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	<title>Archives des printemps arabe - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des printemps arabe - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Stéphane Parédé revisite les espoirs démocratiques du monde arabe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 06:49:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Stéphane Parédé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Stéphane Parédé revient dans un nouvel essai sur les rapports entre identité arabe, pensée islamique, justice sociale et aspiration démocratique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/22/stephane-parede-revisite-les-espoirs-democratiques-du-monde-arabe/">Stéphane Parédé revisite les espoirs démocratiques du monde arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans son essai ‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ (Vérone Éditions, Paris, le 14 janvier 2026, 186 pages), Stéphane Parédé revient sur les rapports entre identité arabe, pensée islamique, justice sociale et démocratie. De la pensée de Rifa&rsquo;a al-Tahtawi à Michel ‘Aflaq, des mobilisations de 2011 à la Tunisie et au Maroc, l’auteur cherche les continuités intellectuelles et politiques qui permettraient de penser autrement l’avenir démocratique du monde arabe.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-19837115"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Une carte du monde arabe, des mains levées : la couverture de <em>‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’</em> annonce d’emblée un ouvrage consacré aux aspirations collectives d’un espace politique et culturel longtemps traversé par les contradictions entre modernité, identité, religion et pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En quatrième de couverture, une question donne la clé de lecture : <em>«Pourquoi dissocier le panarabisme du panislamisme ?»</em> Une formulation qui pourrait laisser croire que tout le livre repose sur la recherche de similitudes entre deux grandes traditions politiques. Mais la lecture de l’ouvrage conduit à un ensemble plus vaste de préoccupations : la justice sociale, la démocratie, la place des femmes et surtout l’espoir suscité par les soulèvements populaires de 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Stéphane Parédé revendique une démarche militante. Ancien directeur du PCN-Jeunesse, il se présente comme engagé pour la cause arabe, la jeunesse européenne et panafricaine, contre le racisme et pour la justice sociale. La dédicace à Frantz Fanon inscrit d’emblée l’ouvrage dans une tradition intellectuelle où les questions de domination, d’émancipation et de souveraineté occupent une place centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Al-Tahtawi, avant Aflaq : une réflexion ancienne sur la démocratie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des éléments importants du livre est la place accordée à Rifa&rsquo;a al-Tahtawi, précurseur de la pensée réformatrice arabe au XIX<sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette référence permet à Parédé de déplacer le débat. La démocratie et les notions qui lui sont associées ne seraient pas nécessairement des concepts importés et étrangers à la pensée arabe. L’auteur cherche au contraire à montrer l’existence, dans l’histoire intellectuelle arabe, d’une réflexion ancienne sur la réforme, l’éducation, la citoyenneté et l’organisation de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette perspective précède de plusieurs décennies la naissance du nationalisme arabe moderne. Elle permet aussi de comprendre pourquoi l’auteur refuse de réduire l’histoire politique arabe à une opposition simpliste entre tradition et modernité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Michel ‘Aflaq apparaît ensuite comme l’une des figures centrales de cette histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fondateur idéologique du Baas défendait un nationalisme arabe associé à une conception particulière du socialisme. Pour Aflaq, rappelle Parédé, le socialisme arabe ne devait pas être une reproduction du marxisme. La nation reposait sur une histoire, une langue et une culture communes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le parcours du Baas constitue également, dans le livre, une histoire de la déception. Le projet initial aurait été progressivement éloigné de ses ambitions par les pratiques du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre l’idéal politique et sa traduction institutionnelle constitue l’un des fils rouges de l’essai.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LHoyK9g7zQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/les-dirigeants-arabes-continuent-denterrer-le-printemps-arabe/">Les dirigeants arabes continuent d’enterrer le printemps arabe</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les dirigeants arabes continuent d’enterrer le printemps arabe » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/les-dirigeants-arabes-continuent-denterrer-le-printemps-arabe/embed/#?secret=9j8tDO6kyA#?secret=LHoyK9g7zQ" data-secret="LHoyK9g7zQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">2011 : l’espoir démocratique face aux réalités du pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable cœur politique du livre se trouve peut-être dans son retour sur les soulèvements arabes de 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur ne présente pas le Printemps arabe comme une parenthèse définitivement refermée. Il y voit plutôt un moment historique qui a fait apparaître, avec une force nouvelle, des aspirations longtemps contenues : dignité, liberté, justice sociale et participation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Égypte occupe une place importante dans cette démonstration. Stéphane Parédé revient sur l’héritage de Nasser, les transformations sociales engagées après la révolution de 1952 et la confrontation avec les Frères musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection de Mohamed Morsi en 2012, puis son renversement en 2013, illustrent les difficultés d’une transition au cours de laquelle les différentes forces politiques et institutionnelles ne sont pas parvenues à établir un nouvel équilibre durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas du Bahreïn constitue un autre chapitre significatif. Parédé revient sur la mobilisation populaire de 2011 et sur sa répression, donnant notamment une place aux témoignages de militantes comme Maryam al-Khawaja.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cet épisode, l’auteur pose une question géopolitique : pourquoi certaines mobilisations démocratiques ont-elles suscité davantage d’attention internationale que d’autres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre ne sépare donc jamais complètement la question démocratique des rapports de force régionaux et internationaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La femme, non pas en marge mais au centre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre dimension importante de l’essai : la place accordée aux femmes. De Fatima al-Fihriya à Tawakkul Karman, en passant par les militantes engagées dans les mouvements de contestation contemporains, Stéphane Parédé cherche à restituer aux femmes une place centrale dans l’histoire politique et intellectuelle du monde arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche est loin d’être secondaire. Elle rejoint l’une des idées fortes du livre : aucune transformation démocratique ne peut être pensée uniquement à travers les institutions, les partis ou les dirigeants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie implique aussi une transformation de la société. La participation des femmes, l’accès à l’éducation, les libertés publiques et la justice sociale appartiennent ainsi au même ensemble de questions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que la réflexion de Parédé dépasse la seule opposition entre panarabisme et panislamisme. Son véritable sujet devient progressivement celui des conditions sociales et politiques nécessaires à l’exercice de la citoyenneté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Maroc et Tunisie : les textes face à la réalité politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc constitue, dans la dernière partie du livre, une expérience particulière. L’auteur revient notamment sur la réforme de la Moudawana et sur la Constitution de 2011, adoptée dans le contexte des mobilisations du mouvement du 20 février.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie occupe évidemment une place singulière. Berceau du Printemps arabe, elle représente l’expérience qui avait suscité les plus grands espoirs démocratiques après la chute de Ben Ali. Stéphane Parédé revient sur l’expérience d’Ennahdha, son discours autour de la citoyenneté, des libertés et des droits de l’homme, mais aussi sur la profondeur historique du pays, qu’il relie notamment à Carthage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son analyse invite surtout à regarder le décalage qui peut apparaître entre les principes proclamés dans les textes et leur application dans la vie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question est particulièrement sensible dans la Tunisie contemporaine. Après la Constitution de 2014, l’évolution institutionnelle engagée depuis le 25 juillet 2021 a profondément modifié l’équilibre des pouvoirs. Le président Kaïs Saïed avait alors suspendu les travaux de l’Assemblée des représentants du peuple et annoncé des mesures exceptionnelles ; une nouvelle Constitution a ensuite été adoptée par référendum en juillet 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Parédé, cette évolution pose la question de la continuité de l’espoir démocratique né en 2011. Son analyse reste inscrite dans une conviction : les aspirations exprimées lors des soulèvements ne disparaissent pas nécessairement avec les revers institutionnels.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vBuj0wZ9hF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/quinze-ans-apres-le-printemps-arabe-nest-pas-termine/">Quinze ans après, le Printemps arabe n’est pas terminé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quinze ans après, le Printemps arabe n’est pas terminé » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/quinze-ans-apres-le-printemps-arabe-nest-pas-termine/embed/#?secret=GreXLH82kl#?secret=vBuj0wZ9hF" data-secret="vBuj0wZ9hF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un essai militant, mais surtout une invitation au débat</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’</em> n’est pas un ouvrage académique froidement détaché de son sujet. Stéphane Parédé assume ses engagements et propose une lecture située de l’histoire politique arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son intérêt réside précisément dans les questions qu’il met en circulation : peut-on dissocier démocratie et justice sociale ? La pensée démocratique est-elle réellement étrangère à l’histoire arabe ? Comment comprendre les rapports entre nationalisme arabe, référence islamique et citoyenneté ? Et que reste-t-il de l’espoir démocratique porté par les mouvements de 2011 ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lecture du livre montre aussi que la question dépasse largement l’opposition entre deux courants idéologiques. De Tahtawi à Aflaq, des militantes du Printemps arabe aux expériences tunisienne et marocaine, Parédé cherche une continuité dans les aspirations à la dignité, à la justice et à la participation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quinze ans après 2011, le débat reste ouvert. Et c’est peut-être là que réside l’une des principales raisons de lire cet essai : non pour y trouver une réponse définitive à la question démocratique arabe, mais pour confronter ses thèses à une histoire encore en mouvement.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/22/stephane-parede-revisite-les-espoirs-democratiques-du-monde-arabe/">Stéphane Parédé revisite les espoirs démocratiques du monde arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’envolée des prix en Tunisie depuis 2011</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/13/lenvolee-des-prix-en-tunisie-depuis-2011/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 09:46:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cherté de la vie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Evolution des prix des produits alimentaires courants en Tunisie, en comparaison avec ceux en vigueur avant la «révolution» de 2010-2011. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/13/lenvolee-des-prix-en-tunisie-depuis-2011/">L’envolée des prix en Tunisie depuis 2011</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les régimes dictatoriaux des «pays frères» qui, craignant la contagion, ont misé sur l’échec de la transition démocratique en Tunisie, et y ont beaucoup contribué de diverses manières, doivent pavoiser. L’échec du «Printemps arabe» dans le pays même qui l’a déclenché les remplit aujourd’hui de joie. Comme pour donner une preuve tangible de cet échec, <a href="https://www.aljazeera.com/news/2026/9/1/how-prices-in-tunisia-have-skyrocketed-since-the-arab-spring">Al Jazeera</a> a suivi l’évolution des prix des produits alimentaires courants dans notre pays et les a comparés aux tarifs en vigueur avant la «révolution» de 2010-2011. La crise du coût de la vie, qui avait contribué à renverser l’ancien régime, a perduré bien après sa chute, conclut le média qatari dans son article que nous reproduisons ci-dessous.  </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&nbsp;</em></strong><strong>Alia Chughtai</strong> &amp; <strong>Marium Ali</strong></p>



