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	<title>Archives des Mounir Chébil - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mounir Chébil - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Petite comparaison entre les élections aux Etats-Unis et en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2022 07:40:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Mongi Rahoui]]></category>
		<category><![CDATA[Mounir Chébil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petite comparaison entre la campagne électorale flamboyante aux Etats-Unis et la campagne misérabiliste en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/14/petite-comparaison-entre-les-elections-aux-etats-unis-et-en-tunisie/">Petite comparaison entre les élections aux Etats-Unis et en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La campagne flamboyante aux Etats-Unis était une leçon de démocratie. Avec l’argent, il y aura des députés plus ou moins honnêtes qui vont gouverner&#8230; le monde. La campagne misérabiliste en Tunisie va nous gratifier d</em></strong> »<strong><em>illustres inconnus venant de nulle part, qui vont s’empêtrer dans des débats cacophoniques, tellement le parlement sera éclaté et hétéroclite. C’est là, n&rsquo;est-ce pas,</em></strong> <strong><em>toute la différence entre le développement et le sous-développement.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil</strong></p>



<span id="more-4955610"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>


<p>En simple citoyen qui regarde la télé, j’ai dû suivre les chaînes étrangères qui ont focalisé leurs programmes, ces derniers jours, sur les élections législatives aux Etats-Unis. Organisées tous les quatre ans au milieu du mandat présidentiel (d’où leur appellation de <em>«midterm elections»</em>). </p>



<p>Ces élections de mi-mandat visent à renouveler les deux chambres parlementaires, soit la totalité des 435 sièges de la chambre des représentants et un tiers des 100 sièges du Sénat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plus qu’une compétition de personnes, un débat d’idées</h2>



<p>Ce que j’ai saisi, c’est que les candidats à ces élections appartiennent à des partis politiques bien structurés : soit au Parti démocrate soit au Parti républicain. Chaque candidat défend un programme, non pas local et régional mais qui a une portée nationale. Il se rapporte à la crise économique et sociale, ainsi qu’aux solutions à apporter aux périls qui guettent la démocratie, la politique étrangère, la sécurité nationale, autant de thèmes qui interpellent la conscience de l’électeur et le mobilise pour l’intérêt général. Plus qu’une compétition de personnes, c’était un débat d’idées. Certes, comme dans toute campagne électorale, il y a du populisme, mais c’était juste de l’épice pour relever la sauce.</p>



<p>Le programme est celui du parti adapté au contexte de la campagne législative. Chaque candidat a toute une équipe pour lui fignoler ses discours, organiser ses meetings, sa campagne de presse, planifier les rencontres directes avec les citoyens qui ont besoin de serrer la main à leur candidat, ou recevoir un tape de lui sur la joue… Dans l’équipe, il y a même des experts en habillement qui le conseillent pour son paraître et des conseillers pour la diction ainsi que pour le sourire. Rien n’est laissé au hasard. L’équipe est dirigée par un chef qui chapeaute la campagne. Donc, derrière l’équipe, il y a le parti et surtout les finances du parti qui proviennent du produit des adhésions, des activités lucratives, des dons, du sponsoring et du lobbying. Car chaque parti a des lobbys qui le soutiennent pour essayer d’influencer, plus tard, certaines prises de décision.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="10tCU56Hyw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/13/des-legislatives-made-in-tunisie-silence-on-improvise/">Des législatives made in Tunisie : Silence, on improvise !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Des législatives made in Tunisie : Silence, on improvise ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/13/des-legislatives-made-in-tunisie-silence-on-improvise/embed/#?secret=xE31I4sZu7#?secret=10tCU56Hyw" data-secret="10tCU56Hyw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On estime aux Etats-Unis que la loi est faite par les hommes et pour les hommes et que les législateurs réunis au congrès ont besoin d’être éclairés sur les intérêts en présence. Dans la vieille démocratie américaine, on reconnait <em>«une utilité aux conversations de couloirs qui permettent aux acteurs de la vie réelle ou leurs porte-paroles appointés de faire connaître aux membres du congrès les vœux et les soucis que leur inspire la législation en cours d’élaboration.» *</em></p>



