La Tunisie va-t-elle enfin reconnaître la marocanité du Sahara occidental ?   

Le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a pas, lors de sa réunion tenue le vendredi 30 octobre 2026, procédé à la prorogation du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). «Il s’agit là d’une évolution importante et d’une étape hautement significative vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain au sein des instances des Nations Unies», a souligné un communiqué du Cabinet Royal à Rabat. Nonobstant le veto opposé par la Russie au texte onusien, soutenu par onze membres du Conseil. Le Pakistan, la Chine et la Somalie s’étant, eux, abstenus.

«Cette évolution marquante (…) consacre une rupture dans la gestion de ce dossier, marquant le passage d’une simple logique de gestion à une approche fondée sur une transformation profonde des paramètres», ajoute le communiqué royal .

Pour le Maroc, la non-reconduction de la mission de la Minurso signifie clairement que la présence de cette mission dans le sud du royaume – notamment à travers ses effectifs, ses véhicules, ses équipements et ses symboles — «devra prendre fin dans les jours à venir.»

«C’est une page de 35 ans qui est désormais tournée. Cette mission, héritée d’un contexte révolu, a longtemps servi d’instrument pour internationaliser le différend régional relatif au recouvrement légitime, par le Royaume du Maroc, de ses provinces sahariennes», souligne Rabat.

Par ailleurs, la non-reconduction de la mission de la Minurso «devrait mettre un terme à la saisine du Conseil de sécurité sur ce dossier et entraîner le retrait de cette question de son ordre du jour. Dès lors, il ne subsistera plus aucune justification pour la tenue des réunions périodiques du Conseil consacrées au Sahara occidental, ni pour les rapports y afférents du Secrétaire général des Nations Unies, ni pour les exposés de son Envoyé personnel», souligne Rabat.

«Ainsi prend fin le processus politique onusien, qui a été malheureusement marqué par les manœuvres dilatoires des autres parties, leur insistance à créer une impasse et leur volonté de pérenniser le statu quo. Des démarches analogues seront, par ailleurs, entreprises très prochainement au sein d’autres instances des Nations Unies», lit-on encore dans le même communiqué.

Rabat exprime ainsi sa satisfaction face à cette évolution, tout en se disant «fermement attaché au cessez-le-feu, dans le respect absolu de son intégrité territoriale, de sa sécurité nationale et de la quiétude de ses citoyens.» Et en espérantque la dynamique internationale ainsi impulsée se poursuivra aux niveaux bilatéral et régional. «Cette dynamique a, en effet, permis de mobiliser un soutien important ; plus des deux tiers des États membres de l’Organisation des Nations Unies — parmi lesquels figurent des membres permanents du Conseil de sécurité et des puissances internationales influentes — soutiennent clairement l’initiative d’autonomie, dans le cadre de la souveraineté marocaine, en tant que seul cadre pour la résolution de ce différend régional», souligne le communiqué royal marocain.

Il reste à se demander si la Tunisie va prendre note de cette évolution et réviser sa position relative à la question du Sahara Occidental, ou continuer à affirmer ne pas prendre parti entre les différentes thèses en présence (souveraineté marocaine contre autodétermination du Front Polisario soutenue par l’Algérie).

Rappelons qu’en août 2022, la visite du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, invité par le président Kaïs Saïed à l’occasion du sommet de la Ticad 8 à Tunis, a provoqué une grave crise diplomatique avec le Maroc, qui a immédiatement rappelé son ambassadeur, suivi par le rappel du représentant tunisien par Tunis.

Bien que la Tunisie ait réaffirmé sa neutralité, ce geste a été perçu par Rabat comme un alignement diplomatique en faveur de l’Algérie (qui soutient le Front Polisario), laissant les relations politiques entre Tunis et Rabat dans un état de gel prolongé.

La Tunisie va-t-elle prendre acte des derniers développements en faveur de la «Marocanité du Sahara», reconnue par la plupart de ses partenaires, notamment occidentaux, et à leur tête les Etats-Unis et la France, pour tenter de rétablir les relations d’amitié et de fraternité qui la lie historiquement au Maroc, ou va-t-elle continuer à jouer la carte d’une soi-disant neutralité qui n’est clairement plus d’actualité ? Attendons voir…

I. B.

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