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	<title>Archives des urbanisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des urbanisme - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Un pays qui coule</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 07:50:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[infrastructure]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Sadok Lejri]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Destructions provoquées par deux jours de fortes pluies dans le paysage urbain d’une Tunisie en mal de planification et de gouvernance.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les destructions provoquées par deux jours de pluies torrentielles dans le paysage urbain d’une Tunisie en mal de planification, de gouvernance et de compétence sont la marque d’un pays qui a mal évolué en laissant s’aggraver toutes les tares de sa population : égoïsme, laisser-aller et corruption à tous les étages. C&rsquo;est tout un pays qui coule, au propre et au figuré. </em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Sadok Lejri</strong></p>



<span id="more-18268011"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure>
</div>


<p>Notre conception de l’infrastructure est digne d’un pays de bédouins au climat désertique : égouts de dimension réduite, mauvaise gestion des eaux pluviales etc. Les constructions se font le plus souvent au mépris des règles d’urbanisme, les quartiers spontanés pullulent comme des champignons, la prolifération des constructions anarchiques dure depuis plusieurs décennies et ont transformé ce pays en un gigantesque bidonville. La corruption bat son plein dans le secteur du bâtiment, les malversations et la corruption gangrènent l‘activité de construction routière, les gens sont crasseux et salissent tous les endroits qu’ils fréquentent en y laissant des tonnes de déchets…</p>



<p>Bref, ce pays a été détruit miette à miette par des constructions aussi hideuses qu’anarchiques édifiées à coups de pots-de-vin et de passe-droits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un désastre administratif</h2>



<p>Population, journaleux et animateurs de plateau placent, à chaque fois, les dirigeants de ce pays sur le banc des accusés pour leur imputer la responsabilité des dégâts occasionnés par les pluies qui s’abattent ponctuellement sur la Tunisie. Quand une région est touchée par des intempéries majeures, on entend souvent des gens hurler : <em>«Que fait le maire ? Où est passé le délégué régional ?»</em> En réalité, à part limiter les dégâts, l’Etat et ses représentants ne peuvent pas faire grand-chose pour les victimes. En effet, irresponsabilité, égoïsme et grand n’importe quoi s’entremêlent fangeusement depuis plusieurs générations.</p>



<p>La chose à laquelle nous assistons depuis deux jours n’est pas vraiment un événement climatique et ne relève pas du registre du phénomène naturelle – et encore moins de la catastrophe naturelle –, mais du désastre administratif.</p>



<p>Les esprits irrationnels et moyenâgeux rongés par la superstition aiment bien invoquer la <em>«colère divine»</em> pour y trouver une explication, mais ces inondations ne sont que le résultat prévisible d&rsquo;une bétonisation effrénée. En effet, quand on remplace les zones d&rsquo;absorption par des logements spontanés et des complexes immobiliers anarchiques, l’eau ne fait que reprendre ses droits sur le ciment du mépris.</p>



<p>Avant de couler sous l’eau, ce pays coulait sous le poids d’une corruption qui a transformé les règles d’urbanisme en simples suggestions, en théories sans application concrète. Chaque maison inondée est un monument à l’absence de rigueur et au non-respect des lois (loi organique, loi de la nature…). Chaque quartier inondé est un monument à l’inexistence de la culture de l’urbanisme et du bâtiment, chaque zone sinistrée par des pluies torrentielles est un monument à l’impunité environnemental et à l’urbanisme suicidaire. Chaque véhicule renversé est un monument au bétonnage corrompu, à la négligence criminelle et à la cécité volontaire. La médiocrité, l’irresponsabilité et la culture de l’à-peu-prisme (<em>«ti barra bark !»</em>) et des pots-de-vin sont une seconde nature chez nous ; elles ont encore de beaux jours devant elles.</p>



<p>D’aucuns ont sacrifié l’avenir du territoire sur l’autel du profit immobilier. Aujourd’hui, les Tunisiens paient en boue et en larmes le prix de leur conception bédouine et court-termiste de l’urbanisme, ils paient aussi le prix de la cupidité des décideurs qui ont délivré des permis de construire indûment. A force de fermer les yeux durant plusieurs décennies sur ces violations et dérives, le bétonnage sauvage est devenu la norme en Tunisie et des villes entières ont été construites sans la moindre notion d’urbanisme.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18268181" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Inondations-Tunisie-Janvier-2026.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un pays qui s’effondre</h2>



<p>Vous remarquerez que le centre-ville de Tunis, malgré son engorgement et une concentration urbaine asphyxiante, même s’il subit le contrecoup de la croissance urbaine et de l’extension chaotique de la capitale, échappe plus ou moins aux foudres de la nature vengeresse. Il en est de même pour les vieux quartiers de Tunis sis à proximité du centre-ville tels que Mutuelleville, Alain Savary, Franceville/El Omrane, Notre Dame, El Menzah… Ces derniers témoignent d&rsquo;une ordonnance urbaine rigoureuse, régie par les canons architecturaux de l’époque.</p>



<p>En revanche, les nouveaux quartiers surcotés comme El Aouina, El Ouahat (Les Oasis), Aïn Zaghouan, Raoued, La Soukra, Ennasr, Chotrana, etc., ne bénéficient pas de cette harmonie architecturale née d&rsquo;une bonne maîtrise des règles de construction. Bien que les nouveaux bâtiments soient clinquants, ça reste du toc. Ils ont vu le jour dans le cadre d’une course effrénée au bétonnage qui ne s’encombre d’aucune autre considération que celle du béton et du prix du mètre carré. Il serait inutile de s’attarder encore sur les constructions anarchiques qui constituent une véritable pollution visuelle et qui continuent de défigurer le paysage urbain et de défier la nature.</p>



<p>Ainsi, <em>«chya3mel el wali ? winou el moôtmed ?»</em> continueront de fuser après chaque inondation.</p>



<p>Une politique de grands travaux doit être menée sur l’ensemble du territoire et une politique de décentralisation s’impose pour désengorger la capitale, laquelle s’est bidonvillisée, en créant un chef-lieu dans chaque gouvernorat et en métamorphosant toute la région Est du pays. Pour ce faire, il faut beaucoup d’argent, beaucoup de travail, des stratèges, des planifications urbaines et régionales, beaucoup de conscience professionnelle et s’élever au-dessus des bassesses et des mesquineries quotidiennes : corruption, malhonnêteté, cupidité, médiocrité, fatuité mal à propos et la liste des <em>«vertus»</em> est encore longue, lesquelles <em>«vertus»</em>, mises l’une à côté de l’autre, sont capables de provoquer l’effondrement de tout un pays, au sens propre comme au sens figuré.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Plan directeur de la mobilité urbaine dans le Grand Tunis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/plan-directeur-de-la-mobilite-urbaine-dans-le-grand-tunis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 10:55:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[mobilité individuelle]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vers l'élaboration  d'un plan stratégique pour une mobilité durable, plus équilibrée, moins polluante et plus inclusive dans le Grand Tunis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/plan-directeur-de-la-mobilite-urbaine-dans-le-grand-tunis/">Plan directeur de la mobilité urbaine dans le Grand Tunis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’</em></strong><strong><em>Agence d’urbanisme du Grand Tunis (Augt)</em></strong><strong><em>, sous la tutelle du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, a annoncé le lancement d’une enquête de terrain auprès des ménages sur la mobilité individuelle dans les quatre gouvernorats du Grand Tunis (Tunis, Ariana, Manouba et Ben Arous). Cette enquête se déroulera de début janvier à fin mars 2026.</em></strong></p>



