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	<title>Archives des Puniques - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Puniques - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Jan 2024 08:14:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Sicile constitue envers et contre tout le miroir qui réfléchit vers nous, arabes et musulmans, notre propre visage inquiétant de réfractaires au modernisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/">‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>La Sicile est cette île, la plus grande de toute la Méditerranée, que seuls 200 kilomètres  séparent de notre pays, la Tunisie, à travers cette mer tragiquement devenue un cimetière, alors que la côte italienne se situe à seulement trois kilomètres de ses rivages. Il ne faut pas croire pour autant qu’elle ait par la force de sa proximité géographique gravité constamment dans le sillage de la botte, même si elle a souvent subi le contrecoup des événements qui s’y déroulaient.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-11430492"></span>



<p>Cependant la Sicile est entrée dans l’histoire avec l’arrivée des colons grecs et la fondation de villes importantes telles que Syracuse. Au cours de la guerre du Péloponnèse entre Athènes et Sparte, un corps expéditionnaire athénien ne peut prendre la ville et est décimé pour avoir écouté les augures défavorables et tardé à embarquer. L’île devient ensuite l’enjeu de la lutte entre Puniques et Grecs; une armée syracusaine débarque même au Cap Bon et tente de marcher sur Carthage, créant ainsi un précédent que les Romains n’oublieront pas.&nbsp;L’intervention de&nbsp;Rome pour mettre en échec le projet colonial Carthaginois déclenche la première guerre punique. La Sicile devient alors une province romaine pour plusieurs siècles.</p>



<p>Avec la chute de Rome et les invasions germaniques en Italie et en Afrique, la Sicile subit le contrecoup des entreprises des vandales et des ostrogoths, qui y laissent cependant peu de traces, l’île demeurant sous la domination de l’empire romain d’Orient et sa capitale, Byzance, grâce à sa marine de guerre, la plus importante de la Méditerranée. Néanmoins ce sont alors les dynasties arabo-musulmanes de l’Ifriqiya, les Aghlabides qui prennent alors l’initiative de créer une flotte de combat pour conquérir l’île au IXe siècle. Celle-ci demeurera musulmane pendant deux siècles jusqu’à l&rsquo;arrivée des Normands à partir de 1031, d’abord comme mercenaires de Byzance, puis des émirs siciliens, avant d’opérer pour leur&nbsp;propre compte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fin d’Ibn Abbad, le dernier émir de Sicile &nbsp;</h2>



<p>Les Normands&nbsp; conquièrent l’Angleterre en une seule bataille, celle de Hastings en 1066. Ils mettent 31 ans à conquérir la totalité de la Sicile. Mais en fin de compte après les horreurs de la guerre et son lot de massacres et de trahisons, le dernier émir, Ibn Abbad, est pris et exécuté dans l’ouest de l&rsquo;île,&nbsp;là où la population arabe s’était réfugiée. Les Normands créent alors un Etat&nbsp;multiethnique et multiculturel arabe, latin grec, et normand, unique en son genre, qui s’étend sur toute l’Italie du Sud. La cour de Sicile compte de nombreux savants dont le fameux géographe Al-Idrissi. Et l’Italie du Sud étant également sous domination normande, le comte Roger se voit couronner&nbsp;et reconnaître le titre royal par le pape reconnaissant d’avoir été débarrassé de ses adversaires byzantins et lombards,&nbsp;ainsi que de ses opposants au sein de l’Eglise.</p>



<p>L’État normand&nbsp;est ainsi&nbsp;tributaire dans sa légitimité du pape de Rome dont la politique est d’empêcher l’émergence en Italie de tout pouvoir unificateur, et même de tout pouvoir fort susceptible de menacer son propre territoire. Qu’à cela ne tienne! Mais le comte Guillaume le Bon après son&nbsp;échec à conquérir Byzance&nbsp;meurt sans laisser d’héritiers et c’est sa tante, Constance, la fille du Roi Roger II qui constitue alors sa seule héritière en vie. Celle-ci épouse l’empereur du Saint Empire Romain germanique Henry&nbsp;VI qui ne connaît rien aux affaires de la Sicile ou de l’Italie. Mais cela a pour conséquence d’abord de créer un Etat s’étendant de la mer Baltique au Nord au détroit de Sicile au Sud, ensuite de plonger l’île dans les tourments de la politique allemande.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frédéric II, la merveille du monde</h2>



