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	<title>Archives des Richard Nixon - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Richard Nixon - Kapitalis</title>
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		<title>Trump, grotesque, humilie des présidents africains  </title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jul 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’inénarrable Donald Trump a humilié des chefs d'Etat africains par son ignorance et son langage brutal. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’inénarrable Donald Trump a reçu, mercredi 9 juillet 2025, cinq présidents africains et les a humiliés par ses excès d’ignorance et de langage brutal, à l’emporte-pièce. Parmi ses inepties, Trump a voulu faire taire le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, invité aux côtés de ses homologues du Sénégal, du Liberia, du Gabon et de Guinée Bissau…</em></strong></p>



<p><strong>Abdelaziz Dahmani </strong>*</p>



<span id="more-17023128"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Abdelaziz-Dahmani.jpg" alt="" class="wp-image-16469738" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Abdelaziz-Dahmani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Abdelaziz-Dahmani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/05/Abdelaziz-Dahmani-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Naguère, le premier président de la Mauritanie, Mokhtar Ould Daddah (MOD), fut démis un certain 10 juillet 1978… Et durant sa présidence, il s’est conduit comme un homme d’honneur et de dignité. Et à propos des États-Unis, MOD a refusé une fois d’être l’invité du président Richard Nixon. C’était en 1971, et il était, cette même année, le président de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) … Oui, il a refusé d’aller à la Maison Blanche. Nixon lui a envoyé un émissaire pour savoir le pourquoi de ce refus… MOD a expliqué à ce messager : <em>«L’année dernière, 1970, le président des États-Unis a refusé de recevoir une délégation de présidents africains mandatés par l’OUA devant lui demander d’arrêter de soutenir le système d’Apartheid en Afrique du Sud, et c’est suite à ce refus, et par solidarité avec les présidents africains que je n’irais pas à Washington»</em>. C’était une époque où les Etats-Unis soutenaient à fond l’Apartheid et le racisme des blancs sud-africains, comme elles soutiennent, en cette année 2025, et à fond, l’Apartheid et le racisme des Israéliens, ainsi que le génocide que ces derniers font subir au peuple palestinien…</p>



<p>MOD a ajouté à l’émissaire du président américain: <em>«Si Nixon voudrait me voir, attendez que je termine mon mandat de président de l’OUA. Je répondrais à son invitation à titre de président de la Mauritanie»</em>. Puis il a posé cette question à son interlocuteur: <em>«Au fait, pour quelle raison veut-il me recevoir ?»</em> Réponse : <em>«Pour que vous mettiez fin à vos relations diplomatiques avec la Chine»</em>…</p>



<p>Les chefs d’Etat comme MOD avaient le sens de l’honneur, de la dignité et du respect. Mais ces chefs d’Etat existent-ils encore?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il a su dire non</h2>



<p>J’ai toujours eu, personnellement, un grand respect pour MOD. Et parmi la cinquantaine de présidents et autres monarques que j’ai rencontrés, durant une sacrée vie de journaliste curieux, MOD est parmi les tous premiers. En d’autres circonstances, alors président d’un pays pauvre, il a su dire non, à divers moments, à De Gaulle, à Hassan II et à Boumediene…</p>



<p>Le 10 juillet, jour de sa dite <em>«chute»</em> à la suite d’un du coup d’État, dont il était au courant deux jours auparavant, j’ai eu envie de rappeler mon profond respect pour MOD. Même si on ne prête rien de grand aux petits, quand ils sont pauvres et dignes.</p>



<p><em>* Journaliste.</em> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PECcHQZBe1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/26/trump-est-un-symptome-mama-africa-est-une-guerison/">Trump est un symptôme, Mama Africa est une guérison </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Trump est un symptôme, Mama Africa est une guérison  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/26/trump-est-un-symptome-mama-africa-est-une-guerison/embed/#?secret=Vy2t5z0RVv#?secret=PECcHQZBe1" data-secret="PECcHQZBe1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Salvador Allende : L’enquête intime’’: un coup d’Etat contre le gouvernement constitutionnel</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/15/salvador-allende-lenquete-intime-un-coup-detat-contre-le-gouvernement-constitutionnel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Sep 2024 06:55:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Salvador Allende]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur le coup d’Etat contre le président Allende au Chili en 1973,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/15/salvador-allende-lenquete-intime-un-coup-detat-contre-le-gouvernement-constitutionnel/">‘‘Salvador Allende : L’enquête intime’’: un coup d’Etat contre le gouvernement constitutionnel</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>A travers coup d’Etat contre le président Allende au Chili en 1973, il apparaît que le renversement d’un chef d’Etat n’est pas tributaire de son respect ou non du régime constitutionnel démocratique, mais de l’alliance critique avec les alliés extérieurs des forces détentrices du pouvoir économique s’estimant menacées par des réformes à caractère social remettant en cause leurs privilèges, et particulièrement leur caractère oligarchique. </em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-13985935"></span>



<p>Pourquoi Salvador Allende, le président chilien élu au suffrage universel et soutenu par les forces populaires de son pays, a-t-il été&nbsp;renversé un 11 septembre 1973 et acculé au suicide? La paralysie de l’économie par les grèves, y compris celles des médecins, et l’échec de la réforme agraire, une de plus, l’avaient convaincu d’organiser&nbsp;le référendum constitutionnel qui lui aurait assuré les coudées franches pour surmonter le blocage politique imposé par le parlement, afin de mener les réformes qu’il estimait nécessaires. Il avait retardé le référendum projeté le 10 septembre d’une journée, à la demande de l’armée. Cela avait donné aux putschistes, en l&rsquo;occurrence les généraux de l’armée chilienne, le temps nécessaire pour l’empêcher. Or trois semaines auparavant, son ami et chef&nbsp;de l’armée, le général Carlos Pratt, avait démissionné, victime d’une grossière provocation. Et celui qu’il avait recommandé pour lui succéder n’était qu’un certain Augusto&nbsp;Pinochet.</p>



<p>Ce président atypique, médecin, franc-maçon, libertin, toujours tiré à quatre épingles, adepte du compromis, croyait en la révolution, mais son instrument pour la réaliser n’était pas le fusil contrairement à ses amis Fidel&nbsp;Castro et Che Guevara, mais l’urne.</p>