<span id="more-18177952"></span>



<p>Les agents chargés de rendre visite aux familles incluses dans l&rsquo;enquête le feront en soirée (à partir de 16h00) afin de recueillir des données sur leurs déplacements quotidiens.</p>



<p>Il s&rsquo;agit de créer un plan stratégique pour une mobilité durable, plus équilibrée, moins polluante et plus inclusive, en intégrant transports publics (métro léger, bus, train), modes doux et solutions numériques, pour mieux gérer les défis d&rsquo;une agglomération complexe. L&rsquo;objectif est de repenser l&rsquo;offre et la demande de transport, réduire les embouteillages et la pollution, et améliorer la qualité de vie des citoyens. </p>



<p>Cette enquête vise à recueillir les données nécessaires à l’élaboration du <em>«Modèle directeur de la mobilité urbaine dans le Grand Tunis»</em>, réalisé par l’Agence en coopération avec l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), qui contribuera à la mise en place d’un système de transport et de mobilité urbain sophistiqué, sûr, intégré et durable, répondant aux besoins des différents groupes sociaux.</p>



<p>Il s&rsquo;agit de créer un plan stratégique pour une mobilité durable, plus équilibrée, moins polluante et plus inclusive, en intégrant transports publics (métro léger, bus, train), modes doux et solutions numériques, pour mieux gérer les défis d&rsquo;une agglomération complexe. </p>



<p>L&rsquo;objectif est de repenser l&rsquo;offre et la demande de transport, réduire les embouteillages et la pollution, et améliorer la qualité de vie des citoyens. </p>



<p>Cette enquête comprend un échantillon représentatif de 7 000 familles issues des gouvernorats du Grand Tunis, sélectionnées selon une méthodologie statistique scientifique.</p>



<p>Il restera à espérer qu&rsquo;une fois élaborés et adoptés, lesdits stratégie et plan ne resteront pas dans les tiroirs de ces messieurs de l&rsquo;administration publique et trouveront le chemin de la mise en œuvre effective.  </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bâtir la cité intérieure &#124; Pour un urbanisme du lien social</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/batir-la-cite-interieure-pour-un-urbanisme-du-lien-social/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 09:53:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[croissance démographique]]></category>
		<category><![CDATA[logement de masse]]></category>
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		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
		<category><![CDATA[vivre ensemble]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il devient urgent de réinterroger les choix urbanistiques de la Tunisie pour qu’ils reflètent une vision humaine de la ville </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/batir-la-cite-interieure-pour-un-urbanisme-du-lien-social/">Bâtir la cité intérieure | Pour un urbanisme du lien social</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Il devient urgent de réinterroger les choix urbanistiques de la Tunisie pour qu’ils reflètent une vision humaine de la ville — non pas une juxtaposition d’appartements, mais une communauté vivante. Car l’architecture peut fabriquer du lien social, comme elle peut aussi le détruire.</em></strong> <em>(Ph. Médina de Tunis : créer du lien social). </em></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *</p>



<span id="more-17699011"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Nos villes sont les miroirs silencieux de nos âmes collectives. Elles révèlent notre rapport à l’autre, au temps, à la nature. Ce que nous appelons <em>«urbanisme»</em> n’est pas qu’un exercice d’ingénierie : c’est une mise en forme de notre société, une écriture invisible qui traduit nos valeurs.</p>



<p>La Tunisie, comme beaucoup de nations en mutation rapide, a vu son paysage urbain se transformer en quelques décennies : des médinas humaines et poreuses, nous sommes passés à des banlieues standardisées, où l’anonymat est devenu la règle. Derrière les murs des immeubles collectifs, chacun vit replié sur soi, tandis que les rues, autrefois lieux de sociabilité, se réduisent à de simples couloirs de transit.</p>



<p>Pourtant, l’habitat peut être un ferment de fraternité. La disposition des maisons, la présence d’une cour, d’un banc ou d’un arbre peut inviter à la rencontre. Mal pensée, l’architecture isole ; bien pensée, elle relie. Il devient donc urgent de réinterroger nos choix urbanistiques pour qu’ils reflètent une vision humaine de la ville — non pas une juxtaposition d’appartements, mais une communauté vivante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’urbanisme : science de l’espace, science du vivre ensemble</h2>



<p>L’urbanisme ne se limite pas à dessiner des rues et des bâtiments. Il organise la cohabitation des individus et modèle leurs comportements. Henri Lefebvre, dans ‘‘<em>Le Droit à la ville’’</em> (1968), insistait sur le fait que l’espace urbain n’est jamais neutre : il est le produit d’un rapport social. L’urbaniste ne trace pas seulement des plans, il définit les conditions de la vie collective.</p>



<p>Jane Jacobs, dans ‘‘<em>The Death and Life of Great American Cities’’</em> (1961), a montré que la vitalité d’un quartier dépend de la présence d’espaces mixtes et d’activités diverses. Les rues animées, disait-elle, sont les plus sûres parce qu’elles sont <em>«</em>surveillées<em>»</em> naturellement par les habitants : <em>«Eyes on the street<a>»</a></em>. À l’inverse, les grands ensembles isolés, fruits d’une vision technocratique de la ville, ont engendré la désocialisation.</p>



<p>Le Corbusier, dans ‘‘<em>La Charte d’Athènes’’</em> (1943), rêvait de villes fonctionnelles et géométriques, séparant rigoureusement les zones d’habitation, de travail et de loisirs. Ce modèle, séduisant sur le papier, a souvent produit dans la réalité des espaces sans âme.</p>



<p>Les théoriciens contemporains comme Françoise Choay (‘‘<em>L’Urbanisme, utopies et réalités’’</em>, 1965) ou Richard Sennett (‘‘<em>Building and Dwelling: Ethics for the City’’</em>, 2018) rappellent que l’urbanisme doit redevenir une éthique du vivre-ensemble. La ville est d’abord un organisme social, et son architecture doit refléter cette vocation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie urbaine : du village au bloc de béton</h2>



<p>Jusqu’aux années 1960, les villes tunisiennes étaient des mosaïques humaines. Les médinas, avec leurs ruelles étroites, favorisaient la rencontre et la solidarité. Les maisons s’ouvraient sur des patios intérieurs, véritables cœurs battants où s’exprimait l’équilibre entre intimité et convivialité.</p>



<p>Mais la modernisation postindépendance a bouleversé cet équilibre. Sous l’effet de la croissance démographique et des politiques de logement de masse, on a vu surgir des cités entières à la périphérie des grandes villes : blocs d’immeubles identiques, sans âme, ni verdure, ni cœur communautaire. Ce fut la victoire du modèle <em>«fonctionnel»</em> sur l’humain.</p>



<p>Ces <em>«cités sociales»</em> étaient pensées pour loger, non pour relier. L’urbaniste tunisien Ali Ben Salem notait déjà dans les années 1980 que <em>«la cité devient un refuge sans horizon, où l’habitant perd jusqu’à la mémoire du voisinage»</em>. Les équipements collectifs promis ne voient souvent pas le jour ; les espaces publics se dégradent ; les habitants vivent dans un anonymat que rien ne vient compenser.</p>



<p>Et pourtant, dans les villages tunisiens — Testour, Mahdia ou Houmt Souk — la convivialité demeure une seconde nature. Les gens s’y saluent, s’assoient sur le pas de la porte, partagent un café. La structure même du bâti, à échelle humaine, rend cette interaction possible. Elle enseigne une vérité simple : l’architecture peut fabriquer du lien social, mais elle peut aussi le détruire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l’architecture façonne la psychologie sociale</h2>



<p>L’espace habité agit sur la psychologie de l’individu. Les chercheurs en psychologie environnementale, comme David Canter ou Roger Barker, ont démontré que la configuration spatiale influence la manière dont les gens se comportent, communiquent et perçoivent autrui.</p>