<p>A la mort de Henri VI, Otton de Brunswick déclenche le courroux du pape en tentant de mettre la main sur la Sicile et après avoir traversé toute l’Italie sans résistance, ne peut franchir les trois kilomètres du détroit de Messine et est obligé de rebrousser chemin pour courir affronter le Roi de France à Bouvines en 1214 où il est vaincu avec son allié le Roi d’Angleterre. La couronne échoit alors au fils de Constance et de Henri, Frédéric II, la merveille du monde ainsi qu’on l’a nommé,&nbsp;qui pour créer l’université de Naples, respecter ses sujets musulmans, parler l&rsquo;arabe, et entretenir un harem,&nbsp;devient la bête noire du pape qui l’excommunie&nbsp;alors qu’il reprend le contrôle de Jérusalem pacifiquement par la négociation avec le sultan d’Egypte Al-Achraf.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Roi des Deux Sicile</h2>



<p>A sa mort en 1250, après avoir sondé les ducs anglais&nbsp;Henry&nbsp;de Cornouailles et Edmond de Lancastre, le pape confie la Sicile à Charles d’Anjou, frère de Louis IX le Roi de France, qui envahit le sud de l’Italie et la Sicile, affronte les héritiers de Frédéric II qu’il vainc, et en fait exécuter le dernier, Conradin, âgé de 16 ans.</p>



<p>Charles d’Anjou dépossède les nobles siciliens de leurs terres pour les confier à ses compatriotes provoquant ainsi la colère de la population. Un premier soulèvement a lieu en 1267 et il est noyé dans le sang, la répression est impitoyable et fait des&nbsp;milliers de&nbsp;morts. Un second a lieu en mars 1282 qui cette fois réussit et se termine par un massacre général des Français. Charles d’Anjou s’enfuit à Naples, mais continue de revendiquer le titre de Roi des Deux Sicile. L’île est conquise par le Roi d’Aragon Pierre III, époux de Constance, petite-fille de Frédéric II par son fils&nbsp;Manfred, qui accorde un parlement à ses nouveaux sujets et promet de respecter leurs droits et leurs coutumes Le traité de Caltabellotta&nbsp; marque le début de quatre siècles de domination ibérique.</p>



<p>La Sicile de par la volonté des papes qui se succèdent de la détacher de la couronne d’Aragon, est en fin de compte coupée de l’Italie et de la renaissance, elle demeure sous le contrôle de l’obscurantisme catholique ibérique jusqu’à la réunification de l’Aragon avec la Castille et la formation du Royaume d’Espagne. En 1348, elle est frappée par un autre fléau, la peste. L’inquisition y est introduite en 1486. Et la Sicile demeure un pays où seuls les nobles souvent d’origine espagnole détiennent la plupart des terres alors que la population est maintenue dans un grand Etat d’ignorance et de pauvreté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’irruption des puissances maritimes</h2>



<p>Les choses se&nbsp;prolongent ainsi jusqu’au règne de Louis XIV de France. L’irruption de la puissance maritime anglaise en Méditerranée bouleverse modifie les enjeux stratégiques autour de l’île, en particulier avec la guerre de succession d’Espagne. La marine française appuie la rébellion de la ville de Messine contre Palerme mais finit par se retirer.</p>



<p>En fin de compte Philippe VI le petit fils de Louis XIV accède au trône espagnol mais la Sicile est confiée à son beau père le duc Victor Amédée de Savoie qui essaie d’implanter une administration efficace dans un pays dont le peuple est indolent,&nbsp;paresseux et peu entreprenant. Il ouvre même une université à Catane, mais les intrigues de la nouvelle reine d’Espagne, la jeune noble italienne Elisabeth Farnèse, finissent par le déposséder de l&rsquo;île, en échange de laquelle il reçoit celle de la Sardaigne. La maison de Savoie se nommera dès lors royaume de Sardaigne jusqu’à la réunification italienne sous son égide.</p>



<p>Cependant l’Angleterre peu désireuse de voir de nouveau la Sicile réunifiée avec l’Espagne détruit la flotte espagnole&nbsp;sans déclaration de guerre et assure le transport des troupes autrichiennes sur l’île. Celles-ci sont battues mais privée de flotte l’Espagne ne peut amener de renforts et finit par évacuer l’île. Au bout de quatorze années l’Autriche finit également par abandonner la partie, sans résultat notable. La Sicile n&rsquo;est pour autant pas indépendante, elle est rattachée au Royaume des Bourbons de Naples. Ferdinand IV de Naples devient Ferdinand III de Sicile puis Ferdinand Ier des deux Siciles. Mais l’heure est à la&nbsp;révolution française.</p>



