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	<title>Archives des Mohamed Bouazizi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mohamed Bouazizi - Kapitalis</title>
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		<title>La France tient-elle aussi son Mohamed Bouazizi ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 07:25:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuil national en France après la mort du jeune étudiant Quentin Deranque, suite à son lynchage sur fond d’intolérance politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/28/la-france-tient-elle-aussi-son-mohamed-bouazizi/">La France tient-elle aussi son Mohamed Bouazizi ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Lyon, ex-capitale des Gaules. Le temps d’un week-end, l’ancienne Lugdunum est redevenue le centre d’attention du pays actuellement dirigé par le président de la république Emmanuel Macron. En hommage au jeune étudiant Quentin Deranque, mort suite à son lynchage en localité lyonnaise sur fond d’intolérance politique, <a></a>le week-end bleu blanc rouge a été placé sous le signe d’un deuil national pas forcément synonyme de recueillement ni de remise en question.</em></strong></p>



<p><strong>Jean-Guillaume Lozato &nbsp;</strong></p>



<span id="more-18416785"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Jean-Guillaume-Lozato-3.jpg" alt="" class="wp-image-18336411" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Jean-Guillaume-Lozato-3.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Jean-Guillaume-Lozato-3-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Jean-Guillaume-Lozato-3-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Pour commencer, le narratif de l’agression fatale nécessite une mise au point cartographique. Le lieu de l’action est Lyon, deuxième métropole de France. Une aire urbaine étendue sur laquelle se concentre aussi bien des acteurs de l’industrie pétrochimique que des membres de l’activité textile, ou encore des grands groupes liés à l’ingénierie nucléaire. Avec une vie universitaire agitée ces dernières années, à en juger par le harcèlement menaçant s’étant exercé sur le géographe Fabrice Balanche (Université Lyon 2). Car l’on doit composer de nos jours avec des assemblages de plus en plus clivés au niveau territorial et idéologiques, en cette <em>«France des inégalités sociales»</em> pour reprendre la description d’un autre géographe, Christophe Guilluy, auteur de <em>‘‘La France périphérique’’</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un déferlement de sauvagerie</h2>



<p>En marge de la venue de la militante LFI et eurodéputée Rima Hassan, figure très controversée du paysage politique français, prévue à l’antenne lyonnaise de Science Po, des affrontements se sont produits entre militants d’extrême gauche et d’extrême droite jeunes pour la plupart.</p>



<p>Dans un déferlement de sauvagerie, s’est dégagée une scène à la violence inouïe. Celle du tabassage en groupe d’un jeune homme franco-péruvien nommé Quentin Deranque. Une vraie exécution au regard de la nature des coups administrés qui ont conduit jusqu’au décès de cet étudiant. Un acte odieux indigne d’une grande démocratie occidentale, réputée berceau des Droits de l’Homme.&nbsp; Une patrie de la Liberté confrontée à une schizophrénie politique incarnée par des personnalités contradictoires&nbsp;: citons, entre autres, l’ancien chef des skinheads du groupe Batskin prénommé Serge et nommé&#8230; Ayoub, patronyme aussi bien judaïsant qu’islamisant&nbsp;; dans le même esprit caméléon, nous retrouvons Jean Messiha, né en Égypte et devenu citoyen français tardivement. Sans compter les idiots utiles venus la gauche donneuse de leçons de tolérance&nbsp;ou du front écologiste : Rima Hassan ou la députée Sabrina Sebaihi affirmant devant les médias français que <em>«L’Algérie est une démocratie»</em>&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux électrodes aux extrémités</h2>



<p>En amont, on ne peut évidemment pas euphémiser sur la propension à créer le désordre de la bipolarité FN/LFI (Front national/La France Insoumise). Deux partis posés comme deux électrodes aux extrémités de la ligne politique française. Le temps du très classique positionnement des bornes gauche/droite ou droite/gauche selon les circonstances des quelques épisodes de cohabitation est révolu. Car de la borne fixe servant de balise le tableau de bord est passé à l’électrode qui court-circuite les pensées. L’agora balbutie entre la dialectique et le manichéisme, que ce soit dans les débats ou dans les urnes. Avec une touche de politiquement correct dans les propos, qui de temps à autre jette la confusion plus qu’elle n’aplanit les choses.</p>



<p>Le FN, lui, suit sa cure de dédiabolisation entreprise depuis environ dix ans, avec pour résultat une image plus lisse et l’élargissement de son électorat.</p>



<p>En aval comme en arrière-plan, l’autre cheval de Troie est incarné par le <em>«mélenchonisme», </em>par référence à Jean-Luc Melonchon, le tonitruant leader du LFI,qui s’agite et agite. S’agite en vociférant, en vitupérant. Agite la substance inflammable qu’est la crise sociale en y ajoutant des notions d’antisémitisme à peine larvé et de solidarité contre l’islamophobie censées contrer de pseudo-injustices par les partis plus traditionnellement majoritaires.</p>



<p>Habib Bourguiba avait affirmé qu’il préférait le coca-cola à la vodka, pendant la guerre froide. Les membres dirigeants de LFI devraient s’en inspirer pour réaliser que la majorité des électeurs français ne désirent vivre ni sous l’Union Soviétique ni sous la Charia, et ce quelles que soient leurs origines ou croyances religieuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Récupération idéologique tous azimuts</h2>



<p>Si dans un premier temps, la consternation a saisi la plupart des esprits, l’indécence a transparu sur les réseaux sociaux immédiatement après les premiers hommages au défunt. Sur les réseaux sociaux, le lynchage a continué sous sa forme médiatique ; Bruno Gaccio, candidat LFI à Paris, a été l’auteur d’une saillie à la vulgarité impardonnable&nbsp;: <em>«Ses parents ont appris qu’il était mort et qu’il était un gros connard néo-nazi»</em>. Quentin militant identitaire, militant nationaliste… Qu’importe la désignation, l’image qui prévaut est celle du martyr pleuré par ses proches. Inévitablement, une récupération idéologique s’est orchestrée. Quelles seront les conséquences à venir&nbsp;?</p>



<p>Dans l’immédiat, les circonvolutions abondent, à défaut des vrais dialogues. Un climat propice à entretenir les braises d’une vive contestation envers la légitimité du parti LFI, qui pourrait faire l’objet d’un appel à la dissolution. Ce qui pourrait donner des envies de guerre civile aux mauvais perdants.</p>



<p>N’oublions pas que les attentats sporadiques avaient secoué l’Italie de 1969 à 1980, au cours de la période dite des années de plomb où extrémistes de droite et de gauche se livraient bataille.</p>



<p>Les Gilets jaunes étant un lointain souvenir, place à présent aux drapeaux rouges et aux chemises brunes. Avec d’une part Jean-Luc Mélenchon l’activeur suivi de ses activistes. Avec d’autre part, à l’autre bout de l’extrémisme décomplexé, le Front national et Reconquête. Au milieu du ring, un punching-ball monté de toutes pièces avec les Républicains et les Centristes. Cette superposition disgracieuse est coordonnée au chaos qui a régné dans la localité lyonnaise, dans cette France où la notion de vivre-ensemble s’apparente à une expression fourre-tout. Plus qu’à un mot-valise, nous sommes confrontés à une formule devenue un mot-poubelle par la faute des Insoumis. Des irresponsables guidés par Mélenchon l’incendiaire, sur lequel la pyromanie pourrait se retourner. Qu’il pense à l’exemple du moine rigoriste Savonarole qui punissait par le bûcher et qui termina ses jours condamné par cette même punition. Et dont l’influence néfaste a fait commettre l’irréparable aux jeunes interpellés pour l’assassinat de Quentin, pourtant majoritairement français(e)s de souche et fils de supposées bonnes familles bien bourgeoises pour quelques-uns. Deux d’entre eux étant carrément inscrits à la France Insoumise.</p>



<p>Quentin était pourtant facilement rattachable à l’idée de cette <em>«créolisation»</em> défendue et encouragée par le grand chef des Insoumis, puisque d’origine française paternelle et péruvienne maternelle. Ce qui nous indique qu’à partir d’ici, la rhétorique insoumise s’est engagée dans une impasse. Et qu’après l’échec de l’Homo Sovieticus dans l’ex-URSS, l’Homo Franco-Islamicus espéré selon les desiderata électoralistes de Mélenchon ne verra pas le jour.</p>



<p>Il est troublant de s’apercevoir que ce désordre se soit passé en pleine période de polémiques, d’appels au cordon sanitaire envers LFI prononcés par Jordan Bardella et de l’affaire Epstein&nbsp; pour laquelle l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a été entendu.</p>



<p>Plus localement, les élections municipales lyonnaises imminentes se profilent comme plus passionnantes et plus clivantes que celles qui animeront l’establishment parisien plus feutré. Car la vie parisienne est plus marquée par la boboïsation. Tandis que l’agglomération lyonnaise demeure marquée par un esprit davantage ouvrier porté si besoin sur l’insurrection (la révolte des Canuts avant la Révolution Française), et à la connotation de plus en plus liée à l’immigration. Le roman <em>‘‘Le Gône du Chaaba’’</em>, écrit par le franco-algérien Azzouz Begag, en représente un intéressant témoignage, à l’instar du <em>‘‘Requiem des innocents’’</em> du franco-italien Louis Calaferte).</p>



