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	<title>Archives des Moncef Ghachem - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Moncef Ghachem - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/beit-al-hikma-ecarte-tahar-bekri-et-moncef-ghachem-de-la-poesie-francophone-de-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:34:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Zine Elabidine Hamda]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Beit al-Hikma exclut nos deux grands poètes Tahar Bekri et Moncef Ghachem de  «la» poésie francophone de Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/beit-al-hikma-ecarte-tahar-bekri-et-moncef-ghachem-de-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres, et des arts (Beït al-Hikma) vient d’annoncer l’organisation le 15 avril 2026 d’un colloque portant sur «La poésie francophone de Tunisie». Mais dans l’aréopage poétique qui illustre selon les organisateurs «la» poésie francophone de Tunisie, sont exclus nos deux grands poètes Tahar Bekri et Moncef Ghachem. Un choix difficile à justifier et encore moins à défendre.</em></strong></p>



<p><strong>Zine Elabidine Hamda *</strong></p>



<span id="more-18568896"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda.jpg" alt="" class="wp-image-18568918" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le programme proposé au public porte, en effet, sur les œuvres des poètes tunisiens Mohamed Jamoussi, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem, du franco-hongrois Lorand Gaspar, résident en Tunisie entre 1970 et 1995 et mort à Paris en 2019, du&nbsp;poète italien, né en Tunisie, Mario Scalesi, mort en 1922 à Palerme et auteur d’un seul recueil, <em>‘‘Les poèmes d’un Maudit’’</em> publié à titre posthume, et des membres de l’Académie Hichem Ben Ammar, Kamel Gaha et Samir Marzouki, les deux derniers étant modérateurs du colloque.</p>



<p>L’Académie reste certes dans son rôle quand elle sélectionne les plumes qu’elle juge pertinentes pour ses colloques. Elle peut ignorer des voix montantes comme celles de Fatima Maouia et Mokhtar El Amraoui. Mais écarter Bekri et Ghachem relève, à mon sens, de l’incompréhensible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que ne faut-il pas pour être invisibilisé&nbsp;?</h2>



<p>Faut-il rappeler à nos éminents académiciens que Moncef Ghachem est un des pionniers de la poésie tunisienne en langue française&nbsp;? Ses recueils de poésie qui chantent, qui crient plutôt, la mer de Mahdia, sa ville natale, la terre tunisienne, ses lieux sublimes, ses paysages et ses hommes, ses affres et sa résilience, sont traduits dans plusieurs langues. Il est détenteur du&nbsp;Prix Albert-Camus (1994), lauréat de la mention spéciale du Prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor pour l&rsquo;ensemble de son œuvre<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moncef_Ghachem#cite_note-5"></a>(2006). Il a été fait Chevalier de l&rsquo;Ordre des palmes académiques françaises en&nbsp;1993&nbsp;et est détenteur du Cordon culturel du&nbsp;président de la République tunisienne (1994). Que ne faut-il pas pour être invisibilisé&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Voix libres de tous les combats</h2>



<p>Tahar Bekri, quant à lui, continue de briller de mille feux. Il vient de sortir deux nouvelles œuvres,<em> ‘‘Je te revois, père’’ </em>(Bruxelles, Asmodée Edern,&nbsp;2026), livre autobiographique en prose poétique et une anthologie de <em>‘‘Poètes tunisiens&nbsp;: textes choisis, traduits de l’arabe’’ </em>(Tunis, Nehed). Après une thèse sur l’Algérien Malek Haddad, il traduit Abul Kacem Chebbi et Mahmoud Darwish. Du lieu de son exil forcé par le régime despotique de Bourguiba, après une courte incarcération injuste, il n’a cessé de chanter dans ses recueils de poésie la Tunisie, sa terre natale, ses maux et ses espérances. Sa voix libre a été de tous les combats pour les libertés en Tunisie, pour l’indépendance de la Palestine, pour les causes d’émancipation des Africains et des Sud-Américains.</p>



<p>Son œuvre prolifique, dans les deux langues française et arabe, est éditée en Tunisie, en France, en Belgique et au Canada. Elle est traduite en plusieurs langues en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Italie, au Portugal, en Espagne, en Islande, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Elle fait l’objet de colloques, de recherches académiques en Tunisie, en France, en Italie, au Canada, au Danemark.</p>



