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	<title>Archives des dette - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des dette - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le financement incertain des économies du Sud à l’heure de l’IA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 06:52:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Yahia Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Sud a de plus en plus mal à trouver des financements : l’argent du monde a déjà trouvé preneur, les géants de la tech.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/le-financement-incertain-des-economies-du-sud-a-lheure-de-lia/">Le financement incertain des économies du Sud à l’heure de l’IA</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les géants de l’intelligence artificielle (IA) empruntent sans regarder le prix, le rendement de la dette du Trésor américain à cinq ans a dépassé 5 % et l’aide publique au développement recule comme jamais. Le Sud découvre que l’argent du monde a trouvé preneur mieux noté et plus attractif, que les réserves de ses banques centrales financent la course dont il est exclu, et que l’avenir de son financement ne s’écrira plus à New York. Il s’écrira chez lui, ou il ne s’écrira pas.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yahya Ould Amar</strong> *</p>



<span id="more-19772512"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Une règle gouverne les marchés depuis qu’ils existent, et on l’enseigne encore dans les universités. Quand le prix de l’argent monte, les emprunteurs se retirent, la demande de crédit faiblit et le prix finit par redescendre. Cette règle vient de mourir sous les coups d’un emprunteur d’un genre nouveau, dont le calcul ne porte pas sur le coût du capital mais sur la survie de son empire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les neuf premiers hyperscalers – ce noyau des géants du numérique qui possède et bâtit les centres de données de la planète – engageront près de 830 milliards de dollars d’investissements en 2026, soit une hausse d’environ 80 % en un an. Microsoft annonce 190 milliards, Google entre 180 et 190, Amazon au-delà de 230, Meta entre 125 et 145. Les agences de notation projettent déjà 1000 milliards par an à l’horizon 2027. Aucune industrie, à aucune époque de l’histoire humaine, n’a mobilisé un tel volume de capital en si peu de temps pour un chiffre d’affaires encore à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet effort ne se finance plus par l’émission d’actions, car les fondateurs ne partagent pas leur pouvoir. Il se finance par la dette. En sept mois, cinq groupes ont absorbé plus de deux fois l’encours total des eurobonds souverains africains, qui s’élève à 115 milliards pour 21 pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un emprunteur engagé dans une course où le second n’existe pas, payer l’argent 5 % ou 10 % revient au même. Cinq points de plus sur 200 milliards représentent 10 milliards par an, soit une fraction de la trésorerie trimestrielle de chacun de ces groupes. La seule perte qu’ils redoutent se mesure en rang, à la survie de leur empire, pas en points de base. Face à un acheteur insensible au prix, le mécanisme d’enchères qui répartissait l’épargne mondiale ne répartit plus rien. Il adjuge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rendement du bon du Trésor américain à 5 ans a dépassé 5 % un niveau inconnu depuis vingt ans. On y lit une inflation qui résiste, une offre massive de titres publics, un pétrole au-delà de 100 dollars et, pour une part désormais explicite, la demande de capital née de la course à l’IA. Ce rendement sert de plancher à tous les taux de la planète, puisque nul ne prête à Nairobi ou à Bogota moins cher qu’il ne prête sans risque à Washington, et que tout emprunt en dollars s’évalue comme ce rendement augmenté d’une prime. Lorsqu’il monte d’un point, il soulève d’un point le coût de la dette de Colombo ou de Bogota, avant même que leur propre risque soit tarifé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les eurobonds émis par les pays émergents, signés entre 2017 et 2021 à 5 ou 6 % arrivent à échéance et se refinanceront à 9, 10 ou 11 %. Quatre points de plus sur un milliard refinancé, ce sont 40 millions de dollars par an prélevés sur des budgets où 40 millions construisent des écoles ou des dispensaires. L’Afrique affrontera cette année un besoin de financement non couvert de près de 100 milliards de dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays du Sud qui doit refinancer sa dette entre 2026 et 2028 ne se présente pas devant un marché tendu, qui finit toujours par se détendre. Il se présente devant un marché occupé, qui ne libère rien tant que l’occupant n’a pas achevé la construction de ses infrastructures. La différence entre les deux fait toute la différence entre une crise et un changement d’époque.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EdNNcgNYk1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/17/nouvel-ordre-international-numerique-en-construction-et-pays-du-sud-global/">Nouvel ordre international numérique en construction et pays du Sud global</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Nouvel ordre international numérique en construction et pays du Sud global » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/17/nouvel-ordre-international-numerique-en-construction-et-pays-du-sud-global/embed/#?secret=GFhaXtgUp5#?secret=EdNNcgNYk1" data-secret="EdNNcgNYk1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le mur, la facture et le retrait de l’aide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette occupation du marché survient au moment où les trois piliers de l’ancien financement du développement cèdent ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier pilier, la dette extérieure, s’est transformé en pompe aspirante. Le rapport que la Cnuced a publié le 7 octobre 2026 indique que les pays en développement ont payé 995 milliards de dollars d’intérêts nets sur leur dette publique en 2025, près du triple de 2010. L’État médian y consacre 8,1 % de ses recettes, deux fois plus qu’il y a quinze ans. Cinquante-et-un pays, où vivent 3,7 milliards d’êtres humains, dépensent davantage pour servir leurs intérêts que pour la santé ou l’éducation. S’ils empruntaient aux conditions des économies avancées, ils économiseraient 500 milliards de dollars par an, davantage que toute l’aide publique au développement jamais versée en une année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième pilier, l’aide publique, se retire. L’aide des pays de l’OCDE a chuté de 23,3 % en termes réels en 2025, après un recul de 8,5 % en 2024, une contraction sans précédent dans l’histoire de l’aide au développement. L’OCDE projette une nouvelle baisse de 6,9 % en 2026, de 11,6 % pour l’aide bilatérale à l’Afrique subsaharienne et de 10,9 % pour celle aux pays les moins avancés. En trois ans, l’aide mondiale aura perdu plus d’un tiers de sa valeur réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième pilier, la promesse climatique, n’a jamais été construit. Le Programme des Nations unies pour l’environnement chiffre les besoins d’adaptation des pays en développement entre 310 et 365 milliards de dollars par an d’ici 2035 – une sous-estimation manifeste en comparaison avec d’autres sources scientifiques plus crédibles. Les flux publics internationaux d’adaptation, selon l’OCDE, représentent un peu moins de 35 milliards en 2024. Les pays dont la responsabilité dans le réchauffement est infime doivent construire digues, réseaux et systèmes d’irrigation avec un argent qui n’arrive pas, pour survivre à des catastrophes climatiques devenues récurrentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sud doit donc emprunter davantage, pour rembourser plus cher, sur un marché où le capital a déjà trouvé preneur, pendant que l’aide se retire et que le climat présente sa facture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Federal Reserve (banque centrale américaine) combat une inflation qu’elle impute à l’économie réelle alors qu’une part croissante vient d’une poignée de bilans. Chaque durcissement frappe la mauvaise cible. Il écrase le logement et l’investissement des entreprises ordinaires sans retarder d’un seul serveur la construction des centres de données, puisque leurs promoteurs ne regardent pas le prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette erreur de visée se propage aux banques centrales du Sud, contraintes de suivre pour défendre leur monnaie, et qui étranglent leur propre économie pour compenser une dépense dont elles ne tireront aucun bénéfice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Solvabilité ou liquidité, le dilemme sans bon choix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale sait traiter une crise de liquidité. Elle prête contre de bons actifs à des institutions solides momentanément privées de trésorerie. Elle ignore en revanche comment traiter une crise de solvabilité, où les actifs ne valent plus ce qu’ils ont coûté et où aucune avance ne rendra au débiteur la richesse perdue. La bulle de l’IA prépare une crise du second type. Des centres de données amortis sur quinze ou vingt ans abritent des processeurs dépassés en trois à cinq ans. Des dettes à trente ans reposent sur des revenus dont aucun compte de résultat ne porte encore la trace à la hauteur des sommes engagées. Tout cela ne manquera pas de liquidité. Tout cela manquera de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prêter à des insolvables prolonge l’agonie et transforme la banque centrale en caisse de garantie des mauvais paris. Refuser de prêter précipite la chute et emporte les banques, d’abord celles qui ont financé la course au Nord, ensuite celles du Sud par contagion. Entre les deux, toute banque centrale émettrice de monnaie de réserve choisira la création monétaire, c’est-à-dire la conversion d’une perte privée en impôt diffus sur tous les détenteurs de la monnaie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dilemme se pose ensuite, en miroir et avec moins de moyens, aux banques centrales du Sud. Elles n’ont ni la monnaie de réserve ni la profondeur de marché qui permettent d’absorber une crise de solvabilité par la planche à billets. Fournir de la liquidité à un système devenu insolvable revient à financer la fuite des capitaux et à détruire la monnaie. La refuser à un système seulement illiquide revient à provoquer la faillite que l’on voulait éviter. La frontière entre les deux diagnostics se révèle invisible dans l’instant, et l’erreur se paie en dévaluation ou en années perdues. Le Sud n’a jamais eu le droit à l’erreur que le Nord s’accorde depuis toujours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fin du refuge et le second prélèvement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ancien monde, la récession américaine venait au secours des pays émergents. Les rendements chutaient, le dollar reculait, les capitaux repartaient vers le Sud en quête de rendement meilleur. Cette respiration risque de ne plus venir. Les grandes économies développées creusent leurs déficits au même moment, le Japon et la Chine cessent d’absorber la dette américaine, et les taux longs peuvent rester élevés au cœur même d’un ralentissement. Le Sud perd ainsi le seul mécanisme automatique qui lui rendait, périodiquement, l’accès au capital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le pari de l’IA se dénouera, les pertes s’ajouteront à celles, encore enfouies, du capital-investissement et du crédit privé contractées au temps de l’argent quasi gratuit. Un problème de solvabilité de cette ampleur se traite par une création monétaire assumée et massive, dont la facture atterrit sur tous ceux qui détiennent des dollars. Or les économies émergentes et en développement détiennent plus de la moitié des quelque 13 000 milliards de dollars de réserves de change mondiales, dans leurs banques centrales, leurs fonds de stabilisation et les comptes de leurs exportateurs. Le Sud aura été évincé pendant la bulle et dilué pendant la purge. Deux fois prélevé dans une partie à laquelle il n’a jamais joué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les fonds souverains de Riyad, de Doha et d’Abou Dhabi, qui gèrent ensemble plus de 4 000 milliards de dollars, se sont fait une place au cœur de la course. MGX, le véhicule d’Abou Dhabi, compte parmi les fondateurs du programme Stargate, chiffré à 500 milliards de dollars d’infrastructures américaines. Le fonds saoudien, par sa filiale Humain, a investi trois milliards dans xAI.