<p>L’antichambre des joutes présidentielles est en train de se mettre en place. Cette fois-ci, ce ne sera pas le score du FN qui attisera en premier les curiosités, mais bien l’issue qui risque d’être fatale pour le parti de Mélenchon. Ce dernier a toujours joué sur la confrontation extrême, et s’est entouré&nbsp;de personnalité polémiques. Un déclin est prévisible, et l’électorat franco-musulman si courtisé par Mélenchon et ses collaborateurs risque de se détourner à un moment ou à un autre lorsqu’il comprendra la supercherie d’un leader politicard qui plusieurs années auparavant critiquait sévèrement le port du voile islamique, tout comme le faisait la socialiste Ségolène Royal partie récemment en quête de reconnaissance en Algérie.</p>



<p>Alors, à condition que la lassitude ne paralyse pas les jugements, la France pourra redevenir cet espace de cohabitation et de relative tolérance entre communautés. <em>«Les Français se sont fait la guerre entre eux, en fait. C’est nouveau ça»,</em> lance un étudiant franco-marocain sous couvert d’anonymat. Poursuivant, comme pour se justifier&nbsp;: <em>«Les violences cette fois on ne peut pas dire que c’est nous les Maghrébins de banlieue. Et puis Mélenchon et ses amis ils sont hors sujet sur pas mal de trucs»</em>. Cette prise de conscience gagnera-t-elle le reste des électeurs arabo-musulmans dont LFI a exploité la naïveté, ce qui peut s’interpréter comme un manque de respect&nbsp;?</p>



<p>Contrairement à Bouazizi, Deranque ne s’est pas suicidé. Et il n’est pas mort par immolation. C’est son décès qui représente un foyer dont l’incandescence requiert la faculté d’embraser à un moment donné son territoire natal. Oui, la France a trouvé son Bouazizi, Et elle brandit son portrait. Comme il avait été fait pour le vendeur ambulant de fruits et légumes de Sidi Bouzid.</p>



<p>Il est fort regrettable que cet événement soit survenu un an avant les élections présidentielles. Il est infiniment triste qu’une fois encore le monde de l’enseignement ait servi d’espace scénique, malgré l’avertissement suite à la mort par décapitation de l’enseignant en lycée Samuel Paty. Un passage à un cran au-dessus s’est concrétisé en raison de trois facteurs&nbsp;: jeunesse de la victime&nbsp;; acte non isolé mais collectif&nbsp;; atteinte à l’intégrité de l’enseignement supérieur du fait de l’irresponsabilité partagée de différents manifestants.</p>



<p>Sur ce triptyque instable repose la nation française. Et sur un équilibre fragile repose la ville de Lyon, qui pourrait se révéler comme l’équivalent hexagonal de Sidi Bouzid, du fait de points communs pas forcément évidents mais réels&nbsp;: une localisation au milieu d’un pays avec une certaine excentration, un foyer historique de contestation (l’axe Lyon/Saint-Etienne pourrait être comparé à l’axe Gafsa/Sidi Bouzid), un point de passage vital facile à instrumentaliser en congestionnant volontairement la circulation automobile à des fins de revendications (le tunnel de Fourvières à Lyon, le passage de l’autoroute trans-maghrébine et est-ouest dans la région de Sidi-Bouzid).</p>
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		<title>«Rien n’a changé» à Sidi Bouzid l Le printemps trahi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/23/rien-na-change-a-sidi-bouzid-l-le-printemps-trahi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 11:26:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bouzid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>15 ans après le sacrifice de Bouazizi, la désillusion persiste à Sidi Bouzid et dans toute la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/23/rien-na-change-a-sidi-bouzid-l-le-printemps-trahi/">«Rien n’a changé» à Sidi Bouzid l Le printemps trahi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous la traduction du reportage signé par l’envoyée spéciale de l’agence publique italienne<a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/cronaca/2025/12/22/nulla-e-cambiato-la-primavera-tradita-di-sidi-bouzid_d912e596-113c-479f-8055-8a051296acbe.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Ansamed</a>, sur la célébration des événements du 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, berceau de ce qui sera appelé Révolution tunisienne et déclenchera le Printemps arabe de 2011. 15 ans après le sacrifice de Bouazizi, la désillusion persiste dans la ville tunisienne.</em></strong> <em>(Ph. Des parents de Mohamed Bouazizi se recueillent sur sa tombe.)</em></p>



<p><strong>Valentina Brini</strong></p>



<span id="more-18124217"></span>



<p>À Sidi Bouzid également, l’artère principale porte le nom du premier président tunisien.</p>



<p>L’avenue Habib Bourguiba, large et rectiligne, s’étend sur environ 265 kilomètres depuis la capitale, loin de la mer et des circuits touristiques.</p>



<p>Des cafés bordent les façades basses et défraîchies, avec leurs chaises en plastique. Des hommes, accoudés aux tables, semblent contempler le temps qui s’écoule. Gravé sur la façade de la poste, le visage de Mohamed Bouazizi se dresse à quelques dizaines de mètres du commissariat. Aucune plaque ne le commémore, mais chacun sait où regarder.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une saison de trahison</h2>



<p>Le 17 décembre 2010, ce vendeur ambulant de vingt-cinq ans – Basboosa, son surnom – s’est immolé par le feu après une nouvelle humiliation de la part des autorités locales, allumant la mèche d’un incendie qui a embrasé le monde arabe tout entier. Quinze ans plus tard, ce printemps résonne comme une saison de trahison.</p>



<p><em>«Rien n&rsquo;a changé»</em> déclare Abdelkader Moussa, 58 ans, marié et père de deux enfants. Ses paroles sont sèches, sans emphase ni colère. Sidi Bouzid, observe-t-il, <em>«continue de souffrir des mêmes maux qu’avant 2010 : érosion du pouvoir d’achat, coût de la vie toujours plus élevé, revenus en berne.»</em> Il secoue légèrement la tête et s’éloigne sur l’avenue, engloutie par la nuit.</p>



<p>Dans les commerces du quartier, parmi des étagères de fortune et des réfrigérateurs qui bourdonnent sans cesse, de petits drapeaux canadiens apparaissent à côté des prix écrits au marqueur. C’est là que la famille Bouazizi a choisi l’exil. Même l’âme de celui qui est devenu le symbole de la Révolution du Jasmin a laissé derrière elle un pays – et une ville – perçus comme invivables : une économie écrasée par une dette publique avoisinant les 80 % du PIB, un climat de suspicion et de surveillance où la corruption demeure un fléau, et peu de perspectives d&#8217;emploi. L’arrivée de la saison des olives devrait ramener des emplois et un peu de répit. Il y a plutôt la crainte d’une issue inéluctable, avec des conséquences dévastatrices pour les familles déjà en difficulté.</p>



<p>Parmi des caisses de dattes, de bananes et de légumes, Charfeddine Hamda, 42 ans, exerce le même métier que Bouazizi. Son quotidien, explique-t-il, est marqué par la même étouffante atmosphère : contrôles incessants, restrictions arbitraires, routes barrées. Les forces de l’ordre l’empêchent de travailler là où passent les clients ; il n’a pas sa place sur les marchés publics. <em>«Ma vie est en suspens, j’attends toujours une amélioration qui ne vient jamais»</em>, se lamente-t-il. <em>«Les véritables revendications de la révolution n&rsquo;ont jamais été satisfaites»</em>, affirme-t-il.</p>



<p>À côté de la charrette de Bouazizi – un autel profane érigé sur un socle de pierre à quelques pas de la fresque – se côtoient les récits du présent. Deux roues robustes, des essieux bruts, une structure réduite à l’essentiel, et, sur le côté, une inscription arabe noire : <em>«Je ne pardonne pas, je n&rsquo;oublie pas.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quinze ans plus tard, une immense déception</h2>



<p>Ichrak, 46 ans, originaire de Sabbala et mère de quatre enfants vivant avec son père à Sousse, marche d’un pas vif. Après son divorce, elle a repris ses études universitaires pour s’occuper l’esprit et ne pas se laisser abattre par une réalité qu’elle juge <em>«plus dure qu’avant»</em>. Elle s’attendait à ce que la révolution apporte des droits sociaux, des emplois, et même des loisirs aux jeunes de Sidi Bouzid. <em>«Quinze ans plus tard, c’est une immense déception»</em>, dit-elle, même si elle espère que <em>«les choses s’amélioreront avec le temps»</em>.</p>



<p>Un peu plus loin, un chauffeur de taxi attend pour partir vers le nord, en direction d’Hammamet. Avant de démarrer, il se résigne : <em>«C’était mieux avant, quand Ben Ali était au pouvoir»</em>, songe-t-il, évoquant également <em>«son grand ami Bettino Craxi»</em>. De son point de vue – assis sur un siège en cuir usé – la comparaison avec le gouvernement de Kaïs Saïed est frappante : <em>«Les routes étaient mieux entretenues, la Tunisie était plus sûre et les ressources étaient accessibles à tous.»</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/23/rien-na-change-a-sidi-bouzid-l-le-printemps-trahi/">«Rien n’a changé» à Sidi Bouzid l Le printemps trahi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>La révolution tunisienne à l’épreuve des révolutions historiques</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/la-revolution-tunisienne-a-lepreuve-des-revolutions-historiques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 09:35:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[fatigue révolutionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La révolution tunisienne répond-elle aux critères classiques du phénomène révolutionnaire à travers le monde ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/la-revolution-tunisienne-a-lepreuve-des-revolutions-historiques/">La révolution tunisienne à l’épreuve des révolutions historiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis janvier 2011, la révolution tunisienne est constamment convoquée dans le grand récit des révolutions historiques. Elle a été rapprochée tantôt de la Révolution française de 1789, tantôt des révolutions russes de 1917, parfois des mouvements de 1848 ou des révolutions dites «de velours» de la fin du XXᵉ siècle. Cette comparaison quasi réflexe pose une double question : qu’est-ce qu’une révolution historique ? Et la révolution tunisienne répond-elle aux critères classiques du phénomène révolutionnaire ?</em></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-18109362"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Comparer n’est pas assimiler. Comparer, c’est situer. C’est interroger les invariants de l’histoire politique – rupture, violence, légitimité, souveraineté – tout en reconnaissant les singularités de chaque contexte. Comme l’écrivait Hannah Arendt, <em>«les révolutions ne sont pas interchangeables, mais elles dialoguent à travers le temps»</em>.</p>



