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	<title>Archives des Sadok Belaid - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Sadok Belaid - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>In Memoriam &#124; Sadok Belaid tel que je l’ai connu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 10:09:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[droit constitutionnel]]></category>
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		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Doyen Sadok Belaid restera toujours l’exemple à suivre par toute personne imbue d’amour pour la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/02/in-memoriam-sadok-belaid-tel-que-je-lai-connu/">In Memoriam | Sadok Belaid tel que je l’ai connu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Hommage au Doyen Sadok Belaid, décédé le 7 mars 2026 à 87 ans, que j’avais eu comme&nbsp;professeur de droit constitutionnel&nbsp;en première&nbsp;année&nbsp;à Faculté de droit et des sciences politiques et économiques de Tunis (1977), de droit international public, en troisième année&nbsp;(1979) et&nbsp;de&nbsp;droit international en DEA (1982).</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty </strong>*&nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-18574732"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>A l’époque, il&nbsp;n’avait&nbsp;que 33 ans, quand il succéda à Chedly Ayari, appelé&nbsp;à&nbsp;des fonctions ministérielles, au poste&nbsp;de Doyen. Son nom était sur toutes les lèvres. Il avait&nbsp;la stature&nbsp;et la réputation&nbsp;d’un grand professeur et&nbsp;d’un&nbsp;excellent&nbsp;manager. Étudiants comme enseignants, maîtres de conférences, maitres -assistants&nbsp;et assistants&nbsp;lui vouaient un grand respect, car il était le premier Tunisien agrégé en droit public&nbsp;de l’université&nbsp;de la Sorbonne.</p>



<p>L’homme, réputé pour sa rigueur&nbsp;et sa fermeté, tenait la faculté en main&nbsp;et rien ne lui échappait. Ceux&nbsp;qui l’avaient&nbsp;côtoyé de près&nbsp;se&nbsp;félicitaient de son honnêteté intellectuelle, de son intelligence portée par un remarquable esprit de synthèse, de ses capacités&nbsp;de&nbsp;gestion et de son sens aiguë du rôle&nbsp;que doit jouer l’université dans la vie de la nation.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un grand maître.</h2>



<p>Par&nbsp;sa présence, son aura, son choix vestimentaire (il était souvent en costume noir), le sérieux et la rigueur qu’il dégageait, sa science et sa pédagogie, il ne passait pas inaperçu. C’était ce qu’on appelle un grand maître.</p>



<p>Chaque fois qu’il&nbsp;entrait dans l’amphithéâtre 1, à 9 heures tapantes, toujours&nbsp;ponctuel, pour&nbsp;son cours de droit constitutionnel, il posait son porte-documents&nbsp;en cuir noir sur&nbsp;le pupitre et entamait ses conférences&nbsp;devant&nbsp;plusieurs centaines d’étudiants.&nbsp;Les portes de l’amphithéâtre&nbsp;étaient aussitôt refermées&nbsp;et aucun&nbsp;retardataire ne se hasardait&nbsp;à s’annoncer, sachant&nbsp;que celles&nbsp;et ceux qui avaient osé le faire furent&nbsp;renvoyés&nbsp;sèchement et illico presto, le Professeur Belaid&nbsp;ne tolérant aucun retard et avait horreur&nbsp;de voir&nbsp;ses conférences perturbées&nbsp;de quelque manière&nbsp;que ce soit.&nbsp;</p>



<p>Les étudiants, pour leur part, se précipitaient&nbsp;pour&nbsp;être&nbsp;aux&nbsp;premières&nbsp;loges. Ils prenaient plaisir à suivre&nbsp;studieusement ses conférences qui&nbsp;étaient&nbsp;bien structurées, claires et concises, alliant&nbsp;érudition, rigueur&nbsp;et pédagogie.&nbsp;</p>



<p>Le Professeur Belaid, qui&nbsp;maniait brillamment la langue&nbsp;de Molière, ce qui lui permettait de familiariser les étudiants que nous étions aux concepts&nbsp;de sa discipline, le droit constitutionnel. Il avait d’ailleurs beaucoup de facilité à faire comprendre les idées&nbsp;et les thèmes qu’il développait avec une évidente aisance. Il faut dire que cette aisance était le fruit d’un grand travail, car il préparait minutieusement ses conférences&nbsp;et ne laissait rien au hasard. Il était d’autant plus exigeant avec les autres qu’il l’était, d’abord, avec lui-même. Son but fondamental&nbsp;était que les étudiants&nbsp;disposent&nbsp;des clés indispensables pour&nbsp;se familiariser avec&nbsp;la discipline&nbsp;enseignée, en&nbsp;comprendre&nbsp;les tenants&nbsp;et&nbsp;aboutissants et&nbsp;ne&nbsp;pas se perdre&nbsp;dans&nbsp;les détails&#8230;&nbsp;Sa méthode&nbsp;nous aidait beaucoup&nbsp;dans les recherches&nbsp;que nous faisions et dans nos lectures des ouvrages spécialisés de grands juristes français comme&nbsp;Maurice&nbsp;et André Hauriou, Georges&nbsp;Burdeau, Maurice Duverger et autres Marcel Waline.</p>



<p>Le Professeur Belaid&nbsp;dispensait ses conférences comme&nbsp;un&nbsp;mathématicien soucieux de logique et de&nbsp;sens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ironie, drôlerie et finesse d&rsquo;esprit </h2>



<p>Le sérieux&nbsp;qui caractérisait sa démarche&nbsp;n’excluait pas&nbsp;un humour fin. Qui ne se souvient&nbsp;de ses réparties sarcastiques pleines de finesse, comme&nbsp;de ses réactions&nbsp;virulentes lorsque&nbsp;des étudiants étrangers&nbsp;à&nbsp;la faculté envahissaient l’amphithéâtre pour faire sortir de force&nbsp;les étudiants et les obliger à assister&nbsp;aux assemblées générales qu’ils tenaient&nbsp;dans&nbsp;l’enceinte de la faculté ?</p>



<p>Dans&nbsp;de telles circonstances, le Professeur Belaid&nbsp;agit en démocrate en s’adressant, micro&nbsp;en main,&nbsp;à l’amphithéâtre pour inviter les étudiants&nbsp;voulant&nbsp;participer aux&nbsp;AG&nbsp;à le faire&nbsp;de plein&nbsp;gré. Comme&nbsp;très&nbsp;peu&nbsp;d’étudiants&nbsp;se laissaient intimider&nbsp;par les appels&nbsp;des organisateurs des AG&nbsp;et&nbsp;préféraient suivre&nbsp;le cours, le Professeur Belaid en prenait&nbsp;immédiatement&nbsp;acte,&nbsp;donnait l’ordre aux agitateurs&nbsp;de quitter immédiatement&nbsp;l’amphithéâtre&nbsp;et continuait&nbsp;calmement à donner sa&nbsp;conférence, comme si&nbsp;de rien n’était.&nbsp;</p>



<p>Interpellant, un jour, une&nbsp;étudiante&nbsp;qui, voulant se faire remarquer, défonça&nbsp;la porte de l’amphithéâtre, vingt minutes après le commencement du cours, il lui intima l’ordre&nbsp;de quitter les lieux en prenant soin&nbsp;de lui faire remarquer : <em>«Mademoiselle, la faculté a ses règles&nbsp;qui&nbsp;doivent être respectées.»</em></p>



<p>Aux étudiants qui s’inquiétaient&nbsp;de la grande sélection&nbsp;aux épreuves&nbsp;de première et&nbsp;de deuxième année, le pourcentage&nbsp;des admis&nbsp;en premier cycle (Deug)&nbsp;ne&nbsp;dépassant jamais les 25% du nombre des candidats,&nbsp;sessions&nbsp;de juin et de septembre comprises,&nbsp;il répondait&nbsp;de manière sarcastique : <em>«Ne vous en faites pas, vous serez licenciés d’une manière ou d’une autre !»</em>. Ainsi, tout le monde savait&nbsp;à quoi s’en tenir et redoublait d’effort&nbsp;pour&nbsp;traverser le cap.</p>



<p>Quant&nbsp;aux&nbsp;sujets qu’il donnait&nbsp;pour les examens de&nbsp;fin d’année,&nbsp;souvent redoutés par les étudiants, ils étaient souvent axés&nbsp;sur&nbsp;des&nbsp;questions transversales&nbsp;qui faisaient&nbsp;appel&nbsp;à l’intelligence&nbsp;des étudiants et à leur capacité de synthèse. Il accordait&nbsp;une grande importance&nbsp;à la manière&nbsp;avec laquelle ses étudiants&nbsp;abordaient ces&nbsp;sujets.</p>



<p>Lors&nbsp;de&nbsp;la correction&nbsp;des épreuves, il était&nbsp;intraitable sur la question&nbsp;du plan en deux parties, tout comme&nbsp;sur l’esprit de synthèse, la rigueur&nbsp;de l’analyse et la clarté&nbsp;de la dissertation.</p>



<p>Je&nbsp;me rappelle, à titre d’exemples, de ces&nbsp;sujets&nbsp;que nous avions eu à traiter :&nbsp;<em>«Constitutions coutumières et coutumes constitutionnelles»&nbsp;ou encore «Un État peut-il vivre sans Constitution ?»</em> Celles&nbsp;et&nbsp;ceux&nbsp;qui&nbsp;obtenaient&nbsp;une&nbsp;bonne&nbsp;note,&nbsp;c’est-à-dire 16/20&nbsp;dans le meilleur des cas, étaient félicités&nbsp;par leurs&nbsp;camarades&nbsp;qui cherchaient&nbsp;à connaître les secrets&nbsp;de leur performance.&nbsp;</p>



<p>A ce sujet, le Professeur Belaid avait pris coutume&nbsp;de&nbsp;dire : <em>«L’essentiel ce&nbsp;n’est pas de travailler, mais&nbsp;plutôt&nbsp;de savoir comment travailler. Je veux des têtes bien faites et non des têtes pleines.»</em></p>



<p>Par&nbsp;ailleurs, celles&nbsp;et&nbsp;ceux qui&nbsp;ont l’honneur de préparer des mémoires de troisième cycle ou&nbsp;des thèses de doctorat sous&nbsp;sa direction&nbsp;se rappellent toujours des&nbsp;séances harassantes et exigeantes qu’ils&nbsp;ont&nbsp;eues avec lui,&nbsp;travaillant&nbsp;au peigne fin leurs brouillons, ne&nbsp;laissant rien&nbsp;passer&nbsp;sans le soumettre&nbsp;à la loupe&nbsp;de la rigueur&nbsp;et&nbsp;de la méthode, exigeant&nbsp;de tout&nbsp;doctorant de grands&nbsp;efforts&nbsp;pour apporter du nouveau&nbsp;et&nbsp;s’éloigner des sentiers battus.</p>



<p>Chaque thèse&nbsp;de doctorat&nbsp;prenait quatre années de travail acharné&nbsp;pour voir le jour. Le récipiendaire&nbsp;pouvait&nbsp;légitimement&nbsp;se targuer d’avoir&nbsp;eu pour directeur de thèse le Doyen&nbsp;Belaid.&nbsp;A ce propos, feu Lazhar Bououny, futur&nbsp;professeur de droit, Doyen et ministre,&nbsp;et qui fut son assistant de droit constitutionnel&nbsp;en 1976/1977, me racontait les souffrances&nbsp;endurées&nbsp;lors&nbsp;de la préparation de sa thèse&nbsp;de doctorat&nbsp;sous&nbsp;la direction du Doyen Belaid, pour qui il avait un profond respect.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il a formation&nbsp;de hauts cadres de la nation</h2>