<p>Allende, quand il était sénateur, s’était pourtant déplacé à la frontière de la Bolivie pour accueillir les débris du groupe des guérilleros du Che qui avaient été mis en déroute par l’armée bolivienne dirigée par des officiers américains lors de la tentative avortée d’installation d’un maquis castriste dans ce pays. Ces guérilleros survivants avaient ensuite été transférés en France, le Chili étant limitrophe des eaux territoriales françaises de Polynésie, dans le Pacifique. C’est dire qu’en Amérique Latine, le pré carré américain, Allende n’avait pas que des amis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des généraux félons</h2>



<p>La présence d&rsquo;un Chili socialiste, même en régime démocratique, constituait un dangereux exemple que l’administration Nixon, à commencer par Henry Kissinger, à Washington, ne pouvait pas tolérer. Et il faut dire que mû par une volonté d’instaurer une société moins inégalitaire, et à lever l’hypothèque étrangère sur les ressources de son pays, il avait nationalisé le secteur des mines de cuivre, dont le Chili était un gros producteur mondial,&nbsp;et instauré un enseignement universel laïque où la promotion sociale était fondée sur le mérite.</p>



<p>Tout cela lui avait naturellement valu l’hostilité implacable de l’oligarchie et de l’Eglise. Mais dans sa lutte, Salvador Allende avait dû composer avec&nbsp;les éléments les plus radicaux du mouvement populaire qui le soutenait, avec grèves, occupation des PME, des terres, toutes actions instaurant avec la pénurie orchestrée par les producteurs de produits de consommation un climat de guerre civile qui avait cimenté l’alliance en elle-même déjà naturelle dans ce pays entre l’armée et l’oligarchie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3qnWQJEOd3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/11/chili-tunisie-deux-projets-de-constitutions-deux-visions-totalement-opposees/">Chili, Tunisie : deux projets de constitutions, deux visions totalement opposées</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chili, Tunisie : deux projets de constitutions, deux visions totalement opposées » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/11/chili-tunisie-deux-projets-de-constitutions-deux-visions-totalement-opposees/embed/#?secret=v89r327MRf#?secret=3qnWQJEOd3" data-secret="3qnWQJEOd3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Allende avait parié sur le légalisme de l’armée chilienne dont il avait toujours respecté l’autonomie. Mais depuis l’assassinat à l’instigation de la CIA de son chef d’état major, le général René Schneider, par un groupe d’officiers félons, parce qu’il avait garanti la neutralité de l’armée tant que l’Etat respecterait la légalité constitutionnelle, cela évidemment dans le contexte de&nbsp;l’élection d’un président, Allende, considéré (à tort) comme un communiste, et après la démission de son successeur, le général Pratt, la tentation autoritaire chez les prétoriens n’avait plus de contrepoids.</p>



<p>Ces derniers avaient-ils envisagé l’élimination du président? Non! Ils lui avaient proposé de partir en exil mais il avait refusé et avait préféré se battre les armes à la main parce qu’il lui paraissait que la dignité de sa fonction l’exigeait face à ceux qu’il ne considérait que comme des séditieux. Sa disparition a marqué l’instauration durant 17 années d’un régime de terreur et on estime que près de 50 000 ont été éliminés et environ 80 000 détenus, des centaines de milliers étant obligés de partir en exil, le plus souvent en Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un laboratoire de la doctrine néolibérale</h2>



<p>L’un des plus fidèles collaborateurs d’Allende, Orlando Letelier, celui qui au moment du putsch était son ministre de la Défense, sera éliminé à Washington en 1976 dans un attentat à la voiture piégée et le Chili deviendra même un laboratoire de la doctrine néolibérale de l’école de Chicago. Plus grave, le modèle chilien fera tâche d’huile avec l’opération Condor, un accord sécuritaire liant plusieurs Etats sud-américains&nbsp;et visant à liquider les opposants.</p>



<p>Il faut donc pour conclure faire un constat: le renversement d’un chef d’Etat n’est pas tributaire de son respect ou non du régime constitutionnel démocratique, mais de l’alliance critique avec leurs alliés extérieurs des forces détentrices du pouvoir économique s’estimant menacées par des réformes à caractère social remettant en cause leurs privilèges, et particulièrement leur caractère oligarchique.&nbsp;</p>



<p>Ainsi qu’on le saura plus tard, le coup d’État chilien avait été commandité par la CIA, l’armée chilienne étant formée et équipée par les Etats-Unis d’Amérique. Et cela naturellement soulève la question de la diversification des fournitures de toute armée, malgré ses contraintes techniques complexes, afin de sauvegarder sa fidélité à l’ordre constitutionnel lorsqu’il existe, ou à tout le moins sa neutralité et son devoir de réserve dans le jeu politique.</p>



<p>Dans les années 70 les Etats-Unis en étaient plus à contenir la menace communiste qu’à instaurer la démocratie, ainsi qu’ils le feront plus tard en Irak et en Afghanistan d’une manière, et lors du Printemps Arabe d’une autre, avec les conséquences que l’on sait. Car ce que l’on pressent, pour eux, c’est non pas l’importance du processus électoral, qui n’est qu’un épiphénomène, mais l’arrimage à l’économie globale, autrement l’ouverture des richesses et de la propriété des biens d’un pays au capitalisme mondial. Il demeure donc nécessaire de relativiser le coup d’État chilien, même si le scénario de la prise du pouvoir par une armée équipée en Amérique peut obéir à des motifs différents. </p>



<p>Ainsi, 40 années plus tard, le président égyptien pourtant élu Mohammed Morsi n’aura rien d’un révolutionnaire progressiste radical et tout d’un réactionnaire rétrograde inféodé au Qatar et à la Turquie par le biais de son appartenance à l’Internationale des Frères Musulmans. Cependant ses liens avec le Hamas, la proximité du territoire israélien, et la crainte de la contagion islamiste par les Etats du Golfe, en rendront l’élimination nécessaire à Washington et Tel Aviv. Et à cette fin, c’est l’armée commandée par celui qu’il avait lui-même nommé afin de prévenir un coup d’État qui agira. Tout comme le peuple tunisien, Morsi pensait sans doute qu’un musulman croyant pratiquant respecterait sa parole et ne le trahirait pas. </p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Présidents américains : Le bon, la brute, le truand (Partie II: décadence)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/01/presidents-americains-le-bon-la-brute-le-truand-partie-ii-decadence/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Mar 2024 06:33:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plusieurs locataires de la Maison blanche sont tombés morts pour la patrie ou poussés à la sortie. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des mandats ensanglantés qui cachent un profond malaise au sein de la société américaine. La charge de la présidence semble être lourde à porter; elle nuit profondément à la santé physique et mentale de ses présidents. Plusieurs locataires de la Maison blanche sont tombés morts pour la patrie ou poussés à la sortie. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohsen Redissi</strong></p>



