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	<title>Archives des Tahar Belkhodja - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Tahar Belkhodja - Kapitalis</title>
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		<title>La Tunisie face à ses rendez-vous manqués et ses opportunités perdues à jamais</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/27/la-tunisie-face-a-ses-rendez-vous-manques-et-ses-opportunites-perdues-a-jamais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2024 11:46:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire contemporaine de la Tunisie est une suite de crises, ponctuées de limogeages brutaux et de changements de cap, pas toujours bien menés,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/27/la-tunisie-face-a-ses-rendez-vous-manques-et-ses-opportunites-perdues-a-jamais/">La Tunisie face à ses rendez-vous manqués et ses opportunités perdues à jamais</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’histoire contemporaine de la Tunisie, c’est-à-dire de l’indépendance du pays à nos jours, est une suite interminable de crises, ponctuées de limogeages brutaux et de changements de cap, pas toujours bien menés, car portant souvent l’empreinte d’hommes ambitieux, sans véritables programmes et n’ayant pour seul souci que d’accéder au pouvoir, et de le garder le plus longtemps possible, parfois au-delà de toute raison.</em></strong></p>



<p><strong>Ridha Kefi</strong></p>



<span id="more-13633982"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Ridha-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-203122"/></figure></div>


<p>De cette histoire, nous croyons tout connaître, mais notre connaissance est souvent biaisée par des partis-pris idéologiques, des préjugés régionalistes ou même des détestations personnelles. Pour ne rien arranger, celui qui accède à la magistrature suprême réécrit l’histoire selon ses vues pas toujours objectives, se donnant souvent le beau rôle et accablant injustement ses adversaires. Une fois éjecté du pouvoir, il subit lui-même l’injustice qu’il a infligée aux autres. Et ainsi de suite…</p>



<p>Généralement, quand le temps passe et que le pouvoir échoit à une nouvelle génération de dirigeants, les anciens croient devoir se justifier en commettant des autobiographies ou des mémoires. Dans leurs fausses confessions et pseudo-témoignages, ils s’arrangent pour soigner leur parcours, passer sous silence les manœuvres et les coups bas qu’ils ont commis pour se maintenir au cœur du pouvoir, accabler leurs adversaires ou minimiser leurs apports respectifs et poser devant le jugement de l’histoire comme des démocrates empêchés de réaliser leurs grands desseins pour la nation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fausses confessions et mémoires biaisées</h2>



<p>Bien sûr, toutes ces confessions et ces mémoires sont à prendre avec les réserves d’usage, mais les dizaines d’ouvrages de ce genre qu’affectionnent certains éditeurs fournissent une bonne matière brute et c’est aux historiens d’y séparer le bon grain de l’ivraie, pour emprunter le titre des mémoires de feu Béji Caïd Essebsi, écrites avant son accession à la magistrature suprême en 2015 et consacrées aux années qu’il avait passées dans le cercle du pouvoir, durant les règnes respectifs de Bourguiba et Ben Ali auxquels il a succédé (après la parenthèse du <em>«provisoire»</em> Moncef Marzouki) au Palais de Carthage.</p>



<p><em>«Séparer le bon grain de l’ivraie»</em>, c’est ce que Ridha Ben Slama affirme avoir fait dans son dernier ouvrage en arabe intitulé <em>‘‘La chute’’</em> et sous-titré <em>‘‘Les dessous du démantèlement de l’Etat de l’indépendance 1980-1987’’</em> (éditions Nirvana, Tunis, février 2024, 242 pages, prix&nbsp;: 25 DT).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NlCFCOkZpr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/23/tunisie-un-pays-ou-la-responsabilite-a-desormais-un-gout-amer/">Tunisie, un pays où la responsabilité a désormais un goût amer</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie, un pays où la responsabilité a désormais un goût amer » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/23/tunisie-un-pays-ou-la-responsabilite-a-desormais-un-gout-amer/embed/#?secret=53VLVKjPqi#?secret=NlCFCOkZpr" data-secret="NlCFCOkZpr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pourquoi ces deux dates précisément, sachant que l’Etat de l’indépendance, fondé par Bourguiba, est né le 25 juillet 1957, avec la proclamation de la république ?</p>



<p>La réponse est simple&nbsp;: c’est la période durant laquelle l’auteur était directement associé lui-même à la gestion des affaires publiques en étant attaché au cabinet de l’ancien Premier ministre Mohamed Mzali et a donc été, à certains moments, un témoin privilégié des manœuvres des uns et des coups bas des autres dans le cadre d’une guerre de succession au Combattant suprême.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre de succession fratricide</h2>



<p>Cette guerre de succession, commencée depuis l’annonce des problèmes de santé de l’ancien président en 1970, était conduite d’une main de maître par sa seconde épouse, Wassila Bourguiba, puis, dans un second temps, après le divorce de celle-ci, par Saïda Sassi, la très entreprenante nièce du Combattant suprême. </p>



<p>Les deux femmes, qui avaient de l’ascendant sur le <em>«malade de Carthage»</em> , s’étaient appuyées sur des membres de l’establishment politique animés par des ambitions de pouvoir, les montant les uns contre les autres, au gré d’alliances changeantes, quitte à provoquer des crises en série se traduisant, souvent, par des mouvements sociaux, des affrontements, des morts et des blessés, comme ce fut le cas en janvier 1980 (occupation de la ville de Gafsa par un groupe armé), janvier 1978 (affrontement entre le pouvoir et la centrale syndicale) ou encore janvier 1984 (les émeutes du pain).</p>



<p>Ridha Bouslama affirme avoir effectué un travail d’investigation en puisant la matière de son livre dans ses souvenirs personnels, les témoignages directs des protagonistes ou à travers leurs ouvrages publiés au cours des trente dernières années. Il n’en est pas moins vrai que, malgré son souci de vérité historique, son livre n’est pas exempt de subjectivité, puisqu’il se donne pour objectif principal de défendre l’honneur personnel et le bilan politique et économique de l’homme qu’il avait lui-même servi au Palais de la Kasbah, Mohamed Mzali en l’occurrence, dont l’image a été quelque peu brouillée par ceux qui l’ont longtemps combattu et obtenu son limogeage, en juillet 1986, en espérant se frayer un chemin vers le Palais de Carthage, destin auquel Mzali était un moment destiné en tant que fils spirituel et successeur putatif de Bourguiba.</p>



<p>Parmi ces grands manœuvriers, l’auteur cite, dans un premier temps, les sbires de Wassila Bourguiba&nbsp;: Tahar Belkhodja, Béji Caïd Essebsi et Driss Guiga, et, dans un second temps, l’homme à tout faire de Saïda Sassi, Zine El-Abidine Ben Ali, le seul militaire infiltré dans l’establishment politique, qui finit par coiffer tous ces ambitieux au poteau un certain 7 novembre 1987.</p>



<p>Une fois arrivé à la tête de l’Etat, au terme d’une longue série de manipulations, roulant dans la farine libéraux, démocrates progressistes et autres islamistes, l’<em>«artisan du changement»</em> a tenté de réécrire l’histoire de la république à sa guise. Mais ironie de l’histoire&nbsp;: il perdra lui aussi le pouvoir, 23 ans plus tard, dans des conditions assez semblables à celles qui l’ont vu y accéder, et ce pour avoir laissé son épouse Leïla Trabelsi animer, autour de lui, une camarilla de sbires et d’obligés qui finirent par ternir son image et accélérer sa chute, un certain 14 janvier 2011, dans des circonstances qui restent à ce jour très mystérieuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un sentiment d&rsquo;énorme gâchis</h2>



<p>Nous n’entrons pas dans les détails des manœuvres <em>«politichiennes»</em> mises en œuvre par tous ces protagonistes, et dont ont été victimes, tour à tour et successivement, Bahi Ladgham, Ahmed Ben Salah, Hedi Nouira et Mohamed Mzali, qui eurent tous le malheur d’être cités comme des successeurs potentiels de celui qui les utilisera comme des boucliers avant de les laisser tomber et de chercher même ensuite à les humilier. Mais on remarquera, avec Ridha Ben Slama, que ceux qui parvenaient au Palais de la Kasbah, en subissaient tous la malédiction, en devenant la cible de toutes les manœuvres de déstabilisation qui finissaient par les faire tomber sous les coups de boutoir de conspirateurs intéressés, pressés et ambitieux, manipulant le président de la république et se faisant manipuler par lui, dans une sorte de jeu de la roulette russe au terme duquel la Tunisie et les Tunisiens sortent toujours perdants.</p>



<p>On lira avec un intérêt le livre de Ridha Ben Slama qui explique comment ce système autodestructeur mis en place par Bourguiba depuis 1970 a fonctionné durant le règne du Premier ministre Mzali dont l’image brouillée par ses adversaires mérite d’être rectifiée et son action en faveur du pluralisme et de la démocratie enfin reconnue par l’histoire. C’est là le but de ce livre, et l’auteur y a en partie réussi grâce aux informations qu’il a réunies et aux analyses qu’il a développées.</p>



<p>Reste qu’en fermant le livre, on reste sur un sentiment de frustration face aux rendez-vous manqués, aux opportunités perdues à jamais, au temps précieux gaspillé dans de vaines querelles et aux haines stupides infusées dans la vie de la nation et qui ont empêché un peuple éduqué et ambitieux d&rsquo;avancer sur la voie du progrès.</p>



<p>Derrière ce gâchis, que nous constatons encore aujourd’hui, il y a comme un péché originel ou un <em>«paradoxe originel»</em> pour emprunter l’expression de l’auteur, celui d’<em>«un système politique qui a fait de la modernité et de la généralisation de l’enseignement un but suprême, qu’il a contrebalancé par un pouvoir personnel, certes charismatique, mais qui refuse d’accepter les conséquences de cette généralisation de l’enseignement, qui a donné naissance à des générations de compétences dans tous les domaines et d’intellectuels, laissant ainsi échapper plusieurs occasions pour le progrès»</em>.</p>