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’épargne du Sud nourrit la course qui exclut le Sud. Les capitaux de la péninsule arabique financent, au Texas et dans l’Ohio, les centres de données, la rareté qui frappe Le Caire ou Lima. Aucune conférence sur le financement du développement n’a jamais déplacé des sommes comparables à celles que le Sud déplace lui-même, chaque trimestre, en direction du Nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie comme champ de bataille</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une vieille conviction gouverne les chancelleries depuis que les nations existent. Une économie forte a besoin d’une armée forte, et une armée forte a besoin d’une économie forte. Les deux se nourrissent jusqu’au jour où l’une faiblit. Ce jour venu, la peur s’installe, et la peur d’une grande puissance qui se sent décliner constitue une menace sur la paix mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La course à l’IA appartient autant au Pentagone qu’à la Silicon Valley. Les centres de données que finance l’épargne du monde entier sont des arsenaux, et le crédit qui s’y engouffre relève du budget de la défense autant que de celui de l’innovation. Cela explique la passivité des autorités monétaires devant la bulle de l’IA. On ne modère pas un réarmement. Une banque centrale qui relèverait ses taux jusqu’à freiner la construction des centres de données serait accusée de livrer la supériorité technologique à l’adversaire, et aucune institution ne survit à une telle accusation. La hiérarchie des urgences a été renversée dans l’ombre. La stabilité financière s’efface devant la sécurité nationale, et le prix de l’argent devient une variable stratégique avant d’être une variable économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sud global se trouve à l’autre bout de cette chaîne. Il finance, par les taux qu’il subit, une course aux armements numériques dont il ne possède ni les laboratoires ni les armées. Il en subira les retombées lorsque la peur des puissances se traduira en sanctions, en contrôles des exportations, en fragmentation des circuits de paiement et en guerres par procuration sur son propre sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel, la Corne de l’Afrique et la mer Rouge savent déjà ce que signifie devenir le terrain où des grandes puissances inquiètes règlent leurs comptes. Une économie du Sud qui veut se protéger doit comprendre que sa faiblesse financière constitue désormais une faiblesse militaire, et que sa souveraineté monétaire relève de sa défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste à comprendre pourquoi cette bulle rencontre si peu de résistance dans les opinions du Sud, alors même qu’elle les appauvrit. Des décennies de promesses non tenues, de budgets détournés, d’élections sans alternance et d’alternances sans changement ont vidé la parole des dirigeants de toute crédibilité. Lorsque l’on ne croit plus en ceux qui gouvernent, on se prend à croire en ce qui pourrait gouverner à leur place. L’IA recueille un espoir. On lui prête la capacité de détecter la fraude, de distribuer l’aide sans intermédiaire, de rendre la justice sans clientèle. Une machine réputée sans appétit paraît, aux peuples qui ont trop connu l’appétit des puissants, une promesse de probité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette foi mérite le respect, car elle naît d’une blessure réelle. Mais les systèmes que l’on espère incorruptibles sont conçus et détenus par des groupes dont l’intérêt diffère de celui des citoyens de Bangkok ou de Kinshasa. Ils absorbent les données du Sud, en restituent les décisions et en conservent la valeur. Une gouvernance déléguée à des algorithmes financés par la dette que nous payons ne corrige pas l’absence de confiance envers nos dirigeants. Elle la déplace vers des maîtres plus lointains et moins comptables encore. La seule probité qui dure se construit dans des institutions que les peuples contrôlent, et aucun modèle de langage ne remplacera un parlement qui vote, une cour qui juge et une presse qui enquête.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BLf37onlDB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/choc-petrolier-quelle-reponse-des-pays-du-sud-global/">Choc pétrolier | Quelle réponse des pays du Sud Global ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Choc pétrolier | Quelle réponse des pays du Sud Global ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/choc-petrolier-quelle-reponse-des-pays-du-sud-global/embed/#?secret=tRFXOioTm0#?secret=BLf37onlDB" data-secret="BLf37onlDB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que sera le financement du développement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle qui a financé le Sud depuis un demi-siècle, une aide publique en complément, une dette extérieure en devises pour l’essentiel, et une fenêtre de marché qui se rouvrait à chaque ralentissement américain, est mort en 2026. L’aide recule, la dette aspire plus qu’elle n’apporte, la fenêtre est occupée. L’avenir du financement du développement repose sur trois déplacements, et chacun se chiffre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier déplacement va de la devise empruntée à l’épargne mobilisée. Les transferts des migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 685 milliards de dollars en 2024, davantage que l’investissement direct étranger et l’aide publique réunis, et l’Afrique en reçoit près de 100 milliards par an. L’épargne nationale brute du continent dépasse 500 milliards de dollars par an, soit plus de quatre fois l’encours de l’ensemble de ses eurobonds. Cette épargne existe, elle dort dans des dépôts à vue rémunérés en dessous de l’inflation, s’exporte vers des bons du Trésor étrangers appelés à être dilués, ou se perd dans l’immobilier improductif. On observe déjà que la dette domestique a progressé plus vite que la dette extérieure dans 62 pays sur 86.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays qui place chez lui -sur son marché boursier- un dixième de son épargne annuelle lève davantage, à moindre coût et sans risque de change, que par l’eurobond signé au mauvais moment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième déplacement va de la dette à la rente partagée. L’IA a faim de ce que le Sud possède. L’Agence internationale de l’énergie attend un doublement de la consommation électrique des centres de données d’ici 2030, à près de 945 térawattheures, davantage que ce que consomme le Japon. La République démocratique du Congo fournit environ 70 % du cobalt mondial, le Niger et la Namibie figurent parmi les premiers producteurs d’uranium, la Guinée détient les premières réserves de bauxite. Vendre ces ressources brutes contre des dollars, puis emprunter ces mêmes dollars à 10 %, revient à payer deux fois ce que l’on possède une fois. L’enjeu consiste à exiger des participations au capital plutôt que des redevances, des contrats d’électricité à long terme libellés en partie en monnaie locale plutôt que des exportations de minerai, une transformation sur place plutôt qu’un embarquement au port, et une cotation locale des sociétés d’exploitation afin que la rente devienne un capital qui reste plutôt qu’une facture qui revient de loin. Le Sud détient ce que la bulle convoite. Il doit se faire payer en patrimoine, pas en dette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième déplacement va de la dépendance cyclique à la profondeur institutionnelle. Les banques multilatérales de développement peuvent, par une utilisation plus audacieuse de leur capital et le recours au capital hybride, dégager plusieurs centaines de milliards de dollars de capacité de prêt supplémentaire sur la décennie sans un dollar de contribution nouvelle. Les droits de tirage spéciaux alloués en 2021, 650 milliards de dollars, sont allés pour l’essentiel aux économies riches qui n’en avaient pas besoin, et les pays à faible revenu en ont reçu moins de 4 %. Leur réaffectation vers des mécanismes de garantie en monnaie locale et des lignes de liquidité régionales vaut davantage que dix conférences de bailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois déplacements ne relèvent ni de la charité du Nord ni de la bonne volonté des marchés. Ils relèvent de décisions que les États du Sud peuvent prendre seuls, et dont la plupart ont déjà le cadre juridique. Ils supposent, en revanche, la confiance des peuples dans leurs propres institutions. Une épargne nationale ne se mobilise que vers des bourses dont les règles sont respectées. La souveraineté financière commence par la probité domestique, et la probité domestique ne se délègue à aucune machine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le Sud global a connu la dette comme un fardeau, puis comme un instrument. Il la découvre aujourd’hui comme un droit d’entrée dans une partie truquée, où le prix de l’argent ne mesure plus la rareté du capital mais la peur de déclin des puissances. Les économies qui comprendront les premières que la sortie se trouve dans la profondeur de leurs propres marchés, dans la rente convertie en patrimoine et dans une souveraineté financière pensée comme une ligne de défense, auront moins à craindre du jour où les emprunteurs sans limite, cesseront de payer. Les autres apprendront, une fois encore, que l’on ne négocie pas avec un marché occupé. On le quitte, ou on en construit un autre non truqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Économiste, banquier et financier</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/02/les-remedes-de-lugtt-a-la-crise-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Aug 2026 06:37:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marginalisée par le pouvoir exécutif, l'UGTT s'invite dans le débat national en proposant des pistes pour une sortie de la crise. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/02/les-remedes-de-lugtt-a-la-crise-en-tunisie/">Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Marginalisée par le pouvoir exécutif, exclue du dialogue social dont elle fut historiquement l’un des principaux piliers et son influence considérablement réduite sur la scène politique, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tente d’exister, tant bien que mal, en s’invitant, de temps en temps, dans le débat national, par des déclarations de ses dirigeants à peine relayées par les médias, en attendant des jours meilleurs.</em></strong> <em>(Photo: Slaheddine Selmi, SG de l&rsquo;UGTT). