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	<title>Archives des élection présidentielle - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des élection présidentielle - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Türk appelle la Tunisie à respecter l’Etat de droit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Oct 2024 11:13:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[État de droit]]></category>
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		<category><![CDATA[tribunal administratif]]></category>
		<category><![CDATA[Volker Türk]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Volker Türk a appelé les autorités tunisiennes «à protéger les processus démocratiques du pays et à défendre les libertés fondamentales. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/turk-appelle-la-tunisie-a-respecter-letat-de-droit/">Türk appelle la Tunisie à respecter l’Etat de droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le communiqué reproduit ci-dessous, publié mardi 15 octobre 2024 à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk a appelé les autorités tunisiennes «à protéger les processus démocratiques du pays et à défendre les libertés fondamentales après une campagne présidentielle marquée par la répression de l’opposition, des militants indépendants et des journalistes».</em></strong></p>



<span id="more-14224165"></span>



<p>Dans les semaines précédant les élections, plus d’une centaine de candidats potentiels, de membres de leurs campagnes et d’autres personnalités politiques ont été arrêtés pour divers motifs allant de la falsification de documents électoraux à des accusations liées à la sécurité nationale.</p>



<p>Sur les 17&nbsp;candidats potentiels, l’Instance supérieure indépendante pour les élections n’en a accepté que trois.&nbsp;Plusieurs candidats ont été arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prison pour divers motifs, dont la falsification de parrainages.</p>



<p><em>«Ces affaires sont préoccupantes.&nbsp;Leurs procès témoignent d’un manque de respect pour les garanties d’une procédure régulière et d’un procès équitable»</em>, a affirmé le Haut-Commissaire.</p>



<p>Par ailleurs, le 2&nbsp;septembre dernier, l’Instance supérieure indépendante pour les élections a refusé d’appliquer une décision du Tribunal administratif ordonnant la réadmission de trois candidats exclus.&nbsp;</p>



<p>Par la suite, lors d’une session extraordinaire tenue quelques jours avant les élections, le Parlement a adopté une loi soustrayant les litiges électoraux à la compétence du Tribunal administratif.&nbsp;</p>



<p><em>«Le rejet d’une décision de justice juridiquement contraignante est en contradiction avec le respect fondamental de l’Etat de droit»</em>, a énoncé M.&nbsp;Türk.</p>



<p>Cette situation s’inscrit dans un contexte de pressions de plus en plus fortes exercées sur la société civile au cours de l’année écoulée, durant laquelle de nombreux journalistes, défenseurs des droits humains et opposants politiques ont été pris pour cibles, de même que des juges et des avocats.&nbsp;</p>



<p><em>«Depuis&nbsp;2011, la Tunisie a été pionnière dans les efforts visant à garantir la responsabilité et la réparation des atteintes passés, notamment par le travail de l’Instance vérité et dignité»</em>, a déclaré le Haut-Commissaire.&nbsp;<em>«Malheureusement, plusieurs de ces acquis ont été perdus, comme en témoigne l’arrestation récente de l’ancien chef de l’Instance»</em>, a-t-il ajouté.</p>



<p><em>«Je demande instamment à la Tunisie de s’engager à nouveau en faveur de la justice transitionnelle dans l’intérêt des victimes et d’entreprendre les réformes indispensables pour renforcer l’état de droit, conformément au droit international des droits humains, notamment en ce qui concerne les libertés d’expression, de réunion et d’association», </em>a déclaré Türk. <em>«J’appelle également à la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement»</em>, a-t-il ajouté.</p>



<p><strong><em>Communiqué.  </em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/turk-appelle-la-tunisie-a-respecter-letat-de-droit/">Türk appelle la Tunisie à respecter l’Etat de droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : 80% des entreprises médiatiques menacées de disparition</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/08/tunisie-80-des-entreprises-mediatiques-menacees-de-disparition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 11:47:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[commission électorale]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
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		<category><![CDATA[Isie]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[SNJT]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Zied Dabbar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>80% d’entreprises médiatiques en Tunisie vont fermer leurs portes en raison des difficultés financières qu’elles rencontrent. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/08/tunisie-80-des-entreprises-mediatiques-menacees-de-disparition/">Tunisie : 80% des entreprises médiatiques menacées de disparition</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les médias en Tunisie ne se sont jamais aussi mal portés qu’ils le sont aujourd’hui. Ce secteur est sinistré sur le plan économique et complètement abandonné par l’Etat, qui n’est pressé d’y mener les réformes qui s’imposent.</em></strong></p>



<span id="more-13956113"></span>



<p>C’est  le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) qui a lancé cette alerte, lors de sa participation à une rencontre organisée par le SNJT et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), en collaboration avec les associations Journalisme et citoyenneté et Journalistes sans frontières, ce dimanche 8 septembre 2024, sur le thème <em>«Comment soutenir la presse de qualité ?»</em>.</p>



<p><em>«Le secteur souffre aujourd’hui en Tunisie d’abandon, d’appauvrissement, de marginalisation et d’intimidation. Il a besoin d’être profondément réformé, mais le pouvoir le laisse sciemment couler»,</em> estime Dabbar, qui déplore l’absence d’instances de régulation notamment pour l’information audiovisuelle, et ce depuis la marginalisation de la Haute instance indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) et son remplacement par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). </p>



<p>L’absence de la Haica se fait aujourd’hui lourdement ressentir en pleine campagne pour la présidentielle du 6 octobre prochain, estime Dabbar. Cette élection est d&rsquo;ailleurs la première que les médias tunisiens couvrent en l’absence d’une instance de régulation, sous le contrôle direct de la commission électorale et sous la menace du recours au décret loi n°54 qui a valu l’emprisonnement et des poursuites judiciaires à plusieurs journalistes et acteurs de la société civile, ce qui a créé un climat de peur dans les salles de rédaction et poussé les journalistes à l’autocensure, a aussi fait remarquer Dabbar.              </p>



<p>Citant les conclusions d’une étude récemment réalisée par le SNJT et qui sera publiée avant la fin de cette année, Zied Dabbar a indiqué que 80% d’entreprises médiatiques vont bientôt fermer leurs portes en raison des difficultés financières qu’elles rencontrent et des pressions de toutes sortes auxquelles elles font face, alors  que le public va de plus en plus chercher l’information dans les réseaux sociaux où pullulent les mensonges, les désinformations et les manipulations de toutes sortes.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.   </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/08/tunisie-80-des-entreprises-mediatiques-menacees-de-disparition/">Tunisie : 80% des entreprises médiatiques menacées de disparition</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Élection présidentielle en Tunisie : défis politiques et garde-fous économiques</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/04/election-presidentielle-en-tunisie-defis-politiques-et-garde-fous-economiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jul 2024 07:51:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[programmes économiques]]></category>
		<category><![CDATA[récession]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les prochaines élections présidentielles vont ajouter une autre couche d’incertitude et de complexité à la transition démocratique en Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/04/election-presidentielle-en-tunisie-defis-politiques-et-garde-fous-economiques/">Élection présidentielle en Tunisie : défis politiques et garde-fous économiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Une bonne nouvelle fort rassurante: les Tunisiennes et Tunisiens sont officiellement invités aux urnes, <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/03/tunisie-la-convocation-des-electeurs-pour-la-presidentielle-publiee-dans-le-jort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le 6 octobre,</a> pour élire le quatrième président de l’ère du post-2011 (après la destitution dans le sang du dictateur Ben Ali). 93 jours et une saison estivale caniculaire nous séparent de cette échéance vitale pour ce qui reste de l’«aventure démocratique». Ces élections présidentielles vont ajouter une autre couche d’incertitude et de complexité à la «démocratie en Tunisie». Et pour cause, il faut parler des vrais défis et placer les «garde-fous» pour éviter le pire!</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari</strong></p>



<span id="more-13499315"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure></div>


<p>Une élection présidentielle est un moment fort des processus démocratiques. C’est aussi un moment pour confronter des candidats et des programmes, notamment économiques. L’électeur se doit de choisir l’homme ou la femme les plus indiqués pour le contexte, et le meilleur programme économique pour sortir le pays d’un marasme qui perdure. Et dans ce cadre, on peut résumer les défis à relever en dix mots clefs…</p>



<p>1-&nbsp;<strong>Apaisement.&nbsp;</strong>Actuellement, le principal défi concerne le <em>«lissage»</em> des préparatifs et des préalables à des élections dignes de cette appellation. La Tunisie doit impérativement favoriser l’apaisement pour mobiliser les électeurs et fédérer un pays fracturé et économiquement à genoux. La Tunisie d’aujourd’hui est divisée, fatiguée de ses élites. Très déçue de tous ces partis et <em>«opportunistes»</em> assoiffés par le pouvoir (pour le pouvoir) et qui n’ont jamais géré ou eu des expériences politiques probantes, avec des positions et des réalisations à mettre à leur actif. Cela dit, et dans ces préalables, on ne doit pas diaboliser ses adversaires politiques, sans preuve hors de tout doute.</p>



