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	<title>Archives des Monem Lachkam - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Monem Lachkam - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Tunisie &#124; Inégalité territoriale face aux aléas climatiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 07:36:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut adapter les politiques publiques aux besoins des populations les plus exposées aux aléas climatiques et environnementaux.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/tunisie-inegalite-territoriale-face-aux-aleas-climatiques/">Tunisie | Inégalité territoriale face aux aléas climatiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En Tunisie comme partout ailleurs, les élus des régions sujettes à des désagréments climatiques doivent assimiler le fait que, les populations qui en sont les plus touchées ne demandent ni privilège ni exception arbitraire. Elles demandent l’application rigoureuse du droit, de l’équité et de la responsabilité publique face à des contraintes objectives, mesurables et durables. Refuser d’adapter les politiques publiques à ces réalités revient à institutionnaliser une inégalité territoriale, à normaliser la précarité énergétique et à accepter que certaines vies soient plus exposées que d’autres aux risques climatiques, environnementaux et sanitaires.</em></strong> <em>(Ph. Les oasis du sud tunisien manquent de plus en plus d&rsquo;eau). </em></p>



<p><strong><em>Dr Monem El Achkham </em>*</strong></p>



<span id="more-18370154"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="352" height="508" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam.jpg" alt="" class="wp-image-16795908" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam.jpg 352w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam-208x300.jpg 208w" sizes="(max-width: 352px) 100vw, 352px" /></figure>
</div>


<p>Je vis dans une région de Tunisie où l’été dure neuf mois, où l’on en a assez du soleil, où l’on en vient à vénérer ce que l’on appelle communément <em>«le temps de chien»</em>. Dans ma région, l’injustice structurelle et séculaire est admise comme un ordre établi. Ce qui fait le plus mal, c’est que ceux-là mêmes qui se présentent comme les redresseurs de torts nous laminent en élaborant slogan sur slogan, en méconnaissance totale de ce que la nature nous impose et qu’ils perpétuent par ignorance, par compassion stérile, mais surtout par pur opportunisme politique.</p>



<p>Dans ma région, la nature est cruelle, et tous les pouvoirs qui s’y sont succédé l’ont été encore plus. Pour adoucir, un tant soit peu le climat, trois solutions s’offrent à nous : un peu de verdure, moins de pollution et… la climatisation. Or, malgré cette réalité objectivement mesurable, ces territoires sont soumis à des politiques publiques uniformes, conçues sans prise en compte suffisante des différences climatiques, environnementales et industrielles. Cette uniformité de traitement produit, de facto, une rupture manifeste du principe d’égalité entre citoyens placés dans des situations fondamentalement dissemblables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour la verdure, il faut repasser</h2>



<p>Concernant la verdure, il va falloir repasser. Dans mes souvenirs d’enfance — et il existe d’ailleurs une iconographie abondante pour les étayer — les oasis, les espaces verts et les pièces aquatiques ne faisaient pas défaut, et il y faisait très bon vivre.</p>



<p><em>«Réchauffement climatique»</em>, me direz-vous. Oui, mais pas seulement. Les difficultés actuelles ne peuvent être imputées exclusivement au changement climatique global. Elles résultent également de choix économiques et industriels opérés sur plusieurs décennies, notamment dans la gestion des ressources hydriques et l’implantation d’activités fortement consommatrices d’eau et génératrices de pollution.</p>



<p>Le joyau historique de notre ville, Gafsa, ce furent les piscines romaines. Elles ont été sacrifiées, sans le moindre état d’âme, sur l’autel du développement industriel. Ces piscines, vieilles de vingt siècles, étaient alimentées par des sources intarissables en circuit ouvert, qui irriguaient les oasis et abreuvaient de multiples pièces d’eau. Le besoin accru en eau des laveries de phosphate, conjugué à un usage irrationnel de cette ressource, a ravagé nos oasis, asséché nos plans d’eau et a fini par avoir raison de nos piscines romaines.</p>



<p>Face au tarissement assassin des sources et à l’assèchement choquant des dites piscines, une étude fut menée pour tenter d’y remédier. Elle conclut à deux options aussi foireuses l’une que l’autre. La première consistait à installer un système de clapets permettant un hypothétique remplissage lorsque l’eau remonterait, tout en empêchant la vidange en cas de flux insuffisant. La seconde proposait d’enlever la roche naturelle et le sable qui donnaient à l’eau sa merveilleuse couleur azur, pour couler une hideuse dalle de béton et remplir, à l’occasion, ce qui deviendrait un vulgaire bassin.</p>



<p>Vous l’aurez compris : c’est la deuxième option qui fut adoptée, jugée bien entendu moins chère et vécue comme une insulte aux autochtones et à l’esthétique universelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les pollueurs imposent leur loi</h2>



<p>Pour ceux qui peinent à admettre que l’industrie du phosphate soit l’unique responsable de ce désastre écologique, climatique et agricole, j’en veux pour preuve l’apparition, chez nous, d’un lac naturel peuplé de poissons d’eau douce, né de nulle part après deux années de grève dans les laveries du bassin minier.</p>



<p>En Algérie, notre voisin direct, on développe en plein désert l’une des agricultures les plus prédatrices en eau — et je ne dis pas que c’est bien — notamment le maraîchage, en puisant dans la même nappe que nous préservons pieusement dans nos sous-sols. Ici, on aurait pu utiliser cette ressource pour sauver les oasis, développer l’agriculture et réanimer les espaces verts. Mais au lieu de cela, on nous enjoint de rationner l’eau sous 47 °C à l’ombre.</p>



<p>La pollution, vous l’aurez compris, il est fortement déconseillé d’en parler. Quand la menace immédiate sur la vie d’enfants n’a pas suffi à dissuader le pollueur, pourquoi voudrait-on évoquer le phosphogypse, la fluorose, les risques de cancer ou de stérilité ? Après tout, cela ne tue qu’à moyen ou long terme. Le voile de soufre qui survole la ville en été, visible à l’horizon dès l’aube et perceptible à l’odorat dès que la circulation se calme, constitue une démonstration tangible — s’il en fallait une — de ce que peut être un effet de serre. Allons-nous nous plaindre ? La vie de gosses est menacée, je vous dis, et la machine à sous, elle, ne s’est jamais arrêtée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sacro-sainte climatisation</h2>



<p>Nous disions donc que pour les espaces verts, on a préféré économiser l’eau pour l’industrie et pour que nos voisins puissent irriguer tranquillement le désert ; que la pollution est taboue et qu’il est donc fortement déconseillé d’en parler. Il ne nous reste plus que la climatisation.</p>