<p>En Tunisie, la Faculté des lettres et sciences humaines de Sfax, qui figure bien dans le paysage académique tunisien, lui a consacré, les 2 et 3 mars 2017, un colloque international sous le titre «<em>Géopolitique de l’œuvre de Tahar Bekri»</em>, dont Kapitalis a rendu compte dans son édition du 25 février de la même année.</p>



<p>Tahar Bekri figure dans l’anthologie<em> ‘‘French Poetry: The Yale Anthology of Twentieth-Century’’</em>, New Haven, Yale University Press,&nbsp;2004. Membre de l&rsquo;Union des écrivains tunisiens, détenteur de l’ordre du Mérite culturel de la République tunisienne (1993), Tahar Bekri est récompensé du Prix international de littérature francophone&nbsp;Benjamin Fondane (2018). Il est le seul poète tunisien à être consacré en 2019 par l’Académie française qui lui décerne le&nbsp;prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises. En 2022, il devient membre de la plus ancienne académie de poésie en France (fondée en 1323), l’Académie des Jeux floraux<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tahar_Bekri#cite_note-17"></a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux parcours étincelants</h2>



<p>L’Académie Beït al-Hikma ignore-t-elle ces deux parcours étincelants qui honorent la Tunisie et les Tunisiens dans le monde par leur modestie et la grandeur de leurs écrits&nbsp;? J’en doute fort connaissant les membres du Département des Lettres de Beït al-Hikma. Il est vrai que la sagesse de cette auguste institution s’intéresse davantage, depuis quelque temps, au questionnement du Code du statut personnel et de la promotion des finances islamiques qu’aux questions lancinantes relatives à la liberté et à la justice que soulèvent les plumes tunisiennes.</p>



<p>Que ces mots rendent hommage à nos deux poètes illustres invisibilisés. C’est aussi à cela que sert la liberté d’expression.</p>



<p><em>* Journaliste et écrivain.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Mise au point de Samir Marzouki</h2>



<p>Je serais reconnaissant à la rédaction de <em>Kapitalis</em> de publier la mise au point suivante relativement à l’article de M. Hamda concernant le colloque sur la poésie francophone de Tunisie qu’organise le groupe de recherche sur la littérature tunisienne de langue française dépendant du département de Lettres de Beit al-Hikma le 15 avril 2026 et ce dans le but d’éclairer vos lecteurs et d’éviter une polémique stérile.</p>



<p>D’abord l’allégation selon laquelle les organisateurs de ce colloque auraient écarté les poètes Moncef Ghachem et Tahar Bekri est totalement fausse car Moncef Ghachem est au centre de la communication de Farah Zaiem dont le titre, qui mentionne la mer et les poissons, est une référence explicite au poète de Mahdia pour qui est familier de cette œuvre.&nbsp;</p>



<p>Ensuite, Tahar Bekri lui-même prendra la parole au cours d’un second colloque du même groupe de recherche, toujours à Beit al-Hikma, une semaine après ce premier colloque, les 22 et 23 avril, et ce pour parler de son œuvre.</p>



<p>Il faut enfin préciser ce qui suit pour éviter les confusions et les accusations à l’emporte-pièce contre l’Académie et les académiciens qui, dans leur spécialité, ont pour le moins déjà fait leurs preuves sur tous les plans, y compris déontologique.</p>



<p>Le colloque est organisé par un sous-groupe de recherche que je coordonne et qui est consacré à la poésie francophone de Tunisie, ce sous-groupe est une émanation du groupe de recherche coordonné par le Professeur Kamel Gaha et consacré, lui à la littérature francophone de Tunisie. Le projet du sous-groupe travaillant sur la poésie francophone de Tunisie est un projet de longue haleine visant à documenter cette poésie et prévoyant plusieurs colloques et tables-rondes pour atteindre cet objectif.</p>



