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	<title>Archives des Mustapha Ben Jaâfar - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mustapha Ben Jaâfar - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le péché mortel de la gauche tunisienne, son hostilité aux réformes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jul 2024 08:12:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Charfi]]></category>
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		<category><![CDATA[Mustapha Ben Jaâfar]]></category>
		<category><![CDATA[Taïeb Baccouche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La gauche tunisienne est devenue paradoxalement une force d’inertie contre les réformes et a rejoint tacitement le bloc antiréformiste et conservateur. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/09/le-peche-mortel-de-la-gauche-tunisienne-son-hostilite-aux-reformes/">Le péché mortel de la gauche tunisienne, son hostilité aux réformes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La gauche a accédé au pouvoir à plusieurs reprises dans différents pays du monde. En <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/keir-starmer-latypique-nouveau-premier-ministre-britannique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grande-Bretagne </a>et en <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/08/france-la-gauche-doit-rester-unie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">France</a>, elle vient d’y revenir après une traversée du désert. En Tunisie, non seulement la gauche n’a jamais accédé au pouvoir, mais elle ne fait même pas l’effort de se demander pourquoi elle n’y arrive pas. C’est comme si elle se complaît dans cette marginalité qui semble appelée à durer encore longtemps.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri </strong>*</p>



<span id="more-13531258"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure></div>


<p>Certains, grisés par l’euphorie des récents développements politiques en Europe, se sont mis à rêver qu’à l&rsquo;instar du Royaume Uni et de la France, l’avenir de la Tunisie pourrait être entre les mains de la gauche.</p>



<p>La grande différence est que la gauche tunisienne n’a pas procédé depuis longtemps aux révisions et ajustements auxquels s’est soumise la gauche européenne au point qu’elle est devenue paradoxalement une force d’inertie contre les réformes et qu’elle a rejoint ainsi tacitement le bloc antiréformiste et conservateur des avantages extirpés lors des années de vache grasse (par rapport à la situation actuelle).</p>



<p>Le problème de la Tunisie, c’est qu’aucune force politique, et visiblement pas la gauche, ne semble en mesure, à part des généralités et des slogans idéologiques, de convaincre l’opinion publique de l’inévitabilité et même de l’urgence de réformes systémiques allant au-delà des défaillances et errements ponctuels afin de pouvoir assurer le plein emploi et une croissance économique durable et équitable, avantageusement ancrée dans l&rsquo;économie mondiale.</p>



<p>Pour des considérations diverses, idéologiques ou politiques ou personnelles, le mot d’ordre tacite semble être de défendre les modes de gestion, les structures, les acquis et les privilèges du passé bec et ongles par corporatisme ou pour en éviter le coût politique et économique en faisant en sorte que ça ne puisse arriver qu’aux autres.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<p><em><strong>Note de la rédaction</strong> : Il faut dire que les régimes qui se sont succédé en Tunisie depuis l&rsquo;indépendance du pays en 1956, tous sociaux-libéraux de droite, n&rsquo;ont pas facilité la tâche de la gauche en s&rsquo;appropriant, souvent, ses revendications socio-économiques et son populisme. De même, beaucoup de figures de cette gauche, et des plus radicaux, ont souvent intégré, par opportunisme, les régimes qu&rsquo;ils avaient commencé par combattre, perdant ainsi toute crédibilité aux yeux des citoyens. N&rsquo;est-ce pas Mohamed Charfi, Dali Jazi, Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaâfar et autres Taïeb Baccouche pour n&rsquo;en citer que quelques uns. Les autres se reconnaîtront. Ce manque de cohérence finit par se payer.</em> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RBiP2CQuWW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/hamma-hammami-est-il-une-catastrophe-pour-la-gauche-tunisienne/">Hamma Hammami est-il une catastrophe pour la gauche tunisienne ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hamma Hammami est-il une catastrophe pour la gauche tunisienne ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/hamma-hammami-est-il-une-catastrophe-pour-la-gauche-tunisienne/embed/#?secret=JXAbYqEONm#?secret=RBiP2CQuWW" data-secret="RBiP2CQuWW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/09/le-peche-mortel-de-la-gauche-tunisienne-son-hostilite-aux-reformes/">Le péché mortel de la gauche tunisienne, son hostilité aux réformes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mustapha Ben Jaâfar : «Kaïs Saïed doit respecter les principes de la démocratie»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/31/mustapha-ben-jaafar-kais-saied-doit-respecter-les-principes-de-la-democratie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/31/mustapha-ben-jaafar-kais-saied-doit-respecter-les-principes-de-la-democratie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2023 11:33:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Mustapha Ben Jaâfar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président Kaïs Saïed doit rassembler les Tunisiens en se faisant aider  par les corps intermédiaires, estime Mustapha Ben Jaâfar. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/31/mustapha-ben-jaafar-kais-saied-doit-respecter-les-principes-de-la-democratie/">Mustapha Ben Jaâfar : «Kaïs Saïed doit respecter les principes de la démocratie»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée nationale constituante (ANC, 2011-2014), estime que les résultats des élections législatives anticipées, qui ont enregistré un taux d’abstention de près de 90%, méritent d’être analysées par toutes les parties. </em></strong>  </p>



<span id="more-6248557"></span>



<p>Intervenant dans la <a href="https://www.shemsfm.net/ar/%D8%A7%D9%84%D8%A3%D8%AE%D8%A8%D8%A7%D8%B1_%D8%B4%D9%85%D8%B3-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D8%AE%D8%A8%D8%A7%D8%B1/398635/%D8%A8%D9%86-%D8%AC%D8%B9%D9%81%D8%B1-%D9%84%D8%A7-%D9%8A%D9%85%D9%83%D9%86-%D9%84%D8%B9%D8%A7%D9%82%D9%84-%D8%A7%D9%86-%D9%8A%D9%86%D9%83%D8%B1-%D8%A8%D8%A7%D9%86-%D9%86%D8%AA%D8%A7%D8%A6%D8%AC-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D9%86%D8%AA%D8%AE%D8%A7%D8%A8%D8%A7%D8%AA-%D8%AA%D8%AA%D8%B7%D9%84%D8%A8-%D9%88%D9%82%D9%81%D8%A9-%D8%AA%D8%A3%D9%85-%D9%84-%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%AC%D9%85%D9%8A%D8%B9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Matinale de Shems FM</a>, aujourd’hui, mardi 31 janvier 2023, au lendemain de la publication des résultats des législatives anticipées perçus comme un camouflet pour le pouvoir en place et pour la classe politique dans son ensemble, Mustapha Ben Jaâfar a ajouté que le président de la république Kaïs Saïed doit respecter les principes de la démocratie, qui ne se résument pas seulement à la reconnaissance de l’autre, mais exigent qu’on l’écoute aussi dans sa différence.  </p>



