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	<title>Archives des Averroès - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Averroès - Kapitalis</title>
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		<title>Ibn Rochd et Al-Ghazali dans la Tunisie contemporaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 07:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l’occasion de la commémoration mondiale du 9ème centenaire de la naissance d’Ibn Rochd (Averroès), retour au débat Ibn Rochd - Al-Ghazali.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/25/ibn-rochd-et-al-ghazali-dans-la-tunisie-contemporaine/">Ibn Rochd et Al-Ghazali dans la Tunisie contemporaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>À l’occasion de la commémoration mondiale du 9<sup>ème</sup> centenaire de la naissance d’Ibn Rochd (Averroès), la projection-débat  du film ‘‘Le Destin’’, de Youssef Chahine à l’École de cinéma de Gammarth, et le colloque consacré au philosophe à la Foire internationale du livre de Tunis ce  dimanche 26 avril 2026 constituent les moments phare de cette commémoration. </strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18686210"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’exil d’Averroès porté à l’écran depuis près de 30 ans par Chahine marque la fin d’un monde, mais aussi le début d’un autre. En quittant Cordoue, la pensée perd son ancrage immédiat mais gagne en extension. Chahine rejoint ici une vérité historique : marginalisé dans le monde musulman, Ibn Rochd devient une référence majeure dans l’Europe médiévale, influençant notamment Thomas d’Aquin.</p>



<p>Le film propose ainsi une réflexion profonde sur la temporalité des idées. La défaite est immédiate, la victoire différée. La raison ne triomphe pas dans l’instant, mais elle survit dans la durée.</p>



<p><em>‘‘</em><em>Le Destin</em><em>’’</em> n’est pas un simple film historique ni un biopic philosophique. C’est un manifeste cinématographique en faveur de la liberté intellectuelle. En articulant critique du pouvoir, analyse de l’extrémisme et célébration de la transmission, Chahine propose une œuvre d’une actualité persistante.</p>



<p>Sa thèse, d’une simplicité redoutable, traverse le film : toute société est confrontée, tôt ou tard, à un choix décisif&nbsp;: &nbsp;protéger ses penseurs ou les livrer au feu.</p>



<p>Le reste, comme le suggère la dernière image du film, n’est qu’une question de temps : les idées, elles, ont des ailes.</p>



<p>Ce film nous a inspiré cette réflexion consacrée au débat éternel et insoluble entre Averroès et Al-Ghazali, débat qui continue à hanter nos esprits au présent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tension qui ne passe pas </h2>



<p>Il est des conflits que l’histoire ne résout pas. Celui qui oppose la raison philosophique à la transcendance religieuse est de ceux-là. Depuis des siècles, on tente de le dépasser : en conciliant, en hiérarchisant, en subordonnant. Mais rien n’y fait. La tension demeure.</p>



<p>C’est dans la confrontation entre Averroès et Al-Ghazali que cette tension apparaît dans sa forme la plus nette. Non comme un simple désaccord, mais comme une véritable <em>«</em><em>aporie</em><em>»</em> : une contradiction que la pensée ne parvient pas à dépasser sans se contredire elle-même.</p>



<p>Toute la difficulté tient dans une prétention : celle de la raison à être universelle et autonome. La raison démonstrative — héritée d’Aristote — veut établir des vérités valables pour tous, indépendamment des croyances.</p>



<p>Mais cette prétention est fragile. Car la raison ne pense jamais hors sol. Elle dépend des sens, du langage, de l’histoire et des contextes culturels.</p>



<p>Elle veut être fondement, mais elle est elle-même située. Elle veut être juge, mais elle est aussi partie prenante.</p>



<p>C’est cette contradiction qu’Al-Ghazali met en lumière avec une radicalité troublante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Al-Ghazali : la limite de la causalité</h2>



<p>Prenons un exemple concret : la causalité. Pour la philosophie aristotélicienne, reprise par Averroès, le monde est structuré par des causes nécessaires. Le feu brûle le coton, non par hasard, mais parce qu’il existe un lien réel entre les deux.</p>



