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	<title>Archives des choc pétrolier - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des choc pétrolier - Kapitalis</title>
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		<title>Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 08:41:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans quel état serait l’économie de la Tunisie si l’énergie coûte de 50 à 83 % plus cher que les prévisions de son budget pour 2026 ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/">Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie est un pays structurellement très vulnérable aux chocs énergétiques et agricoles, lesquels, on le sait, sont très liés. Dans quel état serait l’économie de la Tunisie si l’énergie coûte de 50 à 83 % plus cher que les prévisions de son budget pour l’année en cours, ou pire encore, si elle n’en a plus, suite à la fermeture du détroit d’Hormuz et de la crise énergétique mondiale ?</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Youssef Bouanani&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-18706870"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani.jpg" alt="" class="wp-image-17878217" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Durant mes cours de sciences politiques, un professeur sud-africain, quelque peu excentrique et militant anti-apartheid de la première heure au sein de l’ANC, nous avait parlé d’un livre hors cursus mais à lire absolument selon lui. Ce livre était&nbsp;<em>‘‘Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible’’</em>, du statisticien de génie Nassim Nicholas Taleb. Six ans plus tard, je remercie ce professeur pour cette référence ô combien utile pour tenter de comprendre ce qui se joue actuellement au Moyen-Orient et essayer de prédire, autant que l’impossibilité de parfaitement prévoir l’avenir le permet, les potentiels impacts de cette crise sur la Tunisie.</p>



<p>Sans rentrer dans les méandres d’un livre dont je conseille à tous la lecture, la théorie du Cygne noir s’inspire de <em>«l’événement rare»</em> en théorie des probabilités et stipule que, dans le cours du temps, certains événements imprévisibles, considérés comme des <em>«données aberrantes»</em> en statistique, extrêmes et/ou à faible probabilité de survenir, peuvent, lorsqu’ils se réalisent, avoir des conséquences d’une portée exceptionnelle.</p>



<p>À quoi donc pourrait ressembler un Cygne noir en 2026 ? Eh bien, si je vous disais qu’il pourrait ressembler à un choc pétrolier d’un niveau jamais vu.</p>



<p>Selon Taleb, par définition, personne ne sait vraiment ce qu’est un Cygne noir, parce que personne n’est devin et que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas. Et dans ce cas-là, selon lui, les meilleurs experts seront surtout les meilleurs lorsqu’il s’agira d’expliquer demain pourquoi ils n’avaient pas vu venir aujourd’hui ce qu’ils n’avaient pas anticipé.</p>



<p>Loin de moi la prétention de tenter de lui prouver le contraire dans cet article, pour la simple raison que, mathématiquement, le Cygne noir, c’est la catégorie des événements dont on ne peut prédire ni la probabilité d’arrivée ni l’ampleur des conséquences, et ce, quelle que soit la quantité de données passées qu’on peut observer.</p>



<p>À la fin, dans cette configuration, les données économiques des suites du choc pétrolier de 1973, celui des années 1979-1982, la flambée de 2003 à 2008 ou celle de 2022, ne vous seront que d’une aide limitée. Autrement dit, peu importe ce que vous connaissez des catastrophes passées en termes de fréquence, d’ampleur et de conséquences, cela ne vous permet pas de prédire les suivantes, car la distribution de ces événements extrêmes est «<em>fat-tailed</em>».</p>



<p>Je m’abstiendrai de traduire cette notion en français, mais ce que Taleb explique, c’est que ces événements extrêmes, bien que rares, ont une probabilité non négligeable de se produire, en contradiction avec la courbe en cloche enseignée dans nos cours de statistiques en sciences politiques, qui sous-estime systématiquement les valeurs extrêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie mondiale en zone inconnue</h2>



<p>Ce qui est perturbant avec 2026, c’est qu’on n’a jamais vu dans l’histoire une économie mondiale interdépendante et interconnectée, optimisant ses stocks en flux tendu avec la théorie du&nbsp;«<em>just-in-time</em>» et qui vient de perdre, du jour au lendemain, 20 à 25 % de son approvisionnement pétrolier. Et la conséquence la plus inattendue, que personne ne pouvait prévoir face à un choc d’une telle ampleur, c’est qu’au niveau social et financier, pour le moment, il ne se passe rien&nbsp;!</p>



<p>Jetez un coup d’œil au S&amp;P 500, au Dow Jones, au CAC 40 et même au Tunindex : tout va bien madame la marquise, et «<em>all time high</em>» comme disait l’ancienne Procureur général des États-Unis, Pam Bondi, pour ceux qui ont la référence.</p>



<p>Au-delà des marchés financiers au plus haut, et à moins que l’actualité m’échappe, je ne vois pas de Gilets jaunes dans les rues de Paris, l’avenue Habib Bourguiba est calme et aucun signe avant-coureur de protestations sociales massives n’est visible partout où je suis l’actualité.</p>



<p>Pourtant, comme l’explique si bien l’économiste Charles Gave l’<em>«indice Gilets jaunes»</em> (calcul de l’inflation des principaux postes de dépenses des classes moyennes et populaires, à savoir le logement, la nourriture et l’énergie) est au plus haut et nous devrions donc s’attendre à des mouvements sociaux massifs. Que nenni&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe du détroit d’Hormuz et la vitesse de la lumière</h2>



<p>Alors pour comprendre pourquoi rien ne se passe, il faut s’intéresser à la physique et à ses paradoxes. Le premier paradoxe, c’est celui du détroit d’Hormuz. Tous les matins en faisant ma revue de presse, je tombe sur des informations contradictoires sur ce coin du monde où tous les yeux sont rivés en ce moment. D’ailleurs, je ne suis pas le seul dans mon incompréhension. Dans un élan d’audace, la firme de recherche en investissement Citrini a dépêché sur place un analyste (dont je salue le courage au passage) afin d’observer et de rendre réellement compte de l’état du passage maritime. Ses conclusions sont claires : le détroit d’Hormuz est à la fois ouvert et fermé, et son état dépend surtout du bon vouloir des Iraniens et des Américains ainsi que de la prime de risque que sont prêts à prendre les armateurs qui y naviguent.</p>



<p>Le deuxième paradoxe est temporel. Peu importe si le détroit est ouvert ou fermé, parce que jusqu’à environ fin avril-début mai, le monde devrait encore recevoir les tankers partis avant le début du conflit, comme, en raison de la vitesse de la lumière, nos yeux reçoivent encore actuellement la lumière d’étoiles lointaines qui, pourtant, sont déjà mortes.</p>



<p>Autrement dit, pour le moment, nous flottons. Rien ne se passe encore car le présent est encore le passé du choc et le futur n’a pas encore produit ses effets. Entre-temps, hormis le prix à la pompe dans la majorité des pays occidentaux, nous vivons encore une situation pré-Cygne noir, mais beaucoup le sentent venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une crise déjà enclenchée mais invisible</h2>



<p>Ce que les gens savent moins, c’est que le plus gros problème est peut-être qu’il se peut que nous nous ne puissions pas faire grand-chose pour résoudre le problème. Pourquoi ? Parce que quel est l’intérêt de savoir si des tankers peuvent circuler comme avant et combien de temps ils vont mettre pour arriver dans le futur ou dans le passé si, finalement, nous n’avons plus rien à mettre dedans ?</p>



<p>Observez les raffineries des pays du CCG, qui disposaient avant le 28 février 2026 d’une capacité de traitement de 6 à 6,5 Mb/j. Aujourd’hui, environ 1,9 Mb/j de capacité ont été directement arrêtés, et au total plus de 3 Mb/j sont affectés si l’on inclut la sous-utilisation liée aux contraintes logistiques. En pratique, le Koweït n’est qu’à 50 % de ses capacités de raffinage, 60 à 70 % pour les Émirats arabes unis, tandis que Riyad s’en sort un peu mieux avec une capacité partiellement maintenue.</p>



<p>Au-delà même du raffinage, les pays du CCG sont pour la plupart proches de la saturation de stockage, avec des réservoirs terrestres au maximum et un recours accru au stockage flottant, le pire exemple étant au Koweït.</p>



<p>En conséquence, ces États ont déjà commencé à réduire leur production pétrolière, non pas pour des raisons stratégiques comme dans les accords de l’Opep (dont les émiratis annoncent leur retrait), mais par nécessité technique, supprimant de fait des dizaines de millions de barils par jour du marché, alors même que la demande demeure inchangée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquence sur les marchés</h2>