<p>Je me rappelle toujours de la soutenance&nbsp;de thèse de doctorat d’État de droit public&nbsp;de Hafedh Ben Salah, devenu ultérieurement doyen de la Faculté de droit et ministre. Ce dernier avait travaillé&nbsp;sous le patronage&nbsp;du Doyen Belaid. Son travail était de l’avis de tous réellement un chef d’œuvre&nbsp;de rigueur. Cela n’avait pas empêché un membre du jury,&nbsp;lors de la soutenance, devant une salle archicomble, en présence de hauts magistrats, d’universitaires et de certains ministres,&nbsp;de lui lancer des fléchettes, pour entendre le Doyen Belaid&nbsp;lui rétorquer : <em>«Maintenant&nbsp;que vous&nbsp;avez&nbsp;lancé vos fléchettes au candidat,&nbsp;je souhaite vous dire que nous les recevons&nbsp;avec&nbsp;bonheur.»</em> Ce à quoi, le concerné, qui était assis à l’extrême droite de la table,&nbsp;est monté au créneau pour signifier&nbsp;avec&nbsp;tact au Doyen&nbsp; Belaid&nbsp;: <em>«Ni la gauche ni la droite ne soutiennent&nbsp;le centre»</em>,&nbsp;allusion faite au Professeur Belaid&nbsp;qui&nbsp;était&nbsp;assis,&nbsp;ce jour-là, au centre&nbsp;de la table du jury. Le prenant&nbsp;à la lettre, ce dernier lui&nbsp;rétorqua&nbsp;: <em>«Le centre&nbsp;n’a&nbsp;pas&nbsp;besoin de soutien, du&nbsp;fait qu’il se tient de lui-même»</em>, au&nbsp;grand bonheur des présents, qui avaient apprécié ce tic-au-tac entre deux grands juristes. </p>



<p>En pleine&nbsp;année universitaire 1979,&nbsp;des rumeurs&nbsp;ont couru qui&nbsp;prêtaient&nbsp;au Professeur Belaid&nbsp;d’avoir&nbsp;refusé le poste&nbsp;de ministre de l’Enseignement supérieur que venait&nbsp;de lui proposer le Premier ministre de l’époque, Hedi&nbsp;Nouira. Ces rumeurs&nbsp;étaient fondées.&nbsp;Les milieux universitaires&nbsp;en étaient&nbsp;au courant.&nbsp;Le poste&nbsp;est reviendra au vice-doyen&nbsp;de la Faculté de droit, Abdelaziz Ben Dhia, professeur de droit civil&nbsp;et ami&nbsp;de longue date du Doyen Belaid&#8230;</p>



<p>Ce dernier croyait fermement au rôle&nbsp;de l’université&nbsp;dans la formation&nbsp;de hauts responsables de la nation,&nbsp;des cadres rigoureux, disciplinés, honnêtes, ayant le sens&nbsp;de l’honneur et&nbsp;du travail bien accompli&nbsp;et capables de&nbsp;jouer pleinement leurs rôles dans le développement&nbsp;de la Tunisie. Il avait&nbsp;largement&nbsp;contribué à doter notre pays&nbsp;de centaines de cadres supérieurs qui lui sont redevables de ce qu’ils sont devenus.</p>



<p>Le Doyen Belaid restera&nbsp;toujours l’exemple à suivre&nbsp;par toute personne imbue d’amour&nbsp;pour&nbsp;son pays. Paix à son âme. Puisse&nbsp;le Tout Puissant lui accorde miséricorde&nbsp;et l’accueillir dans son éternel&nbsp;paradis.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur. &nbsp;</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EcY6U7sCBT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/sadok-belaid-tire-sa-reverence-ou-la-fin-des-illusions/">Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/sadok-belaid-tire-sa-reverence-ou-la-fin-des-illusions/embed/#?secret=EvmzpwOaVj#?secret=EcY6U7sCBT" data-secret="EcY6U7sCBT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/02/in-memoriam-sadok-belaid-tel-que-je-lai-connu/">In Memoriam | Sadok Belaid tel que je l’ai connu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : pour un candidat unique de l’opposition aux prochaines présidentielles</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/tunisie-pour-un-candidat-unique-de-lopposition-aux-prochaines-presidentielles/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 07:56:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amine Mahfoudh]]></category>
		<category><![CDATA[collectif Soumoud]]></category>
		<category><![CDATA[Houcine Dimassi]]></category>
		<category><![CDATA[Houssem Hammi]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le collectif Soumoud cherche à éviter l’éparpillement de l'opposition lors des prochaines présidentielles en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/tunisie-pour-un-candidat-unique-de-lopposition-aux-prochaines-presidentielles/">Tunisie : pour un candidat unique de l’opposition aux prochaines présidentielles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Le collectif Soumoud tente de recoller les morceaux et de constituer un bloc politique de centre-gauche capable de présenter un candidat unique aux prochaines présidentielles.</strong></em></p>



<span id="more-8462744"></span>



<p>Le collectif civique Soumoud présentera dans les semaines à venir une initiative visant à permettre aux forces démocratiques et civiles de présenter un candidat unique aux prochaines élections présidentielles, a indiqué Houssem Hammi, coordinateur du collectif.</p>



<p>L’objectif de cette initiative est de fédérer les candidats de la famille démocrate autour d’un projet commun afin d’éviter d’emblée la fragmentation des votes enregistrée lors de l’élection présidentielle de 2019, a-t-il déclaré aux journalistes en marge de la conférence organisée par Soumoud, mardi 20 juin 2023 à Tunis sur le thème <em>«Quand auront lieu les prochaines élections présidentielles»</em>.</p>



<p>Dans ce contexte, Houssem Hammi a annoncé que des débats avaient commencé avec des personnalités nationales, des partis politiques et des organisations, dont Sadok Belaid, Amine Mahfoudh et autres Houcine Dimassi.</p>



<p>Cette initiative sera annoncée avant le début de la saison politique à l’automne 2023, a-t-il ajouté.</p>



<p>Selon une déclaration antérieure de Houssem Hammi, le collectif Soumoud a commencé à préparer une initiative nationale, différente de celle présentée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui vise à changer le système politique actuel par des mécanismes légaux et démocratiques.</p>



<p>Face à l’éparpillement qui caractérise les forces de l’opposition en Tunisie, qui ouvre un boulevard devant le président de la république Kaïs Saïed et lui permet de dominer la scène politique et d’imposer un régime hyper-présidentialiste sinon franchement autoritaire, le collectif Soumoud tente de recoller les morceaux et de constituer un bloc politique de centre-gauche capable de présenter un candidat unique aux prochaines présidentielles, si présidentielles il y aura, sachant que le président Saïed maintient le mystère à ce sujet.</p>



<p>Le collectif Soumoud cherche à éviter l’éparpillement des voix des électeurs entre une multitude de candidats appartenant à la même famille politique qui a marqué les résultats des présidentielles de 2019 ayant permis l’accès au second tour de deux candidats populistes et sans autre programme politique que leur ambition personnelle : Kaïs Saïed et Nabil Karoui.       </p>



<p>C’est dans ce cadre que l’idée d’une plateforme politique rassemblant les forces démocratiques, libérales et de gauche, est en train de faire son chemin. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/21/tunisie-pour-un-candidat-unique-de-lopposition-aux-prochaines-presidentielles/">Tunisie : pour un candidat unique de l’opposition aux prochaines présidentielles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie a besoin d’un nouveau cap, plus économique et social</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/24/la-tunisie-a-besoin-dun-nouveau-cap-plus-economique-et-social/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Dec 2022 09:59:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La débâcle électorale en Tunisie doit être interprété comme un besoin de rupture en vue d’un nouveau cap, plus économique et social. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/24/la-tunisie-a-besoin-dun-nouveau-cap-plus-economique-et-social/">La Tunisie a besoin d’un nouveau cap, plus économique et social</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le record mondial d’abstention enregistré lors du scrutin législatif du 17 décembre 2022 en Tunisie, qui a atteint 90% du corps électoral, est un événement politique majeur, qui doit être interprété comme un besoin de rupture en vue d’un nouveau cap, plus économique et social, sinon la colère qui gronde parmi la population finira par emporter le pouvoir comme un fétu de paille.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty </strong>*</p>



<span id="more-5807518"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Cette débâcle électorale démontre clairement que les Tunisiens rejettent catégoriquement la classe politique qui a occupé la scène depuis la révolution du 14 janvier 2011, tout comme celle qui est au pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, pour leurs bilans  catastrophiques sur tous les plans. </p>



<p>Ce rejet prouve l’aspiration des Tunisiens à la stabilité politique et socio-économique, donc à la démocratie et au développement dans le cadre d’un Etat respectueux des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il traduit surtout une grande soif de changement après l’échec d’une transition qui dure depuis la<em> «Révolution du Jasmin»</em> désormais qualifiée de <em>«décennie noire»</em>.</p>



<p>Le peuple a désavoué de manière claire et franche toute la classe politique, pouvoir comme opposition toutes tendances confondues, et renvoyé dos-à-dos le parti islamiste Ennahdha et ses alliés, d’un côté, le président de la république Kaïs Saïed et ses partisans, de l’autre, considérés comme les deux faces d’une même pièce.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mettre fin à leur fuite en avant dans le déni</h2>



<p>Le scrutin signe la fin d’une étape politique instable, dominée par les islamistes et leurs alliés qui ont installé le pays dans l’anarchie politique, économique et sociale et, leurs corollaires, la pauvreté endémique, le sous-développement et la décadence morale, portant durablement atteinte à l’image du pays sur le plan international.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1rasosnrMO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/23/tunisie-vers-un-remake-du-dialogue-national-de-2014/">Tunisie : vers un remake du dialogue national de 2014 ?  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : vers un remake du dialogue national de 2014 ?   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/23/tunisie-vers-un-remake-du-dialogue-national-de-2014/embed/#?secret=DPrZRmvlDS#?secret=1rasosnrMO" data-secret="1rasosnrMO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce rejet concerne également le président Saïed, qui accapare tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021 mais sans résultats probants, sinon la poursuite de la descente en enfer.</p>



<p>C’est aux premiers et au second de mettre fin à leur fuite en avant dans le déni et de reconnaître publiquement leurs responsabilités dans cette situation désastreuse.</p>



<p>Le scrutin du 17 décembre montre que la Tunisie a besoin d’un leadership plus éclairé, plus pragmatisme et plus courageux, qui rompe avec la mauvaise gouvernance, l’amateurisme, l’incompétence, le cynisme, la corruption, l&rsquo;anarchie et la déliquescence  de l’autorité.</p>



<p>Ce scrutin prouve également que le pays a d’abord besoin de restaurer l’autorité de l’Etat, l’ordre, la discipline, le mérite et la valeur de l’effort, et d’entamer immédiatement la mise en œuvre des réformes envisagées, mais empêchées ou retardées par les surenchères de toutes sortes : idéologiques, politiques, claniques et corporatistes.</p>