<p>Al-Ghazali conteste cette évidence. Pour lui, ce que nous appelons <em>«</em><em>cause</em><em>»</em> n’est qu’une <em>«</em><em>habitude de perception</em><em>»</em>. Nous voyons le feu brûler le coton, mais rien ne prouve que le feu est la cause du brûlement. Dieu pourrait très bien produire l’effet sans la cause.</p>



<p>Autrement dit : il n’y a pas de nécessité dans le monde, seulement une régularité voulue par Dieu.</p>



<p>Cette critique est redoutable. Elle introduit un doute radical : si la causalité n’est pas nécessaire, alors toute science devient fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La réponse d’Averroès : sauver l’intelligibilité du monde</h2>



<p>Averroès ne peut accepter cette conclusion. Car sans causalité, il n’y a plus de science, plus de connaissance possible.</p>



<p>Sa réponse est nette : nier les causes, c’est nier la rationalité du monde. Et nier la rationalité du monde, c’est rendre impossible toute pensée.</p>



<p>Pour lui, Dieu n’est pas un arbitre capricieux qui suspend les lois à chaque instant. Il est au contraire le garant de l’ordre du monde. Les causes sont réelles, et leur régularité est ce qui rend la connaissance possible.</p>



<p>Derrière ce désaccord, il y a deux visions incompatibles :</p>



<p>&#8211; un monde dépendant à chaque instant de la volonté divine (Al-Ghazali)&nbsp;;</p>



<p>&#8211; un monde intelligible par lui-même, structuré par des lois (Averroès).</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’éternité du monde : un second point de rupture</h2>



<p>Un autre exemple éclaire cette opposition : la question de l’éternité du monde.</p>



<p>Dans la tradition religieuse, le monde a un commencement : il est créé par Dieu à un moment donné.</p>



<p>Mais pour Aristote, suivi par Averroès, le monde est éternel. Il n’a pas de début dans le temps. Il existe nécessairement.</p>



<p>Al-Ghazali y voit une hérésie majeure. Car si le monde est éternel, alors Dieu n’est plus créateur au sens fort.</p>



<p>Averroès répond en distinguant deux registres :</p>



<p>&#8211; la vérité philosophique, qui démontre l’éternité du monde,</p>



<p>&#8211; la vérité religieuse, qui parle de création dans un langage accessible.</p>



<p>Mais cette solution crée une tension supplémentaire : peut-on accepter deux vérités sans les faire entrer en conflit ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une solution élitiste et fragile</h2>



<p>Pour sortir de l’impasse, Averroès propose une hiérarchie des publics :</p>



<p>&#8211; les philosophes accèdent à la vérité démonstrative&nbsp;;</p>



<p>&#8211; la majorité reçoit des images adaptées à sa compréhension.</p>



<p>La religion devient alors une pédagogie du vrai.</p>



<p>Mais cette solution est fragile. Elle suppose une séparation durable entre savoir et croyance, entre élite et masse. Elle pose aussi une question politique : qui décide de ce que chacun doit croire ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une tension toujours actuelle : le cas tunisien</strong><strong></strong></h2>



<p>Ce débat n’appartient pas au passé. Il traverse encore nos, et notamment la Tunisie contemporaine.</p>



<p>Depuis la révolution de 2011, une question revient avec insistance : <em>«Q</em><em>uelle place pour la religion dans l’espace public ?</em><em>»</em>. Faut-il un espace public neutre, fondé sur la raison et le droit ? ou un espace traversé par les références religieuses, comme expression d’une identité collective ?</p>



<p>Derrière ces positions, on retrouve, sous d’autres formes, le conflit entre Averroès et Al-Ghazali : ceux qui défendent l’autonomie du politique et du rationnel, et ceux qui affirment la primauté du référent religieux.</p>



<p>La question de la causalité devient aujourd’hui celle de la science et de son autorité.</p>



<p>La question de l’éternité du monde devient celle du rapport entre savoir scientifique et vérité religieuse.</p>



<p>La question de la hiérarchie des publics devient celle de l’éducation, de la liberté de conscience et du rôle de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Raison et foi : une aporie vivante</h2>