<span id="more-11806022"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure></div>


<p>Hiroshima et Nagasaki garderont à jamais les stigmates de deux bombes nucléaires larguées sur une population innocente. Des décisions souveraines prises par le président Harry S. Truman, 33e président (1945-1953), et chef des armées. Des jours durant le ciel de l’empire du Soleil levant est assombri par la persistance de nuages nucléaires. Un débarquement aurait eu un lourd tribut en vies humaines chez les forces alliées.</p>



<p>Richard Nixon, 37e président (1969-1974), un président mauviette qui a pris la poudre d&rsquo;escampette en 1974; une première dans l’histoire d’une présidence toujours en effervescence. Il a voulu avoir des oreilles plus longues en plaçant des mouchards dans les bureaux de ses adversaires politiques. C’est l&rsquo;affaire du <em>Watergate</em>, une offense assez grave pour que le Congrès entame une procédure de destitution. Secoué, il a préféré démissionner au tout début d&rsquo;une procédure d&rsquo;<em>impeachment</em>, plutôt que faire face à ses accusateurs. Déchu, il aurait perdu sa pension présidentielle, la garde rapprochée et bien d’autres avantages. Dans tous les cas, il a perdu l’honneur de partir la tête haute.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les ardeurs des va-t-en-guerre</h2>



<p>La Loi sur les pouvoirs de guerre, <em>War Powers Resolution</em>, a été votée en 1973 pour mettre fin aux ardeurs du va-t-en-guerre de présidents belliqueux. Un trait commun à la plupart d’entre eux. L’armée a bombardé le Cambodge pendant plus d&rsquo;un an; le président Nixon n’a pas vu l&rsquo;intérêt d’avertir le Congrès. La nouvelle loi oblige le président d’obtenir l’autorisation du Congrès avant d’engager l’armée dans des opérations militaires à l&rsquo;étranger pour plus de soixante jours. Une procédure souvent négligée ou bafouée par des présidents qui mouillent dans des eaux troubles, puis réclament la bénédiction du Congrès.</p>



<p>Tous les sondages le désignent comme la personnalité la plus appréciée par les Américains toutes catégories confondues. Il est issu du milieu des arts et des spectacles où jouer un rôle est un métier. Il est l’homme de la plaine et l’homme providence chaque fois qu&rsquo;il se trouve au devant de la scène.</p>



<p>L’Ayatollah Khomeini libère les diplomates américains après 444 jours de captivité qui sont reçus en grand pompe le jour de l’intronisation de Ronald Reagan, 40e président (1981-1989). Des rapports secrets l’accusent d’avoir troqué leur libération pour faire perdre les élections à Jimmy Carter, 39e président (1977-1981) et jouer un nouveau rôle, celui du libérateur. </p>



<p>Un trafic d’armes, <em>Irangate</em>, éclate en 1986 sous son deuxième mandat. Reagan a violé l&#8217;embargo en fournissant des armes à l&rsquo;Iran, son ennemi juré, dans sa guerre contre l’Irak en échange de la libération des otages. Armer et voir les deux puissances du Moyen-Orient s&rsquo;affaiblir consolide les assises américaines et réconforte Israël dans sa domination. Les fruits de la vente d’armes datant de la fin de la guerre du Viêt Nam ont financé les opposants au gouvernement socialiste du Nicaragua, les <em>Contras</em>. Reagan trouve en son Lieutenant-colonel Oliver North son bouc émissaire qui reconnaît les faits; Reagan est ainsi blanchi. Un Machiavel à souhait.</p>



<p>L’armée américaine, sous ses ordres, largue environ 60 tonnes de bombes dans un raid de vingt minutes sur Tripoli le 15 avril 1986 en représailles à un attentat à la bombe attribué à la Libye dans une discothèque à Berlin fréquentée par les GIs. Averti par une chancellerie amie, Mouammar Kadhafi et sa famille se réfugient dans les bunkers de sa résidence à Bab Al-Azizia. Le guide était visé; il représentait l’instabilité sur la scène internationale et un danger pour les pays fragiles.</p>



<p></p>



<p>Le tort commis par le président Bill Clinton, 42e président (1993-2001), est d’avoir menti dans l&rsquo;exercice de sa fonction dans une affaire personnelle, le <em>Monicagate</em>. Le Sénat majoritairement démocrate a gelé la procédure de destitution. Kenneth Starr, le procureur indépendant, l’a malmené en direct pendant des heures. Il ne manquait au président Bill Clinton dans son interrogatoire que la description de son anatomie intime. </p>



<p>On lui reconnaîtra cependant plusieurs actions louables, et notamment d&rsquo;avoir participé au succès des accords d&rsquo;Oslo entre les Israéliens et les Palestiniens et d&rsquo;avoir tenté de faire accepter à Yasser Arafat et à Yitzhak Rabin un plan de paix qui aurait pu mettre fin au conflit au Proche-Orient. Nous payons encore aujourd&rsquo;hui les conséquences catastrophiques de cet échec. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le ciel tombe sur la tête des Américains</h2>



<p>Le ciel est tombé sur la tête de George W. Bush, 43e président (2001-2009). Deux avions détournés s&rsquo;écrasent sur les tours jumelles du <em>World Trade Center</em>, symboles de la réussite de la ville de New York. Un troisième avion sur le Pentagone. Les attentats du 11 septembre 2001 ont ouvert une ère de guerre tous azimuts contre le terrorisme. L&rsquo;Afghanistan est détruit, accusé d&rsquo;être un havre de paix pour les terroristes de tous bords. Vingt ans d’occupation militaire n’ont servi qu’à creuser le fossé. Les troupes américaines quittent l’Afghanistan sous les ordres de Trump; moins d’une semaine après le départ du dernier contingent, les Taliban entrent à Kaboul en triomphateurs sans coup férir.</p>



<p>Son feu secrétaire d’Etat Colin Powell est l’héros d’une mièvre mascarade devant le Conseil de sécurité des nations unies. Il s&rsquo;évertue à démontrer que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive ouvrant la voie à l’invasion, puis à la destruction totale de l’Irak. Un alibi pour les alliés pour se débarrasser d’une menace, Saddam Hussein. Son deuxième mandat, il le doit à son frère gouverneur de Floride à l’époque en mettant fin au décompte d’un vote contesté en faveur de son aîné.&nbsp;</p>