<p>Les Américains sont réalistes et pragmatiques. La politique, il lui faut de l’argent. Le misérabilisme et l’amateurisme sèment la confusion et cultivent la démagogie et la médiocrité.   </p>



<p>Tout est clair pour tout le monde et la compétition est transparente et à armes égales. Tous s’accordent que la politique c’est la course pour le pouvoir et que le pouvoir est toujours au service des intérêts de la nation avec ses pauvres et ses riches, certes, selon des points de vue différents. Tout est question de dosage, de pouvoir mais aussi de contre-pouvoir et de compromis pour éviter les blocages.</p>



<p>L’équipe qui gagne est jugée sur ses résultats par rapport à son programme proclamé publiquement et sur sa capacité de réussir le dosage qui ne doit en aucune manière trop léser les pauvres gens trop regardants sur leur pouvoir d’achat, les prestations du service public et sur la sécurité. La campagne actuelle l’a bien démontré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En Tunisie, Monsieur propre veut la propreté</h2>



<p>Nous aussi en Tunisie nous sommes en période de campagne électorale pour les législatives. Mais contrairement aux élections américaines où la campagne est flamboyante et où l’argent est à profusion, ici on demande aux candidats de mener leur campagne discrètement, en solitaire, avec un budget pouvant juste couvrir le prix de quelques <em>«capucins»</em> (le cappuccino italien) et de quelques paquets de cigarettes de marque Cristal. Ce budget a permis de <em>«faire»</em> un président, Kaïs Saïed en l&rsquo;occurrence, que dire pour un député. Qui peut le plus, peut le moins.</p>



<p>Le décret présidentiel du 15 septembre dernier qui tient lieu de loi électorale exige de celui qui postule à un mandat de parlementaire d’être parrainé par 400 électeurs (200 hommes et 200 femmes) pour que sa candidature soit acceptée. Donc, à pied, à bicyclette, en moto, en tacot, ou à dos d&rsquo;âne, le postulant aux législatives doit faire du porte-à-porte pour avoir ces parrainages. Il n’a pas le droit de payer le café ou l’apéritif à celui qui va lui donner sa signature. Il n’a pas le droit d’offrir une fleur à la dame dont il sollicite le parrainage. Il ne doit être ni courtois ni galant. Pour le café, il peut être condamné pour achat de sympathie. Pour la fleur ou la courtoisie, il peut être accusé de harcèlement. Si on lui paye le café, il sera considéré comme corrompu.</p>



<p>Par conséquent, le candidat ne peut que faire le tour de ses proches, des membres de son clan ou de sa tribu ou de son quartier et gare au voisin ou au parent qui l’invite à un couscous&nbsp;! Monsieur propre veut la propreté. Les candidats des partis suivront certainement ce parcours. Mongi Rahoui ne va pas compter sur les prolétaires, mais sur les membres de sa tribu comme pour les autres fois.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="c9LPF1Y2MU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/tunisie-des-elections-pour-quoi-faire-ou-les-cauchemars-de-farouk-bouasker/">Tunisie: des élections pour quoi faire ou les cauchemars de Farouk Bouasker </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie: des élections pour quoi faire ou les cauchemars de Farouk Bouasker  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/tunisie-des-elections-pour-quoi-faire-ou-les-cauchemars-de-farouk-bouasker/embed/#?secret=E1Mw5uBRBU#?secret=c9LPF1Y2MU" data-secret="c9LPF1Y2MU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les candidats qui seront retenus pour la course à l’hémicycle doivent se débrouiller pour faire un dépliant, un poster et monter une tente ici et là pour se présenter aux électeurs. Même pour ce maigre étalage, ils devraient tous justifier l’origine de leurs dépenses. Monsieur propre veut la propreté.</p>



<p>En guise de programme, le candidat à la députation, dirait soit qu’il rendrait la verte Tunisie encore plus verdoyante malgré la sécheresse, soit qu’il ferait tout pour dépoussiérer les rues de la circonsription où il se représente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le misérabilisme ne peut produire que de la misère</h2>