<p>Il s&rsquo;agit de répondre aux attentes des citoyens et d’instaurer un environnement propice au travail dans le cadre d’un Etat démocratique, efficace, au service de toutes les catégories de la société, et non de tel ou tel groupe d’intérêt, et qui, surtout, retrouve sa place sur l’échiquier régional et international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un changement de cap courageux et salutaire</h2>



<p>Le président de la république doit comprendre que de larges franges de Tunisiens se sont prononcés clairement contre ses idées utopistes, son projet personnel, sa constitution, sa loi électorale, sa façon hautaine de diriger le pays, ses déclarations à l’emporte-pièce et ses promesses sans lendemain.</p>



<p>L’opposition, et notamment le parti islamiste et ses alliés, doivent, eux aussi, comprendre que ce désaveu populaire s’adresse à eux, rejette leurs idées et sanctionne la manière avec laquelle ils ont géré le pays quand ils étaient au pouvoir, ce dont témoigne sa situation catastrophique actuelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DYlMKx8xKt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/21/tunisie-une-mascarade-electorale-et-apres/">Tunisie : une mascarade électorale et après ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : une mascarade électorale et après ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/21/tunisie-une-mascarade-electorale-et-apres/embed/#?secret=wcd3rrAaEx#?secret=DYlMKx8xKt" data-secret="DYlMKx8xKt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le président et l’opposition doivent aussi comprendre que le peuple a ras-le-bol de leurs palabres et attend des réalisations notamment dans les domaines économiques et sociaux. Ce qui lui importe, c’est son pouvoir d’achat, son niveau de vie, sa santé, l’éducation de ses enfants, l’état des transports publics, etc.</p>



<p>Le président de la république a aujourd&rsquo;hui une grande chance, celle d’être au pouvoir et de disposer des moyens légaux pour imprimer les changements attendus avant qu&rsquo;il ne soit trop tard.</p>



<p>Pour se mettre dans de meilleures dispositions pour agir, il doit s’adresser au peuple pour annoncer l’annulation du dernier scrutin et l’organisation d’élections présidentielles et législatives dans les meilleurs délais, nommer une Commission de sages pour réformer la Constitution dans l’esprit du projet proposé par Sadok Belaid et Amin Mahfoudh, ainsi que le code électoral dont on a vu les carences à l’occasion du dernier scrutin, désigner un gouvernement de salut national dirigé par une personnalité non politique, qui ait un background économique, une expérience de la gestion des affaires publiques et qui, surtout, bénéficie d’un appui national et international, afin de diriger le pays durant l&rsquo;étape transitoire et le remettre sur les rails de la relance, en coordination avec les centrales patronale et syndicale.</p>



<p>Sans ce changement de cap courageux et salutaire, la Tunisie continuera de s’enfoncer dans la crise, et la colère qui gronde parmi la population finira par emporter le pouvoir comme un fétu de paille.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/24/la-tunisie-a-besoin-dun-nouveau-cap-plus-economique-et-social/">La Tunisie a besoin d’un nouveau cap, plus économique et social</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : Abir Moussi tente l’impossible, rassembler une opposition éclatée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/31/tunisie-abir-moussi-tente-limpossible-rassembler-une-opposition-eclatee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Jul 2022 12:32:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
		<category><![CDATA[Amine Mahfoudh]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les querelles de leadership au sein de l'opposition tunisienne continuent d’empêcher toute action fédératrice. Et ce, au grand bonheur de M. Saïed et de ses partisans, qui n’ont pas besoin de créer une formation politique ni de proposer un programme pour continuer à dominer outrageusement la scène politique.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/31/tunisie-abir-moussi-tente-limpossible-rassembler-une-opposition-eclatee/">Tunisie : Abir Moussi tente l’impossible, rassembler une opposition éclatée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Abir Moussi tend la main aux dirigeants des autres partis de l’opposition, à l’exception du mouvement islamiste Ennahdha et de ses satellites, et les appelle à former un front commun, démocratique et progressiste, face au président Kaïs Saïed, mais son initiative ne semble pas rencontrer des échos auprès des concernés.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri  </strong></p>



<span id="more-2655132"></span>



<p>Abir Moussi vient de lancer un appel à toutes les forces démocratiques et progressistes &nbsp;pour <em>«s’engager ensemble au rétablissement de la voie démocratique en Tunisie et à signer tous une charte démocratique citoyenne fixant les principes de base de l’action politique»</em>.</p>



<p><em>«Toutes les parties invitées devront s’engager dans cette action sans prétention ni rivalité, en en préservant le caractère collectif</em>», a insisté la présidente du Parti destourien libre (PDL), qui parlait lors d’une conférence de presse, le 28 juillet 2022, en rassurant ses interlocuteurs sur le fait que le PDL ne cherche aucunement, à travers cette initiative présentée sous le slogan <em>«Tashih al-massar»</em>&nbsp;(ou rectification du parcours), une quelconque position de leadership.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un bon diagnostic et une juste solution&#8230;</h2>



<p>Si un accord est trouvé, le travail sera mené conjointement, les élections législatives préparées de façon collective, et la première décision du prochain parlement sera d’annuler la constitution de Kaïs Saïed et de la remplacer par le projet de constitution préparé par Sadok Belaid et Amine Mahfoudh, à la demande du président de la république, qui l’a abandonné par la suite, a souligné Mme Moussi, tout en réitérant l’attachement  de son parti à une <em>«république civile, sociale et souveraine dans laquelle il n’y a pas de place pour l’islam politique, et un système démocratique pluraliste basé sur la séparation et l’équilibre entre les pouvoirs et un engagement à garantir les libertés publiques individuelles et les droits de l’homme dans leur conception universelle et leur interdépendance, et à réaliser la sécurité nationale globale»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Vnuumd9Jnh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/28/tunisie-politique-abir-moussi-appelle-kais-saied-a-la-demission/">Tunisie &#8211; politique : Abir Moussi appelle Kaïs Saïed à la démission</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; politique : Abir Moussi appelle Kaïs Saïed à la démission » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/28/tunisie-politique-abir-moussi-appelle-kais-saied-a-la-demission/embed/#?secret=NenD0HVZCE#?secret=Vnuumd9Jnh" data-secret="Vnuumd9Jnh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’intérêt de cette initiative c’est qu’elle part d’un bon diagnostic de la situation politique dans le pays qui se caractérise par une opposition si éclatée et si divisée qu’elle ouvre un boulevard devant un président populiste, sans parti politique ni programme, mais qui parvient à brasser large et à vider les partis constitués de leurs militants pour former une force de frappe électorale lui permettant de régner sans partage, après avoir accaparé tous le pouvoirs et mis en place un système politique présidentialiste voire autoritaire et liberticide.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/07/Charte-PDL.jpg" alt="" class="wp-image-2655705" width="500" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/07/Charte-PDL.jpg 514w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/07/Charte-PDL-214x300.jpg 214w" sizes="(max-width: 514px) 100vw, 514px" /><figcaption><em>Charte du PDL.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Mais une incapacité maladive à se rassembler</h2>



<p>La solution proposée par Mme Moussi pour sortir de cette impasse est également intéressante, du moins sur le papier, en ce qu’elle permettra d’aplanir les divergences idéologiques entre les partis et les querelles de leadership entre leurs chefs, recoller les morceaux éclatés et former (par le dialogue et la concertation) une force politique de centre droit sur la base d’un programme basé sur les plus importants dénominateurs communs. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cj2NaIZvnR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/29/tunisie-abir-moussi-denonce-les-infractions-majeures-du-president-kais-saied/">Tunisie : Abir Moussi dénonce les «infractions majeures» du président Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Abir Moussi dénonce les «infractions majeures» du président Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/29/tunisie-abir-moussi-denonce-les-infractions-majeures-du-president-kais-saied/embed/#?secret=Th4Jcjyyna#?secret=cj2NaIZvnR" data-secret="cj2NaIZvnR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cependant, cette initiative, pour logique et séduisante qu&rsquo;elle puisse paraître, semble poser problème, puisque trois jours après sa présentation par Mme Moussi, elle ne semble pas susciter des réactions positives de la part des dirigeants des autres partis,  ni des rencontre de concertation entre eux, comme si la personnalité de son initiatrice continue de poser problème ou que les querelles de leadership continuent d’empêcher toute action fédératrice. Et ce, au grand bonheur de M. Saïed et de ses partisans, qui n’ont pas besoin de créer une formation politique ni de proposer un programme pour continuer à dominer outrageusement la scène politique.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/31/tunisie-abir-moussi-tente-limpossible-rassembler-une-opposition-eclatee/">Tunisie : Abir Moussi tente l’impossible, rassembler une opposition éclatée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Politique : non à la constitution identitaire et islamiste de Kaïs Saïed !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Jul 2022 06:39:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amin Mahfoudh]]></category>
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		<category><![CDATA[islamiste]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Sadok Lejri]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
		<category><![CDATA[référendum du 25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sans pour autant verser dans l’islamisme bête et méchant, Kaïs Saïed et les siens ne sont là que pour perpétuer un modèle social archaïque en préconisant des croyances et des valeurs auxquelles bon nombre de Tunisiens restent profondément attachés.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/22/tunisie-politique-non-a-la-constitution-identitaire-et-islamiste-de-kais-saied/">Tunisie &#8211; Politique : non à la constitution identitaire et islamiste de Kaïs Saïed !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les artistes et les intellectuels, si tant est que ça existe dans ce pays, mais aussi les catins de luxe décérébrées et reconverties en actrices et chroniqueuses de télé-poubelle, devraient se lever comme un seul homme (ou comme une seule femme) contre tout projet identitaire et rétrograde, et non se montrer hésitants ou être dans l&rsquo;expectative. Ceux parmi eux qui appellent à voter «oui» au projet de constitution de Saïed gagneraient à ne plus parler d’art et de culture. Leur crédibilité en la matière ne vaut pas plus qu’un gouverneur nommé par Saïed sur la base non pas de sa compétence mais de son allégeance à la personne du raïs.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mohamed Sadok Lejri</strong> *</p>



<span id="more-2429928"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure>
</div>


<p>Ce projet de constitution proposé au référendum du 25 juillet courant, très imprégné d’identité et de religion, est une aubaine inespérée pour les identitaires arabistes et bornés, mais aussi, et contrairement à ce que l’on peut croire, pour les islamistes.</p>



<p>Si nos artistes et intellectuels étaient vraiment dignes de ce nom, ils auraient soutenu le projet de Sadok Belaïd et Amin Mahfoudh, lequel projet repose sur des valeurs universelles et brise les murs de la prison identitaire dans laquelle nous sommes enfermés depuis des siècles.</p>



<p>Ce projet est indigne d’un pays qui a misé sur l’instruction à l’aube de l’indépendance. Avec ses articles 5 et 6, avec les notions d’un autre âge qu’il met en honneur, telles que les <em>«maqaçid al-islam»</em> ou finalités de l’islam, avec les articles qui stipulent, encore et toujours, l’enracinement de la culture et des valeurs arabo-musulmanes dans la société tunisienne – comme si ce pays n&rsquo;était pas assez bédouinisé comme ça –, avec ses comités populaires et son découpage géographique en régions et secteurs qui, connaissant le niveau du Tunisien moyen, annoncent une catastrophe, sans oublier les lubies messianiques et israélophobes contenues dans le préambule de la constitution…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Triomphe annoncé du conservatisme culturel et social</h2>