<p>En cette année 2024, sommes-nous vraiment sortis de cette auberge-là? Je crains que non…</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="88d6RLIrLY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/04/les-enfants-de-feu-mohamed-et-fathia-mzali-treve-dinjustice-et-de-mauvaise-foi/">Les enfants de feu Mohamed et Fathia Mzali : Trêve d’injustice et de mauvaise foi</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les enfants de feu Mohamed et Fathia Mzali : Trêve d’injustice et de mauvaise foi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/04/les-enfants-de-feu-mohamed-et-fathia-mzali-treve-dinjustice-et-de-mauvaise-foi/embed/#?secret=yfF1XDmF3G#?secret=88d6RLIrLY" data-secret="88d6RLIrLY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Hommage à Hafedh Tarmiz, vingt ans après sa mort (1931-2004)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/06/hommage-a-hafedh-tarmiz-vingt-ans-apres-sa-mort-1931-2004/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jun 2024 06:13:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Uget]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gommage à Hafedh Tarmiz, figure peu connue du combat pour l démocratie en Tunisie.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/06/hommage-a-hafedh-tarmiz-vingt-ans-apres-sa-mort-1931-2004/">Hommage à Hafedh Tarmiz, vingt ans après sa mort (1931-2004)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quoique tardif, cet hommage à titre posthume de mon cher et regretté professeur au Lycée Cité Ezzahra à Sousse (l’actuel lycée Abdelaziz El-Béhi) dans les classes terminales (sixième et septième années de l’enseignement secondaire de l’ancien régime), feu Hafedh Tarmiz, vingt ans après son décès, relève du devoir de mémoire envers un militant et une figure de proue du mouvement étudiant tunisien, qui fut malheureusement relégué au lendemain de l’indépendance de la Tunisie malgré son militantisme pour l’émancipation de son pays du joug du colonialisme français et ses compétences multiples.</em></strong></p>



<p><strong>Adel Ben Youssef </strong>*</p>



<span id="more-13131923"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef.jpg" alt="" class="wp-image-13131935" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Hafedh Tarmiz vit le jour à Sousse le 30 octobre 1931&nbsp;dans une famille moyenne, sinon modeste.</p>



<p>Comme le voulait la tradition conservatrice de ce temps-là, ce fut le garçon, et non pas sa sœur aînée, qui fréquenta les bancs de l’école franco-arabe de Sousse. Rapidement, l’enfant se révéla studieux et brillant à tel point que son maître recommanda à son père de l’inscrire au concours d’entrée au Collège de Sousse avant de terminer la dernière année du cycle primaire. Et c’est ainsi qu’il accéda au Collège de Sousse qui dispensait à cette époque une double formation arabe et française.</p>



<p>Malheureusement, les événements dramatiques se succédèrent. La maison familiale fut bombardée au cours de la deuxième guerre mondiale. Le père décéda des suites d’une erreur médicale et le petit hôtel dont la propriété du fonds de commerce lui revenait fut squatté par son jeune apprenti. Hafedh Tarmiz n’avait alors que 14 ans et sa famille perdit quasiment toutes ses ressources. Mais, il s’accrocha à ses études.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etudes primaires et secondaires à Sousse</h2>



<p>Au Collège de Sousse, au cours de la deuxième moitié des années 40, alors que se préparait la bataille décisive de l’indépendance, d’éminents enseignants veillaient à semer la graine du nationalisme chez leurs élèves. A la tête de ces dernières vint son jeune professeur d’arabe, qui vient de rentrer de la Sorbonne, feu Ahmed Ben Salah, qui sera, comme plusieurs élèves du lycée, son disciple et instigateur puis un ami très proche jusqu’à son décès en 2004.</p>



<p>Dans la foulée, Jean de Hautecloque, le plus belliqueux des résidents généraux français arriva à Tunis. Puis, les événements sanglants du 18 janvier 1952 éclatèrent et la rue s’embrasa.</p>



<p>Les élèves sur tout le territoire tunisien, déjà imprégnés de la chose publique, s’agitèrent dans tous les lycées et affrontèrent l’occupation française.</p>



<p>Le bilan était lourd. Des lycéens furent emprisonnés et d’autres renvoyés. Hafedh Tarmiz, qui devait passer son baccalauréat cette année-là, était de ces derniers. Et son rêve de poursuivre ses études faillit voler en éclats.</p>



<p>Mais grâce à l’encadrement des enseignants tunisiens, il se présenta aux épreuves du baccalauréat en candidat libre et obtint son diplôme en 1952. La même année, muni d’une bourse de l’Association caritative El-Kolla, il partit en France pour préparer une licence de d’histoire-géographie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etudes supérieures&nbsp;en France </h2>



<p>A Paris, au 115 Boulevard Saint-Michel (le siège de l’Association des étudiants musulmans nord-africains, Aemnaf, et la cellule du Néo-Destour), où se réunissait l’élite nord-africaine, s’ouvrit un nouveau chapitre pour le jeune bachelier.</p>



<p>Au cours de l’année 1952-1953, les étudiants tunisiens dont la majorité se trouvait en France, s’étaient attelés à préparer le congrès constitutif de l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget) et lancèrent un journal dénommé <em>“L’Étudiant Tunisien”</em>.</p>



<p>Hafedh Tarmiz s’activa dans ce sens. Il fut membre aussi bien de la commission chargée de préparer ledit congrès que du comité de rédaction du journal clandestin. En juillet 1953, il fut élu membre du premier bureau exécutif de l’Uget.</p>



<p>Étant une organisation nationale engagée dès sa création dans le mouvement national, l’Uget se réclama d’une certaine indépendance vis-à-vis du parti nationaliste. A partir de cette orientation, plutôt à gauche du Néo-Destour, que commencèrent les divergences de Tarmiz avec Habib Bourguiba. La première confrontation entre le jeune étudiant et le futur président aurait eu lieu en 1955.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Confrontations avec Bourguiba</h2>



<p>Les pourparlers pour l’autonomie interne touchaient à leur fin. La dissidence yousséfiste (en référence au numéro 2 du Néo-Destour, Salah Ben Youssef) commençait à se faire sentir. Bourguiba, rentrant de son dernier exil parisien. Il voulait déjà tout contrôler, même la composition du bureau de l’Uget. Les étudiants n’étaient pas tous d’accord sur l’intervention du leader. Ayant eu vent de ce désaccord, ce dernier les réunit dans sa suite au Continental.</p>



<p>La tension fut forte. Chedly Zalila fut le premier à hausser le ton. Tarmiz, alors président de la Fédération de France de l’Uget, fut parmi les intervenants. Témoin oculaire, Hamed Zghal <sup>(1)</sup> dira dans ses mémoires <em>‘‘La génération de la révolution’’</em>, qu’en écoutant Tarmiz défendre la démocratie et le respect des élections, Bourguiba devint furieux et son cri se fit entendre dans tout l’hôtel.</p>



<p>Mohamed Harbi <sup>(2)</sup>, sociologue algérien et ancien conseiller de Ahmed Ben Bella, parle aussi de cet épisode. Il dit que&nbsp;<em>«Tarmiz fut chassé par Bourguiba de sa suite à coup de quolibets»</em>, rien que pour avoir refusé le changement de la composition du bureau syndical.</p>



<p>La deuxième confrontation intervint à la fin de l’année 1956. Bourguiba était chef du gouvernement et Tarmiz, secrétaire général de l’Uget. L’affaire cette fois-ci portera plus clairement la couleur des orientations politiques.</p>



<p>En effet, peu après le congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), tenu à Tunis du 20 au 23 septembre 1956, Bourguiba commença à cultiver une double crainte. D’une part, d’un virage à gauche du syndicat ouvrier suite à l’adoption du programme économique et social; d’autre part, de la montée d’un concurrent potentiel portant le nom de Ahmed Ben Salah. Il décida de l’écarter alors qu’il était en mission au Maroc et de le remplacer par Ahmed Tlili. L’Uget interpréta cela comme une mainmise du nouveau pouvoir sur les organisations nationales. Aujourd’hui c’est l’UGTT, demain ça sera au tour de l’Uget!</p>



<p>Les étudiants affichèrent donc leur opposition à cette manœuvre de Bourguiba, qui n’accepta pas cette attitude. Lors d’un meeting à El-Mallassine, quartier populaire à la lisière de la médina, il tire à boulets rouges sur les étudiants.</p>



<p>Mohamed Sayah<sup> (3)</sup>, qui fut parmi ceux qui prirent position contre Bourguiba, dira que Hafedh Tarmiz était celui qui paya seul le prix d’une décision collective. En effet, pour l’historien Mohamed Dheifallah <sup>(4)</sup>, la crise entre le gouvernement et les étudiants se solda par la présentation de Hafedh Tarmiz comme un bouc émissaire.</p>



<p>Il faut dire que les étudiants savaient déjà que l’Uget garantissait l’accès à des postes importants. La concurrence pour le poste de secrétaire général de l’Uget était donc rude en disant devant les membres de l’organisation estudiantine qui lui sont très proches : <em>«Qui c’est ce Tarmiz, dites lui qu’il se taise sinon je vais le ‘tarmizer’ (نطرمزو)»</em> en pensant à ‘le tamiser’ (c’est-à-dire le filtrer et l’éliminer)!</p>



<p>Dans ce contexte, Tahar Belkhodja aurait joué un rôle dans la déchéance de Tarmiz.</p>



<p>D’après Hedi Baccouche <sup>(5)</sup>, juste après cet épisode, Belkhodja rendra compte de toutes les activités de Hafedh Tarmiz à Bourguiba lequel devint convaincu de la nécessité de son écartement. Cerise sur le gâteau car l’Histoire est écrite par les vainqueurs, Belkhodja supprimera le nom de Tarmiz des documents du 4<sup>e</sup> congrès de l’Uget, tenu au mois de juillet 1957 <sup>(6)</sup>. A ce propos, il avait déclaré dans son entretien avec Michel Camau et Vincent Geisser :<em> «Il est vrai que le secrétaire général qui m’a précédé, Hafedh Tarmiz, était attaché à la personne de Ben Salah. Mon élection au secrétariat général répondait à une volonté de préserver l’Uget du conflit. L’Uget&nbsp;soutenait l’UGTT mais pas forcément Ben Salah. Je n’étais pas&nbsp;‘‘le&nbsp;candidat du parti’’ qui avait d’ailleurs son propre candidat: Mohamed&nbsp;Amamou. Je fus élu pour sauvegarder l’indépendance de notre organisation estudiantine vis-à-vis du parti, tout en soutenant Bourguiba&#8230;»</em> <sup>(7)</sup>. Il ajouta&nbsp;: «Toutefois, Bourguiba ne pouvait pas laisser&nbsp;évoluer une organisation&nbsp;telle que la nôtre en dehors du ‘‘système’’. Prétextant l’inauguration de&nbsp;nos nouveaux locaux, il nous a rendu inopinément visite, le 8 juillet 1957,&nbsp;et scellé ainsi la réconciliation.» <sup>(8)</sup></p>