<p>Les troupes de Napoléon arrivent jusqu’à Naples où une république Parthénopéenne est proclamée, et Ferdinand Ier se réfugie à Palerme grâce à la flotte anglaise. Puis Murat, mari de la sœur de Napoléon, Caroline, devient&nbsp;roi de Naples et il obtient de se maintenir sur le trône moyennant de se ranger aux côtés des ennemis de son illustre beau-frère. Cependant Murat dont le faste a séduit les Napolitains a d’autres ambitions, il veut conquérir la totalité de l’Italie malgré l’opposition de l’Autriche et de l&rsquo;Angleterre. Et lors de ce qu’on a appelé les Cent Jours, il fait le mauvais choix et se range du côté de Napoléon lors de son retour de l’île d’Elbe. Cela lui coûtera le royaume et la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le printemps des peuples</h2>



<p>Avec la disparition définitive de Napoléon, Ferdinand Ier retrouve donc son trône, Palerme est de nouveau abandonnée au profit de Naples,&nbsp;et la Sicile retrouve son statut de province oubliée, malgré un appel aux Anglais, en vue de l’instauration d’un parlement et d’institutions démocratiques. L’île se rappelle rapidement au souvenir du roi.&nbsp;En 1820 y a lieu un premier soulèvement, inspiré par celui de généraux espagnols contre Ferdinand VII, leur souverain.&nbsp;</p>



<p>En 1848 a lieu le grand soulèvement des peuples européens qualifié de printemps des peuples, et celui-ci débute à Palerme. Le parlement constitué destitue le roi Ferdinand II des Deux Sicile. Celui-ci envoie alors ses troupes pour mater le soulèvement. La ville de Messine, qui s’était pourtant rendue sans combattre, est impitoyablement bombardée. Ferdinand&nbsp;II passera ainsi à la postérité comme le Roi Bomba. Pourtant il construit le premier chemin de fer italien au sud de Naples,&nbsp;le télégraphe,&nbsp;le transport maritime.</p>



<p>Mais 1848 marque aussi l’apparition du fameux Garibaldi et de ses chemises rouges qui, quelques années plus tard en 1861, avec l’aide des Américains et des Anglais, conquiert la Sicile, sans la participation des Siciliens, demeurés dans l’expectative,&nbsp;en l’espace d’un mois, puis débarque en Calabre et conquiert Naples. Cela fournit l’occasion au Royaume piémontais de Sardaigne du roi Victor Emmanuel et de Cavour d’intervenir et de réunifier la péninsule italienne en un seul Etat.</p>



<p>Napoléon III, l’empereur des français dont les troupes étaient stationnées à Rome, n’a pas bougé et reçoit en échange la Savoie et Nice, la ville natale de Garibaldi. La Sicile est désormais une province du nouveau royaume d’Italie,&nbsp;et des fonctionnaires venus du nord de la péninsule y sont nommés qui ne comprennent&nbsp;rien à la mentalité et aux coutumes des Siciliens, et à peine leur dialecte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mafia à la manœuvre</h2>



<p>Les Siciliens ont de nouveau l’impression d’être colonisés,&nbsp;et leur repli sur soi aboutit à la diffusion du brigandage et des activités illégales sous l’égide de sociétés clandestines instaurant leur pouvoir par la violence, la mafia.</p>



<p>Un violent tremblement de terre détruit en 1908 la ville de Messine et fait des dizaines de milliers de réfugiés dont personne ne soucie. Les Siciliens fuyant la misère, la sécheresse et les mauvaises récoltes émigrent en masse aux Etats-Unis où ils seront tristement connus. Cependant avec l’arrivée de Mussolini au pouvoir, un préfet de police, Cesare Mori, dit le préfet de fer, est investi des pleins pouvoirs pour purger l’île de la mafia. Malgré cela, celle-ci survit et à l’instigation des gangsters siciliens de New York ses&nbsp;membres aident les armées américaine&nbsp;et britannique lors de leur débarquement en Sicile en juillet 1943. Ils reçoivent en rétribution la responsabilité d’assurer le ravitaillement de leurs affaires et sont nommés aux postes de responsabilités laissés vacants par la disparition du parti fasciste.</p>



