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	<title>Archives des Mongi Slim - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mongi Slim - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Bourguiba, un destin hors du commun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:46:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 26 ans nous quittait Habib Bourguiba :  un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 6 avril 2000, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, tira sa révérence. Il fut le libérateur de la nation, le 20 mars 1956, et le fondateur de la république, le 25 juillet 1957, le jour où l’assemblée nationale constituante abolit la monarchie fondée par Hussein Ben Ali, le 15 juillet 1705. Un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-18590069"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Pour ses nombreux admirateurs comme pour ses détracteurs, il fut un grand leader qui a donné un statut à son pays sur la scène régionale et internationale et œuvré pour la construction d’un État laïque, libéré du tribalisme, respectueux des droits de la femme et porté sur la modernité et le progrès.</p>



<p>Vingt-six ans après la disparition du <em>«Combattant suprême»</em>, les Tunisiens, ou une écrasante majorité d’entre eux, invoquent son œuvre colossale. Ils le considèrent comme le père de la nation, un homme d&rsquo;État, un visionnaire, un bâtisseur et un homme de progrès, même s’il a été autoritaire, comme la plupart des dirigeants du tiers-monde à son époque.</p>



<p>D’aucuns affirment que Bourguiba était un véritable animal politique. Il privilégiait le pragmatisme, le travail de terrain et la lecture lucide des réalités, loin des idéologies qui foisonnaient à son époque. On évoque aujourd’hui encore ses discours prémonitoires et quasi-prophétiques, comme celui prononcé à Jéricho, en Jordanie, en 1965, appelant les Palestiniens à accepter la résolution des Nations Unies sur le partage de la Palestine en deux États, l’un pour les Palestiniens, l’autre pour les Israéliens, comme une étape dans la lutte pour libération totale du territoire, tout comme celui prononcé au Palmarium, à Tunis, en 1972, au cours duquel il a recadré sèchement le colonel Mouammer Kadhafi&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable boule de feu</h2>



<p>Comme tout grand homme politique, Bourguiba était un fin connaisseur de l’histoire de son pays et des autres nations. Ceux qui l’avaient côtoyé de près durant le combat pour l’indépendance et la construction de l’Etat postindépendance, se souviennent d&rsquo;un homme dynamique et toujours en mouvement, une véritable boule de feu.</p>



<p>Durant sa vie, comme élève au collège Sadiki, étudiant en droit et sciences politiques à Paris, militant nationaliste, journaliste, politicien et homme d’État, il a brillé par sa vivacité intellectuelle et son charisme irrésistible. Il avait sillonné la Tunisie en long et en large et plus d’une fois, instauré la méthode du contact direct dont il a fait sa devise et sa méthode, organisé des centaines de meetings populaires, rencontré des dizaines de milliers de gens, tissé de fortes relations avec les notables locaux pour les associer à son combat. Il avait aussi visité des dizaines de pays à travers le monde pour défendre la cause de la Tunisie durant la période coloniale, comme après l&rsquo;indépendance, pour défendre les intérêts de la jeune nation.</p>



<p>Bourguiba s’était lié d’amitié avec des dizaines d’hommes d’État et de hauts responsables politiques à travers le monde : De Gaulle, Mendes France, Mitterrand, Chirac, Nasser, Sadate, Mohamed V, Hassan II, Boumediene, Senghor, Arafat, Helmut Kohl, Willy Brant et bin d’autres sommités de son époque&#8230;</p>



<p>Habib Chatty, son ministre des Affaires étrangères entre 1974 et 1977, souligne dans ses mémoires publiés en France en 2022 que Bourguiba, soucieux du statut international de la Tunisie, avait décliné en dernière minute l’invitation du président de l’Union Soviétique Léonid Brejenev, exigeant d’être reçu par son homologue à l’aéroport et non par le ministre des Affaires étrangères André Gromyko comme le voulait le protocole soviétique, refusant d’être traité comme certains chefs d’État africains à l’époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat</h2>



<p>Avec le temps, grâce à la force de ses idées, la clarté de ses objectifs, la puissance de sa détermination et la rigueur de sa démarche, il avait réussi à bâtir un nouvel État et à faire resusciter une nation trois fois millénaire : la Tunisie, l’héritière de Carthage&#8230;</p>



<p>Lucide, Bourguiba a misé, depuis son accession à la magistrature suprême, sur la consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat, l’émancipation de la femme, la généralisation de l’éducation et l’instauration du planning familial et du contrôle des naissances, afin de garantir les conditions d’un développement équilibré. Sans cette vision stratégique, la Tunisie compterait aujourd’hui 26 millions d&rsquo;habitants, soit plus que le double de sa population actuelle&nbsp;: 12,5 millions.</p>



<p>Rien que sur ce plan, l’homme mérite d’être célébré comme un grand bâtisseur à l’échelle de sa petite nation qu’il a sauvée des affres du sous-développement.</p>



<p>Bourguiba savait également s’entourer de responsables très compétents comme le furent Hedi Nouira, Mongi Slim, Mahmoud Messadi, Chedly Klibi, Idriss Guiga, Lassaad Ben Osman, Mansour Molla, Chedly Ayari&#8230;.</p>



<p>L’homme est aujourd’hui cité dans les annales politiques et diplomatiques parmi les grands chefs d’État au vingtième siècle. Il restera toujours une source de fierté pour notre pays. <em>*</em></p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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		<item>
		<title>Hommage &#124; Mongi Slim, grand diplomate et fin négociateur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/20/hommage-mongi-slim-grand-diplomate-et-fin-negociateur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 10:07:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Tahar Ben Ammar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mongi Slim était un diplomate tunisien de calibre international, dont le nom est resté gravé dans les annales de notre diplomatie.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Feu Mongi Slim était un des rares diplomates tunisiens de calibre international, dont le nom est resté gravé en lettre d’or dans les annales de la diplomatie tunisienne et lié étroitement à son histoire, une diplomatie sage, mais efficace, qui a fait d’un petit pays, comme la Tunisie, un pays hautement respecté et attentivement écoutée et de sa capitale, Tunis, une ville incontournable, lorsqu’il s’agit des questions qui intéressent, de près ou loin, le monde arabe, africain, musulman et méditerranéen et que ses analyses pertinentes étaient hautement appréciées.</em></strong></p>



<p><strong>Kamel Ayari</strong></p>



<span id="more-17949890"></span>



<p>Mongi Slim était un militant authentique pour l’indépendance de la Tunisie, comme ministre de l’Intérieur, déjà, dans le gouvernement Tahar Ben Ammar sous le Bey, en 1956, avant d’embrasser, au lendemain de l&rsquo;indépendance, une carrière diplomatique fort réussie et reconnue par tout un chacun.</p>



<p>En effet, eu égard à ses grandes qualités d’habile négociateur et de fin tacticien, Bourguiba lui confia, en toute assurance, le poste, fort convoité, d’ambassadeur à Washington <em>(photo : avec le président John F. Kennedy)</em> et en même temps représentant permanent de la Tunisie aux Nations Unies à New York, et également encore, chose rarissime, ambassadeur à Ottawa, au Canada : trois importantes et délicates missions, dont il s’acquittait à merveille, d&rsquo;ailleurs, notamment du côté de l’Onu, où il a réussi, par son sérieux et son savoir-faire, à gravir les échelons jusqu’à être élu président de son Assemblée générale, (Bouteflika a occupé lui aussi ce poste, mais bien après), cette qualité très importante lui permettant de contribuer, avec d’autres, bien sûr, à l’indépendance de certains pays africains et lui a procuré beaucoup d’estime et de considération de la part de la majorité des pays membres de l’époque.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="200" height="300" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Mongi-Slim-Time-2.jpg" alt="" class="wp-image-17949937"/></figure>
</div>


<p>A cette époque, Mongi Slim faisait la fierté des pays africains et arabes, entre-autres, qui constituaient la majorité au sein de cette haute instance internationale, qui s’activait inlassablement pour apaiser les tensions frappant certaines régions dans le monde et essayait d’instaurer l’ordre et le calme, là où ils sont indispensables.</p>



<p>Dag Hammarskjold, le secrétaire général de l’Onu d’alors, qui était en mission en Afrique, en vue de mettre terme au conflit qui déchirait les deux Congo (Kinshasa et Brazzaville), mourut dans son hélicoptère abattu en plein vol par des parties qui cherchaient à saboter ses efforts et saper la réconciliation entre les deux pays frères. Celui qui devait le remplacer normalement, c’était donc, Mongi Slim, selon tous les sondages et les observateurs internationaux qui s’accordaient à le qualifier de <em>«grand favori»</em>, et le plaçaient, de loin, devant un certain U Thant, un Asiatique (Birman plus précisément) pour lui succéder.</p>



<p>Il suffisait, alors, seulement, comme stipule le règlement en vigueur, que le gouvernement tunisien déposât le dossier de sa candidature et tour était joué et Mongi Slim serait certainement élu secrétaire général avec une majorité écrasante, mais comme Habib Bourguiba n’aimait pas que quelqu’un d’autre que lui soit connu sur la scène internationale, en décida autrement, en le rappelant à Tunis, en 1962, et en lui confiant le portefeuille des Affaires étrangères, permettant ainsi, à cet inconnu U Thant de devenir le nouveau secrétaire Général des Nations Unies. Dommage, c’était pourtant à portée de main. Quel gâchis ! &nbsp;</p>



<p>Mongi Slim sera nommé par la suite représentant personnel du&nbsp;président&nbsp;Habib Bourguiba, avec rang de ministre, en 1964&nbsp;puis ministre de la Justice en 1966. Il meurt le&nbsp;23 octobre&nbsp;1969 et est inhumé au carré des martyrs du&nbsp;cimetière du Djellaz.</p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=25714862881451826&amp;id=100000643986788&amp;post_id=100000643986788_25714862881451826&amp;rdid=r9TOB4JZux2yOWx3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Page Facebook de l’auteur.</a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/20/hommage-mongi-slim-grand-diplomate-et-fin-negociateur/">Hommage | Mongi Slim, grand diplomate et fin négociateur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ces murs menaçant de s&#8217;effondrer au cœur de Tunis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/16/ces-murs-menacant-de-seffondrer-au-coeur-de-tunis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 08:10:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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		<category><![CDATA[vieux immeubles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des vieux immeubles menacent de s’effondrer à tout moment au cœur même de Tunis.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/16/ces-murs-menacant-de-seffondrer-au-coeur-de-tunis/">Ces murs menaçant de s&rsquo;effondrer au cœur de Tunis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après la chute, avant-hier, lundi 14 avril 2025, du mur d’enceinte d’un lycée à <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/15/drame-de-mezzouna-les-autorites-aux-abonnes-absents/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mezzouna</a> (gouvernorat de Sidi Bouzid), ayant causé la mort de trois élèves, l’auteur attire l’attention des autorités sur les vieux immeubles qui menacent de s’effondrer à tout moment au cœur même de Tunis.</em></strong></p>



