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	<title>Archives des Racisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Racisme - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Sonia Dahmani &#124; L&#8217;audience en appel reportée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 20:27:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cour d'appel]]></category>
		<category><![CDATA[décret 54]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[report]]></category>
		<category><![CDATA[sonia dahmani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Tunis a décidé de reporter l&#8217;affaire visant l&#8217;avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani. L&#8217;audience a été reportée au 3 avril prochain indique l&#8217;agence Tap, dans la soirée de ce vendredi 30 janvier 2026, sachant que Sonia Dahmani a comparu en état de liberté dans le cadre de cette...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/30/sonia-dahmani-laudience-en-appel-reportee/">Sonia Dahmani | L&rsquo;audience en appel reportée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Tunis a décidé de reporter l&rsquo;affaire visant l&rsquo;avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani.</em></strong></p>



<span id="more-18305711"></span>



<p>L&rsquo;audience a été reportée au 3 avril prochain indique l&rsquo;agence Tap, dans la soirée de ce vendredi 30 janvier 2026, sachant que Sonia Dahmani a comparu en état de liberté dans le cadre de cette affaire liée à ses déclarations sur le racisme en Tunisie et dans laquelle elle est poursuivie sue la base du décret 54 de 2022.</p>



<p>Pour rappel, Sonia Dahmani avait été arrêtée en mai 2024 avant d&rsquo;obtenir une libération conditionnelle jeudi 27 novembre dernier.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/30/sonia-dahmani-laudience-en-appel-reportee/">Sonia Dahmani | L&rsquo;audience en appel reportée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Polémique en Tunisie sur la natalité des migrants subsahariens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/11/polemique-en-tunisie-sur-la-natalite-des-migrants-subsahariens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 11:48:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmajid Mselmi]]></category>
		<category><![CDATA[Attessia TV]]></category>
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		<category><![CDATA[la loi n° 50 de 2018]]></category>
		<category><![CDATA[migrants subsahariens]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sami Ben Ghazi]]></category>
		<category><![CDATA[Sfax]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une polémique sur les réseaux sociaux sur la natalité des migrants subsahariens remet la migration irrégulière au cœur du débat en Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/11/polemique-en-tunisie-sur-la-natalite-des-migrants-subsahariens/">Polémique en Tunisie sur la natalité des migrants subsahariens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En tenant des propos jugés racistes sur les migrants subsahariens en Tunisie dans le talkshow ‘‘Rendez-vous 9’’ de la chaîne privée Attessia, la journaliste Imen Jelassi ne croyait pas que ses propos allaient susciter une polémique sur les réseaux sociaux et l’indignation d&rsquo;une partie de la société civile, remettant la migration irrégulière au cœur du débat national. </em></strong><em>(Ph. Camp de migrants subsahariens à El Amra, Sfax).</em></p>



<p><strong>Latif Belhedi </strong></p>



<span id="more-18223921"></span>



<p>Imen Jelassi a appelé, en toute crédulité, dans le cadre d&rsquo;un débat sur l’immigration irrégulière, à <em>«empêcher les femmes africaines</em> [subsahariennes] <em>d’accoucher en Tunisie»</em>, car en faisant beaucoup d’enfants, elles aggravent les problèmes économiques du pays, a-t-elle expliqué. &nbsp;</p>



<p>Ces propos, relayés par les médias, ont provoqué une vague d’indignation, donnant lieu à des accusations de racisme et d’incitation à la discrimination.</p>



<p>Sur les réseaux sociaux, le médecin et activiste Abdelmajid Mselmi, le journaliste Fahem Boukadous et l’avocat Sami Ben Ghazi ont contesté la légitimité et la conformité éthique et juridique du sujet abordé à la télévision.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rhétorique de la <em>«menace démographique»</em></h2>



<p>Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) est également intervenu dans le débat, dénonçant les propos d’Imen Jelassi comme <em>«graves»</em>, <em>«racistes»</em> et s’inscrivant dans une tendance plus large à la banalisation des discours de haine. Dans une déclaration signée par son président Abderrahmane Hedhili, le Forum a également établi un lien entre la rhétorique de la <em>«menace démographique »</em> et des pratiques et politiques qui, selon lui, ont durci le regard public sur les migrations et légitimé des mesures punitives et discriminatoires. D’où l’appel à la responsabilité des institutions dans la lutte contre le racisme et la stigmatisation des migrants.</p>



<p><em>«Volant au secours»</em> de la journaliste, des commentateurs &nbsp;ont cru devoir rappeler que la politique de contrôle des naissances ou de planification familiale a été appliquée aux Tunisiennes dès le milieu des années 1960, afin d’éviter l’explosion démographique et que, dans ce même cadre, le droit à l’avortement a été accordée aux Tunisiennes dès cette époque et bien avant beaucoup d’Européennes. Il n’y a donc rien d’offensant dans les propos d’Imen Jelassi ont-ils affirmé.</p>



<p>D’autres commentateurs ont répliqué aux indignés par les propos de Mme Jelassi&nbsp;: <em>«Et si des citoyens européens avaient tenu les mêmes propos que Mme Jelassi à l’égard des migrants irréguliers tunisiens en Europe, n’auraient-ils pas crié à la discrimination et au racisme&nbsp;?»</em> &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Sur le plan législatif, la contestation a porté sur la loi tunisienne contre la discrimination raciale&nbsp;: la loi n°&nbsp;50 de 2018, qui prévoit des sanctions pour les comportements et les propos discriminatoires, ainsi que des mesures contre l’incitation à la haine. Ce texte est considéré comme une référence essentielle pour toute plainte relative à un contenu médiatique.</p>



<p><em>«Cette affaire met en lumière une fracture structurelle qui traverse désormais le débat tunisien sur les migrants, notamment subsahariens. D’un côté, les milieux et les acteurs proches du discours souverainiste et pro-présidentiel tendent à interpréter l’augmentation du nombre de migrants irréguliers comme un problème de sécurité et de ressources publiques, et réclament des rapatriements accélérés et des mesures plus sévères, parfois même soumises à référendum. De l’autre côté, les groupes d’opposition, les journalistes, les juristes et la société civile insistent sur le respect du droit, la proportionnalité et la protection de la dignité humaine, arguant que la gestion des migrations doit rester ancrée dans les normes et les accords, sans pour autant verser dans le contrôle physique ou la stigmatisation ethnique»</em>, analyse Paolo Paluzzi dans <a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/cronaca/2026/01/09/frasi-razziste-in-tv-sui-migranti-in-tunisia-e-bufera-sui-social_c70b98f2-5988-4255-81ab-91f004003133.html">Ansamed</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tensions sociales et théories du complot</h2>