<span id="more-19637398"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 décembre 2010, le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’immolait par le feu à Sidi Bouzid après des années de harcèlement policier, déclenchant une vague de contestation alimentée par le chômage, la corruption, la hausse du coût de la vie et les violences policières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement, baptisé <em>«Printemps arabe»</em>, a fini par renverser le président de longue date Zine El Abidine Ben Ali ainsi que quatre autres dirigeants du monde arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de 16 ans plus tard, toutefois, les Tunisiens sont toujours confrontés à une crise du coût de la vie que certains jugent pire que jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour illustrer l’évolution des prix au quotidien, <em>Al Jazeera</em> a relevé le coût de produits alimentaires courants et l’a comparé aux tarifs pratiqués en 2010.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dinar a perdu la moitié de sa valeur face au dollar</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2010, un dollar américain permettait d’acheter 1,47 dinar tunisien. Aujourd’hui, il en faut 2,93 ; cela signifie que chaque dinar ne vaut plus que la moitié (49 %) de sa valeur en dollars d’il y a 15 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie importe une grande partie de ses denrées alimentaires, qu’elle règle en dollars et en euros. La dépréciation du dinar renchérit le coût de ces achats, une hausse que les consommateurs constatent directement en caisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prix pratiqués en supermarché illustrent bien la situation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="770" height="962" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Hausse-des-Prix-Tunisie-Al-Jazeera.webp" alt="" class="wp-image-19637437" style="width:800px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Hausse-des-Prix-Tunisie-Al-Jazeera.webp 770w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Hausse-des-Prix-Tunisie-Al-Jazeera-240x300.webp 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Hausse-des-Prix-Tunisie-Al-Jazeera-768x959.webp 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Hausse-des-Prix-Tunisie-Al-Jazeera-580x725.webp 580w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En 2010, avec huit dinars tunisiens, on pouvait acheter 4 kg de tomates, un demi-kilo de poulet et un litre d’huile de cuisson. Aujourd’hui, cette même somme permet d’acheter moins de la moitié de ces quantités. Le prix des tomates a augmenté de 113 %, celui du poulet de 118 % et celui de l’huile de cuisson de 129 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prix des légumes ont connu une hausse encore plus spectaculaire. Les carottes coûtent désormais 428 % plus cher (soit plus de cinq fois le prix de 2010) et les pommes de terre 268 % de plus. Le bœuf, déjà l’article le plus onéreux de la liste, a vu son prix grimper de 290 % (presque quadrupler) pour atteindre 52,5 dinars le kilo, soit environ 18 dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abdessattar*, 55 ans, originaire d’El Jem, affirme qu’à l’exception des produits subventionnés, les hausses de prix sont flagrantes. <em>«On a l’impression que 20, 30 ou 40 dinars ne permettent plus d’acheter grand-chose»</em>, confie-t-il à <em>Al Jazeera</em>. Le beurre, le fromage, les produits d’entretien et les collations scolaires ont tous vu leur prix augmenter depuis l’année dernière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le graphique ci-dessous compare les prix moyens de 2010, issus du bulletin mensuel de statistiques tunisien, à ceux relevés cette semaine.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie subventionne les produits alimentaires de base depuis 1970, date de la création de la Caisse générale de compensation. L’État maintient les prix de certains produits essentiels en dessous du cours du marché et verse la différence aux producteurs et aux importateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des décennies, toutefois, certains produits ont été retirés de la liste. Fin 2022, le gouvernement a accepté de supprimer progressivement les subventions alimentaires universelles au profit de transferts monétaires ciblés afin d’obtenir un prêt du FMI, mais le président Kaïs Saïed a suspendu la mise en œuvre de ces mesures en 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte une situation à deux vitesses : les produits subventionnés ont conservé leurs prix fixes, tandis que les prix des denrées non subventionnées ont grimpé en flèche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Les résultats ont été vraiment, vraiment décevants»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Hamed el-Matri est ingénieur et militant politique ; il vit aujourd’hui au Qatar. Il se trouvait en Tunisie lors du soulèvement de 2010 et affirme avoir été en première ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. El-Matri se souvient que le soulèvement était motivé par des revendications socio-économiques, notamment l’emploi, la liberté et la dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les attentes étaient très élevées à l’époque. Mais quand je vois la situation actuelle, ou même celle des quinze dernières années, les résultats ont été vraiment, vraiment décevants»</em>, confie-t-il à <em>Al Jazeera</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon M. El-Matri, ces quinze années ne peuvent être considérées comme une période unique. Il décrit la période allant de 2011 à 2021 comme <em>«une transition démocratique laborieuse»</em> et ce qui a suivi comme <em>«une sorte de régime totalitaire populiste, avec une rhétorique très agressive mais une politique assez floue»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. El-Matri affirme qu’au cours des cinq dernières années, le système économique tunisien s’est considérablement affaibli, voire s’est effondré. Il explique que les investissements ont pratiquement cessé et que l’économie est au bord de la stagnation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yassine*, 44 ans, père de famille à Tunis, explique que la préparation de la rentrée scolaire de ses enfants est devenue une source d’angoisse. Les cahiers subventionnés et autres fournitures scolaires bon marché ont disparu des magasins, dit-il, et les familles se revendent désormais entre elles des livres et du matériel d’occasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les transports constituent une autre source de préoccupation. <em>«Les transports publics ne sont plus fiables, nous sommes donc contraints d’utiliser des moyens de transport privés. C’est devenu un souci majeur pour tous les Tunisiens»</em>, déclare-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins fondamentaux»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il cite l’exemple de l’huile de cuisson : alors qu’elle coûtait autrefois un dinar le litre, elle n’est plus vendue qu’en une version à cinq dinars le litre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions se font sentir à tout moment. Lors des récentes fêtes de l’Aïd, raconte Yassine, la plupart de ses connaissances n’ont pas pu célébrer l’événement dignement, et beaucoup ont acheté des vêtements d’occasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hanen*, 45 ans, ouvrière dans une usine à Tunis, a confié à <em>Al Jazeera</em> que les prix avaient augmenté si rapidement que <em>«les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins fondamentaux»</em>. La viande rouge, qui se vendait autrefois 20 dinars le kilo, en coûte désormais 60 ou plus, explique-t-elle, tandis que le prix des médicaments grimpe chaque jour. Les produits de base — comme les tomates en conserve, le sucre et l’huile de cuisson — ont tous connu une forte hausse, tout comme les fruits et légumes. <em>«La flambée des prix est extrême. C’est anormal »</em>, déclare-t-elle.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l&rsquo;anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Source : <a href="https://www.aljazeera.com/news/2026/9/1/how-prices-in-tunisia-have-skyrocketed-since-the-arab-spring" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Al Jazeera</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Certains prénoms ont été modifiés pour préserver l&rsquo;anonymat.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/13/lenvolee-des-prix-en-tunisie-depuis-2011/">L’envolée des prix en Tunisie depuis 2011</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 06:22:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et le déséquilibre structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer l’évolution des déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers-monde à une véritable indépendance, y compris de ceux d’entre eux qui étaient réputés alliés de l’Occident comme la Tunisie, objet de cet article.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ahmed Ben Mustapha *</strong></p>



<span id="more-18598912"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Ahmed-Ben-Mustapha.jpg" alt="" class="wp-image-91794"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran depuis plus d’un mois est souvent présentée, du point de vue de la géopolitique, comme étant l’étape ultime du processus d’élimination des principales composantes de l’axe de la résistance lequel est perçu comme étant le dernier obstacle à la mise en œuvre du plan messianiste expansionniste israélo-sioniste soutenu par l’Occident en Palestine et au Proche- Orient. En réalité, elle s’inscrit dans une dynamique de reconquête et de recolonisation politique, militaire et économique du monde arabo-musulman qui a démarré avec l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec les printemps arabes, ce phénomène s’est accentué visant prioritairement la chute des régimes considérés comme étant hostiles à l’Occident et Israël ainsi que la mainmise sur leurs richesses. Mais, outre les guerres destructrices dirigées contre la Libye, le Yémen et la Syrie, les changements de régime ont également touché ceux réputés alliés de l’Occident notamment en Tunisie et en Egypte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’épreuve des faits, ces changements avaient pour but de favoriser l’accession au pouvoir, en Tunisie et dans les pays ciblés, de pouvoirs d’obédience islamiste considérés comme étant plus accommodants et ouverts à la politique de normalisation des relations arabo-israéliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même ces nouveaux pouvoirs se sont révélés très coopératifs dans la reconduction des politiques d’ouverture économique, de libre échange inégal et d’insertion dans la globalisation qui servent prioritairement les intérêts occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La finalité de cette entreprise était de préserver l’hégémonie occidentale jugée menacée par l’émergence des Brics ainsi que la résurgence des aspirations indépendantistes dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer ces évolutions et les déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers monde à une véritable indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce premier article a pour point de départ la marginalisation croissante en Tunisie de l’indépendance qui, en tant que tournant historique, n’a pas bénéficié à mon sens de l’intérêt qu’elle mérite auprès des historiens et des économistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le protocole du 20 mars 1956 a été, à mon sens, le premier acte d’insertion de la Tunisie dans la mondialisation laquelle revêtait, dès le départ, une double dimension économique et diplomatique. Sa finalité première, était, du point de vue français, destinée à maintenir la Tunisie dans le giron de la France et l’Occident tant dans le domaine des orientations stratégiques économique qu’en politique étrangère. D’où l’inclusion des conventions sur l’autonomie interne en tant que partie intégrante de ce protocole qui est fondé sur le concept d’<em>«interdépendance»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’indépendance dans l’interdépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis de nombreuses décennies, la fête de l’indépendance de la Tunisie, acquise en vertu du protocole du 20 mars 1956, n’est plus célébrée en tant que moment historique fondateur de l’histoire tunisienne. Cette situation remonte en vérité à l’époque de l’ex-Président Ben Ali qui a laissé cet évènement sombrer dans un quasi oubli au profit du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987, lequel s’était substitué dans le discours officiel à toutes les autres dates clés symbolisant notre lutte de libération nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit là d’une des caractéristiques de la classe politique dirigeante tunisienne qui a tendance à marginaliser ou déprécier sans distinction, toute référence aux évènements historiques précédents ainsi qu’aux acquis réalisés par ses prédécesseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses mémoires, Hédi Baccouche – ancien &nbsp;Premier ministre et l’un des artisans du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987 – confirme que la décision d’écarter le Président Bourguiba du pouvoir avait été prise car il n’était plus en mesure d’assumer les responsabilités inhérentes à ses fonctions en raison de sa sénilité et de son âge avancé <sup>(1)</sup>. Mais il est maintenant admis que les principaux partenaires de la Tunisie, notamment les USA et l’Union européenne, ainsi que ses alliés occidentaux membres du G7 – qui ont toujours exercé une influence considérable sur les centres de pouvoir en Tunisie – avaient reçu des assurances préalables quant à la préservation de leurs intérêts ainsi que le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux dans le cadre de la continuité de l’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons que le Président Bourguiba était par conviction hostile au communisme et avait revendiqué, dès son accession au pouvoir, son attachement aux valeurs politiques et démocratiques associées aux choix économiques libéraux d’insertion dans l’économie de marché qui étaient promues par les USA et l’Occident<sup> (2)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, il était fermement attaché à l’indépendance de décision de la Tunisie dans la détermination de sa politique étrangère ainsi que le choix de ses partenaires dans le domaine de la coopération internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cet effet, il avait introduit, la notion de coopération librement consentie entre nations souveraines dans le préambule de la constitution de 1959 au nombre des principes fondateurs de la République tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La constitution de 1959 proclamait en effet – dans son préambule qui définissait les orientations stratégiques de la Tunisie indépendante – la volonté du peuple tunisien qui s’est libéré de la domination étrangère grâce à sa puissante cohésion et à la lutte qu’il a livrée à la tyrannie, à l’exploitation et à la régression&nbsp;d’<em>«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basée sur la séparation des pouvoirs»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En politique intérieure et étrangère, la constitution réaffirme la volonté du peuple de <em>«consolider l’unité nationale et de demeurer fidèle aux valeurs humaines qui constituent le patrimoine commun des peuples attachés à la dignité de l’homme, à la justice et à la liberté et qui œuvrent pour la paix, le progrès et la libre coopération des nations»</em>. De même, elle proclame<em> «la volonté du peuple tunisien de demeurer fidèle aux enseignements de l’Islam, à l’unité du Grand Maghreb, à son appartenance à la famille arabe, à la coopération avec les peuples qui combattent pour la