<p>La climatisation, oui, cette sacro-sainte clim. En ce qui me concerne, j’ai du mal à concevoir ne pas pouvoir croiser un jour son inventeur, Willis Haviland Carrier, dans les allées du paradis, vous l’aurez compris, j’ai bien la ferme intention d’y être.</p>



<p>La clim sous nos cieux, c’est vital et primordial, vous l’avez donc compris ce n’est ni du luxe ni même un souhaitable confort. Mais même là-dessus, nous sommes lourdement lésés. Je peux affirmer sans prendre énormément de risque que, concernant la consommation d’électricité dans ma région, nous sommes contraints d’atteindre au moins le double de la moyenne nationale, eu égard à l’usage assez assidu selon les bourses, de la clim de mai à novembre. La chaleur ambiante impose plusieurs heures quotidiennes de conditionnement de l’air.</p>



<p>Pour un bien-être artificiel à peine comparable à celui du reste du pays, nous dépensons des sommes considérables, avec les mêmes salaires et le même pouvoir d’achat. Cela devient une véritable ligne — ou plutôt un trou — budgétaire. Est-ce juste ? Sincèrement, je ne le pense pas.</p>



<p>Quand on connaît les difficultés à survivre dans ce type de région — dépenses de santé accrues à cause de la pollution, dépenses énergétiques supplémentaires dues à une chaleur qui ne relève pas uniquement du réchauffement climatique — est-il acceptable d’être subventionné en électricité à l’identique de villes côtières ?</p>



<p>Il ne serait même pas démesuré d’envisager l’instauration d’une trêve estivale sous nos latitudes, équivalente à la trêve hivernale en Europe. Car oui, on meurt de chaleur et de déshydratation quand on n’a pas les moyens de s’offrir l’air conditionné dans ma région. Et l’injustice ne s’arrête pas là, en été, la capacité de la Steg ne suffit jamais à satisfaire la demande : la baisse de tension, surtout à partir de midi, est telle que les climatiseurs tournent sans rafraîchir. On paie, et on n’en a même pas pour son argent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une inégalité territoriale</h2>



<p>J’ai parfois l’impression que, pour tous ceux qui ont été au pouvoir — je n’exclus personne — les habitants de ces régions productrices de richesses seraient nés avec une cuirasse les rendant insensibles aux éléments, comme s’ils avaient des instincts atténués, voire une apathie congénitale. À moins que nos dirigeants n’adhèrent à la vision d’Aristote, selon laquelle les esclaves seraient de nature servile tandis que les hommes libres ont une nature libre et que leurs places dans la société ne seraient alors qu’un reflet de leur nature intime. C’est dans les gènes, en somme. Nous ne serions pas faits pareil quoi ! Notre résilience, notre prétendue imperméabilité aux agressions climatiques et chimiques, serait à l’origine de ce que l’on pourrait appeler l’idiosyncrasie gafsienne.</p>



<p>J’incite donc les élus des régions sujettes à de tels désagréments à assimiler le fait que, les populations concernées, ne demandent ni privilège ni exception arbitraire. Elles demandent l’application rigoureuse du droit, de l’équité et de la responsabilité publique face à des contraintes objectives, mesurables et durables. Refuser d’adapter les politiques publiques à ces réalités revient à institutionnaliser une inégalité territoriale, à normaliser la précarité énergétique et à accepter que certaines vies soient plus exposées que d’autres aux risques climatiques, environnementaux et sanitaires. Le principe de solidarité nationale envers les territoires supportant une charge disproportionnée de pollution, de dégradation écologique et climatique au nom de l’intérêt général trouve ici tout son sens.</p>



<p>Nos élus devraient donc appeler à une évolution normative, politique et juridique fondée sur la justice, la raison et la responsabilité.</p>



<p><em>* Chirurgien à Gafsa.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ssCxP1Q4l3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/23/en-finir-avec-les-navets-economiques-dun-pays-schizophrene/">En finir avec les navets économiques d’un pays schizophrène</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En finir avec les navets économiques d’un pays schizophrène » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/23/en-finir-avec-les-navets-economiques-dun-pays-schizophrene/embed/#?secret=fU0XzuOGn0#?secret=ssCxP1Q4l3" data-secret="ssCxP1Q4l3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>En finir avec les navets économiques d’un pays schizophrène</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2025 07:42:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Lucchini]]></category>
		<category><![CDATA[Monem Lachkam]]></category>
		<category><![CDATA[politique économique]]></category>
		<category><![CDATA[Stephen King]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Moderniser et soutenir l’agriculture n’est plus une option pour la Tunisie, c’est du bon sens à l’état pur.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/23/en-finir-avec-les-navets-economiques-dun-pays-schizophrene/">En finir avec les navets économiques d’un pays schizophrène</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Leçon tirée de quelques navets cinématographiques : notre pays a besoin de réformes simples : libérer l’entreprise, faciliter l’accès à l’entrepreneuriat, cesser de faire payer le secteur organisé pour compenser l’informel et surtout, mais surtout sanctifier l’effort et la valeur travail.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Monem Lachkam *</strong></p>



<span id="more-17962978"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="352" height="508" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam.jpg" alt="" class="wp-image-16795908" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam.jpg 352w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam-208x300.jpg 208w" sizes="(max-width: 352px) 100vw, 352px" /></figure>
</div>


<p>J’ai une passion étrange, presque coupable : les navets. Oui, les vrais, ceux qu’on regarde jusqu’au bout en se demandant si l’on ne devrait pas recevoir une médaille pour tant de patience. Si j’avais aimé les légumes, j’aurais sans doute parlé du navet. Mais non : je parle de ces films tellement mauvais qu’ils en deviennent fascinants et que même leur réalisateur hésite à les assumer en public.</p>



<p>Lorsque je me suis gavé de bons films, j’éprouve un plaisir presque pervers à m’infliger quelques brillants ratages, allez savoir, c’est peut-être pour relancer l’appétit. C’est ainsi que je suis tombé sur <em>‘‘L’Empire’’</em>, un film français avec Fabrice Lucchini. J’apprécie énormément Lucchini — surtout pour sa prose, moins pour son jeu d’acteur — mais là, il faut être honnête : j’ai été fier de moi, d’avoir été capable d’en venir au bout. Je lance d’ailleurs le défi à quiconque oserait s’y aventurer, tellement c’est mauvais, tellement c’est absurde, tellement les acteurs semblaient avoir été forcés de jouer. Et dire que ce chef-d’œuvre involontaire a coûté cinq millions d’euros…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Marche ou crève&nbsp;!</h2>