<p><strong>Samir Messali</strong> &nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-16195613"></span>



<p>Après la disparition de son souk des produits importés de Naples et d’ailleurs, florissant dans les années 80, et la fermeture du seul endroit chaud de la capitale contrôlé par les autorités, la rue Zarkoun, qui traverse la moitié de la Médina à partir de la rue Mongi Slim, a perdu beaucoup de son attrait.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-16195629" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Hormis quelques commerces de tissu, la rue est presque déserte mais ce qui attire l’attention de ceux, qui comme moi empruntent cette rue pour aller à la Kasbah en évitant l’encombrement de la rue Zitouna, ce sont ces&nbsp; innombrables immeubles à gauche et à droite qui sont presque tous en ruine.</p>



<p>Qu’il s’agisse d’anciennes maisons <em>«arabes»</em> ou des immeubles <em>«européens»</em>, il n’en reste que les murs extérieurs. Il ne faut pas être expert pour constater la menace d’un effondrement qui peut arriver à tout moment.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-16195633" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Il est vrai que la rue n’a plus d’attrait immobilier. Ajoutez à cela des situations foncières complexes de biens d’étrangers ou d’héritiers désintéressés, cela n’empêche que les autorités doivent intervenir rapidement afin de démolir ces immeubles qui constituent un vrai danger public. La plaque jaune mise par la municipalité de Tunis à l&rsquo;angle de la rue de l’Ancienne douane sommant les passants à éviter le passage à côté de ces immeubles ne suffit vraiment pas à éviter un éventuelle catastrophe.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-16195635" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Rue-Zarkoun-Tunis-4.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p></p>



<p></p>
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		<title>‘‘De Saint-Cyr au peloton d’exécution’’: Le curieux destin d’un opposant atypique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/02/de-saint-cyr-au-peloton-dexecution-le-curieux-destin-dun-opposant-atypique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 07:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Moncef El Materi apporte une lumière crue sur le complot dit de Lazhar Chraïti contre Bourguiba en 1962. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/02/de-saint-cyr-au-peloton-dexecution-le-curieux-destin-dun-opposant-atypique/">‘‘De Saint-Cyr au peloton d’exécution’’: Le curieux destin d’un opposant atypique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce livre, le tome 1 d’une autobiographie de Moncef El Materi, apporte une lumière crue sur le complot dit de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/28/in-memoriam-lazhar-chraiti-pere-pardonne-nous/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lazhar Chraïti</a> contre Bourguiba en 1962, par l’auteur, directement impliqué.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-15368144"></span>



<p>Il a d’abord l’immense mérite de révéler le côté obscur et hideux du régime, son système carcéral inhumain dans la continuité d’une justice expéditive dont les avocats (Maître&nbsp;Slaheddine Caid Essebsi) bien avant ceux de Ceausescu, s’excusent de devoir défendre <em>«de tels criminels»</em> (!!!). On ne peut éprouver que de la compassion envers tous ceux qui en ont subi les redoutables effets,&nbsp;qui ont été exécutés à la suite de procès&nbsp;dont l’équité demeure contestable et contestée,&nbsp;et qui ont été enterrés dans des fosses communes anonymes sans possibilité pour les familles d’accomplir leur deuil et de d’honorer leurs morts.</p>



<p>Comment tout cela a-t-il été possible? On relèvera évidemment la présence de Béji&nbsp;Caïd&nbsp;Essebsi visitant le bagne de Ghar El Melh dans l’exercice de ses responsabilités au ministère de l’Intérieur, et les représailles qui en ont résulté contre les détenus lorsque quelques-uns parmi eux lui ont demandé une amélioration de leurs conditions de détention. Il n’en sera pas pour autant en tant que sauveur de la Nation, élu à la Présidence de la République plus de 50 ans plus tard. Les voies du Peuple Tunisien, tout comme celles du Seigneur, sont ainsi souvent impénétrables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Amateurisme et naïveté des conjurés</h2>



<p>On ne peut cependant pour en revenir au complot lui-même s’empêcher de relever l’amateurisme et la naïveté des conjurés, autant&nbsp;civils que militaires, ainsi que leur organisation défectueuse.</p>



<p>Pourtant, en dépit de certains avertissements émanant de quelques militants destouriens, les services de sécurité, en particulier Driss Guiga, pour qui <em>«Zarg Layoun&nbsp;voit des complots partout»</em> (sic) selon une annotation de sa main d’un rapport des renseignements, n’y avaient vu que du feu. Seule une dénonciation émanant d’un officier participant au complot a fait avorter le projet. Et c’est Bahi Ladgham, le ministre de la Défense faisant fonction de premier ministre, qui a mené lui-même l’interrogatoire des militaires impliqués, apparaissant ainsi, lui un transfuge ex-Yousséfiste d’apparence plutôt effacée, comme un fidèle pilier du régime de Bourguiba. C’était sans doute ce qu’on avait exigé de lui, en tant qu’ex-adversaire, de témoigner de sa fidélité, et il s’en était acquitté. L’auteur l’avait néanmoins taxé d’acharnement injustifié et de menaces gratuites. Cela doit être relativisé du moment qu’il n’eut recours ni à la torture physique ni à l’humiliation contre les suspects.</p>



<p>Quant à Taïeb Mhiri, qui en tant que ministre&nbsp;de l’Intérieur s’est également impliqué dans l’enquête, le livre suggère qu’il en savait beaucoup plus qu’on veut bien le dire, en particulier par le biais du résistant Bouyahya. Tout comme d’ailleurs Mongi&nbsp;Slim, que quelques-uns des conjurés avaient proposé comme futur président après l’élimination de Bourguiba. Mais quelles étaient les motivations du complot?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mEBaLLhoze"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/">Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/embed/#?secret=KhiI8hEG9X#?secret=mEBaLLhoze" data-secret="mEBaLLhoze" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Un homme comme <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ahmed Rahmouni</a>, accusé à tort de Yousséfisme par les petits chefs du Parti Destourien à Thala, et déjà incarcéré pour cela durant deux années, s’était retrouvé dépouillé de son statut prestigieux de Zeitounien et éloigné de son terroir pour devenir un simple professeur salarié d’un collège de Tunis enseignant l’éducation civique, de peu d’importance aux yeux des élèves.</p>



<p>Ainsi, à côté des motivations personnelles des conjurés, d’anciens résistants lésés ou frustrés par le collectivisme de Ben Salah, ou des Yousséfistes ayant subi les rigueurs de la répression, tout un pan traditionnel de la population tunisienne avait été heurté par le comportement provocateur et la volonté de Bourguiba de marginaliser selon eux la langue arabe et l’Islam dans la Tunisie nouvelle.</p>



<p>On peut comprendre que des militaires issus du Machreq dont quelques-uns avaient même participé à la guerre de Palestine, hostiles de principe à la langue française, ou de l’ancienne armée beylicale, y aient été sensibles. C’est néanmoins la participation des Saint Cyriens, censés adopter les normes modernes, qui a semé la panique et perturbé le pouvoir tunisien.</p>



<p>Mais la lecture du livre n’éclaire pas sur les motivations profondes de l’auteur, un membre de la bourgeoisie tunisoise&nbsp;aisée, condamné à mort dont la peine au dernier moment a été commuée en détention à vie, pour des raisons qu’il prétend ignorer.</p>



<p>Une bataille sans objet et ne servant que les intérêts égoïstes de Bourguiba</p>



<p>On ne peut pas considérer que les divergences entre son oncle Mahmoud El Materi et Bourguiba n’y aient pas été pour quelque chose, dans cette condamnation, du moins jusqu’à un certain point. Néanmoins la motivation principale semble avoir été la bataille de Bizerte pour laquelle l’auteur avait quitté le contingent stationné au Congo, qui a coûté la vie à au moins 5000 Tunisiens dont plusieurs militaires, à commencer par un ami de l’auteur, et saint-cyrien comme lui, le commandant Mohamed Béjaoui, tombé au champ d’honneur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="n0ZLR9Fao3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/03/les-trois-decennies-bourguiba-aux-fondations-dun-etat-perenne/">‘‘Les trois décennies Bourguiba’’ : aux fondations d’un Etat pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les trois décennies Bourguiba’’ : aux fondations d’un Etat pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/03/les-trois-decennies-bourguiba-aux-fondations-dun-etat-perenne/embed/#?secret=foBV3Hksvt#?secret=n0ZLR9Fao3" data-secret="n0ZLR9Fao3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Selon le livre, cette bataille fut sans objet et ne servit que les intérêts égoïstes de Bourguiba, une thèse soutenue par Salah Ben Youssef. On peut comprendre que des jeunes frais émoulus de l’académie militaire eussent pu le penser face au déséquilibre des forces en présence et l’ampleur des pertes subies. Mais plus de 60 années après les faits, que l’on puisse encore en être convaincu appelle certaines précisions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’honneur de l’armée tunisienne</h2>



<p>L’affaire de Bizerte a commencé pour deux raisons: le refus de la France de fixer une date à son évacuation de la ville et de la base aéronavale, et les travaux entrepris par l’armée française pour prolonger les pistes d’atterrissage en empiétant sur le territoire tunisien afin d’accueillir les nouveaux avions de chasse supersoniques, démontrant ainsi une volonté de ne pas quitter les lieux de sitôt. Dans les circonstances de l’époque, cela ne pouvait s’apparenter qu’à une provocation française.</p>



<p>Or, l’État tunisien, tout comme tout autre État dans le monde, est à tout moment en droit d’étendre sa souveraineté sur son territoire, en recourant pour y parvenir aux moyens de son choix. Et il est à cet égard paradoxal que les maximalistes de l’indépendance, à commencer par Salah Ben Youssef, qui jusque-là l’accusaient de collusion avec la France, l’aient critiqué sur cela. Une telle argumentation est donc dénuée de bonne foi.</p>