<p>2- <strong>Légitimité.</strong> Plusieurs personnalités potentiellement candidates à ces élections sont actuellement <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/29/karim-krifa-on-veut-empecher-abir-moussi-de-se-presenter-a-la-presidentielle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">en prison</a> ou poursuivies par la justice. Certaines ont souillé la Tunisie par tous ces djihadistes qu’ils ont envoyés se faire exploser en Syrie, en Irak ou en Libye voisine. Certaines autres sont suspectés de corruption dans leur gestion des deniers publics. Mais on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac, et la justice doit dire rapidement son juste verdict. Les innocents méritent leur place sur les listes des candidats et des candidates. C’est une question de légitimité pour l’histoire et pour la réhabilitation de la confiance des citoyens.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zaL9vqHMn0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/07/quel-cadre-reglementaire-pour-la-presidentielle-tunisienne-de-2024/">Quel cadre réglementaire pour la présidentielle tunisienne de 2024 ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quel cadre réglementaire pour la présidentielle tunisienne de 2024 ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/07/quel-cadre-reglementaire-pour-la-presidentielle-tunisienne-de-2024/embed/#?secret=2n3xEFbcE6#?secret=zaL9vqHMn0" data-secret="zaL9vqHMn0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>3-&nbsp;<strong>Compétition</strong>. Une élection présidentielle libre est attendue, avec une campagne électorale concurrentielle, sans magouilles ou manigances institutionnelles ou sécuritaires. La Tunisie mérite, une élection qui permet aux électeurs de s’informer, de choisir et de distinguer entre des programmes et des projets clairs, différents dont le contenu est chiffré économiquement (ressources et résultats) et crédible au niveau de la faisabilité de ses ambitions. Tous les candidats doivent avoir un programme économique et social limpide, qui le distingue et qui les engage.</p>



<p>4-&nbsp;<strong>Pragmatisme</strong>. Une des raisons des échecs des élections précédentes (présidentielles et législatives) a trait à l’absence de programmes économiques (chiffrés et distinctifs) chez les partis et les candidats. En démocratie, les élections constituent un moment clef dans les choix collectifs et les priorités publiques à l’échelle des nations. Les élections, ce n’est pas juste un rituel, ce n’est pas de simples formalités et encore moins des <em>«apparences»</em> pour accéder ou se maintenir au pouvoir. Mériter la confiance des élections présidentielles, c’est pour faire changer les choses, réformer et afficher une stratégie détaillée, faisable et pas seulement des vœux pieux, comme pour les précédentes élections.</p>



<p>5-&nbsp;<strong>Évaluation</strong>. Les partis et les élites ayant exercé le pouvoir politique depuis 2011 doivent se représenter avec une évaluation et probablement, le cas échéant, un&nbsp;<em>mea culpa</em>. Les électeurs ne croient plus à ces discours verbeux, sans preuve, disant <em>«ce n’est pas moi, c’est les autres»</em>. La dette, la récession, le chômage, le pouvoir d’achat qui pique du nez sont documentés par les statiques nationales et on ne peut se débiner pour se défausser sur les autres et s’en laver les mains.</p>



<p>L’évaluation des politiques publiques constitue une discipline reconnue et capable de faire les preuves de ce qui n’a pas fonctionné, et ce qu’on n’a pas fait pour changer. Notamment pour arranger le statu quo et éviter les foudres des lobbyistes financiers, politiques, entre autres.</p>



<p>6- <strong>Abnégation</strong>. En plus de 4 présidents, plus de 700 ministres, une dizaine de chefs de gouvernements et un millier de députés ont gouverné depuis 2011. Pour un bilan économique déplorable, avec une perte du pouvoir d’achat de presque 50% depuis 2011. Ces élus ont globalement raté leur passage au sein de l’État (sauf de rares exceptions), faute d’engagements, de compétence et d’abnégation. En privilégiant, souvent, les intérêts de leur parti, ou leur intérêt personnel, au détriment des intérêts de la collectivité, on connait le résultat : une économie de plus en plus laissée pour compte, et sacrifiée dans les courses au pouvoir. La Tunisie a besoin d’un président capable de gouverner au-delà des intérêts étroits des lobbyistes et autres calculs politiques de court terme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="D3rkZyRSfD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/06/la-restauration-de-la-democratie-au-centre-des-elections-en-tunisie/">La restauration de la démocratie au centre des élections en Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La restauration de la démocratie au centre des élections en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/06/la-restauration-de-la-democratie-au-centre-des-elections-en-tunisie/embed/#?secret=xw910q4zMa#?secret=D3rkZyRSfD" data-secret="D3rkZyRSfD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>7-&nbsp;<strong>Valeurs</strong>. Les perceptions des citoyens sont très négatives à l’égard des leaders politiques et de ces radios et télévisions gangrénées par la corruption et les collusions. Trois électeurs sur quatre ne font pas confiance (totalement ou partiellement) aux leaders politiques et aux médias. Ces chiffres sont donnés par les différents sondages menés par World Value Survey (WVS, institution américaine). La sélection des candidats aux élections présidentielles doit être intraitable à l’égard des candidats des partis corrompus, ou jugés pour infractions, délits ou autres écarts aux normes et valeurs de probité et de rectitude politique. La probité doit dominer toutes les valeurs éthiques quand il est question de gouverner un pays et une nation fatiguée par les instabilités au pouvoir au sommet de l’État.</p>



<p><strong>8-</strong>&nbsp;<strong>Leadership.&nbsp;</strong>Accéder au pouvoir suprême, faire de la politique, c’est vouloir changer et améliorer le bien-être collectif. Le pouvoir est souvent perçu en Tunisie comme moyen pour se remplir les poches, servir les siens et vivre au-dessus des lois. Le pouvoir n’est rien d’autre qu’un contrôle sur les ressources publiques, sur les mécanismes, sur les processus et sur les résultats de l’action collective, publique ou privée. Le tout pour influencer le partage des dividendes et pour, au final, servir un clan de bénéficiaires aux dépens d’un autre clan de perdants.</p>



<p>Postuler au poste du président de la République, c’est aussi disposer de cette étoffe de leader transformationnel, leader mobilisateur (communicant), de leader crédible… pour être un visionnaire capable d’affronter les décisions difficiles, notamment quand il est question des réformes douloureuses, mais incontournables.</p>



<p>9-&nbsp;<strong>Électeur médian</strong>. En Tunisie et depuis 2011, les élections présidentielles ont toujours été décidées par l’électeur médian. Celui-ci est facilement <em>«manipulable»</em> par les discours verbeux, les promesses fallacieuses et irréalistes et les plans sur la comète.</p>



<p>L’électeur médian est peu scolarisé, plutôt instable dans ses allégeances politiques, issu de la classe moyenne ou déshéritée, incapable de discerner entre le faisable et l’infaisable, entre le vrai et le faux quand on lui parle des politiques gouvernementales et des promesses pouvant directement impacter son bien-être, celui de sa région.&nbsp;Rached Ghannouchi et son parti religieux ont promis de mettre fin à la corruption, en une année de pouvoir, en plus de doubler le pouvoir d’achat en une législature. Beji Caïd Essebsi, et ses économistes allumés, a promis le plein emploi, 7% de taux de croissance par an, et bien d’autres chimères, du type&nbsp;<em>stop and go</em>, pour dire laissez-vous faire pour les flux et reflux des dépenses de l’État, pour avancer et reculer selon les envies et intérêts de ceux qui sont au pouvoir. Aucun progrès économique ne s’est réalisé et le pays n’a fait que plonger dans le chaos sous leur règne et alliances contreproductifs.</p>



<p>Les candidats aux prochaines élections présidentielles doivent arrêter d’abuser de la naïveté de l’électeur médian, et de jouer sur ses fantasmes et ses cordes sensibles, juste pour obtenir son vote et le narguer juste après.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ccPZVIXW7F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/18/tunisie-2024-election-politique-et-pressions-economiques/">Tunisie: 2024, élections présidentielles et pressions économiques</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie: 2024, élections présidentielles et pressions économiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/18/tunisie-2024-election-politique-et-pressions-economiques/embed/#?secret=UDO8mX2UlG#?secret=ccPZVIXW7F" data-secret="ccPZVIXW7F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong>10-</strong>&nbsp;<strong>Résultats.&nbsp;</strong>La Tunisie a besoin d’un président élu démocratiquement, redevable aux citoyens et aux contribuables, avec une reddition de compte et des évaluations de toutes les politiques et résultats ambitionnés. Les promesses électorales doivent se traduire par des actions et s’accompagner de résultats.</p>



<p>Ici, les économistes doivent se prononcer rapidement sur la faisabilité et l’efficacité des programmes économiques affichés par les candidats. Au-delà de la légalité des mesures proposées, il faut livrer des politiques efficaces, faisables et utiles pour améliorer le bien-être collectif.</p>



<p>Le déficit budgétaire, l’endettement, l’inflation et le chômage, la dévaluation du dinar …sont autant de fléaux à considérer explicitement par les candidats et candidates aux prochaines élections présidentielles. Les médias, les élites et les universitaires doivent analyser, investiguer et s’exprimer sur les enjeux de la faisabilité des programmes économiques affichés par chacun des candidats.</p>



<p>* <em>Economiste universitaire.</em></p>



<p><em><strong>Blog de l’auteur </strong>: </em><strong><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?__cft__%5b0%5d=AZXB3Assxq644WLQxvyI8EvLCDtiFlSrwPfUKVHAxEw8UbEPr1EHObxYOUPQ_1ZDnEgVn-LswWkcr32kG1GlrSF498Kd80ngvZp80h22LvA6C9hZjdfJ7bsOLuLpDu61kKyEhRci_XNeMqB67i3_zNMxBWwqBrkq0Xd7r5IiE-aZj2vt5F_Dy4yA8blE4lpOf5S9ieGqZ8Q3oeoebeI-GJQ8&amp;__tn__=-U-UK-R">Economics for Tunisia, E4T</a>.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/04/election-presidentielle-en-tunisie-defis-politiques-et-garde-fous-economiques/">Élection présidentielle en Tunisie : défis politiques et garde-fous économiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Kaïs Saïed maintient le suspense sur la date exacte de la prochaine présidentielle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/kais-saied-maintient-le-suspense-sur-la-date-exacte-de-la-prochaine-presidentielle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 07:41:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[article 89]]></category>
		<category><![CDATA[commission électorale]]></category>
		<category><![CDATA[Constitution de 2022]]></category>
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		<category><![CDATA[Farouk Bouasker]]></category>
		<category><![CDATA[Isie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=13146646</guid>