<p>Le second film, <em>‘’The Long Walk’’</em> n’est pas vraiment un navet, mais il recycle un thème saturé, usé jusqu’à la corde. On y retrouve un mélange de <em>‘‘Divergente’’</em>&nbsp;et de <em>‘‘Hunger Games’’</em>, c’est adapté d’un roman de Stephen King et ça se laisse par ailleurs regarder facilement, mais on connaît déjà le goût.</p>



<p>Le film imagine les États-Unis 19 ans après une guerre dévastatrice. Pour relancer l’économie en ruine, les autorités organisent une marche mortelle : cinquante volontaires — que des garçons, allez comprendre — avancent sans ligne d’arrivée. À moins de 5 km/h ou hors de la route, ils sont exécutés. Le dernier survivant gagne un trillion de dollars et un vœu exaucé sur-le-champ.</p>



<p>Tout cela est, évidemment, d’une absurdité totale, truffé de morale facile, à l’américaine, tellement épaisse qu’elle pourrait être vendue en tube. Ce qui retient l’attention, pourtant, n’est ni le suspense ni l’esthétique dystopique, mais le discours qui justifie la<em> «grande marche»</em>, le discours qui justifie ce jeu macabre. Le bourreau explique : <em>«Pour retrouver la prospérité, nous organisons cette marche afin de réapprendre la valeur du travail et l’éthique de l’effort. Après chaque édition, la production nationale augmente. Notre problème est une épidémie de paresse généralisée.»</em></p>



<p>De nombreux pays ont été confrontés à ce genre de crise — la stagnation, l’économie de rente, l’effondrement de la productivité — et s’en sont sortis. Le Japon, par exemple, a démantelé la rente et misé sur les PME et l’agriculture, avec la concurrence intérieure et l’huile de coude. La Corée du Sud, la Singapour et la Chine confirment la même équation : la valeur travail + la force des PME + un secteur agricole respecté = décollage économique.</p>



<p>Et puis il y a des pays schizophrènes — dont nous faisons tristement partie — qui dénoncent la rente et poursuivent les rentiers tout en préservant, intacte, une législation qui la consolide. Des pays où l’on accable les PME, où l’agriculteur est le citoyen le plus délaissé, où la politique économique, trop souvent, se réduit à une politique sociale présentée sur un ton compassionnel, qui finit par décourager l’effort plutôt que de le stimuler, qui victimise le travailleur, qui l’incite presque à la revendication stérile et implicitement à la paresse. A quoi peut-on s’attendre dans ces conditions&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie de navets&nbsp;</h2>



<p>Ce n’est un secret pour personne et c’est limite apodictique : salarier tout le monde est impossible. Encourager les petits entrepreneurs est vital. Moderniser et soutenir l’agriculture n’est plus une option, c’est du bon sens à l’état pur.</p>



<p>Quant à l’élite qui s’en va, ce n’est pas un manque de patriotisme comme le prétendent les moralisateurs de la vingt-cinquième heure. Ces jeunes n’ont pas fui : ils ont été chassés. Quand le choix se limite à partir ou crever la bouche ouverte, l’exil devient une nécessité.</p>



<p>En résumé — et avant que cela ne devienne aussi ennuyeux qu’un mauvais film — ce pays a besoin de réformes simples : libérer l’entreprise, faciliter l’accès à l’entrepreneuriat, cesser de faire payer le secteur organisé pour compenser l’informel et surtout, mais surtout sanctifier l’effort et la valeur travail.</p>



<p>Autrement, nous continuerons à produire des navets — économiques cette fois — moins divertissants que ceux du cinéma. Et n’oublions jamais que, même quand tout est raté, il reste toujours une morale à sauver.</p>



<p><em>* Chirurgien à Gafsa.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/23/en-finir-avec-les-navets-economiques-dun-pays-schizophrene/">En finir avec les navets économiques d’un pays schizophrène</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ethique de fin de vie, où on est-on en Tunisie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/ethique-de-fin-de-vie-ou-on-est-on-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 07:00:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chimiothérapie]]></category>
		<category><![CDATA[fin de vie]]></category>
		<category><![CDATA[médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Monem Lachkam]]></category>
		<category><![CDATA[soins palliatifs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui est prioritaire, dites-moi : créer des structures dédiées aux soins palliatifs ou construire des stades de football ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/ethique-de-fin-de-vie-ou-on-est-on-en-tunisie/">Ethique de fin de vie, où on est-on en Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des voix dissonantes, amplifiées par leurs envols médiatiques, qui leurs donne une fausse impression d’expertise, portent préjudice aux médecins et à la médecine par méconnaissance et pédanterie. Certaines attitudes et certains avis, loin d’être des vérités à exhiber, ne sont que cruauté et atrocité enrobées de savoir et de rationalité.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Monem Lachkam *</strong></p>



<span id="more-17346507"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="352" height="508" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam.jpg" alt="" class="wp-image-16795908" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam.jpg 352w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Monem-Lachkam-208x300.jpg 208w" sizes="auto, (max-width: 352px) 100vw, 352px" /></figure>
</div>


<p>Affirmer que, dans ce pays, la lucidité impose l’abstention thérapeutique facile, l’abandon des malades incurables et des personnes âgées, relève de l’ineptie, de l’idiotie et d’une aberration inqualifiable.</p>



<p>Certes, la médecine confrontée parfois à des choix cornéliens – comme lorsqu’on a une vingtaine de blessés graves, non transportables, pour seulement deux chirurgiens et deux salles d’opération, nous oblige de trancher. Ces situations, heureusement rares, restent toujours vécues comme un échec douloureux, avec un sentiment de culpabilité. Mais vouloir les ériger en principe, en les présentant comme une audace destinée à assainir les finances de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), c’est se défaire de son humanité et réduire sa compréhension à des horizons bornés et étriqués.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dignité de la fin de vie</h2>



<p>Ce que certains de nos collègues feignent d’ignorer, c’est que ce pays n’a déjà rien prévu pour les soins palliatifs, ni pour l’accompagnement de la fin de vie. Or, pour ceux qui ne l’ont jamais vécu – et je n’espère à personne d’avoir à le découvrir – la fin de vie, c’est un malade alité, peinant à respirer, ne s’alimentant presque plus, dont la peau part en lambeaux à cause des escarres, abandonné à lui-même chez lui, sans soutien matériel adapté. Ces patients, aucun hôpital public ne les accepte; les cliniques privées, elles, les saignent : prévoyez des dizaines de milliers de dinars pour un mois de séjour.</p>