<p>Le confrère italien, dont le pays est confronté au même problème de la migration irrégulière, ajoute&nbsp;: <em>«Le contexte politique actuel accentue la sensibilité de ce sujet. En février 2023, les déclarations du président Kaïs Saïd sur les migrants subsahariens, perçues par les observateurs internationaux et les médias comme un discours alimentant les tensions et les théories du complot, ont marqué un tournant dans le débat public et une polarisation accrue. Dans le même temps, les organisations de défense des droits humains ont décrit un durcissement des politiques migratoires et un climat plus hostile, avec des répercussions sur la sécurité des migrants et leur exposition à la violence et aux abus.»</em></p>



<p>Sur le terrain, en 2025, les autorités ont mené des opérations de démantèlement des campements informels de migrants dans la région de Sfax, notamment à El Amra et Jebeniana. Selon les forces de sécurité, ces opérations ont toujours respecté les droits humains, mais dans un contexte marqué par des tensions locales et des pressions visant à endiguer les départs vers le côtes italiennes. La Tunisie demeure un partenaire clé de l’Union européenne en matière de coopération migratoire, suite au mémorandum d’entente signé en juillet 2023. Ce mémorandum continue de faire l’objet d’interprétations divergentes entre partisans et détracteurs, notamment concernant l’équilibre entre contrôle des frontières, assistance et garanties des droits.</p>



<p><em>«Dans ce contexte, la controverse autour d’Attessia risque de se transformer en affaire politico-juridique : d’une part, les médias et les autorités de régulation sont soumis à une pression croissante pour clarifier les normes et les responsabilités ; d’autre part, la tentation est grande d’instrumentaliser la question sur le plan identitaire, dans un pays où la migration est devenue un enjeu crucial dans le débat entre le discours présidentiel et l’opposition»</em>, conclut Paolo Paluzzi. </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cL4wyeiRmi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/tunisie-loim-assiste-8-853-migrants-au-retour-volontaire-en-2025/">Tunisie | L’OIM assiste 8 853 migrants au retour volontaire en 2025</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | L’OIM assiste 8 853 migrants au retour volontaire en 2025 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/tunisie-loim-assiste-8-853-migrants-au-retour-volontaire-en-2025/embed/#?secret=s3XP0tATba#?secret=cL4wyeiRmi" data-secret="cL4wyeiRmi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/11/polemique-en-tunisie-sur-la-natalite-des-migrants-subsahariens/">Polémique en Tunisie sur la natalité des migrants subsahariens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Saadia Mosbah ou quand la lutte antiraciste mène à la prison  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/24/saadia-mosbah-ou-quand-la-lutte-antiraciste-mene-a-la-prison/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 09:57:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de l’audience du procès de sa mère Saadia Mosbah, Fares Gueblaoui demande la permission d’embrasser sa mère et s’effondre dans ses bras.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/24/saadia-mosbah-ou-quand-la-lutte-antiraciste-mene-a-la-prison/">Saadia Mosbah ou quand la lutte antiraciste mène à la prison  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«L’injustice se répète, la douleur s’intensifie et la patience est mise à rude épreuve», a écrit Fares Gueblaoui, le fils de Saadia Mosbah, la célèbre militante antiraciste, présidente de l’association Mnemty, emprisonnée depuis plus d’un an et demi.</em></strong></p>



<span id="more-18131385"></span>



<p>Fares commentait ainsi sur Facebook le rejet de la demande de libération sous caution présentée par les avocats de sa mère, lors de son procès, ouvert le 22 décembre 2025, devant le tribunal de première instance de Tunis. Lequel a finalement reporté l’audience au 26 février.</p>



<p>Saadia Mosbah, 65 ans, qui dirige l&rsquo;association antiraciste Mnemty depuis 2013, a été arrêtée en mai 2024 et fait l’objet d’une enquête pour blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite, délits passibles, respectivement, de 10 et 6 ans d’emprisonnement.</p>



<p>Mnemty a déclaré dimanche dernier, dans un communiqué, qu’elle opère en toute légalité et rejette <em>«toute allégation de financement provenant de sources suspectes»</em>.</p>



<p>L’enquête ouverte l’année dernière s’est déroulée dans le contexte d’une campagne sur les réseaux sociaux visant à <em>«associer faussement le travail en faveur des droits de l’homme à des théories du complot et à des accusations de ‘‘remplacement démographique’’»</em>, affirme-t-on dans les cercles associatifs tunisiens.</p>



<p>Mosbah, qui avait joué un rôle déterminant dans l’adoption, en 2018, d’une loi interdisant la discrimination raciale, est une militante engagée pour les droits des migrants subsahariens en Tunisie, notamment depuis le discours du président Kaïs Saïed en 2023, qui dénonçait les <em>«hordes de migrants illégaux»</em> comme une menace démographique.</p>



<p>Selon son avocate, Me Monia El Abed, Mosbah <em>«souffre de maladies chroniques et ne représente aucune menace pour quiconque. Nous demandons sa libération sous caution et garantissons sa présence aux prochaines audiences.»</em> Ces garanties n&rsquo;ont pas suffi pour que les juges ordonnent sa libération sous caution. L’ancien bâtonnier, Me Chawki Tabib, qui fait partie de son collectif de défense, a quant à elle souligné que Mosbah avait dépassé la durée maximale de détention provisoire de 14 mois. <em>«Qui réparera cette injustice ?»</em>, a-t-il demandé.</p>



<p>Neuf personnes sont jugées dans cette affaire, dont 8 membres de Mnemty parmi lesquels le fils de Mosbah, Fares Gueblaoui, et le propriétaire des locaux de l’ONG.</p>



<p>À la fin de l’audience à Tunis, Gueblaoui a demandé la permission d’embrasser sa mère avant de s’effondrer dans ses bras, provoquant une vive émotion dans la salle d’audience.</p>



<p>Plusieurs autres défenseurs des droits humains sont jugés en Tunisie pour avoir apporté une aide aux migrants en situation irrégulière.</p>



<p>Depuis l’arrivée au pouvoir du président Saïed en 2021, des figures de l&rsquo;opposition et des organisations de défense des droits humains dénoncent l’érosion des droits et libertés en Tunisie, qui vient de célébrer, le 17 décembre, le 15<sup>e</sup> anniversaire de la <em>«révolution de la liberté et de la dignité»</em>, qui avait déclenché, en son temps, le fameux <em>«Printemps arabe»</em> qui est aujourd’hui un champs de ruines.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/24/saadia-mosbah-ou-quand-la-lutte-antiraciste-mene-a-la-prison/">Saadia Mosbah ou quand la lutte antiraciste mène à la prison  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Marrakech &#124; Erige Sehiri dédie son Etoile d’or à Saadia Mosbah</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/13/marrakech-erige-sehiri-dedie-son-etoile-dor-a-saadia-mosbah/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 08:40:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Erige Sehiri]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Marrakech]]></category>
		<category><![CDATA[Mnemty]]></category>
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		<category><![CDATA[subsahariens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La réalisatrice Erige Sehiri dédie son Etoile d'or du Festival de Marrakech à la militante contre le racisme Saadia Mosbah. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/13/marrakech-erige-sehiri-dedie-son-etoile-dor-a-saadia-mosbah/">Marrakech | Erige Sehiri dédie son Etoile d’or à Saadia Mosbah</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri dont le film ‘‘Promis du ciel’’</em></strong><em> <strong>vient de remporter l’Etoile d’or, le grand prix du Festival international du film de Marrakech, au Maroc, a dédié son prix à Saadia Mosbah, la présidente de l’association antiraciste Mnemty, incarcérée depuis mai 2024 en Tunisie en raison de son activisme civique en faveur des migrants subsahariens.</strong></em> <a href="https://www.facebook.com/reel/4227365097581003" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo.</a></p>



