispersion est une épreuve pour les solidarités précaires, intermittentes ou ambiguës.</p>



<p>La société civile est traversée par des lignes de partages qui ne recoupent pas toujours celles de la société politique : la défense des droits et liberté versus l’attachement à la question sociale est compliquée, dans le contexte de l’après 25/7, par l’opposition (parfois factice) entre l’attachement au droit existant et la volonté de renouer avec l’inspiration sociale première de la révolution.</p>



<p>Au lendemain du 25/7, malgré ces clivages de surface, la ligne de partage des eaux issue de l’insurrection de 2010/2011 demeurait à peu près la même épousant la même configuration triangulaire : les épigones de l’ancien régime, l’islam politique et les diverses nuances du camp démocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Saïed ne débat pas, ses supporters applaudissent</h2>



<p>Le 22 septembre en revanche risque d’affecter autrement le paysage politique et civil en cristallisant de nouveaux regroupements. La rue est aujourd’hui partagée entre les opposants au <em>«putsch présidentiel»</em> appuyés par les perdants politique du 25/7 (grossièrement, feue <em>«la troïka parlementaire»</em>) et les supporters hétéroclites de Kais Saied, fédérés par la haine commune de l’islam politique, galvanisés par des officines très actives sur les réseaux sociaux (impromptues ou manipulées ?) et par la parole oraculaire et vindicative du président. Une parole suivie parfois d’actes arbitraires aussitôt salués comme autant de prouesses.</p>



<p>Ce face-à-face escamote l’enjeu démocratique : Saïed ne débat pas, il accuse et ses supporters n’argumentent pas, ils applaudissent. D’une certaine manière, le moment que nous vivons est un arrêt, un figement de la politique.</p>



<p>Une sidération bipolaire dont la première conséquence est l’évacuation de quantité d’acteurs qui ne peuvent se résoudre à la double contrainte leur intimant de choisir entre la légalité constitutionnelle au risque de réhabiliter le statu quo ante et les mesures d’exception au risque de bénir la dérive autocratique.</p>



<p>Les silences, les hésitations, et même la sourde colère contre le solipsisme présidentiel (pour dire les choses par un euphémisme) sont significatifs du grand désarroi démocratique face au bouleversement brusque de la règle du jeu et de la mise en crise de nos vieux cadres de pensée et d’action.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas entériner l’illusion populiste du <em>«sauveur suprême»</em></h2>



<p>La difficulté qu’il importe de surmonter est de dévisager et de déconstruire les tensions entre nos formes de mobilisation conventionnelles reposant sur l’idée que la réforme institutionnelle est le sésame du changement social et la créativité radicale des nouveaux acteurs qui n’est pas elle-même à l’abri des errements et des impasses. Car pour beaucoup de mouvements de jeunes, il s’agit d’investir le 25/7 d’un sens qui va au-delà de l’horizon Kais Saied. Il faudra écouter cette espérance-là. Sans pour autant entériner l’illusion populiste du <em>«sauveur suprême»</em>.</p>



<p>Le face-à-face entre le président et le peuple des <em>«supporters»</em> abolissant tout corps intermédiaire souligne a contrario le besoin d’une société civile entreprenante, audacieuse et capable de s’arracher de la torpeur démocratique.</p>



<p>A l’heure qu’il est, plusieurs scénarios sont possibles : un cafouillage institutionnel et juridique de longue durée; la voie plébiscitaire et la mise en place d’un régime présidentiel glissant sur la pente naturelle du présidentialisme; une autocratie bavarde et pusillanime s’appuyant sur les forces armées (en surplomb) et se prévalant du soutien populaire…</p>



<p>Quoi qu’il advienne, qu’il parle au nom du peuple ou qu’il soit plébiscité par le peuple, un diktat est un diktat.</p>



<p>Le scénario alternatif de la reprise d’une construction démocratique arrimée aux réformes sociales, dépendra en grande partie de la capacité de mobilisation de la société civile et de la société de résistance dans son ensemble.</p>



<p>Au fond la question Saïed serait simple s’il n’y avait pas le soutien d’une grande partie de la jeunesse au personnage. Ce soutien est indexé sur la vocation ambiguë du <em>«saïedisme»</em> à affronter le <em>«système»</em> (sa police d’ancien régime et sa justice à plusieurs vitesses). On peut même parier sur la lucidité et le pragmatisme des mouvements de jeunes dont les ressources nous échappent souvent. Ce sont ces ressources qu’il faudra interroger. Et c’est avec eux qu’il faut penser et agir demain.</p>



<p>Afin de confronter les idées et les visions sur le 25 juillet, le 22 septembre, la question Saïed…, le collectif associatif Nachaz Dissonances organise une rencontre-débat le samedi 6 novembre 2021 à partir de 9H30 au siège de la Bibliothèques nationale, au boulevard du 9-Avril à Tunis (3e étage), avec la participation de Amel Grami, universitaire (islamologie et études de genre), Moncef Ben Slimane, universitaire, président de l&rsquo;association Lam echaml, et Mahdi Elleuch, juriste, chroniqueur à Legal Agenda.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Nachaz-Dossonances-1024x534.jpg" alt="" class="wp-image-368810" width="500"/></figure></div>
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