<p>La chimiothérapie palliative, tant décriée par les improvisés <em>«maîtres penseurs»</em> de la médecine, ne sert pas uniquement à prolonger la survie. Elle sert surtout à<strong>&nbsp;l’améliorer</strong>.</p>



<p>Depuis quelques années, grâce à un ami généreux, nous avons pu mettre à la disposition de malades en fin de vie quelques dizaines de lits médicaux, de matelas, de chaises et d’aspirateurs. C’est en accompagnant ces patients que l’on a compris qu’aucun médecin, décideur ou politicien ne peut, sans trahir l’éthique, ignorer la dignité de la fin de vie.</p>



<p>Si une chimiothérapie soulage les souffrances, au nom de quoi la refuser et abandonner le malade à l’atrocité de la douleur et de l’asphyxie ?</p>



<p>Les promoteurs de cette vision malthusienne de la médecine enjolivent souvent leurs discours en invoquant <em>«l’evidence based medicine»</em>. Or, celle-ci n’a absolument rien à voir avec la décision d’arrêter des soins palliatifs. Ils se plaisent aussi à une comparaison inappropriée avec l’Occident, oubliant que, malgré les déficits de la sécurité sociale, ces pays continuent de prendre en charge malades et familles pour atténuer leurs souffrances.</p>



<p>Chez nous, faute de moyens, il est déjà difficile de couvrir tous les soins. Mais prétendre que la seule solution est de sacrifier le palliatif est au mieux stupide, au pire odieux et monstrueux. Rien n’est plus dangereux que de hiérarchiser les soins dans un pays où, dans certaines régions, des femmes meurent encore en couches faute de médecins et de moyens, où des jeunes filles décèdent d’appendicite faute d’imagerie médicale, tandis que l’on budgétise des vaccins hors de prix. Être conséquent avec ce pseudo-raisonnement scientifique impliquerait d’appliquer la même logique partout, ce qui serait une catastrophe morale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le droit de mourir dignement</h2>



<p>Pour ma part, incorrigible rêveur et ayant foi en notre corps médical, je préfère couper dans d’innombrables budgets plutôt que de priver un malade en fin de vie du droit de mourir dignement.</p>



<p>Qu’est-ce qui est prioritaire, dites-moi : créer des structures dédiées aux soins palliatifs ou construire des stades de football ? Financer une chimiothérapie palliative, quel qu’en soit le prix, ou dépenser des fortunes dans des festivals sans aucun réel lien avec la culture ? Investir dans la dignité de la fin de vie ou engloutir des milliards dans une Tunisair et une RNTA transformées en tonneaux des Danaïdes ?</p>



<p>Les coupes budgétaires dans les soins palliatifs n’affecteront jamais les riches, qui continueront à se les offrir. Elles frapperont les démunis, que la bien-pensance tunisienne ose traiter à demi-mot comme <em>«un déchet de l’humanité»</em>. Admettre, que priver les malades en fin de vie de soins palliatifs constitue un moyen de rationaliser les dépenses de la santé, n’est autre que cet endémique effet Dunning-Kruger qui fait que des personnes peu qualifiées, par un mécanisme cognitif, surestiment leurs connaissances, boostés certes par l’accès facile au micro et qui épiloguent imprudemment sur des sujets et des choix difficiles. Je ne sais pas vous, mais personnellement j’aime moyen ce qui se dessine !</p>



<p>* <em>Chirurgien, Gafsa. &nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nz8bkAwvtr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/27/les-medicaments-en-tunisie-une-vraie-fausse-polemique/">Les médicaments en Tunisie | Une vraie fausse polémique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les médicaments en Tunisie | Une vraie fausse polémique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/27/les-medicaments-en-tunisie-une-vraie-fausse-polemique/embed/#?secret=Bq2OeVRwIM#?secret=nz8bkAwvtr" data-secret="nz8bkAwvtr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/ethique-de-fin-de-vie-ou-on-est-on-en-tunisie/">Ethique de fin de vie, où on est-on en Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Personnel soignant en Tunisie &#124; Un métier dangereux</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/08/personnel-soignant-en-tunisie-un-metier-dangereux/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:32:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[hôpital Wassila Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Monem Lachkam]]></category>
		<category><![CDATA[normes de sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[obligation de moyens]]></category>
		<category><![CDATA[obligation de résultat]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On nous a toujours enseigné que, dans l’exercice médical, nous avons une obligation de moyens et non pas une obligation de résultat.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/08/personnel-soignant-en-tunisie-un-metier-dangereux/">Personnel soignant en Tunisie | Un métier dangereux</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Il est onéreux de se mettre dans les normes que la science exige et auxquelles&nbsp;le ministère de la santé assigne les établissements de soins privés en ne tolérant le moindre écart, et qu’il omet&nbsp;complètement d’exiger dans les établissements publiques, faute de budget.</em></strong></p>



<p><strong>Dr</strong> <strong>Monem Lachkam *</strong></p>



<span id="more-16119561"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Monem-Lachkham.jpg" alt="" class="wp-image-242973"/></figure>
</div>


<p>En dehors des discours enflammés,&nbsp;concernant l’insaisissable et l’inassimilable <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/affaire-des-bebes-de-la-maternite-de-la-rabta-confirmation-de-la-condamnation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décision de justice</a> à l’encontre de notre collègue pharmacien, de la directrice et du chef de la maintenance du Centre de néonatalogie de l’hôpital Wassila Bourguiba à Tunis, nous devons comprendre et réaliser que nous sommes désormais devant une nouvelle lecture et une nouvelle compréhension de la législation, qui fera très probablement jurisprudence.</p>



<p>Ce qui était normalement prévu par le législateur et ce qu’on nous a toujours enseigné, c’est que dans l’exercice médical nous avons une obligation de moyens et non pas une obligation de résultat.</p>



<p>Dans le cas de la triste affaire des nouveau-nés, notre confrère pharmacien a prévenu depuis 2017, d’une façon répétitive et documentée, des défaillances matérielles nécessitant une intervention rapide afin d’appliquer les normes de sécurité exigées par la science et censée être contrôlée par le ministère de la Santé, qui – probablement en connaissance de cause et faute de budget alloué à ce genre d’intervention – n&rsquo;a cessé de reporter aux calendes grecques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des conditions de travail imposées.</h2>



