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	<title>Archives des transition démocratique - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des transition démocratique - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; La République inachevée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 07:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour comprendre les difficultés actuelles de la Tunisie, il faut peut-être revenir aux fondations mêmes de notre République restée inachevée. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans la photo illustrant cette tribune, l’auteur fleurit le buste du premier président tunisien, Habib Bourguiba, situé sur l’Esplanade Habib-Bourguiba dans le 7<sup>e</sup> arrondissement de Paris, œuvre du sculpteur turc Ali Macunluoglu, érigée le 20 mars 2013. Cela ne l’empêche pas de critiquer, ici, l’œuvre inachevée du père de l’indépendance tunisienne.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hakim Tounsi</strong> *</p>



<span id="more-18840495"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre les difficultés actuelles de la Tunisie, il faut peut-être accepter de regarder au-delà des événements récents et revenir aux fondations mêmes de notre République. Non pour la contester, mais pour identifier ce qui, dans sa construction réelle, a pu freiner l’accomplissement de sa promesse d’égalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On explique souvent les difficultés actuelles de la Tunisie par l’échec de la transition démocratique engagée après 2011. Je pense que le problème est beaucoup plus ancien. La révolution n’a pas créé la fracture tunisienne ; elle l’a révélée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières années de l’indépendance, deux Tunisie ont commencé à coexister. La première était celle du projet officiel porté par Bourguiba : une République moderne, fondée sur l’éducation, l’émancipation, la citoyenneté et la construction d’un État national fort. Ce projet a produit des réalisations considérables qu’il serait absurde de nier. Mais à côté de ce projet s’est progressivement développée une autre réalité, beaucoup moins évoquée car beaucoup moins glorieuse et donc moins avouable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour du pouvoir s’est constituée, dès l’indépendance, une catégorie de citoyens qui s’est octroyé une légitimité particulière liée au combat national, réel ou revendiqué. Les résistants, les militants et les compagnons du mouvement national ont progressivement formé un groupe qui s’est considéré, et qui a souvent été considéré, comme ayant davantage de droits sur le pays que les autres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une hiérarchie informelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains avaient effectivement participé à la lutte pour l’indépendance. D’autres avaient exagéré ou même usurpé leur rôle. Peu importe au fond. Le résultat fut la création d’une distinction implicite entre deux catégories de Tunisiens : ceux qui appartenaient à la famille des libérateurs et les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait cependant profondément injuste de confondre cette réflexion avec une remise en cause du sacrifice des véritables militants, résistants et bâtisseurs de la Tunisie indépendante. Beaucoup ont donné le meilleur d’eux-mêmes, parfois leur liberté, parfois leur vie, pour permettre au pays d’accéder à l’indépendance et à la souveraineté. Beaucoup d’autres ont ensuite consacré leur intelligence, leur honnêteté et leur travail à construire les institutions de la République, souvent dans des conditions difficiles et avec un sens remarquable du service public. Cette réflexion leur doit au contraire respect et reconnaissance. Hommage à la mémoire de tous ceux qui ont contribué sincèrement à bâtir la Tunisie moderne. C’est précisément parce que leur engagement mérite d’être honoré que les dérives qui ont pu s’installer au fil du temps doivent pouvoir être regardées avec lucidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette distinction ne figurait dans aucune loi. Elle n’était inscrite dans aucun texte. Pourtant elle était bien réelle dans la pratique. Pour devenir Omda, accéder à certaines responsabilités, obtenir certaines promotions ou simplement bénéficier d’une écoute particulière de l’administration, il était souvent préférable d’appartenir au bon réseau ou de disposer de la bonne recommandation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La République proclamait l’égalité des citoyens mais le fonctionnement réel du système introduisait progressivement une hiérarchie informelle. Plus grave encore, cette hiérarchie s’est transmise de génération en génération jusqu’à devenir une culture. Le piston est devenu normal. La recommandation est devenue naturelle. Les privilèges sont devenus invisibles à ceux qui en bénéficiaient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’injustice la plus dangereuse n’est pas celle qui choque encore ; c’est celle qui finit par paraître normale. La République avait officiellement aboli les privilèges hérités du passé. Pourtant, dans bien des domaines, elle a fini par en recréer de nouveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le protectorat, les bénéficiaires ont changé mais la logique a malheureusement souvent survécu. Une partie des ressources économiques, des terres, des licences, des financements et des opportunités a progressivement été captée par des réseaux proches du pouvoir. Certaines grandes familles de l’époque beylicale ont été dépossédées d’une partie de leurs biens, officiellement au profit de l’État. Les terres agricoles des colons ont été nationalisées. Dans la pratique, une partie de ces ressources a également bénéficié à ceux qui détenaient désormais le pouvoir politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie verrouillée par les privilèges</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les terres nationalisées, les licences d’importation dans une économie verrouillée et les différents mécanismes de contrôle économique ont progressivement contribué à l’émergence de nouvelles situations privilégiées. Une économie de rente s’est ainsi installée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une économie administrée, celui qui contrôle l’autorisation contrôle souvent la richesse. Celui qui attribue les licences, les financements ou les agréments influence directement la répartition des opportunités économiques. Beaucoup de Tunisiens ont fini par comprendre que le mérite seul ne suffisait pas toujours et que l’appartenance à un réseau pouvait peser davantage que la compétence. Ce phénomène a profondément marqué les administrations, les entreprises publiques, le système financier et une partie de l’économie nationale. Le problème n’était pas seulement la corruption qui commençait à pointer son nez. Le problème était l’intériorisation progressive de l’idée que les règles n’étaient pas les mêmes pour tous. Lorsque cette situation perdure pendant plusieurs décennies, elle cesse d’être perçue comme une anomalie. Elle devient une culture. Les bénéficiaires la considèrent comme naturelle. Les autres finissent par s’y résigner. Une société de citoyens se transforme alors progressivement en société de statuts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation contribue peut-être aussi à expliquer une partie du malaise de la jeunesse tunisienne. Au-delà des difficultés économiques bien réelles, beaucoup de jeunes ont le sentiment que leur place dans la société reste limitée, que les opportunités ne sont pas toujours distribuées selon le mérite et que les générations en place peinent à leur faire une véritable place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’une société paraît verrouillée, le désir de participer à sa construction s’affaiblit progressivement. Le besoin de renouveau, de reconnaissance et d’oxygène pousse alors nombre de jeunes à regarder davantage vers l’expatriation que vers l’engagement dans un système qu’ils jugent parfois incapable de se réformer. Ce n’est pas seulement une perte de compétences. C’est aussi le signe d’un affaiblissement du lien de confiance entre une partie de la jeunesse et le projet collectif national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi je pense que la révolution de 2011 a été largement mal comprise. On l’a présentée comme une révolution pour la démocratie. Elle l’était certainement en partie. Mais son moteur le plus profond était peut-être ailleurs. Les slogans parlaient d’emploi, de liberté et surtout de dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dignité ne signifie pas seulement le droit de voter. Elle signifie le droit d’être considéré comme un citoyen à part entière, sans avoir besoin d’une protection, d’un clan, d’une recommandation ou d’un héritage politique. Elle signifie l’accès équitable aux opportunités, à l’emploi, à l’administration, à la promotion sociale et à la reconnaissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le projet républicain est demeuré inachevé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution exprimait peut-être avant tout le refus d’une hiérarchie implicite de citoyenneté installée depuis plusieurs décennies. La véritable question tunisienne n’est donc peut-être pas de savoir si nous devons abandonner la République ou la défendre. Je reste profondément attaché au choix républicain, à l’État national moderne et aux acquis fondamentaux de l’indépendance. La question est de savoir si nous avons réellement achevé la construction de la République.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une République n’est pas seulement un drapeau, une constitution ou des institutions. C’est l’application effective des mêmes règles à tous. Or c’est précisément sur ce point que le projet demeure inachevé. Chaque réforme qui introduit davantage de transparence, de concurrence, de digitalisation, de responsabilité ou de mérite menace directement les mécanismes de rente et les privilèges accumulés depuis des décennies. C’est pourquoi le système résiste autant au changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes peut-être arrivés à un moment où une question fondamentale ne peut plus être évitée : la République tunisienne est-elle encore capable de se parfaire elle-même ou faudra-t-il la refonder pour lui permettre de tenir enfin sa promesse d’égalité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réflexion ne vise ni à détruire l’œuvre républicaine ni à réhabiliter les systèmes qui l’ont précédée. Elle vise au contraire à contribuer à sa continuation. Car une République qui refuse de regarder lucidement ses propres contradictions finit par s’éloigner de ses principes fondateurs. La nature a horreur du vide. Un pays peut survivre longtemps à l’injustice ; il survit beaucoup plus difficilement à l’immobilisme. La Tunisie joue aujourd’hui une partie décisive de son avenir. La Tunisie ne manque ni de compétences, ni d’histoire, ni d’atouts. Elle souffre peut-être surtout d’une contradiction qu’elle n’a jamais véritablement résolue : avoir proclamé l’égalité des citoyens tout en laissant s’installer, génération après génération, une hiérarchie implicite entre eux. Tant que cette contradiction ne sera pas regardée en face, le pays continuera probablement à piétiner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste, fondateur dirigeant du tour opérateur Otentic en France.</em></p>