<p>On comprend que ce n’est avec ce torchon torché par l’illuminé psychorigide de Carthage que la Tunisie sera pourvoyeuse de citoyens éclairés, laïques et sains d’esprit ou qu’elle pourra produire des citoyens civilisés, ouverts d’esprit, ouverts sur le monde et portés à la réflexion.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eHl6hTksqv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/21/tunisie-la-constitution-de-kais-saied-ou-la-descente-dans-lenfer-du-dogmatisme/">Tunisie : la constitution de Kaïs Saïed ou la descente dans l’enfer du dogmatisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la constitution de Kaïs Saïed ou la descente dans l’enfer du dogmatisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/21/tunisie-la-constitution-de-kais-saied-ou-la-descente-dans-lenfer-du-dogmatisme/embed/#?secret=8AGOTaLWll#?secret=eHl6hTksqv" data-secret="eHl6hTksqv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On sait très bien que le sens profond qui se cache dans les articles qui parlent de <em>«maqaçid&nbsp;al-islam»</em>, d&rsquo;identité arabo-musulmane, d&rsquo;aire civilisationnelle arabo-musulmane, de <em>«takriss al houwiya»</em> (consolidation de l’identité), etc., c&rsquo;est d&#8217;empêcher l&rsquo;évolution des mœurs et de faire en sorte que la démocratie n’aille pas loin dans le sens des libertés individuelles.</p>



<p>Ce projet de constitution est avant toutes choses un garde-fou d&rsquo;un certain conservatisme culturel et social de la société tunisienne. Si la société se met à vouloir changer, à aller vers une nouvelle rupture des liens familiaux ou une sexualité plus ouverte, là, les conservateurs interviendront à coup sûr en invoquant la constitution du 25 juillet et seront un frein à toute évolution de ce genre. Car ce torchon a pour objet essentiel de juguler toute vague émancipatrice et de faire obstacle aux lois favorisant l’expansion de la liberté et ce, au nom de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie. La fameuse injonction <em>«mouch mte3na»</em> (ça n’est pas pour nous) sera érigée en dogme.</p>



<p>Cette constitution a été torchée dans une perspective idéologique et identitaire qui aspire à pérenniser et à renforcer le modèle social traditionnel pour que la Tunisie demeure un pays familialiste, conservateur, ayant les yeux rivés sur un Orient moyenâgeux et viscéralement hostile au mode de vie occidental. C&rsquo;est une constitution laïcophobe et ouvertement hostile aux Tunisiens francophones.</p>



<p>Ce texte est hautement ethnocentré, raciste avec les binationaux et vise à étendre l’hégémonie de l&rsquo;islam et de la morale qui en découle sous prétexte de défendre cette religion conquérante et toujours inconciliable avec la modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un agenda type charia et État islamique</h2>



<p>Kaïs Saïed et les aigris qui le soutiennent s&rsquo;opposeront toujours à l&rsquo;égalité homme-femme dans l&rsquo;héritage, à l’évolution des mœurs, etc., et ce, sans avoir d&rsquo;agenda type charia et État islamique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7hqSCOiCde"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/20/tunisie-rached-ghannouchi-kais-saied-meme-combat-darriere-garde/">Tunisie : Rached Ghannouchi-Kaïs Saïed, même combat d’arrière-garde</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Rached Ghannouchi-Kaïs Saïed, même combat d’arrière-garde » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/20/tunisie-rached-ghannouchi-kais-saied-meme-combat-darriere-garde/embed/#?secret=vA5yPi1fyR#?secret=7hqSCOiCde" data-secret="7hqSCOiCde" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Sans pour autant verser dans l’islamisme bête et méchant, Kaïs Saïed et les siens ne sont là que pour perpétuer un modèle social archaïque en préconisant des croyances et des valeurs auxquelles bon nombre de Tunisiens restent profondément attachés. Mais, qu’on le veuille ou non, ces Tunisiens ne représentent qu&rsquo;une des facettes de la personnalité tunisienne et qu’une partie de la population, aussi importante soit-elle. Or le texte qui sera proposé au référendum lundi prochain a été taillé sur mesure pour cette catégorie de Tunisiens, en l’occurrence la moins reluisante, et c&rsquo;est tout le malheur de ce référendum !</p>



<p>Tant que les Tunisiens musulmans évolueront dans un champ intellectuel d’inspiration totalitaire et tant que ces dogmes liberticides tiendront dans leur cœur la place qu&rsquo;ils y tiennent, il sera difficile pour eux de cohabiter avec les Tunisiens qui sont différents d’eux, voire avec le reste du monde; il sera difficile pour eux de s’assimiler sans heurt aux sociétés occidentales dans lesquelles ils veulent à tout prix s’installer – les jeunes et moins jeunes continuent à y tenter leur chance au prix de leur vie –, lesquelles sociétés occidentales sont totalement sécularisées et où les libertés individuelles ne sont pas de vaines paroles.</p>



<p>Si nos <em>«intellectuels»</em> et <em>«artistes»</em> adhèrent à ce projet identitaire et rétrograde, s’ils se retrouvent dans ce texte qui exclut de facto les Tunisiens qui n’entrent pas dans le moule intellectuel et culturel voulu par Kaïs Saïed et les gueux qui le soutiennent, s’ils adhèrent au racisme et aux distinctions fondées sur des bases ethniques, culturelles et linguistiques, s’ils adhèrent à un projet qui relègue les Tunisiens détenteurs d’une double nationalité au rang de citoyens de seconde zone&#8230; <em>«hanian lahom»</em> ! (qu’ils en soient félicités&nbsp;!)</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/22/tunisie-politique-non-a-la-constitution-identitaire-et-islamiste-de-kais-saied/">Tunisie &#8211; Politique : non à la constitution identitaire et islamiste de Kaïs Saïed !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie et la lubie «arabo-musulmane» de Kaïs Saïed</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/12/la-tunisie-et-la-lubie-arabo-musulmane-de-kais-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2022 06:42:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec la publication du projet de constitution qu’il propose au référendum du 25 juillet 2022, Kaïs Saïed a fait tomber le dernier masque. Il veut nous imposer une constitution rétrograde voire salafiste.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/12/la-tunisie-et-la-lubie-arabo-musulmane-de-kais-saied/">La Tunisie et la lubie «arabo-musulmane» de Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des mois durant, on nous a rebattu les oreilles par la rhétorique d’un président de la république qui mène la lutte contre les islamistes d’Ennahdha. La publication du projet de constitution qu’il propose au référendum du 25 juillet 2022 n’a pas tardé à faire tomber le dernier masque. Kaïs Saïed veut nous imposer une constitution rétrograde voire salafiste.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil</strong> *</p>



<span id="more-2191077"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure>
</div>


<p>Pour faire passer son idéologie douteuse, Kaïs Saïed a commencé par occulter totalement la question de la nation tunisienne. Or, les Tunisiens forment bel et bien une nation qui a sa spécificité historique, culturelle et politique par rapport aux autres nations dites arabes et/ou musulmanes.</p>



<p>La nation suppose, à l’intérieur d’un territoire délimité, l’existence entre les peuples ou les communautés qui la composent d’une histoire commune, d’une communauté d’intérêts et de préoccupations partagées pour construire le présent et préparer l’avenir.&nbsp; La nation est aussi assise sur un passé fait de contingences et de gloires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aux origines de la nation tunisienne</h2>



<p>Dès le 19<sup>e</sup> siècle, Ernest Renan avait défini la nation en ces termes : «<em>Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l&rsquo;avenir un même programme à réaliser… Voilà ce que l&rsquo;on comprend malgré les diversités de race et de langue.»</em> Il ajoute : «<em>Une nation est une âme, un principe spirituel. </em>Elle suppose deux éléments, l’un<em> est la possession en commun d&rsquo;un riche legs de souvenirs; l&rsquo;autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l&rsquo;héritage qu&rsquo;on a reçu indivis.» </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iX923tIPfr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/10/tunisie-politique-kais-saied-courtise-lelectorat-islamiste/">Tunisie &#8211; Politique : Kaïs Saïed courtise l&rsquo;électorat islamiste</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Politique : Kaïs Saïed courtise l&rsquo;électorat islamiste » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/10/tunisie-politique-kais-saied-courtise-lelectorat-islamiste/embed/#?secret=LbPJKapGjY#?secret=iX923tIPfr" data-secret="iX923tIPfr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Cette définition de la nation, jamais remise en question depuis, s’applique à la Tunisie qui a existé depuis des millénaires, sous diverses appellations, à l’intérieur de ses frontières actuelles. On y a découvert (à El-Makta, Redeyef, Gafsa et Sidi Zine près du Kef) des traces de vie humaine datant du paléolithique inférieur (350 000 ans avant J.-C.). Et notre histoire est aussi celle de nos ancêtres berbères, dont l’origine remonte à 25 000 ans avant J.-C., avec les populations dites les Mechta El Aribi arrivées des îles Canaries par le détroit de Gibraltar, ainsi que les Capsiens dont l’histoire remonte à 10 000 ans avant J.-C. Les Arabo-musulmans auxquels ont veut exclusivement et abusivement nous identifier, sont venus d’Arabie il y a seulement 15 siècles. La culture arabo-musulmane est certes une composante de notre identité mais elle ne la résume pas ni ne l’épuise.</p>



<p>Or, comme le fait remarquer Charles-André Julien,&nbsp;il y a bien une civilisation berbère faite d’un <em>«ensemble de traditions et de coutumes, de mœurs et d’institutions qui se retrouvent, pures,&nbsp;ou abâtardies, à toutes les époques de l’histoire et indépendamment des vicissitudes historiques»</em>.</p>



<p>Par ailleurs, si les différentes populations qui se sont établies au Maghreb se sont mélangées aux populations locales, <em>«ils sont venus en trop petit nombre pour modifier les conditions ethniques de l’Afrique du Nord»</em>, a-t-il ajouté, et cela est valable de tous les peuples qui sont venus sur cette terre, en conquérants ou en pilleurs, et ont fini par s’y établir&nbsp;: Phéniciens, Romains, Byzantins, Arabes, Ottomans, Français&#8230;&nbsp;</p>



<p>La fierté, les Tunisiens la tirent de Carthage, d’Hannibal, de Massinissa, de Jugurtha, de la Kahéna, de Tarak Ibn Ziad, du règne des dynasties berbères, Zirides, Hafsides, ainsi que du mouvement réformateur du XIXe siècle, du mouvement national pour l’indépendance, &nbsp;du combat pour le progrès et la modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La notion de nation dans la constitution de 1959</h2>



<p>C’est cette approche de la nation qui a été consacrée par les constituants de 1959. La nation tunisienne est une réalité historique et sociale, mais il faut la consolider pour bâtir un avenir dans le but de «<em>l&rsquo;instauration de l&rsquo;égalité des citoyens en droits et en devoirs, pour la réalisation de la prospérité du pays par le développement économique…» et </em>pour <em>«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basé sur la séparation des pouvoirs</em>», comme proclamé dans le préambule de la constitution de 1959.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="St64kRZrl6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/">Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/embed/#?secret=LIVa4fcpwu#?secret=St64kRZrl6" data-secret="St64kRZrl6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Pour le constituant de 1959 il n’y a aucun doute que le peuple tunisien forme une nation, ayant son territoire, son histoire, son présent et qui construit un avenir commun&nbsp; par l’instauration d’un Etat civil assis sur les valeurs universelles des droits de l’homme et orienté vers le progrès.</p>