<p>Quant à l’honneur de l’armée tunisienne qui aurait été terni par la défaite et les morts inutiles, même ses adversaires français ont reconnu son courage et sa bravoure malgré des pertes sévères et la disproportion des moyens. Quoiqu’on en dise, l’honneur du soldat partout dans le monde demeure de servir et d’obéir, si ce n’est pas de mourir. De surcroît, De Gaulle avait la volonté d’en découdre afin d’offrir une victoire à l’armée française après le putsch des généraux d’Alger de 1961 qui refusaient l’indépendance de l’Algérie.</p>



<p>Cet élément crucial de la tuerie a été totalement passé sous silence, et tout cela a été porté au passif du seul Bourguiba, coupable de surcroît, il faut bien en convenir, d’avoir fait abattre le secrétaire général du Néo Destour à Genève, dans le cadre de la sale&nbsp;guerre que les deux hommes n’avaient cessé de se livrer.</p>



<p>Il est non moins significatif que dans son discours de Janvier 1963,&nbsp; justement qualifié de terrible selon le Docteur Slimane Ben Slimane, Bourguiba qui avait disculpé l’Egypte, ait lui aussi omis de mentionner Bizerte et De Gaulle, et ait au contraire choisi d’attaquer, outre ceux considérés comme les ennemis intérieurs du régime (haineux, fellaghas,&nbsp;yousséfistes, communistes), le président algérien Ben Bella <em>«proche des&nbsp;Chinois (maoïstes)&nbsp;et de Che Guevara»</em>, et coupable de contrevenir aux normes diplomatiques&nbsp;internationales en appuyant le complot par le biais d’un citoyen algérien, Mostari Ben Saïd.</p>



<p>D’une manière étonnamment prémonitoire d’un futur changement de régime en Algérie, qui surviendra en 1965, le discours évoquait les désaccords entre Ben Bella et son ministre de la Défense, le colonel Boumediene. Il balayait&nbsp; toute possibilité de démocratie et de multipartisme, renvoyée à un avenir où le peuple tunisien jouirait de la maturité et du patriotisme du peuple britannique, autrement dit aux calendes grecques.</p>



<p>Qu’il ait omis de mentionner que l’Armée&nbsp;d’un pays aussi enraciné dans la démocratie que la France avait tenté de renverser et d’assassiner son président élu explique certes la référence par cet adepte convaincu de la francophonie&nbsp;au seul cas britannique, puisque le peuple français s’était révélé aussi immature que le sien tunisien.</p>



<p>Ce discours allait tout de même malgré certaines incohérences constituer le programme cadre&nbsp;par lequel le Destour allait verrouiller toute possibilité de pluralisme politique et de partage du pouvoir qui&nbsp;se prolongerait jusqu’au départ de Ben Ali, en 2011, soit durant 50 ans, auquel tous les opposants, à commencer par l’auteur, opposeront&nbsp;plus tard à partir des années 70 l’expérience sénégalaise du président Senghor.</p>



<p>C’est oublier que dans les pays d’Afrique, le système représentatif est inné à la société, par le biais des assemblées des villages ou des anciens, épargnées par le colonisateur dont elles propageaient&nbsp;l’influence, ce dont les organisations sociales des pays du Maghreb sont dépourvues, elles dont les élites traditionnelles dépossédées et passées souvent à la résistance armée ont été laminées par le colonialisme et remplacées par une administration aux ordres.</p>



<p>D’autre part, la démocratie a-t-elle un sens lorsque la monnaie, en l’occurrence le Franc CFA, est imposée par l’ancienne puissance coloniale, détentrice des réserves de devises dont le pays où elle occupe toujours des bases militaires ne peut lui-même librement disposer?</p>



<p>Pour tout dire Bourguiba a bien tiré profit du complot de 1962 pour verrouiller à son profit le système politique. Il ne faut pas oublier qu’en 1958, Tahar Mahdaoui, agissant sur instructions de Salah Ben Youssef, n’avait pas eu le courage de l’abattre en plein théâtre de Tunis lorsque, armé d’un fusil, il s’était trouvé à quelques mètres de lui.</p>



<p>Cependant, prétendre que les conjurés ne méritaient pour autant pas plus de cinq années d’emprisonnement parce que le complot n’était pas passé à sa phase exécutoire demeure une spéculation fortuite, qui n’est que renforcée par la nature du régime politique qu’ils projetaient d’instaurer, ou pis, sur laquelle ils n’étaient pas encore arrivés à se mettre d’accord. Mais&nbsp; il apparaît que l’auteur du livre se soit fait un point d’honneur non seulement à ne pas dénoncer ceux qui avaient participé au complot et qui n’ont pas été arrêtés, et il y en a, mais également à défendre la mémoire de ses camarades de cellule, d’abord son ami Hamadi Ben Guiza, plus tard tourmenté par les services de sécurité du <em>«démocrate»</em> Mohamed Mzali à la recherche d’un complot de Kadhafi ou de Wassila, ensuite Ezzedine Chérif, l’un des chefs du commando armé de la ville de Gafsa pris et exécuté en 1980.</p>



<p>Evidemment cet épisode demeuré mystérieux&nbsp;sort ainsi quelque peu de l’ombre. Les membres du commando venus d’Algérie se cachent trois semaines avant l’attaque dans la ville dont ils essaieront de prendre le contrôle. Lâchés&nbsp;par les Libyens et les Algériens qui semblent leur avoir fait de fausses promesses, et déçus par la population qui&nbsp;refuse de collaborer et de prendre les armes qu’ils leur apportent,&nbsp;ceux qui prétendaient soulever la population des villes <em>«oubliées»</em> de l’Ouest du pays, dont on ignore toujours le nombre, quand ils ne succombent pas dans les combats, sont pris et exécutés sommairement ou après jugement.</p>



<p>Selon l’auteur, c’est le séjour durant trois années au bagne de Ghar El Melh qui a radicalisé Ezzedine Chérif&nbsp;et en a fait un adversaire implacable du régime.</p>



<p>Néanmoins cette affaire est située&nbsp;dans le cadre des luttes de clans faisant rage, et une collusion entre Wassila Bourguiba, Boumediene, et Kadhafi, y est implicitement&nbsp;suggérée, il est vrai en citant Amor Chédli, afin d’écarter Hédi Nouira du pouvoir. Il s’avère qu’un certain Azzedine&nbsp;Azzouz avait&nbsp; prévenu le ministre de l’Intérieur Othman&nbsp;Kechrid de contacts avec les Algériens, mais confié à Ben Ali, alors directeur de la sûreté pour interrogatoire, celui-ci l’avait simplement placé en cellule jusqu’à l’attaque. Or des témoignages rapportés par un journaliste tunisien à Beyrouth ainsi qu’un officier concordent pour confirmer que l’armée tunisienne était au courant que quelque chose se tramait trois semaines avant les faits et qu’elle avait pris certaines dispositions.</p>



<p>Naturellement, on ne s’étonne pas de la volonté de l’auteur de disculper ainsi le futur gendre de son fils Sakhr de toute responsabilité, d’ailleurs sans grand résultat; Ben Ali en charge d’un témoin important n’en a pas tiré les renseignements disponibles à temps. Si ses ennemis tels Driss Guiga et Wassila y ont trouvé un alibi pour l’écarter, il ne le doit qu’à son impéritie.&nbsp;</p>



<p>L’intervention de l’armée française dans les combats? Peut être, et c’est encore un argument utilisé par ses détracteurs pour prouver que Bourguiba était à la solde des Français contre son propre peuple, mais les Saoudiens n’avaient pas hésité à utiliser le GIGN français dans l’enceinte de la mosquée de la Mecque. Tout État a donc le droit d’utiliser tous les moyens disponibles contre la subversion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ultime ironie du destin</h2>



<p>Quoiqu’il en soit, sous le régime de Bourguiba, l’auteur a eu toute latitude de devenir un homme d’affaires prospère et de voyager, malgré la surveillance à laquelle il a été constamment soumis, même si de temps à autre il fut privé de son passeport, en particulier après des rencontres imprudentes à l’étranger avec des opposants.</p>



<p>Néanmoins, ultime ironie du destin, c’est paradoxalement avec l’avènement de la liberté&nbsp;en Tunisie en 2011 pour laquelle il considère avoir lutté et sacrifié dix années de sa vie, que Moncef El Materi, réfugié&nbsp;à l’étranger, verra ses biens gelés, fera l’objet d’une demande d’extradition et paiera le prix de ses liens matrimoniaux avec les familles Ben Ali et Trabelsi, quand son ancien geôlier tortionnaire deviendra président de la République. Peut être cela explique-t-il sa réticence à publier le Tome 2 de ces mémoires.</p>



<p>C’est dommage !&nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘De Saint-Cyr au peloton d’exécution de Bourguiba (Tome 1)’’, de </em></strong><strong><em>Moncef El Materi Arabesques Editions, Tunis, 1<sup>er</sup> mars 2014.</em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bourguiba, Ben Slimane et le 9 avril 1938 : Quelle histoire?!</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/09/bourguiba-ben-slimane-et-le-9-avril-1938-quelle-histoire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2024 06:46:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[9 avril 1938]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Belhouane]]></category>
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		<category><![CDATA[Néo-Destour]]></category>
		<category><![CDATA[Slimane Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Sfar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur les événements du 9 avril 1938, page importante de la lutte de la Tunisie pour l’indépendance.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cet article s’inspire largement des ‘‘Mémoires’’ du Dr Slimane Ben Slimane et rappelle, à l’occasion de l’anniversaire des événements du 9 avril 1938 **, cette page importante de la lutte de notre pays pour l’indépendance. C’est également un hommage au Dr Ben Slimane dont beaucoup de Tunisiens n’ont presque jamais entendu parler et que l’histoire officielle et ses hagiographes, de 1956 à nos jours, ont ignoré et, parfois, gommé.</em></strong> <em>(Illustration : Dr Ben Slimane et Bourguiba en 1937).</em></p>



<p>Par <strong>Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-12405644"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Nous sommes en novembre 1937 et le Néo-Destour vient de clore les travaux du congrès de la rue du Tribunal. Habib Bourguiba, accompagné du Dr Ben Slimane, part pour une tournée de propagande dans les régions de l’intérieur…</p>



<p>A Menzel-Bou-Zelfa accompagné de Moufdi Zakaria, militant du Parti populaire algérien (PPA). Ce dernier fut étonné de la force du Néo-Destour, de son prestige&#8230; Bourguiba rentra à Menzel-Bou-Zelfa sur un cheval. Naceur Jellouli le ridiculisera dans le journal<em> “La Dépêche Tunisienne” </em>à la rubrique <em>«Am el Hadj».</em></p>