<p>Le <em>Watergate</em>, l’<em>Irangate </em>comme la <em>Russia-Gate</em>, sont des affaires obscures et sordides dans lesquelles trempent les présidents américains à la recherche d’une victoire facile par tous les moyens. Donald Trump, 45e (2017-2021), est soupçonné d’avoir comploté avec les Russes pour influencer l’issue des élections; il conteste même le résultat. Il accuse le camp adverse de fraudes et engage plusieurs recours devant la justice. Ses sympathisants répondent à son appel. Armes aux poings, ils prennent le Capitole d’assaut le jour de la confirmation de la victoire de Joe Biden, 46 président (2021-&#8230;). Le sang a coulé et des morts sont à déplorer. Les deux présidents sont candidats à la prochaine élection présidentielle, le 4 novembre 2024. Tempête à l&rsquo;horizon&#8230; </p>



<p>Le précédent locataire de la Maison Blanche est le premier président à être visé par deux procédures de destitution et le premier à être mis à l&rsquo;index. Ses comptes sur plusieurs réseaux sociaux sont fermés pour incitation à la violence. Dans une autre affaire, des enquêteurs gouvernementaux ont trouvé des documents classés secrets dans les toilettes de sa résidence à Mar-a-Lago, Miami.</p>



<p>La présidence américaine est une institution difficile à atteindre. Un mécanisme complexe d’observatoires, d’organes gouvernementaux et indépendants veillent au grain. Les présidents réussissent par la grandeur de leur âme, d’autres trébuchent et tombent à cause de leur maladresse. Leur rêve américain est brisé et tourne souvent au cauchemar.</p>



<figure class="wp-block-table aligncenter"><table><thead><tr><td><strong>Rang</strong><strong></strong></td><td class="has-text-align-left" data-align="left"><strong> Heurts et malheurs des présidents américains 1789-2024             </strong></td><td> <strong>Cas</strong>        </td><td><strong>Année</strong><strong></strong></td></tr></thead><tbody><tr><td>7</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Andrew Jackson</td><td>&nbsp; T</td><td>1835</td></tr><tr><td>9</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">William Henry Harrison&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td><td>&nbsp; M</td><td>1841</td></tr><tr><td>12</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Zachary Taylor&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td><td>&nbsp; M</td><td>1850</td></tr><tr><td>16</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Abraham Lincoln&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td><td>&nbsp; A</td><td>1865</td></tr><tr><td>20</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">James A. Garfield&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td><td>&nbsp; A</td><td>1881</td></tr><tr><td>25</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">William McKinley&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td><td>&nbsp; A</td><td>1901</td></tr><tr><td>26</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Theodore Roosevelt</td><td>&nbsp; T</td><td>1912</td></tr><tr><td>29</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Warren G. Harding&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td><td>&nbsp; M</td><td>1923</td></tr><tr><td>32</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Franklin Delano Roosevelt</td><td>&nbsp; M</td><td>1945&nbsp;&nbsp;</td></tr><tr><td>35</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">John Fitzgerald Kennedy</td><td>&nbsp; A</td><td>1963</td></tr><tr><td>17</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Andrew Johnson<strong></strong></td><td>&nbsp; D</td><td>1867</td></tr><tr><td>37</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Richard Nixon</td><td>&nbsp; D</td><td>1974</td></tr><tr><td>40</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Ronald Reagan</td><td>&nbsp; T</td><td>1981</td></tr><tr><td>42</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Bill Clinton</td><td>&nbsp; D</td><td>1998</td></tr><tr><td>45</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Donald Trump</td><td>&nbsp; D</td><td>2019 2021</td></tr><tr><td>46</td><td class="has-text-align-left" data-align="left">Joe Biden</td><td>&nbsp; D</td><td>2023</td></tr></tbody></table><figcaption class="wp-element-caption"><strong><em>A</em></strong><em>: assassiné; <strong>D</strong>: tentative de destitution; <strong>M</strong>: mort dans l&rsquo;exercice; <strong>T</strong>: tentative d’assassinat.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em> A</em></strong><em>: 4 présidents assassinés: Abraham Lincoln, James A. Garfield, William McKinley, John Fitzgerald Kennedy.</em></p>



<p><strong><em>D</em></strong><em>: 6 tentatives de destitution: Andrew Johnson, Richard Nixon, Bill Clinton, Donald Trump (2 fois), Joe Biden.</em><em></em></p>



<p><strong><em>M</em></strong><em>: 5 morts dans l&rsquo;exercice de leur fonction: William Henry Harrison, Zachary Taylor, Warren G. Harding, Franklin Delano Roosevelt.</em><em></em></p>



<p><strong><em>T</em></strong><em>: 3 tentatives d’assassinat: Andrew Jackson, Theodore Roosevelt, Ronald Reagan.   </em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Précédent article : </h2>



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		<item>
		<title>‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Nov 2023 08:13:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Sadate]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Joe Biden semble se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, comme Israël depuis sa création en 1948</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En appuyant militairement et diplomatiquement Israël dans sa guerre génocidaire actuelle à Gaza, et en soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie afin d’assurer l’équilibre européen, Joe Biden semble ainsi se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, mais uniquement lorsqu’il bénéficie du soutien américain, comme Israël depuis sa création en 1948.</em></strong> <em>(Illustration: Henry Kissinger et l&rsquo;ancienne Première ministre israélienne Golda Meir)</em>.</p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10582422"></span>



<p>Pourquoi l’ordre politique mondial actuel est-il ce qu’il est? Henry Kissinger, l’ex-secrétaire d’Etat américain et conseiller à la sécurité nationale des présidents Richard Nixon et Gerald Ford dans les années 70, situe ses débuts avec la paix de Westphalie de 1648, concluant la guerre de Trente Ans entre le Saint Empire Romain Germanique, champion de la cause catholique, et les nouvelles principautés allemandes protestantes, avec les participations de la Suède, du Danemark, et de la France. La terrible saignée qui en avait résulté avait fait juger préférable aux belligérants d’instaurer un modus vivendi, où chaque population suivrait la religion de son prince, et aucun Etat ne courrait le risque d’être annihilé.</p>



<p>La religion quittait ainsi le champ de la politique internationale par la grande porte. Désormais, les relations entre Etats, ouest-européens cela s’entend, seraient régis par les intérêts, et les différends réglés par les négociations, évidemment dans la mesure du possible.</p>