<p>Que se passe-t-il dans ce genre de situation ? Un enfant de 10 ans l’aurait deviné, le cours du pétrole monte en flèche. Certains diraient que l’économie mondiale peut supporter un baril autour des 100 $, au prix, néanmoins, d’une inflation plus élevée et d’une rentabilité réduite des entreprises, mais supportera-t-elle la disparition de l’offre alors que la demande ne fléchit pas ? Je n’en suis pas certain.</p>



<p>À terme, les données les plus crédibles issues d’analyses de marché et d’institutions énergétiques convergent vers des estimations de l’ordre d’un retrait de 3 à 4 Mb/j de diesel (environ 5 à 12 % de la demande mondiale).</p>



<p>Pour le gaz naturel, en particulier le GNL, les perturbations sont généralement évaluées autour de 10 à 20 % des volumes disponibles. Du côté pétrochimique, le naphta subit des tensions d’offre significatives liées au raffinage, avec un retrait d’environ 10 %.</p>



<p>Enfin, pour les gaz industriels, l’hélium connaît un recul de 25 à 30 % de son offre, tandis que le néon reste vulnérable avec des perturbations potentiellement à deux chiffres mais sans estimation globale stabilisée.</p>



<p>Au niveau des prix, ces retraits se traduisent par des augmentations jamais vus auparavant. Ainsi, depuis le début de 2026, le pétrole brut a augmenté d’environ +50 à +55 %, le diesel et les distillats lourds ont bondi de +50 à +100 % selon les régions, tandis que le kérosène est l’un des plus touchés avec une hausse proche de +80 à +95 % (les vacances d’été risquent de vous coûter plus cher que prévu).</p>



<p>Le gaz naturel et le GNL affichent une forte volatilité avec des hausses de l’ordre de +30 à +100 % selon les marchés. Les produits pétrochimiques dérivés comme les plastiques suivent une trajectoire similaire, avec des hausses estimées entre +20 % et +60 %, tandis que les gaz industriels très concentrés comme l’hélium, essentiel à la production des puces et semi-conducteurs, enregistrent les augmentations les plus extrêmes, de l’ordre de +100 % à +200 %, soit un prix parfois multiplié par deux ou trois. Les engrais ont progressé d’environ +40 % en moyenne, avec des pics plus élevés sur certains contrats d’importation, et c’est justement ce dernier point qui, personnellement, m’inquiète le plus (spécialement pour la Tunisie).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les risques alimentaires</h2>



<p>Au-delà de l’inflation, les scénarios étudiés par les institutions internationales pointent vers des perturbations alimentaires régionales. Je serais incapable de prédire si le monde se dirige vers des disettes comme celles du Moyen Âge en Europe ou de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle en Tunisie, mais le principal canal de risque passerait par la hausse des prix et la pénurie d’engrais, l’augmentation du coût de l’énergie agricole (diesel, gaz) et les frictions logistiques, qui peuvent ensemble réduire les rendements agricoles mondiaux de l’ordre de 5 à 15 % dans les cas modérés, et jusqu’à 10 à 20 % sur certaines productions céréalières dans les scénarios les plus défavorables.</p>



<p>Cela se traduit par une inflation alimentaire mondiale pouvant aller de +10 à +50 %, selon l’intensité du choc, avec des effets négatifs particulièrement forts dans les pays importateurs nets comme la Tunisie. Pour le moment, les modèles de la FAO et de la Banque mondiale indiquent que la production mondiale reste globalement suffisante.</p>



<p>Le problème central n’est donc pas un manque absolu de nourriture, mais un déséquilibre d’accès, de prix et de distribution.</p>



<p>Cependant, si la théorie du Cygne noir nous apprend quelque chose, c’est que l’on peut très vite basculer dans un scénario extrême de rupture prolongée des flux commerciaux et énergétiques, où des crises alimentaires locales ou régionales graves peuvent apparaître. Au fond, il ne tient qu’au duo américano-israélien de reprendre les hostilités pour pouvoir assister à cela.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et la Tunisie dans tout ça ?</h2>



<p>Je ne vais pas tourner autour du pot : nous sommes dans le pétrin. La Tunisie est un pays structurellement très vulnérable aux chocs énergétiques et agricoles, car elle importe environ 65 % de son énergie, avec un déficit énergétique d’environ 6,3 millions de tonnes d’équivalent pétrole (1 Mtep équivaut environ à&nbsp;7,3 à 7,4 millions de barils) en 2025, tandis que ses finances publiques sont très sensibles au prix du pétrole, chaque hausse de 1 $/baril coûtant environ 160 millions de dinars.</p>



<p>Malheureusement, les planificateurs du ministère des Finances (probablement sous pression du politique), et ce malgré les tensions géopolitiques claires depuis juin 2025, ont construit notre dernier budget autour d’hypothèses proches des 63$/baril, ce qui rend un baril à 90-110 $ extrêmement couteux pour le déficit et les subventions publiques déjà à bout de souffle. Or, comme le dit souvent l’économiste Charles Gave cité plus haut : <em>«l’économie n’est que de l’énergie transformée»</em>. Dans quel état serait l’économie tunisienne si cette énergie coûte de 50 à 83 % plus cher, ou pire encore, si nous n’en avons plus ?</p>



<p>Sur le plan agricole, le pays est également fortement dépendant des importations d’engrais azotés et potassiques, ce qui le rend exposé aux hausses mondiales liées à l’énergie et aux perturbations logistiques.</p>



<p>Au niveau de nos fournisseurs, les principaux partenaires sont concentrés autour de quelques pôles dominants, avec donc une forte dépendance structurelle, surtout pour l’énergie.</p>



<p>En effet, la Tunisie est un importateur net de pétrole et de gaz naturel, et ses principaux fournisseurs sont d’abord les pays de l’UE, notamment l’Italie et la France via les produits raffinés et carburants, mais surtout l’Algérie, qui fournit l’essentiel du gaz naturel via gazoduc et représente un partenaire stratégique quasi incontournable pour le pays. Ces importations d’énergie représentent déjà une part majeure du déficit commercial tunisien et expliquent la forte sensibilité du budget aux prix du baril et du gaz.</p>



<p>Pour les engrais et produits agricoles stratégiques, la dépendance est plus mondiale et diversifiée, ce qui peut être à la fois une malédiction et une bénédiction. Dans les faits, nous importons l’essentiel des engrais azotés et complexes depuis des fournisseurs internationaux comme la Russie, l’UE (notamment l’Allemagne et les Pays-Bas), et, vous le voyez venir, les pays du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis). Cette structure signifie que la Tunisie n’a pas de fournisseur unique mais dépend d’un marché global et volatil, où les volumes sont souvent redirigés vers les acheteurs les plus solvables en période de tension, nous y reviendrons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quels sont les potentiels scénarios pour le pays ?</h2>



<p>Dans une autre vie, mon quotidien se résumait à produire des scénarios de probabilité et des plans d’actions politiques, juridiques et logistiques pour chaque scénario. Sans réutiliser la méthodologie apprise dans ce contexte, je vais m’amuser ici à élaborer trois scénarios que je considère plausibles.</p>



<p>De fait, puisque ceci demeure un article d’opinion, la répartition des probabilités que vous verrez est une appréciation qualitative issue d’une lecture combinée des modèles de risque macroéconomique, des analyses d’organisations internationales (FAO, Banque mondiale, IEA) et de la logique de propagation des chocs sur les marchés énergétiques et agricoles, plutôt qu’un calcul statistique strict. Dit autrement, elle repose sur la fréquence observée des chocs comparables, leur intensité historique et la capacité des chaînes d’approvisionnement à absorber les perturbations.</p>



<p>En intégrant les dynamiques énergie–engrais–commerce, les scénarios pour la Tunisie peuvent être structurés de manière graduelle jusqu’à un scénario <em>«noir»</em> de rupture, relevant de la logique du Cygne noir au sens de Taleb.</p>



<p>* Dans le scénario central, et si cette <em>«drôle de guerre»</em>, entendue comme un cessez-le-feu sur le fil du rasoir et un trafic maritime dans le détroit d’Hormuz à la merci d’un tweet ou d’un malentendu, j’estime ce dernier avec une probabilité d’occurrence de l’ordre de 60 %. Dans ce cas, la Tunisie vivrait des flux d’importation fonctionnels mais coûteux, avec des hausses du prix de l’énergie et des engrais de l’ordre de +30 à +50 %, une inflation alimentaire de +10 à +20 %, une pression budgétaire accrue mais encore gérable via subventions et arbitrages, ainsi qu’une probable intervention (d’une manière ou d’une autre) du FMI, le pays ne pouvant plus compter sur la solidarité arabe des pays du CCG, occupés à fouetter d’autres chats.</p>