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		<title>La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 06:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Algériens aspirent à rétablir la primauté du civil, à réhabiliter l’État de droit et à protéger l’armée du mécontentement social. </p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La date du 1<sup>er</sup> novembre 1954 est le plus fort symbole de l’histoire de l’Algérie en ce qu’elle a exprimé la volonté de se libérer de la domination coloniale et de fonder un Etat moderne. L’indépendance cependant n’était qu’une étape selon le mouvement national ; le but étant le développement économique et la création d’un Etat moderne. Soixante-onze années après cette date, où en est l’Algérie ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi &amp; Karim Naït Ouslimane</strong> *</p>



<span id="more-17784665"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Lahouari-Addi-Karim-Nait-Ouslimane.jpg" alt="" class="wp-image-17784826"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il semble bien que le souffle historique de novembre 1954 n’a pas survécu à l’indépendance, et que les élites dirigeantes ont perdu de vue la principale promesse du mouvement national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fondation de l’Etat moderne, commencée avec la construction d’un pouvoir central, a été retardée par des vicissitudes historiques qu’il s’agit d’analyser objectivement, en se demandant quelle est la part des acteurs dans un système dont ils ne contrôlent plus l’évolution. Le système domine-t-il les acteurs ou bien ces derniers, au-delà de leurs intérêts, peuvent-ils influencer sa logique désincarnée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est ainsi posée car l’histoire du pays a créé un système qui a imposé aux dirigeants une logique qui ignore les intérêts de la Nation. D’où la nécessité d’une transition qui n’est plus une question à débattre pour quiconque observe objectivement la société algérienne. Et la question n’est donc plus celle de savoir si une transition est nécessaire, mais de déterminer sa nature et son objectif. S’agit-il d’un simple passage électoral à l’intérieur d’un ordre existant, ou d’un processus consensuel capable de redéfinir la source de la souveraineté et les institutions à l’intérieur de laquelle elle s’exerce ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : la transition doit-elle s’inscrire dans les formes héritées du système ou les reconfigurer ? C’est cette question politique fondamentale en Algérie qui demande une réponse. A cette fin, il faut revenir sur la genèse de la période postcoloniale et ses vicissitudes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Primauté du militaire sur le politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que dit en effet l’histoire récente de l’Algérie ? La radicalité du pouvoir colonial qui refusait toute réforme avait incité le mouvement national à militariser le politique et à créer un appareil militaire en vue de la libération nationale. Le pouvoir colonial rejetait toute perspective d’indépendance négociée. Le FLN a alors créé une armée clandestine pour mener l’insurrection en 1954. Mais à la veille de l’indépendance, cet appareil militaire a échappé au contrôle du leadership du FLN. En conséquence, le parti n’avait pas la capacité de s’opposer au coup d’État de l’État-Major contre le GPRA, malgré la résistance d’une partie des cadres de l’ALN de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre juin et août 1962, le rapport de force a été tranché militairement : les troupes de l’extérieur, mieux armées, ont imposé leur domination sur celles de l’intérieur. Ce moment a inscrit durablement la centralité militaire dans l’exercice du pouvoir. Le processus s’est achevé en juin 1965 par le coup d’État qui a renversé le président Ahmed Ben Bella, élu en 1963 et également secrétaire général du Bureau politique du FLN, organe censé incarner la souveraineté populaire. Ce Bureau politique a été dissous et remplacé par le Conseil de la Révolution, dominé par les militaires et présidé par le colonel Houari Boumediene.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le leadership militaire s’était émancipé de toute autorité civile et le politique a été absorbé par la structure militaire qui s’est imposée comme source unique de légitimité. Le pluralisme politique qui existait avant 1954 n’a pas été restauré. Bien que limité par le cadre colonial, il était néanmoins une réalité. Le PPA-MTLD, l’UDMA, l’Association des Oulémas, le Parti communiste étaient des partis qui exprimaient les différentes sensibilités idéologiques de la société. Au lieu de réactiver et d’élargir cette tradition, le régime naissant y a mis fin, institutionnalisant la primauté du militaire sur le politique, transformant le FLN en un appendice de l’administration qui lui avait confié la tâche de gérer la mémoire de la lutte de libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1962, le politique n’a pas été démilitarisé malgré le principe du congrès de la Soummam : la primauté du politique sur le militaire. La domination du politique par le militaire ne fait pas partie de la culture politique algérienne ; elle est née est de vicissitudes liées à l’histoire du mouvement national qui a créé un appareil militaire qui a échappé à son autorité politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première décennie de l’indépendance a permis l’affermissement de la souveraineté nationale et l’installation d’un pouvoir central dans la continuité directe du projet du mouvement national. Mais elle a aussi mis en place un régime dont la structure institutionnelle a figé le politique au lieu de l’ouvrir pour accompagner la construction d’un Etat moderne reposant sur la légitimité populaire. Il est vrai que l’euphorie des indépendances avait suscité, à l’échelle du Tiers-Monde, un enchantement qui avait sous-estimé le poids des réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, dans les années 1950 et 1960, les discours populistes tiers-mondistes dominaient les champs politiques des nouveaux Etats indépendants. Sans accepter le contrôle populaire, ils affirmaient la nécessité de protéger les peuples de la domination impérialiste et de mettre en œuvre un développement économique que la faiblesse des bourgeoisies nationales ne permettait pas d’engager.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique sans contrôle populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette configuration que Boumediene, jeune officier marqué par son époque, s’est construit comme figure de chef politique, se présentant comme le défenseur des couches sociales populaires et le garant d’un projet de justice sociale. Son modèle était celui de la modernisation autoritaire visant à industrialiser le pays. A cet effet, il a interdit le pluralisme qu’il considérait comme un facteur de division et a aboli l’autonomie syndicale, tout en promettant de réaliser les promesses du mouvement national : emploi, industrialisation, réforme agraire, généralisation de la scolarisation&#8230; N’ayant été socialisé ni dans un parti ni dans une structure syndicale, Boumediene concevait la politique comme une menace pour la cohésion sociale et non comme un espace de régulation des conflits. Son projet, verbalement révolutionnaire, a en réalité coupé l’État de la société. L’échec du développement économique qu’il avait annoncé est directement lié à cette structure : une politique sans contrôle populaire, ni corps intermédiaires et ni représentation autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’une médiation politique a ouvert un espace à l’irresponsabilité, au gaspillage et à la corruption. Un contrôle effectif, soit par des élections pluralistes, soit par un parti disposant d’une véritable autorité politique, aurait pu limiter ces dérives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boumediene refusait cette possibilité, convaincu que la société n’était pas capable de protéger l’État contre les profiteurs, alors même que ces profiteurs ont prospéré sous son pouvoir en le soutenant. Il a façonné le régime autour de sa personne, en s’appuyant sur la Charte nationale adoptée par référendum, conçue comme un contrat direct entre lui et le peuple. Pour réaliser le projet qu’il défendait, il a concentré entre ses mains l’ensemble des pouvoirs : Chef d’État, Chef de gouvernement, ministre de la Défense, Chef de l’Etat-Major de l’armée après 1967 et président du Conseil de la Révolution. Ce dernier, s’autoproclamant dépositaire de la souveraineté nationale, a absorbé la fonction législative, donnant une légitimité politique au pouvoir exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime a fonctionné avec un pouvoir exécutif reposant sur le charisme du leader et non sur des institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’armée, seule source effective du pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après la mort de Boumediene, la hiérarchie militaire a reconduit le même système tout en refusant de le doter d’un chef charismatique qui aurait une autorité sur elle. Le corps des officiers supérieurs n’accepte pas l’émergence d’un chef politique, même s’il sort des rangs de l’armée. A l’exception de Houari Boumediene, ni Chadli Bendjedid, ni Mohamed Boudiaf, ni Liamine Zéroual, ni Abdelaziz Bouteflika, ni Abdelmadjid Tebboune n’ont eu une autorité politique sur l’armée. Le système repose sur une règle non écrite mais structurante : l’armée est la seule source effective du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte une division au sommet de l’État entre un pouvoir réel, souverain et non comptable, et un pouvoir formel, chargé de diriger l’administration gouvernementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, si les militaires ne gouvernent pas directement, ils désignent ceux qui occupent les fonctions principales de l’État, déterminent les grandes orientations politiques et fixent les équilibres budgétaires. Le centre de gravité des décisions politiques et diplomatiques se situe au ministère de la défense et non à la présidence. Le candidat désigné pour exercer la fonction présidentielle doit accepter la condition de ne pas exercer d’autorité sur la hiérarchie militaire, malgré les dispositions de la constitution. Affaiblie et placée sous tutelle, la présidence n’a pas l’autorité nécessaire pour mener des réformes qui rompent avec la logique d’un système devenu rentier qui gaspille dans la consommation les richesses du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un modèle économique basé sur les hydrocarbures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La hiérarchie militaire a reconduit le modèle économique qui repose sur les revenus des hydrocarbures qui ont jusque-là caché les déséquilibres structurels. Le déficit permanent des entreprises publiques constitue une bombe à retardement et une vulnérabilité majeure susceptible de provoquer des émeutes en cas de baisse des prix du pétrole. L’incapacité des entreprises publiques à équilibrer leurs comptes entraîne un déficit que l’État finance par la création monétaire au détriment du pouvoir d’achat. Ce mécanisme est devenu un élément structurel de l’économie algérienne et une source permanente de fragilité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que le budget de l’État algérien est financé par la perte sans fin du pouvoir d’achat du dinar, en plus des impôts et des revenus des hydrocarbures. La perte du pouvoir d’achat des consommateurs est structurelle et sans aucune perspective de redressement. La principale victime de ce système politico-économique est le dinar, monnaie froide déconnectée des dynamiques internationales d’accumulation. Le dinar n’est ni un moyen d’investissement ni une valeur refuge comme les autres monnaies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie a ainsi bâti un système politico-économique qui utilise la rente énergétique pour importer des biens de consommation au profit d’entreprises étrangères et d’intermédiaires compradores.