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	<title>Archives des productivité du travail - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des productivité du travail - Kapitalis</title>
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		<title>La stratégie de Kais Saïed de compter sur nous-mêmes pourrait-elle réussir ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 10:03:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Président Kais Saïed a-t-il eu raison de prendre le pari en notre nom à tous de compter sur nous-mêmes ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/11/la-strategie-de-kais-saied-de-compter-sur-nous-memes-pourrait-elle-reussir/">La stratégie de Kais Saïed de compter sur nous-mêmes pourrait-elle réussir ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En décidant récemment de rompre toute collaboration avec le FMI, le Président Kais Saïed a pris le pari en notre nom à tous de compter sur nous-mêmes, non seulement pour rembourser notre dette extérieure et éviter ainsi le passage humiliant devant le Club de Paris pour négocier le rééchelonnement de notre dette publique, mais aussi pour relancer la croissance économique et améliorer le niveau de vie de la population, en particulier des catégories sociales à faibles revenus pour la défense desquelles il a cru bon de prendre cette décision. A-t-on une chance sérieuse de relever ce défi? Réponse objective d’un économiste universitaire basée sur les enseignements de la science économique et loin de tout discours populiste.</em></strong><em></em></p>



<p><strong>Dr Sadok Zerelli&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-15860174"></span>



<p>Il convient de faire remarquer dès l’introduction de cet article qu’il ne s’agit point d’une <em>«stratégie»</em>, dans le sens où elle n’est pas basée sur une étude des potentialités de développement de l’économie nationale, une vision économique claire et un modèle de développement précis, mais plutôt d’un pari pris par notre Président en notre nom à tous,&nbsp; qui ne résulte pas d’un libre choix mais qui nous est imposé par les circonstances&nbsp;que traverse notre pays : isolement diplomatique de plus en plus grand (qui se rappelle du dernier chef d’État qui nous a rendu visite ou du dernier voyage de notre Président qui boude même les sommets arabes et africains, alors que la Tunisie est directement concernée par ces sommets?), impossibilité pratique d’accéder désormais au marché financier international à des taux d’intérêt raisonnables, indifférence à notre sort des bailleurs de fonds multinationaux et bilatéraux, y compris des pays «<em>frères et amis</em>»&nbsp;ou qui se disaient comme tels, etc.</p>



<p>Les raisons de la rupture des relations avec le FMI</p>



<p>Ces raisons ont été analysées de long en large dans mon très long article précédent <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(«<em>Le Président Kais Saïed a-t-il raison de rompre les relations avec le FMI ?»</em></a>). Je les résume ci-dessous pour les lecteurs et lectrices qui n’ont pas lu cet article, car elles constituent le point de départ de celui-ci :</p>



<p>&#8211; La Tunisie, qui est membre depuis 1958 de cette institution multilatérale de financement, créée en même temps que la Banque Mondiale en 1944 à Bretton Woods, figure parmi les pays au monde qui en ont bénéficié le plus&nbsp;: avec 3 123 millions de DTS (Droits de Tirage Spéciaux), soit l’équivalent de 4 400 millions de dollars, dont 87% ont été obtenus entre 2013 et 2020, elle se classe 13<sup>e</sup> parmi les 190 pays membres du FMI et a bénéficié de trois fois plus de crédits (306%) que ne lui donne droit son quota qui dépend de sa&nbsp; contribution au capital de cette institution.</p>



<p>&#8211; Il était possible, et même souhaitable de mon point de vue, d’accepter la première condition posée par le FMI pour le déblocage des 1,9 milliard de dollars, approuvés par son comité technique depuis 2022 et bloqués par son conseil d&rsquo;administration à savoir <em>la restructuration d’une centaine d’entreprises publiques</em> dont les déficits d’exploitation chroniques n’ont cessé d’aggraver d’une année à l’autre le déficit budgétaire de l’Etat qui dépasse largement les normes internationales admises en matière de gestion saine des finances publiques (12% du PIB contre 16% en Tunisie).</p>



<p>En effet, <em>restructuration</em> ne signifie pas forcément <em>privatisation, </em>comme le pense notre Président&nbsp;: les économistes et les experts financiers ont développé depuis longtemps des montages juridiques et financiers sophistiqués qui permettent de transformer une entreprise publique déficitaire en une entreprise publique excédentaire, sans avoir à en céder une seule action à des privés (contrat programme, PPP, BOT, contrat de concession, etc.).</p>



<p>&#8211; Il était possible, et même souhaitable de mon point de vue, d’accepter la deuxième condition posée par le FMI pour le déblocage des 1,9 milliard de dollars, à savoir <em>la réduction du poids de la masse salariale</em> des fonctionnaires dans le budget de l’Etat&nbsp;qui pèse jusqu’à 60% du titre I&nbsp;du budget de l’Etat. Avec un ratio de 56 fonctionnaires/1000 habitants (contre 15 au Maroc et 18 en Jordanie, des pays à économie et à sociologie similaires) et une part de 6,5% du PIB (contre 1,3% au Maroc et 1,8% en Jordanie), l’administration tunisienne est parmi les plus pléthoriques au monde.</p>



<p>Le rôle social de l’Etat pour venir en aide aux catégories sociales les plus défavorisées auquel notre Président est très attaché est une chose, mais transformer le budget de l’Etat en une «<em>vache à lait</em>» en est autre. Une telle politique ne peut se traduire que par des conséquences catastrophiques sur l’équilibre budgétaire et davantage d’endettement extérieur, avec le risque plus en plus grand de se retrouver au Club de Paris pour négocier dans des conditions humiliantes le rééchelonnement de notre dette publique (et au Club de Londres pour&nbsp;la dette privée), et perdre ainsi notre souveraineté nationale à laquelle Saïed &nbsp;est si attaché et au nom de laquelle il a rompue les relations avec le FMI.</p>



<p>&#8211; Certes, le Président avait raison de rejeter la troisième condition du FMI, pour débloquer les1,9 milliard de dollars, à savoir la <em>suppression de la compensation des prix</em> d’un certain nombre de produits et services de consommation de base et énergétiques, en raison de l’impact social d’une telle mesure, particulièrement sur les ménages à faibles revenus. Mais il aurait été possible, et même souhaitable de mon point de vue, de créer une Caisse autonome de compensation (CAC) à financer par une nouvelle taxe sur le <em>capital oisif</em> qui n’est pas intégré dans le circuit économique et ne contribue pas à la production nationale, tels que les terrains agricoles non cultivés, les terrains immobiliers non bâtis et souvent détenus pour des motifs de spéculation, etc. Une telle solution aurait permis de concilier les points de vue de notre Président et celui du FMI, sans qu’aucun d’entre eux ne perde la face. En effet, elle aurait permis de décharger le budget de l’Etat du poids de la compensation et réduit ainsi son déficit budgétaire, objectif recherché par le FMI, tout en préservant le pouvoir d’achat des classes sociales défavorisés et la paix sociale, objectif recherché par Saïed.</p>



<p>Maintenant que la décision de rompre les relations avec le FMI a été officiellement annoncée, la question que tout un chacun est en droit de se poser est la suivante: <em>Quelles sont les chances qu’une telle politique de compter sur nous-mêmes&nbsp;nous permettra de nous en sortir à court, moyen et long terme</em>, <em>notamment pour améliorer les conditions de vie des plus démunis et éviter une nouvelle révolte populaire qui risque d’être plus dévastatrice que celle de la révolte du pain en 1980 ou celle de 2011?</em></p>



<p>Pour apporter une réponse objective à cette question déterminante pour l’avenir de la Tunisie et peut être même de son régime politique, car les deux sont liés comme l’indique le nom originel de l’économie qui était jusqu’aux années 1950 «<em>économie politique»,</em> je vais adopter une approche qui se démarque des discours démagogiques et populistes qu’on entend souvent, basée sur la science économique en tant que discipline universitaire que j’ai eu la chance d’avoir enseignée pendant 20 années et dont j’ai appliqué les enseignements à une bonne trentaine de pays africains, à titre de consultant auprès de plusieurs institutions multinationales (BAD, Banque Mondiale, BEI, etc.) pendant 20 autres années.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DMoraechTW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/embed/#?secret=QHkMwR9By4#?secret=DMoraechTW" data-secret="DMoraechTW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme»</h2>



<p>Cette célèbre citation de Lavoisier contient déjà la moitié de la réponse aux défis que nous avons à affronter, maintenant que les relations avec le FMI sont rompues.</p>