					<description><![CDATA[<p>A quelques mois de la prochaine présidentielle en Tunisie, personne n’en connaît encore la date exacte. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/kais-saied-maintient-le-suspense-sur-la-date-exacte-de-la-prochaine-presidentielle/">Kaïs Saïed maintient le suspense sur la date exacte de la prochaine présidentielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>A quelques mois de la prochaine présidentielle en Tunisie, personne, y compris probablement le président de la commission électorale, n’en connaît encore la date exacte, comme ne cesse de le rappeler l’opposition, sans recevoir de réponse à ses interrogations. Les électeurs, quant eux, ne semblent pas montrer un grand intérêt à cette échéance électorale dont dépend pourtant leur avenir.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-13146646"></span>



<p>L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) doit œuvrer à imposer le respect des dispositions régissant le processus électoral, a souligné le président de la République, Kaïs Saïed, en recevant le président de la commission électorale, Farouk Bouasker, vendredi 7 juin 2024, au Palais de Carthage.</p>



<p>Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’Etat a insisté, notamment, sur le respect des dispositions contenues dans le texte de la Constitution de 2022, en l’occurrence l’article 89 et la loi organique relative aux élections et aux référendums.</p>



<p>Cet article, rappelons-le, stipule que<em> «la candidature au poste de Président de la République est un droit reconnu à tout tunisien ou tunisienne, qui n&rsquo;est pas titulaire d&rsquo;une autre nationalité, né(e) de père et de mère, de grands pères paternel et maternel tunisiens, demeurés tous de nationalité tunisienne sans discontinuité»</em>. Il stipule également que <em>«</em><em>le candidat ou la candidate doit être, au jour du dépôt de sa candidature, âgé(e) de quarante ans au moins et jouir de ses droits civils et politiques»</em> et que <em>«la candidature est présentée à l’Instance supérieure indépendante pour les élections selon les modalités et conditions prévues par la loi électorale.</em><em>»</em>&nbsp;</p>



<p>Le chef de l’Etat a par ailleurs appelé la commission électorale à faire encourir les sanctions légales à l’encontre de tout <em>«contrevenant de quelque partie que ce soit»</em> qui violerait le dispositif électoral, indique encore le communiqué.</p>



<p>Le président de la République a également rappelé que la Tunisie a toujours respecté les échéances permettant au peuple tunisien, détenteur de la souveraineté, de librement exprimer sa volonté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="425bx63H0L"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/13/quand-auront-lieu-les-elections-presidentielles-en-tunisie/">Quand auront lieu les élections présidentielles en Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quand auront lieu les élections présidentielles en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/13/quand-auront-lieu-les-elections-presidentielles-en-tunisie/embed/#?secret=QZhMiLCNDp#?secret=425bx63H0L" data-secret="425bx63H0L" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il a rappelé, à ce propos, l’organisation d’une consultation nationale, le référendum sur le projet de Constitution du 25 juillet 2022 et la tenue des élections des membres de l’Assemblée des représentants du peuple et l’élection de ceux du Conseil national des régions et des districts, laissant ainsi entendre que les prochaines présidentielles auront bien lieu au courant de l’automne prochain, soit cinq ans après celles de 2019 qui lui ont permis d’accéder lui-même à la magistrature suprême.</p>



<p>Il n’en reste pas moins qu’à quelques mois de cette échéance, personne, y compris probablement le président de l’Isie, n’en connaît encore la date exacte, comme ne cesse de le rappeler l’opposition, sans recevoir de réponse à ses interrogations. Ce qui laisse planer le mystère et le doute au sujet de ces élections dans une scène politique marquée par l’incarcération d’un grand nombre d’opposants, poursuivis dans des affaires de complot contre la sûreté de l’Etat. </p>



<p>Si les choses semblent très claires et ne souffrent d’aucune ambiguïté, c’est seulement dans l’esprit du président de la république, probablement le seul à connaître la date exacte des prochaines présidentielles à laquelle il sera, très probablement aussi, l’un des principaux candidats. Alors que ceux et celles qui souhaitent s’y présenter, eux (et elles) aussi, semblent hésiter à faire le pas ou se font inexplicablement discrets depuis quelque temps.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tvlKDIkFsY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/06/la-restauration-de-la-democratie-au-centre-des-elections-en-tunisie/">La restauration de la démocratie au centre des élections en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La restauration de la démocratie au centre des élections en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/06/la-restauration-de-la-democratie-au-centre-des-elections-en-tunisie/embed/#?secret=r0PzR81143#?secret=tvlKDIkFsY" data-secret="tvlKDIkFsY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La Tunisie entre lumière et obscurité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/06/la-tunisie-entre-lumiere-et-obscurite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jan 2024 10:01:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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		<category><![CDATA[olfa hamdi]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Union européeene]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qualifiée il y a dix ans de «lumière pour les nations arabes», la Tunisie pourrait bientôt sombrer dans l’obscurité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La prochaine présidentielle tunisienne, en novembre prochain, est l’une des 15 élections clés à surveiller dans le monde en cette année 2024. Et pour cause : ce pays que </em>The Economist <em>qualifiait il y a dix ans de <a href="https://www.economist.com/leaders/2014/10/25/a-light-unto-the-arab-nations" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«lumière pour les nations arabes»</a> pourrait bientôt sombrer dans l’obscurité.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Allison Meakem</strong> *</p>



<span id="more-11168234"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Allison-Meakem.jpg" alt="" class="wp-image-11168258" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Allison-Meakem.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Allison-Meakem-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Allison-Meakem-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Au cours de l’été 2023, l’Union européenne (UE) a signé un accord avec la Tunisie pour réduire le flux de migrants vers ses côtes. Ce pays d’Afrique du Nord est le dernier point focal des tentatives de l’UE pour endiguer la migration en provenance des côtes méridionales de la Méditerranée. Bruxelles fournira quelque 1,1 milliard de dollars au gouvernement de Tunis, répartis en une série de tranches plus modestes, pour aider le pays à faire face à un nombre élevé de migrants, à améliorer ses défenses telles que les garde-côtes et, à terme, à empêcher les Africains d’atteindre illégalement les côtes européennes. En 2022, la Tunisie a dépassé la Libye en tant que premier pays de départ des migrants arrivant en Italie par bateau.</p>



<p>L’accord – dont la pérennité est déjà mise en doute au milieu de nouveaux désaccords entre Bruxelles et Tunis – est extrêmement controversé. Parce que la Tunisie est une démocratie en déclin rapide, avec à son actif un nombre toujours croissant de violations présumées des droits de l’homme. Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a écrit dans un courrier électronique interne obtenu par <em>The Guardian</em> que <em>«plusieurs États membres ont exprimé leur incompréhension»</em> à l’égard de l’accord UE-Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une des 15 élections à surveiller dans le monde &nbsp;en 2024</h2>



<p>La dernière fois que j’ai écrit sur la Tunisie, c’était en 2021, lorsque le président Kaïs Saïed a opéré une reprise en main du pouvoir que ses critiques ont qualifiée de <em>«coup d’État»</em>. Jusqu’alors, la présidence en Tunisie – souvent considérée comme la seule réussite démocratique du Printemps arabe – n’avait été qu’un rôle cérémoniel; l’état d&rsquo;urgence institué par Saïed lui permet de gouverner par décret.</p>



<p>En 2022, Saïed a officialisé son rôle lors d’un référendum constitutionnel qui a transformé la Tunisie d’un système hybride présidentiel-parlementaire en un système supra-présidentiel avec un pouvoir exécutif presque incontrôlé. (Ces mesures rappellent les tentatives du président turc Recep Tayyip Erdogan pour consolider le pouvoir.) Entre autres changements, le journaliste Simon Speakman Cordall a rapporté avant le vote que<em> «la nouvelle constitution accorde au président l’immunité pendant toute la durée de son mandat et stipule qu’il ne peut pas être interrogé sur ses actions comme président.»</em></p>



<p>L’élection présidentielle tunisienne de cette année – qui devrait avoir lieu à l’automne – sera la première de ce type après les changements constitutionnels de Saïed. Depuis le dernier scrutin présidentiel de 2019 qui a porté Saïed au pouvoir en Tunisie, ce pays est passé d’une démocratie imparfaite à un régime hybride, selon l’<a href="https://www.statista.com/statistics/1202191/democracy-index-in-tunisia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">indice de démocratie</a> de l’<em>Economist Intelligence Unit</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vEG8zg3ynR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/04/la-tunisie-ses-demons-et-ses-chimeres/">La Tunisie, ses démons et ses chimères</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, ses démons et ses chimères » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/04/la-tunisie-ses-demons-et-ses-chimeres/embed/#?secret=rlUbtR1Kly#?secret=vEG8zg3ynR" data-secret="vEG8zg3ynR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La principale figure de l’opposition du pays, Rached Ghannouchi, croupit en prison sur la base d’accusations fallacieuses qui, selon les observateurs, sont politiquement motivées. Saïed, un fervent laïc, s’en prend au parti islamiste modéré Ennahdha de Ghannouchi, qui a joué un rôle déterminant dans la récente démocratisation de la Tunisie et est devenu plus tard son plus grand bloc politique. Au milieu des pénibles délibérations parlementaires, Ennahdha n’a pas réussi à faire adopter une politique efficace, ce qui a frustré de nombreux Tunisiens. Saïed a justifié ses pouvoirs élargis en faisant allusion à ce qu’il prétend être la <em>«machine corrompue des partis politiques établis»</em> et l’<a href="https://foreignpolicy.com/2022/12/16/tunisia-elections-kais-saied-ennahda-ben-ali-democracy/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">inefficacité</a> qu’elle entraîne, a écrit le chercheur Johannes Lang dans <em>Foreign Policy</em> en décembre 2022.</p>