<p>La révolution tunisienne mérite donc d’être pensée non comme une anomalie, ni comme une imitation tardive, mais comme une révolution moderne, située à la jonction de l’histoire longue des révolutions et des mutations contemporaines du politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qu’une révolution ? Repères théoriques</h2>



<p><strong><em>La révolution comme rupture historique :</em></strong> le mot <em>«révolution»</em> est longtemps resté associé à l’astronomie, désignant un retour cyclique. Ce n’est qu’à partir du XVIIIᵉ siècle qu’il acquiert son sens politique moderne : une rupture irréversible dans l’ordre social et politique (Koselleck).</p>



<p>Pour Alexis de Tocqueville, la Révolution française n’est pas seulement un événement, mais <em>«l’aboutissement d’un long processus de centralisation et de délitement social»</em>. La révolution ne surgit pas du néant : elle cristallise des tensions anciennes.</p>



<p><strong><em>Violence et légitimité :</em></strong> la plupart des grandes révolutions ont été violentes : 1789-1794 en France; 1917-1921 en Russie ; 1949 en Chine.</p>



<p>Arendt distingue cependant la violence du pouvoir : la violence peut détruire un ordre, mais elle ne fonde pas à elle seule une légitimité durable. Cette distinction est essentielle pour comprendre la singularité tunisienne.</p>



<p><strong><em>Révolution sociale ou révolution politique:</em></strong> Crane Brinton identifie des phases récurrentes : 1.crise de l’ancien régime ; 2- mobilisation populaire ; 3. phase radicale ; 4. stabilisation ou retour à l’ordre</p>



<p>Mais toutes les révolutions ne transforment pas la structure sociale. Certaines restent politiques, d’autres deviennent sociales. C’est l’un des nœuds du débat tunisien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les grandes révolutions historiques : constantes et différences</h2>



<p><strong><em>La Révolution française (1789)</em></strong> fonde le modèle moderne de la révolution politique. Ses apports sont majeurs (souveraineté populaire, égalité juridique, citoyenneté, fin de la monarchie de droit divin); mais elle fut aussi marquée par la terreur, la guerre civile et l’instabilité chronique (Soboul).</p>



<p>La révolution tunisienne s’en rapproche par son aspiration à la dignité et à la citoyenneté, mais s’en éloigne par l’absence de refondation radicale de l’ordre social.</p>



<p><strong><em>La Révolution russe (1917)</em></strong><strong>&nbsp;</strong>est l’exemple type de la révolution idéologique totale. Lénine transforme une crise impériale en projet historique global, fondé sur une doctrine structurée (Marx, Engels, Lénine).</p>



<p>La Tunisie, à l’inverse, n’a pas porté de projet idéologique unifié. Son mouvement fut spontané, pluriel, parfois contradictoire – ce qui est à la fois sa force et sa faiblesse.</p>



<p><strong><em>Les révolutions européennes de 1848 et les printemps avortés</em></strong> furent largement démocratiques, libérales, nationales… et majoritairement vaincues. Marx y voit <em>«l’apprentissage douloureux du peuple».</em></p>



<p>La révolution tunisienne partage avec 1848 le caractère inachevé, la difficulté à transformer l’élan populaire en institutions stables.</p>



<p><strong><em>Les révolutions non violentes contemporaines </em></strong>d’Europe de l’Est (1989) ou la chute de l’apartheid en Afrique du Sud montrent qu’une révolution peut être pacifique, négociée, institutionnelle (Vaclav Havel, 1990).</p>



<p>La Tunisie s’inscrit clairement dans cette lignée, avec un compromis politique initial salué internationalement (Stepan &amp; Linz, 2013).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolution tunisienne : genèse et dynamique</h2>



<p><strong><em>Une révolution sans leader :</em></strong> le geste de Mohamed Bouazizi n’était pas idéologique. Il exprimait une humiliation sociale, un sentiment d’injustice et de dépossession (Hibou, 2011).</p>



<p>Contrairement aux révolutions classiques, la révolution tunisienne n’a pas de chef, n’a pas de parti fondateur, n’a pas de doctrine officielle.</p>



<p>Cela la rapproche des révolutions du XXIᵉ siècle analysées par Manuel Castells comme des <em>«révolutions en réseau»</em>.</p>



<p><strong><em>Le rôle des classes moyennes et de la jeunesse :</em></strong> la révolution tunisienne est portée par : une jeunesse diplômée marginalisée, des classes moyennes fragilisées, des régions intérieures abandonnées</p>



<p>Elle n’est ni une révolte de la faim, ni une insurrection ouvrière classique, mais une révolte de la dignité («<em>karama»</em>).</p>



<p><strong><em>L’État au cœur du conflit</em></strong><strong>&nbsp;: </strong>contrairement à la Libye ou à la Syrie, l’État tunisien ne s’est pas effondré. L’armée est restée en retrait, et l’administration a continué à fonctionner.Cela a évité la guerre civile, mais a aussi limité la rupture révolutionnaire (Bayart).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une révolution inachevée ou une révolution empêchée ?</h2>



<p><strong><em>La question sociale non résolue :</em></strong> toutes les grandes révolutions échouent lorsqu’elles ne répondent pas à la question sociale (Polanyi, 1944).En Tunisie : chômage structurel, déséquilibres régionaux, dépendance économique</p>



<p>La révolution politique n’a pas été accompagnée d’une révolution économique.</p>



<p><strong><em>Le poids de l’ancien régime&nbsp;:</em></strong><strong> </strong>comme l’avait montré Tocqueville, les révolutions héritent toujours de l’ancien régime. En Tunisie, les réseaux administratifs, économiques et culturels de l’État autoritaire ont survécu, souvent intacts.</p>



<p>La révolution a changé le sommet, mais rarement la base.</p>



<p><strong><em>La fatigue révolutionnaire :</em></strong> les révolutions prolongées produisent une lassitude sociale. L’aspiration à l’ordre, même au prix de la liberté, est un phénomène historiquement récurrent (Arendt).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le positionnement historique de la révolution tunisienne</h2>



<p>La révolution tunisienne n’est ni un échec pur, ni une réussite exemplaire. Elle est la première révolution démocratique du monde arabe, une révolution sans bain de sang majeur&nbsp;; une révolution sans projet socio-économique structuré&nbsp;; elle inaugure une nouvelle catégorie historique : la révolution civique incomplète, située entre rupture symbolique et continuité structurelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une révolution pour le XXIᵉ siècle</h2>



<p>Comparer la révolution tunisienne aux grandes révolutions historiques ne revient pas à la juger à l’aune du passé, mais à comprendre ce que signifie faire révolution aujourd’hui.</p>



<p>Dans un monde globalisé, interconnecté, dominé par l’économie financière, les révolutions ne prennent plus nécessairement le Palais d’Hiver. Elles déplacent les frontières du dicible, du légitime et du possible.</p>



<p>La révolution tunisienne restera dans l’histoire non pour ce qu’elle a totalement accompli, mais pour ce qu’elle a rendu irréversible : la fin du consentement à l’humiliation.</p>



<p><em>* Docteur en biologie et essayiste.</em></p>



<p><strong>Bibliographie (citée dans le texte)</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Arendt, H. (1963). <em>On Revolution</em>. Penguin.</li>



<li>Arendt, H. (1970). <em>On Violence</em>. Harcourt.</li>



<li>Bayart, J.-F. (2014). <em>L’État en Afrique</em>. Fayard.</li>



<li>Brinton, C. (1938). <em>The Anatomy of Revolution</em>. Vintage.</li>



<li>Castells, M. (2012). <em>Networks of Outrage and Hope</em>. Polity Press.</li>



<li>Hibou, B. (2011). <em>La force de l’obéissance</em>. La Découverte.</li>



<li>Koselleck, R. (1972). <em>Futur passé</em>. EHESS.</li>



<li>Marx, K. (1852). <em>Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte</em>.</li>



<li>Polanyi, K. (1944). <em>The Great Transformation</em>. Beacon Press.</li>



<li>Soboul, A. (1962). <em>La Révolution française</em>. Gallimard.</li>



<li>Stepan, A. &amp; Linz, J. (2013). <em>Democratization Theory</em>. Johns Hopkins.</li>