<p>En effet, cette loi n’est pas valable uniquement en chimie, elle l’est aussi en économie, dans le sens où rien ne se crée tout seul et que pour pouvoir consommer des biens ou des services, il faut en produire ou en importer, mais pour pouvoir en importer, il faut exporter d’autres ce qui revient à produire davantage&nbsp;</p>



<p>Dans un article que j’avais intitulé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Arrêtons de mendier et mettons nous au travail</em>» </a>que j’avais publié il y a deux ans dans Kapitalis à une époque où le débat sur les conditions posées par le FMI battait son plein (février/mars 2023), j’avais expliqué et analysé, un certain nombre d’agrégats macro-économiques à l’appui, que tous les maux dont souffre notre économie, absolument tous (récession, inflation, chômage, endettement extérieur, déficit de la balance commerciale, de la balance des paiements, chute de la parité du dinar,  etc.) proviennent tous d’une seule et unique cause : <em>nous consommons bien davantage que nous produisons !</em></p>



<p>A partir de ce diagnostic qui ne fait pas de doute, il n’est pas nécessaire d’être un polytechnicien pour déduire que la solution à tous les déséquilibres structurels de notre économie ne peut provenir que soit d’une baisse de la consommation intérieure soit d’un accroissement de la production intérieure.</p>



<p>Malheureusement, la première solution n&rsquo;est pas une option réaliste compte tenu du matraquage publicitaire dont sont victimes les consommateurs tunisiens et surtout de ce que les économistes appellent «<em>l’effet de démonstration</em>» (consommer non pas en fonction de son propre revenu, mais de celui de la classe sociale immédiatement supérieure, afin de s’identifier à elle par le type de produits consommés, la marque des vêtements ou des chaussures portés, etc.)</p>



<p>La seule solution possible est de pouvoir produire davantage. C’est justement un des objets majeurs de la macro-économie, une des disciplines de la science économique, que j’avais enseignée pendant des années aux étudiants de l’Ihec, et dont je vais emprunter quelques lexiques et formulation pour apporter une réponse objective et scientifique à la problématique soulevée dans cet article, tout en veillant à expliquer clairement certains concepts et raisonnements propres à cette discipline universitaire, afin que les lecteurs et lectrices qui n’ont pas une formation économique puissent suivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Y = f (K,L)</h2>



<p>Cette simple formulation en macro-économie d’une fonction de production comporte la deuxième moitié de la réponse au pari pris par Kais Saïed de compter sur nous-mêmes pour faire face aux défis économiques qui nous sont posés, maintenant que toute collaboration avec le FMI a été rompue.</p>



<p>En effet, cette formule veut dire simplement que la quantité produite d’un bien ou services (Y, estimée par le PIB au niveau national) est la résultante de la combinaison de deux facteurs de production qui sont:&nbsp;</p>



<p>&#8211; K (Kapital), qui désigne, en anglais américain, l’ensemble des ressources naturelles, infrastructures et moyens de production, y compris le progrès technique qu’ils intègrent, disponible dans une économie;</p>



<p>&#8211; L (Labour), qui désigne le volume de la main d’œuvre ou&nbsp; force de travail disponible dans une économie, en termes de nombre de travailleurs, y compris leur qualification et productivité.</p>



<p>A partir de cette simple formulation, plusieurs fonctions de production homogènes ou non, de degré supérieur à 1 ou non, reflétant plusieurs modalités de combinaison de ces deux facteurs de production ont été développées (pour le cas où certains lecteurs de cet article &nbsp;sont mes ex-étudiants à l’Ihec, je leur rappelle, histoire de les rajeunir un peu, la fonction de Cob-Douglas Y= AxK<sup>α</sup>L<sup>1- α</sup>, dont ils se souviennent peut être, quoique celam’étonnerait&nbsp;!). Quelle que soit la fonction de production utilisée, analyser les potentialités de développement d’une économie revient à étudier de quel <em>«Kapital»</em> et de quel <em>«Labour»</em> (au sens américain de ces termes) elle dispose.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De quel «Kapital» la Tunisie dispose-t-elle ?</h2>



<p>Comme indiqué plus haut le volume de <em>«Kapital»</em> d’une économie inclue les ressources naturelles, y compris la fertilité des sols agricoles, les infrastructures, les équipements et moyens de production tels que les machines, bâtiments, etc.</p>



<p>En ce qui concerne les infrastructures et moyens de production, il faut savoir qu’en Tunisie, ce qu’on appelle en macro-économie la FBCF (Formation Brute de Capital Fixe, qui inclut les investissements de renouvellement des moyens de production amortis ou devenus obsolètes car dépassés par le progrès technologique + les investissements destinés à accroître la capacité de production), a chuté de 27% du PIB en 2010 à environ 6% depuis plusieurs années, ce qui va limiter considérablement tout accroissement de la production sans de considérables nouveaux investissements, hors du budget de notre Etat, pour rattraper le retard pris dans ce domaine.</p>



<p>Ceci est d’autant plus vrai qu’on démontre en macro-économie qu’il existe un décalage de temps (souvent de plusieurs années) entre le moment où on décide de réaliser un investissement et le moment où il atteint son rythme de croisière et se traduit par un accroissement de la production. Inversement, les effets de toute chute du volume des investissements apparaissent plusieurs années après et se traduisent par un ralentissement de la croissance économique future, ce qu’il y a lieu de craindre pour l’économie de Tunisie. Il est clair que cette loi économique ne joue pas en faveur du pari pris par notre Président de compter sur nous-mêmes pour accroître la production et relever les défis qui nous attendent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’en est-il des ressources naturelles?</h2>



<p>Au niveau des ressources naturelles, de quoi dispose-t-on? D’un peu de phosphate, un peu de pétrole, une agriculture à la merci d’une pluviométrie capricieuse aggravée par le changement climatique et de 1300 km de belles plages bien ensoleillées.</p>



<p>Pour ce qui concerne le phosphate, quatorze gouvernements successifs n&rsquo;ont pas réussi à ce jour à rétablir sa production à la moitié de ce qu’elle était en 2010: 3 millions de tonnes aujourd’hui contre 8 millions de tonnes en 2010. A ce sujet, lire dans la presse que le dernier CMR (Conseil ministériel restreint) tenu la semaine dernière a décidé de viser la production de 14 millions de tonnes en 2030, ne peut que faire sourire et constitue à mon sens l’exemple même de l’irréalisme des décisions de politique économique que prennent nos responsables au plus haut sommet de l’Etat, qui ont tendance à «<em>prendre leurs rêves pour de la réalité</em>».</p>



<p>Pour ce qui concerne le pétrole, sa&nbsp;production n’a cessé de diminuer au fil des décennies. Après avoir atteint un pic de 118 000 barils par jour en 1980, la production est tombée à 63 000 barils par jour en 2015. En 2022, la production de pétrole brut était de 35 400 barils par jour, et elle a encore diminué à 29 200 barils par jour à la fin de septembre 2024.&nbsp;La production nationale de pétrole ne suffit plus depuis l’année 2000 à couvrir la demande locale, estimée à 98 000 barils par jour, ce qui oblige le pays à importer des produits pétroliers raffinés, notamment du diesel.</p>



<p>Les principaux gisements, tels que Miskar et Hasdrubal, connaissent une baisse naturelle de leur production.&nbsp;L’unique raffinerie du pays, située à Bizerte, a une capacité de 34 000 barils par jour, bien en deçà de la consommation nationale, ce qui oblige la Tunisie à importer des produits raffinés payés en dollars.&nbsp;</p>



<p>D’autre part, des mouvements sociaux, comme le sit-in d’El Kamour en 2017, ont perturbé la production pétrolière pendant plusieurs années et l’amendement en 2017 du Code des hydrocarbures, exigeant l’approbation de l’Assemblée des représentants du peuple pour l’obtention de tout permis de prospection, a ralenti davantage les investissements dans ce secteur.</p>



<p>Pour ce qui concerne l’agriculture, il est vrai qu’elle constitue&nbsp;un secteur clé de l’économie tunisienne, dans le sens où elle représente environ 12%&nbsp;du PIB et emploie près de 15% de la population active. D’autre part, elle constitue une source essentielle de devises grâce aux exportations de produits agricoles comme l’huile d’olive, les dattes et les agrumes et qu’elle&nbsp;joue également un rôle important dans la stabilité sociale, notamment dans les régions intérieures du pays où elle représente la principale source de revenus. Néanmoins, son développement rencontre beaucoup de problèmes structurels tels que&nbsp;:</p>



<p>&#8211; le stress hydrique et la sécheresse aggravée par le changement climatique,</p>