<p>Bien que les mesures antidémocratiques de Saïed aient provoqué des réactions négatives et des protestations dans l’opinion publique, ce dernier a également son lot de partisans. Il est difficile d’évaluer l’approbation de Saïed, car les boycotts de l’opposition lors des récentes élections ont rendu les résultats presque comiquement déséquilibrés. Le référendum constitutionnel de 2022 a reçu près de 95% de soutien aux urnes, avec seulement 30% de participation. Aujourd’hui, certains indiquent que des membres de la base de Saïed – qui comprend de jeunes électeurs – pourraient lentement se retourner contre le président, a rapporté le journaliste Tharwa Boulifi dans <em>Foreign Policy</em> en février dernier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Recul démocratique et abus contre les migrants subsahariens</h2>



<p>Le recul démocratique est loin d’être le seul problème qui afflige la Tunisie. Les défenseurs des droits de l’homme ont également condamné le traitement réservé aux Noirs par le pays. Les autorités tunisiennes ont exercé <em>«une violence et des abus contre les migrants d’Afrique subsaharienne»</em>, a averti Amnesty International en juillet 2023, et Saïed est allé jusqu’à épouser des versions de la théorie d’extrême droite du<em> «grand remplacement»</em>. <em>«De nombreux analystes de la sécurité estiment que les remarques incendiaires de Saïed sont conçues pour attiser la haine raciale à une époque d’opposition farouche à l’égard de son règne solitaire»</em>, a rapporté <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/29/comment-la-tunisie-est-devenue-le-garde-frontiere-de-leurope/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nosmot Gbadamosi</a> de FP, auteur de Africa Brief, en mars dernier.</p>



<p>La xénophobie bien documentée du gouvernement tunisien explique en partie pourquoi l’accord migratoire UE-Tunisie est si controversé. En plus de renforcer la sécurité des frontières tunisiennes, cet accord visait à offrir une bouée de sauvetage à un pays en proie à des difficultés économiques. La Tunisie est aux prises avec des dettes dans un contexte d’inflation galopante. Mais le gouvernement n’a pas réussi à conclure un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), son principal créancier. Saïed, qui a rejeté un accord avec le FMI en octobre dernier, a attaqué ce dernier avec une rhétorique antioccidentale, fournissant ainsi une couverture à une crise intérieure croissante.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AP8YK66Q1U"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/03/la-tunisie-termine-2023-en-recession-et-aborde-2024-dans-lincertitude/">La Tunisie termine 2023 en récession et aborde 2024 dans l’incertitude</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie termine 2023 en récession et aborde 2024 dans l’incertitude » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/03/la-tunisie-termine-2023-en-recession-et-aborde-2024-dans-lincertitude/embed/#?secret=CntrxaoC2C#?secret=AP8YK66Q1U" data-secret="AP8YK66Q1U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Avec son principal adversaire Ghannouchi – et d’autres – derrière les barreaux, la campagne de réélection de Saïed cette année pourrait finir par être une mascarade politique bien mise en scène. Conformément à ses propres réformes constitutionnelles, Saïed est éligible pour un mandat supplémentaire de cinq ans. Il lui faudra une majorité absolue pour gagner; sinon, un second tour aura lieu.</p>



<p>Jusqu’à présent, un seul candidat, outre Saïed, a déclaré son intention de se présenter. En novembre 2023, Olfa Hamdi, ancienne PDG de la compagnie aérienne nationale tunisienne Tunisair, a annoncé qu’elle se présenterait comme candidate de son Parti de la Troisième République. Hamdi a déclaré qu’elle visait à <em>«construire une large coalition garantissant une transformation politique pacifique réussie»</em>.</p>



<p>Hamdi en demande peut-être trop. Saïed a déjà annoncé qu’il interdirait aux observateurs électoraux étrangers d’observer le vote présidentiel en Tunisie. Un pays que <em>The Economist</em> <a href="https://economist.com/leaders/2014/10/25/a-light-unto-the-arab-nations" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qualifiait </a>il y a dix ans de <em>«lumière pour les nations arabes»</em> pourrait bientôt sombrer dans l’obscurité.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p>Source : <a href="https://foreignpolicy.com/2024/01/02/tunisia-elections-saied-ghannouchi-eu-migration-deal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Foreign Office</a>. </p>



<p>* <em>Rédactrice associée à </em>Foreign Policy<em>. Avant de rejoindre FP, elle a travaillé pour le Global Public Policy Institute à Berlin et </em>Deutsche Welle<em>. </em></p>



<p><em>** Le titre et les intertitres sont de la rédaction. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IADgUyhcXc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/29/comment-la-tunisie-est-devenue-le-garde-frontiere-de-leurope/">Comment la Tunisie est devenue le garde-frontière de l’Europe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment la Tunisie est devenue le garde-frontière de l’Europe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/29/comment-la-tunisie-est-devenue-le-garde-frontiere-de-leurope/embed/#?secret=oBNl6MZ2kN#?secret=IADgUyhcXc" data-secret="IADgUyhcXc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
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		<title>France : Si rien n’est fait, l’extrême-droite accèdera en 2027 au pouvoir suprême…</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/26/france-si-rien-nest-fait-lextreme-droite-accedera-en-2027-au-pouvoir-supreme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Apr 2022 08:33:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macrob]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Mélenchon]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Ric Zemmour]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Gharbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marine Le Pen, chef de l’extrême-droite (Rassemblement national, ex-Front national, fondé par son père, Jean-Marie, en 1972), peut jubiler, même si elle n’a pas été élue «Présidente de la République française», le 24 avril 2022. Le nombre de ses électeurs ne cesse de croître d&#8217;un scrutin à un autre (voir infographies 1 et 2). Par...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/01/Marine-Le-Pen-Eric-Zemmour.jpg" alt="" class="wp-image-378466"/><figcaption><em>Marine Le Pen et Eric Zemmour, les deux leaders actuels de l&rsquo;extrême-droite en France. </em> </figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Marine Le Pen, chef de l’extrême-droite (Rassemblement national, ex-Front national, fondé par son père, Jean-Marie, en 1972), peut jubiler, même si elle n’a pas été élue «Présidente de la République française», le 24 avril 2022. Le nombre de ses électeurs ne cesse de croître d&rsquo;un scrutin à un autre (voir infographies 1 et 2).</em></strong></p>



<p>Par <strong>Samir Gharbi</strong></p>



<span id="more-388916"></span>



<p>Au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, le Front national (J.-M. Le Pen) a recueilli 4,8 millions de voix. Il est arrivé en 2<sup>e</sup> position, dépassant de peu Lionel Jospin (Parti socialiste). Au 2<sup>e</sup> tour, il améliore son score (avec 5,5 millions de voix, 17,8%), mais pas assez pour gagner. La mobilisation quasi-nationale contre l’extrême-droite et la peur ont permis à Jacques Chirac (droite classique) de l’emporter haut la main avec 82,2 % des suffrages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eric Zemmour fait rater le coche à Marine Le Pen</h2>



<p>Vingt ans plus tard, sa fille, Marine Le Pen, qui a pris sa relève à la tête du FN en 2011, a élargi les bases de son parti à l’électorat rural et aux citadins à faible revenu (ouvriers et employés touchés par les effets néfastes du capitalisme débridé). Le 10 avril 2022, <em>«Marine»</em> recueille 8,1 millions d’électeurs (23,15%) alors que son rival (nouvel arriviste à l’extrême droite), Eric Zemmour, attire 2,5 millions autres électeurs d’extrême-droite. A eux deux réunis, ils font donc plus qu’Emmanuel Macron, président sortant (9,8 millions). Eric a fait rater le coche à Marine… Au 2<sup>e</sup> tour, seule face à Macron, Marine parvient à rassembler davantage&nbsp;: 13,3 millions de voix (41,5%). Il lui a manqué 3 millions de voix pour dépasser Macron et parvenir au plus haut sommet de l’Etat.</p>



<p>Après une longue marche à la tête du RN, auquel elle a adhéré en 1986, Marine Le Pen, née le 5 août 1968, a élargi une bonne partie de l’électorat de l’extrême-droite, issu des partis de droite (complètement déboussolés) et a mordu sur l’électorat populaire de gauche.</p>



<p>En fondant le FN en 1972, son père a pu se présenter à l’élection dès 1974&nbsp;: il a recueilli à 190&nbsp;921 voix… Sans désespérer, après son échec en 1981 (il n’est pas parvenu à recueillir les signatures nécessaires pour candidater), il repart à la conquête du pays et regagne des forces aux élections de 1988&nbsp;: électeurs déçus par les dirigeants socialistes (qui n’ont pas tenu leurs promesses) et autres déçus de la droite (idem). Le FN arrive au 2<sup>e</sup> tour de la présidentielle de 2002. Le nombre de ses adeptes est multiplié par 25, passant de moins 200&nbsp;000 en 1974 à plus de 5 millions en 2002. Il rebondit avec plus de 13 millions en 2022 (2<sup>er</sup> tour).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cap sur les ruraux, les jeunes et les pauvres</h2>



<p>Emmanuel Macron, qui sait qu’il ne peut plus candidater en 2027, dispose désormais des clés pour éviter à la France de tomber entre les mains de l’extrême-droite (comme ailleurs en Europe). Il faut absolument que les abstentionnistes (28% du corps électoral) et les votants dépités par la classe politique (4,6% de votes blancs et 1,6% de votes nuls), soit au total 34,2% de la masse des électeurs inscrits, puissent, en 2027, reprendre confiance dans la <em>«chose»</em> politique&nbsp;: les dirigeants, leurs programmes et leurs actions.</p>