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-19362913"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation s’est rappelée au souvenir des Tunisiens, hier, samedi 1<sup>er</sup> août 2026, en communiquant sur un document de son département d’études intitulé <em>«La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour surmonter la crise»</em>, qui souligne le caractère désormais structurel des difficultés du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose des ressources nécessaires pour renouer avec la croissance, mais cela nécessite des réformes structurelles, une stratégie économique à long terme et un dialogue national sur les grands choix économiques et sociaux, a-t-elle souligné dans ledit document, qui insiste sur les enjeux clés de la crise&nbsp;: le poids de la dette publique (qui dépasse 80% du PIB), la faiblesse de l’investissement, la dépendance énergétique, notamment du gaz algérien, la perte de pouvoir d’achat, la fuite des compétences et la pression sur les ressources hydriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’UGTT, le rythme de la croissance (entre 1,5 et 2,5 %, bon an mal an) demeure insuffisant pour réduire le chômage et financer adéquatement les services publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au chapitre des recommandations, la centrale syndicale appelle l’Etat à soutenir l’investissement productif, à simplifier les procédures administratives et à développer les énergies renouvelables ainsi que les secteurs à forte valeur ajoutée, en renforçant les liens entre universités, instituts de recherche et entreprises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport appelle également à la réforme des entreprises publiques sur la base d’objectifs vérifiables, tout en maintenant le contrôle de l’État sur les secteurs stratégiques. Position du reste partagée par le président de la république Kaïs Saïed, qui rejette catégoriquement toute idée de cession, totale ou partielle, de ces entreprises qui croulent sous les déficits et les dettes et pèsent lourdement sur les finances publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant les ressources en eau, l’UGTT appelle à prendre des mesures contre le gaspillage et prône le recours au dessalement et aux eaux usées traitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réformes relatives aux subventions, à la fiscalité et aux entreprises publiques, ils ne peuvent être adoptées unilatéralement ; elles doivent faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux et s’accompagner d’une répartition équitable des coûts, souligne l’organisation syndicale, Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son rôle important dans la conduite du dialogue national, mais qui peine à retrouver le rôle central qui fut le sien dans le dialogue politique et social dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie, conclut l&rsquo;UGTT, peut tirer parti de sa proximité avec les marchés européens et africains, de son capital humain qualifié et de ses infrastructures relativement développées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la relance dépendra de la capacité à bâtir un nouveau modèle fondé sur l’investissement, la productivité, la bonne gouvernance et la justice sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une réconciliation nationale globale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Intervenant, samedi, dans l&rsquo;émission <em>‘‘Houna Tunes’’</em>, sur <a href="https://diwanfm.net/news/%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A%D8%A9/%D8%A7%D8%AA%D8%AD%D8%A7%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D8%BA%D9%84%3A-%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3-%D8%AA%D8%AD%D8%AA%D8%A7%D8%AC-%D8%A7%D9%84%D9%8A%D9%88%D9%85-%D8%A5%D9%84%D9%89-%D8%AD%D9%88%D8%A7%D8%B1-%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A-%D8%B4%D8%A7%D9%85%D9%84-%D9%88%D9%85%D8%B5%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%A9-%D9%84%D8%A5%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%B0-%D8%A7%D9%84%D8%A8%D9%84%D8%A7%D8%AF" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diwan FM</a> Ahmed Jaziri — secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de l’UGTT — a souligné que la Tunisie fait face à des défis majeurs et que les conditions nécessaires à un niveau de vie décent ont disparu, notant que les citoyens se plaignent de plus en plus de la cherté de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Jaziri a ajouté que la situation actuelle du pays a incité le département des études et de la documentation de l’Union à présenter le document analytique intitulé <em>«La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour résoudre la crise»</em>, dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la nation, affirmant : <em>«Le syndicat travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Jaziri a souligné au passage la nécessité pour toutes les parties concernées par la recherche de solutions à la crise multisectorielle que traverse le pays de s’unir et de parvenir à une réconciliation nationale globale. Rejetant les démarches unilatérales, qui caractérise le pouvoir exécutif depuis le 25 juillet 2021, date de la proclamation de l’état d’exception, il a prôné un dialogue inclusif associant toutes les organisations et la société civile pour faire face à la situation — une crise nécessitant, selon lui, l’instauration de l’état d’urgence pour remettre la Tunisie sur la bonne voie — tout en rappelant que le pays a actuellement besoin de toutes ses compétences professionnelles, dont beaucoup le quittent pour des cieux plus cléments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Jaziri a ajouté que ce message s’adresse à l’actuel gouvernement qui, a-t-il affirmé, refuse d’engager le dialogue avec l’Union et d’autres organisations, insistant sur le fait que la situation exige un effort concerté de toutes les parties.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout en soulignant que le syndicat a ses propres idées et sa propre stratégie, et que la Tunisie ne manque de rien, le responsable syndical a affirmé que toute crise peut être résolue et que <em>«les fardeaux partagés sont légers»</em> (comme le dit l’adage).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, M. Jaziri a soutenu que la mauvaise gouvernance, le manque de suivi et la négligence ont conduit les institutions étatiques à la ruine, citant la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) comme exemple flagrant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à ceux qui imputent la crise actuelle du pays au syndicat, M. Jaziri a déclaré que l’UGTT est marginalisée depuis cinq ans et que ses propositions sont restées sans réponse.<em> «Aujourd&rsquo;hui, on rejette tout sur le syndicat, qui est une force positive et un vecteur de dialogue»</em>, a-t-il déclaré, qualifiant cette tentative de rejeter la responsabilité des problèmes du pays sur le syndicat de <em>«fuite en avant» </em>etune tentative d’éluder les véritables problèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/02/les-remedes-de-lugtt-a-la-crise-en-tunisie/">Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Un potentiel économique freiné par la bureaucratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[administration publique]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie a un potentiel économique qui s'érode au fil des ans par la faute d'une administration publique étouffante.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/05/tunisie-un-potentiel-economique-freine-par-la-bureaucratie/">Tunisie | Un potentiel économique freiné par la bureaucratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La bureaucratie n’est pas un détail de gestion. C’est le premier obstacle à l’emploi, à l’investissement et à l’avenir des jeunes. La Tunisie a du potentiel. Tout le monde le dit depuis trente ans — les institutions internationales, les économistes, les hommes politiques. Et ce potentiel, pendant ce temps, s’érode. Les jeunes diplômés partent. Les investisseurs hésitent. Les projets dorment dans des tiroirs en attendant des autorisations qui n’arrivent jamais.</em></strong> <em>(Siège du gouvernement à la Kasbah: la bureaucratie contre l&rsquo;économie). </em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-18583337"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est pas le manque de ressources naturelles ni l’absence de compétences. Il est administratif. Il est structurel. Et il est évitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 2012 et 2018, la Tunisie a perdu 46 places au classement Doing Business de la Banque mondiale. Ce n’est pas une statistique abstraite : c’est la traduction chiffrée de milliers de projets abandonnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des chiffres qui ne mentent pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Créer une entreprise en Tunisie nécessite en moyenne 9 procédures distinctes — contre moins de 5 dans la plupart des pays développés. Obtenir un permis de construction mobilise 18 démarches, contre 13 au Maroc et 9 en France. Exporter un produit tunisien vers l’Europe coûte 50 heures de démarches administratives — contre 13 heures dans les économies avancées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont pas des chiffres de think tank. Ce sont des données de la Banque mondiale, confirmées par la Banque africaine de développement en 2024 et par le FMI dans ses consultations les plus récentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie est aujourd’hui classée comme le pays <em>«le plus risqué»</em> du continent africain pour les entreprises, selon le Country Risk Atlas 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque procédure en trop est une raison de plus de ne pas investir. Chaque délai inutile est un emploi non créé. L’administration tunisienne, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, n’est pas neutre : elle est activement défavorable à l’activité économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un potentiel réel, une économie bloquée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’est pas un pays sans atouts. Son tissu industriel, son secteur agricole, sa main-d’œuvre qualifiée et sa position géographique en font un candidat naturel à une croissance soutenue. Les secteurs porteurs existent : énergies renouvelables, industrie technologique, numérique, agro-industrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces secteurs ne se développeront pas dans un environnement où les autorisations mettent des mois, où l’accès au foncier industriel relève du parcours d’obstacle, et où l’incertitude réglementaire décourage les investisseurs avant même qu’ils ne déposent un dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette publique atteint 81 % du PIB en 2024. Le chômage des jeunes dépasse 30 % dans plusieurs régions de l’intérieur. La croissance économique n’a été que de 1,4 % en 2024. Ces chiffres ne sont pas le résultat d’une malchance conjoncturelle. Ils sont le résultat d’une gouvernance économique qui n’a pas rompu avec ses blocages structurels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie informelle représente entre 40 et 60 % de l’activité totale en Tunisie. C’est la mesure exacte de l’échec du cadre formel à offrir des conditions viables à ceux qui veulent entreprendre légalement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois réformes concrètes, pas une de plus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic est posé depuis longtemps. Ce qui manque, c’est l’action. Trois réformes précises, immédiatement réalisables, permettraient de changer la donne sans attendre une hypothétique révolution administrative globale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première réforme : la digitalisation réelle des services aux entreprises. Pas les portails en ligne qui reproduisent les formulaires papier en PDF. Un service numérique vrai, avec des délais légaux contraignants, une traçabilité des dossiers et une obligation de réponse. La Banque mondiale a identifié ce levier comme prioritaire pour la Tunisie dans sa stratégie pays 2025. Plusieurs pays africains moins bien dotés ont déjà franchi ce pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième réforme : la mise en place d’un guichet unique opérationnel pour les investisseurs — avec une autorité réelle sur les administrations sectorielles. Les guichets uniques tunisiens existent sur le papier. Ils n’ont pas le pouvoir de débloquer les dossiers quand une administration sectorielle oppose un refus ou simplement n’est pas réactive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce pouvoir de coordination qui leur fait défaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième réforme : l’instauration de délais légaux opposables pour toute décision administrative à incidence économique. Pas de réponse dans les 30 jours : accord tacite. Ce mécanisme, appliqué dans plusieurs pays méditerranéens, a prouvé son efficacité pour réduire les délais sans dégrader la qualité des décisions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question politique que personne ne pose</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réformes ne sont pas complexes sur le plan technique. Elles sont complexes sur le plan politique — parce qu’elles remettent en cause des pratiques, des positions de pouvoir et des habitudes institutionnelles solidement ancrées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n’est donc pas <em>«Que faut-il faire ?»