<p>Le colloque du 15 avril est le premier de cette série de travaux scientifiques. Son programme a été élaboré à partir de propositions de communications conçues par les communicants à partir d’un argumentaire expliquant l’ensemble de la démarche et ses diverses étapes sans indication, sauf à titre d’exemple, Tahar Bekri et Moncef Gachem figurant du reste parmi ces rares exemples, des poètes dont il conviendrait de traiter l’œuvre et sans mentionner aucune priorité.</p>



<p>L’appel à communications était adressé aux membres du groupe de recherche mais aussi à d’autres universitaires ayant travaillé sur la poésie francophone de Tunisie. Le premier colloque, qui doit durer un seul jour, ne pouvait ambitionner de présenter un panorama exhaustif de la poésie francophone de Tunisie. Il se contente d’entamer, à partir de quelques exemples, une recension prévue dès le départ comme plus ambitieuse. Mohamed Aziza, Chams Nadir, par exemple, est un des plus grands poètes francophones de notre pays. Or, l’étude de son œuvre riche et complexe, n’a pas tenté, pour ce premier colloque, un des chercheurs pressentis mais cela ne signifie nullement que l’œuvre de ce grand protagoniste de notre histoire littéraire ne sera pas abordée dans les prochains travaux de notre groupe de recherche.</p>



<p>Précisons que le groupe de recherche n’est pas constitué que d’académiciens et que l’appel à communications a été également adressé à des universitaires qui ne faisaient pas partie de ce groupe de recherche.</p>



<p>Sur l’existence, dans le programme, de deux poètes qui n’avaient pas de passeport tunisien, je me contenterais de dire que le colloque est intitulé <em>«Poésie francophone de Tunisie»</em> et non <em>«Poésie tunisienne de langue française»</em>, ce qui ne signifie pas la même chose. Laurent Gaspar, bien que <em>«franco-hongrois»</em>, a passé la moitié de sa vie en Tunisie et son rapport à notre pays pourrait être envié par bien des Tunisiens. De plus, comme la communication de notre colloque qui lui sera consacrée le montre, l’inspiration tunisienne irrigue son œuvre. Scalési, quant à lui, bien que maltais, a vécu et publié en Tunisie, deux recueils du reste et pas un seul, et son œuvre, comme celle de Mohamed Jamoussi, illustre une période où la poésie francophone de notre pays ne se détachait pas suffisamment de l’influence de la poésie française.</p>



<p>Enfin, un mot sur des insinuations que comprend l’article auquel je réponds ici. Oui, Kamel Gaha, Samir Marzouki et Hichem Ben Ammar sont académiciens mais aucun d’entre eux n’a besoin de l’Académie pour promouvoir son œuvre. Kamel Gaha a publié deux recueils francophones remarqués. Samir Marzouki en a aussi publié deux et il en a un troisième sous presse tandis que Hichem Ben Ammar, qui fait partie d’un autre département que celui qui organise le colloque et qui n’est peut-être même pas au courant que ce colloque parlera de son œuvre, en a publié plusieurs. Il se trouve que, parmi les propositions qui ont remonté des contributeurs au colloque et qui n’avaient, je me permets de le répéter, aucune consigne relative aux poètes à traiter ni aucun listing de priorité, leurs trois œuvres poétiques ont été mentionnées, tout simplement.</p>



<p>Dans notre pays, nous manquons de travaux relatifs à notre patrimoine littéraire. Combien de colloques se sont intéressés au sujet de la poésie francophone de Tunisie&nbsp;?</p>



<p>Alors, quand des universitaires sérieux et une institution prestigieuse comme l’Académie s’y intéressent, peut-être qu’il convient d’abord d’assister aux travaux auxquels ce colloque annoncé doit donner lieu avant de stigmatiser ses organisateurs pour des oublis qui n’en sont pas.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/beit-al-hikma-ecarte-tahar-bekri-et-moncef-ghachem-de-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 06:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwahab Meddeb]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/">Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Salah-Garmadi.jpg" alt="" class="wp-image-371536"/><figcaption><em>Les photos de Salah Garmadi sont rares. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des situations surréalistes. Sa critique sociale reste pourtant primordiale, celle de l’intellectuel progressiste, engagé, rejetant les travers de la société.</em></strong></p>