<p>La Tunisie est tout juste fidèle aux enseignements de l’islam, religion qu’une majorité de son peuple a adoptée, et à son appartenance à la famille arabe. Cette assertion du préambule de la constitution de 1959 n’a pas la même signification et les mêmes implications que l’appartenance à la nation islamique et à la nation arabe, préconisée par le projet de constitution de Kaïs Saïed, qui suppose l’intégration voire le lien de vassal à suzerain.</p>



<p>La langue arabe est rappelée dans la constitution de 1959 en tant que langue d’Etat et comme un impératif linguistique dans la pure vision jacobine&nbsp;: un seul Etat, une seule langue, une seule religion.</p>



<p>Dans la constitution tunisienne de 1959, la consécration de la langue arabe est plus un artifice répondant à une contrainte administrative qu’à une quelconque réalité politique, celle d’une&nbsp; appartenance à une supposée nation arabe et/ou musulmane, fiction idéologique qui a valu aux Arabes et aux Musulmans toutes les défaites qu’ils ont essuyées au cours des 70 dernières années et, sans doute aussi, leur sous-développement culturel, politique et économique actuel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La lubie arabo-musulmane de Kaïs Saïed</h2>



<p>Tout cela pour dire que l’article cinq de la constitution de Kaïs Saïed, écrite dans des chambres obscures, dans le dos même de ceux qui étaient censés en être les auteurs, c’est-à-dire les professeurs de droit constitutionnel Sadok Belaïd, Mohamed Salah Ben Aïssa et Amin Mahfoudh, qui l’ont d’ailleurs catégoriquement reniée… cet article énonce haut et fort que la Tunisie constitue une partie de la nation musulmane. Or, où a-t-on vu l’existence de cette nation musulmane ? Quelles en  sont les frontières ? Les peuples qui la composent ont-ils une histoire et une destinée commune ? L’Indonésie, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Egypte … quels liens ont-ils qui cimentent leur unité ? Et quels liens avons-nous, nous autres Tunisiens, avec ces Etats et les nations qui les composent ?</p>



<p>On parle d’islam, or la religion et la langue &nbsp;n’ont jamais été les éléments constitutifs d’une nation quelconque. La nation indienne est composée par des dizaines d’ethnies, de religions, de langues. Que dire de la Chine&nbsp;?</p>



<p>Au sens du préambule de la constitution de Kaïs Saïed, les Tunisiens sont arabes et musulmans avant d’être Tunisiens. La Tunisie serait un département à l’intérieur de la grande nation arabo-musulmane, tout au plus bénéficiant d’un statut de vassalité comme ce fut le cas du temps des Omeyyades, des Abbassides, des Fatimides et des Ottomans et des occupants français.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zDWVQ9dwrr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-lautocrate-et-son-dangereux-projet-de-constitution/">Tunisie : l&rsquo;autocrate et son dangereux projet de constitution</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : l&rsquo;autocrate et son dangereux projet de constitution » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-lautocrate-et-son-dangereux-projet-de-constitution/embed/#?secret=P3OkqM9O4K#?secret=zDWVQ9dwrr" data-secret="zDWVQ9dwrr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Rached Ghannouchi a voulu nous rattacher à la Turquie d’Erdogan, Kaïs Saïed veut-il nous rattacher à l’Iran, pays avec lequel il semble vouloir établir des liens particuliers ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art de défoncer des portes ouvertes</h2>



<p>La constitution de Kaïs Saïed a soutenu, qui plus est avec insistance qui frise l’obsession, l’appartenance de la Tunisie aux nations musulmane et arabe. Toutefois, pour le cas des Tunisiens, cela ne sert à rien de défoncer des portes ouvertes, en affirmant que la Tunisie est musulmane. Qui le conteste ? Personne. Sauf que les tenants de l’arabo-islamisme veulent effacer toute référence nationale pour nous rattacher à des sociétés organisées sur une base rétrograde où les préceptes de la charia&nbsp; constituent le substratum fondamental du droit. Voilà le subterfuge, et voilà danger&nbsp;!</p>



<p>Rached Ghannouchi et Kaïs Saïed ont voulu, chacun avec sa méthode et ses lubies, faire table rase de la constitution de 1959,&nbsp;pour endiguer l’aspiration des Tunisiens à l’édification d’un État civil fondé sur les principes universels des droits de l’Homme. Ils&nbsp;ne voulaient pas s’embarrasser d’un référentiel qui aurait mis l’Etat dans le sillage de la modernité occidentale, telle que pensée par les fondateurs de la démocratie libérale et de l’Etat moderne basé sur la citoyenneté et orientée vers le progrès.&nbsp;</p>



<p>* <em>Haut fonctionnaire à la retraite.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/12/la-tunisie-et-la-lubie-arabo-musulmane-de-kais-saied/">La Tunisie et la lubie «arabo-musulmane» de Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Nouvelle Constitution : Sadok Belaid, Kaïs Saïed et la versatilité des Tunisiens!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jul 2022 07:07:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle république]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[référendum du 25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sadok Belaid passera à la postérité comme étant celui qui a voulu sauver les Tunisien(ne)s de leurs démons avec un projet de Constitution, malheureusement avorté par le président Kaïs Saïed et la versatilité des Tunisiens.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/11/nouvelle-constitution-sadok-belaid-kais-saied-et-la-versatilite-des-tunisiens/">Nouvelle Constitution : Sadok Belaid, Kaïs Saïed et la versatilité des Tunisiens!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Sadok Belaid passera à la postérité comme étant celui qui, avec un projet de Constitution avorté, a voulu sauver la Tunisie et les Tunisien(ne)s de leurs démons, malheureusement sans succès, la versatilité légendaire des Tunisiens et le conservatisme têtu du président Kaïs Saïed ayant eu le dernier mot sur lui. Espérons que ce ne serait pas pour longtemps!</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty </strong>*</p>



<span id="more-2157682"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p> Les Tunisien(ne)s sont des gens singuliers et atypiques: ouverts, mouvants, versatiles, joueurs, insaisissables, bref un peuple de mer qu’il faut prendre comme il est&#8230; Il vous cautionne à l&rsquo;instant pour vous dénoncer l&rsquo;instant d&rsquo;après. C&rsquo;est selon ses humeurs et bien sûr ses intérêts du moment.</p>



<p>Peut-être les Tunisien(ne)s tiennent- ils (elles) ces traits de caractère de leur long héritage historique qui a vu se succéder sur leur sol, incrusté au cœur de la Méditerranée, des civilisations et des peuples divers auxquels ils (elles) ont dû s’adapter&nbsp;: Phéniciens, Romains, Byzantins, Normands, Vandales, Arabes, Espagnols, Turcs Ottomans, Français, Italiens&#8230;</p>



<p>Les débats agités en ce moment sur le projet de Constitution soumis par le Président de la République au référendum fixé pour le 25 juillet 2022 cadrent parfaitement avec ce diagnostic. On n&rsquo;en finit pas des hauts et des bas, des  soutiens francs et des volte-face. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les certitudes de Sadok Belaid</h2>



<p>Quelques jours avant  la publication officielle de ce projet, tout le monde avait les yeux rivés sur le doyen Sadok Belaid, président du Comité consultatif chargé par le Président de la République  de rédiger le projet de Constitution pour la <em>«nouvelle République»</em>. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XqBiVawYfV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/10/tunisie-politique-kais-saied-courtise-lelectorat-islamiste/">Tunisie &#8211; Politique : Kaïs Saïed courtise l&rsquo;électorat islamiste</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Politique : Kaïs Saïed courtise l&rsquo;électorat islamiste » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/10/tunisie-politique-kais-saied-courtise-lelectorat-islamiste/embed/#?secret=QYVBeOIqoi#?secret=XqBiVawYfV" data-secret="XqBiVawYfV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Crédible, sûr de ses moyens, droit dans ses bottes, le doyen, en dépit  des hostilités manifestées par de nombreuses parties à la démarche du Président, usait de sa force intellectuelle de jurisconsulte reconnu, de sa grande culture juridique, de son aura, de ses répliques parfois cassantes et de son ascendant  intellectuel  pour défendre  dans  les médias  le projet  de Constitution qu&rsquo;il rédigeait.</p>



<p>Maître des plateaux télé où il orientait les débats, il a prôné une vision très originale affirmant que le projet de Constitution sera moderne, progressiste, avec un État civil, voire séculaire, où l’islam sera présent mais entrera en ligne de compte beaucoup plus comme un legs historique et culturel, que comme religion d’Etat.</p>



<p>L’Etat, a-t-il affirmé, sera un foncièrement démocratique, fondé sur la suprématie  du droit, la promotion et la défense des droits de l&rsquo;homme et des libertés individuelles universellement reconnus, mais qui reprendra ses droits avec la main haute sur toutes les institutions  et où toutes les autorités publiques  travaillent  en harmonie  et en coordination sans  que l&rsquo;une puisse prendre en otage l&rsquo;autre&#8230;</p>



<p>Le doyen essuyait d&rsquo;un revers de main, parfois avec  énervement, les questions des médias sur les idées <em>«révolutionnaires»</em> prêtées au Président de la République, comme celles relatives à la démocratie directe, au gouvernement du peuple, aux communautés populaires de base&#8230;. Il affirmait  que le Président de la République  avec qui il avait eu en tête-à-tête de longues séances de discussion n&rsquo;avait jamais soulevé  de tels aspects avec lui&#8230;, laissant  croire que ces idées sont fantaisistes et n&rsquo;auront pas  de place dans la prochaine Constitution. Il affirmait néanmoins que son projet de Constitution sera strictement consultatif. Il proposera et c’est le président de la République, qui, au final, disposera&#8230;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ckHp8lRL34"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/08/tunisie-une-nouvelle-constitution-et-apres/">Tunisie : Une nouvelle constitution, et après ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Une nouvelle constitution, et après ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/08/tunisie-une-nouvelle-constitution-et-apres/embed/#?secret=OTXG3HFreF#?secret=ckHp8lRL34" data-secret="ckHp8lRL34" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Les dérobades de Kaïs Saïed &nbsp;</h2>



<p>Et le coup de théâtre n’a pas tardé&nbsp;: la classe politique, qui connaît parfaitement les idées nationalistes, libérales&nbsp; et progressistes du Doyen Belaid, n’a pas été peu choquée lorsque le Président de la République publia, le 30 juin dernier, conformément à son agenda, le projet de Constitution devant être soumis au référendum.</p>



<p>Belaid lui même, hospitalisé&nbsp; avant la publication du texte, est très vite, et en pleine convalescence, monté au créneau&nbsp; pour dénoncer vigoureusement le texte publié dans le Journal officiel de la République Tunisienne (Jort) &nbsp;et pour s&rsquo;inscrire en faux contre son contenu, sentant&nbsp; sa réputation bafouée et son intelligence insultée, prenant à témoin les Tunisiens contre ce projet… en publiant le sien.</p>



<p>Le quotidien <em>‘‘Le Monde’’ </em>s&rsquo;est empressé de recueillir les flèches du doyen Belaid sur le projet de &nbsp;nouvelle Constitution dans un entretien qui fit le tour des chancelleries étrangères et des autorités politiques des grandes&nbsp; capitales.</p>