<p>A Monastir c’était notre <em><em>«</em>quartier général<em>»</em></em>. Chaque matin, nous partions vers un groupe de villageois. Nous tenions des réunions dans des maisons, dans des huileries.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fusillade à Bizerte</h2>



<p>C’est la fusillade à Bizerte qui annonça que la répression allait toucher la Tunisie après le Maroc et l’Algérie.</p>



<p>Après la fusillade, le Parti avait décidé d’envoyer Hédi Nouira, Mongi Slim et moi-même à Bizerte. Nous avions quitté Tunis au milieu de l’après-midi. Arrêtés sur la route par des gendarmes, on avait l’impression d’un pays en état de guerre. Arrivés à Bizerte<em>,</em> le contrôleur civil Mottes, à ses côtés le caïd Mohamed Salah Mzali, avait tenté de faire pression sur nous sans obtenir de résultats.</p>



<p>Nous avions quand même rencontré nos amis, encore sous le coup de la fusillade. Bougatfa s’attendait à être arrêté. Le lendemain, j’avais assisté aux obsèques des victimes de la fusillade. Le Parti communiste tunisien et les syndicats CGT étaient représentés par El-Gharbi, artisan tailleur. Tahar Ben Ammar assistait aux obsèques. Rentrés à Tunis, nous apprenions l’arrestation de Bougatfa.</p>



<p>Quelques jours après, je me rendis le soir à Bizerte avec Bourguiba pour tenir une réunion. Nous étions accompagnés de Mahmoud Bourguiba, le journaliste d’<em>El-Zohra</em>. Avant de rencontrer nos amis, le commissaire de police nous avait convoqués. Ensuite, nous avions tenu une réunion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le conseil national du 4 mars 1938</h2>



<p>Un Conseil national très important fut tenu à la veille de la grande bataille qu’allait livrer le peuple tunisien contre le colonialisme, bataille qui durera jusqu’au début de 1943.</p>



<p>L’atmosphère était surchargée, mais la grande majorité des militants était consciente et résolue à tenir tête à la répression.</p>



<p>Un problème de détail se posait: celui de remplacer le Docteur Mahmoud Materi. Tahar Sfar refuse. On me fit la proposition, mais je répondis que ma situation matérielle n’était pas à la hauteur de ce poste. J’étais interne à l’hôpital Sadiki. Je vivais dans une chambre de l’hôpital, nourri par lui et gagnais 1000F par mois. On n’insista pas et on passa à des questions plus importantes.&nbsp;</p>



<p>Au cours de ce Conseil, ma position était, qu’il fallait résister à l’offensive du colonialisme&#8230;</p>



<p>Les événements se précipitent. Ali Belhouane est révoqué de ses fonctions de professeur au Collège Sadiki. L’agitation estudiantine au Collège était continue. Les élèves étaient en contact permanent avec le Parti.</p>



<p>Ali Ben Youssef, élève à cette époque, avait joué un grand rôle dans cette agitation. Attia, directeur du Collège et Vieux-Destourien ayant des relations avec les agents de la Résidence, poussait à la répression&#8230;</p>



<p>Après les graves décisions prises par le Conseil national en mars 1938 et qui seront tenues secrètes, une grande tournée de propagande à travers toute la Tunisie fut décidée.</p>



<p>Il s’agissait d’informer les militants et les masses populaires de l’imminence de la répression et des actions à entreprendre pour lutter contre cette répression et gagner la bataille en définitive.</p>



<p>Youssef Rouissi et moi-même étions désignés pour une tournée dans la région de Béja, Souk El-Arba et Aïn Draham.</p>



<p>Dans les réunions qui ont suivi le Conseil national, on appelait les Tunisiens à ne pas payer l’impôt, au refus du service militaire, aux sabotages des voies ferrées, poteaux téléphoniques, ponts, etc.</p>



<p>Il était nécessaire de ne plus prendre de précautions oratoires et d’engager la bataille avec tous les atouts possibles. Nous savions que la bataille allait être dure, d’autant plus que la France était à la veille d’une guerre avec l’Axe…</p>



<p>Après la réunion de Souk El-Arba, nous en avions tenu d’autres au grand marché de Souk El Ahad, à Ain Draham et Tabarka. Nous voulions prouver que nous étions le pays réel et Peignon, le contrôleur civil, flanqué du colon algérien Mahiouz et du collabo tunisien Ben Henda, en faisaient autant pour prouver qu’ils étaient le pays légal…</p>



<p>Le lendemain matin, 4 avril, nous devions tenir une réunion à Oued Melliz. Nous nous préparions à partir avec Mohamed Ben Amara, un bon et sympathique militant de Souk El-Arba lorsqu’on est venu nous avertir que nous étions convoqués au commissariat où on nous signifia que nous étions arrêtés, si Youssef et moi-même. Conduits à la prison, nous avons été enfermés ensemble dans une cellule. De notre cellule, nous entendions de temps en temps les cris des manifestants dans la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tous transférés au Tribunal militaire</h2>



<p>Mardi 5 avril au petit jour, nous fûmes transférés au Palais de Justice de Tunis. Le juge d’instruction, Darrodes, nous inculpa et nous voilà envoyés à la prison civile.</p>



<p>Nous n’étions pas complètement isolés de l’extérieur. Les premiers jours de la prison se passaient sans trop de secousses. Ce sont les événements de l’extérieur qui influaient, sur la vie de la prison. C’est à partir du 9 avril que les choses ont commencé à changer.</p>



<p>Pendant notre courte promenade de l’après-midi de ce même jour, le bruit de la fusillade nous arrivait nettement et à l’ampleur du drame qui se jouait dans les rues entre les Tunisiens désarmés et les forces de répression brutale qui souhaitaient impatiemment ce jour, l’angoisse me prenait au cœur…</p>



<p>Vers la fin de la journée du 9 avril, des cris de manifestants nous arrivaient de l’extérieur. Le lendemain, 10 avril, ce fut l’arrestation de Bourguiba et d’autres destouriens. L’après-midi, nous étions tous réunis…</p>



<p>Nous fûmes plus tard amenés et transférés au Tribunal militaire. Arrivés là,&nbsp; nous étions installés dans des cellules et les militaires et gendarmes qui nous surveillaient s’amusaient à nous faire peur en parlant entre eux de l’exécution de nos amis, et en disant que nous étions là pour être exécutés à notre tour.</p>



<p>Nous étions soustraits individuellement de la cellule et c’était pour aller devant le juge d’instruction qui nous informa de notre inculpation. Après cela, nous fûmes transférés à la Prison militaire et c’était de nouvelles insultes et humiliations. Nos affaires étaient piétinées et l’harissa tâchait nos vêtements et autres objets.</p>



<p>Après cette fouille, nous fûmes placés chacun dans une cellule. Je respirais un peu après tant de secousses. Alors commença la vie à la Prison militaire de Tunis qui durera jusqu’à la fin des interrogatoires.</p>



<p>Le juge d’instruction chargé de notre affaire était le Lieutenant-Colonel De Guérin de Cayla. Il se flattait d’avoir envoyé à l’échafaud des hommes politiques en Afrique Noire et en Indochine.&nbsp;</p>



<p>En 1938, le bureau politique du Néo-Destour fut condamné et transféré à la prison du Fort Saint Nicolas à Marseille d’où il fut libéré en 1943 par la gestapo allemande.</p>



<p><em>* Universitaire et activiste politique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </em></p>



<p>** <em>Les «événements du 9 avril 1938» &nbsp;sont des émeutes qui ont lieu à Tunis dans un contexte de manifestations populaires revendiquant des réformes politiques, notamment l’institution d’un parlement, pas majeur vers l’indépendance de la Tunisie encore sous protectorat français. Débordées par un mouvement spontané, les forces de police et l’armée de l’occupation française ne rétablissent le calme qu’au prix de nombreux morts chez les émeutiers. Cette date est un évènement marquant du mouvement national tunisien.&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jMuh6byafj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/dr-slimane-ben-slimane-le-zaim-oublie/">Dr. Slimane Ben Slimane : le zaïm oublié</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dr. Slimane Ben Slimane : le zaïm oublié » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/dr-slimane-ben-slimane-le-zaim-oublie/embed/#?secret=s7Fg4cBamc#?secret=jMuh6byafj" data-secret="jMuh6byafj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>La diplomatie tunisienne a besoin d’un nouveau souffle  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/03/la-diplomatie-tunisienne-a-besoin-dun-nouveau-souffle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 06:45:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Beji Caid Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Mokadem]]></category>
		<category><![CDATA[Taieb Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La diplomatie tunisienne doit se réformer pour redevenir un outil de développement pour une Tunisie post révolution qui se cherche encore. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/03/la-diplomatie-tunisienne-a-besoin-dun-nouveau-souffle/">La diplomatie tunisienne a besoin d’un nouveau souffle  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le ministère tunisien des Affaires étrangères commémore aujourd’hui son 67e anniversaire. Que de chemin parcouru mais la machine est fatiguée et a besoin d’un nouveau souffle pour redevenir ce qu’elle n’a jamais dû cesser d’être, à savoir un outil de développement pour une Tunisie post révolution qui se cherche encore, bafouille et bégaie, en faisant du surplace.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-7727493"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Aujourd&rsquo;hui, mercredi 3 mai 2023, le ministère tunisien des Affaires étrangères&nbsp;commémore son 67e anniversaire depuis&nbsp;sa&nbsp;réhabilitation moins de&nbsp;six semaines après l’indépendance&nbsp;du pays le 20 mars 1956 et quatorze mois avant&nbsp;la proclamation&nbsp;de la République, le 25 juillet&nbsp; 1957.</p>



<p>En ce jour historique pour l’Etat Tunisien indépendant, il sied de rendre hommage&nbsp; &nbsp; aux&nbsp;pères fondateurs&nbsp;dont le leader Habib Bourguiba et ses camarades en particulier Mongi Slim, Habib Chatty, Sadok Mokadem, Taieb Slim, Abdelmajid Chaker, Mohamed Masmoudi, Hassan Belkhodja, Hedi Mabrouk, Beji Caid Essebsi, Rachid Driss, Taieb Sahbani&nbsp;et bien d&rsquo;autres qui furent de grands politiques et de brillants diplomates.&nbsp;</p>



<p>Si le leader Bourguiba avait à l&rsquo;époque fonde et conçu avec lucidité les fondements&nbsp; de la doctrine de&nbsp;la politique étrangère de l’Etat nouvellement&nbsp;indépendant, eux&nbsp; avaient le mérite de la mettre en application&nbsp;dans son sillage et sous son autorité.</p>