<p>Un espace lumineux et végétalisé incite à la détente ; une rue ombragée encourage la promenade ; un hall froid et vide provoque la fuite. L’absence de lieux de transition entre le public et le privé — cour, jardin, perron — engendre des existences confinées.</p>



<p>Les anciens habitats tunisiens avaient compris cette nécessité. Le patio, la terrasse, le banc à l’entrée de la maison jouaient le rôle d’espaces médiateurs. Ils permettaient de voir sans être vu, d’échanger sans être exposé. En supprimant ces zones intermédiaires, l’architecture moderne a créé des <em>«non-lieux»</em>, pour reprendre le terme de Marc Augé (‘‘<em>Non-Lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité’’</em>, 1992).</p>



<p>Ces espaces neutres — parkings, ascenseurs, halls impersonnels — ne favorisent ni la rencontre ni l’attachement. Or, la qualité d’une société se mesure aussi à sa capacité à offrir des lieux de gratuité : des endroits où l’on n’achète rien, où l’on se croise simplement, où la parole circule.</p>



<p>La psychologie collective tunisienne souffre aujourd’hui d’une architecture qui segmente. Nos villes produisent plus d’isolement que de voisinage. Le <em>«vivre ensemble»</em> ne se décrète pas : il se construit, pierre après pierre, autour d’espaces qui encouragent la rencontre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Construire autrement : vers un urbanisme relationnel</h2>



<p>Face à la crise du lien social urbain, de nombreuses villes à travers le monde ont entrepris de repenser la manière de bâtir. On parle désormais d’urbanisme relationnel, où la priorité n’est plus la densité mais la qualité de la relation humaine.</p>



<p>À Medellín (Colombie), les autorités ont transformé les quartiers pauvres en y implantant bibliothèques publiques, jardins suspendus, écoles d’art et téléphériques reliant les collines au centre. Le sociologue Javier Echeverri parle de <em>«reconstruction du tissu moral par la beauté»</em>. La criminalité a baissé, la fierté citoyenne a renaît.</p>



<p>À Copenhague, la conception urbaine repose sur la <em>«ville des piétons»</em>. Selon l’architecte Jan Gehl (‘‘<em>Cities for People’’</em>, 2010), marcher, s’asseoir, observer, sont des actes fondateurs de la démocratie urbaine. Plus une ville encourage ces gestes simples, plus elle est humaine.</p>



<p>À Barcelone, le modèle des <em>superilles</em> (superblocs) a redonné aux habitants la maîtrise de leurs rues. La circulation automobile y est restreinte, les places publiques redeviennent des espaces de jeux et de dialogue.</p>



<p>Ces exemples montrent que la réussite d’une politique urbaine ne se mesure pas seulement au nombre de logements construits, mais à la qualité du lien social qu’elle engendre. Une cité vivante est un organisme où la mixité sociale, la verdure, la beauté et la convivialité se conjuguent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Repenser les constructions sociales en Tunisie</h2>



<p>La Tunisie connaît aujourd’hui une relance des programmes de logements sociaux. Mais trop souvent, ils reproduisent les erreurs du passé : uniformité, isolement, absence d’espaces partagés. Or, le logement n’est pas une fin en soi : c’est un cadre de vie qui influence l’éducation, la sécurité et même la démocratie locale.</p>



<p>Chaque projet devrait commencer par une étude sociologique :</p>



<p>&#8211; Qui va y habiter ?</p>



<p>&#8211; Quels liens sociaux existent déjà ?</p>



<p>&#8211; Quels usages culturels faut-il préserver ?</p>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p>Un urbanisme socialement intelligent doit intégrer plusieurs éléments essentiels :</p>



<p>&#8211; des espaces communs ouverts et végétalisés;</p>



<p>&#8211; des commerces de proximité et des services intégrés;</p>



<p>&#8211; des écoles, ateliers, cafés culturels et bibliothèques au cœur du quartier ;</p>



<p>&#8211; des formes architecturales diversifiées, favorisant la mixité générationnelle et sociale ;</p>



<p>&#8211; et surtout, la participation des habitants à la conception du projet.</p>



<p>Les architectes tunisiens, nombreux et talentueux, devraient être associés à cette refondation. Des initiatives locales émergent déjà : à Sousse, le projet <em>«Darna»</em> tente d’introduire des cours collectives ; à Tunis, certains collectifs d’architectes proposent des <em>«micro-espaces partagés»</em> dans les zones densifiées. Ces tentatives montrent la voie : la cité doit redevenir un lieu de citoyenneté.</p>



<p>Le philosophe Paul Ricoeur rappelait dans ‘‘<em>L’idéologie et l’utopie’’</em> (1986) que l’espace bâti «donne forme à nos relations sociales». En ce sens, l’État tunisien, les municipalités et les promoteurs portent une responsabilité morale : construire, c’est aussi éduquer.</p>



<p>Les nouvelles constructions sociales ne doivent pas être de simples logements de secours, mais des écoles de coexistence. En y intégrant des jardins communautaires, des ateliers pour enfants, des espaces de rencontre, on y sème la graine de la citoyenneté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bâtir la cité intérieure</h2>



<p>Une société se lit dans ses murs. Une ville qui enferme ses habitants produit des citoyens méfiants ; une ville ouverte, verte et équilibrée engendre la confiance.</p>



<p>La Tunisie a un héritage architectural exceptionnel : nos médinas, nos villages, nos patios témoignent d’un art du lieu où beauté et mesure cohabitaient. Nous n’avons pas besoin de revenir au passé, mais d’en extraire la leçon : l’harmonie entre l’individuel et le collectif.</p>



<p>Bâtir des maisons, ce n’est pas seulement couler du béton, c’est façonner des comportements. Si nos murs sont trop hauts, nous perdrons la voix de nos voisins. Si nos places sont trop grandes et vides, nous perdrons la chaleur des rencontres.</p>



<p>Il faut redonner à l’urbanisme sa dimension éthique. Comme l’écrivait Richard Sennett, <em>«habiter, c’est apprendre à composer avec les autres dans la proximité»</em> (‘‘<em>The Conscience of the Eye’’</em>, 1990).</p>



<p>La Tunisie du futur ne se jugera pas seulement à ses lois ou à ses technologies, mais à la qualité de ses quartiers. Une cité où l’on se salue, où l’on s’assoit sous un arbre, où les enfants jouent ensemble, sera toujours plus forte qu’une cité où l’on se barricade.</p>



<p>Construire pour vivre ensemble, c’est bâtir la cité intérieure — celle où l’humain précède le béton, où chaque maison devient un signe d’ouverture. Si nos urbanistes savent entendre cette leçon, alors nos villes redeviendront des espaces de paix et d’hospitalité.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zunJ1fOjne"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/">L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/embed/#?secret=BFH0c8O6X6#?secret=zunJ1fOjne" data-secret="zunJ1fOjne" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong>Références bibliographiques&nbsp;:</strong></p>



<p>Lefebvre, Henri. <em>Le Droit à la ville.</em> Paris : Anthropos, 1968.</p>



<p>Jacobs, Jane. <em>The Death and Life of Great American Cities.</em> New York : Random House, 1961.</p>



<p>Le Corbusier. <em>La Charte d’Athènes.</em> Paris : Minuit, 1943.</p>



<p>Choay, Françoise. <em>L’Urbanisme, utopies et réalités.</em> Paris : Seuil, 1965.</p>



<p>Sennett, Richard. <em>Building and Dwelling: Ethics for the City.</em> New Haven : Yale University Press, 2018.</p>



<p>Augé, Marc. <em>Non-Lieux : introduction à une anthropologie de la surmodernité.</em> Paris : Seuil, 1992.</p>