<p>Avec ou sans programme, le candidat sera inéluctablement élu par ses amis et les amis de ses amis, par les membres de sa grande famille et par son clan ou sa tribu, et ce sont les patriarches qui lui draineront les moutons de panurge. Ces derniers égorgeront certainement des moutons pour les convives aux élections. Mais le candidat ne doit pas apparaître. L’œil de Big Brother veille sur tous. Le mieux, c’est qu’au jour du festin, il prend, devant témoins, un <em>lablabi</em> (bol de pois chiche) dans une gargote, la plus sale si possible, pour montrer ainsi patte blanche.</p>



<p>Certainement que malgré tous les garde-fous, l’argent va se faufiler dans le processus électoral et que peut-être des partis présenteront des candidats prétendument indépendants. Et grâce à leurs bas de laine, il y aurait des spéculateurs et des contrebandiers ou leurs hommes de paille au parlement, comme les autres fois.</p>



<p>Donc personne n’a de programme, sauf pour le parti d’Echaab, réputé pour son entrisme opportuniste et pour son adoration des dictateurs, et son programme, on le connaît, c&rsquo;est libérer la Palestine et unifier la nation arabe. Et si ce n&rsquo;est pas d&rsquo;ici la fin de ce siècle, ce serait forcément après!</p>



<p>Des énergumènes essaieraient aussi de convaincre les électeurs de la capacité des extraterrestres à diriger ce pays. Le malheur, c’est qu’ils trouveraient une audience auprès de Tunisiens crédules qui ont désespéré des terriens.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La campagne flamboyante en Amérique était une leçon de démocratie. Avec l’argent, il y aura des députés plus ou moins honnêtes qui vont gouverner le monde. La campagne misérabiliste en Tunisie va nous gratifier d&rsquo;illustres inconnus venant de nulle part, qui vont s’empêtrer dans des débats cacophoniques, tellement le parlement sera hétéroclite. C’est là, n&rsquo;est-ce pas, toute la différence entre le développement et le sous-développement. </p>



<p><em>* Haut cadre à la retraite.</em></p>



<p>*<em>* Bernard Chantebout, « Droit constitutionnel et sciences politiques », édition Armand Colin, 6e édition, 1985, 328 <em>page</em></em>s<em>.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/14/petite-comparaison-entre-les-elections-aux-etats-unis-et-en-tunisie/">Petite comparaison entre les élections aux Etats-Unis et en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : une constitution «fi bilad ettararanni»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/16/tunisie-une-constitution-fi-bilad-ettararanni/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 08:17:02 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hichem Méchichi ne devrait pas succomber aux pressions qui le poussent à faire des concessions sur ses propres pouvoirs, surtout que Kaïs Saïed ne serait ni à sa première ni à sa dernière tentative de blocage institutionnel, tellement il trouve le costume constitutionnel qu’il porte trop serré pour ses ambitions. Ce n’est pas parce que...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/16/tunisie-une-constitution-fi-bilad-ettararanni/">Tunisie : une constitution «fi bilad ettararanni»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Kais-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-336453"/></figure>



<p><strong><em>Hichem Méchichi ne devrait pas succomber aux pressions qui le poussent à faire des concessions sur ses propres pouvoirs, surtout que Kaïs Saïed ne serait ni à sa première ni à sa dernière tentative de blocage institutionnel, tellement il trouve le costume constitutionnel qu’il porte trop serré pour ses ambitions. Ce n’est pas parce que Kaïs Saïed est en conflit avec Rached Ghannuchi, le chef islamiste président de l’ARP, qu’on doive tout lui tolérer.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil </strong>*</p>



<span id="more-336452"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>Le chef du gouvernement, Hichem Méchichi, a entrepris un remaniement ministériel portant sur 11 ministres. Tard dans la soirée du 26 janvier 2021, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a émis un vote de confiance aux nouveaux ministres avec une large majorité de 147 voix. Suivant l’article 89 de la constitution, le président de la république devait procéder à leur nomination après qu’ils aient prêté devant lui le serment suivant :<em> «Je jure par Dieu Tout-Puissant d’œuvrer avec dévouement pour le bien de la Tunisie, de respecter sa constitution et ses lois, de veiller à ses intérêts et de lui être loyal.»</em></p>