<p>Prêchant par trop de confiance, le doyen Belaid, qui avait remis le 20 juin dernier au Président de la République, dans les délais impartis, son projet de Constitution, après trois semaines de travail avec son comité, s&rsquo;attendait, a-t-il expliqué, à ce que le Président <em>«allait&nbsp; naturellement le consulter sur les modifications qu&rsquo;il allait apporter. Mais cela n&rsquo;a pas eu lieu.»</em></p>



<p>Répondant indirectement aux préoccupations du Doyen Belaid  qui a vilipendé le projet du Président, lequel selon lui allait aboutir à un régime présidentialiste autoritaire, où le Président concentrera entre ses mains tous les pouvoirs au sein de l&rsquo;Etat, le président Saïed a cru devoir monter au créneau pour s’inscrire en faux contre cette thèse, affirmant qu&rsquo;il est loin de ses intentions de s&rsquo;ériger en dictateur de quelque nature que ce soit, s’attendant sans doute à ce qu’on le croie sur parole !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="r0rvVmjjcB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/">Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/embed/#?secret=FLzUVQc2Dz#?secret=r0rvVmjjcB" data-secret="r0rvVmjjcB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une mission historique avortée</h2>



<p>La déception du doyen Belaid&nbsp; était d&rsquo;autant plus durement ressentie qu&rsquo;il&nbsp; percevait son travail comme une mission historique pour la Tunisie&nbsp; et un grand service rendu au Président de la République, lui rendant hommage d&rsquo;avoir réussi à débarrasser la Tunisie&nbsp; d&rsquo;une classe politique qu’il affublait&nbsp; de piètres qualificatifs, notamment des islamistes.</p>



<p>Le projet de Constitution Belaid, foncièrement démocratique, équilibré, réaliste et tourné vers l’avenir, était conçu de telle manière à tenir compte des préoccupations majeures des Tunisien(ne)s , et notamment&nbsp; des questions des droits de l&rsquo;homme et des libertés , économiques, sociales et environnementales, comme du souci du Président&nbsp; de voir se restaurer dans&nbsp; le pays un Etat fort démocratique, respecté , où toutes les institutions travaillent harmonieusement au service du peuple et où le Président gouverne le pays d’une main ferme.</p>



<p>Si personne ne met en doute l&rsquo;honnêteté et l&rsquo;intégrité morale du Président de la République et sa volonté d&rsquo;user du pouvoir qui lui est délégué par le peuple pour le bien de tous, la question se pose légitimement&nbsp; de savoir comment&nbsp; celui qui disposera dans la nouvelle Constitution de vastes pouvoirs&nbsp; va-t-il user raisonnablement&nbsp; de ces pouvoirs quand il sait parfaitement, comme le dit Montesquieu, que <em>«tout homme qui détient le pouvoir est porté à en abuser»</em>, et&nbsp; que <em>«par la disposition des choses, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir»</em>?</p>



<p>La question se pose également de savoir comment&nbsp; le Président pourra-t il réaliser ses objectifs dans un environnement politique, économique&nbsp; et&nbsp; social interne extrêmement difficile et tendu, avec un peuple&nbsp; fatigué des promesses, malmené dans son quotidien,&nbsp; et une classe politique lamentable, divisée, querelleuse à souhait et très remontée contre le Président et sa nouvelle Constitution&#8230; sans oublier&nbsp; les pressions internationales de plus en plus perceptibles.</p>



<p>Ces questions ajoutent à l&rsquo;inquiétude et au désarroi&#8230; Entre-temps, le Comité passera à la postérité comme étant celui qui, avec un projet de Constitution avorté, a voulu sauver la Tunisie et les Tunisien(ne)s de leurs démons, malheureusement sans succès, la versatilité légendaire des Tunisiens et le conservatisme têtu du président Kaïs Saïed ayant eu le dernier mot sur lui. Espérons que ce ne serait pas pour longtemps! </p>



<p><em>Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/11/nouvelle-constitution-sadok-belaid-kais-saied-et-la-versatilite-des-tunisiens/">Nouvelle Constitution : Sadok Belaid, Kaïs Saïed et la versatilité des Tunisiens!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : Une nouvelle constitution, et après ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jul 2022 07:39:52 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[référendum du 25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Belaid]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhair Maghzaoui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des jours extrêmement durs attendent la Tunisie durant les mois prochains et l'imprévisible sera toujours maître des lieux, à moins que les Tunisiens comprennent réellement les enjeux auxquels fait face leur pays et se décident à prendre leur sort en main et à en finir avec les années de braise.</p>
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<p><strong><em>Des jours extrêmement durs attendent la Tunisie durant les prochains <strong><em>mois</em></strong></em></strong> <strong><em>et l&rsquo;imprévisible sera toujours maître du jeu, à moins que les Tunisiens comprennent réellement les enjeux auxquels fait face leur pays et se décident enfin à prendre leur sort en main pour en finir avec les années de braise. Encore faut-il qu’ils sachent en finir d’abord avec la classe politique actuelle, toutes tendances confondues, qui a fait trop de mal au pays.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-2070409"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>L&rsquo;article 139 du projet de Constitution pour la <em>«nouvelle République»</em> qu&rsquo;appelle de ses vœux le Président de la République Kaïs Saïed a été rédigé de telle manière que même si le nombre de voix non exprimées lors du référendum du 25 juillet prochain l&#8217;emporte sur le nombre de oui, le projet sera adopté et publié illico presto dans le Journal officiel dès l’annonce du résultat, donnant ainsi naissance à la nouvelle constitution. Celle-ci entrera ainsi en vigueur automatiquement. Il n&rsquo;y a été nullement inscrit que le projet doive recueillir la majorité des suffrages ni même qu&rsquo;un niveau minimal de participation soit impératif. Cela nuit énormément à la crédibilité et à la légitimité de toute l’opération qui risque de passer aux yeux de l’opinion nationale et internationale comme un passage en force, et le mot a déjà été employé, et pas seulement par les opposants à M. Saïed.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle configuration de la scène politique</h2>



<p>En choisissant d&rsquo;agir ainsi, le Président de la République a voulu démontrer sa volonté claire de se mettre au-dessus des enchères et surenchères d&rsquo;où qu&rsquo;elles émanent prouvant qu’il était sûr que celles-ci allaient accompagner le référendum depuis son lancement en passant par sa préparation, sa mise en œuvre, et sa conséquence attendue&nbsp;: une nouvelle configuration de la scène politique.</p>



<p>Le Président ne cesse ainsi d&rsquo;étonner ses détracteurs et de les semer car ils persistent à user de leur ancien logiciel pour le comprendre et analyser ses actes, alors qu’il persiste à ignorer superbement leurs logiques et à rester fidèle à la sienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I2DRQPQrVi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/07/entre-une-resistance-qui-se-perd-et-une-soumission-qui-se-deshonore-preserver-la-tunisie/">Entre une résistance qui se perd et une soumission qui se déshonore, préserver la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Entre une résistance qui se perd et une soumission qui se déshonore, préserver la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/07/entre-une-resistance-qui-se-perd-et-une-soumission-qui-se-deshonore-preserver-la-tunisie/embed/#?secret=7mzyI3BeSI#?secret=I2DRQPQrVi" data-secret="I2DRQPQrVi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans sa logique épousée notamment depuis le 25 juillet 2021, il se considère comme le <em>«sauveur de la Tunisie»</em> des menaces imminentes auxquelles elle fait face.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, il poursuit son action dans le cadre de cette même logique de façon déterminée faisant fi de tous commentaires et critiques, intérieurs et extérieurs.</p>



<p>Pour ce faire, la prochaine Constitution rassemblera l&rsquo;essentiel des pouvoirs voire davantage entre ses mains en tant que chef de l’Etat. Pour lui c&rsquo;est une revanche prise sur ses détracteurs politiques de tous les bords et une belle occasion pour mettre en application ses idées politiques annoncées lors de la campagne présidentielle et après son accession à la présidence.   </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les opposants victimes de leurs propres errements </h2>



<p>Ses détracteurs, le parti islamiste Ennahdha en tête, doivent aujourd&rsquo;hui s&rsquo;en prendre en premier lieu à eux-mêmes. Ce sont eux qui l&rsquo;ont naïvement aidé à les battre en lui déblayant le terrain par leurs bilans nuls dans tous les domaines tout au long de la décennie 2011/2021, agissements grossiers, maladroits et arrogants, lui donnant ainsi l&rsquo;occasion de renverser à son profit une situation qui ne pouvait plus durer, et de s&rsquo;ériger en sauveur de la patrie !</p>



<p>La façon calamiteuse avec laquelle ils ont géré le pays, leur bilan catastrophique dans tous les domaines et la colère populaire qu’ils ont suscitée à travers tout le pays ont conduit au soulèvement populaire historique du 25 juillet 2021. La voie était devenue ainsi largement ouverte devant le Président pour accaparer tous les pouvoirs, fort également de son score de plus de 2.500.000 voix obtenues au scrutin présidentiel, dont ceux des partisans d’Ennahdha, qui étaient nombreux à le soutenir lors de la présidentielle et qui sont aujourd’hui encore nombreux à le soutenir&#8230; contre Ennahdha.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xSMp5E544f"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/">Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/embed/#?secret=CWwI85N1a1#?secret=xSMp5E544f" data-secret="xSMp5E544f" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>C’est ainsi que Kaïs Saïed a pu asséner le coup de grâce au parti islamiste tunisien, devenu l&rsquo;ombre de lui-même, signant au final sa mise à nu, son effondrement et le déclin définitif de l&rsquo;islam politique en Tunisie et peut-être aussi dans toute la région.</p>



<p>Le parti islamiste et ses alliés doivent aujourd&rsquo;hui reconnaître leurs responsabilités dans l&rsquo;ascension de Kaïs Saïed. Ils doivent surtout cesser leur hypocrisie et reconnaître leurs erreurs monumentales dans la gestion des affaires de l&rsquo;Etat, un Etat qu&rsquo;ils ont pris en otage, notamment depuis les dernières élections présidentielle et législative. Ils doivent avoir le courage d&rsquo;assumer publiquement leur responsabilité majeure dans la décadence sans précédent de la Tunisie post-2011&#8230;</p>



<p>Qu&rsquo;on se rappelle bien que dans <em>«sa sagesse ultime»</em>, le président du parti islamiste Ennahdha lui-même avait donné consigne aux siens de voter pour le candidat Saïed lors des élections présidentielles de 2019, voulant en faire une marionnette placée au Palais de Carthage, dépourvu de tout pouvoir effectif. Et, en tant que Président de l’Assemblée, il lui disputait ses attributions en politique étrangère, au vu et au su de tout le pays et de la communauté diplomatique, lui faisant de l&rsquo;ombre en matière de politique étrangère, en recevant de manière officielle ambassadeurs et dignitaires étrangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Kaïs Saïed continue, imperturbable, sur la voie tracée</h2>



<p>Aujourd&rsquo;hui, malgré les critiques vigoureuses portées au Président de la République et de son projet de Constitution aux plans national international, l&rsquo;accusant de dérive autoritaire voire dictatoriale et de mettre le pays sous sa coupe réglée, tout porte à croire que le Président continuera imperturbablement dans la voie qu&rsquo;il s&rsquo;était tracée lui-même.</p>