<p>Pour leur part, les partis politiques, et notamment ceux de l’opposition, ont besoin eux aussi de corriger leurs erreurs et d’effectuer de profondes révisions de leurs politiques et d’accorder plus d’intérêt aux problèmes économiques et sociaux et de proposer des programmes alternatifs, ajoutant que l’une des principales conditions du succès de l’initiative de salut national lancée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) consiste à éviter tout parti-pris en faveur d’une partie ou d’une autre, tout en y faisant participer toutes les forces politiques et de la société civile.</p>



<p>Le président de la république se doit également de rassembler les Tunisiens en se faisant aider en cela par les corps intermédiaires, de manière à mieux communiquer avec les citoyens, a aussi souligné M. Ben Jaâfar, ajoutant que la centrale syndicale a réussi à préserver son indépendance au cours des dix dernières années, la qualifiant d’organisation démocratique, qui a porté les revendications sociales, celles justement qui ont été négligées au cours de la dernière décennie au profit de l’élaboration d’une constitution consensuelle et des dossiers à caractère politique. <em>«C’est l’erreur que commet aussi le pouvoir actuellement en place»</em>, a-t-il lancé par allusion au président Saïed qui a promulgué une nouvelle constitution et une nouvelle loi électorale et a organisé des législatives anticipées marquées par un taux de participation historiquement faible (11,4%).</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fq83c4ei2A"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/31/tunisie-kais-saied-lit-a-lenvers-les-resultats-des-legislatives/">Tunisie : Kaïs Saïed lit à l’envers les résultats des législatives</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed lit à l’envers les résultats des législatives » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/31/tunisie-kais-saied-lit-a-lenvers-les-resultats-des-legislatives/embed/#?secret=kz9nfglbkx#?secret=fq83c4ei2A" data-secret="fq83c4ei2A" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/31/mustapha-ben-jaafar-kais-saied-doit-respecter-les-principes-de-la-democratie/">Mustapha Ben Jaâfar : «Kaïs Saïed doit respecter les principes de la démocratie»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Politique : Ahmed Néjib Chebbi, soif de pouvoir et cécité politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 May 2022 12:08:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Toutes les personnalités politiques qui se sont alliées au parti Ennahdha ou ont été adoubées par lui l&#8217;ont chèrement payé en perdant toute crédibilité aux yeux des Tunisiens. C&#8217;est le cas de Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaâfar, Béji Caïd Essebsi, Youssef Chahed, Nabil Karoui, Hichem Mechichi, pour n&#8217;en citer que les plus importants. Et c&#8217;est...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/01/tunisie-politique-ahmed-nejib-chebbi-soif-de-pouvoir-et-cecite-politique/">Tunisie &#8211; Politique : Ahmed Néjib Chebbi, soif de pouvoir et cécité politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Ahmed-Nejib-Chebbi-et-son-Front-de-salut-national.jpg" alt="" class="wp-image-389481"/><figcaption><em>En s&rsquo;affichant avec les acteurs politiques les plus détestés par les Tunisiens, Ahmed Néjib Chebbi ne redore pas sa propre image, au départ très terne. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Toutes les personnalités politiques qui se sont alliées au parti Ennahdha ou ont été adoubées par lui l&rsquo;ont chèrement payé en perdant toute crédibilité aux yeux des Tunisiens. C&rsquo;est le cas de Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaâfar, Béji Caïd Essebsi, Youssef Chahed, Nabil Karoui, Hichem Mechichi, pour n&rsquo;en citer que les plus importants. Et c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le cas de Ahmed Nejib Chebbi, dont la popularité, déjà très faible au départ, subit les conséquences de son alliance tapageusement affichée avec le mouvement islamiste.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-389480"></span>



<p>Aveuglé par sa soif incommensurable de pouvoir, qui lui avait déjà joué de mauvais tours par le passé en lui dictant les positions les plus contestables et les plus impopulaires, le président du comité politique du parti Al-Amal a cru devoir annoncer, non sans quelque fierté, que le mouvement Ennahdha soutient le Front de salut national qu&rsquo;il avait créé récemment avec quelques formations mineures, en appelant les Tunisiens à le soutenir et en affirmant que son initiative ouvre de larges perspectives pour sortir la Tunisie de la crise qu&rsquo;elle traverse actuellement. Pas moins ! </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les islamistes à la manœuvre</h2>



<p>L&rsquo;annonce de ce ralliement a été faite dans un communiqué publié à l&rsquo;issue de la réunion du bureau exécutif du mouvement Ennahdha, samedi 30 avril 2022, qui a réaffirmé <em>«son soutien à toutes les initiatives nationales œuvrant pour dénoncer le « coup d&rsquo;Etat », protéger les droits et libertés et consolider les principes de la démocratie».</em> Le <em>«coup d&rsquo;Etat»</em> désigne, on l&rsquo;a compris, les mesures exceptionnelles annoncées le 25 juillet dernier par le président Kaïs Saïed.</p>



<p>Ennahdha a ajouté dans le communiqué qu&rsquo;<em>«il soutient également les initiatives visant à identifier des solutions nationales à la crise économique et financière et à ses impacts dangereux, en termes de hausse du chômage et de détérioration des conditions de vie et du pouvoir d&rsquo;achat des Tunisiens», </em>feignant d&rsquo;ignorer que l&rsquo;écrasante majorité des Tunisiens reprochent aux dirigeants islamistes, qui ont dirigé les affaires de la Tunisie au cours des dix dernières années, d&rsquo;avoir conduit leur pays à cette situation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un fantomatique Front de salut national</h2>



<p>Mais cette impopularité d&rsquo;Ennahdha et de son chef Rached Ghannouchi, que tous les sondages d&rsquo;opinions présentent comme l&rsquo;homme politique le plus détesté par les Tunisiens, n&rsquo;est pas suffisamment dissuasive pour Ahmed Nejib Chebbi, qui est tout content d&rsquo;annoncer le soutien d&rsquo;Ennahdha à son fantomatique Front de salut national, dont il a annoncé la création mardi dernier et qui, de l&rsquo;avis de tous les analystes, n&rsquo;a aucun avenir politique, même dans le cas d&rsquo;une grave crise socio-économique qui ferait vaciller le pouvoir sous les pieds de Kaïs Saïed. Et pour cause : non seulement la majorité des Tunisiens ne considèrent pas le président en exercice comme le principal responsable de la crise actuelle dans le pays, mais les cinq partis rassemblés au sein du Front de salut national (Ennahdha, Qalb Tounes, Al-Karama, Al-Irada et Al-Amal), en plus de l&rsquo;initiative <em>«Citoyens contre le coup d&rsquo;Etat»</em>, ont tous très mauvaise presse, et il est très peu probable que les Tunisiens accepteront que ceux qui ont détruit le pays reviennent au pouvoir, quand bien même leur fantomatique front sera soutenu par les puissances étrangères partenaires de la Tunisie.</p>