<p>La mafia investit et anime alors le parti démocrate chrétien en Sicile,&nbsp;ce dont elle tirera&nbsp;tout son pouvoir durant une cinquantaine d’années et expliquera largement l’impunité dont jusqu’à présent elle continue de jouir.</p>



<p>L’île finit après la guerre par être reconnue comme territoire autonome avec un parlement et un gouvernement régional, achevant son intégration dans l’Etat italien et les institutions européennes. Le problème de l’émigration en provenance des pays du sud la recadre cependant à l’avant scène de l’histoire. De nouveau la Sicile constitue un point chaud, et pas seulement à cause de ses volcans.</p>



<p>En conclusion, la Sicile est-elle une nation avortée? On peut effectivement s’en poser la question. Si on examine les faits, il n’y existe pas de différence notable avec l’Italie du Sud,&nbsp;à part peut-être&nbsp;les deux siècles de domination arabo-musulmane. Durant&nbsp;les périodes grecque, phénicienne, romaine, byzantine, arabe, la Sicile ne fut au mieux qu’une province, au pis un champ de bataille.&nbsp;Cependant l’État normand avait sa capitale à Palerme, à la différence notable de celle des deux Sicile, située à Naples.</p>



<p>Si donc un Etat a représenté le mieux la volonté nationale des Siciliens, c’est bien à celui des Normands qu’il faut se référer. Son rattachement au Saint Empire Romain germanique en a fait un jouet au gré des conflits entre l’Aragon, l’État&nbsp;pontifical, les différentes cités Etats italiennes, l’Espagne, l’Autriche, la France, l’Angleterre. La Sicile a fini par se hispaniser, et culturellement elle en garde toujours une empreinte qui semble indélébile. Et elle a fini par tomber dans l’escarcelle de l’État italien nouvellement constitué grâce à l’entreprise d’un anarchiste idéaliste qui n’était même pas sicilien.</p>



<p>Il y a certes une comparaison à établir entre les royaumes insulaires normands, d’Angleterre et de Sicile. Le premier a résisté aux Français et au pape, même après avoir été dominé pendant près de quatre siècles par une dynastie angevine, celle des Plantagenêts, pour&nbsp;établir d’une manière pérenne un Etat qui a fini par devenir une puissance mondiale de premier ordre, grâce à sa marine. Le second situé entre les bassins oriental et occidental de la Méditerranée, et doté d’une marine de premier plan qui l’a mené jusqu’à&nbsp;Constantinople, a été détruit par ces mêmes Angevins, et de surcroît à l’instigation du pape, pour ne plus devenir que l’appendice des protagonistes de différents affrontements européens qui ne l’ont jamais vraiment concerné. Mais la fragilité sicilienne s’explique aussi par sa structure interne. La classe noble amenée par chaque envahisseur n’a eu de cesse de détrôner et de déposséder celle qui l’avait précédée,&nbsp;contrairement à celle anglaise où la noblesse d’origine normande malgré les déprédations de la conquête contre les Saxons a constitué l’ossature de l’État, et en dépit des conflits entre les différentes factions. La conséquence en a été qu’en Sicile la noblesse a toujours cherché à s’accommoder avec l’envahisseur, afin de garder ses privilèges et ses possessions. Et le Parlement concédé par les souverains d’Aragon dès le XIVe siècle n’a jamais servi à faire écouter sa voix ou ses revendications, à la notable exception de l’opposition à l’interdiction du commerce avec les pays musulmans dont l’île retirait de substantiels profits.</p>