justice et la liberté»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soulignons que la référence, dans le préambule de la constitution, à la <em>«libre coopération des nations»</em> revêtait une importance capitale dans la mesure où elle exprimait le rejet de la notion d’interdépendance introduite dans le protocole d’indépendance sur insistance de la France. Elle traduisait également l’attachement de la Tunisie à sa pleine souveraineté décisionnelle dans le domaine de la coopération économique internationale ainsi que dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité et de la défense. D’où son opposition à la volonté affichée par la France, soutenue par ses alliés occidentaux, de maintenir des rapports de dépendance et de domination avec ses anciennes colonies en les empêchant de varier leurs partenariats internationaux et d’acquérir les attributs d’une véritable indépendance politique, économique, diplomatique et financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soulignons toutefois que le Président Bourguiba, n’aura jamais recours à une politique de rupture avec la France même dans les moments de tensions extrêmes notamment lors de la bataille de Bizerte ainsi que celle de la nationalisation des terres agricoles<sup>(3)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, les USA se sont toujours déployés pour empêcher que les divergences tuniso-françaises n’affectent les orientations de la diplomatie tunisienne qui sont demeurées étroitement ancrées à l’Occident<sup>(4) </sup>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hostilité occidentale à l’indépendance tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a accédé à l’indépendance en mars 1956 dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux pays arabes et africains qui souhaitaient bâtir des relations équilibrées, respectueuses de leur souveraineté et mutuellement bénéfiques avec les puissances coloniales et en particulier avec la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il importe de rappeler la nature de ces contraintes d’ordre interne et international qui ont lourdement hypothéqué le processus de décolonisation et de construction des édifices d’un Etat national tunisien démocratique et souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nombre de ces facteurs, la détermination des responsables français à préserver, sous des formes aménagées, le contrôle de leur empire colonial dont les ressources sont jugées nécessaires à la reconstruction<sup>(5)</sup> et au maintien de la France au rang de grande puissance dans la nouvelle reconfiguration du monde après la seconde guerre mondiale. Or la France n’avait pas les moyens de cette ambition du fait qu’elle était sortie de ce conflit, ainsi que l’Europe, défaite, sous domination américaine et économiquement sinistrée. Mais ne pouvant résister à la vague de décolonisation d’après-guerre, elle va œuvrer à maintenir sous tutelle ses anciennes colonies en ne leur concédant que des indépendances de façade à l’instar des pays d’Europe de l’Est qui ont été soumis au statut d’Etats à <em>«souveraineté limitée»</em> par l’URSS durant la guerre froide.<sup>(6)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la France va œuvrer à mettre en place un nouveau cadre de gestion de ses relations avec l’Afrique lui permettant d’exercer une sorte de tutelle politique, économique et sécuritaire sur ses colonies africaines .</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai évoqué cet aspect méconnu de la stratégie française d’après-guerre en ces termes&nbsp;: <em>«En vérité, il est maintenant admis que les responsables français étaient, pour des raisons économiques et stratégiques, déterminés à conserver des liens étroits et indéfectibles avec leurs anciennes colonies. L’historiographie française et contemporaine nous apprend en effet, que la France, sortie dévastée, ruinée et affaiblie des deux conflits mondiaux ne pouvait réussir sa reconstruction et retrouver un statut de grande puissance sans garder le contrôle des marchés et des ressources de son empire. Ce qui a hypothéqué les aspirations à l’indépendance de ses anciennes colonies»</em><sup> (7)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son ouvrage publié en 2015 Pierre Vermeren – professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation – révèle que la France, considérablement affaiblie par la seconde guerre mondiale avait besoin de conserver le contrôle de son empire colonial pour pouvoir se reconstruire. Je le cite <em>«pour les autorités françaises la France, occupée, détruite et humiliée n’a aucune chance de se relever sans son empire»</em>. Il précise qu’en 1945 la France était menacée de révolution car occupée par l’armée américaine, elle était dépourvue de capitaux, de monnaie, d’armée indépendante sans compter ses infrastructures dévastées, son peuple vieillissant, et ses élites majoritairement compromises durant l’occupation. Dès lors, <em>«l’appel à l’empire se révèle donc plus crucial encore que dans les années 1930»<sup> (8)</sup></em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, les responsables français de l’époque estimaient, pour des considérations stratégiques vitales, qu’un désengagement total de ses possessions coloniales, priverait la France de ressources humaines et matérielles nécessaires à sa renaissance économique et à la préservation de son statut de grande puissance au plan régional et mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’agissant de la Tunisie, cette politique va se traduire par la conclusion en juin 1955 des conventions sur l’autonomie interne qui seront à l’origine de graves dissensions au sein du mouvement national tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Diplomate et ancien ambassadeur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Hédi Baccouche&nbsp;: ‘‘En toute franchise’’, Sud Editions, 2018 : «Le pays connait une grave instabilité. Le Président, du fait de sa maladie et de sa sénilité, peut prendre des décisions irréfléchies, inopportunes et imprévues, compliquer davantage la situation. La menace islamiste est réelle. Ben Ali pense devoir prendre les devants et écarter Bourguiba du pouvoir. Habib Ammar l’approuve Pour ma part, après beaucoup d’hésitation, et privilégiant la Tunisie sur le Président si grand soit- il, je me solidarise avec eux» (P. 405).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2- Michel Collon et Grégoire Lalieu&nbsp;: ‘‘La stratégie du chaos. Impérialisme et Islam. Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’ Action – Couleur&nbsp; Livres, 2011 (P. 171 et s.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3- Abdelaziz&nbsp; Chenguir&nbsp;: ‘‘La politique extérieure de la Tunisie 1956-1987, L’Harmattan, 2004 (. P. 77- 91).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4- Ibid (P 51-65).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>5 &#8211; Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations.&nbsp; De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>6- Sophie Guillermin-Golet : <a href="https://les-yeux-du-monde.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La doctrine Brejnev, ou doctrine de la souveraineté limitée’’</a>. Voir également l’article publié en date du 5 mai 1980 sur le site du quotidien Le Monde :<a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/05/05/la-souverainete-limitee_2820833_1819218.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La souveraineté limitée’’</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>7- Ahmed Ben Mutapha&nbsp;: ‘‘L’histoire méconnue des négociations tuniso-européennes depuis l’indépendance’’, étude parue dans l’ouvrage collectif&nbsp;‘‘Economie et relations internationales.&nbsp; Histoire et mutations nouvelles’’, L’Harmattan, 2021 (P. 309).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>8- Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.).</em></p>
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		<item>
		<title>«Rien n’a changé» à Sidi Bouzid l Le printemps trahi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 11:26:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bouzid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>15 ans après le sacrifice de Bouazizi, la désillusion persiste à Sidi Bouzid et dans toute la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/23/rien-na-change-a-sidi-bouzid-l-le-printemps-trahi/">«Rien n’a changé» à Sidi Bouzid l Le printemps trahi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous la traduction du reportage signé par l’envoyée spéciale de l’agence publique italienne<a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/cronaca/2025/12/22/nulla-e-cambiato-la-primavera-tradita-di-sidi-bouzid_d912e596-113c-479f-8055-8a051296acbe.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Ansamed</a>, sur la célébration des événements du 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, berceau de ce qui sera appelé Révolution tunisienne et déclenchera le Printemps arabe de 2011. 15 ans après le sacrifice de Bouazizi, la désillusion persiste dans la ville tunisienne.</em></strong> <em>(Ph. Des parents de Mohamed Bouazizi se recueillent sur sa tombe.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Valentina Brini</strong></p>



<span id="more-18124217"></span>



<p class="wp-block-paragraph">À Sidi Bouzid également, l’artère principale porte le nom du premier président tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenue Habib Bourguiba, large et rectiligne, s’étend sur environ 265 kilomètres depuis la capitale, loin de la mer et des circuits touristiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des cafés bordent les façades basses et défraîchies, avec leurs chaises en plastique. Des hommes, accoudés aux tables, semblent contempler le temps qui s’écoule. Gravé sur la façade de la poste, le visage de Mohamed Bouazizi se dresse à quelques dizaines de mètres du commissariat. Aucune plaque ne le commémore, mais chacun sait où regarder.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une saison de trahison</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 décembre 2010, ce vendeur ambulant de vingt-cinq ans – Basboosa, son surnom – s’est immolé par le feu après une nouvelle humiliation de la part des autorités locales, allumant la mèche d’un incendie qui a embrasé le monde arabe tout entier. Quinze ans plus tard, ce printemps résonne comme une saison de trahison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Rien n&rsquo;a changé»</em> déclare Abdelkader Moussa, 58 ans, marié et père de deux enfants. Ses paroles sont sèches, sans emphase ni colère. Sidi Bouzid, observe-t-il, <em>«continue de souffrir des mêmes maux qu’avant 2010 : érosion du pouvoir d’achat, coût de la vie toujours plus élevé, revenus en berne.»</em> Il secoue légèrement la tête et s’éloigne sur l’avenue, engloutie par la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les commerces du quartier, parmi des étagères de fortune et des réfrigérateurs qui bourdonnent sans cesse, de petits drapeaux canadiens apparaissent à côté des prix écrits au marqueur. C’est là que la famille Bouazizi a choisi l’exil. Même l’âme de celui qui est devenu le symbole de la Révolution du Jasmin a laissé derrière elle un pays – et une ville – perçus comme invivables : une économie écrasée par une dette publique avoisinant les 80 % du PIB, un climat de suspicion et de surveillance où la corruption demeure un fléau, et peu de perspectives d&#8217;emploi. L’arrivée de la saison des olives devrait ramener des emplois et un peu de répit. Il y a plutôt la crainte d’une issue inéluctable, avec des conséquences dévastatrices pour les familles déjà en difficulté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi des caisses de dattes, de bananes et de légumes, Charfeddine Hamda, 42 ans, exerce le même métier que Bouazizi. Son quotidien, explique-t-il, est marqué par la même étouffante atmosphère : contrôles incessants, restrictions arbitraires, routes barrées. Les forces de l’ordre l’empêchent de travailler là où passent les clients ; il n’a pas sa place sur les marchés publics. <em>«Ma vie est en suspens, j’attends toujours une amélioration qui ne vient jamais»</em>, se lamente-t-il. <em>«Les véritables revendications de la révolution n&rsquo;ont jamais été satisfaites»</em>, affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À côté de la charrette de Bouazizi – un autel profane érigé sur un socle de pierre à quelques pas de la fresque – se côtoient les récits du présent. Deux roues robustes, des essieux bruts, une structure réduite à l’essentiel, et, sur le côté, une inscription arabe noire : <em>«Je ne pardonne pas, je n&rsquo;oublie pas.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quinze ans plus tard, une immense déception</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ichrak, 46 ans, originaire de Sabbala et mère de quatre enfants vivant avec son père à Sousse, marche d’un pas vif. Après son divorce, elle a repris ses études universitaires pour s’occuper l’esprit et ne pas se laisser abattre par une réalité qu’elle juge <em>«plus dure qu’avant»</em>. Elle s’attendait à ce que la révolution apporte des droits sociaux, des emplois, et même des loisirs aux jeunes de Sidi Bouzid. <em>«Quinze ans plus tard, c’est une immense déception»</em>, dit-elle, même si elle espère que <em>«les choses s’amélioreront avec le temps»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu plus loin, un chauffeur de taxi attend pour partir vers le nord, en direction d’Hammamet. Avant de démarrer, il se résigne : <em>«C’était mieux avant, quand Ben Ali était au pouvoir»</em>, songe-t-il, évoquant également <em>«son grand ami Bettino Craxi»</em>. De son point de vue – assis sur un siège en cuir usé – la comparaison avec le gouvernement de Kaïs Saïed est frappante : <em>«Les routes étaient mieux entretenues, la Tunisie était plus sûre et les ressources étaient accessibles à tous.»</em></p>
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		<title>Quinze ans après, le Printemps arabe n’est pas terminé</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/quinze-ans-apres-le-printemps-arabe-nest-pas-termine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 11:33:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelfattah Al-Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamad Elmasry]]></category>
		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quinze après, et malgré le retour de l'autoritarisme, le Printemps arabe n’est pas terminé, et les régimes arabes le savent. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/quinze-ans-apres-le-printemps-arabe-nest-pas-termine/">Quinze ans après, le Printemps arabe n’est pas terminé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Printemps arabe n’est pas terminé, et les régimes arabes le savent. Même si quinze ans après, les gouvernements ont interdit les manifestations, manipulé les élections et réécrit les constitutions pour s’assurer que 2011 ne se reproduise jamais.</em></strong> <em>(Ph. Révolution tunisienne, le 14 jnvier 2011). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohamad Elmasry</strong> *</p>