<span id="more-371535"></span>



<p>Né en 1933 à Tunis, dans le quartier populaire de Halfaouine, il fut professeur de littérature arabe, chercheur en linguistique et traducteur, entre autres, des œuvres de Ferdinand de Saussure, André Martinet, Malek Haddad, Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra… Polyglotte, il a aussi traduit de l’allemand, de l’anglais, du grec et du russe.</p>



<p>Membre du Parti communiste tunisien, Salah Garmadi prit part à de nombreux événements culturels et littéraires. Il décède en 1982, dans des circonstances accidentelles qui avaient beaucoup ému l’opinion. L’écrivain espagnol, Ferran Cremades, lui consacre en 1991, un roman en catalan, <em>Linia trencada</em>&nbsp;(éd. 62, Barcelone)</p>



<p>Parmi ses œuvres (en français)&nbsp;: <em>Nos ancêtres les Bédouins</em>, P.J. Oswald, 1975; <em>Avec ou sans</em>, Cérès, 1982&nbsp;(auquel s’est ajouté le recueil en arabe, <em>Allahma al-hayya</em> (Chair vive) 1970); <em>Le Frigidaire</em>, nouvelles, Alif, 1986 (ouvrage posthume)&nbsp;; <em>Ecrivains de Tunisie</em>, Sindbad, 1981 (en collaboration avec Taoufik Baccar).</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p><em>avec ou sans amitié on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans pain béni</em></p>



<p><em>avec ou sans liberté aussi</em></p>



<p><em>et l’on mange des glaces dans les villes nazies</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans enfants on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans raison on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans guerre aussi</em></p>



<p><em>et l’on triture le fil des jours ternis</em></p>



<p></p>



<p><em>et parfois même aux cloportes on dit amis</em></p>



<p><em>et parfois même sur les mille-pattes on fait pipi</em></p>



<p><em>et parfois même aux bourreaux on dit bonjour</em></p>



<p><em>et parfois avec des fantômes on fait l’amour</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans espoir de vaincre on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans avoir de chancre on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans barbouiller d’encre aussi</em></p>



<p><em>et souvent le certificat d’études primaires</em></p>



<p><em>rapporte à ses heureux titulaires</em></p>



<p><em>mille fois plus que le nobel littéraire</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans remords on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans avoir tort on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans passe-port aussi</em></p>



<p><em>et l’on respire la bonne odeur de bambaloni</em></p>



<p><em>en rentrant de l’enterrement de ses amis</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans diplômes on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans anémones on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans recevoir d’aumônes aussi</em></p>



<p><em>et l’on rentre chez soi plein d’envie</em></p>



<p><em>de ne plus jamais avoir d’avis</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans amour on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans beaux atours on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans espoir de retour aussi</em></p>



<p><em>et l’on regarde les cheveux affadis</em></p>



<p><em>en espérant la mort des bigoudis</em></p>



<p></p>



<p><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p><em>avec ou sans bride on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans rides on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans avoir de guide aussi</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>«Avec ou sans», éd. Cérès, Tunis 1982.</strong></em></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vcxmAJw8zt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=WGMWmkn9x6#?secret=vcxmAJw8zt" data-secret="vcxmAJw8zt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I0GKdsrSyq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/">Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/embed/#?secret=1K3XSwI6bH#?secret=I0GKdsrSyq" data-secret="I0GKdsrSyq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EMoFjFGcL9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=uLifM8qA3L#?secret=EMoFjFGcL9" data-secret="EMoFjFGcL9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/">Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2021 07:26:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Mahdia]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ghachem]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né à Mahdia, en Tunisie, en 1946, Moncef Ghachem est l’une des voix majeures de la littérature maghrébine d’expression française. Descendant d’une famille de pêcheurs depuis quatre générations, la mer marquera profondément son univers poétique. «Je suis venu de la mer, de la soif, du cri. Je suis voué au cri comme les vents de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/">Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Moncef-Ghachem.jpg" alt="" class="wp-image-335274"/></figure>



