Le poème du dimanche | ‘‘L’Archer’’ de Michel Capmal

Né en Occitanie, en 1948, Michel Capmal est poète français qui a peu publié, volontairement, se tenant le plus souvent dans les marges culturelles et sociales.

Vivant à Paris, Capmal a pratiqué divers métiers, notamment, correcteur d’imprimerie. Son principal recueil est Nous avons perdu les hautes terres, notre errance est infinie. éditions Le chemin brûlé. 2010.

La poésie, pour lui, est un lointain écho d’une langue sacrée et une manière d’être. Influencée, entre autres, par le romantisme allemand. certains aspects du surréalisme et du mouvement situationniste.

Tahar Bekri

Voici l’archer…

Tendu sur son arc

Tendu vers le temps

Depuis mille et mille années   

L’archer attend

Il attend le temps

Que le temps revienne intense, océanique

Il guette

Attend et n’attend pas

Pour surprendre le premier battement

Et enfin voir    

Voir la seule direction

La seule

Qu’alors advienne la juste visée

Dans la non-décision

Le fulgurant trajet

L’instantané de la flèche

La flèche qui a voulu aller là

Au cœur    

Au centre

Au cœur de la cible absente

Au centre du temps

Dans le cri de la cible

La cible est maintenant le cœur de l’archer

Transpercé  

Brûlé   

Délivré

Il oublie sa mélancolie

Se défait de son armure de guerrier du temps

Se met à nu

Et son rire se prolonge en mille éclats et mille échos !

Une lumineuse et très jeune fille

Conduit l’homme apaisé à l’ombre des vieux arbres

Il se rendormira la tête au Nord

Tel un maître rêveur

L’arc et la flèche

Deviennent harpe et tambour et résonnent au plus lointain

Pour que soient vaincus la peur   la mort   l’ennui

Pour le retour du temps vivant

Le temps solaire et sa somptueuse fécondité

Le temps du désir accompli.    

(Remerciements à l’auteur)

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