<p>* Dans le scénario de stress accru, estimé à 20 %, les tensions sur les marchés internationaux augmentent sans pour autant déboucher sur une confrontation de haute intensité. Celles-ci entraîneraient des retards et des réductions de volumes disponibles pour les pays à faible pouvoir d’achat, ce qui peut provoquer des hausses de +50 à +80 % sur certains intrants (engrais, diesel agricole), une baisse des rendements agricoles de 10 à 15 %, et une inflation alimentaire de 20 à 35 %, avec des épisodes de pénuries locales de courte durée et une dépendance accrue aux importations céréalières.</p>



<p>* Enfin, le scénario noir, estimé également à 20 %, verrait les attaques de Washington et Tel-Aviv reprendre, visant tout ce qui permet de faire fonctionner un État en Iran. En représailles, les Iraniens pourraient détruire l’ensemble des raffineries, usines de désalinisation d’eau de mer et autres infrastructures essentielles à la production d’énergie et d’engrais des pays du CCG.</p>



<p>Dans un tel scénario, le marché serait caractérisé par des perturbations majeures des chaînes logistiques internationales, avec un blocage durable des routes maritimes, une crise énergétique prolongée sans précédent, une rationalisation des exportations (chacun pour soi et Dieu pour tous, j’en veux pour preuve l’épisode des masques pendant la pandémie de Covid-19) et une priorisation des grands importateurs (l’Asie en tête de proue).</p>



<p>La Tunisie pourrait alors faire face à des interruptions de ses importations d’énergie et d’engrais, une chute des rendements agricoles pouvant atteindre –15 à –20 %, et une inflation alimentaire supérieure à +40 %, créant des risques de crises alimentaires, notamment pour les ménages les plus vulnérables, des épisodes de rationnement implicite prolongée et une forte instabilité des prix, sans pour autant, je l’espère, signifier une pénurie alimentaire généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que faire tant qu’on peut encore agir ?</h2>



<p>Dans tous les cas de figure, Cygne noir ou non, la Tunisie doit trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en énergie et en engrais. Déformation professionnelle oblige, cette partie sera rédigée comme un mini «<em>Policy Paper</em>» sommaire qui détaille quoi faire pour éviter le pire.</p>



<p>Dans un cadre de stress systémique prolongé des marchés énergétiques et agricoles, et donc de l’économie, la Tunisie doit raisonner en scénarios et non en partenaires fixes, car les équilibres commerciaux deviennent beaucoup plus volatils.</p>



<p>Ainsi, dans un scénario de tension durable, l’Europe, principal débouché historique des exportations tunisiennes (textile, composants, agroalimentaire) et fournisseur clé d’énergie raffinée et d’intrants, serait fortement fragilisée par ses propres coûts énergétiques élevés, ce qui réduirait sa demande importatrice, augmenterait ses prix domestiques et, par mécanisme de rationnement possible, réduirait sa capacité d’exportation. Ceci rendrait simultanément plus difficile pour la Tunisie d’y exporter et d’en importer à des conditions soutenables. Il faudra alors se tourner, comme le faisait Bourguiba à son époque, à la fois vers l’Est et vers l’Ouest. Je m’explique.</p>



<p>Sur le plan opérationnel, une stratégie de résilience doit être séquencée&nbsp;:</p>



<p><strong>La phase 1 (court terme)</strong> consiste en la sécurisation des flux critiques par des accords bilatéraux hors marché spot avec l’Algérie (gazoduc et électricité, qui couvre déjà l’essentiel du gaz tunisien) et la Libye pour le pétrole brut, avec un travail sur la stabilisation logistique.</p>



<p>Ensuite, l’État devrait constituer des stocks stratégiques couvrant au minimum 90 à 180 jours de consommation énergétique, et imaginer des mécanismes de swap énergie contre services et biens de consommation. L’objectif étant de ne pas vivre un blackout énergétique, un effondrement économique et une crise alimentaire, en réduisant la dépendance aux marchés européens de produits raffinés, qui seront de plus en plus volatils, chers et rationnés en période de stress global.</p>



<p><strong>La phase 2 (moyen terme)</strong> consiste en une restructuration industrielle interne. La Tunisie dispose d’un avantage critique sous-exploité : le phosphate, avec les 8e à 10e réserves mondiales selon les estimations géologiques. L’objectif stratégique est de transformer ce stock en souveraineté agricole via une montée en gamme de la production d’engrais (urée, DAP, ammonitrates).</p>



<p>Je ne réinvente pas la roue en disant cela, mais aujourd’hui, il n’est plus seulement question d’une capacité insuffisante pour couvrir la demande interne. Le risque est de ne même plus pouvoir s’en procurer sur les marchés internationaux. Un programme d’investissement ciblé visant une augmentation de production de l’ordre de +30 à +50 % permettrait de réduire fortement l’exposition aux marchés internationaux et surtout dans la valorisation industrielle du phosphate tunisien pour accroître fortement la production nationale d’engrais, afin de transformer un avantage géologique en levier de souveraineté alimentaire.</p>



<p>En parallèle, modernisation du raffinage pour augmenter le taux de conversion locale, visant réduction des importations de diesel et kérosène raffinés, qui sont les segments les plus volatils avec des hausses de prix observées pouvant dépasser +80 % en situation de stress.</p>



<p><strong>La phase 3 (moyen/long terme)</strong> verrait une reconfiguration des partenariats stratégiques vers des pôles exportateurs de ressources primaires. Dans ce cadre, trois zones sont structurellement pertinentes :</p>



<p>&#8211; Russie : acteur majeur mondial avec une volonté de vendre son énergie boudée, pour l’instant, par les Européens. Opportunité intéressante de renforcer les liens avec Moscou à prix discount. Risque géopolitique important, notamment en raison des frappes ukrainiennes sur les infrastructures d’exportation russes en mer Noire, phénomène susceptible de se reproduire si le conflit persiste et de s’intensifier si les dynamiques militaires évoluent défavorablement pour les ukrainiens qui peuvent la jouer à l’iranienne en recourant davantage à la guerre asymétrique. La limite des sanctions internationales est également à prendre en compte. Tunis jouit d’une bonne relation avec Moscou, profitons-en.</p>



<p>&#8211; Amérique du Nord (États-Unis + Canada) : premier ensemble énergétique mondial, avec les États-Unis comme premier producteur de pétrole et de gaz, actuellement en bonne capacité d’exportation. Washington est notre allié de longue date et nous avons la chance d’y avoir beaucoup d’amis. Le Canada, avec ses 170 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et son leadership mondial en potasse, représentant plus de 30 % des réserves connues, est le partenaire idéal pour la Tunisie.</p>



<p>&#8211; Canada spécifiquement : Dans ce contexte, le Canada apparaît comme un partenaire structurel particulièrement intéressant pour la Tunisie en raison de sa stratégie active de diversification des débouchés hors du voisin américain, de sa richesse en matières premières et de la complémentarité potentielle avec les besoins tunisiens en énergie et en intrants agricoles, ce qui justifierait une intensification des liens économiques et logistiques entre Tunis et Ottawa dans une logique de sécurisation à long terme des chaînes d’approvisionnement.</p>



<p>Au-delà des intérêts convergents, nous avons la chance d’avoir un ambassadeur de Tunisie au Canada, S.E. Lassaad Boutara, éminemment compétent et qui comprend très bien cette dynamique et le potentiel extraordinaire d’un renforcement des relations commerciales en matière d’énergie et d’engrais entre les deux pays. Ceci est également valable dans l’autre sens. L’ambassadeur du Canada en Tunisie, S.E. Alexandre Bilodeau, est un fin connaisseur de la région et des domaines de coopération et d’intérêts mutuels entre les deux pays. Tunis doit donc donner les moyens de réussir à ses missions et les autoriser à faire pleinement leur boulot.</p>



<p>En somme, la stratégie optimale pour la Tunisie n’est pas la diversification générale, mais une hiérarchisation stricte des dépendances. Court terme (Algérie/Libye pour la sécurité énergétique), moyen terme (industrialisation du phosphate pour sécuriser les engrais et raffinage), long terme (ancrage dans des pôles exportateurs de ressources stables comme le Canada), avec pour objectif macro final de réduire la sensibilité du budget au pétrole et de sécuriser l’offre agricole nationale face aux chocs de prix internationaux</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Comprenez-moi bien, ce que décrit cet article n’est pas seulement une succession de chocs énergétiques, de tensions sur les engrais ou de scénarios géopolitiques plus ou moins probables, c’est la mise en évidence d’un système mondial devenu structurellement instable, où des économies fortement interconnectées fonctionnent en flux tendu et absorbent de moins en moins bien les ruptures. Dans ce cadre, les prix de l’énergie, la disponibilité des intrants agricoles et la fluidité logistique cessent d’être des variables techniques pour devenir des variables systémiques, capables de reconfigurer en quelques semaines des équilibres économiques nationaux entiers.</p>