<p>En fin de compte, la noblesse sicilienne n’a pas été un véhicule de progrès et la féodalité y a perduré alors qu’elle disparaissait ailleurs en Europe. Quant à la mafia, n’étant pas présente en Espagne, il est plus juste de la qualifier de phénomène américain et de cesser de la rattacher à une quelconque origine arabe. Cependant, si la sicilitude ainsi que la qualifie Leonardo Sciascia est cette part psychologique et sociale qui se traduit par un comportement présomptueux et arrogant, alors la Sicile constitue envers et contre tout le miroir qui réfléchit vers nous, arabes et musulmans, notre propre visage inquiétant de réfractaires au modernisme.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/">‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Hannibal et le bon aryen : Mythes et sémites en Tunisie et ailleurs</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/15/hannibal-et-le-bon-aryen-mythes-et-semites-en-tunisie-et-ailleurs/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2023 08:21:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le faux débat sur la couleur de peau du général carthaginois Hannibal participe du racisme de l’ignorance. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La polémique et le faux débat sur la couleur de peau du général carthaginois Hannibal participent d’un racisme de l’ignorance, allié au colonialisme et à un élitisme nostalgique d’époques révolues.</em></strong> <em>(Illustration : Statue de Hannibal au musée du Louvre / Représentation moderne de la bataille de Cannes contre les Romains).</em></p>



<p>Par <strong>Dr</strong> <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10926936"></span>



<p>Selon des médias français, une pétition circulerait dans notre pays demandant l’interdiction de tournage en Tunisie du film Hannibal avec l’Afro-américain Denzel Washington dans le rôle du héros Carthaginois. L’affaire aurait pris de l’importance au point de pousser certains de nos députés inquiets du <em>«centrisme africain»</em> dont selon eux notre pays serait menacé, à interpeller la ministre des Affaires culturelles sur le sujet.</p>



<p>Evidemment, ce genre d’informations véhiculées&nbsp;par des journalistes dont l’objectivité n’est pas la qualité première, doit toujours être examiné avec précaution. Ainsi&nbsp; Hannibal s’est même vu dénier tout lien avec la Tunisie, ses origines libanaises, autrement dit phéniciennes et par voie de conséquences sémitiques (!!!), étant mises en exergue.</p>



<p>Qu&rsquo;importe ! toute polémique sur le sujet aboutirait fatalement à ne voir en Napoléon Bonaparte qu’un général Corse, ce qui n’avancerait guère le débat.</p>



<p>Le problème est intrinsèque à l’accusation de racisme et de mépris de la culture africaine dont notre pays fait l’objet des suites de l’immigration subsaharienne massive en direction de l’Europe qui le traverse. On tente ainsi implicitement d’opposer les Africains, les habitants véritables du pays selon les normes européennes, aux&nbsp;arabo-musulmans envahisseurs, définis comme étrangers au continent, et esclavagistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La <em>«</em>tunisianité<em>»</em> d’Hannibal ne saurait être remise en question</h2>



<p>Mais de quelle couleur fut Hannibal? D’abord il ne fut pas phénicien mais punique, ce qui relativise déjà l’origine <em>«libanaise»</em> dont on l’a affublé, puisque les Puniques sont ces colons phéniciens qui se sont ethniquement, socialement, religieusement et culturellement mêlés aux populations libyennes sur toute la côte est de l’actuel Maghreb qui correspond à la Tunisie et une partie de la Libye actuelles, où ils ont fondé le premier Etat à vocation universelle, Carthage. Il était donc utile de le préciser puisqu’on conteste la tunisianité d’Hannibal, issu de l’une des plus grandes familles puniques, les Barca.</p>



<p>Les Puniques furent-ils de grands guerriers blonds? Assurément pas. Les Romains ne les ont jamais décrits ainsi. Furent-ils semblables aux Grecs et aux Latins, des blancs aux cheveux noirs? J’ignore ce qu’en ont dit des auteurs grecs comme Hérodote ou latins comme Thucydide, mais il semble que pour les uns et les autres les Puniques aient représenté l’altérité absolue, celle qui les menaçait dans leur être, leur civilisation et leur existence. Pourtant sur le plan politique Carthage fonctionnait comme une quelconque cité grecque, avec un conseil de notables comme organe législatif, et des suffètes pour l’exécutif. La menace n’était donc pas politique, et il faut d’autant plus le souligner que les Grecs quand ils se sont battus contre Rome n’ont jamais eu l’impression d’être menacés d’extinction, contrairement à ceux de Sicile qui contre Carthage ont été prêts à requérir l’aide d’étrangers, en l’occurrence les Romains, dont ils se sentaient plus proches.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SDu2YyEvUk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/hannibal-ennemi-de-la-rome-antique-etait-il-noir/">Hannibal, ennemi de la Rome antique, était-il noir ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hannibal, ennemi de la Rome antique, était-il noir ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/hannibal-ennemi-de-la-rome-antique-etait-il-noir/embed/#?secret=gzWYNp9Cxb#?secret=SDu2YyEvUk" data-secret="SDu2YyEvUk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Y avait-il ainsi un antisémitisme latent chez les Gréco-romains dès le 3<sup>e</sup> siècle avant l’ère universelle? Il est difficile de le dire, mais il faut considérer que les Puniques représentaient les métèques, autrement dit les gens qui chez les Grecs étaient souvent des esclaves, prisonniers de guerre ou pas, et qui se situaient au bas de l’échelle sociale.</p>