<li>Tocqueville, A. de (1856). <em>L’Ancien Régime et la Révolution</em>.</li>
</ul>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ffIQ1vIxg1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/quinze-ans-apres-le-printemps-arabe-nest-pas-termine/">Quinze ans après, le Printemps arabe n’est pas terminé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quinze ans après, le Printemps arabe n’est pas terminé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/quinze-ans-apres-le-printemps-arabe-nest-pas-termine/embed/#?secret=n7dwKitYCA#?secret=ffIQ1vIxg1" data-secret="ffIQ1vIxg1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>A Tunis, démonstration de force des partisans de Kaïs Saïed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:15:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[populisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bouzid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marche de soutien à Kaïs Saied et pour la «souveraineté nationale», le «rejet de l'ingérence étrangère» et la «lutte contre la corruption».</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/a-tunis-demonstration-de-force-des-partisans-de-kais-saied/">A Tunis, démonstration de force des partisans de Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La révolution tunisienne n&rsquo;a pas eu lieu le 14 janvier 2011, jour du départ précipité de l&rsquo;ancien président Ben Ali vers l&rsquo;Arabie saoudite, où il est aujourd&rsquo;hui enterré, mais un mois plus tôt, le 17 décembre 2010, date de l&rsquo;auto-immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid. Kaïs Saïed a voulu imposer sa lecture de l&rsquo;Histoire, et ses partisans l&rsquo;ont actée, en marquant aujourd&rsquo;hui cet anniversaire par une marche de soutien au président de la république, au centre-ville de Tunis, sous les slogans mobilisateurs de la préservation de la souveraineté nationale, du rejet de l&rsquo;ingérence étrangère et de la lutte contre la corruption dont il fait les thèmes récurrents de son discours politique. </em></strong></p>



<p><strong>Latif Belhedi </strong> </p>



<span id="more-18099006"></span>



<p>Ils étaient quelques milliers à défiler, ce mercredi, à travers l&rsquo;avenue Habib Bourguiba, venus de plusieurs régions du pays, qui se réclament non pas d&rsquo;un parti, d&rsquo;une idéologie, ou d&rsquo;un mouvement politique, mais d&rsquo;un homme, Kaïs Saïed, dont ils épousent ou reprennent en chœur les idées, les positions, les slogans et les postures, notamment une défiance à l&rsquo;égard des élites intellectuelles, des partis politiques, des organisations de la société civile et des corps intermédiaires en général; un rejet des concepts même de libertés publiques et de droits de l&rsquo;homme, considérés comme des instruments d&rsquo;ingérence de l&rsquo;étranger, souvent d&rsquo;ailleurs présenté comme le mal absolu ; une suspicion envers toute forme d&rsquo;opposition au régime mis en place par Kaïs Saïed au lendemain de la proclamation de l&rsquo;état d&rsquo;exception, le 25 juillet 2021.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" data-id="18099463" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-18099463" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-1024x768.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-300x225.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-768x576.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-1536x1152.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-580x435.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-860x645.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1-1160x870.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-1.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" data-id="18099464" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-18099464" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-1024x768.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-300x225.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-768x576.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-1536x1152.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-580x435.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-860x645.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2-1160x870.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-2.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Les pancartes agitées par les manifestants déclament ces positions comme des convictions inébranlables et ne supportant aucun questionnement ou aucune nuance.</p>



<p>Les prisonniers politiques et d&rsquo;opinion, ou activistes incarcérés et présentés comme tels par l&rsquo;opposition, sont considérés comme des membres de lobbys corrompus au service de l&rsquo;étranger, des ennemis du peuple voire des traitres à la nation. Leur opposition à Kaïs Saïed, élevé au rang de guide suprême, suffit à les disqualifier et à les rendre suspects au regard de la norme politique instaurée par ce dernier.</p>



<p>La marche populaire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est donc censée constituer une réponse aux marches organisées chaque samedi depuis deux mois par l&rsquo;opposition et la société civile pour dénoncer ce qu&rsquo;ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime et exprimer le soutien des manifestants au <em>«massar»</em> (processus politique) incarné par le locataire du Palais de Carthage. </p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" data-id="18099468" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-18099468" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-1024x768.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-300x225.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-768x576.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-1536x1152.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-580x435.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-860x645.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3-1160x870.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-3.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" data-id="18099467" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-18099467" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-1024x768.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-300x225.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-768x576.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-1536x1152.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-580x435.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-860x645.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4-1160x870.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-4.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Bref, il s&rsquo;agit de montrer, par cette mobilisation populaire, que Kaïs Saïed, bien qu&rsquo;il ne soit pas soutenu par un parti politique, bénéficie quand même d&rsquo;un appui populaire traversant toute les couches de la société. Il serait, à ce titre, le leader populaire par excellence que le peuple oppose aux élites politiques et intellectuelles traditionnelles. Certains y voit une forme de populisme qui ne mènera nulle part. D&rsquo;autres une voie de sortie d&rsquo;un <em>«système politique»</em> ancien marqué par le clientélisme et la corruption.</p>



<p>Hier tard le soir, Kaïs Saïed s&rsquo;était rendu à l&rsquo;avenue Habib Bourguiba, où devait avoir lieu, quelques heures plus tard, la marche de ses partisans, a annoncé l&rsquo;agence officielle Tap. Il voulait, probablement, se rendre compte personnellement des préparatifs de ladite marche. Des images de cette visite ont été diffusées par les réseaux sociaux et reprises par la chaîne <a href="https://www.facebook.com/reel/1426747242118429" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Al-Jazeera</a>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-18099471" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-1024x768.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-300x225.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-768x576.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-1536x1152.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-580x435.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-860x645.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5-1160x870.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Partisans-KAis-SAied-17-decembre-2025-5.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Selon <a href="https://www.mosaiquefm.net/fr/actualite-regional-tunisie/1487891/les-gouvernorats-celebrent-l-anniversaire-de-la-revolution" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mosaïque FM</a>, des cortèges officiels se sont tenus au siège des gouvernorats, notamment ceux de Kasserine, de Gabès et de Sidi Bouzid, pour célébrer le 15ᵉ anniversaire du déclenchement de la révolution, sous le slogan: <em>«17 décembre 2010… la voix de la révolution ».</em></p>



<p>Les cérémonies se sont déroulées en présence des gouverneurs et des cadres régionaux et locaux, des responsables et forces de sécurité et militaires, ainsi que des représentants des organisations nationales. Ils ont été marqués par la levée du drapeau national au son de l’hymne, ainsi qu’un hommage aux martyrs de la nation, rapporte aussi Mosaïque, ce qui conforte le caractère très officiel de cette célébration, avec un programme festif comprenant des activités dans les maisons de jeunes et clubs ruraux, réparties entre compétitions sportives, tournois, soirées et événements culturels et récréatifs.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/a-tunis-demonstration-de-force-des-partisans-de-kais-saied/">A Tunis, démonstration de force des partisans de Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La révolution tunisienne, 15 ans après &#124; Inachevée mais toujours vivante  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
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		<category><![CDATA[Révolution tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Yadh Ben Achour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 décembre 2025, quinze ans sont passés depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, l’étincelle qui a embrasé la Tunisie et le monde arabe. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/la-revolution-tunisienne-15-ans-apres-inachevee-mais-toujours-vivante/">La révolution tunisienne, 15 ans après | Inachevée mais toujours vivante  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 17 décembre 2025 marque quinze ans depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, l’étincelle qui a embrasé la Tunisie et le monde arabe. Cette «Révolution de la dignité» n’a pas seulement renversé une dictature ; elle a fait naître une initiative citoyenne inédite, portée par des textes fondateurs qui ont transformé la révolte en projet politique durable. Ces textes – slogans, chartes, décrets, constitutions, essais réflexifs – forment une généalogie à la fois politique (revendication populaire), juridique (institutionnalisation de la liberté) et symbolique (dignité, vivre-ensemble, autonomie de la sphère civile). Quinze ans plus tard, ils restent des phares dans un paysage où la transition démocratique vacille.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18094917"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p><strong>1. Les mots d’ordre révolutionnaires</strong></p>



<p><em>«Travail, liberté, dignité nationale» – «Le peuple veut la chute du régime». &nbsp;&nbsp;</em></p>



<p>Ces slogans, anonymes et collectifs, constituent les véritables textes fondateurs. Ils sont des <em>«actes performatifs»</em> : en les énonçant, des sujets jusque-là invisibles (jeunes diplômés des régions intérieures) se sont autorisés à parler au nom du commun.&nbsp;</p>



<p>Ils fondent l’initiative citoyenne comme droit d’agir sans délégation préalable. Pas d’idéologie, pas de chef : seulement la dignité (<em>karāma</em>) revendiquée par tous. Le philosophe Fathi Triki y voit l’exigence éthique centrale : la révolution est d’abord une reconnaissance mutuelle, un vivre-ensemble dans la dignité. Ces mots ont brisé la peur et ouvert l’espace public à la multitude hétérogène.</p>



<p><strong>2. L’auto-organisation populaire&nbsp;</strong></p>



<p>Dès janvier 2011, à Sidi Bouzid, Kasserine et Gafsa, des comités de protection de la révolution produisent des appels publics, listes de revendications et chartes de vigilance. C’est une pratique d’auto-organisation hors partis et hors État : un contre-pouvoir populaire pur.&nbsp;</p>



<p>La Charte citoyenne (lancée par l’Initiative citoyenne en février 2011) cristallise ces revendications en 16 principes : État civil, égalité, indépendance de la justice, alternance, rejet de la violence, préservation des acquis des femmes, liberté de conscience, droit au travail et développement régional équitable.&nbsp;</p>