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être l’autorité suprême, la hiérarchie militaire porte une responsabilité directe dans les échecs économiques et sociaux du régime depuis l’indépendance. Elle est comptable de l’incapacité du pays à se développer malgré ses ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partis artificiels et transition factice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que la société s’est profondément modifiée, dans sa composition comme dans ses attentes, le pouvoir central postindépendance est resté identique à lui-même. Cette fixité n’est pas une simple inertie : elle est constitutive du système. Or, les nouvelles générations (la GenZ notamment) n’acceptent pas le statu quo postcolonial ; elles le contestent par leur seule existence sociale et par les espérances qu’elles portent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La séquence d’Octobre 1988, qui précède de peu l’effondrement des régimes socialistes en Europe de l’Est, avait montré que la société algérienne était inscrite dans la temporalité mondiale, celle des basculements politiques, de la fin des systèmes à parti unique et de l’économie administrée. Les émeutes d’Octobre avaient exprimé une exigence politique : ouvrir les institutions à la participation populaire et instituer un pluralisme politique réel. Le rejet du parti unique n’était pas un épisode conjoncturel, mais une rupture structurante et une phase du processus de la construction de l’Etat. Le parti unique avait atteint sa limite historique, bloquant le devenir politique du pays en le marginalisant par rapport aux dynamiques mondiales économiques, idéologiques et culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la pression conjuguée des aspirations internes et de l’environnement international, les élites dirigeantes ont été contraintes, en 1989, de modifier la Constitution et de légaliser les partis politiques. Mais cette ouverture, pensée comme une concession et non comme une refondation, a produit une transition factice, sans contrat politique stabilisateur. Ni le régime ni l’opposition n’étaient préparés – politiquement, culturellement et doctrinalement &#8211; à une véritable redistribution des rapports de pouvoir. L’annulation des élections pluralistes en janvier 1992 a été la conséquence directe de l’absence d’un consensus au sujet de la transition. Le choix de la voie électorale a transformé la transition en affrontement et ouvert une séquence de lutte qui s’est achevée dans le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, l’Algérie est revenue au système de parti unique de facto derrière une façade de pluralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élections après 1992 ont été systématiquement truquées par l’administration qui détournait le suffrage universel au profit des deux partis artificiels du régime, le FLN et le RND. Ils étaient artificiels parce qu’ils n’avaient aucun ancrage dans la société. Sans les généreuses subventions de l’Etat, par ailleurs illégales au regard de la loi, et la complaisance de l’administration qui leur fournissait des locaux et des ressources, ces deux partis auraient disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FLN et le RND, et les partis microscopiques qui ont été créés pour dévaloriser l’activité politique, ont été juste des opportunités aux arrivistes sans scrupules pour occuper des fonctions électives alors qu’ils n’ont aucun sens de l’intérêt public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que l’opinion publique perçoit les partis comme des groupements inutiles et incapables de porter la voix de la population dans les institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un retard idéologique et culturel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la situation post-1988 a montré aux Algériens, c’est que le pluralisme, introduit par la réforme constitutionnelle de 1989, n’a en rien modifié la nature du régime. Les partis ont été maintenus dans une position subordonnée, réduits à une fonction d’opposition sans perspective réelle de conquérir pacifiquement le pouvoir. Dans une société peu politisée et où la religiosité cherche à refouler les divergences idéologiques, les acteurs ont du mal à percevoir ces divergences comme des clivages susceptibles d’être résolus dans le cadre politico-juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce retard idéologique et culturel de la société qui a permis au commandement militaire d’être un acteur politique qui interdit toute activité politique qu’il ne contrôle pas. Il a exercé une influence directe sur le champ politique en mobilisant les services de renseignement, détournés de leur rôle institutionnel. Leur mission était de fabriquer une vie politique artificielle, déconnectée des revendications sociales réelles : chômage massif des jeunes, gaspillage des ressources publiques, corruption généralisée. L’objectif était de neutraliser la société civile et d’étouffer toute velléité de changement politique. Car le présupposé implicite du régime est que la société doit obéir à l’État et non l’inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opposition a été perçue comme une menace à contenir, alors qu’elle devrait être un lieu de socialisation politique et un mécanisme de renouvellement de légitimation du pouvoir d’Etat par la sanction électorale. En refusant l’autonomie des partis, des syndicats et de la presse, le régime a coupé l’État de ses racines sociales, idéologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par une ironie de l’histoire, l’Etat postcolonial se réapproprie le réflexe de l’administration coloniale qui imposait des béni-oui-oui comme représentants de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ouvrir une nouvelle séquence historique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette configuration, l’institution militaire porte une part déterminante de la trajectoire politique du pays. La stabilité future et la pérennité de l’Algérie ne résultera pas du maintien d’un rapport de force obsolète, mais d’une capacité à ouvrir une nouvelle séquence historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional et international instable, marqué par les recompositions rapides des équilibres géopolitiques, la hiérarchie militaire a intérêt à inscrire son action dans une logique de préservation de l’État en tant qu’institution nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assumer cette responsabilité implique, au nom du serment de Novembre et la mémoire des Chouhadas, d’accompagner, sans la confisquer, une transition politique consensuelle. Il s’agit de rendre possible la formation d’un nouveau contrat social qui restitue au politique sa fonction propre : organiser pacifiquement la confrontation des idées, structurer les intérêts sociaux, garantir la continuité de l’État à travers la légitimité électorale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle orientation ne signifie pas un affaiblissement de l’armée, mais au contraire une clarification de son rôle dans la défense nationale et la protection des équilibres stratégiques. Elle seule peut, en prenant cette initiative historique, contribuer à refermer le cycle ouvert en 1962 et à rendre à la souveraineté populaire sa place centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité future du pays suppose que l’armée se tienne à distance des conflits politiques internes à la société, car son implication dans ces derniers n’est pas dans son intérêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La politique est un espace conflictuel, par définition traversé par des divergences idéologiques et sociales. Une institution qui appartient à l’ensemble des citoyens ne peut durablement s’identifier à un camp ou à un parti sans se mettre en porte-à-faux avec une frange de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un État moderne, l’armée n’a pas à s’identifier à un courant politique ou à être la dépositaire de la souveraineté nationale. Elle est une branche du pouvoir exécutif qui obéit au pouvoir législatif issu des urnes. Son retrait de la sphère politique est une condition de la construction d’un espace civil autonome et de la préservation de la confiance en elle de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le slogan <em>«madania machi askaria» </em>(«civile et non militaire»), scandé par des millions d’Algériens lors des marches du Hirak ; il exprime une exigence directe : rompre avec un schéma où le commandement militaire constitue la source effective du pouvoir en lieu et place de l’électorat. Il aspire à une transition démocratique entendue comme retrait du champ politique des services de sécurité de l’armée, appelés à se limiter à leur fonction propre, la défense de la nation contre les menaces extérieures. Cette exigence a été perçue par les décideurs comme une hostilité à l’institution militaire ou comme l’annonce d’un changement brutal de régime. En réalité, <em>«madania machi askaria»</em> renvoie à une aspiration politique légitime : celle de rétablir la primauté du civil, de réhabiliter l’État et de protéger l’institution militaire du mécontentement social qui ne manquera pas de se concentrer sur elle tant qu’elle demeure impliquée dans le champ politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Universitaires</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">31 octobre 2025</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4VajMjpX25"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/vers-un-printemps-algerien-ineluctable-et-necessaire/">Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire   </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/vers-un-printemps-algerien-ineluctable-et-necessaire/embed/#?secret=HMzjjG1OML#?secret=4VajMjpX25" data-secret="4VajMjpX25" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/">La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le CRLDHT publie un rapport sur la situation en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/01/le-crldht-publie-un-rapport-sur-la-situation-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 07:50:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[CRLDHT]]></category>