<p>Kissinger attribuait la naissance de l’Etat, en tant qu’entité immuable dont la seule morale admise consistait à assurer sa survie, au Cardinal de Richelieu, le ministre de Louis XIII, Roi de France.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QEg7ItP5d6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/">‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/embed/#?secret=yHugfPJHV5#?secret=QEg7ItP5d6" data-secret="QEg7ItP5d6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pourquoi situer ainsi la naissance de l’ordre international, faisant abstraction de la guerre du Péloponnèse entre les différentes cités grecques, des guerres médiques entre Grecs et Perses au Ve siècle avant l’ère universelle, des conflits entre Égyptiens et Hittites, de l’Histoire de Rome avec tous ces traités l’unissant à ses alliés, à ses confédérés et même parfois ses adversaires, de l’Eglise Romaine qui avait la première instauré un ordre international en arbitrant les conflits entre puissances chrétiennes, en organisant les Croisades, et même en partageant le monde grâce à la paix de Tordesillas entre le Portugal et l’Espagne?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre, la paix et l&rsquo;équilibre des forces</h2>



<p>On arguera peut-être qu’il s’était agi d’un ordre international basé sur la guerre et la tentative de détruire l’ennemi, et non la paix pour cohabiter avec lui. Mais justement, la paix entre le Sultan d’Egypte Al-Kamil, le fils de Salaheddine El-Ayoubi, restituant Jérusalem à l’Empereur Germanique Frédéric de Hohenstaufen, avait instauré des relations pacifiques entre les deux empires, tout comme d’ailleurs celle entre Haroun Al-Rachid et Charlemagne 400 ans plus tôt, en l’an 800 de l’ère universelle.</p>



<p>Ainsi ce livre fait-il d’emblée de la paix internationale une réalisation européenne, et qui plus est, contre l’immixtion de la politique dans la religion. C’est oublier qu’elle n’a pas englobé l’Empire Ottoman, mais l’auteur a une explication: l’islam étant expansionniste de nature (voir Bernard Lewis) ne s’accommode pas de traités de paix avec les infidèles, ce qui est tout aussi vrai sur le plan théorique que le pacifisme des Européens du fait de la religion d’amour du Christ qu’ils confessent.&nbsp;Mais le&nbsp;corollaire de la paix de Westphalie est que dans la recherche de sa survie, qui constitue sa raison d’être,&nbsp;chaque Etat&nbsp;soit libre de poursuivre les alliances qui lui siéent.</p>



<p>Dans le monde froid et obscur des relations interétatiques, tiraillées entre légitimité et pouvoir, l’équité et la justice n’existent ainsi pas, ou ne doivent pas l’être. On doit en conclure certaines réalités: un pays de grande civilisation aussi immémoriale que l’Iran adepte d’une version minoritaire de l’islam se doit de donner des gages de paix, en abandonnant son programme nucléaire, autrement dit son Etat doit remettre le gage de sa survie, dont on vient de dire qu’il s’agit de sa principale raison d’être selon la paix de Westphalie, entre les mains d’autres Etats.</p>



<p>Pourquoi cet Etat doit-il violer ainsi les normes admises pour les Etats européens? Parce qu’il n’est pas démocratique? C’est une manière moins crue de dire qu’il ne fait culturellement pas partie de l’Europe. Mais la Turquie démocratique, selon les normes occidentales, n’a pas pour autant obtenu son ticket d’entrée en Europe. Néanmoins on n’a pas exigé de la Chine ni de l’Inde qu’elles désarment.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7BQBPmLp9V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/">Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/embed/#?secret=UmC9YnMX5v#?secret=7BQBPmLp9V" data-secret="7BQBPmLp9V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Selon Kissinger, c’est compréhensible, ces pays n’ayant jamais été expansionnistes, ce qui dans le cas de la Chine avec l’occupation du Tibet, est discutable;&nbsp;de surcroît, l’Inde n’est que la concrétisation d’un fantasme&nbsp;britannique, qui l’a unifiée alors que rien ne la prédisposait à l’être, et lui a fourni une Histoire taillée sur mesure, où les méchants sont&#8230; les musulmans.</p>



<p>Comme le Pakistan est musulman et nucléarisé, on doit en conclure que ce n’est pas l’islam qui rend implacable l’opposition à l’Iran dans sa marche vers le nucléaire, mais sa situation géostratégique dans l’une des régions contenant&nbsp;les réserves les plus riches en hydrocarbures au monde.</p>



<p>La création d’une Inde unie a-t-elle obéi à un souci d’équilibre face à la Chine?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;es Etats-Unis ai cœur de l&rsquo;ordre mondial </h2>



<p>Abstraction faite du rôle d’équilibre joué par la puissance britannique sur le continent européen contre Charles Quint, Louis XIV, puis Napoléon, la notion de sécurité collective est née au Congrès de Vienne en 1815 de la coalition des nations emmenée par la Russie, pays expansionniste et absolutiste entre tous où le servage constituait la norme, avec la volonté d’empêcher l’émergence de toute hégémonie ou de toute révolution antimonarchique&nbsp;en Europe.</p>



<p>Comment dans ces conditions les Etats-Unis d&rsquo;Amérique ont-ils été amenés à jouer un rôle majeur dans les affaires mondiales, alors qu’au départ, les pères fondateurs tenaient absolument à se tenir à l’écart des affaires européennes, et à maintenir avec les puissances des relations strictement commerciales?</p>



<p>Une nation de colons d’origine européenne en majorité britanniques, allemands et irlandais, s’est agrandie vers l’Ouest jusqu’en Californie après avoir absorbé la Louisiane achetée aux Français, puis au prix de guerres contre le Mexique, le Texas et tous les territoires mexicains au Nord du Rio Grande. Jusque-là et avec la proclamation de la doctrine Monroe, sa volonté hégémonique s’était limitée au continent américain. Il est vrai que la démonstration de la flottille du commodore Perry au large du Japon en 1853 avait convaincu les autorités de ce pays de se soumettre aux demandes américaines, celles d’ouvrir leur territoire au commerce international. Mais c’est à partir de 1898 avec la guerre contre l’Espagne et l’occupation des Philippines, de Cuba, de Porto Rico et des îles&nbsp;Hawaï, que les Etats-Unis ont fait irruption sur la scène mondiale en tant qu’acteur majeur.</p>



<p>Cependant, Kissinger semble présenter tout cela comme un changement de doctrine stratégique induit&nbsp;par le président Théodore Roosevelt, pour qui la sécurité des Etats-Unis ne pouvait être dissociée des affaires du monde. Son rôle d’intermédiaire dans la guerre russo-japonaise de 1905, ainsi que l’envoi de la flotte blanche dans le port de Yokohama en seront l’illustration.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer pavé de bonnes intentions</h2>