<p>&#8211; le vieillissement des infrastructures d’irrigation,</p>



<p>&#8211; le morcellement des terres particulièrement dans le nord-ouest,</p>



<p>&#8211; une gestion de l’eau sont souvent inefficaces,</p>



<p>&#8211; une difficulté d’accès des agriculteurs aux crédits et subventions pour moderniser leurs exploitations</p>



<p>&#8211; une dépendance aux importations notamment de blé tendre (85,3% et des besoins) et d’orge (71,3% des besoins) dont la production est loin de couvrir la consommation nationale, rendant le pays vulnérable aux fluctuations des prix internationaux de ces produits.</p>



<p>Face à ces problèmes structurels, il est difficile d’être optimiste et de s’attendre à ce que l’agriculture va nous permettre de gagner le pari de compter sur nous-mêmes pris par notre Président. Déjà, si notre agriculture permettait de nous nourrir, notamment en céréales pour la production de notre pain, nos pâtes et notre couscous, produits de base de notre consommation, on s’estimerait bien heureux</p>



<p>Pour ce qui concerne le tourisme,&nbsp;une source majeure de devises et un pilier majeur de l’économie tunisienne, représentant environ 6,5% du PIB et fournissant des emplois à environ 11,5% de la population active, soit environ 340 000 emplois directs et indirects, les défis à relever sont également nombreux. Je citerais en particulier&nbsp;:</p>



<p>&#8211; une excessive sensibilité à la stabilité politique et la sécurité intérieure (on se rappelle tous les effets dévastateurs des&nbsp;attentats terroristes de 2015 au musée du Bardo et à Sousse);</p>



<p>&#8211; une dépendance excessive au tourisme balnéaire;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>&#8211; une pression sur l’environnement, notamment en ce qui concerne l’utilisation des ressources en eau, la gestion des déchets et l’érosion côtière;</p>



<p>&#8211; une concurrence internationale accrue de la part d’autres destinations méditerranéennes telles que le Maroc, l’Egypte ou la Turquie, et enfin;</p>



<p>&#8211; une&nbsp;infrastructure vieillissante et une qualité des services qui laisse à désirer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De quel&nbsp;«Labour» la Tunisie dispose-t-elle ?</h2>



<p>En ce qui concerne ce deuxième facteur nécessaire à l’accroissement de la production, il faut dire que la Tunisie part avec un handicap naturel majeur qui est la petite taille de sa population, et donc de son marché intérieur qui ne permet pas à plusieurs industries d’atteindre leur seuil critique de rentabilité et de se développer.</p>



<p>En effet, les 12 millions de Tunisiens ne tiennent pas dans une seule ville comme Lagos ou Le Caire ou New York (plus de 15 millions d’habitants chacune). D’autre part, comme le fait bien apparaitre la formulation macro-économique Y = f (K,L), une grande quantité de travail L ne sert à rien si elle n&rsquo; est pas accompagnée par une grande quantité de Kapital K. Autrement dit, même si des millions de travailleurs sont disponibles, ils ne serviront à rien s’ils ne disposent pas des usines, machines-outils, terres agricoles à cultiver, ressources naturelles à exploiter, etc., pour pouvoir effectivement produire.</p>



<p>Par ailleurs, j’avoue que je ne suis pas d’accord avec le Président quand il dit dans tous ses discours que «<em>la Tunisie regorge de compétences</em>» et table même sur ces compétences pour espérer gagner le pari qu’il a pris en rompant les relations avec le FMI. Non, la Tunisie regorge de diplômés de l&rsquo;enseignement supérieur,&nbsp;qui se comptent certes par centaines de milliers, dont une bonne dizaine de milliers de <em>«Doctorants»</em>, mais pas forcément de compétences, car Il y a une nette nuance entre les deux concepts.</p>



<p>A ce sujet et pour argumenter ma divergence avec le Président, je citerais mon expérience personnelle d’ex-enseignant universitaire.&nbsp;Quand j’avais intégré l’Ihec en 1980 comme enseignant universitaire, le taux de diplômés de cette école de commerce réputée était de 45% et quand j’en suis sorti en 2000 pour entamer une carrière de consultant international, le taux de diplômés dépassait les 90%. Entre-temps, chaque réforme universitaire (il y en avait une tous les 3 ou 4 ans, car chaque ministre mettait un point d’honneur à dénigrer celle de son prédécesseur et d’en élaborer une lui aussi) se traduisait par la suppression de telle ou telle matière du même cursus universitaire ou de tel ou tel chapitre dans une même matière&#8230; Par exemple, les stages de fin d’études, qui étaient obligatoires, sont devenus facultatifs pour finalement disparaitre progressivement&#8230; Bref, je peux témoigner, pour l’avoir vécu, du nivellement par le bas de notre enseignement supérieur et de la valeur des&nbsp; diplômes délivrés par nos universités, du moins dans le domaine des sciences économiques et de gestion qui est le mien, mais j’imagine qu’il en est de même dans les autres spécialités.</p>



<p>A ce sujet, je dois dire que je rigole un bon coup chaque année lorsque je vois ou entend nos médias présenter comme un triomphe et une source de fierté nationale le rang de&#8230; 950e mondial de la meilleure université tunisienne, celle de Sfax ou d’El Manar, selon le classement de Shanghai des meilleures universités du monde&nbsp;!</p>



<p>&nbsp;A mon avis, LE responsable de cette dégradation continue de la formation de nos diplômés et donc de leur employabilité est un ex-ministre de l’Enseignement supérieur qui a occupé ce poste pendant plus de 15 ans sous le régime de Ben Ali et qui, au lieu de&nbsp; regrouper le peu de moyens et enseignants compétents dont le pays dispose dans de grands pôles universitaire par spécialité (médicine, lettres, économie et gestion, etc.) quitte à le repartir sur plusieurs régions du territoire, a décidé au contraire la création d&rsquo;un grand nombre d’institutions universitaires dans pratiquement tous les gouvernorats et villes du pays, chacune disposant en conséquence de peu de moyens et cadres pédagogiques pour délivrer un enseignement supérieur qui mérite son nom.</p>



<p>Pour plaire à Ben Ali, tous les ministres qui se sont succédés à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ont privilégié la quantité au détriment de la qualité des diplômés et le résultat est là vingt ans après : des centaines de milliers de diplômés, dont la formation et le niveau d’employabilité sont médiocres et dont 40% sont des chômeurs de longue durée, et sur lesquels notre Président compte pour gagner son pari de compter sur nous-mêmes&nbsp;! (A ce sujet, je peux raconter une anecdote triste mais vraie : le gardien du jour de la résidence où j’habite à El-Manar, la résidence Kenz pour ne pas la nommer, est titulaire d’un master en finances internationales, qui après 10 ans de chômage, s’est résigné à accepter ce poste de gardien pour payer au moins ses cigarettes et son café, m a t il dit!)</p>



<h2 class="wp-block-heading">La productivité du travail&nbsp;</h2>



<p>A ce sujet, je me suis amusé (mais au vu des résultats j’ai réalisé que ce n’était pas un vraiment drôle et même le contraire) dans ce même article cité plus haut «<em>Arrêtons de mendier et mettons-nous au travail</em>» que j’avais publié en pleine période de négociations avec le FMI, à calculer le nombre d’heures travaillées par jour en moyenne par an par un Tunisien en âge actif, en tenant compte du taux de chômage, de trois mois travaillés à mi-temps (deux mois l’été plus le mois de Ramadan), du nombre de jours fériés et de weekend par an et d’un mois de congé annuel par travailleur:&nbsp; je suis arrivé à un résultat de <em>2,83 heures par jour</em> ! Encore je n’avais tenu compte des congés de maladies plus ou moins simulées, ni du nombre de fois où les employés, tant du secteur public que privé, arrêtent de travailler pour faire leurs prières sur place ou en allant à la mosquée, ou sortir fumer une cigarette en discutant du dernier match entre l’Espérance et l’Étoile, ou du temps passé à lire un journal ou au téléphone à jacasser, etc.</p>



<p>Il faut bien reconnaitre que, culturellement parlant, le travail ne figure pas en haut de l’échelle des valeurs dans notre société, comme c’est le cas dans beaucoup de pays tels que l’Allemagne ou les Etats-Unis où j’ai personnellement relevé, à l’occasion de mes séjours dans ces pays, à quel point les gens sont fiers d’avoir bien accompli leur travail et comptent là-dessus pour montrer dans l’échelle sociale.</p>



<p>Chez nous, c’est celui ou celle qui sait travailler le moins et sait se débrouiller le plus qui grimpe le plus dans l’échelle sociale et en est même fier.</p>