<p>Gehl, Jan. <em>Cities for People.</em> Washington : Island Press, 2010.</p>



<p>Ricoeur, Paul. <em>L’idéologie et l’utopie.</em> Paris : Seuil, 1986.</p>



<p>Echeverri, Javier. <em>Urbanismo social en Medellín.</em> Bogotá : Universidad Nacional de Colombia, 2015.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/batir-la-cite-interieure-pour-un-urbanisme-du-lien-social/">Bâtir la cité intérieure | Pour un urbanisme du lien social</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 07:06:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
		<category><![CDATA[architectes citoyens]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[paysage urbain]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui porte la responsabilité du paysage urbain  laid et dégradé dans la plupart des villes tunisiennes ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Alors que nos villes se diluent dans une monotonie inquiétante, que nos quartiers s’étalent sans âme, et que l’espace public se meurt sous les coups conjugués de la spéculation et de la médiocrité, une question s’impose : qui porte la responsabilité de ce paysage urbain laid et en déshérence ?</strong> (<em>Ph. Avenue Hedi Nouira à Ennasr, Ariana)</em>. </p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-17038881"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Depuis trop longtemps, une réponse paresseuse s’imposait dans les cercles professionnels et ui renvoyait la responsabilité de ce gâchis à l’administration publique. L’urbanisme serait entravé par des règlements obsolètes, une bureaucratie aveugle et une corruption rampante. À cela s’ajoute un autre coupable commode : le citoyen, présenté comme ignorant, peu sensible à l’architecture, indifférent à la qualité du cadre de vie.</p>



<p>Mais cette défausse systématique masque une autre vérité, plus inconfortable, plus intime : la démission silencieuse d’une partie du corps des architectes.</p>



<p>C’est dans ce contexte que nous lançons une campagne médiatique nationale, destinée à réveiller les consciences, à exposer les non-dits, et à inviter l’ensemble des acteurs à un sursaut. Il ne s’agit pas de dénoncer pour dénoncer, mais d’appeler à une prise de position lucide, responsable et courageuse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une profession en retrait face à ses obligations</h2>



<p>L’architecte est censé être le garant de la qualité de l’environnement bâti. Pourtant, dans la pratique, trop nombreux sont ceux qui se contentent d’exécuter, de valider, de s’adapter, parfois même de se compromettre. Le paysage urbain actuel — fait de volumes incohérents, de matériaux bas de gamme, d’espaces publics délaissés — ne peut pas être uniquement le fruit de décisions administratives ou de choix imposés. Il est aussi le produit d’une chaîne de renoncements professionnels.</p>



<p>L’architecture, par sa nature, n’est jamais neutre. Elle façonne la société autant qu’elle en émane. Lorsqu’elle devient purement décorative ou réduite à un acte commercial, elle cesse d’être un outil de transformation sociale. Cette dérive n’est pas une fatalité : c’est une posture.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une culture du bâti à reconstruire collectivement</h2>



<p>Il est trop facile de dire que <em>«le citoyen ne comprend pas»</em>. La réalité, c’est qu’on ne lui parle plus. L’architecture est absente des débats publics, exclue des écoles, ignorée par les médias généralistes. Qui porte cette responsabilité sinon nous-mêmes, architectes ? Si notre langage s’est refermé sur lui-même, si nos gestes se sont vidés de sens, alors la distance avec le public n’est pas une fatalité, mais le résultat de notre silence.</p>



<p>C’est pourquoi cette campagne s’adresse également aux citoyens, aux journalistes, aux enseignants, aux urbanistes, aux élus. Nous voulons reconstruire un dialogue, recréer un imaginaire collectif autour de la ville, réaffirmer que l’architecture est une affaire publique, pas une simple affaire d’experts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rempart contre la spéculation foncière</h2>



<p>Dans un contexte où le sol devient une marchandise, où chaque mètre carré est exploité sans vision, l’architecture reste l’un des rares contre-pouvoirs possibles. L’architecte, lorsqu’il assume son rôle, peut ralentir, repenser, proposer d’autres usages, défendre la beauté et la justice spatiale.</p>



<p>Mais cela suppose un engagement, une éthique, un courage. Il ne s’agit pas d’idéalisme, mais de lucidité. Notre métier est politique au sens noble : il engage la cité, il engage notre temps. Le réduire à un service technique, c’est trahir son essence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un appel à la responsabilité partagée</h2>



<p>Nous, architectes citoyens, lançons donc un appel public : aux architectes d’abord, pour qu’ils reprennent la parole, qu’ils assument leurs échecs mais aussi leur potentiel ; à l’administration, pour qu’elle cesse de considérer le projet architectural comme une variable d’ajustement ; aux citoyens, pour qu’ils exigent de meilleurs cadres de vie ; aux médias, pour qu’ils relaient ces enjeux.</p>



<p>Il n’y aura pas de ville durable sans architecture responsable.</p>



<p>Il n’y aura pas de société harmonieuse sans un urbanisme porteur de sens.</p>



<p>Il n’y aura pas de futur commun si nous laissons nos paysages à l’abandon.</p>



<p>* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Os7ipta2Zk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/">L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/embed/#?secret=01ebWYCPgg#?secret=Os7ipta2Zk" data-secret="Os7ipta2Zk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Pour la création d’un ministère de la ville en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/25/pour-la-creation-dun-ministere-de-la-ville-en-tunisie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Aug 2024 09:35:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[architectes]]></category>
		<category><![CDATA[Catu]]></category>
		<category><![CDATA[construction]]></category>
		<category><![CDATA[construction anarchique]]></category>
		<category><![CDATA[maîtres d’ouvrage]]></category>
		<category><![CDATA[paysage urbain]]></category>
		<category><![CDATA[permis de bâtir]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vers la création d'un ministère dédié à la ville pour mettre fin au fléau de la construction anarchique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/25/pour-la-creation-dun-ministere-de-la-ville-en-tunisie/">Pour la création d’un ministère de la ville en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Tout le monde s’accorde à reconnaître le chaos qui règne dans nos villes et villages, et pourtant, au-delà des lamentations, personne n’agit. Ce n’est pourtant pas l’armature juridique qui manque pour cela, comme en témoigne le Code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (Catu).</em></strong></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha</strong> *</p>



<span id="more-13851166"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’article 86 de ce code stipule: <em>«Sont poursuivis devant les juridictions compétentes les maîtres d’ouvrage ainsi que les architectes et les entrepreneurs ou toute personne chargée de l’exécution de travaux entrepris en infraction aux dispositions ou aux servitudes relatives à la situation de la construction, à sa hauteur, à la superficie à construire, ou à l’alignement à observer, si la construction est en bordure d’une route ou d’équipements publics. Les contrevenants aux dispositions visées à l’alinéa premier du présent article sont passibles d’une amende dont le montant varie entre cinq cents (500) dinars et cinq mille (5 000) dinars.»</em></p>



<p>Cependant, l’application de ces dispositions est entravée par le cartel des agents municipaux. Cela nous conduit à proposer que le Catu soit placé sous la tutelle d’un nouveau département, car ni le ministère de l’Équipement, héritier des Travaux Publics, ni celui de l’Intérieur n’ont réussi à assainir nos agglomérations.</p>



<p>Une décision politique de haut niveau doit être prise. La mainmise du cartel des permis de bâtir est facile à combattre, mais la volonté politique fait défaut. En effet, s’opposer à ces fonctionnaires les empêcherait de compléter leurs revenus. Pourtant, la solution existe. Le même Catu oblige tous les maîtres d’ouvrage à obtenir un permis de bonne exécution conforme au permis de bâtir.</p>



