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	<title>Archives des Moyen Orient - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Moyen Orient - Kapitalis</title>
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		<title>Vers une inévitable hausse du prix des voitures ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 07:11:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement dues à la guerre en Iran pourraient bientôt se répercuter sur le prix des véhicules. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/10/vers-une-inevitable-hausse-du-prix-des-voitures/">Vers une inévitable hausse du prix des voitures ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cet article de Nikkei Asia&nbsp;montre comment les perturbations de la chaîne d’approvisionnement dues à la guerre en Iran pourraient bientôt se répercuter sur le prix des véhicules. Il montre comment les équipementiers automobiles subissent l’onde de choc de la hausse des prix du lingot d’aluminium (+ 20 % au Japon) depuis le début du conflit, des alliages secondaires et des plastiques issus du naphta, qui atteignent des records historiques. Raisons pour lesquelles les experts n’excluent plus une hausse du prix des véhicules à l’horizon 2027.</em></strong></p>



<span id="more-18750631"></span>



<p>Le conflit prolongé au Moyen-Orient fait grimper les prix des matériaux utilisés dans l’automobile, comme l’aluminium et les plastiques, et l’on craint de plus en plus que cette tendance ne se propage en aval et ne finisse par renchérir les véhicules eux‑mêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aluminium et plastiques sous tension</h2>



<p>Deux mois après le début des frappes usraéliennes contre l’Iran, les prix de l’aluminium — utilisé dans les jantes et les panneaux de carrosserie — s’envolent. Au 24 avril, le prix de gros du lingot d’aluminium au Japon s’établissait autour de 720 000 yens (environ 3911 €) la tonne métrique, en hausse de plus de 20 % depuis la fin février. Ce métal est de plus en plus recherché parce qu’il permet d’alléger les voitures, en particulier les véhicules électriques.</p>



<p>La chaîne d’approvisionnement de l’aluminium a été perturbée par la guerre au Moyen‑Orient, région qui représente 10 % de la production mondiale. La fermeture du détroit d’Ormuz rend les exportations difficiles et plusieurs fonderies de la zone ont été endommagées lors des attaques iraniennes contre les pays voisins.</p>



<p>La flambée des cours du lingot s’est étendue aux alliages d’aluminium, y compris les alliages de deuxième fusion issus du recyclage, utilisés dans certaines pièces de moteur.</p>



<p>Les prix de gros, qui suivent ceux du lingot, ont augmenté de 8 % en avril par rapport à février et continuent d’atteindre des niveaux record.</p>



<p>Les prix des plastiques servant à fabriquer des pièces automobiles grimpent eux aussi. La filiale de Mitsui Chemicals, Prime Polymer, et d’autres sociétés ont annoncé des hausses de 80 à 90 yens [0,44-0,49€] par kilo — environ 30 % — pour le polyéthylène et le polypropylène à compter d’avril, en raison de la flambée des cours du naphta (matière première pétrochimique issue du raffinage) sur les indices asiatiques.</p>



<p><em>«Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’accepter une augmentation aussi forte si nous voulions avant tout sécuriser nos approvisionnements»</em>, explique le représentant d’une entreprise de transformation.</p>



<p>La plupart des entreprises semblent avoir rapidement accepté l’essentiel des hausses. Le polyéthylène haute densité se négocie désormais autour de 396 yens [2,15€] le kilo, et le polypropylène autour de 418 yens [2,27€], des records qui n’avaient plus été atteints depuis deux ans.</p>



<p>Le 21 avril, Prime Polymer a annoncé une nouvelle hausse de 39 yens [0,21€] pour certaines transactions à livrer en mai. Si les équipementiers automobiles et les autres acheteurs acceptent ces augmentations successives, le coût de fabrication des véhicules s’en trouvera alourdi.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wwbk3l5M5x"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/14/impacts-de-la-guerre-diran-sur-le-secteur-de-lenergie/">Impacts de la guerre d’Iran sur le secteur de l’énergie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Impacts de la guerre d’Iran sur le secteur de l’énergie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/14/impacts-de-la-guerre-diran-sur-le-secteur-de-lenergie/embed/#?secret=N56BJf7Yj4#?secret=wwbk3l5M5x" data-secret="wwbk3l5M5x" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le caoutchouc et l’acier emboîtent le pas</h2>



<p>Le prix du caoutchouc utilisé dans les pneus devrait également monter. Les fabricants de caoutchouc synthétique ont annoncé des hausses applicables dès les livraisons et les expéditions de mai. D’ordinaire, les augmentations annoncées au cours du trimestre avril-juin n’entrent en vigueur qu’en août : ce calendrier est donc inhabituellement rapide.</p>



<p><em>«Cette hausse repose sur l’hypothèse que les prix reviendront à leur niveau initial dès que la pénurie de naphta sera résorbée»</em>, précise Shinichi Kato, président du distributeur de caoutchouc Shinichi Kato Office.</p>



<p>Les cours internationaux du caoutchouc naturel progressent eux aussi de concert. Une voiture particulière classique utilise entre 32 et 40 kg de caoutchouc pour ses pneus.</p>



<p>En Chine, le prix du caoutchouc naturel s’envole, car les manufacturiers de pneumatiques cherchent à remplacer une partie des matières premières synthétiques par cette alternative naturelle moins chère. Des spéculateurs parient que la hausse du caoutchouc synthétique tirera celle du caoutchouc naturel vers le haut.</p>



<p>L’acier, qui entre dans la composition de la caisse des véhicules, montre, lui aussi, des signes de renchérissement.</p>



<p>En mars, Nippon Steel et JFE Steel ont déclaré qu’elles comptaient relever leurs prix de 10 000 [54€] yens par tonne — environ 10 % — pour les livraisons au détail à partir de mai. Si cette augmentation se confirme, le prix de la tôle d’acier laminée à chaud de référence dans la région de Tokyo devrait dépasser 110 000 yens [598€] la tonne. Tokyo Steel, qui utilise des fours à arc électrique (alimentés à l’électricité plutôt qu’au charbon), s’apprête aussi à augmenter ses prix de vente.</p>



<p>Ces hausses surviennent alors que les prix des principales matières premières comme le charbon à coke (utilisé dans les hauts‑fourneaux) augmentent, ce qui dégrade la rentabilité.</p>



<p>La progression des coûts de main‑d’œuvre et de logistique constitue un autre frein. La flambée de l’énergie et des matières premières liée au conflit iranien pèse également sur les relations commerciales : les aciéristes électriques sont particulièrement touchés en raison de leur forte consommation d’électricité.</p>



<p>D’ordinaire, les grands constructeurs automobiles et les aciéristes négocient directement le prix de l’acier.</p>



<p>Toyota, dont le poids est considérable, achète l’acier pour le compte de ses fournisseurs de pièces. À partir d’un tarif de gros renégocié tous les six mois, le constructeur fixe le prix auquel il cède le métal à ses équipementiers. La dynamique actuelle de hausse de l’acier devrait inciter les grossistes à durcir leur position lors des négociations du second semestre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une inévitable hausse du prix des voitures ?</h2>



<p>Même si le conflit au Moyen‑Orient prenait fin, la plupart des experts pensent que les prix de l’énergie mettront du temps à baisser et que le trafic dans le détroit d’Ormuz ne reviendra pas à la normale rapidement. Étant donné le décalage entre la montée des matières premières et celle des pièces et des produits finis, certains jugent qu’une baisse des prix est improbable dans un avenir proche.</p>



<p><em>«Le niveau actuel des prix des matières premières est en quelque sorte un signal d’inquiétude sur l’offre. Nous en sommes même à un point où la production automobile elle‑même risque de ralentir par manque de matériaux»,</em> estime Takayuki Homma, économiste en chef chez Sumitomo Corp. Global Research.</p>



<p>La grande question est de savoir comment ces tendances vont se répercuter sur le prix des voitures. D’après une source de l’industrie des matériaux, les constructeurs absorberont le surcoût si la pénurie de naphta dure environ trois mois ; en revanche, si elle persiste un an, le prix des véhicules pourrait augmenter de 100 000 à 150 000 yens [540-814€].</p>



<p><em>«Si ces prix élevés deviennent la norme, les entreprises ne pourront inévitablement plus les assumer seules, explique Seiji Sugiura, analyste senior au Tokai Tokyo Intelligence Laboratory. Dans ce cas, l’impact pourrait se transmettre au prix des automobiles à partir de début 2027, une fois passée la campagne de ventes de fin d’année»</em>, ajoute-t-il.</p>



<p>L’envolée des matières premières risque de peser lourdement sur les bénéfices des constructeurs&nbsp;: <em>«Les producteurs d’aluminium répercutent progressivement les hausses sur leurs produits, a déclaré l’Association japonaise de l’aluminium lors d’une conférence de presse le 27 avril. Nous demandons la compréhension des utilisateurs.»</em></p>