<p>Il est tentant de vouloir trancher. De choisir un camp. D’imposer une synthèse. Mais peut-être faut-il reconnaître que cette tension est irréductible.</p>



<p>La raison est notre seul outil pour penser le monde. Mais elle est limitée, située, exposée au doute.</p>



<p>La foi répond à des attentes que la raison ne peut ni dissoudre ni remplacer.</p>



<p>Vouloir éliminer l’une au profit de l’autre, c’est mutiler notre expérience du réel.</p>



<p>Averroès et Al-Ghazali ne nous offrent pas une solution. Ils nous obligent à penser dans l’inconfort. Et dans une société comme la nôtre, cet inconfort n’est pas un échec. C’est peut-être la condition même de la liberté.</p>



<p>* <em>Historien et écrivain.  </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/25/ibn-rochd-et-al-ghazali-dans-la-tunisie-contemporaine/">Ibn Rochd et Al-Ghazali dans la Tunisie contemporaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Au menu de la Foire du Livre de Tunis 2026</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/19/au-menu-de-la-foire-du-livre-de-tunis-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 07:23:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Foire du Livre de Tunis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis (Filt) se tiendra du 24 avril au 3 mai 2026, au Palais des expositions du Kram. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/19/au-menu-de-la-foire-du-livre-de-tunis-2026/">Au menu de la Foire du Livre de Tunis 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La 40<sup>e</sup> édition de la Foire internationale du livre de Tunis (Filt) se tiendra du 24 avril au 3 mai 2026, au Palais des expositions du Kram, au nord de Tunis, sous le signe «La Tunisie, patrie du livre» avec 394 maisons d’édition participantes, 184 tunisiennes, 210 étrangères, plus de 148 000 titres exposés. L’Indonésie sera l’invitée d’honneur.</em></strong></p>



<span id="more-18655302"></span>



<p>La Filt décernera huit prix, dont six pour la créativité littéraire, intellectuelle et la traduction, et deux pour l&rsquo;édition, outre des hommages.</p>



<p>Selon le directeur de cette session Mohamed Salah Kadri, le programme propose 25 activités entre colloques, tables rondes et séminaires organisés par diverses institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les rencontres et débats</h2>



<p>Parmi les moments forts, le colloque sur <em>«Les enjeux d’Averroès»</em>, organisé à l’occasion du 900ᵉ anniversaire de sa naissance et qui réunira des penseurs de Tunisie, du Maroc, de France, d’Espagne et d’Italie.</p>



<p>D’autres rencontres aborderont des questions telles que les écoles calligraphiques entre tradition et expérimentation, les relations entre littérature et histoire, ainsi que la création et la réappropriation du patrimoine.</p>



<p>Autres problématiques qui seront débattues&nbsp;: métiers du livre et intelligence artificielle&nbsp;; édition et nouveaux moyens de communication&nbsp;; piratage numérique et propriété intellectuelle&nbsp;; roman et cinéma&nbsp;; écriture de soi&nbsp;; littérature de jeunesse&nbsp;; nouvelles pratiques de lecture…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les auteurs invités</h2>



<p>Parmi les auteurs invités de cette édition figurent le romancier et poète palestinien Ibrahim Nasrallah, la romancière égyptienne Reem Bassiouney, le romancier algérien Said Khatibi, lauréat du Prix international de la fiction arabe 2026, ainsi que le romancier yéménite Habib Abdulrab Sarori, lauréat du Prix Katara du roman arabe, Francesca Albanese, autrice d’un récent ouvrage consacré à Gaza intitulé<em> ‘‘Quand le monde dort’’</em>, l’écrivain espagnol Ignacio del Valle, la romancière russe Anna Mitévitch, l’écrivain turc Yusuf Yildiz, l’écrivain sénégalais Omar Dabo, ainsi que la géorgienne Gvantsa Jobava, présidente de l’Union internationale des éditeurs, et Alkhidru Abdul Baaq, directeur du Centre nigérian de recherches arabes et président de l’Union africaine des arabisants.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/19/au-menu-de-la-foire-du-livre-de-tunis-2026/">Au menu de la Foire du Livre de Tunis 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Projet de «Coran européen» │ L’entrisme musulman remonte au Moyen Âge</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/30/projet-de-coran-europeen-%e2%94%82-lentrisme-musulman-remonte-au-moyen-age/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 08:38:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’infiltration islamo-philosophique poursuit son œuvre dans les marges du savoir occidental depuis... le 13e siècle.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/30/projet-de-coran-europeen-%e2%94%82-lentrisme-musulman-remonte-au-moyen-age/">Projet de «Coran européen» │ L’entrisme musulman remonte au Moyen Âge</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>De la lecture d’Averroès par Thomas d’Aquin aux subventions européennes du XXI<sup>e</sup> siècle pour les études coraniques, l’infiltration islamo-philosophique poursuit son œuvre dans les marges du savoir occidental.</em></strong></p>