<p>Il est clair que cette désaffection pour le travail en tant que valeur sociale ne joue pas en faveur de la réussite de la stratégie de compter sur nous-mêmes décidée par notre Président.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VzChXrLX8t"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/">Kaïs Saïed a-t-il raison de mettre en cause les modalités de calcul du PIB?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed a-t-il raison de mettre en cause les modalités de calcul du PIB? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/embed/#?secret=21cH5u4z3Q#?secret=VzChXrLX8t" data-secret="VzChXrLX8t" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Kais Saïd peut vaincre le FMI mais pas les lois économiques&nbsp;</h2>



<p>Notre Président peut se moquer des agences de notation internationales en les qualifiant d’<em>«Oumek Sannafa» (cuisinières)</em>, proposer le calcul d’un autre agrégat économique qu’il appelle Produit Intérieur du Bonheur (PIB) au lieu et à la place du PIB (Produit Intérieur Brut), mettre en cause les modalités mêmes de calcul du PIB (voir ma réponse à ce sujet dans mon article intitulé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Le Président Kais Saïed a-t-il raison de mettre en cause les modalités de calcul du PIB ?»</em></a>), et même amuser les chefs d’Etat du G20 en inversant les noms des personnages de Laurel et Hardy dans le film américain du même nom, il n’en demeure pas moins que les lois économiques sont impitoyables et que nous le payerons très cher !</p>



<p>Je ne terminerais pas cet article sans une note humoristique&nbsp;: je me sens rajeunir de 50 ans à chaque fois que j’écoute les discours de notre Président (que je ne rate jamais pour essayer de comprendre sa psychologie, faute de pouvoir suivre ses raisonnements économiques). En effet, il me rappelle mes années d’étudiant à la Sorbonne quand, portant la barbe de Che Guevara (c&rsquo;était l’idole de la plupart des jeunes de l’époque et j’avais son poster collé au mur de&nbsp;toutes les chambres d’étudiant dans lesquelles j’avais habitées) et fumant les unes après les autres les cigarettes de marque <em>Gauloises</em>, je veillais jusqu’à minuit dans les cafés du Quartier Latin avec d’autres étudiants, à détruire et reconstruire le monde plusieurs fois par jour, à dénoncer autant l’impérialisme américain que le révisionnisme soviétique,&nbsp;à participer aux débats entre trotskistes et maoïstes, etc.</p>



<p>Compte tenu de mon passé d’étudiant, je suis de ceux qui comprennent le Président quand il rêve d’un monde meilleur comme je le faisais durant ma jeunesse (entre le jeune homme idéaliste que j’étais et l’homme blasé et durci par la vie et la pratique de l’économie que je suis devenu, je préfère de loin le premier…), dénonce ce que Samir Amine, un économiste très connu à l’époque, appelle l’échange inégal, reproche aux économistes d’oublier que derrière les chiffres qu’ils manipulent il y a des êtres humains qui souffrent de la pauvreté, exige du FMI d’appliquer une politique plus sociale, et veut même renverser l’ordre économique mondial mis en place en 1944 à Bretton Woods et dominé par les Américains, etc.</p>



<p>La seule chose sur laquelle je ne suis pas d’accord avec lui, c’est qu’il a tendance à oublier qu’il n’est plus étudiant mais un Chef d’Etat, que le Palais de Carthage n’est pas la buvette de la Faculté de droit de Tunis et qu’il détient entre les mains le sort de 12 millions de tunisiens.</p>



<p><em>* Economiste, consultant international.</em> </p>



<p><strong>Post Scriptum hors de l’objet de l’article :</strong> J’invite les lecteurs et lectrices, amateurs et amatrices de poésie d’ordre métaphysique, à me rejoindre sur mon blog <em><a href="https://www.blogger.com](https:/www.blogger.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Poèmes de la vie»</a></em> que j’ai créé dans Google. Ils y trouveront des poèmes qui sur sujets qui n’ont rien à voir avec l’économie,&nbsp;Kais Saïed, le FMI, etc. D’ailleurs un de mes poèmes s’intitule «<em>J’ai appris l’économie, mais l’économie ne m&rsquo;a rien appris</em>».</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/11/la-strategie-de-kais-saied-de-compter-sur-nous-memes-pourrait-elle-reussir/">La stratégie de Kais Saïed de compter sur nous-mêmes pourrait-elle réussir ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Chute du dinar tunisien : Qui perd ? Qui gagne ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/05/chute-du-dinar-tunisien-qui-perd-qui-gagne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Aug 2023 09:33:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[dinar tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[pénuries]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir d’achat]]></category>
		<category><![CDATA[productivité du travail]]></category>
		<category><![CDATA[théorie du complot]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce sont les lobbyistes et les rentiers qui gagnent à faire fondre le dinar tunisien. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/05/chute-du-dinar-tunisien-qui-perd-qui-gagne/">Chute du dinar tunisien : Qui perd ? Qui gagne ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Avec des arguments inspirés par la théorie du complot, son excellence le président tunisien Kaïs Saïed traite de tous les sujets. Mais, jamais de la valeur du dinar. Le dinar ne cesse de s’effondrer, créant paupérisation et désarroi. Le silence du président est total à ce sujet, et on fait comme si c’est une fatalité. Or, la réalité est bien différente : les lobbyistes et les rentiers gagnent à faire fondre le dinar …</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari </strong>*</p>



<span id="more-9235186"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>Le dinar a perdu 35% de sa valeur face à l’euro, durant les dix dernières années. Il a perdu 5% durant la dernière année, et presque 7% durant les 5 dernières années.</p>



<p>Le dinar a évidement perdu de sa valeur face au dollar, à l’euro, au dirham marocain… et à toutes les monnaies internationales.</p>



<p>Cela a d’énormes conséquences sur le niveau de vie du citoyen. Les médicaments, les technologies, les voitures, les équipements, le blé… tout coûtera plus cher et le pouvoir d’achat ne peut que s’effondrer en conséquence.</p>



<p>Les pénuries s’installent, le secteur informel fleurit et la corruption se répand dans ce contexte. Un contexte ignoré totalement par le président, pour qui les problèmes de pénurie sont purement artificiels et n’ont rien à voir avec l’économique.</p>



<p>Ce faisant, le président sait sciemment qu’il induit l’opinion publique en erreur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UbXIHyLKc8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/01/parite-dollar-euro-quel-impact-sur-le-dinar-tunisien/">Parité dollar-euro : quel impact sur le dinar tunisien?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Parité dollar-euro : quel impact sur le dinar tunisien? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/01/parite-dollar-euro-quel-impact-sur-le-dinar-tunisien/embed/#?secret=ANtCzlfDpo#?secret=UbXIHyLKc8" data-secret="UbXIHyLKc8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Perte infernale du pouvoir d’achat</h2>



<p>Les statistiques officielles confirment la chute du dinar et met en corrélation cette chute avec la baisse du pouvoir d’achat, surtout dans un contexte d’inflation élevée, frôlant une moyenne de 8 a 9% sur presque un an. Les gains de productivité du travail sont négatifs depuis plusieurs années.</p>



<p>On fait diversion, en parlant d’enjeux secondaires et à chaque jour, on fait le buzz par une sortie publique du président pour critiquer ou accuser les autres des malheurs économiques de la Tunisie d’aujourd’hui.</p>



<p>La perte du pouvoir d’achat est énorme. Annuellement, le citoyen moyen perd presque 7 à 8% de son pouvoir d’achat réel. A la longue, cela fait beaucoup.</p>



<p>Rien que pour la dernière année, les salaires moyens ont augmenté en valeur nominale de 2 à 3% pour le secteur syndiqué (UGTT), les prix ont augmenté de presque 9%. Ici, la différence est 6%, c’est une première source de la perte du pouvoir d’achat.</p>



<p>A cela s’ajoute le recul du dinar, dont une partie se répercute sur le taux d’inflation, et une autre partie plus diffuse se répand insidieusement dans plusieurs marchés peu concurrentiels et plutôt rentiers.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="itgcbbJ7Te"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/28/depreciation-du-dinar-tunisien-et-inflation-un-vrai-casse-tete-chinois/">Dépréciation du dinar tunisien et inflation : Un vrai casse-tête chinois</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dépréciation du dinar tunisien et inflation : Un vrai casse-tête chinois » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/28/depreciation-du-dinar-tunisien-et-inflation-un-vrai-casse-tete-chinois/embed/#?secret=ZSS3Qj9pqE#?secret=itgcbbJ7Te" data-secret="itgcbbJ7Te" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Détérioration continue des services publics</h2>