<p>Ce fut la fin de la vie politique de Tarmiz, le début de celle de Belkhodja. Mais, le pouvoir Bourguibien ne pardonnera pas à Tarmiz sa prise de position. Car Hédi Baccouche rapporte que même plus de dix ans après, lors de la crise de l’expérience socialiste, la police lui sortit un témoignage qualifié de stalinien selon lequel il fut, sa vie durant, avec Tarmiz et contre Bourguiba.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enseignant,&nbsp;l’opposant et le citoyen&nbsp;:</h2>



<p>A 25 ans, Hafedh Tarmiz fut écarté des premières lignes. Rentré au bercail, il se consacra à l’enseignement. Mais, il sera quand même élu au conseil municipal de sa ville natale plus d’une fois et il assurera la présidence du Stade Soussien (en 1964 et 1965).</p>



<p>Quand le socialisme trouvait encore écho, il fut nommé, en 1968, directeur d’administration centrale au secrétariat d’Etat de l’Education nationale sur ordre de son ancien professeur au Lycée de Sousse et ministre d’Etat, Ahmed Ben Salah. En juillet 1969, il fut décoré des insignes d’Officier de l’Ordre de la République. Toutefois, ce moment agréable ne va pas durer. En effet, suite à l’arrestation de <em>«l’architecte»</em>&nbsp;du coopérativisme des années soixante, le 9 septembre 1969, et son procès en mars 1970, Tarmiz se retire en silence du Néo- Destour (auquel il a adhéré depuis l’âge de 15 ans) et se consacre à l’enseignement et à la vie associative et culturelle à la Perle du Sahel.</p>



<p>Peu de temps après la fuite de Ahmed Ben Salah de la prison civile de Tunis en février 1973, Tarmiz s’entend bien avec les objectifs du Mouvement d’unité populaire (MUP) lancé par son ancien professeur depuis Paris, en mai 1973.</p>



<p>Devant le harcèlement de tous les sympathisants avec ce parti clandestin d’opposition au régime de Bourguiba (le procès célèbre de ses adhérents, entre juin et août 1977), il finit par se retirer définitivement de la scène politique et se contente d’évoluer au sein du syndicat de l’enseignement secondaire de Sousse.</p>



<p>D’octobre 1969 à 1992, il fut successivement professeur d’histoire-géographie au lycée de Garçons de Sousse, à l’Ecole normale d’instituteurs de Sousse et au lycée Cité Ezzahra (l’actuel lycée Abdelaziz El-Béhi), où il enseigna des générations d’élèves de Sousse et du Grand Sahel. A la fin de sa carrière professionnelle, il fut nommé directeur régional de l’Enseignement à Zaghouan jusqu’à son départ à la retraite en juillet 1992.</p>



<p>Retraité, Tarmiz restait chez lui où il se consacrait à sa petite famille, recevait des chercheurs en sciences sociales et politiques, des professeurs stagiaires…, qui préparaient leurs thèses ou mémoires pédagogiques, lisait, écrivait, allait au cinéma, voyageait et visitait ses amis et proches.</p>



<p>Lors de la préparation de ma thèse en histoire contemporaine sur <em>«L’élite tunisienne moderne&nbsp;: le cas des étudiants tunisiens de l’université française (1880-1956)»</em>, et au terme d’une série d’entretiens avec lui en 1998, il m’a confié ceci&nbsp;: <em>«Si nous, la génération des années 1930, on a milité pour l’émancipation de la Tunisie et l’autonomie des organisations nationales, la liberté d’opinion et d’expression, etc., vous</em> [la génération des années 1960 et 1970]<em>, vous êtes appelés à assurer la relève pour la sauvegarde de ces idéaux et principes nobles pour lesquels nous nous sommes battus, tout d’abord contre les autorités coloniales, puis contre le régime de Bourguiba et son parti unique…»</em>&nbsp;!</p>



<p>Hafedh Tarmiz décédera le 23 mai 2004 à l’âge de 73 ans. Aujourd’hui, une rue à Sousse sise à Sahloul porte son nom. Que son âme repose dans la paix éternelle et que Dieu tout puissant protège sa femme, ses enfants (Hasna, Assad et Emna), ainsi que leurs descendants.</p>



<p>S’il nous a quittés depuis une vingtaine d’année, ses bons souvenirs sont restés gravés à jamais dans la mémoire de sa petite famille, ses proches et tous ceux qui l’avaient connu de près ou croisé son chemin, ses amis et notamment ses élèves, qui lui sont tous redevables et dont je suis, car comme l’a dit Paul Valéry&nbsp;(1871- 1945) : <em>«Les bons souvenirs sont des bijoux perdus».</em> Ou encore Euripide, poète et homme de lettres grec&nbsp;(480- 406 avant J.-C.): <em>«Le temps n’efface pas la trace des grands hommes»</em>.</p>



<p><em>* Historien, université de Sousse.</em></p>



<p><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p><em>1- </em><em>حامد الزغل، جيل الثورة: ذكريات مناضل، سراس للنشر، تونس 2001.</em></p>



<p><em>2 &#8211; Mohamed Harbi, ‘‘Une vie debout’’, éditions La Découverte, Paris, 2001.</em></p>



<p><em>3- </em><em>المولدي الأحمر، محمد الصياح، الفاعل والشاهد، سراس للنشر، تونس 2012.</em></p>



<p><em>4- </em><em>محمد ضيف الله، الطلبة التونسيون ومخاضات الوطن في منتصف القرن العشرين، مكتبة تونس، تونس &#8211; 2016.</em></p>



<p><em>5 Hédi Baccouche, “En toute franchise”, Sud Editions, Tunis, 2018.</em></p>



<p><em>6 &#8211;</em><em>شهادة السيّد محمّد بلحاج عمر في مسيرة الاتحاد العام لطلبة تونس: شهادات بعض المؤسّسين والقياديين، سيمنارات الذاكرة الوطنية وتاريخ</em></p>



<p><em>الزمن الحاضر، مؤسسة التميمي، تونس 2010.</em></p>



<p><em>7 &#8211; Entretien réalisé&nbsp;par Michel Camau et Vincent Geisser en janvier 2002. <a href="http://www.habib-bourguiba.net/interview-tahar-belkhodja/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Transcription revue et corrigée par Tahar Belkhodja</a>. </em></p>



<p><em>8 &#8211; <a href="http://www.habib-bourguiba.net/interview-tahar-belkhodja/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ibid</a>.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/06/hommage-a-hafedh-tarmiz-vingt-ans-apres-sa-mort-1931-2004/">Hommage à Hafedh Tarmiz, vingt ans après sa mort (1931-2004)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Les trois décennies Bourguiba’’ : aux fondations d’un Etat pérenne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/03/les-trois-decennies-bourguiba-aux-fondations-dun-etat-perenne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Mar 2024 07:35:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Belkhodja]]></category>
		<category><![CDATA[Wassila Bourgiba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré toutes les critiques qu’on a pu faire contre Bourguiba, il demeure opportun de lui rendre justice pour avoir créé un Etat qui a tenu la route. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/03/les-trois-decennies-bourguiba-aux-fondations-dun-etat-perenne/">‘‘Les trois décennies Bourguiba’’ : aux fondations d’un Etat pérenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce livre du grand commis de l’Etat tunisien qu’a été incontestablement Tahar Belkhodja a le mérite de fixer la mémoire des ou d’événements importants qui ont émaillé l’ère Bourguiba et de révéler le fonctionnement du pouvoir de l’époque vu de l’intérieur par l’un de ses acteurs situé aux premières loges. C’est dire l’importance du document.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-11852296"></span>



<p>Inévitablement, si la réalité des faits décrits ne souffre en règle aucune discussion, on ne sera pas forcément d’accord sur l’interprétation qui en est faite. Mais on n’en fera aucun reproche à l’auteur, acteur engagé dont le livre a de surcroît été publié durant l’époque de Ben Ali, douze années après la chute de Bourguiba. C’est dire que l’ouvrage obéissait à des nécessités politiques autres que celle de l’époque traitée. Ce n’est donc pas un hasard si le Bourguiba qu’on y découvre, n’est pas du tout&nbsp;celui que le public de son pays avait eu l’habitude de percevoir à travers la radio et la télévision, un homme infaillible sachant vers quelle brillante destinée il conduisait son pays. Tout au contraire, on était en présence d’un président soumis le plus souvent à l’influence de son entourage dont au mieux de sa forme il étudiait les idées pour ne retenir que celles qui lui paraissaient les plus pertinentes, tout en se les appropriant.</p>



<p>Naturellement l’auteur s’est attribué une responsabilité non négligeable dans des décisions bénéfiques prises par son président, à des moments cruciaux et cela indépendamment du rôle qu’il a prétendu avoir joué dans les entretiens de Rambouillet puis dans la crise de Bizerte dont il semble avoir rejeté la responsabilité&nbsp;d’une manière partagée sur Bourguiba et De Gaulle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une grande habileté politique à l’œuvre</h2>



<p>En réalité, Bourguiba était d’autant plus dans son droit d’exiger l’évacuation d’une partie de son pays encore occupée, que ses opposants, à commencer par Salah Ben Youssef, s’en servaient pour le vilipender en tant qu’agent de la France. Le problème est que De Gaulle au moment d’évacuer l’Algérie a trouvé à Bizerte un exutoire à l’amertume de l’armée française  qui s’était rebellée quelques mois auparavant.</p>



<p>Pour aborder un autre sujet impliquant l’auteur, en l’occurrence la fin de l’expérience collectiviste et la chute de Ahmed Ben Salah en 1969, leur nécessité se serait imposée lors d’un voyage de Bourguiba en Afrique de l’Ouest en 1966 et la révélation au Sénégal du différend qui faillit connaître un prolongement dramatique entre le président Senghor et son premier ministre Mamadou Dia au sujet de la politique socialiste suivie.</p>