<p>Notre confrère pharmacien a donc démontré d’une manière intangible, avoir utilisé tout les moyens dont il dispose pour que la prise en charge des nouveaux nés soit la plus efficiente possible dans les conditions de travail qui lui ont été imposées.</p>



<p>Alors, un regard sommaire dirait que les juges ont plutôt appliqué une obligation de résultat, ce qui me paraît sincèrement peu plausible et méprisant pour les juges. Ce qui s’est passé serait une interprétation et une lecture de l’obligation de moyens qui serait autrement plus dangereuse, fourbe et préjudiciable pour tous les soignants.</p>



<p>Ce qu’on nous a enseigné, c’est que devant l’absence de moyens répondant aux normes de sécurité dans le domaine de la santé, et devant l’impossibilité d’un transfert qui soit techniquement réalisable et qui ne risque pas d’aggraver l’état du patient, nous intervenons tout en étant exempté de la responsabilité liées à la défaillance à laquelle nous avons été acculés.</p>



<p>Malheureusement, dans le cas de notre confrère, il n’est pas impossible que la justice ait décidé que le fait de continuer d’exercer malgré les dites défaillances mettrait en danger de mort les nouveau-nés. Ce qui en découlera est très grave et périlleux pour notre corps de métier. Ce qui voudra tout simplement dire que, devant l’absence de moyens répondant aux normes de sécurité dans le domaine de la santé, non seulement il faudra les signaler d’une manière à garder une trace, mais il va falloir surtout refuser de soigner, d’opérer et de prendre en charge des patients car nous serions responsable d’avoir exposé l’intégrité physique des patients à un péril pouvant induire un préjudice physique ou la mort.</p>



<p>Vous savez comme moi qu’au moins 90% de nos confrères hospitaliers devraient arrêter d’exercer devant la défaillance normative certaine surtout dans les hôpitaux régionaux, ainsi que 20% de nos confrères qui exercent dans les cliniques privées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désormais, c’est la prison qui nous attend</h2>



<p>Il est réellement onéreux de se mettre dans les normes que la science exige et auxquelles&nbsp;le ministère de la santé assigne les établissements de soins privés en ne tolérant le moindre écart, et qu’il omet&nbsp;complètement d’exiger &nbsp;dans les établissements publiques faute de budget. Donc, et d’une façon triviale, si le ministère de la santé ou la clinique ne s’acquitte pas de son devoir de fournir les moyens nécessaires et que le personnel soignant continue à exercer, il est condamnable et à des peines qui peuvent être, comme dans le cas de nos malheureux confrères, très lourdes.</p>



<p>Les syndicats doivent communiquer, les conseils de l’ordre de tous les corps soignants doivent à mon sens communiquer pour dire que désormais il est impératif de faire sa check-list avant de commencer le travail, de connaître toutes les procédures de sécurité et de refuser de travailler s’il y a le moindre manque, s’il y a la moindre défaillance en matériel, en effectif &nbsp;personnel, en produits pharmaceutiques, en absence du chariot d’urgence &nbsp;et de ne tolérer le moindre petit écart car désormais c’est la prison qui nous attend.</p>



<p>* <em>Chirurgien à Gafsa.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9QRWHrBsdu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/affaire-des-nourrissons-pr-mohamed-douagi-denonce-une-grosse-injustice/">Affaire des nourrissons | Pr Mohamed Douagi dénonce une «grosse injustice»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Affaire des nourrissons | Pr Mohamed Douagi dénonce une «grosse injustice» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/affaire-des-nourrissons-pr-mohamed-douagi-denonce-une-grosse-injustice/embed/#?secret=ZtQEmVCizj#?secret=9QRWHrBsdu" data-secret="9QRWHrBsdu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Ce jour là, 12 décembre 1973 : morts sans sépultures</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/13/ce-jour-la-12-decembre-1973-morts-sans-sepultures/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2024 11:40:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ksar-Gafsa]]></category>
		<category><![CDATA[Monem Lachkam]]></category>
		<category><![CDATA[Oued Bayech]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 51 ans,12 décembre 1973,  un drame est survenu qui a coûté la vie à quelques dizaines d’élèves sur le chemin de l’école, quelque part à Ksar-Gafsa.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/13/ce-jour-la-12-decembre-1973-morts-sans-sepultures/">Ce jour là, 12 décembre 1973 : morts sans sépultures</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pour l’auteur de l’article la date du 12 décembre est celle d’un triste anniversaire. Ce jour-là de l’année 1973, un drame est survenu qui a coûté la vie à quelques dizaines d’élèves sur le chemin de l’école, quelque part à Ksar-Gafsa. Un drame que l’histoire n’a pas retenu et que la mémoire populaire à vite oublié.</em></strong><em> (Photo : Pont métallique sur Oued Bayech).</em> </p>



<p><strong>Dr Monem Lachkam</strong> *</p>



<span id="more-14864416"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Monem-Lachkham.jpg" alt="" class="wp-image-242973"/></figure>
</div>


<p class="has-text-align-right">في ليلة وما ننساهاش والبرق يشالي&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right">كميونة بياش ديما في بالي</p>



<p class="has-text-align-right">يما خويا ما جاش، يما خويا ما جاش اقعد التالي</p>



<p class="has-text-align-right">قلي يا بياش وين نلاقيهم</p>



<p>Cette chanson, trop triste de par ses paroles et sa mélodie, réveille à chaque fois en moi une terrible douleur doublée d’une incompréhension voire même d’une haine.</p>



<p>Le 12 décembre 1973, j’avais 9 ans et je m’en rappelle comme si s’était aujourd’hui.&nbsp;</p>



<p>Il pleuvait beaucoup et le terrible Oued Bayech était en crue. À l’époque il n’y avait pas de pont et des élèves de Ksar-Gafsa devaient le traverser en bus matin et soir pour aller à l’école.</p>



<p>Ce jour là, un criminel que je ne nommerai pas, le directeur régional de l’équipement, avait décidé qu’il était possible de mettre quelques dizaines d’élèves dans un camion et de les faire traverser.</p>