<p>Le politique empêche par sa nonchalance les architectes d’agir véritablement sur le paysage urbain.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uj82DoUGvE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/12/ghar-el-melh-chronique-dun-riche-patrimoine-massacre/">Ghar El-Melh : Chronique d&rsquo;un riche patrimoine massacré</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ghar El-Melh : Chronique d&rsquo;un riche patrimoine massacré » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/12/ghar-el-melh-chronique-dun-riche-patrimoine-massacre/embed/#?secret=ZRibbrA7IK#?secret=uj82DoUGvE" data-secret="uj82DoUGvE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces derniers jours, j’ai reçu comme invitée une étudiante belge, amie de ma fille. Bien sûr, je lui ai fait visiter uniquement nos quartiers cossus. Elle trouve notre pays chaleureux, accueillant et surtout beau. Cela démontre que la faute ne vient pas des architectes, mais d’un laxisme général qui est devenu une culture.</p>



<p>Chaque architecte a suivi au moins six années d’études rigoureuses et coûteuses, souvent ponctuées de nuits blanches. Pourtant, en fin de compte, beaucoup se retrouvent face à l’échec. Il faut admettre que nous sommes dans une crise culturelle, et non économique.</p>



<p>Le sommet du pouvoir nous parle de construire ce pays. Je me demande comment cela est-il possible sans les bâtisseurs des civilisations. Nous ne voulons pas devenir comme les pays du Golfe, mais plutôt rester un beau pays construit par ses enfants, avec les moyens dont ils disposent. Malheureusement, d’autres pays profitent de nos compétences qui sont contraints d&rsquo;émigrer.</p>



<p>Monsieur le Président, nous vous demandons de prendre la sage décision de créer un ministère dédié à la ville, car constitutionnellement, vous êtes le seul à en avoir le pouvoir. Ce ministère pourrait combattre définitivement le marasme de la construction anarchique que nous vivons.</p>



<p>Monsieur le président, marquez votre époque en devenant le premier président de ce pays à se soucier du bien-être de ses concitoyens.</p>



<p><em>* Architecte citoyen.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Xs34Aa04Hn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/">Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/embed/#?secret=yN25OlVGgF#?secret=Xs34Aa04Hn" data-secret="Xs34Aa04Hn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/25/pour-la-creation-dun-ministere-de-la-ville-en-tunisie/">Pour la création d’un ministère de la ville en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 10:09:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[équipement]]></category>
		<category><![CDATA[habitat]]></category>
		<category><![CDATA[habitats informels]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre des architectes]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=13414111</guid>

					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, près de la moitié du parc immobilier est constitué d’habitats informels. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/">La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous faisons tout, en Tunisie, pour mériter notre statut de pays sous-développé, et cela ne se limite pas seulement au fait que nous aimons vivre dans des conditions insalubres. Gouvernants et citoyens ont décidé que les choses doivent rester dans l’état de précarité où elles sont depuis toujours. Comment, vous demandez-vous? Notamment en réduisant le rôle de l’architecte et de l’urbaniste à une simple formalité.</em></strong> (Illustration : </p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-13414111"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Partout où ils se soucient du bien-être de leurs concitoyens, les dirigeants mettent les architectes et les urbanistes sur les devants de la scène, sauf chez nous où, pour avoir négligé notre cadre de vie, nous avons manqué le train du développement. En fait, nous avons manqué deux rendez-vous cruciaux pour notre pays, ceux du 14 janvier 2011 et du 25 juillet 2021, changements politiques majeurs qui ne se sont pas traduits, pour les citoyens, par une amélioration notable de leur cadre de vie.</p>



<p>Les citoyens ont droit à une vie de qualité, et ce droit mérite peut-être un ministère dédié. Comprenez bien, chez nous, les architectes sont prisonniers d’un ministère, l’Equipement et l’Habitat, qui confond œuvre et ouvrage, conception et travaux, et il suffit de voir le bâtiment morne et triste où il est logé pour mesurer l’importance qu’il accorde à la qualité de la vie.</p>



<p>Pour son 25<sup>e</sup> congrès électif, l’Ordre national des architectes doit faire, lui aussi, un bilan de ses réalisations, plutôt rares, et de ses échecs, assez nombreux. Et son plus grand échec réside dans le fait que, par son inaction, il s’est rendu complice de la marginalisation de la profession.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Kd5r0VMYYW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/">Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/embed/#?secret=ZnqvXvU8fd#?secret=Kd5r0VMYYW" data-secret="Kd5r0VMYYW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Architectes, réveillez-vous ! Aucun prince sur son cheval blanc ne viendra vous sauver. La Tunisie vous appartient plus qu’aux ministres qui se succèdent, et laissent la situation générale dans le pays se détériorer davantage. Vous devez lutter contre l’ignorance et l’incompétence des dirigeants, dont certains devraient être éloignés pour le bien de la communauté. Sinon, comment expliquer qu’avec un si grand nombre d’architectes sur le marché, nous ayons un paysage urbain aussi laid et aussi médiocre. Rappelez-moi si j’ai oublié une seule œuvre digne d’être mentionnée qui aurait été réalisée au cours des dernières décennies !</p>



<p>Est-il concevable aussi qu’en Tunisie, l’habitat spontané représente une proportion si significative du paysage urbain ? Selon les données disponibles, près de la moitié du parc immobilier national est constitué d’habitats informels, c’est-à-dire non autorisés voire anarchiques. Ce fléau s’est aggravé, passant de 12% en 2010 à près de 48% en 2021. Ces habitats spontanés se sont développés principalement en raison de l’absence de logements adéquats et accessibles pour une large partie de la population. Des logements conçus par des architectes, dont le rôle est fondamental dans la mise en place d’un cadre de vie agréable. Ne sont-ce pas eux qui conçoivent des bâtiments et des espaces urbains fonctionnels, esthétiques et durables, répondant aux besoins de la société&nbsp;? En intégrant les traditions et l’histoire locales dans leurs designs, ne préservent-ils pas l’identité culturelle de la communauté&nbsp;? Par l’innovation, en introduisant de nouvelles technologies et des matériaux innovants, tels ceux garantissant l’efficacité énergétique, n’améliorent-ils pas la qualité de vie des citoyens&nbsp;? Ne jouent-ils pas également un rôle crucial dans la conception de bâtiments écologiques, réduisant ainsi l’empreinte carbone et promouvant un développement durable&nbsp;? Ne contribuent-t-ils pas, ce faisant, à la création d’espaces publics accessibles et inclusifs, favorisant l’interaction sociale et la cohésion de communauté&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ozc0M4hdE1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/29/attribution-marches-publics-blues-architectes-tunisiens/">Attribution des marchés publics : Le blues des architectes tunisiens</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Attribution des marchés publics : Le blues des architectes tunisiens » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/29/attribution-marches-publics-blues-architectes-tunisiens/embed/#?secret=3KY5Z1sQgA#?secret=ozc0M4hdE1" data-secret="ozc0M4hdE1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Bref, l’architecte façonne non seulement l’environnement bâti, mais aussi les dynamiques sociales et culturelles&nbsp;et contribue à l’édification d’une nation et au développement d’une civilisation. C’est pourquoi son rôle doit être valorisé dans une société qui aspire au développement. Mais ce n’est malheureusement pas le cas en Tunisie, où les architectes sont considérés comme la cinquième roue de la charrette.</p>



<p>C’est pour cela que le Conseil de l’ordre des architectes, qui s’apprête à tenir son 26<sup>e</sup> congrès, a beaucoup de pain sur la planche pour redorer le blason des architectes et, d’abord, pour les imposer comme des artistes avant tout, confrontés à une administration à la fois sourde et bavarde, qui multiplie décrets et arrêtés dont l’unique but est de marginaliser les architectes et de réduire leur rôle dans la société à de simples comparses sans impact réel sur la vie de leurs compatriotes.</p>