<p>Afin de comparer ce qui est comparable, il faut en revenir aux Aryens, ces peuples nomades blonds&nbsp;à la peau claire de l’Ukraine et du nord de la Caspienne dont les uns ont migré vers l’Ouest pour donner les Gréco-latins, les Slaves et les Germains, et les autres ont franchi les montagnes du Caucase et de l’Afghanistan et constitué les Indo-iraniens ou Indo-aryens. Ces origines communes sont attestées par l&rsquo;étude comparative des langues qui mettent en évidence des racines identiques de plusieurs mots. Mais le plus intéressant est que les Indo-iraniens et les Grecs possédaient des religions et des organisations sociales très proches.</p>



<p>Le système des castes hindou actuel basé sur la couleur de la peau, et qui situe les shudra à la peau sombre au bas de l’échelle sociale, constitue un reflet sans doute fidèle de l’ordre social exclusif qui régnait dans les cités grecques, foncièrement raciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Métissage des populations en Afrique du Nord</h2>



<p>Dans ces conditions, la peur et le mépris du Punique, son altérité hostile, se situeraient&nbsp; autant dans sa puissance militaire que dans la couleur sombre de sa peau. Tout comme son voisin numide, dont il n’était guère différencié, le Punique avait donc forcément la peau sombre. Cette couleur était-elle liée à un métissage avec les populations subsahariennes? Il est hautement probable que les échanges entre le nord et le sud du Sahara aient été de tous temps intenses. L’usage d’éléphants de guerre africains par les armées carthaginoises en est d’ailleurs l’une des preuves. L’existence de dynasties de pharaons noires originaires de Nubie constitue un autre indice du métissage des populations en Afrique du Nord et qui touchait la civilisation la plus prestigieuse d’entre toutes, celle de l’Egypte. Les Touaregs du Mali et de l’Algérie, les Toubous du Tchad, et les populations du sud marocain et du Sahara&nbsp;occidental constituent la preuve vivante actuelle de ce métissage.</p>



<p>Pour en revenir à Hannibal, en l’absence de toute représentation physique de l’époque, il n’y aurait donc aucun scandale à le considérer comme un homme à la peau brune avec les cheveux frisés ou crépus, et même comme un métis, tout comme l’est une grande partie, sinon la majeure partie, de la population actuelle de notre pays.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7oIKC0LqUZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/la-couleur-de-peau-dhannibal-en-discussion-a-lassemblee-tunisienne/">La couleur de peau d’Hannibal en discussion à l’Assemblée tunisienne   </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La couleur de peau d’Hannibal en discussion à l’Assemblée tunisienne    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/la-couleur-de-peau-dhannibal-en-discussion-a-lassemblee-tunisienne/embed/#?secret=mpFVMyctPm#?secret=7oIKC0LqUZ" data-secret="7oIKC0LqUZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Et donc que le personnage d’Hannibal soit joué dans un film par l’acteur noir américain Denzel Washington devrait d’autant moins choquer que l’Islam, qui constitue toujours notre part de l’universel, ne peut pas être accusé de racisme, et que la société dont le Coran se fait le reflet, celle du Hedjaz et du Yémen du VIIe siècle, était fondamentalement multiculturelle, soumise entre autres aux influences éthiopiennes et africaines (les gens de l’éléphant, des mots comme Jibt et Taghout).</p>



<p>Pour conclure, il y a un non sens à considérer qu’Hannibal fut un crypto-juif ainsi qu’on a voulu le dépeindre. Il fut&nbsp;cependant&nbsp;ce génie militaire issu d’une société multiculturelle et multiraciale incluant une part africaine importante, dont l’armée inspirait la terreur au nord de la Méditerranée autant par ses vertus militaires que par la peau basanée de ses soldats. Et étant issu de ce creuset multi-civilisationnel, africain, libyen (berbère), phénicien, il fut bien un Tunisien avant l’heure. Que sa mémoire continue de déranger ainsi les tenants de la <em>«blancheur»</em> de notre pays a de quoi étonner au moment où en Europe, le racisme fait florès.</p>