<p>Ils ont&nbsp;tous ainsi,&nbsp;tout au long des trois décennies post indépendance, construit la politique étrangère de la Tunisie, renforçant,&nbsp;grâce à l’expérience du terrain, ses fondements, élaborant progressivement&nbsp;sa doctrine, affinant&nbsp;sa méthodologie, lui donnant&nbsp;une aura et un&nbsp;lustre dignes d’un grand&nbsp;pays. Ils avaient ainsi su donner au nouvel État&nbsp;une&nbsp;place&nbsp;honorable, une voix audible et une&nbsp;présence&nbsp;effective et efficace sur le plan international.</p>



<p>Le président Zine El Abidine Ben Ali n’a pas changé de méthodologie en faisant avancer le pays sur la même voie lui faisant beaucoup gagner et lui épargnant les soubresauts et les cassures. Et l’évolution des choses durant la décennie tragique suivant la révolution de 2011 lui a donné raison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eclat&nbsp;et crédibilité au plan international&nbsp;</h2>



<p>Fondée sur l’attachement à la légalité internationale, le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, la défense des causes justes et la neutralité positive, la Tunisie a réussi, grâce&nbsp;à ses choix politiques lucides à l’époque, à se forger une stature internationale dépassant&nbsp; largement ses dimensions géographique&nbsp;et son potentiel politique et économique.&nbsp;</p>



<p>Ses dirigeants&nbsp;ont réussi&nbsp;à accréditer ainsi avec&nbsp;tact et délicatesse,&nbsp;sur le plan extérieur, l’image d’un pays pacifique, stable, réaliste et crédible, servant ainsi d’exemple&nbsp;pour beaucoup de&nbsp;pays nouvellement indépendants de par le monde.</p>



<p>Les réformes engagées par le leader Bourguiba à l’époque, dont essentiellement la promulgation du Code du statut personnel, l’abolition de la polygamie, la libération de la femme, la promotion de la santé publique, la généralisation de l’enseignement, le planning familial, le combat contre le sous-développement, la lutte contre la pauvreté, le bon voisinage avec notre environnement géographique ont  grandement aidé à donner éclat et crédibilité à la Tunisie au plan </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="maaeeT4zOR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/09/la-diplomatie-tunisienne-a-la-croisee-des-chemins/">La diplomatie tunisienne à la croisée des chemins</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La diplomatie tunisienne à la croisée des chemins » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/09/la-diplomatie-tunisienne-a-la-croisee-des-chemins/embed/#?secret=yibeNpUclr#?secret=maaeeT4zOR" data-secret="maaeeT4zOR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Aujourd’hui&nbsp;et plus que jamais notre diplomatie&nbsp; est appelée&nbsp;à puiser dans&nbsp;ces fondamentaux et à les cultiver&nbsp;pour être un véritable levier au service de l’image&nbsp;de&nbsp; notre pays&nbsp;et de son développement.&nbsp;</p>



<p>Cet&nbsp; objectif&nbsp;pourrait être atteint si notre diplomatie,&nbsp; malmenée&nbsp;tout au long de la décennie post-janvier&nbsp;2011, se détermine à sortir&nbsp;de sa léthargie&nbsp;et à&nbsp;faire sans&nbsp; tarder son mea-culpa pour repartir de bon pied.&nbsp;</p>



<p>Il lui incombe pour ce faire&nbsp;de&nbsp;dresser un tableau&nbsp;aussi&nbsp;objectif et réaliste que possible&nbsp;de notre potentiel : nos&nbsp;forces et atouts et surtout nos faiblesses&nbsp;et nos échecs&nbsp;depuis la révolution&nbsp;à tous&nbsp;les domaines.</p>



<p>Comme feuille de route, il convient de fixer les objectifs stratégiques à atteindre, et comme mesures, déterminer les stratégies et les moyens à mettre en œuvre pour la réalisation des objectifs. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route </h2>



<p>Pour ce faire, il est primordial&nbsp; de :</p>



<p>1- savoir ce qu’on veut&nbsp;et savoir compter nos billes de façon mesurée&nbsp;et équilibrée, tout en sachant&nbsp;doser nos ambitions&nbsp;en&nbsp; relation avec&nbsp;nos moyens; notre environnement géopolitique&nbsp;immédiat et lointain,&nbsp; compte tenu des changements et mutations majeurs sur le plan international;</p>



<p>2- identifier nos écueils, dont en particulier&nbsp;les compétitions&nbsp;effrénées et très malsaines entre les structures&nbsp;du Département, les doublons, l’absence&nbsp;de coordination, la rigidité des méthodes, la prépondérance&nbsp;du copier-coller, l’accumulation&nbsp;des dossiers restés en suspens, la pauvre&nbsp;exploitation&nbsp;des données&#8230;;</p>



<p>3- lutter contre la  multiplication des structures chargées des relations extérieures au niveau des départements ministériels, et entreprises publiques, l&rsquo;outrepassement du ministère des Affaires étrangères par les autres départements ministériels et structures travaillant avec l’étranger;</p>



<p>4- réviser les&nbsp;statuts en vigueur de la maison&nbsp;afin de déterminer leur degré de fonctionnalité au plan pratique et&nbsp;voir si&nbsp;le nouvel organigramme, avec&nbsp;ses nouveaux découpages, a permis&nbsp;ou non&nbsp;au département de fonctionner de manière efficace et coordonnée avec des résultats&nbsp;concrets à la clé. Cela&nbsp; permettra de relever&nbsp;si ce&nbsp;nouveau découpage&nbsp;a permis&nbsp;la création&nbsp;de structures efficaces&nbsp;ou&nbsp;si ces&nbsp;structures sont&nbsp;restées rigides, dépourvues de dynamisme et de vie,&nbsp; et sans réelle coordination entre elles, servant&nbsp;tout&nbsp; simplement&nbsp; d’espaces pour&nbsp;placer de hauts fonctionnaires en mal&nbsp;de postes et&nbsp; soucieux particulièrement de leurs carrières;</p>



<p>5- accorder une importance particulière à tous les personnels du département, toutes catégories confondues (recrutement, formation, grille des salaires, éducation des enfants, soins médicaux, affectation  dans l’administration centrale et à l’étranger&#8230;) Dans ce cadre, 1- la Direction générale des ressources humaines a un rôle fondamental à jouer. Elle se doit de sortir des sentiers battus, de cesser de travailler mécaniquement. Son rôle  est, bien sûr, de connaître la situation administrative de tous les fonctionnaires du département, mais également la  situation humaine, financière et sociale de tous les personnels, ceux qui exercent au sein de l’administration centrale et ceux qui travaillent dans les ambassades et consulats de Tunisie. La réussite des diplomates dans leur mission dépend des  choix au niveau de l’affectation des personnels en tenant compte de plusieurs critères objectifs (diplômes, pratique des langues étrangères, culture générale solide, compétences professionnelles, facilités de contacts, charisme, souplesse, tact…) ; 2- l’Académie diplomatique récemment inaugurée par le président de la république a également un rôle fondamental à jouer dans la formation de tous les personnels appelés à servir la Tunisie à l’étranger tout comme les fonctionnaires basés à Tunis et qui travaillent sur des dossiers de politique étrangère;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lu6wWXZNey"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/05/les-limites-de-la-diplomatie-tunisienne-mises-a-nue/">Les limites de la diplomatie tunisienne mises à nu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les limites de la diplomatie tunisienne mises à nu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/05/les-limites-de-la-diplomatie-tunisienne-mises-a-nue/embed/#?secret=gH2b0HsY1q#?secret=lu6wWXZNey" data-secret="lu6wWXZNey" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>6 &#8211; regarder très sérieusement du côté de nos représentations diplomatiques, consulaires, économiques, commerciales  et culturelles à l&rsquo;étranger. Il devra être veillé à l’affectation de responsables les mieux outillés capables de travailler dans  des environnements difficiles, maîtrisant les langues étrangères, connaissant les milieux dans lesquels ils seront appelés à évoluer, et possédant le maximum d’atouts pour réussir leurs missions. Avant leur affectation, ces diplomates et fonctionnaires appelés à servir à l’étranger doivent être munis de feuilles de routes avec des objectifs bien précis. Ainsi, dès le départ, ils sauront à quoi s’en tenir et assureront en connaissance de cause leurs choix. De cette manière, ils sauront qu’ils auront des contrats à remplir. Et il incombe à l’administration centrale, notamment la Direction générale de l’inspection  et de l’évaluation d’établir ces feuilles de route pour chaque poste à l’étranger compte tenu des réalités politiques, économiques, financières et  technologiques de chaque pays. Bien entendu, il ne s’agira pas en la matière de la ma même feuille de route pour tous les pays;</p>



<p>7- accorder toute son importance au dossier capital des Tunisiens à l’étranger et de l’émigration. Notre communauté à l’étranger compte aujourd’hui environ 1 250&nbsp;000 personnes, dont de plus en plus de compétences avérées dans tous les domaines, outre les travailleurs&nbsp; salariés&nbsp;et ceux qui vivent dans la précarité, en situation irrégulière dans plusieurs pays européens.&nbsp;</p>



<p>Cet énorme&nbsp;dossier, négligé depuis longtemps, gagnerait à être scientifiquement et humainement traité. Les Tunisiens ne doivent pas êtes vus uniquement comme des sources de devises, mais comme de véritables ambassadeurs qui pourront apporter de réels plus-values pour eux et pour la Tunisie.&nbsp;</p>



<p>En somme, des dossiers extrêmement importants attendent notre diplomatie, laquelle doit savoir se mesurer aux autres pays et donner le meilleur d&rsquo;elle-même pour servir la Tunisie. Le ministre Nabil Ammar s’y emploie sérieusement. Mais la tâche est immense et il faudra bien que tous les intervenants daignent coopérer avec le département des Affaires étrangères et son chef pour   faire en sorte que notre diplomatie serve du mieux qu’elle peut les intérêts de la Tunisie. </p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Washington : célébration du 65e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie au FMI</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/washington-celebration-du-65e-anniversaire-de-ladhesion-de-la-tunisie-au-fmi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 07:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Kristalina Georgieva]]></category>
		<category><![CDATA[Marouane Abassi]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Trabelsi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après 65 ans de partenariat et de coopération, la Tunisie s’est lancée dans des négociations avec le FMI en vue de parvenir à un nouvel accord, mais le parcours n’a pas été facile.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/washington-celebration-du-65e-anniversaire-de-ladhesion-de-la-tunisie-au-fmi/">Washington : célébration du 65e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie au FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Malgré une situation actuelle marquée par l’atermoiement du Fonds monétaire international (FMI) qui hésite encore à examiner le dossier de la Tunisie relatif au prêt de 1,9 milliard de dollars sur quatre ans, une action symbolique a été organisée, vendredi soir, 14 avril 2023, à Washington, pour célébrer le 65e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie au FMI. </em></strong><em>(Illustration: Samir Trabelsi et Kristalina Georgieva).</em></p>