<p><strong>Sadok Chikhaoui </strong>*</p>



<span id="more-16907279"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/03/Sadok-Chikhaoui.jpg" alt="" class="wp-image-290913"/></figure>
</div>


<p>Une panique ancienne s’est saisie de la maison fasciste. Il y a quelques mois, une tempête s’est levée dans un verre d’eau bureaucratique quand des agitateurs de l’extrême-droite surent que l’Union européenne finance un programme de recherche sur le<a href="https://www.univ-nantes.fr/recherche-et-innovation/impact-societal/euqu-the-european-quran-erc-synergy-grant" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Coran en Europe</a>**. Aussitôt, les réactions outrées ont fusé : <em>«influence des Frères musulmans», «offensive théocratique», «réécriture de notre histoire»</em>.</p>



<p>Pourtant, ce que certains feignent de découvrir aujourd&rsquo;hui était déjà à l’œuvre au XIII<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>L’Université de Paris, alors haut lieu du savoir chrétien, abritait en son sein les premières manifestations de cette prétendue infiltration. Saint Thomas d’Aquin, en traduisant Averroès, ouvrait déjà les portes de l’Occident à ce qui serait plus tard dénoncé comme l’entrisme islamique.<br>Quand le docteur angélique découvre la pensée d’Ibn Rushd à travers les traductions venues d’Espagne, il ne se doute pas qu’au XXI<sup>e</sup> siècle, son goût pour la logique aristotélicienne arabe lui vaudrait d’être soupçonné de <em>«salafisme soft»</em> par certains chroniqueurs du matin. Sa ‘‘<em>Somme théologique’’</em>, en intégrant des fragments de pensée islamique, aurait pu figurer, aujourd’hui, dans le viseur de ceux qui traquent l’ennemi de l’intérieur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PjF2ZLL5VW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/31/instrumentalisation-politique-de-la-lutte-contre-lislamisme-en-europe/">Instrumentalisation politique de la lutte contre l’islamisme en Europe</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Instrumentalisation politique de la lutte contre l’islamisme en Europe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/31/instrumentalisation-politique-de-la-lutte-contre-lislamisme-en-europe/embed/#?secret=nzleofEem1#?secret=PjF2ZLL5VW" data-secret="PjF2ZLL5VW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Averroès, Avicenne, Al-Fārābī : Frères musulmans avant la lettre ?</h2>



<p>À en croire certaines lectures contemporaines — particulièrement celles d’un prof de sport converti en chroniqueur omniscient — les grands philosophes arabes seraient en réalité des agents dormants de l’islam politique. Leur crime ? Avoir transmis les textes grecs à l’Europe, et osé penser Dieu en des termes universels.</p>



<p>Déjà en 2008, Sylvain Gouguenheim opérait un tournant révisionniste en publiant <em>‘‘Aristote au Mont-Saint-Michel’’</em>. Cet ouvrage emblématique d&rsquo;une tendance idéologiquement orientée cherchait à redessiner l’histoire pour affirmer une pureté fantasmée de la civilisation occidentale. Gouguenheim y minimisait — voire niait — le rôle fondamental joué par les penseurs arabes et musulmans dans la transmission du savoir grec à l’Europe médiévale.</p>