<p><strong><em>Traduction</em></strong>&nbsp;: <a href="https://substack.com/home/post/p-196674364" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fausto Giudice</a>. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nu3QwchAKp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/06/le-bain-de-sang-automobile-en-chine-continue/">Le bain de sang automobile en Chine continue</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le bain de sang automobile en Chine continue » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/06/le-bain-de-sang-automobile-en-chine-continue/embed/#?secret=rgg4UaDzQk#?secret=nu3QwchAKp" data-secret="nu3QwchAKp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le Sahel au bord du gouffre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 08:42:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant que le monde se focalise sur le Moyen Orient, le Sahel se défait, de la Méditerranée à la mer Rouge, de l’océan Indien aux côtes de l’Atlantique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/09/le-sahel-au-bord-du-gouffre/">Le Sahel au bord du gouffre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pendant que le monde se focalise sur le Moyen Orient, le Sahel se défait, de la Méditerranée à la mer Rouge, de l’océan Indien aux côtes de l’Atlantique. Dans les sables brûlants du Sahel, l’État n’est plus qu’un fantôme, une fiction administrative en dissolution accélérée. Ce n’est pas un accident de l’histoire. C’est l’aboutissement d’une abdication collective, aux responsabilités partagées entre puissances coloniales avec la non viabilité de leurs découpages territoriaux, gouvernants, partenaires extérieurs complaisants et institutions internationales sourdes aux réalités qu’elles prétendaient transformer.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar </strong>*</p>



<span id="more-18749973"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Les ruines sont désormais visibles – reste à savoir jusqu’où l’onde de choc ira. Le Sahel est devenu le laboratoire mondial de ce qui arrive lorsque l’État cesse d’être une promesse commune et que la souveraineté se fragmente entre milices, trafiquants, juntes, puissances étrangères et communautés abandonnées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’État fantôme</h2>



<p>Il faut nommer les réalités sans détour, même lorsqu’elles dérangent, l’État sahélien est devenu une anomalie historique faute de viabilité durable.</p>



<p>La racine des conflits armés au Sahel n’est ni exclusivement religieuse, ni seulement ethnique ou climatique, elle réside d’abord dans la faillite de l’État comme arbitre légitime. Le contrat social s’est brisé. Trop souvent replié sur la capitale, capturé par des<em> «élites»</em> prédatrices, incapable de protéger, de redistribuer, de juger équitablement et d’assurer les services publics élémentaires, l’État a cessé d’apparaître comme une promesse commune pour devenir, dans de vastes périphéries, une présence intermittente.</p>



<p>Là où il ne protège plus, d’autres souverainetés s’installent comme les autorités tribales, les réseaux religieux, les milices communautaires, les groupes armés, les trafiquants et entrepreneurs de guerre.</p>



<p>La pauvreté, la corruption, l’exclusion de communautés entières, les rivalités pastorales et foncières, la pression démographique, les chocs climatiques avec la raréfaction de l’eau et des pâturages, la circulation des armes, les trafics transfrontaliers et les ingérences étrangères ne sont donc pas des causes isolées – ce sont les accélérateurs d’un même effondrement politique.</p>



<p>Entre promesses de développement trahies, générations sacrifiées, territoires abandonnés, populations déplacées et armées devenues arbitres du pouvoir, la frontière entre l’État faible et l’État fantôme a été franchie presque partout au Sahel, jusqu’à ce que les ruines rendent l’effondrement visible.</p>



<p>Lorsque l’État échoue trop longtemps, les peuples cessent d’y croire et finissent par accepter n’importe quel ordre, pourvu qu’il donne l’illusion d’une protection.</p>



<p>Il serait abusif d’imputer l’échec de la construction étatique au Sahel à un rejet supposé de l’État par les sociétés sahéliennes, comme si celui-ci n’était qu’une anomalie historique étrangère à leurs réalités.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SfYDgCPLui"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/">La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/embed/#?secret=pSlsD8SzMK#?secret=SfYDgCPLui" data-secret="SfYDgCPLui" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De la fiction administrative à l’arc du chaos</h2>



<p>Du Mali en lambeaux au Soudan dévasté, du Niger fragilisé à la Libye morcelée sur les rives méditerranéennes, jusqu’en Somalie aux abords de la mer Rouge et de l’océan Indien en passant par l’Ethiopie, se dessine une vaste continuité de délitement étatique qui reconfigure le flanc sud de l’Europe.</p>



<p>Seul Djibouti, préservé des déchirures qui l’avaient meurtri durant une décennie jusqu’en 2001, échappe aujourd’hui au délitement tragique des États de la région. Par sa stabilité, sa position stratégique en face du détroit de Bab El Mendeb, du Yémen et de l’Arabie Saoudite, son hospitalité et son rôle de carrefour entre la mer Rouge et la Corne de l’Afrique, il s’affirme comme une terre de refuge, de paix et d’investissement dans un environnement régional gagné par les conflits armés.</p>



<p>Il faut regarder cette réalité de délitement sans détour, avant que les foyers de crise aujourd’hui dispersés ne s’agrègent en un arc d’instabilité continu, reliant les rivages de l’océan Indien à ceux de l’Atlantique, la Méditerranée à la mer Rouge, faisant de l’Afrique le continent du chaos et de la désolation.</p>



<p>Ce que Paris, Londres et Washington décrivent comme un simple déficit de gouvernance relève en réalité d’une crise plus profonde, liée à l’épuisement d’un modèle étatique de façade, faiblement enraciné et toujours concurrencé par des loyautés plus anciennes — tribales, régionales, confessionnelles ou claniques. Longtemps maintenu par la rente, l’aide internationale et l’assistance militaire, l’État sahélien voit aujourd’hui ses trois béquilles s’écrouler en même temps.<em></em></p>



<p>Les coups d’État militaires survenus ces dernières années au Mali, au Burkina Faso et au Niger constituent des symptômes avancés d’un affaissement profond de l’autorité publique, et des signaux d’alerte pour l’ensemble des États voisins. Les juntes ont pris le contrôle d’appareils bureaucratiques déjà fantomatiques, dont l’autorité est largement contestée à l’intérieur de leurs frontières. Ces régimes peuvent durer comme appareils de coercition, mais non comme projets politiques viables.</p>



<p>La démographie ajoute une dimension explosive que les analyses conventionnelles traitent, par myopie, comme un dividende accélérateur de croissance économique, alors qu’elle constitue&nbsp;le multiplicateur des crises. Une population qui double dans des États – en crise économique &#8211; qui s’affaiblissent, dans un environnement climatique qui se désertifie, cette équation n’a pas de solution pacifique à moyen terme.</p>



<p>Le changement climatique n’est pas une menace future au Sahel — c’est un&nbsp;fait présent et cumulatif. La zone de précipitations utiles recule vers le sud de 50 à 80 km par décennie.</p>



<p>Cette équation démographique et climatique rejoint une loi plus profonde de l’économie, les sociétés ne divergent pas seulement par leurs richesses, mais par les cercles cumulatifs — vertueux ou destructeurs — dans lesquels elles sont enfermées.</p>



<p>En effet, il existe, dans la théorie économique des nations fragiles, un seuil invisible – point critique où le revenu réel, la capacité productive et la puissance fiscale deviennent suffisants pour transformer la survie économique en dynamique cumulative de développement – mais décisif, en deçà, la pauvreté cesse d’être un simple retard de développement pour devenir une force d’aspiration vers le bas ; au-delà, l’accumulation du capital, de la confiance, de l’éducation, des infrastructures et des institutions peut au contraire produire une dynamique cumulative de prospérité.</p>



<p>Gunnar Myrdal avait montré que le sous-développement n’est pas un état immobile, mais un processus circulaire, la faiblesse des revenus réduit l’épargne, l’investissement et la qualité des services publics ; cette faiblesse dégrade à son tour la productivité, nourrit l’exode des compétences, accroît la défiance envers l’État, affaiblit la fiscalité, puis réduit encore davantage la capacité publique à protéger, instruire, soigner et équiper le territoire.</p>



<p>Le Sahel est précisément pris dans cette causalité cumulative négative, des États pauvres administrent des territoires immenses, jeunes, fragmentés et climatiquement vulnérables avec des ressources fiscales dérisoires ; leur impuissance économique devient impuissance politique, puis leur impuissance politique aggrave leur impuissance économique.</p>



<p>Tant qu’un pays ne franchit pas le seuil critique où l’investissement public, la sécurité, l’éducation, la justice et les infrastructures commencent à se renforcer mutuellement, il risque d’être aspiré par une spirale où chaque retard prépare le suivant, et où la pauvreté devient une architecture durable de la guerre.</p>



<p>La question décisive est de savoir si l’Etat sahélien n’est pas, en deçà de ce seuil critique de revenu, de capacité productive, donc condamné à devenir un État fantôme, non viable, trop pauvre pour protéger, trop faible pour administrer, trop absent pour unir, trop discrédité pour gouverner.</p>



<p>Dans cet immense espace sahélien de près de cinq millions de kilomètres carrés, l’État sahélien se défait sous nos yeux. Héritées des conférences coloniales de la fin du XIXᵉ siècle, ces architectures politiques — frontières tracées à l’équerre, découpages imposés à des sociétés complexes, indifférence aux réalités ethniques, linguistiques, religieuses et aux conditions mêmes de viabilité économique — n’ont que rarement réussi à se transformer en véritables nations.</p>