<p>Dans ce domaine, le président de la république Kaïs Saïed ne peut refuser cette nomination étant donné qu’il y est astreint puisqu’il ne dispose en la matière que d’une compétence liée. (Voir, Mounir Chébil, <em><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/02/11/hichem-mechichi-doit-assumer-ses-choix-jusquau-bout/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">«Hichem Méchichi doit assumer ses choix jusqu’au bout»</a></em>, in Kapitalis du 11 février 2021). Or, le président a opposé un niet catégorique à l’organisation de la cérémonie de prestation de serment et de nomination, laissant le chef de gouvernement dans l’expectative, et les nouveaux ministres dans l’antichambre de leurs ministères, provoquant ainsi un blocage institutionnel grave en pleine période de crise économique et sanitaire. Pourtant, en tant que chef d’Etat, Kaïs Saïed se devait de veiller à la continuité et à l‘unité de l’Etat comme cela lui est intimé par l’article 72 de la constitution.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un imbroglio kafkaïen</h3>



<p>Alors que tous attendaient un déblocage de cet imbroglio kafkaïen, le 11 février 2011, le président de la république a choisi de se réunir avec les chefs des groupes parlementaires tout en prenant le soin d’ignorer le groupe du Parti destourien libre (PDL), entre autres. Devant les parlementaires présents, il a martelé un discours en langue de bois pour leur rappeler qu’il était lui la constitution et la seule autorité actuelle qui dispose du pouvoir de son interprétation. Ainsi, tous doivent-il se plier à ses diatribes. Il est le seul président de la république, il n’est ni facteur, ni la servante devant porter Ibn El Qarah (Méchichi) <em>«zaqafouna»</em> (à califourchon sur le dos) aux portes du paradis, avait-il dit auparavant. Devant les parlementaires, il reprend la formule historique de Tarak Ibn Ziad lors de la conquête d’Espagne :<em> «La mer est derrière vous et l’ennemi et au devant vous»</em>, en l’ajustant à la situation comme suit : <em>«La constitution est derrière vous et le peuple est devant vous et je fais partie du peuple.»</em>, un langage guerrier de la part d’un président qui devait assurer la paix et l’unité du pays. Je ne serais pas surpris si au cours d’un autre conflit institutionnel, il nous vanterait les vertus de <em>«zahm ennaam»</em>(1).</p>



<p>L’enseignant constitutionnaliste, le président interprète de la constitution était à court d’arguments juridiques pour justifier son refus. D’abord, il prétend que la constitution était muette quant à la procédure de la prestation de serment et de nomination par ses soins quand il s’agit d’un simple remaniement ministériel. L’article 89 ne traite de cette procédure que suite à la constitution d’un gouvernement consécutif à des élections législatives. Le professeur en droit constitutionnel a oublié le principe juridique du parallélisme des formes, car il ne serait pas logique juridiquement qu’il y ait dans un même gouvernement des ministres ayant prêté serment et d’autres non. La désinvolture avec laquelle il traite de la constitution traduit son aversion pour le régime qu’elle consacre et sa volonté pour le changer radicalement et lui substituer son modèle de la démocratie participative ou de proximité et où il serait roi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un sophisme dégradant</h3>



<p>Les ténors constitutionnalistes et administrativistes n’étaient pas plus éloquents que leur confrère Kaïs Saïed. Invités par le chef de gouvernement, le même jour du 11 février 2021 pour qu’ils l’éclairent, du point de vue de droit et du droit constitutionnel particulièrement, sur le refus du président, ils concluent que le problème est politique et doit recevoir une solution politique, selon le communiqué officiel relatif à cette réunion. Au lieu de donner un avis juridique qui éclairerait le citoyen et qui ferait cas d’école méritant d’être enseigné aux étudiants en droit, ils s’illustraient par un sophisme dégradant, oubliant que les citoyens attendaient qu’ils lui disent qui des deux têtes de l’exécutif a enfreint les termes de la constitution avant de prendre position sur un pan politique.</p>