<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sur ce soutien étranger que comptent Ahmed Néjib Chebbi et ses alliés, même s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas assez de courage moral pour le dire clairement, car ils ne peuvent pas ignorer le fait qu&rsquo;au lieu de faire baisser la cote de popularité de Kaïs Saïed, leur opposition au président de la république provoque l&rsquo;effet contraire à celui escompté, puisqu&rsquo;elle dope les intentions de vote des Tunisiens en sa faveur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frustration personnelle et cécité politique </h2>



<p>Par ailleurs, et une simple analyse des chiffres publiés par les cabinets de sondage permet de comprendre que les soutiens de M. Saïed appartiennent aux deux plus importants partis qui s&rsquo;opposent à lui : le Parti destourien libre et Ennahdha, crédités des plus hauts scores pour les législatives, très loin devant tous les autres. Sinon, comment expliquer que près de 80% des Tunisiens, malgré la situation difficile qui prévaut dans le pays, sont prêts à voter pour Kaïs Saïed pour la présidentielle si celle-ci avait lieu aujourd&rsquo;hui ? Et l&rsquo;explication de ce paradoxe est simple : beaucoup des électeurs du PDL pensent, sans doute à tort, que M. Saïed est aujourd&rsquo;hui le seul rempart solide face aux islamistes, leurs ennemis jurés. Et beaucoup des électeurs d&rsquo;Ennahdha estiment, sans doute à tort eux aussi, que le président de la république est aujourd&rsquo;hui le seul rempart face aux destouriens et leur tonitruante présidente, Abir Moussi, leur ennemie jurée. Et c&rsquo;est le locataire du palais de Carthage qui tire profit de la situation&#8230; </p>



<p>Il faut être aveuglé par une irrépressible soif de pouvoir pour ne pas se rendre à l&rsquo;évidence que le meilleur ennemi de Kaïs Saïed, c&rsquo;est lui-même, et que ceux qui s&rsquo;opposent à lui ne font que doper sa popularité. Et c&rsquo;est le cas de Ahmed Néjib Chebbi dont la frustration personnelle (c&rsquo;est l&rsquo;un des rares opposants à Bourguiba et Ben Ali à ne pas avoir accédé aux plus hautes charges de l&rsquo;Etat) n&rsquo;a d&rsquo;égal que la cécité politique. En fait, sa cécité politique n&rsquo;a d&rsquo;égal que celle qu&rsquo;il reproche au président Saïed. Et c&rsquo;est le drame de la Tunisie d&rsquo;être infligée d&rsquo;un tel pouvoir et d&rsquo;une telle opposition !    </p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles liés: </em></h4>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/01/tunisie-politique-ahmed-nejib-chebbi-soif-de-pouvoir-et-cecite-politique/">Tunisie &#8211; Politique : Ahmed Néjib Chebbi, soif de pouvoir et cécité politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Feb 2022 07:04:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&#160;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/01/Kais-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-375548"/></figure></div>



<p><strong><em>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&nbsp;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment post révolutionnaire, elle est directement liée à cet instant révolutionnaire&nbsp;: dix ans après la fin de Ben Ali, qu’avons-nous fait de notre pays? Qu’avons-nous fait de notre démocratie? Où se situe l’erreur? Les bonnes intentions des pères fondateurs de notre démocratie sont réelles, mais les résultats sont évidents: un pouvoir grippé et un pays en dérive.</em></strong></p>



<p>Par&nbsp;: <strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-380354"></span>



<p>Toutes les apparences l’accusent. Il détricote consciencieusement et méticuleusement fil après fil le tissus institutionnel démocratique post 2014, année de la proclamation de la constitution tunisienne. Il a suspendu l’Assemble des représentants du peuple (ARP), a fait disparaître l’Instance anti-corruption et voici le tour du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), mis hors-jeu. Le président Kais Said est élu démocratiquement par plus des deux tiers de l’électorat, depuis plus de deux ans, mais installé de fait aux commandes de l’Etat depuis six mois.</p>



<p>Est-il si puissant que cela, pour tenir seul le cap de son destin et de notre destinée collective et rester sourd aux appels, aux injonctions et aux menaces, ou est-il si inconscient du rapport des forces national et international pour snober tout le monde, ou presque tout le monde, car comble de tout, il a gagné le cœur du «petit peuple» et n’a pas perdu un iota de sa popularité, peut-être aurait-il perdu quelques plumes aux dires de récents sondages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1 &#8211; <strong>Dix ans après la révolution, qu’avons-nous fait de notre pays&nbsp;?</strong></h2>



<p>Quel paradoxe tunisien&nbsp;: le <em>«fossoyeur»</em> de la démocratie tunisienne serait adulé par son peuple. Les ambassadeurs européens qui viennent de le critiquer vertement pour sa dernière décision de dissoudre/reformer le CSM, le savent. C’est un vrai casse-tête pour eux. Comment ne pas apprécier un président aimé de son peuple, même à mi-mandat. Et Dieu sait si usure il y a après deux ans de pouvoir.</p>



<p>Le président s’est mis progressivement sur le dos la fine fleur de la politique que compte Tunis et banlieue. Les vétérans du mouvement démocrate tunisien, ceux qui ont lutté contre Bourguiba depuis la fin des années 1960 et contre Ben Ali dans les décennies 1990-2000 et lui ont tenu tête avec beaucoup de courage, dans les conditions les plus difficiles.</p>



<p>Plusieurs d’entre eux ont été honorés par le peuple tunisien qui leur a remis après la révolution les clés de la cité, quand s’est effondré l’ancien régime, un certain 14 janvier 2011 après un mois de contestations sociales qui se transforment en crise politique majeure et finit par l’effondrement total d’un pouvoir qui n’a pas su et n’a pas voulu se réformer.</p>



<p>La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être une crise entre le président Kais Saied et l’establishment post révolutionnaire, elle est directement liée à cet instant révolutionnaire&nbsp;: dix ans après la fin de Ben Ali, qu’avons-nous fait de notre pays&nbsp;? Qu’avons-nous fait de notre démocratie&nbsp;? Où se situe l’erreur, la démocratie tunisienne serait-elle un château de sable pour se laisser décortiquer aussi aisément par un novice de la politique élu en 2019, presque comme un colis à la poste? Et ce peuple, vanté pour sa révolution ultra rapide, pacifique et inventive, prémonitoire d’une série noire d’hécatombes révolutionnaires arabes, serait-il aujourd’hui en attente d’un dictateur? Quelles sont les maladies de notre démocratie qui se laisse mourir presque sous les youyous entendus un certain 25 juillet 2021 (jour de l’intronisation effective du nouveau président) d’un peuple qu’elle est censée affranchir et servir?</p>