<p>Cette théorie de la sécurité collective sera plus tard complétée par la doctrine Wilson sur la liberté des peuples, après l’effondrement de l’équilibre européen du fait des jeux des alliances conduisant à la première guerre mondiale, consécutivement à l’attentat de Sarajevo et au conflit banal entre la Serbie et l’empire austro-hongrois. La sécurité européenne n’avait pas joué face à la volonté autrichienne d’en découdre avec la petite Serbie.&nbsp;A la fin du conflit, la Société des Nations sera créée, dont la mission proclamée sera de confier des mandats limités aux puissances coloniales conduisant les peuples occupés vers l’indépendance,&nbsp;et de désamorcer par la négociation les conflits entre les puissances.</p>



<p>Il ne s’agira là que d’un vœu pieux, ainsi que le démontreront les guerres en Ethiopie et en Chine. La déclaration Balfour sera d’autre part intégralement insérée dans le préambule de la charte de la Société des nations, illustrant parfaitement l’adage selon lequel l’enfer soit pavé de bonnes intentions, pour peu que celles-ci existent vraiment. Mais si le retrait du président Wilson a entraîné un reflux américain hors de l’Europe, la politique américaine de la porte ouverte en Chine a continué, avec une opposition de plus en plus ouverte aux conquêtes japonaises en Mandchourie puis dans l’Est du pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XLe5Z2PFMp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/">L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/embed/#?secret=wyWRcaHOq7#?secret=XLe5Z2PFMp" data-secret="XLe5Z2PFMp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A la veille de la seconde guerre mondiale, si un conflit avec le Japon était ainsi envisageable, rien ne laissait à priori prévoir une guerre avec l’Allemagne. Pourtant Kissinger a justifié cette dernière par la vieille antienne britannique, le souci de l’équilibre européen; dont&nbsp; le président Franklin-Delano Roosevelt se faisait ainsi le continuateur avec la nécessité proclamée de défendre la démocratie.</p>



<p>D’autre part sur le théâtre du Pacifique, c’est la volonté hollandaise de s&rsquo;associer à l’embargo sur les hydrocarbures qui a précipité la guerre. Toujours est-il qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis se sont retrouvés face à la menace soviétique. Une nouvelle contrainte s’ajoutait ainsi, celle de la défense la liberté, qui allait mener l’armée américaine en Corée, puis au Vietnam, dans le but de contenir l’expansion du communisme en Asie, et à la création d’organismes de défense collective (Cento, Otase) perçus souvent à juste titre comme une interférence intolérable par les peuples des pays concernés.</p>



<p>L’auteur qui fut un acteur politique majeur du conflit vietnamien a nié toute défaite militaire américaine dans ce pays. Pour lui, c’est l’ampleur du mouvement pacifiste, relayé par les médias, les universités, et le Congrès, qui a été responsable du désastre. Qui plus est, c’est le refus du Congrès d’accorder une aide militaire au Sud Vietnam qui a entraîné l’effondrement de ce pays face à l’offensive du Nord.</p>



<p>Cette opinion est évidemment très contestable, et le récent effondrement de l&rsquo;armée afghane surarmée après le retrait américain ne le confirme que trop. Les guerres en Irak et en Afghanistan menées au nom de la lutte contre le terrorisme n’ont suscité de la part de l’ancien secrétaire d’Etat aucune critique. On a ainsi l’impression que ses opinions ont fini par rejoindre celles des Néoconservateurs américains. Il a conclu d’ailleurs sur la nécessité pour les Américains d’empêcher l’émergence de toute puissance hégémonique dans le monde (la Chine) et de propager les deux valeurs universelles susceptibles selon eux de protéger la paix mondiale, le libéralisme économique et la démocratie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le malheur des Arabes </h2>



<p>Naturellement les réflexions de Kissinger sur le nucléaire et les transformations que les nouvelles techniques de la communication induisent dans le fonctionnement de la démocratie ne sont pas sans intérêt. Néanmoins, ce qu’il nomme idéalisme et même souci moralisateur de l’Amérique dans la défense de la liberté a eu des répercussions néfastes sur les populations soumises à des guerres décidées par les administrations du pays au gré de ce qu&rsquo;ils définissent comme leurs intérêts, ou bien ce que l’on a appelé en 1839 sa <em>«destinée manifeste»</em> d’étendre ses valeurs de liberté, de justice et de progrès, qui n’a abouti finalement qu’à faire le malheur de ceux à qui elle s&rsquo;adresse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DO6vx6yD0S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/">«Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/embed/#?secret=fGOitmZUYb#?secret=DO6vx6yD0S" data-secret="DO6vx6yD0S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Comment ne pas évoquer l’implication personnelle du secrétaire d’Etat dans le coup d’État sanglant au Chili en 1973 ? D’autre part, Kissinger ne s’est jamais montré soucieux d’aborder la question de l’équité et de la justice dans les relations internationales, pourtant promues par l’Onu. Il n’a évoqué que des questions concernant la légitimité, la puissance, la sécurité des Etats. Et son opinion sur les Etats arabes et musulmans est sans appel: ils ne sont pas puissants, leur légitimité est souvent sujette à caution, et ils sont incapables de s’opposer au terrorisme islamiste, pourtant disséminé par les alliés des Américains : les Turcs, Pakistanais, Saoudiens et Qataris. Le seul dirigeant arabe qui ait trouvé grâce à ses yeux est l’ancien président égyptien Anouar Sadate parce qu’il a décidé d’arrimer son pays à l’ordre international en signant la paix avec Israël, non pas parce que l’Etat égyptien est l’un des plus anciens du monde.</p>



<p>En appuyant militairement et diplomatiquement l’Etat Juif dans sa guerre génocidaire actuelle à Gaza, et en soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie afin d’assurer l’équilibre européen, Joe Biden semble ainsi se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, mais uniquement lorsqu’il bénéficie du soutien américain. Qu’attendent donc les Palestiniens pour proclamer le leur sans attendre ? Et faut-il dans ces conditions en vouloir à la Corée du Nord? <strong><em>‘</em></strong></p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em> »World Order: Reflections on the Character of Nations and the Course of History’’, de Henry Kissinger, Penguin Press, New York 2014 432 pages.</em></strong></p>
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		<title>« Final Days » : comment le président Nixon fut poussé vers la sortie</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Dec 2021 07:09:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le soir où il avait annoncé sa décision de démissionner, suite à l&#8217;affaire du Watergate, Richard Nixon a épanché sa douleur sur l’épaule du secrétaire d’Etat, Henry Kissinger, l’homme qui au sein de l’administration américaine lui devait tant mais le haïssait le plus. Une scène tragi comique s’en était suivie: rongé de chagrin et imbibé...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Richard-Nixon-The-Final-Days.jpg" alt="" class="wp-image-374690"/></figure></div>