<p>Sa thèse, largement contestée par les historiens des sciences et de la philosophie, s’inscrivait dans un courant néo-conservateur, plus politique qu’académique. Le fait que cet auteur ait ensuite conseillé un candidat d’extrême droite comme Éric Zemmour montre à quel point certains travaux, sous couvert d’érudition, peuvent nourrir une rhétorique identitaire, excluante, et dangereusement révisionniste.</p>



<p>On oublie commodément que sans ces penseurs — Avicenne, Al-Fārābī, Averroès — l’édifice même de la scolastique se serait probablement effondré dans un vide théologique. On oublie aussi que les manuscrits de Tolède, de Palerme, de Cordoue sont les véritables ancêtres de la mémoire européenne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xiRPR2qPuZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/">Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/embed/#?secret=i86ewjLSpz#?secret=xiRPR2qPuZ" data-secret="xiRPR2qPuZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De la «science juive» à la philosophie islamique : l’angoisse de l’origine</h2>



<p>L’analogie est frappante : ce que les nazis dénonçaient comme <em>«science juive»</em> — dans la psychanalyse, la théorie de la relativité ou la phénoménologie —, certains détracteurs de l’islam l’appliquent aujourd’hui à la philosophie arabo-musulmane.<br>C’est toujours la même peur : que l’origine du savoir ne soit pas purement européenne; que la rationalité ait transité par d’autres langues, d’autres visages, d’autres lieux. Que la pensée ait traversé l’islam sans s’y abîmer, mais au contraire s’y être élevée.<br>Pour certains cercles crispés sur une identité close, cette généalogie hétérogène est insupportable.</p>



<p>Le débat contemporain sur l’islam, comme naguère sur Freud ou Einstein, est mené par des figures qui ne lisent pas mais qui s’expriment. Wikipedia tient lieu de référence ; un petit <em>«Que sais-je ?»</em> devient certificat de spécialisation; et l’absence de lecture devient, pour un public désarmé culturellement, gage de clarté.</p>



<p>L’Europe, en reniant ses propres filiations intellectuelles, se condamne à l’amnésie et à la stérilité. Refuser la pluralité des sources, c’est se priver de la possibilité de comprendre son histoire — et d’échapper aux fantasmes qui l’empoisonnent.</p>



<p>La philosophie est cet entrisme qui ne dit pas son nom. Elle vient toujours d’ailleurs, par un biais, un écho, un exil.</p>



<p>* <em>Enseignant.</em></p>



<p><em>** Il s&rsquo;agit d&rsquo;un projet visant à étudier l’influence du Coran en Europe du Moyen Age au XIXᵉ siècle, qui a été la cible d’attaques au motif qu’il serait un relais d’influence pour les Frères musulmans. </em>« Des accusations qui paraissent déconnectées de la réalité de la production de ce programme de haut niveau »,<em> écrit notamment </em><a href="https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2025/06/15/coran-europeen-que-contient-vraiment-ce-projet-scientifique-attaque-par-l-extreme-droite_6613237_6038514.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Monde</a><em>.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="diRwGqxkEw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=7QO6JXWtuV#?secret=diRwGqxkEw" data-secret="diRwGqxkEw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Agression de Rushdie ou nos mutismes sataniques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2022 06:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[versets sataniques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les pays arabes et musulmans, si ce n’est pas la mauvaise joie, c’est le silence radio qui a prévalu après la tentative d'assassinat de Salman Rushdie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/17/agression-de-rushdie-ou-nos-mutismes-sataniques/">Agression de Rushdie ou nos mutismes sataniques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Qu’est ce qui serait plus satanique que nos attitudes muettes et pusillanimes face à l’horreur du monde, celle d’éliminer un homme quelles que soient ses idées&nbsp;? Se taire face à la lâche agression de l’écrivain Salman Rushdie, c’est aussi tuer l’humain qui est en chacun de nous.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Adel Zouaoui *</strong></p>



<span id="more-3138982"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Adel-Zouaoui.jpg" alt="" class="wp-image-248128"/></figure>
</div>


<p>L’écrivain britannique, d’origine indienne, Salman Rushdie, s’est fait lâchement agresser, le 13 août 2022, pendant qu’il s’apprêtait à donner une conférence dans un amphithéâtre de Chautauqua, dans le nord-ouest de l’État de New York, aux États-Unis.</p>