<span id="more-18083050"></span>



<p>Lors de la cérémonie de proclamation du palmarès de la 22<sup>e</sup> édition du festival, le 6 décembre 2025, la réalisatrice était très émue en dédiant son prix à la grande militante tunisienne des droits de l’homme et contre le racisme, sous les applaudissements nourris du public.</p>



<p>Le long métrage <em>‘Promis le ciel”</em>, qui sera présenté dans la compétition officielle des prochaines Journées cinématographiques de Carthage, évoque avec tendresse et humanité le vécu de migrants subsahariens en Tunisie, entre difficultés quotidiennes et besoins de spiritualité. Et ce à travers le parcours de quatre femmes : Marie, Naney, Jolie et la petite Kenza, rescapée d’un naufrage, pasteure, étudiante, sans-papiers et enfant, qui vivent dans un entre-deux-mondes où s’inventent chaque jour des gestes de soutien, des stratégies de débrouille et des solidarités de survie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18083071" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Erige-Sehiri-Marrakech.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Erige Sehiri, 3<sup>e</sup> à partir de la gauche.</em></figcaption></figure>
</div>


<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/13/marrakech-erige-sehiri-dedie-son-etoile-dor-a-saadia-mosbah/">Marrakech | Erige Sehiri dédie son Etoile d’or à Saadia Mosbah</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sonia Dahmani comparaît devant le juge sans en avoir été informée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/07/sonia-dahmani-comparait-devant-le-juge-sans-en-avoir-ete-informee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 11:20:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ramla Dahmani Accent]]></category>
		<category><![CDATA[sonia dahmani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sonia Dahmani a été emmenée, aujourd’hui, au tribunal sans en avoir été préalablement informée elle-même ni ses avocats. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/07/sonia-dahmani-comparait-devant-le-juge-sans-en-avoir-ete-informee/">Sonia Dahmani comparaît devant le juge sans en avoir été informée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Sonia Dahmani a été emmenée, aujourd’hui, vendredi 7 novembre 2025, devant la chambre 17 auprès de la Cour d’appel de Tunis, sans en avoir été préalablement</em></strong> <strong><em>informée elle-même ni ses avocats. </em></strong></p>



<span id="more-17845829"></span>



<p>C’est ce qu’a annoncé sa sœur Ramla Dahmani Accent, qui réside en France, dans un <a href="https://www.facebook.com/ramla.accent" target="_blank" rel="noreferrer noopener">post Facebook</a>, ajoutant que Sonia a demandé le renvoi de l’affaire et l’audience a été reportée au 21 novembre courant.</p>



<p>Sonia Dahmani a comparu dans le cadre d’une affaire pour laquelle elle avait été condamnée, le 24 octobre 2024, à deux ans de prison, en vertu du décret présidentiel 54 sur la<em> «diffusion de fausses nouvelles»</em>. </p>



<p>En réalité, il s&rsquo;agit de déclarations médiatiques sur le racisme en Tunisie en lien avec les migrants subsahariens, que l&rsquo;avocate et chroniqueuse avait tenu sur les ondes d&rsquo;une radio locale.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I.B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/07/sonia-dahmani-comparait-devant-le-juge-sans-en-avoir-ete-informee/">Sonia Dahmani comparaît devant le juge sans en avoir été informée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Racismes d’État ou quand les institutions fabriquent les inégalités</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/racismes-detat-ou-quand-les-institutions-fabriquent-les-inegalites/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 06:08:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plongée nécessaire dans les méandres d’une problématique encore largement taboue : le racisme institutionnel. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/racismes-detat-ou-quand-les-institutions-fabriquent-les-inegalites/">Racismes d’État ou quand les institutions fabriquent les inégalités</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 2 février 2024, Olivier Le Cour Grandmaison publiait ‘‘Racismes d’État, États racistes. Une brève histoire’’ aux éditions Amsterdam France, bientôt suivi par Éditions APIC en Algérie. Cet ouvrage offre une plongée nécessaire dans les méandres d’une problématique encore largement taboue : le racisme institutionnel, celui qui se cache derrière les lois, les politiques publiques et les pratiques étatiques, souvent sous couvert d’égalité républicaine.</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-17573158"></span>



<p>Le titre interroge : racisme d’État ou États racistes ? L’auteur définit avec précision ses termes. Le racisme d’État désigne des discriminations systématiques, légalisées ou tolérées par l’institution, tandis qu’un État raciste est un régime dont le fonctionnement même repose sur la hiérarchisation raciale. Le Cour Grandmaison s’appuie sur une longue tradition de pensée, de Michel Foucault à Pierre Bourdieu, en passant par Achille Mbembe, pour montrer que ces phénomènes ne sont pas accidentels ou anecdotiques, mais structurels et persistants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Accusation politique pour neutraliser la contestation</h2>



<p>L’ouvrage débute par un rappel historique saisissant. Sous la III<sup>e</sup> République, puis le Front populaire, les populations colonisées n’ont jamais bénéficié des promesses égalitaires du régime. Les <em>«sujets français»</em> demeuraient subordonnés, privés de droits réels, et parfois accusés d’adhérer à des mouvements qualifiés arbitrairement de <em>«fascistes»</em>. L’exemple de l’Étoile nord-africaine, dissoute en 1937, illustre la manière dont la République, même progressiste, savait instrumentaliser les accusations politiques pour neutraliser toute contestation venant de ses colonies.</p>



<p>Le Cour Grandmaison souligne l’importance de comprendre que le racisme d’État ne se limite pas à l’expression de préjugés populaires. Selon Foucault, il s’agit d’un mécanisme de <em>«bio-pouvoir»</em> : identifier certaines populations comme des menaces potentielles pour la société, les hiérarchiser et organiser leur vie – et parfois leur mort – en conséquence. La haine populaire ou la peur qui s’ensuit sont des conséquences, non la cause. Cette analyse rejoint celle de Leonora Miano, qui rappelle que la racialisation négative est un processus systémique, transmis de génération en génération et soutenu par les institutions.</p>



<p>La France contemporaine n’échappe pas à ce diagnostic. Bourdieu avait déjà dénoncé, dans les années 1990, la xénophobie institutionnelle, en pointant le traitement réservé aux <em>«sans-papiers»</em> de l’église Saint-Bernard à Paris. Plus tard, il étendait cette critique aux discriminations entre étrangers <em>«européens»</em> et autres, analysant une continuité entre les pratiques coloniales et les politiques de gestion de l’immigration et des banlieues.</p>