<p>Comment les <em>«démocrates»</em> ont-ils mené leur peuple à cet état d’exécration de la politique. Ce peuple qui a fait la queue élection après élection et qui a trempé l’index dans cette encre électorale magique et s’est fait fièrement photographier le doigt électoral, ce peuple qui a patiemment et passionnément suivi les multiples émissions de débats politiques des radios et des télévisions nationales et privées pour se cultiver et se hisser au niveau du discours de ses élites.</p>



<p>Il a successivement voté pour le parti Ennahdha de Rached Ghannouchi en 2012 le hissant au pouvoir avec le parti du Congrès pour la République (CpR) du Dr. Moncef Marzouki, un vétéran de la lutte démocratique élu par l’Assemblée Constituante en 2012, président de la République, après les années de harcèlement policier et d’exode, et le parti Ettakattol du Dr. Mustapha Ben Jaâfar, vétéran lui aussi de la lutte anti Ben Ali des années les plus dures, élu président de l’Assemblée Constituante.</p>



<p>Les Tunisiens ont voté ensuite pour le parti Nidaa Tounes de Béji Caid Essebsi, ministre toute sa vie presque depuis Bourguiba, élu président de la république en 2014 et Ennahdha une seconde fois. Et en 2019 Ennahdha récidive démocratiquement une troisième fois.</p>



<p>Les Tunisiens dont une large majorité, peuple et élite, étaient presque apolitiques avant la révolution, ont fait preuve de sagesse et de grande patience, mais ils étaient surtout face au vide crée par l’effondrement de l’ancien régime, en quête de dirigeants qui méritent sa confiance.</p>



<p>Les opposants à Ben Ali ont été auréolés de leurs sacrifices, M. Caïd Essebsi et ses compagnons ont été récompensés pour leur <em>«esprit d’hommes d’Etat»</em> et pour sa brillante gestion du premier ministère en pleine crise post révolutionnaire, et Ennahdha régulièrement élu pour la <em>«piété de ses dirigeants»</em> et pour la solidité du plus important parti politique connu par la Tunisie contemporaine après le Destour/RCD fondé en 1920 et dissous en 2011.</p>



<p>Presque tous les partis tunisiens naissent et éclatent en mille morceaux et Ennahdha sous la coupe de leur leader fondateur et idéologue aux nombreux articles et livres de théologie et de politique depuis les années 1970, Rached Ghannouchi, lui aussi enseignant comme Kais Saied, un maître en conciliations et en compromis. Tous ont eu leur chance. Tous ont déçu. Tous sont entrés en contradiction avec eux-mêmes. Tous ont donné une piètre image de la politique et de la démocratie.</p>



<p>Les uns pilonnent leur propre parti immédiatement après s’être faits élire sur les listes de ce parti, les autres distribuent des compensations d’anciens combattants à leurs militants, victimes d’exactions policières de l’ancien régime, confondant les deux casquettes de militant et d’homme d’Etat, et oubliant qu’ils sont élus par les citoyens et non pas par les fans de leur parti, et que des milliers de jeunes sont aussi victimes de chômage et d’abandon social, et que les subsides de l’Etat sont facilement épuisables. Ce sont des erreurs qui se payent cher. Mais c’est ainsi qu’on apprend collectivement.</p>



<p>Les autres font des rêves de patriarche et pensent plus à l’avenir politique de leur progéniture qu’aux réformes de l’Etat qu’ils incarnent. Les moins coupables de tous versent dans des luttes incompréhensibles où les ego se substituent aux idéologies tant professées depuis les années 70, et des discussions à moitié comprises sur tout sauf sur les causes et les solutions du chômage, les boat people version tunisienne qui mènent nos jeunes à la mort dans cette belle Méditerranée devenue un cimetière marin, ou à la bibliothèque de quartier qui tarde à ouvrir et à ces gens du peuple qui chaque soir font la queue dans les pharmacies de nuit pour se faire délivrer des traitements par des préparateurs de pharmacie, car aller voir un médecin coûte trop cher et nos dirigeants, élus démocratiquement et fils légitimes de la révolution, ont oublié d’ouvrir dans les quartiers populaires des dispensaires de nuit.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong><em>A suivre.</em></strong></p>



<p><strong>2- Des rues qui restent sales et un appareil d’Etat inefficace</strong></p>



<p> <em>*Universitaire retraité.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis&nbsp;:</em></h4>



<p>kapitalis.com/tunisie/2016/01/11/beji-caid-essebsi-mon-fils-avant-mes-compagnons-de-lutte/</p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DNbApjf5SM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/">Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/embed/#?secret=X7zYG4J1dd#?secret=DNbApjf5SM" data-secret="DNbApjf5SM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Profil : Jawhar Ben Mbarek, l&#8217;homme qui vocifère</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/14/profil-jawhar-ben-mbarek-lhomme-qui-vocifere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 13:10:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jawhar Ben Mbarek, qui se donne pour mission de conduire, pour le compte du parti islamiste Ennahdha, la grogne contre les mesures d&#8217;exceptions décrétées le 25 juillet par Kaïs Saïed, n&#8217;inspire pas vraiment confiance, car il montre une telle inconstance et une telle versatilité qui lui font changer d&#8217;avis tout le temps, sans craindre de...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Jawhar-Ben-Mbarek-Bardo.jpg" alt="" class="wp-image-369834"/><figcaption><em>Le héros sonore d&rsquo;un jour&#8230; </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Jawhar Ben Mbarek, qui se donne pour mission de conduire, pour le compte du parti islamiste Ennahdha, la grogne contre les mesures d&rsquo;exceptions décrétées le 25 juillet par Kaïs Saïed, n&rsquo;inspire pas vraiment confiance, car il montre une telle inconstance et une telle versatilité qui lui font changer d&rsquo;avis tout le temps, sans craindre de se contredire tout le temps, qu&rsquo;on est en droit de s&rsquo;interroger sur ses véritables motivations. Et s&rsquo;il a vraiment, comme il le prétend, des convictions démocratiques. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-369830"></span>



<p>Les positions de M. Ben Mbarek, qui ne brille pas par sa pondération intellectuelle ni par son sang froid, se caractérisent souvent par leur extrémisme de principe, dans un sens donné, puis aussitôt après, dans le sens totalement opposé.</p>



<p>Le professeur de droit public fut ainsi, tour à tour, au fil des ans, un opposant virulent aux islamistes, avant de devenir depuis quelque temps leur porte-voix préféré, au point d&rsquo;être désormais invité régulièrement par les médias audio-visuels à leur solde, où il s&rsquo;attaque en des mots peu choisis à leurs adversaires politiques, à commencer par leur homme à abattre du moment : Kaïs Saïed.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le propagandiste préféré de Ghannouchi </h2>