<p>On a peine à croire, connaissant Bourguiba, que les pays africains de la zone CFA eussent pu constituer une source d’inspiration pour lui, même par le biais d’un ambassadeur hostile au socialisme. En réalité, il comprit qu’il pourrait compter sur ce dernier pour rogner sur les pouvoirs de son super ministre Ahmed Ben Salah, avant de le réduire. Tahar Belkhoja après avoir été rappelé de Dakar pour se voir confier l’inspection générale des entreprises de l’Etat puis la direction de la sûreté nationale, fut celui qui se procura le fameux rapport européen révélant l’état calamiteux de l’économie et des finances tunisiennes et démentant toutes les données statistiques sur la réussite de l’expérience socialiste fournies par son promoteur; il joua ainsi un rôle décisif dans sa déchéance.</p>



<p>Cela esquisse évidemment un tableau différent des motivations ayant poussé Bourguiba à mener le pays sur la voie du socialisme. En réalité, beaucoup de leaders issus de la décolonisation s’y sont engagés plus ou moins à commencer par le plus anglophile parmi tous, Nehru.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="f8RHbfVL2P"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/18/tunisie-le-proces-des-responsables-des-evenements-du-26-janvier-1978/">Tunisie : ‘‘Le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978’’</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : ‘‘Le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978’’ » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/18/tunisie-le-proces-des-responsables-des-evenements-du-26-janvier-1978/embed/#?secret=VhMeApE1HA#?secret=f8RHbfVL2P" data-secret="f8RHbfVL2P" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Bourguiba avait toutes les raisons de chausser les bottes de Tito, le président yougoslave, promoteur d’un socialisme national, afin de couper l’herbe sous les pieds des unionistes arabes de Nasser et du Baath dont la devise était <em>«Liberté, socialisme, union»</em>, de ne pas donner à l’Algérie socialiste prétexte à empiètement, de neutraliser les groupes gauchisants locaux tels celui de <em>«Perspectives»</em>, et surtout de garder sous contrôle le syndicat UGTT dont on préférait le voir confier au rugueux mais&nbsp; limité Habib Achour qu’à <em>«l’intellectuel»</em> Ahmed Ben Salah, nettement plus dangereux.</p>



<p>Or après la guerre de Juin 1967 et l’implosion de l’idéologie panarabiste, suivie en 1968, en Tchécoslovaquie, par la tentative d’instaurer un socialisme humain, écrasée par les chars soviétiques, la sortie du socialisme était devenue certainement une nécessité autant aux yeux de Bourguiba que ceux de Ahmed Mestiri, ce dernier se voyant probablement jouer le rôle d’un Alexander Dubcek, le leader communiste tchécoslovaque, dans la démocratisation du régime. On a vu ce qu’il en fut finalement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;homme de Bourguiba, et de Wassila</h2>



<p>Tout cela a simplement été détaillé pour démontrer que là où Bourguiba était perçu par l’auteur du livre comme un leader prisonnier de son entourage et ne&nbsp;sachant pas ce qu’il voulait, il y avait en réalité une grande habileté politique à l’œuvre, manipulant autant les collaborateurs ambitionnant à lui succéder que leurs opposants, les jouant les uns contre les autres pour finalement s’en débarrasser.</p>



<p>Plus encore, Bourguiba réussit à semer la discorde entre les pays voisins hégémonistes, plus riches et plus puissants, en accordant à l’un ce qu’il refusait à l’autre, l’union, puis en y renonçant, et plus que tout, en en rejetant la responsabilité sur la guerre de succession, dont bon an mal an, l’auteur fut un participant, et semble-t-il pas à son corps défendant.&nbsp;</p>



<p>Il est à cet égard curieux que lors de la fuite de prison d’Ahmed Ben Salah, qu’il fut le premier à apprendre à Genève alors qu’il y était ambassadeur, son premier reflexe fût d’en prévenir&#8230; Wassila, la femme du Président. Tahar Belkhodja fut-il un homme de la <em>«présidente»</em>? Cela importe peu ! Bourguiba en réalité se partageait les rôles avec Wassila, et là où il fut le Yin, elle fut le Yang. Et ce n’est pas un hasard si sa chute survint&nbsp;lorsqu’il ne l’eût plus auprès de lui pour lui faire toucher terre. Si donc Tahar Belkhoja fut un homme à Wassila, il fut aussi à son insu celui de Bourguiba.</p>



<p>Une autre énigme demeure relativement au voyage privé de l’auteur à Nice en décembre 1977 alors que le conflit avec le syndicat s’aggravait, donnant ainsi l’opportunité à Hédi Nouira de le destituer<em> «in absentia»</em> avec l’accord inévitable de Bourguiba. On crut qu’il s’était enfui mais il revint immédiatement pour s’expliquer; en vain !&nbsp;Et si encore on pouvait entretenir un doute raisonnable sur les motivations du Premier ministre se débarrassant de son ministre de l’Intérieur d’une manière si peu cavalière, la démission en cascade de ses collègues en signe de solidarité démontrèrent où se situait leur véritable allégeance, à un moment crucial pour le pays.</p>



<p>On veut bien croire que les professions de foi de Belkhodja en faveur d’une libéralisation et d’une démocratisation du régime ainsi que de la recherche d’une solution pacifique au conflit avec le syndicat fussent sincères. Dans ces conditions, en accord avec lui-même et ses convictions, il eût été plus opportun qu’il démissionnât de lui-même ainsi que l’avait fait Ahmed Mestiri. Quelques années après, il revint en tant que ministre sans que le régime n’eût démontré aucune velléité de libéralisation politique. Ainsi M. Belkhodja fut ce libéral démocrate qui à ses risques et périls ne servit jamais dans des gouvernements en accord avec ses propres convictions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une œuvre qui a résisté au temps</h2>



<p>En conclusion, l’un des grands mérites du livre est peut être inconsciemment d’avoir fourni une explication logique à l’union tuniso-libyenne de Djerba d’octobre 1974, attribuée à un coup de folie d’un leader sur le déclin, alors qu’en réalité le sommet tuniso-algérien du Kef de février 1973 la justifiait&nbsp; pleinement.</p>



<p>Si l’auteur fut un homme important dépositaire de nombreux secrets, souvent <em>«dans le coup»</em> comme on dit trivialement, et qui rendit certainement des services éminents à son pays, le fait qu’il eût été<em> «dans la politique»</em> n’implique nullement qu’il fût un homme politique en dépit des hautes responsabilités qui lui furent confiées. Il subit en effet plus souvent les décisions qu’il ne les prît. Il ne semble par&nbsp;ailleurs pas avoir pris la pleine mesure des événements dont il fut l’acteur ou le témoin, mais c’est là affaire d’appréciation personnelle. Et il se perdit parfois dans des détails inutiles; il importe en effet peu que Bourguiba ait appris l’équitation chez Edgar Faure avant le 1<sup>er</sup> juin 1955 pour rééditer en mieux le retour du Cheikh Abdelaziz Thaalbi, que, obsédé par l’éternité, il ait désiré connaître les secrets de l’embaumement de la momie de Lénine chez les Soviétiques, ou qu’il soit allé en Turquie pleurer sur le tombeau de Hannibal et exiger le transfert de ses cendres en Tunisie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="F5n4x7AoCy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/18/une-revolution-en-pays-dislam-la-tunisie-entre-insurrection-et-involution/">‘‘Une révolution en pays d’islam’’: la Tunisie entre insurrection et involution</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Une révolution en pays d’islam’’: la Tunisie entre insurrection et involution » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/18/une-revolution-en-pays-dislam-la-tunisie-entre-insurrection-et-involution/embed/#?secret=A26Ufx4I2z#?secret=F5n4x7AoCy" data-secret="F5n4x7AoCy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Malgré toutes les critiques qu’on a pu faire contre l’ancien président tunisien, il demeure opportun de lui rendre justice: l’Etat qu’il a créé en se servant alternativement ou simultanément des ambitions égoïstes de ses amis et de ses ennemis&nbsp;a résisté après lui au temps en affrontant avec succès l’ouragan du Printemps Arabe alors que les projets politiques concurrents se sont révélés n’être que d’éphémères châteaux de cartes balayés par les vents de l’Histoire. Parmi tous, il demeure celui qui en voyant loin et juste aura su préserver le peuple de son pays des aventures sans retour.<em></em></p>



<p><em>‘<strong>‘Les trois décennies Bourguiba’’, de Tahar Belkhodja, éditions Arcantères &#8211; Publisud, Paris 1998, 286 pages. </strong></em></p>
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		<title>Bientôt, colloque à Beit Al-Hikma : «Bourguiba le fondateur»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/23/bientot-colloque-a-beit-al-hikma-bourguiba-le-fondateur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2023 07:43:04 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Slaheddine Ferchiou]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Belkhodja]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Beit Al-Hikma organise un colloque international sur Bourguiba, le fondateur de l'Etat tunisien moderne. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/23/bientot-colloque-a-beit-al-hikma-bourguiba-le-fondateur/">Bientôt, colloque à Beit Al-Hikma : «Bourguiba le fondateur»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts (Beit al-Hikma), et l’Association des études bourguibiennes organisent un colloque international intitulé «Bourguiba le fondateur», du 1<sup>er</sup> au 3 juin 2023 </em></strong></p>



<span id="more-8021817"></span>



<p>Ce colloque s’inscrit dans la continuité d’un ambitieux projet, dont la première pierre remonte au colloque intitulé <em>«Habib Bourguiba, le réformateur»</em>, organisé par les 1<sup>er</sup>&nbsp;et 2 juin 2022.</p>



<p>Cette année, les Archives nationales de Tunisie rejoignent les deux institutions et assignent pour objectif à ce colloque de faire connaître au grand public le père fondateur de la première république en Tunisie, souveraine, moderne et respectée dans le concert des nations. Mais cette vision de la Tunisie, chère à Bourguiba, ne peut occulter les griefs de ses détracteurs qui lui reprochaient son culte de la personnalité, son autoritarisme, son règne sans partage, durant trente ans, d’un président à vie.</p>



<p>Les travaux de ce colloque ambitionnent de porter un regard distancié sur l’héritage politique et la personnalité controversés de Bourguiba. Cette lecture critique du Bourguibisme est un devoir de mémoire, non seulement envers les générations passées, mais aussi envers les générations présentes et futures&nbsp;: envers la Tunisie, en somme. Et cette lecture ne saurait être probante ni édifiante sans la rationalisation des sentiments voués à Bourguiba, vénéré par certains, haï par d’autres.</p>