<p>Les groupes armés ne sont plus seulement des acteurs militaires. Ils sont devenus des prestataires de services : justice appliquée de façon cohérente là où les tribunaux étatiques ne sont que corruption organisée, redistribution économique là où l’État prélève sans donner, protection physique là où la sécurité est inexistante, parfois les armées nationales y commettent des atrocités. Leur modèle est l’administration territoriale. Ce sont les Talibans de 1994 à 1996 — et nous savons où cette trajectoire conduit.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WFbCIVqsby"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/16/entre-crimes-de-guerre-et-genocide-le-soudan-agonise/">Entre crimes de guerre et génocide, le Soudan agonise !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Entre crimes de guerre et génocide, le Soudan agonise ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/16/entre-crimes-de-guerre-et-genocide-le-soudan-agonise/embed/#?secret=S8tr54tZYf#?secret=WFbCIVqsby" data-secret="WFbCIVqsby" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des dominos à des stades différents d’inclinaison</h2>



<p>L’idée du cordon sanitaire — isoler le Sahel, contenir sa contagion par des frontières renforcées — se fracasse sur une réalité géographique et humaine qui la précède de plusieurs siècles, dans cet espace, les frontières n’ont jamais été des réalités physiques pour les populations y compris les frontières maritimes.</p>



<p>La Libye est le cas le plus éloquent. Elle n’est pas une victime de l’instabilité sahélienne — elle en est l’amplificateur structurel. La destruction de l’État libyen par l’intervention de l’Otan en &nbsp;2011 a ouvert dans tout le Sahel un immense marché noir des armes, transformant les arsenaux libyens en carburant militaire du chaos régional.</p>



<p>Aujourd’hui bicéphale — Tripoli soutenue par la Turquie et le Qatar, Benghazi par les Émirats, l’Égypte et les successeurs de Wagner — la Libye entretient une partition dont chaque parrain tire profit et que personne n’a réellement intérêt à résoudre. Ses 1700 kilomètres de frontière commune avec le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Algérie sont des artères vitales pour les trafics de migrants, d’armes et de drogue.</p>



<p>Plus au Sud, le Nigéria — 230 millions d’habitants, premier producteur pétrolier du continent — vit une guerre civile rampante que les observateurs s’obstinent à traiter comme un problème de gouvernance régionale. Boko Haram et l’ISWAP (l’État islamique Afrique de l’Ouest) contrôlent des portions entières des États du Nord-Est depuis 2009. Leur connexion avec le GSIM sahélien est opérationnelle. Le Sahel et le Nigéria forment désormais un continuum sécuritaire. Un Nigéria en décomposition partielle serait une recomposition comparable en impact géopolitique à la désintégration soviétique — mais à une échelle démographique dix fois supérieure. Les États côtiers qui avaient été présentés comme des succès — Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal — voient leurs régions septentrionales pénétrées selon exactement le même modèle de diffusion qu’au Mali d’avant 2012, d’abord les zones rurales frontalières, ensuite les axes routiers, enfin les villes secondaires. La fenêtre d’action préventive se ferme dans les trois à cinq ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Si le verrou algérien céderait…</h2>



<p>Il est un pays, l’Algérie, dont l’effondrement, que personne de la région ne souhaite, concentrerait en un seul choc géopolitique toutes les catastrophes évoquées jusqu’ici — et auquel les capitales occidentales consacrent une réflexion stratégique désespérément insuffisante, considérant le pays comme une menace en cas de conflit majeur. Non pas parce qu’une catastrophe est imminente mais parce qu’elle est <em>calculable</em>, et que ses effets seraient proprement incommensurables avec le basculement dans le chaos de plusieurs états de la région et au-delà.</p>



<p>L’Algérie est un pôle de stabilité régionale dont la continuité repose sur deux variables, le prix du pétrole et le pari sur son développement industriel. Le pays est engagé dans une transition industrielle réelle, soutenue par des investissements massifs et des projets structurants, réduisant à l’horizon 2030 sa dépendance aux hydrocarbures.</p>



<p>Les revenus des hydrocarbures financent la paix sociale avec des subventions massives sur les carburants, l’alimentation, emploi public à environ 34 % de la population active. Les réserves de change sont passées de 143 milliards de dollars en 2014 à 47 milliards en 2025. La fenêtre de viabilité financière se ferme dans cinq à sept ans, peut-être moins si la transition énergétique européenne et mondiale vers la décarbonisation réduit les prix et achats du gaz algérien.</p>



<p>Mais la menace algérienne brandie par une partie des élites et médias en Occident est tripolaire — et c’est précisément pourquoi elle est si difficile à articuler dans les chancelleries occidentales habituées à des diagnostics binaires.</p>



<p><strong><em>Premier pôle : le risque d’effondrement interne</em></strong></p>



<p>L’Algérie est solide, mais si le régime vacille sous la pression conjuguée d’une crise économique ou sanctions imposées et d’une déstabilisation orchestrée de l’extérieur, ce sont les 6000 kilomètres de frontières avec la Libye, le Niger, le Mali et la Mauritanie qui deviennent des passoires absolues. Si Alger bascule dans une instabilité ouvrant sur la Méditerranée, c’est une vague migratoire d’une ampleur sans précédent vers la France, l’Italie et l’Espagne, avec tout ce que cela aura comme impact politique en Europe.</p>



<p><strong><em>Deuxième pôle : l’Algérie comme menace aux intérêts occidentaux</em></strong></p>



<p>Ici, il faut nommer ce que les diplomates occidentaux ne formulent pas publiquement, que l’Algérie est un acteur hostile aux intérêts stratégiques de l’Occident sur plusieurs dossiers simultanés. Entre autres, ses achats d’armements russes massifs — Alger est le troisième importateur mondial d’armes russes après l’Inde et la Chine — envoient un signal explicite sur ses alignements stratégiques réels. Sa relation entretenue avec Moscou pendant et après l’invasion de l’Ukraine, son refus de condamner la Russie à l’Onu, et sa politique de non-alignement revendiquée, considérée comme une couverture diplomatique pour un penchant structurel anti-occidental. En cas de crise majeure, les bases aériennes et navales algériennes pourraient être utilisées — ou proposées — à des acteurs hostiles à l’Otan.</p>



<p><strong><em>Troisième pôle : l’Algérie dans l’axe des puissances menaçantes</em></strong></p>



<p>Et c’est ici que le tableau géopolitique prend sa dimension la plus inquiétante pour l’Occident. L’Algérie s’inscrit dans un axe de puissances dont chacune, à des degrés divers et selon des logiques propres, représente aujourd’hui un défi existentiel pour l’ordre occidental en Méditerranée et en Afrique. La Turquie d’Erdogan a construit une présence militaire en Libye, noué des alliances avec les juntes sahéliennes via la Diyanet et les marchands d’armes, et utilisé les flux migratoires comme levier de chantage systématique sur l’Europe. Elle est membre de l’Otan tout en sapant méthodiquement ses intérêts — combinaison paradoxale qui paralyse pour le moment toute réponse collective occidentale. L’Égypte du maréchal Sissi soutient Haftar en Libye, maintient des contacts réguliers avec Moscou et Pékin, et conduit une politique sahélienne visant à contrebalancer l’influence européenne et à sécuriser son flanc occidental — notamment via le Soudan, aujourd’hui en guerre civile avec des ramifications qui s’étendent jusqu’à la mer Rouge. Ces trois pays — Algérie, Turquie, Égypte — ne forment pas un bloc homogène. Mais ils partagent une caractéristique stratégique décisive en cas de conflit majeur, ils occupent les positions-clés du verrou méditerranéen, et leur politique étrangère est, dans les faits, structurellement incompatible avec les intérêts de sécurité européens.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tp7l75vnPH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/lavenir-de-la-libye-en-suspens/">L’avenir de la Libye en suspens</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’avenir de la Libye en suspens » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/lavenir-de-la-libye-en-suspens/embed/#?secret=0qOjiD2FZ2#?secret=tp7l75vnPH" data-secret="tp7l75vnPH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Personne n’a intérêt à la paix</h2>



<p>La Russie a déployé l’Africa Corps au Mali, au Burkina, au Niger, en Libye et en République centrafricaine pour un coût financé en partie via des concessions minières. Elle chasse l’Occident de ses zones d’influence historiques, accède à l’or malien, à l’uranium nigérien, aux diamants centrafricains, et — point capital — génère délibérément des flux migratoires supplémentaires qui alimentent les populismes européens et fragilisent l’Union Européenne.</p>



<p>La Chine prend les ressources sans faire la guerre et sans créer d’ennemis. Pékin est le premier partenaire commercial africain depuis 2009 déployant une stratégie d’offre sans conditionnalités avec des prêts sans exigences démocratiques, des investissements sans transparence. Elle installe des entreprises d’extraction dans les zones contestées, négocie avec les groupes armés aussi facilement qu’avec les gouvernements reconnus.</p>