<p>Mbembe, quant à lui, relie les violences policières et l’état d’urgence de 2005 à une logique héritée du code de l’indigénat. Loin d’être un simple souvenir historique, cette <em>«gestion coloniale»</em> se perpétue dans la répression des quartiers populaires, dans les mesures discriminatoires à l’encontre des Roms et des travailleurs immigrés.</p>



<p>Le livre consacre également une partie importante à des comparaisons internationales, examinant l’Afrique du Sud, les États-Unis et Israël. Si l’apartheid sud-africain et la ségrégation américaine ont officiellement disparu, les traces de l’institutionnalisation raciale persistent et, selon l’auteur, Israël est en train de mettre en place un système de discrimination structurelle à l’égard des Palestiniens. Ces exemples montrent que les pratiques de racisme d’État ont souvent des origines coloniales et se traduisent par des politiques systémiques qui dépassent largement le cadre national.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une logique de contrôle et de marginalisation</h2>



<p>Une autre force de l’ouvrage réside dans son attention aux populations souvent oubliées. Le traitement des nomades et des Roms en France révèle une logique de contrôle et de marginalisation qui s’étend sur plus d’un siècle, et ce malgré l’abolition officielle de mesures discriminatoires récentes. Les <em>«gens du voyage»</em> continuent de subir un racisme institutionnel qui les enferme dans des zones de relégation, malgré les discours officiels d’égalité et de fraternité.</p>



<p>La question migratoire, loin d’être un simple problème d’intégration ou de sécurité, est profondément liée à cette capacité de l’État à hiérarchiser et contrôler des populations selon des critères raciaux ou ethniques.</p>



<p>Le Cour Grandmaison met en lumière un paradoxe inquiétant : plus l’information sur ces discriminations est abondante, plus nos sociétés semblent incapables de changer de cap. La comparaison avec les enjeux climatiques est ici éclairante : la conscience des risques ne suffit pas à modifier les comportements institutionnels. Les événements récents à Gaza illustrent cette impuissance des régimes occidentaux à s’opposer à la violence d’État lorsqu’elle se déploie sur d’autres populations, tandis que la France continue d’expérimenter des dispositifs discriminatoires sur son propre territoire.</p>



<p>Au total, <em>‘‘Racismes d’État, États racistes’’</em> n’est pas seulement un livre académique, c’est une mise en garde. Olivier Le Cour Grandmaison propose des outils conceptuels pour comprendre les discriminations systémiques, leur persistance et leurs conséquences. C’est une lecture indispensable pour quiconque cherche à analyser les logiques d’exclusion et de hiérarchisation dans les sociétés contemporaines, et à comprendre que le racisme n’est pas toujours visible, mais qu’il s’incarne dans les institutions elles-mêmes.</p>



<p>Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l’université Paris-Saclay-Évry-Val d’Essonne. Il est notamment l’auteur de <em>‘‘Coloniser. Exterminer’’</em> (Fayard, 2005), <em>‘‘La République impériale’’</em> (Fayard, 2009) et <em>‘‘De l’indigénat’’</em> (Zones/La Découverte, 2010).</p>
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		<title>La révolution des cheveux bouclés en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Aug 2025 08:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> En Tunisie, la tendance des cheveux bouclés se propage contre l’impératif du lissage à tout prix. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mouna Jebali, coiffée d’une casquette, entre pour la première fois dans un salon de coiffure spécialisé dans les cheveux bouclés. En Tunisie, la tendance se propage contre l’impératif du lissage à tout prix et les salons et les marques prônant le retour au naturel sont en plein essor, signe d’une «révolution des cheveux bouclés» en marche.</em></strong></p>



<span id="more-17312490"></span>



<p><em>«Je suis venue ici pour changer de look»</em>, explique la trentenaire, un carré lisse dissimulé par un foulard. Pendant longtemps, regrette-t-elle, on lui a <em>«appris que cheveux bouclés signifiaient décoiffés, qu’il fallait les lisser ou les attacher»</em>. L’impulsion de rejoindre cette tendance mondiale qui s’est répandue dans le monde arabe ces dernières années est venue à la naissance de son fils, aujourd’hui âgé de trois ans. <em>«Il a les cheveux bouclés, et je me suis dit qu’il fallait enfin m’accepter»</em>, confie la jeune maman, qui vit en France et a profité de vacances dans son pays d’origine pour <em>«sauter le pas»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un désir d’authenticité</h2>



<p>En Tunisie, comme dans toute l’Afrique du Nord, le lissage est une pratique courante pour coiffer les cheveux texturés&nbsp;: ondulés, bouclés ou frisés. Négligées et inadaptées à une tenue professionnelle, les boucles ont longtemps été vilipendées. Nombreuses sont les Tunisiennes qui se souviennent d’une remarque désobligeante lors d’une réunion de famille ou d’une remarque offensante dans la rue. Avec le vent de liberté qui a balayé la société après la révolution de 2011, les cheveux bouclés sont progressivement devenus plus visibles. Mais pour beaucoup, le lissage reste un incontournable avant toute occasion formelle.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" data-id="17312555" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17312555" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="17312553" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17312553" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles-5.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Dhouha Mechergui, cofondatrice de Pineapple Studio, le premier salon spécialisé en Tunisie, se souvient de<em> «batailles»</em> avec ses cousins ​​et amis avant chaque fête de l’Aïd, la fin du mois de jeûne du Ramadan. <em>«Nos mères nous lissaient les cheveux, avec l’odeur (des produits chimiques) et tout ce qui va avec»</em>, raconte-t-elle. Passer au naturel demande du <em>«courage»</em>, ajoute-t-elle, précisant qu’elle doit parfois jouer au <em>«psychiatre»</em> avec des<em> «clients hésitants»</em> pour qui <em>«prendre une décision est très difficile»</em>.</p>



<p>Cependant, ce désir d’authenticité est soutenu par des préoccupations sanitaires&nbsp;: selon une étude majeure de l’Institut national de la santé américain, les produits lissants augmentent le risque de cancer de l’utérus. Pour Nawal Benali, créatrice du podcast <em>«Is It Here&nbsp;?»</em>, qui aborde le racisme en Afrique du Nord, les injonctions à lisser les cheveux sont liées au <em>«texturisme»</em>, une forme de discrimination. <em>«Plus on s’éloigne d’une texture dite “afro”, “crépue” ou “bouclée”, plus on est socialement accepté, car c’est un indicateur de bonne conduite, de présentabilité»</em>, selon des critères <em>«dérivés de ce que nous entendons par bienséance dans le monde occidental blanc»</em>, explique-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fin de la discrimination capillaire</h2>



<p>L’idée est d’<em>«essayer d’effacer notre rugosité africaine indigène»</em>, ajoute la podcasteuse, pour qui cette exigence s’impose <em>«particulièrement sur le lieu de travail»</em>.</p>