<p>Une analyse plus objective et plus juste de l’œuvre politique fondatrice de Bourguiba, loin des stéréotypes, pourrait fournir des outils nécessaires au salut de la Tunisie d’aujourd’hui et de demain. L’étude des faits du passé dans leur contexte est en mesure de cristalliser les raisons et les bases de cette tunisianité spécifique qui a forgé l’identité nationale tunisienne.</p>



<p>Pour brosser le portrait fidèle de cette figure emblématique de l’histoire contemporaine de la Tunisie, certains compagnons de route de Bourguiba ont accepté de lever le voile sur des aspects méconnus de sa personnalité, sur sa vision rêvée pour la Tunisie, sur des secrets du sérail et des anecdotes… Parmi ces compagnons, Foued Mebazâa, Mohamed Ennaceur, Tahar Belkhodja, Slaheddine Ferchiou ou encore Hamed Zeghal. Mais aussi, des témoignages de ceux qui se sont opposés à Bourguiba, notamment Ahmed Smaoui.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ekiyZGtmOh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/18/habib-bourguiba-et-salah-ben-youssef-devant-le-tribunal-de-lhistoire/">Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef devant le tribunal de l’Histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef devant le tribunal de l’Histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/18/habib-bourguiba-et-salah-ben-youssef-devant-le-tribunal-de-lhistoire/embed/#?secret=jcmPdb23ya#?secret=ekiyZGtmOh" data-secret="ekiyZGtmOh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les travaux de ce colloque international, qui se tiendra à Beit Al-Hikma les 1<sup>er</sup> et 2 juin et au siège des Archives nationales de Tunisie le 3 juin, réuniront un florilège d’intervenants tunisiens et étrangers qui débattront du rôle et de l’impact du leadership personnel et politique de Bourguiba dans la construction de la Tunisie post-indépendance. Les conférenciers tunisiens sont, à titre indicatif, Mahmoud Ben Romdhane, président de l’Académie Beit Al-Hikma), Ahmed Ounaies, président de l’Association des études bourguibiennes, les académiciens Elyes Jouini et Mohamed Kerrou, l’ancien directeur de la Radio nationale Abdelaziz Kacem, l’historien Noureddine Dougui, le dramaturge et comédien Raja Farhat, Kalthoum Meziou, académicienne, Dr Saida Douki, psychiatre ayant accompagné Bourguiba durant les derniers jours de sa vie.</p>



<p>Les conférenciers étrangers comptent le journaliste Bertrand Le Gendre, auteur du livre ‘‘<em>Bourguiba</em>’’ paru en 2019, l’historienne et journaliste franco-tunisienne Sophie Bessis, co-auteure d’une biographie sur Bourguiba. Seront également présents une pléiade d’universitaires de renom dont le professeur en études libérales et science politique James E. Miller (Université de Chicago), le professeur en sciences politiques à l’Université du Texas Clement Henry Moore, ou encore William Granara, professeur spécialisé en littérature et histoire de la Méditerranée arabe à l’Université de Harvard.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tY8w4t5hrK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/07/bloc-notes-habib-bourguiba-ombres-et-lumieres-1-2/">Bloc-notes : Habib Bourguiba, ombres et lumières (1/2)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes : Habib Bourguiba, ombres et lumières (1/2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/07/bloc-notes-habib-bourguiba-ombres-et-lumieres-1-2/embed/#?secret=kpDKpWpCOA#?secret=tY8w4t5hrK" data-secret="tY8w4t5hrK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/23/bientot-colloque-a-beit-al-hikma-bourguiba-le-fondateur/">Bientôt, colloque à Beit Al-Hikma : «Bourguiba le fondateur»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : décès de Ahmed Bennour, l’ancien rival de Ben Ali</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/23/tunisie-deces-de-ahmed-bennour-lancien-rival-de-ben-ali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Jul 2022 09:08:14 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Abou Jihad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ahmed Bennour, l’ancien directeur de la sûreté nationale sous le régime de Bourguiba, est décédé aujourd’hui, samedi 23 juillet 2022.  </p>
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<p><strong><em>Ahmed Bennour, l’ancien directeur de la sûreté nationale sous le régime de Bourguiba, est décédé aujourd’hui, samedi 23 juillet 2022.  </em></strong></p>



<span id="more-2452756"></span>



<p>Le défunt était l’un des piliers du régime de Bourguiba. Discret et efficace, il a fait l’essentiel de sa carrière dans l’administration publique et notamment les ministères de la Défense et de l’Intérieur.</p>



<p>Adjoint de Tahar Belkhodja lorsque ce dernier était directeur de la Sûreté nationale entre juin 1967 et décembre 1968 avant d’être limogé et incarcéré avec lui sur la base d’accusations mensongères dans le cadre des luttes intestines pour la succession de Bourguiba malade.   </p>



<p>Il reprendra du service peu de temps après en devenant gouverneur de Sousse, avant d’être nommé, en janvier 1974, secrétaire d&rsquo;État auprès du ministre de la Défense dans le gouvernement Mohamed Mzali.</p>



<p>En 1983, il est nommé secrétaire d&rsquo;État auprès du ministre de l&rsquo;Intérieur chargé de la Sûreté nationale, et eut, peu de temps après, sous sa tutelle, un certain Zine El-Abidine Ben Ali. Les relations entre les deux hommes seront orageuses et le défunt en paiera les frais après l’ascension fulgurante de celui qui deviendra, coup sur coup, en quelques mois seulement, ministre de l’Intérieur, Premier ministre puis président de la république, après la destitution de Bourguiba, le 7 novembre 1987.</p>



<p>Voyant venir des représailles imminentes, Ahmed Bennour ne tardera pas partir en exil à Paris où il restera jusqu’à la chute de son rival de toujours le 14 janvier 2011. </p>



<p>Entre-temps, en 1994, Ben Ali cherchera à faire accréditer, à travers les médias à sa solde, la thèse de l’implication de l’ancien secrétaire d&rsquo;État à la Sûreté nationale dans l’assassinat du dirigeant de l’OLP Khalil al-Wazir, alias Abou Jihad, tué par des agents du Mossad, le service secret israélien, le 16 avril 1988, à sa résidence à Tunis. </p>



<p>En décembre 2013, Ahmed Bennour portera plainte contre le président provisoire Moncef Marzouki pour avoir repris cette accusation mensongère dans son fameux <em>Livre noir</em>.</p>



<p>La dernière apparition politique du défunt remonte à 2014, lorsqu’il rejoint le parti Nida Tounes fondé en 2012 par Béji Caïd Essebsi.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.  </strong></p>
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		<title>Ahmed Ounaïes succède à Tahar Belkhodja à la tête de l&#8217;Association des études bourguibiennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Oct 2021 10:59:53 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmajid Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ounaïes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Association des études bourguibiennes (AEB), fondée en 2013 par les fidèles parmi les fidèles, est initialement présidée par Dr Amor Chadli auquel succédait, à son décès, Tahar Belkhodja. A la mi-août, Tahar Belkhodja confiait la présidence à Ahmed Ounaïes qui, en acceptant la mission, recueillait l’agrément des membres du bureau. Le mois suivant, le nouveau...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Tahar-Belkhodja-Ahmed-Ounaies.jpg" alt="" class="wp-image-365030"/><figcaption><em>Tahar Belkhodja / Ahmed Ounaies.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>L’Association des études bourguibiennes (AEB), fondée en 2013 par les fidèles parmi les fidèles, est initialement présidée par Dr Amor Chadli auquel succédait, à son décès, Tahar Belkhodja. A la mi-août, Tahar Belkhodja confiait la présidence à Ahmed Ounaïes qui, en acceptant la mission, recueillait l’agrément des membres du bureau.</em></strong></p>



<span id="more-365027"></span>



<p>Le mois suivant, le nouveau bureau tenait sa première réunion. Raja Farhat, le secrétaire général, reste volontiers dans l’équipe avec ses compagnons Abdelmajid Karoui et Salem Kilani. Les nouveaux membres sont Fawzia Charfi, Rabaa Ben Achour, Souhayr Belhassen, Abdelaziz Kacem et Salem Mansouri. Tahar Belkhodja et Dr Amor Chadli sont proclamés présidents d’honneur.</p>



<p>Le 6 avril prochain, date du décès de l&rsquo;ancien président en 2000, sera l’occasion, pour le nouveau bureau, de célébrer la mémoire du leader Habib Bourguiba.</p>
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		<title>Tunisie : Les dessous de l&#8217;alliance «historique» entre les destouriens et les islamistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2021 13:41:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis dix ans les anciens hauts fonctionnaires des administrations de Bourguiba et de Ben Ali publient des tribunes dans les médias pour vilipender, conspuer et dénoncer les islamistes. Ils le font sans se poser la question centrale : pourquoi et comment avait émergé le mouvement en Tunisie et quel est leur degré de responsabilité dans...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Rached-Ghannouchi-Mohamed-Mzali-et-Said-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-360473"/><figcaption><em>Rached Ghannouchi, Mohamed Mzali et Said Ferjani. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Depuis dix ans les anciens hauts fonctionnaires des administrations de Bourguiba et de Ben Ali publient des tribunes dans les médias pour vilipender, conspuer et dénoncer les islamistes. Ils le font sans se poser la question centrale : pourquoi et comment avait émergé le mouvement en Tunisie et quel est leur degré de responsabilité dans cette histoire? Ont-ils oublié que le congrès du Néo-Destour de 1971 à Monastir avait scellé une alliance malsaine avec les islamistes pour contrer «les gauchistes»? </em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-360467"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Depuis l&rsquo;indépendance, nous sommes dans un pays où les flagorneurs, avec leur éloquence indécente, tiennent le haut du pavé avec un discours sur la modernité et le progressisme bourguibien.</p>



<p>A partir de 1955, l&rsquo;ancien président Habib Bourguiba avait décrété que la Tunisie indépendante&nbsp; serait progressiste et moderniste. Sauf que le <em>«Combattant Suprême» </em>avait importé une modernité sans sa colonne vertébrale, à savoir la démocratie.</p>



<p>La modernité et le progressisme européens ne sont pas des biens marchands, mais un long processus qui a <em>«mijoté»</em> à partir du XVIe siècle.</p>