<p><strong><em>Né à Mahdia, en Tunisie, en 1946, Moncef Ghachem est l’une des voix majeures de la littérature maghrébine d’expression française. Descendant d’une famille de pêcheurs depuis quatre générations, la mer marquera profondément son univers poétique. «Je suis venu de la mer, de la soif, du cri. Je suis voué au cri comme les vents de la mer», dira-t-il.</em></strong></p>



<span id="more-335272"></span>



<p>Après des études en Tunisie et en France, Moncef Ghachem a publié plusieurs recueils de poèmes : <em>‘‘Cent mille oiseaux’’</em> (1975), <em>‘‘Car vivre est un pays’’</em> (1978),<em> ‘‘Cap Africa’’ </em>(1989),<em> ‘‘Nouba’’ </em>(1997), où il fait retentir l’écho des poètes martyrs en Algérie,<em> ‘‘Orphie’’ </em>(1997), à l’éloge de la mer où il chante ses chers pêcheurs et marins, et toujours, la figure emblématique du père, et<em> ‘‘Mugelières : Pique d’étoiles’’</em> (2013). Dans <em>‘‘Matin près de Lorand Gaspar’’ </em>(1998), il rend hommage au poète français d’origine hongroise dont il fut longtemps l’ami et le voisin à Sidi Bou Saïd, le village arabo-andalous au nord de Tunis auquel ils étaient très attachés et ont résidé de 1971 à 1996.</p>



<p>En 1994, Ghachem publie <em>‘‘L’Épervier, nouvelles de Mahdia’’ </em>dans lequel il démêle de lucides et édifiantes histoires de ses solides filets de mémoire : <em>«C’était le printemps du paysan, celui qui portait dans sa voix brève et cristalline les jardins de la mer, celui qui récoltait de son rose champ le mulet et tirait de ses résidences caverneuses le pagre et le denté, celui qui caressait de ses paupières l’étoile du matin, pour rentrer, chaussé d’embruns, avec le loup des tempêtes exténuées. C’était mon père, et le temps est passé»</em>, témoigne-t-il.</p>



<p>Lors d’une rencontre littéraire organisée à Hautvillers en 1975, à laquelle participent de nombreux poètes francophones dont Léopold Sédar Senghor, Ghachem affirme :<em> «Je me gausse de l’angoisse sénile de ceux qui galvaudent la poésie maghrébine de langue française, prétextant déracinement et déculturation»,</em> exprimant ainsi l’idée de faire partie de l’univers des poètes qui écrivent en français, qu’ils soient du Maghreb, de l’Afrique Subsaharienne ou des Antilles, tout en acceptant la cohabitation des cultures.</p>



<p>Moncef Ghachem a reçu le prix International Mirabilia de poésie francophone en 1991 pour son œuvre, le Prix Albert Camus en 1994 (mention découverte) pour<em> ‘‘L’Épervier – Nouvelles de Mahdia’’ </em>et le prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor pour l’ensemble de son œuvre en 2006.</p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>J’écris avec cent milliards de balles à tirer<br>dans la cervelle des bobards les jambes des voleurs<br>la couronne des bavards la bourse des guerriers<br>le calcul des imbéciles sur l’échelle des grandeurs</em></p>



<p><em>avec la honte avec les chienneries de la haine<br>les cicatrices coites des mecs de cloaques les coups de triques<br>avec la traque la trouille avec les chiourmes les chaînes<br>dans troupeaux sombres des bourriques hongres d’Afrique</em></p>



<p><em>J’écris avec les hordes numides sur les routes chaudes<br>avec violence du sang ﬁdèle des ﬁls et des pères<br>avec cœurs fertiles des bédouines et leurs couches fécondes<br>amer exode rural des frères errances amères</em></p>



<p>J<em>’écris avec fellah au front de hurlement<br>sous écran de midi où mugit la sécheresse<br>le long des hamadas cuites ses espoirs mouvants<br>sa prière son blasphème sa fatigue sa carcasse</em></p>



<p><em>J’écris avec les bras tatoués des vieux pêcheurs<br>les chaluts les ancres les rames les palangres<br>caisses de poissons patrons-gueules –vides– maraudeurs<br>les naufrages les affres les guignes les gouffres</em></p>