<p>Pour ne pas arranger les choses, les services publics (santé, éducation, transport, etc.) ont connu une certaine dégradation qui a ouvert les portes au secteur privé, réduisant de facto le pouvoir d’achat moyen. Le citoyen doit donc couvrir de nouvelles dépenses en éducation, en santé, en transport…</p>



<p>Dans certaines régions reculées, ces impacts diffus sont encore plus insidieux, plus diversifiés et plus difficiles à supporter.</p>



<p>Avec une perte réelle de pouvoir d’achat de 7% par an, on estime que le pouvoir d’achat est divisé par deux en 10 ans seulement.</p>



<p>Au bas mot, depuis 2011, le pouvoir d’achat moyen aurait été divisé par deux en moyenne.</p>



<p>Cette chute du pouvoir d’achat génère de graves conséquences sur l’accès à l’éducation, la santé et aux services sociaux. Le bien-être, la santé, l’espérance de vie… s’en ressentent et cela se traduit par l’accentuation de nombreuses problématiques sociales : violence, vol, tension, injustice, corruption, etc.</p>



<p>Le président Kaïs Saïed doit agir pour réajuster les tendances par des politiques de relance économique, par des politiques fiscales fondées sur la rigueur (pas l’austérité) et surtout par une nouvelle politique monétaire adaptée au retour des investissements et du sens de la productivité au travail.</p>



<p>Faute de quoi, le dinar continuera sa chute tendancielle et la Tunisie ne peut que s’appauvrir davantage et inéluctablement. </p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?__cft__%5b0%5d=AZVnsKIa_HvviSRreSOSFc8uoDJGX7uVfyjXfOw_xj3jt5p1bvQbzOZMiC4cXfwaMPJB4c_lML7li0mDZXVsxz4rReYsDVHVCZl-g-zUXZcYVxeRDXqt1236TVh_XIShaJ1dh_JKHq9o7oGQWTP43q7oyV3-c-W-rqonkrOIPFL73TwDo-87KGdOMwfqJWo7rrA&amp;__tn__=-UK-R">Economics for Tunisia, E4T</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6Z7gpLCl8Y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/30/la-societe-tunisienne-sappauvrit-lentement-mais-surement/">La société tunisienne s’appauvrit lentement mais sûrement</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La société tunisienne s’appauvrit lentement mais sûrement » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/30/la-societe-tunisienne-sappauvrit-lentement-mais-surement/embed/#?secret=s8vYTayDf5#?secret=6Z7gpLCl8Y" data-secret="6Z7gpLCl8Y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie entre quêteurs et raquetteurs !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Apr 2021 07:34:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Kooli]]></category>
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		<category><![CDATA[endettement toxique]]></category>
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		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[productivité du travail]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[réformes économiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les élites au sommet de l’État sont à couteaux tirés, l’économie saigne aux quatre veines avec un trésor public exsangue. Sans programme économique, ces élites et partis politiques ferment la porte aux réformes économiques, et se plient en quatre en «quêteux» quémandant toujours plus d’aides internationales et de dettes. La dette est devenue...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Tunisie-Mendicicite-Endettement.jpg" alt="" class="wp-image-343959"/></figure></div>



<p><strong><em>Alors que les élites au sommet de l’État sont à couteaux tirés, l’économie saigne aux quatre veines avec un trésor public exsangue. Sans programme économique, ces élites et partis politiques ferment la porte aux réformes économiques, et se plient en quatre en «quêteux» quémandant toujours plus d’aides internationales et de dettes. La dette est devenue un système, un business à part entière où quêteurs et raquetteurs trouvent leurs comptes. Décryptage…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D.</p>



<span id="more-343958"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Le contexte n’est pas anodin : la Tunisie est en passe de rejoindre le club de ces nations mal-gouvernées et ces États faillis très endettés et qui se dopent par la dette. Ces États qui se mettent à genoux face aux bailleurs de fonds et fournisseurs de l’aide internationale.</p>



<p>Les 3 présidents au sommet de l’État multiplient les rencontres avec les ambassadeurs des pays occidentaux, leurs émissaires et ministres sont en navette entre les capitales européennes et les pays du Golfe… tous les moyens sont bons pour endetter davantage la Tunisie et se maintenir au pouvoir sans rien changer et rien transformer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des signes qui ne trompent pas</h3>



<p>Ces rencontres à répétition et ces couteux voyages internationaux ne se basent sur aucun programme économique annoncé d’avance. Aucun objectif non plus! L’opinion publique est maintenue dans l’ignorance des tenants et aboutissants de ces rencontres suspectes et nébuleuses par leur opacité.</p>



<p>Pour un grand nombre des ambassadeurs occidentaux et moyen-orientaux rencontrés, les élites au pouvoir au sommet de l’État tunisien donnent une image déplorable. Un ambassadeur d’un grand pays occidental m’avouait que «la posture de quêteux adoptée par ces élites au sommet de l’Etat déshonore les ambitions de la Révolte du Jasmin».</p>



<p>Au lieu de se retrousser les manches, l’État tunisien fait quasiment la manche.</p>



<p>On s’obstine et on s’obstine contre des réformes jugées incontournables. Et ici l’État tunisien ne donne pas une impression rassurante, ses élites ne reculent devant rien pour se maintenir au pouvoir! Pour maintenir le statu quo, ne voulant rien changer, et pas toucher aux intérêts des rentiers et oligarchies qui détiennent les rouages de l’économie et qui règnent en maître sur l’essentiel des institutions politiques.</p>



<p>L’urgence est pourtant là, et elle est transitive:<br>A- sans réformes économiques structurelles et consensuelles les préteurs internationaux ferment le robinet de la dette;<br>B- sans le feu vert du FMI et agences de notation, le trésor public tunisien ne pourra pas facilement boucler son budget pour 2021;<br>C- sans budget équilibré et bouclé avant le mois de juin, la Tunisie ne pourra pas honorer ses engagements en salaires et des remboursements de dettes venues à échéance.</p>



<p>L’hypothèse de la banqueroute n’est plus qu’une vue d’esprit. Avec des risques et des conséquences lourdes pour le dinar, pour le pouvoir d’achat, pour l’emploi et pour la stabilité politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les quêteurs au service des raquetteurs</h3>



<p>Pour boucler son budget pour 2021, la Tunisie doit emprunter l’équivalent de 40% des dépenses publiques, requises pour honorer les factures : salaires, subventions des sociétés d’État en quasi faillite, dettes, engagements et services publics essentiels.</p>



<p>La dette cultive la dette, avec l’entremise ces «quêteurs» au pouvoir, et pas loin d’eux des raquetteurs qui vampirisent la filière de la dette et des aides internationales.</p>



<p>Et pour cause : l’argent de la dette colle aux parois des canaux des financements internationaux et le système bancaire lié. Le cartel des banques locales tire profit de l’endettement excessif du pays et capitalise dessus avec la bénédiction des politiques monétaires de la place. Les autres rentiers, oligopoles industriels et monopoles de l&rsquo;import-export profitent aussi des situations de rente et des subventions procurées notamment par l’endettement et les impôts des contribuables.</p>



<p>Par retour d’ascenseurs, les partis et élites en place trouvent leur compte, avec maintien au pouvoir et souvent des dividendes qui coulent dans des comptes bancaires à l’étranger.</p>



<p>Beaucoup de ces élites au pouvoir font aujourd’hui l’objet de rumeurs d’enrichissement illicite et de fortune accumulée en rien de temps.</p>



<p>En Tunisie, la filière de l’endettement est devenue un <em>«business» </em>à part entière, avec adeptes et ses relais dans les administrations et rouages de l’État, tous agissent pour maintenir la filière et ses <em>«raquetteurs»</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une mendicité systémique</h3>



<p>D’un montant équivalent à 39% du PIB en 2010, la dette constitue au moins 112% du PIB (État et entreprises publiques). Depuis 2011, la dette publique a triplé en volume et grossit à vue d’œil pour devenir insoutenable par l’économie et par la productivité du travail.</p>



<p>Les gouvernements et les partis politiques ayant gouverné depuis 2011 ont tous, sans exception, entretenu la filière de l’endettement toxique. Ils ont tous laissé faire la mal-gouvernance et occulté le bourrage de l’administration publique (et sociétés d’État) par des dizaines de milliers de leurs partisans et<em> «fidèles»</em>, neutralisant au passage le sens de l’État et noyautant le pouvoir régulateur des administrations publiques.</p>