<p>Quatre siècles qui avaient été secoués par une série de révolutions, à commencer par le protestantisme jusqu&rsquo;aux révolutions américaine et française et le renforcement des pouvoirs de la Chambre des Communes au Royaume-Uni. La modernité avait aussi été marquée par la renaissance d&rsquo;une culture scientifique et artistique sans précédent, que ce soit dans la littérature, le théâtre ou la musique et la peinture. Même s&rsquo;il avait perdu la bataille de Waterloo, Napoléon donna le Code civil qui sera le document à l&rsquo;origine de la nouvelle citoyenneté dans le monde du XIXe siècle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La modernité bourguibienne n&rsquo;a pas tenu ses promesses </h3>



<p>Soyons clairs et brefs: la modernité, ce sont d&rsquo;abord la démocratie, la nouvelle citoyenneté conquise en Europe à partir du XIXe siècle, les droits sociaux des travailleurs, le respect des libertés publiques et des institutions politiques crédibles, sans oublier une économie viable.</p>



<p>Nous avions, comme l&rsquo;avait écrit Malika Zghal, professeur à Harvard, «<em>un État importé»</em> et <em>«une modernité importée»</em>.</p>



<p>A quoi servaient un parlement, une Cour constitutionnelle,&nbsp;un Conseil d&rsquo;État, ou un Conseil supérieur de la magistrature sous Bourguiba? A rien, puisque l&rsquo;ancien président décidait de tout, même du verdict de certains procès.&nbsp;</p>



<p>Nous vivions dans un décorum étatique et républicain presque factice et artificiel. Et c&rsquo;est à partir des années 1970 que les islamistes avaient commencé à apercevoir les fissures du <em>«système»</em> bourguibiste.&nbsp;</p>



<p>N&rsquo;oublions pas que l&rsquo;ancien président avait déclaré, au début des années 1960 à la télévision&nbsp; française : <em>«Le système, c&rsquo;est moi»</em>.</p>



<p>Durant ces années et après l&rsquo;échec de du collectivisme, soutenu massivement par l&rsquo;UGTT, la pauvreté rurale était endémique. La famine avait frappé très violemment les régions intérieures, surtout celles du centre et le sud du pays. Un délégué (sous-gouverneur) a failli être molesté par ses supérieurs parce qu&rsquo;il avait ouvert les portes du dépôt alimentaire étatique à la population affamée de sa ville. Pas un mot dans les médias et ni au sein du Néo-Destour.</p>



<p>C&rsquo;est vrai que les paysans étaient et le sont, jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui, très discrets sur leur pauvreté et leur misère.</p>



<p>Cette situation était du pain béni pour les islamistes. On avait vu fleurir les associations de <em>«Sauvegarde du Coran»</em>, parade derrière laquelle un discours plus radical était à l’œuvre.</p>



<p>Les pauvres, les laisser-pour-compte et les chômeurs désespérés avaient trouvé leur valeur-refuge. Cette modernité parachutée par l&rsquo;élite bourguibiste n&rsquo;avait pas tenu ses promesses d&rsquo;intégration sociale, ni au niveau politique, ni au niveau économique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les islamo-destouriens du «Combattant Suprême»&nbsp;</h3>



<p>Et vint le congrès historique du Néo-Destour de Monastir en 1971. Un congrès houleux où Bourguiba refusa catégoriquement, malgré l&rsquo;insistance de ses plus fidèles amis et parents, toute élection interne au sein des instances du parti. Quel moderniste et quel progressiste notre <em>«Combattant Suprême»&nbsp;</em>!</p>



<p>Ce congrès de Monastir sera salutaire pour les associations islamistes. C&rsquo;est la naissance des Islamo-destouriens : les premiers sont au nombre de trois : le député Youssef Rouissi, l&rsquo;ingénieur Béchir Sediki, et la professeure de philosophie Hind Chelbi, tous membres du Néo-Destour. Ils avaient demandé au régime d&rsquo;avoir aussi des références islamiques dans son action politique et culturelle. Timidement, on avait commencé à installer des salles de prière dans les usines, les entreprises et même dans les lycées, comme le lycée Alaoui à Tunis en 1974 et dont le proviseur était un certain M. Bouden&#8230;</p>



<p>Dire que c&rsquo;est l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Education nationale et Premier ministre Mohamed Mzali (1980-1986) était le chef d&rsquo;orchestre de ces choix, c&rsquo;est faux et mensonger. C&rsquo;est vrai que M. Mzali avait obtenu l&rsquo;amnésie de Bourguiba pour des détenus du nouveau Mouvement de tendance islamiste (MTI) et avait annulé la circulaire interdisant le hijab. Ces <em>«orientations»</em> étaient dictées par&nbsp;le congrès de Monastir. Explication de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Intérieur Tahar Belkhodja (1973-1977) publié par l&rsquo;Institut Bourguiba : <em>«La décision a été prise au niveau du bureau politique du PSD. Nous estimions que nous pouvions les utiliser – les islamistes –. Nous avions créé l&rsquo;association pour la Sauvegarde du Coran. Nous avions réparti également les diplômés de la faculté de théologie – Zitouna – dans les collèges et les lycées»</em>. Rached Ghannouchi et Abdelafattah Mourou avaient portes ouvertes dans les salons de la république.</p>



<p>Tahar Belkhodja reconnaît que la revue des islamistes<em> «Al Maarifa»</em> (<em>«La Connaissance et la société»</em>) était imprimée sur les rotatives de la Sagep, une société dépendant du PSD.</p>



<p>Quand au premier bureau de Ghannouchi à Tunis, proche de l&rsquo;avenue Habib Thameur, c&rsquo;était un modeste cadeau de Mohamed Sayah, ancien directeur du PSD et historien officiel de Bourguiba.&nbsp;</p>



<p>Dans son livre d&rsquo;entretien accordé à Mohamed Kerrou et dont le titre est <em>«Notre histoire»</em>, Habib Bourguiba Junior avait exprimé tout sa désapprobation de la stratégie du parti de son père : <em>«Il y a eu, en Tunisie, à un certain moment, un laisser-faire pour contrer la montée de la gauche. Mis, je considère que c’était une erreur».</em></p>



<p>Nos chers modernistes et progressistes, dans les années 1972-73-74, après les procès des Perspectivistes et des gauchistes, les militants démocrates étaient chassés manu militari des cafés de l&rsquo;avenue Bourguiba et de l&rsquo;avenue de Paris et ils s&rsquo;étaient réfugiés dans les cafés de la vieille médina et Bab Souika. La bande de Rached Ghannouchi règnait sur le centre-ville et au campus universitaire. A l&rsquo;âge d&rsquo;or du théâtre populaire tunisien – il y avait une troupe par quartier –, 10 pièces de théâtre ont été censurées entre 1972 et 1973&#8230; Les <em>«théâtreux»</em> de l&rsquo;époque aimaient beaucoup Berthold Brecht, <em>«un dangereux communiste»</em> pour les <em>«âmes pures»</em> du bourguibisme. Le film <em>«Sacco et Vanzetti»</em> a eu droit à une seule projection aux JCC, renvoyez la bobine à l&rsquo;expéditeur, SVP&nbsp;! La programmatrice qui avait diffusé, en 1983, le film <em>«Missing»</em>, un film qui dénonçait la dictature de Pinochet, avait été suspendue un mois de la télévision publique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">1978 : le pacte Ben Ali-Ghannouchi</h3>



<p>Nommé directeur de la sûreté générale après les émeutes sanglantes du <em>«Jeudi noir»</em> en 1978, Zine El Abidine Ben Ali, invita, dès les premiers jours de la prise de ses fonctions au ministère de l&rsquo;Intérieur, Rached Ghannouchi, pour boire un café ensemble. Le futur dirigeant du MTI et&nbsp; d&rsquo;Ennahdha ne toucha pas à sa tasse de café. Réaction de Ben Ali : <em>«Crois-tu que je vais t&#8217;empoisonner dans mon bureau?»</em></p>



<p>On pourrait facilement imaginer ce qu&rsquo;a dit le futur président de la république au futur président de l&rsquo;ARP : <em>«Nous avons deux ennemis communs, les gauchistes et l&rsquo;UGTT, mettons-nous au travail&#8230;» </em>Leurs voies se décroiseront dès qu&rsquo;il prit le pouvoir en 1987, avant de se croiser de nouveau peu de temps avant sa chute, le 14 janvier 2011, tournant qui annonça la prise du pouvoir dans le pays par les islamistes. </p>



<p>Le fruit amer de cette alliance (tactique, calculée ou provisoire ou tout cela à la fois ?), nous y goûtons encore ici et maintenant.</p>



<p>* <em>Ancien journaliste tunisien basé à Paris.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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			</item>
		<item>
		<title>Témoignage : Trois jours pleins avec Bourguiba à Monastir</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/14/temoignage-trois-jours-pleins-avec-bourguiba-a-monastir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Dec 2020 07:30:05 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Loghmani]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Larbi Haouat]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Rached Hamzaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Monastir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Habib Bourguiba : Le combattant suprême 1903 – 2000’’ est le titre d’un nouvel ouvrage consacré à l’ancien président tunisien, écrit par Mohamed Larbi Haouat et publié par le Centre culturel du livre, à Casablanca, Maroc. Nous en reproduisons, en guise de bonnes feuilles, ce témoignage personnel de l’auteur sur l’intérêt que Bourguiba accordait au...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/03/Habib-Bourguiba.jpg" alt="" class="wp-image-41745"/></figure>



<p><strong><em>‘‘Habib Bourguiba : Le combattant suprême 1903 – 2000’’ est le titre d’un nouvel ouvrage consacré à l’ancien président tunisien, écrit par Mohamed Larbi Haouat et publié par le Centre culturel du livre, à Casablanca, Maroc. Nous en reproduisons, en guise de bonnes feuilles, ce témoignage personnel de l’auteur sur l’intérêt que Bourguiba accordait au contact direct avec les gens et notamment avec les jeunes.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Larbi Haouat</strong> *</p>



<span id="more-328032"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/12/Mohamed-Larbi-Haouat.jpg" alt="" class="wp-image-328033"/></figure></div>



<p>Le poète Ahmed Loghmani produisait et dirigeait l’émission des passionnés de la littérature: <em>«Houwet al Adab»</em> à la radio nationale à Tunis, qui s’employait à détecter les jeunes talents nouvellistes, romanciers et poètes. Loghmani a pris l’initiative de tenir une rencontre des <em>« jeunes pousses »</em> pour nouer des contacts et assurer de fructueux échanges. Bourguiba était fan de l’émission, il a invité les participants au Palais présidentiel Skanès à Monastir. Et par une chance inouïe, j’étais le plus jeune parmi les participants! Trois jours pleins avec le chef de l’État au Palais était un exploit remarquable. En effet, mon jeune âge a attiré l’attention du président, il a tenu à ce que je me présente à lui. Il m’a demandé les nouvelles des familles: Abaab, Chandoul, Grissiaa… J’ai eu l’impression qu’il connaissait ma ville, Ben Gardane, comme sa poche!</p>