</em>. Elle est : <em>«Qui a intérêt à ce que rien ne change ?»</em> La réponse à cette question explique pourquoi les diagnostics se succèdent depuis quinze ans sans que les réformes suivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’est pas condamnée à l’inertie administrative. D’autres pays, avec des points de départ similaires, ont réformé leur environnement des affaires en moins de cinq ans — le Rwanda, la Géorgie, le Maroc sur certains segments — et en ont tiré des gains de croissance mesurables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le potentiel de la Tunisie n’est pas une promesse d’avenir. C’est une réalité présente que l’administration empêche de se concrétiser. Changer cela, c’est possible. La question est de savoir si c’est voulu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ingénierie avant les discours</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque grande réforme administrative commence par une décision politique claire, suivie d’un calendrier précis et d’indicateurs de résultat opposables. Pas d’un comité de réflexion de plus. Pas d’un rapport supplémentaire. Une décision, un calendrier, une obligation de résultat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a aujourd’hui tous les éléments pour construire cela. Les modèles existent. Les compétences techniques sont disponibles. L’urgence est réelle — et croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres pays ont transformé en moins d’une décennie une administration pesante en avantage compétitif. La Tunisie peut faire de même. Mais l’histoire économique ne retient pas les pays qui avaient du potentiel — elle retient ceux qui ont eu le courage de s’en saisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports s’accumulent. Les diagnostics sont posés. Ce qui manque désormais, ce n’est ni l’expertise ni les modèles : c’est la décision. Et le temps presse. **</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Cet article a été rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle pour la structuration du texte et la vérification de la cohérence des données. Les analyses, les choix éditoriaux et les prises de position sont ceux de l’auteur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sources</em></strong><em> : Banque mondiale (Doing Business, rapports pays 2024-2025)&nbsp;; Banque africaine de développement (2024-2025)&nbsp;; FMI (consultations Article IV)&nbsp;; Country Risk Atlas 2026&nbsp;; PNUD (déclarations Abdallah Dardari, 2025).</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LyNSyvVsrI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/">Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/embed/#?secret=Qbe5S4yix1#?secret=LyNSyvVsrI" data-secret="LyNSyvVsrI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/05/tunisie-un-potentiel-economique-freine-par-la-bureaucratie/">Tunisie | Un potentiel économique freiné par la bureaucratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Etats-Unis &#124; Le fardeau de l’ordre international devient une semence du déclin</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/etats-unis-le-fardeau-de-lordre-international-devient-une-semence-du-declin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 07:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[ordre international]]></category>
		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Etats-Unis face au dilemme de la puissance ou quand le leadership mondial devient un facteur de vulnérabilité voire de déclin.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/etats-unis-le-fardeau-de-lordre-international-devient-une-semence-du-declin/">Etats-Unis | Le fardeau de l’ordre international devient une semence du déclin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1945, le Plan Marshall pose les bases d’un ordre international où l’Amérique échange sécurité et prospérité contre une centralité durable ; aujourd’hui, avec une dette proche de 39 000 milliards de dollars, cet investissement fondateur s’est mué en contrainte structurelle, révélant le dilemme d’une puissance dont le rôle de garant du système devient lui-même un facteur de vulnérabilité voire de déclin.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yahya Ould Amar</strong> *<strong><em></em></strong></p>



<span id="more-18262502"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Derrière ce chiffre de la dette se cache une histoire humaine, celle de régions désindustrialisées, de classes moyennes fragilisées et de sociétés sommées de financer, génération après génération, le coût d’un rôle mondial dont les bénéfices se diffusent au-delà de leurs propres frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’ordre international s’est présenté comme une promesse de stabilité, de prospérité et de règles partagées, mais il s’est en réalité construit comme une architecture portée par un pays, les États-Unis fournissant au monde des biens publics qu’aucune autre puissance ne pouvait assumer seule — monnaie de référence le dollar, sécurité des routes maritimes, liquidité des marchés, crédibilité des institutions multilatérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système a permis l’essor des échanges, l’intégration des économies émergentes et l’expansion sans précédent des chaînes de valeur, mais il a aussi concentré sur les Etats-Unis les coûts de la stabilité globale, transformant le leadership en charge budgétaire, sociale et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que la dette s’accumule – aujourd’hui près de 39 000 milliards de dollars – que les fractures intérieures se creusent et que la concurrence stratégique s’intensifie, la question n’est plus de savoir si l’ordre mondial est juste ou injuste, mais s’il demeure soutenable pour ceux qui en ont été les principaux garants — et ce que signifie, pour le reste du monde, une Amérique qui ne cherche plus à préserver l’architecture entière, mais à en sauver la part qu’elle peut encore porter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La charge de la stabilité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la mondialisation actuelle, les États-Unis constituent un pilier structurel du système avec leur monnaie, leurs marchés et leur capacité de projection stratégique formant une infrastructure invisible sur laquelle repose une part décisive de la circulation mondiale des biens, des capitaux et de la confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dollar est devenu l’ossature monétaire d’un ordre international où la liquidité, le refuge et la prévisibilité sont fournis comme des biens publics informels à l’ensemble des économies, des centres financiers aux périphéries émergentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette centralité confère à Washington une influence qui dépasse la logique classique de la puissance, mais elle l’enchaîne aussi à une responsabilité systémique d’absorber les excédents du monde, recycler ses déséquilibres en dette souveraine et garantir, souvent au-delà de ses intérêts immédiats, la continuité d’un espace économique global dont la stabilité conditionne l’accès au financement, la trajectoire de développement et la sécurité monétaire de la majorité des nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, ce rôle de garant s’est traduit dans une chaîne continue de coûts visibles et différés — budgets de défense pour entretenir un maillage mondial de bases et d’alliances, guerres lointaines de la péninsule coréenne aux déserts du Moyen-Orient, soins et pensions versés à des générations de vétérans, intérêts d’une dette contractée pour financer la stabilité globale. À cela s’ajoute une diplomatie de l’aide et des institutions, destinée à contenir les crises avant qu’elles ne deviennent systémiques. Additionnée et corrigée de l’inflation, cette facture à plus de 60 000 milliards de dollars, oscillant, selon les époques, entre 3% et 10% (guerre froide) de la richesse produite chaque année par les États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre international peut se lire comme un contrat d’assurance implicite dont les États-Unis sont devenus l’assureur de dernier ressort. En temps de crise, le monde se tourne vers leur liquidité, leur sécurité et leurs marchés, tandis que les primes se transforment en dettes, déficits et engagements supportés par ce même pays au bénéfice de l’ensemble du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, ce qui apparaît comme un privilège hégémonique se révèle être une charge structurelle, où la capacité de tenir le centre devient la condition même de la survie de l’ordre international qu’il soutient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Giovanni Arrighi, théoricien des cycles hégémoniques, nous avertit que les puissances déclinantes s&rsquo;effondrent non par des menaces extérieures, mais par une résistance interne à l’adaptation – un avertissement qui s’applique à l’Amérique, enchaînée à son rôle systémique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La facture du leadership mondial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La centralité américaine a inscrit la stabilité du monde dans le bilan de sa propre société, où la liquidité, la sécurité et l’ouverture se sont progressivement traduites en dettes, en déficits et en lignes de fracture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le privilège du dollar a longtemps différé les choix entre puissance extérieure et investissement intérieur, faisant de l’endettement le régulateur silencieux d’un ordre aux bénéfices mondialisés mais aux coûts largement supportés par les Etats-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette pression financière s’est ajoutée une géographie des gagnants et des perdants, où certaines régions se sont intégrées aux flux globaux tandis que d’autres – comme l’Amérique – se sont désindustrialisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la soutenabilité n’est plus un débat comptable, mais une épreuve politique, jusqu’où une démocratie peut-elle porter la stabilité du monde sans entamer la cohésion qui fonde sa propre légitimité ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mondialisation asymétrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre économique mondial s’est construit comme un mécanisme d’expansion collective reposant sur une dissymétrie structurelle, où les gains de la croissance ont été largement diffusés tandis que les coûts de la stabilité se sont progressivement concentrés sur le pays capable d’absorber les déséquilibres du reste du système. Les excédents industriels et commerciaux de l’Asie, les stratégies d’accumulation de réserves des économies émergentes et la recherche globale d’actifs sûrs ont trouvé dans la dette américaine un réceptacle naturel, transformant les déficits des Etats-Unis en contrepartie financière de la prospérité mondiale. Ce schéma a offert aux pays du Sud un accès inédit aux marchés, au capital et aux chaînes de valeur, mais il les a aussi arrimés aux cycles monétaires et budgétaires des Etats-Unis, faisant de chaque inflexion de la politique américaine une onde de choc transmise aux monnaies, aux investissements et aux équilibres sociaux des pays du Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la mondialisation apparaît comme une architecture hiérarchisée de dépendances – et non un espace neutre d’échanges – où la promesse d’intégration s’accompagne d’une vulnérabilité systémique, et où la soutenabilité de la croissance de tous demeure étroitement liée à la capacité des Etats-Unis à continuer de porter le poids financier et politique de l’ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire offre un miroir troublant. Athènes finançait la sécurité de la mer Égée au prix de son trésor, Venise garantissait les routes du Levant en échange de sa prospérité, l’Empire britannique garantissait les mers au prix d’un endettement croissant. Toutes ont découvert que le centre du monde devient aussi son principal point de fatigue. L’Amérique s’inscrit aujourd’hui dans cette lignée, où la stabilité globale fut à la fois la source de la grandeur et la semence du déclin.