<p>Ces dernières années, des lois ont été adoptées aux États-Unis et en France pour lutter contre les discriminations liées à la texture des cheveux. En France, une proposition de loi sur la <em>«discrimination capillaire»</em> a été adoptée par l’Assemblée nationale en 2024. En Tunisie, aucune initiative similaire n’existe. Sirine Cherif, cofondatrice de la première marque tunisienne de produits pour cheveux bouclés en 2021, estime cependant qu’un changement <em>«radical»</em> est en cours.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="17312560" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17312560" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles3.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="17312561" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17312561" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Cheveux-boucles4.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p><em>«Lorsque nous avons fondé <a href="https://www.facebook.com/wearekamaana" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kamaana</a> (‘‘comme je suis’’ en arabe tunisien), nous étions la seule marque spécialisée sur le marché»</em>, explique-t-elle.</p>



<p>Et d’ajouter : <em>«Quelques mois plus tard, un effet domino s’est produit : des marques plus établies que nous ont lancé leurs propres lignes pour cheveux bouclés.»</em></p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, plusieurs marques tunisiennes sont présentes sur ce marché lucratif, comme Zynia et Lilas Cosmetics. <em>«Nous sommes fières d’avoir encouragé les gens à être eux-mêmes, à ne pas céder à la pression sociale et à assumer leur beauté naturelle»</em>, déclare Sirine Cherif, qui revendique une croissance annuelle de son chiffre d’affaires de 35&nbsp;% à 42&nbsp;% depuis le lancement de Kamaana. <em>«Nous voulons révolutionner les boucles&nbsp;!»</em> s&rsquo;enthousiasme-t-elle.</p>



<p>D’après <a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/cronaca/2025/08/22/in-tunisia-la-rivoluzione-dei-capelli-ricci_2b3f3be4-cf1f-4a85-9ac5-e5f0066e6ec6.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ansa.</a>  </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le racisme en France ou la banalité du crime</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/17/le-racisme-en-france-ou-la-banalite-du-crime/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 08:30:14 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
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		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D’un point de vue statistique, la France est le pays occidental où on a tué le plus de Maghrébins et la tendance persiste. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/17/le-racisme-en-france-ou-la-banalite-du-crime/">Le racisme en France ou la banalité du crime</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>D’un point de vue statistique, la France est le pays occidental où on a tué le plus de Maghrébins et la tendance persiste. Au quotidien, le racisme suprémaciste blanc et néocolonial se traduit par «la négation» de l’existence même des non-blancs, dont les Arabes, pas assez blancs, font partie. Ce sont des stratégies d’effacement social qui, poussées à l’extrême, peuvent aller jusqu’à l’élimination physique.</em></strong></p>



<p><strong>Mahmoud Gabsi *</strong></p>



<span id="more-17259236"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi.jpg" alt="" class="wp-image-10416309" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le 31 mai 2025, un coiffeur tunisien de 46 ans, a été <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/02/hichem-tue-dans-un-crime-raciste-en-france-un-appel-a-la-protection-de-la-communaute-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tué de cinq balles</a> dans un attentat raciste à Puget-sur-Argens, dans le Var, au sud-est de la France, et un autre homme a été blessé. Fait inédit, le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’affaire et une enquête préliminaire pour <em>«assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, commis en raison de la race ou la religion»</em>, a été ouverte.&nbsp;</p>



<p>Dans plusieurs vidéos tournées avant et après son passage à l’acte, postées sur Facebook et révélées par <em>‘‘Libération’’</em> et <em>‘‘Le Monde’’</em>, l’auteur présumé, Christophe Belgembe, 53 ans, revendique effectivement son geste au nom d’une idéologie d’extrême droite, affiche une volonté de médiatisation et appelle à la violence. Il y fait également référence à des leaders d’extrême droite raciste comme Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Jordan Bardella, avant d’enjoindre à son auditoire : <em>«Votez bien la prochaine fois.»</em></p>



<p>Des chiffres alarmants&nbsp;: en 2024, la police et la gendarmerie françaises ont enregistré 9 400 crimes et délits <em>«à caractère raciste»</em>, soit une hausse annuelle de 11 %, nettement moins importante que celle observée en 2023 (+ 30 %). À ces crimes et délits enregistrés, s’ajoutent près de 7 000 contraventions pour les mêmes motifs, en augmentation de 6 % par rapport à 2023.</p>



<p>Toujours d’après le ministère de l’Intérieur français, moins de 3 % des personnes victimes d’atteintes <em>«à caractère raciste»</em> réalisent une démarche auprès des services de sécurité. Un peu plus de 1 million de personnes de 18 ans et plus vivant en France métropolitaine déclarent avoir été victimes d’au moins une atteinte <em>«à caractère raciste»</em> en 2022.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Violence diffuse qui s’enracine dans le passé</h2>



<p>Cette violence diffuse ne vient pas ex-nihilo. La France coloniale tuait les militants nationalistes. ‘‘<em>Ici on noie les Algériens : 17 octobre 1961’’</em> est un documentaire français réalisé par Yasmina Adi, sorti en 2011, évoque cette page sombre de l’histoire française. Suite à une manifestation pacifique d’Algériens pro FLN et sous les ordres du préfet de police Maurice Papon, les forces de l’ordre ont tiré sur les manifestants faisant, selon les chiffres avancés à l’époque, entre 80 et 200 morts.</p>



<p>Mais l’événement le plus significatif de la politique néocoloniale s’est déroulé en 1973, révélant un conflit ethnique et religieux qui ne disait pas son nom. Une tuerie de masse a eu lieu pendant l’été et l’automne lors d’une vague de meurtres et de violences racistes envers des immigrés maghrébins. Ils ont été perpétrés principalement dans la région marseillaise. Une cinquantaine d’Algériens ont été assassinés, dont 17 dans Marseille. Le journal <em>‘‘L’humanité’’</em> a parlé du racisme qui tue en série.</p>



<p>Les crimes et les agressions racistes étaient alors commis dans un contexte de tensions et sur fond de grande rancœur héritée de la guerre d’Algérie. Ils ont presque tous été classés sans suite après des enquêtes bâclées. L’Organisation de l’armée secrète (OAS), organisation terroriste clandestine française d’extrême droite, et des éléments de la police seraient les auteurs de ces massacres. La sociologue Rachida Brahim en a parlé dans son ouvrage <em>‘‘La race tue deux fois. Une histoire des crimes racistes en France’’</em> (1970-2000).</p>



<p>Il existe une loi du silence (la fameuse omerta de la mafia) autour de l’assassinat des Arabes. Le sociologue se doit de l’aborder&nbsp;: la ratonnade, la chasse à l’homme, la noyade dans les rivières, la traque nocturne en voiture, le tir à la carabine à partir du balcon et les tirs aveugles sur les terrasses de café sont les méthodes les plus utilisées.</p>