<p><em>avec la faim avec le foutre avec la fureur<br>avec la flamme avec la rocaille avec l’arbre<br>avec la racaille avec les haillons avec la sueur<br>avec les chants percés de sang le mewall le sabre</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>J&rsquo;écris avec les menottes flanquées aux larynx<br>avec gueulards crasseux en sanglots dans les rues<br>avec planquées de noires ruelles vendeuses de sexes<br>avec mendiants de mon quartier complaintes pourries</em></p>



<p><em>avec le danger la menace l’audace la souffrance<br>les bungalows les bidonvilles les bulldozers les erreurs<br>les astuces les sarcasmes les ténèbres les absences<br>les routines les fatras le cafard et la peur</em></p>



<p><em>J’écris avec l’athlète le va-nu-pied l’inﬁrme<br>la jaunisse la tuberculose la typhoïde le typhus<br>infortunés mal-aimés indésirables infâmes<br>inﬁrmières souriantes leur dis merci au nom de tous</em></p>



<p><em>avec les cireurs regards jaunes les chômeurs babouches ﬁchues<br>ceux qui dorment dans le froid ceux qui rôdent dans les gares<br>les sans-abris les sans-espoir les sans-amis<br>le sang-bouilli le sang-cendré le sang-trimard</em></p>



<p><em>avec la mémoire et la chair des torturés<br>électrisés carbonisés enterrés – vifs martyrs<br>barreaux gants de bourreaux râles de loques châtrées<br>avec la mémoire avec amour avec l’ire</em></p>



<p><em>avec la concession les crimes les pègres les escortes<br>avec la crainte avec l’ordure avec la glèbe<br>la ﬁèvre et la folie la foudre la fonte<br>les scandales les hécatombes les temps-chacals les temps-crabes</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>J’écris avec mes aimées mes veuves mes meurtrières<br>celles que je déshabillais celles qui m’habillaient<br>de lumières celles qui pleurèrent celles qui m’emmenèrent<br>avec l’aube dans leur chambre pour nous embrasser et nous serrer</em></p>



<p><em>avec nos désirs nos morsures nos déchirures<br>toute la chanson des tendresses dans nos visages<br>avec nos retours fulgurante nos errances dures<br>nos insomnies nos silences nos gaietés nos orages</em></p>



<p><em>avec vent arrachant de la chair la mer la rumeur<br>avec fringales frémissantes aux corolles des caresses<br>avec étreintes qui supplient le cœur absolu des chaleurs<br>avec nudités démesurées de nos pauvres richesses</em></p>



<p><em>avec les gestes révulsés les langoureuses tempêtes<br>les murs du plaisir les portes des lassitudes<br>les serments les soifs aurorales les bêtes célestes<br>le délire astral le sommeil le réveil le vide</em></p>



<p><em>avec les viles villes les fosses macabres les bosses<br>les obstacles les déluges les cataractes<br>les frontières les enfers les cases les trous les crasses<br>l’ennui la perte les tohu-bohu les coups de tête</em></p>



<p><em>avec les saccades les clous les galles les énervements<br>la bacchanale les tam-tams les tangages les fumées<br>les besoins les remords les gaffes les licenciements<br>les maux latents de s’écouter se consumer</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>j’écris avec mes processions de poète errant<br>j’écris avec les jachères sèches de la terre<br>j’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>avec le baroud les bombes les plastics les rafales<br>l’or le pétrole le sahara les traﬁcs<br>la frime le kidnapping les capitulations les raﬂes<br>la cruauté la stérilité les narcotiques</em></p>



<p>J<em>’écris avec les esthètes les cosmonautes les bêtises les gloires<br>avec les monstres squelettes – à – vomir – des savanes – des – Biafras<br>avec mes frères fedayins aux aguets dans le noir<br>tous mes morts inconnus le massacre et la maﬁa</em></p>



<p><em>avec les enfants suppliciés et les angoisses des femmes<br>avec les mythomanes les génocides les apatrides<br>j’écris et le langage s’émeut et le roc s’enﬂamme<br>et la lumière éventre les déserts arides</em></p>