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Droit international et survie stratégique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que l’ordre international se complexifie et empile les règles, les traités et les institutions, une tension s’exacerbe entre l’universalité proclamée du droit international et la réalité des intérêts vitaux des grandes puissances, pour lesquelles la sécurité nationale, la continuité économique et la stabilité intérieure demeurent des lignes de survie non négociables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ukraine, à Gaza ou au Venezuela, le droit international se heurte aux impératifs de sécurité, de dissuasion et d’accès aux ressources stratégiques, révélant les limites d’un ordre fondé sur des règles, oubliées lorsque celles-ci entrent en conflit avec les intérêts des grandes puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fracture interroge sur la soutenabilité de l’ordre international lorsque ses garants – Etats Unis – considèrent que le respect strict du droit international affaiblit leur capacité à maintenir l’équilibre global.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La géopolitique des nœuds vitaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Moyen-Orient – avec 30 % du pétrole mondial et 17 % du gaz naturel – demeure le cœur énergétique du monde, dont la stabilité conditionne l’inflation mondiale et les équilibres budgétaires des États importateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer de Chine méridionale – où transite plus de 20% du commerce mondial dont 45 % de pétrole brut – concentre les chaînes technologiques et industrielles dont dépendent les industries numériques et de défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’Arctique avec une superficie de 14 millions de kilomètres carrés, s’ouvre comme une frontière d’un avenir proche en raison de la fonte accélérée de la calotte glaciaire, où l’émergence de routes transpolaires, l’accès à des ressources critiques et le déploiement de capacités de dissuasion modifient la cartographie des corridors de navigation maritimes et aériens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette configuration des espaces stratégiques, le Groenland s’impose comme un point de jonction entre la sécurité nord-américaine, la gouvernance des nouvelles routes et la définition des règles des espaces émergents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt américain pour le Groenland s’inscrit dans une logique ancienne de prévention stratégique, dès 1940, après l’invasion du Danemark par l’Allemagne, les Etats-Unis s’y sont positionnés pour empêcher que cette dernière ne fasse de l’Atlantique Nord et de l’Arctique une zone de projection contre le continent nord-américain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Administration de Trump, sécuriser ces différents points d’appui revient à protéger l’infrastructure physique de l’ordre international ; pour les pays du Sud, dont près de quatre cinquièmes du commerce transitent par ces corridors maritimes et numériques, chaque tension dans ces espaces se traduit par des coûts immédiats sur les prix, les devises et l’accès aux marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’«affaire» du Groenland</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Groenland dépasse la seule question des territoires et des ressources, il révèle une mutation de la puissance au XXIᵉ siècle, où l’influence se mesure autant à la capacité de définir les règles des espaces émergents qu’à la maîtrise des zones déjà intégrées à l’économie mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que le réchauffement climatique ouvre des routes transarctiques, rapproche l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord et rend accessibles des minerais critiques pour la transition énergétique et les technologies avancées, l’enjeu central devient la maîtrise stratégique de ces nouveaux espaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les corridors transarctiques offrent des trajets jusqu’à trois fois plus rapides entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, tout en réduisant l’exposition aux goulets d’étranglement et aux vulnérabilités sécuritaires qui caractérisent aujourd’hui des passages comme le canal de Suez ou Bab El Mendeb (mer Rouge).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les États-Unis, investir le Groenland, c’est projeter la sécurité nord-américaine dans le futur, sécuriser les corridors de demain et éviter que des puissances concurrentes ne définissent seules les standards d’accès, d’exploitation et de navigation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays émergents, cette reconfiguration annonce un monde où les centres de gravité du commerce et de l’influence peuvent se déplacer brutalement, reconfigurant les avantages comparatifs et les dépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que ces recompositions se dessinent, une question s’impose, un ordre international peut-il durer lorsque la charge de sa stabilité devient plus lourde que les bénéfices qu’en retirent ses garants, et lorsque ceux qui en dépendent le plus n’en participent que marginalement à sa gouvernance ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soutenabilité devient une épreuve morale et institutionnelle, où se confrontent la promesse d’un monde régi par des règles communes et la réalité d’un système structuré par des rapports de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Préserver l’ordre international implique d’en redistribuer les coûts, d’en élargir la légitimité et d’en pluraliser les centres de décision ; assumer la rupture, c’est accepter une fragmentation où la stabilité cède la place à des équilibres régionaux concurrents, plus flexibles mais aussi plus instables. Entre ces deux voies se joue le destin des décennies à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire ne jugera pas l’Amérique sur la puissance qu’elle a exercée, mais sur la capacité du monde à rester stable le jour où elle cessera d’en porter seule le poids.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1D7pT7wJkF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/qui-payera-la-dette-colossale-des-etats-unis/">Qui payera la dette colossale des Etats-Unis ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Qui payera la dette colossale des Etats-Unis ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/qui-payera-la-dette-colossale-des-etats-unis/embed/#?secret=03wu7XGcQu#?secret=1D7pT7wJkF" data-secret="1D7pT7wJkF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/etats-unis-le-fardeau-de-lordre-international-devient-une-semence-du-declin/">Etats-Unis | Le fardeau de l’ordre international devient une semence du déclin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie en 2026 &#124; Une autre année de dormance économique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 09:04:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[croissance économique]]></category>
		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[niveau de vie]]></category>
		<category><![CDATA[recettes fiscales]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Darghouth]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’aube de l’année 2026, rien n’indique que la Tunisie s’apprête à sortir de l’état de dormance économique dans lequel elle s’est installée.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/16/la-tunisie-en-2026-une-autre-annee-de-dormance-economique/">La Tunisie en 2026 | Une autre année de dormance économique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’aube de l’année 2026, rien n’indique que la Tunisie s’apprête à sortir de l’état de dormance économique dans lequel elle s’est installée depuis plusieurs années. Rien ne laisse entrevoir une inflexion majeure, encore moins un projet de décollage économique à la hauteur des attentes sociales et des aspirations de la jeunesse.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Salah Darghouth</strong> *</p>



<span id="more-18243549"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/12/Salah-Dargouth.jpg" alt="" class="wp-image-188028"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La dormance désigne cet état intermédiaire où un organisme demeure vivant, mais suspend son élan vital. Il fonctionne au ralenti, non par absence de ressources, mais par prudence, résignation ou incapacité à mobiliser son potentiel. Appliquée à l’économie, la notion décrit un pays qui conserve ses capacités productives humaines, institutionnelles et culturelles, sans parvenir à les transformer en dynamique collective de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie d’aujourd’hui correspond cruellement à cette définition. Rien n’y est totalement à l’arrêt&nbsp;: l’économie produit, exporte, échange&nbsp;; les institutions tiennent&nbsp;; les services publics assurent tant bien que mal le minimum vital&nbsp;; les ménages développent des stratégies de survie. Le pays ne s’effondre pas. Mais il ne décolle pas. Il tourne en rond. Il vivote.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une croissance trop faible pour créer de l’avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet état de dormance se reflète d’abord dans une croissance économique durablement faible. La croissance mesure l’augmentation de la richesse produite d’une année sur l’autre. Lorsqu’elle est atone, l’économie avance à peine plus vite que sa population, sans dégager le surplus nécessaire pour investir, innover et améliorer durablement les conditions de vie des gens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données de la Banque mondiale, la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant en Tunisie est restée extrêmement faible au cours des quinze dernières années. Elle n’a dépassé les 2 % qu’en 2012, dans le sillage immédiat de la révolution, et en 2021 et 2022 à la sortie de la pandémie du Covid. En dehors de ces parenthèses, la quasi-stagnation domine.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="602" height="240" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant.jpg" alt="" class="wp-image-18243556" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant.jpg 602w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant-300x120.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant-580x231.