<p>Le raisonnement mobilisé ici s’inscrit explicitement dans la logique du&nbsp;Cygne noir&nbsp;de Taleb, c’est-à-dire des événements rares, hautement improbables en apparence, mais aux conséquences disproportionnées lorsqu’ils surviennent. Cette approche rompt avec les modèles classiques de distribution en cloche et s’appuie au contraire sur des distributions à&nbsp;<em>«</em><em>fat tails</em><strong>&nbsp;»</strong>, où les événements extrêmes ne sont pas des anomalies négligeables mais des composantes structurelles du risque.</p>



<p>Autrement dit, l’erreur fondamentale des modèles traditionnels n’est pas seulement de mal prédire, mais de sous-estimer systématiquement l’ampleur des extrêmes. C’est précisément cette correction de perspective qui permet de passer d’une lecture linéaire du monde à une lecture non-linéaire, où les ruptures deviennent statistiquement rares mais systématiquement possibles.</p>



<p>Pour la Tunisie, l’enjeu est encore plus aigu car elle se situe à l’intersection directe de ces vulnérabilités. Avec une énergie importée, des engrais importés, et une forte exposition aux marchés alimentaires mondiaux, le pays navigue en eaux troubles, tant les chocs externes ne sont pas amortis, mais transmis quasi intégralement au budget, aux ménages et à la production économiques et agricoles.</p>



<p>Les scénarios évoqués plus haut ne diffèrent pas tant par leur nature que par leur intensité, mais tous convergent vers la même réalité qui veut que la contrainte principale ne soit pas l’absence globale de ressources, mais la compétition pour y accéder dans un monde où les chaînes d’approvisionnement deviennent plus fragiles et hiérarchisées.</p>



<p>Dans ce contexte, penser en termes de Cygne noir n’est pas un exercice théorique, mais une méthode de prévention. Il ne s’agit pas de prédire l’imprévisible, ce qui est contradictoire par définition, mais d’intégrer explicitement l’existence de scénarios extrêmes dans la planification économique et stratégique. C’est précisément cette bascule intellectuelle qui accepte que les extrêmes dominent parfois la moyenne, couplé à la capacité des décideurs de <em>«penser l’impensable»</em> comme le disait l’expert Guillaume Callonico, dans son livre ‘‘<em>Don&rsquo;t look East</em>; <em>le réveil géopolitique de la finance’’</em>, qui permet de passer d’une logique de prévision fragile à une logique de résilience robuste.</p>



<p>Autrement dit, la question n’est plus seulement de savoir si un choc viendra, mais dans quelle mesure il sera absorbable lorsqu’il surviendra. Et dans un monde où l’exception tend à devenir structurelle, la véritable variable stratégique n’est plus la croissance seule, mais la robustesse des systèmes qui la rendent possible.</p>



<p>* <em>Doctorant en sciences politiques et affaires publiques et internationales. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/">Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Choc pétrolier &#124; Quelle réponse des pays du Sud Global ?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 06:41:17 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La guerre en cours des États-Unis et Israël contre l’Iran constitue un puissant choc macroéconomique, qui affectera les pays du Sud Global. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/choc-petrolier-quelle-reponse-des-pays-du-sud-global/">Choc pétrolier | Quelle réponse des pays du Sud Global ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Par-delà le fracas des armes, la guerre en cours des États-Unis et Israël contre l’Iran constitue déjà un puissant choc macroéconomique. Elle bouleverse l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient et redessine les vulnérabilités économiques mondiales, en exposant les fragilités structurelles du Sud global. Elle impose une interrogation non seulement sur les mécanismes du choc, mais sur la capacité des États à y résister. Le véritable risque n’est plus un ralentissement économique, mais une désorganisation durable des conditions mêmes de la croissance mondiale.</em></strong> <em>(Photo : Ras Laffan, le plus grand gisement de gaz au monde, géré par Qatar Energy, bombardé par l&rsquo;Iran).</em>  </p>



<p><strong>Yahya Ould Amar *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-18568414"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Ce conflit a déclenché un choc d’offre global à haute intensité. La perturbation du détroit d’Ormuz – et celle probable de Bab El Mendeb (Mer Rouge) – par lequel transite environ 20% des flux mondiaux d’hydrocarbures, combinée à des frappes sur des infrastructures énergétiques régionales, constitue un choc d’une ampleur exceptionnelle. La hausse rapide des prix de l’énergie, la volatilité des marchés et la désorganisation des chaînes logistiques témoignent d’une rupture systémique. Mais l’élément le plus inquiétant réside dans la possibilité d’attaques simultanées sur les infrastructures énergétiques en Iran et dans les pays du Golfe, ce qui transformerait un choc de prix en un choc de quantités, bien plus difficile à absorber.</p>



<p>Au-delà du choc immédiat, une mutation profonde est à l’œuvre, celle de la fonction même de l’énergie dans le système économique mondial. Nous entrons dans une phase où le prix du baril, au-delà de l’équilibre entre offre et demande, reflète en priorité une prime géopolitique structurelle, durable et potentiellement auto-entretenue.</p>



<p>La destruction répétée d’infrastructures critiques — champs, terminaux, installations de liquéfaction — introduit une contrainte temporelle liée aux délais de reconstruction, souvent pluriannuels, transformant des chocs conjoncturels en pénuries persistantes.</p>



<p>Dans ce contexte, les anticipations des marchés se désancrent, et les investissements énergétiques deviennent eux-mêmes procycliques (amplification des fluctuations économiques), aggravant la volatilité (nervosité) des marchés au lieu de l’amortir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La double peine du Sud : énergie chère, monnaies faibles</h2>



<p>Les pays du Sud global se trouvent en première ligne, confrontés à une réactivation de la contrainte extérieure. L’augmentation de la facture énergétique dégrade immédiatement les balances des paiements, accentue la demande de devises fortes et exerce une pression intense sur les monnaies locales.</p>



<p>Dans plusieurs économies émergentes, la dépréciation monétaire alimente un cercle vicieux, ainsi plus la monnaie se déprécie, plus le coût des importations augmente, aggravant encore les déséquilibres externes.</p>



<p>Dans les cas les plus fragiles, cette dynamique peut conduire à des crises de balance des paiements, avec rationnement des importations et restrictions sur les changes.</p>



<p>Cette vulnérabilité est particulièrement aiguë dans les économies dont la monnaie est arrimée au dollar ou fortement dollarisée. Pour ces pays, l’appréciation du dollar agit comme un multiplicateur de choc, elle renchérit simultanément le coût de l’énergie, le service de la dette externe et le prix des importations essentielles.</p>



<p>Les pays importateurs nets d’hydrocarbures — notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines économies d’Amérique latine — se trouvent ainsi enfermés dans une trappe macroéconomique où toute tentative de stabilisation monétaire accélère la contraction de l’activité économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dilemme des politiques économiques</h2>



<p>À cette contrainte externe s’ajoute un choc inflationniste d’une intensité particulière. L’énergie étant un intrant universel, son renchérissement se diffuse rapidement à l’ensemble de l’économie. Les coûts de transport augmentent, les prix des engrais s’envolent, et la production agricole est affectée. Le choc se transmet ainsi des marchés énergétiques aux marchés alimentaires, transformant une inflation importée en inflation généralisée. Pour des populations déjà vulnérables, notamment dans les pays à faible revenu, cette dynamique constitue une menace directe pour la sécurité alimentaire et la stabilité sociale.</p>



<p>Dans ce contexte, les finances publiques sont soumises à une pression extrême. Les gouvernements doivent simultanément protéger les ménages contre la hausse des prix et absorber l’augmentation de leurs propres dépenses énergétiques. Cela conduit à une expansion rapide des déficits budgétaires et à une accumulation de dette publique. Or, cette détérioration intervient dans un environnement financier mondial plus contraint, caractérisé par des taux d’intérêt élevés et une aversion accrue pour le risque. Le coût du financement externe augmente, les flux de capitaux se raréfient, et les marges de manœuvre budgétaires se réduisent.</p>



<p>Dans ce contexte, le rôle du Fonds monétaire international (FMI) apparaît à la fois central et profondément contraint. Les capacités d’intervention — de l’ordre de 1 000 milliards de dollars au maximum — apparaissent significatives à l’échelle d’une crise isolée, mais demeurent faibles face à un choc systémique global, où les besoins cumulés des économies fragiles pourraient rapidement excéder plusieurs milliers de milliards de dollars.</p>