<p>Dire que M. Ben Mbarek sert aujourd&rsquo;hui la soupe aux islamistes est un euphémisme. En fait, il est complètement dévoué à leur cause, leur serviteur le plus zélé. Après avoir été, il y a à peine deux ans, un fervent partisan de Kaïs Saïed, au point de pleurer de joie le jour de son élection à la présidence de la république, il veut aujourd&rsquo;hui aider ses adversaires islamistes à se remettre en selle, après avoir été chassés du pouvoir par une majorité de citoyens, descendus en masse dans la rue, le 25 juillet dernier, pour les dégager, écœurés qu&rsquo;ils sont aujourd&rsquo;hui par la situation catastrophique où leur pays est arrivé au terme d&rsquo;une décennie de gouvernance islamiste.</p>



<p>M. Ben Mbarek, devenu rapidement le propagandiste préféré de Rached Ghannouchi et des Nahdhaouis, veut remettre Ennahdha en selle dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;une fois remis en selle, les dirigeants du parti islamiste lui renvoient l&rsquo;ascenseur et le nomment dans un poste gouvernemental, et pourquoi pas chef de gouvernement, tant qu&rsquo;il y est. Il n&rsquo;est pas invraisemblable que son narcissisme légendaire lui fait miroiter la chimère d&rsquo;un destin national qu&rsquo;il sait inaccessible pour des gens comme lui et qu&rsquo;il ne saurait en tout cas réaliser de la manière la plus appropriée et la plus méritante, à savoir en se faisant élire directement par le peuple. Car les urnes, pour des gens comme lui, sont une voie non-passante. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Des zombies politiques sur le chemin d&rsquo;Ennahdha  </h2>



<p>Faut-il s&rsquo;étonner dès lors que, dans sa servilité intéressée, M. Ben Mbarek en fasse souvent des tonnes : il crie plus haut que tous les autres (aidé en cela par des cordes vocales exceptionnellement performantes) et ne recule devant aucun excès, l&rsquo;essentiel étant pour lui d&rsquo;être vu, entendu et apprécié par ses maîtres du moment ? C&rsquo;est pourquoi, lors des manifestations organisées par les islamistes, comme celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, dimanche 14 novembre 2021, au Bardo, pour dénoncer les mesures exceptionnelles décrétées par le président Saïed, on ne voit et n&rsquo;entend que lui, toujours au premier rang, à attirer micros et caméras, comme un aimant. </p>



<p>C&rsquo;est l&rsquo;as de l&rsquo;<em>agit-prop</em> (agitation et propagande politique communiste) qui loue ses services aux islamistes, lesquels, on le sait, fourbes qu&rsquo;ils sont, adorent se mettre en retrait et combattre leurs adversaires sans trop s&rsquo;afficher, en mettant sur les devants de la scène des doublures avançant masquées. Ils ont ainsi utilisé Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaâfar, Mohamed Abbou, Béji Caïd Essebsi, Youssef Chahed, Néjib Chebbi, Ridha Belhadj, Slim Riahi, Nabil Karoui et autres Ghazi Chaouachi, pour les jeter ensuite comme des mouchoirs kleenex usagés. </p>



<p>Une façon de dire, en guise de conclusion, que Jawhar Ben Mbarek, aveuglé aujourd&rsquo;hui par ses ambitions démesurées et bercés par ses illusions, va bientôt rejoindre cette longue liste de <em>has been</em>, véritables <em>«zombies politiques»</em> au regard des Tunisiens<em>.</em></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Manifestation, aujourd&rsquo;hui, dimanche 14 novembre 2021, au Bardo, pour dénoncer les mesures exceptionnelles décrétées par le président Saïed.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Manifestation-contre-Saied-Bardo-14-nov.-2021.jpg" alt="" data-id="369835" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=369835" class="wp-image-369835"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Manifestation-contre-Saied-Bardo-14-nov.-2021-2.jpg" alt="" data-id="369836" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=369836" class="wp-image-369836"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Manifestation-contre-Saied-Bardo-14-nov.-2021-3.jpg" alt="" data-id="369837" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=369837" class="wp-image-369837"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Manifestation-contre-Saied-Bardo-14-nov.-2021-4.jpg" alt="" data-id="369838" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Manifestation-contre-Saied-Bardo-14-nov.-2021-4.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=369838" class="wp-image-369838"/></figure></li></ul></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Article lié : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SkqLnYxJw9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/14/tunisie-des-affreux-jojos-a-lassaut-de-kais-saied/">Tunisie : des affreux jojos à l&rsquo;assaut de Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : des affreux jojos à l&rsquo;assaut de Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/14/tunisie-des-affreux-jojos-a-lassaut-de-kais-saied/embed/#?secret=RFe2JEsLIZ#?secret=SkqLnYxJw9" data-secret="SkqLnYxJw9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/14/profil-jawhar-ben-mbarek-lhomme-qui-vocifere/">Profil : Jawhar Ben Mbarek, l&rsquo;homme qui vocifère</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Blocage politique et institutionnel en Tunisie : Que peut faire le président Kaïs Saied ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/25/blocage-politique-et-institutionnel-en-tunisie-que-peut-faire-le-president-kais-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Apr 2021 11:34:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[3e République]]></category>
		<category><![CDATA[Charles De Gaule]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mustapha Ben Jaâfar]]></category>
		<category><![CDATA[Parti destourien libre]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les conséquences de la crise politique à la tête de l’Etat en Tunisie sont dramatiques : un pays à la dérive, un Etat en déliquescence, une économie en déshérence, une paupérisation galopante pour la majorité des citoyens, une société gangrenée par une corruption tentaculaire et, pour ne rien arranger, une pandémie en phase de recrudescence...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/25/blocage-politique-et-institutionnel-en-tunisie-que-peut-faire-le-president-kais-saied/">Blocage politique et institutionnel en Tunisie : Que peut faire le président Kaïs Saied ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Kais-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-346034"/></figure></div>



<p><strong><em>Les conséquences de la crise politique à la tête de l’Etat en Tunisie sont dramatiques : un pays à la dérive, un Etat en déliquescence, une économie en déshérence, une paupérisation galopante pour la majorité des citoyens, une société gangrenée par une corruption tentaculaire et, pour ne rien arranger, une pandémie en phase de recrudescence et contre laquelle les pouvoirs publics semblent désarmés. Que peut faire le président Kaïs Saïed  ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Abderrahman Jerraya</strong> *</p>



<span id="more-346799"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Abderrahman-Jerraya.jpg" alt="" class="wp-image-346800"/></figure></div>