<span id="more-7460366"></span>



<p>Cette action, qui a été saluée par plusieurs personnes dont la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, qui l’a rehaussée par sa présence, n’a pas été organisée à l’initiative des responsables tunisiens présents à Washington, le ministre de l’Economie de la Planification Samir Saïed, et le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abassi, mais grâce à l’entregent de deux professeurs universitaires tunisiens résidents au Canada, Samir Trabelsi et Moktar Lamari, qui ont présenté, à cette occasion, un gâteau décoré par le drapeau tunisien et le logo du FMI. Ils ont, également, exposé un document sur l’historique de l&rsquo;adhésion de la Tunisie au FMI, datant depuis le 14 avril 1958. En rappelant l’historique de ces relations, ils ont voulu prouver qu’à chaque fois que la Tunisie a recouru au FMI, l’aide qu’elle en a reçue lui a permis de sortir de la crise financière et de relancer son économie</p>



<p>La Tunisie a rejoint officiellement le Fonds le 14 avril 1958 et l’acte d’adhésion a été signé par l’ambassadeur de Tunisie aux États-Unis, feu Mongi Slim.</p>



<p>La quote-part de la Tunisie au FMI est de 120 actions, d’une valeur nominale totale de 12 millions de dollars.</p>



<p>Dans le cadre des évolutions économiques que connaît le monde et des difficultés économiques, la Tunisie se trouve actuellement obligée à décider des programmes de réformes radicales et difficiles dans le but d’obtenir un prêt d’une valeur de 1,9 milliard de dollars.</p>



<p>Les deux universitaires tunisiens ont souligné, à cette occasion, l’importance des relations existantes entre la Tunisie et le FMI et la pertinence des revendications tunisiennes et des craintes d’une explosion sociale si certaines réformes sont accélérées à l’instar de la levée de subvention.</p>



<p>Samir Trabelsi a indiqué qu’<em>«après 65 ans de partenariat et de coopération, la Tunisie s’est lancée dans des négociations avec le FMI en vue de parvenir à un accord pour mobiliser 1,9 milliard de dollars pour financer le budget de l’Etat, mais le parcours n’a pas été facile. Cependant, les déclarations des responsables du FMI ont apporté une de lueur d’espoir pour la relance des négociations»</em>.</p>



<p>L’universitaire a appelé le gouvernement de Najla Bouden à actualiser le programme en tenant compte de l’aspect social des réformes, avec l’implication des spécialistes et des acteurs économiques, afin que ce programme soit approuvé par tous en vue de faciliter la concrétisation des réformes. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B. </strong>(avec Tap).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EozYhGNWAu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/15/tunisie-fmi-65-ans-apres-la-fatigue-dun-partenariat/">Tunisie-FMI: 65 ans après, la fatigue d’un partenariat?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI: 65 ans après, la fatigue d’un partenariat? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/15/tunisie-fmi-65-ans-apres-la-fatigue-dun-partenariat/embed/#?secret=qlg3oa7zzN#?secret=EozYhGNWAu" data-secret="EozYhGNWAu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/washington-celebration-du-65e-anniversaire-de-ladhesion-de-la-tunisie-au-fmi/">Washington : célébration du 65e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie au FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Monastir : Un élève poignarde son camarade de classe devant un collège à Ksibet El Mediouni</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/25/monastir-un-eleve-poignarde-son-camarade-de-classe-devant-un-college-a-ksibet-el-mediouni/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jan 2022 19:11:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[collège technique]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[élèves]]></category>
		<category><![CDATA[Ksibet El Mediouni]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[poignarder]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La police a arrêté un élève en 8e année qui a poignardé aujourd&#8217;hui, mardi 25 janvier 2022, son camarade de classe devant le collège technique de Ksibet El Mediouni à Monastir. La victime a été transportée à l&#8217;hôpital de Ksar Helal avant d&#8217;être transférée à l&#8217;hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir, et son état est...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/25/monastir-un-eleve-poignarde-son-camarade-de-classe-devant-un-college-a-ksibet-el-mediouni/">Monastir : Un élève poignarde son camarade de classe devant un collège à Ksibet El Mediouni</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/02/eleve-triste-écolier.jpg" alt="" class="wp-image-200375"/></figure></div>



<p><strong><em>La police a arrêté un élève en 8e année qui a poignardé aujourd&rsquo;hui, mardi 25 janvier 2022, son camarade de classe devant le collège technique de Ksibet El Mediouni à Monastir.</em></strong></p>



<span id="more-378377"></span>



<p>La victime a été transportée à l&rsquo;hôpital de Ksar Helal avant d&rsquo;être transférée à l&rsquo;hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir, et son état est jugé stable, a indiqué le délégué régionale de l’Éducation à Monastir Mongi Slim, dans une déclaration à l&rsquo;agence Tap.</p>



<p>Les unités de la sécurité nationale du Ksibet El Mediouni, relevant du district de Ksar Hilal, ont arrêté le collégien qui avait pris la fuite après avoir poignardé son camarade et a été transféré à la brigade spécialisée de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, relevant de la sûreté nationale.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<title>Ahmed Mestiri : Le grand président que la Tunisie n&#8217;a jamais eu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 May 2021 12:04:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ahmed Mestiri, le pionnier de la démocratie en Tunisie, décédé dimanche 23 mai 2021, à l’âge 96 ans, avait bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne conviendrait pas longtemps aux aspirations d’une population de plus en plus réfractaire. Par Francis Ghiles * En novembre 1981, la Tunisie a tenu ses premières élections multipartites...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ahmed-Mestiri-1.jpg" alt="" class="wp-image-350198"/></figure></div>



<p><strong><em>Ahmed Mestiri, le pionnier de la démocratie en Tunisie, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/23/in-memoriam-ahmed-mestiri-ou-le-long-combat-pour-la-democratie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décédé dimanche 23 mai 2021</a>, à l’âge 96 ans, avait bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne conviendrait pas longtemps aux aspirations d’une population de plus en plus réfractaire.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Francis Ghiles</strong> *</p>



<span id="more-350197"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Francis-Ghiles.jpg" alt="" class="wp-image-134482"/></figure></div>



<p>En novembre 1981, la Tunisie a tenu ses premières élections multipartites depuis l’indépendance en 1956.</p>



<p>Pendant les 25 premières années après la fin du joug colonial français, la Tunisie a été dirigée par le Parti socialiste destourien (connu sous son acronyme français PSD) et un président charismatique mais autoritaire, Habib Bourguiba dont le titre même El-Moudjahid Al Akbar donne une image plus grande que nature de son leadership incontesté de la lutte pour la libération et des affaires de la Tunisie post-indépendance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un rendez-vous raté </h3>



<p>La campagne électorale fut animée, mais elle se déroula dans une ambiance parfois antidémocratique, car le PSD n’hésitait pas à utiliser des méthodes brutales d’intimidation pour perturber les réunions du Mouvement social-démocrate (MDS), parti d’opposition fondé par l’un des anciens ministres les plus brillants de Bourguiba, Ahmed Mestiri.</p>



<p>Le soir du scrutin, le 1er novembre, j’ai personnellement été témoin du bourrage des urnes au bureau de vote de Bab Jedid dans le centre de Tunis. J’ai décrit mon expérience sur le BBC World Service, le lendemain à 6 heures du matin, ce qui m’a valu une réprimande de la part du ministre de l’Information de l’époque, Tahar Belkhoja.</p>



<p>Le gouverneur du Kef, Fadhel Khelil, a téléphoné au ministre de l’Intérieur, Driss Guiga, pour lui dire que le candidat du MDS avait remporté l’élection dans cette ville, ce qui lui valut d’être rabroué.</p>



<p>«J’ai transmis les chiffres exacts du scrutin, vous les cuisinerez comme bon vous semble», a dit le gouverneur, l’un des rares de son rang à ne pas appartenir au PSD, dans sa réponse franche à son patron.</p>



<p>Les votes ont finalement été falsifiés dans un certain nombre de circonscriptions, notamment à Tunis-Centre, où Beji Caid Essebsi, qui deviendra plus tard le quatrième chef de l’État tunisien en 2014, a été élu sur la liste du PSD. Dans ses mémoires, trente ans plus tard, il a reconnu que si les résultats n’avaient pas été falsifiés, Ahmed Mestiri aurait été élu député de Tunis-Centre, pas lui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un démocrate dans l&rsquo;entourage de Bourguiba </h3>



<p>Né en 1925 dans une famille aisée appartenant à la grande bourgeoisie de Tunis, Ahmed Mestiri a étudié le droit à l’université d’Alger et de Paris, puis a obtenu son diplôme à Sciences Po Paris. Il a rejoint le parti nationaliste Néo Destour à l’âge de 17 ans et, en 1952, et fut membre de sa direction clandestine. Il a même échappé à une tentative d’assassinat par l’organisation coloniale française «<em>La Main Rouge</em>» qui a réussit, en 1952, à assassiner Farhat Hached, le fondateur de l’UGTT, le principal syndicat tunisien.</p>



<p>Mestiri est l’un de ceux qui ont épaulé Mongi Slim dans la négociation de l’indépendance de la Tunisie. Il a ensuite représenté la Tunisie en France et aux Nations Unies et a contribué à la mise en place de la nouvelle monnaie nationale, le dinar. En tant que premier ambassadeur tunisien en Égypte et en Algérie, il a contribué à l’élaboration de la politique étrangère du nouveau pays et à la formation de son corps diplomatique naissant. Il a été nommé ministre de la Défense en 1966 et a ensuite dirigé le ministère de l’Intérieur, mais il fut limogé en septembre 1971 après son refus d’approuver la nomination par Bourguiba d’éléments durs dans les services de sécurité.</p>



<p>Au cours des années les plus inspirées du règne de Bourguiba, les femmes ont été émancipées et ont acquis des droits dont elles ne jouissaient dans aucun autre pays arabe, l’alphabétisation et le niveau de vie se sont améliorés et la généralisation de la santé et de l’éducation ont été instaurées. Mais Ahmed Mestiri a bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne sera pas accepté longtemps par une population de plus en plus réfractaire. L<em>’«expérience socialiste»</em> ratée menée par Ahmed Ben Salah dans les années 1960 a ruiné de nombreux agriculteurs et aggravé le mécontentement au-delà des zones rurales.</p>