<p>En témoigne clairement la lettre explicative qu&rsquo;il a publiée le 5 juillet en réponse aux critiques véhémentes de son projet de Constitution publié le 30 juin, faisant fi des propositions de la Commission Sadok Belaid, projet qui a suscité un véritable tollé de la part des professeurs de droit constitutionnel et des représentants de la classe politique et de la société civile en Tunisie et carrément divisé le peuple sur l&rsquo;attitude à prendre lors du référendum.</p>



<p>Égal à lui-même, le Président ne l&rsquo;entend pas ainsi. Il continue à agir en <em>«sauveur»</em>. Pour lui, il s&rsquo;agit, comme il l&rsquo;écrit, de <em>«sauver les institutions de l&rsquo;Etat des tentatives répétées de frapper son unité, de le protéger contre la propagation de la corruption et d’e l&rsquo;impunité»,</em> assurant que son <em>«projet de nouvelle constitution procède de l&rsquo;âme même de la Révolution et du processus de sa réhabilitation suite aux dérapages dangereux des dernières années» </em>et affirmant par ailleurs que son projet de Constitution <em>«est équilibré»</em> et qu&rsquo;<em>«il ne sera plus jamais question pour un parti politique de prendre l&rsquo;Etat en otage»,</em> allusion implicite au parti islamiste Ennahdha.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ymAOVK9ZRS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/03/tunisie-comment-kais-saied-a-prepare-son-hold-up-constitutionnel/">Tunisie : Comment Kaïs Saïed a préparé son hold-up constitutionnel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Comment Kaïs Saïed a préparé son hold-up constitutionnel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/03/tunisie-comment-kais-saied-a-prepare-son-hold-up-constitutionnel/embed/#?secret=kwyOJcsX5L#?secret=ymAOVK9ZRS" data-secret="ymAOVK9ZRS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les choses étant ce qu&rsquo;elles sont, le Président ayant eu raison de tous ses détracteurs, aujourd&rsquo;hui divisés, mais qui redoublent de férocité, Ennahdha soufflant le chaud et le froid pour rajouter à la confusion et brouiller les cartes, se pose la question de savoir comment vont se présenter les choses dans le pays au lendemain du référendum et de la publication de la nouvelle Constitution ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une Tunisie plus instable et plus fragile </h2>



<p>Dotée d’une nouvelle Constitution qu’il va falloir mettre en œuvre, la Tunisie sera certainement plus instable encore et continuera d’être le théâtre de querelles politiques qui fragiliseront davantage l&rsquo;Etat et les pouvoirs publics. Le pays risque de sombrer davantage dans l&rsquo;instabilité politique, à moins que le Président se décide d&rsquo;organiser des présidentielles à côté des législatives prévues pour le 17 décembre 2022.</p>



<p>Le nouveau gouvernement provisoire qui sera constitué sera certainement un gouvernement faible et soumis aux coups de butoir des éternels opposants. Il sera composé probablement de personnalités des partis politiques qui ont cautionné la démarche du président, dont la l’incompétence est si criarde qu’elle ne passe pas inaperçue. Car ce sont souvent des idéologues sans expérience des affaires de l&rsquo;Etat et dont l’unique <em>«qualité»</em> est qu’ils partagent le nationalisme arabe ombrageux du Président comme Zouhair Maghzaoui du mouvement Echaab.</p>



<p>Ce gouvernement sera-t-il en mesure d&rsquo;appliquer les plans du Président pour assainir le pays et qui ont commencé avec les procédures judiciaires engagées contre des dirigeants islamistes très influents?</p>



<p>A un moment où le pays a du mal à se remettre de la crise économique, financière et sociale et de la dégradation de son image sur le plan international, comment va procéder le nouveau gouvernement pour relever les défis immenses qui se présentent aujourd’hui à une Tunisie à genou. La crainte est vraiment grande de la voir s&#8217;embourber davantage.</p>



<p>Face aux énormes difficultés auxquelles ils devront faire face, les pouvoirs publics pourraient être tentés de resserrer davantage la vis, ce qui mettra le pays dans une ambiance de durcissement et de tension larvée.</p>



<p>La situation de la Tunisie sur le plan international, déjà peu reluisante, risque également de se dégrader davantage. Les critiques du référendum fusent déjà de partout, et notamment de la Commission de Venise et d’Amnesty international&#8230; Cela risque de porter un coup dur à nos relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et les autres pourvoyeurs de fonds au moment ou le pays peine sérieusement à redresser ses finances et à répondre aux besoins essentiels de son peuple. La situation ne manquera pas de s&rsquo;aggraver avec la politique de la vérité des prix qui devra entrer en vigueur début 2023.</p>



<p>Bref, des jours extrêmement durs attendent la Tunisie durant les mois prochains et l&rsquo;imprévisible sera toujours maître des lieux, à moins que les Tunisiens comprennent réellement les enjeux auxquels fait face leur pays et se décident à prendre leur sort en main et à en finir avec les années de braise. Encore faut-il qu’ils sachent d’abord en finir avec la classe politique actuelle, toutes tendances confondues, qui a fait trop de mal au pays. </p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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		<title>Entre une résistance qui se perd et une soumission qui se déshonore, préserver la Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2022 07:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le problème avec la nouvelle constitution proposée par le président de la république Kaïs Saïed au référendum du 25 juillet courant c’est la latitude laissée à une seule personne pour engager l'avenir d'un pays sans aucune consultation ni discussion.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le problème avec la nouvelle constitution proposée par le président de la république Kaïs Saïed au référendum du 25 juillet courant c’est qu’il ne s&rsquo;agit pas simplement de pouvoir autocratique ou d&rsquo;identité; il s&rsquo;agit surtout de la latitude laissée à une seule personne pour engager vis-à-vis des créanciers étrangers l&rsquo;avenir d&rsquo;un pays sur plusieurs générations, sans aucune consultation ni discussion.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-2026485"></span>



<p>Un monsieur âgé et cultivé, pour répondre à la question de savoir comment il fallait réagir face à l&rsquo;échéance référendaire, et évoquant&nbsp;&nbsp;une expression probablement apocryphe de Cromwell lors de&nbsp; l&rsquo;exécution de Charles Ier Stuart d&rsquo;Angleterre, a parlé de <em>«cruelle nécessité»</em> imposant l&rsquo;adoption de la nouvelle constitution; selon lui mieux valait cela que le retour de Rached Ghannouchi aux affaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Confusion dans les esprits &nbsp;</h2>



<p>Une comparaison qui traduit la confusion qui règne dans les esprits : Charles Ier représentait l&rsquo;absolutisme royal et c&rsquo;est parce qu&rsquo;il s&rsquo;obstinait à maintenir le parlement dans ses prérogatives traditionnelles et qu&rsquo;il a cherché à le disperser par la force, celles du vote du budget de l&rsquo;Etat sur convocation du Roi, qu&rsquo;il a finalement subi la rébellion du parlement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Y0TflDpVXR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/">Tunisie&nbsp;: Obligeons Kaïs Saïed à faire marche arrière&nbsp;! &nbsp;</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie&nbsp;: Obligeons Kaïs Saïed à faire marche arrière&nbsp;! &nbsp; » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-obligeons-kais-saied-a-faire-marche-arriere/embed/#?secret=oEDOrmL1Ii#?secret=Y0TflDpVXR" data-secret="Y0TflDpVXR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Par ailleurs, une défenseure de la laïcité à l&rsquo;instar de Maya Ksouri, récemment décorée par l&rsquo;Etat Français, s&rsquo;est rangée résolument dans le camp de la nouvelle Constitution. Selon elle, l&rsquo;identité arabo-musulmane de la Tunisie était une réalité qu&rsquo;il était naturel d&rsquo;entériner et elle a évoqué la place qu’occupe la religion dans les constitutions des Etats-Unis et de la Norvège&nbsp;pour corroborer ses dires.</p>



<p>Certes ! Mais personne dans ces deux pays ne prétend imposer une législation tirée des enseignements de Luther&nbsp;ou de Calvin. A côté des partisans de Kaïs Saïed, il y en a donc beaucoup qui sont prêts à sauter dans son wagon, en faisant torsion à leurs convictions intimes.</p>



<p>Mis à part ceux-là il y a évidemment ceux qui à l&rsquo;instar de Abdellatif El Mekki et des membres du parti Ennahdha appellent à voter non. Évidemment ce sont ceux qui ont le plus perdu depuis le 25 Juillet 2021, et leur appel semblerait de prime abord normal. Cependant  comme ils n&rsquo;ont depuis lors parlé que de <em>«coup d&rsquo;Etat»</em>, il est tout de même curieux que leur logique les pousse à participer d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre au référendum, qu&rsquo;ils devraient considérer comme illégal. Participer, c&rsquo;est déjà parier que le résultat réel en serait respecté par l&rsquo;autorité politique qui a elle-même désigné les membres de l&rsquo;Instance électorale, et cette éventualité là, rien ne la garantit, depuis qu&rsquo;on a vu comment Sadok Belaid et Amin Mahfoudh avaient été traités.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="k7JTUfEJ4Z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-lautocrate-et-son-dangereux-projet-de-constitution/">Tunisie : l&rsquo;autocrate et son dangereux projet de constitution</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : l&rsquo;autocrate et son dangereux projet de constitution » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-lautocrate-et-son-dangereux-projet-de-constitution/embed/#?secret=k9MgGaJ6cN#?secret=k7JTUfEJ4Z" data-secret="k7JTUfEJ4Z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Abir Moussi pointe la duplicité d’Ennahdha</h2>



<p>L&rsquo;hypothèse de Abir Moussi, celle de la duplicité du parti Ennahdha, appelant à voter contre, en réalité pour légitimer le résultat du référendum par le nombre des participants alors que ses propres membres s&rsquo;apprêtent à voter pour, a donc quelque fondement, connaissant les pratiques de ce parti.</p>



<p>Il faut à cet égard rendre hommage à la présidente du Parti destourien libre (PDL) dont les prévisions concernant la concrétisation des intentions présidentielles annoncées&nbsp;se sont avérées jusqu&rsquo;à présent justes. Seulement ses prises de position souffrent de deux faiblesses, d&rsquo;abord celle de réclamer le retour à un processus de changement politique respectueux de la Constitution de 2014, qu&rsquo;elle dénonçait il n&rsquo;y a pas si longtemps, ensuite de prôner les manifestations de rues, dont certains de ses partisans issus de la classe éduquée ont peine à assumer les risques, et qui dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;Union Qaradawi s&rsquo;étaient révélées contre-productives.</p>



<p>Il est vrai que l&rsquo;enjeu du référendum est nettement plus important parce que le risque existe désormais avec cette nouvelle Assemblée des&nbsp;régions&nbsp;et des territoires, sans précédent, de voir le pays émietté en de multiples entités concurrentes, nonobstant le maintien de la charia en tant que référant juridique.</p>



<p>Mme Moussi a néanmoins choisi une stratégie de la rupture et considéré toutes les mesures prises par le président comme non avenues et a appelé à boycotter purement et simplement le référendum selon elle dépourvu de toute assise juridique ou de garantie du respect de la volonté des électeurs. Elle projette de manifester devant l&rsquo;Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) pour en réclamer l&rsquo;annulation, et en effet après le vote les jeux seraient faits.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mJjFQkCmeE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/">Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/embed/#?secret=atLTo8kjU9#?secret=mJjFQkCmeE" data-secret="mJjFQkCmeE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le PDL se pose en alternative crédible</h2>