<p>En Tunisie post-2011, l’addiction à la dette est devenue maladive. L’endettement est passé d’un impératif économique visant à booster l’investissement et la croissance économique à un levier finançant le train de vie ostentatoire de l’État, encourageant la consommation improductive et les gaspillages à grande échelle.</p>



<p>Le gouvernement Mechichi, le 3e depuis 2020 et le 10e depuis 2011, fait comme ses prédécesseurs. Rien pour les réformes économiques, l’objectif consiste à s’agripper au pouvoir, tous les moyens sont bons! Ce chef de gouvernement non élu, désigné pour gouverner à la tête d’un gouvernement de technocrates, s’est mis rapidement à faire de la politique politicienne, laissant tomber les réformes économiques promises lors de son discours d’investiture.</p>



<p>Pis encore, depuis qu’il est au pouvoir (juillet 2020), le gouvernement Mechichi a augmenté les dépenses salariales des fonctionnaires de presque 13%. Il a multiplié les cadeaux fiscaux pour des groupes de pression et particulièrement de certains de corps de métiers de l’État (juges), sans oublier les protestataires (El-Kamour, etc.).</p>



<p>Au lieu d’agir illico presto avec les réformes économiques requises et au lieu de travailler fort pour restaurer la crédibilité de la <em>«démocratie tunisienne»</em>, face aux partenaires (FMI en tête), ces pouvoirs multiplient les gestes de <em>«mendicité» </em>auprès des ambassadeurs européens et des lobbys économiques, toujours dans une posture de sollicitation et de «quêteurs».</p>



<p>Le chef de gouvernement Hichem Mechichi multiplie, et avec insistance peu diplomatique, les rencontres avec les ambassadeurs européens. Tous ses ministres jouent la même partition, tous sollicitent de l’aide sans disposer d’un programme de réformes crédible et précis dans ses échéances et objectifs.</p>



<p>Il y a deux semaines, le ministre des Finances, Ali Kooli est revenu bredouille d’un voyage de cinq jours au Qatar (avec une imposante délégation), pour dit-on mobiliser les investisseurs qataris. Tout un camouflet pour un ministre d’État et pour une mission opaque, sans programme annoncé, sans objectifs officiels et sans reddition de comptes. Les contribuables ne peuvent plus payer pour ce genre de voyage qui aurait coûté au bas mot 200.000 dollars US, soit presque 600.000 dinars tunisiens (5 jours, hôtels de luxe, escortes, logistiques, etc.).</p>



<p>Les prêteurs internationaux ne sont pas dupes et savent que l’État tunisien est très gangréné par le gaspillage, noyauté par les groupes d’intérêts et malmené par des élites égocentriques… Ils déplorent que la dette nourrisse le gaspillage de l’État et de ses fonctionnaires en surnombre et peu productifs.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une démocratie à crédit, une démocratie au rabais</h3>



<p>La logique de l’endettement à fond la caisse est aussi adoptée par le président du parlement, le religieux Rached Ghannouchi (79 ans). Lui aussi multiplie les rencontres avec les ambassadeurs américain, européens, turc, qatari, etc. Lui aussi fait des pieds et des mains pour solliciter davantage de dettes toxiques pour l’économie et lourdes de conséquences pour les générations futures.</p>



<p>Dans son entourage et au parlement, on apprend que l’argent de lobbyistes américains coule à flots et dans l’opacité pour financer dit-on des stagiaires (producteurs de notes et de rapports confidentiels) et des députés au passage, comme s’il ne manquerait plus que les lobbyistes américains pour financer ces députés belliqueux et dont les scandales font les manchettes des journaux.</p>



<p>Le Palais de Carthage ne fait pas mieux. Lui aussi multiplie ses discours hermétiques et envoie ses émissaires à Paris, à Rome, à Alger… et partout dans les pays du Proche-Orient (sans exception et sans stratégie). Ici aussi, on ne tient pas compte de l’urgence des réformes économiques à initier pour sortir l’économie de sa descente aux enfers, et pour montrer qu’on fait le nécessaire pour déclencher les réformes et relancer l’économie.</p>



<p>Plusieurs observateurs internationaux constatent que l’État tunisien ne semble pas comprendre le cercle vicieux de la dette. Une démocratie à crédit ne peut être qu’une démocratie au rabais!</p>



<p>La Tunisie doit se retrousser les manches au lieu de continuer à faire la manche, au grand désarroi de ses citoyens et citoyennes… La Tunisie doit sortir de la trajectoire de la dette improductive et qui ne fait que pénaliser les jeunes générations.</p>



<p>Les élites au pouvoir au sommet de l’État doivent assumer leur leadership transformationnel et faire le nécessaire pour respecter les aspirations de ceux et celles qui ont donné naissance à la Révolte du Jasmin en Tunisie, il y a déjà 10 ans.</p>



<p>* <em>Universitaire au Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kG2qVldjZe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/11/tunisie-linstrumentalisation-de-linflation-a-des-fins-politiques/">Tunisie : l&rsquo;instrumentalisation de l’inflation à des fins politiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : l&rsquo;instrumentalisation de l’inflation à des fins politiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/11/tunisie-linstrumentalisation-de-linflation-a-des-fins-politiques/embed/#?secret=8PlLR8qF6p#?secret=kG2qVldjZe" data-secret="kG2qVldjZe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Quand la Tunisie va-t-elle mettre en place un plan pour réduire son surendettement ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2020 13:58:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Triki]]></category>
		<category><![CDATA[budget de fonctionnement]]></category>
		<category><![CDATA[Cercle Kheireddine]]></category>
		<category><![CDATA[déficit de la balance commerciale]]></category>
		<category><![CDATA[dette tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Forum Ibn Khaldoun]]></category>
		<category><![CDATA[productivité du travail]]></category>
		<category><![CDATA[surendettement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une communication faite, au cours d’une récente conférence-débat organisée par le Cercle Kheireddine et le Forum Ibn Khaldoun, sur la soutenabilité de la dette tunisienne, Abdelhamid Triki, ancien ministre du Plan et de la Coopération internationale, a établi un parallèle entre la dette extérieure tunisienne et celles de pays surendettés qui ont mis en...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Tunisie-Endettement.jpg" alt="" class="wp-image-283443"/></figure>



<p><strong><em> Dans une communication faite, au cours d’une récente conférence-débat organisée par le Cercle Kheireddine et le Forum Ibn Khaldoun, sur <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/01/28/les-facteurs-a-lorigine-de-lexcessivite-de-la-dette-tunisienne-selon-lamia-zribi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="la soutenabilité de la dette tunisienne (s’ouvre dans un nouvel onglet)">la soutenabilité de la dette tunisienne</a>, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/01/31/abdelhamid-triki-tire-la-sonnette-dalarme-la-tunisie-risque-detre-insolvable/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Abdelhamid Triki (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Abdelhamid Triki</a>, ancien ministre du Plan et de la Coopération internationale, a établi un parallèle entre la dette extérieure tunisienne et celles de pays surendettés qui ont mis en place des plans pour réduire leur surendettement. </em></strong></p>



<span id="more-283442"></span>



<p><em> «L’objectif est de situer la Tunisie par rapport à un panel de pays fortement endettés et de voir comment ces derniers ont procédé pour réduire le fardeau de leur dette»</em>, a-t-il-dit, et de préciser que les pays retenus figurent dans la liste des 19 pays les plus endettés selon le rapport World Economic Forum 2016-2017. Il s’agit de : </p>



<ul class="wp-block-list"><li>la Grèce : avec une dette représentant 178,4% du PIB, qui continue de souffrir de la crise économique et n’arrive toujours pas à rembourser sa dette malgré les plans de sauvetage appuyés par les créanciers internationaux. Ce pays subit toujours des mesures d’austérité (baisse des salaires de 30%, vente de plusieurs ports, vague de privatisation…);</li><li>le Portugal, dont la dette de ce pays représente 128,8% du PIB et qui a décidé de sortir de la crise avec son propre plan de sauvetage (2014) en s’appuyant sur le tourisme;</li><li>l’Espagne, avec une dette représentant 99% du PIB, a opté, comme beaucoup de pays de l’Union Européenne, pour une approche qui consiste à augmenter la productivité et à booster la croissance;</li><li>l’Irlande qui est parvenu à réduire le ratio de la dette de 122,8% à 95,2% du PIB, à la faveur d’un refinancement réussi de sa dette.</li></ul>