<span id="more-18104461"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Mohamad-Elmasry.jpg" alt="" class="wp-image-18104465" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Mohamad-Elmasry.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Mohamad-Elmasry-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Mohamad-Elmasry-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il y a exactement quinze ans, l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi en Tunisie déclenchait un mouvement de protestation panarabe sans précédent, témoignant de l’immense désir du monde arabe d’instaurer des formes de gouvernement plus démocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans des scènes extraordinaires, des millions de manifestants, à travers plusieurs pays, se sont rassemblés contre des dirigeants autoritaires au pouvoir depuis des décennies, contestant des systèmes politiques marqués par la répression, la corruption et l’exclusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les revendications des manifestants portaient sur des structures de pouvoir centralisées qui engendraient corruption et injustice et concentraient les richesses entre les mains d’une minorité. Ce qui suivit ne fut pas simplement une révolte régionale, mais une revendication historique de dignité, de responsabilité et de démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme on pouvait s’y attendre, les régimes réagirent par une répression brutale&nbsp;: de nombreux manifestants furent tués, battus ou arrêtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le mouvement prodémocratie remporta des succès initiaux significatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques mois, quatre dictateurs de longue date – Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak en Égypte, Mouammar Kadhafi en Libye et Ali Abdullah Saleh au Yémen – furent renversés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une poignée de pays – dont le Bahreïn, l’Algérie et l’Irak – les régimes réussirent à étouffer les manifestations, les interrompant avant qu’elles ne prennent de l’ampleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans d’autres pays, les mouvements de protestation aboutirent à des réformes limitées ou, dans le cas de la Syrie, à une guerre civile prolongée sans changement de régime immédiat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de la Syrie, la Libye et le Yémen finirent par sombrer dans un conflit violent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Égypte et la Tunisie furent les seuls pays du Printemps arabe à pouvoir se prévaloir de succès significatifs à long terme&nbsp;: les deux pays ont rapidement renversé leurs dictateurs et ont entamé presque immédiatement des transitions démocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré des résultats mitigés, les observateurs ont généralement salué le Printemps arabe comme un moment démocratique révolutionnaire pour une région longtemps engluée dans la tyrannie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, quinze ans plus tard, il est clair que si les revendications populaires en faveur de la démocratie ont persisté, les régimes autoritaires ont appris à s’assurer que de tels soulèvements ne puissent plus jamais aboutir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les cas de l’Égypte et de la Tunisie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie comme en Égypte, les transitions démocratiques ont d’abord semblé s’installer : des assemblées constituantes ont été formées, de nouvelles constitutions ont été rédigées, de nouveaux partis politiques et médias ont été créés, et de nouveaux dirigeants politiques ont été élus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de noter que, dans les deux pays, les partis formés par les Frères musulmans – qui sont depuis longtemps bien organisés dans une grande partie de la région – ont rapidement acquis de l’influence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains observateurs ont perçu la montée en puissance politique et l’influence des islamistes centristes comme un phénomène bienveillant, voire positif, tandis que d’autres y ont vu un problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abstraction faite des débats sur les mérites ou les lacunes potentiels de l’islam politique, la Tunisie et l’Égypte étaient initialement perçues comme des modèles prometteurs de transformation démocratique arabe, précisément parce qu’elles laissaient entrevoir que l’autoritarisme n’était pas une fatalité arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que leurs transitions aient été marquées par de sérieux défis et parfois de véritables crises, ces deux pays ont démontré que les sociétés arabes modernes étaient capables de construire des systèmes démocratiques, même imparfaits et fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus important encore, peut-être, les exemples de la Tunisie et l’Égypte ont montré que les citoyens arabes étaient désireux de participer aux élections&nbsp;: les taux de participation électorale dans les deux pays étaient comparables à ceux de certaines démocraties occidentales établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les apparences et les chiffres de participation étaient, au moins en partie, trompeurs, notamment dans le cas de l’Égypte, où le Parti Liberté et Justice des Frères musulmans et ses représentants ont remporté les référendums et les élections, y compris la présidence, sans pour autant exercer véritablement le pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’<em>«État profond»</em> égyptien – l’armée, la police, les services de renseignement, le système judiciaire et les médias – n’a jamais complètement quitté la scène politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien régime a réussi à saboter deux parlements élus, puis, à l’été 2013, a collaboré avec des libéraux égyptiens anti-islamistes pour renverser le premier président égyptien démocratiquement élu, Mohamed Morsi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coup d’État égyptien de 2013 a représenté un renversement complet de la démocratie, un retour au statu quo d’avant 2011, et sans doute quelque chose d’encore plus autoritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abdel Fattah Al-Sissi, ancien ministre de la Défense de Morsi, a rapidement consolidé son pouvoir. Il a orchestré des arrestations massives, l’interdiction des partis politiques, la fermeture des médias, des élections contrôlées et la refonte complète du système juridique et politique égyptien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des experts ont démontré, à juste titre, que le système autoritaire instauré par Al-Sissi est encore plus autoritaire que celui de Moubarak.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience démocratique de la Tunisie a duré plus longtemps que celle de l’Égypte, mais a finalement connu un recul similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2014, la Tunisie a élaboré une nouvelle constitution et élu son premier président démocratiquement élu, Béji Caïd Essebsi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’élection, en 2019, d’un nouveau président, Kaïs Saïed, a marqué le début de la fin de l’expérience démocratique tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 2021, environ deux ans après son entrée en fonction, Saïed a renversé la démocratie tunisienne naissante, s’octroyant les pleins pouvoirs, destituant le Premier ministre et suspendant le Parlement. Depuis lors, Saïed a encore renforcé son pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les leçons tirées d&rsquo;un échec</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est clair que les régimes égyptien et tunisien ont tiré au moins une leçon des mouvements de protestation prodémocratie de 2010-2011&nbsp;: leurs dictatures n’étaient pas suffisamment autoritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux pays, les cadres politiques et juridiques ont été soigneusement remaniés afin d’empêcher précisément le type de désobéissance civile observé il y a 15&nbsp;ans. La moindre protestation ou opposition n’est pas tolérée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Égypte, par exemple, une loi de 2013 sur les manifestations interdit les rassemblements publics&nbsp;; et une loi antiterroriste de 2015 considère comme un acte de terrorisme tout acte d’<em>«intimidation»</em> qui <em>«porte atteinte à l’unité nationale»</em>,<em> «trouble l’ordre public»</em> ou <em>«entrave l’exercice des fonctions des autorités publiques»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime militaire égyptien post-2013 a également démontré qu’il ne laisserait aucune élection au hasard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement a orchestré des élections truquées, adopté une loi électorale garantissant l’allégeance du Parlement au président et révisé la Constitution afin de prolonger le règne d’Al-Sissi jusqu’en 2030.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où des dissensions ont permis à des figures de l’opposition de se présenter à la présidence, Al-Sissi a usé de son emprise sur le pouvoir pour les faire arrêter ou les contraindre à l’exil définitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des experts ont constaté à quel point le président tunisien Saïed a suivi de près les traces d’Al-Sissi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il n&rsquo;ait pas instauré en Tunisie une répression comparable à celle d’Al-Sissi, Saïed, à l’instar de son homologue égyptien, a réécrit la constitution, étendu les pouvoirs présidentiels et supprimé les contre-pouvoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données recueillies par l’Indice de transformation Bertelsmann montrent que, sur de nombreux indicateurs politiques et économiques, la Tunisie a régressé à son niveau d’avant le Printemps arabe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des failles dans le système</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quinze ans après le Printemps arabe, les problèmes fondamentaux qui ont conduit aux manifestations – corruption, injustice et difficultés économiques – persistent et sont peut-être plus urgents aujourd’hui qu’à l’époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays arabes obtiennent très majoritairement de mauvais résultats à l’Indice de perception de la corruption (IPC) annuel, nombre d’entre eux figurant parmi les derniers du classement mondial, et les États restent englués dans l’injustice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, sur 21 pays arabes récemment évalués par Freedom House, aucun n’a été classé <em>«libre»</em> ; et sur les neuf nations arabes évaluées en 2025 dans le cadre de l’Indice de l’Etat de droit du World Justice Project, la plupart se classent parmi les derniers du classement mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de noter que, dans son ensemble – pays du Golfe mis à part –, la région arabe reste enlisée dans des difficultés économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut (PIB) par habitant demeure extrêmement faible dans la plupart des pays non membres du Conseil de coopération du Golfe, et les Nations Unies indiquent que les pénuries alimentaires et la faim restent des problèmes majeurs dans une grande partie de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les difficultés économiques de l’Égypte et de la Tunisie sont révélatrices de la situation dans une grande partie du reste de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Égypte, depuis le soulèvement de 2011, l’empire économique de l&rsquo;armée et les inégalités se sont accrus, tandis que l’inflation et la pauvreté ont progressé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, l&rsquo;économie tunisienne se détériore également.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un rapport récent de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, la politique économique de Saïed a entraîné une forte augmentation de la dette intérieure et un effondrement de la croissance économique, ainsi qu’une baisse des salaires réels et une hausse du chômage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratie : un sujet tabou</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est peut-être le plus alarmant pour les régimes arabes, c’est que leurs citoyens continuent, dans leur immense majorité, d’aspirer à un gouvernement démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’Indice d’opinion arabe, plus de 70 % des Arabes interrogés sont favorables à la démocratie, contre seulement 19 % qui y sont opposés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats de l&rsquo;enquête suggèrent également que les citoyens arabes portent un jugement négatif sur le niveau de démocratie dans leurs pays&nbsp;; ils ont tendance à associer la démocratie à la liberté, à l’égalité et à la justice&nbsp;; et ils ont une opinion favorable du Printemps arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un sondage plus récent de l’Arab Barometer aboutit à des conclusions similaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Printemps arabe n’est pas terminé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2024, le dictateur syrien Bachar Al-Assad a été renversé et contraint à l’exil, environ 14 ans après le début du soulèvement contre lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet événement cataclysmique a démontré, peut-être mieux que tout autre, que les analystes ont peut-être été prématurés en déclarant la fin du Printemps arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récentes manifestations de la génération Z au Maroc apportent des preuves supplémentaires que de nombreux Arabes – en particulier les jeunes – sont capables, désireux et prêts à se battre pour le changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit donc peut-être que d’une question de temps avant que la situation ne dégénère et qu’une nouvelle vague de manifestations ne commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements savent que le risque est réel. Le régime égyptien d’Al-Sissi en est une nouvelle fois un exemple frappant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, Al-Sissi a été contraint de mettre en garde à plusieurs reprises les Égyptiens contre toute manifestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une allocution publique il y a quelques années, il a déclaré qu’une répétition du soulèvement de 2011 <em>«ne se reproduirait plus jamais»</em> en Égypte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La paranoïa est bien réelle : l’État profond égyptien ne semble pas disposé à prendre le moindre risque en ouvrant l’espace politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime a récemment intensifié son vaste programme de fraude électorale et chercherait, selon certaines sources, à prolonger indéfiniment le règne d’Al-Sissi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non content d’éliminer l’opposition intérieure, le gouvernement égyptien s’efforce également de museler l’opposition à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime a tenté de fermer les médias d’opposition basés hors d’Égypte et a cherché à obtenir l’extradition de figures populaires de l’opposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt cette année, un jeune Égyptien, Anas Habib, a organisé une manifestation pacifique devant l’ambassade d’Égypte à La Haye.