<p>Le propre du juriste quand il est confronté à une problématique juridique, c’est de privilégier en premier l’approche juridique avant de s’étendre sur d’autres approches. C’était ce que certains des invités du chef du gouvernement nous ont enseignés à la faculté de droit de Tunis et gare à l’étudiant qui s’écartait de cette démarche.</p>



<p>En parallèle à cette initiative, le chef de gouvernement a sollicité l’avis du Tribunal administratif qui a prononcé son incompétence en la matière restant fidèle à sa jurisprudence relative aux actes de gouvernement. Certains ont déploré cette position. Ils oubliaient que si ce tribunal était traversé par les passions et les interférences politiques, il s’en serait fini des intérêts de l’Etat doté de la puissance publique ainsi que ceux des citoyens qui doivent être protégés du diktat de l’administration portée parfois par une interprétation abusive de la notion de prérogatives de puissance publique. Par ailleurs, on a demandé la démission du chef du gouvernement comme s’il était dans le tort.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un fâcheux précédent</h3>



<p>Or, la compétence en matière de remaniement ministériel est du ressort de ce dernier et de l’assemblée législative. Tout renoncement à une quelconque compétence consacrée par le texte constitutionnel créerait un fâcheux précédent qui ne ferait que compliquer encore plus l’application de la constitution indépendamment de la position qu’on tiendrait à son égard. La question qui se pose : et si le président refusait de nommer un gouvernement constitué suite à des élections législatives, faudrait-il succomber au caprice présidentiel et entrer dans une redistribution des cartes à l’infini?</p>



<p>Hichem Méchichi ne devrait pas succomber aux pressions qui le poussent à faire des concessions sur ses propres pouvoirs, surtout que Kaïs Saïed ne serait ni à sa première ni à sa dernière tentative de blocage institutionnel, tellement il trouve le costume constitutionnel qu’il porte trop serré pour ses ambitions. Ce n’est pas parce que Kaïs Saïed est en conflit avec Rached Ghannouchi, le chef islamiste président de l’ARP, qu’on doive tout lui tolérer.</p>



<p>Non seulement la constitution du 26 janvier 2014 est un labyrinthe inextricable, mais en plus, elle a été noyée, en ces jours, dans la marmite de la <em>«mouloukhia»</em> (2) du film <em>‘‘Fi bilad ettararanni’’</em> (3) de Férid Boughedir.</p>



<p><em>* Ancien haut cadre de l&rsquo;administration publique. </em></p>



<p><strong><em>Notes :</em></strong><em><br>1- Le fion de l’autruche, remède miracle vendu par les charlatans dans les souks hebdomadaires, des décennies auparavant.<br>2- Un plat tunisien à base d’une plante qui donne une sorte de sauce noirâtre.</em> <em>3- Une République bananière</em>.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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		<title>La Tunisie, ses martyrs et ses vautours</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 11:31:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p><strong><em>Dans le chaos qui règne aujourd’hui en Tunisie, la plupart des partis sont complices, par l’action ou par le silence des lâches, des méfaits du parti islamiste Ennahdha, dominant la scène politique depuis 2011. La pieuvre islamiste, qui orchestre tout de derrière les rideaux, aspire à la monopolisation de la totalité du pouvoir avec le concours de sa section terroriste et l’aval des autres protagonistes de la scène politique gravitant dans son orbite.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chébil</strong> *</p>