<p>Né dix années après le lancement de la fatwa par Khomeiny contre l’auteur du roman intitulé<em> ‘‘Les Versets sataniques’’</em>, l’agresseur, un jeune américain d’origine libanaise du nom de Hadi Matar, ne semble pas avoir échappé aux discours de la violence de cette époque. La meule du temps n’a vraisemblablement pas tempéré la haine. Celle-ci, hautement contagieuse, se transmet à grande vitesse comme une peste d’une génération à une autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un écrivain rattrapé par le fanatisme</h2>



<p>Rappel des faits. A la publication du livre par Salman Rushdie, en 1988, une explosion de colère incompréhensible et insondable secoue les plus grandes métropoles des pays arabes et musulmans. Et pour cause, le roman a été jugé blasphématoire et outrancier contre l’islam. Dans les rues du Caire, d’Islamabad, de Djakarta, d’Alger et de Téhéran les contestations avaient fait rage. Les images de barbus vociférant des menaces de mort contre l’écrivain britannique en brûlant son effigie ont fait le tour du monde. Depuis, Salman Rushdie, sous protection policière, fut réduit à une ombre.</p>



<p>S’il a réussi à avoir la vie sauve une trentaine d’années après, l’écrivain britannique finit par être rattrapé par le fanatisme. Son jeune agresseur n’a jamais lu aucun de ses romans. Il s’est simplement contenté d’idées reçues, de préjugés prêt à penser, à l’instar de ces milliers de déchaînés appelant au meurtre de l’écrivain, ou de ceux d’aujourd’hui qui, sur la toile, jubilent après son agression.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qCmIwsAXEG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/14/lagression-contre-salman-rushdie-est-une-abomination/">L’agression contre Salman Rushdie est une abomination</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’agression contre Salman Rushdie est une abomination » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/14/lagression-contre-salman-rushdie-est-une-abomination/embed/#?secret=HcburBy4zi#?secret=qCmIwsAXEG" data-secret="qCmIwsAXEG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Dans les pays arabes et musulmans, si ce n’est pas la mauvaise joie, c’est le silence radio qui a prévalu. Ni les gouvernements, ni les institutions religieuses, telles les mosquées Al-Azhar, Zitouna, ou Al-Qarawiyyin, ne se sont prononcées contre pareille infamie. Ils se sont tous tus dans un silence assourdissant. Aucune condamnation officielle ou à défaut officieuse ne fut annoncée. Pas l’ombre d’une indignation n’est sortie de la bouche de l’un des muftis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le silence abject des partis politiques</h2>



<p>En Tunisie, dans le cas d’espèce, pays de la première révolution arabe, tout le spectre politique s’est muré dans un silence incompréhensible, à la limite de l’abject, à la notable exception de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohsen Marzouk, </a>président de Machrou Tounes qui a condamné fermement l&rsquo;agression. Cette agression aurait pu être une occasion en or pour ceux qui n’ont eu de cesse, depuis 2011, de brandir l’étendard de la tolérance pour défendre encore plus leurs idées d’ouverture et de liberté. Sauf que nul n’a osé se prononcer sur une pareille abomination. Ni le président de la république, ni les chefs de partis politiques. C’est l’omerta qui s’est installée odieusement et lâchement. Un silence pernicieux, complice. Pas un post sur facebook, pas un tweet dénonciateur. Et pourtant, ce n’est pas seulement Salman Rushdie qu’on a agressé, mais c’est aussi notre liberté de penser à nous autres citoyens du monde.</p>