<p>De nombreux Maghrébins ont été ainsi assassinés. Le Maghreb entier en est concerné, car quelle famille maghrébine n’a pas un de ses membres en France ?&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UpYzz1nMEH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/11/cest-quoi-le-racisme-et-comment-le-combattre/">C’est quoi le racisme et comment le combattre ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« C’est quoi le racisme et comment le combattre ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/11/cest-quoi-le-racisme-et-comment-le-combattre/embed/#?secret=RIXovzbl43#?secret=UpYzz1nMEH" data-secret="UpYzz1nMEH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le contexte de Puget-sur-Argens</h2>



<p>Le village de Puget-sur-Argens dans le Var où le Tunisien Hichem Miraoui a été assassiné compte une population de 9500 habitants. Les résultats lors des dernières élections y étaient conformes à la tendance nationale. Le vote d’extrême droite a été très fort au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Depuis 2014, dans toutes les élections, le village a voté pour l’extrême droite nationaliste, identitaire, réactionnaire et raciste, que ce soit aux scrutins départementaux, régionaux, législatifs, européens ou présidentiels.</p>



<p>L’extrême droite domine la région Paca : le département du Var et des Alpes maritimes en sont des fiefs historiques. Contrairement au sud-ouest qui a une longue tradition de vote à gauche, le sud-est a toujours été à droite. Nice et Toulon sont les fers de lance de l’extrême droite xénophobe dans la région.</p>



<p>Toulon a été l’une des premières villes qui a élu un maire issu du Front national de Jean-Marie Le Pen en 1995. A cette période, Marignane, Orange et Vitrolles ont aussi basculé. Les quatre villes sont toutes situées au sud du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Racisme d’atmosphère dans le sud-est</h2>



<p>La Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 5 081 101 habitants en 2019. 10% de la région Paca sont étrangers. Ils sont 560 000. 50 % d’entre eux sont Africains, un tiers Européens (notamment Italiens, Espagnols et Portugais). On est très loin de l’idéologie de l’invasion et du grand remplacement qui sont relayés par l’influenceur Eric Zemmour.</p>



<p>Le sud du pays est la région où les rapatriés français chrétiens du Maghreb dits <em>«pieds noirs»</em> sont nombreux. On y trouve aussi des Maghrébins juifs qui ont quitté l’Afrique du Nord avant, pendant et après les indépendances. Dans son ensemble, la population des régions méridionales compte un grand nombre d’immigrés des deux rives de la Méditerranée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="stLQaxstPm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/">Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/embed/#?secret=q2VMXjRxd6#?secret=stLQaxstPm" data-secret="stLQaxstPm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les Tunisiens à Puget-sur-Argens</h2>



<p>«<em>En 1999, 7,7 % des habitants de Puget-sur-Argens étaient étrangers. Parmi cette population étrangère permanente, 2,1 % étaient originaires de Tunisie, 1,5 % d’Italie, 1,4 % d’Algérie, 0,8 % du Maroc et 0,5 % d’Espagne et du Portugal.</em>» (Insee). Ainsi, les Tunisiens représentent la première communauté étrangère du village où le crime raciste de mai eut lieu.</p>



<p>Nice et Toulon sont dans la moyenne nationale qui tourne autour de 10 %. Ces deux villes comptent une forte population tunisienne. Nice compte 10 300 tunisiens.&nbsp; A Toulon ils sont 3 486. Dans ces deux villes, les Tunisiens représentent là encore la première communauté étrangère.</p>



<p>Un million de Tunisiens vivent en France, ce qui fait qu’un Français sur 60 est Tunisien. C’est peu, mais ce n’est pas rien non plus. Sur 68 millions de Français, 10% sont musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réactions de la société civile et des autorités</h2>



<p>La sœur de Hichem Miraoui a réclamé justice pour son frère, en racontant à l’AFP qu’il parlait à sa famille au téléphone au moment où il a été criblé de cinq balles.</p>



<p>Le 8 juin, plus de 2000 personnes ont participé aux deux marches blanches organisées à Marseille, puis à Puget-sur-Argens.</p>



<p>Plusieurs associations et syndicats ont appelé à se joindre à la marche à Marseille où des députés de la France insoumise (LFI), Manuel Bompard et Sébastien Delogu, ont été présents.&nbsp;</p>



<p>Par ailleurs, la famille de la victime a été reçue par le préfet du Var.</p>



<p>Les déclarations politiques se sont succédées : Jean-Luc Mélenchon : «<em>un meurtre raciste infâme</em>». L’avocat de la famille du Tunisien, citée par <em>‘‘La Croix’’</em>, a expliqué : «<em>Nous mènerons le combat jusqu’au bout pour que toutes les responsabilités soient tirées, jusqu’au plus haut sommet de l’État, parce que ce racisme d’atmosphère, ce qui a visé Hichem, c’est un racisme, c’est une islamophobie, c’est une xénophobie</em>».&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les crimes de voisinage de l’ultra-droite</h2>



<p>Cet acte de violence politique a démontré une réalité : le racisme idéologique des voisins tue. La victime était un citoyen ordinaire qui faisait l’unanimité dans son village. Il était inconnu des services de police. Suite aux problèmes répétés de voisinage, le gérant du salon de coiffure qui l’employait envisageait de déménager.&nbsp;</p>



<p>D’après <em>‘‘Philosophie magasine’’</em>, le meurtre raciste du Tunisien révèle l’émergence d’un terrorisme de proximité qui n’est plus réservé au djihadisme. Par ailleurs, ce crime n’est pas un acte isolé. Selon <em>‘‘Le Monde’’</em>, le 1<sup>er</sup> juin s’est ouvert le procès de membres du groupe d’ultra-droite AFO (<em>«Actions des forces opérationnelles»</em>) qui préparait des attentats racistes, le meurtre du coiffeur tunisien illustre aussi le rapport en miroir qu’entretiennent le djihadisme et le populisme d’extrême droite.</p>



<p>«<em>Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a déjoué depuis 2017 des projets d’attentats. Il s’agit en revanche du premier assassinat – en lien avec cette idéologie à être traité comme un attentat terroriste par la justice</em>(&#8230;) Le PNAT relève qu’il avait diffusé avant sa virée meurtrière une vidéo sur Facebook dans laquelle il lançait : «<em>Français (…) réveillez-vous, allez les chercher là où ils sont», et annonçait son intention de dire «stop aux islamiques» et de faire «un petit carton déjà rien qu’en sortant de chez lui</em>».</p>



<p>Le jour de l’attaque, l’assassin a ouvert le feu à plusieurs reprises depuis son pick-up, tuant Hichem Miraoui. Puis il s’est dirigé vers le domicile d’Akif B., avant d’y tirer de nouveau. Grièvement blessé à la main, Akif B s’est enfui, poursuivi par le suspect.</p>



<p>La nouveauté réside dans le fait que le meurtrier connaissait son voisin qui ne lui a pas fait de mal. Il a froidement préparé son acte et il l’a reconnu lors de son arrestation par les agents de l’ordre.</p>