<p>Aussi, les conditionnalités traditionnelles — consolidation budgétaire, ajustement structurel — se heurtent à une réalité nouvelle, l’impossibilité politique et économique d’imposer des ajustements procycliques dans des sociétés déjà fragilisées par des chocs inflationnistes et alimentaires.</p>



<p>Le FMI se trouve ainsi confronté à un dilemme soit maintenir une orthodoxie financière au risque d’amplifier les crises sociales soit assouplir ses exigences au prix d’un risque accru de désancrage macroéconomique global.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nouveau régime d’instabilité</h2>



<p>Le résultat combiné de ces dynamiques est une configuration de stagflation difficile à gérer pour de nombreux gouvernements. La croissance ralentit sous l’effet de la hausse des coûts et de l’incertitude, tandis que l’inflation demeure élevée. Les entreprises réduisent leurs investissements, les ménages voient leur pouvoir d’achat diminuer, et les États perdent leur capacité à stabiliser le cycle économique. Cette combinaison — inflation élevée et croissance faible — est historiquement associée à des périodes de forte instabilité économique et politique.</p>



<p>La soutenabilité même de la récession dans les pays fragiles devient alors incertaine. Contrairement aux économies avancées, ces pays ne disposent ni de stabilisateurs automatiques efficaces ni de marges budgétaires suffisantes pour amortir le choc. Le délai d’absorption du choc — c’est-à-dire le temps nécessaire pour rétablir un nouvel équilibre macroéconomique — s’allonge considérablement, transformant une récession cyclique en dépression prolongée. Cette temporalité étendue accroît le risque de ruptures politiques, de défauts souverains et, dans certains cas, d’effondrement institutionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du choc conjoncturel au basculement structurel</h2>



<p>Le scénario le plus préoccupant reste toutefois celui d’une destruction durable des infrastructures énergétiques en Iran et dans le Golfe. Une telle situation produirait un choc d’offre permanent, en réduisant significativement la production mondiale d’hydrocarbures. Elle entraînerait également une désorganisation profonde des circuits logistiques, les ports, pipelines et terminaux devenant vulnérables ou inutilisables.</p>



<p>Les primes de risque sur le transport maritime et le financement augmenteraient fortement, tandis que les effets de second tour — hausse des taux, tensions sur la dette, contraction du commerce mondial — amplifieraient encore le choc initial. Dans ce cas, la crise ne serait plus conjoncturelle mais structurelle, avec des conséquences durables sur l’économie mondiale.</p>



<p>Dans cette séquence, les monarchies du Golfe pourraient supporter un coût triplement cumulatif : celui d’une protection militaire américaine monétisée, celui du financement d’un conflit dont elles ne sont pas à l’origine — dans un moment où même le Congrès américain hésite à en assumer le coût du premier mois de conflit (200 milliards) —, et, enfin, celui d’un alignement politique et financier accru dans l’après-guerre, consacrant une forme de soumission renforcée à l’égard du couple États-Unis–Israël.</p>



<p>L’hypothèse d’une dislocation partielle de l’Iran — sous l’effet combiné de frappes extérieures, de tensions internes et d’interventions indirectes d’acteurs régionaux — introduit un risque systémique supplémentaire. Une fragmentation territoriale, impliquant potentiellement des zones kurdes, azéries ou sous influence étrangère, transformerait le pays en espace de conflictualité permanente, à proximité immédiate des principales routes énergétiques mondiales, tout en ravivant, à la frontière turque, la question kurde et les fragilités qu’elle induit pour Ankara.</p>



<p>Dans un tel scénario, la fermeture intermittente ou le contrôle discrétionnaire du détroit d’Ormuz — voire sa monétisation sous forme de <em>«péage»</em> — deviendrait un instrument durable de pouvoir économique, redéfinissant les termes de l’échange énergétique mondial.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fin de l’abondance financière et retour du risque de dette souveraine</h2>



<p>Cette situation accélère une transformation déjà en cours du système financier international. Le régime d’abondance financière qui caractérisait les années 2010 — marqué par des taux bas et des flux de capitaux vers les économies émergentes — est en train de disparaître. Les investisseurs se replient vers les actifs considérés comme sûrs, renforçant la domination du dollar et accentuant la vulnérabilité des pays dépendants du financement externe.</p>



<p>Parallèlement, le système monétaire international se fragmente, avec l’émergence de tentatives de diversification, notamment autour du yuan ou d’accords bilatéraux. Toutefois, en période de crise, la centralité du dollar reste intacte, ce qui limite les marges de manœuvre des économies émergentes.</p>



<p>Les grandes économies avancées, elles-mêmes fortement endettées, voient leur capacité à jouer un rôle de prêteur se réduire. La remontée des taux d’intérêt réels et la montée des primes de risque limitent l’appétit pour les actifs émergents, accentuant la segmentation financière du monde.</p>



<p>Dans ce contexte, l’investissement global — en particulier dans les infrastructures et la transition énergétique — ralentit précisément au moment où il serait le plus nécessaire.</p>



<p>Dans ce contexte, le risque de crises de dette souveraine augmente fortement. La combinaison d’une dépréciation des monnaies, d’une hausse des taux d’intérêt et d’une détérioration des balances des paiements crée des conditions propices à des défauts en chaîne. Plusieurs pays pourraient se retrouver confrontés à des arbitrages impossibles entre le service de la dette, le financement des importations essentielles et la stabilité sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que faire ?</h2>



<p>Face à ce choc, les pays du Sud global doivent repenser leurs priorités, pour éviter qu’il ne redéfinisse durablement les trajectoires économiques. L’objectif ne peut plus être la poursuite d’une croissance maximale à court terme. Il s’agit désormais de construire une stratégie de résilience. Cela implique, en premier lieu, de sécuriser la liquidité externe, en renforçant les réserves de change et en garantissant l’accès aux devises nécessaires pour financer les importations critiques.</p>



<p>Il est également essentiel d’adopter une approche réaliste en matière de politique monétaire, en acceptant une certaine dépréciation plutôt que de tenter de défendre des niveaux de change insoutenables.</p>



<p>Sur le plan budgétaire, une hiérarchisation rigoureuse des instruments s’impose. À court terme, la priorité doit aller aux transferts monétaires ciblés, aux subventions limitées aux biens essentiels et aux mécanismes temporaires de tarification sociale.</p>



<p>Les États doivent renoncer aux soutiens généralisés, coûteux et régressifs, au profit d’une protection concentrée sur les ménages, les agriculteurs et les secteurs les plus exposés.</p>



<p>Cette réorientation suppose aussi une gestion active de la dépense publique. Il faut protéger les postes à fort rendement social — santé, nutrition, éducation de base, énergie critique, maintenance des infrastructures vitales — et différer les investissements publics non prioritaires, en particulier ceux fortement importateurs en devises ou à faible effet de stabilisation immédiat. Une revue des dépenses de fonctionnement, des subventions aux entreprises publiques et des niches budgétaires devient indispensable.</p>



<p>Du côté des recettes, l’enjeu est moins d’augmenter les taux d’imposition que d’élargir l’assiette : réduction des exonérations inefficaces, meilleure collecte douanière et fiscale, taxation temporaire de certaines rentes ou surprofits, fiscalité accrue sur les biens de luxe et produits pouvant avoir un impact sanitaire (tabac, sucre, …), amélioration du recouvrement auprès des grands contribuables.</p>



<p>Pour les pays disposant de recettes exceptionnelles, des fonds de stabilisation ou de lissage doivent être mobilisés — ou créés — afin d’amortir les chocs sans désorganiser durablement le budget.</p>



<p>Parallèlement, la gestion de la dette doit devenir plus préventive : recours aux marchés boursiers locaux, aux financements concessionnels, allongement des maturités, réduction des risques de refinancement, transparence accrue et, si nécessaire, restructurations ordonnées.</p>



<p>Dans un monde de capital rare, la crédibilité budgétaire ne se mesure plus à la rigidité doctrinale, mais à la capacité de l’État à arbitrer entre protection sociale, soutenabilité financière et sécurité économique.</p>



<p>La dimension énergétique devient également centrale. La diversification des sources d’approvisionnement, la conclusion d’accords bilatéraux de long terme et l’investissement dans des alternatives énergétiques sont des impératifs stratégiques.</p>



<p>Enfin, la coopération internationale, notamment entre pays du Sud, peut jouer un rôle clé, à travers la mutualisation des réserves, l’utilisation des instruments multilatéraux et le renforcement des institutions financières régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Organiser la rareté sans basculer dans la fragmentation</h2>



<p>Face à cette configuration, les politiques économiques doivent évoluer au-delà des cadres traditionnels. Trois axes apparaissent déterminants.</p>