		<category><![CDATA[décret-loi 54-2022]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[partis politiques]]></category>
		<category><![CDATA[société civile]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le CRLDHT a publié un rapport intitulé «Tunisie 2021-2024 : coup d’arrêt à la transition démocratique et montée des périls». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/01/le-crldht-publie-un-rapport-sur-la-situation-en-tunisie/">Le CRLDHT publie un rapport sur la situation en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans le communiqué reproduit ci-dessous, le Centre pour le respect des libertés et des droits humains en Tunisie (CRLDHT) rend compte de contenu de son rapport publié à Paris le 31 janvier 2025 et intitulé «Tunisie 2021-2024&nbsp;: coup d’arrêt à la transition démocratique et montée des périls».</em></strong><strong><em>&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<span id="more-15367021"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la dégradation alarmante des droits de l’homme et de l’État de droit en Tunisie, un nouveau rapport intitulé&nbsp;<em>«Tunisie 2021-2024 : coup d’arrêt à la transition démocratique et montée des périls»</em>&nbsp;est publié aujourd’hui. Ce document dresse un état des lieux détaillé de la régression démocratique que traverse la Tunisie depuis le coup de force de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, marquée par une concentration du pouvoir, une répression accrue et un affaiblissement inquiétant des institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fruit d’un travail de documentation approfondi réalisé par des juristes, des défenseurs des droits humains et des observateurs indépendants, ce rapport met en lumière les principales violations des droits fondamentaux survenues ces trois dernières années. Il analyse en détail les conséquences de la dérive autoritaire du régime du président Kaïs Saïed et souligne l’urgence d’une mobilisation nationale et internationale pour préserver les acquis démocratiques remportés après la révolution de 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Principaux constats du rapport :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Concentration excessive du pouvoir&nbsp;: démantèlement des institutions démocratiques, dissolution du Parlement, modification unilatérale de la Constitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Répression judiciaire et arrestations arbitraires&nbsp;: instrumentalisation de la justice pour persécuter les opposants politiques, les journalistes et les militants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Censure et atteintes à la liberté d’expression&nbsp;: application abusive du décret-loi 54-2022 pour museler la presse et intimider les critiques du régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Marginalisation des partis politiques et de la société civile&nbsp;: restrictions accrues sur les associations et contrôle des financements étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Manipulation des élections et faible participation&nbsp;: élections législatives et présidentielles marquées par un contrôle étroit d’une instance électorale non-indépendante, des modifications juridiques unilatérales et un taux d’abstention record dépassant les 70%. Ces scrutins, dépourvus de garanties démocratiques, ont renforcé la personnalisation du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Crise économique et sociale&nbsp;: hausse des inégalités, criminalisation des mouvements sociaux et augmentation des restrictions sur les libertés publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport&nbsp;alerte sur les risques d’une dérive vers un régime autoritaire consolidé&nbsp;et propose une série de recommandations pour rétablir l’État de droit en Tunisie. Parmi celles-ci : l’abrogation des lois répressives, la restauration d’un système judiciaire indépendant, la garantie de la liberté d’expression et l’organisation d’élections libres et transparentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette publication, les auteurs appellent la communauté internationale, les institutions démocratiques et la société civile à redoubler d’efforts pour soutenir les acteurs engagés en Tunisie et exiger des réformes immédiates visant à garantir les droits fondamentaux de toutes les citoyennes et tous les citoyens tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://crldht.com/3d-flip-book/4744/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien pour lire le rapport</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/01/le-crldht-publie-un-rapport-sur-la-situation-en-tunisie/">Le CRLDHT publie un rapport sur la situation en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Les leçons de la crise tunisienne selon DeepSeek</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/29/les-lecons-de-la-crise-tunisienne-selon-deepseek/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jan 2025 08:27:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[crise tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[DeepSeek]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[réformes structurelles]]></category>
		<category><![CDATA[révolution de 2011]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Interrogé sur la crise en Tunisie, ses causes, ses conséquences et les leçons qu’on peut en tirer, DeepSeek a donné cette réponse en trois secondes.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/29/les-lecons-de-la-crise-tunisienne-selon-deepseek/">Les leçons de la crise tunisienne selon DeepSeek</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Interrogé sur la crise en Tunisie, ses causes, ses conséquences et les leçons qu’on peut en tirer, DeepSeek, un modèle d&rsquo;intelligence artificielle (IA), l’équivalent chinois de ChatGPT, a donné sa réponse en 3 secondes. Nous la reproduisons ci-dessous telle que publiée par l’ancien ministre de l’Emploi  et de la Formation professionnelle, Faouzi Ben Abderrahman, sur sa page Facebook</em></strong><em>. <strong>Edifiant, sauf que pour gouverner, l&rsquo;IA ne peut rien&#8230; pour nous.   </strong></em></p>



<span id="more-15331526"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La transition démocratique tunisienne, bien que souvent citée comme un succès relatif dans le monde arabe, a également rencontré des échecs et des défis importants. Ces échecs et difficultés offrent des leçons tout aussi importantes que les succès. Voici quelques-uns des principaux points d’échec ou de stagnation de la transition tunisienne :</p>



<h2 class="wp-block-heading">1. Crise économique persistante&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong> : La Tunisie n’a pas réussi à résoudre ses problèmes économiques structurels, notamment le chômage élevé (en particulier chez les jeunes et les diplômés), les inégalités régionales et la corruption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Le mécontentement social a persisté, avec des grèves, des manifestations et une frustration croissante envers les gouvernements successifs. La pandémie de Covid-19 a exacerbé ces problèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon</strong>: Une transition démocratique ne peut être durable sans amélioration tangible des conditions économiques pour la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Corruption endémique&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong>: Malgré les efforts pour lutter contre la corruption, celle-ci reste profondément enracinée dans les institutions tunisiennes. Les élites politiques et économiques ont souvent été accusées de perpétuer un système clientéliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : La corruption a miné la confiance des citoyens dans les institutions et a contribué à la désillusion à l’égard du processus démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon</strong>: La lutte contre la corruption doit être une priorité absolue et nécessite des réformes institutionnelles profondes et une volonté politique forte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Fragmentation politique&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;<strong> Problème</strong> : La scène politique tunisienne est devenue très fragmentée, avec de nombreux partis et une incapacité à former des coalitions stables. Cela a conduit à une paralysie politique et à une inefficacité gouvernementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Les gouvernements successifs ont eu du mal à mettre en œuvre des réformes significatives, ce qui a alimenté la frustration populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon </strong>: Une transition démocratique nécessite une certaine stabilité politique et une capacité à construire des consensus entre les différents acteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">4. Désillusion populaire&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong> : Beaucoup de Tunisiens se sont sentis trahis par la transition, estimant que les promesses de la Révolution de 2011 (dignité, emploi, justice sociale) n’ont pas été tenues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Le taux de participation aux élections a diminué au fil du temps, reflétant une perte de confiance dans le processus démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon</strong> : Une transition démocratique doit être inclusive et répondre aux attentes concrètes de la population, notamment en matière de justice sociale et économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">5. Crise de légitimité et retour à l’autoritarisme (2021)&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong>: En juillet 2021, le président Kaïs Saïed a suspendu le Parlement, renvoyé le gouvernement et assumé des pouvoirs exceptionnels, marquant un retour à des pratiques autoritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Cette décision a divisé la population et les élites politiques, certains y voyant une nécessité pour sortir de l’impasse politique, tandis que d’autres l’ont dénoncée comme un coup d’État contre la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon </strong>: Les institutions démocratiques doivent être renforcées pour éviter les abus de pouvoir et garantir des contre-pouvoirs efficaces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">6. Défis sécuritaires&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong>: La Tunisie a été confrontée à des attaques terroristes et à une instabilité régionale, notamment en raison de la situation en Libye voisine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Ces défis ont détourné l’attention et les