<p><em>J’écris avec toi bien-aimée mon sang mon cœur ma voix<br>douce mère ma patrie Tunisie mon offrande<br>je ne suis qu’à toi je peux me déchirer pour toi<br>Tunisie ma chérie ma Tunisie chaude amante</em></p>



<p><em>mon pays des plus pauvres que soi des soleils des plages<br>ma terre parsemée de courages de cris de victoires<br>d’oliveraies de palmeraies ma face de </em>deggaz<em> de mage<br>de labeurs d’éclairs de fureurs de cratères</em></p>



<p><em>o mère que je m’endorme que je m’étende en toi<br>que mon corps de palmes pourpres te couvre o sainte<br>ma joie mon joug ma force ma jeunesse ma foi<br>ma mère serre-moi prends moi loin du labyrinthe</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HLeF4hEeph"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/13/le-poeme-du-dimanche-chant-pour-humanite-en-detresse-de-tahar-bekri/">Le poème du dimanche : ‘‘Chant pour humanité en détresse’’ de Tahar Bekri</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Chant pour humanité en détresse’’ de Tahar Bekri » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/13/le-poeme-du-dimanche-chant-pour-humanite-en-detresse-de-tahar-bekri/embed/#?secret=mEU8Bt39sz#?secret=HLeF4hEeph" data-secret="HLeF4hEeph" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pOnnLyvo2p"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=wCq1UDsuS9#?secret=pOnnLyvo2p" data-secret="pOnnLyvo2p" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="a01yrifZad"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=TCv8mOIVIL#?secret=a01yrifZad" data-secret="a01yrifZad" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le poème de dimanche : ‘‘L’accident’’ de Mario Scalesi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2021 07:29:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bab Souika]]></category>
		<category><![CDATA[émigrés siciliens]]></category>
		<category><![CDATA[La Goulette]]></category>
		<category><![CDATA[la Petite Sicile]]></category>
		<category><![CDATA[littérature maghrébine d&#039;expression française]]></category>
		<category><![CDATA[Mario Scalesi]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ghachem]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marius Scalesi ou Mario Scalesi est un poète français d’origine italo-maltaise, né à Tunis, le 6 février 1892, et mort à Palerme le 13 mars 1922. Il est considéré comme le pionnier de la littérature maghrébine d&#8217;expression française. Mario Scalesi, fils d’une pauvre famille d’émigrés siciliens en Tunisie, est né au numéro 31 de la...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/31/le-poeme-de-dimanche-laccident-de-mario-scalesi/">Le poème de dimanche : ‘‘L’accident’’ de Mario Scalesi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Mario-Scalesi.jpg" alt="" class="wp-image-334294"/></figure>



<p><strong><em>Marius Scalesi ou Mario Scalesi est un poète français d’origine italo-maltaise, né à Tunis, le 6 février 1892, et mort à Palerme le 13 mars 1922. Il est considéré comme le pionnier de la littérature maghrébine d&rsquo;expression française. </em></strong></p>



<span id="more-334293"></span>



<p>Mario Scalesi, fils d’une pauvre famille d’émigrés siciliens en Tunisie, est né au numéro 31 de la rue Bab Souika, la rue des humbles émigrés siciliens, maltais et pauvres tunisiens, partageant les mêmes conditions de vie et s’exprimant dans un sabir franco-sicilien-arabe.</p>



<p>Son père Gioacchino, arrivé comme clandestin en Tunisie avec une barque depuis les côtes de Trapani, était sous-officier de la marine italienne, et il avait quitté sa ville natale, après avoir eu des problèmes avec la justice et avec un agent de police. Sa mère, d’origine maltaise mais de mère italienne, est née aussi à Tunis.</p>



<p>Mario grandit avec ses 5 frères dans le quartier populaire de Bab Souika et le père, comme beaucoup d’émigrants siciliens, trouva un poste de cheminot. Sa mère était une femme de ménage chez une famille française.</p>



<p>Mario resta infirme, bossu et boiteux, après une chute, à 5 ans, dans l’escalier de la maison familiale. C’est dans les écoles françaises de Tunisie qu’il fit ses études. Malade de tuberculose, il s’éteignit à 30 ans, en 1922, laissant un seul livre, <em>‘‘Poèmes d&rsquo;un maudit’’</em>, publiés l’année suivante, dont est tiré ce poème où il évoque l’accident ayant provoqué le drame de sa vie.</p>