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 602px) 100vw, 602px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Une croissance faible ne provoque pas de rupture brutale. Elle engendre un phénomène plus insidieux&nbsp;: l’absence de marges. L’économie crée à peine plus de richesse qu’elle n’en consomme. L’État, les entreprises et les ménages sont enfermés dans une gestion permanente de la contrainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’action publique se replie alors sur l’urgence&nbsp;: salaires, subventions, service de la dette. L’investissement productif stagne. Les infrastructures se dégradent. L’éducation, la santé, la recherche, l’environnement et la culture deviennent des variables d’ajustement. Ce désinvestissement affaiblit la productivité, décourage l’initiative privée, détériore l’emploi et reconduit à… la croissance faible. Le cercle vicieux est enclenché.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les effets sociaux et politiques de la dormance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences dépassent largement le champ économique. La première est la fragilisation de l’État. Avec des recettes fiscales limitées et des besoins sociaux croissants, l’État est contraint à des arbitrages permanents&nbsp;: investissement ou subventions, entretien ou développement, santé ou éducation. Ces choix sous contrainte finissent par user la légitimité publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième est la stagnation, voire l’érosion, du niveau de vie. Les salaires réels ne suivent plus l’inflation. Les ménages ont le sentiment de travailler davantage pour vivre moins bien. Cette frustration nourrit une colère silencieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième conséquence est plus profonde encore&nbsp;: la dégradation du lien social. Lorsque l’économie ne crée plus suffisamment d’opportunités, la société se replie. Les inégalités se figent, parfois s’aggravent. La méritocratie perd sa crédibilité. Le sentiment d’injustice s’installe, alimentant défiance, retrait civique ou radicalisation des discours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’enlisement dans une croissance durablement faible finit par étouffer l’imaginaire collectif. Le futur cesse d’être une promesse. Il devient une répétition du présent, parfois même une crainte. Or, aucune nation ne se redresse sans croire, au préalable, en sa capacité à avancer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une gestion de l’État en mode survie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, l’État agit comme un médecin de garde permanent&nbsp;: il stabilise, colmate, gère l’urgence. Il empêche la détérioration immédiate, mais ne relance pas l’élan. La politique économique devient une stratégie d’évitement plutôt qu’un projet de transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réformes structurelles — ajustement macro-économique, réforme fiscale, transformation numérique, transition énergétique, adaptation démographique, etc. — sont soit différées, soit abordées de manière fragmentaire. Certaines initiatives mal préparées peuvent aggraver les déséquilibres et tétanisé le climat des affaires. C’est&nbsp;cas chez nous, par exemple, des décisions réglementaires (comme celle des chèques bancaires) qui entravent les échanges économiques et freinent la consommation des catégories modestes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, le pays se referme progressivement sur lui-même au nom d’une posture souverainiste, financièrement contraignante&nbsp;: investissements manqués, fiscalité pénalisante pour l’entreprise, restrictions et pénuries alimentant l’inflation. Le résultat est un isolement économique qui réduit encore les perspectives de croissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un immense gaspillage de capital humain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jamais la Tunisie n’a produit autant de compétences, mais jamais elle ne leur a offert si peu d’horizons. Les jeunes diplômés attendent, bricolent, émigrent ou renoncent. L’effort ne garantit plus l’avenir. Le capital humain est sous-utilisé ou exporté. L’énergie se transforme en résignation ou en départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les effets de cette gestion sans souffle sont visibles dans l’espace public&nbsp;: dégradation des services urbains (accentuée par l’absence de conseils municipaux élus), accumulation des déchets, abandon des espaces verts, territoires sacrifiés comme Gabès, où l’environnement est devenu la variable d’ajustement d’une économie à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La concentration du pouvoir, l’affaiblissement des corps intermédiaires, la méfiance envers l’expertise et les conseils venant de l’intérieur et plus encore envers celle venant de l’étranger ont vidé l’action publique de sa fonction mobilisatrice. Le pouvoir administre, surveille, accuse, mais prend le risque de ne plus inspirer. Quand la politique cesse de donner du souffle, la société retient le sien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du réveil au décollage&nbsp;: changer d’échelle&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le décollage économique n’est pas un simple rebond conjoncturel. Il ne se résume ni à une embellie statistique ni à une amélioration passagère. Il désigne le moment où une économie franchit un seuil structurel et entre dans une dynamique durable, auto-entretenue et inclusive de création de richesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un pays comme la Tunisie, cela implique clairement un changement d’échelle. Une croissance de 2 ou 3 % ne suffit pas. Elle permet tout au plus de gérer l’existant. Un véritable décollage exige un taux de croissance soutenu, d’au moins 6% par an sur plusieurs années consécutives, condition minimale pour créer suffisamment d’emplois, absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail, financer les services publics, moderniser les infrastructures et restaurer la confiance collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un tel niveau de croissance ne relève ni du miracle ni de l’illusion. Il a été atteint par des pays comparables lorsqu’ils ont introduit les réformes macro-économiques et sectorielles qui s’imposent et mobiliser simultanément l’investissement productif, la montée en gamme de leur économie, l’ouverture maîtrisée sur le monde et une gouvernance publique capable de donner une direction claire et stable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un décollage se caractérise notamment par une croissance forte, durable et inclusive, un investissement public et privé orienté vers la production, l’innovation et la transition écologique. Il se caractérise aussi par un élargissement du tissu entrepreneurial, une meilleure intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, une hausse soutenue de la productivité et une véritable valorisation du capital humain. Il se caractérise enfin et surtout par un État stratège qui a le courage de réformer, planifie sans étouffer, régule sans paralyser et investit là où le marché ne peut agir seul.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donner l’impulsion, puis mobiliser le pays&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte institutionnel actuel de la Tunisie, une réalité s’impose&nbsp;: l’impulsion du décollage économique ne peut venir que du sommet de l’État. Le pouvoir est aujourd’hui fortement concentré, l’exécutif dispose de larges prérogatives et le Parlement lui est largement acquis. Aucune dynamique de transformation profonde ne peut émerger sans une volonté politique claire, assumée et portée au plus haut niveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il revient donc en premier lieu au Président de la République de définir une vision économique lisible, cohérente et mobilisatrice, et d’assumer pleinement le choix d’un décollage fondé sur une croissance forte, durable et inclusive, d’au moins 6 % par an. Sans cap clair, sans priorité affichée en faveur de l’investissement, de la création de valeur, de l’emploi et de la confiance, la Tunisie restera enfermée dans la gestion du court terme et son économie en état de dormance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une impulsion venue du sommet, aussi nécessaire soit-elle, ne suffit pas à elle seule. Elle doit être complétée d’une mobilisation ordonnée et responsable de l’ensemble des forces vives du pays. Une fois la direction donnée, l’État doit redevenir un État stratège qui coordonne, arbitre et s’appuie sur les compétences disponibles, plutôt qu’un État qui décide seul dans l’urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les administrations, les cadres des entreprises publiques et privées, les travailleurs, les responsables syndicaux, les universitaires, les chercheurs, les collectivités locales, la société civile et la diaspora ont alors un rôle essentiel à jouer&nbsp;: transformer la vision en résultats concrets, chacun dans son champ, chacun à sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a pas besoin d’être réinventée. Elle a besoin d’un signal fort, d’un cap assumé et d’un climat de confiance qui libère les initiatives au lieu de les suspecter. Elle dispose d’atouts considérables&nbsp;: une société instruite, curieuse et inventive&nbsp;; une géographie stratégique&nbsp;; une mémoire de compromis et de coexistence&nbsp;; une résilience éprouvée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces atouts ne demandent pas à être inventés. Ils demandent à être libérés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité sans horizon est une forme lente de déclin. Reprendre le souffle, c’est redonner de l’air à l’initiative, de la dignité à l’effort, de la confiance au savoir et une direction claire à l’action publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie tunisienne doit et peut s’extraire de son état actuel de dormance afin d’initier une dynamique de décollage durable. Toutefois, le décollage repose sur une volonté et un courage politique assumés, un engagement irréversible pour mener&nbsp;toutes les réformes qui s’imposent et une mobilisation collective. Cette volonté, ce courage et cet engagement ne peuvent provenir en tout premier lieu que des plus hautes autorités du pays. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A bon entendeur…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien cadre à la Banque Mondiale.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rencontre à Tunis &#124; Pression de la dette et politiques d’austérité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/rencontre-a-tunis-pression-de-la-dette-et-politiques-dausterite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 10:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[austérité]]></category>
		<category><![CDATA[dépenses publiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Observatoire tunisien de l’économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Journée d’étude sur le thème «Droits financiers en Afrique du Nord : entre pression de la dette et politiques d’austérité».</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/rencontre-a-tunis-pression-de-la-dette-et-politiques-dausterite/">Rencontre à Tunis | Pression de la dette et politiques d’austérité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Observatoire tunisien de l’économie (OTE) organisera à Tunis, <strong><em>le 4 décembre 2025,</em></strong></em></strong> <strong><em>en collaboration avec l’Association marocaine des droits humains (AMDH), une journée d’étude sur le thème «Droits financiers en Afrique du Nord : entre pression de la dette et politiques d’austérité».</em></strong></p>