ressources des réformes démocratiques et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon</strong> : La stabilité sécuritaire est essentielle pour une transition réussie, mais elle ne doit pas se faire au détriment des libertés civiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">7. Manque de réformes structurelles&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong> : Les gouvernements successifs ont souvent évité de mettre en œuvre des réformes structurelles difficiles mais nécessaires, comme la réforme de l’administration publique, du système éducatif ou du secteur économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Cela a limité la capacité de la Tunisie à créer une croissance inclusive et à répondre aux attentes de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon</strong>: Les réformes structurelles sont essentielles pour assurer la durabilité d&rsquo;une transition démocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">8. Dépendance à l&rsquo;aide internationale&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Problème</strong> : La Tunisie a largement dépendu de l’aide internationale pour soutenir son économie et sa transition, ce qui l’a rendue vulnérable aux pressions extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Conséquences</strong> : Cette dépendance a parfois limité la marge de manœuvre politique du pays et a exposé des faiblesses dans la gestion des finances publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>Leçon</strong> : Une transition démocratique doit s’appuyer sur une base économique solide et une autonomie financière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion&nbsp;:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La transition démocratique tunisienne montre que même dans un contexte relativement favorable (une société civile active, une armée apolitique et un soutien international), les défis économiques, sociaux et politiques peuvent entraver les progrès. Les échecs de la transition tunisienne soulignent l’importance de :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Répondre aux attentes économiques et sociales de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Renforcer les institutions démocratiques et lutter contre la corruption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Éviter la fragmentation politique et construire des consensus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Garantir que les réformes structurelles soient mises en œuvre pour assurer une croissance inclusive et durable. Ces leçons sont cruciales non seulement pour la Tunisie, mais aussi pour d’autres pays en transition.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/29/les-lecons-de-la-crise-tunisienne-selon-deepseek/">Les leçons de la crise tunisienne selon DeepSeek</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Rencontre à Paris pour commémorer le 14e anniversaire de la révolution tunisienne (Vidéo)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/08/rencontre-a-paris-pour-commemorer-le-11e-anniversaire-de-la-revolution-tunisienne-video/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jan 2025 09:36:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[VIDEOS]]></category>
		<category><![CDATA[CRLDHT]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Bel Haj Yahya]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Abdessamed]]></category>
		<category><![CDATA[Houeidia]]></category>
		<category><![CDATA[Jemna]]></category>
		<category><![CDATA[Nachaz]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Sammama]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre à paris autour de l'ouvrage ‘‘Une révolution est passé par là’’ de Hichem Abdessamed, et Fathi Bel Haj Yahya. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/08/rencontre-a-paris-pour-commemorer-le-11e-anniversaire-de-la-revolution-tunisienne-video/">Rencontre à Paris pour commémorer le 14e anniversaire de la révolution tunisienne (Vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le&nbsp;Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)&nbsp;organise une rencontre</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>avec Hichem Abdessamed,&nbsp;coauteur avec Fathi Bel Haj Yahya de&nbsp;l&rsquo;ouvrage&nbsp;‘‘Une révolution est passé par là’’, édité </em></strong><strong><em>par l’association </em></strong><strong><em>Nachaz/Dissonance.</em></strong></p>



<span id="more-15127683"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre, organisée à l’occasion du 14<sup>e</sup> anniversaire de la révolution tunisienne (17 décembre 2010-14 janvier 2011), vise à commémorer cette date historique, qui avait marqué le début d’une transition démocratique en Tunisie aujourd’hui en panne. Elle se tiendra le 14 janvier 2025, à 18h30, au Maltais Rouge, 40 rue de Malte, 75011 Paris (métro&nbsp;: République). &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit d’un moment privilégié pour revisiter cet épisode fondateur et en analyser les répercussions durables sur la société tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fruit d’une enquête approfondie menée par l’association Nachaz/Dissonance, ‘‘<em>Une révolution est passée par là</em>’’se distingue par son approche novatrice : il délaisse la centralité de Tunis et des élites politiques ou médiatiques pour explorer les dynamiques locales souvent ignorées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers trois lieux (Jemna, Sammama, Houeidia), trois sites et trois figures emblématiques, il met en lumière la persistance des idéaux révolutionnaires et des pratiques alternatives face aux désillusions de la transition postrévolutionnaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les obstacles et les reculs démocratiques en Tunisie, cet ouvrage souligne l’émergence d’initiatives sociales, culturelles et écologiques qui continuent de faire vivre l’esprit révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récits, enrichis d’images saisissantes et de témoignages poignants, rendent hommage à ces expériences locales tout en invitant à une réflexion sur leur signification dans le contexte tunisien actuel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’un document académique, cet ouvrage se veut une œuvre visuelle et narrative, conçue pour interpeller et nourrir des débats sur la pérennité de l’esprit révolutionnaire en Tunisie.&nbsp; Cette rencontre, au cours de laquelle Hichem Abdessamad partagera son analyse et son vécu, produits de cette enquête, sera également un moment de solidarité avec ceux qui, malgré les obstacles, continuent de s’engager pour défendre les acquis de la révolution.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="ثورة مرت من هنا، جمنة، سمّامة، الهوايدية..." width="1160" height="653" src="https://www.youtube.com/embed/-Zr5O74wtck?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/08/rencontre-a-paris-pour-commemorer-le-11e-anniversaire-de-la-revolution-tunisienne-video/">Rencontre à Paris pour commémorer le 14e anniversaire de la révolution tunisienne (Vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>En Tunisie, la stagnation économique étouffe l&#8217;aspiration démocratique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/en-tunisie-la-stagnation-economique-etouffe-laspiration-democratique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Oct 2024 10:57:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
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		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[Indice de gouvernance Berggruen]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
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		<category><![CDATA[Ucla]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une étude de chercheurs internationaux explique ce qui a amené la Tunisie là où elle est aujourd'hui. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/en-tunisie-la-stagnation-economique-etouffe-laspiration-democratique/">En Tunisie, la stagnation économique étouffe l&rsquo;aspiration démocratique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La situation en Tunisie illustre un défi plus large auquel sont confrontées les démocraties émergentes du monde entier : la nécessité de progrès économiques parallèlement aux réformes politiques, soutiennent des chercheurs dans un <a href="https://ucla.app.box.com/s/4d06cj45pb8ajh3a699f8psfcvdpd3zt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport </a>de la Luskin School of Public Affairs de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla), intitulé « La résurgence autocratique en Tunisie : des réformes politiques sans progrès économiques menacent la démocratie ».</em></strong></p>



<span id="more-14117761"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois célébrée comme la réussite démocratique du Printemps arabe, la Tunisie est désormais confrontée à la sombre possibilité de sombrer dans l’autoritarisme, selon une étude récente de Democracy News Alliance affirmant que le président Kaïs Saïed pourrait renforcer son emprise sur le pouvoir, menaçant d’inverser la tendance et raflant les gains de la <em>«Révolution du Jasmin» </em>de 2011</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qu’est-ce qui a amené la Tunisie là où elle est ? Et pourquoi la stagnation économique a-t-elle étouffé ses aspirations démocratiques? Les chercheurs à l’origine d’un nouveau rapport sur l’Indice de gouvernance Berggruen (BGI) analysent ce qui s’est passé et ce qui pourrait arriver ensuite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de l’année 2010, des manifestations massives ont éclaté en Tunisie, préparant le terrain pour la Révolution du Jasmin. Ce mouvement, déclenché par des protestations publiques contre le gouvernement autocratique de Ben Ali, est devenu l’étincelle du Printemps arabe qui a balayé l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Alors que de nombreux pays voisins ont rapidement connu une guerre civile ou une contre-révolution, la Tunisie s’est imposée comme une lueur d’espoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie hypothéquée par l’économie  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à 2021, la Tunisie a consolidé sa position comme l’une des rares démocraties de la région. Cependant, sous la surface, les défis économiques sont restés non résolus, ouvrant la voie à une crise latente. Malgré les avancées politiques, les difficultés économiques de la Tunisie n’ont pas été solutionnées après la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2010, alors que la démocratie prospérait, les services publics tels que l’éducation, la santé et les infrastructures sont restés faibles. La croissance économique est restée stagnante, comme en témoignent les tendances décevantes du PIB par habitant et l’augmentation inquiétante du chômage et de la pauvreté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5XzSleONhS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/presidentielle-tunisienne-dans-un-climat-particuliere-tendu-afp/">Présidentielle tunisienne «dans un climat particulière