<p><em>* Architecte. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="c65L6OMAvD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/24/tunisie-les-villes-sont-moches-mais-que-font-les-architectes/">Tunisie : Les villes sont moches, mais que font les architectes ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Les villes sont moches, mais que font les architectes ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/24/tunisie-les-villes-sont-moches-mais-que-font-les-architectes/embed/#?secret=OHnLA9jisI#?secret=c65L6OMAvD" data-secret="c65L6OMAvD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/">La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Table ronde sur la qualité de la vie à la cité Ennasr</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/20/table-ronde-sur-la-qualite-de-la-vie-a-la-cite-ennasr/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jun 2024 10:34:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arahn-Ennasr]]></category>
		<category><![CDATA[avenue Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[code de l’aménagement du territoire]]></category>
		<category><![CDATA[embouteillages]]></category>
		<category><![CDATA[Ennasr]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[qualité de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Code de l’aménagement du territoire et exigences de la qualité de la vie à la cité Ennasr, à Tunis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/20/table-ronde-sur-la-qualite-de-la-vie-a-la-cite-ennasr/">Table ronde sur la qualité de la vie à la cité Ennasr</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Association des résidents de l’avenue Hédi Nouira-Ennasr-Ariana &nbsp;(Arahn-Ennasr) organise une table ronde sur le thème : «Le code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme et les exigences de la qualité de la vie et du développement socioculturel et économique à la cité Ennasr».</em></strong></p>



<span id="more-13398781"></span>



<p>Cette table ronde, qui se tiendra au siège de l’arrondissement municipal d’Ennasr, le samedi 29 juin 2024, entre 9h30 à 13h, est organisée à l’occasion de la finalisation du nouveau code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (qui doit remplacer celui de 1994) et des exhortations du ministère de l’Equipement et de l’Habitat pour que les municipalités procèdent à la révision et à l’actualisation des plans d’aménagement urbain, y compris celui  relatif à la cité Ennasr, qui en a grandement besoin.</p>



<p><em>«La cité Ennasr souffre de nombreux problèmes notamment liés au décalage entre les plans initiaux et ce qui a été réalisé au fil des ans ainsi que les risques d’étranglement et de dégradation dont nous voyons aujourd’hui les prémices avec les nombreux embouteillages, la pollution sous toutes ses formes ainsi que la dépréciation de la qualité de la vie et des biens résidentiels et commerciaux de même que l’absence d’établissements socioculturels et sportifs à la hauteur des attentes légitimes des résidents de cette cité en croissance urbaine et démographique rapide»</em>, écrit Arahn-Ennasr dans un communiqué publié sur sa page Facebook.&nbsp;</p>



<p><em>«Cette table ronde vise à réunir des compétences de haut niveau pour procéder à une ébauche de diagnostic et de recommandations destinées à mettre fin à la dégradation de la cité Ennasr et en premier lieu l’avenue Hedi Nouira, censée se ranger parmi les plus grandes avenues du continent africain et qui reste tout de même la plus grande avenue de la Tunisie»</em>, ajoute l’association, qui se dit <em>«convaincue que l’approche participative de la société civile et des résidents, toutes catégories confondues (y compris les détenteurs de commerces en tous genres), permettra d’engager un débat serein et constructif avec les autorités compétentes en vue de faire de la cité Ennasr une ville où il fait bon vivre et rehausser l’avenue Hedi Nouira au niveau espéré par ses concepteurs initiaux et de la mémoire du grand militant et homme d’état dont elle porte le nom.»</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/20/table-ronde-sur-la-qualite-de-la-vie-a-la-cite-ennasr/">Table ronde sur la qualité de la vie à la cité Ennasr</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Hammam-Lif, mémoire vivante d’une ville aux mille visages</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/11/hammam-lif-memoire-vivante-dune-ville-aux-mille-visages/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 06:26:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dar El Bey]]></category>
		<category><![CDATA[Hammam-Lif]]></category>
		<category><![CDATA[Institut français de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Jellal Abdelkafi]]></category>
		<category><![CDATA[Leila Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment raviver la ville de Hammam-Lif et la préparer à son futur?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/11/hammam-lif-memoire-vivante-dune-ville-aux-mille-visages/">Hammam-Lif, mémoire vivante d’une ville aux mille visages</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Comment raviver la ville de Hammam-Lif et la préparer à son futur? C’est la question qui a été débattue durant cinq jours lors de l’atelier urbain de réflexion intitulé ‘‘La leçon d’Hammam Lif’’ a résumé l’architecte-paysagiste et urbaniste Jellal Abdelkafi, lors de la clôture du dit atelier organisé du 6 au 10 mai 2024 pour réfléchir à l’avenir de cette ville, ancienne ville thermale et balnéaire de la banlieue sud de Tunis, nichée entre mer et montagne.</em></strong></p>



<span id="more-13171363"></span>



<p>Quatorze experts tunisiens et français se sont penchés sur la ville, son image et les conditions de vie de ses habitants, dans le cadre d’un atelier organisé par l’Institut français de Tunisie (IFT) et l’Institut français (IF) à Paris et dont les travaux viennent d&rsquo;être restitués dans un ouvrage publié dans les deux langues, français et arabe, en 28 pages.</p>



<p>Conçu et dirigé par l’architecte, urbaniste et historienne tunisienne Leïla Ammar, cet atelier, lit-on, a également bénéficié du soutien de la Municipalité d’Hammam-Lif et de l’Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme (Enau) de Tunis. Il s’inscrit dans la continuité de l’exposition itinérante <em>«Hammam-Lif, mémoire vivante d’une ville aux mille visages» </em>qui met en lumière les paysages de cette ville à partir des travaux de Leïla Ammar.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13171415" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>L’ouvrage illustré de photos d’hier et d’aujourd&rsquo;hui, de schéma et de plans, met la lumière sur l’évolution de cette ville qui présente de nombreux défis en matière de développement social, architectural, urbain et paysager&#8230;</p>



<p>L’équipe franco-tunisienne composée d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes a cherché des leviers d’action simples pour répondre rapidement aux problématiques identifiées, telles que <em>«Comment développer de nouveaux usages et activer de lieux de patrimoine fermés, à l’abandon, délabrés, en état de dégradation avancé et proche de la disparition?»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Repenser des lieux de patrimoine menacés</h2>



<p>A la lumière des visites de plusieurs sites et de bâtiments et la présentation du territoire par les professeurs et chercheurs tunisiens et des ateliers de débat avec les habitants, les associations et la municipalité, une stratégie d’intervention illustrée a été présentée pour parer au manque constaté de lieux fédérateurs centraux des habitants pouvant accueillir des activités, des rencontres, des échanges, des ateliers, des évènements artistiques et culturels.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13171419" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif-2.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Hammam-Lif, cette ville beylicale de la régence de Tunis, bénéficie de monuments historiques qui ont fait son prestige et qui sont à l’origine de sa structure actuelle. Ils ont une grande importance mémorielle, symbolique et spatiale, pour les habitants. Cependant, ces bâtiments remarquables sont aujourd’hui des lieux fermés, à l’abandon, délabrés, en état de dégradation avancé et proches de la disparition.</p>



<p>Comment dynamiser ces lieux détériorés comme le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/25/projet-de-restauration-du-casino-de-hammam-lif-photos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Casino</a> ou encore le palais husseinite Dar El Bey et changer l’image de ces bâtiments, recréer un lien et susciter un regain d’intérêt chez les habitants pour leur réhabilitation?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Définir de nouveaux usages adaptés</h2>