<p>Elle affirme : <em>«La véritable légitimité est celle des valeurs citoyennes qui ont permis la victoire de la révolution.»</em> C’est le peuple, et non les partis, qui porte la légitimité révolutionnaire.</p>



<p><strong>&nbsp;3. Le décret-loi n°2011-88 : la première consécration juridique&nbsp;</strong></p>



<p>Ce décret, adopté le 24 septembre 2011 sous la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (Hiror) présidée par Yadh Ben Achour, consacre la liberté d’association par simple déclaration. Il rompt avec le régime autoritaire des associations sous Ben Ali et transforme l’initiative citoyenne en acteur reconnu de l’espace public.&nbsp;</p>



<p>Yadh Ben Achour, dans ses écrits, y voit la <em>«deuxième naissance»</em> de la Tunisie : un État de droit où la société civile devient autonome et inaliénable.</p>



<p><strong>&nbsp;4. La légitimité révolutionnaire institutionnalisée&nbsp;</strong></p>



<p>Sous Ben Achour, la Haute instance produit rapports et principes reconnaissant explicitement la légitimité révolutionnaire et la participation citoyenne.&nbsp;</p>



<p>La Constitution de 2014 en est le couronnement : articles 21 (égalité), 31 (liberté d’expression), 35 (liberté d’association), 139 (démocratie participative locale). Pour la première fois, l’initiative citoyenne devient principe constitutionnel.</p>



<p><strong>&nbsp;5. De la protestation à la proposition&nbsp;</strong></p>



<p>Les manifestes pour la transparence, la justice transitionnelle, la décentralisation traduisent une maturation : l’initiative citoyenne devient force normative.&nbsp;</p>



<p>Les penseurs donnent sens à ce mouvement :&nbsp;</p>



<p>&#8211; Fathi Triki : la révolution comme exigence éthique de dignité et reconnaissance.&nbsp;</p>



<p>&#8211; Latifa Lakhdar : crise de l’imaginaire collectif, rôle de la culture et de l’école.&nbsp;</p>



<p>&#8211; Aziz Krichen : crise de l’État et des élites modernisatrices.&nbsp;</p>



<p>&#8211; Hamadi Redissi : sécularisation en marche, islam politique confronté au pluralisme.&nbsp;</p>



<p>&#8211; Mondher Kilani : autonomie de la sphère civile, éclipse du religieux dans le politique, présence des femmes, non-violence.</p>



<p>Moi-même j&rsquo;y ai vu un symptôme historique de longue durée (marginalisation des régions, héritage postcolonial).&nbsp;</p>



<p><strong>15 ans après : une révolution inachevée, mais vivante&nbsp;</strong></p>



<p>Ces textes fondateurs ont permis une transition unique : liberté d’expression, élections pluralistes, Constitution progressiste. Pourtant, la société civile reste tiraillée entre instrumentalisation partisane et autonomie réelle.&nbsp;</p>



<p>La crise actuelle (concentration des pouvoirs, chômage persistant, inégalités régionales) montre que la flamme de Sidi Bouzid brûle encore. Les slogans de 2011 – dignité, travail, liberté – restent des exigences non satisfaites.&nbsp;</p>



<p>L’initiative citoyenne tunisienne, née dans la rue, institutionnalisée par la Charte et le décret 88, consacrée par la Constitution, reste la boussole. Comme le dit Fathi Triki : <em>«La révolution n’est pas terminée ; elle est une œuvre éthique en devenir.»</em>&nbsp;</p>



<p>À l’heure de l’an XV, relisons ces textes fondateurs non comme archives, mais comme promesses : la Tunisie peut encore achever sa révolution citoyenne, inclusive, juste et digne pour tous.&nbsp;</p>



<p><em>* Historien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/la-revolution-tunisienne-15-ans-apres-inachevee-mais-toujours-vivante/">La révolution tunisienne, 15 ans après | Inachevée mais toujours vivante  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment un acte de suicide peut-il être héroïque et un autre fou ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/04/comment-un-acte-de-suicide-peut-il-etre-heroique-et-un-autre-fou/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 07:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Aaron Bushnell]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’empressement de certains Américains à héroïser l'auto-immolation par le feu de Mohamed Bouazizi et à pathologiser celle de Aaron Bushnell suggère un double standard. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/04/comment-un-acte-de-suicide-peut-il-etre-heroique-et-un-autre-fou/">Comment un acte de suicide peut-il être héroïque et un autre fou ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’empressement à pathologiser l’auto-immolation par le feu de Aaron Bushnell suggère un double standard. Après l’auto-immolation d’un vendeur ambulant tunisien, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 – début du Printemps arabe – on ne se souviens pas que quiconque se soit demandé s’il était atteint d’une maladie mentale.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Shadi Hamid</strong> *</p>



<span id="more-11884378"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Shadi-Hadid.jpg" alt="" class="wp-image-11884465" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Shadi-Hadid.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Shadi-Hadid-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Shadi-Hadid-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Aaron Bushnell, un membre actif de l’US Air Force, s’est immolé par le feu devant l’ambassade israélienne à Washington [le 25 février 2024]. Il est décédé des suites de ses blessures quelques heures plus tard.</p>



<p>Nous sommes un pays divisé, notamment à cause de la guerre à Gaza. Il semble donc inévitable que nous examinions les mêmes faits – un homme qui brûle en criant <em>«Palestine libre»</em> – et que nous les interprétions de manières très différentes. Certaines des premières réactions au suicide de Bushnell ont été dédaigneuses, voire indignées. Pourquoi ferait-il quelque chose d’aussi stupide – ou fou ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’«héroïque» Bouazizi, le «fou» Bushnell  </h2>



<p>Michael Starr du <em>Jerusalem Post</em> a attribué la manifestation suicide à un <em>«état d’hystérie»</em>, tandis que le journaliste Mark Joseph Stern a déclaré avec condescendance que <em>«les personnes souffrant de maladie mentale méritent empathie et respect, mais il est tout à fait irresponsable de les féliciter pour avoir utilisé une justification politique pour se suicider.»</em> La maladie mentale a été présumée sans preuve.</p>



<p>L’empressement à <em>«pathologiser»</em> l’acte de Bushnell suggère un double standard. Après l’auto-immolation d’un vendeur ambulant tunisien, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 – début du Printemps arabe – je ne me souviens pas que quiconque se soit demandé s’il était atteint d’une maladie mentale. Le président Barack Obama l’a salué comme un héros, le comparant aux patriotes américains du Boston Tea Party et à l’icône des droits civiques Rosa Parks. Nous connaissions peu de choses sur les opinions politiques de Bouazizi ou sur sa vie de famille, et rares étaient ceux qui voulaient le demander. Sa mort a rarement été décrite comme un suicide dans les médias occidentaux. Après tout, sa cause était juste, et elle le devint davantage grâce aux révolutions qu’elle engendra.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DFZYnVCJQq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/26/gaza-il-simmole-devant-lambassade-disrael-a-washington-en-criant-palestine-libre/">Gaza : un Américain s’immole devant l’ambassade d’Israël à Washington en criant «Palestine libre» </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Gaza : un Américain s’immole devant l’ambassade d’Israël à Washington en criant «Palestine libre»  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/26/gaza-il-simmole-devant-lambassade-disrael-a-washington-en-criant-palestine-libre/embed/#?secret=mFqOgsTLCg#?secret=DFZYnVCJQq" data-secret="DFZYnVCJQq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Qu’est-ce qui a rendu un acte noble et un autre déséquilibré ? Comment juger ce qui est raisonnable et ce qui ne l’est pas ? Contrairement à Bouazizi, qui réagissait à la confiscation de ses biens et aux abus policiers, Bushnell semble avoir soigneusement réfléchi à ses actions, alertant les médias de sa manifestation imminente quelques heures auparavant. En s’arrosant, il a souligné le caractère <em>«extrême»</em> de ce qu’il s’apprêtait à faire. Et c’était effectivement le cas. Comme le note sèchement le philosophe Michael Cholbi dans son livre sur le suicide, <em>«se suicider est difficile»</em>. La grande majorité des tentatives échouent. En revanche, l’auto-immolation a un taux de mortalité de plus de 70%, selon une étude.</p>



<p>Les opinions politiques de Bushnell étaient extrêmes. Beaucoup, sinon la plupart d’entre nous, trouveraient ses différents points de vue, qu’il publie régulièrement sur Reddit, absurdes, stupides et répréhensibles. Il s’est essayé au genre de <em>«fanonisme»</em> (allusion au penseur antiraciste Frantz Fanon, Ndlr] de dortoir qui voyait le monde à travers le prisme simplifié du colonisé et du colonisateur. Il pensait que ce n’était pas à lui, en tant qu’homme blanc américain privilégié, de remettre en question la manière dont les Palestiniens et les autres groupes opprimés réagissaient à leur oppression, même si cela impliquait le recours à la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ressentir intensément les problèmes des autres</h2>



<p>Pour certains détracteurs de Bushnell, ce privilège était une source d’irritation dans l’autre sens. Un critique a souligné que là où Bouazizi protestait contre son propre gouvernement, Bushnell, 25 ans, se préoccupait d’un <em>«conflit ethno-religieux lointain»</em>. Il n’avait aucun lien familial avec la région. Pourquoi devrait-il ressentir si intensément les problèmes des autres ?</p>