<p>En 1978, Ahmed Mestiri et ses compagnons qui avaient fondé la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme (LTDH) ont décidé de fonder un nouveau parti. Le Mouvement social-démocrate (MDS) a été légalisé trois ans plus tard lorsque le Premier ministre, réformiste et partisan de l’arabisation, Mohamed Mzali, a autorisé les partis d’opposition à présenter des listes de candidats aux élections générales du 1er novembre.</p>



<p>Le MDS remporte plus de 5% des voix dans une poignée de circonscriptions, dont celle de la capitale, la plus symbolique. La fureur du vieillissant Habib Bourguiba ne connaît pas de limites et il ordonne à son docile ministre de l’Intérieur de truquer les résultats. Le MDS n’a été crédité que de 3,2% des voix, derrière les 94,6% du PSD au pouvoir. Lors d’une conférence de presse tendue au ministère de l’Intérieur, des journalistes tunisiens et étrangers ont publiquement tourné en dérision les résultats. Le roi était nu et toute la Tunisie le savait. Six ans plus tard, alors que l’opposition islamiste prenait de plus en plus de poids dans la rue, le Premier ministre, le général Zine El-Abidine Ben Ali, a conduit à un <em>«coup d’État médical»</em>, anticipant ainsi un coup d’État imminent des islamistes que beaucoup craignaient, au milieu de la montée des tensions sociales et politiques. Et des violences de rue.</p>



<p>Il est intéressant de réfléchir à la manière dont le cours de l’histoire tunisienne aurait pu être changé si, en 1981, Habib Bourguiba avait permis l’émergence d’une <em>«opposition loyale»</em> menée par un homme intègre et un réformateur libéral, lui-même issu des rangs du parti au pouvoir mais qui était convaincu que la primauté du droit était un principe universel, aussi valable pour les Arabes ou les musulmans que pour les Occidentaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un homme d’État avisé, ferme mais juste</h3>



<p>Si les Tunisiens avaient eu l’option d’une opposition laïque sérieuse, le ressentiment face à l’incompétence croissante du régime et à l’aggravation de la crise interne n’aurait peut-être pas été canalisé uniquement par les forces islamistes. La Tunisie avait une opposition <em>«laïque»</em> naissante qui a été tuée dans l’œuf. En Mestiri, elle avait un diplomate qualifié, un homme qui comprenait mieux les habitudes du monde que beaucoup de flagorneurs de Bourguiba et un grand modéré, à l’écoute des caractéristiques de modernisme et de modération de son pays.</p>



<p>Ahmed Mestiri n’a jamais remis en question l’alliance de Habib Bourguiba avec l’Occident ni le soutien que ce dernier a apporté aux Palestiniens. C’était un homme d’État avisé, ferme mais juste, un homme d’une grande intégrité personnelle. Son malheur était que Bourguiba ne pouvait supporter d’avoir des ministres qui défiaient son autorité, aussi compétents ou honnêtes qu’ils eussent pu être.</p>



<p>Après avoir éloigné des personnalités comme Azouz Lasram, Mansour Moalla et d’autres, Bourguiba a, dans les années 1980, précipité la faillite politique et économique de son pays pendant les dernières années de son règne crépusculaire et attisé la guerre pour le pouvoir et les intrigues de palais. Les problèmes de santé du président malade et sa déconnexion de la réalité politique ont fait le reste.</p>



<p>La Tunisie paie aujourd’hui un lourd tribut au régime arbitraire de Bourguiba, en particulier au cours de sa dernière décennie au pouvoir. Le pays aurait été beaucoup plus sûr si Ahmed Mestiri avait succédé à Bourguiba de son vivant et avait inauguré une transition démocratique pour laquelle la Tunisie était probablement prête. Le pays aurait été épargné par de nombreux bouleversements inutiles alors que l’autoritarisme obsolète allait se poursuivre encore longtemps.</p>



<p>Les conversations avec Ahmed Mestiri sur l’histoire tunisienne ou les affaires internationales ont beaucoup appris au jeune journaliste que j’étais. Elles pouvaient être comparées à un jeu de tennis rapide. Je n’oublierais jamais son épouse, la fille de Mohamed Chenik, Premier ministre du bey, une grande dame, qui était l’incarnation même de cette grande bourgeoisie tunisienne que Bourguiba a tout fait pour humilier et rabaisser après l’indépendance. Le despote priva ainsi la jeune république des services d’une couche sociale éduquée qui aurait pu contribuer à bâtir une classe politique moderne.</p>



<p>Mestiri est probablement le plus grand président que la Tunisie n’a jamais eu.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais par</em> <strong>I. B. </strong></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> :<em> <a href="https://thearabweekly.com/ahmed-mestiri-greatest-president-tunisia-never-had" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Arab Weekly. </a></em></p>



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		<item>
		<title>In memoriam : Ahmed Mestiri ou le long combat pour la démocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 May 2021 08:24:58 +0000</pubDate>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ahmed-Mestiri-La-Marsa.jpg" alt="" class="wp-image-349826"/><figcaption><em>Ahmed Mestiri à La Marsa: l&rsquo;homme qui voyait plus loin que les autres. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Avec le décès aujourd’hui, dimanche 23 mai 2021, à l’âge de 96 ans, de Ahmed Mestiri, c’est une page de l’histoire contemporaine de la Tunisie et du Maghreb qui est définitivement tournée, car le regretté fut l’une des dernières figures de l’épopée de la libération nationale et de la construction de l’Etat indépendant. Et fut, sa vie durant, l’un des grands défenseurs des libertés individuelles, du pluralisme politique et de la démocratie, dans une région qui est encore aujourd’hui réfractaire à ces principes.</em></strong></p>



<span id="more-349824"></span>



<p>Né le 2 juillet 1925 à La Marsa, dans une famille de riches propriétaires terriens rattachée à la haute bourgeoisie tunisoise, Mestiri intègre dès 1942 la cellule du parti nationaliste du Néo-Destour à La Marsa en compagnie de Taïeb Mehiri. Il effectue ensuite des études de droit à Alger, de 1944 à 1948, puis à l’Institut d’études politiques de Paris et à la faculté de droit de Paris où il obtient sa licence. Dès 1948, il exerce le métier d’avocat à la cour de Tunis, tout en poursuivant ses activités politiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">De la lutte nationale à la construction d’un nouvel Etat</h3>



<p>Membre de la fédération destourienne de Tunis en 1950, il collabore avec Bahi Ladgham et Hédi Nouira à l’hebdomadaire ‘‘Mission’’, organe francophone du Néo-Destour. En janvier 1952, il devient membre de la direction transitoire clandestine du parti (bureau politique) chargée de la résistance.</p>



<p>Le jeune avocat participe à la défense des militants nationalistes poursuivis par les tribunaux civils et militaires français et échappe à une tentative d’assassinat par l’organisation terroriste de la Main rouge.</p>



<p>Chargé par le bureau politique de l’organisation et de la supervision des actes de résistance, en collaboration avec plusieurs autres dirigeants du parti, il rentre dans la clandestinité après l’assassinat de Hached, le leader de l’UGTT, la centrale syndicale, en décembre 1952, et échappe à la police lancée à sa recherche à la suite de poursuites judiciaires et d’un arrêté d’éloignement.</p>



<p>En août 1954, Mestiri devient chef de cabinet de Mongi Slim, ministre d’État délégué par le Néo-Destour pour mener les négociations avec la France qui aboutissent à l’autonomie interne un an plus tard. En septembre 1955, il est nommé chef de cabinet de Slim devenu ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Tahar Ben Ammar qui signe le protocole d’accord par lequel la France reconnaît l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956.</p>



<p>Elu député de Tunis-Banlieue à l’assemblée constituante le 25 mars 1956, il forme avec Ahmed Ben Salah, en tant que benjamin d’âge, et M&rsquo;hamed Chenik, doyen d’âge, le bureau qui présente le discours inaugural de l’assemblée.</p>



<p>Dans le premier gouvernement formé par Habib Bourguiba, le 15 avril, Mestiri se voit confier le ministère de la Justice, où il participe activement à la <em>«tunisification»</em> de l’appareil judiciaire, à la rédaction des nouvelles lois et à l’élaboration du Code du statut personnel. Peu de temps après, il représente la Tunisie au Conseil de sécurité des Nations unies, à la suite du conflit survenu avec la France dans le contexte du bombardement de Sakiet Sidi Youssef. Le 30 décembre 1958, il se voit attribuer le portefeuille des Finances et du Commerce. Parmi ses priorités figure alors l’élaboration d’une série de conventions franco-tunisiennes et la création de la nouvelle monnaie : le dinar tunisien.</p>



<p>Après un bref passage par la diplomatie, où est le premier ambassadeur de Tunisie en URSS, Pologne et Tchécoslovaquie (1960) puis en République arabe unie (1961) et en Algérie (1962), il revient, le 22 juin 1966, à Tunis pour devenir ministre de la Défense nationale et en janvier 1968, démissionne du gouvernement et est exclu du Parti socialiste destourien (PSD), nouvelle dénomination du Néo-Destour. Il exprime son désaccord avec la politique de collectivisation menée par l’homme fort de l’époque, Ahmed Ben Salah, avec le soutien du président Bourguiba, mais qui suscite dans le pays une vive opposition que les déclarations officielles et la presse s&rsquo;efforcent de masquer.</p>



<p>Le 29 janvier 1968, Mestiri présente sa démission du gouvernement et du bureau politique du PSD au cours d’un entretien avec Bourguiba. Le même jour, il fait une déclaration à l’agence de presse United Press International et au quotidien <em>‘‘Le Monde’’</em> (reproduite in-extenso par la presse tunisienne) dans laquelle il exprime les raisons de sa démission. Il est immédiatement sanctionné et exclu du PSD.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ahmed-Mestiri-2.jpg" alt="" class="wp-image-349825" width="500"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Le tournant démocratique</h3>



<p>Le 10 septembre 1969, Mestiri rompt un silence de vingt mois pour adresser un message d’appui au président Bourguiba à la suite de sa décision d’abandonner la réforme et de retirer les portefeuilles du Plan et de l’Economie nationale à Ben Salah, tout en lui laissant celui de l’Education nationale. Dans une déclaration remise à la presse, le 4 octobre, il critique l’action passée du gouvernement et trace les grandes lignes d’un programme de redressement. Il y demande, en outre, le report des élections présidentielles et législatives prévues pour le 2 novembre, citant l’incapacité du président Bourguiba à assurer pleinement les devoirs de sa charge en raison de sa maladie.</p>