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse, le ministre égyptien des Affaires étrangères a exhorté le personnel de l’ambassade à détenir les manifestants et à les faire arrêter. Dans un acte de représailles apparentes, les autorités égyptiennes ont arrêté l’oncle âgé d’Habib en Égypte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’Égypte, les États arabes ont récemment intensifié leur coopération en matière de sécurité intérieure, leurs gouvernements recherchant activement les individus recherchés à l’étranger en vue de leur extradition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures extrêmes soulignent la paranoïa ambiante&nbsp;: les régimes arabes semblent comprendre qu’il ne s’agit que d’une pause, et non d’une fin, dans le Printemps arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire montre que lorsque le mouvement reprendra, il ne sera pas annoncé à l’avance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple a presque toujours le dernier mot. Nous ignorons simplement quand il choisira de l’exprimer.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.aljazeera.com/author/mohamad_elmasry_20136308411552451" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Al Jazeera</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur à l’Institut d’études supérieures de Doha.</em></p>



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		<title>La maison de Mohamed, la fibre de Saladin, la cinquième colonne, et le grand jeu</title>
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		<pubDate>Wed, 21 May 2025 07:25:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trump rafle la mise lors de sa récente visite aux pays arabes du Golfe : l'hospitalité et la générosité des Arabes n'a pas de limite). </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Après son tour du propriétaire au Golfe, Donald Trump est rentré avec dans son escarcelle les pertes américaines occasionnées par le Covid, auquel il aura pris soin d’ajouter l’aide militaire accordée à l’Ukraine, ainsi qu’au génocidaire des Palestiniens perpétré par Netanyahu à Gaza. En attendant, les foules de l’Islam continuent de se rendre chaque année aux lieux saints d’Abraham afin d’alimenter sa tire-lire. Qui a dit que la nation du prophète était vouée à disparaître, ainsi qu’il en avait été en Andalousie?</em></strong> <em>(Ph. Trump apprend la danse de l&rsquo;épée lors de sa première visite en Arabie saoudite, en 2017. L&rsquo;hospitalité et la générosité des Arabes n&rsquo;a pas de limite). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16584693"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque j’étais à l’école primaire, il était communément admis que l’Islam, qui était arrivé en Inde et aux confins de la Chine, n’avait dû sa déchéance qu’à deux facteurs: les Mongols à l’Est, et les Taifas en Andalousie, à l’Ouest, qui s’étaient alliés avec les chrétiens pour se combattre les uns les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos maîtres avaient été là pour entretenir nos convictions à ce sujet, fortement aidés par les romans Jorge Zaydan, et les victoires sur le ring de Mohamed Ali Clay. Il y avait eu la guerre de Juin 1967 lorsque l’un des instituteurs de 4<sup>e</sup>&nbsp;année nous faisait écouter sur son transistor les diatribes enflammées du palestinien&nbsp;Ahmed Choukairy, sur la <em>Voix des Arabes</em>, émettant du Caire. Qui n’avait pas cru à la victoire finale?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques années plus tard, en lisant un livre du journaliste Jacques Derogy **, j’avais appris qu’en fait de guerre, il n’y en avait pas eu puisque l’aviation égyptienne avait été clouée au sol dès les premières heures et que les blindés privés de soutien aérien n’avaient eu aucune chance face à leurs ennemis. Il s’est avéré que les choses n’avaient pas été ce qu’on croyait.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mirages au désert d&rsquo;Arabie </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nasser avait été entraîné sur un terrain glissant par les Syriens, sécessionnistes de la défunte République Arabe Unie, il faut le préciser, et il s’était placé dans la position de l’agresseur sans avoir jamais eu l’intention d’attaquer, celle que ses adversaires voulaient qu’il endosse, afin d’avoir le prétexte adéquat pour atteindre leur but, la destruction de l’armée égyptienne et l’occupation de la totalité du territoire palestinien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette optique, de l’aveu même des généraux israéliens,&nbsp;les sermons hystériques de Choukairy promettant de dormir à Tel Aviv, certains ont ajouté avec des femmes juives,&nbsp;avaient valu pour leur pays plus qu’une division blindée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a prétendu que Bourguiba avait prévenu du désastre en 1965 mais que personne n’avait voulu l’écouter. Près de 60 ans après, le Golan a été annexé et la Cisjordanie est en passe d’être totalement colonisée, avec en perspective une expulsion massive des Palestiniens qui y résident encore, faisant suite au génocide en cours à Gaza pour lequel nul ne lève le petit doigt, à commencer les Arabes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d’en arriver là, il y avait eu la chute du mur de Berlin, la disparition de l’Union Soviétique, suivie en 1991 par la première Guerre du Golfe, lorsque la <em>«troisième armée du monde»</em>, en occupant le Koweït, avait fait croire à la Rue Arabe, qui avait oublié sa leçon de 1967, et dont la fibre de Saladin avait de nouveau vibré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait de guerre, cette fois non plus il n’y en eut pas dans le sens souhaité par les foules. Comme toujours des bruits avaient circulé relativement à des <em>«signes»</em>, annonçant la victoire, comme ce cheveu qu’invariablement&nbsp;on découvrait dans tout exemplaire du Coran. Ou bien encore ce hadith de Mohamed le prophète sorti d’on ne sait où annonçant l’arrivée d’un homme appelé Sadem, et non pas Saddam, qui verrait se dresser contre lui une coalition réunissant les Arabes et Ajams, ce terme étant l’équivalent de goys chez les juifs, qu’il les vaincrait, et qu’aucun n’en réchapperait, <em>«entre Ramadan et Rajeb, vous verrez de lui le prodige»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de cela, l’armée Irakienne fut enterrée sous les bombes américaines et seule la crainte par les États du Golfe d’un pouvoir chiite inféodé à l’Iran maintint Saddam en survie pendant 12 années supplémentaires et la fiction d’un État irakien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On apprit plus tard qu’une fois encore un ambassadeur américain, en l’occurrence Avril Gillespie, avait joué un rôle majeur dans le déclenchement de l’agression en assurant Saddam que son pays ne bougerait pas si l’Irak envahissait le Koweït, coupable de casser les prix du pétrole dont il avait besoin pour sa reconstruction après 9 années de guerre contre l’Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La cinquième colonne </h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2001, il y eut l’assaut contre New York suivie de la grande guerre ouverte menée contre le monde musulman, qui débuta par l’occupation de l’Afghanistan puis de l’Irak en 2003, et qui se prolongea à partir de 2011 par ce qu’on a appelé le Printemps Arabe, dont on prétendit que l’holocauste d’un petit marchand de légumes de Sidi Bouzid en Tunisie, giflé par une policière, fut l’étincelle. Puis les étranges personnages férus d’Islam et de sainteté qui rentrèrent du Londonistan accueillis comme le prophète par le chant <em>«la lune est apparue au-dessus de nous»</em> prétendirent être revenus pour instaurer la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des visionnaires tels que Hamma Hammami firent demander par les jeunes de leur parti une assemblée constituante, et Béji Caïd&nbsp;Essebsi n’eut de rien plus pressé que de l’accorder, afin de prendre le temps de constituer le parti politique dont il était dépourvu,&nbsp;et qu’il s’empressa de saborder en accédant à la magistrature suprême.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de six mois, il avait fallu près de quatre années de palabres pour rédiger la fameuse Constitution, dont on nous demanda de rester bien sages parce qu’on nous en promettait monts et merveilles une fois <em>«la transition»</em> achevée; promis, juré !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quartet du Dialogue national (UGTT, Utica, LTDH et Conseil de l’ordre des avocats) reçut même le prix Nobel, pour nous rappeler que nous étions sur la bonne voie,&nbsp;au cas où nous en aurions douté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretemps le terrorisme avait fait florès, il y a eu le Covid, et nous avons eu pour majorité parlementaire Rached Ghannouchi allié à Nabil Karoui et Saifeddine Makhlouf, dont le parti s’affubla de l’épithète <em>«Dignité»</em>. Autrement dit, le Vieux de la Montagne à la tête des&nbsp;Frères Internationaux de Qaradawi s’était associé aux Frères Nationaux et à Silvio Berlusconi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dégradation concomitante de la situation économique inquiéta suffisamment les bailleurs étrangers soucieux de rentrer dans leurs fonds pour permettre la perpétuation d’une situation sans issue. On en vit présentement les conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le Covid il fallut bien que les Etats-Unis cherchassent à financer aux dépens du monde entier leur manque à gagner consécutif à la pandémie. Il y eut donc inévitablement la guerre en Ukraine puis à Gaza, dont on affubla opportunément pour la circonstance les habitants du qualificatif de violeurs. Ce fut la résurrection des thèses de Choukairy, reprises cette fois par les sionistes et qui furent le prétexte opportun justifiant le massacre des civils sur une grande échelle, et on étendit la fureur de destruction de Yahvé au Liban, abritant le Hezbollah coupable d’avoir vidé de ses habitants le Nord d’Israël par un tir continu de missiles et de drones durant plus d’une année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que&nbsp;les Etats-Unis&nbsp;eussent été chassés ignominieusement d’Afghanistan, et dans une moindre mesure d’Irak, on pensait que la Maison de Muhammad s’écroulait par&nbsp;pans entiers, surtout après le départ peu glorieux de Bachar, l’évaporation de son armée travaillée par la cinquième colonne, lâchée&nbsp;par un Poutine occupé ailleurs, et l’écartèlement de la Syrie en cantons d’obédiences Daech turque, kurde américaine, et depuis peu, druze israélienne. Néanmoins les thèses israéliennes d’inviolabilité de la frontière ont volé en éclat, sous les missiles du Hezbollah, le double lâcher de missiles&nbsp;iraniens, et la perpétuation des attaques des va nus pieds Houthi, qui mettent à mal autant la sécurité de l’aéroport de Tel Aviv, que l’orgueil sioniste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Américains ont estimé préférable de s’accommoder du porc-épic yéménite par un accord qui ne peut être que provisoire. Comme toujours, la foule arabe a considéré cela comme une grande victoire militaire. Comme toujours, la suite a démontré que ce n’était là qu’un mirage du désert, un de plus. Trump est entré dans le Golfe par la grande porte, et il avait besoin de la menace yéménite, et plus encore iranienne, afin de gagner ses interlocuteurs à ses vues sonnantes et trébuchantes. Mais pas seulement. Les Israéliens pensaient se tailler une zone de prospérité exclusive au Moyen-Orient s’étendant de l’Océan Indien à la Méditerranée grâce à un accord de paix avec les Taifas de la Mecque et du Golfe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Oncle Sam rafle la mise </h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une telle éventualité que la guerre à Gaza a torpillée, à leurs dépens. Et on s’aperçoit à présent que les Américains n’ont jamais eu l’intention de partager leur chasse gardée du désert d’Arabie avec quiconque, et qu’ils ont même fourni toute la logistique militaire et financière nécessaire pour laisser leur allié sioniste se fourvoyer dans une aventure sans issue, dont il ne sortira qu’au prix d’une marge de manœuvre des plus réduites. Le génocide à Gaza aura un prix. Les récentes mesures contre l’État d’Israël, prises par le valet servile de l’oncle Sam, l’Angleterre, même si elles ont plus une portée symbolique, sont significatives,&nbsp;à ce sujet. Y a-t-il eu une entente américano-iranienne dès le début? On peut se le demander. Cela expliquerait dans une large mesure la hardiesse des dirigeants persans piquant le museau de la bête sioniste au nez, et dans le même temps, prenant bien soin de prévenir de leurs ripostes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce grand jeu, Bachar Al-Assad et Hassan Nasrallah auront été des pièces qu’on aura sacrifiées pour la grandeur de l’Iran,&nbsp;lui assurant une place à la table des négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à Trump, après son tour du propriétaire au Golfe, il est rentré avec dans son escarcelle les pertes américaines occasionnées par le Covid, auquel il aura pris soin d’ajouter l’aide militaire accordée à l’Ukraine, ainsi qu’au génocidaire des Palestiniens perpétré par Netanyahu à Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Oncle Sam serait bien entendu heureux que les Taifas et les Sionistes s’entendent, mais pas sur son dos. En attendant&nbsp;les foules de l’Islam continuent de se rendre chaque année aux lieux saints d’Abraham afin d’alimenter sa tire-lire. Et le Pakistan, qui dispose de l’arme atomique, a de nouveau fait vibrer la fibre de Babur le conquérant de l’Inde en abattant trois rafales français aux couleurs indiennes&nbsp;par le biais d’avions chinois dont personne n’a jamais entendu parler, dont sans doute le nom imprononçable leur vaut le qualificatif plus simple de J10.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui a dit que la nation du prophète était vouée à disparaître, ainsi qu’il en avait été en Andalousie?</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin de libre pratique.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** ‘‘The untold history of Israel’’ de  Jacques Derogy, éd. Grove Press, 1<sup>er</sup> janvier 1979, 346 pages.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mqsQSneIXH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/20/trump-au-moyen-orient-ou-laube-du-crepuscule/">Trump au Moyen-Orient ou l’aube du crépuscule </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Trump au Moyen-Orient ou l’aube du crépuscule  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/20/trump-au-moyen-orient-ou-laube-du-crepuscule/embed/#?secret=TEBSr6OtEM#?secret=mqsQSneIXH" data-secret="mqsQSneIXH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>14 ans après la révolution tunisienne : les rois sont nus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jan 2025 11:10:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Larbi Sadiki]]></category>