<p>Comment ? Emmanuel Macron a promis d’y penser, d’y remédier… Le pourra-t-il? Nul ne le sait, car le pouvoir des capitalistes (qui ne veulent rien céder de leurs privilèges) et le pouvoir des conservateurs sont encore dominants. Le mouvement populaire de Jean-Luc Mélenchon (7,7 millions de voix et 22% des votes au 1<sup>er</sup> tour du 10 avril 2022) et les écologistes de tout bord devront, enfin, se réveiller, s’unir, s’indigner…</p>



<p>Il leur faut regagner l’électorat des communes rurales ou lointaines (qui ont voté en majorité pour Marine Le Pen). Il leur faut attirer les jeunes qui entrent dans la vie active avec pleins d’ambitions et d’exigences mais qui sont à présent désenchantés par leur vécu au cours des années Nicolas Sarkozy (2007-2012), François Hollande (2012-2017) et Emmanuel Macron (2017-2022). Il leur faut, aussi, s’occuper vraiment du sort des classes paupérisées, de celles et ceux qui gagnent moins de 1&nbsp;250 euros par mois.</p>



<p>Il leur faut, enfin, redonner confiance aux <em>«non votants»</em> (voir infographie 3).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Macron pourra-t-il éviter à la France de céder au nationalisme&nbsp;?</h2>



<p>La voie est grande ouverte, aux forces alternatives tout comme à celles de l’extrême-droite, pour profiter de la débâcle des partis <em>«historiques»</em>, les <em>«has been»</em>, socialistes et droites molles confondus. Macron dispose d’une dernière chance pour entrer dans l’histoire en répondant, promet-il, aux <em>«colères»</em> des jeunes et des défavorisés, en favorisant un <em>«new deal»</em> social et politique (y compris en modernisant un code électoral vieillot qui ignore les abstentionnistes et les votes blancs. Ayant fait deux mandats présidentiels (le maximum), il peut s’affranchir des lobbies de l’argent et agir librement pour créer une dynamique de croissance plus équitable et une dynamique politique plus participative.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Infographie 1:</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Info-1.jpg" alt="" class="wp-image-388920"/></figure></div>



<p class="has-text-align-center"><strong>Infographie 2:</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Info-2.jpg" alt="" class="wp-image-388921"/></figure></div>



<p class="has-text-align-center"><strong>Infographie 3:</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Info-3.jpg" alt="" class="wp-image-388922"/></figure></div>



<p><strong>NB&nbsp;:</strong> <em>infographies (créations personnelles), sur la base des données officielles des élections (ministère français de l’Intérieur).</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles liés : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rTy8sss2ZI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/25/tunisie-france-et-si-saied-prenait-de-la-graine-de-macron/">Tunisie-France : Et si Saied prenait de la graine de Macron ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-France : Et si Saied prenait de la graine de Macron ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/25/tunisie-france-et-si-saied-prenait-de-la-graine-de-macron/embed/#?secret=4btTrbFO9r#?secret=rTy8sss2ZI" data-secret="rTy8sss2ZI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HkYumY8ZWI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/25/les-lecons-de-lelection-de-macron/">Les leçons de l&rsquo;élection de Macron</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les leçons de l&rsquo;élection de Macron » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/25/les-lecons-de-lelection-de-macron/embed/#?secret=bBjzkm0S7i#?secret=HkYumY8ZWI" data-secret="HkYumY8ZWI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Présidentielle : La députée Zohra Driss ne soutient plus Youssef Chahed, et devient soudainement pro-Zbidi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/12/presidentielle-la-deputee-zohra-driss-ne-soutient-plus-youssef-chahed-et-devient-soudainement-pro-zbidi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2019 14:53:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelkrim Zbidi]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Houcine Jenayah]]></category>
		<category><![CDATA[Tahya Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Chahed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps supportrice de la candidature de Youssef Chahed, qui représente le parti Tahya Tounes (Vive la Tunisie) à l&#8217;élection présidentielle de 2019, la députée parlementaire de la coalition nationale, Zohra Driss, a finalement changé d&#8217;avis, pour se ranger désormais du côté du candidat indépendant, Abdelkrim Zbidi. «Après y avoir bien réfléchi, je suis maintenant convaincue...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/07/Zohra-Driss.jpg" alt="" class="wp-image-166934"/></figure>



<p><strong><em>Longtemps supportrice de la candidature de Youssef Chahed, qui représente le parti Tahya Tounes (Vive la Tunisie) à l&rsquo;élection présidentielle de 2019, la députée parlementaire de la coalition nationale, Zohra Driss, a finalement changé d&rsquo;avis, pour se ranger désormais du côté du candidat indépendant, Abdelkrim Zbidi.</em></strong></p>



<span id="more-239081"></span>



<p><em>«Après y avoir bien réfléchi, je suis maintenant convaincue que c&rsquo;est un homme d&rsquo;Etat, ayant pour slogan, la loyauté envers la patrie, et que c&rsquo;est l&rsquo;homme de la prochaine étape. Je soutiens donc Dr. Abdelkrim Zbidi et je voterai pour lui»</em>, a-t-elle annoncé sur son compte facebook, aujourd&rsquo;hui, 12 septembre 2019.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/zohra-driss.png" alt="" class="wp-image-239107" width="500" height="266"/></figure></div>



<p>Difficile de savoir, néanmoins, si cette décision de dernière minute émane d&rsquo;une réelle conviction ou d&rsquo;une stratégie politique&#8230;</p>



<p>En tout cas, certains l&rsquo;ont expliqué par l&rsquo;existence de pressions politiques de la part de lobbies appartenant à la région du Sahel, qui est celle de la députée et aussi de l&rsquo;actuel ministre de la Défense nationale, alors que d&rsquo;autres ont estimé que c&rsquo;est un coup bas voulu de sa part, envers Tahya Tounes, en réponse à la désignation de son neveu, Houcine Jenayah, plutôt qu&rsquo;elle, en tant que tête de la liste du parti à Sousse, pour les élections législatives.</p>



<p>D&rsquo;autre part, son beau-frère Othman Jenayah, ancien président de l&rsquo;Etoile sportive du Sahel (ESS), soutient, quant à lui, toujours, la candidature de l&rsquo;actuel chef du gouvernement. Cela pourrait donc s&rsquo;expliquer aussi par une stratégie familiale. Le duo ne voudrait probablement pas mettre tous ses œufs dans le même panier, en vue d&rsquo;avoir deux chances de profiter des résultats de l&rsquo;élection : celle de la victoire de Chahed et aussi celle de la victoire de Zbidi. Surtout que la probabilité d&rsquo;accéder au deuxième tour et éventuellement de remporter l&rsquo;élection pour chacun des deux candidats est  <br>très proche, au vu de certains indicateurs.</p>



<p>Une chose est sûre : quand on connaît les magouilles du paysage politique tunisien, fondé principalement sur les intérêts personnels, aucune hypothèse ne nous surprend.</p>



<p style="text-align:right"><strong>Cherif Ben Younès</strong></p>



<p> </p>



<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Le Proche Orient, nouveau front de la campagne présidentielle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/28/tunisie-le-proche-orient-nouveau-front-de-la-campagne-presidentielle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2019 14:06:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Haica]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On peut craindre que, dans la course actuelle à l’investiture suprême, en Tunisie, des partis politiques, des candidats et des médias dénués de tout scrupule, fassent porter à tel candidat l’étiquette du sioniste, et à tel autre, le turban noir du résistant, au risque de trahir la confiance des électeurs et de ternir la crédibilité...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/28/tunisie-le-proche-orient-nouveau-front-de-la-campagne-presidentielle/">Tunisie : Le Proche Orient, nouveau front de la campagne présidentielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/08/Palais-de-Carthage.jpg" alt="" class="wp-image-233575"/></figure>



<p><strong><em>On peut craindre que, dans la course actuelle à l’investiture suprême, en Tunisie, des partis politiques, des candidats et des médias dénués de tout scrupule, fassent porter à tel candidat l’étiquette du sioniste, et à tel autre, le turban noir du résistant, au risque de trahir la confiance des électeurs et de ternir la crédibilité et la réputation de l’Etat tunisien.</em></strong><br></p>



<p> Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *<br></p>



<span id="more-235659"></span>



<p> Peu de Tunisiens ont sans doute regardé l’allocution du chef du Hezbollah, dimanche 25 août 2019, à la télévision après les attaques de drones contre quelques unes des positions des forces de son parti à Beyrouth et à Damas. </p>



<p>Le plus étrange c’est que le lendemain la Radio culturelle relevant de l’Etablissement de la radio nationale en a diffusé des extraits, particulièrement ceux où il annonçait qu’il ferait tout ce qui est possible pour abattre désormais tout appareil de ce genre qui s’aventurerait au-dessus du territoire libanais. </p>



<p> Le même jour, à la même heure, une radio privée tunisienne, ML, évoquait l’interview accordée à la chaîne israélienne i24 par un Tunisien arabe, un certain Mondher Guefrach, se présentant comme un membre de la campagne électorale de Abdelkarim Zbidi, dans laquelle il annonçait qu’en cas de victoire aux élections présidentielles, la Tunisie normaliserait ses relations diplomatiques avec l’Etat juif. Evidemment le staff de campagne de M. Zbidi, en prenant connaissance de ces propos, a immédiatement démenti connaître l’individu en question ni l’avoir mandaté pour parler d’une quelconque manière en son nom. <br></p>



<p>Ces deux faits simultanés signifient plusieurs choses, dont la plus importante est le processus frénétique engagé de récupération politique de l’actualité, dans le cadre de la campagne électorale en cours, ainsi que l’a amplement démontré la tentative d’implication du ministre de la Défense par radio ML, dont le commentateur a certes pris soin de souligner son scepticisme concernant la véracité de l’information, après avoir fait état du démenti apporté par l’intéressé, mais en suggérant au passage tout de même que M. Zbidi ne maîtrisant pas l’art de la communication, il n’était pas surprenant que de telles tentatives pour lui nuire aient lieu. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading">La machine à propagande électorale mise en branle<br></h3>