<p>Cela met en évidence une divergence fondamentale quant à la manière dont les Américains interprètent la guerre à Gaza. Il ne s’agit pas d’un simple conflit étranger au cours duquel des dizaines de milliers de personnes ont été tuées. Ce n’est pas <em>«lointain»</em>. Les États-Unis sont le principal patron militaire d’Israël, fournissant les armes et les fournitures d’urgence nécessaires à la poursuite de sa guerre. De plus, l’US Air Force a fourni des renseignements pour le ciblage offensif du bombardement aérien massif d’Israël sur Gaza. Les États-Unis sont directement impliqués, bien plus qu’ils ne le sont dans d’autres conflits.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VyRUj4iL6v"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/01/revelation-des-militaires-americains-combattent-dans-les-tunnels-de-gaza/">Révélation : Des militaires américains combattent dans les tunnels de Gaza</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Révélation : Des militaires américains combattent dans les tunnels de Gaza » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/01/revelation-des-militaires-americains-combattent-dans-les-tunnels-de-gaza/embed/#?secret=pmM1ZpHNRi#?secret=VyRUj4iL6v" data-secret="VyRUj4iL6v" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Bushnell ne considérait pas le conflit comme lointain. Il a dit: <em>«Je suis un membre actif de l’armée de l’air américaine. Et je ne serai plus complice du génocide. Je suis sur le point de me lancer dans un acte de protestation extrême, mais comparé à ce que les gens ont vécu en Palestine aux mains de leurs colonisateurs, ce n’est pas extrême du tout. C’est ce que notre classe dirigeante a jugé normal.»</em></p>



<p>Il n’est pas nécessaire d’aimer le raisonnement de Bushnell – ou son utilisation du terme <em>«génocide»</em> – pour comprendre son point de vue. Comprendre n’est pas justifier. Pour citer une analogie relativement frivole, le philosophe politique Santiago Ramos notait récemment qu’<em>«expliquer pourquoi votre oncle a voté Trump en 2020 n’est pas la même chose que voter soi-même pour Trump»</em>. Penser de cette manière nécessite ce que l’auteur Robert Wright appelle <em>«l’empathie cognitive»</em>, un effort conscient pour adopter le point de vue des autres, même de ceux que vous considérez comme mauvais.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais. </em></p>



<p>* <em>Editorialiste et écrivain membre de la rédaction du Washington Post.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2024/02/29/aaron-bushnell-suicide-protest/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Washington Post</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/04/comment-un-acte-de-suicide-peut-il-etre-heroique-et-un-autre-fou/">Comment un acte de suicide peut-il être héroïque et un autre fou ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi la crise politique et économique de la Tunisie est aussi le problème de l&#8217;Europe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/pourquoi-la-crise-politique-et-economique-de-la-tunisie-est-aussi-le-probleme-de-leurope/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 12:21:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A plus de 2 000 kilomètres du cœur politique de l’Union européenne à Bruxelles, la fragile démocratie tunisienne s’érode et la stabilité du pays commence à s’ébranler.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/pourquoi-la-crise-politique-et-economique-de-la-tunisie-est-aussi-le-probleme-de-leurope/">Pourquoi la crise politique et économique de la Tunisie est aussi le problème de l&rsquo;Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Suite à la répression <strong><em>la dissidence <strong><em>politique</em></strong></em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>en Tunisie</em></strong></em> <em>par le président Kaïs Saïed, l’Europe s’est montrée prudente quant à la condamnation de son ascendance autoritaire, évoquant le risque d’instabilité dans un pays qui joue un rôle clé dans l’arrêt de l&rsquo;immigration clandestine. A plus de 2 000 kilomètres du cœur politique de l’Union européenne à Bruxelles, la fragile démocratie tunisienne s’érode et la stabilité du pays commence à s’ébranler.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Giulia Carbonaro</strong> *</p>



<span id="more-8465390"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Giulia-Carbonaro.jpg" alt="" class="wp-image-8465431" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Giulia-Carbonaro.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Giulia-Carbonaro-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Giulia-Carbonaro-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>La démocratie que le pays a mis plus d’une décennie à construire après le printemps arabe est en train d’être démantelée par l’actuel président tunisien Kaïs Saïed, qui a réduit le pouvoir du parlement et du pouvoir judiciaire depuis son entrée en fonction en 2019, et a récemment réprimé l’opposition.</p>



<p>Pendant ce temps, l’économie tunisienne est sur le point de s’effondrer alors que le pays se démène pour trouver suffisamment de financement étranger pour soutenir son énorme dette extérieure.</p>



<p>Mais ce qui se passe en Tunisie ne se produit pas dans le vide, et la distance physique entre l’Europe et la Tunisie est peu susceptible de protéger le pays nord-africain des conséquences de la dérive autoritaire et de l&rsquo;effritement de sa démocratie. Les troubles politiques et économiques dans ce pays risquent d’avoir un impact significatif sur l’Europe &#8211; et en particulier sur l’Italie.</p>



<p>Ce n’est pas seulement parce que certaines parties de l’Italie, comme l’île de la Sardaigne, sont en réalité plus proches de la côte tunisienne que du continent. Mais aussi parce que l’Italie est récemment devenue le premier partenaire commercial de la Tunisie, et que l’Italie compte de plus en plus sur les autorités tunisiennes pour décourager la pression migratoire croissante sur les côtes italiennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que se passe-t-il en Tunisie ?</h2>



<p>Le 10 avril, dans la ville tunisienne de Haffouz, l’histoire a failli se répéter lorsque le footballeur de 35 ans Nizar Issaoui s’est immolé par le feu pour protester contre ce qu’il a appelé <em>«l’État policier»</em>.</p>



<p>Issaoui, ancien joueur de l’US Monastir et père de quatre enfants, a été accusé de terrorisme après s’être plaint de la hausse du prix des bananes – 10 dinars, soit l’équivalent de 3,05 euros – auprès d’un marchand de fruits.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="38kUMHo0pb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/la-tunisie-doit-reinitialiser-ses-relations-avec-lunion-europeenne/">La Tunisie doit réinitialiser ses relations avec l’Union européenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie doit réinitialiser ses relations avec l’Union européenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/la-tunisie-doit-reinitialiser-ses-relations-avec-lunion-europeenne/embed/#?secret=HVqf4I1fv2#?secret=38kUMHo0pb" data-secret="38kUMHo0pb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Son geste désespéré était presque identique à celui du marchand de fruits Mohamed Bouazizi, dont l’auto-immolation le 17 décembre 2010 a déclenché une série de soulèvements à travers le monde arabe, connue sous le nom de <em>«Printemps arabe»</em>.</p>



<p>La Tunisie a été le pays où le printemps arabe a commencé et la seule réussite du soulèvement. Alors que dans d’autres pays, les protestations n’ont pas apporté beaucoup de changements réels, la Tunisie est sortie de l’époque révolutionnaire avec une démocratie multipartite apparemment stable dirigée par un nouveau gouvernement qui a remplacé Zine El-Abidine Ben Ali.</p>



<p>Ben Ali était président de la Tunisie depuis 1987, mais il s’est enfui en Arabie saoudite en 2011 après des semaines de protestations.</p>



<p>Dans les années qui ont suivi, la Tunisie a introduit une constitution qui a consacré les droits civils et fait en sorte qu’aucun autre homme fort ne puisse prendre la tête du pays. Ce fut un énorme succès pour les Tunisiens – mais l’excitation initiale s’est rapidement transformée en désillusion alors qu’une série de gouvernements n’ont pas réussi à concrétiser le rêve de croissance économique et d’amélioration des conditions de vie qui accompagnait les soulèvements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La déception de la démocratie </h2>



<p>La Tunisie est aujourd’hui beaucoup plus pauvre qu’elle ne l’était en 2010, en partie à cause de l’impact dévastateur de la pandémie sur son économie et de la hausse de l’inflation. La déception suscitée par le nouveau système démocratique a conduit à la victoire écrasante de Kaïs Saïed en 2019, qui a fait de cet expert en droit constitutionnel jusque-là inconnu le sixième président tunisien au cours des 12 dernières années.</p>



<p>Au cours de sa campagne, Saïed a déclaré que le système démocratique ne fonctionnait pas, affirmant que les partis politiques au parlement avaient trop de pouvoir.</p>



<p>Lorsque, pendant la pandémie, Saïed a reçu des pouvoirs d’urgence pour tenter de sauver l’économie du pays gravement touchée et les services de santé en difficulté, il a utilisé ces pouvoirs pour renvoyer le Premier ministre, fermer l’Assemblée nationale et suspendre la constitution – annulant une décennie de réformes démocratiques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="doRqs26Kag"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/les-relations-entre-leurope-et-la-tunisie-tournent-au-poker-menteur/">Les relations entre l&rsquo;Europe et la Tunisie tournent au poker menteur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les relations entre l&rsquo;Europe et la Tunisie tournent au poker menteur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/les-relations-entre-leurope-et-la-tunisie-tournent-au-poker-menteur/embed/#?secret=QxWQcGghAz#?secret=doRqs26Kag" data-secret="doRqs26Kag" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ceux qui l’ont critiqué et se sont opposés à lui, des politiciens aux journalistes, ont été détenus ou emprisonnés. En juillet de l’année dernière, Saïed a remporté un référendum qui lui a permis d’introduire une nouvelle constitution, augmentant son pouvoir au détriment du parlement et du pouvoir judiciaire.</p>