<p>Evidemment rien ne dit pour le moment que les manifestations envisagées réunissent les dizaines de milliers de citoyens obligeant l&rsquo;autorité politique à prendre en considération leurs exigences, mais il n&rsquo;en demeure pas moins que le PDL se pose désormais comme la seule alternative crédible au régime personnel dont le président Saïed est en train avec le référendum de poser les derniers jalons.</p>



<p>Dans tout ceci, la question est de savoir où se situent les Tunisiens, qui pour une bonne part, n&rsquo;ont même pas fait l&rsquo;effort de lire le texte soumis au référendum; s&rsquo;ils l&rsquo;avaient fait ils se seraient aperçus que beaucoup de détails, et non des moindres, doivent être régis par des décrets présidentiels ultérieurs dont on ne sait encore rien.</p>



<p>Cette population semble ainsi s&rsquo;accommoder, depuis la décennie islamiste au pouvoir, des lubies religieuses, en tant que phénomènes transitoires, dont sa manière d&rsquo;être à elle apprise tout le long de l&rsquo;Histoire, toujours à la recherche d&rsquo;arrangements avec les tenants de l&rsquo;autorité, Phéniciens, Romains, Arabes, Ottomans ou Français, en dépit des textes de lois et des coutumes en vigueur, finit souvent&nbsp; par les tourner à son avantage.</p>



<p>Mais il ne s&rsquo;agit pas simplement de pouvoir autocratique ou d&rsquo;identité, il s&rsquo;agit surtout de la latitude laissée à une seule personne pour engager vis-à-vis des créanciers étrangers l&rsquo;avenir d&rsquo;un pays sur plusieurs générations, sans aucune consultation ni discussion. Il est vrai que la classe politique évincée ne s&rsquo;en était pas montrée très soucieuse, et que le président en a joué pour s&rsquo;imposer, mais il est naturel qu&rsquo;un pays sache où on veuille le mener et en quoi on l&rsquo;engage, et en ce sens, quoiqu&rsquo;on en dise, c&rsquo;est encore l&rsquo;opinion de Mme Moussi qui pour la plupart paraît être au diapason des intérêts du pays.  </p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>
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		<item>
		<title>Tunisie : l&#8217;autocrate et son dangereux projet de constitution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 07:40:36 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Youssef Qaradâwî]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2013, le projet de constitution présenté par Ennahdha avait été finalement retoqué pour islamisme flagrant. Ce que la société civile avait réussi à éliminer en 2013, revient, cependant, aujourd'hui par la grande porte avec le projet de constitution présenté par Kaïs Saïed. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/06/tunisie-lautocrate-et-son-dangereux-projet-de-constitution/">Tunisie : l&rsquo;autocrate et son dangereux projet de constitution</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le projet de nouvelle constitution publié au Journal officiel le 30 juin dernier et que Kaïs Saïed propose pour le référendum du 25 juillet courant, révèle au grand jour la véritable nature de son promoteur, le président de la république Kaïs Saïed, à savoir un authentique autocrate islamiste. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Faik Henablia</strong> *</p>



<span id="more-2000556"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Faik-Henablia.jpg" alt="" class="wp-image-338998"/></figure>
</div>


<p>Ceux qui s&rsquo;étaient&nbsp;cru débarrassés&nbsp;un fois pour toute, un certain 25 juillet&nbsp;2021, de la pieuvre moyenâgeuse qui a fait tant de mal au pays, ont bien dû déchanter&nbsp;à la lecture du projet, tant sa nature ôte tout doute possible.&nbsp;</p>



<p>Une remarque au passage concernant la réputation d&rsquo;intégrité et d&rsquo;honnêteté&nbsp;de M. Saïed pour dire que les professeurs Sadok&nbsp; Belaid&nbsp;et Amin Mahfoudh, qui avaient été appelés à la rescousse par le détenteur du pouvoir à Carthage pour écrire ledit projet de constitution, ont été proprement roulés dans la farine. En découvrant le texte final publié sur le Jort, et qui n&rsquo;a qu&rsquo;une vague ressemblance avec celui qu&rsquo;ils lui avaient remis, ils ont dû rire&#8230; jaune.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Graves menaces sur les libertés</h2>



<p>Sans revenir sur la forme, et en particulier sur ce morceau d&rsquo;anthologie qu&rsquo;est un préambule dont on se demande pourquoi il n&rsquo;est pas rédigé à la plume et en style calligraphique, ce qui ressemble plus à un torchon qu&rsquo;à quoi que ce soit, constitue en effet un danger mortel à double titre. </p>



<p>Outre les menaces incontestables que le projet laisse planer sur les libertés et sur lesquelles il est inutile de s&rsquo;appesantir tant le pays a déjà donné, il consacre, surtout, le retour de la charia car c’est, en effet, la première fois que ce pays, habitué aux autocrates, fait face à un autocrate islamiste, alors qu&rsquo;il avait eu, jusque6là, la chance d&rsquo;avoir affaire à des despotes éclairés.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JuKzKGCw6U"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/05/tunisie-maya-ksouri-en-mode-groupie-de-kais-saied/">Tunisie : Maya Ksouri en mode groupie de Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Maya Ksouri en mode groupie de Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/05/tunisie-maya-ksouri-en-mode-groupie-de-kais-saied/embed/#?secret=fa1kaJWtpD#?secret=JuKzKGCw6U" data-secret="JuKzKGCw6U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Le danger est principalement illustré par l&rsquo;article 5 du texte.</p>



<p>En 2013, le projet de constitution présenté&nbsp;par les Frères&nbsp;musulmans d&rsquo;Ennahdha avait suscité&nbsp;une forte opposition de la société&nbsp;civile, et avait été finalement retoqué pour islamisme flagrant.</p>



<p>Ce que la société&nbsp;civile avait réussi à éliminer&nbsp;en 2013, revient, cependant, aujourd&rsquo;hui par la grande porte.&nbsp;</p>



<p>Certes l&rsquo;article 1 du projet ne fait plus référence à la religion d&rsquo;Etat.</p>



<p>Cette disparition est, cependant, d&rsquo;abord tempérée, par la disparition suspecte du caractère civil de l&rsquo;Etat, prévu par la constitution de 2014, ensuite carrément vidée de son sens  par un article 5 disposant que l&rsquo;Etat œuvre à l&rsquo;application des <em>«maqaced al-islam»</em> (finalités de l&rsquo;islam), finalités dont on a pris le soin de remplacer celle de la préservation de l&rsquo;esprit par celle de la préservation de la liberté. Comme chacun le sait, la charia est un havre de liberté, surtout pour les femmes. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’avènement d’un islamisme d’Etat &nbsp;</h2>



<p>La dangerosité de cet article est davantage mise en évidence lorsqu&rsquo;il est comparé au projet d&rsquo;article 5 proposé par le professeur Belaïd, et manifestement rejeté par le président ou ses référents idéologiques, parmi lesquels figure, sans doute, <em>«Monsieur»</em> pour reprendre un titre jadis donné aux frères de certains rois de France (allusion à Naoufel Saïed, le frère cadet du président, connu pour sa proximité avec les islamistes, Ndlr).     </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZNy4emeYru"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/">Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un projet de constitution rétrograde et en rupture avec la société » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/tunisie-un-projet-de-constitution-retrograde-et-en-rupture-avec-la-societe/embed/#?secret=MKuQ0l3L4a#?secret=ZNy4emeYru" data-secret="ZNy4emeYru" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Il s&rsquo;agissait, paraît-il, de barrer la route aux partis religieux, qui n&rsquo;auraient pas manqué&nbsp;de s&#8217;emparer de ce thème afin de l&rsquo;imposer une fois au pouvoir.&nbsp;</p>



<p>Le nouveau texte leur évite cet écueil,&nbsp;puisque c&rsquo;est désormais&nbsp;l&rsquo;Etat lui-même&nbsp;qui aura obligation d&rsquo;imposer la religion musulmane dans la vie et la pratique de tous les jours!&nbsp;</p>



<p>Guerre d&rsquo;islamisme en somme entre Etat et partis religieux.&nbsp;</p>



<p>Que l&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas, il ne s&rsquo;agit ni plus ni moins que de préparer&nbsp;le terrain à un retour de la charia et de son corollaire, la police des mœurs, chargée&nbsp;de veiller à l&rsquo;application&nbsp;de ses <em>«finalités»</em> ou du moins celles qu&rsquo;elle jugera comme telles.&nbsp;</p>



<p>Mais pas du tout, nous rétorque-t-on, il s&rsquo;agit cette fois d&rsquo;appliquer les principes du vrai islam, pas celui des charlatans; ben voyons! Le problème est que les Youssef Qaradâwî et les Wajdi Ghonim de ce monde s&rsquo;estiment aussi détenteurs de la parole absolue islamique. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Etre arabo-musulman est-il un obstacle à la jouissance libertés?</h2>



<p>Dans le cas où il y aurait encore un doute quant aux intentions des auteurs, celui-ci est levé par un article 44 qui dispose que l&rsquo;Etat veille à ancrer la jeune génération dans son identité arabo-musulmane… à l&rsquo;ouverture sur les droits de l&rsquo;homme, etc.; pourquoi pas les droits de l&rsquo;homme tout court? Pourquoi cette manie de tempérer tout ce qui vient d&rsquo;Occident par notre condition d&rsquo;Arabo- musulmans? Etre arabo-musulman est-il, en soi, un obstacle à la jouissance de certains droits et libertés? Les écoles du style de celle de Regueb vont-elles, par conséquent, essaimer sur tout le territoire?</p>



<p>La conclusion de tout ceci, en dépit&nbsp;des dénégations&nbsp;indignées&nbsp;des défenseurs&nbsp;du texte, est que rien ne s&rsquo;oppose plus a priori à une remise en cause de pratiques et droits, jusque-là considérés comme acquis.</p>



<p>Le code du statut personnel va-t-il dans le sens des principes de l&rsquo;islam? Peut-être&nbsp;pour le détenteur&nbsp;actuel du pouvoir à Carthage, quoi que, mais demain, en sera-t-il nécessairement&nbsp;de même&nbsp;pour un autre?</p>



<p>Qui empêchera&nbsp;un gouverneur ou un inspecteur de police zélé d&rsquo;interdire&nbsp;les boissons alcoolisées&nbsp;ou d&rsquo;imposer le jeûne du Ramadan?&nbsp;</p>



<p>Le plus surprenant est que certains chroniqueurs et surtout chroniqueuses considérés&nbsp;comme plutôt&nbsp;modernistes n&rsquo;y trouvent rien à&nbsp;redire.</p>



<p>Il va sans dire que le torchon sera approuvé au moyen d&rsquo;une consultation manipulée, sous le contrôle&nbsp;d&rsquo;une Instance supérieure indépendantes des élections (Isie) aux ordres du pouvoir et que la victoire du <em>«oui»</em> sera confortable, même si, par souci de vraisemblance, l&rsquo;on fera en sorte qu&rsquo;elle n&rsquo;atteigne pas des taux que même&nbsp;Ben Ali avait eu la pudeur de ne plus afficher.</p>



<p>Seule une abstention massive peut en ternir la légitimité. Mais, hélas, la grande leçon à en tirer est que le premier venu pourra, dans le futur, jeter une constitution à la corbeille et en faire approuver une autre, avec moins d&rsquo;un million de votants sur neuf. </p>



<p>* <em>Docteur d’Etat en droit, ex-gérant de portefeuille associé.</em></p>
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