<p>La réalité la plus difficile à accepter est qu’aucun des acteurs qui ont le pouvoir de stabiliser la région n’a réellement intérêt à le faire – exceptée l’Algérie en raison de sa région Touareg. C’est un système d’intérêts croisés, d’une cohérence perverse, qui maintient le chaos comme équilibre optimal pour chacun de ses participants — sauf pour les populations sahéliennes, qui en paient le prix de leur vie.</p>



<p>Le drame sahélien tient précisément à cette convergence monstrueuse, ainsi pour les populations, le chaos est une tragédie ; pour plusieurs acteurs extérieurs, il est devenu une ressource. Il ouvre des accès miniers, justifie des présences militaires, affaiblit les concurrents et permet à des puissances moyennes ou globales de peser à faible coût sur l’équilibre du monde. La guerre devient, dans certains espaces, une modalité de gestion des rapports de force. Le Sahel n’est donc pas abandonné par hasard, il est aussi exploité parce que son désordre produit des dividendes stratégiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’âge des souverainetés fantômes</h2>



<p>L’hypothèse d’un effondrement total de l’Etat sahélien est aussi peu probable que celle d’une stabilisation. Ce qui s’installe, c’est une souveraineté à géométrie variable, où l’État subsiste comme enveloppe formelle — siège à l’Onu, drapeau, monnaie — pendant que le territoire réel est administré par une mosaïque d’acteurs. Groupes armés, milices ethniques tiennent les axes routiers, juntes militaires dans les capitales, compagnies étrangères dans les périmètres miniers. Chacun prélève, chacun protège, chacun gouverne à sa manière. C’est un ordre parallèle, fonctionnel et durable, précisément parce qu’il rend services là où l’État a failli.</p>



<p>Ce qui s’installe, c’est la privatisation de la souveraineté sur le monopole public de la contrainte, de l’impôt, de la justice et de la protection qui se disperse entre entrepreneurs de guerre, milices identitaires, compagnies étrangères, réseaux criminels et appareils militaires concurrents.</p>



<p>L’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina, Niger — est moins une construction politique qu’une posture anticoloniale commune. Les juntes partagent un discours, pas une vision. Elles se heurtent aux mêmes contraintes structurelles que les régimes qu’elles ont renversés, sans l’aide internationale qui en masquait la fragilité, ni la légitimité démocratique qui en différait l’implosion. Africa Corps ne peut pas remplacer un État. L’or malien et l’uranium nigérien financeront un temps les appareils sécuritaires, pas le développement. D’ici 2028-2030, ces régimes auront soit négocié un retour partiel à une légitimité civile, soit sombré dans une violence interne que leurs propres armées ne maîtriseront plus.</p>



<p>Le vrai basculement géopolitique ne viendra pas du Mali ou du Burkina mais du Sénégal, du Ghana et surtout de la Côte d’Ivoire. Ces États ont servi de contre-exemples, de preuves que la gouvernance pouvait fonctionner en Afrique de l’Ouest. Leur déstabilisation partielle — déjà engagée dans leurs régions septentrionales — invaliderait définitivement le paradigme du développement par la gouvernance, promu depuis trente ans par les institutions de Bretton Woods.</p>



<p>Si un scénario mérite d’être qualifié de systémique, c’est la décomposition partielle du Nigéria. Avec une économie déjà sous pression, un Nord-Est en guerre depuis quinze ans et une fédération dont les lignes de fracture ethniques et religieuses n’ont jamais été véritablement suturées, le Nigéria n’est pas un État fragile au sens conventionnel — c’est un agrégat sous tension dont la rupture provoquerait un déversement humain sans équivalent dans l’histoire africaine contemporaine.</p>



<p>Le Soudan et la Somalie sont l’exemple de ce que devient un territoire quand l’État a définitivement cessé d’être le cadre de référence des populations. Deux géographies distinctes, deux trajectoires différentes, une même conclusion, l’irréversibilité à court terme.</p>



<p>Dans ce contexte, la stabilisation durable au Sahel est improbable avant plusieurs décennies.</p>



<p>Enfin, le Sahel révèle ce que devient le monde lorsque l’État cesse de protéger et d’unir, une souveraineté de façade, livrée aux milices, aux trafiquants et aux puissances extérieures. Ce naufrage est l’échec d’États sans contrat social, sans justice et sans enracinement. Le choix est entre la reconstruction patiente d’États légitimes, capables de rendre justice et de protéger les peuples, ou l’acceptation d’un monde où la peur remplacera la loi, où les milices remplaceront les institutions, et où la souveraineté ne sera plus qu’un mot imprimé sur des cartes.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lT4ns1dkJh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/26/troubles-au-mali-la-tunisie-doit-securiser-ses-frontieres-terrestres/">Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/26/troubles-au-mali-la-tunisie-doit-securiser-ses-frontieres-terrestres/embed/#?secret=AYz2DAMY30#?secret=lT4ns1dkJh" data-secret="lT4ns1dkJh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Évacuation du Liban &#124; un troisième groupe de 9 Tunisiens est arrivé à Tunis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/31/evacuation-du-liban-un-troisieme-groupe-de-9-tunisiens-est-arrive-a-tunis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 17:49:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[affaires étrangères]]></category>
		<category><![CDATA[Évacuation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce mardi 31 mars 2026, neuf citoyens tunisiens en provenance du Liban ont atterri à l&#8217;aéroport de Tunis-Carthage après une escale à Istanbul. À leur arrivée, ils ont été accueillis par des représentants du ministère des Affaires étrangères ainsi que par des membres du Croissant-Rouge tunisien ainsi que leurs familles, qui ont exprimé leur soulagement,...</p>
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<p><strong><em>Ce mardi 31 mars 2026, neuf citoyens tunisiens en provenance du Liban ont atterri à l&rsquo;aéroport de Tunis-Carthage après une escale à Istanbul.</em></strong></p>



<span id="more-18565657"></span>



<p>À leur arrivée, ils ont été accueillis par des représentants du ministère des Affaires étrangères ainsi que par des membres du Croissant-Rouge tunisien ainsi que leurs familles, qui ont exprimé leur soulagement, indique une source citée par l&rsquo;agence Tap.</p>



<p>Cette opération est le fruit d&rsquo;une coordination étroite entre le ministère des Affaires étrangères, l&rsquo;Office des Tunisiens à l&rsquo;étranger (OTE)&nbsp; et l&rsquo;Office de l&rsquo;aviation civile et des aéroports (OACA) ainsi que le ministère de la Jeunesse et des Sports (pour l&rsquo;hébergement) et le Croissant-Rouge tunisien (pour la prise en charge logistique et alimentaire).</p>



<p>Avec l&rsquo;arrivée de ce groupe via Istanbul, le nombre total de Tunisiens rapatriés du Liban s&rsquo;élève désormais à 37 personnes. Les deux vagues précédentes avaient été acheminées via la Jordanie les 15 et 18 mars.</p>



<p>La mission diplomatique tunisienne au Liban affirme par aielleurs qu&rsquo;elle reste en état d&rsquo;alerte maximale et rappelle que pour toute assistance ou urgence, les ressortissants peuvent contacter l&rsquo;ambassade via :</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; WhatsApp : +961 81 369 290</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Téléphone fixe : +961 5 457 431 // +961 5 457 430</p>



<p>    E-mail : ambassadetunisieliban@gmail.com</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<item>
		<title>Tunisiens bloqués au Qatar &#124; Un vol exceptionnel prévu ce samedi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 21:42:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[liaison aérienne]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Ambassade de Tunisie au Qatar a annoncé, en coordination avec les autorités locales, la mise en place d&#8217;une liaison aérienne exceptionnelle assurée par Qatar Airways pour faciliter le retour des Tunisiens bloqués. Dans un communiqué, l&#8217;Ambassade précise que ce vol direct, programmé pour le samedi 14 mars 2026, vise en priorité l&#8217;évacuation des citoyens tunisiens...</p>
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]]></description>
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<p><strong><em>L&rsquo;Ambassade de Tunisie au Qatar a annoncé, en coordination avec les autorités locales, la mise en place d&rsquo;une liaison aérienne exceptionnelle assurée par Qatar Airways pour faciliter le retour des Tunisiens bloqués.</em></strong></p>



<span id="more-18473269"></span>



<p>Dans un communiqué, l&rsquo;Ambassade précise que ce vol direct, programmé pour le samedi 14 mars 2026, vise en priorité l&rsquo;évacuation des citoyens tunisiens se trouvant actuellement au Qatar pour des motifs de visites familiales ou touristiques (visiteurs non-résidents).</p>



<p>Cette initiative est le fruit d&rsquo;une coordination continue entre l&rsquo;ambassade et les autorités qataries compétentes pour répondre à l&rsquo;urgence de certains voyageurs impactés par les restrictions de déplacement suite à la montée des tensions au Moyen-Orient après les frappes israélo-américaines contre l&rsquo;Iran.</p>