<p>Force est de constater qu’à travers l’histoire de l’humanité, penseurs, philosophes et scientifiques étaient perçus comme des impies et des apostats. Ces derniers vécurent toutes sortes de calvaires&nbsp;: de l’emprisonnement, à l’exil en passant par les autodafés et les meurtres. Rappelez-vous, dans les années trente, sous le régime nazi en Allemagne, les livres des grands écrivains juifs ont fini dans le feu. Pas loin de nous, en Algérie, Tahar Djaout, écrivain et journaliste, fut tué en 1993 de deux balles dans la tête par un marchand de bonbons sur ordre d’un tôlier. Son seul crime était de s’être engagé contre l’intégrisme qui déferlait sur son pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hvMhF5UAFg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/">Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !   </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tentative d’assassinat de Salman Rushdie : le silence assourdissant des musulmans !    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/13/tentative-dassassinat-de-salman-rushdie-le-silence-assourdissant-des-musulmans/embed/#?secret=M0goulrJmU#?secret=hvMhF5UAFg" data-secret="hvMhF5UAFg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Chez nous en Tunisie, Tahar Haddad fut insulté, dévoyé et traité de tous les noms d’oiseaux pour avoir dénoncé les conditions sociales déplorables de la femme tunisienne et appelé à sa libération.&nbsp;</p>



<p>Plus loin encore dans l’histoire, Averroès a été dévoyé, lui aussi, pour avoir tenté de réconcilier la philosophie aristotélicienne et la foi musulmane pour un meilleur éclairage de la révélation coranique. Il fut exilé en 1197 en Andalousie et la plupart de ses ouvrages furent brûlés.</p>



<p>En 1632, Galilée fut condamné par l’église pour avoir dénigré le&nbsp;géocentrisme&nbsp;et soutenu l’héliocentrisme. Il fut condamné jusqu’à sa mort à un emprisonnement à vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter le moule stérilisant de la pensée unique</h2>



<p>Dans toutes ces condamnations aveugles et éhontées, ce sont le poignard, la hache, la corde, le bûcher ou le révolver qui se sont substitués à la plume, à l’argument ou au contre-argument.</p>



<p>Et pourtant, la mission des écrivains, des philosophes, des scientifiques n’est-elle pas celle de nous empêcher de couler dans le moule d’une même et seule pensée, de se suivre comme des moutons de panurge&nbsp;?</p>



<p>Leur rôle n’est-il pas celui de dessiller nos yeux sur les dangers à venir, de bousculer les monolithismes de nos croyances, de questionner nos convictions, de s’interroger sur nos certitudes trompeuses et illusoires, et somme toute de nous permettre de nous débarrasser de nos archaïsmes, pareilles à des ancres, nous empêchant de poursuivre notre route vers un monde meilleur&nbsp;?</p>



<p>Certes, nous ne sommes pas obligés de partager les idées de Salman Rushdie, cependant a-t-on le droit de revendiquer son élimination physique.</p>



<p>A-t-on le droit de s’en prendre à qui que ce soit au motif que le contenu de son livre, le thème de son film ou sa caricature dérangent&nbsp;notre tranquillité intellectuelle&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SGYKu7jwpN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/">Tunisie : Mohsen Marzouk condamne l’agression contre Salman Rushdie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Mohsen Marzouk condamne l’agression contre Salman Rushdie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/tunisie-mohsen-marzouk-condamne-lagression-contre-salman-rushdie/embed/#?secret=BnubS4XRd1#?secret=SGYKu7jwpN" data-secret="SGYKu7jwpN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’agression contre Salman Rushdie est une énième agression contre notre liberté de penser, contre notre aptitude d’être dans la diversité de nos idées et de nos cultures.</p>



<p>L’attentat contre la vie de l’auteur des <em>‘‘Versets sataniques’’</em> est aussi un attentat contre la possibilité d’un monde plus intelligent et plus ouvert. Un monde dans lequel Alika Ogorchukwu, vendeur à la sauvette nigérian, dans une petite station balnéaire à l’ouest de l’Italie, n’aurait jamais dû être battu à mort, sous l’indifférence générale des passants. Qu’est ce qui serait alors plus satanique que les ‘‘Versets sataniques’’, si ce ne sont nos attitudes muettes et pusillanimes face à l’horreur du monde, celle d’éliminer des hommes, saugrenues soient-elles leurs idées&nbsp;? Se taire face à de pareil outrage, c’est aussi participer largement à tuer l’humain qui est en chacun de nous. Ce qui est en soi la plus inadmissible des ignominies humaines.</p>



<p><em>* Haut fonctionnaire à la retraite.</em> </p>
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