<p>Le 17 avril, l’arrestation du chef du parti d’opposition Ennahdha Rached Ghannouchi a suscité un tollé des détracteurs de Saïed accusant son gouvernement de prendre une tournure de plus en plus autoritaire.</p>



<p>Une réaction tout aussi outrée a été déclenchée par les commentaires haineux de Saïed sur les migrants en provenance d’Afrique subsaharienne. Il a déclaré qu’ils faisaient partie d&rsquo;un<em> «complot»</em> visant à modifier la composition démographique de la Tunisie et les a blâmés pour les problèmes du pays.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em> </p>



<p><em>* Journaliste basée à Londres.</em> </p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.euronews.com/2023/05/19/why-tunisias-political-and-economical-crisis-is-europes-problem-too" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Euronews.</a> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/pourquoi-la-crise-politique-et-economique-de-la-tunisie-est-aussi-le-probleme-de-leurope/">Pourquoi la crise politique et économique de la Tunisie est aussi le problème de l&rsquo;Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les oubliés de la révolution tunisienne broyés par le désespoir</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/24/les-oublies-de-la-revolution-tunisienne-broyes-par-le-desespoir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2023 09:17:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Fondation Fida]]></category>
		<category><![CDATA[martyrs]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chebbi]]></category>
		<category><![CDATA[Nabeul]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tunisienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Combien faut-il d'immolés par le feu pour que la Tunisie règle enfin le problème des martyrs et blessés de la révolution de 2011 ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/24/les-oublies-de-la-revolution-tunisienne-broyes-par-le-desespoir/">Les oubliés de la révolution tunisienne broyés par le désespoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le drame de Mohamed Chebbi, qui s&rsquo;est immolé par le feu, samedi dernier, devant le siège du gouvernorat de Nabeul, réveille le problème irrésolu des blessés et martyrs de la révolution tunisienne de 2011. </em></strong></p>



<span id="more-6186969"></span>



<p>Les familles des martyrs et blessés de la Révolution ont exprimé leur colère, lundi 23 janvier 2023, face au drame de samedi qui a vu un blessé de la révolution tunisienne, Mohamed Chebbi, s’immoler par le feu devant le siège du gouvernorat de Nabeul, tout en soulignant leur détermination à <em>«poursuivre la lutte»</em> et à faire en sorte que<em> «les prochaines étapes soient décisives pour l’histoire du pays».</em></p>



<p>Dans un communiqué, les familles ont appelé <em>«toutes les voix libres, ainsi que les associations et organisations nationales, à soutenir les revendications des martyrs et blessés de la révolution afin d’achever le processus et de traduire en justice les responsables de la conduite de Mohamed Chebbi et d’autres Tunisiens au désespoir».</em></p>



<p>Mohamed Chebbi, père de trois enfants, s’est immolé par le feu pour dénoncer sa situation sociale, dans un tragique remake du geste désespéré de Mohamed Bouazizi, dont l’immolation par le feu, le 17 décembre 2017, avait déclenché la révolution tunisienne et la chute du régime dictatorial de Ben Ali, le 14 janvier 2011.</p>



<p>Rappelons que la loi n° 2022-20 relative à la Fondation Fida pour le soutien aux victimes d’attentats terroristes parmi les militaires, les forces de sécurité intérieure et les douaniers, ainsi qu’aux ayants droit des martyrs et blessés de la révolution a été publiée au Journal officiel le 9 avril dernier.</p>



<p>Fida est notamment chargée d’assister les sinistrés parmi les militaires, les forces de sécurité intérieure et les douaniers.</p>



<p>La liste définitive des martyrs et blessés de la révolution a été publiée le 19 mars sur décision du président du Haut comité des droits de l’homme et des libertés fondamentales et du président de la Commission des martyrs et blessés de la révolution.</p>



<p>Cependant, des milliers d’affaires liées aux martyrs et blessés de la révolution sont toujours pendantes dans les greffes du tribunal administratif. Il s’agit de contestations déposées par les familles des martyrs et des blessés dont les noms ne figurent pas dans la liste définitive des victimes. Et cette bureaucratie étouffante qui retarde la gestion de ce dossier et ajoute au désespoir des concernés, dont Mohamed Chebbi qui a commis son acte extrême pour n’avoir pas trouvé d’écoute auprès des autorités locales, à Nabeul.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> <em>(avec Tap).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/24/les-oublies-de-la-revolution-tunisienne-broyes-par-le-desespoir/">Les oubliés de la révolution tunisienne broyés par le désespoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Grogne sociale : tour de chauffe à Mornag</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/26/tunisie-grogne-sociale-tour-de-chauffe-a-mornag/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 07:27:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Arous]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[Mornag]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bouzid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des incidents ont eu lieu, hier soir, dimanche  25 septembre 2022, entre des forces de sécurité et un groupe de jeunes manifestants dans la ville de Mornag à Ben Arous. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/26/tunisie-grogne-sociale-tour-de-chauffe-a-mornag/">Tunisie &#8211; Grogne sociale : tour de chauffe à Mornag</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des incidents ont eu lieu, hier soir, dimanche  25 septembre 2022, entre des forces de sécurité et un groupe de jeunes manifestants dans la ville de Mornag à Ben Arous (banlieue sud de Tunis), où une présence de sécurité était remarquable toute la journée.</em></strong></p>



<span id="more-4263394"></span>



<p>Les forces de sécurité ont utilisé le gaz lacrymogène pour disperser les manifestants présents sur le long de l’artère principale de la ville et qui ont bloqué la rue et incendié des pneus. Selon des témoins sur les lieux, les manifestants ont scandé des slogans portant sur des revendications sociales&nbsp;: chômage, cherté de la vie, dégradation des services sociaux, absence d’horizon pour les jeunes…</p>



<p>L’élément déclencheur de ces manifestations a été un drame dont cette même ville de Mornag avait été récemment le théâtre&nbsp;: un vendeur ambulant de fruits s’y était en effet suicidé, la veille, par pendaison.</p>



<p>Des sources concordantes avaient affirmé que le jeune homme avait commis son acte désespéré suite à la saisie de sa balance par la police municipale, rappelant le drame de Mohamed Bouazizi, qui s’immola par le feu, le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, déclenchant l’étincelle des révolutions arabes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0VLuJbsdAu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/26/tunisie-la-fievre-revendicative-monte-dun-cran/">Tunisie : la fièvre revendicative monte d’un cran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la fièvre revendicative monte d’un cran » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/26/tunisie-la-fievre-revendicative-monte-dun-cran/embed/#?secret=GzNRuMD6V2#?secret=0VLuJbsdAu" data-secret="0VLuJbsdAu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Samedi, le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/24/suicide-dun-vendeur-ambulant-a-mornag-precisions-du-ministere-de-linterieur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ministère de l’Intérieur</a>, dans une volonté de minimiser les faits, expliqua que l’enquête se poursuivait, en coordination avec le ministère public, pour révéler les dessous du suicide du jeune vendeur, qui, d’après les premiers éléments de l’enquête, avait des problèmes familiaux aigus, contrairement à ce qui avait été véhiculé sur les réseaux sociaux concernant les raisons de son suicide, souligne le ministère de l’Intérieur dans son communiqué.</p>



<p>La victime exploitait un étalage anarchique, en dehors du marché municipal de Mornag et qu’elle a été sommée de régler sa situation avec les services municipaux qui se sont contentés de confisquer sa balance électronique, et ce le jeudi 22 septembre.</p>



<p>Le ministère avait, également, indiqué que cette démarche intervient en concrétisation d’une décision municipale interdisant les étalages anarchiques sur les cotés de l’avenue Hassen Hossni Abdelwahab, à Mornag.</p>



<p>Affaire à suivre</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> (avec Tap).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="piBeBrBhVt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/24/suicide-dun-vendeur-ambulant-a-mornag-precisions-du-ministere-de-linterieur/">Suicide d&rsquo;un vendeur ambulant à Mornag : Précisions du ministère de l&rsquo;Intérieur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Suicide d&rsquo;un vendeur ambulant à Mornag : Précisions du ministère de l&rsquo;Intérieur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/24/suicide-dun-vendeur-ambulant-a-mornag-precisions-du-ministere-de-linterieur/embed/#?secret=iGGrLngh2r#?secret=piBeBrBhVt" data-secret="piBeBrBhVt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" data-id="4263441" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-4263441" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-1024x771.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-300x226.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-768x578.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-1536x1157.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-580x437.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-860x648.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-1160x873.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-2-1024x771.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Affrontements-Mornag-2-1024x771.jpg."/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" data-id="4263440" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-4263440" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-1024x771.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-300x226.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-768x578.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-1536x1157.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-580x437.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-860x648.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3-1160x873.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-3.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p></p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1536" height="2048" data-id="4263435" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4.jpg" alt="" class="wp-image-4263435" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4-225x300.jpg 225w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4-768x1024.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4-1152x1536.jpg 1152w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4-580x773.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4-860x1147.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-Mornag-4-1160x1547.jpg 1160w" sizes="auto, (max-width: 1536px) 100vw, 1536px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1536" height="2048" data-id="4263434" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1.jpg" alt="" class="wp-image-4263434" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1-225x300.jpg 225w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1-768x1024.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1-1152x1536.jpg 1152w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1-580x773.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1-860x1147.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/09/Affrontements-mornag-1-1160x1547.jpg 1160w" sizes="auto, (max-width: 1536px) 100vw, 1536px" /></figure>
</figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/26/tunisie-grogne-sociale-tour-de-chauffe-a-mornag/">Tunisie &#8211; Grogne sociale : tour de chauffe à Mornag</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : C’est le peuple qui va siffler bientôt la fin de partie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/11/tunisie-cest-le-peuple-qui-va-siffler-bientot-la-fin-de-partie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 08:16:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Karama]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La crise politique et économique en Tunisie a été aggravée par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 qui connaît actuellement une forte recrudescence dans le pays, en raison des incohérences de la gestion gouvernementale. La situation est, de l’avis de tous les observateurs, catastrophique et une nouvelle explosion sociale est à craindre,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/11/tunisie-cest-le-peuple-qui-va-siffler-bientot-la-fin-de-partie/">Tunisie : C’est le peuple qui va siffler bientôt la fin de partie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Revolution.jpg" alt="" class="wp-image-345175"/></figure></div>