<p> Autrement dit, en admettant que le speaker en ait été le porte-parole, le message que l’on voulait diffuser auprès du public, c’est-à-dire le corps électoral tunisien, serait le suivant : M. Zbidi était certes une victime, mais avant tout celle de son incompétence. Et pour peu qu’on admettrait que le candidat ne soit pas celui des sionistes, ce dont certainement nombre de ses concurrents ne se feront pas faute de l’accuser après cette affaire, son incapacité à convaincre l’exclurait automatiquement de la course à la présidence dans un pays où le dernier président, Béji Caid Essebsi, avait pourtant laissé le souvenir d’une maîtrise parfaite de l’art de la rhétorique, fort nuancé certes par celui des promesses électorales non tenues. <br></p>



<p> Cependant, la machine à propagande électorale mise en branle, dont certains médias se font l’écho, ignore dans le cas précis une réalité, celle que M. Zbidi demeure le ministre de la Défense en exercice qui a, presque sans discontinuer, siégé à son poste depuis 2011, et qui, dans les difficiles conditions que le pays a traversées, s’est montré autant soucieux de s’acquitter de sa tâche avec efficacité, honneur et conscience, celle de protéger la sécurité et l’intégrité du pays, que de respecter l’esprit et la lettre de la Constitution et de légalité, en particulier en démissionnant de son poste de responsabilité politique. <br></p>



<p> La question qui se pose est donc bien évidemment de savoir dans quelle mesure une chaîne de radio privée a ainsi le droit de porter un jugement d’une manière aussi directe sur un candidat aux élections sans susciter de la part de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) une salutaire intervention, particulièrement après le rôle joué par la chaîne Nessma dans la montée au pinacle de son patron, également candidat à la présidentielle, Nabil Karoui. Mais prétendre que les chaînes et radios publiques ne soient pas en reste serait certes un euphémisme. Dans un monde arabe et musulman, où l’idée d’unité subit  depuis 1917 une cascade ininterrompue de défaites politiques, militaires, et qui depuis 2001 est mis au ban de la civilisation,  l’inconscient collectif cache sans doute toujours le rêve d’un leader charismatique maîtrisant le verbe qui, à l’instar du prophète Mohamed, le mènerait à la victoire, le discours fort du chef du Hezbollah annonçant la destruction de deux drones israéliens et promettant des représailles précises et significatives contre les actes d’agression de l’armée israélienne, n’est sans aucun doute pas passé inaperçu, malgré le clivage sunnite-chiite et le conflit entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’étiquette du sioniste et le turban noir du résistant<br></h3>



<p> On ne peut certes pas reprocher à un patriote quel qu’il soit, sauf évidemment en Tunisie, quand il se nomme Abdelkarim Zbidi, de défendre son pays contre des agressions extérieures, particulièrement quand celles-ci sont sanglantes et s’accompagnent de destructions, et on ne peut pas reprocher aux médias du pays en question de s’en faire l’écho ni de glorifier la résistance, quand la sécurité de ce pays est en cause. <br></p>



<p> Certes, ceci dit, on ne peut déjà que s’étonner qu’une station radio publique, dédiée à la Culture, se transforme en une chaîne véhiculant des informations et des discussions politiques d’actualité. Il y a en principe d’autres chaînes pour cela, autant publiques que privées, qui diffusent régulièrement des bulletins d’informations, mais où les déclarations diffusées sont celles de personnalités nationales, ministres, syndicalistes, députés, responsables administratifs, simples citoyens, et se rapportant à des préoccupations du moment. <br></p>



<p> En reprenant donc les passages guerriers du discours de M. Nasrallah, un homme à la tête d’une organisation capable de maîtriser quelques unes des technologies modernes les plus complexes au point de se défendre contre les agressions d’un pays beaucoup plus puissant, et de briser ainsi l’image raciste de l’Arabo-musulman trop borné ou paresseux pour avoir droit à la liberté et la dignité, la radio publique consacrée à la culture et sans doute sous la houlette du ministère des Technologies de l’information et de l’Economie numérique ( MTIEN ), a néanmoins fait une sérieuse entorse à sa mission, même si en le faisant, elle a fait vibrer quelque peu la fibre patriotique arabe momifiée dans nos cœurs depuis des décennies, ce dont tous ceux qui ont vécu la grande vague du nationalisme arabe à l’époque de feu le président Nasser lui sauraient gré pour avoir ainsi fait resurgir des souvenirs liés à leurs  jeunesses. <br></p>



<p> On peut supputer que cette initiative obéisse à des considérations opportunistes internes, probablement électorales, d’origine islamiste et se drapant de l’aura de la résistance à l’impérialisme et au sionisme, ou du patriotisme, et dont l’Etat, c’est-à-dire ses dirigeants, en tant que patron des médias publiques, s’attribuerait en dernier lieu le mérite. <br></p>



<p> Il n’en demeure pas moins , qu’en se faisant la tribune des propos d’un parti politique étranger, acteur d’un conflit complexe de dimension planétaire, et considéré par plusieurs pays comme un parti terroriste, la radio publique normalement consacrée à la Culture, s’est faite l’écho d’une prise de position irresponsable engageant  l’Etat tunisien sur la scène mondiale, et pas de la meilleure manière, alors que l’indépendance nationale est de plus en plus aliénée par une dette extérieure croissante, dont le rééchelonnement nécessite la bienveillance des créditeurs . <br></p>



<p> Ceci rappelle bien évidemment l’époque de l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, en septembre 2012, où le parti Ennahdha alors au pouvoir, avait adopté une attitude schizophrène, celle de cultiver la bienveillance des Etats-Unis, tout en prenant bien soin de ménager ceux en qui il voyait des alliés naturels dans son grand projet de changer la société, les jihadistes de Ansar Charia. Ceci rappelle quelque peu la politique adoptée par M. Chahed, celle de tolérer – pour asseoir sa majorité parlementaire – des chaînes officiellement coraniques mais qui ne se privent pas prendre des prises de position politiques plusieurs fois par jour, ou de résister aux décisions de la Haica ou de la justice. On peut sans risque de se tromper prétendre également que les médias publics soient noyautés par des éléments pas toujours bien intentionnés, mais que l’on tolère, naturellement, au nom de considérations politiques. <br></p>



<p> Finalement, si dans la course à l’investiture suprême, M. Zbidi finisse par porter l’étiquette du sioniste, qui en tant que ministre de la Défense nous avait tout de même protégés avec quelle efficacité du terrorisme intérieur ou extérieur, et M. Chahed, le turban noir du résistant, on ne le vaudra qu’à des partis politiques et des candidats dénués de tout scrupule, trahissant la confiance des électeurs et ternissant la crédibilité et la réputation de l’Etat tunisien.<br></p>



<p><em>*  Cardiologue, Gammarth, La Marsa.  </em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Article lié : </em></h3>



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		<title>Election présidentielle en Tunisie : Considérations sur la soif de pouvoir de Mohsen Marzouk</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Aug 2019 11:22:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelkrim Zbidi]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Machrou Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Mohsen Marzouk]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si les fous sont au pouvoir, c’est parce que nous votons pour les plus fous : pour les séducteurs, les menteurs et les bonimenteurs. Parce que nous préférons voter pour ceux qui nous ressemblent plutôt que pour les gens raisonnables et consciencieux. L’électeur serait-il encore plus fou que celui qu’il élit ? Par Yassine Essid...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/25/election-presidentielle-en-tunisie-considerations-sur-la-soif-de-pouvoir-de-mohsen-marzouk/">Election présidentielle en Tunisie : Considérations sur la soif de pouvoir de Mohsen Marzouk</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/08/Mohsen-Marzouk-1.jpg" alt="" class="wp-image-235104"/></figure>



<p><strong><em>Si les fous sont au pouvoir, c’est parce que nous votons pour les plus fous : pour les séducteurs, les menteurs et les bonimenteurs. Parce que nous préférons voter pour ceux qui nous ressemblent plutôt que pour les gens raisonnables et consciencieux. L’électeur serait-il encore plus fou que celui qu’il élit ?</em></strong><br></p>



<p> Par <strong>Yassine Essid </strong><br></p>



<span id="more-235103"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" class="wp-image-118739"/></figure></div>



<p> En se déclarant candidat à la présidentielle, Abdelkrim Zbidi a pris de court ses rivaux en se soumettant volontairement à une série d’examens médicaux. Son bilan de santé jugé normal, il pouvait dès lors se considérer physiquement apte pour entrer en campagne. Quant au reste, je veux parler de ses déclarations  comme candidat, elles n’ont impressionné personne, inquiètent même le public et n’ont fait que lui attirer les commentaires ironiques voire acides des internautes. <br></p>



<p> La publication du bilan de santé des candidats est donc un acte de transparence au même titre que la déclaration sur le patrimoine. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Établissons le profil psychologique de chaque candidat !<br></h3>



<p> Cependant, malgré la singularité des institutions de la deuxième République et les pratiques politiques qui en découlent, la fonction de chef de l’Etat reste encore nourrie de traditions anciennes qui confortent un système de représentations privilégiant la fonction sur les dispositions de la constitution, l’homme sur l’organisation, l’individu sur le collectif. </p>



<p>Autrement dit, dans l’imaginaire populaire, l’élection présidentielle dépasse en importance toutes les élections législatives. Ainsi, incarner la République n’est pas simplement un enjeu physique déterminé par l’âge : jeunesse contre vieillesse, ou par les courants de pensée, archaïsme religieux contre modernité. C’est surtout l’obligation pour le futur président de la République, qui sera assigné pendant un mandat de cinq ans à de multiples tâches, d’avoir la parfaite maîtrise de ses facultés mentales. <br></p>