<p>Au correspondant du journal <em>‘‘Le Monde’’ </em>à Tunis, il explique son refus des conditions que le PSD met à sa réintégration en déclarant : <em>«On a exigé de moi une lettre d’excuses manuscrite. On a même été jusqu’à me proposer un texte rédigé. J’ai refusé : il s’agissait d’une question de dignité de ma part»</em>. Il est néanmoins réintégré au sein du PSD le 23 avril 1970 et réintégré peu après au comité central et au bureau politique. À la mi-mai 1970, il se réconcilie publiquement avec Bourguiba à Paris où ce dernier séjourne pour des raisons de santé. Leur rencontre est diffusée par la télévision nationale et relayée par la presse.</p>



<p>Mestiri pousse Bourguiba à faire son autocritique dans son fameux discours du 8 juin où il annonce la constitution d’un nouveau gouvernement et d’une commission chargée d’élaborer un projet de réformes à introduire dans l’organisation de l’État et du PSD. Ce discours devient la référence pour la nouvelle orientation du régime au lendemain de la crise de septembre 1969.</p>



<p>C’est ainsi que le 8 juin 1970, il est nommé rapporteur de la commission supérieure du parti chargée d’élaborer un projet de réformes et d’amendement de la Constitution de 1959. Le 12 juin, il réintègre le gouvernement comme ministre de l’Intérieur.</p>



<p>Au sein de la commission supérieure du parti, il préside la sous-commission composée de professeurs de droit et de haut-fonctionnaires chargée d&rsquo;élaborer un projet de réformes de la Constitution et du règlement intérieur du PSD. Le 15 octobre, au cours d’une cérémonie solennelle organisée au palais présidentiel de Carthage, il présente un rapport d’ensemble contenant un exposé des motifs et des propositions. Dans son allocution, il rappelle les circonstances qui avaient rendu nécessaire la réforme du régime. Les réformes proposées incluent l’élargissement des compétences de l’Assemblée nationale et l’introduction de règles démocratiques dans le fonctionnement des structures du PSD.</p>



<p>Le 21 juin 1971, il annonce sa démission du poste de ministre de l’Intérieur et de membre du PSD car les promesses de démocratisation et de libéralisation faites par Bourguiba dans son discours du 8 juin 1970 n’ont pas eu de suites. Il révèle les raisons de sa démission publiquement, dans un discours prononcé à l’occasion de la clôture de l’année scolaire dans le quartier tunisois d’El Gorjani; il dénonce <em>«les véritables comploteurs, ceux qui manigançaient dans l’ombre contre le processus démocratique»</em>. Bourguiba refuse sa démission et réaffirme l’engagement du gouvernement à poursuivre le processus démocratique en fixant la date du congrès du PSD au 28 octobre. Il retire sa démission à la suite d’une intervention de Hédi Nouira et Abdallah Farhat.</p>



<p>Au ministère de l’Intérieur, il entreprend des réformes avec l’appui de deux de ses collaborateurs fidèles, Mohamed Chaker (chef de cabinet) et Zakaria Ben Mustapha (directeur de la sûreté nationale), ce qui lui vaut d’entrer en conflit avec l’aile conservatrice du régime largement infiltrée au sein des structures sécuritaires de l’État, notamment lorsqu’il écarte des officiers de la direction de la sécurité de l’État. Le 4 septembre 1971, il est déchargé de ses fonctions de ministre de l’Intérieur par décret présidentiel à la suite de son opposition à la nomination arbitraire d’un nouveau directeur de la sûreté nationale et de deux gouverneurs. Il reste cependant membre du PSD et rapporteur de la commission supérieure du PSD.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La rupture avec le système du parti unique</h3>



<p>Le 11 octobre 1971 s&rsquo;ouvre à Monastir le VIIIe congrès du PSD avec à l’ordre du jour le débat du plan de réformes élaboré par la commission supérieure du parti et l’élection du comité central du PSD. Au préalable, durant les travaux préparatoires du congrès, les partisans des réformes avaient été soumis à l’étroite surveillance de la police politique et avaient subis les contraintes de l’appareil d’État resté hostile à toute velléité de changement.</p>



<p>Le 15 octobre, aux élections du comité central, l&rsquo;aile dite libérale dont il est le chef obtient un grand succès en obtenant un fort pourcentage de voix : Mestiri est élu avec 788 voix sur 950 suffrages exprimés, en deuxième position derrière Bahi Ladgham. Par la suite, une série de résolutions sont adoptées par le congrès en séance plénière dont celles qui consacrent la réforme de la Constitution, la règle de l’élection à tous les niveaux de l’appareil du parti (y compris le bureau politique) et la liberté d’expression au sein de ses structures.</p>



<p>Recevant des délégations étrangères et des journalistes dans son palais de Skanès, le président Bourguiba déclare : <em>«Je désignerai mes collaborateurs du bureau politique parmi les membres du comité central»</em>, faisant ostensiblement fi des résolutions du congrès et suscitant un tollé parmi les congressistes. Sollicité par des journalistes, Ahmed Mestiri réagit à la déclaration de Bourguiba en réaffirmant sans ambages son attachement aux décisions du congrès. Sur quoi, une décision de suspension de toute activité au sein du parti est prise à son encontre par Bourguiba le 20 octobre. La presse du PSD ainsi que certains quotidiens indépendants s’engagent dans une campagne virulente contre lui, assorties d’attaques personnelles et de menaces. Le 22 octobre, Bourguiba réunit le comité central au palais de Carthage et désigne une liste de 22 membres (d’où sont exclus Ladgham et Mestiri qui avaient obtenu le plus grand nombre de voix au congrès) parmi lesquels doivent être élus les membres du bureau politique; Radhia Haddad proclame son opposition à la procédure.</p>



<p>Les 9 et 25 décembre, Mestiri est traduit devant la commission de discipline du PSD, accusé d’offense au président et au Premier ministre Hédi Nouira. Il présente sa défense oralement et par écrit en réaffirmant les raisons de son désaccord et les circonstances qui l’ont amené à faire ses déclarations à la presse. À la suite de la deuxième réunion de la commission, une proposition lui est faite de «renoncer à ses déclarations et de les regretter»; il rejette la proposition et refuse d’assister à la troisième réunion.</p>



<p>Entre-temps, le régime s’engage dans la «normalisation» selon le scénario classique suivi dans les pays soumis au système du parti unique, à commencer par «l’épuration» des structures du parti et des organisations nationales du courant réformiste issu du congrès de Monastir.</p>



<p>Le 21 janvier 1972, il est exclu du PSD; il continue néanmoins à occuper son siège de député, prenant souvent la parole pour émettre des critiques à l’encontre du régime. En novembre de la même année, il adresse avec dix autres personnalités destouriennes, une lettre au président Bourguiba, contenant une analyse sévère de la situation politique et économique du pays.</p>



<p>Le 20 juillet 1973, il est exclu de l’Assemblée nationale où il siège depuis l’indépendance, sur la base du nouveau paragraphe 109 du Code électoral concernant la révocation d’un député exclu du PSD qui dispose que «le député exclu du Parti au nom duquel il avait été élu, perd automatiquement son siège». Ce texte avait été introduit en 1970 pour être appliqué à Ben Salah puis abrogé. Dans le cas de Mestiri, il a fallu le rétablir à nouveau. Lors de l’adoption de ce paragraphe à l’Assemblée nationale, neuf députés se sont abstenus et deux ont voté contre.</p>



<p>Dans sa dernière intervention à l’Assemblée nationale, il évite de parler de son cas personnel et met l’accent sur les principes, faisant observer que le texte qui venait d’être voté <em>«concernait davantage ceux qui vont rester membres de cette Assemblée que ceux qui sont appelés à la quitter»</em>. Ce discours d’adieu constitue une étape décisive dans sa carrière politique car il consacre sa rupture définitive avec le PSD, déjà amorcée au lendemain du congrès de Monastir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le passage à l’opposition</h3>



<p>En juin 1978, Mestiri fonde le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) dont il devient secrétaire général. En 1981, son parti participe aux premières élections pluralistes. Les listes vertes du MDS connaissent alors un important succès mais, constatant l’effondrement du PSD, le pouvoir ordonne une victoire totale de ce dernier par le biais du ministère de l’Intérieur. La fraude est généralisée et systématique comme le constate la presse internationale. Le pluralisme se pratique en solitaire. Le pouvoir danse sans cavalière, titre ainsi<em> ‘‘L’Express’’</em> dans son édition du 6 novembre 1981. <em>«Après le grand espoir, c’est la surprise et le désarroi […] Que les manipulateurs du scrutin aient pu agir avec une telle désinvolture dépasse l’entendement, le scrutin, disent les Tunisiens, a été comme le henné : vous mettez la poudre sur la peau, c’est vert, vous l’ôtez, c’est rouge»</em>, écrit <em>‘‘Jeune Afrique’’</em> dans son édition du 18 novembre. Dans un article intitulé <em>«J’accuse»</em> et publié à la une de <em>‘‘L’Avenir’’</em>, l’organe en langue française du MDS, Mestiri écrit : <em>«J’accuse le ministre de l’Intérieur, les gouverneurs et les délégués d’avoir falsifié les résultats du scrutin. Les résultats officiels proclamés ne sont pas conformes au choix du peuple. La loi a été bafouée».</em></p>



<p>En avril 1986, celui qui est devenu le chef de l’opposition est arrêté, emprisonné puis mis en résidence surveillée à la suite de sa participation à une manifestation. En 1989, il se retire volontairement du secrétariat général du MDS puis met fin à toute activité politique. Mais il reste, pour des générations de militants, un modèle d’intransigeance, de probité et d’intégrité morale. En 2011, année de la révolution, il publie ‘‘Un témoignage pour l’Histoire’’ (Sud Éditions, Tunis).</p>



<p>(Avec <strong><em>Wikipedia</em></strong>).</p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YclJU5ceXB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/23/deces-de-lhomme-politique-ahmed-mestiri/">Décès de l’homme politique Ahmed Mestiri</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Décès de l’homme politique Ahmed Mestiri » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/23/deces-de-lhomme-politique-ahmed-mestiri/embed/#?secret=RzOTGroHtQ#?secret=YclJU5ceXB" data-secret="YclJU5ceXB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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