<p>Premièrement, une redéfinition des politiques budgétaires vers des dépenses de résilience — sécurité énergétique et alimentaire, infrastructures critiques, stocks stratégiques — au détriment des logiques d’optimisation de court terme.</p>



<p>Deuxièmement, une coordination monétaire et financière accrue entre pays du Sud, visant à réduire la dépendance au dollar par des mécanismes de compensation régionaux et des accords de swap entre banques centrales.</p>



<p>Troisièmement, une accélération des investissements dans les énergies alternatives — renouvelables, technologies de stockage et autres — comme réponse à l’instabilité géopolitique de l’offre fossile.</p>



<p>Car au fond, ce qui se joue n’est autre que la capacité du système international à organiser la rareté sans basculer dans la fragmentation.</p>



<p>En définitive, cette guerre annonce l’entrée dans un monde où l’énergie redevient une arme, les détroits des instruments de souveraineté coercitive, la dette un accélérateur de fragilité, et la résilience la première des politiques économiques. Pour le Sud global, l’enjeu est d’éviter qu’un choc externe ne se transforme en désordre intérieur ou explosion sociale. La leçon à retenir lorsque les infrastructures vitales deviennent des cibles et les routes maritimes des leviers de guerre, est que la géopolitique a cessé d’encadrer l’économie — elle la commande. Et c’est alors l’ordre mondial lui-même qui entre en zone de turbulence durable.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oYwYrzdnkk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/12/israel-iran-les-marches-redoutent-un-choc-petrolier-mondial/">Israël &#8211; Iran: Les marchés redoutent un choc pétrolier mondial</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël &#8211; Iran: Les marchés redoutent un choc pétrolier mondial » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/12/israel-iran-les-marches-redoutent-un-choc-petrolier-mondial/embed/#?secret=YX7rgDRebk#?secret=oYwYrzdnkk" data-secret="oYwYrzdnkk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Israël &#8211; Iran: Les marchés redoutent un choc pétrolier mondial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Oct 2024 07:10:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les inquiétudes grandissent quant à l’impact de l’escalade guerrière au Moyen-Orient sur la stabilité des marchés mondiaux.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/12/israel-iran-les-marches-redoutent-un-choc-petrolier-mondial/">Israël &#8211; Iran: Les marchés redoutent un choc pétrolier mondial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le monde retient son souffle. Alors que personne ne connaît le timing des frappes israéliennes sur l’Iran et que les Israéliens n’ont pas écarté de cibler les installations pétrolières iraniennes, les marchés redoutent un choc pétrolier qui n’épargnera aucune économie. Les pays développés subiront une forte inflation et les pays en voie de développement non seulement subiront l’inflation mais en plus verront leurs finances publiques se dégrader et leur endettement exploser. Oxford Economics prévoit que les prix du pétrole augmenteront jusqu’à 130 dollars le baril et que l’économie mondiale entrera en récession. </em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-14186836"></span>



<p>Les inquiétudes grandissent quant à l’impact de l’escalade guerrière au Moyen-Orient sur la stabilité des marchés mondiaux. Les tensions ont entraîné des fluctuations des prix du pétrole et des matières premières et la poursuite du conflit pourrait avoir des répercussions à long terme sur l’économie mondiale ce qui appelle une plus grande attention internationale.</p>



<p>Peter S. Goodman affirme dans une enquête publiée par le <a href="https://www.nytimes.com/2024/10/07/business/middle-east-conflict-economic-risks.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">New York Times</a> que les répercussions du conflit au Moyen-Orient suscitent de plus en plus d’inquiétudes dans le monde entier soulignant que le pire scénario serait un glissement généralisé conduisant à un choc dans les approvisionnements mondiaux en pétrole. </p>



<p>La hausse des prix de l’essence, du carburant et d’autres produits pétroliers tels que le plastiques, les produits chimiques et les engrais entraînera à son tour une baisse des investissements, de l’emploi et des projets commerciaux et menacera la stagnation de nombreuses économies. Cela inclut les pays européens et les pays qui dépendent des importations en particulier les pays africains pauvres selon ce que l’auteur a mentionné.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Scénarios qui sortent de l’ordinaire</h2>



<p>Il estime que la possibilité de telles répercussions est devenue évidente ces derniers jours à la lumière des discussions sur les projets israéliens de réplique à l’attaque iranienne qui l’a visé la semaine dernière.</p>



<p>Une frappe israélienne contre des installations pétrolières iraniennes pourrait inciter Téhéran à cibler les raffineries du Golfe ce qui rappelle l’attaque des Houthis contre des installations pétrolières saoudiennes en 2019.</p>



<p>L’Iran pourrait également menacer le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, la voie navigable vitale par laquelle passe le pétrole du Golfe Persique et une telle mesure pourrait entraîner un conflit avec la marine américaine stationnée dans la région.</p>



<p>L’auteur a expliqué que ces possibilités, même si elles semblent impensables à l’heure actuelle, pourraient devenir une réalité tangible car les troubles dont la région a été témoin ces derniers mois ont conduit à s’attendre à des scénarios qui sortent de l’ordinaire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oZKBcudXd4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/12/les-consequences-dune-attaque-israelienne-sur-les-installations-petrolieres-iraniennes/">Les conséquences d&rsquo;une attaque israélienne sur les installations pétrolières iraniennes</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les conséquences d&rsquo;une attaque israélienne sur les installations pétrolières iraniennes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/12/les-consequences-dune-attaque-israelienne-sur-les-installations-petrolieres-iraniennes/embed/#?secret=x76UF5zYbp#?secret=oZKBcudXd4" data-secret="oZKBcudXd4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il estime que l’escalade de la guerre au Moyen-Orient ajoute un nouveau fardeau à l’économie mondiale déjà affectée par la guerre en Ukraine, le conflit commercial entre les deux plus grandes économies du monde et la menace de provocations continues de la part de la Corée du Nord.</p>



<p>L’auteur cite l’ancien économiste en chef du Fonds monétaire international et actuel professeur à l’Université Harvard Kenneth S. Rogoff qui a déclaré: <em>«La situation mondiale est inhabituellement turbulente. Le monde traverse probablement la période la plus instable depuis la guerre froide et les choses pourraient empirer rapidement ce qui aura certainement un impact majeur sur l’économie mondiale.»</em>&nbsp;</p>



<p>Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 4% jeudi 3 octobre dernier après que le président Biden a déclaré que son administration discutait de la possibilité de soutenir une frappe israélienne sur les installations pétrolières iraniennes et que le prix du brut Brent a dépassé 77 dollars le baril alors qu’il était de 71 dollars avant que l’Iran ne lance ses missiles vers Israël. Le lendemain, Biden a cherché à apaiser les craintes soulignant que les Israéliens <em>«doivent envisager des alternatives autres que la frappe des installations pétrolières»</em>.</p>



<p>L’auteur cite un certain nombre d’experts selon lesquels une attaque israélienne contre les installations pétrolières iraniennes ne suffirait peut-être pas à elle seule à compromettre la stabilité des marchés pétroliers car l’Iran produit environ 4 millions de barils par jour soit environ 4% de la production mondiale totale. Les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis pourraient parer à ce manque en augmentant leur production pour compenser une éventuelle pénurie et ainsi réduire la pression sur les prix mondiaux.</p>



<p>Un scénario similaire s’est produit il y a 5 ans après qu’une attaque de drone contre des installations pétrolières en Arabie Saoudite ait entraîné l’arrêt de près de la moitié de la production du pays. Les prix du pétrole ont augmenté d’un cinquième mais ont rapidement diminué par la suite, l’Arabie saoudite ayant libéré un pourcentage de sa production placée en stocks de réserve.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pétrole à 130 dollars le baril&nbsp;?</h2>



<p>La question principale demeure, selon l’auteur: comment Israël réagira-t-il à la récente attaque de missiles de l’Iran? Que va-t-il se passer ensuite?</p>



<p>Selon une analyse menée par Oxford Economics, en cas de guerre régionale impliquant Israël et l’Iran, les prix du pétrole augmenteraient jusqu’à 130 dollars le baril et la croissance économique mondiale diminuerait de 0,4%.</p>



<p>À l’heure où les banques centrales des États-Unis et d’Europe annoncent une baisse des taux d’inflation et des taux d’intérêt et où les attentes de reprise des investissements, de l’emploi et de la croissance économique, un choc pétrolier pourrait contrecarrer tout cet élan.&nbsp;</p>