<p>Il y a un racisme de l’ignorance allié au colonialisme et à un élitisme nostalgique d’époques révolues, c’est bien de&nbsp;cela que cette polémique et ce faux débat témoignent certainement.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/15/hannibal-et-le-bon-aryen-mythes-et-semites-en-tunisie-et-ailleurs/">Hannibal et le bon aryen : Mythes et sémites en Tunisie et ailleurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Africa quasi Roma’’: Quand les Berbères en perdaient leur latin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[Berbères]]></category>
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		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Puniques]]></category>
		<category><![CDATA[Romains]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Augustin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est bien sous l’égide musulmane que l’expression politique des aspirations berbères s’est parachevée, en particulier avec les empires Almoravide et Almohade.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’âme historique berbère, si tant est qu’il puisse en exister une, dont se réclament certains Maghrébins, y compris Tunisiens, on peut la caractériser par la frustration et le sentiment d’injustice, issus d’ambitions politiques légitimes (nationales?) jamais réalisées sous les Puniques ou les Romains. Et en dépit de l’antagonisme arabo-berbère, qui s’était exacerbé en Andalousie, c’est pourtant bien sous l’égide musulmane que l’expression politique des aspirations berbères s’est parachevée, en particulier avec les empires Almoravide et Almohade.</em></strong> <em>(Illustration : Saint-Augustin par Philippe de Champagne, détail).</em></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-8637926"></span>



<p>Après mille ans de présence, il ne reste plus rien de la présence romaine en Afrique, si ce n’est des ruines, celles-là même d’ailleurs que l’on retrouve en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, et naturellement, en Italie et dans les Balkans.</p>



<p>Le forum, le capitole, les thermes, le théâtre, les castellum et les remparts… Rome a reproduit à l&rsquo;infini son modèle partout où elle dominait, et dont l’armée, les institutions politiques, la cité, la religion, la hiérarchie sociale, l’exploitation agricole et le contrôle des communications terrestres et maritimes&nbsp;assuraient&nbsp;la pérennisation.</p>



<p>Certes ! Mais qu’y a t il eu de spécifiquement autochtone dans cette latinité imposée aux peuples qui habitaient la rive sud de la Méditerranée depuis la cyrénaïque jusqu’à la Tingitane?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enjeu de la romanisation</h2>



<p>L’occupation romaine y avait débuté par un génocide de proportion colossale, la destruction totale de Carthage et le massacre de sa population, un acte d’autant plus odieux qu’il fut prémédité par le Sénat romain.</p>



<p>La culture punique a survécu semble-t-il dans les villes qui s’étaient ralliées aux envahisseurs pour éviter la destruction, jusque dans les bourgs reculés et les campagnes de Numidie et de Maurétanie.</p>



<p>Le fond culturel profond punique ne fut donc pas entamé et persista après l’adoption du christianisme par l’empire, ce que reconnaît Saint Augustin (Augustin d’Hippone). Simplement il ne trouva plus d’expression dans la sphère publique, mis à part les pratiques funéraires et quelques inscriptions épigraphiques.</p>



<p>Tout cela a donné lieu à une société dont les élites locales, les notables, jouaient par obligation et intérêt, d’autres diront duplicité, le jeu de la romanisation, tout en réservant l’expression de leur culture profonde à leur domaine intime. Mais en quoi la culture punique, elle-même importée, pouvait-elle intégrer l’âme berbère, au point d’en constituer une référence identitaire, même de substitution, face à la latinité triomphante?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jdbFw8IIPk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/">‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/embed/#?secret=zenhmeU7Ff#?secret=jdbFw8IIPk" data-secret="jdbFw8IIPk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>En fait, les institutions romaines n’ont fait bien souvent que reproduire en les faisant évoluer celles préexistantes, et mis à part l’institutionnalisation de la langue il n’y eut donc pas de véritable rupture entre la cité punique et la latine.</p>



<p>D’autre part, l’âme punique sémitique&nbsp;trouva dans le culte du Saturne africain la substitution qui satisfaisait sa fascination révérencieuse du sacré. Mais qu’en a-t-il été de l’autochtone véritable, celui que l’on nomme Libyen ou Berbère, dans tout cela?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’âme historique berbère</h2>