<p><strong><em>Le soir où il avait annoncé sa décision de démissionner, suite à l&rsquo;affaire du Watergate, Richard Nixon a épanché sa douleur sur l’épaule du secrétaire d’Etat, Henry Kissinger, l’homme qui au sein de l’administration américaine lui devait tant mais le haïssait le plus. Une scène tragi comique s’en était suivie: rongé de chagrin et imbibé d’alcool, le président démissionnaire avait demandé à Kissinger, son secrétaire d’Etat juif, de prier avec lui, et ce dernier n’avait pu que s’exécuter, en s’agenouillant avec lui sur le tapis et en priant comme un chrétien.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr</strong> <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-374689"></span>



<p>Le Watergate, c’est cet immeuble de Washington, où le Parti Démocrate avait établi en 1972 son QG de campagne pour les élections présidentielles, et où la police avait arrêté des cambrioleurs très particuliers, tous des anciens membres des services secrets ou de la Baie des Cochons, et avaient découvert sur eux des microphones qu’ils étaient venus démonter après les avoir préalablement installés plusieurs semaines auparavant.</p>



<p>Le travail d’investigation de deux journalistes du <em>Washington Post</em>, Woodward et Bernstein, avait établi la responsabilité de la Maison Blanche dans cette affaire d’espionnage. Ehrlichman, Dean, Haldman, des proches collaborateurs et membres de l’administration du président Nixon, avaient fait l’objet de poursuites judiciaires et de condamnations.</p>



<p>Quant au président lui-même, après l’ouverture d’une procédure de destitution (<em>«impeachment»</em>) pour obstruction à la justice, abus de pouvoir avec violation des droits constitutionnels des citoyens, et refus d’obtempérer aux injonctions de la chambre des représentants, il avait finalement choisi de démissionner afin, selon lui, préserver les intérêts de la nation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un label d’exemplarité du système américain</h2>



<p>Le terme de cette affaire, voyant l’homme le plus puissant du monde devoir se soumettre aux contraintes de la Loi de son pays, avait longtemps conféré au système politique et judiciaire américains un prestige considérable et un label d’exemplarité dont le monde entier s’inspirerait, particulièrement après la chute du mur de Berlin, dans la recomposition du paysage politique international.</p>



<p>Le mot Watergate était devenu synonyme de scandale politique et d’implication de tout Etat dans la couverture et le maintien de la confidentialité de violations de la Loi. Et il est vrai que plus récemment, après le show judiciaire dont le président Trump avait été pendant plusieurs mois la vedette dans son affrontement, il faut dire victorieux, avec le Congrès américain, il est devenu légitime de se demander pourquoi celui-ci avait obtenu en 1972 ce dont il serait plus tard privé en 2020, la démission du président des Etats-Unis, sur des faits beaucoup plus graves.</p>



<p>Mais il faut le reconnaître, avec Richard Nixon, les choses n’avaient pas été aussi simples qu’on aurait pu le croire, et auraient même pu prendre une tout autre tournure. Jusqu’aux tous derniers moments le doute avait été entretenu sur sa démission. Mais il avait décidé de laisser le processus constitutionnel être mené à son terme, celui d’un vote de destitution au Sénat, parce qu’il était convaincu qu’en tant que président, il n’avait fait qu’exercer ses prérogatives. On lui a reproché d’avoir menti au peuple américain, mais Georges W. Bush l’avait plus tard fait pour justifier la guerre contre l’Irak sans encourir l’ire des parlementaires. On lui a reproché d’avoir mené une guerre secrète et sanglante en bombardant le Cambodge, mais Obama durant ses deux mandats n’avait fait qu’utiliser des frappes répétées par les drones contre de supposés terroristes dans de véritables exécutions extra-judiciaires, qui avaient fait des milliers de <em>«dommages collatéraux»</em>. On lui a reproché d’avoir fait espionner le siège du parti Démocrate mais Barack Obama, encore lui, après l’affaire Edward Snowden et les informations révélées par Wikileaks, avait justifié l’espionnage illégal de l’ensemble des citoyens américains par la nécessité de sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité, sans que le Congrès n’eût jugé qu’il y eût eu là abus de pouvoir ni que les droits constitutionnels eussent été violés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nixon met sur écoute ses propres collaborateurs</h2>



<p>En fait, Richard Nixon avait fait placer secrètement sur écoute lui-même (!!!) et ses propres collaborateurs à la Maison Blanche, après les fuites dans la presse, relativement à la guerre du Cambodge, justement pour des raisons de sécurité nationale. Et c’est un des membres secondaires de son administration, un certain Butterfield, qui en avait fait la révélation à la Commission du Sénat sur le Watergate, ainsi que l’existence des bandes magnétiques qui constitueraient le cœur de l’affrontement juridique et légal entre le président d’une part, le procureur spécial Jaworski (qu’il avait lui-même nommé), le juge Sirica, d’autre part.</p>



<p>L’avocat du président, Saint Clair, avait quelque raison d’arguer devant la Cour Suprême que la procédure d’impeachment ayant traduit un conflit de nature politique avec le Congès, la justice se devait à tout le moins de garder la balance égale entre les parties en conflit. Or en confirmant le droit du procureur d’obtenir ces bandes magnétiques, 64 au total, sans passer par la procédure en appel normale, légale, et inévitablement longue, demandée par la présidence, la Cour Suprême des Etats-Unis avait statué dans l’urgence sans estimer violer les droits de l’une des parties, justement pour fournir au Congrès les preuves nécessaires à la mise en accusation par son Comité judiciaire.</p>



<p>Il est vrai qu’après <em>«le massacre du Samedi soir»</em>, ainsi qu’on avait nommé la démission d’Archibald Cox le procureur spécial pour le Watergate, de l’attorney général Richardson et de son adjoint, pour refus d’obtempérer aux ordres de la présidence, le Département de la Justice était devenu partie prenante dans le conflit, et le verdict de la Cour suprême ne l’avait que trop confirmé.</p>