<p>Le think tank ajoute que malgré les mesures sérieuses prises pour s’appuyer sur les sources d’énergie renouvelables, la demande mondiale d’énergie a augmenté rapidement renforçant la position du pétrole en tant que produit mondial vital.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JteVIjczl6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/10/israel-iran-netanyahu-met-les-democrates-americains-au-pied-du-mur/">Israël &#8211; Iran : Netanyahu met les démocrates américains au pied du mur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël &#8211; Iran : Netanyahu met les démocrates américains au pied du mur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/10/israel-iran-netanyahu-met-les-democrates-americains-au-pied-du-mur/embed/#?secret=32k9iOe6E8#?secret=JteVIjczl6" data-secret="JteVIjczl6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Selon l’Agence internationale de l’énergie, la part du pétrole dans les réserves énergétiques mondiales totales a diminué de 44% à 31% entre 1971 et 2010 mais dans les années suivantes, ce pourcentage est resté constant malgré l’augmentation des sources d’énergie renouvelable en raison de l’augmentation de la demande des économies à croissance rapide comme l’Inde, l’Indonésie et le Brésil.</p>



<p>L’auteur estime que la crise de l’approvisionnement en pétrole renforcera la nécessité pour les gouvernements de réduire leur dépendance aux combustibles fossiles en développant les sources d’énergie renouvelables même si cela ne répondra pas aux menaces actuelles qui pèsent sur l’économie mondiale.</p>



<p>Il a souligné que les conséquences les plus douloureuses du choc de l’offre pétrolière seront évidentes dans les pays à faible revenu et qui sont endettés comme la Zambie, le Mozambique, la Tanzanie et l’Angola car les gouvernements de ces pays ont réduit leurs dépenses en matière de santé publique, d’éducation et autres services pour éviter le défaut de paiement tandis que les coûts augmenteront.</p>



<p>L’auteur confirme également que la hausse des prix du pétrole exercera une pression sur l’économie chinoise qui importe plus de 90% des exportations pétrolières iraniennes soit environ les trois quarts de la consommation pétrolière du pays.</p>



<p>Le gouvernement chinois s’est efforcé de réduire les risques liés à la crise des prix du pétrole en soutenant l’utilisation de voitures électriques et en augmentant ses réserves de pétrole. Cependant, la facture énergétique élevée constituera un défi supplémentaire à un moment où l’économie chinoise est confrontée à un ralentissement de la croissance dû aux énormes pertes dans le secteur immobilier.</p>



<p>L’Europe semble elle aussi vulnérable à une crise majeure car elle a longtemps dépendu des approvisionnements russes à bas prix qui ont cessé après la guerre russo-ukrainienne et ont contraint de nombreux pays à rechercher des alternatives et à réduire leur consommation. C’est pour cela que la hausse des prix du pétrole constituera une crise supplémentaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’en est-il de l’Amérique et de la Russie?</h2>



<p>L’auteur estime que les États-Unis semblent mieux placés pour absorber le choc. Les sociétés pétrolières américaines bénéficieront de la pénurie mondiale d’approvisionnement et de la hausse des prix mais l’impact du ralentissement de la croissance économique mondiale gênera les autres sociétés américaines en particulier celles qui exportent leurs produits.</p>



<p>L’auteur cite Jacob Funk Kierkegaard du Peterson Institute for International Economics à Washington qui a déclaré: <em>«Ce qui va se produire en Europe, c’est un état de stagflation</em> (situation d’une économie qui souffre simultanément d’une forte inflation et d’une faible croissance, Ndlr)», ajoutant que le plus grand bénéficiaire de la hausse des prix du pétrole sera la Russie car elle fournira à Poutine plus d’argent pour intensifier sa guerre contre l’Ukraine.</p>



<p>Kirkegaard a souligné que le rapprochement russo-iranien pourrait limiter la capacité d’Israël à risquer une escalade du conflit mais si Israël cible l’Iran et que cela conduit à la destruction des installations énergétiques de la région et à une augmentation des prix du pétrole, cela fournira à la Russie davantage de revenus.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7ou2A96Yjq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/03/benjamin-netanyahu-veut-acculer-les-etats-unis-a-entrer-en-guerre-avec-liran/">Benjamin Netanyahu veut acculer les États-Unis à entrer en guerre avec l’Iran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Benjamin Netanyahu veut acculer les États-Unis à entrer en guerre avec l’Iran » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/03/benjamin-netanyahu-veut-acculer-les-etats-unis-a-entrer-en-guerre-avec-liran/embed/#?secret=iR5I3fNhYY#?secret=7ou2A96Yjq" data-secret="7ou2A96Yjq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/12/israel-iran-les-marches-redoutent-un-choc-petrolier-mondial/">Israël &#8211; Iran: Les marchés redoutent un choc pétrolier mondial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Arabes face au conflit israélo-palestinien : une impuissance assumée  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/11/les-arabes-face-au-conflit-israelo-palestinien-une-impuissance-assumee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 05:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelfattah Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Sadate]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[choc pétrolier]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Faysal Bin Abdulaziz]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Ben Salmane]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[roi Fayçal]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Gharbi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=10479398</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Arabes du tandem Anouar Sadate - Faysal Bin Abdulaziz au tandem Abdelfattah Sissi - Mohammed Ben Salmane. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/11/les-arabes-face-au-conflit-israelo-palestinien-une-impuissance-assumee/">Les Arabes face au conflit israélo-palestinien : une impuissance assumée  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 1973, les Arabes ont remporté une demi-victoire face à Israël en pesant de leur poids dans la géostratégie mondiale? Pourquoi ce qui était possible en 1973 ne l’est plus en 2023?</em></strong> <em>(Illustration : les Arabes du tandem Anouar Sadate &#8211; Faysal Bin Abdulaziz au tandem Abdelfattah Sissi &#8211; Mohammed Ben Salmane). </em> </p>



<p>Par<strong> Samir Gharbi</strong></p>



<span id="more-10479398"></span>



<p>La guerre d’octobre 1973 déclenchée le 6 octobre 1973 contre Israël par l’Egypte et la Syrie avait soulevé le monde arabe.</p>



<p>Dès le 16 octobre, les pays arabes pétroliers, réunis au Koweït, décident sous la houlette de Cheikh Yamani, ministre saoudien du Pétrole, de réduire leur production de pétrole et d’augmenter le prix du baril de 70%.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Choc pétrolier</h2>



<p>Le 20 octobre, le roi Fayçal d’Arabie saoudite tape sur la table et annonce l’arrêt des livraisons de pétrole aux Etats-Unis…</p>



<p>Le 5 novembre, les pays pétroliers arabes décident de classer les pays importateurs en trois catégories&nbsp;: les pays amis, dont la France et l’Espagne,&nbsp;les pays ennemis, dont les Etats-Unis et les Pays-Bas; et les pays neutres…</p>



<p>Le sommet arabe en novembre 1973 à Alger permet d’obtenir de plusieurs pays africains, asiatiques et sud-américains la rupture de leurs relations diplomatiques avec Israël…</p>



<p>La réaction arabe face au soutien américain à Israël a donc été ferme… Certes la guerre se termine avec la défaite militaire arabe, mais le choc pétrolier a provoqué une crise mondiale et a permis d’entamer des négociations de paix avec Israël.</p>



<p>Mais le camp arabe va vite se fissurer… Le président Sadate, pour accélérer le processus de paix, décide courageusement de se rendre en Israël en novembre 1977…</p>



<p>Il provoque un tollé&nbsp;: l’Egypte est exclue de la Ligue arabe et le siège de la Ligue arabe est transféré à Tunis (1979)…</p>



<p>Voilà deux grands événements dont les effets ne ressemblent plus à ceux de 2023…</p>



<p>Le Hamas attaque Israël, et la Ligue arabe, qui est revenue au Caire, met plus d’un mois pour se réunir à Riyad. Les réactions arabes sont purement verbales.</p>



<p>Mais si l’Egypte avait été punie en 1978 pour avoir signer les accords de Camp David avec Israël, aucun pays arabe ne l’a été en 2022…</p>



<p>Pourquoi une telle inaction officielle alors que les <em>«peuples»</em> sont en plein émoi devant les bombardements interminables israéliens sur un bout de l’Etat palestinien à Gaza.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qAC7ZS6LMG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/30/la-palestine-et-le-peche-originel-des-arabes/">La Palestine et le péché originel des Arabes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Palestine et le péché originel des Arabes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/30/la-palestine-et-le-peche-originel-des-arabes/embed/#?secret=13QWQ6Hh5m#?secret=qAC7ZS6LMG" data-secret="qAC7ZS6LMG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Parce que…</h2>



<p>Plusieurs pays arabes – dont le Maroc, le Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Qatar, Djibouti – abritent des bases américaines…</p>



<p>Plusieurs pays ont noué des relations officielles avec Israël depuis 2020 (accords d’Abraham)&nbsp;: Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan, qui s’ajoutent à l’Egypte et à la Jordanie dont les relations remontent à quelques décennies…</p>