tendu» (AFP)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Présidentielle tunisienne «dans un climat particulière tendu» (AFP) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/presidentielle-tunisienne-dans-un-climat-particuliere-tendu-afp/embed/#?secret=3Q7e3zFByv#?secret=5XzSleONhS" data-secret="5XzSleONhS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’émigration a augmenté régulièrement. La stabilité politique ne s’est pas traduite par une prospérité économique et l’incapacité de fournir des avantages matériels à la population a érodé la confiance dans les institutions démocratiques. La désillusion s’est propagée lorsque les citoyens ont dû faire face aux mêmes difficultés dans un nouveau système politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le rapport, réalisé par des chercheurs de la Luskin School of Public Affairs de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla), du Berggruen Institute de Los Angeles et de la Hertie School, une université de Berlin, en Allemagne, la stagnation économique est due à des facteurs à la fois internes et externes. Sur le plan interne, le gouvernement tunisien a eu du mal à stabiliser une économie post-révolutionnaire. Sur le plan extérieur, la baisse des investissements directs étrangers (IDE) a aggravé la situation, les investisseurs étant devenus méfiants à l’égard de l’environnement politique fragile de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport basé sur le BGI montre que les IDE, qui avaient atteint un sommet de près de 9,5% du PIB sous Ben Ali, se sont effondrés après la révolution, contribuant à la détérioration de l’économie tunisienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Craintes d’un retour à l’autoritarisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président sortant Kaïs Saïed, professeur de droit qui s’est hissé à la tête d’une vague populiste, a remporté la victoire aux élections de 2019, marquant un changement dans la trajectoire politique de la Tunisie. Bien qu’initialement célébré pour avoir défié l’élite, Saïed a rapidement commencé à éroder les fondements démocratiques qui l’avaient porté au pouvoir. En 2021, il a suspendu le Parlement dans ce que beaucoup ont qualifié d’<em>«auto-coup d’État»</em>. Un an plus tard, un référendum constitutionnel a encore élargi ses pouvoirs au détriment du pouvoir législatif, alimentant les craintes d’un retour à l’autoritarisme. Les groupes de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude face au recours croissant à la répression, à l’emprisonnement de dirigeants de l’opposition et à la violence contre les migrants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’étude, la démocratie tunisienne, autrefois vantée, est aujourd’hui au bord de l’effondrement. La répression politique sous le gouvernement de Saïed donne le ton aux élections de 2024, qui, selon les analystes, ne seront qu’une simple formalité pour légitimer son maintien au pouvoir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B5lu1Qiwi4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/">Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/embed/#?secret=zAAEeCFATM#?secret=B5lu1Qiwi4" data-secret="B5lu1Qiwi4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les rapports de Human Rights Watch, les groupes d’opposition sont confrontés à de sévères restrictions et un candidat mène même sa campagne depuis la prison. La répression croissante est particulièrement alarmante alors que la Tunisie est aux prises avec une crise économique qui s’aggrave. Le rejet par le gouvernement d’un prêt de 2 milliards de dollars du Fonds monétaire international en 2023, critiqué par le président Saïed pour ses <em>«dictats»</em>, a été largement considéré comme une décision populiste. Cependant, ce rejet a encore plus isolé la Tunisie d’un soutien financier international vital, la laissant confrontée à des difficultés pour faire face à ses difficultés économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les citoyens font face à une hausse du chômage, de l’inflation et de l’insécurité alimentaire, les perspectives d’une reprise démocratique semblent sombres. La situation en Tunisie offre une dure leçon sur la relation entre démocratie et développement économique. Selon l’indice de gouvernance Berggruen, les pays dotés de démocraties plus fortes bénéficient souvent d’un niveau de vie plus élevé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, dans le cas de la Tunisie, la démocratie n’a pas réussi à produire les dividendes économiques escomptés. Cet échec est en partie dû aux difficultés inhérentes aux démocraties en développement, où la pression publique en faveur de la consommation immédiate peut entraver les investissements à long terme nécessaires à une croissance durable. En outre, l&rsquo;incertitude économique en Tunisie a dissuadé les investisseurs étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation précaire de l’économie tunisienne a des conséquences directes sur ses citoyens. L’emploi précaire est en augmentation et la proportion de personnes souffrant de malnutrition est revenue à des niveaux jamais vus depuis la révolution. La crise économique a alimenté le mécontentement social et, sans solutions claires en vue, le pays risque encore davantage d’instabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation en Tunisie illustre un défi plus large auquel sont confrontées les démocraties émergentes du monde entier : la nécessité de réformes politiques et de progrès économique, écrivent les chercheurs dans leur rapport. Lorsque les gouvernements ne parviennent pas à améliorer le niveau de vie, les citoyens peuvent perdre leurs illusions à l’égard de la démocratie, créant ainsi une opportunité permettant aux dirigeants autoritaires de consolider leur pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://ucla.app.box.com/s/4d06cj45pb8ajh3a699f8psfcvdpd3zt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lire le rapport en anglais.</a></em></strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/en-tunisie-la-stagnation-economique-etouffe-laspiration-democratique/">En Tunisie, la stagnation économique étouffe l&rsquo;aspiration démocratique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Pourquoi la Tunisie a perdu confiance en la démocratie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/24/pourquoi-la-tunisie-a-perdu-confiance-en-la-democratie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 06:44:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[décret-loi n° 54]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[sonia dahmani]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les Tunisiens ont-ils perdu la conviction qu’un système démocratique est préférable pour parvenir à la prospérité économique ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/24/pourquoi-la-tunisie-a-perdu-confiance-en-la-democratie/">Pourquoi la Tunisie a perdu confiance en la démocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pour de nombreux acteurs de la société tunisienne, les années post-Ben Ali ont été principalement marquées par une succession de crises économiques et d’instabilité politique.</em></strong><em> (Illustration : Liberté pour Sonia Dahmani. Ph. Getty Image).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jasmine Khelil </strong>*</p>



<span id="more-13617474"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/Yasmine-Khelil.jpg" alt="" class="wp-image-13617485" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/Yasmine-Khelil.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/Yasmine-Khelil-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/Yasmine-Khelil-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le 11 mai 2024, des policiers tunisiens masqués ont fait irruption dans la Maison des Avocats, siège de l’Ordre des Avocats et ont arrêté <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/09/tunisie-amnesty-demande-labandon-des-charges-et-la-liberation-de-sonia-dahmani/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sonia Dahmani</a>. L’éminente avocate a été arrêtée pour un commentaire qu’elle avait fait en direct à la télévision dans lequel elle remettait en question la politique anti-migrants du président Kaïs Saïed et son affirmation selon laquelle les migrants subsahariens – dont les études montrent qu’ils ont généralement des vues tournées vers l’Europe – souhaitent rester en Tunisie. Il s’agit de l’une des nombreuses mesures répressives prises par le régime de Saïed depuis sa prose de pouvoir en 2021. De telles mesures ont amené de nombreuses personnes, notamment hors de Tunisie, à se demander comment la transition tant vantée du pays vers la démocratie a dégénéré en un régime autoritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la réponse est claire pour quiconque y prête attention. La transition démocratique en Tunisie n’a jamais réussi. En fait, elle a à peine démarré. Depuis 2011, lorsque des manifestations populaires ont renversé le président Zine El-Abidine Ben Ali, les gouvernements successifs aux opinions politiques différentes ont promis davantage de possibilités d’emploi pour les jeunes et un avenir politiquement stable. En réalité, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est passée de 3,5% entre 2000 et 2010 à 1,7% entre 2011 et 2019. À mesure que la productivité économique diminuait, les opportunités d’emploi et les conditions de vie des jeunes en particulier se sont considérablement détériorées. En 2005, 13,3% des jeunes étaient au chômage; en décembre 2013, ce chiffre était passé à 31,9%. L’économie tunisienne a continué de souffrir sous la coalition gouvernementale du président Béji Caïd Essebsi avec le mouvement Ennahdha, la dette extérieure du pays atteignant 30,1 milliards de dollars en 2016. Le mouvement islamiste Ennahdha, élu principalement pour la priorité accordée à la prospérité économique, s’est avéré être porteur de promesses vides de sens aux Tunisien.nes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des lunettes roses</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les perspectives étaient bien meilleures en 2011. En janvier de la même année, des millions de Tunisiens sont descendus dans les rues de Tunis pour protester contre le chômage élevé, les mauvaises conditions de vie et les réseaux de corruption et de répression politique redevables à Ben Ali, qui avait gouverné le pays depuis 1987. J’avais dix ans et j’étais assise sur les épaules de mon père lors d’une de ces manifestations. Serrant le drapeau tunisien dans mes mains moites, j’ai scandé <em>«Khobz ou ma, Ben Ali la»</em> (Du pain, de l’eau et pas de Ben Ali) en arabe avec les autres manifestants et j’ai prié pour que la police s’abstienne de nous tirer des gaz lacrymogènes. Plus tard dans le mois, Ben Ali a fui le pays et son régime s’est effondré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution tunisienne a été suivie par une décennie de tentatives de démocratisation, qui ont toutes abouti à des crises économiques et à une instabilité politique. À l’étranger, cependant, les gens ont continué