<p> Au niveau de la région Moyen Orient-Afrique du Nord (Mena), la Tunisie, avec un taux d’endettement de 70% du PIB (chiffre de 2016), se situe parmi les pays les plus fortement endettés comme le Liban et la Jordanie. Mais il tarde encore à prendre des mesures sérieuses pour réduire son endettement et continue même se solliciter des crédits auprès des bailleurs de fonds internationaux pour financer la masse salariale de son secteur public et son budget de fonctionnement. Alors que la productivité du travail continue de baisser, que l’investissement pique du nez et que le déficit de la balance commerciale explose… Et pas seulement… </p>



<p class="has-text-align-right"><strong> Khémaies Krimi</strong></p>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="03y1eER5J3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/31/abdelhamid-triki-tire-la-sonnette-dalarme-la-tunisie-risque-detre-insolvable/">Abdelhamid Triki tire la sonnette d’alarme : «La Tunisie risque d’être insolvable»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Abdelhamid Triki tire la sonnette d’alarme : «La Tunisie risque d’être insolvable» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/31/abdelhamid-triki-tire-la-sonnette-dalarme-la-tunisie-risque-detre-insolvable/embed/#?secret=o8RADa90Hf#?secret=03y1eER5J3" data-secret="03y1eER5J3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VWxrDIAs4n"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/28/les-facteurs-a-lorigine-de-lexcessivite-de-la-dette-tunisienne-selon-lamia-zribi/">Les facteurs à l’origine de l’excessivité de la dette tunisienne, selon Lamia Zribi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les facteurs à l’origine de l’excessivité de la dette tunisienne, selon Lamia Zribi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/28/les-facteurs-a-lorigine-de-lexcessivite-de-la-dette-tunisienne-selon-lamia-zribi/embed/#?secret=kfX3NNrHbu#?secret=VWxrDIAs4n" data-secret="VWxrDIAs4n" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : la «bulle» démocratique, un «boulet» pour la productivité ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/15/tunisie-la-bulle-democratique-un-boulet-pour-la-productivite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2020 11:05:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de la Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[bulle démocratique]]></category>
		<category><![CDATA[chômeurs déguisés en fonctionnaires]]></category>
		<category><![CDATA[contestations sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[ITCEQ]]></category>
		<category><![CDATA[productivité du capital]]></category>
		<category><![CDATA[productivité du travail]]></category>
		<category><![CDATA[révolte du Jasmin]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, bailleurs de fonds, diplomates influents et économistes aguerris se posent ce type de questions, et depuis un moment déjà! Tous craignent que les incessantes tensions politiques, les tergiversations partisanes au somment de L’État et la mal-gouvernance chronique finiront par sanctionner l’économie, en lui faisant perdre ses valeurs productives et propulseurs de la croissance....</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/15/tunisie-la-bulle-democratique-un-boulet-pour-la-productivite/">Tunisie : la «bulle» démocratique, un «boulet» pour la productivité ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Economie-en-baisse.jpg" alt="" class="wp-image-281240"/></figure>



<p><strong><em>En Tunisie, bailleurs de fonds, diplomates influents et économistes aguerris se posent ce type de questions, et depuis un moment déjà! Tous craignent que les incessantes tensions politiques, les tergiversations partisanes au somment de L’État et la mal-gouvernance chronique finiront par sanctionner l’économie, en lui faisant perdre ses valeurs productives et propulseurs de la croissance.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Dr Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-281236"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p> Intuitivement et souvent sans preuve, ces observateurs murmurent à qui veut bien les entendre, que la bulle démocratique et l’overdose de libertés mal-instituées ne peuvent que plomber la productivité du travail, la productivité du capital et la productivité des<em> «institutions»</em> venant en soutien à l’économie. </p>



<p> Des statistiques officielles, récemment publiées, viennent dissiper des doutes et éclairer les constats, montrant la remise à zéro de la plupart des indicateurs mesurant les gains de productivité depuis l’avènement de la <em>«Révolte du Jasmin»</em> en 2011.</p>



<p> Que disent les chiffres? Comment les expliquer? Et à qui la faute?</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une «bulle démocratique» infestée par bien de «roublards» et de «flemmards» </h3>



<p> L’enjeu et de taille et on comprend le bien-fondé de l’hypothèse postulant que la <em>«bulle démocratique» </em>aurait amplifié démesurément les<em> «libertés et droits» </em>et la déréglementation des processus productifs.</p>



<p> Des observateurs constatent aussi que la <em>«bulle démocratique» </em>en Tunisie a mis de larges pans de l’économie entre les mains de <em>«flemmards» </em>peu productifs, de politiciens <em>«véreux» </em>et d’hommes d’affaires<em> «roublards» </em>qui évitent d’investir leurs capitaux dans les secteurs économiques à forte valeur ajoutée et porteurs de prospérité pour la collectivité. La même bulle aurait canalisé d’énormes capitaux et de ressources vers le marché parallèle et son économie informelle, où tout est permis.</p>



<p> Le lien entre la bulle démocratique post-2011 et le recul des gains de productivité est plausible! Mais, on a besoin de données fiables pour le démontrer, hors de tout doute! Sinon, on reste dans la supputation subjective et la spéculation politique au sujet des corrélations (et causalités) pouvant lier la<em> «bulle démocratique» </em>et aux pertes de productivité de tous les facteurs de production: travail, capital et autres variables contextuelles (multifactorielles). </p>



<p> Qu’en déplaise aux élus et partis au pouvoir, des statistiques officielles apportent de nouvelles données probantes qui confirment ces craintes et étayent ces prémonitions, chiffres à l’appui! </p>



<p> Ces chiffres montrent que depuis la transition démocratique en 2011, les travailleurs sont moins productifs, les patrons sont moins investis et les acteurs politiques sont moins rassurants pour l’économie, avec à la clef des baisses tendancielles sur les divers fronts de la productivité économique. </p>



<p> Ces chiffres et analyses sont compilés dans un rapport rendu public (fin décembre 2019) par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ). Cet Institut, qui relève du ministère des Finances, produit périodiquement d’excellentes analyses conjoncturelles et de bulletins de veilles fort utiles à la prise de décision (investisseurs, politiques publiques, banques, etc.) et pour les médias et l’opinion publique. </p>



<p> Ce rapport est passé inaperçu par les médias et les élites politiques. À se demander pourquoi?</p>



<p> Toute une mauvaise nouvelle! Une nouvelle qui ne semble pas déranger les partis et élus politiques, trop pris dans les tiraillements au sujet du partage du pouvoir et l’accaparement du plus grand nombre de postes ministériels dans le gouvernement en formation par Elyes Fakhfakh.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une démocratie contre-productive ! </h3>



<p> L’ITCEQ nous apprend que la productivité globale des facteurs ou PGF (appelée aussi productivité multifactorielle) a connu depuis 2011, une chute brutale. Les données statistiques disent, et sans équivoque, que durant la décennie précédant la <em>«Révolte du Jasmin»</em> (2000-2010), la PGF a connu un gain moyen inter-annuel positif estimé à 1,5% par an (avec des maximums dépassant les 3%), contre une perte moyenne inter-annuelle de -0,4% pour la période 2011-2019. Une baisse dramatique et un bilan économique catastrophique pour ceux et celles qui ont gouverné au lendemain de la <em>«Révolte du Jasmin»</em>!</p>



<p> La raison est simple : l’économique ne peut se laisser faire sans réagir! Et elle ne peut pardonner continuellement les errements du politique. Un verdict empirique et officiel qui met en cause un ensemble de mesures fiscales et monétaires, qui s’ajoutaient à des mesures normatives introduites en vitesse sans laisser le temps au système productif en place la possibilité de le<em>s «mâcher»</em> et de les internaliser efficacement et sans risque. </p>



<p> Pour être plus précis, le concept de productivité globale des facteurs (PGF) fait référence à une productivité résiduelle, inexplicable ni par la productivité des travailleurs (travail) ni par la productivité des équipements et technologies productives (capital). En effet, la PGF intègre dans son décompte de la productivité des nouvelles institutions démocratiques en charge de la gouvernance mise en œuvre depuis 2011; et par neuf gouvernements et plus de 300 ministres et équivalents. </p>



<p> En somme, la PGF intègre ainsi toutes les tensions politiques, toutes les malversations dans la gouvernance (corruption, blanchiment, évasion fiscale, etc.), la perte de confiance, pour ne citer que ces facteurs contextuels. Et les données confirment que les pires années ont été celles de 2011, de 2013, de 2015 et 2016, soit les années de la destitution de Ben Ali, l’année des manifestations contre la mal-gouvernance du gouvernement d’Ennahdha et l’année des attentats terroristes au Bardo et à Sousse. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Productivite-2000-2019.jpg" alt="" class="wp-image-281237"/></figure>