<p>Il faisait très froid et très humide, ces pauvres gosses, comme la majorité des élèves à l’époque, n’étaient pas suffisamment habillés pour la saison. Ils grelottaient, ils avaient très faim car ils étaient obligés d’attendre jusqu’à une heure tardive au bord du monstre Bayech. Et plutôt que de les nourrir, de les réchauffer et de les héberger en ville jusqu’à la décrue, les officiels ont décidé de les jeter dans l’eau glaciale le ventre vide avec leur pauvre chauffeur. C’est un cauchemar au quotidien que d’imaginer leur calvaire, le froid, la faim, le violent courant glacial et le supplice de la noyade.</p>



<p>Aucun élève n’a été sauvé, aucun n’a survécu, aucun officiel n’a été inquiété, pas d’obsèques nationales et même pas de condoléances officielles.</p>



<p>Ce jour là, je m’en suis réellement voulu de ne pas avoir à traverser le fleuve pour rentrer chez moi. Pourquoi eux, car à mon âge, je croyais que ce n’était que la faute du fleuve. Mais je n’ai pas mis beaucoup de temps pour comprendre, à la suite d’événements similaires, que dans ma région et dans les autres régions de l’intérieur, il était fortement répréhensible de revendiquer le statut de l’être humain à part entière, que c’était notre lot de souffrir en silence et de ne prétendre à aucune espèce de protection contre les impétueux éléments.</p>



<p>Alors pour ceux qui ne peuvent pas admettre qu’on puisse critiquer Bourguiba, parce qu’ils n’ont pas eu à vivre de tels drames, je peux faire l’effort de les comprendre, mais ceux qui continuent à nous confisquer ce droit en connaissance de cause, parce qu’ils continuent à adhérer à ce concept qui veut qu’il y ait deux Tunisie, celle des bien-nés et celle&nbsp; des poussières d’individus, je n’ai que du mépris à leur service.</p>



<p>* <em>Chirurgien à Gafsa.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/13/ce-jour-la-12-decembre-1973-morts-sans-sepultures/">Ce jour là, 12 décembre 1973 : morts sans sépultures</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Les violences faites aux femmes en Tunisie : une enquête biaisée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/04/les-violences-faites-aux-femmes-en-tunisie-une-enquete-biaisee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 06:55:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[adolescentes]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Monem Lachkam]]></category>
		<category><![CDATA[UNFPA]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les résultats préliminaires de l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes en Tunisie sont une insulte pour les Tunisiennes et les Tunisiens. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/04/les-violences-faites-aux-femmes-en-tunisie-une-enquete-biaisee/">Les violences faites aux femmes en Tunisie : une enquête biaisée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les résultats préliminaires de l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes en Tunisie, faite par l’Institut national de la statistique (INS) avec l’appui du fond des Nations Unies pour la population (UNFPA) et dont les résultats ont été présentés le 7 mars dernier, sont un scandale de méthodologie et une insulte pour les Tunisiennes et les Tunisiens.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Monem Lachkam</strong> *  </p>



<span id="more-14519839"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Monem-Lachkham.jpg" alt="" class="wp-image-242973"/></figure>
</div>


<p>Pour ceux qui connaissent un peu les outils statistiques et même pour les profanes, faire dire ce qu’on veut à des enquêtes statistiques n’est une prouesse pour personne, et ce quand bien même la méthodologie est rigoureuse. Que dire alors quand la méthodologie est bancale?</p>



<p>Pour rester simple et pour ne pas vous noyer dans des détails techniques, une étude ou une enquête statistique obéit à des règles strictes établies sous forme d’un protocole ou une procédure assignée à toute l’équipe, notamment aux derniers maillons de la chaîne qui ne sont autres que les collecteurs de données.</p>



<p>Une étude sérieuse affiche toujours sa méthodologie et ne peut en aucun cas&nbsp;espérer être publiée dans un journal ou un magazine sérieux et indexée&nbsp;si la méthodologie n’est pas rigoureuse, d’ailleurs les dits journaux et magazines ont un comité de lecture pour ça et rejettent les enquêtes qui souffrent la moindre faille.<strong></strong></p>



<p>La première étape est bien entendu l’échantillonnage, qui doit être fait par un tirage au sort des personnes à interviewer, au hasard et sans la moindre sélection. Jadis on le faisait sur les bottins du téléphone et actuellement il y a des logiciels pour ça.</p>



<p>Tout ça pour dire que le fait d’envoyer de jeunes enquêteurs et de les charger de questionner un nombre de femmes par jour, sans leur donner un listing établi par un logiciel d’échantillonnage, constitue un biais d’échantillonnage et rend la dite enquête biaisée.</p>



<p>Le questionnaire lui-même doit observer des règles strictes. Dans notre pays et selon la cible, il doit être établi en dialecte tunisien, le plus simple possible, ne souffrant aucune ambiguïté et ne permettant aucune interprétation.</p>



<p>&nbsp;Alors laissez moi vous avancer quelques uns des résultats de cette enquête avant d’essayez de la mettre à mal en démontrant le manque de rigueur et la fragilité de la méthodologie.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OTbixwYeMw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/11/tunisie-le-feminicide-une-menace-souvent-minimisee/">Tunisie : le féminicide, une menace souvent minimisée </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : le féminicide, une menace souvent minimisée  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/11/tunisie-le-feminicide-une-menace-souvent-minimisee/embed/#?secret=Ctd8YgHHPf#?secret=OTbixwYeMw" data-secret="OTbixwYeMw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il paraîtrait d’après cette enquête que 84,7% des Tunisiennes âgées de 15 à 74 ans ont subi au moins un acte de violence tous types confondus. La palme d’or revient à Bizerte, Nabeul et Zaghouan avec 94,7% des femmes violentées; elles l’ont été toutes pour ainsi dire. La médaille d’argent revient à Sousse, Monastir, Mahdia et Sfax avec 90,9%, et donc il y en a une sur 10 qui prétend ne pas subir de violence et qu’on cherche toujours. Et la médaille de bronze revient à Kairouan, Sidi Bouzid et Kasserine avec 86,8% des femmes ayant subi au moins une violence depuis l’âge de 15 ans. Les régions où la femme subit la moindre violence seraient Gafsa, Gabès, Kebili, Médenine et Tataouine, où le taux est autour de 70%.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Orienter les politiques publiques</h2>



<p>Les enquêteurs n’essayent même pas de nous expliquer cette disparité régionale et je les comprends, si c’est pour dire qu’ils ont merdé, on le sait déjà. Et je cite leur lumineuse conclusion&nbsp;: <em>«La violence à l’égard des femmes est bien plus qu’un simple problème de société [car] elle fait peser une menace profonde pour l’harmonie sociale et compromet le progrès global du développement.»</em></p>