<span id="more-330608"></span>



<p>Dans nos traditions à M’Saken, ma ville d’origine, lors de nos cérémonies funéraires, des religieux sont invités pour les prières, l’invocation de Dieu, et la lecture du Coran. Dans des temps lointains, c’était pour ces derniers une occasion de festoyer et surtout de manger de la bonne viande quand la viande se faisait rare dans les plats du citoyen comme de nos jours, et ce, pendant quatre ou cinq jours : les trois jours suivant l’enterrement, pendant le <em>farq</em> ou même au septième et au quarantième jour suivant l’enterrement. Or, le catafalque était adossé au mur extérieur de la mosquée de mon quartier. On disait, qu’en passant par son bienfaiteur, le chef de ces religieux frappait le catafalque du poing en l’interpellant pour ainsi dire outre-tombe : <em>«Mon brave, y a-t-il quelque chose pour aujourd’hui» </em>(<em>«Ya damdoum fammach haja lioum»</em>). La mort était signe d’un régal garanti.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La «révolution» est un simple fonds de commerce</h3>



<p>Dès le 15 janvier 2011, le lendemain de la chute du régime autoritaire de Ben Ali, le sang du peuple pour la liberté et la dignité était transformé par la classe politique, toutes obédiences confondues, par nos éminents avocats et juristes de la <em>«révolution» </em>en un fonds de commerce.</p>



<p>Toutes parties en manque d’arguments, ou en quête de chasteté pour faire oublier une juteuse prostitution plus que décennale, s’en arrachaient une pinte pour la commercialiser sur les étals de la démagogie et du populisme au rabais.</p>



<p>Elles faisaient pitié les familles des martyrs qu’on trimbalait dans toutes les directions, des mois durant après le 14 janvier 2011, pour rehausser les meetings ou les plateaux TV par des vampires à la recherche d’un visage humain. Il ne manquait que de les mettre en cage dans le zoo du Belvédère de Tunis en tant que curiosité, comme les valeureux Indiens d’Amérique commercialisés en tant qu’attraction touristique.</p>



<p>Depuis 2012, des soldats et des agents de sécurité sont assassinés, parfois dans des conditions atroces, par des terroristes islamistes, relevant de l’organisation des Frères musulmans. Des citoyens, soupçonnés de collaboration avec les forces de sécurité, sont égorgés par cette horde sauvage. Les frères Soltani, deux bergers qui faisaient paître leur troupeau à Jebel Salloum dans le gouvernorat de Kasserine, étaient décapités. Le 20 décembre dernier, un troisième berger de 20 ans du nom Okba Dhibi a été égorgé au même endroit.</p>



<p>Comme d’habitude, cette tragédie était pour les médias l’occasion d’un buzz pour booster leur audience. Compassion, dénonciations, déclarations enflammées, toute une comédie pour jouer sur la sensibilité du public et s’assurer sa fidélité. Pour les politiques, les condamnations tonitruantes et les gesticulations théâtrales n’étaient que surenchères pour séduire des moutons de Panurge à ramener aux urnes lors des échéances électorales pour leur tourner le dos aussitôt les élections terminées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La banalisation du terrorisme islamiste</h3>



<p>Après cette exhibition des beaux sentiments, on commence à nous faire administrer le suppositoire. Le terrorisme est légitimé par les conditions sociales miséreuses et précaires, les carences du système éducatif, l’absence d’encadrement des jeunes, le crime de l’Etat qui a failli à sa mission de développent, l’inégalité entre les régions, et tout l’attirail sophiste tiré du lexique <em>«révolutionnaire»</em> de l’après-14 janvier 2011.</p>



<p>Enfin, on pointe du doigt l’ingratitude de l’Etat envers les martyrs et leurs proches ainsi qu’envers les citoyens tués pour leur collaboration avec les soldats et les sécuritaires. Il fallait là encourager l’indiscipline des militaires et des sécuritaires, ainsi que la politique de l’omerta. Il fallait s’en prendre aux deux institutions de l’Etat qui ont commis le crime de résister aux menées terroristes.</p>



<p>Et voilà, le défilement macabre des alliés des terroristes ainsi que leurs commanditaires et leurs valets sur les manchettes des journaux et les plateaux audiovisuels pour se donner un visage humain et se refaire une virginité. Faute de pouvoir défendre publiquement le terrorisme, il fallait le banaliser, le justifier et même conditionner la population à s’en accommoder.</p>