<p> Dans la mesure où la mise à contribution des fonctions exécutives ou représentatives requièrent une quantité considérable de ressources attentionnelles, un bilan psychologique préalable à toute candidature est autrement plus essentiel que l’appréciation de la santé physique tant la prévention des conséquences vivifiantes ou délétères du chef de l’Etat dans l’élaboration des enjeux politiques rattachés à sa fonction est déterminante et engage le présent et l’avenir de la nation. <br></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/01/Beji-Caid-Essebsi-et-Mohsen-Marzouk.jpg" alt="" class="wp-image-35221"/><figcaption><em>Avec l&rsquo;ancien président Béji Caïd Essebsi. </em></figcaption></figure></div>



<p> Si la santé physique et tributaire d’examens objectifs et précis, la détermination des troubles mentaux de l’homme politique est plus complexe car ils se manifestent sous des formes différentes. Ils se caractérisent généralement par un ensemble anormal de pensées, de perceptions, d’émotions, de comportements et de relations avec autrui. <br> Dans ce cas, on peut imaginer que, sur un plan pratique, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) ne pourra plus se contenter de l’examen  des références relatives aux conditions formelles d’éligibilité : état civil, nationalité, religion, casier judiciaire, etc. Cette procédure doit être élargie à l’établissement d’un profil psychologique de chaque candidat. </p>



<p>La maladie mentale, par exemple, ne se manifeste pas avec la franche évidence des certitudes, il faut déceler dans les plis du psychisme la psychopathologie (on ne  dira pas folie pour rester dans le politiquement correcte) afin de cerner l’existence de certaines déviations qui se prêteraient mal à la prise en charge de l’avenir d’un peuple. <br></p>



<p> Un moyen souhaitable de mesurer et de garantir la confiance dans les valeurs morales du candidat et de consacrer par là une culture de sincérité, consiste à ce qu’il se présente devant une commission de spécialistes, psychologues et psychiatres,  qui établiront leur diagnostic selon un système de notation consensuel et détermineront un score au-dessous duquel l’éligibilité sera rejetée.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les instables et les fraudeurs peuvent être charismatiques<br></h3>



<p> En matière de bilan psychique, les candidats sont légion. Nabil Karoui, le visiteur des mausolées, représente un cas intéressant n’eût été le fait que sa personnalité complexe relève plutôt de la psychologie criminelle, celle des arnaqueurs et des fraudeurs, ce qui ne les empêche guère d’être charismatiques, d’attirer la sympathie et de réussir à instaurer des relations de confiance avec le public au point de prétendre à la magistrature suprême. <br></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/09/Ridha-Belhaj_Mohsen-Marzouk_Hafedh-Caid-Essebsi.jpg" alt="" class="wp-image-173529" width="500" height="352"/><figcaption><em>Mohsen Marzouk entre Rifha Belhaj et Hafedh Caïd Essebsi avant l&rsquo;implosion de Nidaa Tounes. </em></figcaption></figure></div>



<p> D’autres patients, aux profils moins problématiques, feraient bien de se prêter à ce genre d’examens approfondis. Tenez, arrêtons-nous au cas de Mohsen Marzouk. Chef de parti et candidat à la présidentielle, il représente un cas d’école en matière de psychologie politique. À l’origine de sa névrose, son intarissable soif du pouvoir qui lui sert à chaque fois d’exutoire provisoire par où s’épanche sa déraison et ses extravagances. Il ne guérira que le jour où il ira jusqu’au bout de son ambition : son élection à la présidence de la République.<br></p>



<p> Cependant, à l’instar de presque tous les leaders du tiers-monde, il ne manquera pas de tomber en dépression le jour où il sera mis fin à sa fonction. Dès lors, il usera de mille subterfuges pour ne pas lâcher le pouvoir et trouvera le moyen et les soutiens nécessaires pour  le prolonger au-delà de ce qui est constitutionnellement prévu. <br></p>



<p> Cet enflant de la patrie, doté d’un ego nettement plus démesuré que son charisme, fondateur de Mahcrou Tounes, ne se s’est jamais départi de l’idée que Carthage lui revient de droit. Laissons au spécialiste, chargé de tracer son profil psychologique, chercher l’origine des ses traumatismes en remontant à son enfance. Etait-il mal aimé, incompris, empêché́ de s’exprimer? A-t-on constaté  une carence affective, ou au contraire une survalorisation de  sa personnalité ?  Les conflits non résolus et refoulés avec ses parents l’auraient-ils poussé  à vouloir prouver à tout prix ce dont il était capable?  <br></p>



<p> N’ayant aucune expertise dans ce domaine, tenons-nous en plutôt à ce qu’on  sait de lui, à ce qu’il raconte sur lui-même, à travers le tumultueux parcours politique de cette personnalité singulière.   <br></p>



<p> Mohsen Marzouk et la revanche sur les coups du sort<br> Tous les candidats ont besoin d’une histoire qui fait pleurer dans les chaumières. Celle de Marzouk relève du mauvais feuilleton dans lequel on devine que son parcours n’est en fait qu’une revanche sur les coups du sort. <br></p>



<p> Issu d’un milieu défavorisé de la campagne tunisienne où les crises se succèdent en avalanche, il a connu très tôt, trop tôt peut-être, la précarité, l’exclusion, l’inégalité du partage des richesses, la fracture sociale, la coupure entre  eux et lui. À l’impuissance à y arriver par ses propres moyens, s’ajoute l’impuissance de la société à le comprendre et l’aider. C’est alors qu’il s’approprie la maîtrise de sa propre vie. C’est ce qui le pousse à entrer en politique dès l’âge de 15 ans car déjà conscient du dysfonctionnement social. C’est que, plus exposés, les enfants pauvres sont les premiers à signaler ce qui ne marche pas dans la société. La misère qui lui collait à la peau loin de le briser avait contribué à forger sa personnalité, à maîtriser le temps : du passé au présent et vers l’avenir. Quel est l’électeur qui serait insensible  à ce besoin de gloire, à cette quête de succès, à cette confiance en soi. <br></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Mohsen-Marzouk-Slim-Riahi-e1510644160275.jpg" alt="" class="wp-image-89456" width="500" height="386"/><figcaption><em>Avec Slim Riahi : ils se sont tant aimé. </em></figcaption></figure></div>



<p> Mais, malgré cette base solide sur laquelle il s’est toujours appuyé pour croire en sa propre valeur, jusqu’à l’obsession, le voilà entièrement tributaire du jugement d’autrui, des choix futurs des électeurs. <br></p>



<p> Campagne oblige, cette épopée lui permet de concevoir un <em>«Projet»</em> pour la Tunisie, transformant ainsi un idéal en mot d’ordre voire en slogan à l’intention de tous ceux qui s’en réclameront bientôt, et s’arroger les qualités qui justifient sa prétention à diriger l’Etat : compétence politique, expertise diplomatique, compréhension de la question sécuritaire, et l’intelligence des questions de société qui n’avaient cessé d’assombrir la politique des gouvernements depuis 2011. N’a-t-il pas été chef de campagne de Béji Caïd Essebsi, alors candidat à l’élection présidentielle, puis l’incontournable éminence grise du nouveau chef de l’Etat à Carthage avec qui il entretenait une relation humaine profonde,    sans parler de l’éphémère direction de Nidaa Tounes ? <br></p>



<p> Un profil psychologique de petit dictateur : dominant et ambitieux<br> De peur de finir un jour comme un Ridha Belhaj, Noureddine Ben Ticha ou Selim Azzabi, il laissera le parti à Hafedh Caïd Essebsi pour aller fonder le sien avec tambour et trompette. Mais à peine constitué, son mouvement connaît entre 2016 et 2018 une vague de désertions. Marzouk est alors qualifié de paresseux, tyrannique, incapable de gérer un parti politique et, plus grave, de quelqu’un qui fait des promesses aux électeurs qu’il ne tient pas. Sa personnalité mégalomaniaque, poussée par la volonté de marquer l’Histoire, de voir son nom appris et transmis, y est certainement pour quelque chose. <br></p>



<p> On perçoit aisément chez M. Marzouk le profil psychologique d’un petit dictateur : dominant, ambitieux, avec une tendance à la psychopathie. Car pour arriver à être dictateur, il ne faut pas hésiter à écraser les autres. Quelqu’un qui a des scrupules, des dispositions bienveillantes à l’égard de ses semblables, ne pourra jamais y arriver. <br></p>



<p> Ce manque de constance, cette précipitation et cette agitation  permanente avaient mené M. Marzouk vers d’inlassables reconversions et de mobilité  vivace. Car le personnage est d’un tempérament versatile, nerveux, tyrannique et insatiable, au comportement anxieux, celui de quelqu’un qui ne sait pas lui-même sur quelle jambe se tenir et vers quel horizon se tourner, toujours à la merci de sa fantaisie présente, toujours excessif. <br></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/02/Rached-Ghannouchi-et-Mohsen-Marzouk-1.jpg" alt="" class="wp-image-40220" width="500" height="352"/><figcaption><em>Relations ambiguës et intermittentes avec Rached Ghannouchi et Ennahdha. </em></figcaption></figure></div>



<p> Cette  tendance à une inquiétude exagérée correspond à des personnes condamnées non seulement à ne pas contrôler leur vie, mais aussi à saboter celle des autres. Or la part émotionnelle dans la décision politique est un phénomène inaltérable que l’homme politique doit intérioriser sinon elle devient un danger pour diriger la raison d’État, nécessaire à la stabilité politique. Seul le souci pragmatique et direct de dévouement, mû par l’altruisme bienveillant envers chacun, doit constituer la principale condition de décision de l’homme d’Etat. <br></p>