<p>L’arme du pétrole, qui ne demande qu’à être utilisée, est mise aux oubliettes de l’histoire. Les pays arabes qui ont gagné des centaines de milliards de dollars grâce au choc de 1973, sont aujourd’hui avachis. Ils ont besoin de sécuriser leur pouvoir – par le parapluie américano-israélien.</p>



<p>Tout ce qu’ils peuvent faire (gratuitement ou presque), ce sont des discours… que sème le vent.</p>



<p>Palestiniens de Palestine et de la diaspora, si vous voulez sauvez votre vie, comptez sur vous-mêmes. Demandez l’aide morale et matérielle de ceux qui vous aiment vraiment – pas de ceux qui vous utilisent pour réaliser leur propre dessein géopolitique. Ne négligez surtout pas le soutien des Juifs non sionistes qui ne désirent, comme vous, que la paix et la concorde dans le <em>«vivre ensemble»</em>. Ils sont aujourd’hui minoritaires, mais leur combat contre l’extrême droite israélienne est aussi le vôtre. Et il a l’avenir devant lui pour se renforcer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wrG4ODycvW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/proche-orient-le-plan-israelien-de-la-deuxieme-nakba-reussira-t-il/">Proche-Orient : le plan israélien de la deuxième Nakba réussira-t-il?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Proche-Orient : le plan israélien de la deuxième Nakba réussira-t-il? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/proche-orient-le-plan-israelien-de-la-deuxieme-nakba-reussira-t-il/embed/#?secret=i75L1cK7D6#?secret=wrG4ODycvW" data-secret="wrG4ODycvW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/11/les-arabes-face-au-conflit-israelo-palestinien-une-impuissance-assumee/">Les Arabes face au conflit israélo-palestinien : une impuissance assumée  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie face au casse-tête de la hausse du prix du pétrole</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/23/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-hausse-du-prix-du-petrole/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Feb 2022 09:56:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amine Ben Gamra]]></category>
		<category><![CDATA[choc pétrolier]]></category>
		<category><![CDATA[déficit énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[énergies renouvelables]]></category>
		<category><![CDATA[Steg]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les cours du pétrole sur le marché international ont poursuivi leur ascension face au risque d&#8217;une invasion de l&#8217;Ukraine par la Russie, qui entraînerait des sanctions économiques contre Moscou et perturberait les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Cela ne restera pas sans graves conséquences sur l&#8217;économie tunisienne, notre pays, dont le déficit énergétique...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/23/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-hausse-du-prix-du-petrole/">La Tunisie face au casse-tête de la hausse du prix du pétrole</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Choc-petrolier.jpg" alt="" class="wp-image-381703"/></figure></div>



<p><strong><em>Les cours du pétrole sur le marché international ont poursuivi leur ascension face au risque d&rsquo;une invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie, qui entraînerait des sanctions économiques contre Moscou et perturberait les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Cela ne restera pas sans graves conséquences sur l&rsquo;économie tunisienne, notre pays, dont le déficit énergétique continue de se cruser, doit en effet importer plus de la moitié de ses besoins en la matière, alors que ses finances publiques sont dans un piteux état, et le terme n&rsquo;est pas exagéré.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Amine Ben Gamra</strong><em><strong> *</strong></em></p>



<span id="more-381699"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Amine-Ben-Gamra.jpg" alt="" class="wp-image-381701"/></figure></div>



<p>C&rsquo;est la première fois depuis plus de 7 ans (et plus précisément depuis septembre 2014) que le brut léger américain s&rsquo;échange au-dessus des 95$ le baril. De très nombreux stratégistes estiment que les cours du pétrole franchiront les 100$ dans les prochaines semaines, même sans conflit armé en Ukraine, compte-tenu de la reprise économique mondiale post-Covid, et des difficultés de production de plusieurs pays producteurs de pétrole.</p>



<p>Dans une économie tunisienne très mal en point, la capacité d&rsquo;absorber un pareil choc pétrolier est très limitée, même s&rsquo;il s&rsquo;agira en définitive d&rsquo;un choc de faible ampleur. Ceci est d&rsquo;autant plus vrai que le budget de l’Etat pour l’année 2022 a été élaboré sur la base d&rsquo;un prix de référence du baril de pétrole (Brent) de 75 dollars et qu’une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole représente un surcoût de 142 millions de dinars tunisiens (MDT) pour le budget de l’Etat.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Nouvelles pressions sur le budget de l&rsquo;Etat </h2>



<p>L’augmentation des prix du pétrole va ajouter de nouvelles pressions sur le budget du pays, rendant la résolution du problème des subventions à l’énergie plus urgente que jamais.</p>



<p>Par ailleurs, la solution de ce problème à moyen et long termes réside dans le développement des énergies renouvelables, qui réduira la dépendance aux combustibles fossiles importés et renforcera la sécurité énergétique. Mais cela, on ne cesse de le dire et de le répéter depuis deux decennies, sans pour autant avancer dans la stratégie nationale de développement des énergies renouvelables. Et sans consentir d&rsquo;y mettre les investissements nécessaires dans ce secteur où la Tunisie, de par sa géographie, dispose d&rsquo;importants atouts insuffisamment exploités.</p>



<p>Ainsi mis dos au mur par un choc pétrolier et gazier qui aurait pu – et dû – être anticipé, on doit aujourd&rsquo;hui chercher à accroître les investissements dans les énergies renouvelables (solaire photovoltaïque, éolienne&#8230; ) dans le cadre d’une stratégie de diversification du bouquet énergétique, jusque-là dominé par la Société tunisienne d&rsquo;électricité et de gaz (Steg) qui assure 90% de la capacité nationale de production d&rsquo;électricité et dont les équilibres financiers sont loin d&rsquo;être au beau fixe pour permettre des investissements de grande envergure<strong>.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"> Petits projets énergétiques deviendront grands</h2>



<p>Les solutions existent et certains pays voisins confrontés au même problème du déficit énergétique, tel le Maroc, y ont recouru, mais il manque encore en Tunisie une réelle volonté politique pour avancer plus fermement sur cette voie futuriste, et notamment en donnant la chance aux jeunes des régions intérieures du pays de se lancer dans des petits projets énergétiques, dont l&rsquo;addition pourrait soulager, à terme, la facture énergétique nationale.</p>



<p>Il faut profiter de la prise de conscience induite par le choc énergétique actuel pour développer en urgence, à l’intérieur du pays, des structures dédiées uniquement aux jeunes qui veulent produire l&rsquo;électricité à partir des énergies renouvelables pour ensuite la vendre à la Steg. Ceci leur permettra d’acquérir une certaine autonomie financière et servira à l’Etat comme un moyen pour combattre le chômage dans ces régions.</p>



<p>Nous avons aussi des gisements en mer que nous devons exploiter et avoir le courage de développer, même s&rsquo;ils s&rsquo;agit de projets extrêmement coûteux. Une congugaison des efforts des entreprises publiques et privées dans le cadre d&rsquo;un parteneuriat renouvelé pourrait y aider.</p>



<p>* <em>Expert-comptable, commissaire aux comptes, membre de l&rsquo;Ordre des experts-comptables de Tunisie.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9NWfdTWIcd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/05/crise-de-liquidites-la-tunisie-au-pied-du-mur/">Crise de liquidités : La Tunisie au pied du mur&#8230;</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Crise de liquidités : La Tunisie au pied du mur&#8230; » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/05/crise-de-liquidites-la-tunisie-au-pied-du-mur/embed/#?secret=eHLaOBASI4#?secret=9NWfdTWIcd" data-secret="9NWfdTWIcd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GkXbv7bQmt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/20/leconomie-tunisienne-face-a-la-spirale-inflationniste/">L&rsquo;économie tunisienne face à la spirale inflationniste</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;économie tunisienne face à la spirale inflationniste » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/20/leconomie-tunisienne-face-a-la-spirale-inflationniste/embed/#?secret=MJOkYkgNOC#?secret=GkXbv7bQmt" data-secret="GkXbv7bQmt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cCwIrKnDkJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/13/document-les-principales-mesures-fiscales-de-la-loi-de-finances-2022/">Document : Les principales mesures fiscales de la loi de finances 2022</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Document : Les principales mesures fiscales de la loi de finances 2022 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/13/document-les-principales-mesures-fiscales-de-la-loi-de-finances-2022/embed/#?secret=vfcZcJY3w9#?secret=cCwIrKnDkJ" data-secret="cCwIrKnDkJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/23/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-hausse-du-prix-du-petrole/">La Tunisie face au casse-tête de la hausse du prix du pétrole</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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