<p>Il faut d’autant plus le relever que Donald Trump bénéficierait 45 ans plus tard, dans son affrontement avec le Congés, de l’appui sans réserve du ministre de la Justice Bill Barr, l’attorney général, grâce à une interprétation tendancieuse du rapport du procureur Robert Mueller, le disculpant de toute charge dans la recherche de complicités avec la Russie lors des élections.</p>



<p>Mais en 1974, la teneur des bandes magnétiques n’avait que trop confirmé les mensonges du président Nixon, et son implication réelle dans la tentative d’utiliser la CIA dans une mission d’obstruction à la justice qui ne relevait pas de ses prérogatives, en empêchant le FBI (encore le Département de la Justice) de mener l’enquête.</p>



<p>Il est vrai que la présidence avait fait preuve d’une interprétation très large de la sécurité nationale en agissant ainsi, et surtout en révélant (par les bandes magnétiques) que par là même, elle poursuivait un but politique, dont la teneur n’était toutefois pas révélée. Au sein d’une opinion publique chauffée à blanc pendant des années par la guerre si impopulaire du Vietnam, par la lutte pour les droits civiques, de telles informations ne pouvaient que jeter de l’huile sur le feu et servir la cause de tous ceux qui voulaient le départ du président Nixon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une présidence déchue de son prestige</h2>



<p>L’opinion publique… c’est cet argument qu’avait soulevé le conseiller juridique Doar du Comité judiciaire pour réclamer la remise immédiate des bandes. Autrement dit, la justice ne pouvait pas rester passivement suivre son cours habituel alors qu’une présidence déchue de son prestige se trouvait près d’être dans l’incapacité d’assumer ses prérogatives.</p>



<p>En fait l’opinion publique avait basculé et le prestige du président avait été irrémédiablement terni quand il avait livré des transcriptions (erronées) de ses conversations enregistrées avec ses collaborateurs où il se montrait particulièrement grossier, et même odieux en se plaignant de l’effet du souffle de l’hélicoptère sur les cheveux de sa femme.</p>



<p>Il est douteux que les conseillers juridiques du président aient rempli leur mission conformément à ce qui en eût été exigible. Autrement il n’aurait jamais dû avoir toute latitude pour livrer les bandes compromettantes ou des transcriptions tendancieuses au point d’être considérées comme des tentatives d’obstruction à la Justice ou au Congrès. Outre qu’il était têtu, il leur avait caché la vérité, et une fois celle-ci connue, ils s’étaient trouvés dans la crainte d’être considérés comme complices pour avoir soutenu une thèse erronée, celle de la non-implication de leur client dans la tentative d’obtenir indûment la libération des <em>«plombiers»</em> du Watergate. Mais prétendre que le président et ses avocats assument seuls la responsabilité de l’affaire, c’est méconnaître le rôle joué autant par le Chief of Staff de la Maison Blanche, le Général Alexander Haig, que les figures éminentes du Parti Républicain.</p>



<p>Le général Haig avait d’abord tenté de mobiliser le personnel de la Maison Blanche autour de la défense du président. Mais quand la culpabilité de ce dernier fut devenue évidente, il ne chercha plus qu’à hâter son départ, au besoin en collaborant avec tous ceux qui ne voyaient nulle autre possibilité raisonnable pour conclure l’affaire avec le moins de dégâts; à commencer par ceux de son propre parti.</p>



<p>Il faut dire que pour le Général Haig, pris entre les nécessités de ne pas être impliqué dans les malversations du président, et celles de ne pas participer à un complot contre lui, les possibilités de manœuvrer étaient très étroites. A-t-il agi seul, ou bien en accord avec ses collègues de l’armée? La question restera toujours posée.</p>



<p>Quant aux sénateurs et aux représentants républicains, en se rangeant avec les démocrates contre un président issu de leurs propres rangs, ils n’ont pas peu pesé dans sa décision de démissionner sans mener le processus de destitution jusqu’à son terme, jusqu’au vote du Sénat. On ignorera toujours pourquoi ils ont décidé de lui retirer leur soutien. Apparemment beaucoup parmi eux craignaient d’être pris dans la tourmente de révélations lors d’un procès public…</p>



<p>Quarante sept ans plus tard le Parti Républicain se montrera autrement plus combatif pour défendre un autre président issu de ses rangs, au passif beaucoup plus accusé, mais capable de mobiliser la rue contre les institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nixon et le goût de la dissimulation</h2>



<p>Finalement, Richard Nixon a perdu parce qu’il avait agi au nom de la raison d’Etat dans un cadre sécuritaire qui n’existerait juridiquement que 30 ans plus tard; parce qu’étant respectueux des lois, il n’avait pas détruit les preuves compromettantes et qu’il a fini par les livrer à ses adversaires; et surtout parce que les membres de son propre parti, sans doute impliqués à des degrés&nbsp;divers, se sont ligués avec ses adversaires afin de le dissuader de mener le processus de destitution jusqu’à son terme, par un débat et un vote publics au Sénat. Il ne fut pas pour autant&nbsp;victime d’un destin injuste. Les milliers de civils morts lors de la guerre du Vietnam ne le prouvent que trop bien, tout autant que le coup d&rsquo;État sanglant au Chili, ou bien la paix concédée au bénéfice d’Israël par les Arabes qui avaient obtenu un nul militaire, à l’instigation du grand illusionniste, le Dr Henry Kissinger, que son président en butte à toutes ces difficultés avait pourtant chargé d’arracher la paix à n’importe quel prix. Le président Sadate ignorait apparemment qu&rsquo;il pouvait&nbsp;obtenir beaucoup plus que ce qu&rsquo;il n&rsquo;a eu.</p>



<p>Il est à cet égard significatif que le soir où il avait annoncé sa décision de démissionner, Nixon ait épanché sa douleur sur l’épaule du secrétaire d’Etat, l’homme qui au sein de l’Administration lui devait tant mais le haïssait le plus. Une scène tragi comique s’en était suivie: rongé de chagrin et imbibé d’alcool, le président démissionnaire avait demandé à Kissinger, son Secrétaire d’Etat juif, de prier avec lui, et ce dernier n’avait pu que s’exécuter, en s’agenouillant avec lui sur le tapis et en priant comme un chrétien. Et quand plus tard il rentra chez lui, exténué par ce qu’il avait vécu, il reçut un autre coup de téléphone du président, le suppliant de ne jamais révéler à quel état de faiblesse il s’était laissé aller. Jusqu’à la fin, Richard Nixon aura cultivé le goût de la dissimulation.</p>



<p>* <em>Médecin de libre <em>pratique</em>.</em></p>



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