<p> En entrant en campagne, chaque candidat dispose de certains atouts, susceptibles de mobiliser autour de lui un électorat qui le suivra jusqu’au bout. Dans un contexte où les programmes se ressemblent tous, la construction des relations interpersonnelles candidat-électeur se trouvent bâtie sur d’autres critères que ceux des projets politiques. Tel candidat est admiré pour ses qualités d’orateur, tel autre pour le respect que l’on doit à son intégrité et à son long et irréprochable passé politique, un troisième pour la confiance que l’on accorde à ses profondes convictions, traditionalistes ou modernistes, etc.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> La politique comme un échange commercial «donnant-donnant».<br></h3>



<p> La main levée, le geste amical, le large sourire, qui attestent d’une ouverture au peuple, seront pour tous les dispositifs ritualisés de la communication. <br></p>



<p> Pour sa campagne, M. Marzouk a une conception de la politique comparable à celle d’un échange commercial qui suit la loi du <em>«donnant-donnant»</em>. Si vous me garantissez vos voix, dit-il, je vous promets en échange de dévoiler tous les détails de l’appareil secret d’Ennahdha, les affaires d’assassinats et l’implication des islamistes dans l’organisation du départ des jeunes tunisiens pour le jihad. Même engagement pour lutter contre la corruption. Le poing levé et la main sur le cœur, il annonce qu’il est prêt à en découdre contre le comportement fautif des usurpateurs et des indécis. Enfin, rassurez-vous braves gens, il ne sera jamais l’allié des islamistes, même s’il avait été dans le passé moins catégorique sur cette question. Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Quant à son amitié (désintéressée ?) avec les Emiratis, il la revendique, comme d’autres revendiquent la leur avec les Qataris (aussi désintéressée). <br></p>



<p> La psychologie politique peut-elle aider à prédire le choix des électeurs ? Non, car ce choix n’est pas rationnel, mais émotif, et que la communication non verbale est cruciale. Alors si les fous sont au pouvoir, c’est parce que nous votons pour les plus fous : pour les séducteurs, les menteurs et les bonimenteurs. Parce que leurs défauts nous rassurent sur nous-mêmes et que nous préférons voter pour ceux qui nous ressemblent plutôt que pour les gens raisonnables et consciencieux. Celui qui peut être élu n’est pas forcément celui qui fera le bon dirigeant. L’électeur serait-il encore plus fou que celui qu’il élit ? </p>



<h3 class="wp-block-heading">Articles du même auteur dans Kapitalis : </h3>



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			</item>
		<item>
		<title>Présidentielle tunisienne : ces candidats «zéro-virgule» qui nagent dans le brouillard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Aug 2019 08:57:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette élection présidentielle qui se profile à l’horizon, qui est le favori, qui est un simple outsider et qui n’est qu’un comparse ? Tout le monde a sa petite idée à ce sujet, à l’exception naturellement des candidats «zéros-virgule», en référence à leur score prévisible lors de ce scrutin. Par Ezzeddine Kaboudi * L’idée...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/24/presidentielle-tunisienne-ces-candidats-zero-virgule-qui-nagent-dans-le-brouillard/">Présidentielle tunisienne : ces candidats «zéro-virgule» qui nagent dans le brouillard</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/08/Presidentielle-candidats-zero-virgule.jpg" alt="" class="wp-image-234959"/></figure>



<p><strong><em>Dans cette élection présidentielle qui se profile à l’horizon, qui est le favori, qui est un simple outsider et qui n’est qu’un comparse ? Tout le monde a sa petite idée à ce sujet, à l’exception naturellement des candidats «zéros-virgule», en référence à leur score prévisible lors de ce scrutin.</em></strong><br></p>



<p> Par <strong>Ezzeddine Kaboudi</strong> *<br></p>



<span id="more-234953"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/09/Ezzeddine-Kaboudi.jpg" alt="" class="wp-image-113623"/></figure></div>



<p> L’idée en Tunisie d’une communauté qui a des valeurs, des projets, des envies et qui les exprime devait, normalement après la révolution du printemps arabe, se concrétiser dans les faits tant sur les plans sociaux, économiques que politiques. Au lieu de cela, on a eu droit à un spectacle d’amateurs indigne d&rsquo;une classe politique qui se respecte. <br></p>



<p> De nos jours, tout est permis, il n’y a quasiment plus de limites dans l’outrancier et le manque de respect. Il semble que les pitreries dont font preuve notre classe dirigeante soient devenues un sport national qui compte de très nombreux adeptes. <br></p>



<p> Une triste réalité qui s’avère peu glorieuse pour la très jeune démocratie tunisienne. Il suffit, pour cela, de voir le nombre et le profil de candidats qui postulent à la plus haute marche du palais de Carthage. <br></p>



<p> C’est un embarras pour les électeurs tunisiens qui se demandent pourquoi autant de candidatures aux présidentielles. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Aujourd’hui, en politique, tout est permis, même le burlesque<br></h3>



<p> Les zéro-virgule (en référence au pourcentage d’appui prévisible dans les élections) ont-ils leurs places dans le scrutin ? <br></p>



<p> Certains affirment que ces candidats sont imbus d’eux-mêmes, opportunistes, nigauds, incapables d’assumer leur médiocrité et persuadés qu’ils sont les meilleurs du monde à force de <em>«Mr le président»</em> et de <em>«Mme la présidente»</em> par-ci et par-là que leur lance le carrousel de faux-cul qui leur colle aux bottes comme du goudron fondu.<br></p>



<p> Ils se voient déjà en haut de l’affiche parmi les grands.<br></p>



<p> Pour certains, ce sont les médias qui ont forgé au fil des années à coup de buzz et de provocation ce pic d’audience et de capital sympathie qui paraît sans égal pour certains candidats, mais cette notoriété risque de faire vite place aux embrouilles, car cette gloire est éphémère, et risque se réduire comme une peau de chagrin.<br></p>



<p> D’autres pensent qu’il n’y a plus rien à espérer, plus rien à attendre de la démocratie représentative. La Tunisie est devenue une sorte d’arène fermée où l’on s’affronte pour la quête du pouvoir. C’est la tarte à partager et l’on voit les opportunistes qui rôdent autour de la table. Tout est permis, même le burlesque. <br></p>



<p> Finalement, la course au pouvoir en démocratie représentative instaure la médiocrité et cultive la discorde. Elle opère une sélection qui met au-devant de la scène les individus les plus extravagants, les plus débrouillards et les plus médiocres. Inutile de citer des noms, tout le monde les connaît.<br></p>



<p> Enfin, il semble qu’une partie des candidats savent éperdument que leurs chances sont infimes et qu’ils ne remporteront jamais les élections, mais se présentent quand même dans l’espoir de monnayer plus tard leur stock de fidèles électeurs – s’il en existe – contre un poste au gouvernement et pourquoi pas le poste du chef de gouvernement. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Faut-il être expatrié pour devenir président de la république en Tunisie?<br></h3>



<p> L’arbre de la liberté a fort souvent besoin d’être nourri avec le sang des patriotes, selon Thomas Jefferson. Mais lorsque l’on note que la plupart des candidats qui restent en lice sont binationaux et bénéficient de la double nationalité, on en doute fort. Ce qui a laissé dire avec sarcasme que ceux qui échoueront aux présidentielles tunisiennes auront, tout de même, une cession de rattrapage : ils n’ont qu’à se présenter en 2022 aux élections présidentielles françaises.<br></p>



<p>  Il ne fait pas de doute que notre combat fondamental immédiat est contre cette espèce de déclin de la civilité politique. La démocratie est non seulement un combat social, mais aussi une conduite de politique morale et de civilité. Certes, il faut faire émerger la tolérance, l’ouverture à l’autre, mais surtout instaurer le respect de nos institutions politiques. <br></p>



<p> Cette envie de se défaire de la pression politico-politique, loin de tout calcul, de ne pas tenir en otage tout un peuple…, cette force est là, elle est humaine, et doit être ancrée dans l’âme de nos politiciens. <br></p>



<p> Il faut la pousser. Ne nous décourageons pas.<br></p>



<p> Alors quelles sont ces règles de bonne civilité politique ? Nous en voyons au moins cinq, à savoir:  </p>



<ul class="wp-block-list"><li>le respect des règles de conduite en matière d’information et de communication;</li><li>le respect des règles de conduite en matière de relations entre les politiciens ;</li><li>le respect des règles de conduite en matière de réconciliation en cas de conflits entre politiciens;</li><li>le respect des règles des bonnes manières;</li><li>le respect du principe fondamental du droit universel : l’égalité des êtres humains.<br></li></ul>



<p>  Voilà, la vraie démocratie ! <br></p>



<p> Pourtant, chacun de ces hommes politiques prétend représenter la démocratie, l’authentique. Même les radicaux se réclament, eux aussi, d’une démocratie véridique, et accusent ceux qui ne les suivent pas d’avoir trahi leurs principes.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ne manquons pas de voter<br></h3>



<p> Dans cette élection, qui est le favori, qui est un simple outsider et qui n’est qu’un comparse ? Tout le monde a sa petite idée, tout le monde a son avis, tout le monde en parle, à l’exception naturellement des candidats «zéro-virgule» qui nagent dans le brouillard. Mais bientôt on mesurera les conséquences concrètes du choix qui sera effectué par le peuple tunisien et on vérifiera s’il était ou non celui de la raison et de la maturité conjuguées ou celui de la passion et de l’addiction.<br></p>



<p> Manifestement, la cuisante déroute va renvoyer bien de candidats à leur triste réalité quotidienne, sauf si le peuple encore une fois nous dément et opinait du contraire. À ce moment là, on doit se dire que le mal est irréversible à jamais inscrit dans notre histoire et il ne restera que les larmes pour pleurer, les regrets pour rêver et les remords pour se souvenir.<br> C’est pourquoi je vous dis : ne manquons pas de voter, notre pays en a besoin. </p>



<p><em>* Universitaire et auteur du livre «À la recherche de la structure cachée du Coran», édition Edilivre.</em></p>



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