<p>Hichem est une victime de l’histoire, de la géographie et des idéologies de la haine banalisée. En émigrant, il pensait améliorer sa condition sociale, mais il a subi le pire des sorts. Il a été foudroyé par une mort injuste qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Pour son entourage, le choc est immense, car en Tunisie le lien avec le voisin est primordial et les voisins sont solidaires. Il existe toute une mythologie qui sacralise le voisin.</p>



<p>Ce drame démontre deux tendances&nbsp;:</p>



<p>1 &#8211; Ce sont les gens du peuple qui s’entretuent sans justification et il est inacceptable qu’ils tombent dans le piège des idéologues. La victime perd la vie et le coupable se retrouve entre quatre murs pour longtemps. Or ils devaient vivre dans la paix et la fraternité, mais la haine raciste est aveugle, sourde et muette.</p>



<p>2 – Les vrais coupables sont les chroniqueurs et les faux intellectuels qui propagent les idées violentes. Protégés, ils bénéficient des honneurs politiques et médiatiques. Les théoriciens du grand remplacement et du conflit de civilisations vivent dans l’opulence et reçoivent les honneurs dans les médias et parfois dans les salons de la République.</p>



<p>Parmi les centaines de prédicateurs de la haine, on compte un grand nombre de sionistes extrémistes ainsi que des influenceurs proches de l’extrême droite. Les médias de masse leur sont ouverts 24 heures sur 24 heures.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ge893j4Lvl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/les-binationaux-et-la-montee-de-lextreme-droite-en-france/">Les binationaux et la montée de l’extrême droite en France</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les binationaux et la montée de l’extrême droite en France » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/les-binationaux-et-la-montee-de-lextreme-droite-en-france/embed/#?secret=zok0U3y5yo#?secret=ge893j4Lvl" data-secret="ge893j4Lvl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un projet ancien : en finir avec les Arabes</h2>



<p>D’un point de vue statistique, la France est le pays occidental où on a tué le plus de Maghrébins et la tendance persiste.</p>



<p>Au quotidien, le racisme suprémaciste blanc et néocolonial se traduit par <em>«la négation»</em> de l’existence même des non blancs. Les Arabes en font partie. Ce sont des stratégies d’effacement social qui, poussées à l’extrême, peuvent aller jusqu’à l’élimination physique.</p>



<p>Les violences racistes sont intermittentes, mais c’est leur constance qui doit inquiéter. Faire de sorte que l’Arabe ne se sente jamais chez lui, tel est le projet. Nul répit n’est accordé à l’étranger non blanc minoritaire et il importe de le maintenir sous la pression menaçante de la majorité blanche judéo-chrétienne.&nbsp;</p>



<p>Cette logique a sa propagande qui use d’une sémantique spécifique. Le discours ayant toujours précédé l’acte, les termes sont bien choisis et constamment modifiés. Le langage populaire a toujours inventé des dénominations péjoratives&nbsp;: sale arabe, bougnoule, bicot, melon… Les médias et les intellectuels de salon ont d’autres qualificatifs, toutes aussi hostiles qu’ambigües : minorités visibles, gens de couleur, individus typés, exotiques, gens du Sud, populations des quartiers, la France des banlieues, la France périphérique, les quartiers difficiles, les zones sensibles…</p>



<p>Et depuis peu, le conflit entre les bien-pensants et les exclus de tous bords s’accentuant, on parle ouvertement de territoires perdus de la république, de zones de non droit, d’une France en sécession ou en sédition, de cités interdites…</p>



<p>Dans le fond, il s’agit de toute une logorrhée bien française qui est conçue pour ne pas voir la réalité. Il ne faut surtout pas appeler les choses par leur nom. Or les banlieues sont les territoires de l’exclusion et de l’injustice. Un tiers des Français y vit et les étrangers y sont minoritaires. Construites pour être inaccessibles, sans emplois et sans loisirs, c’est le lieu où tous les démunis se retrouvent, indépendamment de leur couleur et de leur religion.</p>



<p>Selon <em>Euronews</em>, un rapport de la fondation Bertelsmann montre que dans cinq pays, environ un cinquième des personnes interrogées ne veulent pas vivre en voisinage avec des musulmans. A la question «<em>souhaiteriez-vous ces groupes de personnes comme voisins ou cela n’a-t-il pas d’importance pour vous</em>», un peu moins de 20% des personnes interrogées en Allemagne, Autriche, Suisse, France et Royaume-Uni répondent non au groupe des musulmans.</p>



<p>Médiapart, un média indépendant, évoque des mécanismes d’«<em>invisibilisation</em>» toujours à l’œuvre aujourd’hui.</p>



<p>* <em>Sociologue. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/17/le-racisme-en-france-ou-la-banalite-du-crime/">Le racisme en France ou la banalité du crime</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunis résiste &#124; Le cri des vivants à l’ombre de Fanon </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Jul 2025 11:33:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[exil]]></category>
		<category><![CDATA[Frantz Fanon]]></category>
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		<category><![CDATA[migrants subsahariens]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cent ans après la naissance de Frantz Fanon, la voix du médecin révolutionnaire résonne à à Tunis, à travers les récits de migrants et d’exilés. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/20/tunis-resiste-le-cri-des-vivants-a-lombre-de-fanon/">Tunis résiste | Le cri des vivants à l’ombre de Fanon </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Samedi 19 juillet 2025, la salle du cinéma Rio, au centre-ville de Tunis, vibrait d’un silence lourd de mémoire et d’espoir.&nbsp;Cent ans après la naissance de Frantz Fanon, le médecin, le penseur et le révolutionnaire, sa voix résonnait encore, vive et brûlante, à travers les récits de migrants et d’exilés.&nbsp;En même temps, des travaux de jeunes cinéastes ont été projetés dans ce cadre militant de résistance au colonialisme et au racisme. </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi </strong><strong></strong></p>



<span id="more-17072303"></span>



<p>L’intitulé de la première rencontre, reprenant le titre d’un célèbre essai du psychiatre martiniquais, était, à lui seul, tout un programme&nbsp;: <em>«Les damnés de la terre aujourd’hui&nbsp;: expériences et résistances face au racisme anti-subsaharien»</em>. Ce n’était pas un simple hommage, mais une catharsis collective, celle des damnés de la terre, toujours debout, toujours vivants.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Les histoires des migrants subsahariens, coincés dans un pays qui n’est ni chez eux ni un passage sûr, rappelaient les pages sombres de Fanon sur la colonisation : ces frontières qui ne séparent pas seulement les territoires, mais brisent les vies, les espoirs, les familles.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ces blessures ouvertes qu’on nomme frontières&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Les jeunes Tunisiens, eux, exprimaient ce même sentiment d’étouffement, ce désir brûlant de fuir, au risque de tout perdre, parce que rester, c’est mourir à petit feu.&nbsp;</p>



<p>Ces récits, imprégnés de traumas multiples, réactivent un inconscient collectif marqué par la peur et la frustration.  </p>



<p>À deux pas du Rio, une image s’impose : la Maison de culture Ibn Khaldoun, plongée dans le silence derrière une façade rénovée, encerclée par des barrières métalliques, comme pour enfermer la pensée critique et étouffer la culture.&nbsp;</p>