<p>Doublement aliéné et dénué d’expression littéraire, l’autochtone ne pouvait qu’adopter les langages, les organisations et les cultures conquérantes, ou bien les dominantes comme le grec, langue des échanges internationaux parlée à la cour de Cirta, et pour préserver son âme un hénothéisme dénué de spéculation philosophique lui laissant toute latitude d’observer et de s&rsquo;adapter.</p>



<p>Ainsi l’histoire de la latinité fut-elle celle des colons de l’empire et de ceux parmi les autochtones qui réussirent&nbsp;à s’insérer dans l’ordre établi et qui finirent parfois par se révolter.</p>



<p>Pourquoi en fin de compte, la latinité a-t-elle fini par disparaître en Afrique du Nord?</p>



<p>En Europe, les peuples germaniques conquérants, les Wisigoths, les Francs, les Lombards et les Saxons, n’ont eu&nbsp;d’autre opportunité que de reproduire le modèle politique des Romains dans la recherche d’une légitimité, avec la collaboration décisive de l’église romaine catholique. Les royaumes ainsi créés, embryons des futurs Etats nationaux, ont&nbsp;diffusé directement&nbsp;par le langage, ou indirectement par le christianisme, la culture latine.</p>



<p>En Afrique, la seule tentative d’instaurer un royaume germanique, celle des Vandales, a fini par échouer, parce qu’ils n’avaient pas réussi à&nbsp;y intégrer les chefs berbères, sans lesquels toute domination n’aurait été qu’illusoire.</p>



<p>Mis&nbsp;à part le siècle et demi qui suivit la conquête, Rome puis Byzance ne permirent pas l’instauration d’Etats Garamante, Gétule, ou Musulame, parce que le blé et l’huile africains représentaient un enjeu économique trop&nbsp;important pour être laissés à la discrétion d’Etats alliés ou clients. C’était bien mal récompenser des alliés qui avaient activement participé aux guerres civiles que Rome avait menées sur leur propre territoire au prix de multiples dévastations.</p>



<p>On peut caractériser l’âme historique berbère si tant est qu’il puisse en exister une, par la frustration et le sentiment d’injustice, issus d’ambitions politiques légitimes (nationales?) jamais réalisées sous les Puniques ou les Romains. Et en dépit de l’antagonisme arabo-berbère qui s’était exacerbé en Andalousie, c’est pourtant bien sous l’égide musulmane que l’expression politique des aspirations berbères s’est parachevée, en particulier avec les empires Almoravide et Almohade. Ceux qui se trouvent aujourd’hui dans l’opportunité de brandir une identité politique berbère de substitution feraient bien de s’en souvenir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="w18KymzEgs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=400D1lZv9o#?secret=w18KymzEgs" data-secret="w18KymzEgs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Il reste la survivance de l’être punique latin, prétentieux, avide d’honneurs, prêt à tous les compromis, sinon les compromissions, pour réaliser ses objectifs. Il a eu beau être chrétien, il n’en est pas moins devenu schismatique en étant donatiste, et même terroriste avec les circoncellions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’obligation d’obéir</h2>



<p>Néanmoins, c’est bien Augustin d&rsquo;Hippone, le roi du compromis, encore lui, qui fort des épîtres de Paul de Tarse, a fait obligation à l’esclave d’obéir à son maître et a rendu licite la participation au culte (désormais civil) de César dès lors que celui-ci fût devenu chrétien.</p>



<p>Aujourd’hui, le peuple, le nôtre, préfère un système autoritaire à une démocratie de notables, et si ces derniers font étalage de richesse dans un océan de misère, et jouent quelquefois les évergètes afin de masquer des ambitions politiques (Qalb Tounès), si le plus grand nombre de terroristes contemporains proviennent de nos contrées, cela a aussi pour origine l’esprit collectif qui depuis les âges les plus reculés, et bien avant l’arrivée de l’islam, se manifeste dans notre façon d’être qui nous avait valu d’être taxés de perfidie par nos tourmenteurs.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Africa, quasi Roma&nbsp;: 256 av. J.-C.-711 apr. J.-C.’’, de Jean-Marie Lassere, éditions CNRS, Paris 2015, 786 Pages.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7RY9okHzKk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=hBOJGaGara#?secret=7RY9okHzKk" data-secret="7RY9okHzKk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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