<p>On a beau se dire qu’on se sent peu concernés par les chamailleries que se livrent les deux têtes de l’Etat à savoir le président de la république et celui de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le chef du gouvernement étant sinon l’otage de ce dernier, du moins son obligé. Et pour cause, la majorité des Tunisiens est accaparée par des soucis quotidiens. À l’ère de la Covid-19, c’est leur gagne-pain qui est menacé. Pour d’autres, c’est l’effet psychologique du confinement auquel s’ajoute l’angoisse d’être contaminés. Enfin pour d’autres, c’est le dilemme entre braver le virus ou succomber au spectre de la faim. Ainsi, ils ne peuvent qu’être des spectateurs résignés,déçus,trahis, voire indignés face à ces querelles dont ils n’ont cure. D’autant que les messages qui leur sont adressés sont loin d’être rassurants, étant souvent contradictoires, inintelligibles, déroutants, n’inspirant pas confiance. Et qui plus est, prononcés sur un ton parfois solennel, grandiloquent, accusateur envers les corrompus. Lénifiant, doucereux ou au contraire fielleux, agressif, menaçant, partisan des <em>«deux poids deux mesures»</em>. Hésitant, parfois péremptoire, déterminé, traduisant l’expression <em>«j’y suis, j’y reste</em>».</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les ponts sont coupés entre les trois protagonistes à la tête de l&rsquo;Etat </h3>



<p>L’on comprend qu’avec de tels monologues et de telles postures, la rupture est consommée, les ponts sont coupés entre les trois protagonistes. Tout au moins entre les deux têtes de l’exécutif et entre le président de la république et celui de l’ARP.</p>



<p>Les conséquences en sont dramatiques, certes aggravées par une pandémie en phase de recrudescence. Un pays à la dérive, un Etat en déliquescence, une économie en déshérence, une paupérisation galopante pour la majorité des Tunisiens, une société gangrénée par une corruption tentaculaire.</p>



<p>Voilà où nous en sommes depuis un certain temps avec :</p>



<p>1) un président de la république atypique, Kaïs Saïed, indépendant de tout parti, nourrissant l’idée de changer tout le système politique de fond en comble, en préconisant lui substituer un autre dont la cheville ouvrière sera constituée par des comités populaires élus à l’échelle de la<em> «imada»</em> (sous-préfecture). Dans l’immédiat, il se contente lorsque, l’occasion se présente, de proposer des chefs de gouvernement qui lui soient acquis, feignant d’ignorer que le pouvoir de faire et de défaire les gouvernements se trouve au Bardo et non à Carthage;</p>



<p>2) un président de l’ARP, Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha, qui s’emploie à poursuivre avec persévérance un projet de jeunesse visant la mise en place d’un système politique basé sur le califat. Et à cette fin, tous les moyens étaient bons. Il fallait d’abord être aux commandes. Il y est parvenu grâce à une constitution (<em>«la meilleure du monde»,</em> disait Mustapha Ben Jaâfar, ancien président de l’Assemblée nationale constituante) et une loi électorale élaborées sur mesure lui permettant de conquérir le pouvoir et de s’y maintenir.</p>



<p><em>Last but no least</em>, il s’ingénie à se mettre derrière un paravent, une personnalité sans étiquette, une marionnette pour ne pas avoir à assumer les aléas et déconvenues du pouvoir. Pour lui l’important, c’est d’avoir la main sur deux ministères régaliens : la Justice et l’Intérieur; et de placer ses sbires dans des institutions et organismes publics même en sureffectif.</p>



<p>L’on comprend dès lors pourquoi les indicateurs économiques sont au rouge alors que la masse salariale des fonctionnaires a atteint des proportions considérables, phénomène, paraît-il, unique dans le monde.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comment sortir de l’impasse institutionnelle et de la crise socio-économique ?</h3>



<p>Certes des initiatives ont été proposées ici et là pour sortir de l’impasse institutionnelle et de la crise socio-économique dans lesquelles se débat le pays. Mais elles n’ont guère de chance d’aboutir eu égard aux divergences, dissensions, malveillances dont font état la plupart des acteurs politiques. Pour avoir un climat assaini où ne prévaut que l’intérêt supérieur du pays, il faut les mettre hors-jeu, toutes tendances confondues. Ils ont perdu toute crédibilité auprès de leurs électeurs respectifs. En témoigne leur classement dans les sondages d’opinion. À deux exceptions près, celle d’Ennahdha, un parti ayant un référent religieux n’obéissant pas aux critères d’évaluation habituellement utilisés et celle du Parti destourien libre (PDL), un parti dans l’opposition.</p>



<p>Alors Comment faire? En s’appuyant naturellement sur une procédure légale à savoir le recours à la voie du référendum. À supposer qu’une telle disposition ait été prévue par la présente constitution, il suffirait que le président de la république prenne lui-même l’initiative. Lui seul a la légitimité et les prérogatives pour en décider. À lui, donc, de charger un comité d’experts en droit constitutionnel avec pour mission de rédiger en leur âme et conscience deux documents : l’un portant sur un projet de constitution et l’autre sur un projet de loi électorale. Lesquels seront finalisés par un comité plus élargi comprenant, outre les membres de la rédaction des documents susmentionnés, des spécialistes venus d’autres horizons et mandatés par les instances dont ils relèvent (association de juristes, d’avocats, des composantes de la société civile …) de telle manière que tous les corps constitués soient représentés. Une fois achevés dans les délais impartis, ces documents dûment motivés seront portés à la connaissance du peuple sur lesquels il sera appelé à se prononcer par voie de référendum.</p>



<p>Il est entendu que le projet de constitution doit être clair, sans ambiguïté pour toutes les dispositions qu’il comporte et plus particulièrement quant au régime politique retenu. Pour ce qui est du projet de loi électorale, il doit viser, entre autres, à restreindre le nombre des partis pour faire en sorte que seulement un petit nombre d’entre eux parvienne à être présent au parlement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le changement par voie la référendaire ou la 3e République </h3>



<p>La procédure qui vient d’être décrite est donnée à titre indicatif. L’on peut procéder autrement. L’essentiel c’est qu’il soit achevé en quelques mois; car il y a péril en la demeure!</p>



<p>Bien informée sur les intentions et les enjeux qui sous-tendent l’appel à voter, il y a de fortes chances que le peuple se prononce majoritairement pour le <em>«oui»</em>, pour le changement.</p>



<p>En 1958, Charles De Gaule en sa qualité de président du conseil des ministres n’avait pas agi autrement. Prenant acte de l’incurie du régime parlementaire jusque-là en vigueur dans son pays, il n’avait pas hésité à lui substituer un régime présidentiel inaugurant par-là l’avènement de la 5e République. C’était un véritable tournant, en termes aussi bien de gouvernance et de redressement socio-économique que de visions géostratégiques prometteuses. Ainsi, la France a connu depuis, en peu d’années, à la fois stabilité politique, croissance économique, progrès social, et retrouvé sa grandeur et son rayonnement d’antan.</p>