<p>La statue du savant sur l’avenue Habib Bourguiba, semble, elle aussi, prise en otage par des chars d’assaut invisibles depuis le 14 janvier 2011.&nbsp;</p>



<p>Ibn Khaldoun, qui connut l’émigration et l’exil, est devenu le témoin silencieux d’un pays dont l’État tire le rideau sur son peuple.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, la créativité résistait à une centaine de mètres de cet espace culturel public barricadé : à la salle privée Le Rio, les étudiants de l’Institut supérieur des arts multimédia de Manouba (Isamm) ont présenté 14 courts métrages, des projets de fin d’études réalisés avec presque rien, autant de petits miracles qui brisent l’obscurité.&nbsp;</p>



<p>Ces jeunes incarnent la résilience, cette capacité à renaître malgré les contraintes et les blessures.&nbsp;</p>



<p>Coup de cœur pour <em>‘‘Quelque part où j’appartiens’’</em> de Youssef Handouse, qui traite de la terre et de l’exil avec une maîtrise technique digne des plus grands réalisateurs.&nbsp;</p>



<p>Et comment ne pas évoquer Hedi Guella, encore et toujours la voix de l’exil, avec son hymne بابور زمر خش البحر.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La vraie arme de domination : la peur&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>La peur est l’arme la plus puissante pour museler les peuples. Elle bloque la pensée, étouffe la créativité, réduit l’humain à sa simple survie.&nbsp;Un peuple qui vit dans la peur cesse d’être libre.&nbsp;</p>



<p>La répression, la censure, les emprisonnements des voix dissidentes, le climat de suspicion nourri par les théories du complot, tout concourt à plonger les esprits dans un état d’aliénation psychologique, où l’on finit par ne plus distinguer la vérité de la propagande. </p>



<p>Fanon nous rappelle que chaque individu, chaque génération a une mission qu’elle peut remplir par engagement ou trahir par peur.&nbsp;</p>



<p>La Tunisie d’aujourd’hui est à ce carrefour : entre résignation et révolte, entre chute et renaissance, elle doit choisir.&nbsp;</p>



<p>La mémoire de 2011 est encore là, cette respiration profonde qui a fait vaciller les tyrannies.&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, il s’agit de réactiver la conscience citoyenne, de briser les mécanismes de peur ancrés dans l’inconscient collectif, pour retrouver le chemin de la liberté intérieure et politique.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les cris des morts réveillent les vivants </h2>



<p>La soirée s’est conclue par une résonance :&nbsp;Tombe le colonialisme&nbsp;!&nbsp;Tombe le racisme&nbsp;!&nbsp;Tombent les politiques d’exportation des frontières.&nbsp;Mais la vraie frontière n’est pas seulement celle des territoires.&nbsp;Elle est aussi en nous, dans nos peurs, nos divisions, nos silences.&nbsp;</p>



<p>Si nous parvenons à franchir ces murailles intérieures, alors les damnés de la terre ne seront pas condamnés à subir, mais capables de réinventer le monde. </p>



<p>Ce moment n’aurait pas été possible sans le courage et la détermination des associations :&nbsp;&nbsp;le Ciné-club de Tunis, éclaireur des imaginaires;&nbsp;le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux;&nbsp;la campagne <em>«Contre la criminalisation de l’action civile»</em>, l’Association des Amis du livre de Sousse,&nbsp;et toutes celles et tous ceux qui, par leur engagement, gardent la flamme vivante.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ijk29up0q2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/21/fanon-au-cinema-le-colonise-selon-donald-trump-ou-lanti-wokisme-a-lhonneur/">Fanon au cinéma | Le colonisé selon Donald Trump ou l’anti-wokisme à l’honneur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Fanon au cinéma | Le colonisé selon Donald Trump ou l’anti-wokisme à l’honneur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/21/fanon-au-cinema-le-colonise-selon-donald-trump-ou-lanti-wokisme-a-lhonneur/embed/#?secret=skePP5FMrp#?secret=ijk29up0q2" data-secret="ijk29up0q2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/20/tunis-resiste-le-cri-des-vivants-a-lombre-de-fanon/">Tunis résiste | Le cri des vivants à l’ombre de Fanon </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>«Les musulmans sont une race inférieure», déclare Vittorio Feltri</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 09:17:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vittorio Feltri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le journaliste italien Vittorio Feltri, membre du parti de Giorgia Meloni tient des propos racistes contre les musulmans.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/les-musulmans-sont-une-race-inferieure-declare-vittorio-feltri/">«Les musulmans sont une race inférieure», déclare Vittorio Feltri</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le célèbre journaliste italien Vittorio Feltri, directeur d’</em></strong><strong>Il Giornale<em> et membre de Fratelli d’Italia, le parti fasciste conduit par la Première ministre Giorgia Meloni, par ailleurs «grande amie» de la Tunisie, a été suspendu pour quatre mois par l’Ordre des journalistes de Lombardie pour des propos racistes à l’endroit des musulmans.</em></strong></p>



<span id="more-16816087"></span>



<p>La sanction – simplement administrative – est d’un ridicule qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne aujourd’hui en Italie – et dans d’autres pays européens gouvernés par des partis d’extrême-droite.</p>



<p><em>«Les musulmans sont une race inférieure»</em>, avait déclaré Vittorio Feltri lors de l’émission <em>La Zanzara</em>, diffusée sur Radio24 le 28&nbsp;novembre 2024.</p>



<p><em>«Les musulmans, j’allais leur tirer dessus. Et je ne ressens aucune honte à les considérer comme une race inférieure. Je ne vais pas en banlieues, parce qu’elles ne me plaisent pas. Elles sont anarchiques, laides et pleines d’étrangers que je ne supporte pas. Il suffit de les regarder pour voir ce qu’ils font ici à Milan. Doit-on être se sentir triste pour la mort d’un jeune </em>[immigré, Ndlr]<em>. Si un individu a décidé d’être un criminel, qu’il ait 19 ou 27 ans, il n’y a aucune différence»</em>, a plus précisément déclaré le célèbre journaliste.     </p>



<p>Avec une telle mentalité raciste, suprémaciste, anti-arabe et anti-musulmane qui règne dans les cercles dirigeants en Europe et en Occident en général, on comprend le soutien démesuré dont bénéficie Israël auprès de la plupart des capitales occidentales, malgré les crimes que l’Etat hébreu continue de perpétrer contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, les Libanais, les Syriens et, depuis une semaine, les Iraniens. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UxEShKyY9T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/la-croisade-de-loccident-et-disrael-contre-les-musulmans/">La croisade de l’Occident et d’Israël contre les Musulmans</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La croisade de l’Occident et d’Israël contre les Musulmans » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/la-croisade-de-loccident-et-disrael-contre-les-musulmans/embed/#?secret=3FHxTRbHsX#?secret=UxEShKyY9T" data-secret="UxEShKyY9T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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