<p>Parallèlement, l&rsquo;ambassade informe qu&rsquo;un vol dans le sens inverse a également été programmé. La compagnie Qatar Airways assurera ainsi une liaison depuis l&rsquo;aéroport de Tunis-Carthage vers Doha le dimanche 15 mars 2026.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/13/tunisiens-bloques-au-qatar-un-vol-exceptionnel-prevu-ce-samedi/">Tunisiens bloqués au Qatar | Un vol exceptionnel prévu ce samedi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Du Nil à l’Euphrate &#124; Quand la Bible devient carte géopolitique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 09:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mike Huckabee]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Orient]]></category>
		<category><![CDATA[peuple élu]]></category>
		<category><![CDATA[Terre promise]]></category>
		<category><![CDATA[Tucker Carlson]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Transformer tout le Moyen-Orient en titre de propriété de l’Etat d’Israël,, c’est ouvrir la voie à l’instabilité permanente dans le monde.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/25/du-nil-a-leuphrate-quand-la-bible-devient-carte-geopolitique/">Du Nil à l’Euphrate | Quand la Bible devient carte géopolitique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les civilisations humaines prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété de l’Etat d’Israël, né en 1948 d’un arrangement entre puissances occidentales, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente dans le monde.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-18404876"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Les empires disparaissent ; les textes demeurent. Mais aucun verset d’un livre saint n’a jamais servi pour tracer une frontière reconnue par le droit des nations. Si l’on devait fonder la géopolitique contemporaine sur l’antériorité ou les promesses les plus anciennes, le monde redeviendrait instantanément ingouvernable.</p>



<p>Aux États-Unis, les nations amérindiennes pourraient revendiquer l’intégralité du territoire ; en Europe, les royaumes médiévaux réapparaîtraient sous forme de prétentions territoriales contemporaines ; en Méditerranée, les héritiers de Carthage, de Rome invoqueraient leurs anciens empires ; au Proche-Orient, chaque dynastie disparue redessinerait les frontières selon ses propres souvenirs, en Asie, les empires disparus revendiqueraient leurs anciennes provinces.</p>



<p>L’histoire humaine est une succession de conquêtes, de migrations, de métissages et de recompositions. Si chaque présence ancienne devenait un titre de propriété éternel, aucun État moderne ne survivrait.</p>



<p>C’est pourtant une brèche de cette nature qu’a entrouverte Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël nommé en 2025 par le président Donald Trump, lorsqu’il a affirmé dans un entretien avec Tucker Carlson que la promesse biblique <em>«entre le Nil et l’Euphrate»</em> pouvait fonder une légitimité territoriale contemporaine d’Israël sur cette partie du Moyen Orient — allant jusqu’à ajouter : <em>«ce serait bien s’ils prenaient tout»</em>. Ce n’est pas une simple déclaration théologique. C’est un glissement conceptuel aux conséquences diplomatiques majeures. Car cet ambassadeur ne parle jamais seulement en croyant, il parle au nom de la première puissance mondiale.</p>



<p>Prise au sérieux, cette interprétation implique bien davantage qu’une formule symbolique. Elle suggère l’effacement de la Jordanie, du Koweït et du Liban, l’amputation de larges portions de l’Égypte — dont le Canal de Suez —, de l’Arabie saoudite incluant Médine, ainsi que de vastes territoires irakiens et syriens. Autrement dit, elle superpose un récit théologique ancien à des souverainetés contemporaines internationalement reconnues, dont certaines plongent leurs racines bien au-delà de l’époque patriarcale évoquée par la Genèse. Parler de <em>«prendre tout»</em> revient à envisager une refonte radicale de la carte régionale au détriment de peuples établis et d’États constitués.</p>



<p>Les civilisations mésopotamiennes prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La <em>Genèse</em> n’est pas un cadastre</h2>



<p>La<em> Genèse</em> est un texte fondateur des traditions abrahamiques, dont nous sommes pour la plupart les héritiers. Elle appartient au patrimoine spirituel de milliards d’êtres humains. Mais la <em>Genèse</em> n’est pas un cadastre. Elle n’est ni une convention frontalière ni un traité international.</p>



<p>Entre le Nil et l’Euphrate, bien avant qu’Abraham ne devienne figure de foi pour les monothéistes, vivaient déjà des peuples multiples — Cananéens, Amorites, Hourrites, Égyptiens, Mésopotamiens. Des cités se sont élevées, des empires ont dominé, des langues se sont croisées, des civilisations se sont succédées. Le Croissant fertile fut l’un des berceaux de l’agriculture, de l’écriture, de la ville.</p>



<p>L’histoire de cette région ne se résume pas à un seul récit fondateur, aussi central soit-il pour la tradition juive ; elle s’inscrit dans une continuité plurimillénaire où se sont succédé et mêlées de nombreuses civilisations.</p>



<p>Il serait malhonnête d’ignorer que la notion de <em>«terre promise»</em> occupe une place centrale dans la tradition juive et qu’elle constitue pour des millions de croyants un élément fondateur d’identité spirituelle. Mais une mémoire religieuse, aussi légitime soit-elle, ne se confond pas avec une norme juridique internationale. La foi structure des consciences ; elle ne délimite pas des souverainetés. Cela n’ôte rien à la réalité historique du lien plurimillénaire du peuple juif à cette terre, attesté par toutes les religions monothéistes et l’histoire, ni à la légitimité internationale issue du processus onusien de 1947 et de la reconnaissance de l’État d’Israël. La question n’est pas celle de l’existence d’Israël, mais celle des fondements invoqués pour redéfinir ses frontières.</p>



<p>Cette terre n’a jamais été l’espace exclusif d’un seul peuple. Au fil des siècles, des populations juives et arabes y ont coexisté, parfois en tension, parfois en proximité. Le droit international contemporain, notamment à travers la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1947, a d’ailleurs envisagé la création de deux États — l’un juif, l’autre arabe — reconnaissant ainsi l’existence de deux légitimités nationales sur un même territoire.</p>



<p>Lorsqu’on se place du point de vue du croyant, l’ordre du monde et le déploiement de son histoire ne relèvent pas du hasard ni de la seule volonté humaine, mais d’une souveraineté divine. Pour celui qui croit, la création, les nations, les événements et leurs enchaînements procèdent d’un dessein qui dépasse l’homme. Pour le croyant, l’histoire s’inscrit dans une relation à Dieu et dans une promesse qui relève de la foi. Mais précisément parce que cette conviction relève de l’adhésion spirituelle, elle ne peut être transposée mécaniquement dans l’ordre juridique international. La foi engage la conscience ; le droit engage les peuples.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du mythe au droit</h2>



<p>Depuis 1945, la Charte des Nations unies repose sur un principe simple qui est l’interdiction de l’acquisition territoriale par la force et la reconnaissance mutuelle des États souverains. C’est précisément pour empêcher, entre autres, la résurgence des légitimations mythologiques de l’expansion territoriale que l’ordre juridique international a été construit.</p>



<p>Car si la théologie devient doctrine territoriale, alors l’histoire des évolutions humaines — migrations, métissages, souverainetés construites — pourrait être suspendue au profit d’une interprétation d’un récit antique.</p>



<p>Le Proche-Orient n’est pas une carte biblique en attente d’accomplissement. C’est un espace habité, souverain, traversé de mémoires concurrentes et d’équilibres fragiles. L’Égypte n’est pas une métaphore ; c’est l’une des plus anciennes continuités étatiques de l’histoire humaine, structurée bien avant l’émergence du prophète Abraham dans les récits bibliques. L’Irak et la Syrie sont les héritiers des premières cités mésopotamiennes, des royaumes araméens, des civilisations assyriennes et babyloniennes, toutes antérieures aux traditions abrahamiques. La Jordanie, le Liban, le Koweït, l’Arabie saoudite — dont la ville sacrée de Médine occupe une place centrale dans l’histoire de l’islam — ne sont pas des espaces symboliques interchangeables, ce sont des États souverains, reconnus, porteurs d’identités historiques façonnées au fil des siècles.</p>



<p>Ce qui trouble, au fond, n’est pas qu’un homme de foi interprète un verset biblique. C’est que cette interprétation soit formulée par un diplomate représentant la première puissance mondiale. La diplomatie moderne repose sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés et sur l’équilibre fragile des puissances. Introduire dans ce langage la logique d’une promesse sacrée, c’est déplacer le débat du terrain juridique vers celui de l’absolu. Et l’absolu, en politique internationale, n’a jamais été un facteur de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La théologie devient doctrine implicite</h2>



<p>Les déclarations de l’ambassadeur américain en Israël, validant l’idée que la promesse biblique <em>«entre le Nil et l’Euphrate»</em> pourrait fonder une légitimité territoriale contemporaine, ne relèvent pas d’une simple opinion personnelle. Elles introduisent, dans le langage diplomatique d’une superpuissance, une référence théologique comme possible source de droit politique. Or depuis 1945, l’ordre international repose sur la souveraineté des États et l’intangibilité des frontières reconnues. Substituer à ce cadre juridique une lecture littérale d’un texte sacré revient à déplacer la légitimité du consensus international vers l’absolu religieux — un terrain par nature non négociable.</p>



<p>Une doctrine territoriale fondée sur une promesse divine transforme le désaccord politique en affrontement existentiel. Elle discrédite la posture de médiation des États-Unis, alimente les radicalités régionales et rouvre la porte à une diplomatie identitaire où les récits sacrés concurrencent le droit international. Si chaque nation revendiquait ses frontières au nom de ses écritures, l’équilibre mondial serait rapidement submergé par des absolus rivaux. L’enjeu dépasse donc la polémique, il interroge la nature même de la diplomatie contemporaine et la capacité des grandes puissances à distinguer conviction personnelle et responsabilité stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une onde de choc régionale</h2>