<p>Vous l’avez bien sûr compris et comme les enquêteurs le disent si bien&nbsp;: <em>«Cette enquête a été entre autres réalisé afin de mieux orienter les politiques et l’action publique dans ce domaine»</em>.</p>



<p>Alors voyons un peu le côté surprenant de ces résultats. Nous avons retenu que 84,7% des femmes ont subi au moins une violence depuis l’âge de 15 ans avec des régions où les femmes seraient plus exposées à la violence et que 57,1% d’entre elles ont subi au moins un acte de violence les 12 mois précédents l’enquête. Encore plus dans le détail, 49,3% (soit la moitié) de ces violences seraient des violences morales (psychologiques et verbales).</p>



<p>Laissez-moi vous donner pour être précis, même si c’est un peu rébarbatif la définition de violence morale qui constitue 50% des violences dont la femme tunisienne serait victime&nbsp;: <em>«La violence morale, dite aussi violence émotionnelle, est une forme de violence ou d’abus envers autrui sans qu’une violence physique soit mise en œuvre directement. Elle comprend&nbsp; toute agression verbale, telle que la diffamation, l’injure, la contrainte, la menace, l’abandon, la privation des droits et des libertés, l’humiliation, la négligence, la raillerie, le rabaissement et autres actes ou paroles portant atteinte à la dignité humaine de la femme ou visant à l’intimider ou la dominer». </em>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>En lisant cette définition de la violence morale ou aussi émotionnelle, je suis d’abord surpris par le nombre somme toute assez bas des victimes, car qui d’entre nous, homme ou femme, n’à pas fait l’objet d’agression verbale, de diffamation, d’injure, de menace, d’abandon et j’en passe&nbsp;les 12 derniers mois?</p>



<p>Quand on est académique et quand on est un tant soit peu rigoureux, avant de dire que près de 30% (50% de 57,1%) ont été au moins une fois victime de violence morale ces 12 derniers mois, on devrait examiner le même critère chez les hommes et s’ils ont été eux aussi victime de violence morale dans un pays où, le moindre qu’on puisse dire,&nbsp;c’est que c’est une monnaie courante, et qu’il n’y a pas de différence&nbsp;statistiquement significative entre les deux taux, ça deviendra une violence morale subi par le Tunisien en général et non pas par la femme tunisienne particulièrement. Et en attendant d’avoir établi un chiffre dans la population générale&nbsp;pour comparer, vous ne pouvez conclure à quoi que ce soit, même si l’on peut admettre que, dans notre société, les femmes soient plus exposées aux violences morales que les hommes, encore faut-il que cela soit prouvé par une enquête sérieuse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qOL2kbPiXX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/05/violences-a-legard-des-femmes-en-tunisie-les-chiffres-effrayants-du-1899/">Violences à l&rsquo;égard des femmes en Tunisie : Les chiffres effrayants du 1899</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Violences à l&rsquo;égard des femmes en Tunisie : Les chiffres effrayants du 1899 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/05/violences-a-legard-des-femmes-en-tunisie-les-chiffres-effrayants-du-1899/embed/#?secret=QWB0IddrPu#?secret=qOL2kbPiXX" data-secret="qOL2kbPiXX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’enquête dit aussi que 42,7% des femmes mariées ou divorcées ou veuves ont subi au moins un acte de violence de la part de leurs maris ou ex-mari. C’est méconnaître la vie de couple tunisien. Cette rubrique mériterait techniquement d’être scindée en deux sous-groupes, les femmes mariées et veuves d’un côté et les femmes divorcées de l’autre. La violence morale chez les couples divorcés est un sport, que ce soit par les insultes, la diffamation, le chantage par les enfants ou par l’argent et j’en passe, mais sérieusement ce genre de pratique concernerait uniquement&nbsp;l’homme divorcé, rien n’est moins sûr&nbsp;! Et dans ce contexte, je crois que les deux protagonistes excellent et rivalisent de génie pour se malmener mutuellement.</p>



<p>Quand les enquêteurs disent que 11,4% des femmes entre 15 et 74 ans ont subit au moins une fois une violence économique, j’ai envie de dire qui d’entre nous entre 15 et 25 ans n’a pas subi de violence économique ou du moins qui ne l’a pas ressentie en tant que telle, de la part de ses parents, frères, amis et autres. La discrimination en termes de rémunération, de promotion ou de formation existe bien entendu et il aurait&nbsp;fallu l’individualiser pour mieux la mettre en exergue plutôt que de la noyer dans un terme de violence économique qui dieu m’en est témoin parle à tous les Tunisiens qu’ils hommes ou femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Enorme, choquant et effarant</h2>



<p>La rubrique violence numérique et cybernétique est juste épatante. On nous &nbsp;dit, délinquants que nous sommes, que 47,9% des adolescentes de15 à 17 ans se connectent avec des inconnus et 37,1% d’entre elles ont subi au moins une fois une violence électronique. Il va falloir alors qu’on nous explique dans quelle bulle on a enfermé ces messieurs dames de l’enquête, car personnellement en n’acceptant que des personnes que je connais sur les réseaux sociaux, en ne me connectant que sporadiquement, au risque d’en faire des mécontents et en me limitant à&nbsp;discuter que de sujets bien choisis, je réussis à faire l’objet de violence numérique. On ne s’étonnera donc pas que des adolescentes de 15 à 17 ans qui se connectent pour la moitié d’entre elles avec des inconnus subissent des violences numériques. D’abord, on n’a pas besoin d’avoir fait de grandes écoles pour comprendre que c’est le problème de tous les adolescents, filles ou garçons, et qu’à moins de détenir des chiffres concernant les adolescents de sexe masculin pour comparer, ça restera le problème de tous les adolescents et non pas uniquement des adolescentes pour ensuite l’utiliser pour gonfler des chiffres de violences faites aux femmes.</p>



<p>Dois-je préciser que l’analyse de cette enquête et sa critique ne vise en aucun cas à minimiser les violences faites aux femmes ou à les banaliser, au contraire, je trouve que les chiffres avancés par l’enquête, et qui n&rsquo;ont rien à voir avec la réalité, font beaucoup de mal aux Tunisiennes et aux Tunisiens qu’ils insultent.</p>