à voir le pays avec des lunettes roses. La Tunisie a été félicitée pour ses premières élections pluralistes, qui ont eu lieu en octobre 2011. Les élections législatives et présidentielles de 2014 ont renforcé la façade démocratique de la Tunisie. Et en 2015, le Quatuor du dialogue national tunisien, une coalition de quatre organisations de la société civile qui a joué un rôle pionnier dans l’élaboration de la constitution de 2014, a reçu le prix Nobel de la paix. Les médias et les hommes politiques occidentaux ont continué de vanter la Tunisie comme un modèle de démocratie dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment la Tunisie peut-elle être considérée comme une démocratie alors que les demandes économiques de millions de personnes ne sont pas satisfaites, voire ignorées? La réponse à cette question est que la<em> «démocratie»</em> d’Ennahdha a été financée par des systèmes de prêts néolibéraux. Les prêts en question provenaient du Fonds monétaire international, de l’Union européenne, du gouvernement américain et du Groupe de la Banque mondiale. Au lieu d’utiliser cet argent pour établir un système de protection sociale ciblant les régions marginalisées, atténuant ainsi la situation économique désastreuse contre laquelle les Tunisiens se déchaînent depuis la révolution, la classe des élites tunisiennes l’a investi dans ses propres entreprises. L’élite comprenait d’anciens amis de Ben Ali qui s’étaient refaits en démocrates, ainsi que des islamistes nouvellement ascendants. Les classes moyennes et ouvrières tunisiennes ont vu leur révolution détournée par cette élite et ses partisans néolibéraux occidentaux. L’écart entre les classes socio-économiques a continué de se creuser. L’espoir s’est transformé en désespoir, entraînant la nostalgie de l’époque de la dictature socialiste du président Habib Bourguiba de 1956 à 1987.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réduction du champ des libertés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, les Tunisiens désillusionnés ont commencé à entretenir l’idée que la démocratie ne pouvait tout simplement pas leur donner ce qu’ils recherchaient en 2011. Saïed en a profité. En 2022, il rédige une nouvelle constitution. Entre autres caractéristiques antidémocratiques, il promulguait le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/11/tunisie-le-snjt-renouvelle-son-appel-pour-le-retrait-du-decret-54/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décret-loi n° 54</a>, qui permettait à l’État d’emprisonner pendant cinq ans ceux qui diffusent de fausses informations et de les punir d’une amende de 50 000 dinars tunisiens (un peu moins de 16 200 dollars). Depuis lors, cette loi et d’autres similaires ont été utilisées contre les personnes en désaccord avec la ligne officielle. La liberté d’expression s’est réduite, conduisant à une situation dans laquelle les arrestations de personnalités de l’opposition sont devenues très fréquentes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="t2QIFQ4ZUS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/11/tunisie-le-snjt-renouvelle-son-appel-pour-le-retrait-du-decret-54/">Tunisie : Le SNJT renouvelle son appel pour le retrait du décret 54</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Le SNJT renouvelle son appel pour le retrait du décret 54 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/11/tunisie-le-snjt-renouvelle-son-appel-pour-le-retrait-du-decret-54/embed/#?secret=el7ZNdgmUL#?secret=t2QIFQ4ZUS" data-secret="t2QIFQ4ZUS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, la Tunisie est au bord d’une crise économique. Pourtant, de nombreux Tunisiens ne soutiennent plus le cadre politique d’une démocratie. Ils ont perdu la conviction qu’un système démocratique est préférable, et encore moins nécessaire, pour parvenir à la prospérité économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, au lieu de reprocher aux Tunisiens de soutenir une dictature afin de bénéficier d’un minimum de stabilité économique, les analystes occidentaux feraient bien de promouvoir la démocratie pour ce qu’elle est réellement : l’amplification des voix opprimées. Si la démocratie n’est pas liée à une économie saine, elle aura peu de preneurs. La démocratie ignore ses propres principes lorsqu’elle soutient uniquement ce qui s’aligne sur la politique néolibérale occidentale et étouffe les voix de la majorité. En fin de compte, la révolution tunisienne de 2011 restera inachevée jusqu’à ce qu’une véritable démocratie soit établie, une démocratie qui tienne avant tout compte des revendications économiques des citoyens tunisiens.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://carnegieendowment.org/middle-east/diwan/2024/07/tunisias-pathway-to-democracy-truth-or-fallacy?lang=en" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diwan</a>.** </p>



<p class="wp-block-paragraph">*<em>Stagiaire de recherche à temps plein au Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Centre.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">** <em>Diwan est un blog du programme Moyen-Orient du Carnegie Endowment for International Peace et du Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Center. Il s’appuie sur les universitaires de Carnegie pour fournir un aperçu et une analyse de la région.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/24/pourquoi-la-tunisie-a-perdu-confiance-en-la-democratie/">Pourquoi la Tunisie a perdu confiance en la démocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie-Emirats : Est-ce la reprise après le dégel ?  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/05/tunisie-emirats-est-ce-la-reprise-apres-le-degel/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/05/tunisie-emirats-est-ce-la-reprise-apres-le-degel/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Aug 2023 08:46:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Cheikh Shakhbout bin Nahyan Al Nahyan]]></category>
		<category><![CDATA[Emirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[mégaprojets]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie attend des Emirats arabes unis un soutien macro-financier consistant pour l'aider à sortir de sa crise financière asphyxiante.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/05/tunisie-emirats-est-ce-la-reprise-apres-le-degel/">Tunisie-Emirats : Est-ce la reprise après le dégel ?  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les Emirats arabes unis ont lancé plusieurs grands projets en Tunisie, qui ont tous été suspendus au lendemain de la chute de l’ancien régime, en 2011. Seront-ils relancés aujourd’hui que la transition démocratique a été mise entre parenthèse, ce qui semble être conforme à leurs désidératas ? Wait and see…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par<strong> Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-9234562"></span>



<p class="wp-block-paragraph">On ne sait pas si ces projets, annoncés en leur temps en grande pompe pour des montants de plusieurs milliards de dollars et qui devaient créer des dizaines de milliers d’emplois, notamment à Tunis, ont été évoqués lors de la rencontre, hier, vendredi 3 août 2023, au palais de Carthage, entre le président Kaïs Saïed et le cheikh Shakhbout bin Nahyan Al Nahyan, membre du cabinet des Emirats arabes unis et ministre d’Etat, mais on peut imaginer que leur sort préoccupe toujours les Tunisiens qui leur ont accordé d’énormes superficies dans des zones stratégiques de la capitale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la lecture du communiqué de la présidence de la république publié à l’issue de la rencontre, on apprend que Saïed a salué le niveau des relations de longue date et la solide coopération entre la Tunisie et les Emirats arabes unis, soulignant la détermination de la Tunisie à poursuivre le renforcement et la diversification de ces relations au profit des deux peuples.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2Yb6zDcLUo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/19/antonio-tajani-a-abou-dhabi-plaide-pour-une-aide-des-emirats-a-la-tunisie/">Antonio Tajani à Abou Dhabi plaide pour une aide des Emirats à la Tunisie  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Antonio Tajani à Abou Dhabi plaide pour une aide des Emirats à la Tunisie   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/19/antonio-tajani-a-abou-dhabi-plaide-pour-une-aide-des-emirats-a-la-tunisie/embed/#?secret=Xt37eOE3gf#?secret=2Yb6zDcLUo" data-secret="2Yb6zDcLUo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Le président a aussi souligné que les bases solides des relations bilatérales sont à l’origine de l&rsquo;établissement de perspectives de partenariat prometteuses dans plusieurs secteurs, notamment les énergies renouvelables, le dessalement, la santé, la transformation numérique, l’éducation, le tourisme et les infrastructures, ainsi que l’encouragement des investissements émiratis dans plusieurs domaines et <em>«la levée des difficultés qui pourraient les entraver»</em>, dans une limpide allusion aux mégaprojets en suspens depuis 2011. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa part, Cheikh Shakhbout bin Nahyan Al Nahyan a souligné que son pays tient à continuer à soutenir la Tunisie dans divers domaines et à lui fournir l’assistance nécessaire pour surmonter les défis auxquels elle est confrontée, indiquant que la délégation qui l’accompagne lors de cette visite discutera avec les autorités tunisiennes compétentes pour identifier des projets communs dans divers domaines afin de commencer leur mise en œuvre dans les meilleurs délais.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sj4JSk1S6R"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/15/tunisie-emirats-le-retour/">Tunisie-Emirats, le retour ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Emirats, le retour ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/15/tunisie-emirats-le-retour/embed/#?secret=5GNtZFZR8s#?secret=sj4JSk1S6R" data-secret="sj4JSk1S6R" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du langage diplomatique habituel, on peut estimer que le courant passe mieux entre les dirigeants des deux pays, que les Emirats semblent mieux disposés à l’égard de notre pays et que les réserves qu’ils avaient vis-à-vis de la transition démocratique, parce qu’elle était conduite par le parti islamiste Ennahdha qu’ils abhorraient, sont en passe d’être dissipées sinon mises momentanément en veilleuse. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les responsables tunisiens, pour leur part, attendent de leurs <em>«frères émiratis»</em> plus que la relance des mégaprojets en suspens : un soutien macro-financier qui, ajouté au récent <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/20/larabie-saoudite-octroie-un-pret-et-un-don-dune-valeur-de-500-millions-de-dollars-a-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">crédit de 500 millions de dollars</a> accordé par l&rsquo;Arabie saoudite, permettrait à la Tunisie de boucler son budget pour l’exercice en cours et de relancer son économie en panne, tout en se passant, si possible, des aides du Fonds monétaire international (FMI) et des bailleurs de fonds occidentaux aux conditionnalités inacceptables.