<p>Les propositions formulées ont porté sur la nécessité entre autres de définir de nouveaux usages adaptés pour pouvoir rouvrir les bâtiments et orienter les choix des futurs occupants, à travers des ateliers de sensibilisation au patrimoine, des formations, des espaces de coworking, d’expositions et d’évènements et d’autres possibilités qui peuvent être mises en place ainsi que&nbsp;des processus d’occupation temporaire et provisoire en s’appuyant sur des acteurs locaux et des initiatives participatives existantes ou nouvelles.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13171423" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Hammam-Lif3.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Dans ce contexte d’espoir d’une relance culturelle mais aussi sociale et économique de la ville, l’accent est mis sur l’importance de présenter les actions proposées aux responsables, en attendant que des projets concrets succèdent à cet atelier de réflexion sur la réhabilitation du patrimoine architectural mais aussi sur la préservation de l’environnement dans un contexte de réchauffement climatique.</p>



<p>Une série de solutions aux problèmes écologiques et environnementaux a d’ailleurs été présentée afin de préserver cette <em>«Hammam-Lif, mémoire vivante d’une ville aux mille visages»,</em> thème de l’exposition qui s’est tenue dans une première étape à l’IFT et qui se tient actuellement et jusqu’au au 28 juin à l’Enau de Tunis, avant de prendre place du 30 juin au 15 octobre à la Municipalité d’Hammam-Lif et à partir du 15 octobre dans les écoles, collèges et lycées de cette ville au lustre passé, confrontée aujourd’hui à de multiples défis en matière d’urbanisme et de réhabilitation de son patrimoine architectural.</p>



<p><strong><em>D&rsquo;après Tap.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ycDb4lhbI4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/25/projet-de-restauration-du-casino-de-hammam-lif-photos/">Projet de restauration du Casino de Hammam-Lif (Photos)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Projet de restauration du Casino de Hammam-Lif (Photos) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/25/projet-de-restauration-du-casino-de-hammam-lif-photos/embed/#?secret=W24SmPOxcN#?secret=ycDb4lhbI4" data-secret="ycDb4lhbI4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/11/hammam-lif-memoire-vivante-dune-ville-aux-mille-visages/">Hammam-Lif, mémoire vivante d’une ville aux mille visages</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La bataille du cadre de vie reste à mener</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/30/la-bataille-du-cadre-de-vie-est-reste-a-faire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 May 2024 09:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre des architectes de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce que nous, citoyens de tous bords, méritons cet urbanisme chaotique qui nous est infligé? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/30/la-bataille-du-cadre-de-vie-est-reste-a-faire/">La bataille du cadre de vie reste à mener</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Est-ce que nous, citoyens de tous bords, méritons cet urbanisme chaotique qui nous est infligé? N’est-il pas temps d’agir pour sauver ce qui peut encore être sauvé? Embellir nos villes, améliorer notre cadre de vie, mettre un peu de couleur et de poésie dans notre environnement&#8230;</em></strong></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-13036050"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’évolution démographique et économique de la Tunisie conduit à une densification croissante de ses villes. En 2024, environ 70% de la population est urbanisée. Cette situation pourrait entraîner un abandon des zones rurales. Quelle que soit la perspective adoptée, ce sera insoutenable pour un pays qui se considère encore jeune, malgré ses 3000 ans d’histoire. Cela est principalement dû au fait que les élites dirigeantes ne considèrent le présent et l’avenir qu’à travers le prisme de la pérennisation de leur pouvoir.</p>



<p>Les zones urbaines étouffent, tout comme nous suffoquons aux heures de pointe dans nos moyens de transport. Nos villes manquent d’air, leurs habitants serrés les uns contre les autres, enserrées par des banlieues aux murs de brique rouge, souvent non enduits. La vie y est dure, et d’autant plus intenable qu’elle aurait pu être agréable, eu égard la richesse du cadre naturel et du patrimoine culturel.</p>



<p>A ce propos, des questions se posent&nbsp;: Que font les écoles d’architecture avec leurs enseignants censés former mais qui déforment? Et que font les architectes, avec leur ordre qui se déchire? Et le ministère de l’Équipement qui veut donner l’impression de maîtriser la situation alors que beaucoup de choses lui échappent? Et les municipalités, que font-elles pour améliorer le cadre de vie des citoyens? Pas grand-chose, encore heureux qu’elles parviennent à lever les ordures… &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le désordre des architectes</h2>



<p>L’Ordre des architectes, organisme cinquantenaire et qui s’apprête à tenir sa 25e élection, est censé jouer un rôle central dans l’embellissement de l’espace urbain. Mais il se laisse berner par un gouvernement qui lui accorde peu d’attention et le néglige carrément. Il faut dire qu’il n’a pas beaucoup changé depuis 1974, année de sa création.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="f9AcZ2TH4Q"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/12/ghar-el-melh-chronique-dun-riche-patrimoine-massacre/">Ghar El-Melh : Chronique d&rsquo;un riche patrimoine massacré</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ghar El-Melh : Chronique d&rsquo;un riche patrimoine massacré » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/12/ghar-el-melh-chronique-dun-riche-patrimoine-massacre/embed/#?secret=82TebDlZvs#?secret=f9AcZ2TH4Q" data-secret="f9AcZ2TH4Q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le nombre croissant des architectes, leur répartition sur le territoire et surtout leur moyenne d’âge qui baisse sans cesse sont des éléments qui plaident en faveur d’une plus grande décentralisation. Tout ne doit plus se décider à Tunis et de manière unilatérale. Les communes doivent avoir leur poids dans le système décisionnel avec un seul objectif : améliorer le cadre de vie des citoyens et assurer le plein emploi pour les jeunes, dont beaucoup cherchent par tous les moyens à s’expatrier.</p>



<p>Nous avons, aujourd’hui, un bon angle de tir, nos aspirations étant également portées par le sommet de l’Etat, comme par la société civile, et c’est là une belle opportunité pour nous organiser autrement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une place à reconquérir</h2>



<p>Le pessimisme des architectes doit céder la place à l’action. Ils doivent se mobiliser collectivement pour la qualité de vie de leurs concitoyens. Et retrouver leur place au cœur de la société, qu’ils ont délibérément abandonnée. Pendant des décennies, ils n’ont regardé que leurs intérêts personnels à travers le prisme des lois régissant une profession qui s’est éloignée de sa mission première. Avec un ordre qui laisse le désordre le submerger, emportant tout sur son passage.</p>



<p>Est-ce que nous, citoyens de tous bords, méritons cet urbanisme chaotique qui nous est infligé? N’est-il pas temps d’agir pour sauver ce qui peut encore être sauvé? Embellir nos villes, améliorer notre cadre de vie, mettre un peu de couleur et de poésie dans notre environnement&#8230;</p>



<p>* <em>Architecte.</em> </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WQ3cLQChGs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/">Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/embed/#?secret=4SRzsBhTaz#?secret=WQ3cLQChGs" data-secret="WQ3cLQChGs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2023 09:36:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[aménagement]]></category>
		<category><![CDATA[architectes]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
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		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est temps pour qu’en Tunisie les autorités posent le problème de l’habitat en termes de conception – plutôt que d’aménagement – du territoire. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/">L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Il est temps pour qu’en Tunisie les autorités posent le problème de l’habitat en termes de conception – plutôt que d’aménagement – du territoire pour que les citoyens puissent y vivre, y produire et s’y épanouir.   </em></strong></p>