<p>Le lendemain, l’organisateur m’a placé à sa table pour le déjeuner. Au menu, il y avait du poisson. Mon nom Haouat signifiait en arabe le poissonnier, le président me demandait alors avec un sourire éclatant et des yeux brillants de joie: &#8211; J’espère que vous aimez le poisson, (Si) Haouat! &#8211; Bien sûr, Monsieur le Président. &#8211; Très bien, alors bon appétit à tous…</p>



<p>Au début, cela m’a paru surprenant! Je me suis demandé, comment il avait retenu mon nom si vite, mais j’ai constaté par la suite, qu’il retenait les noms de la majorité des présents! Ainsi, j’ai senti, que Bourguiba n’était pas une personne ordinaire, c’était un homme très distingué, un homme d’exception! Il jouissait bien d’une mémoire d’éléphant! Et par son aimable hospitalité très chaleureuse, il nous a donné l’impression que chacun de nous était son invité spécial! Trois jours durant, le chef d’État s’est tenu entièrement à l’écoute, au dialogue, à la réflexion, aux commentaires et aux recommandations pertinentes. C’était un moment remarquable et inoubliable, il a réussi vraiment à créer une bonne ambiance de travail très agréable: le professeur Mohamed Rached Hamzaoui présentait une critique à une jeune fille, suite à la lecture de sa nouvelle. Mais sa critique n’était rien d’autre que des louanges et des compliments sincères. Bourguiba fut enchanté et pour marquer sa satisfaction, il interpella le professeur avec le sourire habituel, en lui disant: <em>«Mais, je ne comprends pas, c’est une critique ou une déclaration d’amour?»</em> Et tous les participants ont applaudi l’humour du chef de l’État!</p>



<p>Mon ami Tahar Belkhodja, ministre de l’intérieur au temps de Bourguiba, et auteur du livre<em> ‘‘Les trois décennies Bourguiba’’</em>, m’a suggéré de rapporter cette anecdote, en témoignage que Bourguiba a été un homme de contact, ouvert au dialogue direct sans intermédiaire, sympathique, souple dans ses relations avec autrui. Il avait une vivacité intuitive d’esprit. C’est un symbole unique en son genre. N’importe qui, pourra s’apercevoir très vite de son amour sacré pour sa patrie, et de sa jeunesse qui représentait l’avenir de la Tunisie.</p>



<p><em>* Docteur d’état en relations internationales et stratégiques. Il a été chercheur au Centre d&rsquo;études et de recherches sur les conflits et les stratégies de la Sorbonne (CERCS), devenu, Centre de Philosophie de la Stratégie (CPS), chercheur associé à l’Académie géopolitique de Paris (AGP) et membre de jury de l&rsquo;ENSAM à Sorbonne Nouvelle Paris III). Mohammed Larbi Haouat est le lauréat du Prix des Sciences morales et politiques 2006 de la Fondation Prince Louis de Polignac.</em></p>
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		<title>In memoriam : Ahmed Ben Salah, le réformateur et l’homme d’Etat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2020 14:14:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un pan de l’histoire de la Tunisie postcoloniale disparaît avec le décès de Ahmed Ben Salah, ce grand homme politique, qui fût assurément le plus grand réformateur de l’histoire de la république. Par Dr Mondher Azzouzi * Une très grand partie des Tunisiens ne gardent de Ben Salah, et à tort, que le souvenir amer...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Ahmed-Ben-Salah-Bourguiba-2.jpg" alt="" class="wp-image-316964"/></figure>



<p><strong><em>Un pan de l’histoire de la Tunisie postcoloniale disparaît avec le décès de Ahmed Ben Salah, ce grand homme politique, qui fût assurément le plus grand réformateur de l’histoire de la république.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mondher Azzouzi</strong> *</p>



<span id="more-316963"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mondher-Azzouzi.jpg" alt="" class="wp-image-313238"/></figure></div>



<p>Une très grand partie des Tunisiens ne gardent de Ben Salah, et à tort, que le souvenir amer de l’échec d’une politique d’extorsion de fonds, interprétée comme une volonté de sa part de les dépouiller de Ieurs biens.</p>



<p>Il est dommage que sa conception n’ait jamais bénéficié d’une approche d’intention égalitaire de justice sociale ainsi que d’innovation socioéconomique visant à atteindre l’autosuffisance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Habib Bourguiba s’est essuyé les mains dans le tablier de son ministre</h3>



<p>Si le Maroc a eu Mehdi Ben Barka, la Tunisie a eu quant à elle quasiment son alter-ego en la personne d’Ahmed Ben Salah. Ces deux dirigeants ont toujours placé l’humain au centre des préoccupations politiques pour payer de leur vie la forte ambition qu’ils nourrissaient chacun pour son peuple. Mais c’était sans compter avec les dirigeants de haute stature de leurs pays respectifs avec notamment un grand loup politique nommé Habib Bourguiba. Leader et bâtisseur de la nation qui s’est essuyé complètement les mains dans le tablier de son ministre pour en sortir vainqueur et tirer profit d’une situation qu’il avait renversée afin de garder l’estime et la sympathie du peuple.</p>



<p>Le «zaïm» avait clairement refusé d’assumer ses responsabilités suite à sa décision personnelle de généralisation rapide de collectivisation des terres. Cette décision s’étant soldée par un grand échec et a été à l’origine des graves incidents de Msaken suivis de ceux de Ouardanine pour finir par avoir la peau du Ben Salah. Et c’est tout naturellement que Bourguiba s’en était sorti avec son habileté de comédien pour ordonner, en guise de représailles, à son grand ministre de la veille, une condamnation injuste de dix ans de travaux forcés. Injuste car en politique et en cas d’échec d’une politique, la sanction se limite au limogeage du ministre et n’aboutit pas à son lynchage.</p>



<p>Après tout, Ben Salah n’avait dérobé aucun centime des caisses de l’Etat et n’avait jamais prôné l’enrichissement personnel. Malgré toutes les accusations et les enquêtes qui ont été menées pour l’incriminer, On n’a rien trouvé. Ben Salah n’était pas un voleur mais un haut commis de l’Etat doublé d’un grand militant syndicaliste et d’un responsable politique de très haut rang mais qui avait échoué collectivement pour en assumer seul la responsabilité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un homme d’Etat et un grand bâtisseur</h3>



<p>Réformateur, il n’avait laissé aucun domaine sans le défricher. Il avait accéléré la généralisation de la scolarisation. En plus de réformer l’enseignement secondaire qu’il avait étendu à sept ans sanctionné par un baccalauréat unique et non plus en deux parties ridicules. Il avait aussi réformé l’enseignement technique pour réintégrer tous les collèges professionnels, au rabais de l’époque, dans le cycle long donnant ainsi une seconde chance à des jeunes considérés comme perdus pour l’école et qui avaient été réintégrés dans les lycées. Un très grand nombre parmi eux sont, aujourd’hui, ingénieurs ou médecins pour avoir saisi cette chance. Alors qu’ils auraient pu, sans cette réforme, végéter sur le marché de l’emploi.</p>



<p>Après avoir mis sur pied des centres de formation professionnelle pour des jeunes définitivement réfractaires aux études, il en avait fait les premiers techniciens diplômés dans divers domaines tels le bâtiment, l’électricité, la mécanique, la plomberie, le chauffage, la climatisation et bien d’autres disciplines encore.</p>



<p>Il avait également été le premier à prôner la mixité dans l’école pour lever ainsi des tabous liés au mélange entre filles et garçons en vue d’un meilleur vivre ensemble plus tard.</p>



<p>On peut dire autant de son action en faveur de la santé pour conférer à l’hôpital public sa place centrale dans la garantie du droit de chacun à accéder aux soins.</p>



<p>Une attention particulière était portée aux plus démunis par une politique d’austérité volontaire et qui était sa marque de fabrique qui, bien qu’utopiste, avait eu tout de même le mérite de réduire la fracture sociale.</p>



<p>Son utopie ne saurait ne pas se conjuguer à l’esprit tunisien du terroir rentier enpreint de fainéantise et toujours enclin à recevoir sans trop donner ni trop se fatiguer non plus.</p>



<p>Jamais dans son histoire la Tunisie n’avait autant connu une classe moyenne forte dénuée forcément d’esprit envieux et jaloux puisque les écarts étaient nettement réduits. La fourniture scolaire de début d’année à la rentrée des classes était assurée à tous les élèves sans problème ni bousculade dans les librairies-papeteries au sein même de l’école et à un prix défiant toute concurrence.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Ahmed-Ben-Salah-Bourguiba-2-2.jpg" alt="" class="wp-image-316967" width="500"/></figure></div>



<p>Une réforme administrative avait été menée à son époque permettant à la Tunisie de disposer jusqu’à aujourd’hui d’une administration ayant tenu le choc après le bouleversement du 14 janvier 2011. Il n’était certes pas le seul à renforcer cette administration. Mais il en fût un de des plus ardents partisans.</p>



<p>Est-il utile de rappeler également que le projet visant à faire de la Tunisie une destination touristique était le sien pour faire sortir de terre le premier hôtel à Sousse dont le succès fût immédiat et pour veiller à ce que l’expérience soit copiée partout dans les villes côtières des années plus tard, qui plus est, par ceux-là mêmes qui lui étaient hostiles et refusaient de lui prêter main forte.</p>



<p>Ahmed Ben Salah avait aussi amorcé les projets d’industrialisation, de forage de pétrole et d’irrigation des terres agricoles par des vannes alimentées par des barrages. Il avait construit un complexe sportif complet grâce à une main d’œuvre bulgare bon marché ayant fait sortir de terre la seule infrastructure sportive complète pendant des décennies, la Cité olympique d’El-Menzah. Ce complexe a été inauguré avec succès lors des Jeux méditerranéens tenus à Tunis en 1967.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Bourguiba tendait trop l’oreille aux racontars</h3>