<span id="more-18013565"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants analyseront les conséquences des politiques d’austérité et du niveau élevé de la dette publique en Tunisie, au Maroc et en Égypte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif est d&rsquo;examiner la crise de la dette régionale et son impact sur la réduction des dépenses publiques dans les secteurs sociaux, ainsi que d’explorer des alternatives politiques fondées sur la justice fiscale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’OTE souligne que, bien que les gouvernements de la région aient signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ils ont adopté des mesures d’austérité, souvent liées aux programmes de prêts du Fonds monétaire international (FMI).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ont réduit les financements alloués à l’éducation, à la santé et à la protection sociale, limitant ainsi l’accès des citoyens à leurs droits fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la Tunisie ait rompu ses relations avec le FMI il y a 18 mois, l’Observatoire a indiqué que le pays continue de subir les conséquences des prêts antérieurs, notamment à travers les remboursements de dette en cours et des politiques fiscales restrictives persistantes.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/rencontre-a-tunis-pression-de-la-dette-et-politiques-dausterite/">Rencontre à Tunis | Pression de la dette et politiques d’austérité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>FMI et Afrique &#124; La Tunisie n’est pas le seul pays récalcitrant</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/21/fmi-et-afrique-la-tunisie-nest-pas-le-seul-pays-recalcitrant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 07:48:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[réformes structurelles]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie n’est pas le seul pays africain confronté à des retards prolongés dans les consultations économiques obligatoires avec le FMI. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/21/fmi-et-afrique-la-tunisie-nest-pas-le-seul-pays-recalcitrant/">FMI et Afrique | La Tunisie n’est pas le seul pays récalcitrant</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie n’est pas le seul pays africain confronté à des retards prolongés dans les consultations économiques obligatoires au titre de l’article IV avec le Fonds monétaire international (FMI). Quatre autres pays du continent sont dans la même situation, le Soudan, l’Érythrée, le Libéria et le Sénégal, parmi les 13 États membres à travers le monde.</em></strong> <em>(Ph. Siège du FMI à New York).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-17297698"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Les consultations au titre de l&rsquo;article IV sont des évaluations économiques annuelles menées par les services du FMI pour évaluer les politiques macroéconomiques, la stabilité financière et la gouvernance d’un pays. Ces examens sont essentiels pour maintenir l’accès aux financements concessionnels, inspirer la confiance des investisseurs et soutenir les efforts de viabilité de la dette.</p>



<h2 class="wp-block-heading">39 mois de retard</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le retard de la Tunisie s’élève à 39 mois. Les autorités ont officiellement demandé un report en raison de difficultés politiques et économiques nationales. En fait, le président de la république Kaïs Saïed redoutent les impacts socio-économiques des réformes structurelles convenues par son pays avec l’institution financière internationale, notamment la révision du système de subventions, la réduction de la masse salariale du secteur public et l’assainissement des entreprises publiques déficitaires ou en difficulté. Il a aussi affirmé à plusieurs reprises qu’il rejetait les diktats du FMI, en mettant fin, dès octobre 2022, aux négociations pour un prêt de 1,9 milliard de dollars, estimant que les Tunisiens doivent compter sur leurs propres ressources qui sont immenses, mal exploitées et mal distribuées.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Soudan, la dernière consultation a eu lieu en février 2020. Le retard de 34 mois est attribué à la poursuite du conflit civil et à l’instabilité politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Érythrée, pour sa part, n’a pas contacté le FMI depuis juillet 2019, ce qui a entraîné un retard de 45 mois. Les raisons sont classées comme <em>«diverses»</em>, sans aucune explication formelle fournie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à un changement de gouvernement, le Libéria a subi un retard de 20 mois. Cependant, une mission du FMI a été menée du 4 au 17 juin 2025, et les discussions du Conseil sont prévues pour le 8 septembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ajouté à la liste en 2025, le Sénégal est confronté à un retard de 18 mois. Le FMI a suspendu son programme de soutien après qu’un audit a révélé une dette de 7 milliards de dollars jusque-là non déclarée sous l’administration de l’ancien président Macky Sall.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entrave à l’accès aux financements</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI souligne que de tels retards peuvent entraver l’accès à ses instruments financiers et à ceux d’autres institutions comme la Banque mondiale. Ils peuvent également compliquer les efforts de restructuration de la dette et révéler des problèmes plus généraux de gouvernance économique. Cependant, la liste n’est pas punitive&nbsp;: elle sert de mesure de transparence et incite à un réengagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois pays – l’Égypte, l’Éthiopie et le Malawi – ont été retirés de la liste des consultations différées en 2025 après avoir repris avec succès les engagements au titre de l’article IV.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="92FQcRg1uo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/15/tunisie-fmi-les-causes-du-report-sine-die-dun-accord-devenu-incertain/">Tunisie-FMI : les causes du report sine die d&rsquo;un accord devenu incertain</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI : les causes du report sine die d&rsquo;un accord devenu incertain » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/15/tunisie-fmi-les-causes-du-report-sine-die-dun-accord-devenu-incertain/embed/#?secret=F4rDsIJd86#?secret=92FQcRg1uo" data-secret="92FQcRg1uo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/21/fmi-et-afrique-la-tunisie-nest-pas-le-seul-pays-recalcitrant/">FMI et Afrique | La Tunisie n’est pas le seul pays récalcitrant</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Moody’s améliore la note de la Tunisie de «Caa2» à «Caa1»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Mar 2025 09:15:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[déficits budgétaires]]></category>
		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[Moody’s]]></category>
		<category><![CDATA[note souveraine]]></category>
		<category><![CDATA[réserves de change]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Moody's a relevé la note d’émetteur à long terme de la Tunisie de «Caa2» à «Caa1» avec perspective stable.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/02/moodys-ameliore-la-note-de-la-tunisie-de-caa2-a-caa1/">Moody’s améliore la note de la Tunisie de «Caa2» à «Caa1»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Moody&rsquo;s a relevé la note d’émetteur à long terme de la Tunisie de «Caa2» à «Caa1» avec perspective stable. Cette légère amélioration de notre note souveraine est bonne à prendre mais un long chemin reste encore à faire pour espérer voir les investisseurs étrangers revenir en force vers notre pays.</em></strong></p>



<span id="more-15757114"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’agence de notation américaine a, également, annoncé, vendredi 28 février 2025, avoir relevé la notation de la dette senior non garantie de la Banque centrale de Tunisie (BCT) de «Caa2» à «Caa1», et maintenu la perspective stable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révision de la note de la Tunisie reflète l’amélioration du profil d’amortissement de la dette extérieure du secteur privé tunisien ainsi que la capacité de la BCT à maintenir ses réserves de change stables, au cours des deux dernières années, soutenues par des déficits de compte courant historiquement faibles, indique Moody’s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, les besoins de financement extérieur de la Tunisie sont désormais plus faibles et mieux couverts par les réserves de change, précise encore l’agence. Et d&rsquo;ajouter que la réduction progressive des déficits budgétaires contribue à atténuer le risque de remboursement malgré la persistance de certaines contraintes de financement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moody’s a indiqué que les perspectives stables reflètent les attentes des besoins de financement extérieur qui resteront contenus, même si la marge budgétaire pour répondre aux chocs restera limitée par les niveaux élevés de la dette et l’accès au financement du gouvernement dépendant de la BCT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Moody’s, des évolutions positives pourraient résulter de l’amélioration de la disponibilité des financements extérieurs et si l’assainissement budgétaire s’avérait plus rapide que prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, l’environnement socio-économique continuera de présenter des risques négatifs pour la dynamique des réformes et les efforts d’ajustement budgétaire, avertit cependant l’agence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moody’s semble dire que le refus des autorités tunisiennes de mettre en route les réformes requises, notamment en ce qui concerne la réduction des subventions publiques et de la masse salariale du secteur public et l’assainissement des entreprises publiques en difficulté va maintenir de fortes pressions sur les finances de l’Etat.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B.  </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/02/moodys-ameliore-la-note-de-la-tunisie-de-caa2-a-caa1/">Moody’s améliore la note de la Tunisie de «Caa2» à «Caa1»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2025 10:04:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[blanchiment d’argent]]></category>
		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[Fethi Zouhair Nouri]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[kais saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Tunichèque]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Selon Kaïs Saïed, l’expérience a montré<br />
la pertinence de les choix et les orientations économiques de la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/">Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Recevant, hier, jeudi 13 février 2025, au palais de Carthage, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhair Nouri, le président de la République, Kais Saïed, a brossé un tableau (presque) idyllique de l’Etat de l’économie tunisienne. Pour lui, le compter sur soi a donné ses fruits&#8230; </em></strong></p>