<p>Par <strong>Ilyes Bellagha </strong>*</p>



<span id="more-6267382"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p>Pour que le territoire soit intelligible dans toute sa portée, une condition est requise : il doit impérativement être éclairé du dehors. Le territoire est à l’espace ce que la statue est au bloc de pierre. C’est une œuvre…</p>



<p>Un territoire doit être habité, ce qui veut dire qu’il est plus qu’un espace habitable, car, en soi, <em>«habiter»</em> est un concept qui se différencie de celui de <em>«bâtir»</em> ou de celui de <em>«se loger»</em>.</p>



<p>Habiter un territoire est une activité primordiale, constitutive de l’être humain. C’est le processus de construction des individus et des sociétés par l’espace, ainsi que de l’espace par l’individu et la société, un rapport d’interaction, où de l’un résulte l’autre, et vice et versa : nous habitons l’espace et c’est pour cela qu’il nous habite aussi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Habiter ne peut être restreint à l’espace privé</h2>



<p>On peut <em>«habiter»</em> un pont qu’on n’a jamais utilisé ou un sentier qu’on n’a jamais emprunté. Le territoire est un choix, une style, une culture, une civilisation et c’est ce qu’on doit obligatoirement apprendre à une administration et à des politiciens souvent sourds à ce genre d’argument. Le territoire n’est la géographie physique d’un pays, il la dépasse souvent&nbsp;: il est l’être qui donne forme à des œuvres, réussies ou ratées, et où<em> «habiter»</em> ne peut être restreint à l’espace privé.</p>



<p>En soi, le territoire est un acquis et un requis. Nous le portons avec nous, comme des nomades, là où on va. Il est l’objet de sollicitudes et de régularités, de soins et de conformités. En même temps, il excite nos rêves et suscite notre apaisement.</p>



<p>En épousant cette conception, on comprend beaucoup mieux le phénomène de la <em>«harga»</em> et de la pression sur les services des visas des pays étrangers. Le problème n’est pas seulement économique et social, il est aussi existentiel; c’est le problème de ceux qui cherchent un territoire plus habitable. Pour cette raison, les nantis envoient leurs enfants faire leur avenir à l’étranger et d’autres prennent le risque de se noyer en mer.</p>



<p>L’<em>«habitant»</em> en crise est celui qui ne trouve pas un territoire qui l’enveloppe et le sécurise.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9ZDnxaeYVf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/10/la-tunisie-et-ses-grands-projets-ou-le-peche-mignon-des-princes/">La Tunisie et ses grands projets ou le péché mignon des princes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie et ses grands projets ou le péché mignon des princes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/10/la-tunisie-et-ses-grands-projets-ou-le-peche-mignon-des-princes/embed/#?secret=SmwNstcT0E#?secret=9ZDnxaeYVf" data-secret="9ZDnxaeYVf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Les moutons et le berger</h2>



<p>De la colonisation à nos jours, la politique de l’<em>«habitat»</em> en Tunisie, et par conséquent celle de l’aménagement du territoire, inspirée du Second Empire français, est d’une inspiration fascisante où le centre du pouvoir, qui n’est que le pouvoir d’un homme, a réduit les citoyens à des moutons et érigé l’administration en berger.</p>



<p>Aujourd’hui, le pouvoir et l’opposition essayent de nous faire croire que les problèmes des citoyens se réduisent à l’enseignement, à la santé et à l’alimentation. Le problème des citoyens est qu’ils veulent être traités comme citoyens : un arbre dans un jardin public où on entend les éclats de rire des enfants est aussi important qu’un verre de lait.</p>



<p>Du coup, si nous avons nos racines dans une terre, nous avons de plus en plus nos branches ailleurs. L’addiction des Tunisiens aux espaces et réseaux virtuels peut être l’expression de ce déracinement.</p>



<p>Une chute qualitative de l’espace urbain est ressentie après l’époque coloniale, et cela, dans toutes les agglomérations, de &nbsp;Tunis à Redeyef, en passant par Menzel Bourguiba, et c’est là où la phrase de Victor Hugo prend tout son sens : «<em>L’architecture est le grand livre de l’humanité, l’expression principale de l’homme à ses divers états de développement, soit comme force, soit comme intelligence.</em>».</p>



<p>Cette détérioration de l’espace urbain montre que nous maltraitons notre la structure urbaine de nos villes. C’est comme si nous arrachons des pages du grand livre de notre patrimoine.</p>



<p>A bien y réfléchir, les architectes sont les principaux responsables de cette situation, par démission ou par compromission. Même s’ils ne sont pas les seuls acteurs du bâtiment, ils resteront les premiers responsables de la configuration du paysage urbain des villes et de tous les espaces viables.</p>



<p>Chez nous, ces espaces sont dans un état si calamiteux que l’on peut affirmer que nos architectes pèchent par compromission avec une administration inculte, ou par désertion du terrain et abandon de leur mission, qui consiste aussi à combattre la laideur et la médiocrité et à offrir un <em>«habiter»</em> valable sur un <em>«territoire»</em> vivable.</p>



<p>L’Ordre des architectes, qui aurait dû s’appeler l’Ordre de l’architecture, s’est laissé délester de sa mission première : l’urbanisme. Mission dont se sont emparés les géographes et les sociologues qui ont déjà du mal avec la quantité pour prétendre apporter un soin à la qualité.</p>



<p>Individuellement, aucun des architectes n’est en mesure de s’imposer en tant que tel et les rares qui se déclarent de cette fonction ne sont que les bras du premier spéculateur immobilier et de l’Etat à travers ses différentes agences foncières.</p>



<p>Quel rôle reste-t-il aux architectes&nbsp;? Là, la réalité est dure. De bâtisseurs, ils ont été réduits au statut de designers, confondant l’esthétique comme philosophie à l’esthétique comme outil de marketing.</p>



<p>La formation des architectes a été détruite depuis qu’on a scindé l’Institut technologique d’art, d’architecture et d’urbanisme en deux. Pour l’Etat, l’architecture a cessé d’être un art, ce qui a ouvert la porte à la médiocratie dans toute sa splendeur.</p>



<p>Pour sortir de cet engrenage, il faut revoir la gouvernance (et non l’aménagement) de notre <em>«territoire»</em>, c’est-à-dire développer une culture de la participation. Cette attitude, que nous souhaitons, ne s’installe ni rapidement, ni facilement. Elle nécessite beaucoup de  temps pour l’apprentissage et l’adaptation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h2 class="wp-block-heading">Vers une démarche plus participative</h2>



<p>On s’interrogera sur le périmètre du territoire soumis à la négociation, en faire le diagnostic et chercher à savoir quels sont ses nœuds relationnels dans un système plus global (localité-région-pays). On s’interrogera aussi sur les contraintes (budget, calendrier, engagements pris…) et les éléments qui ne pourraient évoluer (choix politique, valeurs, lignes rouges…). Et on cherchera à connaître les personnes et les parties prenantes. Viendra ensuite l’étape où l’on déterminera le niveau de délégation du pouvoir, c’est-à-dire le niveau de participation.</p>



<p>Pour cela, quatre questions doivent être posées :</p>



<p>&#8211; quel est le niveau de participation pertinent, compte tenu de l’objectif et du contexte?</p>



<p>&#8211; quel degré de pouvoir l’Etat est-il prêt à déléguer et sur quels sujets?</p>



<p>&#8211; quel investissement le public est-il prêt à consacrer?</p>



<p>&#8211; quel niveau de responsabilité les participants sont-ils prêts à assumer?</p>



<p>Ainsi les relations des différents nœuds entre les pouvoirs central et communal ne seront plus structurelles et pyramidales, mais systémiques, reposant essentiellement sur les <em>feedbacks</em>.</p>



<p>* <em>Président de l’association architectes… citoyens.</em></p>
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