<p>Évoquer favorablement une extension territoriale israélienne <em>«du Nil à l’Euphrate»</em> revient, pour des millions de citoyens arabes, à suggérer l’effacement symbolique de leurs États. En Egypte où la stabilité repose sur un équilibre délicat entre souveraineté nationale et coopération sécuritaire avec Israël, une telle rhétorique ne peut qu’alimenter les discours nationalistes et fragiliser les autorités modérées. En Iraq et en Syrie, pays marqués par les guerres et recompositions territoriales, l’idée d’une légitimation religieuse de l’expansion israélienne réactive des mémoires coloniales et des peurs existentielles. Ce n’est pas seulement une provocation théologique — c’est une négation explosive de souverainetés reconnues et d’équilibres régionaux déjà fragiles.</p>



<p>L’Iran, qui se présente comme défenseur de la cause palestinienne pourrait instrumentaliser ces propos pour renforcer l’idée d’un affrontement civilisationnel. Les groupes armés non étatiques y trouveraient une justification supplémentaire pour radicaliser leurs bases. Même les États signataires des accords d’Abraham, engagés dans une normalisation pragmatique avec Israël, se verraient placés sous pression intérieure, comment défendre un rapprochement stratégique si la perspective d’une expansion sacrée devient audible dans le discours diplomatique américain ?</p>



<p>Ironie ultime, cette rhétorique pourrait également fragiliser Israël. La sécurité à long terme d’un État ne repose pas sur l’adhésion à une vision maximaliste, mais sur la reconnaissance mutuelle et la stabilité régionale. En accréditant l’idée d’un horizon territorial illimité, on complique toute solution négociée, on éloigne les compromis nécessaires et on alimente les discours de ceux qui, de part et d’autre, refusent toute coexistence. Dans une région où chaque mot peut devenir étincelle, la diplomatie devrait apaiser les braises — non souffler dessus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Amérique, puissance juridique ou puissance identitaire ?</h2>



<p>Au-delà du Moyen-Orient, cette polémique touche au cœur même du leadership américain. Depuis 1945, les États-Unis se sont présentés comme les architectes d’un ordre international fondé sur des règles, des institutions et un droit commun. Leur puissance ne reposait pas seulement sur la force militaire, mais sur une autorité normative, celle d’un pays qui défendait la stabilité des frontières et la primauté du droit. Si un discours officiel laisse désormais place à une justification territoriale d’inspiration théologique, c’est cette crédibilité qui s’écroule. Car si l’on redessine des cartes au nom d’un récit sacré ici, pourquoi d’autres puissances n’invoqueraient-elles pas ailleurs leurs empires passés, leurs dynasties ou leurs mythes fondateurs ?</p>



<p>L’Amérique veut-elle demeurer la puissance qui arbitre et stabilise, ou glisser vers une diplomatie identitaire où la politique étrangère épouse des convictions religieuses et culturelles particulières ?</p>



<p>Lorsque la diplomatie devient le prolongement d’une ferveur électorale, la frontière entre mandat démocratique et mission sacrée se trouble dangereusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La ligne rouge entre mythe et responsabilité</h2>



<p>Les civilisations ont besoin de récits, mais la diplomatie est un exercice de responsabilité. Lorsque la référence du <em>«Nil à l’Euphrate»</em> glisse du registre spirituel vers celui de la politique étrangère, elle ne réactive pas seulement une promesse ancienne ; elle ravive des peurs actuelles, durcit les positions et fragilise des équilibres déjà instables. Le Moyen-Orient n’est pas une abstraction théologique, mais un espace peuplé, structuré par des souverainetés reconnues et par une histoire longue, complexe, faite de strates successives. Il est impossible d’ignorer la dynamique réelle des sociétés humaines.</p>



<p>Il ne s’agit pas d’exclure la foi de la sphère publique, mais de rappeler qu’entre conviction personnelle et parole d’État existe une frontière qui ne doit jamais être franchie. La première relève de la liberté intime ; la seconde engage la stabilité internationale. Confondre les deux, même brièvement, fragilise la primauté du droit au profit d’un récit. Entre le mythe et la responsabilité, la diplomatie doit choisir la prudence, car franchir cette ligne rouge, c’est risquer de substituer l’absolu au compromis — et sans compromis, il n’y a pas d’ordre viable.</p>



<p>Enfin, il existe, dans toutes les grandes traditions politiques, la tentation de relire le présent à la lumière d’un passé sacralisé. Chaque époque croit parfois retrouver dans ses textes anciens la justification de ses ambitions contemporaines.</p>



<p>Avant le prophète Abraham, des peuples vivaient déjà sur ces terres ; après lui, d’autres sont venus, se sont mêlés, ont bâti des villes, des cultures, des États. Les identités n’y sont pas linéaires, elles sont tissées de migrations, de conquêtes, de métissages. Prétendre figer ce mouvement au nom d’une promesse originelle revient à nier la dynamique même de l’histoire humaine.</p>



<p>Au fond, la question posée par cette polémique est simple et immense à la fois, la diplomatie du XXIᵉ siècle sera-t-elle guidée par la complexité du réel ou par la certitude des récits religieux ?</p>



<p>Entre le Nil et l’Euphrate, il n’y a pas qu’une promesse biblique. Il y a des États, des peuples, et une paix fragile.</p>



<p>Un monde où les promesses sacrées seraient traduites littéralement en revendications territoriales ne serait pas un monde plus spirituel, mais un monde plus instable. Les nations se construisent et se préservent par la négociation et le compromis, non par la transposition directe de leurs héritages religieux dans l’ordre juridique international.</p>



<p>Les mots ne déplacent pas les frontières. Mais ils peuvent embraser les peuples.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pwH6dP7sVm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/25/le-grand-israel-selon-lambassadeur-americain-a-tel-aviv/">Le «Grand Israël» selon l’ambassadeur américain à Tel Aviv</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le «Grand Israël» selon l’ambassadeur américain à Tel Aviv » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/25/le-grand-israel-selon-lambassadeur-americain-a-tel-aviv/embed/#?secret=ovPRBmZS8C#?secret=pwH6dP7sVm" data-secret="pwH6dP7sVm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La reconnaissance de l’État de Palestine &#124; Un pas vers la solution à deux États</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 07:20:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Jérusalem Est]]></category>
		<category><![CDATA[Mohsen Ben Aissa]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Orient]]></category>
		<category><![CDATA[solution à deux États]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le système international connaît des transformations rapides dans son approche du conflit israélo‑palestinien. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/04/la-reconnaissance-de-letat-de-palestine-un-pas-vers-la-solution-a-deux-etats/">La reconnaissance de l’État de Palestine | Un pas vers la solution à deux États</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le système international connaît des transformations rapides dans son approche du conflit israélo‑palestinien, notamment après des déclarations successives appelant à la reconnaissance de l’État de Palestine – la plus récente étant celle de la France annonçant son intention de franchir ce pas historique.</em></strong></p>



<p><strong>Colonel Mohsen Ben Aissa</strong> *</p>



<span id="more-17151827"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Mohsen-Ben-Aissa.jpg" alt="" class="wp-image-17151832"/></figure>
</div>


<p>Cette orientation répond à l’impasse des négociations, à l’expansion croissante des colonies israéliennes et à la détérioration des conditions humanitaires dans les territoires occupés. Elle remet de nouveau en avant la solution à deux États comme seule voie réaliste pour parvenir à la paix.</p>



<p>Cette évolution ne constitue pas un simple geste diplomatique : elle reflète une reconfiguration des rapports de force, avec la montée en puissance du rôle européen au Moyen‑Orient, le recul relatif de l’hégémonie américaine traditionnelle et l’intérêt d’une Europe soucieuse de stabilité en Méditerranée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Cadre juridique et politique</h2>



<p>La reconnaissance de l’État de Palestine par la communauté internationale s’appuie sur les critères établis par la Convention de Montevideo (1933) :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une population permanente, incarnée par la présence historique du peuple palestinien, y compris les réfugiés protégés par la résolution 194 ;</li>



<li>Un territoire défini, englobant la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem‑Est selon les frontières de 1967, reconnues par la résolution 242 ;</li>



<li>Un gouvernement effectif, à travers l’Autorité palestinienne qui exerce un pouvoir administratif, judiciaire et institutionnel en dépit des défis liés à l’occupation et à la division interne ;</li>



<li>La capacité à entretenir des relations internationales, attestée par la participation de la Palestine à plus de 100 organisations internationales (dont l’Unesco) et son statut d’<em>«État observateur non-membre»</em> auprès de l’Onu depuis 2012. Le débat israélien sur cette capacité représente, selon l’analyse, de la <em>«mauvaise foi»</em>, dans la mesure où la Palestine est déjà partie à de nombreuses instances et cultive des relations bilatérales avec des États du monde entier.</li>
</ul>