<p>En lançant une telle initiative, le président de la république prendra rendez-vous avec l’Histoire, donnera de l’espoir aux Tunisiens. Il sera le sauveur de la Tunisie qui lui sera à jamais reconnaissante.</p>



<p><em>* Universitaire. </em></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/25/blocage-politique-et-institutionnel-en-tunisie-que-peut-faire-le-president-kais-saied/">Blocage politique et institutionnel en Tunisie : Que peut faire le président Kaïs Saied ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Petit rappel à ceux qui croient pouvoir dompter l’islam politique par des compromis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Apr 2021 07:07:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sans enfourcher les chevaux de bataille du président de la république Kaïs Saied, et sans cautionner son populisme dangereux pour le devenir de la démocratie en Tunisie, la priorité des forces démocratiques et de la société civile doit être la constitution d’un front, le plus large possible, contre la nouvelle offensive du parti islamiste Ennahdha...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/02/Rached-Ghannouchi.jpg" alt="" class="wp-image-137997"/></figure></div>



<p><strong><em>Sans enfourcher les chevaux de bataille du président de la république Kaïs Saied, et sans cautionner son populisme dangereux pour le devenir de la démocratie en Tunisie, la priorité des forces démocratiques et de la société civile doit être la constitution d’un front, le plus large possible, contre la nouvelle offensive du parti islamiste Ennahdha et de ses rejetons salafistes, qui représentent aujourd’hui le principal obstacle à l’aboutissement de la transition démocratique et la véritable menace pour l’indépendance et l’avenir du pays.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mohamed Cherif Ferjani </strong>*</p>



<span id="more-346578"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>



<p>En 1922, alors que les fascistes menaient dans toutes les régions et les villes d’Italie des actions violentes contre leurs adversaires socialistes, communistes, anarchistes et d’autres forces opposées à leur projet totalitaire, et au moment où Mussolini lançait, à partir de son fief à Milan, une marche avec l’intention de prendre le pouvoir de gré ou de force, la droite italienne, pensant que le chef du Parti national fasciste était utile pour réprimer les agitations ouvrières et repousser le spectre du bolchévisme, a fait pression sur le roi en lui demandant de lui confier la mission de former un gouvernement de coalition. Ainsi, le 30 octobre 1922, après la marche sur Rome, le roi finit par charger Benito Mussolini de former un gouvernement avec des partis «modérés du centre», de droite, des militaires et seulement trois ministres fascistes.</p>



<p>Aussitôt, Mussolini a procédé, en 1923, à la réforme du système électoral de façon à donner 2/3 des sièges au parti ayant obtenu le plus de voix permettant au Parti national fasciste de remporter les élections d’avril 1924.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Eviter le scénario des fascistes en Italie et des nazis en Allemagne</h3>



<p>Profitant de l’assassinat d’un député du Parti socialiste unitaire, Giacomo Matteotti, par un groupe fasciste lui reprochant d’avoir dénoncé les fraudes électorales, et de la solidarité de nombreux députés de l’opposition qui ont refusé de siéger au parlement, Mussolini a instauré un régime d’exception qui n’était qu’un prélude à la dictature fasciste instaurée en 1926 et qui a duré jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale.</p>



<p>Le même scénario se répéta quelques années plus tard, en Allemagne, en 1933. Après l’échec de sa tentative de coup d’Etat en 1923, sans renoncer à son rejet de la démocratie, Hitler a opté pour une stratégie de conquête du pouvoir par la voie légale pour réaliser son projet.</p>



<p>Profitant de la colère du peuple allemand contre les mesures humiliantes imposées par les vainqueurs de la Première guerre mondiale, et des retombées de la crise économique mondiale de 1929-1930, le Parti national socialiste a engrangé les victoires électorales jusqu’à devenir le premier parti. C’est à ce titre, et non par une majorité absolue des électeurs, qu’il est devenu chancelier en 1933, par la volonté d’industriels et de forces de droite qui ont convaincu le Maréchal von Hindenburg, président du Reich, de le charger de former un gouvernement de coalition avec le DNVP (le Parti national du peuple allemand) d’Alfred Hugenberg et le Zentrum (le Deutsche Zentrumspartei, le Parti allemand du centre, dissout très vite par Hitler, le 5 juillet 1933, et reconstitué après la guerre sous le nom de la CDU, Union chrétienne-démocrate) de von Papen.</p>



<p>Les dirigeants de ces partis de droite se croyaient en mesure de contrôler le Parti nazi qui n’avait, au départ, que deux ministres, en plus de Hitler (Göring, responsable en particulier de la Prusse, et Wilhelm Frick, au ministère de l’Intérieur), alors qu’il devançait, avec 33,1% ses alliés (le DNVP, deuxième parti de la coalition n’avait que 8% et le Zentrum n’était qu’une force d’appoint, très minoritaire).</p>



<p>À peine son gouvernement formé le 30 janvier 1933, Hitler procéda à la dissolution du Reichstag le 1er février, avant de s’assurer, le 3 février, le soutien de l’armée. Ses alliés Von Papen, Thyssen et Schacht se sont chargés de mobiliser le soutien des milieux industriels et financiers montrant encore des réserves envers Hitler. La SA et la SS, milices du parti nazi, ont obtenu le statut d’auxiliaires de police, pour mener une répression sanglante contre les partis d’opposition, dont notamment le Parti social-démocrate (SPD) et le Parti communiste allemand (KPD), mais aussi contre celles et ceux qui avaient le tort de ne pas être de la <em>«bonne race»</em> ou de <em>«la bonne religion»</em>, comme c’était le cas des juifs et des tziganes : arrestations, internements, torture, assassinats, tous les moyens étaient bons pour instaurer un régime totalitaire dépassant de loin celui de Mussolini.</p>



<p>Le mystérieux incendie du Reichstag, au même mois de février 1933, a fini par donner le prétexte recherché pour suspendre toutes les libertés et asseoir, jusqu’à la fin de la guerre, un régime dont les victimes se comptent par millions : entre 1933 et 1939, de 150.000 à 200.000 personnes ont été internées, entre 7.000 et 9.000 tuées par la violence d’État, des centaines de milliers ont été obligés fuir l’Allemagne, auxquels il faut ajouter des millions de morts, de blessés, de déportés et d’exterminés dans les camps de concentration durant la seconde Guerre mondiale, entre 1939 et 1945.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La caution de partis dits du «centre» permet l’instauration de la dictature</h3>



<p>En relisant l’histoire des voies par lesquelles les partis fasciste et national-socialiste ont réussi à utiliser la légalité démocratique, qu’il refusaient au départ, pour accéder au pouvoir et instaurer des régimes totalitaires, avec la bénédiction et la caution de partis dits du <em>«centre» </em>et de la <em>«droite modérée»</em>, voire des progressistes séduits par leur <em>«programme social» </em>destiné aux classes défavorisées pour instrumentaliser leur colère en faveur d’un projet criminel, je me suis demandé si on n’est pas en train de vivre le même scénario avec l’islam politique.</p>