<p> Toute chose étant égale par ailleurs, ces données empiriques officielles portent à croire que la bulle démocratique post-2011 a fait imploser les gains de la PGF, les plongeant dans le rouge, après avoir été largement dans la zone positive, avant la révolution. Ce crash est regrettable, surtout quand on se compare à des pays comparables, se classant bien derrière la Tunisie dans les années 2000. </p>



<p> À se demander si les élites tunisiennes n’ont pas, dans leurs querelles continues, institué une démocratie économiquement stérile, improductive et calamiteuse pour la prospérité économique de la seule démocratie en terre d’islam. Les apprentis-sorciers impliqués dans la gouvernance de l’ère démocratique doivent s’expliquer (ministres et élus). La Tunisie démocratique doit les tenir pour responsables dans la déroute économique à l’œuvre depuis 2011. Le prochain gouvernement doit agir en conséquence pour tenter de redresser la PGF.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La perte de productivité du capital est encore plus prononcée   </h3>



<p> Sur le front de la productivité du capital, le tableau est encore plus sombre. Les données de l’ITCEQ confirment que les pertes de productivité du capital ont été plus élevées que les pertes constatées au niveau de la PGF. Selon ces chiffres, la transition démocratique post-2011 n’a pas su rassurer les investisseurs, industriels et autres entrepreneurs. Ceux-ci ont dû faire face à un cumul d’incertitudes macro-économiques : pression fiscale grandissante, dévaluation du dinar, omniprésence du FMI, inflation, obsolescence technologique accélérée et surtout une politique monétaire calamiteuse.</p>



<p> Comme montré dans le graphique suivant, durant la décennie post-2011, les gains de productivité du capital ont plongé dans le rouge, avec une perte moyenne et inter-annuelle de l’ordre de -0,8%. Les données portent à croire que les investisseurs ont préféré ne pas moderniser leurs équipements et ne pas renouveler leurs technologies productives. Des décisions lourdes de conséquences, puisque la compétition internationale pousse ces industries à mettre la clef sous la porte, ou se reconvertir dans les secteurs moins risqués et à plus forte rentabilité (commerce et activités fondées sur les rentes de situation). Et c’est bien cela qu’on observe chez de nombreux groupes industriels et grandes entreprises manufacturières.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Productivite-du-capital-2.jpg" alt="" class="wp-image-281238"/></figure></div>



<p> En revanche, le même graphique montre bien que la dégringolade des gains de productivité du capital a commencé bien avant la révolte de 2011. La chute a commencé avec la crise financière internationale de 2008 (<em>subprime mortgage crisis</em>). Malgré cette crise et ses conséquences, les entreprises ont été laissées pour compte, sans programmes gouvernementaux efficaces, ni de ministres clairvoyants et capables de concevoir, financer et implémenter des politiques industrielles innovantes favorisant la compétitivité et particulièrement la productivité.</p>



<p> L’élévation des taux d’intérêt directeurs en Tunisie, surtout depuis 2016, a constitué le coup de grâce pour les gains de productivité du capital. Avec des taux d’intérêts bancaires frôlant les 13% (TMM +3% de marge bénéficiaire +2% en agios divers), les industriels tunisiens ont été disqualifiés dans la course à la compétitivité, face à leurs homologues au Maroc, en Éthiopie ou au Sénégal. Et cette triste réalité fait partie des méfaits d’une politique monétaire inefficace et à la solde des bailleurs de fonds et autres donneurs d’ordres en Occident.</p>



<p> En bout de ligne, c’est l’industrie tunisienne qui a payé les frais de ce recul de productivité. La contribution du secteur industriel au PIB a fondu comme neige au soleil, passant de 32% en 2008 à moins de 20% aujourd’hui. Et le démantèlement du tissu industriel continue au su et au vu des décideurs politiques et ministres successifs. Les entreprises ferment les unes après les autres, dans l’indifférence totale des élus et des élites du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La productivité du travail : indigne de la valeur supposée du capital humain en Tunisie !</h3>



<p> Les données de l’ITCEQ montrent que comparativement à la dernière décennie de gouvernance du régime Ben Ali (2000-2010), la décennie post-2011 a réduit drastiquement les gains de productivité du travail les ramenant à 0,75%, en moyenne inter-annuelle, contre une moyenne inter-annuelle de 2%, pour la décennie 2000-2010. Une chute de deux tiers, comme si on réduisant la journée de travail à 2,5 heures de travail au lieu de 7 heures.</p>



<p> Au moins trois raisons expliquent la contraction de la productivité du travail à l’ère de la transition démocratique. La première a trait à la création artificielle de presque 300.000 emplois improductifs, entre 2012 et 2014, notamment dans les ministères publics et les sociétés d’État. Les gouvernements Hamadi Jebali et Ali Laârayed (Ennahdha) ont pensé bien faire, en bourrant l’administration publique par des hordes de personnes sans qualification, sans valeur ajoutée, mais souvent très politisées et très proches des partis politiques, le leur en l’occurrence. </p>



<p> Ces dizaines de milliers de<em> «chômeurs déguisés en fonctionnaires» </em>n’ajoutant rien à la croissance économique, sont payés pour ne rien faire, certains préférant rester à longueur de journée sur les terrasses de cafés bondés, insalubres et indignes d’une économie en transition démocratique. D’autres ont des emplois secondaires et non déclarés dans le secteur informel.</p>



<p> L’autre raison, non moins inquiétante, a trait à la multiplication des mouvements de contestations sociales dans les régions produisant les ressources naturelles exportables facilement : phosphate, gaz, pétrole, sel, etc. Un bras-de-fer s’est installé entre les parties syndicales et les partis au pouvoir. Les tensions et les blocages ont fini par ruiner de nombreux secteurs et fait fuir de nombreux investisseurs porteurs de technologies, de capitaux et de nouveaux marchés. </p>



<p> La troisième raison a trait à la dégradation du capital social et de la confiance envers l’État et les partis politiques qui gouvernent, souvent de façon aléatoire et très dépensière pour la capacité à payer des contribuables. L’endettement du pays (80% du PIB) et l’érosion du pouvoir d’achat (-de 60% en cinq ans) expliquent largement le désenchantement des travailleurs et leur démotivation grandissante.</p>



<p> Le graphique suivant illustre la baisse drastique de la productivité du travail.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Productivite-du-travail-3.jpg" alt="" class="wp-image-281239"/></figure></div>



<p> Le paradoxe tunisien, qu’on n’observe ni au Maroc, ni en Turquie, ou autres contextes comparables, tient au fait que le pays forme et met annuellement sur le marché du travail plus de 100.000 diplômés de l’enseignement supérieur. Et vainement, ceux-ci restent sur le carreau, attendant toujours que l’État ouvre des concours de recrutement, négligeant les chances de se créer son propre emploi et d’ajouter de la valeur juste en tenant compte des opportunités du marché du travail et de ses besoins. Mais ici aussi, la politique monétaire et ses taux d’intérêt faramineux entrent en jeu pour augmenter les difficultés et blocages de ceux qui tentent de créer des entreprises, d’innover ou encore prendre des risques commerciaux.</p>



<p> L’actuel gouverneur de la Banque centrale de la Tunisie (BCT) et son conseil d’administration ne semblent pas réaliser les coûts économiques de l’acharnement de leur politique monétaire… allant jusqu’à tout mettre sur le dos des travailleurs pour leurs abus de <em>«de siesta et de fiesta»</em>, alors que les chiffres de l’ITCEQ confirment que les gains de productivité du travail sont restés relativement positifs en moyenne inter-annuelle 2010-2019, alors que les gains de productivité du capital et la PGF ont plongé profondément dans le rouge. </p>



<p> De toute évidence, le gouverneur de la BCT veut se dédouaner des méfaits de sa politique monétaire, tout en pointant du doigt le principal syndicat des travailleurs qui n’a pas réagi à ces statistiques dévastatrices. Et qui ne fait pas suffisamment pour inciter les travailleurs à produire plus pour sortir l’économie de l’impasse où elle a été placée par 9 ans de mal-gouvernance politique et économique. </p>



<p> Le nouveau gouvernement doit se retrousser les manches pour limiter la casse! Il doit freiner l’hémorragie de la productivité en Tunisie. Une politique nationale doit voir le jour en matière de productivité et de compétitivité. Faute de quoi, la Tunisie post-2011 risque de sombrer de nouveau dans les tensions sociales et dans l’instabilité politique.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada. </em></p>



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