<p>Les Frères musulmans sont arrivés à noyauter les médias et à les soudoyer pour distiller leur idéologie, déculpabiliser ses criminels, étouffer les oppositions, manipuler l’opinion et la séduire. Les adeptes de la bonne conscience au rabais se plaisent à se masturber sur facebook, prenant cela pour du militantisme contre l’islamo-fascisme. Dans son salon, Rached Ghannouchi est en pleine jouissance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les partis politiques contre l’Etat</h3>



<p>Alors que les corps des martyrs ne se sont pas totalement rigidifiés dans leurs tombes, les partis politiques reprenaient leur travail de sape systématique contre les fondements même l’Etat. La triste course à la surenchère reprend de plus belle sur fond de propagande populiste, clanique, tribale, régionaliste, corporatiste sous le slogan <em>«plus populiste que moi tu meurs.»</em> En arrière-plan, on fomente, noyaute et instrumentalise les agitations sociales, attisant les instincts rebelles et la propension à la sédition. L’insurrection permanente et les pouvoirs parallèles sont érigés en modèle de gouvernance démocratique. Le sabotage économique est glorifié au prétexte de la nécessaire satisfaction des attentes sociales.</p>



<p>Dans le chaos qui règne aujourd’hui en Tunisie, tous les partis politiques sont complices, par l’action ou par le silence des lâches. Tous se réjouissent de l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat, espérant en tirer profit. Or, tout est orchestré de derrière les rideaux par la pieuvre <em>«frériste»</em> aspirant à la monopolisation du pouvoir avec le concours de sa section terroriste, réussissant à mettre les autres protagonistes de la scène politique dans son orbite, exploitant, leur nombrilisme, leur infantilisme, leurs querelles, leurs divisions et la tendance de certains à la compromission.</p>



<p>Quelques jours sont passés après l’assassinat du berger, et la mort de trois agents de la garde nationale dans un accident alors qu’ils étaient en mission sécuritaire à Kasserine, l’un des fiefs des terroristes, et voici que ces martyrs sont déjà oubliés. L’opinion est tenue en haleine par des scandales liés à des présomptions de corruption au ministère de l’Environnement. Il faut pousser le peuple sur les gradins de l’amphithéâtre et le conditionner pour se délecter de la mort et du sang et tout oublier. Le parti Ennahdha a fait destituer le gouvernement Fakhfakh après six mois de son investiture. Tous ont applaudi, mais personne n’a gagné sauf Rachéd Ghannouchi pour avoir poussé au pourrissement de la scène politique.</p>



<p>Le gouvernement Mechichi est dans la ligne de mire malgré sa fraîche investiture. Les partis du clan libéral, oubliant le martyr des braves, sont aux anges et se disputent le vide laissé par l’incarcération de Nabil Karoui, président du parti Qalb Tounes, poursuivi par la justice d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Seulement, <em>«yamout ejmal ou ma yrach ennaga»</em> (Le chameau peut mourir sans voir la chamelle), comme le dit l’adage bien tunisien.</p>



<p>Dans cette euphorie, les vampires, occupés à s’arracher la chaire des braves et à se disputer les cadavres de ceux qui tombent, ont oublié les dossiers de l’assassinat de Chokri Bélaïd et de Mohamed Brahmi par des terroristes liés aux Frères musulmans et le dossier de l’organisation secrète des Frères musulmans liée à ces assassinats, qui dorment depuis 2013 dans les tiroirs des tribunaux. Ils ont oublié le procès intenté au Nahdhaoui Rafik Abdessalem Bouchlaka pour avoir dépensé pour son propre compte un don chinois à l’Etat tunisien, procès qui traîne dans les méandres de la justice. Ils n’ont pas exigé l’accélération des procès des terroristes, qui se la coulent douce en prison, en attendant une amnistie une fois les islamistes au pouvoir. Ce sont tous des dossiers où le parti Ennahdha est impliqué à un niveau ou un autre.</p>



<p>Hé les vautours en rut, continuez à carburer pour les Frères musulmans, bientôt, je m’enrichirais en vous vendant les fouets de l’auto-flagellation, et les billets d’avion pour le mur des lamentations.</p>



<p><em>* Ancien cadre d’administration.</em></p>



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