		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quatorze ans après la révolution tunisienne, la démocratie fait toujours défaut en Tunisie et dans le monde arabe en général.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Printemps arabe n’a pas apporté la démocratie dans la région, mais malgré les échecs essuyés, il reste une lueur d’espoir pour les peuples arabes&nbsp;: les soulèvements ont construit une nouvelle relation État-public dans le monde arabe et ont fait sortir le chat du sac : les rois sont nus.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Larbi Sadiki</strong> *</p>



<span id="more-15188563"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Larbi-Sadiki.jpg" alt="" class="wp-image-15188574" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Larbi-Sadiki.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Larbi-Sadiki-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Larbi-Sadiki-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il y a quatorze ans, le 14 janvier 2011, les Tunisiens ont envahi le boulevard Habib Bourguiba, l’artère centrale de Tunis, en criant leur liberté et leur dignité pour célébrer la destitution du dictateur Zine El Abidine Ben Ali. Il avait fui le pays après 28 jours de désobéissance civile, exprimée par des «occupations» de places publiques dans presque toutes les villes du pays, déclenchées par l’immolation du vendeur de fruits Mohamed Bouazizi dans la ville de Sidi Bouzid.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La victoire du peuple tunisien contre son oppresseur de longue date et son régime corrompu et étouffant a été si remarquable, si spectaculaire qu’elle a inspiré une vague de soulèvements arabes dans toute la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les grandes villes, du Yémen au Maroc, des millions de citoyens avides de liberté ont rejoint les manifestants tunisiens du boulevard Bourguiba pour célébrer l’éviction de leur dirigeant autoritaire et réclamer leur propre libération. Avec la conquête par le peuple tunisien de sa <em>«dignité»</em> et de sa <em>«liberté»</em>, un nouveau mouvement est né, qui a placé toute la région sur la trajectoire révolutionnaire du <em>«tahrir»</em> (émancipation).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus d’une décennie plus tard, l’héritage de ces soulèvements, connus sous le nom de <em>«Printemps arabe»</em>, est pour le moins mitigé. Dans un pays arabe, la Syrie, qui a entamé son propre parcours révolutionnaire juste après la Tunisie, le 30 mars 2011, des rebelles armés ont réussi à renverser le dictateur Bachar Al-Assad le mois dernier seulement, après 14 ans de guerre dévastatrice et de pertes. Dans d’autres pays du Printemps arabe, dont la Tunisie, la révolution est arrivée plus rapidement mais a été de courte durée, l’autoritarisme, l’oppression et les conflits étant revenus sur le devant de la scène peu après les premiers succès des masses en révolte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les peuples exigent d’avoir leur mot à dire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela, bien sûr, n’enlève rien à la valeur morale et politique des soulèvements de 2011. Le symbolisme moral de ces révolutions – en tant que victoires remarquables de peuples autrefois muets contre certains des États les plus coercitifs du monde – a une force durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouveaux modèles sociaux et politiques de la vie publique qui ont émergé à la suite de ces révolutions perdurent en Tunisie et dans le reste de la région arabe. Le corps politique de l’État avant 2011 était dominé par le déclin politique de dirigeants délégitimés et miné par une coercition excessive de la part du pouvoir exécutif et des pratiques d’exclusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces révolutions ont encouragé les peuples de la région à exiger d’avoir leur mot à dire sur la nature de leur gouvernance et ont changé de manière permanente la façon dont nous parlons et analysons les relations entre l’État et la société arabes postcoloniales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 14 janvier 2011 reste encore aujourd’hui un moment historique qui a allumé une flamme morale, un cri de liberté pour les multitudes qui peuplent la géographie arabe. Il s’est insinué dans les cœurs, les esprits et l’imagination de la jeunesse arabe saisie par l’appel d’un avenir meilleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution tunisienne et celles qui l’ont suivie en Égypte, en Libye, à Bahreïn, en Syrie et au Yémen ont puisé inspiration, confiance et vigueur morale dans l’effondrement d’appareils autoritaires entiers que l’on croyait jusque-là à l’abri d’un renversement soudain par le peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est cependant indéniable que les bannières de liberté et de dignité érigées sur les ruines des régimes déchus ont rapidement cédé la place aux contre-révolutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les oscillations du pendule contre-révolutionnaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après le renversement des dirigeants autoritaires en 2011, l’attrait de la révolution a rapidement perdu de son éclat dans la plupart des pays du Printemps arabe. Cela n’est pas dû au fait que l’idée même de révolution est tombée en disgrâce auprès des populations arabes qui <em>«occupaient les rues»</em>. Ce n’est certainement pas parce que les rivaux idéologiques de la révolution, y compris ceux qui défendent les démocraties électorales (ou même ceux qui soutiennent la <em>«démocratie islamique»</em>, comme le Tunisien Rached Ghannouchi), ont eu suffisamment de temps pour prouver ou non la justesse de leurs vues. Au contraire, les oscillations du pendule contre-révolutionnaire de la Tunisie à l’Égypte ont eu pour conséquence de forcer les <em>«révolutionnaires»</em> à adopter une position défensive et à abandonner leurs revendications <em>«révolutionnaires»</em>. En fait, avec le passage du temps, les révolutions et les révolutionnaires ont progressivement sombré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans des pays comme l’Égypte, la Libye, la Tunisie et le Yémen, qui ont récemment acquis des libertés, les partis politiques ont commencé à s’écarter des objectifs initiaux de leurs débuts démocratiques. La résurgence de vieilles formes de polarisation politique, de divisions économiques et sociales, de milices armées et de tensions systémiques impliquant des acteurs de l’État profond et des protagonistes civils a conduit à cette déviation. Pendant ce temps, l’écart de richesse entre les riches et les pauvres, qui avait donné naissance aux premiers cris de liberté et de dignité, est resté intact. Cette crise multiforme a sonné le glas d’une véritable transformation révolutionnaire, c’est-à-dire une rupture complète avec les systèmes autoritaires renversés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat a été la formation de ce que l’on appelle les quasi-démocraties du Printemps arabe, que l’on dit être des <em>«régimes hybrides»</em>, avec des formes mixtes d’autorité, n’ayant que très peu des idéaux que la rue arabe avait réclamés lors des soulèvements du Printemps arabe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des prisons peuplées de militants politiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les prisons de certaines de ces <em>«démocraties»</em> sont peuplées de militants politiques accusés de <em>«complot visant à subvertir le pouvoir de l’État»</em> – des accusations coercitives que beaucoup pensaient avoir été reléguées aux oubliettes de l’histoire après les révolutions de 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État de droit, qui était l’une des principales revendications des soulèvements, a été abandonné, et la loi elle-même est mobilisée contre des acteurs qui devraient participer aux affaires de la nation depuis une place publique ouverte, voire un parlement démocratique. Plutôt que d’utiliser leur savoir-faire au profit de l’État, ils croupissent dans des cellules pour commis le crime de critiquer les pouvoirs ayant pris le contrôle de l’État après les révolutions. De telles purges sèment le doute dans l’esprit des citoyens quant à la faisabilité d’une révolution qui mettrait fin aux pratiques autoritaires traditionnelles du passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de tels revers démocratiques, où la liberté d’association, de participation, de contestation et d’expression est constamment menacée, les élections elles-mêmes perdent inévitablement leur crédibilité. Le faible taux de participation électorale témoigne de cette dégénérescence démocratique dans des pays comme l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de nombreux États du Printemps arabe, l’opposition politique présente les mêmes défauts et faiblesses démocratiques que les pouvoirs en place, ce qui conduit de nombreux électeurs à penser que les élections sont vaines, même si elles sont justes et libres en apparence. La démocratie au sein des partis reste faible, voire inexistante. Ceux qui dirigent les partis politiques et les organisations de la société civile ont tendance à s’accrocher au pouvoir et à rechigner à l’alternance démocratique des postes de direction. En conséquence, ceux qui ont rendu possibles les révolutions de 2011 – le peuple – perdent tout intérêt pour le processus électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien entendu, la responsabilité de la dégénérescence démocratique depuis les révolutions de 2011 ne doit pas être imputée uniquement aux États profonds ou aux dirigeants politiques nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autoritarisme arabe a été revitalisé et la ferveur révolutionnaire a été étouffée dans plus d’un cas au cours des 14 dernières années grâce aux pactes que les gouvernements arabes post-soulèvements ont conclus avec les puissances et institutions occidentales, des États-Unis à l’Union européenne en passant par le Fonds monétaire international (FMI).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, dans des pays comme le Liban et l’Égypte, le FMI a joué un rôle clé dans le maintien de l’autoritarisme en fournissant des fonds aux gouvernements, réduisant ainsi tout espoir que leurs populations auraient pu avoir de nouveaux dirigeants ou de solutions révolutionnaires et durables à leurs problèmes économiques et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rue arabe n’a pas oublié le massacre de Rabaa en août 2013, au cours duquel les forces de sécurité ont tué des centaines de partisans du président déchu Mohamed Morsi, qui avait été démocratiquement élu. Ils ne sont pas non plus indifférents ou inconscients du génocide israélien facilité par l’Occident à Gaza et de l’incapacité des États arabes à y mettre un terme depuis 15 longs mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les peuples arabes sont parfaitement conscients que leurs États dirigés par des despotes expérimentés ou en devenir ne sont plus que des gardiens du terrorisme ou des migrations. Ils protègent les frontières et cherchent à assurer la <em>«stabilité»</em> insaisissable qui est dans l’intérêt mutuel des dirigeants régionaux et occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être l’héritage le plus important et le plus durable de la révolution tunisienne et du Printemps arabe dans son ensemble. Le <em>«roi»</em> n’est pas vaincu, bien sûr. Mais il est vulnérable. Tout comme le roi vaniteux du célèbre conte populaire danois, la nudité des États arabes et de leurs dirigeants est devenue impossible à dissimuler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a plus de vêtements. Il n’y a plus de couverture. Il n’y a plus de <em>«démocratie»</em>, de politique de négociation, de partage du pouvoir ou de citoyenneté libre. Les soulèvements ont construit une nouvelle relation État-public dans le monde arabe et ont fait sortir le chat du sac : le roi n’a plus de vêtements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatorze ans après la révolution tunisienne, la démocratie fait toujours défaut en Tunisie et dans le monde arabe en général. Mais les rois sont nus, et les peuples arabes en ont pris note. L’héritage des révolutions perdure.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong><em> : <a href="https://www.aljazeera.com/opinions/2025/1/15/tunisias-revolution-14-years-on-the-emperor-has-no" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Al Jazeera</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Chercheur tunisien à la Japan Society for the Promotion of Science, basée à l’université de Chiba, au Japon.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cGBvPZI3lf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/la-revolution-tunisienne-de-leuphorie-au-cauchemar/">La révolution tunisienne de l’euphorie au cauchemar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La révolution tunisienne de l’euphorie au cauchemar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/la-revolution-tunisienne-de-leuphorie-au-cauchemar/embed/#?secret=RRQy2iAiz6#?secret=cGBvPZI3lf" data-secret="cGBvPZI3lf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>En Tunisie, la stagnation économique étouffe l&#8217;aspiration démocratique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/en-tunisie-la-stagnation-economique-etouffe-laspiration-democratique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Oct 2024 10:57:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Indice de gouvernance Berggruen]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