<p>La triple appartenance civilisationnelle – italienne, tunisienne et française – est à l´origine aussi bien de son isolement et de son originalité, faisant de lui un précurseur de la poésie multiethnique et de la littérature maghrébine d’expression française qui devait mettre le problème identitaire au centre de ses préoccupations.</p>



<p>Il fit des études à l’école primaire française à Tunis et vécut à La Goulette, au quartier de la Petite Sicile. Il a travaillé comme critique littéraire avec les périodiques tunisois <em>«Soleil»</em> et<em> «La Tunisie Illustrée»</em>.</p>



<p>L’un des plus grands poètes contemporains en Tunisie, Moncef Ghachem a, dans une interview, déclaré: <em>«Je suis un fils de Mario Scalesi.»</em></p>



<p><em>L’instant où j’ai cessé de vivre,<br>Je le verrai longtemps encore.<br>(Quand l’espoir a fermé son livre<br>On peut bien dire qu’on est mort).</em></p>



<p><em>Muse, je veux que tu célèbres<br>Ce vieil et banal escalier<br>Qui, m’ayant brisé les vertèbres,<br>Me force à ne point l’oublier.</em></p>



<p><em>Tu connais l’histoire, je pense,<br>Puisque étaient par toi visités<br>Ces fantasques rêves d’enfance<br>Où riaient mes naïvetés.</em></p>



<p><em>C’était Noël. L’hiver d’Afrique,<br>Cet hiver aux avrils pareil,<br>Fleurissait dans l’air balsamique;</em><br><em>Sous les dorures du soleil.<br>J’allais là-haut chercher des cartes.<br>Une coutume d’autrefois<br>Voulait que l’on jouât les tartes,<br>Les fèves cuites et les noix.</em></p>



<p><em>L’escalier était un peu sombre.<br>Heureux, je rapportais le jeu,<br>Lorsque mon pied glissa dans l’ombre<br>Comme je songeais au ciel bleu.</em></p>



<p><em>On dit que, fuyant le suaire,<br>Parfois, la nuit, un trépassé<br>Hante sa chambre mortuaire<br>Pour y revivre le passé.</em></p>



<p><em>Et ces macabres escapades,<br>Voyez comme on les nie à tort:<br>Je sens fuir mes pensées malades<br>Vers l’escalier où je suis mort.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="H73PlegrGu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/06/le-poete-du-dimanche-trois-poemes-de-pier-paolo-pasolini/">Le poète du dimanche : Trois poèmes de Pier Paolo Pasolini</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poète du dimanche : Trois poèmes de Pier Paolo Pasolini » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/06/le-poete-du-dimanche-trois-poemes-de-pier-paolo-pasolini/embed/#?secret=xJeZPZsvEf#?secret=H73PlegrGu" data-secret="H73PlegrGu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TW9xYchASA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/15/le-poeme-du-dimanche-si-cest-un-homme-et-autres-poemes-de-primo-levi/">Le poème du dimanche : ‘‘Si c’est un homme’’ et autres poèmes de Primo Levi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Si c’est un homme’’ et autres poèmes de Primo Levi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/15/le-poeme-du-dimanche-si-cest-un-homme-et-autres-poemes-de-primo-levi/embed/#?secret=mVAPAFko63#?secret=TW9xYchASA" data-secret="TW9xYchASA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CDVsIUkQ58"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/24/le-poeme-du-dimanche-jai-descendu-en-te-donnant-le-bras-deugenio-montale/">Le poème du dimanche : ‘‘J’ai descendu, en te donnant le bras’’ d’Eugenio Montale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘J’ai descendu, en te donnant le bras’’ d’Eugenio Montale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/24/le-poeme-du-dimanche-jai-descendu-en-te-donnant-le-bras-deugenio-montale/embed/#?secret=hsZ7DgoXmX#?secret=CDVsIUkQ58" data-secret="CDVsIUkQ58" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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