<p>Cependant, les chiffres qui se rapprochent le plus de la réalité dans cette enquête et qui ont été noyés dans un magma de données approximatives, sont le taux de violences physiques de 5,3%, à mon avis très sous-estimé, et de violences sexuelles de 15,6% qui l’est encore davantage. L’enquête Virage menée par l’Ined en France en 2016 trouve à peu près les mêmes chiffres, mais considère qu’a peu près une Française sur deux a déjà subi une agression sexuelle. Les résultats sont souvent faussés par la pudeur des victimes mais surtout par la peur de représailles.</p>



<p>Selon l’enquête de l’INS, 20,9% des Tunisiennes de 15 à 74 ans ont subi au moins une fois les12 derniers mois une violence physique ou sexuelle, c’est énorme, c’est choquant et c’est effarant. Pour que ça parle à chacun d’entre nous, à chaque fois qu’on est quelque part et qu’il y a des femmes, &nbsp;que ce soit des sœurs, des parentes ou des inconnues, disons-vous qu’une sur cinq de ces femmes a subi les 12 derniers mois, soit l’année en cours,&nbsp;au moins une violence physique ou sexuelle. Mais disons-nous aussi que ce chiffre est sous-estimé et qu’il est en réalité proche de 50%. Mais surtout disons-nous que leurs agresseurs ne viennent pas d’ailleurs, ce sont vous et moi et des personnes dans notre entourage en apparence bien propre sur eux.</p>



<p>* <em>Médecin.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WJUcBsg9Tw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/14/violences-faites-aux-femmes-pour-une-nouvelle-norme-contraignante/">Violences faites aux femmes : Pour une nouvelle norme contraignante</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Violences faites aux femmes : Pour une nouvelle norme contraignante » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/14/violences-faites-aux-femmes-pour-une-nouvelle-norme-contraignante/embed/#?secret=WmkEgiF4tA#?secret=WJUcBsg9Tw" data-secret="WJUcBsg9Tw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Ralentissez-moi ou je fais un malheur !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/28/ralentissez-moi-ou-je-fais-un-malheur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2024 06:10:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[dos d&#039;âne]]></category>
		<category><![CDATA[Gafsa]]></category>
		<category><![CDATA[Monem Lachkam]]></category>
		<category><![CDATA[ralentisseurs de vitesse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie,on vous en met plein de ralentisseurs partout sur votre route pour être bien sûr que cela n'avancera jamais. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Comme si la croissance économique en Tunisie n’est pas assez atone, avec des taux désormais en-dessous de 1%, on vous en met plein de ralentisseurs partout sur votre route pour être bien sûr que cela n</em></strong>&lsquo;<strong><em>avancera jamais… N’est-ce pas génial ?  </em></strong></p>



<p><strong>Dr Monem Lachkam</strong> *</p>



<span id="more-14077484"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Monem-Lachkham.jpg" alt="" class="wp-image-242973"/></figure>
</div>


<p>Un futur prix Nobel pour la Tunisie mijote à feu doux. Ne soyez surtout pas surpris si, un jour très proche, des responsables des gouvernorats du centre et du sud tunisien soient nominés pour le prix Nobel de l’économie ! Et pour cause, une idée de génie pour le développement social et économique de ces 4 gouvernorats&nbsp;est en voie de donner ses fruits (et ses légumes). Le plus magique dans tous ça, c’est que la même idée soit adoptée d’une manière collégiale par les dits responsables, sans entente préalable ni concertation! Alors, avant que ça ne se sache et que ça ne fasse des émules, laissez-moi vous parler de cette stratégie dans des termes simples et accessibles même pour les plus béotiens d’entre nous et dieu sait qu’il en existe.</p>



<p>Vous n’en pouvez plus d’attendre hein? Vous devez être certainement en train de vous demander ce que pouvait être cette invention? Est-ce vraiment&nbsp; la panacée à tous les maux des régions de l’intérieur? C’est normal et je comprends votre impatience.</p>



<p>La méthode est simple, les profanes la trouveront peut-être même ridicule, mais je vous invite à plus de clairvoyance et de sagacité, c’est aussi technique que retors. Roulement de tambour: les <em>«ralentisseurs de vitesse»</em> ou <em>«dos-d’âne»</em> pour les intimes.</p>



<p>Avant d’exposer le mécanisme et d’énumérer les résultats, laissez-moi dire aux plus sceptiques qui pensent que près de soixante-dix ralentisseurs sur les cent derniers kilomètres vers&nbsp; Gafsa c’est beaucoup, qu’au contraire ce n’est pas assez vu la radicalité de la méthode et la cruciale importance des enjeux!</p>



<p>D’autres pensent même, j’en suis certain, vu l’abondance des dits ralentisseurs, soit une moyenne d’un ouvrage tout le kilomètre et demi, et parce qu’ils sont pour la plupart hors normes, qu’il y a plus d’accidents, de décès et une détérioration précoce de nos véhicules en comparaison avec les autres régions. Eh bien oui, il y a très probablement plus de morts et de blessés, notre budget d’entretien probablement 40% à 50% plus cher que dans d’autres régions,&nbsp;et alors, ce n’est qu’un maigre tribu sacrifié sur l&rsquo;autel de la citoyenneté!</p>



<p>Je vois même de petits malins qui se disent qu’il n’y a aucun résultat palpable malgré l’âge relativement avancé du programme! Oui mais non! C’est un investissement à moyen et à long terme !</p>



<p>Je dois aussi avouer que pour une commodité d’analyse statistique, les initiateurs ont apparemment fait le choix&nbsp; de reporter les résultats du moyen-terme sur le long-terme, c’est ainsi que je prendrai la liberté de vous promettre de vous communiquer les résultats chiffrés et détaillés après évaluation du dit long-terme, pour ainsi dire dans exactement trente ans.</p>



<p>Vous voudriez sans doute savoir, par quel sacro-saint mécanisme, un ralentisseur pourrait-il avoir la prétention de relancer le développement économique de régions déshéritées,&nbsp;outrées, spoliées depuis sept décennies? Eh bien sincèrement je n’en ai absolument pas la moindre idée. Mais un peu de bon sens, pourquoi ils nous en mettraient autant alors?</p>



<p>N’allez pas me dire que toute cette souffrance et ces dégâts sont pour rien?</p>



<p>Ne me dites tout de même pas qu’ils n’ont jamais évalué le bénéfice risque?</p>



<p>Et moi qui croyais que c’était pour une noble cause!</p>



<p>Vous savez quoi, il n’y a pas de doute ma crédulité et ma naïveté me perdront !</p>



<p>* <em>Chirurgien de libre pratique à Gafsa.</em></p>
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