<p><strong><em>La crise politique et économique en Tunisie a été aggravée par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 qui connaît actuellement une forte recrudescence dans le pays, en raison des incohérences de la gestion gouvernementale. La situation est, de l’avis de tous les observateurs, catastrophique et une nouvelle explosion sociale est à craindre, dont la principale cible sera, à n’en pas doute, le parti islamiste Ennahdha et ses alliés au pouvoir, qui sont les principaux responsables de cette descente en enfer d’un peuple réfractaire dont l’accession à un régime soi-disant démocratique s’est rapidement transformée en une montée de l’anarchie et de la pauvreté.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-355855"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>Lorsqu’il s’immola par le feu devant le siège de la Commune de Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie, le 17 décembre 2010, dans un geste de désespoir et de défi à une administration sourde aux malheurs des petites gens, le jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi n’avait pas imaginé un seul instant qu’il allait passer à la postérité comme le symbole de l’effondrement d’un régime autocratique à bout de souffle, celui de Zine El-Abidine Ben Ali, et son geste comme le déclencheur d’un tsunami socio-politique, en Tunisie et dans le monde arabe, qui allait chambouler toutes les données géostratégiques, ouvrant, dans cette région du monde, une nouvelle ère où coexistent la liberté le plus chaotique et la dictature la plus inébranlable&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la liberté au chaos</h2>



<p>En Tunisie, cette ère de liberté déchaînée s’est rapidement transformée, l’opportunisme de plusieurs&nbsp;parties&nbsp;aidant, en une démocratie chaotique&nbsp;gouvernée de fait par la rue&nbsp;dans un contexte marqué par la multiplicité des centres du pouvoir, le nivellement par le bas, l’affaissement&nbsp;de l’autorité de l’Etat et la domination progressive de l’horizontalité, de l’amateurisme et de l’incompétence des nouvelles équipes aux commandes, aggravés par leurs luttes quotidiennes pour se maintenir au pouvoir&nbsp;ou pour y accéder. Résultat des courses, la situation contre laquelle le peuple s’était révolté en 2011 s’est aggravée à tous les niveaux et les équilibres (ou déséquilibres) socio-politiques construits depuis les années soixante dans le pays se sont même consolidés.</p>



<p>La mort brutale d’une seule personne, Bouazizi, suivie&nbsp;de plusieurs autres au lendemain du14 janvier 2011, avait, en son temps, déclenché, en Tunisie, le déclic majeur&nbsp;pour un interminable processus de désobéissance chez un peuple maintenu&nbsp;en laisse durant&nbsp;plusieurs décennies&#8230; Ce&nbsp;processus s’est accompagné d’une sorte de banalisation de la violence et de la mort, aggravée par l’avènement du terrorisme&nbsp;qui a fait, en une décennie, des centaines de morts parmi les militaires et les civils.</p>



<p>C’est cette accoutumance progressive à la violence, à la médiocrité, à l’anarchie, au laisser-aller, à la défiance de l’Etat, au désespoir partagé voire à la mort qui a fait que le peuple, fatigué par&nbsp;la lutte quotidienne pour la survie, ignore désormais le discours de l’autorité&nbsp;publique et reste réfractaire à ses recommandations&nbsp;sanitaires et sécuritaires concernant&nbsp;la pandémie&nbsp;du Covid-19,&nbsp;conduisant&nbsp;à la situation épidémiologique catastrophique&nbsp;actuelle, qui vaut à la Tunisie d’être classée sur une liste rouge par plusieurs pays.</p>



<p>Pis, aussi bizarre que cela&nbsp;puisse paraître, le chiffre faramineux de 16 000 morts du Covid-19 enregistrés à ce jour ne semble pas déranger outre mesure&nbsp;ni les pouvoirs publics (qui, faute de moyens, semble miser sur l’immunité&nbsp;du troupeau) ni&nbsp;les larges franges de la population qui, fatiguées, ne veulent plus des restrictions du confinement, d’autant qu’elles n’ont pas&nbsp;les moyens de faire face à ses exigences. &nbsp;</p>



<p>Le mouvement&nbsp;islamiste Ennahdha, au pouvoir depuis dix ans&nbsp;et qui a conduit le pays au chaos&nbsp;actuel, ne semble pas dérangé outre mesure, lui non plus, par cette hécatombe qui a conduit&nbsp;à l’effondrement&nbsp;du système hospitalier&nbsp;public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les mauvais calculs du parti Ennahdha</h2>



<p>Dans un pays dont les comptes publics sont en piteux état et où le gouvernement fait des appels du pied à la communauté internationale pour qu’elle vienne au chevet d’un pays ravagé par la pandémie, Ennahdha, qui se réclame des nobles valeurs de l’islam, trouve le moyen de harceler le gouvernement pour mobiliser quelque 3 milliards de dinars à verser, en guise de<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/07/10/ennahdha-veut-spolier-les-tunisiens-pour-verser-des-compensations-a-ses-membres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> compensations</a>, pour 29 950 de ses membres et le somme de répondre à sa demande pressante au plus tard le 25 juillet 2021, date de célébration de la fête de la république.</p>



<p>Les islamistes ne peuvent-ils&nbsp;pas être plus solidaires avec le peuple&nbsp;quand&nbsp;les gens continuent de mourir par centaines&nbsp;du Covid-19 dans des hôpitaux délabrés&nbsp;et dépourvus de moyens et quand le gouvernement, en dépit&nbsp;de ses déboires dans&nbsp;la gestion de ce dossier, fait de son mieux pour se rattraper&nbsp;dans cette guerre contre la pandémie ?</p>



<p>Incohérence, égoïsme, cynisme, clientélisme… Ce mouvement ne craint pas de cumuler tous les défauts. Alors qu’il n’a cessé depuis des mois de réclamer le maintien en place du gouvernement Hichem Mechichi au nom de la stabilité, il en réclame aujourd’hui le remplacement par un <em>«gouvernement politique» </em>pour<em> «relever les multiples défis sanitaires, économiques et politiques dans le pays, en particulier celui posé par la pandémie Covid-19»</em> , disent les dirigeants islamistes. Qu’est-ce qui les a empêchés jusque-là de relever ces défis, qui ne datent pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? Ou cherchent-ils à se défausser de leurs responsabilités dans la situation catastrophique actuelle dans le pays sur celui qui fut, depuis sa nomination, leur serviteur zélé voire leur marionnette ?  </p>



<p>Ennahdha sait pourtant que le gouvernement, en dépit de ses graves lacunes, est en guerre contre la pandémie et qu’il ne sert à rien de changer l’équipage d’un navire en pleine tempête. Ce n’est visiblement pas une meilleure gestion de la pandémie que ses dirigeants cherchent. Ils cherchent plutôt à mélanger de nouveaux les cartes, à faire diversion et à  manœuvrer pour placer leurs hommes à tous les hauts postes de l’Etat. Mechichi a beaucoup fait à cet égard, mais pas assez à leurs yeux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La patience du peuple a ses limites</h2>



<p>La coalition au pouvoir, en particulier le parti islamiste et ses alliés, Qalb Tounes&nbsp;et&nbsp;Al-Karama, assument une&nbsp;grande responsabilité dans la situation catastrophique actuelle en Tunisie et&nbsp;ne pourront&nbsp;honnêtement pas s’y dérober. Le&nbsp;chef du gouvernement dont&nbsp;ils réclament aujourd&rsquo;hui le départ&nbsp;a toujours leur zélé serviteur et ils ne peuvent pas lui faire porter seul le chapeau.</p>



<p>Maintenant que l’hécatombe est là, que la situation sanitaire risque d’empirer et que tous les paramètres&nbsp;économiques sont au rouge, la classe&nbsp;politique dans son ensemble, et&nbsp;plus particulièrement le parti islamiste doivent avoir la sagesse&nbsp;de se raviser tant qu’il est encore temps,&nbsp;car l’histoire de la Tunisie&nbsp;a toujours démontré que la patience&nbsp;du peuple a ses limites&nbsp;et que ce dernier ne manquera pas&nbsp;de réagir, le moment venu, et&nbsp;de régler leurs comptes&nbsp;à ses gouvernants en provoquant un nouveau tsunami qui risque&nbsp;d’être plus ravageur que les précédents et de balayer tout sur son passage. Et c’est le parti islamiste et ses alliés qui, on l’imagine, en&nbsp;payeront le prix le plus fort.</p>



<p>A bon entendeur&#8230;</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur. </em> </p>



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