<span id="more-15543361"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Cité dans un communiqué, le chef de l’Etat a mis l’accent sur le rôle de la banque centrale dans l’économie nationale, rappelant qu’il s’agit d’une institution ayant le statut d’un établissement public, comme pour souligner qu’elle est, d’abord et fondamentalement, au service de l’Etat&#8230; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Saïed a,&nbsp;par ailleurs, souligné que la Tunisie est parvenue, à la faveur de son choix de compter sur ses propres potentialités, à rembourser, au mois de janvier dernier, 40% des services de la dette publique prévue pour 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a également réussi à maîtriser le taux d’inflation qui s’est stabilisé à 6% contre 7.8% au titre de l’année précédente et à maîtriser le risque de change du dinar tunisien par rapport aux principales devises&nbsp;internationales à la fin de 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Saïed a aussi réaffirmé que les choix et les orientations de la Tunisie doivent nécessairement procéder de la volonté de son peuple, ajoutant que l’expérience a montré de la pertinence de cette démarche&nbsp;et de l’impératif qu’il y a à la consacrer davantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réunion a également été l’occasion d’évoquer le lancement de la plateforme électronique unifiée des transactions par chèques Tunichèque à laquelle ont adhéré 22 banques en plus de la Poste tunisienne et dont le nombre des inscrits a atteint 97 000.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un autre plan, le chef de l’Etat a mis l’accent sur le rôle dévolu à la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF), qui doit accomplir au mieux sa mission dans la protection de l’économie nationale face aux flux financiers suspects et aux opérations de blanchiment d’argent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa part, M. Nouri, fidèle en cela à son habitude, n’a pas cru devoir faire de déclaration après la rencontre. On aurait pourtant aimé connaître son avis, lui aussi, sur la situation économique générale dans le pays. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B.     </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/">Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Où est passé l’argent de la dette tunisienne ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/01/ou-est-passe-largent-de-la-dette-tunisienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 08:40:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[pression fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[réserves en devises]]></category>
		<category><![CDATA[taux de croissance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les payeurs de taxes en Tunisie, et donc les payeurs de la dette, veulent savoir où sont passées ces sommes empruntées à des taux d’intérêts élevés. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/01/ou-est-passe-largent-de-la-dette-tunisienne/">Où est passé l’argent de la dette tunisienne ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La question est sur toutes les lèvres, et tout le monde attend les résultats des audits et contrôles de la gouvernance des emprunts et l’endettement que les Tunisiens sont en passe de se saigner pour les payer et honorer la signature de leurs dirigeants.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-15367275"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il y a deux jours, la Tunisie a remboursé un milliard de dollars US &nbsp;d’un emprunt en Eurobonds, contracté en 2015. Bravo sur ce plan, mais les payeurs de taxes, et donc les payeurs de la dette, veulent savoir un peu plus, sur où sont passées ces sommes empruntées à des taux d’intérêts élevés et moyennant des concessions et des <em>«diktats»</em> opaques, difficiles à avaler.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dette toxique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces interrogations et inquiétudes des payeurs de taxes, les médias et les économistes du sérail ont salué ce qu’ils ont qualifié d’exploit méritant célébration nationale, sans piper un mot sur les usages et les résultats de ces emprunts négociés de peine et de misère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce beau monde passe sous silence deux questions majeures :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1- au fait, ce milliard de dollars a financé quoi, comme réalisation ou investissement, autres que de payer des salaires pour des fonctionnaires en surnombre et peu productifs, comparativement à leurs homologues en Europe ou ailleurs?</p>



<p class="wp-block-paragraph">2- sachant que la Tunisie va aussi faire face à un autre groupe de remboursements dans 3 mois (avril) d’un montant de 800 millions de dollars, on peut se demander quel impact ces remboursements auront-ils sur le dinar et sur les réserves en devises?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias et les économistes du sérail évacuent ces questions et réponses de leur discours et champs d’analyse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Rv2dbsrSD9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/tunisie-difficultes-economiques-aggravees-par-un-niveau-dendettement-exterieur-tres-eleve/">Tunisie : difficultés économiques aggravées par un niveau d’endettement extérieur très élevé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : difficultés économiques aggravées par un niveau d’endettement extérieur très élevé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/tunisie-difficultes-economiques-aggravees-par-un-niveau-dendettement-exterieur-tres-eleve/embed/#?secret=ROnhujrHUZ#?secret=Rv2dbsrSD9" data-secret="Rv2dbsrSD9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les réponses sont ailleurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ils n’osent peut-être pas parler des choses qui fâchent et ne veulent prendre de risques démesurés pour se maintenir dans le sérail de ces médias à la solde des lobbys et des partis qui ont gouverné la décennie noir post-2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aller chercher les réponses chez l’agence londonienne Fitch, BMI ou chez Bloomberg, qui documentent les méfaits de cette dette toxique qui étrangle la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos experts et nos médias surfent sur les apparences, sans toucher au fin fond des choses. Et pour cause, ce remboursement d’un milliard de dollars, impacte le taux de change du dinar et surtout sur les réserves en devises pour couvrir les importations de biens essentiels et éviter de graves pénuries qui guettent la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que dit BMI? L’agence londonienne précise deux implications et risques qui sont directement liés aux remboursements de ces emprunts, sans compter les autres dont le remboursement est quasi mensualisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1- Si les tendances se maintiennent, les réserves en devises risquent de fondre fortement jusqu’à ne pouvoir financer que moins d’un mois d’importations de produits essentiels. Et cela sonne comme une alerte rouge pour les opérateurs économiques, intérieurs ou extérieurs. Ces opérateurs fonctionnent en anticipant les risques, en les exagérant aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2 BMI a ajouté dans sa note d’il y a deux jours qu’une telle situation va mettre davantage de pressions sur le dinar et sur le taux de change. Et l’agence va jusqu’à faire des projections que nous préférons ne pas citer ici, pour ne pas susciter un mouvement de panique, ou relayer des erreurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, ces questions sont cruciales et leurs réponses nous aident à comprendre la facture à payer, au travers de cette dette peu soutenable, qui impacte directement les choix de la politique économique, monétaire et financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut en rester aux apparences. En économie, tout à un prix. Un prix et des impacts qui vont sanctionner les services publics, les infrastructures et l’avenir de nos enfants et petits enfants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratie à crédit, démocratie au rabais</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, les indicateurs économiques actuels ne sont pas au vert pour jeter des fleurs et faire comme si rien ne se passe d’inquiétant. De facto, des risques probables ont été soulignés par les deux dernières circulaires, de la banque centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement actuel n’a pas beaucoup de marge de manœuvre, au moins pour 8 constats aussi inquiétants les uns que les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1. les gains de productivité du travail sont quasiment au point mort. Pour ne pas dire négatifs dans plusieurs secteurs et ce depuis plusieurs années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2. Les taux de croissance observés et anticipés sont très faibles et ne dépassent guère le taux de croissance démographique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cRBDtnEali"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/27/tunisie-le-service-de-la-dette-exterieure-en-hausse-de-plus-20-en-2024/">Tunisie : le service de la dette extérieure en hausse de plus 20% en 2024</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : le service de la dette extérieure en hausse de plus 20% en 2024 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/27/tunisie-le-service-de-la-dette-exterieure-en-hausse-de-plus-20-en-2024/embed/#?secret=NSuk0fRe0V#?secret=cRBDtnEali" data-secret="cRBDtnEali" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">3. La pression fiscale est quasiment le double de la moyenne africaine. Aussi bien les entreprises que les citoyens ne peuvent plus payer plus de taxes additionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4. Le rapport des quanta de l’investissement sur la richesse créée (PIB) est des plus faibles depuis des décennies. Et même l’investissement public est en recul constant. L’Etat dit social n’a plus les moyens de sa politique et de ses ambitions. Le recul de presque 2% de l’investissement public, pour les derniers mois, limite l’entretien des services publics suivants : hôpitaux, écoles, transports collectifs, infrastructures et services sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5. Le chômage ne recule pas, celui des jeunes (15-24 ans) atteint 40,5%. Ainsi, plus de 4 jeunes sur 10 sont au chômage durable, sans espoir de se trouver un travail dans le court et moyen termes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">6. La charge de la dette ne fait qu’augmenter de manière exponentielle, près de 10 milliards de dinars en 2024, grugeant l’équivalent du total des recettes du tourisme et des transferts des Tunisiens de l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">7. La dette publique était de l’ordre de 44,9 milliards de dinars, il y a dix ans, et elle a plus que doublé depuis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">8. Le dinar a perdu presque 77% de sa valeur depuis 2011, et cela alourdit fortement le fardeau de la dette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enjeux méritent un débat public, et les solutions sont au nombre de deux, sans plus:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; plus de productivité et d’innovation dans toutes les sphères productives;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; une gouvernance responsable et axée sur les résultats et sur transparence à tous les niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ce faire, médias, experts et politiciens doivent mobiliser les citoyens pour se retrousser les manches et fouetter les initiatives innovantes et porteuses d’investissement et d’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les expatriés peuvent aider à changer la donne s’ils étaient moins bloqués par la bureaucratie et par la répression fiscale qui étrangle l’investissement et les projets novateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?__cft__%5b0%5d=AZUa5visnf_b5a_pJCjE5WtlGWSM4f41O0pr_wbxOlDsrjWJlzH_EZsOPL01JaCyOBpK6-L-tmWY3YDEC7qGkyLtv_wNFiHvLY9bBEbqMWzAqgHY57qY3_rw36UV8nJBcXr8jJereXmuE1gXOnIkDZUpX12gJCK_4A-JR5ZdevVplg&amp;__tn__=-UK-R" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Economics for Tunisia, E4T</strong></a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ujdqFIAMAe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/05/la-tunisie-contracte-des-prets-pour-payer-ses-dettes/">La Tunisie contracte des prêts pour payer ses dettes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie contracte des prêts pour payer ses dettes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/05/la-tunisie-contracte-des-prets-pour-payer-ses-dettes/embed/#?secret=MtxfXa4Wvf#?secret=ujdqFIAMAe" data-secret="ujdqFIAMAe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/01/ou-est-passe-largent-de-la-dette-tunisienne/">Où est passé l’argent de la dette tunisienne ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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