<p>La légitimité juridique de la reconnaissance est renforcée par plusieurs résolutions onusiennes successives confirmant les droits des Palestiniens :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La résolution 181 (1947), qui est le premier acte de reconnaissance internationale du droit des Palestiniens à disposer d’un État sur environ 44 % de la Palestine historique ;</li>



<li>La résolution 242 (1967), imposant à Israël de se retirer des territoires occupés ;</li>



<li>L’avis consultatif de la Cour internationale de justice (2004), condamnant le mur de séparation israélien sur le territoire palestinien, le qualifiant de violation du droit international.</li>
</ul>



<p>A cette date, plus de 147 États à travers le monde reconnaissent officiellement l’État de Palestine, notamment dans les régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Parmi les pays européens les plus récemment concernés : l’Espagne, l’Irlande et la Norvège (mai 2024), et bientôt la France (prévue en septembre 2025). Ces initiatives sont porteuses d’espoir pour encourager une position européenne unifiée.</p>



<p>À l’opposé, bien que l’ensemble des États arabes et musulmans reconnaisse la Palestine, certains alliés traditionnels d’Israël comme les États-Unis, le Royaume‑Uni, l’Allemagne ou l’Australie restent hésitants ou opposés à une reconnaissance formelle, malgré leur soutien verbal apparent à la solution à deux États. Il existe une opportunité de tracer un horizon nouveau vers une paix fondée sur le droit international plutôt que sur la force.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aVrxmFEzTu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/26/etat-de-palestine-l-le-saut-hesitant-de-macron/">Etat de Palestine l Le saut hésitant de Macron</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Etat de Palestine l Le saut hésitant de Macron » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/26/etat-de-palestine-l-le-saut-hesitant-de-macron/embed/#?secret=iCDooVM97N#?secret=aVrxmFEzTu" data-secret="aVrxmFEzTu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">II. Dimensions politiques et diplomatiques</h2>



<p>La reconnaissance constitue indéniablement un outil d’équilibrage dans un contexte de supériorité israélienne diplomatique et territoriale. Elle modifie la donne et remet en cause l’hégémonie américaine en tentant de réveiller un pôle diplomatique européen parallèle :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Elle confère à la Palestine une posture de droit international crédible, contrecarrant l’argument de <em>«l’ennemi non représenté»</em>, utilisé pour entraver les négociations, malgré le fait que l’OLP est le représentant palestinien légitime depuis 1974 ;</li>



<li>Ce n’est pas un acte unilatéral contre-productif, mais une base légale pour des négociations équitables, égalisant les deux parties, surtout après la reconnaissance historique faite par l’OLP d’Israël en 1993.</li>
</ul>



<p>La reconnaissance devient ainsi une nécessité pour corriger l’échec des négociations traditionnelles qui souffrent d’un déséquilibre flagrant des forces. Les négociations de Madrid (1991) n’ont offert aucune garantie sérieuse aux Palestiniens ; Oslo (1993) a introduit une reconnaissance réciproque, mais sans garantir la création d’un État palestinien; Annapolis (2007) a échoué par manque de mécanismes contraignants et de pression internationale. En trente ans, aucune avancée concrète n&rsquo;a permis l’établissement d’un État, et la colonisation a progressé – le nombre de colons est passé de 100 000 à 700 000 depuis 1993.</p>



<p>Assujettir la reconnaissance à des négociations préalables revient à entraver les droits palestiniens sous une façade diplomatique. Reconnaître l’existence de la Palestine est une condition préalable à toute négociation équitable. Demander d’abord de négocier est comme exiger qu’un prisonnier négocie la légitimité de sa propre liberté avec son geôlier. Ceci va à l’encontre du droit international : la reconnaissance des États ne nécessite pas l’accord des États voisins (comme en témoigne le cas du Kosovo en 2008, malgré l’opposition de la Serbie).</p>



<p>Je ne souscris pas à un pessimisme affirmant que la reconnaissance restera lettre morte : au contraire, je la vois comme un levier de pression international capable de contraindre l’isolement grandissant d’Israël et sa crainte de poursuites judiciaires, pour l’amener à des négociations sérieuses. Il est urgent de décrédibiliser les justifications de la colonisation et de contenir la politique expansionniste israélienne. Le monde a besoin d’une diplomatie nouvelle, fondée sur des valeurs éthiques et promotrice d’une culture de la négociation positive, intra- et interculturelle, reposant sur des principes humains universels, indispensables pour réguler les relations humaines et instaurer un dialogue interreligieux véritable, vecteur de paix justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III. Implications géopolitiques et stratégiques</h2>



<p>La conséquence la plus importante du repositionnement géopolitique est la transformation de la reconnaissance de l’État de Palestine non comme simple geste symbolique, mais comme un levier politique et moral :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Elle consolide la légitimité de la direction palestinienne, transformant l’Autorité de statut d’autonomie en État de fait disposant d’outils juridiques pour traduire Israël devant les tribunaux internationaux ;</li>



<li>Elle réoriente les dynamiques populaires vers des voies politiques légitimes et légales, contribuant à protéger la société palestinienne contre la dérive vers la radicalisation ou la violence désespérée.</li>
</ul>



<p>L’impact de la reconnaissance va au‑delà du juridique et du politique : il engage la stabilité sécuritaire régionale et internationale. En effet, l’impasse politique persistante sans perspective réelle favorise :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un sentiment collectif de frustration, particulièrement chez les jeunes générations, qui perçoivent l’absence de justice comme un abandon international ;</li>



<li>L’exploitationde ce désespoir par les groupes extrémistes, locaux ou transnationaux, en les instrumentalisant pour recruter, radicaliser et légitimer la violence ;</li>



<li>L’aggravationdes menaces sécuritaires, non seulement dans les territoires palestiniens, mais aussi dans des pays voisins (Jordanie, Liban, Égypte) et même en Europe, où la cause palestinienne peut alimenter des tensions sociales et des formes de violence importée.</li>
</ul>



<p>De ce point de vue, la reconnaissance de l’État de Palestine n’est pas seulement un impératif légal et moral, mais une mesure préventive et proactive pour préserver la sécurité collective : elle chasse les prétextes des extrémistes en ravivant l’espoir d’une solution politique pacifique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion et perspectives</h2>



<p>Le changement de posture des pays européens traduit une prise de conscience croissante : la “neutralité passive” n’est plus acceptable et la reconnaissance de l’État de Palestine est non un obstacle à la paix, mais un prérequis à sa réalisation. Si cette dynamique perdure, accompagnée d’actions concrètes pour appuyer la construction de l’État palestinien et tenir Israël responsable de ses pratiques, nous pourrions observer un tournant historique dans le conflit.</p>



<p>Un tel tournant ouvrirait la voie à une solution juste, intégrale, fondée sur le droit international et les résolutions de l’Onu, offrant aux peuples de la région l’opportunité tant attendue de vivre dans la sécurité et la paix.</p>



<p>* <em>Officier de la Garde nationale à la retraite.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pYm5TvH8vV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/31/congres-de-new-york-sur-les-deux-etats-avancee-historique-pour-la-palestine/">Congrès de New York sur les deux États |  Avancée historique pour la Palestine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Congrès de New York sur les deux États |  Avancée historique pour la Palestine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/31/congres-de-new-york-sur-les-deux-etats-avancee-historique-pour-la-palestine/embed/#?secret=lVvhDNqM5H#?secret=pYm5TvH8vV" data-secret="pYm5TvH8vV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Trump, les Etats-Unis et nous  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 10:46:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Etats-Unis d’Amérique restent au centre des affaires du monde en matière de sécurité internationale et de commerce mondial.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ceux qui prônent allègrement un alignement de la Tunisie sur la Turquie, la Chine, l’Iran, la Russie ou pire encore sur une Algérie aux multiples contradictions et vulnérabilités, gagneraient à tempérer leurs ardeurs et mettre de l’eau dans leur «rosata».</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong></p>



<span id="more-16150793"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>Les récentes initiatives du président Trump qui n’a pas encore fait ses cent premiers jours à la Maison Blanche, même si leur appréciation peut faire l’objet d’un débat assez souvent passionné et houleux, montrent que l’ère du nouveau monde multipolaire est encore à l’état de projet et pour certaines régions du monde dont la zone Mena (Moyen Orient-Afrique du Nord), une vue de l’esprit et un vœu pieux à court et moyen termes.</p>



<p>Alors que l’Europe, la Russie, l’Inde, l’Iran, la Turquie et la Chine procèdent à un recentrage géostratégique de leurs intérêts nationaux et leurs zones de proximité, les initiatives du président Trump, aussi controversées qu’elles puissent paraître, montrent que les Etats-Unis d’Amérique restent au centre des affaires du monde en matière de sécurité internationale et de commerce mondial.</p>



<p>Ceux qui prônent allègrement un alignement de la Tunisie sur la Turquie, la Chine, l’Iran, la Russie ou pire encore sur une Algérie aux multiples contradictions et vulnérabilités, gagneraient à tempérer leurs ardeurs et mettre de l’eau dans leur <em>«rosata»</em>.</p>