<p>J’ai eu l’occasion et la chance d’avoir rencontré Ahmed Ben Salah chez lui à son domicile à Radés, il y a quelques années, pour un avis sur son état cardiaque, puis, sur ma demande, de prolonger la discussion avec lui. Cela s’est fait spontanément lors d’une soirée d’été et jusque très tard dans la nuit. Notre discussion fût sans concession de ma part et il se prêtait à toutes les questions. Il m’avait juré qu’il n’avait jamais voulu précipiter les choses pour les collectivisations des terres agricoles. Et qu’il avait demandé officiellement au président un moratoire de trois ans pour préparer les propriétaires à une reconversion de participation responsable active rémunérée ou négocier leur indemnisation. Bourguiba lui avait donné sa parole dans son bureau du palais de Carthage. Pour l’entendre le lendemain même, dans sa voiture et de retour à Tunis, surgir de la radio nationale et annoncer qu’il a décidé de passer de suite à l’étape ultime en donnant explicitement ordre à Ben Salah de passer à l’acte. Ce dernier m’expliqua qu’il avait arrêté le moteur de sa voiture au bord de la route pour ne pas s’empêcher de penser que c’était sa fin et que le glas vient de sonner pour lui. Il m’expliqua aussi qu’avec le recul et les années de souffrance passées, il n’éprouvait aucune haine envers Bourguiba qu’il considère toujours comme le grand combattant et <em>«zaïm»</em> incontestable et incontestée. Qu’il avait toujours entretenu avec feu Hedi Nouira, l’autre grand réformateur de l’Etat, une relation de respect et d’estime réciproques. Qu’il avait de très bons rapports également avec Salah Ben Youssef dont il avait tenté le rapprochement avec Bourguiba mais en vain.</p>



<p>C’était sans compter avec ses détracteurs qui rapportaient à Bourguiba qu’il était rangé du côté de son rival pour que le président garde toujours une méfiance à son égard. Ceux qui lui vouaient de la haine pour magouiller dans son dos trouvaient refuge auprès de l’ex-femme du président, Wassila, qui le détestait copieusement et rapportait des faits de dénigrement, l’accusant d’enrichissement fictif ou d’autres calamités à Bourguiba, dont le grand tort d’après lui était de trop tendre l’oreille.</p>



<p>Les principaux bénéficiaires de la manne du tourisme, dont Mhamed Driss et Ali Mhenni, étaient les plus réfractaires au projet pour trouver le moyen de le boycotter lors des transformations de viabilisation des terrains déserts au bord des côtes, m’apprendra-t-il aussi, en ajoutant que le tandem Wassila Bourguiba-Béchir Zarg Laâyoun, secrétaire particulier de Bourguiba, constituait avec Tahar Belkhoja ses ennemis jurés. Ils faisaient capoter ses projets et Tahar Belkhoja avait même tenté de l’assassiner, m’avait-il aussi appris. Le tout au su de Bourguiba qui avait manifesté son ire à l’égard de celui que les Tunisiens surnommeront <em>«Tahar BOP»</em>, lorsqu’il sera nommé ministre de l’Intérieur.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Ahmd-Ben-Salah-Bourguiba-3-1.jpg" alt="" class="wp-image-316968"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Ennahdha est une erreur de l’histoire et Caïd Essebsi prêchait pour lui-même et non pour la Tunisie</h3>



<p>Interrogé sur la montée d’Ennahdha et des Nahdhaouis, il me dira que c’est là une erreur de l’histoire dont le pays payera cher les retombées. Béji Caïd Essebsi, car à l’époque de notre rencontre ce dernier avait le vent en poupe, a toujours été un filou prêchant pour sa personne mais sans réelle ambition pour le pays. Il est prêt à tout pour tirer son épingle du jeu comme quand Ben Salah avait plaidé sa cause auprès de Bourguiba et sur sa demande pour obtenir une réconciliation laborieuse après une disgrâce houleuse. Mais Béji n’en avait cure. Il fit mine de ne pas s’en souvenir.</p>



<p>Pour avoir touché à tant de domaines de l’Etat, en grand réformateur qui avait retroussé ses manches quand il le fallait, Ahmed Ben Salah mériterait au moins une évaluation objective de son œuvre. Celle-ci est un fait retenu par l’histoire. L’échec l’est aussi mais sans qu’il ne soit le seul obligé d’en porter la casquette. Sa peine était extrêmement sévère car ses intentions étaient bonnes de doter le pays d’un socialisme modéré et juste à la scandinave et qui serait à la fois producteur et productif de surcroît. Mais même la nature s’était mise au travers avec sept années de sécheresse pour faire rentrer en crise toute une agriculture même au sein d’un pays ultra-capitaliste.</p>



<p>Beaucoup détestaient l’enfant de Moknine et continueront à le faire. Tant pis c’est la vie et on ne peut plaire à tout le monde. Mais il faut avouer que la très grande majorité parmi ceux-là le font pour des raisons purement personnelles et vraisemblablement légitimes. Mais personne ne peut nier que la Tunisie dit aujourd’hui Adieu à un de ses hommes bâtisseurs dont l’intention était d’en améliorer le sort pour servir le peuple et non pour s’en servir.</p>



<p><em>* Cardiologue.</em></p>
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		<title>Le célèbre tortionnaire Hassen Abid décède dans l’impunité et l’indignité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2019 14:30:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’était dans l’après midi du mercredi 12 juin 2019 que Hassen Abid alias «Hamadi», «Boukricha» ou «El Bokhch البخش», le plus grand tortionnaire que la Tunisie indépendante ait connu, est décédé à son domicile dans la banlieue de Tunis. Il a été enterré le lendemain dans la plus stricte discrétion. Dans l’impunité et l’indignité. Par...</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/06/Torture-ministere-Interieur-1.jpg" alt="" class="wp-image-218327"/></figure>



<p><strong><em>C’était dans l’après midi du mercredi 12 juin 2019 que Hassen Abid alias «Hamadi», «Boukricha» ou «El Bokhch البخش», le plus grand tortionnaire que la Tunisie indépendante ait connu, est décédé à son domicile dans la banlieue de Tunis. Il a été enterré le lendemain dans la plus stricte discrétion. Dans l’impunité et l’indignité. </em></strong><br></p>



<p> Par <strong>Abdelatif Ben Salem    </strong><br></p>



<span id="more-218321"></span>



<p> Le hasard a voulu que la veille, 11 juin, soit la date fixée pour sa comparution devant la juridiction spéciale de la justice transitionnelle auprès du Tribunal de Gabès et, le lendemain matin, 13 juin, devant le juridiction spéciale transitionnelle auprès du Tribunal de première Instance de Tunis avec 24 autres prévenus inculpés de crimes de torture, d’enlèvements, de séquestrations et de tentatives de meurtre dans l’affaire des militants de l’organisation politique de gauche Perspective /Amel Al-Tounsi datant du début des années 1970. <br></p>



<p> Parmi les vingt quatre prévenus convoqués, tous absents à l’audience, figurent l’ancien ministre de l’Intérieur Tahar Belkhodja, plusieurs responsables de la sûreté, et des  membres de la tristement célèbre police politique <em>«Salâmat amn al-dawla»</em> (Sûreté de l’Etat) avec, à leur tête, Hassen Abid. Quant aux victimes, ils étaient au nombre de 27 dont 6 femmes.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> De Knaeis à Tunis en passant par le Congo <br></h3>



<p> Natif du village de Knaeis (Gouvernorat de Sousse) Hassen Abid a fait ses premières armes avec plusieurs autres futurs responsables de la police politique tunisienne au Congo Démocratique, au sein du contingent tunisien des Forces d’interposition de l’Onu entre le gouvernement légitime du Congo démocratique présidé par Patrice Lumumba et Moise Tchombé, chef de la sécession katangaise soutenu par la Belgique et la France.<br></p>



<p> Á la fin de la mission de l’Onu, Hassan Abid regagna le pays où il sera affecté avec certains compagnons du Contingent dans le premier noyau de construction et de consolidation d’un appareil policier répressif destiné à contrecarrer, sur fond de guerre civile et traque des derniers réduits yousséfistes au pays, toute velléité d’opposition au régime autoritaire qui se mettait en place. <br></p>



<p> Á partir de 1967, il plonge littéralement dans la clandestinité, les données concernant sa trajectoire dans l’appareil policier restent évasives et peu crédibles. On sait que de simple commissaire de police, il gravit un à un les échelons jusqu’au poste important de Directeur général des services spéciaux de la sécurité nationale. <br></p>



<p> Hassen Abid était, au début des années 1990, le bras droit de Mohamed Ali Ganzoui, l’ancien secrétaire d’État chargé de la Sûreté nationale. Il a longtemps été, sous le règne de Ben Ali, directeur général des renseignements généraux. Il est resté tout au long de sa vie un homme mystérieux, on ne lui connaît aucun cliché photographique privé ou officiel. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Mort dans l’indignité et enterré dans la honte<br></h3>



<p> Le nom de Hassen Abid était en revanche connu depuis une cinquantaine d’années par toutes les instances nationales et internationales de défense des droits de l’homme et de lutte contre la torture y compris par le Comité des Nations Unis contre la torture, chargé de surveiller l’application des conventions de Genève contre la pratique de la torture dont la Tunisie était signataire. <br></p>



<p> Plusieurs générations de militants tunisiens ont connu ses «salles d’opérations» dans les caves du ministère de l’Intérieur et ailleurs : yousséfistes, perspectivistes, syndicalistes, simples citoyens, islamistes, membres de Parti communiste des ouvriers de Tunisie (Pcot), l’actuel Parti des Travailleurs, ont connu qui <em>«le supplice du poulet rôti»</em> qui <em>«la technique d’hélicoptère»</em> qui <em>«la falqa»</em> qui <em>«la privation du sommeil» </em>qui <em>«la bastonnade»</em>. Son nom reste à jamais associé à la pratique institutionnelle de la torture de la dictature de Bourguiba et de Ben Ali.<br></p>



<p> Il est mort dans l’impunité totale, comme la plupart des responsables de deux anciennes dictatures, sans avoir eu a rendre des comptes, mais il est mort dans l’indignité, enterré dans la honte, presque clandestinement, à Tunis, car sa famille s’opposa, d’après nos informations, au rapatriement de sa dépouille mortelle à son village natal de Knaies pour y être inhumé, car elle craignait, eu égard aux rumeurs persistantes qui se sont répandues à l’annonce de sa mort, que sa tombe soit profanée par ses innombrables victimes.</p>
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