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rBdvoAyeAu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/20/larabie-saoudite-octroie-un-pret-et-un-don-dune-valeur-de-500-millions-de-dollars-a-la-tunisie/">L&rsquo;Arabie Saoudite octroie un prêt et un don d&rsquo;une valeur de 500 millions de dollars à la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;Arabie Saoudite octroie un prêt et un don d&rsquo;une valeur de 500 millions de dollars à la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/20/larabie-saoudite-octroie-un-pret-et-un-don-dune-valeur-de-500-millions-de-dollars-a-la-tunisie/embed/#?secret=s4Ur1T6C0q#?secret=rBdvoAyeAu" data-secret="rBdvoAyeAu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/05/tunisie-emirats-est-ce-la-reprise-apres-le-degel/">Tunisie-Emirats : Est-ce la reprise après le dégel ?  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 08:03:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[armée tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Brookings]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[Sharan Grewal]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rôle de l’armée tunisienne dans ce qu’il considère comme le coup d’État de Kaïs Saïed, selon Sharan Grewal.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/">Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans son livre, <a href="https://global.oup.com/academic/product/soldiers-of-democracy-9780198873518?cc=gb&amp;lang=en" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Soldiers of Democracy&nbsp;? Military Legacies and the Arab Spring’’ </a>(«Soldats de la démocratie ? Héritages militaires et le printemps arabe»), Sharan Grewal, boursier non résident au think tank américain Brookings, examine le rôle de l’armée tunisienne dans ce qu’il considère comme le coup d’État de Kaïs Saïed, montrant comment les normes, les intérêts et la politique de l’armée ont façonné son comportement.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par<strong> Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-9156075"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps saluée pour son professionnalisme, l’armée tunisienne a aidé le président Kaïs Saïed à prendre le pouvoir le 25 juillet 2021, en fermant le parlement. Des tribunaux militaires ont depuis poursuivi des dissidents, tandis que le pays recule vers l’autoritarisme, estime Sharan Grewal, qui a pris part à la <a href="https://www.brookings.edu/events/soldiers-of-democracy-the-tunisian-military-and-the-presidential-coup/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discussion virtuelle</a> sur les conclusions de son nouveau livre et l’évolution de l’armée tunisienne, organisée par le Center for Middle East Policy de Brookings, le 25 juillet 2023, deux ans après la prise de pouvoir de Saïed.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les panélistes ayant participé à cette discussion diffusée en ligne sont Suzanne Maloney, vice-présidente et directrice des relations extérieures à Brookings, Sharan Grewal, chercheur non-résident au Center for Middle East Policy, Mohamed Dhia Hammami, doctorant à Syracuse University, Eya Jrad, chargée de recherche au Nato Defense College, et Erin Clare Brown, rédactrice Afrique à <em>New Lines Magazine</em>. Ils ont examiné des questions clés telles que pourquoi l’armée a accepté de fermer le parlement, comment les relations entre civils et militaires évoluent aujourd’hui et les implications pour la politique américaine vis-à-vis de la Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;armée tunisienne n&rsquo;a jamais dit « Non » au président </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous contenterons dans cet article de rapporter certaines analyses de Sharan Grewal à propos de ces questions. Selon le chercheur, trois raisons principales expliquent les positions de l’armée qui l’ont amenée à fermer le parlement et à soutenir le processus initié par Saïed.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«L’armée tunisienne a soutenu la démocratie au début de la transition démocratique, avant de la lâcher ensuite, et cela à de quoi surprendre et susciter des interrogations. L’armée a soutenu la démocratie au début du processus quand elle a refusé de donner suite aux appels au coup d’Etat lancés en 2013, pourquoi a-t-elle donc accepté de faciliter le coup d’Etat de Kaïs Saïed et de contribuer ainsi à l’opération de démantèlement de la démocratie, en jugeant les civils dans ses tribunaux et en aidant à expulser des immigrés africains?»</em>, se demande Grewal.*  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur, qui a discuté de ces questions avec de hauts gradés de l’armée tunisienne à la retraite, affirme avoir identifié trois facteurs déterminants qui ont amené l’armée à respecter les ordres de Kaïs Saïed. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Ce que l’armée a fait ne dénote pas d’un grand professionnalisme, parce que le professionnalisme signifie l’application des ordres émanant du chef de l’exécutif, sauf ceux qui sont illégaux ou non constitutionnels. Or, la fermeture du parlement était un acte non-constitutionnel»</em>, estime le chercheur. Il explique : <em>«L’article 80</em> (de la constitution de 2014, en vertu duquel Kaïs Saïed a décidé le limogeage du chef du gouvernement Hichem Mechichi, le gel des travaux du parlement et la proclamation de l’état d’exception, Ndlr) <em>stipule la poursuite des travaux de l’Assemblée. Cette décision de fermeture est incompréhensible, car le président est lui-même professeur de droit constitutionnel. L’armée n’a pas examiné la constitution de 2014, et n’a pas étudié l’article 80 et les limitations qu’il stipule. Et à ce moment-là, elle n’a pas fait preuve de neutralité. Il n’y avait aucune partie que l’armée pouvait consulter à ce sujet, car il n’y avait pas de Cour constitutionnelle et il n’y avait pas de juristes qualifiés pour donner un avis autorisé au sein du ministère de la Défense.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un autre plan, Grewal s’inscrit en faux contre la<em> «fable»</em> selon laquelle le général Rachid Ammar aurait dit <em>«Non»</em> à Ben Ali, estimant que l’armée tunisienne n’a pas d’antécédent dans ce domaine : elle n’a jamais dit <em>«Non» </em>à aucun président. <em>«L’armée n’avait pas la connaissance nécessaire lui permettant de considérer que l’ordre de Kaïs Saïed</em> (de fermer le parlement, Ndlr) <em>était inconstitutionnel. L’application des ordres de Saïed s’inscrit aussi dans la culture de l</em>&lsquo;<em>obéissance</em> <em>aux ordres du président et l&rsquo;adoption de son interprétation de l’article 80. Elle s&rsquo;inscrit aussi dans la volonté de l&rsquo;armée de rester hors du champ politique»</em>, explique Grewal. Qui poursuit : <em>«L’un des généraux me l’a dit : « Nous avons dit oui au président à ce moment-là parce que nous suivons les instructions. Si nous avions dit non au président, cela aurait été interprété comme une ingérence dans les affaires politiques’’»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une neutralité rompue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur souligne un autre facteur déterminant&nbsp;: selon lui, <em>«les généraux de l’armée tunisienne ont adopté les thèses populistes du président et sa théorie sur le nécessaire assainissement du système politique. Et cela s’explique par l’histoire de l’armée tunisienne qui s’est toujours tenue à l’écart de la politique. Mais lorsqu’elle a vu la politique de près au cours de la transition démocratique, celle-ci leur est apparue comme l’incarnation du désordre et de l’incompétence. Elle a compris que les partis politiques œuvrent pour leurs propres intérêts pour remporter les élections».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Grewal affirme que les généraux avec lesquels il a discuté en 2019 et 2020 répétaient tous les discours de Saïed selon lesquels tous les partis politiques sont corrompus, que la démocratie exigeait des partis intègres et que ces partis étaient inexistants en Tunisie. Et il estime qu’une telle position est en contradiction avec le principe de neutralité que ces généraux prétendent observer. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«En vérité, cette position est éminemment politique»</em>, souligne-t-il, en affirmant que l’amélioration de la situation générale de l’armée au lendemain de la révolution de 2011, la nomination de plusieurs hauts gradés militaires dans des postes importants au sein de l’Etat et la confiance dont jouit généralement l’armée auprès de l’opinion publique ont aussi joué un rôle déterminant dans toutes ces évolutions, dont a profité Kaïs Saïed pour avoir le soutien de l’armée. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* La participation de l&rsquo;armée à l&rsquo;expulsion des migrants n&rsquo;est pas prouvée. Ce sont les forces de sécurité qui ont mené cette mission. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/">Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>A paraître : ‘‘L’éthique des révolutions’’ selon Yadh Ben Achour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jun 2023 09:01:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Hiror]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
		<category><![CDATA[Yadh Ben Achour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouvel essai politique de Yadh Ben Achour, ‘‘L’éthique des révolutions’’ paraîtra le 10 juin 2023. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/07/a-paraitre-lethique-des-revolutions-selon-yadh-ben-achour/">A paraître : ‘‘L’éthique des révolutions’’ selon Yadh Ben Achour</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le nouvel essai politique de Yadh Ben Achour, ‘‘L’éthique des révolutions’’ paraîtra le 10 juin 2023 chez AC Editions, à Tunis (352 pages ; prix : 30 dinars).</em></strong></p>



<span id="more-8262693"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce nouvel ouvrage, le professeur de droit public, ancien président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (Hiror), qui a conçu et mis en œuvre la transition démocratique en Tunisie au lendemain de la chute du régime de Ben Ali en 2011, tentera de répondre aux questions suivantes&nbsp;: De quoi les révolutions sont-elles le nom&nbsp;? De quelle impulsion, de quel désir de l&rsquo;humanité sont-elles la marque&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette somme considérable, Yadh Ben Achour examine le phénomène révolution, depuis sa conceptualisation à sa mise en œuvre. Croisant de nombreux exemples, il développe sa théorie&nbsp;: les révolutions seraient mues par une éthique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/07/a-paraitre-lethique-des-revolutions-selon-yadh-ben-achour/">A paraître : ‘‘L’éthique des révolutions’’ selon Yadh Ben Achour</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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