<p>Certes comparaison n’est pas toujours raison, Ghannouchi n’est ni Mussolini ni Hitler, et la situation en Tunisie n’est pas celle de l’Italie ou de l’Allemagne de l’entre deux-guerres, malgré des similitudes qu’on aurait tort de négliger pour nous rassurer. Les islamistes, comme les nazis et les fascistes, refusaient au départ la légalité démocratique et ont tenté, comme eux, des coups d’Etat en se dotant d’un appareil sécuritaire impliqué dans des attentats terroristes. L’attitude des <em>«progressistes»</em> Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaâfar, des dirigeants et des partis <em>«modérés»</em> du <em>«centre»</em>, et de leurs conseillers en Europe et aux Etats-Unis, n’est pas sans rappeler celles des <em>«modérés»</em> qui ont accepté de servir de caution à Mussolini et à Hitler en s’alliant avec eux. Ils pensent pouvoir, par des <em>«compromis historiques»,</em> assagir les islamistes en multipliant les concessions et les appels du pied à des alliances ou des coalitions.</p>



<p>Où est la différence avec les mouvements et les forces qui avaient adopté la même stratégie à l’égard du fascisme et du national-socialisme ?</p>



<p>Quand ces «modérés du centre» vont-ils comprendre qu’ils ne gagneront rien en persistant dans leur attitude à l’égard de Ghannouchi et de son mouvement, qui poursuivent toujours le même objectif et n’hésitent pas à jeter à la poubelle ceux qui acceptent de s’allier avec eux, après les avoir utilisés comme caution, pour aller de plus en plus vers leurs rejetons salafistes et jihadistes utilisés comme épouvantail afin d’obtenir de nouvelles concessions de leurs adversaires ? En quoi la politique des islamistes tunisiens, depuis 2011, diffère-t-elle de celle de Mussolini et de Hitler avant l’instauration de leur système totalitaire?</p>



<h3 class="wp-block-heading">La stratégie d’Ennahdha pour instaurer sa dictature islamiste</h3>



<p>N’a-t-on pas dans le parcours d’Erdogan et de l’AKP assez d’indications pour nous permettre d’anticiper et de prévenir les desseins de Ghannouchi et de son mouvement avant qu’il ne soit trop tard ?</p>



<p>Comment comprendre, en ce moment où la Tunisie s’enlise dans une crise économique sociale et politique sans précédent, et où le pays a du mal à faire face à la pandémie de la Covid-19, l’offensive d’Ennahdha demandant au chef de gouvernement Hichem Méchichi de passer outre la volonté du président pour installer dans leurs fonctions les ministres refusés par celui-ci pour motif de corruption et de conflit d’intérêt?</p>



<p>Comment interpréter la nomination à la tête des services spéciaux du ministère de l’Intérieur d’un directeur écarté auparavant pour ses liens connus avec les islamistes (<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/04/22/abir-moussi-critique-la-nomination-de-lazhar-loungou-video/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lazhar Loungou</a>, Ndlr)?</p>



<p>Comment expliquer la volonté soudaine d’accélérer la mise en place d’une Cour Constitutionnelle, selon les exigences des islamistes et de leurs alliés, alors qu’ils avaient tout fait pour en empêcher la création dans les délais constitutionnels (un an au maximum après les élections législatives de 2014) ?</p>



<p>N’est-ce pas là une nouvelle étape de la stratégie d’Ennahdha d’imposer, coûte que coûte et avant qu’il ne soit trop tard, son hégémonie nécessaire pour l’instauration de sa dictature islamiste?</p>



<p>Certes, Kaïs Saied n’est pas blanc comme neige dans le bras de fer, dont il n’a pas les moyens, qui l’oppose à Ghannouchi et au chef du gouvernement qu’il avait lui-même nommé. Je me suis déjà exprimé au sujet de son projet avant et après son élection à la présidence de la république. Je continue à penser que c’est un populiste conservateur dont les objectifs sont antinomiques avec la démocratie.</p>



<p>Cependant, la différence entre lui et Ghannouchi tient aux moyens dont ils disposent l’un et l’autre : la constitution donne peu de pouvoirs au président de la république et trop de pouvoirs au parlement, surtout en l’absence d’une vraie Cour Constitutionnelle au dessus des partis et des calculs politiques; c’était là une volonté délibérée d’Ennahdha dès le départ.</p>



<p>Par ailleurs, Ghannouchi et son mouvement disposent d’une organisation qui quadrille toute la société : outre les cellules et les sections d’Ennahdha et de ses rejetons salafistes, que Ghannouchi protège quoi qu’ils fassent, les islamistes disposent d’un vaste réseau d’associations, d’imams et d’enseignants à leur solde, de soutiens étrangers, d’agents infiltrés dans l’administration, dans la justice et dans les forces de sécurité, peut-être même dans l’armée : c’est ce qui expliqué l’agressivité d’Ennahdha dès qu’on s’approche des ministères de l’Intérieur et de la Justice par peur de perdre sa mainmise sur ces rouages clés de l’Etat.</p>



<p>Face à cela, de quoi dispose Kaïs Saied en dehors d’une sympathie populaire pour ses diatribes contre la corruption et pour son discours populiste ? Son statut de chef des armées ne lui donne pas plus de pouvoir qu’à Ben Ali sur ces forces qui ont refusé d’obéir à ses ordres quand il a eu besoin de leur intervention pour aider les services de sécurité à sauver son pouvoir. Mettre sur le même pied le danger hypothétique que représente Saied pour la démocratie et la réelle menace d’Ennahdha, comme le font ceux qui se réclament du <em>«centre»</em> et de la <em>«modération»</em>, relève, à mon avis, d’une myopie ou d’une supercherie.</p>



<p>Sans enfourcher les chevaux de bataille de Saied, et sans cautionner son populisme dangereux pour le devenir de la démocratie, la priorité des forces démocratiques et de la société civile doit être la constitution d’un front, le plus large possible, contre la nouvelle offensive islamiste qui représente aujourd’hui le principal obstacle à l’aboutissement de la transition démocratique et la véritable menace pour l’indépendance et l’avenir du pays. L’islam politique est à combattre avec la plus grande détermination et non à amadouer pas des<em> «compromis historiques»</em> ou des alliances destinées à le rassurer.</p>



<p>* <em>Professeur honoraire de l’Université Lyon 2, président du Haut conseil scientifique de Timbuktu Institute, African Center for Peace Etudies.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/23/petit-rappel-a-ceux-qui-croient-pouvoir-dompter-lislam-politique-par-des-compromis/">Petit rappel à ceux qui croient pouvoir dompter l’islam politique par des compromis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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