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		<category><![CDATA[Ucla]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une étude de chercheurs internationaux explique ce qui a amené la Tunisie là où elle est aujourd'hui. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La situation en Tunisie illustre un défi plus large auquel sont confrontées les démocraties émergentes du monde entier : la nécessité de progrès économiques parallèlement aux réformes politiques, soutiennent des chercheurs dans un <a href="https://ucla.app.box.com/s/4d06cj45pb8ajh3a699f8psfcvdpd3zt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport </a>de la Luskin School of Public Affairs de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla), intitulé « La résurgence autocratique en Tunisie : des réformes politiques sans progrès économiques menacent la démocratie ».</em></strong></p>



<span id="more-14117761"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois célébrée comme la réussite démocratique du Printemps arabe, la Tunisie est désormais confrontée à la sombre possibilité de sombrer dans l’autoritarisme, selon une étude récente de Democracy News Alliance affirmant que le président Kaïs Saïed pourrait renforcer son emprise sur le pouvoir, menaçant d’inverser la tendance et raflant les gains de la <em>«Révolution du Jasmin» </em>de 2011</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qu’est-ce qui a amené la Tunisie là où elle est ? Et pourquoi la stagnation économique a-t-elle étouffé ses aspirations démocratiques? Les chercheurs à l’origine d’un nouveau rapport sur l’Indice de gouvernance Berggruen (BGI) analysent ce qui s’est passé et ce qui pourrait arriver ensuite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de l’année 2010, des manifestations massives ont éclaté en Tunisie, préparant le terrain pour la Révolution du Jasmin. Ce mouvement, déclenché par des protestations publiques contre le gouvernement autocratique de Ben Ali, est devenu l’étincelle du Printemps arabe qui a balayé l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Alors que de nombreux pays voisins ont rapidement connu une guerre civile ou une contre-révolution, la Tunisie s’est imposée comme une lueur d’espoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie hypothéquée par l’économie  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à 2021, la Tunisie a consolidé sa position comme l’une des rares démocraties de la région. Cependant, sous la surface, les défis économiques sont restés non résolus, ouvrant la voie à une crise latente. Malgré les avancées politiques, les difficultés économiques de la Tunisie n’ont pas été solutionnées après la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2010, alors que la démocratie prospérait, les services publics tels que l’éducation, la santé et les infrastructures sont restés faibles. La croissance économique est restée stagnante, comme en témoignent les tendances décevantes du PIB par habitant et l’augmentation inquiétante du chômage et de la pauvreté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5XzSleONhS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/presidentielle-tunisienne-dans-un-climat-particuliere-tendu-afp/">Présidentielle tunisienne «dans un climat particulière tendu» (AFP)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Présidentielle tunisienne «dans un climat particulière tendu» (AFP) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/presidentielle-tunisienne-dans-un-climat-particuliere-tendu-afp/embed/#?secret=3Q7e3zFByv#?secret=5XzSleONhS" data-secret="5XzSleONhS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’émigration a augmenté régulièrement. La stabilité politique ne s’est pas traduite par une prospérité économique et l’incapacité de fournir des avantages matériels à la population a érodé la confiance dans les institutions démocratiques. La désillusion s’est propagée lorsque les citoyens ont dû faire face aux mêmes difficultés dans un nouveau système politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le rapport, réalisé par des chercheurs de la Luskin School of Public Affairs de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla), du Berggruen Institute de Los Angeles et de la Hertie School, une université de Berlin, en Allemagne, la stagnation économique est due à des facteurs à la fois internes et externes. Sur le plan interne, le gouvernement tunisien a eu du mal à stabiliser une économie post-révolutionnaire. Sur le plan extérieur, la baisse des investissements directs étrangers (IDE) a aggravé la situation, les investisseurs étant devenus méfiants à l’égard de l’environnement politique fragile de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport basé sur le BGI montre que les IDE, qui avaient atteint un sommet de près de 9,5% du PIB sous Ben Ali, se sont effondrés après la révolution, contribuant à la détérioration de l’économie tunisienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Craintes d’un retour à l’autoritarisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président sortant Kaïs Saïed, professeur de droit qui s’est hissé à la tête d’une vague populiste, a remporté la victoire aux élections de 2019, marquant un changement dans la trajectoire politique de la Tunisie. Bien qu’initialement célébré pour avoir défié l’élite, Saïed a rapidement commencé à éroder les fondements démocratiques qui l’avaient porté au pouvoir. En 2021, il a suspendu le Parlement dans ce que beaucoup ont qualifié d’<em>«auto-coup d’État»</em>. Un an plus tard, un référendum constitutionnel a encore élargi ses pouvoirs au détriment du pouvoir législatif, alimentant les craintes d’un retour à l’autoritarisme. Les groupes de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude face au recours croissant à la répression, à l’emprisonnement de dirigeants de l’opposition et à la violence contre les migrants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’étude, la démocratie tunisienne, autrefois vantée, est aujourd’hui au bord de l’effondrement. La répression politique sous le gouvernement de Saïed donne le ton aux élections de 2024, qui, selon les analystes, ne seront qu’une simple formalité pour légitimer son maintien au pouvoir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B5lu1Qiwi4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/">Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/embed/#?secret=zAAEeCFATM#?secret=B5lu1Qiwi4" data-secret="B5lu1Qiwi4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les rapports de Human Rights Watch, les groupes d’opposition sont confrontés à de sévères restrictions et un candidat mène même sa campagne depuis la prison. La répression croissante est particulièrement alarmante alors que la Tunisie est aux prises avec une crise économique qui s’aggrave. Le rejet par le gouvernement d’un prêt de 2 milliards de dollars du Fonds monétaire international en 2023, critiqué par le président Saïed pour ses <em>«dictats»</em>, a été largement considéré comme une décision populiste. Cependant, ce rejet a encore plus isolé la Tunisie d’un soutien financier international vital, la laissant confrontée à des difficultés pour faire face à ses difficultés économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les citoyens font face à une hausse du chômage, de l’inflation et de l’insécurité alimentaire, les perspectives d’une reprise démocratique semblent sombres. La situation en Tunisie offre une dure leçon sur la relation entre démocratie et développement économique. Selon l’indice de gouvernance Berggruen, les pays dotés de démocraties plus fortes bénéficient souvent d’un niveau de vie plus élevé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, dans le cas de la Tunisie, la démocratie n’a pas réussi à produire les dividendes économiques escomptés. Cet échec est en partie dû aux difficultés inhérentes aux démocraties en développement, où la pression publique en faveur de la consommation immédiate peut entraver les investissements à long terme nécessaires à une croissance durable. En outre, l&rsquo;incertitude économique en Tunisie a dissuadé les investisseurs étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation précaire de l’économie tunisienne a des conséquences directes sur ses citoyens. L’emploi précaire est en augmentation et la proportion de personnes souffrant de malnutrition est revenue à des niveaux jamais vus depuis la révolution. La crise économique a alimenté le mécontentement social et, sans solutions claires en vue, le pays risque encore davantage d’instabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation en Tunisie illustre un défi plus large auquel sont confrontées les démocraties émergentes du monde entier : la nécessité de réformes politiques et de progrès économique, écrivent les chercheurs dans leur rapport. Lorsque les gouvernements ne parviennent pas à améliorer le niveau de vie, les citoyens peuvent perdre leurs illusions à l’égard de la démocratie, créant ainsi une opportunité permettant aux dirigeants autoritaires de consolider leur pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://ucla.app.box.com/s/4d06cj45pb8ajh3a699f8psfcvdpd3zt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lire le rapport en anglais.</a></em></strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/en-tunisie-la-stagnation-economique-etouffe-laspiration-democratique/">En Tunisie, la stagnation économique étouffe l&rsquo;aspiration démocratique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le triste état de la démocratie tunisienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/20/le-triste-etat-de-la-democratie-tunisienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Sep 2024 06:54:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La réélection quasi certaine de Kaïs Saïed en octobre prochain pour un seconde mandat présidentiel renforcera l’autocratie tunisienne. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/20/le-triste-etat-de-la-democratie-tunisienne/">Le triste état de la démocratie tunisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La réélection quasi certaine de Kaïs Saïed en octobre prochain pour un seconde mandat présidentiel renforcera l’autocratie tunisienne et marquera la fin définitive de la dernière expérience démocratique du Printemps arabe.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ian Bremmer</strong> *</p>



<span id="more-14020852"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Ian-Bremmer.jpg" alt="" class="wp-image-14020861" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Ian-Bremmer.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Ian-Bremmer-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Ian-Bremmer-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’auto-immolation du vendeur de fruits Mohamed Bouazizi, il y a 14 ans, a incité les Tunisiens à renverser leur dictateur de longue date et a donné le coup d’envoi du Printemps arabe de 2011. De tous les pays de la région qui ont attrapé le virus de la révolution, la Tunisie a été le seul à avoir réussi à construire une démocratie multipartite avec séparation des pouvoirs et liberté d’expression, devenant pour un temps l’exemple d’une démocratisation réussie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis est arrivé le président Kaïs Saïed, un constitutionnaliste peu charismatique, élu en 2019 sur un programme populiste anti-corruption qui a exploité la désillusion post-révolutionnaire des Tunisiens en matière d’impasse politique et de stagnation économique. Cinq ans plus tard, le berceau du Printemps arabe est devenu le théâtre d’un recul démocratique alarmant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier signe majeur de difficultés s’est produit en 2021, lorsque Saïed a utilisé la pandémie de Covid-19 pour centraliser son pouvoir. Le président tunisien a suspendu la constitution, limogé son Premier ministre et invoqué des protocoles d’urgence pour gouverner par décret. En 2022, il est allé encore plus loin en dissolvant le Parlement et en réécrivant la constitution. La persécution des politiciens de l’opposition, des critiques, des militants, des journalistes et des dirigeants syndicaux n’a fait que s’intensifier depuis. Cela inclut Rached Ghannouchi, chef du principal parti d’opposition Ennahdha; Lotfi Mraihi, chef du de l’Union populaire républicaine; et Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre. Tous trois sont désormais derrière les barreaux sur la base d’accusations forgées de toutes pièces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fin des contrepoids démocratiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mandat de Saïed devant expirer le 23 octobre, l’homme fort de la Tunisie brigue cinq ans supplémentaires à la présidence lors des nouvelles élections qu’il a prévues pour le 6 octobre. Mais après avoir passé tout son mandat à démanteler les freins et contrepoids démocratiques, à consolider le pouvoir et à museler la dissidence, ce mandat ne sera ni gratuit ni équitable.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jZcMXmlsiR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/19/la-presidentielle-tunisienne-entre-non-dits-faux-semblants-et-ambiguites/">La présidentielle tunisienne entre non-dits, faux semblants et ambiguïtés</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La présidentielle tunisienne entre non-dits, faux semblants et ambiguïtés » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/19/la-presidentielle-tunisienne-entre-non-dits-faux-semblants-et-ambiguites/embed/#?secret=5I3yx1k1Av#?secret=jZcMXmlsiR" data-secret="jZcMXmlsiR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les adversaires crédibles de Saïed ont été soit emprisonnés, soit contraints à l’exil, soit empêchés de se présenter. Le 2 septembre, la commission électorale tunisienne soi-disant indépendante – dont les sept membres ont été nommés par le président – ​​n’a approuvé que deux candidats relativement inconnus, au mépris d’une ordonnance du plus haut tribunal du pays autorisant trois candidats supplémentaires à se présenter. L’un des candidats officiels, <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/18/lequipe-de-campagne-dayachi-zammel-denonce-une-escalade-judiciaire-injustifiee/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ayachi Zammel</a>, a été arrêté et accusé de falsification de parrainages électoraux (on ne sait pas s’il sera autorisé à se présenter).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré certaines inquiétudes du public concernant la dérive autocratique de Saïed, il reste relativement populaire. Sa rhétorique xénophobe et contestataire résonne fortement auprès d’une grande partie de la population qui estime que la démocratie n’a pas amélioré leur niveau de vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Les problèmes économiques s’aggravent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La plus grande vulnérabilité de Saïed vient de la détérioration des conditions socio-économiques que la plupart des Tunisiens ont connues sous son règne. Après tout, la seule chose que les gens détestent plus qu’un autocrate, c’est un autocrate qui ne parvient pas à approvisionner le marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si Saïed a jusqu’à présent réussi à éviter un défaut souverain sur la dette extérieure gonflée de la Tunisie sans recourir à un prêt du FMI, décrié mais indispensable, cela s’est fait au prix d’une inflation plus élevée, d’un ralentissement de la croissance économique et de fréquentes pénuries de nourriture et de carburant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement a également de plus en plus recours à l’emprunt auprès de la banque centrale autrefois indépendante ainsi qu’auprès des banques locales pour couvrir ses besoins de financement croissants, ce qui fera encore grimper l’inflation et créera des risques financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que les problèmes économiques s’aggravent, la confiance des citoyens dans leur gouvernement va faiblir. Les demandes de changement vont se renforcer. Des protestations et de la répression pourraient s’ensuivre. Peut-être y aura-t-il même des appels à de nouvelles élections.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les Tunisiens n’auront que peu de recours après la réélection quasi certaine – et dont la légitimité sera remise en question – de Kaïs Saïed en octobre prochain, qui renforcera l’autocratie tunisienne et marquera la fin définitive de la dernière expérience démocratique du Printemps arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong>: <a href="https://time.com/7020023/tunisia-kais-saied-democracy/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Time</a>.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Rédacteur en chef au Time et président d’Eurasia Group, un cabinet de conseil en risques politiques.</em></p>