<p>Il faut se rendre à l’évidence que les Etats-Unis d’Amérique sont et resteront peut être plus qu’avant la principale source d’influence dans la zone Mena et que le sort de notre région se discute, au moins pour les quelques années à venir, à Washington D.C.</p>



<p>Certains régimes arabes semblent en avoir pris conscience tandis que d’autres, dans un délire idéologique aux graves répercussions géostratégiques, s’enferrent dans des postures donquichottesques à la limite du masochisme et de l’auto-flagellation.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
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		<title>La Tunisie, le pot de terre et le pot de fer  </title>
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		<pubDate>Sat, 11 Jan 2025 11:09:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie se doit de peser sereinement les avantages et les inconvénients de tout rapprochement ou alignement sur les positions de ses voisins.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie, dans cette phase critique de son histoire contemporaine et des relations internationales, se doit de peser sereinement les avantages et les inconvénients de tout rapprochement ou alignement sur les positions de ses voisins.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri *</strong></p>



<span id="more-15150556"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>Le vent de changement, qui menace le monde et en particulier le triangle Europe-Afrique-Moyen Orient, met de nombreux pays, dont la Tunisie, face à un dilemme du mondialisme (et son pendant régionaliste) ou le souverainisme, qui semble connaître un attrait grandissant chez les grandes et moyennes puissances, en plus de nombreux pays africains semblant prendre conscience que les groupements régionaux ne sont en fin de compte que des relais néocoloniaux.</p>



<p>Avec une Europe en détresse identitaire et géostratégique et un Moyen-Orient qui ne cache plus son statut de paysage politique néocolonial susceptible d’être reconfiguré à la guise de des concepteurs coloniaux, la sous-région maghrébine accentue sa descente aux enfers tant par sa gestion calamiteuse de son semblant d’indépendance que son échec patent à faire œuvre utile de ses richesses naturelles et des avantages que lui confère sa situation géographique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, lequel est qualifié par les stratèges héritiers du colonialisme anglo-saxon d’Asie occidentale.</p>



<p>Alors que les pays qui entourent la Tunisie semblent s’apprêter à payer, à l’intérieur et à l&rsquo;international, le prix de décennies d’activisme qualifié par de nombreux stratèges occidentaux d’aventurisme et de velléités hégémoniques, notre pays se doit, dans cette phase critique de son histoire contemporaine et des relations internationales, de peser sereinement les avantages et les inconvénients de tout rapprochement ou alignement sur les positions que certains qualifient de contradictoires de ces pays voisins.</p>



<p>Compte tenu de la présente situation de la Tunisie, fragilisée par une fin de règne éprouvante de Ben Ali, suivie par une quinzaine d’années d’expérimentations politico-socio-économiques qui tardent à donner des résultats probants, l’intérêt national doit primer sur toute considération altruiste ou tout élan émotionnel, car plus que jamais la fable du pot de terre et du pot de fer de Jean de La Fontaine est d’actualité.</p>



<p>Il faut reconnaître que La Fontaine n’a pas le monopole du réalisme et de la sagesse car un vieux proverbe arabe dit: «عاش من عرف قدره و جلس دونه» (Vivra mieux celui qui aura connu sa juste place et s’en sera contenté).**</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>



<p><em>** La morale de cette fable est la suivante : «Mesurons-nous à nos égaux, sinon nous risquerions de nous perdre».</em></p>
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		<title>En quoi la chute du régime syrien concerne aussi la Tunisie    </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Dec 2024 08:37:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[accords d’Abraham]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La chute annoncée du régime de Bachar El-Assad préfigure des bouleversements géostratégiques dont la Tunisie doit tirer de bonnes conclusions pour son avenir. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/08/en-quoi-la-chute-du-regime-syrien-concerne-aussi-la-tunisie/">En quoi la chute du régime syrien concerne aussi la Tunisie    </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La chute annoncée du régime de Bachar El-Assad préfigure des bouleversements au Moyen Orient et en Afrique du Nord, ainsi que dans le Sahel africain, ceinture sécuritaire par excellence de la Tunisie, qui doit tirer les conclusions nécessaires des changements en cours pour se replacer dans la nouvelle configuration géostratégique régionale et mondiale.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri *</strong></p>



<span id="more-14818200"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>La débâcle et l’effondrement désormais inéluctable du régime syrien après l’oblitération quasi-totale de Gaza et l&rsquo;acceptation sous la contrainte par le Hezbollah d’un cessez-le-feu sur les termes soufflés par Israël à l’émissaire américain, annoncent les prémices d’une reconfiguration géostratégique du Moyen-Orient qui n’est pas sans parallèle avec la récente escalade sur le front russo-ukrainien.</p>



<p>En dépit des quelques barouds d’honneur pour essayer en vain de sauver la face, l’Iran et la Russie semblent procéder à un recentrage de leurs priorités stratégiques sur leur périmètre immédiat pour assurer soit la sanctuarisation de son programme nucléaire par l’Iran ou la préservation des acquis de l’opération spéciale russe en Ukraine tout en évitant un dérapage nucléaire mutuellement dévastateur.</p>



<p>Avec la prochaine investiture du président Trump et la très probable relance des accords d’Abraham, ce recentrage stratégique devrait déborder sur l’Afrique du nord et le Sahel africain avec des conséquences sérieuses pour les pays et mouvements qui ont pris l’habitude de compter sur le soutien russe ou iranien.</p>



<p>La Chine, pour sa part, en dépit de son récent statut de géant économique, reste une puissance militaire régionale, incapable pour le moment d’exercer une influence tangible sur les bouleversements en cours dans les zones Mena et sahélienne, ceinture sécuritaire par excellence de la Tunisie, qui doit tirer les conclusions nécessaires des changements en cours pour se replacer dans la nouvelle configuration géostratégique.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TrZCtJO0HH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/06/syrie-comment-hayat-tahrir-al-sham-a-t-il-pu-renaitre-de-ses-cendres/">Syrie : Comment Hay’at Tahrir Al-Sham a-t-il pu renaître de ses cendres?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Syrie : Comment Hay’at Tahrir Al-Sham a-t-il pu renaître de ses cendres? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/06/syrie-comment-hayat-tahrir-al-sham-a-t-il-pu-renaitre-de-ses-cendres/embed/#?secret=GLwRREZa7L#?secret=TrZCtJO0HH" data-secret="TrZCtJO0HH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/08/en-quoi-la-chute-du-regime-syrien-concerne-aussi-la-tunisie/">En quoi la chute du régime syrien concerne aussi la Tunisie    </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Rencontre au Cepex : Où la Tunisie pourra exporter en 2024 ? </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/23/rencontre-au-cepex-ou-la-tunisie-pourra-exporter-en-2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Dec 2023 08:38:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[afrique subsaharienne]]></category>
		<category><![CDATA[Anis Morai]]></category>
		<category><![CDATA[Cepex]]></category>
		<category><![CDATA[exportations]]></category>
		<category><![CDATA[Kalthoum Ben Rejeb Guezzah]]></category>
		<category><![CDATA[Maison de l'Exportateur]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Samia Ilhem Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Majoul]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Où exporter en 2024? Zoom sur 30 marchés couverts par le réseau des représentations commerciales tunisiennes à l’étranger. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/23/rencontre-au-cepex-ou-la-tunisie-pourra-exporter-en-2024/">Rencontre au Cepex : Où la Tunisie pourra exporter en 2024 ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le Centre de promotion des exportations (Cepex) annonce que la dernière ‘Matinale de l’Export’ de l’année 2023 se tiendra le lundi 25 décembre à la Maison de l’Exportateur à Tunis.</em></strong></p>



<span id="more-11043426"></span>



<p>La ministre du Commerce et du Développement des exportations, Kalthoum Ben Rejeb Guezzah, prendra part à cette séance qui aura pour thème <em>«Où exporter en 2024? Zoom sur 30 marchés couverts par le réseau des représentations commerciales tunisiennes à l’étranger»</em>. Autres participants annoncés: Samir Majoul, président de l&rsquo;Union tunisienne de l&rsquo;industrie, du commerce et de l&rsquo;artisanat (Utica), Samia Ihlem Ammar, directrice de la diplomatie économique et culturelles au ministère des Affaires étrangères, Anis Moraï, journaliste et universitaire. </p>



<p>Cette matinale revêt une importance de premier plan puisqu’elle ambitionne de mettre en avant les opportunités d’affaires et de partenariat et les moyens de les exploiter dans une trentaine de marchés couverts par le réseau des représentations commerciales tunisiennes à l’étranger dans les pays de voisinage, en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, en Europe et en Russie.</p>



<p>Elle sera suivie d’une séance de rencontres personnalisées (format One to One) avec les 15 directeurs des représentations commerciales tunisiennes, en vue d’engager un échange personnalisé permettant de s’enquérir plus en détail sur des moyens d’accès à ces marchés et de l’appui et l’encadrement pouvant être fournis par les bureaux du Cepex à l’étranger.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong>  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/23/rencontre-au-cepex-ou-la-tunisie-pourra-exporter-en-2024/">Rencontre au Cepex : Où la Tunisie pourra exporter en 2024 ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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