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		<title>La Tunisie peut encore être un catalyseur de réformes démocratiques mondiales</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/11/la-tunisie-peut-encore-etre-un-catalyseur-de-reformes-democratiques-mondiales/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Apr 2024 09:42:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La protection de la démocratie tunisienne constituerait une lueur d’espoir, écrit l’ancien ambassadeur américain en Tunisie. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les conflits au Moyen-Orient ont depuis longtemps des répercussions effrayantes sur la sécurité et la stabilité internationales. La protection de la démocratie tunisienne constituerait une lueur d’espoir, écrit l’ancien ambassadeur américain en Tunisie.</em></strong> <em>(Illustration : les Tunisiens n&rsquo;ont pas fini de manifester pour les libertés et la démocratie). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Gordon Gray</strong> *</p>



<span id="more-12436143"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Gordon-Gray.jpg" alt="" class="wp-image-5917520" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Gordon-Gray.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Gordon-Gray-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Gordon-Gray-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie, où j’ai eu le privilège de servir comme ambassadeur des États-Unis pendant sa révolution et les premières étapes de sa transition démocratique, présente une opportunité unique pour les États-Unis et l’Union européenne de démontrer leur engagement en faveur de la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir défendu la révolution et la transition démocratique du pays, les États-Unis et l’UE doivent désormais réaffirmer leur soutien à la voie démocratique de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la Commission européenne offre des fonds à la Tunisie dans le cadre d’un accord sur la migration et le développement, elle doit s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une solution à court terme et que ces fonds ne finissent pas directement entre les mains du président, mais qu’ils soient liés aux conditions d’un développement durable, d’une solution à long terme de reconstruction de la démocratie en Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie ne peut échapper aux Tunisiens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie joue un rôle extrêmement important dans la détermination de la progression de la démocratie à l’échelle mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la nation qui a donné naissance au Printemps arabe en renversant Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de régime devenu de plus en plus despotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tunisiens ne se sont pas seulement unis pour renverser un dictateur; ils se sont ensuite réunis pour rédiger une constitution et élire des dirigeants qui ont choisi le compromis plutôt que la coercition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ne me croyez pas sur parole. Je me souviens très bien du regretté sénateur John McCain qui m’avait dit, lors de sa visite en Tunisie peu après la révolution, que <em>«si elle ne peut réussir ici, elle ne pourra réussir nulle part»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1BghASvwE0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/13/la-tunisie-face-au-role-determinant-des-etats-unis/">La Tunisie face au rôle déterminant des Etats-Unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie face au rôle déterminant des Etats-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/13/la-tunisie-face-au-role-determinant-des-etats-unis/embed/#?secret=xSPo9JgovL#?secret=1BghASvwE0" data-secret="1BghASvwE0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie en Tunisie est cependant en déclin sous le président Kaïs Saïed. Sa dissolution de facto du Parlement en juillet 2021, l’abandon de la constitution et le ciblage des dirigeants de l’opposition, des médias et des militants sont des signes clairs que la Tunisie n’est plus une démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, alors que la Tunisie se prépare aux élections cette année, l’administration Biden devrait clairement exprimer – tant dans ses déclarations publiques que dans ses échanges diplomatiques privés – son espoir que le scrutin présidentiel tunisien de 2024 se déroulera de manière aussi transparente que l’ont été ceux de 2019 et 2014.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il devrait exprimer son désir de voir la libération des dirigeants politiques emprisonnés sur la base de fausses accusations – allant de l’islamiste Rached Ghannouchi à l’ancienne adepte de Ben Ali, Abir Moussi. Et appeler à la fin du harcèlement des journalistes, qui perdure depuis les années Ben Ali.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le chaud et le froid avec l’argent étranger</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, l’administration Biden pourrait utiliser toute une série de carottes et de bâtons économiques pour encourager le président Kaïs Saïed à ramener la Tunisie sur sa trajectoire démocratique postrévolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une de ces incitations serait de relancer le contrat de 498,7 millions de dollars (459,3 millions d’euros) de la Millennium Challenge Corporation, une agence américaine d’aide étrangère qui accorde des subventions aux pays dotés de politiques et d’un potentiel économiques forts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Approuvé juste avant la prise de pouvoir du président Saïed, le 25 juillet 2021, et suspendu depuis, il soutiendrait des améliorations indispensables dans les secteurs des transports, du commerce et de l’eau en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aider la Tunisie à redresser son économie est essentiel au succès de la démocratie. Comme l’indique le dernier sondage du Baromètre arabe, <em>«les Tunisiens sont plus susceptibles d’associer la démocratie  à la satisfaction des nécessités économiques»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lMXoS4vNJ4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/27/la-situation-en-tunisie-fait-debat-aux-etats-unis/">La situation en Tunisie fait débat aux Etats-Unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La situation en Tunisie fait débat aux Etats-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/27/la-situation-en-tunisie-fait-debat-aux-etats-unis/embed/#?secret=k3uDV03d5b#?secret=lMXoS4vNJ4" data-secret="lMXoS4vNJ4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Kaïs Saïed alterne le chaud et le froid sur le programme de prêt de 1,9 milliard de dollars (1,75 milliard d’euros) du Fonds monétaire international – le dénonçant comme un <em>«diktat étranger»</em>, même si c’est son propre gouvernement qui l’a négocié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le fardeau de la dette internationale de plus en plus lourde de la Tunisie pourrait éventuellement le contraindre à accepter le plan pour éviter un défaut de paiement. Si et quand cela se produit, le programme de prêts fournirait un levier important aux appels occidentaux en faveur d’élections véritablement équitables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tous les regards tournés vers Washington</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est ici crucial de noter que pour que les États-Unis puissent lutter contre le recul démocratique dans les pays clés, ils doivent mettre de l’ordre dans leurs propres affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dysfonctionnement politique au Congrès ne fait qu’alimenter le discours propagé par les autoritaires selon lequel les démocraties sont incapables de répondre aux besoins de leur peuple. Il est donc impératif de donner la priorité aux intérêts des électeurs américains plutôt qu’aux gains politiques à court terme pour restaurer la confiance mondiale dans les institutions démocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, il est essentiel de planifier la fin des conflits, comme la guerre à Gaza. L’administration Biden doit composer avec des réalités géopolitiques complexes tout en respectant les principes démocratiques et les valeurs humanitaires.<br>La surveillance mondiale de la diplomatie américaine ne fera que s’intensifier à mesure que cette horrible guerre se prolonge. Les États-Unis soutiendront-ils une occupation israélienne non démocratique et une Autorité palestinienne non démocratique?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La manière dont l’administration Biden répondra à ces questions (par ses actions, et pas seulement par ses paroles) sera le véritable test de son engagement à faire progresser les normes démocratiques dans le monde entier.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nQGn3Yyp7M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/25/gordon-gray-ou-le-diplomate-americain-qui-a-eu-la-chance-rare-de-voir-le-peuple-tunisien-profiter-de-sa-reussite/">Gordon Gray ou « le diplomate américain qui a eu la chance rare de voir le peuple tunisien profiter de sa réussite »</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Gordon Gray ou « le diplomate américain qui a eu la chance rare de voir le peuple tunisien profiter de sa réussite » » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/25/gordon-gray-ou-le-diplomate-americain-qui-a-eu-la-chance-rare-de-voir-le-peuple-tunisien-profiter-de-sa-reussite/embed/#?secret=QOA7Pf7fNq#?secret=nQGn3Yyp7M" data-secret="nQGn3Yyp7M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les défis posés par les conflits à Gaza et en Ukraine, ainsi que par la montée en puissance de la Chine, sont importants, les États-Unis ne peuvent pas se permettre de négliger la lutte contre le recul démocratique et l’autoritarisme, qui sont des facteurs clés de déstabilisation de nations et de régions entières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est particulièrement crucial de soutenir la démocratie au Moyen-Orient pour favoriser la stabilité, promouvoir les droits de l’homme et atténuer le risque d’une aggravation de l’instabilité et des conflits régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Protéger la démocratie tunisienne, une lueur d’espoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Freedom House a, à juste titre, tiré la sonnette d’alarme sur les menaces qui pèsent sur la démocratie dans le monde, elle a également noté que <em>«même si les régimes autoritaires restent extrêmement dangereux, ils ne sont pas imbattables»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple tunisien l’a prouvé en lançant la Révolution du Jasmin. Les amis de la démocratie partout dans le monde doivent se souvenir de cette leçon et continuer à les soutenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conflits au Moyen-Orient ont depuis longtemps des répercussions effrayantes sur la sécurité et la stabilité internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La protection de la démocratie tunisienne constituerait une lueur d’espoir. Cela offrirait un modèle convaincant pour que l’ensemble de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord progresse vers la paix et la prospérité, et mettrait en valeur le pouvoir transformateur des idéaux démocratiques dans une période tumultueuse.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong> :<a href="https://www.euronews.com/2024/04/09/tunisia-can-still-be-a-catalyst-for-global-democratic-reform"> Euronews.</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Professeur à l’Elliott School of International Affairs de l’Université George Washington. Ambassadeur des États-Unis en Tunisie au début du Printemps arabe et ancien secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires du Proche-Orient.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Article de Gordon Gray dans Kapitalis : </em></h2>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fbfXV440FS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/31/laffaiblissement-des-institutions-democratiques-en-tunisie/">L’affaiblissement des institutions démocratiques en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’affaiblissement des institutions démocratiques en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/31/laffaiblissement-des-institutions-democratiques-en-tunisie/embed/#?secret=U23XqJTdW8#?secret=fbfXV440FS" data-secret="fbfXV440FS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/11/la-tunisie-peut-encore-etre-un-catalyseur-de-reformes-democratiques-mondiales/">La Tunisie peut encore être un catalyseur de réformes démocratiques mondiales</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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